7/7/2008 - Le conglomérat d'industrie lourde japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et le numéro un français de l'énergie nucléaire Areva ont indiqué lundi que, sur le papier, les principes de sûreté de leur réacteur atomique en développement avaient été approuvées par l'AIEA. "Une équipe d'experts internationaux a passé en revue les plans du réacteur pour en évaluer les modalités de sûreté au regard des normes en vigueur, sous le contrôle de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA)", ont expliqué les deux industriels dans un communiqué émanant de leur coentreprise dédiée, Atmea. Il ressort de cette étude conceptuelle que leur projet de réacteur de moyenne puissance de troisième génération respecte bien les principes fondamentaux de sûreté de l'AIEA, ont-ils affirmé. "Il s'agit d'une étape importante qui confirme la pertinence de nos choix", s'est félicité le PDG d'Atmea, Stefan Vom Scheidt, cité dans le communiqué. La société Atmea a été créée par MHI et Areva en 2007 pour développer ensemble un réacteur nucléaire à eau pressurisée de moyenne puissance, Atmea-1, à la suite d'un accord de coopération conclu en 2006. "La coopération avec MHI se passe formidablement bien sur Atmea-1, nous avançons très vite et nous serons prêts à proposer un produit sur le marché dans deux ans", avait souligné en avril la présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, lors d'une visite à Tokyo. "Nous avons une approche qui consiste à ne pas repartir de zéro mais à prendre le meilleur des technologies et des expériences de chacun", avait-elle précisé. Areva et MHI ont également récemment signé une lettre d'intention pour l'établissement d'une société conjointe qui pourrait être créée en fin d'année et qui fabriquera des combustibles pour réacteurs à eau pressurisée (PWR ou REP), à eau bouillante (BWR ou EBR), au mélange d'oxydes (Mox) et au gaz. Les deux groupes ont aussi partie liée dans le projet à l'étude de construction d'une usine de recyclage de combustible usé et d'un réacteur rapide aux Etats-Unis.
3/7/2008 - Areva va investir au Creusot (Saône-et-Loire) pour fabriquer en France 100% des pièces de cuves des réacteurs nucléaires de troisième génération EPR, a annoncé le groupe nucléaire français jeudi dans un communiqué. Cet investissement vise à "augmenter la capacité de production de pièces forgées nucléaires", pour que 100% des pièces nécessaires à la fabrication d'un EPR, telles que les pièces de cuves, puissent être réalisées au Creusot, au lieu de 80% actuellement, a précisé le groupe. Areva va d'une part investir avec le numéro un mondial de l'acier ArcelorMittal 70 millions d'euros pour augmenter la production de lingots de l'aciérie d'ArcelorMittal située au Creusot, Industeel, a-t-on appris auprès d'Areva. La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, et le directeur financier d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, ont signé à cet égard jeudi "un protocole d'accord pour augmenter la production d'Industeel dédiée au marché nucléaire", lors d'une visite au Creusot du président Nicolas Sarkozy. L'aciérie fera ainsi passer sa capacité de fabrication de lingots de 35.000 tonnes à 50.000 tonnes par an entre 2008 et 2010. D'autre part, Areva va "investir dans sa filiale, Creusot Forge, pour continuer à développer sa production de pièces forgées destinées à la fabrication des composants des réacteurs nucléaires (cuve, générateur de vapeur...)". L'ensemble des acteurs nucléaires régionaux, rassemblés dans le pôle de compétitivité Pôle Nucléaire de Bourgogne, "vont bénéficier de cet investissement", a fait valoir Areva.
23/6/2008 - Les Emirats arabes unis ont lancé des appels d'offres pour une centrale nucléaire qui, si elle est construite serait la première dans un pays arabe, indique lundi un journal. Neuf sociétés sont en compétition, précise le quotidien économique local Emirates Business, en citant des sources non identifiées. Amec, une firme d'ingénierie basée en Grande-Bretagne, a indiqué au journal être l'une des compagnies pressenties pour faire fonctionner la centrale. "On nous a demandé de soumettre un document initial et on l'a fait. Il y a beaucoup d'autres étapes à franchir et nous nous attendons à ce que les contrats soient prêts vers la fin de l'année", a déclaré au quotidien Graham Bellwood, le directeur d'Ame pour le Moyen-Orient. Il a précisé que les appels d'offres concernent la phase de pré-sélection. Les Emirats ont affirmé en avril que tout projet visant à développer leur énergie nucléaire civile serait mené dans une totale "transparence", tout en excluant des activités d'enrichissement sur leur territoire. Ce pays, qui évalue un possible développement de l'énergie nucléaire afin de répondre à des besoins croissants en énergie a indiqué qu'il signerait aussi plusieurs accords internationaux, comme le protocole additionnel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). En janvier, la France a signé un accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil avec les Emirats arabes unis, lors d'une visite du président Nicolas Sarkozy dans ce pays. Sur fond d'inquiétude par rapport au programme nucléaire controversé de l'Iran, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont font partie les Emirats, a décidé en décembre 2006 de développer un programme commun de technologie nucléaire à des fins pacifiques. Outre les Emirats, le CCG comprend l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, Qatar et Oman.
21/6/2008 - L'Algérie, qui a signé samedi avec la France un accord dans le nucléaire civil, à l'occasion de la visite du Premier ministre François Fillon, veut se doter d'une industrie nucléaire à usage pacifique. L'accord-cadre franco-algérien, paraphé en décembre à l'occasion de la visite d'Etat du président Nicolas Sarkozy, prévoit une coopération entre les deux pays en matière de recherche fondamentale, de transfert de technologie, de formation, de production d'électricité et de prospection et d'exploitation de l'uranium. Il définit les obligations en matière de sécurité nucléaire et ouvre la possibilité de construire, à terme, des centrales nucléaires en Algérie. L'Algérie va créer une agence nationale de sûreté nucléaire et prévoit la création d'un Institut de génie nucléaire pour la formation à terme de plusieurs centaines d'ingénieurs dans le cadre de son programme d'utilisation pacifique de l'énergie atomique, selon le ministère de l'Energie et des Mines. L'Algérie a signé un accord-cadre similaire le 9 juin 2007 avec les Etats-Unis, à la suite d'une visite d'experts et d'un haut responsable du ministère de l'Energie américain à Alger. Elle a aussi des accord de coopération dans le nucléaire civil avec la Chine, l'Argentine et la Russie et envisage d'en signer d'autres avec l'Egypte et l'Afrique du Sud. La Chine a livré à l'Algérie un réacteur expérimental de 15 mégawatts, baptisé Essalem, installé à Aïn Oussera (sud algérien) et l'Argentine lui a livré un autre installé à Draria (région d'Alger), de 3 mégawatts. Les deux réacteurs sont régulièrement contrôlés par l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA). L'Alger a soutenu le droit de l'Iran d'acquérir la technologie nucléaire à des fins pacifiques et lui apporté son appui dans son contentieux avec les pays occidentaux. Le président Abdelaziz Bouteflika a jugé "inadmissible que soit contrarié le droit légitime et conventionnel des pays membres du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP - dont l'Iran est membre), d'acquérir les technologies nucléaires à des fins strictement pacifiques et de développement".
18/6/2008
Areva va créer
la plus grande mine d'uranium du monde en Namibie
Le Monde, 12/6/2008:
Nicolas Sarkozy a visiblement assoupli sa position sur les relations franco-allemandes dans le nucléaire civil. Le président de la République ne voit plus, désormais, d'un mauvais oeil le maintien du conglomérat Siemens dans le capital d'Areva NP, le fabriquant français de réacteurs nucléaires. "Nous voulons travailler sur le nucléaire de nouvelle génération avec les Allemands, a-t-il déclaré, lundi 9 juin, au cours d'une conférence de presse commune avec la chancelière Angela Merkel. La porte est ouverte, la main est tendue (...), mais c'est un choix qui revient à nos amis allemands." Récemment, le discours français était un peu plus radical. Puisque l'Allemagne a programmé la fermeture de sa dernière centrale en 2020, elle n'a plus guère son mot à dire dans ce domaine et Siemens pourrait céder les 34 % qu'il détient dans Areva NP, laissait entendre le chef de l'Etat. "Je dis à nos amis allemands : c'est difficile d'avoir un choix d'un côté en France et un choix différent de l'autre côté en Allemagne", déclarait-il, en septembre 2007, lors d'une rencontre franco-allemande. Il est vrai que la présence du groupe de Munich dans Areva complique un rapprochement entre Areva et Alstom (dont le premier actionnaire est Bouygues), un des scénarios étudiés par le gouvernement. En théorie, rien n'interdit une cohabitation Alstom-Siemens dans le groupe nucléaire français restructuré. Mais les deux entreprises se livrent une rude concurrence sur deux autres secteurs : le matériel ferroviaire et les turbines pour centrales électriques. En outre, les dirigeants de Siemens ont fait savoir qu'ils n'ont pas l'intention de sortir du nucléaire, même si une option du contrat avec Areva leur permet de céder leur part entre 2009 et la fin de 2011. Ils ont même indiqué qu'ils étaient prêts à investir davantage pour accompagner le développement du groupe français engagé dans de lourds investissements. Paris peut d'autant moins se mettre Berlin à dos que l'EPR, le réacteur de troisième génération d'Areva, séduit les électriciens allemands. Numéro un européen de l'énergie, E.ON l'a choisi pour ses futures centrales au Royaume-Uni.
12/6/2008 - Le
groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries annonce qu'il pourra
commencer à commercialiser des réacteurs nucléaires
de taille moyenne avec Areva plus tôt que prévu au
vu du bon déroulement du projet. Les deux partenaires avaient
initialement prévu de lancer la commercialisation des réacteurs
à eau pressurisée ATMEA1, d'une capacité
de 1.100 mégawatts, d'ici deux ans. "Les travaux de
développement des deux entreprises se passent tellement
bien que nous discutons d'un lancement des activités de
commercialisation du réacteur dès aujourd'hui",
a déclaré, Hideaki Omiya, président de Mitsubishi
Heavy Industries, lors d'une conférence de presse. Il a
ajouté que les deux entreprises envisageaient également
de travailler ensemble pour la vente de plus gros réacteurs
et de composants clef comme, par exemple, les générateurs
de vapeur.
Les deux groupes sont également tombés d'accord
pour collaborer dans le domaine du combustible nucléaire.
L'élargissement de l'alliance entre Mitsubishi et Areva
intervient alors que le secteur des fabricants de réacteurs
nucléaires se structure autour de trois grandes entités
qui profitent d'une forte demande en provenance notamment des
Etats-Unis et de la Chine. En plus du tandem franco-japonais,
on compte deux duos américano-japonais, d'une part General
Electric qui a noué des liens avec le japonais Hitachi
et d'autre part le conglomérat Toshiba qui a racheté
Westinghouse.
