Le nucléaire se porte commercialement et médiatiquement à peu près bien

L'ASN donne son feu vert pour Atmea1

L'Usine Nouvelle (7/2/2012) - L'autorité de sûreté nucléaire française annonce le 7 février avoir émis un avis positif sur les options de sûreté retenues par Areva et son partenaire japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) pour leur projet de réacteur nucléaire Atmea1, inspiré de l'EPR.

"Cette revue des options de sûreté a été effectuée à la demande de la société Atmea. Bien qu'elle ne s'inscrive pas aujourd'hui dans la perspective d'une demande d'autorisation de création d'un tel réacteur en France, cette revue a été menée dans les conditions qui encadrent la création des installations nucléaires de base sur le territoire français", souligne l'ASN.

Atmea1 est une co-entreprise entre les deux groupes et projette de mettre au point un réacteur nucléaire de troisième génération à eau sous pression de moyenne puissance, environ 1 100 mégawatts.

Aucun projet de construction d'un Atmea1 n'est officiellement lancé à ce jour en France. En effet, ce réacteur est avant tout destiné à l'exportation vers des pays dont le réseau électrique n'est pas compatible avec des réacteurs plus puissants, comme l'EPR d'Areva.

Mais ce projet est l'un des trois retenus par la Jordanie, qui souhaite se doter de son premier réacteur nucléaire pour réduire sa dépendance énergétique extrême.

Le projet franco-japonais est en concurrence avec ceux de la firme russe Atomstroyexport et de la canadienne AECL. Selon le chef de la Commission de l'énergie nucléaire jordanienne, le candidat retenu sera connu le 15 mars.

 


Areva: remise de l'offre pour une centrale EPR en Finlande.

Cercle Finance (7/2/2012) - Areva, à la tête de l'équipe EPR, a remis son offre commerciale pour la construction d'une centrale nucléaire à Pyhäjoki, en Ostrobotnie du Nord, en Finlande. Cette offre commerciale fait suite à la remise de l'offre technique - actuellement en cours d'évaluation par Fennovoima - en janvier dernier, et permet ainsi à l'équipe EPR d'avoir une offre complète. Le fournisseur de la centrale sera sélectionné courant 2012-2013 et le calendrier du projet sera quant à lui défini au cours de négociations ultérieures. Le périmètre de l'offre comprend l'ingénierie, l'approvisionnement et la construction de l'ensemble de la centrale nucléaire - y compris le réacteur et la turbine.

 


Un article du 6 février 2012 de Caire Berthelemy paru sur le site "OWNI":

La pieuvre AREVA en Inde
Deux E.P.R Indian Tonic

Pour un contrat de 5,7 milliards d'euros, en Inde, sur une zone sismique, Areva lance la construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR malgré le risque. Sur place, de récentes études géologiques confirment une probabilité élevée de tremblements de terre. Dès à présent, des parlementaires indiens voudraient qu'Areva s'engage financièrement en cas d'accident. Sur place, les populations protestent. Et le chantier continue.


Les pancartes anti-nucléaires sont confisquées par les autorités. Cinq villages doivent être évacués, mais les habitants résistent et se mobilisent. ©Micha Patault/Picture Tank

En Inde, au Sud de Bombay, près de la ville de Jaïtapur, dans une zone fortement sismique, Areva met en chantier la construction de deux réacteurs EPR de troisième génération. Ils pourraient entrer en activité en 2014. Le site où ils vont être implantés est distant d'environ 110 kilomètres de l'épicentre du séisme de Koyna de 1967 ­ d'une intensité de 6,3 sur l'échelle de Richter.

L'éventualité qu'un tremblement de terre endommage un jour les futurs réacteurs EPR semble avoir été minimisée jusqu'à présent ­ malgré des manifestations de la population locale au mois d'avril 2011.

Carte de l'Inde réalisée par Micha Patault.

6 sur l'échelle de Richter

Depuis quelques semaines pourtant, des recherches ont démontré le caractère sérieux de ce risque. Il s'agit d'une étude géologique publiée le 25 novembre dernier dans la revue scientifique Current Science, une publication éditée en partenariat avec l'Académie des sciences de New Delhi.

Dans leur compte-rendu scientifique ­ que nous vous proposons de télécharger ici - deux géologues, Roger Bilham et Vinod K. Gaur, l'un professeur à l'Université du Colorado et l'autre ancien directeur de l'Institut indien de géophysique, démontrent l'absence de pertinence du choix de l'emplacement des EPR. Selon eux :

La région a les mêmes propriétés sismiques que les zone de Koyna et Latur où des tremblements de terre équivalent à 6,5 se sont produits ces cinquante dernières années (...) Un séisme d'une magnitude d'au moins 6 sur l'échelle de Richter pourrait frapper la région de Jaitapur.

La lecture de leurs travaux permet même de conclure que la survenue d'une telle catastrophe dans la zone de Jaïtapur représente davantage une question de temps. Un constat que ne partage pas le partenaire local d'Areva, l'entreprise publique Nuclear power corporation of India limited (NPCIL), chargé de la fourniture d'électricité et à ce titre futur exploitant des réacteurs. Dans un communiqué, le groupe dément la sismicité de la zone en faisant référence à d'autres travaux.

En France, les responsables d'Areva ne se montrent pas directement concernés. Au service com' du géant du nucléaire, Jérôme Rosso, nous explique :

C'est aux autorités indiennes de décider où elles souhaitent implanter les centrales. Le risque sismique pour Areva est pris en compte dans le cahier des charges et donc dans la conception même des réacteurs.

Irréprochable

La décision d'implanter ces réacteurs nucléaires dans cette région est naturellement antérieure à la catastrophe de Fukushima du Japon et à ses enseignements. En septembre 2008, alors que l'Inde cherche à accroître sa production énergétique pour soutenir sa folle croissance, le gouvernement français signe un accord de coopération sur le nucléaire civil. Objet de cette entente franco-indienne : exporter des EPR français et le combustible pour les alimenter. Dans ce cadre, Jaïtapur passe pour la pièce maîtresse du nouveau parc nucléaire indien.

Le plateau de Jaïtapur vu depuis le haut du village de Sakrinate, le plus important port de pêche de la région. Il ne sera pas évacué mais risque d'être très touché économiquement par l'installation du complexe nucléaire prévu juste en face.

Quelques mois plus tard, en février 2009, le protocole d'accord entre les deux pays est conclu. Il prévoit la construction de deux à six EPR de 1650 Mégawatt à Jaïtapur.

La visite de Nicolas Sarkozy en Inde en décembre 2010 voit les contrats se signer entre le premier ministre Manmohan Singh et le Président français. Les deux accords cadres des deux EPR à Jaïtapur sont confiés à Areva. Dans une interview accordée au Times of India, Nicolas Sarkozy déclare alors :

La France, vous le savez, a été le premier avocat de l'Inde dans le monde sur la question du nucléaire civil. Nous avons été les premiers à agir pour sortir l'Inde de l'isolement dans lequel elle se trouvait depuis 1998 et pour qu'elle soit autorisée à nouer des coopérations dans ce domaine. Nous l'avons fait parce que l'Inde s'est toujours comportée de manière irréprochable en matière de non-prolifération et parce que l'Inde a besoin de l'énergie nucléaire civile, qui est une énergie propre, pour son développement.


Le plateau de Jaïtapur vu depuis le haut du village de Sakrinate, le plus important port de pêche de la région. Il ne sera pas évacué mais risque d'être très touché économiquement par l'installation du complexe nucléaire prévu juste en face. ©Micha Patault/Picture Tank

L'Inde, avec son milliard d'habitants, sa démocratie parlementaire et sa croissance à plus de 7% même après la crise de 2008 apparaît comme l'un des pays les plus fréquentables pour vendre la technologie nucléaire française. Et apporter à Areva un contrat juteux qui oscille entre 5 et 7 milliards d'euros, selon les options commerciales mises en oeuvre. Chez Areva, Jérôme Rosso explique :

Les discussions sont encore en cours concernant le contrat commercial, un accord a été signé en décembre et une étude de faisabilité a été faite pour les deux réacteurs EPR. NPCIL avait clairement indiqué qu'ils attendaient les résultats de l'Agence de sûreté nucléaire [française, NDLR] sur la sûreté et cette dernière a communiqué en janvier les modifications à apporter et les exigences qu'elle impose à EDF et Areva. NPCIL a déclaré début janvier qu'ils souhaitaient signer d'ici décembre 2012. Mais comme nous sommes en cours de négociation, nous ne pouvons pas communiquer sur le montant du contrat final.

Une reproduction d'un article du Maharashtra Times trône sur la place du village de Sakrinate. Le journaliste Pradeep Indulkar y explique les effets de la centrale nucléaire sur l'économie et l'environnement.

Les volets commerciaux du contrat sont pour l'heure contrariés par la règlementation indienne sur la responsabilité du fournisseur en cas d'incident et l'indemnisation des victimes. Une loi est en train d'être discutée au Parlement indien qui obligerait Areva à indemniser ceux qui les poursuivraient en justice.


Une reproduction d'un article du Maharashtra Times trône sur la place du village de Sakrinate. Le journaliste Pradeep Indulkar y explique les effets de la centrale nucléaire...

Chez Areva, nos interlocuteurs se montrent confiants, cependant :

C'est de l'ordre de la responsabilité civile nucléaire : dans le cas indien, évidemment, on appliquera la loi indienne. Là pour le moment, le texte est étudié et des modifications peuvent être encore faites au Parlement.

Mais Bernard Bigot, président du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), a justifié une de ses visites en Inde en décembre 2011 par l'importance de ce problème :

En Inde, se posait le problème de la loi sur la responsabilité civile nucléaire qui, à la suite de l'accident de Bhopal [mettant en cause l'industrie chimique, mais ayant fait jurisprudence] reportait des responsabilités sur le fournisseur, contrairement à la tradition de la filière nucléaire attribuant cette responsabilité à l'exploitant ­ ce qui est normal, puisqu'il est en première ligne. Je suis donc allé dans ce pays pour expliquer à nos partenaires indiens pourquoi leur choix n'était pas raisonnable. Je ne crois pas, en agissant ainsi, être sorti du cadre de mes fonctions.

Au-delà des aller-retours diplomatiques, des organisations militantes dénoncent l'absence de transparence du financement. Selon Greenpeace le premier contrat négocié par les deux entreprises de la filière nucléaire font monter à 5,4 milliards d'euros les deux réacteurs. Soit 2,7 milliards chacun. Financés à hauteur de 70% de dette et 30% de fonds propres du gouvernement indien.

 


Le Figaro , 2/2/2012:

Alstom remporte son premier contrat dans le nucléaire russe

Le groupe a signé avec son partenaire local un contrat de 875 millions d'euros pour équiper une centrale.

Près de cinq ans après avoir signé un partenariat avec Rosatom, l'Agence fédérale atomique russe, Alstom décroche son tout premier contrat dans le nucléaire. Alstom-Atomenergomash (AAEM), le joint-venture créé en juin 2007, dont le français détient 49% et son partenaire 51%, a signé jeudi un contrat pour fournir les équipements non nucléaires, c'est-à-dire l'îlot conventionnel, des unités 1 et 2 de la future centrale nucléaire Baltic à Kaliningrad.

La commande représente 875 millions d'euros dont 380 millions pour le conglomérat français. Les travaux de la centrale Baltic ont débuté afin de mettre en service les deux réacteurs représentant 1200 mégawatts chacun, en 2016 et en 2018. Alstom fournira deux turbines à vapeur Arabelle de nouvelle génération ainsi que les générateurs.

Ces équipements seront construits en France sur le site de Belfort, qui est également chargé de l'ingénierie et de la gestion du projet. Au total, ce contrat «représente quatre années de travail pour une centaine de personnes en France», souligne Alstom, qui sera sous-traitant d'AAEM.

Ce contrat peut paraître modeste et tardif. «Quand elle a été créée en 2007, la société commune avait pour vocation de participer à la modernisation des centrales nucléaires russes. Mais la crise est passée par là et a freiné ce programme. AAEM a mené dans l'intervalle des travaux d'ingénierie», explique une porte-parole d'Alstom.

Ce premier contrat représente «une étape très importante» pour le groupe français qui a fait de la Russie un «pays prioritaire». Contrairement à l'Allemagne ou à l'Italie, la Russie n'est pas entrée «dans l'hiver nucléaire» post-Fukushima mais ambitionne au contraire de tripler la part du nucléaire (11% actuellement) dans sa production d'énergie.

Ouverture à l'export

Avec Baltic, les Russes ont accepté pour la première fois de recourir à des fournisseurs étrangers pour équiper une centrale utilisant la technologie VVER (réacteurs à eau pressurisée). Alstom est «le premier industriel occidental qui accède au marché russe des centrales nucléaires et au marché export de ces centrales», affirme le groupe.

Alstom, qui réalise 4% de son chiffre d'affaires dans le nucléaire, a développé une gamme complète d'équipements pour tous les types de centrales. Premier fournisseur d'îlots conventionnels pour centrales nucléaires, le groupe français a équipé quelque 180 sites au total, soit 40% du parc mondial.

Il attend beaucoup de sa gamme de turbines Arabelle dont la capacité oscille entre 1700 et 1800 mégawatts. Ces turbines sont déjà en service dans deux unités de la centrale chinoise de Ling Ao. Elles ont également été retenues pour la future centrale EPR (de troisième génération) à Flamanville (Manche).

Véronique Guillermard

 


Le Monde, 29/12/2009: 

Pour la Corée du Sud, le contrat "le plus important de l'histoire du pays"

Avec ce premier contrat de construction intégrale de centrales nucléaires aux Emirats arabes unis, la Corée du Sud se place au rang des grands exportateurs mondiaux en ce domaine, dont les Etats-Unis, la France et le Japon. Ce contrat est "le plus important de l'histoire de notre pays", a déclaré le président, Lee Myung-bak.

Treizième économie mondiale, la Corée du Sud compte faire du nucléaire un nouveau secteur privilégié d'exportations, après avoir affirmé sa présence dans le domaine des chantiers navals, de l'automobile, des semi-conducteurs et des écrans à cristaux liquides.

Le consortium public-privé qui a remporté le contrat avec les Emirats arabes unis est mené par le groupe public d'énergie coréen Kepco, et comporte ses compatriotes Hyundai Engineering and Construction, Samsung et Doosan Heavy Industries and Construction. Le japonais Toshiba et l'américain Westinghouse (qui fait partie du groupe Toshiba depuis 2006) apporteront leur assistance technique. Les réacteurs sud-coréens utilisent déjà la technologie de Westinghouse.

La participation du groupe Toshiba-Westinghouse au contrat avec les Emirats arabes unis laisse présager, avance la presse japonaise, des coopérations futures avec Doosan Heavy Industries, l'un des principaux fournisseurs mondiaux d'équipements de centrales nucléaires. Jusqu'à présent, Toshiba et Doosan n'avaient jamais été engagés dans un projet commun.

Négociateurs audacieux

"En Corée du Sud, voir Kepco remporter un tel contrat n'a rien de surprenant, explique Philippe Li, le président de la Chambre de commerce et d'industrie franco-coréenne. Cette entreprise, qui est protégée dans son pays par un monopole sur le marché nucléaire, a su développer peu à peu une indépendance technologique en puisant dans le savoir-faire de partenaires étrangers. Et peut aujourd'hui conquérir de nouveaux marchés, où elle arrive à être agressive dans les offres et bénéficie de négociateurs très fins et audacieux."

Le prix offert par les Coréens - inférieur de plus de 10 % à celui de ses concurrents, selon le quotidien économique japonais Nihon Keizai - ainsi que des garanties plus poussées en cas d'accident ont été déterminants dans le choix des Emirats arabes unis.

Un autre facteur a joué en faveur de la Corée du Sud : des délais de construction plus courts (cinquante-deux mois) que ses concurrents. Au cours des négociations ont en outre été passés d'autres contrats (en matière d'électricité, de gaz, de transports et de télécommunications).

La Corée du Sud s'est lancée dans la production d'énergie nucléaire au début des années 1970 avec la coopération, notamment, des Etats-Unis et de la France. Son premier réacteur nucléaire expérimental, Gori 1, date de 1971. L'exploitation commerciale a commencé dans la seconde moitié de cette décennie et la Corée dispose aujourd'hui de vingt réacteurs qui répondent à 36 % de sa demande en électricité. Huit nouvelles centrales sont en construction, dont l'une, à eau légère, sera entièrement conçue à partir de technologies locales.

 


Les Emirats espèrent avoir une centrale nucléaire en 2017

4/10/2009 - Les Emirats arabes unis (EAU) espèrent avoir en 2017 une centrale nucléaire opérationnelle, la première dans un Etat arabe du golfe, a déclaré dimanche Hamad Al Kaabi, représentant des EAU à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). La construction de cette centrale s'inscrit dans le cadre d'un projet de programme nucléaire civil de 40 milliards de dollars. "Nous en sommes au stade de l'évaluation, avant de nous lancer dans la phase de mise en oeuvre, et jusqu'ici cela se présente bien (...) Nous sommes sur la bonne voie pour avoir un réacteur tout à fait opérationnel commercialement en 2017", a ajouté Kaabi. L'installation projetée devrait fournir environ 3% de l'électricité des Emirats d'ici 2020.

 


Les Echos, 21/7/2009: 

Le marché de l'enrichissement sous tension

Actuellement, le marché est à l'équilibre, avec une capacité mondiale de 50 millions d'unités de travail de séparation (UTS) par an. Mais les experts tablent sur une demande de 65 à 70 millions en 2020 et de 80 millions d'UTS en 2030.

Le ticket d'entrée est élevé, avec des usines à 3 milliards d'euros, mais il semble valoir le coup. Le marché mondial de l'enrichissement d'uranium, contrôlé par quatre acteurs, s'envole grâce au développement du nucléaire et aux menaces de sous-capacités. Depuis 2005, le prix de l'unité de travail de séparation (UTS), l'unité de référence de la filière, est passé de 110 dollars à près de 170 dollars. « La tendance haussière vient du fait qu'il y a beaucoup d'incertitudes sur ce marché dans les années qui viennent », explique François-Xavier Rouxel, directeur de l'enrichissement chez Areva.

Les principaux projets

Actuellement, le marché est à l'équilibre avec une capacité mondiale de 50 millions d'UTS par an. Mais les experts tablent sur une demande de 65 à 70 millions en 2020 et de 80 millions d'UTS en 2030. Dans le même temps, d'importantes capacités doivent disparaître. La principale interrogation porte sur l'américain Usec, dont l'usine historique de Paducah, dans le Kentucky, devrait fermer à l'horizon 2016. La société veut construire un nouveau site d'ici à 2012, dénommé ACP, mais elle a dû ralentir le projet cette année, faute d'avoir trouvé le financement.

De son côté, Areva va fermer son usine Georges-Besse I en 2012. Or celle-ci a une capacité de 10,8 millions d'UTS. Son successeur, GB2, atteindra sa pleine capacité de 7,5 millions en 2016. Le champion français du nucléaire va par ailleurs construire une usine aux Etats-Unis, dans l'Idaho. Sous réserve du feu vert du régulateur américain NRC, elle devrait être opérationnelle à partir de 2014. Capacité annoncée : 3 millions d'unités de travail de séparation. Budget : 2 milliards de dollars. Le groupe français veut là aussi inviter des partenaires au capital. Urenco veut porter ses capacités de 11 millions d'UTS en 2008 à 18 millions en 2015.

Le groupe à capitaux allemands, britanniques et néerlandais veut lancer une usine au Nouveau-Mexique d'une capacité de 3 millions d'UTS à l'horizon 2012. Quatrième grand acteur dans ce marché strictement contrôlé pour des raisons évidentes de non-prolifération, le russe Atomenergoprom envisage de s'allier sur ce métier avec le japonais Toshiba. Et la coentreprise américano-japonaise GE-Hitachi étudie un projet d'enrichissement par laser, une technologie qu'Areva et le CEA ont décidé d'abandonner.

 


Inde: Areva dépose une offre pour la construction de 2 réacteurs EPR

10/7/2009 - Areva a déposé jeudi une offre auprès de l'électricien indien NPCIL pour l'étude et la réalisation de deux centrales nucléaires [dit] de 3e génération EPR, a annoncé vendredi le groupe nucléaire dans un communiqué. Cette offre d'Areva s'inscrit dans la suite du protocole d'accord signé en février à New Delhi pour la fourniture à l'Inde deux à six réacteurs EPR. Elle porte sur "l'étude et la réalisation de deux centrales nucléaires de type EPR, d'une puissance unitaire supérieure à 1600 mégawatts, sur le site de Jaitapur, dans l'Etat du Maharastra (Ouest)". Les deux unités doivent être mise en service respectivement fin 2017 et fin 2018 et le site sur lequel elles doivent être implantées pourra accueillir jusqu'à six unités, précise Areva. L'Inde représente l'un des marchés du nucléaire civil les plus alléchants au monde, car le pays souhaite se doter de 60.000 mégawatts supplémentaires d'énergie nucléaire d'ici à 2030, représentant 100 milliards d'euros d'investissements potentiels, dont 20 milliards pourraient revenir à des groupes français. Ce pays est l'invité d'honneur de la France lors des cérémonies du 14 juillet. Le Premier ministre indien Manmohan Singh assistera au défilé, auquel prendront part des soldats indiens, et déjeunera mardi avec Nicolas Sarkozy.

 


Les Emirats pourraient se doter d'une centrale nucléaire dès 2017

21/5/2009 - Les Emirats arabes unis, qui ont obtenu le feu vert de l'exécutif américain à un accord de coopération nucléaire civile, seraient en mesure de produire de l'énergie nucléaire dès 2017, a indiqué jeudi à Dubaï un expert dans les affaires énergétiques, Adnane Shihab-Eldine. "L'objectif des Emirats de commencer en 2017 à produire de l'énergie nucléaire depuis sa première centrale est possible même si le délai est court", a déclaré M. Shihab-Eldine, un ancien secrétaire général de l'Opep qui a travaillé pour l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cet expert koweïtien, actuellement conseiller du gouvernement de Koweït, a ajouté que les Emirats tablaient dans un premier temps sur trois réacteurs, indiquant que la France était le pays le mieux placé pour vendre aux Emirats et aux autres monarchies du Golfe la technologie nécessaire pour leurs projets d'énergie nucléaire civile. Mercredi, la Maison blanche a annoncé que le président Barack Obama avait approuvé un accord de coopération nucléaire civile avec les Emirats et décidé de le soumettre à l'examen ultime du Congrès avant son entrée en vigueur. Cet accord, qui permet la vente par les Etats-Unis de technologies et de matériaux nucléaires à cette monarchie du Golfe exportatrice de pétrole et voisine de l'Iran, entrera en vigueur si, après 90 jours de session, le Congrès n'a pas adopté une loi pour s'y opposer. En janvier 2008, la France avait pour sa part signé un accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil avec les Emirats, lors d'une visite du président Nicolas Sarkozy dans ce pays. Sur fond d'inquiétude par rapport au programme nucléaire controversé de l'Iran, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont font partie les Emirats, avait décidé en décembre 2006 de développer un programme commun de technologie nucléaire à des fins pacifiques. Outre les Emirats, le CCG comprend l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, Qatar et Oman.


Lire: Malgré le pétrole, tout le Moyen-Orient se convertit à l'atome

 


La Bulgarie cherche un financement pour la construction d'une nouvelle centrale nucléaire

7/5/2009 - La Bulgarie demandera des crédits auprès de la Russie, de la France et de l'Allemagne pour la construction d'une nouvelle centrale nucléaire à Béléné, a annoncé le vice-ministre de l'Economie et de l'Energie Yavor Kuyumdjiev. Le financement de ce projet d'une valeur de 4 milliards d'euros par la Bulgarie et par la compagnie allemande RWE qui en détient 49%, est "une question très difficile", a reconnu le vice-ministre dans une interview au journal Klassa jeudi.

"Puisque RWE a des difficultés à trouver le financement nécessaire, il faut que la Compagnie nationale d'électricité (NEC) appartenant à l'Etat bulgare cherche des sources de financement pour cette année", a-t-il expliqué. La RWE, qui avait été choisie en 2008 comme "investisseur stratégique", promet de prendre en charge "sa part du financement vers le milieu de l'année prochaine", a indiqué M. Kuyumdjiev. Lors d'une visite du Premier ministre bulgare Serguei Stanichev fin avril à Moscou la Bulgarie a interrogé la partie russe sur les conditions d'octroi d'un crédit de 3,8 milliards d'euros que l'actuel chef de gouvernement Vladimir Poutine avait proposé en janvier 2008.

La Bulgarie "envisage également de demander des crédits à l'exportation à la France et à l'Allemagne pour assurer la participation de leurs entreprises Areva et Siemens au projet", a indiqué M. Kuyumdjiev. Le projet doit être réalisé par la société russe Atomstroyexport avec comme sous-traitant un consortium franco-allemand Areva/Siemens chargé notamment des systèmes de sécurité. La banque française BNP Paribas gèrera le processus du financement de la construction.

La centrale, située sur le Danube, sera composée de deux tranches de 1.000 mégawatts chacune, dont la première doit commencer à produire de l'électricité en décembre 2013 et la seconde en juin 2014. La Bulgarie dispose actuellement de deux réacteurs à 1000 MW à la centrale de Kozlodoui, à l'ouest de Béléné, après la fermeture en 2003 et 2006 de quatre réacteurs à 440 MW jugés obsolètes par l'Union européenne

 


Les Echos, 6/05/2009: 

EDF se prépare à soutenir Areva à Abu Dhabi

L'électricien public pourrait être invité à venir en soutien au consortium composé d'Areva, de GDF Suez et de Total pour participer à l'appel d'offres portant sur la construction de deux ou trois réacteurs EPR aux Emirats arabes unis. Le choix entre les consortiums candidats en lice devrait être fait avant fin 2009.

Après des années de rivalité, est-ce le retour d'une filière nucléaire française unie ? Pour améliorer les chances de la France aux Emirats arabes unis, l'Etat vient de demander à EDF de se préparer à soutenir un consortium mené par Areva sur la scène internationale. En jeu : la construction de deux ou trois réacteurs EPR à Abu Dhabi.

Un appel d'offres est en cours. Le consortium composé d'Areva, de GDF Suez et de Total espère être retenu dans les prochains jours par l'Autorité de l'eau et de l'électricité d'Abu Dhabi (Adwea) qui doit établir une première « short list » de candidats ayant le droit de déposer une offre formelle. D'autres groupes sont en lice, dont Westinghouse, GE-Hitachi et le coréen Kepco. L'objectif étant de choisir le fournisseur d'ici à la fin de l'année.

Le soutien d'EDF apparaît comme une hypothèse sérieuse pour améliorer les chances de succès français. « Les émirats seraient rassurés de voir EDF dans le projet », affirme un expert. L'électricien tricolore, leader mondial du nucléaire avec 58 réacteurs, jouit d'une bonne réputation internationale. Il pourrait apporter son expertise d'exploitant à travers une structure spécifique.

Par ailleurs, son chantier de Flamanville pour le premier EPR français n'a pas affiché de retard pour l'instant. Ce n'est pas le cas de celui mené en Finlande par Areva, qui accuse un retard de deux ans et demi. « L'Etat a donné l'ordre à EDF de se tenir prêt si nécessaire », affirme une source proche du dossier. Aucun acteur n'a souhaité commenter.

Ce projet nucléaire est jugé stratégique par Nicolas Sarkozy, qui doit se rendre à Abu Dhabi fin mai pour inaugurer une nouvelle base militaire française. Le président de la République veut resserrer les liens avec la région pour y faire de la France un contrepoids vis-à-vis des Etats-Unis, historiquement dominants dans le Golfe.

Reconstituer la filière nucléaire
Pour cela, il est prêt à ouvrir le capital d'Areva à un fonds souverain local. Mais le projet est aussi décisif pour les entreprises concernées. Abu Dhabi veut ériger trois réacteurs nucléaires de 1.500 mégawatts d'ici à 2020. Etant donné ses besoins liés à sa croissance économique et démographique, dix autres pourraient suivre à l'horizon de 2030.

Le consortium, de son côté, n'affiche pas de réticence particulière face à un soutien éventuel d'EDF. « Si c'est ce que souhaite le client, pourquoi pas ? » Pourtant, un tel schéma bousculerait l'idée de départ, qui consistait à créer un deuxième pôle nucléaire français aux côtés de l'électricien public. Mais il irait dans le sens de l'histoire.

De plus en plus de voix s'élèvent pour une reconstitution de la filière nucléaire historique. « Il faut arrêter de se tirer dans les pattes », estime un acteur. C'est d'ailleurs ce modèle de coopération qui se dessine pour l'EPR de Penly, en Seine-Maritime, où EDF va travailler avec GDF Suez et Total. C'est aussi un élément dans les réflexions actuelles autour du capital d'Areva.

EDF a cependant d'autres priorités : ses marchés clefs sont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Chine, l'Afrique du Sud et l'Italie. Autrement dit, le Golfe n'en fait pas partie et l'électricien entend bien être un « opérateur sélectif ». D'autant que les ressources financières et humaines pourraient lui manquer.

Le groupe présidé par Pierre Gadonneix va devoir gérer plusieurs chantiers de front (Penly, Royaume-Uni...). Son plan de charge est déjà serré. Mais le groupe public a-t-il le choix ? L'année dernière lors d'un précédent déplacement dans les Emirats arabes unis, le président de la République avait vivement reproché à EDF sa timidité dans la région.

 


Areva: contrat pour la fourniture de combustible nucléaire Mox au Japon

3/4/2009 - Le groupe nucléaire français Areva a remporté un contrat pour la fourniture de combustible nucléaire Mox à la future centrale d'Ohma, au Japon, a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué. Le montant du contrat n'a pas indiqué. Le réacteur à eau bouillante (de type ABWR) d'Ohma doit enter en service en novembre 2014 et sera exploité par l'électricien japonais Electric Power Development. Le combustible Mox fourni par Areva, fabriqué à partir de plutonium et d'uranium appauvri, sera issu des déchets nucléaires des centrales japonaises, est-il précise. Ces déchets seront recyclés à l'usine de La Hague (Manche) avant d'être transformés en Mox sur le site de Melox à Marcoule, dans le Gard. L'usine de Melox fabrique du Mox pour des centrales en France, en Allemagne, en Suisse, au Japon et aux Etats-Unis. Lvec 1.426 tonnes produites à ce jour, Melox se veut le premier producteur au monde.

 


La Chine veut encore accroître sa production d'énergie nucléaire

30/3/2009 - La Chine, qui a déjà un ambitieux programme d'énergie nucléaire à l'horizon 2020, pourrait pratiquement doubler ses objectifs, pour arriver à une capacité de production de 75.000 mégawatts, a annoncé lundi le Shanghai Securities News. Selon un plan de l'Administration de l'Energie Nationale, le pays pourrait se doter de 75.000 MW de capacité de production au lieu des 40.000 projetés pour 2020, qui représentaient déjà un quadruplement par rapport à fin 2005 (9.600 mégawatts). Ce projet initial, annoncé début 2006, visait à ce que le nucléaire occupe 4% de la capacité totale du pays, contre 1,6% fin 2005, pour réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles et donc les émissions de gaz à effet de serre. Le nouveau projet devrait être prochainement soumis au gouvernement, a affirmé au journal M. Cao Shudong, de l'Administration de l'Energie Nationale. Un tel plan impliquerait d'accroître les ressources chinoises en uranium et les entreprises chinoises seront encouragées à acheter des mines d'uranium à l'étranger, a ajouté M. Cao. La presse chinoise rapporte depuis plusieurs années que la Chine veut se constituer des réserves stratégiques d'uranium.

 


USA: vers une renaissance du nucléaire, 30 ans après Three Mile Island

28/3/2009 - Trente ans après l'accident nucléaire de la centrale de Three Mile Island, qui a stoppé la construction de réacteurs aux Etats-Unis, élus et administration poussent pour une renaissance de l'énergie atomique afin de réduire la dépendance énergétique du pays. Aucun réacteur n'a été construit aux Etats-Unis depuis l'accident qui s'est déclaré le 28 mars 1979 dans la centrale de Pennsylvanie (est), lorsque de l'eau de refroidissement a fui par une valve ouverte dans un réacteur en fonction depuis seulement trois mois [TMI a peut-être été le coup de grâce pour l'énergie nucléaire américaine mais il a frappé une industrie déjà mal en point dont le déclin était amorcé en 1974].

Provoqué par des erreurs humaines, l'incident a entraîné une fusion partielle du réacteur et la pire catastrophe nucléaire de l'histoire du pays. L'accident n'a pas fait de décès et les rapports demandés par la Commission de régulation du nucléaire ont conclu que les radiations avaient eu peu d'impact sur la santé publique, un argument encore mis en avant pour promouvoir la relance du nucléaire.

[Faux: TMI c'est entre 2 et 100 cancers parmi la population, et environs 242 morts supplémentaires parmi les enfants nés en Pennsylvanie et 430 pour l'ensemble du Nord-Est des Etats-Unis. On apprit, plusieurs années après que l'accident fut un "mishap" (un raté) comme disent les américains, à moins d'une heure près, la fusion du coeur aurait pu être totale.]

"Nous avons une excellente occasion de faire renaître le nucléaire dans notre pays. Nous devons poursuivre cette stratégie de façon déterminée afin d'atteindre nos buts en termes de besoins énergétiques et de contraintes écologiques", a déclaré cette semaine le sénateur David Vitter lors d'une audition au Congrès.

"On ne peut pas faire tourner cette machine appelée l'Amérique sans composant nucléaire", a ajouté son collègue James Inhofe, se faisant l'écho du secrétaire à l'Energie Steven Chu, grand spécialiste du réchauffement climatique, qui souhaite que le nucléaire prenne sa place aux côtés des énergies solaire et éolienne. M. Inhofe a appelé à une accélération de l'installation de nouveaux réacteurs, soulignant les efforts faits par l'industrie pour rétablir la confiance des Américains dans cette énergie.

Selon l'Institut de l'énergie nucléaire, pour que l'atome conserve sa part de 20% dans le bilan énergétique américain, le pays devra construire trois réacteurs tous les deux ans à partir de 2016. Quelque 17 groupes se sont portés candidats pour construire 30 réacteurs mais au moment où le pays est en récession, le financement de ces chantiers (6 à 8 milliards de dollars de dollars par centrale) nécessite des prêts fédéraux, dont l'enveloppe vient d'être réduite au budget, passant de 50 à 18,5 milliards.

"Voilà une renaissance bien fragile si personne ne veut payer", a noté Peter Bradford, commissaire à l'énergie nucléaire du temps de Three Mile Island et maintenant professeur universitaire. Tout le monde ne voit pas d'un bon oeil la construction de nouveaux réacteurs aux côtés des 104 existants. "Il n'est pas concevable que nous continuions de produire des déchets nucléaires sans savoir ce que l'on va en faire", déclare à l'AFP Steve Wing, professeur à l'université North Carolina-Chapel Hill.

Après que le président Barack Obama eut exclu au budget de construire un site d'enfouissement de déchets dans les montagnes du Nevada (ouest), son secrétaire à l'Energie a indiqué qu'il réunirait des experts pour élaborer un plan à long terme. A propos de Three Mile Island, le professeur Wing conteste le discours officiel qui affirme qu'il n'y a pas eu "assez de radiation pour mettre en danger la santé publique".

M. Wing a étudié le cours des particules radioactives portées par le vent et le taux de cancer dans les régions touchées pour y découvrir des fréquences de cancers des poumons et de leucémies 30 fois supérieures à la moyenne. "J'ai des réticences envers une renaissance du nucléaire. Il y a d'autres options qui sont meilleures", conclut-il.

 


RIA Novosti, 20/3/2009: 

Accord sur le prix de l'uranium russe livré aux Etats-Unis (société)

Techsnabexport, spécialisée dans les exportations de matériaux nucléaires, et la société d'enrichissement américaine USEC se sont entendues sur la formule de calcul des prix de l'uranium russe faiblement enrichi livré aux Etats-Unis, a annoncé vendredi la société russe dans un communiqué. La nouvelle formule sera appliquée entre 2010 et 2013, année d'expiration d'un contrat conclu en 1993. Les livraisons sont réalisées en conformité avec l'Accord russo-américain sur l'utilisation de l'uranium hautement enrichi provenant des armes nucléaires réformées (accord daté du 18 février 1993). Le compromis trouvé par les parties permettra de réaliser des livraisons stables d'uranium faiblement enrichi et la vente de la composante naturelle de cet uranium en vertu de contrats à long terme, et de remplir intégralement les engagements des parties découlant de l'Accord. Celui-ci prévoit le retraitement de 500 t d'uranium militaire en vue de son utilisation en tant que combustible pour les centrales nucléaires, rappelle le communiqué. Techsnabexport est un des principaux fournisseurs de marchandises et de services de cycle nucléaire, couvrant depuis 45 ans plus de 40% des besoins du marché international en services d'enrichissement. Elle exporte des isotopes, des terres rares et d'autres produits de l'industrie nucléaire russe. La société possède des filiales en Allemagne, en Corée du Sud et au Japon.

 


Les Echos, 24/2/2009: 

Accord entre la France et l'Italie dans le nucléaire civil

Un accord-cadre qui fixera les règles de coopération entre la France et l'Italie en matière de nucléaire civil doit être signé aujourd'hui. Un préalable pour qu'Areva ou EDF puisse opérer sur place.
La relance du nucléaire se précipite en Italie. Alors que le Parlement italien s'apprête à inscrire dans la loi le retour de l'atome, un accord-cadre qui fixera les règles de coopération entre la France et l'Italie en matière de nucléaire civil doit être signé aujourd'hui à Rome. Il s'agit d'un préalable pour que les champions français du nucléaire puissent agir sur place. Sans que cela n'exclue d'autres prétendants étrangers...
Cet accord sera ratifié par le président français Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi dans le cadre d'un sommet bilatéral, selon un porte-parole de l'Elysée. Anne Lauvergeon, la présidente du directoire d'Areva, était elle-même à Rome hier. Pierre Gadonneix, le patron d'EDF, s'y rend aujourd'hui, tout comme Jean-François Cirelli, le numéro deux de GDF Suez.
Le ministre italien du Développement économique, Claudio Scajola, prévoit à terme la construction de « huit à dix centrales » en Italie et espère que le gouvernement Berlusconi pose leurs premières pierres dans les quatre ou cinq ans à venir. Une révolution dans ce pays, qui avait été l'un des premiers à tourner le dos à l'énergie nucléaire, en 1987, à la suite d'un référendum.
Dans l'immédiat, les retombées commerciales de cette coopération devraient être limitées puisque le Parlement n'a pas encore entériné le retour de l'atome dans le « mix » énergétique italien. Mais elles pourraient s'avérer importantes pour Areva, GDF Suez, qui ne cache pas ses ambitions dans le nucléaire en Italie, et surtout EDF, qui a déjà scellé des accords dans ce sens avec Enel.

Réapprendre le métier
Selon « La Tribune », le groupe présidé par Fulvio Conti et celui dirigé par Pierre Gadonneix signeront aujourd'hui l'extension de leur coopération, permettant à Enel de détenir 12,5 % du futur réacteur EPR français de Penly (Seine-Maritime), comme il l'a fait à Flamanville. Le groupe italien dispose d'une option dans ce sens. En échange, EDF aura le droit de codétenir les futures centrales nucléaires d'Enel en Italie.
Le groupe italien, qui compte sur son expérience française pour réapprendre le métier du nucléaire, a toutes les raisons de reconduire l'expérience de Flamanville, à laquelle sont associés une cinquantaine de ses ingénieurs. Mais il s'inquiète de l'évolution du cadre réglementaire français, qui pourrait voir naître des tarifs régulés à moindre coût sur l'énergie nucléaire de base.
GDF Suez regardera de très près toute forme d'accord signé entre l'électricien français et son partenaire italien.
Selon l'Elysée, le groupe présidé par Gérard Mestrallet doit être associé à EDF pour construire l'EPR de Penly, mais les négociations entre les deux sociétés n'ont pas encore abouti. Une chose est sûre : GDF Suez veut davantage qu'Enel et espère même obtenir une minorité de blocage, soit 34 %.

 


Combustible nucléaire: Mitsubishi et Areva signent un pacte d'actionnaires

18/2/2009 - Le groupe japonais Mitsubishi et le groupe nucléaire français Areva ont annoncé mercredi qu'ils venait de signer un pacte d'actionnaires pour leur société commune de fabrication de combustible nucléaire au Japon, dans un communiqué. Le 22 décembre dernier, le groupe d'industrie lourde japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) avait annoncé un accord avec Areva pour la constitution d'une société commune. Le groupe de matériaux Mitsubishi Materials et la gigantesque maison de commerce nippone Mitsubishi Corporation sont aussi parties prenantes à ce projet. MHI détiendra 35% de la nouvelle entité qui naîtra de la restructuration de l'actuelle Mitsubishi Nuclear Fuel. Areva en contrôlera 30% de même que Mitsubishi Materials. Mitsubishi Corporation prendra les 5% restants. "Les quatre signataires comptent mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires à la constitution de la nouvelle société le 1er avril prochain", indique le communiqué commun. Cette société "sera un fournisseur à part entière de combustibles nucléaires, dont les activités engloberont le développement, la conception, la fabrication et la commercialisation de ces combustibles", ajoute le communiqué. Elle fournira à ses clients japonais du combustible destiné tant à des réacteurs à eau pressurisée (REP) qu'à eau bouillante (REB) ou à haute température refroidis au gaz, ainsi que du combustible MOX. Cette société devrait également fournir les marchés hors du Japon en tant que fournisseur indépendant de combustibles de conception MHI pour réacteurs à eau pressurisée. MHI et Areva ont également confirmé avoir entamé les préparatifs nécessaires pour investir ensemble, à parité, aux États-Unis dans la construction d'une installation de fabrication de combustibles nucléaires.