11/6/2008 - Areva
s'est renforcé au Kazakhstan, au terme d'un nouvel accord
conclu mercredi avec son partenaire kazakh, pour y produire 4.000
tonnes d'uranium par an jusqu'à 2039, selon le groupe nucléaire
français. La présidente du directoire d'Areva, Anne
Lauvergeon, et le président de la société
kazak Kazatomprom, Moukhtar Dzhakishev, ont signé mercredi
"un protocole d'accord renforçant leur partenariat",
indique Areva dans un communiqué. Au terme de l'accord,
leur société commune Katco, détenue à
51% par Areva et à 49% par Kazatomprom, "devrait produire
4.000 tonnes d'uranium par an jusqu'en 2039", contre 1.000
actuellement, précise le communiqué. Areva assurera
la commercialisation de la totalité de cet uranium. Le
groupe français fournira aussi "un appui en matière
d'ingénierie pour la construction de lignes d'assemblage
de combustible nucléaire dans l'usine métallurgique
de Kazatomprom", située à Ulba. Cette installation
inclura, dans le cadre d'une société commune détenue
à 51% par Kazatomprom et à 49% par Areva, "une
ligne dédiée de 400 tonnes par an d'assemblages-combustibles
dont les pastilles seront fournies par Kazatomprom". Les
pastilles d'uranium sont des sortes de petits cylindres qui sont
ensuite compilés pour former des crayons, eux-mêmes
regroupés dans un assemblage. La commercialisation de ces
combustibles se fera à travers une société
commune détenue à 51% par Areva et à 49%
par Kazatomprom. "Le Kazakhstan devient ainsi, avec le Niger
et le Canada, l'un de nos trois principaux pays partenaires pour
l'exploitation d'uranium", et contribuera "à
la diversification de nos réserves et à la sécurité
d'approvisionnement en combustible de nos clients", souligne
Mme Lauvergeon, citée dans le communiqué. Le président
de Kazatomprom estime pour sa part que cet accord illustre sa
volonté "d'établir une compagnie verticalement
intégrée".
Enerpresse, 10/6/2008:
Les équipes mandatées par Suez ont commencé le 20 mai dernier et pour cinq semaines, des tests de sismicité sur sept communes autour du site de Tricastin. Au même moment, Suez annonçait son entrée à hauteur de 5% dans l'usine d'enrichissement du combustible George Besse 2. Dans les deux cas, un même objectif : édifier un EPR signé Suez... Après la fusion avec GDF, et après une vaste étude d'impact et processus de débat public, bien sûr ! Electrabel, filiale de Suez, et opérateur nucléaire en Belgique, dispose déjà de droits de tirage dans les installations de Tricastin, qui, aujourd'hui, livrent en courant la gourmande usine GB 1, mais aussi les clients de l'électricien franco-belge. Reste à trouver la commune exacte d'implantation. Et là, Pierrelatte tiendrait la corde.
Enerpresse, 10/6/2008:
BNP Paribas aide
le bulgare NEK à financer Belene
Les Echos, 4/6/2008:
Le groupe franco-belge vient de s'assurer une participation de 5 % dans l'usine Georges-Besse 2. Un investissement qui lui permet de sécuriser un quart de ses besoins en uranium enrichi pour les deux décennies à venir. Entre EDF et Suez, la liste des griefs n'en finit plus de s'allonger. Après la « claque » Distrigaz, l'électricien tricolore vient de se voir infliger un nouveau camouflet par son grand rival. Le groupe franco-belge l'a en effet pris de vitesse en annonçant hier son entrée au capital de Georges-Besse 2, l'usine d'enrichissement d'uranium qu'Areva est en train de construire sur le site du Tricastin (Drôme). Une pierre dans le jardin d'EDF, qui est précisément en train de négocier un accord du même type avec le leader mondial du nucléaire. Concrètement, Suez s'est assuré une participation de 5 % dans la Société d'enrichissement du Tricastin (SET), le holding propriétaire de la future unité. Le montant de ce « ticket d'entrée », serait compris entre 200 et 300 millions d'euros, ce qui valorise la SET entre 4 et 6 milliards d'euros. C'est bien plus que le coût de construction de Georges-Besse 2, estimé jusqu'à présent à 3 milliards. Mais dans cette affaire, Suez acquiert plus qu'un bout d'usine. L'accord conclu avec Areva est surtout, pour le numéro deux français de l'électricité, un moyen de sécuriser sur le long terme une partie de son approvisionnement en uranium enrichi. Une problématique à laquelle sont aujourd'hui confrontés tous les exploitants de centrales nucléaires. En l'occurrence, Suez estime que le contrat dévoilé hier doit lui permettre de sécuriser 25 à 30 % de ses besoins, et ce pour vingt ans à compter de 2009, date d'entrée en service de la nouvelle unité. Au passage, le groupe, présidé par Gérard Mestrallet, confirme donc ses ambitions dans le nucléaire : que l'arrêt des centrales belges soit validé ou non dans le courant de la prochaine décennie, Suez estime visiblement qu'il aura besoin de combustible ailleurs... Pourquoi pas en France, où l'entreprise projette de construire un ou deux réacteurs à l'horizon 2015-2020. De son côté, EDF ronge son frein. Depuis des mois, l'opérateur historique est engagé dans des négociations extrêmement tendues avec Areva, avec deux enjeux à la clef : la signature d'un nouveau contrat de fourniture de combustible, et son éventuelle entrée au capital de Georges-Besse 2. Sur le premier point, l'entreprise assure que les deux parties sont « en train de converger » vers un accord « de long terme », qui sécuriserait « une part significative de l'approvisionnement » des 58 réacteurs nucléaires français. S'agissant du capital, les discussions sont en revanche au point mort, EDF jugeant apparemment trop élevées les prétentions financières d'Areva. Sur la base de l'accord conclu avec Suez, l'électricien tricolore pourrait en effet se voir réclamer jusqu'à 600 millions d'euros pour devenir le deuxième actionnaire de référence de la future unité d'enrichissement du Tricastin. Aux dernières nouvelles, les négociations menées avec Areva portaient sur une prise de participation comprise entre 5 et 10 % du capital de la SET. En plus de Suez et d'EDF, des électriciens japonais et le coréen KHNP pourraient eux aussi s'offrir des parts de l'usine.
La fin programmée d'Eurodif
L'enrichissement est un procédé consistant à
accroître la teneur en isotopes fissiles de l'uranium, pour
en faire un combustible utilisable dans les réacteurs nucléaires.
L'usine George-Besse 2 (GB2) devrait commencer à
produire de l'uranium enrichi en février 2009. Elle prendra
progressivement le relais de son aînée Eurodif, qui
fonctionne depuis trente ans et dont la fermeture est programmée
vers 2012 ou 2013. Grâce à un procédé
d'enrichissement - la centrifugation - beaucoup plus économe,
GB2 consommera 50 fois moins d'électricité que l'actuelle
Eurodif.
23/5/2008 - Les compagnies énergétiques européennes ont lancé vendredi un appel pour faciliter la construction en Europe de nouvelles centrales nucléaires, lors d'un forum à Prague, en soulignant les risques de ne pas agir maintenant pour la sécurité et les changements climatiques [lire: L'escroquerie du discours sur l'effet de serre]. "Avec un baril de pétrole à 135 dollars, il est urgent d'agir. L'industrie ne peut pas attendre une approche graduelle vers la convergence (harmonisation des règles de sécurité)", a ainsi prévenu Bruno Lescoeur, membre de la direction d'EDF, au second jour du Forum sur l'énergie nucléaire européenne. Les compagnies énergétiques européennes appellent à une standardisation des procédures de certification pour construire de nouvelles centrales nucléaires, alors que l'Europe fait face au défi du remplacement de nombreuses d'entre elles arrivant en fin de vie. Le Forum réunit à Prague des régulateurs industriels, des politiques et des compagnies énergétiques. "Nous avons à remplacer 50% de la production d'électricité européenne d'ici à 2030, un des plus importants défi auquel nous avons à faire face", a prévenu Nicole Fontaine, membre du Parlement européen. Un ensemble complexe de règles techniques pour les centrales, les sites et la construction des installations existe actuellement en Europe, entravant la construction de nouvelles unités.
25/4/2008 - Le
producteur d'électricité finlandais Teollissuden
Voima Oy (TVO) a soumis vendredi une demande pour la construction
d'un nouveau réacteur nucléaire à Olkiluoto,
dans le sud-ouest de la Finlande, a indiqué le ministère
de l'Economie. En cas d'acceptation, ce réacteur serait
le sixième dans le pays nordique. Le ministère indique
qu'une étude sur l'impact environnemental est en cours
et qu'elle devrait être achevée mi-juin. "Nous
nous préparons à examiner la demande ce printemps",
a déclaré le ministre de l'Economie Mauri Pekkarinen,
cité dans un communiqué. Outre TVO, le groupe finlandais
Fortum et le consortium finlandais Fennovoima projettent de construire
de nouveaux réacteurs et devraient envoyer leurs demandes
au gouvernement. Le gouvernement finlandais n'a pas clairement
indiqué s'il pourrait donner son accord à un ou
plusieurs projets. A Olkiluoto,
le cinquième réacteur nucléaire de Finlande
et premier réacteur réacteur à eau sous pression
EPR (Olkiluoto 3), est actuellement en construction par le consortium
franco-allemand Areva-Siemens. Le projet a été retardé de
deux ans et le démarrage
de sa production d'électricité est prévu
pour 2011.
Les Echos, 9/4/2008:
Aucune centrale nucléaire n'a été
construite aux Etats-Unis depuis 30 ans. Avant le lancement officiel
de la construction, le projet doit encore passer une série
d'étapes administratives. L'entrée en service de
la première tranche est espérée pour 2016.
La renaissance annoncée du nucléaire dans la première
économie mondiale n'a pas choisi la technologie française
: Westinghouse Electric, filiale du groupe japonais Toshiba, a
décroché la première commande pour construire
une centrale nucléaire destinée aux Etats-Unis.
Une première depuis trente ans. Aucune centrale nucléaire
n'a été construite depuis ces trois dernières
décennies Outre-Atlantique, alors qu'en 1979 a eu lieu
l'un des plus graves accidents du nucléaire civil, à
la centrale de Three Mile
Island. Depuis cette date, l'accroissement de la demande d'électricité,
de l'ordre de 2% l'an, a été compensé par
l'entrée en service de centrales au gaz. Le contrat annoncé
dont les termes n'ont pas été rendus publics, porte
sur la construction de deux réacteurs de 1.100 mégawatts
de type AP1000. Ces deux tranches devraient être construites
sur le site de Vogtle, près d'Augusta (Georgie, sud des
Etats-Unis), où fonctionnent déjà deux réacteurs
opérés par un consortium mené par l'électricien
Georgia Power. Aucun des projets de construction de centrales
nucléaires aux Etats-Unis - on en recense une trentaine
- n'avait jusqu'à ce jour débouché sur une
commande ferme, confirme-t-on chez le Français Areva, l'un
des groupes en lice pour mener la renaissance annoncée
du nucléaire aux Etats-Unis. Seuls des choix de technologie
avaient été effectués, les opérateurs
les plus avancés ayant passé commande des grosses
pièces forgées indispensables, mais pas d'un réacteur
complet. Avant le lancement officiel de la construction, le projet
de Georgia Power doit encore passer une série d'étapes
administratives. Le contrat passé avec Westinghouse sera
notamment soumis le 1er mai à la commission des services
public de l'Etat de Georgie, qui devra certifier les deux réacteurs.
L'entrée en service de la première tranche est espérée
pour 2016 et celle de la seconde pour 2017, selon le groupe Shaw,
actionnaire à 20% de Westinghouse. Les Etats-Unis comptent
aujourd'hui 104 centrales nucléaires en fonctionnement,
mais la plus récente, celle de Seebrook, dans le New Hampshire
(nord-est), a été commandée en 1977 et est
entrée en service en 1990. Cette commande est significative
parce qu'elle montre que la renaissance du nucléaire est
sortie de la phase de la planification, s'est réjoui le
PDG de Westinghouse, Steve Tritch, cité dans un communiqué
de son groupe. "L'énergie nucléaire est maintenant
reconnue comme une source d'énergie propre, sûre
et économiquement concurrentielle qui contribue à
assurer l'indépendance énergétique des Etats-Unis",
a fait valoir M. Tritch. Actuellement, le charbon fournit la moitié
de l'énergie utilisée aux Etats-Unis pour produire
de l'électricité, contre 20% pour le nucléaire.
Mais les centrales au charbon, polluantes et rejetant beaucoup
de gaz carbonique, n'ont plus la cote dans un pays qui se découvre
depuis peu une fibre environnementaliste. Westinghouse est le
pionnier du nucléaire aux Etats-Unis, ayant livré
le premier réacteur commercial du pays en 1957. Sa technologie
AP1000 a été retenue pour quatorze projets de réacteurs
projetés aux Etats-Unis. Avec son partenaire et actionnaire
Shaw, il a signé en juillet 2007 un contrat pour construire
quatre réacteurs AP1000 en Chine.
30/3/2008 - La France souhaite vivement participer au programme nucléaire égyptien, a affirmé dimanche au Caire la secrétaire d'Etat française au commerce extérieur, Anne-Marie Idrac. C'est en Egypte que Mme Idrac a effectué son premier déplacement à l'étranger depuis son entrée au gouvernement le 18 mars, alors que le commerce extérieur français a enregistré un déficit commercial historique l'an dernier. "La France est particulièrement intéressée par les dynamiques nouvelles qui s'ouvrent en Egypte" dans le nucléaire, a déclaré à la presse Mme Idrac, qui achève lundi sa visite de 48 heures. Mme Idrac, qui a évoqué le dossier nucléaire avec le Premier ministre égyptien Ahmad Nazif, doit s'entretenir lundi avec le ministre de l'Electricité et de l'Energie, Hassan Younès, à la demande de la secrétaire d'Etat. "La France a une expérience reconnue ici comme dans le monde, et elle pourrait éventuellement participer au programme égyptien", a-t-elle ajouté. Un accord de coopération nucléaire a été signé la semaine dernière à Moscou par les présidents égyptien et russe Hosni Moubarak et Vladimir Poutine, donnant un avantage à la Russie dans la compétition commerciale qui va s'ouvrir. Un appel d'offres pour la construction de la première des quatre futures centrales égyptiennes devrait être lancé d'ici la fin de l'année. Mme Idrac a indiqué que l'entreprise française Technip pourrait déjà répondre à un appel d'offres lié aux études pour la construction de cette centrale. La France s'était mise sur les rangs pour fournir à l'Egypte son premier réacteur nucléaire, comme elle l'avait fait pour l'Algérie, le Maroc ou la Libye parmi les pays arabes venant d'opter pour le nucléaire civil.
Usine nouvelle, 26/3/2008:
L'Egypte, la Turquie et Bahreïn veulent à leur tour se doter de centrales. Le Moyen-Orient est au cur d'une compétition entre russes, français et américains
Le président égyptien Hosni Moubarak a signé hier à Moscou un accord de coopération nucléaire, qui ouvre la voie à la candidature russe dans l'appel d'offres pour le premier réacteur nucléaire égyptien (un marché estimé à 1,8 milliard d'euros). La Russie, en plus de consolider ses positions au Proche-Orient, continue ainsi sa montée en puissance sur le secteur face aux leaders américains de l'atome et au numéro un mondial Areva. Elle a déjà assuré la construction de la centrale de Bouchehr en Iran, actuellement en finalisation, et signé plus récemment encore un contrat pour une autre centrale à Belene en Bulgarie.
Dimanche, c'était au tour d'Ankara de lancer un appel d'offres pour la première centrale nucléaire turque. Le site d'implantation choisi (Akkuyu, dans la province de Mersin) avait déjà fait l'objet d'un tel projet en 2000, abandonné faute de financement. Les consortiums intéressés ont jusqu'à fin septembre pour déposer leurs offres auprès de la compagnie publique de distribution électrique Tetas. Entièrement financée par le secteur privé sans intervention de l'Etat, la centrale doit être raccordée au réseau à l'horizon 2013/2014. La Turquie ne compte pas s'arrêter là : au total, ce sont trois centrales nucléaires qui seraient en projet. Objectif : réduire la dépendance énergétique du pays. Le groupe Areva s'était déjà déclaré intéressé le mois dernier, alors que l'appel d'offre n'était pas encore officiel.
Enfin les Etats-Unis y sont également allés lundi de leur propre coup de pouce atomique, avec la signature à Washington d'un accord de coopération avec le Sultanat de Bahreïn. En filigrane, le contrat vise à promouvoir un programme de développement nucléaire civil pour le Proche-Orient, en alternative au modèle iranien condamné par Washington. Barhein, qui en serait la vitrine, s'est engagé, contrairement à Téhéran, à s'en remettre aux marchés internationaux existants pour l'achat de combustible nucléaire, renonçant aux technologies sensibles d'enrichissement de l'uranium.
David Jamard
26/02/2008 - Les
autorités américaines ont accepté le dossier
de demande de certification du réacteur nucléaire
EPR soumis par le groupe français Areva,
a annoncé ce dernier mardi. "Cette étape clé,
en avance sur le calendrier prévu, marque le début
du processus d'examen technique, confirmant ainsi la possible
mise en service d'un premier EPR américain à l'horizon
2015", a indiqué le groupe dans un communiqué.
La demande avait été déposée en décembre
auprès de la commission de contrôle nucléaire
américaine (NRC) pour la construction d'un réacteur
sur le site de Calvert Cliffs, dans l'Etat du Maryland. Ses conclusions
sont attendues en 2010, selon Areva. "Selon la NRC, le dossier
remis par Areva contient l'ensemble des éléments
détaillés nécessaires pour lancer l'évaluation
de sûreté. Aucune remarque exigeant la révision
du dossier initial n'a été identifiée lors
de ce premier examen", a souligné le groupe français.
L'EPR est un réacteur [dit] de troisième génération à
eau sous pression, lancé en 1992 et en cours de construction
en Finlande et en France. Il a été vendu récemment
à la Chine et fait l'objet d'un partenariat entre Areva,
Total et Suez en vue d'en vendre aux Emirats Arabes Unis. L'EPR
est conçu sur la base d'une technologie franco-allemande,
à travers la filiale d'Areva, Areva NP, détenue
à 34% par l'allemand Siemens. Aux Etats-Unis, Areva est
associé au groupe américain Constellation, via la
société commune Unistar Nuclear Energy.
12/2/2008 - New Delhi et Moscou, deux anciens alliés de la Guerre froide, ont finalisé mardi le projet de construction de quatre réacteurs nucléaires civils russes dans le sud de l'Inde et promis de doubler leurs échanges commerciaux à 10 milliards de dollars d'ici à 2010. "Nous avons bouclé les négociations (...) pour la construction de réacteurs nucléaires supplémentaires", a déclaré le Premier ministre indien Manmohan Singh qui recevait son homologue russe Viktor Zoubkov. L'annonce de cet accord remonte à janvier 2007 lors de la visite en Inde du président Vladimir Poutine, lequel avait promis la fourniture de quatre réacteurs supplémentaires à la centrale indienne de Kudankulam (Etat du Tamil Nadu, Sud), qui en compte déjà deux russes. Le texte devait être signé en novembre dernier lors d'un voyage de M. Singh à Moscou, mais tout avait été annulé parce que New Delhi n'a toujours pas les feux verts de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) et des 45 pays du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG) pour coopérer dans le nucléaire civil. Une fois ces autorisations obtenues, l'Inde placera ses installations nucléaires civiles sous contrôle international et achètera en échange du combustible et plus de réacteurs à la Russie, mais aussi aux Etats-Unis ou à la France avec lesquels elle a déjà signé des accords de coopération dans le nucléaire civil. Le chef du gouvernement indien a aussi rappelé que la relation militaire entre son pays et la Russie était un "pilier important" de leur "partenariat stratégique" noué dès l'indépendance de l'Inde en 1947 et jusqu'à la fin de la Guerre froide.
12/2/2008 - La
Turquie a décidé de construire sa première
centrale nucléaire sur un site controversé dans
le sud du pays, a affirmé mardi le ministre de l'Energie
Hilmi Güler. "L'endroit où tout est actuellement
prêt (pour le construction) est Akkuyu", a déclaré
M. Güler sur la chaîne de télévision
NTV. En 2000, la Turquie avait du renoncer à un projet
de construction de centrale nucléaire à Akkuyu,
sur la côte méditerranéenne, en raison de
difficultés financières. Le projet avait également été
vivement critiqué par les défenseurs de l'environnement,
qui s'inquiétaient de la construction d'un réacteur
à seulement 25 km d'une ligne de fracture sismique. Le gouvernement doit lancer un appel d'offre le 21
février pour la construction d'une centrale devant être
opérationnelle en 2013 ou 2014. M. Güler a indiqué
que des travaux préparatoires étaient également
en cours pour la construction d'un second réacteur dans
le nord de la Turquie, près du port de Sinop. La Turquie
affirme vouloir construire trois centrales nucléaires d'une
capacité totale d'environ 5.000 megawatts et devant être
opérationnelles en 2012 pour pallier d'éventuelles
pénuries d'énergie et réduire sa dépendance
énergétique. Le ministre a affirmé que trois
milliards de livres turques (2,5 milliards de dollars, 1,7 milliard
d'euros) seraient par ailleurs alloués à la construction
d'un centre d'études nucléaires à Sinop.
Le Parlement a voté en novembre une loi autorisant le ministre
de l'Energie à lancer et à conclure des appels d'offres
pour la construction de centrales nucléaires ainsi qu'à
décider de leur capacité et du lieu de leur implantation.
Elle prévoit qu'en cas d'absence d'offres émanant
du secteur privé, des institutions publiques peuvent prendre
en charge la construction des centrales.
31/1/2008 - Areva a proposé à l'Afrique du Sud, confrontée à une pénurie d'électricité récurrente, de construire dans ce pays jusqu'à 12 réacteurs nucléaires [dit] de troisième génération EPR d'ici à 2025, a annoncé jeudi le groupe nucléaire français dans un communiqué. Le groupe Areva propose non seulement de construire deux EPR en consortium avec les groupes français de BTP Bouygues et d'électricité EDF et la société d'ingénierie sud-africaine Aveng, comme il l'avait déjà annoncé, mais aussi de construire 10 autres EPR d'ici à 2025. Ces dix autres réacteurs seraient aussi construits en partenariat avec EDF, Bouygues et Aveng. Areva rappelle qu'il sera "leader" de ce groupement. Areva propose à la République sud-africaine et à l'électricien sud-africain Eskom de "nouer un partenariat global, recouvrant la construction de réacteurs EPR et le développement conjoint d'une industrie nucléaire sud-africaine". L'EPR permettrait à l'Afrique du Sud "de profiter à la fois des avancées technologiques de ce modèle de troisième génération et de l'expérience acquise sur les projets en cours en Finlande et en France", fait valoir Areva, qui se dit aussi "en mesure d'apporter sa maîtrise de tous les éléments du cycle nucléaire", de l'extraction de l'uranium à son recyclage. Le président français Nicolas Sarkozy doit effectuer une visite en Afrique du Sud les 26 et 27 février prochains, voyage auquel participera la présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon. L'Afrique du Sud, qui dispose actuellement d'une capacité de production de 38.500 mégawatts (MW), veut construire une centrale nucléaire de 3.000 à 3.500 mégawatts, dans le cadre d'un projet de capacités de production supplémentaires de 20.000 MW (d'origine nucléaire) dans les vingt prochaines années. Areva avait déjà annoncé le 22 janvier qu'il proposerait deux EPR à Pretoria. Bouygues et EDF avaient confirmé préparer une offre avec Areva. Areva a construit dans les années 1980 en Afrique du Sud deux réacteurs de deuxième génération à Koeberg près du Cap (sud), d'une puissance totale de 2.000 MW. La puissance de l'EPR ("European Pressurised water Reactor") est de 1.600 MW. Première économie du continent, l'Afrique du Sud a été régulièrement confrontée à des pannes d'électricité, qui ont entraîné la fermeture, le week-end dernier, de mines de métaux précieux. Les mines doivent cependant reprendre leurs activités souterraines dimanche, après avoir reçu des garanties sur la fourniture d'énergie. Faute de pouvoir augmenter rapidement sa capacité de production, le gouvernement entend faire diminuer la demande par une augmentation des tarifs, des quotas de rationnement, ainsi que le recours au gaz et à l'énergie solaire. L'Afrique du Sud a également sollicité le groupe américano-japonais Westinghouse pour qu'il lui fasse également une offre.