 


Les Echos, 4/2/2009: 

Nucléaire: Areva pourrait vendre jusqu'à six réacteurs EPR en Inde

Le groupe nucléaire signe aujourd'hui un protocole d'accord avec l'électricien indien NPCIL qui pourrait déboucher sur la vente de six EPR : deux commandes fermes d'ici à décembre et une option sur quatre autres
Areva prend le leadership sur la renaissance du nucléaire en Inde. Anne Lauvergeon, présidente du directoire du groupe nucléaire français, doit signer aujourd'hui à Delhi un protocole d'accord avec l'électricien indien NPCIL, qui pourrait déboucher sur la vente de six EPR. Il prévoit deux commandes fermes d'ici à la fin de l'année et une option sur quatre autres réacteurs de troisième génération dans une seconde étape.

Areva profite de sa stratégie intégrée, puisque l'accord prévoit la livraison de combustibles pendant la durée de vie des réacteurs, c'est-à-dire soixante ans. Cet élément pèsera dans la facture finale, qui reste à négocier. Selon les types de contrats et l'évolution des prix des matières premières, un EPR coûte entre 4 milliards et 6 milliards d'euros. Si les négociations aboutissent, il pourrait s'agir du plus gros contrat jamais signé par Areva.

En attendant, le champion français du nucléaire s'impose comme la première société étrangère à signer un tel protocole d'accord en Inde depuis que le pays n'est plus frappé d'embargo sur les technologies nucléaires et l'uranium*. En septembre, l'Agence internationale de l'énergie atomique et le groupe des 45 pays fournisseurs de technologies nucléaires ont accepté de lever cette interdiction datant de 1974.

L'Inde compte aujourd'hui dix-sept réacteurs de technologie canadienne et russe, qui fournissent 2,5 % de son électricité. Alors que la consommation a doublé depuis 1990, le pays souhaite accroître sa capacité nucléaire pour la faire passer d'environ 4 gigawatts aujourd'hui à 20 gigawatts d'ici à 2020 et 63 gigawatts en 2030. Soit plus de vingt réacteurs !

Depuis trois ans, tous les grands du nucléaire se mobilisent pour avoir aussi leur part du gâteau. L'EPR d'Areva se trouve en concurrence avec l'AP 1.000 de l'américain Westinghouse, filiale du japonais Toshiba, le réacteur à eau bouillante ABWR de General Electric et Hitachi et le VVR 1.000 russe.

Avec Areva, NPCIL entend agir comme maître d'ouvrage et envisage de mettre en service les deux premiers réacteurs en 2016 sur son site de Jaitapur. Dans le passé, l'électricien a indiqué qu'il souhaitait voir 80 % de la valeur d'un réacteur réalisés en Inde. C'est sans doute dans cet esprit qu'Areva et Alstom viennent de signer des protocoles d'accord avec l'indien Bahrat Forge.

La dernière grosse commande du groupe nucléaire français remonte à fin 2007, lorsque le chinois CGNPC a acheté deux EPR pour 8 milliards d'euros. L'accord avec l'Inde intervient à peine une semaine après le lancement effectif du deuxième EPR français, confié par l'Elysée à EDF en association avec GDF Suez. En décembre, le sud-africain Eskom avait annulé un projet portant sur deux ou trois EPR.

C'est une bouffée d'oxygène pour Anne Lauvergeon. La présidente du directoire d'Areva, critiquée pour le retard du chantier finlandais, a récemment été fragilisée par l'annonce de sortie de son partenaire allemand Siemens dans leur filiale de réacteurs, Areva NP. Par ailleurs, l'Etat n'a pas avalisé son budget 2009 en décembre et refusé un projet de fusion avec Technip.

* L'Inde et la France ont signé en septembre un accord de coopération nucléaire civile, "base d'une coopération bilatérale élargie dans le domaine de l'énergie et de la recherche". L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et le Groupe des 45 pays fournisseurs de technologies nucléaires (NSG) ont levé en juillet et septembre un embargo international sur le nucléaire civil imposé depuis 34 ans à l'Inde. L'embargo avait été imposé à cette puissance atomique militaire, qui refuse de signer le Traité de non-prolifération (TNP), après ses essais de 1974. [Cet ajout n'est pas dans l'article des Echos]

 


Les Echos, 4/2/2009: 

Areva/Uranium: un contrat de plus de 5 milliards d'euros avec EDF

Areva a signé avec EDF un contrat de plus de 5 milliards d'euros portant sur la fourniture de services d'enrichissement d'uranium. Ce contrat représente pour le groupe nucléaire français « le plus important jamais signé dans ce domaine d'activité » et portera sur « une longue période », a-t-il ajouté. Ces services seront largement fournis par la future usine d'enrichissement par centrifugation baptisée « Georges-Besse II » et qui sera implantée sur le site du Tricastin dans la Drôme. Sa construction, qui représente un investissement de près de 3 milliards, a commencé en 2006 pour une mise en service prévue cette année. Contrairement à GDF Suez, EDF n'a pas encore précisé s'il en sera actionnaire. Georges-Besse II doit remplacer l'usine d'enrichissement par diffusion gazeuse Eurodif, exploitée depuis 1978 au même endroit. Areva a signé son premier contrat d'enrichissement d'uranium avec EDF en 1975.

 


Finance plus, 28/1/2009: 

Areva: remporte auprès d'EDF un contrat de plusieurs millions d'euros

Areva et EDF ont signé un contrat de plusieurs centaines de millions d'euros, portant sur la fourniture de services de conversion d'uranium. Ce contrat, qui débute en 2009, sera alimenté par la production des usines de Comurhex, puis sera assuré à partir de 2012 par les usines de Comurhex II, le nouvel outil de conversion du groupe AREVA. "Cet investissement, dont les travaux de réalisation ont été lancés en 2008, s'inscrit dans le contexte de renaissance du nucléaire et permettra ainsi à AREVA de sécuriser les approvisionnements de ses clients dans le domaine de la conversion", est-il expliqué. " Nous nous réjouissons de ce contrat qui apporte aux deux groupes une visibilité et une sécurité d'approvisionnement de services de conversion d'uranium, secteur stratégique et très concurrentiel du cycle du combustible ", a déclaré Christian Barandas, PDG de Comurhex et Directeur de la Business Unit Chimie d'AREVA.

 


Toshiba en passe de gagner une commande de deux réacteurs nucléaires aux USA

19/1/2009 - Le conglomérat industriel diversifié japonais Toshiba est sur le point de remporter un contrat pour la fourniture de deux réacteurs nucléaires aux Etats-Unis, une première pour un fabricant de centrales nippon sur le marché étranger, a affirmé lundi la presse locale. Jusqu'à présent, les commandes de réacteurs nucléaires reçues par le groupe Toshiba aux Etats-Unis l'ont été via sa filiale américaine Westinghouse (entreprise rachetée en 2006) et non directement. "La maison-mère Toshiba a remporté un appel d'offres auprès de la compagnie américaine NRG", a assuré le quotidien généraliste de droite Yomiuri Shimbun, précisant que les deux sociétés devraient officialiser cette information d'ici la fin du mois de mars. La commande en question porterait sur deux réacteurs à eau bouillante (REB ou BWR), d'une puissance unitaire de 1.400 mégawatts (MW) et devant entrer en exploitation en 2015. Le montant du contrat se situerait dans une fourchette allant de 600 à 800 milliards de yens (5 à 6,7 milliards d'euros), selon le Yomiuri. Toshiba avait par ailleurs annoncé il y a quelques jours que sa filiale américaine Westinghouse avait remporté sa troisième commande de construction de deux réacteurs aux Etats-Unis depuis que les Américains ont renoué récemment avec l'énergie nucléaire. Westinghouse avait déjà signé en 2008 deux autres contrats pour la construction de deux centrales nucléaires dotées chacune de deux réacteurs aux Etats-Unis. Ces trois projets sont les premiers sur place depuis vingt ans, les Etats-Unis n'ayant relancé que récemment leur programme nucléaire, gelé après l'accident de Three Mile Island en 1979 [TMI a peut-être été le coup de grâce pour l'énergie nucléaire américaine mais il a frappé une industrie déjà mal en point dont le déclin était amorcé en 1974]. Environ 30 nouveaux réacteurs doivent être construits dans le pays au cours des 20 prochaines années. Pour cette série de juteux contrats potentiels, le groupe Toshiba/Westinghouse est en concurrence avec les alliances formées par le français Areva et le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) d'une part, et par le japonais Hitachi et l'américain General Electric d'autre part.

 


Les USA signent un accord de coopération nucléaire avec les Emirats arabes unis

16/1/2009 - A cinq jours de la fin de son mandat, l'administration Bush a signé jeudi un accord de coopération nucléaire avec les Emirats arabes unis, malgré les doutes du Congrès, qui craint que les Emirats ne soient pas suffisamment engagés contre le programme nucléaire iranien. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'est félicitée de la conclusion de l'accord, qu'elle a signé au département d'Etat avec le ministre émirati des Affaires étrangères, le Cheikh Abdullah bin Zayed al Nahyan. "Nous saluons l'engagement des EAU à respecter, en matière de non-prolifération, les normes de sûreté et de sécurité les plus exigentes dans sa recherche de l'énergie nucléaire", a déclaré Rice, qui a estimé que le Congrès validerait le texte. Nahyan a déclaré que son gouvernement s'était montré "transparent" à propos de l'accord, qui autorise les échanges dans le domaine nucléaire civil entre les deux pays. "Cet accord ouvrira pour les entreprises américaines la voie d'une meilleure coopération, plus moderne, entre nos deux pays", a-t-il ajouté. Une porte-parole de la future administration Obama n'a pas souhaité faire de déclaration sur l'accord avec les EAU, ni dire s'il recevrait le soutien du prochain gouvernement. Le Congrès dispose désormais de 90 jours pour examiner le texte. Si aucune objection n'a été formulée à l'issue de ce délai, il aura force de loi. Le représentant de Californie Howard Berman, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a assuré peu avant la cérémonie de signature que le document serait examiné avec attention. "Plusieurs membres du Congrès, dont moi-même, considèrent que les efforts internationaux pour empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires relèvent de la plus haute priorité. Nous examinerons ceci ainsi que tout futur accord de coopération nucléaire sous cette lumière", a déclaré Berman. Les Etats-Unis disposent d'accords similaires avec une vingtaine de pays, dont l'Inde et l'Egypte.

 


Vinci s'allie à Balfour Beatty pour la construction d'EPR au Royaume-Uni

4/12/2008 - Le groupe de BTP Vinci a signé un accord d'exclusivité avec le groupe britannique de travaux publics Balfour Beatty pour la construction de centrales nucléaires EPR au Royaume-Uni, a annoncé jeudi le groupe français. Cet accord a été conclu pour répondre "aux appels d'offres qui vont être lancés dans le cadre du programme de nouvelles centrales nucléaires au Royaume-Uni", indique le groupe dans un communiqué. "Dix réacteurs pourraient être construits, le Royaume-Uni étant le premier pays européen à se lancer massivement dans la construction de centrales de cette génération", est-il ajouté. Le gouvernement britannique a autorisé en janvier la construction de nouvelles centrales nucléaires pour développer la part de l'énergie issue de l'atome, alors que moins d'un cinquième de l'électricité vient du nucléaire dans ce pays contre près de 80% en France. L'accord prendra la forme d'une joint venture à parts égales, est-il précisé. "Cette opération s'inscrit dans la stratégie de Vinci qui vise à installer le groupe comme partenaire génie civil de premier plan de la technologie EPR dans le monde", ajoute Vinci.

 


Areva: Contrat pour la fourniture de combustible au Japon

21/11/2008 - Le groupe d'énergie nucléaire français Areva a remporté un nouveau contrat pour la fourniture de combustible MOX à la centrale de Takahama, au Japon, a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué. Le contrat, qui doit être signé vendredi, porte "sur l'approvisionnement de 32 assemblages combustibles MOX destinés à la centrale nucléaire japonaise de Takahama, implantée dans la préfecture de Fukui et exploitée par l'électricien Kansai", explique Areva, sans préciser le montant du contrat. Il a été remporté auprès du japonais Nuclear Fuel Industries (NFI), selon le communiqué. Fin mars, Areva avait déjà décroché un contrat au Japon portant sur l'approvisionnement de 16 assemblages combustibles MOX pour la centrale de Takahama. Le combustible MOX, obtenu à partir d'oxyde d'uranium et de plutonium, sera fabriqué sur le site Melox, à Marcoule (Gard, sud), à partir de plutonium traité à La Hague (Manche, ouest).

 


Le nucléaire pourrait presque quadrupler d'ici à 2050 (OCDE)

16/10/2008 - La capacité de production de l'électricité d'origine nucléaire pourrait presque quadrupler d'ici à 2050 sous réserve de l'adhésion des responsables politiques et de la société, a indiqué jeudi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). "En 2050, la capacité nucléaire mondiale pourrait croître d'un facteur compris entre 1,5 et 3,8", a estimé l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) de l'OCDE dans sa première édition des "Perspectives de l'énergie nucléaire". Si la capacité mondiale était multipliée par 3,8, la part du nucléaire dans la production d'électricité atteindrait 22% en 2050 contre 16% actuellement et 1.400 réacteurs d'une puissance du même ordre que celle des installations actuelles pourraient être exploités en 2050, a ajouté l'AEN.

En juin 2008, 439 réacteurs étaient en fonctionnement dans 30 pays pour une puissance installée totale de 372.000 mégawatts. En tenant compte des programmes nationaux de développement du nucléaire et des déclarations d'intention, les pays qui auront le plus de puissance installée en 2020 seront les Etats-Unis, la France, le Japon, la Russie, la Chine et la Corée. La Chine et les Etats-Unis sont les deux pays qui prévoient d'augmenter le plus leurs capacités. La France, le Japon et les Etats-Unis totalisent à eux trois 57% de la puissance nucléaire installée dans le monde. Les pays qui ne possèdent actuellement aucun réacteur nucléaire et qui projettent d'en construire ne contribueront qu'à hauteur de 5% à l'accroissement de la capacité totale en 2020, a encore précisé l'agence.

ADHESION NECESSAIRE DES POLITIQUES ET DE LA SOCIETE L'adhésion des pouvoirs politiques et de la société sera néanmoins vitale pour pouvoir développer la filière nucléaire, a également expliqué l'AEN. "Il importera de plus en plus que s'instaure une relation régulière entre les décideurs, l'industrie nucléaire et la société, qui soit propice au développement des connaissances et à la participation du public." Les gouvernements auront comme responsabilité la réglementation en matière de sûreté nucléaire, l'amélioration des efforts pour mettre au point des solutions de stockage des déchets radioactifs et le renforcement du régime international sur la non-prolifération, a encore précisé l'AEN.

"Jusque-là, le retard et l'échec de certains programmes de stockage des déchets fortement radioactifs continuent d'avoir un impact significatif sur l'image de l'énergie nucléaire", a dit l'agence, ajoutant que les gouvernements et l'industrie nucléaire devaient travailler ensemble. Les ressources en uranium sont suffisantes pour permettre la croissance du nucléaire, sans avoir besoin de le retraiter, au moins jusqu'en 2050, a estimé l'agence. Les ressources géologiques prévisionnelles sont également suffisantes pour assurer l'approvisionnement en uranium pendant encore plusieurs centaines d'années, a-t-elle ajouté [faux, archi-faux, rappel:
Calculs avec les chiffres donnés dans le mémento du CEA
- réserves d'uranium dans le monde fin 1996 (ressources connues + ressources estimées: 4.299.000 t
- consommation mondiale actuelle annuelle: 56.250 t,
- durée de la vie de la production d'énergie nucléaire: 76 ans.
Si on triple par exemple la production mondiale de l'électricité nucléaire actuelle, alors, la durée de la vie des réserves se réduit à 25 ans !!!
Lire:
La future pénurie d'uranium.
Sources: (L'énergie en France, édition 2000, ministre de l'économie des finances et de l'industrie) et dans "Mémento sur l'énergie", 1999.]
.

 


Les investissements dans le nucléaire s'accéléreront, malgré la crise

11/10/2008 - Le PDG du groupe EDF Pierre Gadonneix a estimé samedi que les investissements dans le secteur nucléaire dans le monde allaient s'accélérer, malgré la crise financière internationale. "Je pense que les investissements dans le secteur du nucléaire vont s'accélérer", malgré la crise financière, a déclaré M. Gadonneix, interrogé à l'issue d'une visite du chantier de l'EPR et de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche, nord-ouest de la France), où est construit l'EPR, avec le ministre italien du développement économique Claudio Scajola. L'exemple de l'Italie le montre, a ajouté le patron d'EDF. L'objectif de Rome, qui a annoncé en mai sa volonté de renouer avec le nucléaire, 21 ans après y avoir renoncé, est de "commencer vraiment la construction des centrales nucléaires d'ici 2013", a précisé M. Scajola, qui était accompagné à Flamanville des patrons du numéro un de l'énergie en Italie, Enel, Falvio Conti, et d'Umberto Quadrino, patron du numéro deux, Edison. Enel détient 12% de l'EPR et Edison est contrôlé par EDF et l'italien A2A. "Ici à Flamanville nous trouvons beaucoup de réponses à nos besoins" a poursuivi M. Scajola estimant qu'avec son expérience de leader dans le nucléaire, la France allait "pouvoir aider l'Italie dans des délais très brefs à pouvoir produire une partie de son besoin en énergie". "A cette marque d'intérêt exprimée par le ministre, nous allons répondre évidemment favorablement", a indiqué M. Gadonneix. A la question de savoir si la crise financière ne risquait pas de freiner les investissements nucléaires dans le monde, le PDG du deuxième groupe français en valeur boursière a répondu par la négative. "Le nucléaire fait partie des réponses à trois défis, la sécurité de l'approvisionnement, la lutte contre le réchauffement climatique, et le coût de l'énergie. Clairement ces réalités industrielles n'ont pas le même horizon de temps que la crise financière", a argumenté M. Gadonneix. La crise ne change "rien dans les investissements d'EDF", a-t-il ajouté.
Le numéro un d'EDF a en outre répété que l'EPR de Flamanville serait mis en service comme prévu en 2012, malgré la suspension des opérations de coulage de béton du 21 mai au 19 juin, ordonné par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sans que la sûreté n'ait été mise en cause. Le Canard enchaîné avait affirmé que les travaux avaient "au moins neuf mois de retard".
L'EPR de Flamanville est le deuxième réacteur à eau sous pression (European Pressurised Water Reactor) en construction dans le monde. L'autre qui se trouve en Finlande a subi d'importants retards et son exploitation ne devrait pas intervenir avant 2011, avec un an et demi de retard sur le calendrier initial.

 


Nucléaire/Inde: 20 mds EUR de contrats potentiels pour la France

27/9/2008 - Les entreprises françaises pourraient rafler pour 20 milliards d'euros de contrats d'ici 15 ans dans le nucléaire civil en Inde, a annoncé samedi le patronat indien, deux jours avant la visite du Premier ministre en France, où un accord bilatéral dans ce secteur pourrait être signé. "L'Inde a besoin de 60.000 mégawatts supplémentaires de capacité installée pour l'énergie nucléaire. Cela nécessitera des investissements de 6.000 milliards de roupies, soit 97 milliards d'euros d'ici 15 ans", a indiqué Amit Mitra, secrétaire général de la Fédération des chambres indiennes du commerce et de l'industrie (FICCI). "Je m'attends à ce que la France puisse remporter 25% de ces investissements, soit 20 milliards d'euros de contrats possibles d'ici 15 ans", a-t-il ajouté.

 


Le Monde, 12/9/2008:

EDF et Areva sont bien placés pour remporter le marché nucléaire civil en Afrique du Sud

Pas d'avions ravitailleurs pour Airbus aux Etats-Unis, mais sans doute des réacteurs nucléaires pour EDF et Areva en Afrique du Sud. Le groupe public d'électricité sud-africain, Eskom, pourrait annoncer, dans quelques jours, qu'il a finalement choisi la technologie franco-allemande de l'EPR (European Pressurized Water Reactor), le réacteur de troisième génération développé par Areva, pour équiper ses nouvelles centrales et relancer un ambitieux programme nucléaire civil au moment où le pays traverse une crise énergétique sans précédent.

Un retard politique est toujours possible en raison des tensions liées à l'élection présidentielle de 2009. Mais les Sud-Africains préféreraient négocier en exclusivité le projet du consortium EDF-Areva-Bouygue plutôt que celui de la société américano-japonaise Toshiba-Westinghouse.

Le contrat porte sur la construction de deux EPR, dont le coût unitaire est d'environ 3,5 milliards d'euros, la livraison par Alstom des turbines et les travaux de génie civil effectués par Bouygues avec le groupe de BTP local, Aveng. A travers des transferts de technologies, Areva souhaite accompagner l'Afrique du Sud dans "le développement sur le long terme de son industrie nucléaire", notamment en investissant "aux côtés des acteurs nationaux".

Avec la Chine, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Inde, c'est l'un des cinq plus gros marchés potentiels pour l'industrie nucléaire française. En visite à Pretoria fin février, Nicolas Sarkozy avait vigoureusement défendu l'EPR auprès de son homologue, Thabo Mbeki. Le choix du consortium français ne serait qu'une demi-surprise. Dans le domaine de l'énergie, les relations entre la France et l'Afrique du Sud sont anciennes.

C'est EDF et Areva (alors Framatome) qui avaient livré les deux réacteurs de Koeberg, mis en service en 1984 et 1985. Alstom est présent en Afrique du Sud depuis quatre-vingts ans et ses turbines équipent de nombreuses centrales sud-africaines au charbon.

CENTRALES POLLUANTES ET VIEILLISSANTES

Les ambitions d'Eskom ne s'arrêtent pas à ce programme de deux réacteurs. Il a demandé à Areva et à Toshiba-Westinghouse une étude pour la fourniture de dix réacteurs supplémentaires. Pour l'heure, l'unique centrale nucléaire de Koeberg ne produit que 5 % de l'électricité du pays, l'essentiel de la production (90 %) étant assuré par des centrales au charbon - polluantes et vieillissantes - alimentées par les mines locales. Le gouvernement veut porter la part du nucléaire à 30 % dans vingt ans.

Il y a urgence. Le pays souffre d'une crise énergétique aiguë, qui fait régulièrement la "une" des journaux sur le thème du "retour à l'âge des ténèbres". Certains voient déjà poindre la menace d'un black-out pendant la Coupe du monde de football 2010 organisée par l'Afrique du Sud. Les délestages à répétition s'expliquent par la croissance économique.

Elle s'est emballée ces dix dernières années, mais les investissements d'Eskom n'ont pas suivi, faute de feu vert du gouvernement. Malgré une inflation galopante, M. Mbeki a dû récemment autoriser la compagnie publique à augmenter ses tarifs de 27,5 % pour financer le renouvellement de ses infrastructures, jetant des milliers de manifestants dans la rue.

La crise énergétique a de lourdes conséquences économiques. Elle dissuade des industriels étrangers d'investir en Afrique du Sud et pénalise ceux qui y sont installés. Début 2008, l'incapacité d'Eskom à alimenter les compagnies minières les a obligées à arrêter l'exploitation de certains gisements (or, platine...). La production minière a reculé de 22 % au premier trimestre, le prix de certains minerais s'est envolé et la croissance a été amputée de moitié.

 


L'Inde près de signer des accords nucléaires avec la France et la Russie

11/9/2008 - L'Inde est sur le point de signer des accords de coopération dans le nucléaire civil avec la France et la Russie, après l'approbation par la communauté internationale d'un pacte identique entre New Delhi et Washington, a indiqué jeudi la diplomatie indienne. Samedi dernier à Vienne, le Groupe des 45 pays fournisseurs nucléaires (NSG), qui contrôle l'exportation de ces technologies dans le monde, a validé un accord de 2005 permettant aux Etats-Unis --si le Congrès le ratifie définitivement-- de vendre à l'Inde des réacteurs ou du combustible à usage civil. Le NSG a de facto levé un embargo international vieux de 34 ans sur le commerce nucléaire avec New Delhi, qui n'est pas partie au Traité de non-prolifération (TNP), mais qui est une puissance atomique militaire déclarée depuis son premier essai en 1974. Après le feu vert en juillet de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), la communauté internationale offre donc un régime dérogatoire à l'Inde puisque, normalement, le NSG interdit tout commerce nucléaire avec les Etats non signataires du TNP. "A la suite de la déclaration du NSG permettant à ses membres de coopérer dans le nucléaire civil avec l'Inde, le gouvernement travaille à la mise en oeuvre d'une coopération commerciale avec des partenaires étrangers", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Navtej Sarna. New Delhi est proche de la signature d'accords bilatéraux avec "des partenaires amicaux tels que la France et la Russie", a-t-il dit. En fait, Moscou équipe déjà une centrale nucléaire du sud de l'Inde et un accord franco-indien est prêt depuis la visite d'Etat en janvier du président Nicolas Sarkozy. Quant aux Etats-Unis, la Maison Blanche a annoncé mercredi avoir envoyé au Congrès pour approbation le texte de leur accord nucléaire avec l'Inde. "L'agence atomique d'Inde (NPCIL) a déjà ouvert un dialogue préliminaire avec ces entreprises américaines", a rappelé M. Sarna. Le mois dernier, la NPCIL avait présélectionné l'américain Westinghouse Electric Company, l'alliance américano-japonaise General Electric-Hitachi, le français Areva et l'agence d'énergie atomique russe Rosatom.

 


La Chine salue l'accord sur le nucléaire indien

8/9/2008 - La Chine a salué lundi l'accord sur le commerce des matières nucléaires avec l'Inde, espérant qu'il permettrait de soutenir les efforts en faveur de la non-prolifération. "La Chine a toujours soutenu que toutes les nations ont le droit à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire", a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jiang Yu. "Dans le même temps, cet accord devrait permettre de maintenir l'intégrité et la validité du système international de non-prolifération nucléaire", a-t-elle ajouté dans un communiqué. "La Chine espère qu'une telle décision sera favorable à la coopération internationale sur l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins civils et à la prévention de la prolifération nucléaire", a-t-elle aussi dit. Pékin s'était inquiété des risques de prolifération après le projet d'accord historique sur le nucléaire civil l'année dernière entre les Etats-Unis et l'Inde. Cette dernière possède l'arme atomique mais n'a pas adhéré au Traité de non prolifération nucléaire (TNP). Après plusieurs semaines d'intenses négociations, les Etats-Unis ont obtenu le feu vert du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG), qui contrôle l'exportation et la vente de technologies nucléaires dans le monde, pour son accord de coopération civile avec l'Inde, samedi à Vienne. Les 45 membres du NSG ont accepté une proposition américaine levant un embargo sur le commerce nucléaire avec l'Inde, vieux de 34 ans. En janvier, l'Inde s'est déclarée prête à une coopération avec la Chine dans le nucléaire civil. Les deux géants asiatiques, aux économies en plein boom mais lourdement dépendantes du charbon et du pétrole, cherchent à diversifier leurs ressources énergétiques et ont des projets ambitieux dans le nucléaire.

 


Nucléaire et pays émergents, clés de la croissance future d'EDF

PARIS (28/7/2008) - EDF devra profiter d'une relance du nucléaire dans le monde et répondre aux besoins des pays émergents afin de trouver de nouveaux relais de croissance indispensables au cours de la prochaine décennie, estiment des spécialistes du secteur de l'énergie.

Le rachat de l'opérateur de centrales nucléaires British Energy, que le groupe espère selon certaines sources finaliser cette semaine, serait une nette avancée dans sa stratégie mais appellerait d'autres développements. Car EDF, fort d'une base solide et compétitive dans le nucléaire, devra non seulement renforcer ses positions européennes mais aussi faire preuve d'audace en privilégiant des zones à fort potentiel telles que l'Asie et l'Europe de l'est. "Si EDF veut modifier son portefeuille de façon majeure d'ici à 10 ans et utiliser son 'cash' plutôt que le rendre aux actionnaires, il a intérêt à se développer dans les pays émergents", a déclaré à Reuters Christophe Moret, vice-président du cabinet de conseil en stratégie Estin & Co et spécialiste des questions énergétiques. "En Chine, le groupe pourrait participer à l'électrification rurale, la mise à niveau des réseaux et l'amélioration de la qualité de la distribution. Il y a un énorme potentiel", ajoute-t-il en soulignant également le "besoin criant de nouveaux moyens de production d'ici à 10 ans (...) pour la Pologne, la Slovaquie, la Bulgarie ou la Roumanie".

Pour un ancien cadre du groupe, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat, EDF "a intérêt à devenir un groupe gazier comme le sont le pétrolier italien Eni ou GDF Suez". Le groupe devra également s'imposer face à l'allemand E.ON, numéro un mondial des services aux collectivités qui a lancé un plan d'investissements à l'international, notamment en Espagne, en Italie, en France et en Russie.

Le nucléaire, un "atout clé"

Le nouveau géant mondial de l'énergie GDF Suez doit pour sa part prendre début 2009 des décisions stratégiques dans le nucléaire en Europe occidentale, avec une éventuelle candidature pour un deuxième EPR en France qui serait l'occasion d'un premier bras de fer avec EDF.
Des spécialistes du secteur soulignent que l'entreprise publique, qui a fait ses débuts en Bourse fin 2005, dispose avec le nucléaire d'un avantage de taille face à ses concurrents dans un contexte de flambée du prix des énergies fossiles et de lutte contre le réchauffement climatique
[lire: Nucléaire, l'escroquerie du discours sur l'effet de serre]. "La production nucléaire d'EDF constitue sa grande force : c'est une forme d'énergie compétitive, elle ne produit pas de CO2 et améliore l'indépendance de la France vis-à-vis du pétrole et du gaz importés. C'est un des atouts clés d'EDF", a déclaré à Reuters Colette Lewiner, responsable du secteur "Energie et utilities" chez Capgemini. "Sa taille, sa puissance financière, sa rentabilité, ses compétences et le fait que son capital soit ouvert sont également des atouts majeurs", ajoute-t-elle.
L'enjeu pour EDF sera de promouvoir les avantages du nucléaire, alors que la France et la Grande-Bretagne sont les deux seuls grands pays européens qui ont clairement confirmé leur choix du recours à l'atome. Dans l'attente d'une hypothétique relance du nucléaire en Allemagne, Italie ou Espagne, EDF s'est positionné dans ce domaine en 2007 aux Etats-Unis et en Chine - où il veut construire respectivement quatre et deux réacteurs de type EPR au cours de la prochaine décennie -, ainsi qu'en Afrique du Sud.

Hausse de tarifs pour les industriels ?

EDF, qui est aujourd'hui le premier exploitant nucléaire mondial avec 58 réacteurs opérationnels, veut investir d'ici à 2010 dans plus de dix centrales EPR qu'il exploitera.
Une expansion hors des frontières de l'Union est d'autant plus stratégique pour EDF que l'ouverture à la concurrence du marché de l'énergie en Europe n'a pas tenu ses promesses en matières de hausses de prix pour la société, ce qui a pesé sur son cours de Bourse (-33% depuis le début de l'année). Depuis le 1er juillet 2007, les clients du groupe peuvent opter pour les prix de marché mais ces derniers ont flambé car ils sont fixés sur les capacités de pointe - c'est-à-dire les centrales thermiques fonctionnant au pétrole ou au gaz. Afin de protéger les particuliers et les gros industriels, la France - 54% des ventes et 66% de l'excédent brut d'exploitation d'EDF en 2007 - a maintenu le principe des tarifs réglementés et vient même de les prolonger. Pour EDF, qui est détenu à près de 85% par l'Etat, ces mesures entraînent un important manque à gagner car l'entreprise pourrait bénéficier de coûts de production bien inférieurs à ceux des concurrents et voir ses marges augmenter dans le cadre d'une hausse généralisée des prix de l'électricité.

"Deux procédures peuvent être engagées (par Bruxelles) : l'une sur les tarifs régulés pour les clients industriels et l'autre sur les contrats à long terme. Cela aura vraisemblablement lieu dans les mois qui viennent, avec peut-être une procédure contre les tarifs régulés (industriels) après la présidence française", selon une source proche de la Commission européenne.

Cette source relève également que "pour les clients domestiques (les particuliers NDLR), la Commission a laissé entendre qu'il n'y avait pas d'urgence et que l'on pouvait maintenir les tarifs régulés".

Reuters, Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot.

 


L'AIEA valide les modalités de sûreté du projet de réacteur d'Areva et MHI

7/7/2008 - Le conglomérat d'industrie lourde japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et le numéro un français de l'énergie nucléaire Areva ont indiqué lundi que, sur le papier, les principes de sûreté de leur réacteur atomique en développement avaient été approuvées par l'AIEA. "Une équipe d'experts internationaux a passé en revue les plans du réacteur pour en évaluer les modalités de sûreté au regard des normes en vigueur, sous le contrôle de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA)", ont expliqué les deux industriels dans un communiqué émanant de leur coentreprise dédiée, Atmea. Il ressort de cette étude conceptuelle que leur projet de réacteur de moyenne puissance de troisième génération respecte bien les principes fondamentaux de sûreté de l'AIEA, ont-ils affirmé. "Il s'agit d'une étape importante qui confirme la pertinence de nos choix", s'est félicité le PDG d'Atmea, Stefan Vom Scheidt, cité dans le communiqué. La société Atmea a été créée par MHI et Areva en 2007 pour développer ensemble un réacteur nucléaire à eau pressurisée de moyenne puissance, Atmea-1, à la suite d'un accord de coopération conclu en 2006. "La coopération avec MHI se passe formidablement bien sur Atmea-1, nous avançons très vite et nous serons prêts à proposer un produit sur le marché dans deux ans", avait souligné en avril la présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, lors d'une visite à Tokyo. "Nous avons une approche qui consiste à ne pas repartir de zéro mais à prendre le meilleur des technologies et des expériences de chacun", avait-elle précisé. Areva et MHI ont également récemment signé une lettre d'intention pour l'établissement d'une société conjointe qui pourrait être créée en fin d'année et qui fabriquera des combustibles pour réacteurs à eau pressurisée (PWR ou REP), à eau bouillante (BWR ou EBR), au mélange d'oxydes (Mox) et au gaz. Les deux groupes ont aussi partie liée dans le projet à l'étude de construction d'une usine de recyclage de combustible usé et d'un réacteur rapide aux Etats-Unis.

 


Areva investit au Creusot pour fabriquer les cuves d'EPR en France

3/7/2008 - Areva va investir au Creusot (Saône-et-Loire) pour fabriquer en France 100% des pièces de cuves des réacteurs nucléaires de troisième génération EPR, a annoncé le groupe nucléaire français jeudi dans un communiqué. Cet investissement vise à "augmenter la capacité de production de pièces forgées nucléaires", pour que 100% des pièces nécessaires à la fabrication d'un EPR, telles que les pièces de cuves, puissent être réalisées au Creusot, au lieu de 80% actuellement, a précisé le groupe. Areva va d'une part investir avec le numéro un mondial de l'acier ArcelorMittal 70 millions d'euros pour augmenter la production de lingots de l'aciérie d'ArcelorMittal située au Creusot, Industeel, a-t-on appris auprès d'Areva. La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, et le directeur financier d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, ont signé à cet égard jeudi "un protocole d'accord pour augmenter la production d'Industeel dédiée au marché nucléaire", lors d'une visite au Creusot du président Nicolas Sarkozy. L'aciérie fera ainsi passer sa capacité de fabrication de lingots de 35.000 tonnes à 50.000 tonnes par an entre 2008 et 2010. D'autre part, Areva va "investir dans sa filiale, Creusot Forge, pour continuer à développer sa production de pièces forgées destinées à la fabrication des composants des réacteurs nucléaires (cuve, générateur de vapeur...)". L'ensemble des acteurs nucléaires régionaux, rassemblés dans le pôle de compétitivité Pôle Nucléaire de Bourgogne, "vont bénéficier de cet investissement", a fait valoir Areva.

 

 


Emirats: appels d'offres pour une centrale nucléaire

23/6/2008 - Les Emirats arabes unis ont lancé des appels d'offres pour une centrale nucléaire qui, si elle est construite serait la première dans un pays arabe, indique lundi un journal. Neuf sociétés sont en compétition, précise le quotidien économique local Emirates Business, en citant des sources non identifiées. Amec, une firme d'ingénierie basée en Grande-Bretagne, a indiqué au journal être l'une des compagnies pressenties pour faire fonctionner la centrale. "On nous a demandé de soumettre un document initial et on l'a fait. Il y a beaucoup d'autres étapes à franchir et nous nous attendons à ce que les contrats soient prêts vers la fin de l'année", a déclaré au quotidien Graham Bellwood, le directeur d'Ame pour le Moyen-Orient. Il a précisé que les appels d'offres concernent la phase de pré-sélection. Les Emirats ont affirmé en avril que tout projet visant à développer leur énergie nucléaire civile serait mené dans une totale "transparence", tout en excluant des activités d'enrichissement sur leur territoire. Ce pays, qui évalue un possible développement de l'énergie nucléaire afin de répondre à des besoins croissants en énergie a indiqué qu'il signerait aussi plusieurs accords internationaux, comme le protocole additionnel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). En janvier, la France a signé un accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil avec les Emirats arabes unis, lors d'une visite du président Nicolas Sarkozy dans ce pays. Sur fond d'inquiétude par rapport au programme nucléaire controversé de l'Iran, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont font partie les Emirats, a décidé en décembre 2006 de développer un programme commun de technologie nucléaire à des fins pacifiques. Outre les Emirats, le CCG comprend l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, Qatar et Oman.



L'Algérie veut de doter d'une industrie nucléaire à usage civil

21/6/2008 - L'Algérie, qui a signé samedi avec la France un accord dans le nucléaire civil, à l'occasion de la visite du Premier ministre François Fillon, veut se doter d'une industrie nucléaire à usage pacifique. L'accord-cadre franco-algérien, paraphé en décembre à l'occasion de la visite d'Etat du président Nicolas Sarkozy, prévoit une coopération entre les deux pays en matière de recherche fondamentale, de transfert de technologie, de formation, de production d'électricité et de prospection et d'exploitation de l'uranium. Il définit les obligations en matière de sécurité nucléaire et ouvre la possibilité de construire, à terme, des centrales nucléaires en Algérie. L'Algérie va créer une agence nationale de sûreté nucléaire et prévoit la création d'un Institut de génie nucléaire pour la formation à terme de plusieurs centaines d'ingénieurs dans le cadre de son programme d'utilisation pacifique de l'énergie atomique, selon le ministère de l'Energie et des Mines. L'Algérie a signé un accord-cadre similaire le 9 juin 2007 avec les Etats-Unis, à la suite d'une visite d'experts et d'un haut responsable du ministère de l'Energie américain à Alger. Elle a aussi des accord de coopération dans le nucléaire civil avec la Chine, l'Argentine et la Russie et envisage d'en signer d'autres avec l'Egypte et l'Afrique du Sud. La Chine a livré à l'Algérie un réacteur expérimental de 15 mégawatts, baptisé Essalem, installé à Aïn Oussera (sud algérien) et l'Argentine lui a livré un autre installé à Draria (région d'Alger), de 3 mégawatts. Les deux réacteurs sont régulièrement contrôlés par l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA). L'Alger a soutenu le droit de l'Iran d'acquérir la technologie nucléaire à des fins pacifiques et lui apporté son appui dans son contentieux avec les pays occidentaux. Le président Abdelaziz Bouteflika a jugé "inadmissible que soit contrarié le droit légitime et conventionnel des pays membres du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP - dont l'Iran est membre), d'acquérir les technologies nucléaires à des fins strictement pacifiques et de développement".

 


18/6/2008
Areva va créer la plus grande mine d'uranium du monde en Namibie

 


Le Monde, 12/6/2008: 

Paris moins hostile au maintien de Siemens dans Areva

Nicolas Sarkozy a visiblement assoupli sa position sur les relations franco-allemandes dans le nucléaire civil. Le président de la République ne voit plus, désormais, d'un mauvais oeil le maintien du conglomérat Siemens dans le capital d'Areva NP, le fabriquant français de réacteurs nucléaires. "Nous voulons travailler sur le nucléaire de nouvelle génération avec les Allemands, a-t-il déclaré, lundi 9 juin, au cours d'une conférence de presse commune avec la chancelière Angela Merkel. La porte est ouverte, la main est tendue (...), mais c'est un choix qui revient à nos amis allemands." Récemment, le discours français était un peu plus radical. Puisque l'Allemagne a programmé la fermeture de sa dernière centrale en 2020, elle n'a plus guère son mot à dire dans ce domaine et Siemens pourrait céder les 34 % qu'il détient dans Areva NP, laissait entendre le chef de l'Etat. "Je dis à nos amis allemands : c'est difficile d'avoir un choix d'un côté en France et un choix différent de l'autre côté en Allemagne", déclarait-il, en septembre 2007, lors d'une rencontre franco-allemande. Il est vrai que la présence du groupe de Munich dans Areva complique un rapprochement entre Areva et Alstom (dont le premier actionnaire est Bouygues), un des scénarios étudiés par le gouvernement. En théorie, rien n'interdit une cohabitation Alstom-Siemens dans le groupe nucléaire français restructuré. Mais les deux entreprises se livrent une rude concurrence sur deux autres secteurs : le matériel ferroviaire et les turbines pour centrales électriques. En outre, les dirigeants de Siemens ont fait savoir qu'ils n'ont pas l'intention de sortir du nucléaire, même si une option du contrat avec Areva leur permet de céder leur part entre 2009 et la fin de 2011. Ils ont même indiqué qu'ils étaient prêts à investir davantage pour accompagner le développement du groupe français engagé dans de lourds investissements. Paris peut d'autant moins se mettre Berlin à dos que l'EPR, le réacteur de troisième génération d'Areva, séduit les électriciens allemands. Numéro un européen de l'énergie, E.ON l'a choisi pour ses futures centrales au Royaume-Uni.