22/1/2008 - Areva va proposer deux réacteurs nucléaires de troisième génération EPR à l'Afrique du Sud en consortium avec les groupes français de BTP Bouygues et d'électricité EDF, a indiqué mardi le groupe nucléaire français lors d'une rencontre avec quelques journalistes. Areva "sera leader du consortium", qui comprendra également une société d'ingénierie sud-africaine nommée Aveng, a précisé un porte-parole. Le groupe nucléaire remettra son offre à la fin du mois de janvier, a-t-on ajouté.
18/1/2008 - La Bulgarie et la Russie ont signé vendredi à Sofia un contrat de construction d'une centrale nucléaire russe en Bulgarie, d'une valeur de quatre milliards d'euros, dans le cadre de la visite du président russe Vladimir Poutine. Le président russe était arrivé jeudi soir à Sofia avec l'espoir de conclure plusieurs accords dans le domaine de l'énergie nucléaire et du transport d'hydrocarbures avec son ancien allié du bloc communiste, aujourd'hui membre de l'Otan et de l'Union européenne. Début décembre, la Commission européenne avait donné son feu vert à la construction de la centrale de Béléné, sur le Danube, à deux réacteurs à 1.000 MW chacun. Il s'agit de la première réalisation du groupe russe Atomstroyexport dans un pays de l'Union européenne (UE). Le consortium franco-allemand d'Areva et Siemens, sous-traitant d'Atomstroyexport, doit notamment fournir les équipements de sécurité, les systèmes de contrôle et de gestion, les systèmes électriques et des éléments des systèmes de chauffage et de ventilation. La centrale doit démarrer en 2013 et rester en exploitation pendant 60 ans. Le coût de l'énergie produite (hors retraitement) se chiffrera à 0,036-0,037 euro/KWH, selon le ministre bulgare de l'Economie et de l'Energie, Petar Dimitrov. Les réacteurs à Béléné seront du type VVER à eau pressurisée et d'un nouveau modèle, V-466 qui n'a pas été installé jusqu'à présent en Europe. Atomstroyexort l'utilise dans la construction en cours de deux centrales situées en Chine et en Inde, a précisé la Compagnie nationale d'électricité (NEC) bulgare.
[A propos de Réacteurs
de type VVER de conception soviétique:
- Temelin
- Kozlodouï
- Greifswald (en ex-RDA) a échappé
de peu à une catastrophe de la dimension de Tchernobyl
en 1976]
Challenges, 14/1/2008:
Il y a encore trois mois, les choses paraissaient plus ou moins réglées : l'Etat allait mettre son grain de sel dans le Meccano industriel de l'énergie en France. On envisageait alors la construction d'un front Areva-Bouygues-Alstom. Areva aurait fourni les îlots nucléaires, Bouygues sa capacité en BTP et Alstom les turbines. Trois mois plus tard, c'est un schéma radicalement différent qui se dessine. Areva s'apprête en effet à signer la construction de deux réacteurs EPR dans le golfe persique avec Total et Suez. Total apporte sa parfaite connaissance de la région et sa capacité à porter des projets complexes, tant d'un point de vue technique que capitalistique. De son côté, Suez, déjà présent dans la région grâce à sa filiale Degrémont, qui construit des usines de dessalement de l'eau de mer, jouera le rôle d'exploitant électrique, ce qu'Areva n'a jamais fait et n'a pas vocation à faire. Suez possède en effet une solide expertise dans le secteur grâce à Electrabel, qui exploite sept centrales nucléaires en Belgique. Cet accord devrait être signé lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi. Pour Patrice Lambert de Diesbach, analyste en chef au CM-CIC Securities, "Areva cherche à démontrer, avec l'assentiment obligatoire de Nicolas Sarkozy, qui utilise le nucléaire comme un outil fort de renforcement voire de normalisation des relations internationales, que des alliances autres qu'Alstom et Bouygues sont possibles voire utiles pour la France". Accessoirement, c'est aussi un pied de nez à EDF, qui n'est pas partie prenante dans l'aventure alors qu'il est présent dans les contrats chinois et qu'il est aux côtés d'Areva aux Etats-Unis ainsi qu'en Grande Bretagne. En outre, le partenariat envisagé par Areva avec Vinci, premier groupe mondial de BTP, écarte de fait Bouygues. Avec cet accord à Abou Dhabi, Areva a fait capoter, sans doute de façon définitive, le rêve d'un conglomérat Areva-Bouygues-Alstom-EDF. La nouvelle alliance qui se profile rassemblera plutôt Areva-Vinci-Total-Suez-Siemens. Elle sera moins franco-française et davantage tournée vers l'international.
13/1/2008 - Dans
une interview publiée par un quotidien saoudien, Nicolas
Sarkozy confirme que la France et les Emirats arabes unis (EAU)
signeront un accord de coopération dans le nucléaire
civil lors de sa visite à Abou Dhabi, mardi. "Ma visite
aux Émirats arabes unis sera (...) l'occasion de signer
un accord de coopération pour l'utilisation pacifique de
l'énergie nucléaire", indique le président
français dans cette interview à Al Hayat, dont le
siège est à Londres. "J'ai souvent dit que
le monde musulman n'était pas moins raisonnable que le
reste du monde pour recourir au nucléaire civil pour ses
besoins en énergie dans la pleine conformité avec
les obligations découlant du droit international",
ajoute-t-il. La chaîne de télévision Al Djazira
a rapporté de son côté dimanche que les groupes
français Areva, Total et Suez pourraient construire deux
centrales nucléaires de troisième génération
aux Émirats arabes unis (EAU). Samedi, Le Figaro a rapporté
que l'accord pourrait déboucher sur la construction d'une
centrale mais que l'on était encore loin de la signature
d'un contrat ferme. Areva n'était pas joignable dans l'immédiat
pour commenter ces informations. La P-DG d'Areva, Anne Lauvergeon,
et le P-DG de Total, Christophe de Margerie, accompagneront Nicolas
Sarkozy dans sa tournée en Arabie saoudite et dans le Golfe.
La France a déjà
signé des accords de développement dans le nucléaire
civil avec la Libye
et l'Algérie, deux pays arabes producteurs de pétrole. Vendredi, des experts proches du dossier avaient expliqué
à Reuters à Paris que les dirigeants des Émirats
jugeaient absurde de brûler du pétrole pour produire
de l'électricité alors qu'ils pouvaient vendre ce
pétrole à près de 100 dollars le baril. Les
EAU ont déjà ouvert des discussions avec Areva et
Total, précisait-on de mêmes sources. Areva devrait
parallèlement signer avec le Qatar, à l'occasion
de la visite de Nicolas Sarkozy, un contrat d'environ 500 millions
d'euros pour la fourniture de stations de transmission et de distribution
d'électricité, a-t-on dit à l'Élysée.
Le Conseil de coopération du Golfe, dont les EAU sont membres,
a annoncé étudier la possibilité du développement
en commun d'un programme d'énergie nucléaire. Il
a déjà pris contact avec l'Agence internationale
de l'énergie atomique, qui dépend des Nations unies,
en vue d'une coopération sur ce dossier.
Libération, 12/1/2008:
La diplomatie du nucléaire est en marche. Après la Libye, l'Algérie, sans compter le Maroc où des discussions sont en cours, Paris devrait signer mardi un accord-cadre de coopération dans le domaine du nucléaire civil lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi.
L'Elysée, vendredi, a confirmé
que cet accord permettrait à l'émirat d'acquérir
«une filière complète d'énergie civile
nucléaire».
Dessalement. Cette coopération ouvre la voie à des
contrats futurs représentant potentiellement quatre milliards
d'eurospour les entreprises françaises du nucléaire
civil, en particulier Areva.
Anne Lauvergeon, la présidente du directoire de cette société, fait d'ailleurs partie de la délégation qui accompagne à partir de dimanche le président français en Arabie Saoudite, au Qatar et dans les Emirats arabes unis.
Avec cette centrale, les Emirats, qui se placent depuis plus d'une vingtaine d'années dans la perspective de l'après-pétrole, entendent notamment procéder au dessalement d'eau de mer et produire de l'électricité, qu'ils consomment sans retenue. Elle leur permettrait dès lors d'économiser leurs réserves d'autant plus précieuses que le baril de brut frôle régulièrement les cent dollars. D'ores et déjà, des discussions commerciales avancées ont été engagées avec Areva et Total.
Lors du sommet sur le climat organisé par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, Sarkozy avait déjà clairement indiqué qu'il se voyait volontiers en VRP de l'industrie nucléaire française : «La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire civile. Il n'y a pas une énergie de l'avenir pour les pays occidentaux et des pays d'Orient qui n'auraient pas le droit d'y avoir accès.»
Combustible russe. Mardi, pendant sa conférence de presse à l'Elysée, il avait renchéri en répondant à une journaliste qui lui demandait s'il avait confiance dans la capacité des pays arabes de gérer les déchets nucléaires et de protéger les sites nucléaires civils contre des attentats. «Ma réponse est tout à fait oui, et par ailleurs quelle est l'autre solution ?»
Et d'ajouter : «Le grand problème du monde est d'éviter un conflit entre l'Orient et l'Occident. Si vous expliquez aux pays arabes qu'ils n'ont pas le droit au nucléaire civil parce qu'ils sont arabes, vous donnez une prime extraordinaire à l'Iran, dont c'est justement toute la thèse.» Fin décembre, Sarkozy avait aussi indiqué, au quotidien égyptien Al-Ahram, que Paris était prêt aussi à coopérer avec Le Caire en matière de nucléaire civil.
La construction d'une centrale nucléaire dans les Emirats risque d'entraîner une course à l'atome dans la région du golfe Persique. On pense évidemment à l'Arabie saoudite. Jusqu'à ce jour, seul l'Iran était en lice avec la centrale de Bouchehr, qui a reçu en décembre sa première livraison de combustible russe. Elle ne devrait cependant pas entrer en fonction avant plusieurs mois. Par ailleurs, Téhéran entreprend la construction, cette fois par ses soins, d'une autre centrale dans le Sud, à Darkhoyen. Celle-ci ne devrait pas entrer en fonction, selon les dirigeants iraniens, avant neuf ans. En visite à Téhéran, Mohamed El-Baradei a demandé vendredi à l'Iran d'accélérer sa coopération pour éclaircir les zones d'ombre de son programme nucléaire d'ici mars
10/01/2008 - Areva
s'est "réjoui" jeudi de la décision du
gouvernement britannique de relancer la construction de centrales
nucléaires au Royaume-Uni, où le groupe nucléaire
français souhaiterait construire six réacteurs,
selon un communiqué du groupe public. Le gouvernement britannique
a accordé jeudi son feu vert à la construction de
nouvelles centrales nucléaires au Royaume-Uni, a annoncé
le secrétaire d'Etat aux entreprises John Hutton. Areva,
leader mondial du secteur, s'est "réjoui de cette
décision, qui favorisera les projets d'investissements
dans les centrales nucléaires dans ce pays", jugé
comme "une priorité" par le groupe français.
"Notre ambition est de construire au Royaume-Uni au moins quatre, et probablement six réacteurs",
affirme Luc Oursel, président d'Areva NP, la division réacteurs
du groupe, et membre du directoire d'Areva, cité dans le
communiqué. Areva avait annoncé le 20 juin avoir
soumis la conception de son réacteur nucléaire de
troisième génération EPR "aux autorités de sûreté
britanniques", dans le cadre d'un processus de validation.
Fabricant du réacteur, Areva s'est associé pour
cette candidature avec l'électricien français EDF,
qui apporte son savoir-faire d'exploitant. "A ce jour, onze
électriciens européens ont exprimé leur soutien
au processus de pré-certification de l'EPR au Royaume-Uni",
selon M. Oursel, qui vante "l'offre intégrée"
d'Areva, "comprenant la fourniture de réacteurs, de
combustible nucléaire, et une expertise dans la gestion
des déchets".
Enerpresse, 8/1/2008:
AprèsNPower, la semaine passée (cf. Enerpresse n°9485), les principaux énergéticiens du Royaume-Uni devraient prochainement augmenter drastiquement leur prix. Dimanche, The Observer tablait sur une inflation moyenne de 15%, tant pour le gaz que pour l'électricité. Une évolution qui surprend le gouvernement. Raison pour laquelle le chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling a convoqué les dirigeants de la Gas and ElectricityMarkets Authority (GEMA) et de l'Ofgem pour vérifier que ces hausses sont bien justifiées par la courbe du cours des hydrocarbures. Mais cela paraît n'être qu'une ultime gesticulation au regard de ce qui attend le contribuable et le consommateur britanniques. C'est aujourd'hui mardi, en principe, que Londres doit présenter son nouveau programme nucléaire civil. Un programme ambitieux puisqu'il prévoirait la construction d'une dizaine de tranches nouvelles, dont quatre pourraient être confiées à EDF Energy. Jusque là, tout va bien. C'est dans le mode de financement de l'opération que le diable se cache. Et, en l'occurrence, le prince des démons est impressionnant. Voilà des années que l'exécutif britannique jure ses grands dieux que le financement sera uniquement privé. Or, si l'on en croit The Guardian, cela pourrait ne pas être tout à fait exact. Si la construction des réacteurs serait bien payée par les électriciens, tel n'est pas le cas de l'aval du cycle. Comme en France, les compagnies seraient tenues de participer à un fonds de démantèlement. A charge pour le contribuable de payer la différence, si cela ne suffisait pas. Pour les déchets ultimes ? Pas de problème. Les électriciens louerait un volume de stockage correspondant à leur production de combustible usé. Pas question, en revanche, de leur faire supporter le coût de la construction dudit centre de stockage. Plus démoniaque, les compagnies électriques auraient exigé du gouvernement de Sa Majesté qu'il leur garantissent un prix minimal du carbone tout au long de la durée de vie des réacteurs ! Diabolique, si l'on se souvient que le marché des quotas est libre et que ses règles ne sont fixées que jusqu'à 2012. Pas de doute, le marché britannique de l'électricité des prochaines années sera véritablement celui où s'exercera une «concurrence libre et non faussée» !
The new anatolian, 20/12/2007:
Les autorités turques devraient lancer l'appel d'offre pour la première centrale nucléaire en février, a annoncé le ministre de l'Énergie Hilmi Guler vendredi 23 novembre.
« TETAS, la compagnie publique de distribution électrique, devrait faire cette annonce le 21 février », a dit Guler. « L'Institut turc de l'énergie atomique (TAEK) travaille sur les critères techniques de l'usine, selon un processus qui devrait être terminé d'ici au 21 décembre. » En vertu de la loi récemment adoptée, le TAEK fixera les critères requis pour les sociétés qui sont prêtes à construire et à gérer une centrale nucléaire et la TETAS ouvrira un appel d'offres pour les centrales nucléaires. À la fin de la procédure d'appel d'offres, l'entreprise sélectionnée et la TETAS signeront un contrat. Conformément à la loi, TETAS permet d'acheter toute l'énergie produite dans les centrales nucléaires. Conformément à la loi, la TETAS achètera toute l'électricité produite par cette centrale.
Le gouvernement a indiqué qu'il envisage de construire trois centrales nucléaires, d'une capacité totale d'environ 5 000 mégawatts, qui seront opérationnelles en 2012, dans le but de prévenir une éventuelle pénurie d'énergie, et de réduire la dépendance à l'égard de l'étranger pour les approvisionnements énergétiques. Mais le plan et l'emplacement possible de l'un des réacteurs ? Sinop, une côte de la Mer Noire ville 435 kilomètres (270 miles) au nord-est d'Ankara ? a déclenché les protestations des résidents et des écologistes. « Nous estimons que les investisseurs commenceront la construction l'année prochaine, et ? en estimant que cela va prendre cinq ans ? la production, sera effective dans le courant de 2013 ou 2014 », a déclaré Okay Cakiroglu, président du TAEK.
Passant outre les objections issues des partis d'opposition et des mouvements écologistes, le Parlement turc a adopté ce mois-ci, le projet de loi fixant le cadre juridique du pays, la première des centrales nucléaires, l'exploitation des centrales nucléaires et de la vente de l'énergie. Les parlementaires ont modifié plusieurs dispositions techniques figurant dans le projet initial, auquel l'ancien président Ahmet Necdet Sezer a opposé son veto au mois de mai. La semaine dernière, le président Abdullah Gül a approuvé le projet de loi. Celui-ci autorise le ministère de l'énergie à poursuivre et à finaliser l'appel d'offres pour la construction de centrales nucléaires et à se prononcer sur leur capacité et leur emplacement.
Le conseil des ministres se prononcera sur la création d'une société publique pour établir et exploiter une centrale électrique à l'intérieur et hors du pays, et vendre l'électricité produite dans cette centrale. Des entreprises privées pourront posséder des parts dans cette entreprise publique. La loi garantit que l'État achètera la production pendant quinze ans. Le projet de loi prévoit également que des institutions publiques construisent les installations s'il n'y a pas d'investissements privés. Guler a déclaré que bien que le gouvernement préfère le secteur privé à entreprendre le projet, une société d'économie mixte, ou la construction par le secteur public seul pourrait aussi être envisagée.
Il s'agit de la cinquième tentative
d'Ankara pour lancer un programme nucléaire. La plupart
des précédents efforts ont échoué
pour des motifs écologiques (d'autant que la Turquie est
située dans une zone sismique), mais cette tentative a
beaucoup plus de chances de réussir parce que le monde
qui entoure la Turquie a considérablement changé
depuis ? et parce que la Turquie est en train de changer avec
lui [disparition de la
zone sismique ???]. La Turquie avait annulé
le plan précédent, prévoyant de construire
une centrale nucléaire, en juillet 2000, au milieu des
difficultés financières et des protestations des
écologistes, en Turquie mais aussi chez ses voisins grecs
et chypriotes. Le projet de loi a été considéré
comme un grand pas vers le « club du nucléaire pacifique
», mais les experts disent que cela peut se traduire par
des dividendes militaires, à l'avenir.
7/12/2007:
Avis favorable de
Bruxelles à la centrale nucléaire de Belene
Les Echos, 20 novembre 2007:
Le Premier ministre tchèque, qui
avait promis à ses alliés écologistes de
ne pas évoquer le sujet, juge aujourd'hui « nécessaire
» une discussion ouverte sur la construction de nouvelles
centrales nucléaires.
Le tabou est tombé. Le Premier
ministre tchèque, Mirek Topolanek, a déclaré
la semaine dernière que son pays devrait relancer le débat
concernant la construction de nouvelles centrales nucléaires.
« Nous allons manquer d'électricité à
l'avenir », a avoué le chef du gouvernement.
Mirek Topolanek avait pourtant promis de ne pas aborder ce sujet
afin de ne pas froisser le parti écologiste, qui contrôle
plusieurs ministères et soutient sa coalition au Parlement.
« Une discussion ouverte sur l'énergie nucléaire
est nécessaire », a-t-il ajouté.
Prague estime que le pays pourrait faire face, dès 2016,
à de « grandes difficultés »
pour répondre à la demande électrique. Le
groupe énergétique CEZ, dont l'Etat contrôle
encore 66 % des parts, tente bien de réagir à ce
problème en modernisant ses centrales à charbon,
mais cette solution ne sera pas suffisante.
Vieillissement des sites
La République tchèque a aussi décidé
d'accroître sa production électrique à partir
du gaz mais cette politique va augmenter sa dépendance
énergétique envers ses fournisseurs étrangers,
et en particulier russes.
Aujourd'hui, les deux centrales nucléaires locales produisent
environ 35 % des besoins de la nation. Mais ces sites commencent
à mal vieillir. D'où le signal d'alarme tiré
par Mirek Topolanek. Prague n'est pas la seule capitale d'Europe
de l'Est à montrer un regain d'intérêt pour
l'atome. La Bulgarie s'apprête à investir 7 milliards
d'euros dans une nouvelle centrale nucléaire dont le projet
de construction remonte aux années... 1970.
La Roumanie veut, quant à elle, ajouter deux réacteurs
à sa centrale de Cernavoda. Et la Slovaquie, qui dépend
à plus de 50 % de l'énergie nucléaire, voudrait
inaugurer, d'ici à 2025, deux nouvelles centrales d'un
coût total de 6,5 milliards d'euros pour compenser la fermeture
de deux tranches de 440 MW exigée par l'Union européenne
pour des raisons de sécurité.
FRÉDÉRIC THÉRIN
(À MUNICH)
Les Echos, 16/11/07:
Lors de sa visite en France, hier, le Premier
ministre lituanien, Gediminas Kirkilas, a fait valoir aux investisseurs
tricolores le spectaculaire dynamisme de son pays et ses besoins
en équipements, en particulier dans le domaine du nucléaire.
Gediminas Kirkilas, le Premier ministre
de la Lituanie, était, hier, en France avec un objectif
clair : obtenir le soutien de Paris au projet de centrale nucléaire
construite par son pays avec la Pologne et les deux autres pays
Baltes, la Lettonie et l'Estonie. Il a quitté l'Hexagone
avec l'assurance de Nicolas Sarkozy que « la France était
à la disposition de la Lituanie pour l'aider ».
Le calendrier, il est vrai, s'accélère. «
La construction du site devrait commencer en 2009 et courir jusqu'en
2015. Nous procédons actuellement aux études d'analyse
de l'environnement », explique-t-il aux « Echos
» avant de confirmer que « l'appel d'offres pourrait
être lancé à la mi-2008 ». Un appel
d'offres que les entreprises françaises aimeraient bien
remporter, notamment Areva, qui a déjà proposé
à la Lituanie son nouveau réacteur EPR, ou bien
encore Alstom. Lors de cette visite, le Premier ministre lituanien
a, d'ailleurs, rencontré les dirigeants de ces deux compagnies.
[...]
Le Monde, 15/11/07:
Les grands groupes d'électricité
prônent tous le retour du nucléaire
Enerzine.com, 14/11/2007:
UniStar Nuclear Energy (UNE) a officialisé
le choix d'Alstom comme fournisseur d'au moins quatre îlots
conventionnels (turbine à vapeur et alternateur) destinés
aux futures centrales nucléaires dotées de réacteurs
EPR qu'UniStar projette de construire aux Etats Unis. UNE est
une filiale commune du producteur américain d'électricité
Constellation Energy et d'EDF. George Vanderheyden, Président
Directeur Général d'UNE, a souligné que le
choix d'Alstom résulte notamment de l'avance technologique
de sa turbine Arabelle. Il a précisé que la décision
finale de construire la première centrale nucléaire
EPR n'avait pas encore été prise, mais que cet accord
met UNE en bonne position pour passer une première commande
à Alstom en 2008. Cet accord fait suite à l'annonce
en juillet 2007 de la création par Constellation Energy
et EDF d' UniStar Nuclear Energy, société commune
en charge du développement et de la mise en oeuvre, aux
Etats Unis, d'un parc de nouvelles centrales nucléaires.