 


Mitsubishi et Areva accélèrent leur projet de réacteur

12/6/2008 - Le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries annonce qu'il pourra commencer à commercialiser des réacteurs nucléaires de taille moyenne avec Areva plus tôt que prévu au vu du bon déroulement du projet. Les deux partenaires avaient initialement prévu de lancer la commercialisation des réacteurs à eau pressurisée ATMEA1, d'une capacité de 1.100 mégawatts, d'ici deux ans. "Les travaux de développement des deux entreprises se passent tellement bien que nous discutons d'un lancement des activités de commercialisation du réacteur dès aujourd'hui", a déclaré, Hideaki Omiya, président de Mitsubishi Heavy Industries, lors d'une conférence de presse. Il a ajouté que les deux entreprises envisageaient également de travailler ensemble pour la vente de plus gros réacteurs et de composants clef comme, par exemple, les générateurs de vapeur.
Les deux groupes sont également tombés d'accord pour collaborer dans le domaine du combustible nucléaire. L'élargissement de l'alliance entre Mitsubishi et Areva intervient alors que le secteur des fabricants de réacteurs nucléaires se structure autour de trois grandes entités qui profitent d'une forte demande en provenance notamment des Etats-Unis et de la Chine. En plus du tandem franco-japonais, on compte deux duos américano-japonais, d'une part General Electric qui a noué des liens avec le japonais Hitachi et d'autre part le conglomérat Toshiba qui a racheté Westinghouse.

 


Areva se renforce au Kazakhstan, où il produira 4.000 T d'uranium par an

11/6/2008 - Areva s'est renforcé au Kazakhstan, au terme d'un nouvel accord conclu mercredi avec son partenaire kazakh, pour y produire 4.000 tonnes d'uranium par an jusqu'à 2039, selon le groupe nucléaire français. La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, et le président de la société kazak Kazatomprom, Moukhtar Dzhakishev, ont signé mercredi "un protocole d'accord renforçant leur partenariat", indique Areva dans un communiqué. Au terme de l'accord, leur société commune Katco, détenue à 51% par Areva et à 49% par Kazatomprom, "devrait produire 4.000 tonnes d'uranium par an jusqu'en 2039", contre 1.000 actuellement, précise le communiqué. Areva assurera la commercialisation de la totalité de cet uranium. Le groupe français fournira aussi "un appui en matière d'ingénierie pour la construction de lignes d'assemblage de combustible nucléaire dans l'usine métallurgique de Kazatomprom", située à Ulba. Cette installation inclura, dans le cadre d'une société commune détenue à 51% par Kazatomprom et à 49% par Areva, "une ligne dédiée de 400 tonnes par an d'assemblages-combustibles dont les pastilles seront fournies par Kazatomprom". Les pastilles d'uranium sont des sortes de petits cylindres qui sont ensuite compilés pour former des crayons, eux-mêmes regroupés dans un assemblage. La commercialisation de ces combustibles se fera à travers une société commune détenue à 51% par Areva et à 49% par Kazatomprom. "Le Kazakhstan devient ainsi, avec le Niger et le Canada, l'un de nos trois principaux pays partenaires pour l'exploitation d'uranium", et contribuera "à la diversification de nos réserves et à la sécurité d'approvisionnement en combustible de nos clients", souligne Mme Lauvergeon, citée dans le communiqué. Le président de Kazatomprom estime pour sa part que cet accord illustre sa volonté "d'établir une compagnie verticalement intégrée".


Enerpresse, 10/6/2008: 

L'EPR Suez avance doucement

Les équipes mandatées par Suez ont commencé le 20 mai dernier et pour cinq semaines, des tests de sismicité sur sept communes autour du site de Tricastin. Au même moment, Suez annonçait son entrée à hauteur de 5% dans l'usine d'enrichissement du combustible George Besse 2. Dans les deux cas, un même objectif : édifier un EPR signé Suez... Après la fusion avec GDF, et après une vaste étude d'impact et processus de débat public, bien sûr ! Electrabel, filiale de Suez, et opérateur nucléaire en Belgique, dispose déjà de droits de tirage dans les installations de Tricastin, qui, aujourd'hui, livrent en courant la gourmande usine GB 1, mais aussi les clients de l'électricien franco-belge. Reste à trouver la commune exacte d'implantation. Et là, Pierrelatte tiendrait la corde.

 


Enerpresse, 10/6/2008: 
BNP Paribas aide le bulgare NEK à financer Belene

 


Les Echos, 4/6/2008: 

Suez s'invite avant EDF dans la future usine d'enrichissement d'Areva

Le groupe franco-belge vient de s'assurer une participation de 5 % dans l'usine Georges-Besse 2. Un investissement qui lui permet de sécuriser un quart de ses besoins en uranium enrichi pour les deux décennies à venir. Entre EDF et Suez, la liste des griefs n'en finit plus de s'allonger. Après la « claque » Distrigaz, l'électricien tricolore vient de se voir infliger un nouveau camouflet par son grand rival. Le groupe franco-belge l'a en effet pris de vitesse en annonçant hier son entrée au capital de Georges-Besse 2, l'usine d'enrichissement d'uranium qu'Areva est en train de construire sur le site du Tricastin (Drôme). Une pierre dans le jardin d'EDF, qui est précisément en train de négocier un accord du même type avec le leader mondial du nucléaire. Concrètement, Suez s'est assuré une participation de 5 % dans la Société d'enrichissement du Tricastin (SET), le holding propriétaire de la future unité. Le montant de ce « ticket d'entrée », serait compris entre 200 et 300 millions d'euros, ce qui valorise la SET entre 4 et 6 milliards d'euros. C'est bien plus que le coût de construction de Georges-Besse 2, estimé jusqu'à présent à 3 milliards. Mais dans cette affaire, Suez acquiert plus qu'un bout d'usine. L'accord conclu avec Areva est surtout, pour le numéro deux français de l'électricité, un moyen de sécuriser sur le long terme une partie de son approvisionnement en uranium enrichi. Une problématique à laquelle sont aujourd'hui confrontés tous les exploitants de centrales nucléaires. En l'occurrence, Suez estime que le contrat dévoilé hier doit lui permettre de sécuriser 25 à 30 % de ses besoins, et ce pour vingt ans à compter de 2009, date d'entrée en service de la nouvelle unité. Au passage, le groupe, présidé par Gérard Mestrallet, confirme donc ses ambitions dans le nucléaire : que l'arrêt des centrales belges soit validé ou non dans le courant de la prochaine décennie, Suez estime visiblement qu'il aura besoin de combustible ailleurs... Pourquoi pas en France, où l'entreprise projette de construire un ou deux réacteurs à l'horizon 2015-2020. De son côté, EDF ronge son frein. Depuis des mois, l'opérateur historique est engagé dans des négociations extrêmement tendues avec Areva, avec deux enjeux à la clef : la signature d'un nouveau contrat de fourniture de combustible, et son éventuelle entrée au capital de Georges-Besse 2. Sur le premier point, l'entreprise assure que les deux parties sont « en train de converger » vers un accord « de long terme », qui sécuriserait « une part significative de l'approvisionnement » des 58 réacteurs nucléaires français. S'agissant du capital, les discussions sont en revanche au point mort, EDF jugeant apparemment trop élevées les prétentions financières d'Areva. Sur la base de l'accord conclu avec Suez, l'électricien tricolore pourrait en effet se voir réclamer jusqu'à 600 millions d'euros pour devenir le deuxième actionnaire de référence de la future unité d'enrichissement du Tricastin. Aux dernières nouvelles, les négociations menées avec Areva portaient sur une prise de participation comprise entre 5 et 10 % du capital de la SET. En plus de Suez et d'EDF, des électriciens japonais et le coréen KHNP pourraient eux aussi s'offrir des parts de l'usine.

La fin programmée d'Eurodif
L'enrichissement est un procédé consistant à accroître la teneur en isotopes fissiles de l'uranium, pour en faire un combustible utilisable dans les réacteurs nucléaires. L'usine George-Besse 2 (GB2) devrait commencer à produire de l'uranium enrichi en février 2009. Elle prendra progressivement le relais de son aînée Eurodif, qui fonctionne depuis trente ans et dont la fermeture est programmée vers 2012 ou 2013. Grâce à un procédé d'enrichissement - la centrifugation - beaucoup plus économe, GB2 consommera 50 fois moins d'électricité que l'actuelle Eurodif.

 


Nucléaire: les compagnies européennes veulent de nouvelles centrales

23/5/2008 - Les compagnies énergétiques européennes ont lancé vendredi un appel pour faciliter la construction en Europe de nouvelles centrales nucléaires, lors d'un forum à Prague, en soulignant les risques de ne pas agir maintenant pour la sécurité et les changements climatiques [lire: L'escroquerie du discours sur l'effet de serre]. "Avec un baril de pétrole à 135 dollars, il est urgent d'agir. L'industrie ne peut pas attendre une approche graduelle vers la convergence (harmonisation des règles de sécurité)", a ainsi prévenu Bruno Lescoeur, membre de la direction d'EDF, au second jour du Forum sur l'énergie nucléaire européenne. Les compagnies énergétiques européennes appellent à une standardisation des procédures de certification pour construire de nouvelles centrales nucléaires, alors que l'Europe fait face au défi du remplacement de nombreuses d'entre elles arrivant en fin de vie. Le Forum réunit à Prague des régulateurs industriels, des politiques et des compagnies énergétiques. "Nous avons à remplacer 50% de la production d'électricité européenne d'ici à 2030, un des plus importants défi auquel nous avons à faire face", a prévenu Nicole Fontaine, membre du Parlement européen. Un ensemble complexe de règles techniques pour les centrales, les sites et la construction des installations existe actuellement en Europe, entravant la construction de nouvelles unités.



Finlande: nouveau projet de construction d'un réacteur nucléaire

25/4/2008 - Le producteur d'électricité finlandais Teollissuden Voima Oy (TVO) a soumis vendredi une demande pour la construction d'un nouveau réacteur nucléaire à Olkiluoto, dans le sud-ouest de la Finlande, a indiqué le ministère de l'Economie. En cas d'acceptation, ce réacteur serait le sixième dans le pays nordique. Le ministère indique qu'une étude sur l'impact environnemental est en cours et qu'elle devrait être achevée mi-juin. "Nous nous préparons à examiner la demande ce printemps", a déclaré le ministre de l'Economie Mauri Pekkarinen, cité dans un communiqué. Outre TVO, le groupe finlandais Fortum et le consortium finlandais Fennovoima projettent de construire de nouveaux réacteurs et devraient envoyer leurs demandes au gouvernement. Le gouvernement finlandais n'a pas clairement indiqué s'il pourrait donner son accord à un ou plusieurs projets. A Olkiluoto, le cinquième réacteur nucléaire de Finlande et premier réacteur réacteur à eau sous pression EPR (Olkiluoto 3), est actuellement en construction par le consortium franco-allemand Areva-Siemens. Le projet a été retardé de deux ans et le démarrage de sa production d'électricité est prévu pour 2011.

 


Les Echos, 9/4/2008:

Westinghouse Electric décroche la 1ere commande pour une centrale nucléaire aux Etats-Unis

Aucune centrale nucléaire n'a été construite aux Etats-Unis depuis 30 ans. Avant le lancement officiel de la construction, le projet doit encore passer une série d'étapes administratives. L'entrée en service de la première tranche est espérée pour 2016. La renaissance annoncée du nucléaire dans la première économie mondiale n'a pas choisi la technologie française : Westinghouse Electric, filiale du groupe japonais Toshiba, a décroché la première commande pour construire une centrale nucléaire destinée aux Etats-Unis. Une première depuis trente ans. Aucune centrale nucléaire n'a été construite depuis ces trois dernières décennies Outre-Atlantique, alors qu'en 1979 a eu lieu l'un des plus graves accidents du nucléaire civil, à la centrale de Three Mile Island. Depuis cette date, l'accroissement de la demande d'électricité, de l'ordre de 2% l'an, a été compensé par l'entrée en service de centrales au gaz. Le contrat annoncé dont les termes n'ont pas été rendus publics, porte sur la construction de deux réacteurs de 1.100 mégawatts de type AP1000. Ces deux tranches devraient être construites sur le site de Vogtle, près d'Augusta (Georgie, sud des Etats-Unis), où fonctionnent déjà deux réacteurs opérés par un consortium mené par l'électricien Georgia Power. Aucun des projets de construction de centrales nucléaires aux Etats-Unis - on en recense une trentaine - n'avait jusqu'à ce jour débouché sur une commande ferme, confirme-t-on chez le Français Areva, l'un des groupes en lice pour mener la renaissance annoncée du nucléaire aux Etats-Unis. Seuls des choix de technologie avaient été effectués, les opérateurs les plus avancés ayant passé commande des grosses pièces forgées indispensables, mais pas d'un réacteur complet. Avant le lancement officiel de la construction, le projet de Georgia Power doit encore passer une série d'étapes administratives. Le contrat passé avec Westinghouse sera notamment soumis le 1er mai à la commission des services public de l'Etat de Georgie, qui devra certifier les deux réacteurs. L'entrée en service de la première tranche est espérée pour 2016 et celle de la seconde pour 2017, selon le groupe Shaw, actionnaire à 20% de Westinghouse. Les Etats-Unis comptent aujourd'hui 104 centrales nucléaires en fonctionnement, mais la plus récente, celle de Seebrook, dans le New Hampshire (nord-est), a été commandée en 1977 et est entrée en service en 1990. Cette commande est significative parce qu'elle montre que la renaissance du nucléaire est sortie de la phase de la planification, s'est réjoui le PDG de Westinghouse, Steve Tritch, cité dans un communiqué de son groupe. "L'énergie nucléaire est maintenant reconnue comme une source d'énergie propre, sûre et économiquement concurrentielle qui contribue à assurer l'indépendance énergétique des Etats-Unis", a fait valoir M. Tritch. Actuellement, le charbon fournit la moitié de l'énergie utilisée aux Etats-Unis pour produire de l'électricité, contre 20% pour le nucléaire. Mais les centrales au charbon, polluantes et rejetant beaucoup de gaz carbonique, n'ont plus la cote dans un pays qui se découvre depuis peu une fibre environnementaliste. Westinghouse est le pionnier du nucléaire aux Etats-Unis, ayant livré le premier réacteur commercial du pays en 1957. Sa technologie AP1000 a été retenue pour quatorze projets de réacteurs projetés aux Etats-Unis. Avec son partenaire et actionnaire Shaw, il a signé en juillet 2007 un contrat pour construire quatre réacteurs AP1000 en Chine.

 


La France toujours intéressée par le programme nucléaire égyptien

30/3/2008 - La France souhaite vivement participer au programme nucléaire égyptien, a affirmé dimanche au Caire la secrétaire d'Etat française au commerce extérieur, Anne-Marie Idrac. C'est en Egypte que Mme Idrac a effectué son premier déplacement à l'étranger depuis son entrée au gouvernement le 18 mars, alors que le commerce extérieur français a enregistré un déficit commercial historique l'an dernier. "La France est particulièrement intéressée par les dynamiques nouvelles qui s'ouvrent en Egypte" dans le nucléaire, a déclaré à la presse Mme Idrac, qui achève lundi sa visite de 48 heures. Mme Idrac, qui a évoqué le dossier nucléaire avec le Premier ministre égyptien Ahmad Nazif, doit s'entretenir lundi avec le ministre de l'Electricité et de l'Energie, Hassan Younès, à la demande de la secrétaire d'Etat. "La France a une expérience reconnue ici comme dans le monde, et elle pourrait éventuellement participer au programme égyptien", a-t-elle ajouté. Un accord de coopération nucléaire a été signé la semaine dernière à Moscou par les présidents égyptien et russe Hosni Moubarak et Vladimir Poutine, donnant un avantage à la Russie dans la compétition commerciale qui va s'ouvrir. Un appel d'offres pour la construction de la première des quatre futures centrales égyptiennes devrait être lancé d'ici la fin de l'année. Mme Idrac a indiqué que l'entreprise française Technip pourrait déjà répondre à un appel d'offres lié aux études pour la construction de cette centrale. La France s'était mise sur les rangs pour fournir à l'Egypte son premier réacteur nucléaire, comme elle l'avait fait pour l'Algérie, le Maroc ou la Libye parmi les pays arabes venant d'opter pour le nucléaire civil.

 


Usine nouvelle, 26/3/2008: 

Nouvelles percées de l'énergie nucléaire dans le monde

L'Egypte, la Turquie et Bahreïn veulent à leur tour se doter de centrales. Le Moyen-Orient est au coeur d'une compétition entre russes, français et américains

Le président égyptien Hosni Moubarak a signé hier à Moscou un accord de coopération nucléaire, qui ouvre la voie à la candidature russe dans l'appel d'offres pour le premier réacteur nucléaire égyptien (un marché estimé à 1,8 milliard d'euros). La Russie, en plus de consolider ses positions au Proche-Orient, continue ainsi sa montée en puissance sur le secteur face aux leaders américains de l'atome et au numéro un mondial Areva. Elle a déjà assuré la construction de la centrale de Bouchehr en Iran, actuellement en finalisation, et signé plus récemment encore un contrat pour une autre centrale à Belene en Bulgarie.

Dimanche, c'était au tour d'Ankara de lancer un appel d'offres pour la première centrale nucléaire turque. Le site d'implantation choisi (Akkuyu, dans la province de Mersin) avait déjà fait l'objet d'un tel projet en 2000, abandonné faute de financement. Les consortiums intéressés ont jusqu'à fin septembre pour déposer leurs offres auprès de la compagnie publique de distribution électrique Tetas. Entièrement financée par le secteur privé sans intervention de l'Etat, la centrale doit être raccordée au réseau à l'horizon 2013/2014. La Turquie ne compte pas s'arrêter là : au total, ce sont trois centrales nucléaires qui seraient en projet. Objectif : réduire la dépendance énergétique du pays. Le groupe Areva s'était déjà déclaré intéressé le mois dernier, alors que l'appel d'offre n'était pas encore officiel.

Enfin les Etats-Unis y sont également allés lundi de leur propre coup de pouce atomique, avec la signature à Washington d'un accord de coopération avec le Sultanat de Bahreïn. En filigrane, le contrat vise à promouvoir un programme de développement nucléaire civil pour le Proche-Orient, en alternative au modèle iranien condamné par Washington. Barhein, qui en serait la vitrine, s'est engagé, contrairement à Téhéran, à s'en remettre aux marchés internationaux existants pour l'achat de combustible nucléaire, renonçant aux technologies sensibles d'enrichissement de l'uranium.

David Jamard



Areva: le dossier pour la certification de l'EPR aux USA accepté par la NRC

26/2/2008 - Les autorités américaines ont accepté le dossier de demande de certification du réacteur nucléaire EPR soumis par le groupe français Areva, a annoncé ce dernier mardi. "Cette étape clé, en avance sur le calendrier prévu, marque le début du processus d'examen technique, confirmant ainsi la possible mise en service d'un premier EPR américain à l'horizon 2015", a indiqué le groupe dans un communiqué. La demande avait été déposée en décembre auprès de la commission de contrôle nucléaire américaine (NRC) pour la construction d'un réacteur sur le site de Calvert Cliffs, dans l'Etat du Maryland. Ses conclusions sont attendues en 2010, selon Areva. "Selon la NRC, le dossier remis par Areva contient l'ensemble des éléments détaillés nécessaires pour lancer l'évaluation de sûreté. Aucune remarque exigeant la révision du dossier initial n'a été identifiée lors de ce premier examen", a souligné le groupe français. L'EPR est un réacteur [dit] de troisième génération à eau sous pression, lancé en 1992 et en cours de construction en Finlande et en France. Il a été vendu récemment à la Chine et fait l'objet d'un partenariat entre Areva, Total et Suez en vue d'en vendre aux Emirats Arabes Unis. L'EPR est conçu sur la base d'une technologie franco-allemande, à travers la filiale d'Areva, Areva NP, détenue à 34% par l'allemand Siemens. Aux Etats-Unis, Areva est associé au groupe américain Constellation, via la société commune Unistar Nuclear Energy.

 

L'Inde et la Russie resserrent leur coopération dans le nucléaire civil

12/2/2008 - New Delhi et Moscou, deux anciens alliés de la Guerre froide, ont finalisé mardi le projet de construction de quatre réacteurs nucléaires civils russes dans le sud de l'Inde et promis de doubler leurs échanges commerciaux à 10 milliards de dollars d'ici à 2010. "Nous avons bouclé les négociations (...) pour la construction de réacteurs nucléaires supplémentaires", a déclaré le Premier ministre indien Manmohan Singh qui recevait son homologue russe Viktor Zoubkov. L'annonce de cet accord remonte à janvier 2007 lors de la visite en Inde du président Vladimir Poutine, lequel avait promis la fourniture de quatre réacteurs supplémentaires à la centrale indienne de Kudankulam (Etat du Tamil Nadu, Sud), qui en compte déjà deux russes. Le texte devait être signé en novembre dernier lors d'un voyage de M. Singh à Moscou, mais tout avait été annulé parce que New Delhi n'a toujours pas les feux verts de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) et des 45 pays du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG) pour coopérer dans le nucléaire civil. Une fois ces autorisations obtenues, l'Inde placera ses installations nucléaires civiles sous contrôle international et achètera en échange du combustible et plus de réacteurs à la Russie, mais aussi aux Etats-Unis ou à la France avec lesquels elle a déjà signé des accords de coopération dans le nucléaire civil. Le chef du gouvernement indien a aussi rappelé que la relation militaire entre son pays et la Russie était un "pilier important" de leur "partenariat stratégique" noué dès l'indépendance de l'Inde en 1947 et jusqu'à la fin de la Guerre froide.

 


La Turquie va construire sa première centrale nucléaire en Méditerranée

12/2/2008 - La Turquie a décidé de construire sa première centrale nucléaire sur un site controversé dans le sud du pays, a affirmé mardi le ministre de l'Energie Hilmi Güler. "L'endroit où tout est actuellement prêt (pour le construction) est Akkuyu", a déclaré M. Güler sur la chaîne de télévision NTV. En 2000, la Turquie avait du renoncer à un projet de construction de centrale nucléaire à Akkuyu, sur la côte méditerranéenne, en raison de difficultés financières. Le projet avait également été vivement critiqué par les défenseurs de l'environnement, qui s'inquiétaient de la construction d'un réacteur à seulement 25 km d'une ligne de fracture sismique. Le gouvernement doit lancer un appel d'offre le 21 février pour la construction d'une centrale devant être opérationnelle en 2013 ou 2014. M. Güler a indiqué que des travaux préparatoires étaient également en cours pour la construction d'un second réacteur dans le nord de la Turquie, près du port de Sinop. La Turquie affirme vouloir construire trois centrales nucléaires d'une capacité totale d'environ 5.000 megawatts et devant être opérationnelles en 2012 pour pallier d'éventuelles pénuries d'énergie et réduire sa dépendance énergétique. Le ministre a affirmé que trois milliards de livres turques (2,5 milliards de dollars, 1,7 milliard d'euros) seraient par ailleurs alloués à la construction d'un centre d'études nucléaires à Sinop. Le Parlement a voté en novembre une loi autorisant le ministre de l'Energie à lancer et à conclure des appels d'offres pour la construction de centrales nucléaires ainsi qu'à décider de leur capacité et du lieu de leur implantation. Elle prévoit qu'en cas d'absence d'offres émanant du secteur privé, des institutions publiques peuvent prendre en charge la construction des centrales.


Areva propose de construire jusqu'à 12 EPR en Afrique du Sud

31/1/2008 - Areva a proposé à l'Afrique du Sud, confrontée à une pénurie d'électricité récurrente, de construire dans ce pays jusqu'à 12 réacteurs nucléaires [dit] de troisième génération EPR d'ici à 2025, a annoncé jeudi le groupe nucléaire français dans un communiqué. Le groupe Areva propose non seulement de construire deux EPR en consortium avec les groupes français de BTP Bouygues et d'électricité EDF et la société d'ingénierie sud-africaine Aveng, comme il l'avait déjà annoncé, mais aussi de construire 10 autres EPR d'ici à 2025. Ces dix autres réacteurs seraient aussi construits en partenariat avec EDF, Bouygues et Aveng. Areva rappelle qu'il sera "leader" de ce groupement. Areva propose à la République sud-africaine et à l'électricien sud-africain Eskom de "nouer un partenariat global, recouvrant la construction de réacteurs EPR et le développement conjoint d'une industrie nucléaire sud-africaine". L'EPR permettrait à l'Afrique du Sud "de profiter à la fois des avancées technologiques de ce modèle de troisième génération et de l'expérience acquise sur les projets en cours en Finlande et en France", fait valoir Areva, qui se dit aussi "en mesure d'apporter sa maîtrise de tous les éléments du cycle nucléaire", de l'extraction de l'uranium à son recyclage. Le président français Nicolas Sarkozy doit effectuer une visite en Afrique du Sud les 26 et 27 février prochains, voyage auquel participera la présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon. L'Afrique du Sud, qui dispose actuellement d'une capacité de production de 38.500 mégawatts (MW), veut construire une centrale nucléaire de 3.000 à 3.500 mégawatts, dans le cadre d'un projet de capacités de production supplémentaires de 20.000 MW (d'origine nucléaire) dans les vingt prochaines années. Areva avait déjà annoncé le 22 janvier qu'il proposerait deux EPR à Pretoria. Bouygues et EDF avaient confirmé préparer une offre avec Areva. Areva a construit dans les années 1980 en Afrique du Sud deux réacteurs de deuxième génération à Koeberg près du Cap (sud), d'une puissance totale de 2.000 MW. La puissance de l'EPR ("European Pressurised water Reactor") est de 1.600 MW. Première économie du continent, l'Afrique du Sud a été régulièrement confrontée à des pannes d'électricité, qui ont entraîné la fermeture, le week-end dernier, de mines de métaux précieux. Les mines doivent cependant reprendre leurs activités souterraines dimanche, après avoir reçu des garanties sur la fourniture d'énergie. Faute de pouvoir augmenter rapidement sa capacité de production, le gouvernement entend faire diminuer la demande par une augmentation des tarifs, des quotas de rationnement, ainsi que le recours au gaz et à l'énergie solaire. L'Afrique du Sud a également sollicité le groupe américano-japonais Westinghouse pour qu'il lui fasse également une offre.

 


Areva va proposer 2 EPR à l'Afrique du Sud avec Bouygues et EDF

22/1/2008 - Areva va proposer deux réacteurs nucléaires de troisième génération EPR à l'Afrique du Sud en consortium avec les groupes français de BTP Bouygues et d'électricité EDF, a indiqué mardi le groupe nucléaire français lors d'une rencontre avec quelques journalistes. Areva "sera leader du consortium", qui comprendra également une société d'ingénierie sud-africaine nommée Aveng, a précisé un porte-parole. Le groupe nucléaire remettra son offre à la fin du mois de janvier, a-t-on ajouté.




La Russie construira une centrale nucléaire en Bulgarie, accord bulgaro-russe sur le gazoduc

18/1/2008 - La Bulgarie et la Russie ont signé vendredi à Sofia un contrat de construction d'une centrale nucléaire russe en Bulgarie, d'une valeur de quatre milliards d'euros, dans le cadre de la visite du président russe Vladimir Poutine. Le président russe était arrivé jeudi soir à Sofia avec l'espoir de conclure plusieurs accords dans le domaine de l'énergie nucléaire et du transport d'hydrocarbures avec son ancien allié du bloc communiste, aujourd'hui membre de l'Otan et de l'Union européenne. Début décembre, la Commission européenne avait donné son feu vert à la construction de la centrale de Béléné, sur le Danube, à deux réacteurs à 1.000 MW chacun. Il s'agit de la première réalisation du groupe russe Atomstroyexport dans un pays de l'Union européenne (UE). Le consortium franco-allemand d'Areva et Siemens, sous-traitant d'Atomstroyexport, doit notamment fournir les équipements de sécurité, les systèmes de contrôle et de gestion, les systèmes électriques et des éléments des systèmes de chauffage et de ventilation. La centrale doit démarrer en 2013 et rester en exploitation pendant 60 ans. Le coût de l'énergie produite (hors retraitement) se chiffrera à 0,036-0,037 euro/KWH, selon le ministre bulgare de l'Economie et de l'Energie, Petar Dimitrov. Les réacteurs à Béléné seront du type VVER à eau pressurisée et d'un nouveau modèle, V-466 qui n'a pas été installé jusqu'à présent en Europe. Atomstroyexort l'utilise dans la construction en cours de deux centrales situées en Chine et en Inde, a précisé la Compagnie nationale d'électricité (NEC) bulgare.

[A propos de Réacteurs de type VVER de conception soviétique:
-
Temelin
-
Kozlodouï
- Greifswald (en ex-RDA) a échappé de peu à une catastrophe de la dimension de Tchernobyl en 1976]

 


Challenges, 14/1/2008: 

"Pétrole, eau et nucléaire main dans la main"

Il y a encore trois mois, les choses paraissaient plus ou moins réglées : l'Etat allait mettre son grain de sel dans le Meccano industriel de l'énergie en France. On envisageait alors la construction d'un front Areva-Bouygues-Alstom. Areva aurait fourni les îlots nucléaires, Bouygues sa capacité en BTP et Alstom les turbines. Trois mois plus tard, c'est un schéma radicalement différent qui se dessine. Areva s'apprête en effet à signer la construction de deux réacteurs EPR dans le golfe persique avec Total et Suez. Total apporte sa parfaite connaissance de la région et sa capacité à porter des projets complexes, tant d'un point de vue technique que capitalistique. De son côté, Suez, déjà présent dans la région grâce à sa filiale Degrémont, qui construit des usines de dessalement de l'eau de mer, jouera le rôle d'exploitant électrique, ce qu'Areva n'a jamais fait et n'a pas vocation à faire. Suez possède en effet une solide expertise dans le secteur grâce à Electrabel, qui exploite sept centrales nucléaires en Belgique. Cet accord devrait être signé lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi. Pour Patrice Lambert de Diesbach, analyste en chef au CM-CIC Securities, "Areva cherche à démontrer, avec l'assentiment obligatoire de Nicolas Sarkozy, qui utilise le nucléaire comme un outil fort de renforcement voire de normalisation des relations internationales, que des alliances autres qu'Alstom et Bouygues sont possibles voire utiles pour la France". Accessoirement, c'est aussi un pied de nez à EDF, qui n'est pas partie prenante dans l'aventure alors qu'il est présent dans les contrats chinois et qu'il est aux côtés d'Areva aux Etats-Unis ainsi qu'en Grande Bretagne. En outre, le partenariat envisagé par Areva avec Vinci, premier groupe mondial de BTP, écarte de fait Bouygues. Avec cet accord à Abou Dhabi, Areva a fait capoter, sans doute de façon définitive, le rêve d'un conglomérat Areva-Bouygues-Alstom-EDF. La nouvelle alliance qui se profile rassemblera plutôt Areva-Vinci-Total-Suez-Siemens. Elle sera moins franco-française et davantage tournée vers l'international.



Sarkozy propose à Ryad les services du CEA dans le nucléaire civil

13/1/2008 - Dans une interview publiée par un quotidien saoudien, Nicolas Sarkozy confirme que la France et les Emirats arabes unis (EAU) signeront un accord de coopération dans le nucléaire civil lors de sa visite à Abou Dhabi, mardi. "Ma visite aux Émirats arabes unis sera (...) l'occasion de signer un accord de coopération pour l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire", indique le président français dans cette interview à Al Hayat, dont le siège est à Londres. "J'ai souvent dit que le monde musulman n'était pas moins raisonnable que le reste du monde pour recourir au nucléaire civil pour ses besoins en énergie dans la pleine conformité avec les obligations découlant du droit international", ajoute-t-il. La chaîne de télévision Al Djazira a rapporté de son côté dimanche que les groupes français Areva, Total et Suez pourraient construire deux centrales nucléaires de troisième génération aux Émirats arabes unis (EAU). Samedi, Le Figaro a rapporté que l'accord pourrait déboucher sur la construction d'une centrale mais que l'on était encore loin de la signature d'un contrat ferme. Areva n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter ces informations. La P-DG d'Areva, Anne Lauvergeon, et le P-DG de Total, Christophe de Margerie, accompagneront Nicolas Sarkozy dans sa tournée en Arabie saoudite et dans le Golfe. La France a déjà signé des accords de développement dans le nucléaire civil avec la Libye et l'Algérie, deux pays arabes producteurs de pétrole. Vendredi, des experts proches du dossier avaient expliqué à Reuters à Paris que les dirigeants des Émirats jugeaient absurde de brûler du pétrole pour produire de l'électricité alors qu'ils pouvaient vendre ce pétrole à près de 100 dollars le baril. Les EAU ont déjà ouvert des discussions avec Areva et Total, précisait-on de mêmes sources. Areva devrait parallèlement signer avec le Qatar, à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy, un contrat d'environ 500 millions d'euros pour la fourniture de stations de transmission et de distribution d'électricité, a-t-on dit à l'Élysée. Le Conseil de coopération du Golfe, dont les EAU sont membres, a annoncé étudier la possibilité du développement en commun d'un programme d'énergie nucléaire. Il a déjà pris contact avec l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui dépend des Nations unies, en vue d'une coopération sur ce dossier.



 
Libération, 12/1/2008: 

Sarkozy, VRP du nucléaire civil dans le Golfe

La diplomatie du nucléaire est en marche. Après la Libye, l'Algérie, sans compter le Maroc où des discussions sont en cours, Paris devrait signer mardi un accord-cadre de coopération dans le domaine du nucléaire civil lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi.

L'Elysée, vendredi, a confirmé que cet accord permettrait à l'émirat d'acquérir «une filière complète d'énergie civile nucléaire».
Dessalement. Cette coopération ouvre la voie à des contrats futurs représentant potentiellement quatre milliards d'eurospour les entreprises françaises du nucléaire civil, en particulier Areva.

Anne Lauvergeon, la présidente du directoire de cette société, fait d'ailleurs partie de la délégation qui accompagne à partir de dimanche le président français en Arabie Saoudite, au Qatar et dans les Emirats arabes unis.

Avec cette centrale, les Emirats, qui se placent depuis plus d'une vingtaine d'années dans la perspective de l'après-pétrole, entendent notamment procéder au dessalement d'eau de mer et produire de l'électricité, qu'ils consomment sans retenue. Elle leur permettrait dès lors d'économiser leurs réserves d'autant plus précieuses que le baril de brut frôle régulièrement les cent dollars. D'ores et déjà, des discussions commerciales avancées ont été engagées avec Areva et Total.

Lors du sommet sur le climat organisé par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, Sarkozy avait déjà clairement indiqué qu'il se voyait volontiers en VRP de l'industrie nucléaire française : «La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire civile. Il n'y a pas une énergie de l'avenir pour les pays occidentaux et des pays d'Orient qui n'auraient pas le droit d'y avoir accès.»

Combustible russe. Mardi, pendant sa conférence de presse à l'Elysée, il avait renchéri en répondant à une journaliste qui lui demandait s'il avait confiance dans la capacité des pays arabes de gérer les déchets nucléaires et de protéger les sites nucléaires civils contre des attentats. «Ma réponse est tout à fait oui, et par ailleurs quelle est l'autre solution ?»

Et d'ajouter : «Le grand problème du monde est d'éviter un conflit entre l'Orient et l'Occident. Si vous expliquez aux pays arabes qu'ils n'ont pas le droit au nucléaire civil parce qu'ils sont arabes, vous donnez une prime extraordinaire à l'Iran, dont c'est justement toute la thèse.» Fin décembre, Sarkozy avait aussi indiqué, au quotidien égyptien Al-Ahram, que Paris était prêt aussi à coopérer avec Le Caire en matière de nucléaire civil.

La construction d'une centrale nucléaire dans les Emirats risque d'entraîner une course à l'atome dans la région du golfe Persique. On pense évidemment à l'Arabie saoudite. Jusqu'à ce jour, seul l'Iran était en lice avec la centrale de Bouchehr, qui a reçu en décembre sa première livraison de combustible russe. Elle ne devrait cependant pas entrer en fonction avant plusieurs mois. Par ailleurs, Téhéran entreprend la construction, cette fois par ses soins, d'une autre centrale dans le Sud, à Darkhoyen. Celle-ci ne devrait pas entrer en fonction, selon les dirigeants iraniens, avant neuf ans. En visite à Téhéran, Mohamed El-Baradei a demandé vendredi à l'Iran d'accélérer sa coopération pour éclaircir les zones d'ombre de son programme nucléaire d'ici mars

 



Areva souhaiterait construire six réacteurs nucléaires au Royaume-Uni

10/1/2008 - Areva s'est "réjoui" jeudi de la décision du gouvernement britannique de relancer la construction de centrales nucléaires au Royaume-Uni, où le groupe nucléaire français souhaiterait construire six réacteurs, selon un communiqué du groupe public. Le gouvernement britannique a accordé jeudi son feu vert à la construction de nouvelles centrales nucléaires au Royaume-Uni, a annoncé le secrétaire d'Etat aux entreprises John Hutton. Areva, leader mondial du secteur, s'est "réjoui de cette décision, qui favorisera les projets d'investissements dans les centrales nucléaires dans ce pays", jugé comme "une priorité" par le groupe français. "Notre ambition est de construire au Royaume-Uni au moins quatre, et probablement six réacteurs", affirme Luc Oursel, président d'Areva NP, la division réacteurs du groupe, et membre du directoire d'Areva, cité dans le communiqué. Areva avait annoncé le 20 juin avoir soumis la conception de son réacteur nucléaire de troisième génération EPR "aux autorités de sûreté britanniques", dans le cadre d'un processus de validation. Fabricant du réacteur, Areva s'est associé pour cette candidature avec l'électricien français EDF, qui apporte son savoir-faire d'exploitant. "A ce jour, onze électriciens européens ont exprimé leur soutien au processus de pré-certification de l'EPR au Royaume-Uni", selon M. Oursel, qui vante "l'offre intégrée" d'Areva, "comprenant la fourniture de réacteurs, de combustible nucléaire, et une expertise dans la gestion des déchets".

 


Enerpresse, 8/1/2008:

Les Britanniques vont sentir passer leur nouveau programme nucléaire

AprèsNPower, la semaine passée (cf. Enerpresse n°9485), les principaux énergéticiens du Royaume-Uni devraient prochainement augmenter drastiquement leur prix. Dimanche, The Observer tablait sur une inflation moyenne de 15%, tant pour le gaz que pour l'électricité. Une évolution qui surprend le gouvernement. Raison pour laquelle le chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling a convoqué les dirigeants de la Gas and ElectricityMarkets Authority (GEMA) et de l'Ofgem pour vérifier que ces hausses sont bien justifiées par la courbe du cours des hydrocarbures. Mais cela paraît n'être qu'une ultime gesticulation au regard de ce qui attend le contribuable et le consommateur britanniques. C'est aujourd'hui mardi, en principe, que Londres doit présenter son nouveau programme nucléaire civil. Un programme ambitieux puisqu'il prévoirait la construction d'une dizaine de tranches nouvelles, dont quatre pourraient être confiées à EDF Energy. Jusque là, tout va bien. C'est dans le mode de financement de l'opération que le diable se cache. Et, en l'occurrence, le prince des démons est impressionnant. Voilà des années que l'exécutif britannique jure ses grands dieux que le financement sera uniquement privé. Or, si l'on en croit The Guardian, cela pourrait ne pas être tout à fait exact. Si la construction des réacteurs serait bien payée par les électriciens, tel n'est pas le cas de l'aval du cycle. Comme en France, les compagnies seraient tenues de participer à un fonds de démantèlement. A charge pour le contribuable de payer la différence, si cela ne suffisait pas. Pour les déchets ultimes ? Pas de problème. Les électriciens louerait un volume de stockage correspondant à leur production de combustible usé. Pas question, en revanche, de leur faire supporter le coût de la construction dudit centre de stockage. Plus démoniaque, les compagnies électriques auraient exigé du gouvernement de Sa Majesté qu'il leur garantissent un prix minimal du carbone tout au long de la durée de vie des réacteurs ! Diabolique, si l'on se souvient que le marché des quotas est libre et que ses règles ne sont fixées que jusqu'à 2012. Pas de doute, le marché britannique de l'électricité des prochaines années sera véritablement celui où s'exercera une «concurrence libre et non faussée» !