La création d'UNE fait elle-même suite au partenariat
entre Constellation Energy et Areva, annoncé en septembre
2005. Pour Philippe Joubert, Vice-Président Exécutif
d'Alstom, "cet accord va (...) permettre d'allouer dès
maintenant les ressources nécessaires à la construction
de la première centrale nucléaire de notre client
pour une mise en service en 2015 "
Alstom a installé plus de 170 unités d'îlôts
conventionnels dans le monde, représentant plus de 30%
de la base installée de centrales nucléaires.
14/11/2007 - Le
groupe américain General Electric a souhaité mercredi
à Rome participer au développement du nucléaire
en Turquie, où le parlement vient d'adopter une loi autorisant
la construction de premières centrales. "La Turquie
a besoin de nouvelles centrales électriques. Nous serons
là-bas avec tout ce qui sera nécessaire à
ce pays pour répondre à ses besoins", a affirmé
à l'AFP Ricardo Cordoba, président de GE Energy
en Europe de l'ouest et Afrique du nord, en marge du congrès
mondial de l'énergie, qui se tient jusqu'à jeudi
à Rome. "Nous serons présents sur ce marché",
a ajouté ce responsable de GE, qui construit des réacteurs
nucléaires ainsi que des turbines. Mais il faut considérer
"deux facteurs", selon M. Cordoba: "l'acceptation
par les populations", alors que la nouvelle loi turque est
décriée par l'opposition et les écologistes,
et la réunion de compétences en ingénierie,
qui manquent dans le secteur. La nouvelle loi autorise le ministre
turc de l'Energie à lancer et à conclure des appels
d'offres pour la construction de centrales nucléaires ainsi
qu'à décider de leur capacité et du lieu
de leur implantation. Elle prévoit qu'en cas d'absence
d'offres émanant du secteur privé, des institutions
publiques puissent prendre en charge la construction des centrales.
La Turquie souhaite construire trois centrales nucléaires
d'une capacité totale d'environ 5.000 mégawatts
qui devraient être opérationnelles en 2012 pour pallier
d'éventuelles pénuries d'énergie et réduire
sa dépendance énergétique.
13/11/2007 - Le Premier ministre lituanien Gediminas Kirkilas se rend mercredi à Paris pour des entretiens avec les dirigeants français qui seront largement centrés sur le projet de construction d'une centrale nucléaire en Lituanie, a-t-on annoncé mardi de source officielle. Gediminas Kirkilas rencontrera jeudi le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon, a précisé l'AFP la porte-parole du gouvernement, Nemira Pumprickaite. Le Premier ministre lituanien doit également avoir des entretiens avec la présidente d'Areva Anne Lauvergeon et de hauts dirigeants du groupe Alstom. Il sera accompagné de son ministre de l'économie Vytas Navickas. Les industriels français espèrent participer au projet de centrale nucléaire, pour lequel Areva a proposé son nouveau réacteur EPR. La nouvelle centrale, dont la capacité totale n'a pas encore été définie, doit être construite en commun avec la Pologne et les deux autres pays baltes, la Lettonie et l'Estonie. Elle devrait commencer à être construite en 2009 pour entrer en service en 2015, espère le gouvernement lituanien. Elle doit remplacer une ancienne centrale construite par les Soviétiques dans les années 80 à Ignalina (nord), que la Lituanie s'est engagée à fermer définitivement d'ici à la fin 2009. Ses deux réacteurs sont du même type que ceux de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, à l'origine de la plus grave catastrophe du nucléaire civil en avril 1986.
12/11/2007 - Les
entreprises énergétiques ont vanté lundi,
à l'ouverture de leur congrès à Rome, les
mérites de l'énergie nucléaire, qui émet
très peu de CO2, mais qui divise les pays européens.
Le leader mondial du nucléaire Areva n'a même plus
besoin de faire de la publicité pour ses réacteurs
tellement les demandes affluent, a affirmé sa patronne
Anne Lauvergeon devant les délégués du 20e
congrès du Conseil mondial de l'énergie. "Plaider
la cause du nucléaire n'est plus un problème tant
nous avons de négociations en cours. Nous n'avons plus
à dire: +s'il vous plait+", a déclaré
Mme Lauvergeon devant les entreprises du secteur. L'atome connaît
un regain d'intérêt dans le monde entier, Etats-Unis
en tête, qui prévoient de construire, pour la première
fois depuis 30 ans, de nouvelles centrales. Mais il divise toujours
l'Europe, où l'Allemagne, la Suède et la Belgique
prévoient de l'abandonner, à cause des déchets
radioactifs qu'il engendre et du traumatisme de Tchernobyl, tandis
que l'Italie y a renoncé depuis vingt ans. A cet égard,
la France a menacé lundi l'Allemagne de mettre fin au partenariat
entre Areva et le groupe industriel allemand Siemens si Berlin
abandonnait le nucléaire comme elle prévoit de le
faire. "Un partenariat avec Siemens perd de son intérêt
si l'Allemagne ferme son territoire au nucléaire",
a déclaré la ministre française de l'Economie
Christine Lagarde à un quotidien allemand. "Notre
partenariat" avec Siemens, qui détient 34% de la filiale
réacteurs d'Areva, "fonctionne très bien",
a rétorqué Mme Lauvergeon en marge du congrès.
L'Allemagne doit officiellement sortir du nucléaire d'ici
2020, mais cette intention fait débat dans le pays. Développer
cette énergie est "une nécessité",
a souligné le patron de l'électricien italien Edison,
contrôlé par EDF, Umberto Quadrino, alors que l'Italie
a renoncé au nucléaire depuis 1987. Selon Gérard
Mestrallet, PDG du groupe français d'énergie Suez,
"certains en Italie regrettent un peu aujourd'hui" cette
sortie de l'atome. Le président de la Commission européenne
José Manuel Barroso n'a pas voulu prendre partie et a redit
à Rome que cette décision relevait des pays. Le
nucléaire est désormais plus compétitif que
les hydrocarbures, a rappelé le patron du premier groupe
pétrolier mondial, ExxonMobil, Rex W. Tillerson. En introduisant
le coût des émissions de gaz à effet de serre,
"la compétivité économique du nucléaire"
par rapport au charbon, "apparaît nettement",
selon l'Institut français des relations internationales.
A 50 euros la tonne de CO2, le coût du kilowatts-heure de
charbon serait mulitplié par deux. Reste qu'installer des
centrales est "un très long processus", a rappelé
Mme Lauvergeon, qui a réclamé en Europe une "autorité
de certification globale" pour éviter qu'Areva doive
certifier ses installations dans chaque pays. Cette énergie
coûte aussi cher en cas de moindre retard dans les programmes.
Areva a effectué au premier semestre plusieurs provisions
qui ont affecté ses résultats, en raison des retards
de son chantier de construction du premier EPR en Finlande. Le
plus difficile est de rendre cette énergie "socialement
acceptable", répète souvent le PDG d'Electricité
de France (EDF), Pierre Gadonneix, dont l'électricité
est produite à 88% à partir de l'atome. Selon un
communiqué des Verts au Parlement européen publié
à Rome, Mme Lauvergeon "ment" quand elle dit
que le nucléaire est compétitif alors que "les
problèmes des déchets et de prolifération
ne sont pas résolus".
12/11/2007 - Le producteur américain d'électricité Exelon a annoncé lundi qu'il avait retenu la technologie proposée par GE Hitachi Nuclear Energy, au cas où il déciderait d'aller de l'avant avec son projet de construction d'une centrale nucléaire de nouvelle génération au Texas. Ce choix d'une technologie ne vaut pas engagement de construction, a souligné Exelon dans un communiqué. Le groupe ne prévoit pas de déposer sa demande combinée de construction et d'exploitation avant novembre 2008. Auparavant, il lui aura fallu régler deux conditions préalables: trouver une solution pour se débarrasser des déchets produits et obtenir l'assentiment des populations concernées, a-t-il expliqué dans son texte. Trois technologies s'affrontent sur le marché américain, où une trentaine de projets de construction de centrales nucléaires ont été présentés ces derniers mois: celles de GE Hitachi, de Toshiba Westinghouse et d'Areva. Le réacteur proposé par GE Hitachi est un réacteur à eau bouillante baptisé ESBWR ("Economic Simplified Boiling Water Reactor"), comprenant 25% de pompes, valves et moteurs de moins que la génération actuelle de réacteurs. Basé à Chicago, Exelon est l'un des principaux fournisseurs américains d'électricité, avec un chiffre d'affaires de plus de 15 milliards de dollars. Il est surtout présent dans la région de Chicago et en Pennsylvanie (nord-ouest du pays), mais possède aussi des centrales au gaz au Texas, d'une capacité totale de 3.700 mégawatts.
Le Figaro, 31/10/2007:
Même si aucun projet industriel n'a encore vu le jour, des partenariats sont noués avec plusieurs pays.
POUR LA FILIÈRE nucléaire française, le développement à l'international ne passe pas seulement par les États-Unis ou la Chine. Les pays arabes représentent des interlocuteurs de choix, même si, dans cette région du monde, les discussions n'en sont encore qu'au stade liminaire.
L'intérêt pour le lancement d'un programme nucléaire civil est suffisamment prononcé à Rabat et Tripoli notamment pour que les entreprises françaises concernées aient jeté les bases d'une collaboration, avec le soutien de Paris. Pendant la campagne électorale, le président Sarkozy avait affiché son intention d'encourager la diffusion du nucléaire civil français à l'étranger.
Au Maroc en particulier, Areva, le groupe français leader mondial du nucléaire, vient de signer un protocole d'accord impliquant un programme de recherche et développement sur l'extraction d'uranium dans les gisements de phosphates. Dans l'absolu, ce type d'exploration est coûteux, mais les conditions économiques du marché de l'uranium le rendent intéressant. À titre indicatif, le Maroc recèle quelque 6 millions de tonnes d'uranium (dans ses phosphates), à comparer aux trois millions de tonnes « conventionnelles » réparties dans le reste du monde.
Préalable gouvernemental
Toujours au Maroc, EDF a profité de la visite d'État de Nicolas Sarkozy, ce mois-ci, pour signaler sa disposition à accompagner l'Office national de l'électricité (ONE) dans sa réflexion autour de la mise en place d'une filière nucléaire. « Mais ni la nature ni les modalités de cette collaboration n'ont été déterminées », précise le groupe français.
En Libye, une première réunion exploratoire s'est tenue avec Areva avant l'été, après qu'un accord de coopération scientifique et technique a été signé entre Tripoli et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) au printemps 2006. Mais on est encore loin d'un projet de partenariat industriel, qui est subordonné à la formalisation d'accords gouvernementaux bilatéraux.
En attendant, dans de nombreux pays de la zone, le CEA accompagne activement les projets d'une offre industrielle. Ses actions exploratoires visent ainsi à identifier les besoins des pays intéressés - qui cherchent tous une alternative aux hydrocarbures -, à comprendre leur stratégie et, bien sûr, à s'assurer qu'ils sont prêts à accéder au nucléaire. La dimension géopolitique prend là tout so sens, avec un autre volet crucial, qui touche à la sécurité des infrastructures.
Outre le Maroc et la Libye, la Jordanie, la Tunisie, les Émirats arabes unis ou encore le Qatar sont les noms de pays qui reviennent quand il s'agit d'évoquer la construction d'un réacteur nucléaire. Sans oublier l'Arabie saoudite, qui devrait mettre le sujet sur la table lors de la venue de Nicolas Sarkozy à la mi-janvier.
Pour tous ces pays, combien de temps est nécessaire
avant que ce dialogue avec la France ne débouche sur le
lancement d'un programme ? « Dix ans minimum, quinze quand
les pays concernés partent de rien », répond
un expert. Mais ce n'est pas tout. Les filières nucléaires
américaine, russe et japonaise sont sur les rangs. Ce qui
promet de belles batailles avant qu'un réacteur ne sorte
de terre.
30/10/2007 - La
Commission européenne a donné mardi son feu vert
à la créaction d'une société commune
dans l'énergie nucléaire entre les sociétés
française Areva NP et japonaise Mitsubishi Heavy Industries
(MHI). La nouvelle entité, baptisée Atmea, doit
développer et commercialiser un réacteur à
eau pressurisé de troisième génération
de puissance moyenne. Les activités d'Areva NP et de MHI
sont "géographiquement complémentaires",
selon la Commission qui relève que la nouvelle entité
restera "confrontée à plusieurs concurrents
opérant à l'échelle mondiale ainsi qu'à
un certain nombre de producteurs d'îlots nucléaires
ayant une emprise régionale". Bruxelles juge en outre
"peu probable" que l'entreprise commune soit utilisée
pour coordonner le comportement concurrentiel des sociétés
mères. Areva NP est elle-même une société
commune à 66%-34% entre le français Areva et l'allemand
Siemens.
Le Monde, 29/10/2007:
Une source proche du président Nicolas Sarkozy a indiqué, mercredi 24 octobre, que la France et le Maroc vont signer un "accord-cadre" de coopération en matière de nucléaire civil, d'ici à "quelques semaines". Selon cette source, un représentant de M. Sarkozy et un autre du roi Mohammed VI vont commencer à négocier cet accord "dès la semaine prochaine". Les discussions porteront sur le nombre et la localisation des futures centrales et la possibilité qu'elles servent non seulement à la production d'électricité, mais également à la désalinisation de l'eau de mer.
Mardi soir, Nicolas Sarkozy avait déclaré que la France et le Maroc avaient décidé de s'engager dans un "partenariat" dans le domaine du nucléaire civil. "La France veut accompagner les grands chantiers structurants que votre pays a lancés pour tirer le meilleur parti de son intégration à l'économie mondiale", avait-il expliqué lors d'un dîner officiel, au deuxième jour de sa visite d'Etat au Maroc. "Par-delà le projet de TGV (...), j'ai le plaisir d'annoncer que nous avons décidé de nous engager ensemble dans un autre grand chantier, un autre grand partenariat, celui de l'énergie nucléaire civile", avait-il poursuivi.
RÉSERVES MAROCAINES DE PHOSPHATES. Mardi matin, le chef de l'Etat français avait également souhaité voir le Maroc se doter d'"une filière nucléaire civile" en partenariat avec la France. "L'énergie du futur n'a pas vocation à être la possession exclusive des pays les plus développés dès lors que les conventions internationales sont partout respectées", avait-il insisté devant les députés marocains à Rabat. Contrairement à l'Algérie, le Maroc n'a pas de gisements de gaz, mais possède des réserves de phosphates, lesquelles renferment de l'uranium.
29/10/2007: L'Egypte franchit le pas du nucléaire civil
Les Echos, 17/10/2007:
La vente de 2 EPR devrait être officialisée à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en Chine, le 25 novembre. En plus de ces réacteurs, le groupe français assurera pendant plus de vingt ans la fourniture du combustible nucléaire. Au total, le montant de ce contrat devrait avoisiner les 5 milliards d'euros.
Tout est prêt. Négocié depuis de longs mois, le grand contrat nucléaire chinois d'Areva n'attend plus que la visite de Nicolas Sarkozy, le 25 novembre, pour être signé. De sources concordantes, c'est à cette occasion que les autorités chinoises et françaises ont convenu d'officialiser la vente de 2 réacteurs EPR au premier électricien nucléaire du pays, China Guangdong Nuclear Power Corp. (CGNPC). La fin d'un marathon diplomatico-industriel de cinq ans pour le groupe français. Une forme de revanche, aussi, après la perte du contrat portant sur 4 réacteurs de troisième génération, remporté l'an passé par l'américain Westinghouse.
Depuis lors, l'entreprise présidée par Anne Lauvergeon se raccrochait à l'espoir d'un joli lot de consolation. C'est pratiquement chose faite et le camp tricolore a tout lieu de se réjouir : l'accord qui se dessine ira en effet plus loin qu'une simple fourniture de réacteurs nucléaires. Comme le souhaitait Pékin, un « partenariat global » devrait être annoncé le mois prochain entre Areva et CGNPC. Son premier volet prévoit la livraison de deux EPR sur le site de Taishan, non loin de Macao et de Hong Kong. Outre les « chaudières » elles-mêmes, Areva sera chargé de fournir la plupart des éléments composant l'îlot nucléaire, qu'il se procurera auprès de différents fournisseurs. A lui seul le montant de ce contrat serait compris entre 3,5 et 4 milliards d'euros.
Mais ce n'est pas tout. Au cours des derniers mois, les négociateurs de CGNPC ont beaucoup insisté pour inclure dans l'accord un volet « combustible ». Une véritable obsession pour la Chine, qui a récemment multiplié les contacts à l'étranger (Australie, Afrique du Sud, Canada, Kazakhstan...) afin de sécuriser son approvisionnement en uranium enrichi. Dans le cadre du partenariat à venir, Areva s'est donc engagé à fournir pendant plus de vingt ans le combustible nécessaire au fonctionnement des 2 EPR.
Cet accord couvre à la fois la fourniture de l'uranium naturel, son traitement chimique (conversion) et son enrichissement, autrement dit toutes les étapes con-duisant à la fabrication du combustible nucléaire. Selon les estimations, ce volet « amont » représenterait entre 1,5 et 2 milliards d'euros de contrats supplémentaires. Au total, le montant de ce grand accord chinois pourrait donc dépasser les 5 milliards d'euros, ce qui en ferait l'un des plus gros jamais signés par une entreprise française dans ce pays.
Il est trop tôt, en revanche, pour parler de l'aval du cycle, un autre axe stratégique pour les autorités chinoises. Dans le cadre de leur nouveau partenariat nucléaire, Paris et Pékin devraient simplement acter la volonté de poursuivre des discussions dans le domaine du traitement et du recyclage du combustible.
De possibles retombées. Vingt ans après la construction des centrales de Ling Ao et Daya Bay, soeurs jumelles des centrales françaises, la commande de 2 EPR ouvre un nouveau chapitre de la coopération franco-chinoise en matière nucléaire. Comme ils l'ont fait pour les réacteurs de deuxième génération, les constructeurs locaux finiront par s'approprier complètement cette nouvelle technologie, mais pour l'heure, ils ont besoin des ingénieurs d'Areva.
Plus largement, cet accord pourrait avoir des
retombées positives pour les autres acteurs de la filière
tricolore. C'est le cas d'EDF, qui espère s'impliquer dans
ce chantier. C'est aussi celui d'Alstom, qui apparaît bien
placé pour fournir des éléments clefs de
la partie conventionnelle des futures centrales, à commencer
par les deux turbines qui produiront de l'électricité
à Taishan.
17/10/2007 - Le
groupe français EDF est "en train de discuter avec
les autorités chinoises" pour construire "plusieurs
centrales nucléaires" en Chine, a affirmé mercredi
à Paris l'un de ses dirigeants. Un des responsables chargé
du développement à l'international d'EDF, Gérard
Wolf, a assuré que des discussions étaient avec
les autorités de Pékin et un partenaire "dans
la province du Guandong". Ces discussions "portent sur
plusieurs centrales nucléaires en Chine", y compris
des centrales EPR - utilisant des réacteurs de troisième
génération - "compte tenu de la demande"
en électricité dans ce pays, a-t-il précisé.
"Nous espérons finaliser un accord en même temps
que l'ensemble de la filière nucléaire française",
a-t-il ajouté. Le groupe nucléaire français
Areva est en train de finaliser un contrat avec les Chinois portant
sur deux réacteurs EPR, la filière du combustible
uranium et une société d'ingénierie commune.
10/10/2007 - Les
trois pays baltes et la Pologne ont décidé de reporter
la signature d'un accord officiel destiné à lancer
la construction commune d'une nouvelle centrale nucléaire
en Lituanie, a annoncé mercredi le Premier ministre lituanien
Gediminas Kirkilas. "Très probablement, l'accord sur
la construction d'une nouvelle centrale nucléaire sera
signé en novembre, après les élections en
Pologne", a déclaré le Premier ministre. Gediminas
Kirkilas avait affirmé la semaine dernière qu'il
espérait signer l'accord mercredi, à l'occasion
d'un Sommet de l'énergie qui rassemble de nombreux dirigeants
européens dans la capitale Vilnius. La nouvelle centrale
doit remplacer sur le même site la centrale mise en service
près d'Ignalina dans les années 80 par les
Soviétiques. La Lituanie s'est engagée auprès
de l'UE à fermer définitivement cette centrale jugée
dangereuse d'ici à la fin 2009. Les deux réacteurs
de la centrale sont du même type que ceux de Tchernobyl,
où a eu lieu une catastrophe en avril 1986. La semaine
dernière, M. Kirkilas avait affirmé qu'il n'y avait
pas de sujet de controverse particulier. Mais vendredi, lors d'une
conférence à Vilnius, le ministre polonais de l'Economie
Piotr Wozniak avait jeté le trouble en affirmant qu'il
réclamait une part importante de l'électricité
qui sera produite, soit de 1.000 à 1.200 MW. Le projet
de centrale commune a d'abord été conçu par
les trois Etats baltes, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie,
désireux d'assurer leur indépendance énergétique
face à leur puissant voisin russe. La Pologne s'est ensuite
jointe au projet il y a moins d'un an. La nouvelle centrale, qui
pourrait avoir à terme une capacité totale allant
jusqu'à 3.200 MW, devrait commencée à être
construite en 2009 pour entrer en service en 2015, espère
le gouvernement lituanien.
Les Echos, 3/10/2007:
EDF a frappé un grand coup cet été
en s'associant à Constellation Energy. Une alliance prometteuse qui n'a pas été
accueillie de gaieté de coeur par Areva. Depuis deux ans,
l'entreprise tricolore avait elle-même posé des jalons
pour profiter de la relance du nucléaire américain.
Il y aura de la place pour tout le monde. Mais aux Etats-Unis,
comme en Chine ou au Royaume-Uni, qu'il est difficile de faire
travailler ensemble les principaux acteurs de la filière
nucléaire française ! Derrière la satisfaction
de façade, le grand « cocorico » poussé
de ce côté-ci de l'Atlantique, l'alliance scellée
cet été entre EDF et l'américain Constellation
Energy a suscité pas mal de vagues, ces derniers mois,
entre l'électricien tricolore et Areva. Au point de semer
un doute sur leur capacité à coopérer pour
profiter à plein de la relance du nucléaire américain.
Pourquoi cette querelle franco-française ? Parce que depuis deux ans, Areva avait lui-même posé des jalons aux Etats-Unis et noué un partenariat avec un certain Constellation Energy. Sous la bannière UniStar, l'idée de départ était d'engager en commun les longues et coûteuses procédures administratives visant à certifier le réacteur EPR sur le sol américain. Parallèlement, Areva et Constellation Energy se sont chargés, depuis lors, de déployer ce même réacteur aux Etats-Unis, en le proposant à d'autres électriciens. Une stratégie payante puisque, à ce jour, en plus de Constellation Energy, 4 autres compagnies (Ameren, PPL, Amarillo Power et Alternate Energy Holdings) ont fait le choix de l'EPR outre-Atlantique.