 


The new anatolian, 20/12/2007:

Le projet turc de centrales nucléaires sera lancé en février

Les autorités turques devraient lancer l'appel d'offre pour la première centrale nucléaire en février, a annoncé le ministre de l'Énergie Hilmi Guler vendredi 23 novembre.

« TETAS, la compagnie publique de distribution électrique, devrait faire cette annonce le 21 février », a dit Guler. « L'Institut turc de l'énergie atomique (TAEK) travaille sur les critères techniques de l'usine, selon un processus qui devrait être terminé d'ici au 21 décembre. » En vertu de la loi récemment adoptée, le TAEK fixera les critères requis pour les sociétés qui sont prêtes à construire et à gérer une centrale nucléaire et la TETAS ouvrira un appel d'offres pour les centrales nucléaires. À la fin de la procédure d'appel d'offres, l'entreprise sélectionnée et la TETAS signeront un contrat. Conformément à la loi, TETAS permet d'acheter toute l'énergie produite dans les centrales nucléaires. Conformément à la loi, la TETAS achètera toute l'électricité produite par cette centrale.

Le gouvernement a indiqué qu'il envisage de construire trois centrales nucléaires, d'une capacité totale d'environ 5 000 mégawatts, qui seront opérationnelles en 2012, dans le but de prévenir une éventuelle pénurie d'énergie, et de réduire la dépendance à l'égard de l'étranger pour les approvisionnements énergétiques. Mais le plan et l'emplacement possible de l'un des réacteurs ? Sinop, une côte de la Mer Noire ville 435 kilomètres (270 miles) au nord-est d'Ankara ? a déclenché les protestations des résidents et des écologistes. « Nous estimons que les investisseurs commenceront la construction l'année prochaine, et ? en estimant que cela va prendre cinq ans ? la production, sera effective dans le courant de 2013 ou 2014 », a déclaré Okay Cakiroglu, président du TAEK.

Passant outre les objections issues des partis d'opposition et des mouvements écologistes, le Parlement turc a adopté ce mois-ci, le projet de loi fixant le cadre juridique du pays, la première des centrales nucléaires, l'exploitation des centrales nucléaires et de la vente de l'énergie. Les parlementaires ont modifié plusieurs dispositions techniques figurant dans le projet initial, auquel l'ancien président Ahmet Necdet Sezer a opposé son veto au mois de mai. La semaine dernière, le président Abdullah Gül a approuvé le projet de loi. Celui-ci autorise le ministère de l'énergie à poursuivre et à finaliser l'appel d'offres pour la construction de centrales nucléaires et à se prononcer sur leur capacité et leur emplacement.

Le conseil des ministres se prononcera sur la création d'une société publique pour établir et exploiter une centrale électrique à l'intérieur et hors du pays, et vendre l'électricité produite dans cette centrale. Des entreprises privées pourront posséder des parts dans cette entreprise publique. La loi garantit que l'État achètera la production pendant quinze ans. Le projet de loi prévoit également que des institutions publiques construisent les installations s'il n'y a pas d'investissements privés. Guler a déclaré que bien que le gouvernement préfère le secteur privé à entreprendre le projet, une société d'économie mixte, ou la construction par le secteur public seul pourrait aussi être envisagée.

Il s'agit de la cinquième tentative d'Ankara pour lancer un programme nucléaire. La plupart des précédents efforts ont échoué pour des motifs écologiques (d'autant que la Turquie est située dans une zone sismique), mais cette tentative a beaucoup plus de chances de réussir parce que le monde qui entoure la Turquie a considérablement changé depuis ? et parce que la Turquie est en train de changer avec lui [disparition de la zone sismique ???]. La Turquie avait annulé le plan précédent, prévoyant de construire une centrale nucléaire, en juillet 2000, au milieu des difficultés financières et des protestations des écologistes, en Turquie mais aussi chez ses voisins grecs et chypriotes. Le projet de loi a été considéré comme un grand pas vers le « club du nucléaire pacifique », mais les experts disent que cela peut se traduire par des dividendes militaires, à l'avenir.

 

7/12/2007:
Avis favorable de Bruxelles à la centrale nucléaire de Belene

 

Les Echos, 20 novembre 2007:

Le gouvernement tchèque veut relancer le débat sur l'énergie nucléaire

Le Premier ministre tchèque, qui avait promis à ses alliés écologistes de ne pas évoquer le sujet, juge aujourd'hui « nécessaire » une discussion ouverte sur la construction de nouvelles centrales nucléaires.

Le tabou est tombé. Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, a déclaré la semaine dernière que son pays devrait relancer le débat concernant la construction de nouvelles centrales nucléaires. « Nous allons manquer d'électricité à l'avenir », a avoué le chef du gouvernement. Mirek Topolanek avait pourtant promis de ne pas aborder ce sujet afin de ne pas froisser le parti écologiste, qui contrôle plusieurs ministères et soutient sa coalition au Parlement. « Une discussion ouverte sur l'énergie nucléaire est nécessaire », a-t-il ajouté.
Prague estime que le pays pourrait faire face, dès 2016, à de « grandes difficultés » pour répondre à la demande électrique. Le groupe énergétique CEZ, dont l'Etat contrôle encore 66 % des parts, tente bien de réagir à ce problème en modernisant ses centrales à charbon, mais cette solution ne sera pas suffisante.

Vieillissement des sites
La République tchèque a aussi décidé d'accroître sa production électrique à partir du gaz mais cette politique va augmenter sa dépendance énergétique envers ses fournisseurs étrangers, et en particulier russes.
Aujourd'hui, les deux centrales nucléaires locales produisent environ 35 % des besoins de la nation. Mais ces sites commencent à mal vieillir. D'où le signal d'alarme tiré par Mirek Topolanek. Prague n'est pas la seule capitale d'Europe de l'Est à montrer un regain d'intérêt pour l'atome. La Bulgarie s'apprête à investir 7 milliards d'euros dans une nouvelle centrale nucléaire dont le projet de construction remonte aux années... 1970.
La Roumanie veut, quant à elle, ajouter deux réacteurs à sa centrale de Cernavoda. Et la Slovaquie, qui dépend à plus de 50 % de l'énergie nucléaire, voudrait inaugurer, d'ici à 2025, deux nouvelles centrales d'un coût total de 6,5 milliards d'euros pour compenser la fermeture de deux tranches de 440 MW exigée par l'Union européenne pour des raisons de sécurité.

FRÉDÉRIC THÉRIN (À MUNICH)

 

Les Echos, 16/11/07:

La Lituanie intéressée par l'expérience nucléaire française

Lors de sa visite en France, hier, le Premier ministre lituanien, Gediminas Kirkilas, a fait valoir aux investisseurs tricolores le spectaculaire dynamisme de son pays et ses besoins en équipements, en particulier dans le domaine du nucléaire.
Gediminas Kirkilas, le Premier ministre de la Lituanie, était, hier, en France avec un objectif clair : obtenir le soutien de Paris au projet de centrale nucléaire construite par son pays avec la Pologne et les deux autres pays Baltes, la Lettonie et l'Estonie. Il a quitté l'Hexagone avec l'assurance de Nicolas Sarkozy que « la France était à la disposition de la Lituanie pour l'aider ».
Le calendrier, il est vrai, s'accélère. « La construction du site devrait commencer en 2009 et courir jusqu'en 2015. Nous procédons actuellement aux études d'analyse de l'environnement », explique-t-il aux « Echos » avant de confirmer que « l'appel d'offres pourrait être lancé à la mi-2008 ». Un appel d'offres que les entreprises françaises aimeraient bien remporter, notamment Areva, qui a déjà proposé à la Lituanie son nouveau réacteur EPR, ou bien encore Alstom. Lors de cette visite, le Premier ministre lituanien a, d'ailleurs, rencontré les dirigeants de ces deux compagnies. [...]

 

 

Le Monde, 15/11/07:
Les grands groupes d'électricité prônent tous le retour du nucléaire




Enerzine.com, 14/11/2007: 

Le futur EPR américain équipé par Alstom

UniStar Nuclear Energy (UNE) a officialisé le choix d'Alstom comme fournisseur d'au moins quatre îlots conventionnels (turbine à vapeur et alternateur) destinés aux futures centrales nucléaires dotées de réacteurs EPR qu'UniStar projette de construire aux Etats Unis. UNE est une filiale commune du producteur américain d'électricité Constellation Energy et d'EDF. George Vanderheyden, Président Directeur Général d'UNE, a souligné que le choix d'Alstom résulte notamment de l'avance technologique de sa turbine Arabelle. Il a précisé que la décision finale de construire la première centrale nucléaire EPR n'avait pas encore été prise, mais que cet accord met UNE en bonne position pour passer une première commande à Alstom en 2008. Cet accord fait suite à l'annonce en juillet 2007 de la création par Constellation Energy et EDF d' UniStar Nuclear Energy, société commune en charge du développement et de la mise en oeuvre, aux Etats Unis, d'un parc de nouvelles centrales nucléaires. La création d'UNE fait elle-même suite au partenariat entre Constellation Energy et Areva, annoncé en septembre 2005. Pour Philippe Joubert, Vice-Président Exécutif d'Alstom, "cet accord va (...) permettre d'allouer dès maintenant les ressources nécessaires à la construction de la première centrale nucléaire de notre client pour une mise en service en 2015 "
Alstom a installé plus de 170 unités d'îlôts conventionnels dans le monde, représentant plus de 30% de la base installée de centrales nucléaires.

 

 


L'américain General Electric intéressé par le nucléaire en Turquie

14/11/2007 - Le groupe américain General Electric a souhaité mercredi à Rome participer au développement du nucléaire en Turquie, où le parlement vient d'adopter une loi autorisant la construction de premières centrales. "La Turquie a besoin de nouvelles centrales électriques. Nous serons là-bas avec tout ce qui sera nécessaire à ce pays pour répondre à ses besoins", a affirmé à l'AFP Ricardo Cordoba, président de GE Energy en Europe de l'ouest et Afrique du nord, en marge du congrès mondial de l'énergie, qui se tient jusqu'à jeudi à Rome. "Nous serons présents sur ce marché", a ajouté ce responsable de GE, qui construit des réacteurs nucléaires ainsi que des turbines. Mais il faut considérer "deux facteurs", selon M. Cordoba: "l'acceptation par les populations", alors que la nouvelle loi turque est décriée par l'opposition et les écologistes, et la réunion de compétences en ingénierie, qui manquent dans le secteur. La nouvelle loi autorise le ministre turc de l'Energie à lancer et à conclure des appels d'offres pour la construction de centrales nucléaires ainsi qu'à décider de leur capacité et du lieu de leur implantation. Elle prévoit qu'en cas d'absence d'offres émanant du secteur privé, des institutions publiques puissent prendre en charge la construction des centrales. La Turquie souhaite construire trois centrales nucléaires d'une capacité totale d'environ 5.000 mégawatts qui devraient être opérationnelles en 2012 pour pallier d'éventuelles pénuries d'énergie et réduire sa dépendance énergétique.

 

 

Lituanie: le Premier ministre Kirlikas rencontre jeudi Sarkozy et Fillon

13/11/2007 - Le Premier ministre lituanien Gediminas Kirkilas se rend mercredi à Paris pour des entretiens avec les dirigeants français qui seront largement centrés sur le projet de construction d'une centrale nucléaire en Lituanie, a-t-on annoncé mardi de source officielle. Gediminas Kirkilas rencontrera jeudi le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon, a précisé l'AFP la porte-parole du gouvernement, Nemira Pumprickaite. Le Premier ministre lituanien doit également avoir des entretiens avec la présidente d'Areva Anne Lauvergeon et de hauts dirigeants du groupe Alstom. Il sera accompagné de son ministre de l'économie Vytas Navickas. Les industriels français espèrent participer au projet de centrale nucléaire, pour lequel Areva a proposé son nouveau réacteur EPR. La nouvelle centrale, dont la capacité totale n'a pas encore été définie, doit être construite en commun avec la Pologne et les deux autres pays baltes, la Lettonie et l'Estonie. Elle devrait commencer à être construite en 2009 pour entrer en service en 2015, espère le gouvernement lituanien. Elle doit remplacer une ancienne centrale construite par les Soviétiques dans les années 80 à Ignalina (nord), que la Lituanie s'est engagée à fermer définitivement d'ici à la fin 2009. Ses deux réacteurs sont du même type que ceux de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, à l'origine de la plus grave catastrophe du nucléaire civil en avril 1986.


 

Les groupes d'énergie vantent les mérites de l'atome, qui divise l'Europe

12/11/2007 - Les entreprises énergétiques ont vanté lundi, à l'ouverture de leur congrès à Rome, les mérites de l'énergie nucléaire, qui émet très peu de CO2, mais qui divise les pays européens. Le leader mondial du nucléaire Areva n'a même plus besoin de faire de la publicité pour ses réacteurs tellement les demandes affluent, a affirmé sa patronne Anne Lauvergeon devant les délégués du 20e congrès du Conseil mondial de l'énergie. "Plaider la cause du nucléaire n'est plus un problème tant nous avons de négociations en cours. Nous n'avons plus à dire: +s'il vous plait+", a déclaré Mme Lauvergeon devant les entreprises du secteur. L'atome connaît un regain d'intérêt dans le monde entier, Etats-Unis en tête, qui prévoient de construire, pour la première fois depuis 30 ans, de nouvelles centrales. Mais il divise toujours l'Europe, où l'Allemagne, la Suède et la Belgique prévoient de l'abandonner, à cause des déchets radioactifs qu'il engendre et du traumatisme de Tchernobyl, tandis que l'Italie y a renoncé depuis vingt ans. A cet égard, la France a menacé lundi l'Allemagne de mettre fin au partenariat entre Areva et le groupe industriel allemand Siemens si Berlin abandonnait le nucléaire comme elle prévoit de le faire. "Un partenariat avec Siemens perd de son intérêt si l'Allemagne ferme son territoire au nucléaire", a déclaré la ministre française de l'Economie Christine Lagarde à un quotidien allemand. "Notre partenariat" avec Siemens, qui détient 34% de la filiale réacteurs d'Areva, "fonctionne très bien", a rétorqué Mme Lauvergeon en marge du congrès. L'Allemagne doit officiellement sortir du nucléaire d'ici 2020, mais cette intention fait débat dans le pays. Développer cette énergie est "une nécessité", a souligné le patron de l'électricien italien Edison, contrôlé par EDF, Umberto Quadrino, alors que l'Italie a renoncé au nucléaire depuis 1987. Selon Gérard Mestrallet, PDG du groupe français d'énergie Suez, "certains en Italie regrettent un peu aujourd'hui" cette sortie de l'atome. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso n'a pas voulu prendre partie et a redit à Rome que cette décision relevait des pays. Le nucléaire est désormais plus compétitif que les hydrocarbures, a rappelé le patron du premier groupe pétrolier mondial, ExxonMobil, Rex W. Tillerson. En introduisant le coût des émissions de gaz à effet de serre, "la compétivité économique du nucléaire" par rapport au charbon, "apparaît nettement", selon l'Institut français des relations internationales. A 50 euros la tonne de CO2, le coût du kilowatts-heure de charbon serait mulitplié par deux. Reste qu'installer des centrales est "un très long processus", a rappelé Mme Lauvergeon, qui a réclamé en Europe une "autorité de certification globale" pour éviter qu'Areva doive certifier ses installations dans chaque pays. Cette énergie coûte aussi cher en cas de moindre retard dans les programmes. Areva a effectué au premier semestre plusieurs provisions qui ont affecté ses résultats, en raison des retards de son chantier de construction du premier EPR en Finlande. Le plus difficile est de rendre cette énergie "socialement acceptable", répète souvent le PDG d'Electricité de France (EDF), Pierre Gadonneix, dont l'électricité est produite à 88% à partir de l'atome. Selon un communiqué des Verts au Parlement européen publié à Rome, Mme Lauvergeon "ment" quand elle dit que le nucléaire est compétitif alors que "les problèmes des déchets et de prolifération ne sont pas résolus".

 

 

Nucléaire: l'électricien américain Exelon retient la technologie GE Hitachi

12/11/2007 - Le producteur américain d'électricité Exelon a annoncé lundi qu'il avait retenu la technologie proposée par GE Hitachi Nuclear Energy, au cas où il déciderait d'aller de l'avant avec son projet de construction d'une centrale nucléaire de nouvelle génération au Texas. Ce choix d'une technologie ne vaut pas engagement de construction, a souligné Exelon dans un communiqué. Le groupe ne prévoit pas de déposer sa demande combinée de construction et d'exploitation avant novembre 2008. Auparavant, il lui aura fallu régler deux conditions préalables: trouver une solution pour se débarrasser des déchets produits et obtenir l'assentiment des populations concernées, a-t-il expliqué dans son texte. Trois technologies s'affrontent sur le marché américain, où une trentaine de projets de construction de centrales nucléaires ont été présentés ces derniers mois: celles de GE Hitachi, de Toshiba Westinghouse et d'Areva. Le réacteur proposé par GE Hitachi est un réacteur à eau bouillante baptisé ESBWR ("Economic Simplified Boiling Water Reactor"), comprenant 25% de pompes, valves et moteurs de moins que la génération actuelle de réacteurs. Basé à Chicago, Exelon est l'un des principaux fournisseurs américains d'électricité, avec un chiffre d'affaires de plus de 15 milliards de dollars. Il est surtout présent dans la région de Chicago et en Pennsylvanie (nord-ouest du pays), mais possède aussi des centrales au gaz au Texas, d'une capacité totale de 3.700 mégawatts.



Le Figaro, 31/10/2007: 

La filière française compte bien profiter de l'engouement arabe

Même si aucun projet industriel n'a encore vu le jour, des partenariats sont noués avec plusieurs pays.

POUR LA FILIÈRE nucléaire française, le développement à l'international ne passe pas seulement par les États-Unis ou la Chine. Les pays arabes représentent des interlocuteurs de choix, même si, dans cette région du monde, les discussions n'en sont encore qu'au stade liminaire.

L'intérêt pour le lancement d'un programme nucléaire civil est suffisamment prononcé à Rabat et Tripoli notamment pour que les entreprises françaises concernées aient jeté les bases d'une collaboration, avec le soutien de Paris. Pendant la campagne électorale, le président Sarkozy avait affiché son intention d'encourager la diffusion du nucléaire civil français à l'étranger.

Au Maroc en particulier, Areva, le groupe français leader mondial du nucléaire, vient de signer un protocole d'accord impliquant un programme de recherche et développement sur l'extraction d'uranium dans les gisements de phosphates. Dans l'absolu, ce type d'exploration est coûteux, mais les conditions économiques du marché de l'uranium le rendent intéressant. À titre indicatif, le Maroc recèle quelque 6 millions de tonnes d'uranium (dans ses phosphates), à comparer aux trois millions de tonnes « conventionnelles » réparties dans le reste du monde.

Préalable gouvernemental

Toujours au Maroc, EDF a profité de la visite d'État de Nicolas Sarkozy, ce mois-ci, pour signaler sa disposition à accompagner l'Office national de l'électricité (ONE) dans sa réflexion autour de la mise en place d'une filière nucléaire. « Mais ni la nature ni les modalités de cette collaboration n'ont été déterminées », précise le groupe français.

En Libye, une première réunion exploratoire s'est tenue avec Areva avant l'été, après qu'un accord de coopération scientifique et technique a été signé entre Tripoli et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) au printemps 2006. Mais on est encore loin d'un projet de partenariat industriel, qui est subordonné à la formalisation d'accords gouvernementaux bilatéraux.

En attendant, dans de nombreux pays de la zone, le CEA accompagne activement les projets d'une offre industrielle. Ses actions exploratoires visent ainsi à identifier les besoins des pays intéressés - qui cherchent tous une alternative aux hydrocarbures -, à comprendre leur stratégie et, bien sûr, à s'assurer qu'ils sont prêts à accéder au nucléaire. La dimension géopolitique prend là tout so sens, avec un autre volet crucial, qui touche à la sécurité des infrastructures.

Outre le Maroc et la Libye, la Jordanie, la Tunisie, les Émirats arabes unis ou encore le Qatar sont les noms de pays qui reviennent quand il s'agit d'évoquer la construction d'un réacteur nucléaire. Sans oublier l'Arabie saoudite, qui devrait mettre le sujet sur la table lors de la venue de Nicolas Sarkozy à la mi-janvier.

Pour tous ces pays, combien de temps est nécessaire avant que ce dialogue avec la France ne débouche sur le lancement d'un programme ? « Dix ans minimum, quinze quand les pays concernés partent de rien », répond un expert. Mais ce n'est pas tout. Les filières nucléaires américaine, russe et japonaise sont sur les rangs. Ce qui promet de belles batailles avant qu'un réacteur ne sorte de terre.

 


Nucléaire : feu vert de l'UE à une société commune entre Areva et MHI

30/10/2007 - La Commission européenne a donné mardi son feu vert à la créaction d'une société commune dans l'énergie nucléaire entre les sociétés française Areva NP et japonaise Mitsubishi Heavy Industries (MHI). La nouvelle entité, baptisée Atmea, doit développer et commercialiser un réacteur à eau pressurisé de troisième génération de puissance moyenne. Les activités d'Areva NP et de MHI sont "géographiquement complémentaires", selon la Commission qui relève que la nouvelle entité restera "confrontée à plusieurs concurrents opérant à l'échelle mondiale ainsi qu'à un certain nombre de producteurs d'îlots nucléaires ayant une emprise régionale". Bruxelles juge en outre "peu probable" que l'entreprise commune soit utilisée pour coordonner le comportement concurrentiel des sociétés mères. Areva NP est elle-même une société commune à 66%-34% entre le français Areva et l'allemand Siemens.

 


Le Monde, 29/10/2007:

La France et le Maroc s'engagent dans un partenariat nucléaire civil

Une source proche du président Nicolas Sarkozy a indiqué, mercredi 24 octobre, que la France et le Maroc vont signer un "accord-cadre" de coopération en matière de nucléaire civil, d'ici à "quelques semaines". Selon cette source, un représentant de M. Sarkozy et un autre du roi Mohammed VI vont commencer à négocier cet accord "dès la semaine prochaine". Les discussions porteront sur le nombre et la localisation des futures centrales et la possibilité qu'elles servent non seulement à la production d'électricité, mais également à la désalinisation de l'eau de mer.

Mardi soir, Nicolas Sarkozy avait déclaré que la France et le Maroc avaient décidé de s'engager dans un "partenariat" dans le domaine du nucléaire civil. "La France veut accompagner les grands chantiers structurants que votre pays a lancés pour tirer le meilleur parti de son intégration à l'économie mondiale", avait-il expliqué lors d'un dîner officiel, au deuxième jour de sa visite d'Etat au Maroc. "Par-delà le projet de TGV (...), j'ai le plaisir d'annoncer que nous avons décidé de nous engager ensemble dans un autre grand chantier, un autre grand partenariat, celui de l'énergie nucléaire civile", avait-il poursuivi.

RÉSERVES MAROCAINES DE PHOSPHATES. Mardi matin, le chef de l'Etat français avait également souhaité voir le Maroc se doter d'"une filière nucléaire civile" en partenariat avec la France. "L'énergie du futur n'a pas vocation à être la possession exclusive des pays les plus développés dès lors que les conventions internationales sont partout respectées", avait-il insisté devant les députés marocains à Rabat. Contrairement à l'Algérie, le Maroc n'a pas de gisements de gaz, mais possède des réserves de phosphates, lesquelles renferment de l'uranium.

 

 

29/10/2007: L'Egypte franchit le pas du nucléaire civil

 


Les Echos, 17/10/2007: 

Areva: la signature du grand contrat nucléaire chinois attendue en novembre

La vente de 2 EPR devrait être officialisée à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy en Chine, le 25 novembre. En plus de ces réacteurs, le groupe français assurera pendant plus de vingt ans la fourniture du combustible nucléaire. Au total, le montant de ce contrat devrait avoisiner les 5 milliards d'euros.

Tout est prêt. Négocié depuis de longs mois, le grand contrat nucléaire chinois d'Areva n'attend plus que la visite de Nicolas Sarkozy, le 25 novembre, pour être signé. De sources concordantes, c'est à cette occasion que les autorités chinoises et françaises ont convenu d'officialiser la vente de 2 réacteurs EPR au premier électricien nucléaire du pays, China Guangdong Nuclear Power Corp. (CGNPC). La fin d'un marathon diplomatico-industriel de cinq ans pour le groupe français. Une forme de revanche, aussi, après la perte du contrat portant sur 4 réacteurs de troisième génération, remporté l'an passé par l'américain Westinghouse.

Depuis lors, l'entreprise présidée par Anne Lauvergeon se raccrochait à l'espoir d'un joli lot de consolation. C'est pratiquement chose faite et le camp tricolore a tout lieu de se réjouir : l'accord qui se dessine ira en effet plus loin qu'une simple fourniture de réacteurs nucléaires. Comme le souhaitait Pékin, un « partenariat global » devrait être annoncé le mois prochain entre Areva et CGNPC. Son premier volet prévoit la livraison de deux EPR sur le site de Taishan, non loin de Macao et de Hong Kong. Outre les « chaudières » elles-mêmes, Areva sera chargé de fournir la plupart des éléments composant l'îlot nucléaire, qu'il se procurera auprès de différents fournisseurs. A lui seul le montant de ce contrat serait compris entre 3,5 et 4 milliards d'euros.

Mais ce n'est pas tout. Au cours des derniers mois, les négociateurs de CGNPC ont beaucoup insisté pour inclure dans l'accord un volet « combustible ». Une véritable obsession pour la Chine, qui a récemment multiplié les contacts à l'étranger (Australie, Afrique du Sud, Canada, Kazakhstan...) afin de sécuriser son approvisionnement en uranium enrichi. Dans le cadre du partenariat à venir, Areva s'est donc engagé à fournir pendant plus de vingt ans le combustible nécessaire au fonctionnement des 2 EPR.

Cet accord couvre à la fois la fourniture de l'uranium naturel, son traitement chimique (conversion) et son enrichissement, autrement dit toutes les étapes con-duisant à la fabrication du combustible nucléaire. Selon les estimations, ce volet « amont » représenterait entre 1,5 et 2 milliards d'euros de contrats supplémentaires. Au total, le montant de ce grand accord chinois pourrait donc dépasser les 5 milliards d'euros, ce qui en ferait l'un des plus gros jamais signés par une entreprise française dans ce pays.

Il est trop tôt, en revanche, pour parler de l'aval du cycle, un autre axe stratégique pour les autorités chinoises. Dans le cadre de leur nouveau partenariat nucléaire, Paris et Pékin devraient simplement acter la volonté de poursuivre des discussions dans le domaine du traitement et du recyclage du combustible.

De possibles retombées. Vingt ans après la construction des centrales de Ling Ao et Daya Bay, soeurs jumelles des centrales françaises, la commande de 2 EPR ouvre un nouveau chapitre de la coopération franco-chinoise en matière nucléaire. Comme ils l'ont fait pour les réacteurs de deuxième génération, les constructeurs locaux finiront par s'approprier complètement cette nouvelle technologie, mais pour l'heure, ils ont besoin des ingénieurs d'Areva.

Plus largement, cet accord pourrait avoir des retombées positives pour les autres acteurs de la filière tricolore. C'est le cas d'EDF, qui espère s'impliquer dans ce chantier. C'est aussi celui d'Alstom, qui apparaît bien placé pour fournir des éléments clefs de la partie conventionnelle des futures centrales, à commencer par les deux turbines qui produiront de l'électricité à Taishan.



EDF "en train de discuter" pour "plusieurs centrales nucléaires" en Chine

17/10/2007 - Le groupe français EDF est "en train de discuter avec les autorités chinoises" pour construire "plusieurs centrales nucléaires" en Chine, a affirmé mercredi à Paris l'un de ses dirigeants. Un des responsables chargé du développement à l'international d'EDF, Gérard Wolf, a assuré que des discussions étaient avec les autorités de Pékin et un partenaire "dans la province du Guandong". Ces discussions "portent sur plusieurs centrales nucléaires en Chine", y compris des centrales EPR - utilisant des réacteurs de troisième génération - "compte tenu de la demande" en électricité dans ce pays, a-t-il précisé. "Nous espérons finaliser un accord en même temps que l'ensemble de la filière nucléaire française", a-t-il ajouté. Le groupe nucléaire français Areva est en train de finaliser un contrat avec les Chinois portant sur deux réacteurs EPR, la filière du combustible uranium et une société d'ingénierie commune.



Report du lancement du projet de nouvelle centrale nucléaire en Lituanie

10/10/2007 - Les trois pays baltes et la Pologne ont décidé de reporter la signature d'un accord officiel destiné à lancer la construction commune d'une nouvelle centrale nucléaire en Lituanie, a annoncé mercredi le Premier ministre lituanien Gediminas Kirkilas. "Très probablement, l'accord sur la construction d'une nouvelle centrale nucléaire sera signé en novembre, après les élections en Pologne", a déclaré le Premier ministre. Gediminas Kirkilas avait affirmé la semaine dernière qu'il espérait signer l'accord mercredi, à l'occasion d'un Sommet de l'énergie qui rassemble de nombreux dirigeants européens dans la capitale Vilnius. La nouvelle centrale doit remplacer sur le même site la centrale mise en service près d'Ignalina dans les années 80 par les Soviétiques. La Lituanie s'est engagée auprès de l'UE à fermer définitivement cette centrale jugée dangereuse d'ici à la fin 2009. Les deux réacteurs de la centrale sont du même type que ceux de Tchernobyl, où a eu lieu une catastrophe en avril 1986. La semaine dernière, M. Kirkilas avait affirmé qu'il n'y avait pas de sujet de controverse particulier. Mais vendredi, lors d'une conférence à Vilnius, le ministre polonais de l'Economie Piotr Wozniak avait jeté le trouble en affirmant qu'il réclamait une part importante de l'électricité qui sera produite, soit de 1.000 à 1.200 MW. Le projet de centrale commune a d'abord été conçu par les trois Etats baltes, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie, désireux d'assurer leur indépendance énergétique face à leur puissant voisin russe. La Pologne s'est ensuite jointe au projet il y a moins d'un an. La nouvelle centrale, qui pourrait avoir à terme une capacité totale allant jusqu'à 3.200 MW, devrait commencée à être construite en 2009 pour entrer en service en 2015, espère le gouvernement lituanien.

 


Les Echos, 3/10/2007: 

EDF et Areva jouent des coudes pour profiter du réveil du nucléaire américain

EDF a frappé un grand coup cet été en s'associant à Constellation Energy. Une alliance prometteuse qui n'a pas été accueillie de gaieté de coeur par Areva. Depuis deux ans, l'entreprise tricolore avait elle-même posé des jalons pour profiter de la relance du nucléaire américain.
Il y aura de la place pour tout le monde. Mais aux Etats-Unis, comme en Chine ou au Royaume-Uni, qu'il est difficile de faire travailler ensemble les principaux acteurs de la filière nucléaire française ! Derrière la satisfaction de façade, le grand « cocorico » poussé de ce côté-ci de l'Atlantique, l'alliance scellée cet été entre EDF et l'américain Constellation Energy a suscité pas mal de vagues, ces derniers mois, entre l'électricien tricolore et Areva. Au point de semer un doute sur leur capacité à coopérer pour profiter à plein de la relance du nucléaire américain.

Pourquoi cette querelle franco-française ? Parce que depuis deux ans, Areva avait lui-même posé des jalons aux Etats-Unis et noué un partenariat avec un certain Constellation Energy. Sous la bannière UniStar, l'idée de départ était d'engager en commun les longues et coûteuses procédures administratives visant à certifier le réacteur EPR sur le sol américain. Parallèlement, Areva et Constellation Energy se sont chargés, depuis lors, de déployer ce même réacteur aux Etats-Unis, en le proposant à d'autres électriciens. Une stratégie payante puisque, à ce jour, en plus de Constellation Energy, 4 autres compagnies (Ameren, PPL, Amarillo Power et Alternate Energy Holdings) ont fait le choix de l'EPR outre-Atlantique.

Fondamentalement, l'arrivée d'EDF dans le paysage ne remet pas en cause ce partenariat initial. Mais, à l'avenir, elle risque de cantonner Areva dans un rôle de simple fournisseur vis-à-vis de Constellation Energy, alors que l'entreprise était jusqu'ici en première ligne et faisait seule la promotion de la filière nucléaire tricolore. Sa présidente, Anne Lauvergeon, a eu d'autant plus de mal à avaler la pilule qu'elle a eu le sentiment d'être mise devant le fait accompli. Informée dès le printemps qu'un accord avec Constellation Energy était sur le point d'aboutir, l'Agence des participations de l'Etat (APE) avait expressément demandé à EDF d'en avertir Areva. L'électricien français l'a fait mi-juillet. Pratiquement la veille de l'annonce officielle... L'affaire a suscité un véritable clash entre les directions des deux entreprises. Au plus fort de la crise, elle est même remontée au plus haut niveau de l'Etat, avant que chacun retrouve ses esprits.

Trois mois plus tard, les tensions semblent apaisées et les rôles sont clairement définis au sein de la nouvelle société commune UniStar Nuclear Energy. En vertu des accords conclus cet été, le capital de cette co-entreprise appelée à investir dans des projets de centrales nucléaires est détenu à 50-50 par EDF et Constellation Energy.

Le scénario est séduisant
Dans les cinq ans qui viennent, l'électricien français prendra en outre une participation pouvant aller jusqu'à 9,9 % au sein de son allié américain.
Ensemble, les deux partenaires prévoient déjà de participer à la construction de 4 EPR aux Etats-Unis. Le premier d'entre eux devrait voir le jour à Calvert Cliffs, dans le Maryland. Avant la fin de l'année, le dossier visant à obtenir une licence de construction et d'exploitation pour ce site sera officiellement déposé auprès des autorités américaines. L'objectif étant de mettre en service la future centrale à l'horizon 2015.

Dans ce cas précis, EDF jouera donc un rôle de coinvestisseur (des discussions sont en cours avec un troisième partenaire financier pour partager les risques de ce premier projet). Le groupe français fera aussi profiter Constellation Energy de l'expérience accumulée sur le chantier de Flamanville et, le moment venu, il s'impliquera dans l'exploitation proprement dite de la centrale.

Et Areva dans tout cela ? Pour le groupe nucléaire, le champ d'action est plus limité : sous la bannière UniStar, il interviendra seulement au niveau de la conception et du marketing. Début décembre, il lui reviendra par exemple de déposer la demande de certification du design de l'EPR, étape clef devant permettre de construire le réacteur français n'importe où sur le sol américain.

Sur le papier, EDF et Constellation Energy rêvent d'une alliance élargie, qui les amènerait à s'associer à la construction de tous les EPR susceptibles de voir le jour aux Etats-Unis. Le scénario est séduisant. Mais les électriciens ayant fait le choix du réacteur français ne voudront peut-être pas tous se lier à UniStar. Dans cette hypothèse, Areva se tient évidemment prêt à honorer toutes les commandes. Surtout si elles lui permettent de s'émanciper d'EDF...



La Tribune, 2/10/07:

Areva décroche un contrat d'étude pour un important projet aux Etats-Unis

Le Français est associé avec deux firmes japonaises et trois américaines. Il a en ligne de mire un colossal contrat de 15 milliards de dollars pour la construction aux Etats-Unis d'une usine de retraitement et d'un réacteur de recyclage.
Areva vient d'emporter la principale dotation d'un contrat d'étude pour le développement aux Etats-Unis d'une usine de traitement des combustibles nucléaires usés et d'un réacteur de recyclage de ces déchets. Areva est leader d'un consortium, auquel participe six entreprises dont les japonais Mitsubishi Heavy Industries et Japan Nuclear Fuel ainsi que trois firmes américaines de moindre importance. Trois autres groupes d'entreprises ont obtenu des parties de ce contrat d'étude d'un montant global de 60 millions de dollars. Le premier, mené par Général Electric et Hitachi, a reçu 4,8 millions de dollars, le deuxième, 4,3 millions et le troisième 1,6 million.
Le consortium mené par Areva, dénommé INRA, devrait remettre début 2008 une première description des technologies envisagées dans le projet ainsi qu'un premier modèle économique de développement, d'exploitation et de commercialisation des deux structures. Selon ce projet, Areva et Japan Nuclear Fuel construiraient l'usine de retraitement. Mitsubishi réaliserait le réacteur.
Derrière cette étude se masque un colossal contrat de construction de l'usine et du réacteur. Il n'a pas été chiffré. Mais selon des informations de presse, il devrait exiger un investissement de 15 milliards de dollars. Il fait partie d'un projet plus vaste conçu par les Etats-Unis pour améliorer leur indépendance énergétique. Une loi a été votée par le Congrès en juillet 2005 pour relancer le nucléaire. Pour faire suite, le Département (ministère) à l'énergie a lancé, en février 2006 un "partenariat global pour l'énergie nucléaire".

 

Batiactu, 2/10/2007:

La construction de la centrale de Cernavoda intéresse de nombreux groupes

Trois semaines avant l'expiration du délai pour le dépôt d'offres, une trentaine de groupes, dont Lafarge, Enel, E.ON, ont exprimé leur intérêt pour la construction des 3e et 4e tranches de la centrale nucléaire de Cernavoda dans le sud-est de la Roumanie.

Parmi les trente groupes intéressés figurent le français Lafarge, les italiens Enel et Ansaldo (qui avait construit avec le canadien EACL les deux premiers réacteurs), les allemands E.ON et RWE, le tchèque CEZ, ArcelorMittal, ainsi que deux banques françaises, Paribas et Société générale, selon la même source. Par ailleurs, Nuclearelectrica a indiqué avoir retenu les offres déposées déjà par treize compagnies, qui avaient répondu à l'appel lancé l'année dernière par Bucarest, avant que la procédure ne soit reprise à zéro, suite au changement de la stratégie de financement de ce projet. Les deux tranches de la centrale devraient être mises en fonction à l'horizon 2014. Comportant cinq réacteurs au total, la centrale de Cernavoda utilise le procédé canadien Candu 6 et fonctionne avec de l'uranium naturel et de l'eau lourde. Deux réacteurs ont jusqu'ici été mis en service -le second en août dernier-, fournissant ensemble environ 17-18% des besoins d'électricité du pays.

 

 

L'expressiondz.com, 1 Octobre 2007:
PARIS ET WASHINGTON CONVOITENT LE MARCHÉ ALGÉRIEN
La «guerre» du nucléaire s'amplifie

 

 

Le Monde, 26/9/07:

EDF veut prendre sa part dans la renaissance de l'énergie nucléaire aux Etats-Unis

BALTIMORE (Etats-Unis) ENVOYÉ SPÉCIAL

Mayo A. Shattuck est peut-être l'homme qui attachera son nom à la renaissance de l'énergie nucléaire aux Etats-Unis. Le patron de Constellation Energy partagera alors la palme avec le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix. En scellant en juillet une alliance pour construire quatre EPR (European Pressurized Reactor), les deux groupes d'électricité ont engagé une course-poursuite avec leurs concurrents pour mettre en service en 2015 le premier réacteur nucléaire construit outre-Atlantique depuis l'accident de Three Mile Island en 1979.

L'industrie nucléaire américaine (19 % de la production d'électricité) sort d'un long marasme. Dans les années 1960, ses promoteurs vantaient une énergie "too cheap to meter" (trop bon marché pour être comptée). Les faits les ont démentis. Les coûts de construction ont explosé, des centrales n'ont fonctionné qu'à la moitié de leurs capacités et des réacteurs ont été démantelés avant même d'entrer en service, entraînant la faillite de certaines compagnies.
La situation s'est améliorée il y a dix ans. La NRC (autorité de sûreté nucléaire) a déjà autorisé la prolongation de quarante à soixante ans de la durée de vie de la moitié des 104 réacteurs en service. La relance s'est accélérée depuis l'Energy Policy Act de 2005 qui, selon le président George W. Bush, "permettra de développer l'utilisation de la seule source d'énergie complètement nationale, disponible en grande quantité, respectueuse de l'environnement et capable de produire beaucoup d'électricité : le nucléaire".

"LE PREMIER MARCHÉ MONDIAL"
La NRC va recevoir une trentaine de demandes de construction de réacteurs dont la mise en service s'étalera de 2015 à 2030. Elle a accéléré et simplifié ses procédures. Une demande des électriciens et des banquiers, qui ne voulaient pas revivre la situation des années 1970, où des délais d'autorisation à rallonges avaient compromis de nombreux projets. C'est dans un environnement plus sûr qu'EDF se lance aux Etats-Unis, un de ses quatre "pays cibles" avec la Chine, la Grande-Bretagne et l'Afrique du Sud.
"C'est le premier marché mondial, un formidable relais de croissance", souligne M. Gadonneix. D'ici à 2030, la consommation d'électricité va augmenter de 50 % et il faudra construire de 1 300 à 1 900 centrales (charbon, gaz, nucléaire...). EDF a signé avec Constellation un "partenariat stratégique" prévoyant une montée jusqu'à 9,9 % dans le capital du groupe américain et l'étude d'investissements communs aux Etats-Unis, où le secteur de l'électricité (8 000 entreprises) n'échappera pas à une consolidation. Ils ont aussi annoncé la création d'une co-entreprise pour exploiter des EPR. "Notre objectif est d'avoir un tiers des trente réacteurs construits d'ici à 2030", indique Bernard Estève, président de la filiale américaine d'Areva.
L'électricité nucléaire est devenue très rentable. Selon le Nuclear Energy Institute, le lobby du secteur, ses coûts de production sont au moins deux fois inférieurs à du courant produit par les centrales au gaz et au charbon, toujours à la merci d'une taxe sur le CO2. Le nucléaire renforce aussi la sécurité énergétique d'un pays qui a décidé de réduire drastiquement sa dépendance aux hydrocarbures du Moyen-Orient.
Les banquiers affichent pourtant une prudence renforcée par la crise actuelle des subprimes. Ils ont déjà obtenu des garanties : aide fiscale pour les 6 000 premiers mégawatts installés, remboursement des surcoûts en cas de retard des chantiers, responsabilité limitée des exploitants en cas d'accident. Mais ils exigent surtout que le gouvernement garantisse les prêts aux électriciens, qui devront débourser 4,5 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) pour un EPR. "C'est la question cruciale", reconnaît Mike Wallace, directeur général adjoint de Constellation.
Les deux groupes veulent engager les démarches de certification de l'EPR bien avant la présidentielle de 2008 - moins inquiets de l'issue du scrutin que des lendemains de l'élection où les projets seront retardés. "La concurrence sera rude", reconnaît M. Wallace : fournisseurs des électriciens américains, General Electric et Westinghouse (repris par Toshiba) sont en terrain conquis. Ni les dernières incertitudes financières ni la question en suspens des déchets ne contrarieront une renaissance sur laquelle ne pèse plus qu'un risque : un nouveau Three Mile Island.