Fondamentalement, l'arrivée d'EDF dans le paysage ne remet pas en cause ce partenariat initial. Mais, à l'avenir, elle risque de cantonner Areva dans un rôle de simple fournisseur vis-à-vis de Constellation Energy, alors que l'entreprise était jusqu'ici en première ligne et faisait seule la promotion de la filière nucléaire tricolore. Sa présidente, Anne Lauvergeon, a eu d'autant plus de mal à avaler la pilule qu'elle a eu le sentiment d'être mise devant le fait accompli. Informée dès le printemps qu'un accord avec Constellation Energy était sur le point d'aboutir, l'Agence des participations de l'Etat (APE) avait expressément demandé à EDF d'en avertir Areva. L'électricien français l'a fait mi-juillet. Pratiquement la veille de l'annonce officielle... L'affaire a suscité un véritable clash entre les directions des deux entreprises. Au plus fort de la crise, elle est même remontée au plus haut niveau de l'Etat, avant que chacun retrouve ses esprits.
Trois mois plus tard, les tensions semblent apaisées et les rôles sont clairement définis au sein de la nouvelle société commune UniStar Nuclear Energy. En vertu des accords conclus cet été, le capital de cette co-entreprise appelée à investir dans des projets de centrales nucléaires est détenu à 50-50 par EDF et Constellation Energy.
Le scénario est séduisant
Dans les cinq ans qui viennent, l'électricien français
prendra en outre une participation pouvant aller jusqu'à
9,9 % au sein de son allié américain. Ensemble, les deux partenaires prévoient
déjà de participer à la construction de 4
EPR aux Etats-Unis. Le premier d'entre
eux devrait voir le jour à Calvert Cliffs, dans le Maryland.
Avant la fin de l'année, le dossier visant à obtenir
une licence de construction et d'exploitation pour ce site sera
officiellement déposé auprès des autorités
américaines. L'objectif étant de mettre en service
la future centrale à l'horizon 2015.
Dans ce cas précis, EDF jouera donc un rôle de coinvestisseur (des discussions sont en cours avec un troisième partenaire financier pour partager les risques de ce premier projet). Le groupe français fera aussi profiter Constellation Energy de l'expérience accumulée sur le chantier de Flamanville et, le moment venu, il s'impliquera dans l'exploitation proprement dite de la centrale.
Et Areva dans tout cela ? Pour le groupe nucléaire, le champ d'action est plus limité : sous la bannière UniStar, il interviendra seulement au niveau de la conception et du marketing. Début décembre, il lui reviendra par exemple de déposer la demande de certification du design de l'EPR, étape clef devant permettre de construire le réacteur français n'importe où sur le sol américain.
Sur le papier, EDF et Constellation Energy rêvent d'une alliance élargie, qui les amènerait à s'associer à la construction de tous les EPR susceptibles de voir le jour aux Etats-Unis. Le scénario est séduisant. Mais les électriciens ayant fait le choix du réacteur français ne voudront peut-être pas tous se lier à UniStar. Dans cette hypothèse, Areva se tient évidemment prêt à honorer toutes les commandes. Surtout si elles lui permettent de s'émanciper d'EDF...
La Tribune, 2/10/07:
Le Français est associé avec
deux firmes japonaises et trois américaines. Il a en ligne
de mire un colossal contrat de 15 milliards de dollars pour la
construction aux Etats-Unis d'une usine de retraitement et d'un
réacteur de recyclage.
Areva vient d'emporter
la principale dotation d'un contrat d'étude pour le développement
aux Etats-Unis d'une usine de traitement des combustibles nucléaires
usés et d'un réacteur de recyclage de ces déchets. Areva est leader d'un consortium, auquel participe
six entreprises dont les japonais Mitsubishi Heavy Industries
et Japan Nuclear Fuel ainsi que trois firmes américaines
de moindre importance. Trois autres groupes d'entreprises ont
obtenu des parties de ce contrat d'étude d'un montant global
de 60 millions de dollars. Le premier, mené par Général
Electric et Hitachi, a reçu 4,8 millions de dollars, le
deuxième, 4,3 millions et le troisième 1,6 million.
Le consortium mené par Areva, dénommé INRA,
devrait remettre début 2008 une première description
des technologies envisagées dans le projet ainsi qu'un
premier modèle économique de développement,
d'exploitation et de commercialisation des deux structures. Selon
ce projet, Areva et Japan Nuclear Fuel construiraient l'usine
de retraitement. Mitsubishi réaliserait le réacteur.
Derrière cette étude se masque un colossal contrat
de construction de l'usine et du réacteur. Il n'a pas été
chiffré. Mais selon des informations de presse, il devrait
exiger un investissement de 15 milliards de dollars. Il fait partie
d'un projet plus vaste conçu par les Etats-Unis pour améliorer
leur indépendance énergétique. Une loi a
été votée par le Congrès en juillet
2005 pour relancer le nucléaire. Pour faire suite, le Département
(ministère) à l'énergie a lancé, en
février 2006 un "partenariat global pour l'énergie
nucléaire".
Batiactu, 2/10/2007:
Trois semaines avant l'expiration du délai pour le dépôt d'offres, une trentaine de groupes, dont Lafarge, Enel, E.ON, ont exprimé leur intérêt pour la construction des 3e et 4e tranches de la centrale nucléaire de Cernavoda dans le sud-est de la Roumanie.
Parmi les trente groupes intéressés figurent le français Lafarge, les italiens Enel et Ansaldo (qui avait construit avec le canadien EACL les deux premiers réacteurs), les allemands E.ON et RWE, le tchèque CEZ, ArcelorMittal, ainsi que deux banques françaises, Paribas et Société générale, selon la même source. Par ailleurs, Nuclearelectrica a indiqué avoir retenu les offres déposées déjà par treize compagnies, qui avaient répondu à l'appel lancé l'année dernière par Bucarest, avant que la procédure ne soit reprise à zéro, suite au changement de la stratégie de financement de ce projet. Les deux tranches de la centrale devraient être mises en fonction à l'horizon 2014. Comportant cinq réacteurs au total, la centrale de Cernavoda utilise le procédé canadien Candu 6 et fonctionne avec de l'uranium naturel et de l'eau lourde. Deux réacteurs ont jusqu'ici été mis en service -le second en août dernier-, fournissant ensemble environ 17-18% des besoins d'électricité du pays.
L'expressiondz.com, 1 Octobre 2007:
PARIS ET WASHINGTON CONVOITENT LE MARCHÉ ALGÉRIEN
La «guerre» du nucléaire s'amplifie
Le Monde, 26/9/07:
BALTIMORE (Etats-Unis) ENVOYÉ SPÉCIAL
Mayo A. Shattuck est peut-être l'homme qui attachera son nom à la renaissance de l'énergie nucléaire aux Etats-Unis. Le patron de Constellation Energy partagera alors la palme avec le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix. En scellant en juillet une alliance pour construire quatre EPR (European Pressurized Reactor), les deux groupes d'électricité ont engagé une course-poursuite avec leurs concurrents pour mettre en service en 2015 le premier réacteur nucléaire construit outre-Atlantique depuis l'accident de Three Mile Island en 1979.
L'industrie nucléaire américaine
(19 % de la production d'électricité) sort d'un
long marasme. Dans les
années 1960, ses promoteurs vantaient une énergie
"too cheap to meter" (trop bon marché
pour être comptée). Les faits les ont démentis.
Les coûts de construction ont explosé, des centrales
n'ont fonctionné qu'à la moitié de leurs
capacités et des réacteurs ont été
démantelés avant même d'entrer en service,
entraînant la faillite de certaines compagnies.
La situation s'est améliorée il y a dix ans. La
NRC (autorité de sûreté nucléaire)
a déjà autorisé la prolongation de quarante
à soixante ans de la durée de vie de la moitié
des 104 réacteurs en service. La relance s'est accélérée
depuis l'Energy Policy Act de 2005 qui, selon le président
George W. Bush, "permettra de développer l'utilisation
de la seule source d'énergie complètement nationale,
disponible en grande quantité, respectueuse de l'environnement
et capable de produire beaucoup d'électricité :
le nucléaire".
"LE PREMIER MARCHÉ MONDIAL"
La NRC va recevoir une trentaine de demandes de construction de
réacteurs dont la mise en service s'étalera de 2015
à 2030. Elle a accéléré et simplifié
ses procédures. Une demande des électriciens et
des banquiers, qui ne voulaient pas revivre la situation des années
1970, où des délais d'autorisation à rallonges
avaient compromis de nombreux projets. C'est dans un environnement
plus sûr qu'EDF se lance aux Etats-Unis, un de ses quatre
"pays cibles" avec la Chine, la Grande-Bretagne
et l'Afrique du Sud.
"C'est le premier marché mondial, un formidable
relais de croissance", souligne M. Gadonneix. D'ici à
2030, la consommation d'électricité va augmenter
de 50 % et il faudra construire de 1 300 à 1 900 centrales
(charbon, gaz, nucléaire...). EDF a signé avec Constellation
un "partenariat stratégique" prévoyant
une montée jusqu'à 9,9 % dans le capital du groupe
américain et l'étude d'investissements communs aux
Etats-Unis, où le secteur de l'électricité
(8 000 entreprises) n'échappera pas à une consolidation.
Ils ont aussi annoncé la création d'une co-entreprise
pour exploiter des EPR. "Notre objectif est d'avoir un
tiers des trente réacteurs construits d'ici à 2030",
indique Bernard Estève, président de la filiale
américaine d'Areva.
L'électricité nucléaire est devenue très
rentable. Selon le Nuclear Energy Institute, le lobby du secteur,
ses coûts de production sont au moins deux fois inférieurs
à du courant produit par les centrales au gaz et au charbon,
toujours à la merci d'une taxe sur le CO2. Le nucléaire
renforce aussi la sécurité énergétique
d'un pays qui a décidé de réduire drastiquement
sa dépendance aux hydrocarbures du Moyen-Orient.
Les banquiers affichent pourtant une prudence renforcée par
la crise actuelle des subprimes. Ils ont déjà obtenu des garanties : aide fiscale pour les 6 000 premiers mégawatts
installés, remboursement des surcoûts en cas de retard
des chantiers, responsabilité
limitée des exploitants en cas d'accident.
Mais ils exigent surtout que le gouvernement garantisse les prêts
aux électriciens, qui devront débourser 4,5 milliards
de dollars (3,2 milliards d'euros) pour un EPR. "C'est la question cruciale",
reconnaît Mike Wallace, directeur général
adjoint de Constellation.
Les deux groupes veulent engager les démarches de certification
de l'EPR bien avant la présidentielle de 2008 - moins inquiets
de l'issue du scrutin que des lendemains de l'élection
où les projets seront retardés. "La concurrence
sera rude", reconnaît M. Wallace : fournisseurs
des électriciens américains, General Electric et
Westinghouse (repris par Toshiba) sont en terrain conquis. Ni
les dernières incertitudes financières ni la question
en suspens des déchets ne contrarieront une renaissance
sur laquelle ne pèse plus qu'un risque : un nouveau Three
Mile Island.
Jean-Michel Bezat
Webmanagercenter.com, 19/9/2007:
Les responsables de l'énergie en Jordanie projettent dans dix ans le début de fonctionnement des premières stations du programme nucléaire de génération électrique. Néanmoins, ils estiment insuffisant que l'on se contente d'une seule source, préconisant d'exploiter l'uranium existant en abondance dans le royaume, sous réserve de le reconvertir selon des normes modernes