Jean-Michel Bezat

 

Webmanagercenter.com, 19/9/2007:

Jordanie: Une centrale électrique dans dix ans

Les responsables de l'énergie en Jordanie projettent dans dix ans le début de fonctionnement des premières stations du programme nucléaire de génération électrique. Néanmoins, ils estiment insuffisant que l'on se contente d'une seule source, préconisant d'exploiter l'uranium existant en abondance dans le royaume, sous réserve de le reconvertir selon des normes modernes

 

 

L'Algérie et l'Afrique du sud explorent la possibilité d'une coopération bilatérale dans le domaine du nucléaire civil

17 septembre 2007 - Le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, effectuera à partir d'aujourd'hui et jusqu'à mercredi une visite de travail en Afrique du Sud, a annoncé hier son département dans un communiqué. Objectif officiel : examiner les possibilités de coopération entre l'Algérie et l'Afrique du sud dans le domaine du nucléaire civil. Cette visite, souligne la même source, « sera consacrée à l'examen des opportunités de coopération dans le domaine de l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques ». Durant son séjour à Pretoria, le ministre de l'Energie et des Mines doit avoir des entretiens avec le ministre des Entreprises publiques et le ministre des Sciences et de la Technologie ainsi qu'avec d'autres responsables sud-africains. Des visites de sites et de centres de recherche et de formation sud-africains sont également prévus, précise le même communiqué.
Chakib Khelil sera accompagné d'une « importante délégation » composée de cadres de son ministère et du Commissariat à l'énergie nucléaire (Comena). Cette visite pourrait mener à la conclusion d'un accord sur le nucléaire civil entre les deux pays. Pour développer le nucléaire à des fins pacifiques, l'Algérie a entamé depuis une année une coopération avec plusieurs pays : Etats-Unis, Russie, Chine, Argentine, France. Les discussions avec les Américains ont abouti à la signature le 9 juin dernier à Alger d'un protocole d'accord sur le nucléaire civil. Des discussions sont également en cours avec la France. Un accord pourrait être signé entre les deux pays lors de la visite d'Etat en Algérie du président français Nicolas Sarkozy. Cette visite est prévue début décembre prochain. Les Russes et les Chinois sont eux aussi intéressés par les projets algériens dans le nucléaire civil. Le ministre de l'Energie et des Mines a déclaré il y a une année que l'Algérie compte utiliser ses gisements d'uranium pour produire de l'électricité, mais la construction de centrales nucléaires civiles n'est pas envisagée dans l'immédiat. Toutefois, les préparatifs sont en cours.

Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
D'après le Quotidien d'Oran


Seize pays signent un accord de partenariat sur le nucléaire

VIENNE (16 septembre 2007) - Seize pays sont convenus dimanche d'accroître leur coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire pour développer une technologie qui ne soit pas susceptible d'être détournée pour fabriquer des armes atomiques, afin de répondre à une demande mondiale en pleine croissance. Lors d'une cérémonie à Vienne, onze pays ont officiellement rallié le Global Nuclear Energy Partnership (GNEP), (Partenariat mondial sur l'énergie nucléaire), une initiative lancée par les Etats-Unis. Ils ont ainsi rejoint les cinq principaux producteurs mondiaux de combustible nucléaire déjà membres du GNEP : France, Etats-Unis, Russie, Chine, Japon. Parmi les nouveaux venus figurent notamment l'Australie, le Kazakhstan ou la Jordanie. Le GNEP vise à développer des réacteurs nucléaires qui ne pourront pas être utilisés pour fabriquer des armes atomiques et qui seront alimentés par une banque mondiale de combustible nucléaire. Cette initiative permettrait de dissuader les autres pays de se doter d'installations permettant l'enrichissement de combustible sur leur propre territoire. Elle trouve son origine dans les crises provoquées par les ambitions nucléaires de la Corée du Nord et de l'Iran. Il faudra cependant plusieurs années avant que cette technologie soit au point, soulignent diplomates et analystes. "Nous nous y prenons peut-être un peu tard. Il aurait certainement été préférable de faire cela il y a dix ans plutôt que maintenant", a déclaré à la presse le secrétaire américain à l'Energie Samuel Bodman. Le GNEP sera l'un des thèmes des discussions qui sera abordé à partir de lundi par les 144 pays membres de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA).

Mark Heinrich

 

24/8/2007 - Le président Sarkozy est pour que la Libye accède au nucléaire civil


 
Uranium: après l'Inde, l'Australie finalise un accord avec Moscou

17/8/2007 - L'Australie, qui vient d'avaliser la vente d'uranium à l'Inde, parachève un accord similaire avec la Russie qui pourrait voir le jour le mois prochain, a annoncé vendredi son chef de la diplomatie. "Nous devons encourager des programmes nucléaires civils entre pays responsables avec des garde-fous appropriés", a déclaré à des journalistes Alexander Downer. Canberra fournirait, à des fins civiles, de l'uranium à la Russie dès le début 2008. L'accord pourrait être paraphé en septembre à l'occasion du Forum de coopération et de développement économique d'Asie-Pacifique (APEC) à Sydney. M. Downer s'est voulu rassurant sur les risques de vente clandestine de l'élément radioactif par la Russie. "Je ne pense pas que la Russie veuille devenir un Etat voyou et contrevienne aux lois internationales, cela aboutirait à une rupture des relations avec l'Australie et sûrement avec beaucoup d'autres pays", a-t-il dit. Canberra, qui dispose des plus importantes réserves prouvées d'uranium au monde, a donné jeudi son feu vert à la vente d'uranium à l'Inde malgré la non appartenance de New Delhi au traité de non prolifération nucléaire (TNP).


Radio-Canada, 16/8/2007: 

Areva lorgne du côté de l'Alberta

La plus importante entreprise nucléaire au monde, Areva, explore les occasions d'affaires en Alberta. Le groupe français a envoyé cette semaine le président de sa filiale canadienne, Armand Laferrer, à Calgary et à Peace River. Armand Laferrer rencontre des représentants de l'industrie pétrolière ainsi que des élus municipaux. Il estime qu'il y a des possibilités que des centrales nucléaires soient construites en Alberta. Peace River est parmi les municipalités de l'Alberta qui se montrent intéressées à l'énergie nucléaire. Le mois dernier, le comté de Woodlands, près de Whitecourt, a écrit une lettre d'appui à une compagnie albertaine qui voulait y construire une centrale nucléaire. Cette lettre a été toutefois retirée après que des citoyens eurent déposé une pétition d'opposition de 300 noms. Ils se plaignaient de ne pas avoir été consultés.


Israël examine de près la construction d'une centrale nucléaire

3/8/2007 - Israël examine sérieusement la construction de sa première centrale nucléaire pour produire de l'électricité et compenser sa dépendance énergétique, a affirmé vendredi un haut responsable israélien. "Le ministre des Infrastructures Benjamin Ben Eliezer fait progresser le dossier concernant la construction d'un réacteur nucléaire destiné à produire de l'électricité", a indiqué ce responsable. "Au vu des faibles réserves d'Israël en électricité et en ressources énergétiques, les prévisions et la demande croissante, (le ministre) étudie cette idée, qui doit être approuvée par le gouvernement", a-t-il ajouté. Israël importe de grandes quantités de pétrole et de charbon pour ses besoins énergétiques. Sur le plan du nucléaire militaire, Israël adopte au sujet de l'arme atomique une politique de l'ambiguïté, refusant de confirmer ou de démentir sa possession de l'arme nucléaire. Toutefois les experts étrangers estiment qu'Israël possède jusqu'à 200 ogives nucléaires pouvant équiper des missiles à longue portée. Israël, l'Inde et le Pakistan ne sont pas signataires du Traité de non-prolifération nucléaire entré en vigueur en 1970.

 

La France et l'Inde discutent de la coopération nucléaire

30/7/2007 - Des responsables indiens et français ont eu lundi à New Delhi des discussions sur la coopération nucléaire bilatérale et se sont engagés à oeuvrer à un accord similaire à ceux que l'Inde a déjà signés avec les Etats-Unis et la Russie. Jean-David Levitte, principal conseiller diplomatique du président français Nicolas Sarkozy, s'est entretenu avec le conseiller indien pour la sécurité nationale, M.K. Narayanan, a indiqué dans un communiqué l'ambassade de France à New Delhi.
"Les deux parties ont souligné leurs efforts communs pour développer l'énergie nucléaire dans des buts pacifiques, notamment des centrales, et se sont mises d'accord pour conclure rapidement un accord bilatéral de coopération dans ce domaine", indique le communiqué. M. Levitte a remis une invitation pour que le Premier ministre indien, Manmohan Singh, se rende en France en 2008, et l'Inde a invité M. Sarkozy à venir "bientôt" à New Delhi, ajoute le texte. La France est en compétition pour obtenir des parts du marché nucléaire civil indien avec les Etats-Unis et la Russie, qui ont tous deux déjà signé des accords avec l'Inde.
Les Etats-Unis et l'Inde ont annoncé vendredi avoir franchi une "étape historique" en achevant les négociations sur un accord de coopération dans le nucléaire civil, lors d'entretiens à Washington entre la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et son homologue indien Pranab Mukherjee. Cet accord, qui doit encore être entériné par un Congrès des Etats-Unis réticent, ouvre la voie, pour la première fois depuis 30 ans, à des exportations américaines de combustible et de technologie nucléaires vers l'Inde.
Il permet de mettre fin aux sanctions imposées à l'Inde dans ce domaine en raison des essais nucléaires auxquels elle a procédé et de contourner les limitations liées au refus de New Delhi de signer le Traité de non-prolifération (TNP). Le président russe Vladimir Poutine a également promis en janvier dernier, lors d'une visite d'Etat à New Delhi, de fournir à l'Inde des réacteurs et des centrales. Les grandes puissances mondiales se bousculent pour obtenir une part du lucratif marché du nucléaire civil indien, même si les contrats avec l'Inde doivent être d'abord approuvés par les 45 pays du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG), qui assure la régulation du marché nucléaire mondial.

 


Boursorama, 23/7/2007
EDF veut prendre part à la renaissance du nucléaire aux Etats-Unis et Canada

 


Le Monde, 5/7/2007: 

Le Kremlin finalise la création d'un géant du nucléaire

Un "gazprom de l'atome". La Russie a retrouvé ses ambitions passées dans le nucléaire civil et met la dernière main à un groupe intégré réunissant toutes les sociétés du secteur, de l'extraction de l'uranium et la fabrication du combustible à la construction et l'exploitation de centrales. Baptisé Atomenergoprom, il naîtra en janvier 2008 et sera un sérieux concurrent du français Areva, de l'américain General Electric et du japonais Toshiba-Westinghouse. Annoncé en 2006 par Vladimir Poutine, ce holding d'Etat - dont les filiales seront ouvertes aux capitaux privés, russes ou étrangers - devra assurer la construction d'une cinquantaine de réacteurs en Russie d'ici à 2030 mais aussi être "actif" à l'étranger, a indiqué le président.

"La Russie doit participer à la renaissance de l'énergie atomique dans le monde", explique au Monde Sergueï Kirienko, patron de Rosatom, l'Agence fédérale de l'énergie atomique qui a remplacé le ministère ad hoc (Minatom). Le colosse absorbera, entre autres, Rosenergoatom (électricité), Tekhsnabexport (négoce d'uranium), TVEL (producteur de combustible), Atomenergomash (turbines) et Atomstroïexport (construction de centrales à l'étranger).

La menace de pénurie d'électricité a fait du développement du nucléaire une priorité. "Nous devons construire immédiatement de nouvelles capacités", explique le patron de Rosatom. Deux réacteurs par an doivent voir le jour d'ici à 2010 et au moins trois entre 2010 et 2030. Plus que sous l'ère soviétique ! Le Kremlin veut aussi mieux valoriser les réserves gazières du pays en produisant moins d'électricité à partir du gaz (50 % du courant aujourd'hui) pour en vendre plus à l'international, où il vaut cinq fois plus cher. "Notre objectif, conclut-il, est d'avoir 25 % à 30 % d'électricité nucléaire" (contre 16 %).

"NAÏVETÉ" DES EUROPÉENS

Avec Atomenergoprom, le Kremlin a fait le choix d'une société unique et intégrée "parce qu'elle sera en concurrence non seulement avec les producteurs d'électricité non nucléaire en Russie, mais aussi avec les puissants groupes internationaux", explique M. Kirienko. La Russie "vise 20 % à 35 % du marché selon les segments de la filière". L'un des plus prometteurs est le cycle du combustible, où la Russie a des moyens de production et une capacité d'exportation considérables, note-t-on chez Areva.

Cette ambition passe aussi par la création d'un réseau international de centres d'enrichissement sous contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique, où les pays en développement pourraient acheter du combustible sans faire courir au monde un risque de prolifération. Un accord a ainsi été récemment conclu avec le Kazakhstan.

Atomenergoprom est aussi "prêt à vendre des réacteurs à tous ceux qui respectent le traité de non-prolifération" (TNP), ajoute M. Kirienko. La Russie en construit déjà 2 en Chine, 2 en Bulgarie, 1 en Iran et 2 en Inde... non signataire du TNP. En Europe de l'Est, où il faudra remplacer les vieilles centrales de l'ère soviétique dans dix à quinze ans, "la plupart des pays sont intéressés par une intégration technologique avec les Européens de l'Ouest", concède-t-il. Atomenergoprom espère donc nouer "des partenariats" avec des groupes d'Europe occidentale. Ailleurs, prévient-il, il chassera sur leurs terres (Vietnam, Thaïlande, Turquie, Egypte, Algérie, Chili, Brésil...).

Avec Gazprom et quelques autres, le groupe sera un instrument du développement économique de la Russie autant qu'une pièce de sa stratégie de reconquête de l'influence russe. Le patron d'un grand groupe d'énergie s'étonne de la "naïveté" des Européens devant cette montée en puissance. Notamment celle des dirigeants allemands, qui ont renoncé au nucléaire et accru leur dépendance au gaz russe - un jeu dangereux qui menace l'indépendance du Vieux Continent.

 

Enviro2B, 5/7/2007: 

Toshiba en passe de contruire une centrale nucléaire aux USA

Le géant japonais de l'électronique et de l'énergie Toshiba a annoncé il y a quelques jours être en compétition pour la signature d'un contrat de construction d'une centrale nucléaire aux Etats-Unis, pour la compagnie américaine NRG Energy.
Face à Hitachi-General Electric, Toshiba aurait une longueur d'avance, sur un projet d'une valeur de 3,6 milliards d'euros. "Nous n'avons pas encore signé l'accord final, mais nous travaillons ardemment pour obtenir la commande", précise un porte-parole du groupe, Hiroko Mochida.

1 350 MW en 2014
Le projet porte sur une centrale dotée de deux réacteurs à eau bouillante (REB ou BWR) de 1 350 mégawatts. Situé dans la région de Houston au Texas, le chantier de cette centrale devrait débuter en 2009, pour une production courant 2014.
Pour rappel, Hitachi avait annoncé avoir quasiment remporté ce contrat avec son partenaire GE. La compagnie américaine NRG avait d'ailleurs déposé la demande d'autorisation auprès de la NRC (Nuclear Regulatory Commission). Mais des doutes quant à la capacité de GE et d'Hitachi de respecter le calendrier avaient bloqué la signature.

Toshiba avec GE
Sur ce projet, Toshiba devrait travailler avec GE, pour bénéficier de sa technologie de réacteur à eau bouillante. Si le contrat est finalisé, la centrale de Houston serait le premier nouveau site de production d'énergie nucléaire construit aux Etats-Unis depuis l'accident du 28 mars 1979 qui a touché l'un des deux réacteurs de la centrale de Three Miles Island, dans l'Etat de Pennsylvanie.
Les groupes japonais Toshiba, Hitachi et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) sont de plus en plus présents sur le marché du nucléaire mondial, via différents partenariats. Ainsi, on peut évoquer l'accord passé entre Hitachi et General Electric, par ailleurs MHI a noué un partenariat avec le groupe français Areva, et Toshiba a racheté l'an passé l'américain Westinghouse, spécialiste des technologies à eau pressurisée (REP ou PWR).



Cyberpresse.ca, 26 juin 2007:

Le Brésil relance son projet nucléaire

Le gouvernement brésilien a décidé de relancer son programme nucléaire avec la construction d'une troisième centrale atomique gelée depuis plus de 20 ans, malgré l'opposition de la ministre de l'Environnement et des écologistes.

La décision de construire cette nouvelle centrale, Angra III, adoptée lundi soir par le Conseil national de politique énergétique (CNPE), doit encore être ratifiée dans les jours à venir par le président Luiz Inacio Lula da Silva.

Le représentant de la ministre de l'Environnement, Marina Silva, a été le seul parmi les dix membres du CNPE à voter contre ce projet.

Le président Lula avait affirmé par avance son soutien à cette décision il y a quinze jours. «L'énergie nucléaire est une énergie propre, elle ne contamine pas, n'émet pas de C02. Elle ne provoquera donc pas d'effet de serre sur la planète (...) Et la technologie du Brésil est parfaite, je peux vous dire qu'il ne se passera pas au Brésil ce qui s'est passé à Tchernobyl», en Ukraine, avec l'explosion d'un réacteur nucléaire en 1986, avait-il affirmé.

Le chef de l'État a justifié la reprise de la construction d'Angra III par les besoins énergétiques d'une croissance économique de plus de 5% par an au Brésil. Le gouvernement doit «assurer aux investisseurs que l'énergie ne manquera pas à partir de 2010», a-t-il expliqué.

Mais la ministre brésilienne de l'Environnement reste opposée à ce projet. «Au cours des 15 dernières années aucun pays n'a construit de centrale nucléaire parce qu'il y a d'énormes problèmes avec les déchets nucléaires. Nous disposons d'autres ressources, un grand potentiel hydroélectrique et des énergies propres dans lesquelles nous devons investir», avait-elle souligné récemment.

Le président de l'entreprise publique Eletronuclear, Othon Luiz Pinheiro, a indiqué récemment que le Brésil envisageait de construire «huit autres centrales d'ici 2030» pour faire face à la demande croissante d'énergie.

Actuellement 80% des besoins sont fournis par des usines hydro-électriques.

Le programme nucléaire brésilien est né en 1956. Aujourd'hui, deux centrales, Angra I et Angra II, d'une puissance installée totale de 2.000 mégawatt (MW) --2,2% de la production totale d'électricité au Brésil-- sont en exploitation dans l'État de Rio de Janeiro.

Le troisième réacteur, Angra III (1.350 MW), attend en pièces détachées depuis plus de 20 ans un feu vert gouvernemental. Il a déjà coûté 750 millions de dollars au budget de l'État. La reprise de la construction d'Angra III --centrale qui devrait être opérationnelle en 2013-- demandera des investissements de 7 milliards de reais (3,58 milliards de dollars).

Le groupe français Areva, qui a repris la filière nucléaire de l'allemand Siemens, responsable de la conception d'Angra III, pourrait fournir une partie des équipements.

Le Brésil s'est doté également en 1979 d'un programme nucléaire parallèle élaboré par la Marine nationale et l'Institut de rencherches énergétiques nucléaires (Ipen) avec lequel il a réussi à maîtriser le processus d'enrichissement d'uranium (à 5%) dans le but d'alimenter en combustible ses centrales. Il a aussi l'intention de construire un sous-marin à propulsion nucléaire. [Lire: Le Brésil "doit essayer" la bombe]

Avec la reprise de son programme nucléaire, le Brésil --qui possède les sixièmes plus grandes réserves d'uranium du monde-- «sera l'un des trois pays du monde à avoir des réserves, la capacité de production et la maîtrise de tout le cycle de l'enrichissement d'uranium», s'est félicité récemment le ministre brésilien de l'Energie, Nelson Hubner.

Yana Marull
Agence France-Presse
Brasilia

 

Après la Finlande et la France, Areva veut construire un EPR au Royaume-Uni

20/6/2007 - Après la Finlande et la France, le groupe nucléaire français Areva s'est porté candidat à la construction d'un réacteur nucléaire de troisième génération au Royaume-Uni, profitant de la volonté du gouvernement britannique de relancer cette énergie. Areva a annoncé mercredi qu'il avait soumis la conception de son EPR "aux autorités de sûreté britanniques", dans le cadre d'un processus de validation. Constructeur du réacteur, le groupe français s'est associé pour cette candidature avec l'électricien français EDF, qui apporte son savoir-faire d'exploitant.

EDF envisage d'exploiter quatre à cinq centrales nucléaires de troisième génération en Grande-Bretagne, selon son PDG Pierre Gadonneix. Cette candidature outre-manche a reçu le soutien des électriciens britannique British Energy, français EDF et Suez, allemands E.ON et RWE, et espagnol Iberdrola, selon Areva. Le groupe nucléaire a d'ailleurs constitué une alliance avec les électriciens intéressés pour "faciliter, le moment venu, l'obtention par (ces) électriciens des licences d'exploitation". Areva, leader mondial du nucléaire, entend profiter de la volonté du gouvernement britannique de favoriser l'énergie nucléaire afin de moins dépendre des hydrocarbures, gros émetteurs de gaz à effets de serre.

En Grande-Bretagne, 18% de l'électricité est produite actuellement par une dizaine de centrales nucléaires qui datent des années 1960 et 1970 (contre près de 80% en France), alors même que les ressources en gaz et en pétrole de la mer du Nord semblent en voie d'épuisement. Le Premier ministre Tony Blair avait plaidé fin mai en faveur de la relance de centrales nucléaires nouvelle génération. "La prise en compte de l'énergie nucléaire" est une des conditions pour relever le défi que s'est fixé Londres: réduire de 60% (par rapport aux niveaux des années 90) les émissions de dioxyde de carbone d'ici à 2050, avait souligné M. Blair. Areva est également candidat à la construction d'un EPR aux Etats-Unis.

Actuellement, seuls deux EPR sont construits par Areva, et non sans difficultés. En Finlande, à Olkiluoto (sud-ouest), le chantier de l'EPR entamé en 2005 a pris un an et demi de retard et ne devrait entrer en service qu'en 2010-2011. Le consortium franco-allemand Framatome ANP (Areva)-Siemens a rencontré des problèmes de contrôle-qualité du béton et de certaines tuyauteries. Il a dû aussi se plier à un processus de vérification extrêmement minutieux de l'Autorité de sûreté nucléaire finlandaise (STUK). En France, la construction de l'EPR, autorisée par décret le 11 avril, doit commencer à la fin de l'année pour une mise en service prévue en 2012. Mais elle suscite toujours l'opposition d'associations écologistes.

Les antinucléaires réclament l'abrogation du décret en estimant qu'il s'agit d'un "préalable indispensable pour la réussite du futur Grenelle de l'environnement", annoncé pour octobre par le gouvernement. Développé depuis 1992 par Areva, le réacteur européen à eau sous pression (EPR, European Pressurised water Reactor) a une durée de vie de 60 ans et est un peu plus puissant que ses prédécesseurs (1.600 MW).

 

 

Boursorama, 12/6/07:

La Thaïlande investira six milliards de dollars dans une centrale nucléaire

La compagnie nationale d'électricité en Thaïlande (EGAT) a annoncé mardi son intention d'investir six milliards de dollars pour construire d'ici 2020 la première centrale nucléaire civile du royaume.
Dans des déclarations à l'AFP, le gouverneur de l'EGAT Kraisi Kanasuta a qualifié ce projet "d'inévitable pour la Thaïlande, étant donné le rythme actuel d'augmentation de la demande en électricité".
Il a précisé que son entreprise envisageait d'émettre des bons et de solliciter des prêts à l'étranger pour contribuer au financement de la centrale qui sera capable de produire 4.000 mégawatts d'électricité.
L'EGAT recrutera également des ingénieurs thaïlandais susceptibles d'aller étudier la technologie nucléaire aux Etats-Unis, en Europe et au Japon où des entreprises comme Westinghouse, Areva et Toshiba ont proposé leurs services pour construire la centrale, selon un porte-parole de la compagnie.
L'EGAT a déclaré qu'aucune décision n'avait été prise quant au constructeur.
Le combustible nucléaire pourrait venir d'Australie, du Canada ou d'Afrique du Sud, a précisé un porte-parole du ministère de l'Energie.
"En dépit du coût élevé des investissements, la centrale nucléaire est moins chère qu'une centrale au charbon pour ce qui est du coût de production unitaire", a souligné M. Kraisi en rejetant les critiques d'organisations de défense de l'environnement.
La Thaïlande consomme beaucoup d'électricité et redoute des déficits.
Le mois dernier, un haut fonctionnaire du ministère de l'Energie avait annoncé que le dernier Plan de développement énergétique du royaume, qui court jusqu'en 2021, préconisait explicitement la prise en compte du nucléaire comme nouvelle source possible d'énergie.
Environ 70% de l'électricité est aujourd'hui générée par le gaz naturel, le reste provenant du pétrole, du charbon et de l'énergie hydraulique.
Un tiers du gaz naturel consommé en Thaïlande est importé, principalement de la Birmanie voisine, et M. Kraisi a souligné les inquiétudes de l'EGAT devant les augmentations probables des prix de cette énergie en raison des réserves limitées.
En 2006, la Thaïlande a dépensé 26 milliards de dollars en importations énergétiques, principalement de pétrole, un chiffre en augmentation de 16% par rapport à l'année précédente.
Le ministère de l'Energie souligne que, comme le reste de la planète, la Thaïlande, qui compte 65 millions d'habitants, doit chercher à tout prix à limiter les émissions de gaz à effet de serre, qui contribuent au réchauffement climatique, et que, dans ce contexte, le nucléaire civil doit être considéré comme une option.
La Thaïlande, où des généraux ont renversé en septembre 2006 le gouvernement de Thaksin Shinawatra, est signataire du Traité de non prolifération et du Traité d'interdiction des essais nucléaires.

 


Les Echos, 12/6/07:

Areva en discussion pour acheter UraMin

Contraint en avril de renoncer à l'australien Summit Resources, Areva est en train d'étudier l'achat d'un autre groupe minier, UraMin. Cette jeune entreprise canadienne, créée en 2005, a annoncé hier avoir engagé des négociations en vue de sa possible vente. Le leader mondial du nucléaire fait partie des acquéreurs potentiels. Interrogé à ce sujet, le groupe français a confirmé discuter avec UraMin, « comme avec d'autres juniors » du secteur minier.
Ces discussions ne semblent pas avoir de caractère exclusif et compte tenu de l'engouement actuel pour les entreprises de ce type, la mise en vente d'UraMin devrait susciter bien des convoitises. A ce stade, comme le précise lui-même le groupe de Toronto, nul ne peut garantir que les discussions en cours aboutiront.

L'action du canadien bondit
Cette annonce a en tout cas fait bondir l'action UraMin, cotée à Toronto et à Londres. A la clôture du marché londonien, le titre affichait hier soir une progression de 8 %, à 355 pence. Sa capitalisation boursière approche ainsi le milliard de livres, soit 1,4 milliard d'euros.
UraMin mène actuellement des travaux de prospection en Afrique, en vue d'exploiter des gisements d'uranium. Le groupe estime notamment être à un stade d'exploration « avancé » en Namibie (gisement de Trekkopje), en République centrafricaine (Bakouma) et en Afrique du Sud (Ryst Kuil). A travers une société commune, UraMin dispose en outre de licences de prospection complémentaires sur des dépôts miniers sud-africains.
Troisième producteur mondial d'uranium, derrière Cameco et Rio Tinto, Areva s'est fixé pour objectif de doubler sa production d'ici à 2010. Cette montée en puissance passe nécessairement par l'acquisition de gisements existants ou de sociétés de prospection.

PASCAL POGAM

 

 

L'Algérie et les Etats-Unis signeront le 9 juin un accord de coopération nucléaire

ALGER (26/5/07) - L'Algérie et les Etats-Unis signeront le 9 juin prochain à Alger un accord de coopération nucléaire, a confirmé samedi sur les ondes de la radio le ministre algérien de l'Energie Chakib Khélil. Il a précisé que la signature se fera en présence d'experts américains, qui visiteront par la suite le Centre de recherche nucléaire de Aïn Oussara (250km au sud d'Alger) pour discuter des programmes de recherche en cours et prévoir une visite d'experts algériens dans les laboratoires américains. L'Algérie possède deux réacteurs nucléaires expérimentaux ou centres de recherches nucléaires de 3 et 15 mégawatts. Le premier, appelé Nour, est installé à Draria (Alger) et a été construit par les Argentins, et le second (Es Salem) a été réalisé par les Chinois à Aïn Oussara.

 


Le Monde, 24/5/07:
La relance du nucléaire en Grande-Bretagne aiguise l'appétit d'EDF, de Suez et d'Areva

 

Areva investit 610 M EUR dans de nouvelles usines de conversion d'uranium

21/5/2007 - Le groupe français Areva va investir 610 millions d'euros dans un projet destiné à le doter de nouvelles installations de conversion de l'uranium sur ses sites de Malvési à Narbonne (Aude) et du Tricastin (Drôme), une étape clef dans le cycle du combustible nucléaire. Avec ce projet, baptisé Comurhex II, Areva "a l'ambition de maintenir sa position de numéro un mondial de la conversion" du minerai d'uranium en hexafluorure, première étape de la transformation de l'uranium en combustible, précédant l'enrichissement, selon le communiqué. Quelque 400 personnes travailleront sur le chantier qui démarrera à l'été 2007. La première production industrielle est attendue en 2012, sur une base de 15.000 tonnes d'uranium par an, pouvant être étendue à 21.000 tonnes en fonction des besoins du marché, précise Areva. Le minerai d'uranium arrivera sur le site de Malvési "où il est transformé en tétrafluorure, puis celui-ci est transformé en hexafluorure sur le site du Tricastin", a expliqué un porte-parole du groupe. "Dans le secteur de la chimie de l'uranium, Areva est le premier acteur industriel à investir fortement pour renouveler et moderniser son outil industriel de conversion", a souligné la présidente du directoire d'Areva Anne Lauvergeon, citée dans le communiqué. Comurhex II, "conjugué à d'autres projets d'envergure --la future usine d'enrichissement Georges Besse II, la modernisation des installations de fabrication de combustible de l'usine FBFC (Franco-Belge de fabrication de combustible, spécialisée dans l'assemblage des combustibles, dont le siège est à Lyon, ndlr)-- va renforcer la position du groupe dans l'amont du cycle du combustible et conforter notre business model d'offre intégrée", a ajouté Mme Lauvergeon. Areva est actuellement le numéro un mondial de la conversion avec une part de marché de 26%, selon le groupe.

 

Washington cherche à faire progresser son initiative en faveur du nucléaire

21/5/2007 - Les Etats-Unis ont cherché à faire progresser leur initiative de partenariat mondial en faveur du nucléaire civil pour assurer la sécurité énergétique, lors d'une réunion ministérielle, lundi, à Washington.
"L'un des objectifs importants de notre réunion aujourd'hui consiste à définir les prochaines étapes du partenariat", a expliqué le secrétaire américain à l'Energie Samuel Bodman, à l'ouverture de la rencontre.
"De nombreux pays ont exprimé leur intérêt à participer au partenariat global sur l'énergie nucléaire (Global Nuclear Energy Partnership, GNEP), et nous avons besoin de discuter de la façon d'atteindre les principaux objectifs et de travailler avec de nouveaux Etats", a-t-il détaillé.
Outre les Etats-Unis, quatre pays participent à la réunion, lundi : le Japon, la France, la Chine et la Russie. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est également présente en tant qu'observateur.
M. Bodman avait présenté le programme GNEP lors d'une réunion du G8 sur la sécurité énergétique, en mars 2006, à Moscou.
"Nous envisageons le GNEP comme une collaboration internationale dans le but d'augmenter l'offre d'énergie propre et sans émissions pour le monde, réduire la menace de prolifération nucléaire, réduire le volume et la toxicité radioactive des déchets nucléaires", avait-il expliqué, soulignant que le programme en était "à son tout début".
"Nous sommes venus à cette réunion avec une attitude constructive", a indiqué lundi le directeur général adjoint de la commission nationale chinoise pour le développement et la réforme, Wang Jun.
"Nous avons bien des raisons de croire qu'à l'avenir, les centrales nucléaires deviendront le choix primordial pour le développement de l'énergie", a-t-il ajouté, soulignant que, dans ce domaine, les pays développés "ont l'obligation" d'aider les pays moins avancés.
La France, qui compte 58 réacteurs nucléaires assurant 78% de la production nationale d'énergie, a apporté son soutien de principe à l'initiative américaine.

 

 

Le Figaro, 21/5/2007: 

La Jordanie s'engage dans l'aventure nucléaire

Le premier réacteur civil du royaume hachémite devrait démarrer d'ici à 2015.

D'ICI À 2015, le royaume hachémite espère inaugurer son premier réacteur civil de production d'électricité et de dessalage de l'eau, avec l'aide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), basée à Vienne. « Nous envisageons de recourir à l'énergie nucléaire à des fins civiles et énergétiques », a déclaré le roi Abdallah II de Jordanie le 19 janvier dernier, lors d'un entretien avec le quotidien israélien Haaretz.

Une loi a été adoptée en ce sens le 22 avril. Présenté comme une alternative « propre », le nucléaire paraît la solution toute trouvée aux carences de la Jordanie en pétrole et en eau potable. Le pays, qui importe 95 % de ses besoins énergétiques, produit très peu d'« or noir » et accuse un déficit en eau potable supérieur à 500 millions de mètres cubes par an.

Signataire du traité de non-prolifération (TNP), la Jordanie bénéficie à ce titre de l'assistance technique de l'AIEA. Lors d'une visite à Amman, le 15 avril, son directeur général, Mohammed ElBaradei, a confirmé l'intention de l'agence de donner suite à cette requête. Amman recherche en outre le soutien des États-Unis, de l'Union européenne et du Canada pour construire deux réacteurs, « l'un pour la recherche et l'autre pour l'énergie », a précisé le ministre de la Recherche scientifique et de l'Éducation, Khaled Tuqan.

Faire pièce à l'Iran. Deux délégations de l'AIEA sont attendues en mai dans la capitale jordanienne : l'une pour déterminer les réserves d'uranium du pays et envisager leur extraction ; l'autre pour définir l'emplacement des deux réacteurs. Les activités d'exploration dans le désert jordanien, qui, selon les experts, recèlerait 2 % des réserves mondiales d'uranium, pourraient débuter d'ici à un an.

Le réacteur destiné à la recherche devrait être situé sur le campus du département de science et de technologie de la Jordan University, à Irbid, à 85 km au nord d'Amman, non loin des frontières syrienne et israélienne. Le second pourrait être construit dans l'est du pays ou au sud-est de la capitale, là où se trouvent les réserves d'eau et d'électricité. Le gouvernement devra au préalable mettre en place un organisme indépendant de régulation et de contrôle et former le personnel des futures installations nucléaires, via des cursus universitaires appropriés.

Bien qu'Amman dispose du soutien bienveillant des États-Unis, ses ambitions énergétiques s'insèrent dans une tendance plus large de « nucléarisation » du Moyen-Orient, jugée préoccupante par les chancelleries occidentales. L'Égypte, la Syrie et le Conseil de coopération du Golfe, qui rassemble les monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Émirats Arabes Unis), envisagent de recourir à l'énergie nucléaire à des fins civiles et énergétiques. De manière moins avouable, cette technologie à la fois civile et militaire permet aussi de faire pièce à l'Iran et à ses obscurs desseins nucléaires.

 


11/5/2007:
Total réfléchit à une diversification dans le nucléaire

 


Algerie-dz, 11 mai 2007:

Le premier réacteur nucléaire du Maroc a été mis en service par le Centre national des sciences et techniques nucléaires (CNESTEN)

De technologie américaine, ce réacteur a été acquis par le Maroc auprès de General Atomics. Le coût global du projet, réacteur et laboratoires, s'élève à 800 millions de DH dont près de 80% financés par la France avec une grande partie sous forme de dons. Le combustible nucléaire (uranium enrichi à 20%) a été déjà importé, il y a presque sept mois, des USA sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Toutes les mesures de sécurité et de sûreté du site ont été prises. Les autorisations ont été également obtenues. Les audits d'experts internationaux et de l'AIEA ont été concluants. D'une puissance de deux mégawatts et de type Triga Mark II, le réacteur sera exploité par le Cnesten dans le cadre du développement de la recherche scientifique dans le domaine du nucléaire civil.

Selon une source du centre, cet équipement permettra la production de certains radio-isotopes en particulier ceux concernant les domaines de la médecine nucléaire et de l'environnement au Maroc. Pour le premier, cette technique est d'une grande utilité pour le développement du traitement des cancers. Il en est de même pour le volet de la protection de l'environnement. Notons aussi l'efficacité du nucléaire pour l'évaluation des ressources hydriques souterraines et la reconnaissance de la composition minérale du sol. Cette technologie présente également un avantage pour le secteur de l'agriculture. Elle permet l'optimisation des fertilisants avec une meilleure sélection des engrais et à moindre coût. Sans oublier son apport pour le contrôle de la qualité au niveau des industries agroalimentaires.

Synthèse de Samir
D'après l'Economiste

 

Poutine lance la restructuration du nucléaire civil russe

MOSCOU (27 avril 2007) - Vladimir Poutine a signé vendredi le décret de création d'Atomenergoprom, un groupe d'Etat chargé de la mise en oeuvre de la politique civile de l'énergie atomique de la Russie, dans le cadre de la restructuration de ce secteur, a annoncé le Kremlin.
Cette société publique sera responsable d'un grand nombre d'activités de l'industrie nucléaire, dont la recherche, la construction de centrales et la gestion des déchets.
Selon un responsable non identifié de l'agence russe à l'énergie atomique, cité par l'agence de presse RIA-Novosti, Atomenergoprom absorbera quelque 65 compagnies allant des mines d'uranium à la construction de centrales. RIA-Novosti ajoute que M. Poutine a ordonné au gouvernement de mettre le groupe public en place d'ici au 1er juillet.
La Russie possède 31 réacteurs et dix centrales nucléaires qui représentent 16 à 17% de la production d'électricité du pays, or le président Poutine veut porter la part du nucléaire à au moins 25% d'ici 2030.



Le Matin, 23/4/07:

Jordanie: Adoption d'une loi autorisant l'utilisation du nucléaire

Le Parlement jordanien a adopté, dimanche, un texte de loi autorisant l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, ont indiqué des agences de presse.
Cette loi "autorise l'utilisation de l'énergie nucléaire dans la production de l'électricité et le dessalement de l'eau en vue de faire face à la demande croissante dans ces deux domaines", insistant sur la nécessité de la mise en place "d'un organisme de régulation et de contrôle indépendant", ont ajouté les mêmes sources citant l'agence de presse jordanienne "Petra".
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, avait affirmé le 15 avril que l'AIEA était prête à aider la Jordanie à développer la technologie nucléaire à des fins pacifiques.
La Jordanie, qui importe 95% de ses besoins énergétiques, souhaite mettre en place, d'ici 2015, une centrale nucléaire pour produire de l'électricité et utiliser l'énergie nucléaire pour le dessalement de l'eau.

 

 

Xinhua, 19/4/2007: 

La Chine prévoit l'établissement d'une réserve stratégique d'uranium naturel

La Chine a prévu d'établir une réserve stratégique nationale d'uranium naturel, dans le cadre d'un plan quinquenal pour son industrie nucléaire, selon un document publié par la Commission scientifique, technologique et industrielle pour la Défense nationale. Le document, intitulé "11e plan quinquenal pour l'industrie nucléaire", dit que la Chine encouragera une exploitation prudente des réserves nationales d'uranium et améliorera ses capacités de production nationale. La Chine souhaite aussi accroître la coopération internationale pour l'exploitation de l'uranium et importer davantage d'uranium du marché international pour enrichir ses stocks, selon le document. La réserve sera reliée à un système de stock commercial pour assurer une alimentation adéquate en uranium pour la production de l'électricité, dit-il. La Chine a commencé à développer son industrie de l'énergie nucléaire dans les années 1980 dans l'espoir d'alléger le goulot d'étranglement énergétique. Le Conseil des Affaires d'Etat chinois a adopté une stratégie pour assurer une puissance installée totale des centrales nucléaires de 40 millions de kw d'ici 2020 représentant 4 % de l'électricité totale du pays, contre 6,85 millions de kw en 2006, représentant 1,1 % de la puissance installée totale d'électricité du pays.

 

 

Tageblatt, 13/4/2007:

Le Bélarus va construire une première centrale nucléaire

Le Bélarus a l'intention de construire une première centrale nucléaire sur son territoire et la Russie est très intéressée par ce projet, a annoncé jeudi l'autoritaire président bélarusse Alexandre Loukachenko.
"Nous annonçons de facto un appel d'offre pour la construction d'une centrale nucléaire", a affirmé M. Loukachenko, lors d'une conférence de presse. "Les Russes nous ont dit clairement qu'il souhaiteraient (NDLR : participer à ce projet) et menacent même de rompre les relations avec nous si nous refusons", a-t-il assuré. "Mais certaines compagnies, bien sûr sous la pression de leurs gouvernements, nous disent qu'elles ne mèneront pas de négociations avec nous sur la construction de la centrale, tant que nous ne démocratisons pas nos médias et ne changeons pas notre législation sur les élections", a ajouté M. Loukachenko considéré en Occident comme "le dernier dictateur d'Europe". Il n'a pas précisé de quels pays il s'agissait. "Nous construirons cette centrale, car nous n'avons pas le choix. Seulement un imbécile peut être contre la construction de cette centrale, car à cause de notre dépendance de la Russie, nous nous éclairerons bientôt à la chandelle", a-t-il relevé.
Le Bélarus achète du gaz et du pétrole à la Russie qui a fortement augmenté ses tarifs à partir de 2007. Ce pays de l'ex-URSS, voisin de l'Ukraine, a été fortement contaminé par l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le 26 avril 1986.

 

La Tribune, 2/4/07:

TURBINES ET RÉACTEURS

Société commune dans le nucléaire pour Alstom en Russie

Le groupe français s'associe au russse Atomenergomash. Chaque partenaire doit investir quelque 200 millions d'euros dans la société commune.
Alstom a signé ce lundi avec le russe Atomenergomash, filiale d'Atomenergoprom, société d'Etat responsable de la mise en oeuvre de la stratégie nucléaire civile en Russie, un accord pour la création d'une société commune qui fabriquera des turbines et des réacteurs nucléaires destinés à des centrales utilisant la technologie russe.
La future compagnie sera détenue à 51% par Atomenergomash et à 49% par Alstom, chaque partenaire devant investir environ 200 millions d'euros dans cette société.
"Elle s'adressera en priorité au marché des futures centrales nucléaires russes mais pourra également intervenir hors de Russie sur des projets de centrales utilisant la technologie nucléaire russe", a souligné Alstom. Le groupe français veut surfer sur les ambitions actuelles de Moscou d'exporter sa technologie nucléaire, plus rustique mais moins chère que les produits occidentaux concurrents - notamment ceux du leader mondial et champion français Areva - même si l'accident survenu en avril 1986 à Tchernobyl, en Ukraine, a montré les limites russes en la matière.

 

LExpansion,1/4/2007

Areva investit dans l'uranium australien

Areva va débourser 74 millions d'euros pour acquérir 9% de l'exploitant d'uranium australien Summit Resources Ltd, dans le cadre d'une alliance stratégique. Le groupe nucléaire français détient par ailleurs une option lui permettant de monter à 18% dans les six mois. Summit Resources se trouve ainsi un allié de poids alors qu'il a récemment été la cible d'une offre de rachat hostile d'un milliard de dollars lancée par Paladin Resources. Rappelons que l'Australie dispose des plus importantes réserves d'uranium au monde mais que seules deux mines sont exploitées commercialement, en raison de l'hostilité des Etats par souci écologique. Le gouvernement fédéral aimerait cependant libéraliser le développement de l'uranium.

 

 

Le Monde, 19/3/07:

Moscou veut vendre une centrale nucléaire au Maroc

Le Maroc pourrait devenir, d'ici à neuf ans, le premier pays d'Afrique du Nord à se doter d'une centrale nucléaire, au terme d'un projet mené en coopération avec le groupe russe Atomstroyexport, filiale du géant gazier Gazprom. C'est ce qu'affirme le quotidien espagnol El Pais du lundi 19 mars, indiquant qu'une délégation russe était attendue le jour même à Rabat.
La porte-parole d'Atomstroyexport, Irina Yesipova, a d'ores et déjà fait savoir qu'il y avait "de bonnes chances" qu'un contrat soit conclu, même si aucun appel d'offre n'a pour l'heure été lancé. Dans un communiqué, le groupe affirme que "Moscou entre dans la compétition internationale qui voit plusieurs multinationales offrir à Rabat la technologie nécessaire à la construction d'un complexe nucléaire".

Déclarations contradictoires
Mais rien ne semble encore joué, et les déclarations contradictoires venues de Rabat montrent l'indécision qui entoure le sujet. Le ministre de l'énergie marocain, Mohammed Boutaleb, a expliqué récemment que Rabat n'avait pas l'intention de se doter d'une centrale nucléaire. Des propos qui démentent ceux tenus il y a dix mois par le directeur de l'Organisme national de l'électricité. Younes Maamaar expliquait alors que le Maroc avait "besoin du nucléaire pour diversifier ses sources d'approvisionnement et satisfaire la croissance de sa consommation d'énergie", qui atteint 8 % par an.
Rabat refuse encore d'acheter du gaz à l'Algérie, qui transite pourtant sur son territoire à destination de l'Espagne. En cause : le prix des sources d'approvisionnement fossiles, en hausse constante. Le prix pourrait aussi jouer un rôle central dans le choix d'un groupe russe. Le réacteur retenu, de type VVER-1000 ­ utilisé par certaines centrales finlandaises ­ ne dépasse pas 1,5 milliard d'euros. Largement en dessous des tarifs des groupes français et américains qui cherchent à entrer dans la compétition et perturber la lune de miel russo-marocaine.
L'emplacement de la future centrale, lui, semble acquis : Sidi Boulbra, entre Safi et Essaouira, sur la côte Atlantique.

 

La Tribune, 14/3/07:

ENERGIE
Le Japon exporte sa première centrale nucléaire

L'opérateur américain TXU Corp. vient de passer une commande de deux centrales nucléaires au japonais Mitsubishi Heavy Industries, pour un montant total compris entre 4 et 5 milliards de dollars (3 à 3,8 milliards d'euros).
Le constructeur français de centrales nucléaires Areva découvre un nouveau concurrent sur le marché mondial de l'énergie atomique. Le japonais Mitsubishi Heavy Industries vient de signer un contrat de 4 à 5 milliards de dollars (3 à 3,8 milliards d'euros) avec l'américain TXU, portant sur la livraison de deux centrales nucléaires selon une source proche du dossier citée par l'agence Reuters.
C'est la première fois qu'un réacteur nucléaire nippon est vendu à l'étranger. Mais également la première fois qu'un constructeur japonais ira construire son réacteur sur un sol étranger. Les centrales devraient être construites sur le site de Comanche Peak, près de Dallas au Texas. Mitsubishi Heavy Industries devrait ainsi livrer deux réacteurs d'une puissance de 1,7 million-kilowatt chacun, probablement à l'horizon 2015.
Le Nikkei Business Daily avait déjà annoncé le souhait de TXU de se dégager de la production d'électricité par usine à charbon, notamment à la suite du rachat de l'entreprise américaine (32 milliards de dollars, 24,2 milliards d'euros) par des fonds de LBO (leverage buy out, rachat par effet de levier), notamment Texas Pacific Group et KKR.

 

Le Monde, 9/3/07:
Au Chili, la présidente Michelle Bachelet amorce un tournant vers le nucléaire

 

 

Boursorama, 2/3/2007:

Alstom: contrat modernisation centrale nucléaire au Mexique.

(Cercle Finance) - Alstom, en consortium avec la société espagnole Iberdrola, annonce avoir signé avec le producteur d'électricité mexicain Comision Federal de Electricidad (CFE) un contrat portant sur la rénovation de la centrale nucléaire de Laguna Verde au Mexique. Le montant total de la commande est d'environ 470 millions d'euros, dont environ 150 millions d'euros pour Alstom. Dans le cadre de ce contrat, Alstom est chargé de la complète remise à neuf des deux turbines à vapeur et de la fourniture de nouveaux alternateurs. Iberinco, société d'études et de réalisation du groupe Iberdrola et chef de file du consortium, fournira le contrôle commande et les équipements électromécaniques auxiliaires. Les travaux débuteront dès le 2 mars 2007 pour une mise en service en 2010. Ce contrat remporté face à une forte concurrence internationale sur un marché du nucléaire renaissant, confirme le leadership technologique d'Alstom et sa grande expérience dans le domaine des îlots conventionnels pour centrales nucléaires. Dans le cadre de projets de modernisation comme celui-ci, "nous utilisons tout le potentiel des équipements existants que nous associons aux nouvelles technologies afin de fournir à nos clients les solutions intégrées les mieux adaptées à leurs besoins." a déclaré Philippe Joubert, Président d'Alstom Power.


LExpansion, 1/3/2007:

Le Chili envisage de se tourner rapidement vers le nucléaire

Une équipe d'experts a été désigné par le gouvernement chilien pour étudier le développement de l'énergie nucléaire afin de parer au manque de ressources énergétiques du pays andin. Selon le gouvernement de Michelle Bachelet, il s'agirait de la construction d'une centrale nucléaire dans les dix ans et le Chili pourrait lancer prochainement un appel d'offre international. Pays en plein développement, le Chili manque cruellement de ressources énergétiques. L'Argentine lui vend moins de gaz depuis trois ans à cause d'une augmentation de la demande intérieure. Quant à la Bolivie, pays voisin qui possède la seconde réserve de gaz d'Amérique du sud, elle n'a pas de relations diplomatiques avec le Chili et une éventuelle vente de gaz à Santiago devrait être liée à l'obtention par ce pays d'un accès à la mer, un problème politique très sensible qui peut durer encore des années.



Le Monde, 22/2/2007: 

Les bons résultats d'EDF relancent les interrogations sur sa stratégie

La stratégie de développement européen, la cession d'actifs et la hausse des prix de l'électricité sur le Vieux Continent ont rapporté gros à EDF en 2006. Le groupe d'énergie a annoncé, mercredi 21 février, un bénéfice net de 5,6 milliards d'euros, en hausse de 73,5 % sur 2005, pour un chiffre d'affaires de 58,9 milliards d'euros (+ 15,4 %). Si l'on en retire les éléments non récurrents, et notamment la vente du producteur d'électricité brésilien Light, le résultat net courant atteint 4,2 milliards en progression de 47,3 %. Le groupe présidé par Pierre Gadonneix affiche un résultat brut d'exploitation (Ebitda) de 13,9 milliards d'euros après avoir enlevé une provision de 470 millions. Celle-ci est destinée à financer le tarif transitoire de retour voté pour deux ans par le Parlement au profit des entreprises ayant subi de plein fouet la hausse des prix de l'électricité sur le marché libre. Sur deux ans (2007-2008), ce mécanisme qui leur permet d'avoir des prix n'excédant pas 30 % du tarif régulé (fixé par l'Etat) coûtera entre 1 et 1,5 milliard à EDF.
Le groupe indique que sa trésorerie disponible (11,2 milliards d'euros) a permis de relancer les investissements à hauteur de 5,9 milliards et de mettre de côté 2,8 milliards pour financer le démantèlement des installations nucléaires. Ce dernier pèsera lourdement dans les comptes après 2020 ou 2030, quand il faudra " déconstruire " les premières centrales (Fessenheim, Bugey, Dampierre et Gravelines). L'endettement a été ramené à 14,9 milliards fin 2006 (- 19,7 %). Le conseil d'administration proposera à ses actionnaires un dividende pour 2006 de 1,16 euro par action (+ 47 %).
Ces résultats s'inscrivent, selon le PDG d'EDF, " dans un contexte d'évolution modérée des tarifs en France ". Le gouvernement a donné son feu vert à une hausse de 1,7 % au 1er août, mais l'accord passé entre l'Etat et l'entreprise publique (à 87 %) prévoit que ces tarifs ne devront pas progresser plus vite que l'inflation d'ici à 2010. En revanche, EDF a profité des " prix élevés de l'énergie en Europe ", constate M. Gadonneix. Et donc des bons résultats de ses filiales étrangères. Détenue à 45 %, la filiale allemande, EnBW, a enregistré un profit record de 1 milliard, deux fois supérieur à celui de 2005.
En Grande-Bretagne, EDF Energy a connu une croissance du chiffre d'affaires de 24,5 %. Mais les prix sont très volatils et sur le marché le plus concurrentiel d'Europe. Il faut beaucoup investir dans le commercial pour arracher des clients (450 000 nouveaux comptes en 2006).
En Italie, après le rachat partiel du numéro 2 de l'énergie Edison conclu en mai 2005, la hausse des ventes d'électricité et l'augmentation des prix de l'énergie ont profité à EDF.
Que peut faire le groupe public de ses capacités d'investissement retrouvées ? Il s'est engagé vis-à-vis de l'Etat à investir 40 milliards d'euros sur la période 2006-2010. Entre 2006 et 2008, 12 milliards seront consacrés à la construction ou à la modernisation de centrales, de lignes à haute tension et de réseaux de distribution, 6 milliards au développement de ses filiales européennes, 8 milliards aux services à l'énergie, à un renforcement des approvisionnement en gaz et à l'éolien.
Restent au moins 14 milliards d'euros. Pour de la croissance externe ? Depuis le rachat d'Edison, M. Gadonneix s'est mis en retrait du grand jeu de la consolidation du secteur énergétique en Europe.
L'allemand E.ON est en passe d'absorber l'espagnol Endesa pour constituer le numéro 1 de l'énergie en Europe (hors pétrole). L'espagnol Iberdrola s'est lancé à l'assaut de Scottish Power et l'italien Enel a les moyens de faire de grosses acquisitions. Tout comme le numéro 2 allemand, RWE, qui a cédé des activités dans l'environnement (eau...) sans avoir pour autant réinvesti dans l'énergie.
" EDF entend prendre part au renouveau de l'énergie nucléaire dans le monde ", s'est contenté de confirmer M. Gadonneix, qui était récemment en Chine pour en discuter. Le groupe vise aussi les marchés américain et européen. En Grande Bretagne, EDF Energy est prêt à construire et à exploiter une centrale nucléaire dotée de l'EPR, le réacteur
[dit] de troisième génération, dans une dizaine d'années.

 

La Tribune, 21/2/07:
Bond de 75% du bénéfice net d'EDF en 2006


Une centrale nucléaire EDF en Grande-Bretagne d'ici dix ans

LONDRES (15/2/2007 ) - EDF Energy construira sa première centrale nucléaire en Grande-Bretagne d'ici dix ans si tout se déroule conformément à ses plans, a déclaré dans une interview à Reuters le directeur général de la filiale britannique d'EDF, Vincent de Rivaz. "EDF livrera sa première centrale nucléaire en Grande-Bretagne avant Noël 2017 parce que le moment sera propice", a-t-il indiqué. "Ce sera le moment critique pour la production d'électricité. Sans elle, plus de lumière." Environ 20% de l'électricité consommée en Grande-Bretagne est d'origine nucléaire - contre 80% en France - mais la plupart des centrales britanniques, qui arrivent en fin de vie, doivent être retirées du service au cours des dix prochaines années. De Rivaz s'est également dit convaincu de pouvoir utiliser uniquement des financements privés pour la nouvelle centrale. Le gouvernement britannique doit publier le mois prochain un "livre blanc" sur l'énergie. Dans son projet, il devrait souligner la nécessité d'améliorer les rendements énergétiques, d'utiliser davantage les sources d'énergie renouvelables - notamment l'énergie éolienne et les biocarburants - et de construire de nouveaux réacteurs nucléaires.


Le consortium Alstom-Iberdrola remporte le contrat de modernisation d'une centrale nucléaire au Mexique

MEXICO (13 février 2007) - Le consortium franco-espagnol Alstom-Iberdrola a remporté un contrat de 605 millions de dollars (467 millions d'euros) pour la modernisation de l'unique centrale nucléaire du Mexique, a annoncé lundi le gouvernement mexicain. Le consortium sera chargé de moderniser plusieurs systèmes de la centrale, dont la turbine génératrice, a précisé dans un communiqué la Commission fédérale de l'électricité mexicaine. Selon le communiqué, ces travaux augmenteront de 20% la production de la centrale située dans l'Etat de Veracruz, dans le Golfe du Mexique. Le site assure actuellement 2,85% de la production électrique du Mexique.

 

 

Areva signe un contrat de 5 milliards de dollars en Chine

PEKIN (13/2/2007 ) - Le groupe français Areva a remporté un contrat estimé à cinq milliards de dollars (3,85 milliards d'euros) pour la fourniture à la Chine de deux réacteurs nucléaires, déclare un responsable de l'organisme nucléaire officiel chinois.
Les deux réacteurs, qui seront installés dans le sud de la Chine et doivent être achevés vers 2013, auront une capacité de production totale de 3,2 giga watts. Les modalités définitives du contrat n'ont pas encore été arrêtées, a ajouté ce responsable.
Pékin avait préféré, à la fin de l'an dernier, le concurrent américain d'Areva Westinghouse pour la construction de quatre réacteurs nucléaires dans les provinces côtières après une procédure d'appel d'offres qui s'est étalée sur plus de deux années.
Mais la Chine a ajouté deux réacteurs à l'offre initiale et réparti les contrats entre les concurrents, a précisé ce responsable, qui a souhaité garder l'anonymat.
"Les accords de ce type sont plus politiques qu'économiques", a-t-il ajouté.
Des analystes ont insisté aussi sur la dimension politique du contrat, Pékin cherchant selon eux à apaiser ses relations avec les Etats-Unis, sans s'aliéner la France, un pays ami de longue date.
"Je ne pense pas que la technologie soit la préoccupation clé. C'est une question d'équilibre politique. Les Chinois ne veulent pas contrarier les Français qui construisent depuis longtemps des réacteurs sur place", estime Yang Fuqiang, qui dirige le bureau chinois de l'Energy Foundation américaine.
Les deux réacteurs d'Areva seront construits à Yangjiang, dans la province de Guangdong, et utiliseront la technologie de troisième génération EPR.
Westinghouse, contrôlé par le conglomérat japonais Toshiba, a remporté des contrats pour la construction de deux réacteurs dans la province de Shandong (côte Est) et deux autres dans la province de Zhejiang, qui borde Shanghaï.
Ces contrats représentent une capacité totale de quatre giga watts et leur montant total est évalué entre six et sept milliards de dollars.
NUCLEAIRE EN POINTE
La Chine a tout spécialement mis en place une entreprise publique chargée du transfert de technologie nucléaire, un élément clé des deux accords, précise la même source.
Pékin prévoit de consacrer près de 50 milliards de dollars à la construction d'une trentaine de réacteurs nucléaires d'ici 2020, pour porter sa capacité nucléaire installée à 40 giga watts, presque assez pour répondre aux besoin d'un pays comme l'Espagne.
Cette nouvelle capacité nucléaire représenterait environ 4% de la production énergétique totale de la Chine, contre autour de 2,3% actuellement, encore bien loin des 75% de la France et des 25% du Japon.
La Chine dispose de neuf réacteurs nucléaires en activité mais a cherché à se procurer de la technologie dans ce domaine partout dans le monde, notamment au Canada et en Russie, pour développer cette industrie nationale et la voir rivaliser un jour avec celle du charbon en termes de savoir faire.
Le transfert de technologies a été un point délicat dans les négociations sur les réacteurs, qui ont traîné depuis 2004, et Pékin a déclaré en décembre dernier avoir choisi Westinghouse en partie en raison de questions liées à une localisation de technologie sur place.
Areva s'est dit prêt dans le passé à des transferts de technologies mais un porte parole du groupe a refusé de commenter le dossier.
"Les discussions sont en cours et nous ne commenterons pas les détails de ces discussions", a-t-il expliqué.
Des sources proches du dossier avaient déclaré récemment qu'Areva et EDF, premier producteur mondial d'énergie nucléaire, étaient bien placées pour la vente de ces réacteurs EPR, EDF étant pressenti pour l'ingénierie.
Un porte-parole d'Areva a déclaré que les discussions se poursuivaient et n'a pas voulu faire de commentaire sur le détail de ces discussions.
EDF a déclaré que la position du groupe n'avait pas varié depuis la semaine dernière, quand il disait prévoir des réunions techniques avec son partenaire chinois CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Corp) dans les semaines à venir et prédisait une coopération plus étroite avec lui dans les prochains mois.
L'action Areva progresse de 0,98% à 671,5 euros mardi vers 13h00 GMT à la Bourse de Paris, dont l'indice Cac 40 avance de 0,22%. EDF gagne 0,72% à 56,10 euros.

Chen Aizhu


L'Afrique du Sud va construire une deuxième centrale nucléaire

AFRIQUE DU SUD (12 février 2007) - L'Afrique du Sud, unique pays africain qui possède une centrale nucléaire, va en construire une deuxième afin de répondre à ses besoins croissants en électricité, a annoncé lundi le gouvernement. "La décision de construire une deuxième centrale a été prise", a déclaré Alec Erwin, ministre du Commerce et de l'Industrie au cours d'un point de presse au Cap (sud-ouest). "Nous espérons annoncer une décision sur le groupe retenu au cours du premier trimestre de cette année", a-t-il ajouté.
L'Afrique du Sud dispose d'une centrale nucléaire située à Koeberg, dans la banlieue du Cap, qui produit environ 6% de l'électricité du pays.
La technologie utilisée pour la nouvelle centrale, qui sera construite dans le sud du pays et devra produire plus d'un millier de megawatts, sera de type conventionnel, selon le ministre.
"La plupart de ces technologies utilisent de l'uranium enrichi entre 2 et 6%", a-t-il ajouté.
L'Afrique du Sud, qui produit de l'uranium mais importe son uranium enrichi de France, continuera d'acheter le carburant nécessaire au fonctionnement de la centrale sur le marché international. Mais cela pourrait changer dans l'avenir, selon M. Erwin.
"Etant donné que l'Afrique du Sud est un producteur clé d'uranium (...) Nous devons réfléchir à la manière d'approvisionner nos centrales", a-t-il ajouté, précisant que le gouvernement avait classé l'uranium comme "minerai stratégique" et allait en développer l'extraction.
Le gouvernement a annoncé l'an dernier qu'il testait la viabilité d'un programme d'enrichissement, en soulignant qu'il n'avait pas l'intention de développer d'armes nucléaires.
Pretoria a démantelé son armement nucléaire au début des années 1990 durant la transition du régime d'apartheid à la démocratie.
L'Afrique du Sud, qui a défendu le droit de l'Iran d'enrichir de l'uranium à des fins pacifiques, est membre de l'Agence internationale pour l'énergie atomique et signataire du Traité de non prolifération nucléaire.
M. Erwin a ajouté que le nucléaire faisait partie d'un éventail visant à sécuriser l'approvisionnement énergétique d'un pays récemment touché par d'énormes pannes d'électricité, notamment à Johannesburg et au Cap.


Poutine propose à l'Arabie saoudite l'aide de Moscou en matière nucléaire

RYAD (12 février 2007) - Le président russe, Vladimir Poutine, a proposé lundi à l'Arabie saoudite une coopération dans le domaine du nucléaire et s'est engagé à consolider les relations de Moscou avec le monde islamique, au terme de sa première visite officielle dans cette monarchie alliée des Etats-Unis.
M. Poutine a cité "le développement de l'énergie atomique" comme l'un des vecteurs potentiels de coopération entre Moscou et Ryad, selon une traduction en arabe de ses propos en russe devant des hommes d'affaires des deux pays. Il n'a fourni aucun détail.
Sa proposition, faite au deuxième jour d'une tournée au Moyen-Orient destinée à renforcer les relations de Moscou avec trois pays alliés traditionnels de Washington (Arabie, Qatar et Jordanie), survient deux mois après l'annonce par les six monarchies pétrolières du Golfe de leur volonté de développer la technologie nucléaire à des fins civiles.
La Russie construit actuellement un réacteur nucléaire en Iran sur fond de controverse entre Téhéran et les Etats-Unis, qui soupçonnent la République islamique de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ce que l'Iran nie.
"La Russie est déterminée à renforcer la coopération avec le monde islamique", a déclaré M. Poutine devant ce forum d'hommes d'affaires russes et saoudiens.
En le recevant dimanche soir, le roi Abdallah l'avait salué comme "un homme de paix" et de "justice", confirmant le rapprochement très net des deux pays, les deux principaux producteurs de pétrole du monde. [...]

Lydia GEORGI


Israël construirait une centrale nucléaire à des fins civiles

Jérusalem (11 février 2007) - Israël envisage de construire une centrale nucléaire pour produire de l'électricité, a indiqué le PDG de la Compagnie israélienne d'électricité, Uri Ben-Nun, cité dimanche par le site Internet du quotidien Haaretz. M. Ben-Nun a précisé avoir été informé de cette éventualité par le directeur de l'Agence pour l'énergie nucléaire, Gidéon Frank, seule instance israélienne habilitée à mettre en oeuvre un tel projet. Si l'Agence pour l'énergie nucléaire retient effectivement ce projet, il lui faudra encore obtenir le feu vert du gouvernement. L'Agence pour l'énergie nucléaire tente depuis de nombreuses années de promouvoir la construction d'une telle centrale, et a même affecté à cette fin un terrain dans le désert du Néguev (sud d'Israël). Le coût de construction de cette centrale est estimé à 1,5 milliard de dollars. Israël dispose déjà d'une centrale nucléaire créée à la fin des années 1950 avec l'aide de la France à Dimona dans le désert du Neguev (sud d'Israël). Le réacteur est entré en service en 1964, mais ses activités sont restées secrètes. Un important laboratoire de recherches nucléaires existe par ailleurs à Nahal Sorek, au sud de Tel-Aviv. L'État hébreu adopte au sujet de l'arme atomique une politique ambiguë, refusant de confirmer ou démentir la posséder. Toutefois les experts étrangers estiment qu'il a déjà entreposé au moins 200 ogives nucléaires pouvant équiper des missiles de longue portée. Israël n'est pas signataire du Traité de non-prolifération nucléaire entré en vigueur en 1970.

 

 

www.investir.fr, 6/2/2007: 

EDF: des ambitions dans le nucléaire britannique

Alors que le gouvernement britannique s'apprête à faire le point sur sa politique énergétique, EDF a pour projet de participer à la reconstitution du parc de centrales nucléaires en Grande-Bretagne (qui fournit 20% de l'énergie du pays).
Les ambitions du numéro un français de la production, de la commercialisation et de la distribution d'électricité vont même au-delà. La filiale britannique EDF Energy souhaite en effet mettre en service la premier réacteur " nouvelle génération " aux alentours de 2017. Vincent de Rivaz, directeur général d'EDF Energy, a indiqué au quotidien les Echos, " nous voulons détenir dans notre portefeuille des nouvelles centrales nucléaires britanniques, et si possible la première d'entre elles ".
L'enjeu est important, il s'agira de substituer une puissance d'environ 10.000 mégawatts qui chutera dès 2011. Cela représente l'équivalent de 7 centrales de type EPR, modèle qui sera proposé au gouvernement britannique. Selon les Echos, le prix de construction du premier réacteur de troisième génération approche les 3,3 milliards d'euros. Argument de poids, EDF promet de se charger du financement.
Le projet en est à ses balbutiements, toutefois Vincent de Rivaz indique, "nous sommes engagés dans des discussions avec les propriétaires des sites actuels ". Le processus sera long, les procédures d'agrément préalable et d'évaluation environnementale devant prendre trois ans, et l'accord final deux ans.
EDF n'est par ailleurs pas seul sur le dossier. British Energy, l'opérateur nucléaire britannique qui détient les terrains cibles, se positionne naturellement. Les compagnies allemandes E.ON et RWE, ainsi que Centrica, le gestionnaire de British Gas, ont manifesté leur intérêt.

 

 

Le Figaro, 3 février 2007:

Nucléaire chinois: la filière française veut s'engouffrer

La commande pour Areva en Chine de deux réacteurs de troisième génération peut aussi être une bonne affaire pour EDF.
 
APRÈS la signature par Areva d'un protocole d'accord visant à fournir deux réacteurs de troisième génération EPR (lire nos éditions du 1er février), c'est toute la filière nucléaire française qui se met en branle en Chine. En ordre plus ou moins dispersé, chaque acteur souhaitant évidemment avancer en premier ses pions.
 
Ainsi, Pierre Gadonneix, le président d'EDF, sera-t-il en Chine la semaine prochaine. Lui aussi partenaire de CGNPC - le groupe énergétique chinois avec lequel Areva a traité directement -, l'électricien français aimerait évidemment tirer parti de cette commande. S'il n'est pas question de construire des EPR - c'est le domaine d'Areva -, en revanche EDF pourrait naturellement prétendre à un rôle d'architecte-assemblier, c'est-à-dire de maître d'oeuvre. Avec quelques références en la matière, puisqu'il a rempli cette mission dans le cadre de la construction des centrales de Daya Bay (en service depuis 1994) et Ling Ao (2002).
 
« Mais ce ne sera pas facile, car on voit mal, sur un projet d'une telle ampleur, comment la Chine renoncerait à piloter les opérations », souligne un bon connaisseur du secteur. D'autant que si, fin 2006, Pékin avait confié (au détriment d'Areva) la construction de quatre réacteurs de troisième génération à l'américain Westinghouse, c'est précisément parce que ce dernier avait accepté d'emblée de renoncer à un rôle de maître d'oeuvre. Pour autant, le métier d'architecte-assemblier est loin d'être le seul volet dans ce dossier dont EDF peut espérer tirer parti. Un chantier comme l'EPR est en effet extrêmement gourmand en compétences d'ingénierie : or EDF, par son expertise dans le nucléaire (19 centrales en France et la perspective d'un EPR à Flamanville, dans la Manche), représente un interlocuteur incontournable pour les autorités chinoises. Autre domaine éventuel d'intervention : le réseau de transport d'électricité, souvent vétuste en Chine, qu'un chantier nucléaire implique de construire et/ou de moderniser. Par ailleurs, EDF a déjà fait part de son intérêt d'être un partenaire financier dans le cadre du développement nucléaire chinois. Les pistes de travail ne manquent donc pas pour Pierre Gadonneix, même s'il faudra nécessairement du temps, comme souvent en Chine, pour les explorer.
 
Sous-traitance pour les turbines
 
En attendant, Areva et EDF ne sont pas les seuls groupes français à vouloir investir sur le nucléaire chinois. Alstom, qui fabrique des turbines pour l'EPR (il a d'ailleurs été retenu à Flamanville), est lui aussi concerné au premier chef. En Chine, le conglomérat industriel participe aux appels d'offres de manière séparée. De telle sorte qu'il est candidat à la construction de turbines pour le compte de l'AP-1000, le réacteur de troisième génération de Westinghouse. Des fabricants chinois aussi sont sur les rangs. L'expérience montre, s'ils sont retenus, qu'ils n'hésitent pas à sous-traiter ensuite à des groupes étrangers.

F. M.

 

Le Figaro, 1/2/2007: 

Areva signe à son tour son contrat du siècle en Chine

Le groupe français va livrer deux réacteurs de troisième génération EPR à la Chine.

SPECTACULAIRE revirement de situation pour Areva en Chine. Voilà tout juste un mois, le groupe français, leader mondial du nucléaire, perdait officiellement le marché des quatre réacteurs de nouvelle génération. Pékin, après des mois de suspense, choisissait finalement l'américain Westinghouse et sa technologie AP-1 000. Mais selon nos informations, Areva est finalement parvenu à se tailler une place de choix dans ce pays clé pour le développement de l'industrie nucléaire.

Présente en Chine en fin de semaine dernière, Anne Lauvergeon, la présidente du directoire, a signé un protocole d'accord du même type que celui ratifié par Westinghouse, portant sur la livraison de deux réacteurs de troisième génération EPR. Même si aucun montant n'a filtré, il faut savoir que le coût du prototype EPR construit actuellement en Finlande par Areva s'établit sur la base d'environ 3 milliards d'euros.

Là où son concurrent américain était passé par le biais d'un accord politique entre Pékin et Washington, Areva a traité directement avec CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Corp.), l'un des principaux électriciens nucléaires chinois, basé dans le Guangdong. Interrogé hier soir, le groupe français s'est refusé au moindre commentaire. Rôle capital de l'Élysée. Quoi qu'il en soit, cet accord est un succès spectaculaire pour Areva. Il couronne d'abord la persévérance d'Anne Lauvergeon dans ce dossier. Même après l'échec du mois dernier, la patronne du numéro un mondial du nucléaire continuait d'affirmer que la Chine restait une zone prioritaire pour son groupe.

Cette signature récompense également la stratégie offensive de l'Élysée. Lors de son dernier voyage en Chine, fin 2005, Jacques Chirac avait pesé de tout son poids dans la bataille Areva-Westinghouse. En affirmant notamment à ses homologues chinois, soucieux que leur industrie soit présente tout au long de la chaîne nucléaire (de l'amont à l'aval du cycle) qu'il n'était pas question que la France ouvre la voie à une coopération en matière de traitement-recyclage des combustibles usés si l'EPR n'était pas retenu.

Autrement dit, soit il y avait un accord global, soit il n'y avait pas d'accord. Dans un premier temps, Pékin a donc semblé sourd aux exigences de l'Élysée. Mais il ne l'est pas resté longtemps : l'accord entre Areva et CGNPC prévoirait la mise sur pied d'un partenariat global, incluant ainsi la fourniture d'uranium. «Sans Chirac, jamais Areva n'aurait pu prendre la main», résume un bon connaisseur du dossier.

Il est encore trop tôt pour dire quand exactement ces deux EPR chinois seront opérationnels. Une certitude toutefois : au-delà de ses retombées économiques, cet accord est capital pour l'image d'Areva, vivement critiqué voici un mois après l'épilogue de ce que les professionnels de la filière appelaient «le marché nucléaire du siècle». Ce succès pourrait aussi bénéficier à EDF, CGNPC souhaitant s'appuyer sur le retour d'expérience de l'EPR de Flamanville pour construire ses réacteurs nucléaires de nouvelle génération.

 

 

Boursorama, 24/1/2007:

EDF: commande à Areva une chaudière nucléaire.

(Cercle Finance) - EDF passe une commande auprès d'Areva pour l'achat d'une chaudière nucléaire du futur EPR de Flamanville dans la Manche. Il s'agit du dernier des grands contrats passés pour la construction du réacteur EPR "Flamanville 3". Le coût de l'investissement dans l'EPR est estimé à 3,3 milliards d'euros. Le chantier est lancé depuis l'été dernier. Les travaux de construction du réacteur devraient débuter à la fin de l'année 2007.
La construction du futur EPR s'inscrit dans le programme de relance des investissements du Groupe
avec la mise en service en France de 5 000 MW [???] de capacités de production supplémentaires d'ici 2012.

La Russie soutiendra l'Algérie dans le nucléaire

Pour développer l'énergie nucléaire en Algérie, Chakib Khelil et son homologue russe Victor Khristenko ont signés un « mémorandum d'entente et de coopération » dans l'énergie.

23 janvier 2007 - Le ministre russe s'est dit satisfait que l'Algérie et la Russie se soient mises d'accord sur le principe de développer, dans le futur, une coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire, rapporte l'AFP. Pour la coopération dans le domaine du nucléaire, qui interviendra dans le cadre du mémorandum, le ministre russe a souligné que les deux parties lanceront « des contacts entre les experts des deux pays pour étudier les possibilités de coopération bilatérale et déterminer les sphères d'une éventuelle coopération.
L'Algérie dispose, rappelle-t-on, de deux réacteurs nucléaires expérimentaux en activité depuis 1995 à Draria (Alger) et Aïn Ouessara (centre-sud) sous la garantie de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA). Le président Abdelaziz Bouteflika avait défendu le 9 janvier dernier, lors d'une conférence régionale africaine sur le nucléaire, le droit de l'Afrique à « tirer profit des progrès scientifiques et technologiques enregistrés dans le domaine nucléaire » civil.
Pour en revenir au mémorandum signé entre les deux pays, M. Khelil a indiqué qu'il permettra d'assurer le suivi de projets communs à toutes les étapes de la chaîne d'exploration, de production, de commercialisation et de transport des hydrocarbures. Le ministre de l'Energie et des Mines avait également annoncé, auparavant, qu'il donnerait « le plus tôt possible » son autorisation pour développer un champ gazier à Illizi (Sahara), découvert en association avec la Sonatrach et les sociétés russes Rosneft-Stroytransgaz.

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D'après le Jeune Indépendant

 

La Jordanie veut son propre programme nucléaire "pacifique"

JERUSALEM (19 janvier 2007) - Pour la première fois, le roi Abdallah II de Jordanie déclare publiquement dans une interview publiée vendredi par un quotidien israélien que son pays souhaitait se doter d'un programme nucléaire "pacifique". Abdallah dont le royaume désertique borde Israël avec lequel Amman a signé un accord de paix souligne dans "Haaretz" que son pays voulait un programme nucléaire "à des fins pacifiques" et discutait déjà avec les pays occidentaux de ce projet. "Les règles régissant la question nucléaire ont changé pour toute la région", note le souverain hachémite, notant au passage que l'Egypte et plusieurs pays du Golfe ont fait savoir leur désir de se doter d'un programme nucléaire. Bien que la Jordanie veuille un Proche-Orient exempt d'armes nucléaires, "tous les souhaits que nous avions sur cette question ont changé", souligne-t-il.

 

 

EDF discute nucléaire en Lituanie

15/1/2007 - EDF n'exclut pas d'investir dans un projet de centrale nucléaire dans les pays baltes, ont assuré des responsables du gouvernement lituanien, même si l'électricien français a souligné qu'il était bien trop tôt pour s'engager sur quoi que ce soit. La Lituanie, l'Estonie et la Lettonie projettent de construire une centrale de 800-1.600 mégawatts d'ici 2015. "Ils (EDF) ont dit qu'ils aimeraient investir dans le projet", a déclaré Birute Vesaite, chef de la commission parlementaire des affaires économiques après un entretien avec Bruno Lescoeur, directeur général adjoint d'EDF chargé de l'international. De source proche du ministère de l'Economie lituanien, on déclare qu'EDF a envisagé comme option de devenir "actionnaire" du projet de centrale à Ignalina, en Lituanie. Lescoeur a toutefois déclaré à Reuters qu'il était "bien trop tôt" pour évoquer des propositions concrètes. EDF est le premier opérateur mondial de centrales nucléaires. "Le but de ma visite était de comprendre ce qui se passe en Lituanie et dans la région, et quelle aide nous pourrions offrir au développement de ce type d'énergie", a-t-il dit. Un autre groupe français, Areva a également été mentionné par des responsables lituaniens comme un fournisseur potentiel de réacteurs pour la centrale, dont le coût est évalué entre 2,5 et 4 milliards d'euros. La Lituanie n'exclut pas de doubler la capacité de la centrale à 1.600-3.200 megawatts si la Pologne rejoint les pays baltes sur ce projet, ce qui est attendu. L'ancienne centrale d'Ignalina retrouverait alors sa capacité d'origine, avant la fermeture de son premier réacteur à la fin de l'année 2004. Le dernier réacteur, de conception soviétique, de la centrale doit fermer en 2009, selon le plan conclu entre Bruxelles et la Lituanie avant que celle-ci n'intègre l'Union européenne en mai 2004.

 


La Croix, 8/01/2007:
L'Europe prône le nucléaire contre l'effet de serre

 

 

La Tribune, 5/1/07:

L'Australie va fournir de l'uranium à la Chine

Les réserves australiennes d'uranium font partie des plus importantes du monde. La Chine a besoin de 8000 tonnes d'uranium d'ici à 2020 pour nourrir son vaste programme nucléaire.
L'Australie a ratifié un accord avec la Chine pour exporter de l'uranium destiné à l'alimentation du gigantesque programme d'électricité nucléaire de Pékin. Il entrera en vigueur dans trente jours, a indiqué dans un communiqué le ministre australien des Affaires étrangères, Alexander Downer. "Les quantités et le rythme des exportations vont faire l'objet de négociations commerciales", a-t-il également déclaré. Ce marché devrait rapporter environ 250 millions de dollars (143 millions d'euros) par an à l'Australie, qui détient les plus importantes réserves au monde d'uranium. La Chine a annoncé un programme de construction de 28 réacteurs nucléaires et un besoin annuel en uranium d'ici 2020 de 8.000 tonnes. Dans ce cadre, elle vient récemment de passer un gros contrat à l'américain Westinghouse (désormais détenu par le japonais Toshiba) aux dépends du champion français du nucléaire Areva, déjà présent en Chine. L'accord avait été finalisé en avril lors d'une visite en Australie du Premier ministre chinois Wen Jiabao, au terme de 12 mois de négociations sur les garanties d'une utilisation pacifique de l'uranium. Par cet accord, la Chine s'est engagée à respecter la réglementation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ainsi que les principes du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

 

Webmanagercenter, 20/12/2006:

La Tunisie signe un accord de partenaire avec la France dans le domaine nucléaire

Nous avons appris que la Tunisie et la France ont récemment signé un accord de coopération dans l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire. Selon le site web www.leblogfinance.com, l'accord couvre notamment la protection environnementale, le traitement des déchets nucléaires et la production énergétique. Et notre source de citer M. Taïeb Hadhri, ministre tunisien de la Recherche scientifique, de la Technologie et du Développement des  compétences : ''Avec la signature de cet accord, la Tunisie est entrée dans une nouvelle étape de la recherche et du développement de l'énergie  nucléaire''. ''Souffrant d'une insuffisance en ressources pétrolières, la Tunisie attache de l'importance à l'exploitation de l'énergie nucléaire ainsi que de ressources alternative et recyclables'', écrit notre source, qui rappelle également qu'en mars et novembre de cette année, le président Ben Ali avait convoqué deux sessions du Conseil des ministres pour étudier les questions énergétiques en vue d'établir une stratégie en faveur de la recherche et du développement de l'énergie nucléaire. Cette information nous a été confirmée par une source du ministère de la Recherche scientifique eu du Développement des Compétences. Il faut également dire que la France, à travers le leader mondial du secteur, en l'occurrence AREVA, est très active au niveau du Maghreb depuis que les pays de la région ont manifesté leur intérêt pour le développement du nucléaire civile.  

 

 

Les Echos, 14 décembre 2006

Le prix de l'uranium a grimpé de 80 % depuis début 2006

L'inondation de la mine en construction de Cigar Lake, dans l'Etat canadien du Saskatchewan, le 23 octobre a mis en évidence l'extrême fragilité et le caractère exigu du tissu productif du combustible de l'énergie nucléaire. Le marché du gâteau jaune - ainsi se présente-t-il dans sa forme première -, continue de se tendre après la fermeture de ce site. Appartenant pour moitié à Cameco, qui en est également l'opérateur, et à 37 % à Areva Resources Canada (anciennement Cogema Resources Inc.), filiale minière locale du groupe Areva, Cigar Lake est le gisement non exploité d'oxyde d'uranium le plus riche au monde avec des réserves prouvées et probables supérieures à 232 millions de livres.

Dans un communiqué de la fin novembre, Cameco a annoncé qu'aucune information détaillée sur les coûts et le calendrier de la remise en fonction des activités inondées ne serait donnée avant février 2007. Prévu pour le début 2008, le début de l'exploitation de la mine va certainement être retardé. JP Morgan estime que la perte de production en 2008 pourrait s'élever à 2.700 tonnes, volume correspondant à environ 5,7 % de l'offre globale. La mine, dont la durée de vie est comprise entre deux et trois décennies, est censée connaître un pic de production autour de 2011, avec 6.900 tonnes d'uranium naturel (quelque 16 % de l'offre primaire courante, pour la banque d'affaires américaine).

Entre-temps, l'état de grâce retrouvé de l'énergie nucléaire civile un peu partout dans le monde se poursuit. Les réacteurs nucléaires en fonction sont au nombre de 442 ; 62 autres sont déjà budgétés et 160 supplémentaires proposés. Selon JP Morgan, la demande mondiale devrait croître de 1,7 % cette année, à 64.864 tonnes.

Hausse de la demande

Les experts australiens chez Abare tablent, eux, sur une hausse de la demande mondiale de 1,5 % en rythme annuel d'ici à 2015 et de 1,6 % entre 2015 et 2030. La production totale (primaire et secondaire), elle, a cessé d'augmenter en 2006, en se repliant de 4,8 %, à 60.062 tonnes. Les économistes de la banque estiment que les termes du marché ne se rapprocheront pas avant 2009.

D'ici là, le cours de l'oxyde d'uranium devrait progresser sans relâche : de 65,50 dollars actuels par livre, on passerait à une moyenne de 90 dollars en 2007 et de 86 dollars en 2008, anticipe JP Morgan. L'ensemble des analystes s'accordent à dire que la hausse de ce métal est loin d'être terminée en dépit de l'envol enregistré depuis le début de 2006 : + 80,1 %

Le prix de l'uranium a grimpé de 80,1 % depuis début 2006.

Depuis le dernier palier de la fin 2000 (7,10 dollars la livre), le prix de cet oxyde a été multiplié par plus de neuf. « Le marché de l'uranium est caractérisé par une consommation non élastique qui a excédé la production minière dans de larges proportions au cours des deux décennies passées, faisant chuter les réserves du produit fini. L'uranium est la seule ressource minérale avec un tel déséquilibre entre production et consommation et une dépendance si importante des stocks », résume George Assie, vice-président senior de Cameco en charge du marketing et du développement.

Un seul facteur pourrait perturber cet environnement de marché : la vente par le département américain de l'Energie d'une partie de ses réserves stratégiques d'uranium naturel. Réserves qui se chiffrent à 61.000 tonnes. En août, ce ministère a proposé de mettre en vente 2.500 tonnes par an. Les producteurs ligués dans l'Association des producteurs américains d'uranium, dont une filiale de Cameco (Power Resources), souhaitent que les ventes officielles soient limitées à 1.200 tonnes entre 2007 et 2013, puis à 2.400 tonnes de 2014 à 2016.

 

 

Hitachi réfléchit à une usine dans le nucléaire aux Etats-Unis

TOKYO (11/12/2006) - Hitachi a annoncé examiner la possibilité de construire une usine dédiée à l'assemblages de réacteurs nucléaires aux Etats-Unis, ce alors que les acteurs de ce secteur se préparent au repositionnement de Washington sur ce type d'énergie.
La direction du groupe japonais estime que la localisation d'un site de production hors de ses frontières serait nécessaire au cas où Hitachi remporterait des contrats, a déclaré sa porte-parole, Setsuko Minamikawa, avant de préciser qu'aucune décision concrète n'avait encore été prise.
Le quotidien économique Nihon Keizai a rapporté dimanche qu'une nouvelle usine construite par Hitachi pourrait voir le jour dès 2009. Selon lui, une telle initiative renforcerait sa compétitivité et l'aiderait à mieux remporter ses appels d'offres.
ALLIANCES
Hitachi a fait état le mois dernier du renforcement de son alliance avec General Electric afin de faire front ensemble à la concurrence sur un marché en plein essor.
Le groupe anticipe la construction d'une centaine de centrales nucléaires dans le monde avant vingt ans.
Cette stratégie est intervenue un mois après l'annonce d'une coopération entre le français Areva, premier producteur mondial de réacteurs nucléaires, et le japonais Mitsubishi Heavy Industries. Un autre japonais, Toshiba, vient de son côté de mettre la main sur l'américain Westinghouse pour 4,2 milliards de dollars.
Hitachi et GE se sont positionnés sur la construction d'une centrale au Texas pour le compte de l'américain NRG Energy. Le site pourrait figurer parmi les premières centrales nucléaires de nouvelle génération aux Etats-Unis, territoire sur lequel aucune nouvelle centrale n'a été construite depuis trente ans.
Kazuo Furukawa, président d'Hitachi, a fait savoir que son groupe s'était fixé pour objectif de remporter la construction d'au moins un tiers des 25 centrales nucléaires que le département américain de l'Energie veut voir livrées en 2020. Le titre Hitachi a progressé de 0,29% pour clôturer à 698 yens lundi à la Bourse de Tokyo.


Projet de centrale nucléaire de 1 000 mW au Zhejiang

10/12/06 - La Chine a annoncé, par un officiel de la China National Nuclear Corporation (CNNC), un projet de construction d'une centrale nucléaire de 1 000 mW dans la province du Zhejiang, sur la côte est. Le bâtiment sera construit sans soutien extérieur à l'initiative de la CNNC, et fera partie du projet d'extension de la centrale nucléaire de Qinshan, toujours au Zhejiang. Des experts ont validé les différentes études de faisabilité. Les analyses concernant la sécurité sur site et le rapport d'évaluation sur les éventuels impacts environnementaux de la centrale ont été soumis au gouvernement central pour examen. La conception du projet nécessitera six ans et plus de 200 millions de yuans (environ 25 millions de dollars), a estimé le P-DG de la CNNC, Kang Rixin. La Chine a commencé à développer son industrie nucléaire à la fin des années 1980 pour faire face à ses pénuries énergétiques chroniques. En mars 2006, le Conseil des affaires d'État a adopté une stratégie pour promouvoir le développement de l'énergie nucléaire, en fixant l'objectif d'une puissance installée totale de 40 millions de kW avant la fin de 2020.

 

 

Maroc: Le réacteur de recherche fin prêt

Le premier réacteur nucléaire de recherche marocain est fin prêt. De type Triga Mark II, il subit actuellement des essais à froid. La partie nucléaire sera déclenchée courant décembre.

Décembre 2006 - Tous les préalables techniques et réglementaires ont été remplis. L'annonce officielle de son lancement est attendue dans les jours qui viennent. Celle-ci est tributaire d'une décision politique, ce qui explique également le retard pris dans la mise en place de ce réacteur.
Installé à 25 km de Rabat, ce dernier relève du Centre national de l'énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN). De technologie américaine, ce réacteur a été acquis par le Maroc auprès de General Atomics pour la somme de 5 millions de dollars (45 millions de DH). A ce montant s'ajoutent les frais d'installation et d'équipement du centre qui l'abrite, fruit d'un financement français sous forme de crédit concessionnel (un tiers accordé sous forme de dons). Ce centre s'étend sur 4.000 m2 et comprend, outre le réacteur, des laboratoires d'application. Le réacteur verra l'implication de quelque 220 personnes (docteurs, ingénieurs, techniciens, agents). Tous ont bénéficié de formations de pointe et dans les quatre coins du globe (USA, France, Chine)
Ce réacteur de deux mégawatts est dédié à la recherche et l'expérimentation. Le pays est encore loin des réacteurs de puissance ou de l'électronucléaire. Son utilité est cependant capitale pour des secteurs comme la médecine, l'eau, l'agriculture et la recherche scientifique.
Triga Mark II servira ainsi à la production des radio-isotopes pour la médecine. Cette technologie entre notamment dans le cadre du traitement du cancer. En matière d'eau, le recours au nucléaire est de mise dans la prospection et l'évaluation des ressources hydrauliques (âge d'eau, rechargeabilité de certaines nappes). Ce procédé permet aussi de lutter contre la pollution marine et fluviale. Pour l'agriculture, cette technologie intervient dans l'optimisation des fertilisateurs en permettant une meilleure sélection des engrais, et à moindre coût. Il aura également un apport quant au contrôle de la qualité de certaines industries (raffineries, sucreries).
L'intérêt principal de ce réacteur réside dans la constitution d'un patrimoine scientifique important, tant en équipements ultra high-tech qu'en savoir-faire technologique. La recherche scientifique en bénéficiera largement. Le réacteur de recherche est ainsi un prélude, une porte d'entrée du Maroc dans ce domaine. En matière de sécurité, les responsables du projet rassurent. Les réacteurs Triga sont renommés pour leur sûreté, car le combustible nucléaire règle automatiquement la puissance, et peut arrêter le réacteur, si nécessaire. Et toutes les options de sécurité et de sûreté du site ont été prises. Les autorisations ont été obtenues. Les audits d'experts internationaux et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont été concluants. Marque de confiance de l'AIEA : c'est au Maroc que les formations sur la radioprotection adressées aux pays africains francophones sont organisées. Le pays est ainsi érigé en centre régional en la matière.
L'empreinte Eisenhower
Le ministre de tutelle l'avait à maintes fois martelé : le Maroc n'a pas besoin, actuellement, de l'énergie nucléaire. Mais rien n'empêche un recours dans les décennies à venir à un réacteur de puissance. Le réacteur de recherche est présenté dans ce sens comme un début. Il existe actuellement 35 réacteurs Triga aux Etats-Unis et autant en dehors du territoire américain (Japon, Italie, Brésil, Iran, Mexique). Fruit de la politique d'Atoms for Peace (le Nucléaire pour la Paix) de l'ancien président américain, Eisenhower, cette technologie avait comme but de faciliter l'accès au nucléaire pour les pays en voie de développement.

L'Economiste - Tarik Qattab

 


Indonésie/Corée du sud: conclusion d'un accord sur un programme  nucléaire

JAKARTA (4 décembre) - L'Indonésie et la Corée du sud  ont conclu lundi à Jakarta un accord préliminaire sur un programme nucléaire conjoint à des fins pacifiques. Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a fait savoir, lors d'une conférence de presse, à l'issue de la rencontre avec  son homologue sud-coréen Roh Moo-hyun, que son gouvernement " prenait au sérieux cet accord". "La coopération dans le programme nucléaire devrait être  traitée de manière sérieuse, afin qu'on puisse connaître tous les  problèmes relatifs aux détails lorsqu'on décidera d'utiliser un  jour l'énergie nucléaire à des fins pacifiques", a-t-il fait remarquer. Pourtant, M. Susilo n'a pas précisé si l'accord préliminaire était en rapport avec la construction de la première centrale du pays à Central Java, projetée par le gouvernement indonésien. L'an dernier, M. Susilo a visité une installation nucléaire sud- coréenne située à Pusan. Le dirigeant indonésien a également affirmé que les deux pays  ont convenu de coopérer dans différents domaines, entre autres,  l'industrie et l'investissement. "Nous explorons la possibilité sur la production conjointe des armements et des équipements militaires", a conclu M. Susilo.

 


Algerie-dz, 27 novembre 2006:

L'Algérie veut développer le nucléaire civil

L'Algérie ambitionne de développer le nucléaire civil pour renforcer la production électrique, annonce le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, qui s'exprimait à l'occasion de la deuxième journée de la Semaine de l'énergie, organisée à Oran.

« L'Algérie possède des gisements d'uranium. A long terme, nous projetons de produire de l'électricité à partir du nucléaire », a précisé Khelil. Le ministre a assuré que ce projet sera réalisé en partenariat avec des groupes étrangers. Sans doute pour rassurer les autres pays sur les intentions algériennes dans le nucléaire, au moment où le dossier du nucléaire iranien focalise les regards de la communauté internationale. Le ministre de l'Energie et des Mines a également rassuré que le partenariat avec les étrangers est une option stratégique de la politique nationale de développement. Un autre message pour les compagnies pétrolières étrangères qui s'inquiètent des réformes algériennes dans le domaine des hydrocarbures. En plus de la nouvelle taxe sur les superprofits, les majors pétroliers attendent en effet la publication des détails de la nouvelle loi sur les hydrocarbures et les amendements apportés par l'ordonnance présidentielle de juillet dernier.
Dans les coulisses de la Semaine de l'énergie, les majors pétroliers tentent aussi de rassurer sur leur présence en Algérie. Le cas d'Anadarko revient souvent dans les discussions. En fait, la compagnie pétrolière américaine serait la plus touchée par l'introduction de la nouvelle loi sur les superprofits pétroliers. Tout dépend de la nature des contrats passés entre Sonatrach et ses partenaires. Tout comme le gouvernement algérien, les compagnies étrangères veulent également rassurer sur leur avenir en Algérie, un pays convoité par les grands consommateurs d'énergie. « Maintenant, ce sont les pays consommateurs qui courent derrière nous pour signer des contrats dans le gaz et le pétrole. Nous sommes en position de force et nous négocions en conséquence », confie un responsable de Sonatrach.
Le commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs a évoqué l'intérêt de l'Union européenne (UE) pour l'Algérie, comme partenaire stratégique et fiable dans le gaz. L'Europe soutient la construction du gazoduc transsaharien entre l'Algérie et le Nigeria. L'Italie, la France et la Russie auraient déjà manifesté leur intérêt pour participer financièrement à la réalisation de ce gazoduc qui fournira entre 20 et 30 milliards de gaz par an à l'Europe à l'horizon 2015. « L'UE va augmenter de 50% ses approvisionnements de gaz à partir de l'Algérie d'ici à 2010. Nous voulons établir un partenariat énergétique fort avec l'Algérie, non seulement dans les énergies fossiles, mais dans les nouvelles énergies. Il est nécessaire d'investir dans ce pays pour développer la production, la commercialisation et trouver de nouvelles énergies ». Le commissaire européen à l'Energie a assuré les Algériens de l'intérêt de l'UE pour le câble électrique sous-marin entre l'Algérie et l'Espagne.

Synthèse de Kahina, algerie-dz.com
D'après le Quotidien d'Oran

 

Marianne, 23/11/2006:

L'Australie sur le chemin du nucléaire

Alors que la Communauté internationale reste perplexe face au développement du nucléaire civil dans plusieurs pays, l'Australie envisage de franchir le pas. Une décision surprenante pour un pays qui a toujours marché au charbon et qui a refusé de ratifier le protocole de Kyoto !
C'est une première au pays des kangourous ! Alors que l'Australie a toujours puisé son énergie dans ses mines de charbon, voici qu'elle vient d'annoncer sa volonté de faire du nucléaire, à terme, sa première source d'énergie
[pour la production d'électricité !]. Pourquoi un tel revirement dans sa politique énergétique serait-on en droit de se demander ? Pour anticiper ses futurs besoins énergétiques et lutter contre la multiplication des gaz à effet de serre affirment les autorités. Voici une bien surprenante nouvelle lorsque l'on sait que l'Australie est le seul pays industrialisé, avec les Etats-Unis, à avoir refusé de ratifier le protocole de Kyoto. Au prétexte que les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre menaçaient la croissance économique du pays. On se souvient aussi des virulentes manifestations lors de la reprise des essais nucléaires français en Polynésie en 1995. Le Premier ministre australien de l'époque, Paul Keating, avait alors déclaré que «  par leurs actions, les Français exprimaient leur mépris pour les pays et les peuples de la région et pour tous ceux qui espèrent et préparent la dénucléarisation du monde ». S'en suivirent des campagnes de boycott des produits français en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Aujourd'hui, une chose est sûre : les autorités ne tiennent plus le même discours. Un récent rapport, commandé par le Premier ministre conservateur et fervent bushiste, John Howard, affirme que le pays pourrait fonctionner à l'énergie nucléaire d'ici 10 à 15 ans, jusqu'à produire le tiers de sa consommation d'énergie grâce au nucléaire en 2050. Avec 40 % des réserves mondiales d'uranium, on se demande d'ailleurs pourquoi Canberra n'y avait pas songé plus tôt...
Le pays avait toujours refusé l'option nucléaire, préférant marcher au gaz et au charbon. C'est encore le cas aujourd'hui, mais plus pour longtemps apparemment ! L'enquête, menée par un groupe d'experts et dirigée par Ziggy Switkowski, physicien du nucléaire, note que la production d'uranium pourrait aider à résorber significativement les émissions de gaz à effet de serre. L'Australie, le pays qui émet le plus de ces gaz par habitant est, à ce titre pointée, du doigt par les groupes écologistes et la communauté internationale. Le rapport suggère donc la construction de 25 centrales nucléaires.
De nombreux Australiens semblent se poser une seule question : où seront-elles implantées ? Car si la disparition des mines de charbon est évidemment une bonne nouvelle pour les kangourous, reste que les déchets toxiques, issus du traitement et de l'enrichissement de l'uranium n'ont pas encore trouvé de sites d'enfouissement... Quant à la question des lieux où seraient installés les réacteurs nucléaires (le pays ne dispose en effet que d'un petit réacteur dans la banlieue de Sydney), elle s'est posée mais reste toujours sans réponse ! L'opposition profite de ces failles pour critiquer l'initiative de John Howard mais si ce dernier conserve son poste au terme des prochaines élections, en 2007, il y a fort à parier que le nucléaire restera au centre des discussions.

Juiette Loir

 

 


Webmanagercenter, 22/11/2006:

STEG ­ Nucléaire
Une centrale nucléaire en Tunisie en 2020

Le Président-directeur général de la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG), M. Othman Ben Arfa, vient de tenir, ce matin 22 novembre 2006, une conférence de presse au siège de l'entreprise.
Dans son introduction, M. Ben Arfa a d'emblée souligné que ''la présente conférence de presse concerne un sujet important pour l'avenir du pays. Elle fait suite à la décision du président Ben Ali, prise lors du Conseil ministériel du 3 novembre 2006, de charger la STEG d'entamer l'élaboration des études relatives au développement de l'électricité au moyen de l'énergie nucléaire''.  
Ainsi, au cours de son intervention, le patron de la STEG a souligné que le sujet nécessitait une décision politique, tant il est d'une importance capitale
Pour ce qui est de l'énergie nucléaire, le PDG a expliqué les tenants et les aboutissants de ce sujet qui a toujours fait couler beaucoup d'encre à travers le monde. Mais M. Ben Arfa a rappelé que tous les experts considèrent que le 21ème siècle sera caractérisé par une flambée continue du prix des hydrocarbures.
Alors, à l'instar du Japon, de la Chine, du Canada, d'Egypte et du Maroc, la Tunisie a fait le choix de s'engager dans l'énergie électronucléaire à des fins civiles.
Mais pour ceux qui s'attendent à avoir des détails sur ce sujet, le PDG de la STEG conseille en substance de patienter. On n'est pas en mesure, aujourd'hui, d'évaluer le coût, ni de savoir les partenaires ou bien le site sur lequel sera érigée la centrale nucléaire d'une capacité de 900 MW (la plus répandue aujourd'hui dans le mode), dont l'entrée en fonction interviendrait à l'horizon 2020, a-t-il indiqué.
Et pour y parvenir, M. Ben Arfa a révélé que la cellule nucléaire qui existait à la STEG depuis la fin des années 70 a été réactivée ; au passage, il a rappelé que, l'ironie du sort, la première réunion de cette cellule s'était déroulée un certain 22 novembre 1979.
En clair et compte tenu des enjeux financiers, économiques, environnementaux et humains, la STEG est pour l'instant à la recherche du meilleur tempo.
Par ailleurs, au cours de cette conférence de presse, le PDG de la STEG a exposé les autres projets en matière d'énergie (hydraulique, éolienne, solaire, etc.).
Pour les débats, et comme l'on pourrait s'y attendre, les questions des journalistes ont tourné autour du coût de financement de cette centrale nucléaire, où sera-t-elle érigée, pourquoi une centrale de 900 MW, quels sont les partenaires avec lesquels la Tunisie compte travailler, y aura-t-il des contrats sous forme de concession...
Pour répondre à toutes ces questions et à bien d'autres, M. Othman Ben Arfa a tout simplement indiqué que ce sont les études engagées qui vont apporter les éléments de réponse. La seule certitude aujourd'hui ­et encore- c'est que la Tunisie aura sa centrale nucléaire à l'horizon 2020, avec une capacité de 900 MW.

Tallel BAHOURY
 
 


Le Monde, 15/11/06:
Les fabricants japonais, acteurs de la consolidation dans le nucléaire

 

 

L'AIE met en garde contre un excès d'optimisme nucléaire

10/11/2006 - Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Claude Mandil, a souligné l'importance du nucléaire dans la politique énergétique mais il a averti qu'il ne fallait pas attendre une augmentation "significative" de sa part dans la future production d'électricité.
"Nous avons toujours dit que le nucléaire doit jouer un rôle dans le tableau énergétique mondial, si nous voulons avoir une politique de l'énergie viable à long terme", a déclaré vendredi M. Mandil, lors d'un point presse à Tokyo, où il est venu présenter le rapport annuel de l'AIE, World Energy outlook.
Toutefois, M. Mandil a mis en garde contre les attentes d'augmentation spectaculaire de la part du nucléaire dans la production d'électricité dans les prochaines années, insistant en revanche sur l'importance d'une amélioration de l'efficacité énergétique.
"Nous ne pensons pas qu'il est vraiment réaliste de croire que la part du nucléaire dans la production d'électricité va augmenter de façon significative", a souligné M. Mandil.
"Pour une simple raison qui est que la tâche principale de l'industrie nucléaire dans les années à venir sera de remplacer les centrales existantes qui auront atteint leur fin de vie", a-t-il poursuivi.
"Cela signifie qu'on aura besoin de nombreuses centrales sans pour autant augmenter la part du nucléaire dans la production d'électricité", a-t-il souligné.

 


8/11/2006:
L'Agence Internationale de l'Energie (IEA) recommande à l'Allemagne de reconsidérer son renoncement au nucléaire

 

 

Libération, 26 octobre 2006:
Une croix sur un mégacontrat nucléaire


 

Alliance Areva/Mitsubishi Heavy dans le nucléaire

TOKYO (19 octobre 2006) - Areva et Mitsubishi Heavy Industries annoncent une alliance pour la réalisation d'un réacteur nucléaire de troisième génération de 1.000 mégawatts et de nouveaux types de réacteurs nucléaires.
Les deux groupes veulent coopérer dans l'approvisionnement, les services, le cycle combustible et d'autres domaines.
Le partenariat entre le numéro un mondial du nucléaire civil, détenu par l'Etat français, et le numéro un japonais de la mécanique permettra d'abaisser les coûts de développement, d'achat de pièces, de conception et d'ingénierie.
Les deux groupes s'allient pour développer des réacteurs à eau pressurisée, qui représentent environ 70% du marché mondial.
Comme leurs concurrents, Areva et Mitsubishi Heavy tablent sur un accroissement de la demande pour le nucléaire, en particulier en Chine, en Inde et aux Etats-Unis, en raison de la hausse de la demande d'énergie et du coût élevé du pétrole.
Mitsubishi Heavy et Areva ont déjà collaboré par le passé, le japonais ayant construit une cuve pour un projet de centrale en Finlande.
Areva fait valoir qu'elle est, au niveau mondial, la seule entreprise du secteur impliquée dans tout le cycle de l'électricité nucléaire, de l'extraction de l'uranium à son enrichissement, de la production d'électricité au recyclage des déchets, de la conception à la réalisation des centrales.
Mais Areva et Mitsubishi Heavy sont à la traîne de leurs concurrents Toshiba/Westinghouse et General Electric, en partenariat avec Hitachi.

 

 

16 octobre 2006:
La sécheresse historique en Australie relance le débat sur le nucléaire


 

Areva candidat à un grand projet de retraitement nucléaire aux Etats-Unis

PARIS (25/9/06) - Le groupe nucléaire français Areva a annoncé lundi qu'il était candidat à la construction d'une usine de retraitement de déchets nucléaires aux Etats-Unis, un projet qui devrait représenter un investissement d'environ 15 milliards de dollars.
Dans un communiqué, Areva dit avoir "remis sa déclaration d'intérêt pour la construction d'une usine intégrée de traitement et de recyclage des combustibles usés de troisième génération aux Etats-Unis", précisant être associé dans ce projet aux groupes américains Washington Group International (WGI, ingénierie) et BWX Technologies (équipements nucléaires).
Les Etats-Unis ont lancé en janvier 2006 une initiative baptisée "Partenariat global pour l'énergie nucléaire" (GNEP) qui vise à développer l'énergie nucléaire civile. En août, le ministère américain de l'Energie avait demandé aux sociétés intéressés de soumettre leurs projets technologiques.
L'impact sur Areva d'un éventuel contrat pour la construction de cette usine de retraitement de déchets nucléaires "devrait être plutôt limité", a cependant estimé un analyste de la société de bourse Cheuvreux à Paris, car Areva "n'en obtiendrait qu'une partie et serait obligé de sous-traiter de nombreux aspects". "Nous considérons que ce projet peut permettre à Areva de développer son activité mais qu'il ne va pas transformer le groupe", selon cet analyste. A 14h, Areva perdait 1,74% à 485,40 euros.

 

 

RFI, 25/9/2006:

L'Egypte se lance dans le nucléaire

L'Egypte prend une décision dans l'air du temps en relançant son programme nucléaire civil gelé depuis 20 ans. Le porte-parole du gouvernement a annoncé que la décision de cette relance a été prise dimanche à la suite d'une réunion du Conseil national supérieur pour l'énergie. Jeudi dernier, le président Moubarak avait déjà indiqué que son pays voulait développer l'énergie nucléaire «à des fins pacifiques».

Dans un contexte régional instable, l'Egypte semble vouloir marcher dans les pas de l'Iran et gagner de l'influence au Moyen-Orient à travers un programme nucléaire civil. Jeudi dernier, le président Moubarak avait indiqué que son pays voulait développer l'énergie nucléaire «à des fins pacifiques» afin d'être présente dans la course à l'innovation scientifique.  
Hier dimanche, cette nouvelle orientation de la politique énergétique du pays a été confirmée par une réunion du Conseil national supérieur pour l'énergie. Les travaux de cet organisme officiel avaient été suspendus il y a vingt ans, après la catastrophe de Tchernobyl, en Ukraine. Un porte-parole du gouvernement égyptien a donc annoncé, à la suite de la réunion du Conseil, que la décision a été prise d'étudier «immédiatement» l'alternative offerte par l'énergie nucléaire «à la lumière des besoins croissants de l'Egypte».
Le ministre égyptien de l'Electricité, Hassan Younes, a été encore plus précis. Il a déclaré, dans une interview au quotidien officiel al-Ahram, que l'Egypte avait l'intention de construire une centrale sur la côte méditerranéenne, à Dabaa, à l'est d'Alexandrie. Le coût de la centrale est estimé à 1,17 milliard d'euros et devrait nécessiter des investissements étrangers. Pour construire cette première centrale destinée à produire de l'énergie nucléaire civile, l'Egypte envisage de recourir à la technologie chinoise ou russe. En 2001, un accord de coopération a été signé avec la Russie. Le ministre a précisé que la centrale de Dabaa pourrait être opérationnelle dans une dizaine d'années.
Le quotidien indépendant al-Masri al-Yom affirme, citant des sources officielles, que le gouvernement égyptien envisagerait de construire trois centrales nucléaires en tout, représentant une capacité de 1 800 mégawatts d'ici 2020. L'ancien président du Conseil national supérieur pour l'énergie, Ahmed al-Qadi, a précisé que la centrale de Dabaa, si elle est construite, produira plus d'électricité que le barrage d'Assouan.
Les Etats-Unis n'ont aucune objection au développement d'un secteur énergétique d'origine nucléaire en Egypte. L'ambassadeur américain au Caire, Francis J. Ricciardone, l'a indiqué à la télévision. «Les Etats-Unis encouragent l'utilisation pacifique à des fins civiles du nucléaire». Dans cet interview à la télévision al-Mehwar, le représentant américain a opposé les politiques égyptienne et iranienne dans ce secteur.

Une relance mondiale
Face à la pénurie annoncée de pétrole et à son prix élevé, le président Bush a déjà annoncé à plusieurs reprises une relance du nucléaire civil aux Etats-Unis. Plusieurs projets de construction de centrales américaines sont à l'étude. La Finlande, la Russie, la Chine et l'Iran, sont en train de construire des installations civiles pour produire ce type d'énergie qui dépend du marché de l'uranium sur lequel il n'y a pas de tensions. L'Egypte, après la Libye dont la décision a été annoncée au mois de mars, veut donc se lancer dans cette technologie.
L'Egypte n'est pas membre de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep). Pourtant, elle extraie du pétrole et exporte une petite partie de sa production qui s'élève à 686 000 barils par jour, soit le tiers de la production de l'Algérie. L'Egypte est beaucoup plus riche en gaz naturel. Elle en produit 34,7 milliards de mètres cube par an, soit 31,3 millions de tonnes d'équivalent pétrole, selon les statistiques fournies par British Petroleum.
Malgré sa richesse en eau, la Turquie a eu le projet, pendant la précédente décennie, de construire une centrale nucléaire. Le projet a été abandonné après un tremblement de terre qui a rappelé aux autorités turques que le sous-sol du pays n'était pas des plus stables. L'Egypte, elle aussi, a connu plusieurs séismes dans les siècles passés.

Un acte fort dans la région
Dans le monde entier, l'énergie est devenue une ressource à la fois stratégique et politique. Si le gouvernement égyptien veut diversifier son approvisionnement, c'est pour assurer ses besoins mais également pour fournir de l'électricité à ses voisins palestiniens. Si tout se déroule comme prévu, l'année prochaine, la bande Gaza importera de l'énergie en provenance d'Egypte. La construction d'une ligne à haute tension, allant du nord du Sinaï jusqu'à Rafah, dans la bande de Gaza, a été décidée. Pour l'instant, les Palestiniens de Gaza sont dépendants d'Israël pour leur approvisionnement en fuel et en essence.
La décision prise par l'Egypte de se lancer dans le nucléaire civil a été annoncée alors que vendredi dernier, le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheït, a critiqué la manière dont les pays occidentaux traitent la question du nucléaire israélien : «Il est inacceptable que ces pays continuent de fermer les yeux sur le danger que représente la menace nucléaire israélienne pour la stabilité et la sécurité au Proche-Orient». Les déclarations du ministre sont intervenues après l'adoption, dans le cadre de l'Agence internationale pour l'énergie atomique de Vienne, d'une résolution très édulcorée concernant le probable secteur nucléaire militaire israélien. «Si les puissances occidentales veulent que les pays en développement et les pays arabes comprennent l'inquiétude qu'elles ressentent au sujet du problème nucléaire iranien, elles doivent convaincre tout un chacun qu'elles défendent le droit dans tous les cas et qu'elles ne sont pas partiales», a encore expliqué le ministre dont le pays, réputé proche des Etats-Unis, décide, à son tour de développer la technologie nucléaire. L'Egypte est membre du Traité de non prolifération nucléaire.

Colette  Thomas

 

 

Aujourd'hui Le Maroc, 1/9/06:

Nucléaire: une offre russe pour le Maroc ?

Le géant russe du nucléaire Atomstroiexport serait candidat à la construction du premier réacteur nucléaire marocain pour la production d'énergie.
Selon les responsables de cette société, cités par l'agence Ria Novosty, une délégation de l'ONE a tenu une série de réunions, le 30 août 2006 à Moscou, avec des représentants de l'agence fédérale russe d'énergie nucléaire et avec ceux de trois sociétés opérant dans le domaine: Atomstroiexport, TVEL et Rosenergoatom. La construction du réacteur marocain devrait commencer en 2016 ou 2017, ajoute la même source. 

 


Le Monde, 29/8/06:

L'Argentine relance son programme nucléaire civil

Le gouvernement argentin a annoncé, le 22 août, la relance de son programme nucléaire, volontairement interrompu dans les années 1980. Le nouveau plan, qui sera lancé en collaboration avec le Canada, prévoit des investissements de 3,5 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros) pour terminer sa troisième centrale, en construire une quatrième et reprendre la production d'uranium enrichi, abandonnée en 1983.
L'objectif du président Nestor Kirchner est de trouver de nouvelles sources d'énergie pour alimenter la forte croissance enregistrée depuis trois ans. Pays producteur et exportateur de pétrole, l'Argentine affronte un épuisement de ses réserves tandis que les prix mondiaux du pétrole et du gaz augmentent.
L'Argentine est le premier pays d'Amérique latine a avoir développé un plan nucléaire. Elle dispose, depuis 1974, de la centrale Atucha-I et de celle d'Embalse, qui produisent entre 7 % et 9 % de l'électricité consommée dans le pays. Ce chiffre devrait atteindre 16 % dès la fin de la construction de la troisième centrale, Atucha-II, prévue pour 2010 et dont les travaux sont interrompus depuis 1994.
Le groupe canadien Atomic Energy of Canada Limited (AECL) collaborera à ce plan en modernisant notamment la centrale d'Embalse, équipée de la technologie canadienne Candu.
Le pays a ratifié le traité de non-prolifération nucléaire en 1995. Il a vendu récemment un réacteur à l'Australie et exporte du matériel nucléaire à plusieurs pays, dont la France. La vente de technologie nucléaire à l'Iran, elle, avait été freinée par les Etats-Unis au début des années 1990.
L'ambassade des Etats-Unis à Buenos Aires a fait l'éloge, le 24 août, du nouveau programme. Un revirement diplomatique, car les réacteurs dont s'est doté l'Argentine sont de type uranium naturel/eau lourde (PHWR). Une filière souvent décriée parce qu'elle permet de produire facilement du plutonium de qualité militaire.

PROLIFÉRATION

Longtemps, les Américains se sont inquiétés des pays qui choisissaient ce type de centrales, dont la plupart ont été vendues par les Canadiens qui ne vantent que les mérites du nucléaire civil. Il est pourtant de notoriété publique que l'explosion d'une arme atomique indienne, en 1974, a été réalisée avec du plutonium produit par un réacteur PHWR canadien.
Les gendarmes de la prolifération nucléaire sont très sourcilleux dès qu'ils entendent parler de réacteurs de ce type, d'usines de retraitement pour récupérer le plutonium qu'ils produisent, et d'unités de production d'eau lourde comme celle dont Téhéran vient d'annoncer l'inauguration. Les trois éléments de cette équation ont rarement à voir avec le civil.
Dans le passé, l'Argentine - comme le Brésil et quelques autres - a été soupçonnée de quelques visées militaires dans ce domaine. Un reproche qu'il semble difficile de lui faire aujourd'hui.
Les soucis sont ailleurs et l'ambassade des Etats-Unis à Buenos Aires l'a rappelé. Elle ne souhaite pas que cette technologie nucléaire puisse être exportée à des pays tiers, notamment au Venezuela d'Hugo Chavez avec lequel M. Kirchner entretient d'excellentes relations. En 2005, le président vénézuélien avait exprimé le souhait d'acquérir un réacteur argentin de faible puissance.

Christine Legrand avec Jean-François Augereau

 

 

PANAPRESS, 31 juillet 2006:

Une centrale nucléaire au Nigeria dans 10 ans

NIGERIA - Le Nigeria mettra en service, dans 10 à 12 ans, sa première centrale nucléaire qui aidera à renforcer la production d'électricité et développer l'agriculture, a appris lundi la PANA, de source officielle.
"La conception et la réalisation de ce projet nucléaire prendra entre 10 et 12 ans", a déclaré lundi un leader nigérian à l'occasion de l'installation du Conseil d'administration de la commission de l'énergie à Abuja.
"Ce délai répond aux exigences internationales et en toute sincérité, nous pouvons mobiliser les ressources nécessaires pour la réalisation de ce projet", a-t-il indiqué.
Le Nigeria se conformera strictement aux exigences internationales pour la réalisation de ce programme nucléaire qui demeure une question sensible et délicate d'où la nécessité de la coopération et du soutien de la communauté internationale.


 

Libération, 28 juillet 2006:

Les Pays-Bas virent leur cuti sur le nucléaire

La construction d'une seconde centrale serait envisagée pour des raisons écologiques.

Aux Pays-Bas, un des pays d'Europe les plus farouchement opposés à l'énergie nucléaire, un tabou vient d'être levé. «Il ne s'agit plus d'être pour ou contre l'atome,  a déclaré le 14 juillet Pieter van Geel, le secrétaire d'Etat à l'Environnement. Nous avons dépassé ce stade.»  Selon un sondage réalisé en février par l'institut Maurice de Hond, 49 % des Néerlandais sont désormais pour le développement de l'énergie nucléaire, 37 % contre et ? précision importante ? 96 % sont favorables à des investissements massifs dans les sources d'énergie alternatives, éolienne et solaire notamment. Les écologistes de Groenlinks, qui comptent 8 sièges sur 150 au Parlement, se retrouvent seuls à plaider pour la disparition pure et simple du nucléaire.
Soutien politique.  Il n'est donc plus impensable, pour le gouvernement néerlandais, d'évoquer la construction d'une seconde centrale au cours de la décennie à venir. Et ce, alors que Greenpeace milite encore pour la fermeture de la seule centrale du pays, située à Borssele, au Sud-Ouest. Fortes de 4 millions d'adhérents dans un pays de 16 millions d'habitants, les organisations de défense de la nature s'opposent également au stockage de déchets nucléaires, depuis 2003, dans un entrepôt de Vlissingen, à proximité de Borssele.
Les députés de l'Appel chrétien démocrate (CDA, au pouvoir), ont commencé les premiers, en juin 2005, à plaider pour le recours au nucléaire, en attendant que les énergies renouvelables fassent la preuve de leur rentabilité. De leur côté, les associations Greenpeace et Natuurmilieu ont beau trouver «irresponsable»  et «démodé»  le projet de seconde centrale, le nucléaire semble trouver aux Pays-Bas le soutien politique qui lui manquait depuis Tchernobyl. Si les arguments en sa faveur commencent à porter, c'est qu'ils sont d'abord et avant tout... écologiques.
Le principal avantage du nucléaire, du point de vue néerlandais, consisterait à réduire plus vite et à moindre coût les émissions de gaz à effet de serre. Telle est la conclusion d'un rapport rendu en février par le Centre néerlandais de recherche sur l'énergie (ECN) et l'Agence d'études environnementales (MNP). La Finlande, pays réputé écologiste, a par ailleurs influencé les Pays-Bas en décidant d'installer un réacteur nucléaire EPR (lire aussi ci-dessus) à Olkiluoto. Parti visiter ce chantier début juillet, le secrétaire d'Etat Pieter van Geel en est revenu enthousiaste. En septembre, sa décision de prolonger de vingt ans la durée de vie de Borssele n'a d'ailleurs pas provoqué de polémique.
Aux mains du privé.  Pour l'instant, seulement 4 % de l'électricité produite dans les polders provient du nucléaire (contre 36 % en Europe). Un vaste programme éolien est financé par l'Etat, à hauteur de 10 milliards d'euros, en vue de la construction d'une trentaine de parcs offshore, qui devraient satisfaire 15 % des besoins des ménages en électricité. En revanche, il n'est pas question de mettre le moindre denier public dans le nucléaire. La seconde centrale du pays, comme la première, restera aux mains exclusives du privé. Déjà, l'entreprise énergétique Delta, propriétaire à 50 % de Borssele, se montre intéressée. La municipalité de Borssele, qui fait partie, avec Delfzijl et Rotterdam, des trois sites déjà envisagés par le gouvernement, s'est déclarée partante. Quant à la banque ABN Amro, elle serait prête à financer. Reste à adopter une nouvelle loi-cadre, qui permettra au gouvernement d'octroyer une concession de quarante ans aux opérateurs privés de la nouvelle centrale.

Sabine CESSOU


 


Nucléaire civil: l'Inde sera la priorité d'Areva

20/7/2006 - Le groupe français Areva, premier groupe mondial de nucléaire civil, entend faire de l'Inde sa priorité une fois finalisé l'accord de coopération civile entre New Delhi et Washington, a déclaré jeudi sa présidente Anne Lauvergeon. "Dès que le cadre international le permettra, le marché indien sera l'une de nos priorités", a déclaré la présidente du directoire du groupe nucléaire public Areva devant la Fédération indienne des Chambres de commerce et d'industrie. Un accord conclu en mars entre New Delhi et Washington, soumis à l'approbation du Congrès américain, doit permettre à l'Inde de sortir de l'isolement nucléaire et d'obtenir, des Etats-Unis et d'autres pays, du combustible et des réacteurs à des fins civiles. En échange, New Delhi a accepté de dissocier ses installations nucléaires civiles et militaires et de soumettre 14 de ses 22 réacteurs aux inspections internationales. La stratégie d'Areva en ce qui concerne l'Inde implique la "reconnaissance totale des compétences et du savoir faire existants de l'industrie indienne", a poursuivi Mme Lauvergeon. "Nous espérons qu'une part importante d'un réacteur EPR soit fabriquée ici. Et il y a un potentiel pour faire provenir d'Inde certains composants en direction d'autres marchés internationaux", a-t-elle ajouté. Le réacteur européen de troisième génération EPR (European Pressurized Water Reactor) est un réacteur à eau sous pression. L'accord entre l'Inde et les Etats-Unis a déjà été approuvé par les commissions des Affaires étrangères du Sénat et de la Chambre des représentants et le président George W. Bush a dit lundi avoir bon espoir de le voir approuvé par le Congrès. La France et l'Inde ont déjà entamé des pourparlers en vue de conclure un accord de coopération nucléaire civile sous réserve des obligations et engagements internationaux respectifs. L'Inde, qui a procédé à son premier essai nucléaire en 1974 et s'est déclarée puissance nucléaire en 1998, n'a pas ratifié le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) ce qui empêche actuellement une coopération avec les membres du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG).

 

 

NouvelObs, 16/7/06:

Le G8 uni sur le cycle de Doha, divisé sur l'énergie, le climat

SAINT-PETERSBOURG - Les dirigeants du G8 ont fixé un délai d'un mois pour [...]

DISSENSIONS SUR LE NUCLEAIRE ET LE CLIMAT
L'approbation d'une déclaration sur la "sécurité énergétique globale" dont Moscou entendait faire le thème central du G8, n'a pas non plus masqué des divergences sur l'énergie nucléaire et le changement climatique.
"Nous reconnaissons que les membres du G8 poursuivent des voies différentes pour parvenir à la sécurité énergétique et aux objectifs de protection du climat", dit la partie de la déclaration consacrée à l'énergie nucléaire.
L'énergie nucléaire, qui effectue un retour, en particulier en Asie, ne produit pas de gaz à effet de serre et elle est considérée par certains experts comme un bon moyen de protéger le climat tout en répondant à une demande croissante d'électricité.
Ses détracteurs font toutefois valoir que l'on ne dispose pas de bonne solution pour stocker les déchets nucléaires, que les centrales nucléaires sont vulnérables aux attentats et que le développement du nucléaire présente un danger de prolifération des armes atomiques.
"Nous sommes déterminés à réduire encore les risques associés à l'utilisation sûre de l'énergie nucléaire", poursuit la communiqué. Une phrase jugée importante par les autorités allemandes qui se sont engagées à renoncer à l'énergie nucléaire d'ici le début des années 2020.
Mais Moscou et Washington ont aussi dévoilé une initiative commune visant à donner à tous les Etats accès à l'énergie nucléaire tout en se prémunissant contre une prolifération des armes atomiques.
Moscou s'est parallèlement engagé à ouvrir son secteur nucléaire aux investissements étrangers mais a maintenu son refus de ratifier la Charte de l'Energie malgré l'insistance de ses partenaires, en particulier européens. [...]

 

 

Libération, 15 juillet 2006:

Washington et Moscou présentent un accord sur le nucléaire

SAINT-PETERSBOURG, Russie - Les Etats-Unis et la Russie ont dévoilé samedi une initiative commune visant à donner à tous les Etats accès à l'énergie nucléaire tout en se prémunissant contre une prolifération des armes atomiques.
Les présidents George Bush et Vladimir Poutine ont dévoilé les grandes lignes de ce plan antiterrorisme nucléaire lors d'une conférence de presse à l'issue de discussions bilatérales préalables au sommet du G8 à Saint-Pétersbourg.
Vladimir Poutine a annoncé que les deux pays s'étaient mis d'accord sur la création d'un système qui permettrait à tous les pays d'avoir accès à l'énergie nucléaire tout en luttant contre le terrorisme nucléaire, considéré par les deux gouvernements comme "l'une des plus graves menaces pour la sécurité internationale".
"Nous avons adopté une déclaration commune basée sur nos initiatives propres portant sur un développement sûr de l'énergie nucléaire", a déclaré Poutine.
"Son principal objectif est de faciliter l'approvisionnement stable et fiable des différentes sortes d'énergies tout en limitant la menace de la prolifération nucléaire", a-t-il ajouté.
"Nous pensons que cela sera possible grâce à la création de centres internationaux d'enrichissement de l'uranium dans le cadre d'un seul réseau sous le strict contrôle de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)", a-t-il précisé.
Dans leur déclaration commune, les Etats-Unis et la Russie ont appelé les autres pays partageant leurs préoccupations sur le nucléaire à rejoindre cette initiative, qui vise également à améliorer la capacité des Etats à "détecter et supprimer le trafic illicite" d'armes nucléaires. [...]

Caren Bohan et Christian Lowe


 

Bush autoriserait une coopération sur le nucléaire civil avec la Russie

8/7/2006 - Le président George W. Bush a décidé d'autoriser, pour la première fois, une coopération sur le nucléaire civil avec la Russie, rapporte samedi le Washington Post, citant des hauts responsables de l'administration américaine. L'administration Bush et celle du précédent gouvernement du président démocrate Bill Clinton avaient refusé d'envisager une telle coopération tant que la Russie n'aurait pas arrêté la construction d'une centrale nucléaire pour l'Iran, à Bushehr, près du golfe persique. Mais les hauts responsables américains considèrent désormais que le président russe Vladimir Poutine a fortement contribué à faire pression sur Téhéran pour que la République islamique abandonne ses ambitions nucléaires, selon le Washington Post. [Voir: le cas de l'ancien ministre russe de l'énergie atomique Evgeny Adamov] Un accord de coopération nucléaire permettrait à l'industrie nucléaire américaine d'exporter en Russie des tonnes de déchets nucléaires produits dans ses réacteurs, ce qui rapporterait 20 milliards de dollars à Moscou, ajoute le quotidien. Il pourrait encourager la Russie à davantage coopérer sur l'Iran. Il faciliterait aussi le développement de centrales nucléaires américaines dans le monde, ajoute le Post. L'accord ne requiert pas d'approbation du Congrès américain s'il est conforme à la législation des Etats-Unis. Le Congrès ne peut le rejeter qu'avec une majorité dans les deux chambres parlementaires dans les 30 jours qui suivent sa signature. Selon le Post, Bush et Poutine devraient annoncer le lancement de négociations sur cet accord, le 15 juillet, au début du sommet du G8 à Saint-Petersbourg.

 


NouvelObs, 28/6/06:
La Russie veut créer un géant public de l'énergie nucléaire

 

 


La Presse Affaires, 14 juin 2006:

L'Ontario fait le pari du nucléaire

Pour satisfaire à ses besoins d'électricité d'ici 20 ans, l'Ontario investira des milliards de dollars pour construire au moins deux centrales nucléaires et en rénover plusieurs autres.

Cette relance du nucléaire s'avère inévitable, selon le plan présenté hier par Queen's Park, en dépit d'objectifs encore plus ambitieux pour les économies d'énergie et la production d'électricité de sources renouvelables. « Le nucléaire demeurera la principale source d'électricité de l'Ontario, même si sa part passera de la moitié de la capacité totale actuelle jusqu'au tiers environ en 2025 », a indiqué le ministre de l'Énergie, Dwight Duncan, mardi à Toronto.
Ainsi, la production nucléaire de l'Ontario sera stabilisée autour de 14 000 mégawatts d'ici 2025. Mais pendant cette période, la capacité totale de la province aura crû de 30 000 à 41 000 mégawatts, avec des gains les plus importants provenant de centrales au gaz naturel et de sources renouvelables.
L'Ontario mise notamment sur l'achat d'hydroélectricité du Québec: au moins 1300 mégawatts à l'horizon 2025. C'est l'équivalent de la capacité additionnelle d'interconnexion avec l'Ontario dont Hydro-Québec annonçait récemment la mise en chantier.
« Nous sommes évidemment très satisfaits de cette décision. Le Québec aura bientôt plus d'électricité propre et fiable à vendre à l'Ontario », a indiqué le ministre Duncan à La Presse Affaires .
Toutefois, des négociations contractuelles entre les deux provinces restent à faire, au-delà des discussions générales entre les premiers ministres Jean Charest et Dalton McGuinty.
Le ministre Duncan est aussi demeuré vague sur la possibilité pour Queen's Park de participer financièrement au projet d'expansion de l'interconnexion avec le Québec.
Dans son plan de développement, présenté la semaine dernière, Hydro-Québec évaluait ce projet à 400 millions dans la région de l'Outaouais.
Entre-temps, en Ontario, le gouvernement McGuinty se fait prudent en matière d'investissements dans son infrastructure électrique. Après des années de négligence, alors que la demande a beaucoup augmenté, la facture s'annonce salée pour les consommateurs d'électricité en Ontario.
Le plan présenté hier reprend l'estimation de 46 milliards en investissements d'ici 2025, tel qu'énoncé il y a quelques mois par l'Agence de l'énergie de l'Ontario. Cette estimation est en dollars actuels. Avec l'inflation d'ici 20 ans, la facture totale pourrait atteindre les 70 milliards.
Quant à l'impact de tels investissements sur les tarifs, déjà en forte hausse depuis deux ans, toute prévision semble désormais aléatoire. « On ne peut prévoir le prix de l'électricité dans un an, encore moins d'ici 20 ans. Chose certaine, il n'y aura plus de tarifs subventionnés en Ontario. Les consommateurs d'électricité devront assumer tous les coûts, même les nouveaux investissements », a dit le ministre Duncan.
Pour des analystes en énergie, dont Tom Adams, du groupe torontois Energy Probe, les Ontariens se dirigent vers les tarifs d'électricité les plus chers au Canada, sinon sur le continent. « L'Ontario devra s'ajuster à des hausses de plus de 10 % par an en moyenne pour l'avenir prévisible », dit M. Adams.
À son avis, le maintien de l'option nucléaire par l'Ontario risque aussi de s'avérer la plus coûteuse.
« Parce qu'il a promis de fermer les vieilles centrales au charbon, trop polluantes,
le gouvernement McGuinty refuse pour des raisons politiques de considérer sérieusement les nouvelles technologies du charbon propre », a indiqué M. Adams.
« Pourtant, c'est une option éprouvée en Europe, beaucoup moins coûteuse et risquée que le nucléaire, et dont le niveau réduit de pollution équivaut désormais celui des centrales au gaz naturel. »

Très concentrée en Ontario, mais présente aussi au Québec, l'industrie nucléaire canadienne s'attend maintenant à un regain d'activité. Rénovation d'au moins quatre, peut-être six centrales nucléaires existantes. Construction d'au moins deux centrales, peut-être quatre si des travaux de rénovations sont irréalisables.
Bref, si le plan ontarien tient la route d'ici 20 ans, l'industrie nucléaire voit poindre des milliards de dollars en contrats et des millions d'heures de travail.
Et parmi les entreprises au premier plan, il y a le géant montréalais de l'ingénierie SNC-Lavalin.
Mais rien n'est assuré pour l'industrie nucléaire canadienne, qui s'est développée autour des réacteurs CANDU mis au point par la société d'État fédérale Énergie atomique du Canada (EACL). Car des promoteurs de technologies concurrentes, venus d'Europe, d'Asie et des États-Unis, cognent déjà aux portes de Queen's Park. Chez EACL et SNC-Lavalin Nucléaire, on est prêt à relever le défi.

Martin Vallières

 

13 juin 2006:
La Saskatchewan veut profiter du virage nucléaire de l'Ontario


 

9 juin 2006:
Tony Blair veut coopérer avec la France dans le nucléaire



Une centrale nucléaire au Maroc ?

27/5/2006 - L'Office National d'Electricité (ONE) du Maroc travaille sur un projet électronucléaire, selon l'affirmation de son PDG. Il précise que l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) a donné son accord et le lieu d'implantation a déjà été choisit. Il faut noter que le Maroc connaît une croissance annuelle de consommation électrique de 8%, soit l'équivalent d'une nouvelle centrale électrique de 400 mégawatts. Par ailleurs, le pays dispose de 5 centrales électriques, qui produisent 90% de sa consommation et qu'il importe chaque année entre 8 à 10% de sa consommation d'Espagne, à travers une ligne haute tension installée en 1997 et reliant le Maroc à l'Europe. Cependant, pour qu'il soit rentable, le projet de la future centrale nucléaire doit produire au moins 1.300 mégawatts et exige un investissement de 1 milliard de dollars. Le prix actuel du pétrole et son épuisement dans quelques années rendent ce projet très sérieux, et le sera davantage si on le replace dans un contexte maghrébin.
 


États-Unis: George W. Bush prône un renforcement de l'énergie nucléaire

24/5/2006 - Le président George W. Bush souhaite donner un coup de pouce au secteur de l'énergie nucléaire américain, qui souffre selon lui d'une régulation excessive de la part des autorités. Le président, qui s'exprimait mercredi devant la centrale de Limerick, à 65 kilomètres environ de Philadelphie, a jugé que le nucléaire était une source d'énergie abondante, bon marché, sûre et propre. «Au nom de la sécurité économique et de la sécurité nationale, les États-Unis d'Amérique doivent avancer de façon agressive dans la construction de nouvelles centrales nucléaires», a déclaré M. Bush, soulignant que «d'autres pays le font». Le nucléaire joue un rôle dans la vision énergétique du président, qui souhaite réduire la dépendance des États-Unis au pétrole, en faisant la promotion d'énergies propres telles que l'éthanol, l'hydrogène et les batteries pour les voitures, ainsi que les énergies éolienne et solaire et le gaz naturel liquéfié. «Si nous ne faisons rien avec notre situation énergétique, nous n'allons pas être en mesure de concourir dans le monde», a déclaré M. Bush, qui a promulgué l'été dernier une loi incitant à construire de nouvelles centrales nucléaires. Il en existe actuellement 100 dans 31 États américains. Aucune nouvelle centrale nucléaire n'a été commandée depuis 1973.

 

 

La Tribune, 24 mai 2006:

Jacques Chirac VRP en Amérique latine

[...] "La France s'intéresse, en outre, à l'achèvement éventuel de la construction de la troisième centrale nucléaire brésilienne, Angra 3, Areva ayant déjà racheté les activités nucléaires de l'allemand Siemens qui avait construit les deux premiers réacteurs brésiliens. " [...]



EDF prêt à entrer dans une entreprise nucléaire chinoise

PEKIN (22.5.06) - Electricité de France envisage une coentreprise dans la production d'énergie nucléaire en Chine, un pays qui a lancé un plan ambitieux qui devrait multiplier par plus de trois le nombre de ses réacteurs nucléaires et faire face à des besoins énergétiques croissants.
EDF, qui possède actuellement 100% d'une centrale thermique dans le sud de la Chine et 20% d'une coentreprise d'électricité dans l'est du pays, est intéressé par une alliance dans le nucléaire, vu le développement rapide de ce secteur, précise lundi Pierre Gadonneix, président du groupe français, en visite en Chine.
"Maintenant qu'il va y a voir une accélération dans le domaine de l'énergie nucléaire, nous allons passer à la vitesse supérieure", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Nous pouvons proposer un partenariat en apportant notre expertise et à travers un investissement partagé."
Les neuf réacteurs nucléaires chinois actuels fournissent à peine 2% de l'énergie nationale, dont la demande est en plein boom.
Mais Pékin entend porter cette production nucléaire à 40 gigawatts, soit 4% de l'ensemble, dans les quinze prochaines années, en construisant 30 nouveaux réacteurs nucléaires.
Gadonneix a précisé qu'il avait rencontré dimanche le patron du producteur chinois d'électricité CGNPC pour envisager avec lui un investissement commun.
"J'ai indiqué que nous étions prêts à mener des projets d'investissement avec CGNPC", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Mais il a refusé de donner des précisions sur un éventuel investissement et a précisé qu'un accord ne serait pas nécessairement passé avec CGNPC.
Il a ajouté qu'EDF envisageait d'autres partenaires possibles et que les modalités d'un tel investissement dépendraient aussi des autorités chinoises.
"Aucune discussion avec un partenaire n'a encore commencé", précise Gadonneix.
Les investisseurs étrangers peuvent détenir jusqu'à 50% du capital d'une coentreprise dans le secteur de l'énergie nucléaire mais jusqu'à présent seul un investisseur de Hong Kong a pénétré ce marché, selon Hervé Machenaud, président d'EDF pour la région Asie-Pacifique et établi à Pékin.
La Chine est un objectif clé pour EDF vu la rapide progression de sa demande d'énergie, précise Gadonneix.
EDF, premier investisseur étranger dans la production d'énergie en Chine avec une capacité installée de 1.300 mégawatts, n'a pas investi dans son partenaire de longue date CGNPC mais a passé avec lui des accords techniques.
Le français, qui entend se développer fortement à l'international dans les prochaines années, n'a en outre pas exclu d'autres investissements en Chine dans le secteur de l'énergie, comme le charbon, l'hydro-électricité, déclarent des responsables du groupe.
EDF a déjà annoncé son intention d'investir 8 milliards d'euros pour développer d'autres domaines d'activités et financer des acquisitions dans les trois prochaines années, déclare Gadonneix, la Chine étant l'une des cibles.

 

 

Batiactu,16/5/2006:

La Russie et la Turquie s'associent pour construire des centrales nucléaires

La compagnie Atomstroïexport, qui s'occupe de la construction des centrales nucléaires à l'étranger, a annoncé mardi que la Russie était prête à construire des centrales nucléaires en Turquie. La construction d'une première centrale doit débuter en 2007 pour une mise en exploitation en 2012.

Suite à l'annonce de la volonté de construire de la Russie des centrales nucléaires en Turquie, les responsables turcs ont expliqué, au cours d'une réunion de la commission russo-turque sur l'énergie qui a eu lieu à Moscou la semaine dernière, que les organisations russes pouvaient « investir dans l'énergie turque dans le cadre de la législation turque ».
Inquiète d'une possible pénurie d'énergie et désireuse de réduire sa dépendance énergétique notamment vis-à-vis du gaz naturel fourni par la Russie et l'Iran, la Turquie prévoit la construction de trois centrales nucléaires d'une puissante totale de 5.000 mégawatts, qui devraient entrer en service en 2012.
La construction de la première centrale à Sinop au bord de la mer Noire doit débuter en 2007 pour une mise en exploitation en 2012.
Quelque 4.000 personnes ont manifesté fin avril à Sinop pour réclamer l'abandon du projet de centrale nucléaire dans la région et demander au gouvernement de chercher des solutions de remplacement.
La Turquie avait déjà envisagé la construction d'une centrale nucléaire mais avait dû abandonner le projet en juillet 2000 en raison des difficultés financières qu'elle connaissait alors et des protestations des écologistes, en Turquie et chez ses voisins, Grecs et Chypriotes.

 

 

Varsovie pourrait participer à un projet balte de centrale nucléaire commune

VARSOVIE (11 mai 2006) - La Pologne pourrait participer à un projet balte de construction d'une centrale nucléaire commune en Lituanie, a estimé le chef de l'Agence atomique nationale, Jerzy Niewodniczanski, dans une interview parue jeudi.
"L'idéal serait que la première centrale nucléaire pour la Pologne soit construite à Ignalina, en Lituanie. Ensemble avec la Lettonie et l'Estonie, ils (les Lituaniens) veulent développer le site existant et ils pensent à nous", a déclaré M. Niewodniczanski au quotidien Zycie Warszawy.
"Si nous étions copropriétaires (de ce site) nous disposerions de l'énergie électrique mais aussi d'un endroit idéal pour gagner de l'expérience et former le personnel pour un autre site, en Pologne", a-t-il ajouté.
Un document stratégique sur la politique énergétique polonaise jusqu'en 2025 adopté par le gouvernement en janvier 2005, préconise notamment la construction d'une centrale nucléaire en Pologne après 2020.
"Il n'y a eu aucune initiative visant à déterminer un éventuel emplacement pour une centrale nucléaire en Pologne", a indiqué il y a huit jours le ministère polonais de l'Economie en réponse à des rumeurs au sujet d'un projet nucléaire dans la région de Szczecin, près de la frontière polono-allemande.
Selon M. Niewodniczanski, "quatre ou cinq communes ont déjà fait des démarches auprès du ministère de l'Economie pour accueillir ce chantier chez elles" et il y aurait des groupes prêts à construire un site nucléaire en Pologne.
"Il s'agit de six gros groupes, du Canada, des Etats-Unis et de Russie", a-t-il précisé.
Selon M. Niewodniczanski, la Pologne manquera en 2025 d'environ 3.000 MW d'énergie.
Les trois pays baltes ont lancé une étude de faisabilité sur la construction d'un réacteur nucléaire commun de nouvelle génération en Lituanie, probablement à Ignalina, afin d'y remplacer deux réacteurs de type soviétique. L'un a été fermé fin 2004 et l'autre doit l'être d'ici la fin 2009.

 


Le Monde, 27/4/06:

Relance du débat sur le nucléaire en Norvège, pays riche en pétrole et en gaz

Difficile de ne pas voir une provocation dans la proposition faite par la société norvégienne de courtage en énergie Bergen Energi. En pleine commémoration du vingtième anniversaire de l'accident de Tchernobyl, cette entreprise vient de déposer une demande de licence pour construire une centrale nucléaire en Norvège, troisième exportateur mondial de pétrole et de gaz. "Je profite de l'occasion (de la commémoration) pour dire que les choses ont bien changé depuis, et qu'il est temps pour la Norvège, où il n'y a aucun débat politique sur la question, de revoir sa position sur le nucléaire qui n'a pas évolué depuis vingt ans", explique Bill Schjelderup, PDG de Bergen Energi. Pour la Norvège, le pas à franchir serait énorme. Ce long pays montagneux tire aujourd'hui 99 % de son électricité de centrales hydroélectriques, qui fournissent une énergie propre et renouvelable mais dont le niveau varie en fonction des quantités d'eau dans les barrages.
Depuis quelques années, la Norvège est ainsi devenue importatrice d'électricité, notamment en raison du manque d'investissement dans de nouvelles capacités de production. L'opinion publique norvégienne est très sensible au risque nucléaire à cause de la proximité de la péninsule russe de Kola, à une centaine de kilomètres à peine de sa frontière nord, considérée comme la plus grosse décharge de déchets radioactifs au monde.

L'EXEMPLE SUÉDOIS
Mais pour Bill Schjelderup, le nucléaire est, à ce jour, la seule option susceptible d'enrayer la forte hausse du prix de l'électricité et la plus grande dépendance vis-à-vis des importations. "Le gouvernement a déjà dit "non" au charbon, constate-t-il. Les projets de centrales électriques au gaz sont restés lettre morte à cause des restrictions environnementales du gouvernement, qui rendent tout investissement très cher. Quant à l'énergie hydroélectrique, il n'y a pas de décision de la développer par respect pour la nature et les rivières." Dès mercredi, le premier ministre travailliste, Jens Stoltenberg, lui a laissé peu d'espoir en évoquant la question devant le Parlement : "Je comprends que l'on trouve étrange que la Norvège soit contre les centrales au charbon ou nucléaires, et qu'elle importe dans le même temps de l'énergie produite dans de telles centrales. Mais la solution n'est pas une centrale nucléaire en Norvège."
Le dossier sera toutefois traité par le ministère de l'énergie. La réponse sera sans doute non, mais "le débat sera en tout cas lancé", estime M. Schjelderup, qui espère un retournement de l'opinion, comme en Suède - où le démantèlement du parc nucléaire est sans cesse retardé -, et en Finlande - où l'on parle déjà d'une sixième centrale nucléaire, alors que la cinquième est actuellement en construction.

Olivier Truc

 

Le Monde, 23 mars 2006:

Les pays baltes veulent une centrale nucléaire commune

RIGA, VILNIUS envoyé spécial - Olivier Truc
Deux ans après leur adhésion à l'Union européenne (UE), les trois républiques baltes veulent briser leur isolement énergétique. Alors que le conseil européen de jeudi 23 et vendredi 24 mars, à Bruxelles, évoquera la politique énergétique commune, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie estiment que les autres Etats membres et les institutions européennes n'ont pas pris en compte, jusqu'à présent, leur vulnérabilité énergétique. Aussi ont-ils lancé une initiative en faveur d'une centrale nucléaire commune. Lundi 27 février, les premiers ministres baltes ont signé un accord déclarant leur volonté de développer une stratégie énergétique commune, et de voir leurs compagnies d'énergie nationales étudier la construction d'une centrale nucléaire. Mercredi 8 mars, les PDG des trois compagnies nationales ont signé un accord pour une étude qui devrait être rendue en novembre. A la mi-mars, le président lituanien Valdas Adamkus a même étendu l'invitation à la Pologne. [...]
Près de 70 % des besoins en énergie
[électrique] de la Lituanie sont couverts par la centrale nucléaire d'Ignalina, au nord de Vilnius. Du même type que celle de Tchernobyl, elle est condamnée à court terme. C'était la condition posée par l'UE afin que la Lituanie la rejoigne. Le premier réacteur a été fermé en 2004, le second le sera en 2009. [...]
L'hypothétique centrale, qui pourrait ouvrir vers 2015, serait située à Ignalina, et son coût est estimé à 1,5 milliard d'euros. Mais les critiques commencent à s'élever, notamment parce qu'aucun débat public n'a précédé l'annonce faite par les trois premiers ministres.

 

Le G8 appelle à un développement du nucléaire

16/3/2006 - Les ministres de l'Energie du G8 réunis à Moscou ont appelé jeudi à un "vaste développement" du nucléaire dans "les pays qui le souhaitent" pour répondre à leurs besoins énergétiques à long terme.
"Pour les pays qui le souhaitent, un vaste développement de l'énergie nucléaire sûre et fiable est crucial pour la diversification des fournitures d'énergie à long terme, acceptables du point de vue de l'environnement", est-il écrit dans le communiqué publié à Moscou à l'issue d'une réunion de deux jours du G8-énergie.
Les ministres se sont prononcés également pour le "développement des énergies renouvelables et de remplacement", ainsi que des "technologies utilisant des carburants à basse teneur en carbone".
Enfin, ils ont noté qu'un "avenir stable du secteur énergétique international demandait d'importants investissements dans la production, le transport et la transformation de l'énergie".
"Nous reconnaissons que pour attirer des investissements, il est essentiel que les pays concernés aient des régimes d'investissement ouverts et favorables, comprenant des règlements
stables et prévisibles, des lois fiscales claires et des procédures administratives efficaces, ainsi qu'un accès juste et réciproque aux marchés de tous les processus de production touchant à l'énergie".

 

 

L'accord nucléaire franco-libyen illustration de la des possibilités de coopération dans ce domaine, selon le CEA

PARIS (16 mars 2006) - Au lendemain de la signature d'un accord de coopération franco-libyen sur l'utilisation de l'énergie nucléaire dans les domaines de l'agriculture et la santé, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) a souligné jeudi que cette entente illustrait les possibilités offertes par le TNP, le traité de non-prolifération nucléaire.
L'accord "permettra aux deux organismes de nouer dans un premier temps des coopérations dans le domaine du dessalement de l'eau de mer utilisant l'énergie nucléaire, de la production de radio-isotopes à usage médical ou industriel ainsi que des actions de formation associées", indique le CEA dans un communiqué.
Le CEA ajoute que cet accord "est une traduction concrète de l'attachement que porte la France au droit que confèrent les dispositions du traité de non-prolifération des armes nucléaires sur l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire."
Dans une allusion indirecte à la crise sur le nucléaire iranien, le CEA affirme que "les Etats qui sont respectueux de leurs engagements internationaux de non-prolifération et avec qui une transparence est instaurée, peuvent ainsi bénéficier des technologies nucléaires nécessaires à leur développement".

 


Les Echos, 15/03/2006 : 

Chine: le contrat nucléaire du siècle échappe à Areva

- Le groupe français était en lice pour la construction de quatre tranches nucléaires
- Il refuse de s'aligner sur la proposition deWestinghouse, qui propose un transfert global de technologie

Un an et demi après le lancement de l'appel d'offres pour la construction de quatre réacteurs nucléaires de troisième génération en Chine et alors que vient de se réunir le Parlement chinois, tout indique qu'Areva aperdu la partie.
Son rival Westinghouse aurait pris ces dernières semaines un avantage décisif en se pliant aux exigences formulées en matière de transfert de technologie. Le constructeur américain aurait accepté de vendre à ses clients les plans de son nouveau modèle de réacteur, leur permettant ainsi de fabriquer eux-mêmes les futures unités, moyennant quelques royalties.
Une offre sur laquelle le numéro un mondial du nucléaire refuse visiblement de s'aligner. A l'heure où des pays comme l'Inde ou le Brésil commencent à manifester leur intérêt pour l'EPR français, Areva ne veut pas prendre le risque de voir émerger un concurrent chinois doté de sa propre technologie. En Chine, le groupe français devra désormais se contenter d'un autremarché : celui des duplications de centrales existantes.

Nucléaire chinois : Areva prêt à jeter l'éponge

Le leader mondial du nucléaire refuse de s'aligner sur l'offre formulée par Westinghouse, son rival américain, qui a proposé aux Chinois un transfert global de technologie leur permettant de construire eux-mêmes des réacteurs de troisième génération. Areva devra se contenter du marché moins rémunérateur des duplications de centrales existantes.

Ce devait être le "contrat du siècle" mais après un an et demi de compétition acharnée, Areva n'apparaît plus en mesure de le remporter. Alors que les autorités chinoises tardent à communiquer le résultat de l'appel d'offres lancé pour la construction de quatre réacteurs nucléaires de troisième génération, tout indique que le groupe français a perdu la partie. De source bien informée, son rival Westinghouse aurait pris ces dernières semaines un avantage décisif en se pliant à toutes les exigences formulées en matière de transfert de technologie, point jugé crucial par Pékin.

L'offre remise par le constructeur américain (acheté fin janvier par le japonais Toshiba) consisterait tout bonnement à vendre la nouvelle technologie à ses clients chinois afin de permettre à ces derniers de fabriquer eux-mêmes et sur place les futurs réacteurs. Selon les chiffres qui commencent à circuler dans la profession, il n'encaisserait dans un premier temps qu'une somme avoisinant 400 millions de dollars (plus de 335 millions d'euros) pour la cession des plans de son AP1000, le concurrent de l'EPR français. Par la suite, il se contenterait de percevoir des royalties de l'ordre de 15 millions de dollars par réacteur pour un nombre déterminé de centrales.

Transfert de savoir-faire Rien à voir, donc, avec les montants faramineux évoqués lors du lancement de l'appel d'offres, en septembre 2004. A l'époque, les commanditaires chinois parlaient d'un contrat proche de 8 milliards de dollars pour ce premier lot de 4 réacteurs. Pour Areva, tout n'était pas qu'affaire d'argent. Lors de la visite en France du Premier ministre chinois,WenJiabao, en décembre dernier, les premières propositions formulées par le groupe français n'avaient pas satisfait complètement Pékin. A l'instar d'Airbus, le numéro un mondial du nucléaire semblait devoir se préparer à transférer une part non négligeable de son savoir-faire et de sa technologie s'il voulait avoir une chance de l'emporter en Chine.

Sur ce terrain, Areva n'accepte visiblement pas d'aller aussi loin que Westinghouse. « En matière de transfert de technologie, il y a des limites que nous ne dépasserons pas », prévenait-on récemment dans le camp français. Compte tenu des gestes consentis par son concurrent américain, l'entreprise publique semble aujourd'hui à deux doigts de jeter l'éponge. « S'aligner sur l'offre de Westinghouse, ce serait prendre le risque de faire surgir à terme un concurrent chinois, capable de rivaliser partout dans le monde avec une technologie de troisième génération. A l'heure où l'Inde et le Brésil, pour ne citer qu'eux, commencent à manifester leur intérêt pour l'EPR, Areva ne veut surtout pas prendre ce risque-là », explique un bon connaisseur du secteur.

Copie de 8 réacteurs. Dans ces conditions, le groupe français ne devrait pas forcément se contenter de quelques miettes. Parallèlement à l'appel d'offres sur les réacteurs de troisième génération, la Chine mise aussi sur la duplication des centrales existantes pour faire face à ses énormes besoins énergétiques. Dans un premier temps, la copie de 8 réacteurs de deuxième génération a été décidée. Areva a déjà été approché pour deux d'entre eux. La fourniture des composants nécessaires à leur construction pourrait lui assurer environ 400 millions d'euros de contrat. Plus que le prix réclamé par Westinghouse pour les plans de l'AP1000.

 

 

LExpansion, 15/3/2006:

Washington veut changer les règles pour mieux vendre son nucléaire civil

Vendre du nucléaire civil aux gros marchés en développement qui ont besoin d'énergie, sans encourager la prolifération des armes nucléaires. C'est ce que proposent les Etats-Unis et la Russie à leurs partenaires du G8, réunis mercredi à Moscou pour un sommet sur la sécurité énergétique. Nom de code du projet américain : "Global nuclear energy partnership", un partenariat mondial sur le nucléaire civil. S'il n'est pas question pour l'instant d'une initiative commune americano-russe, l'idée sous-jacente est la même : réserver à un club restreint de grandes puissances nucléaires le droit de livrer aux pays en développement le combustible nucléaire préalablement enrichi et de traiter les déchets nucléaires, deux phases cruciales dans la fabrication d'armes atomiques. En échange, les pays en développement disposeraient de tout le combustible nécessaire pour produire leur énergie mais s'engageraient à ne pas développer de techniques d'enrichissement et de recyclage. Le tout sous la surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
Sur le papier, les intentions de Washington  sont uniquement sécuritaire et environnementale : d'abord prévenir le risque de nouveaux « Iran » ; ensuite augmenter l'offre d'énergie sans émission de CO2 et réduire la toxicité des déchets nucléaires. A cela s'ajoute le fait que, pour les Américains, le traité de non prolifération des armes nucléaires n'est pas efficace puisqu'il n'a pas empêché l'Inde, le Pakistan ou la Corée du Nord d'avoir la bombe atomique. Il faut donc trouver autre chose. 
Ces propositions interviennent toutefois dans un contexte économique très particulier. Comme tout pays qui n'a pas ratifié le traité de non prolifération nucléaire, l'Inde n'a aujourd'hui pas le droit d'acheter du nucléaire civil. Mais en échange d'un accord commercial avec New Delhi, le président George Bush s'est engagé à convaincre son Congrès de revenir sur cette interdiction et à persuader les autres pays du groupe des fournisseurs nucléaires de faire de même.
La Russie a également de grandes ambitions dans le nucléaire civil, avec un programme de production et d'exportation ambitieux. Alors que le gaz, comme le pétrole, est de plus en plus cher, l'énergie nucléaire devient plus compétitive et la Russie ne veut pas louper ce nouveau marché.
La France, elle aussi, souhaite développer sa coopération civile avec l'Inde. Les deux pays avaient annoncé, lors de la visite de Jacques Chirac en février, avoir entamé des pourparlers pour une coopération dans le nucléaire civile « sous réserve de leurs engagements intenationaux respectifs », précisait la déclaration. Le changement des règles profiterait donc à de nombreux pays. D'ailleurs, les Etats-Unis, qui ont déjà pris la température, assurent que leur projet a été bien accueilli par la France, le Japon, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine. Un projet qui reste assez flou et pose beaucoup de questions, puisqu'il prévoit des transferts de technologies. Mais George Bush est suffisamment confiant pour avoir proposé de lui consacrer un budget de 250 millions de dollars dès l'an prochain.

Ingrid Vergara

 


Jacques Chirac: "un accord est à portée de la main" pour permettre à l'Inde d'accéder au nucléaire civil

NEW DELHI (17 février 2006) - "Un accord est à portée de la main" pour permettre à l'Inde, pays non signataire du Traité de non prolifération nucléaire (TNP) de pouvoir développer tout de même un programme nucléaire civil, affirme Jacques Chirac dans un entretien publié vendredi dans l'hebdomadaire "India Today".
Un tel accord, négocié entre les membres du Nuclear suppliers Group (NSG), est très attendu par New Delhi, alors que la croissance économique indienne rend ses besoins énergétiques immenses.
"L'Inde doit pouvoir disposer d'un statut spécifique vis-à-vis du NSG pour lui permettre d'accéder aux technologies nécessaires, dans le respect des exigences de non prolifération", estime le président français, attendu dimanche à New Dehli pour une visite d'Etat de deux jours.
"La reconnaissance d'un statut particulier pour l'Inde vis-à-vis du NSG est pour nous un objectif prioritaire", affirme-t-il. "Un accord est à portée de la main, mais davantage de travail doit être encore fait de part et d'autre".
Jacques Chirac rappelle que cette réflexion a désormais le "soutien de l'administration américaine" depuis la déclaration indo-américaine du 18 juillet 2005. "Nous devons encore faire les efforts nécessaires pour parvenir à un consensus et la France travaille en ce sens".
Ainsi "nous pourrons concilier notre ambition de coopération dans ce secteur avec les contraintes imposées par nos engagements internationaux" en terme de non prolifération.
Jacques Chirac doit signer lors de sa visite en Inde une déclaration conjointe sur la coopération franco-indienne en matière nucléaire. Celle-ci doit "tradui(re) l'étendue de la coopération que nous sommes prêts à engager avec l'Inde dans ce domaine, dans le respect de nos engagements internationaux", une fois obtenu le feu vert du NSG.


Batiactu, 2/2/2006:

La Bulgarie reçoit des offres pour la construction d'une centrale nucléaire

La compagnie nationale d'énergie bulgare (NEC) a annoncé mercredi que l'entreprise tchèque Skoda et la compagnie russe Atomstroyeksport ont soumis des offres détaillées pour la construction d'une nouvelle centrale nucléaire en Bulgarie. D'une valeur de 2 milliards d'euros, ce projet de nouvelle centrale nucléaire a été lancé par le gouvernement bulgare pour remplacer des réacteurs devant être fermés pour cause de problèmes de sécurité dans une autre centrale bulgare, à Kozloduy. NEC examinera les deux offres au cours des six prochains mois. Skoda était associé au groupe américain Westinghouse, tandis que Atomstroyeksport a choisi le français Framatome (Areva) comme partenaire. La centrale doit disposer de deux réacteurs à eau pressurisée produisant chacun 1.000 mégawatts. La nouvelle centrale doit compenser une chute prévue des exportations d'énergie bulgares quand que la Bulgarie aura fermé, en 2006, deux de ses réacteurs soviétiques désuets à Kozloduy. La fermeture de ces réacteurs a été convenue dans le cadre des négociations d'adhésion à l'Union européenne de la Bulgarie. Ce pays espère adhérer à l'UE en 2007. Le premier des deux nouveaux réacteurs devraient être opérationnel en 2011, et le deuxième en 2013.

 

 

Alstom: contrat de 180 M EUR en Suède pour moderniser une centrale nucléaire

20/1/06 - Le groupe français Alstom a signé avec OKG Aktienbolag, détenue par les producteurs d'énergie EON et Fortum, un contrat de 180 millions d'euros pour la modernisation d'une centrale nucléaire en Suède, a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué.
Alstom démantèlera l'installation existante, puis construira et mettra en service le nouvel "îlot conventionnel" (turbine à vapeur, alternateur et équipements associés) de la centrale à eau bouillante d'Oskarshamn.
Destinés à porter la puissance "de 1.200 à 1.450 MW" et à "prolonger de plus de 35 ans" la durée d'exploitation de la centrale, les travaux seront dans leur plus grande partie réalisés en 2008 par les unités d'Alstom en Suède.
"Les principaux équipements proviendront des usines d'Alstom en France et en Suisse", a précisé le groupe.


L'Ukraine veut développer ses capacités énergétiques nucléaires

6/1/2006 - L'Ukraine veut développer ses capacités nucléaires pour réduire sa dépendance au gaz russe, a annoncé le Premier ministre ukrainien Iouri Ekhanourov dans une interview publiée vendredi dans la presse allemande.
Interrogé par le journal Berliner Zeitung sur la façon dont l'Ukraine allait tenter de réduire cette dépendance sur le long terme, le Premier ministre a dit: "Déjà maintenant, nous produisons plus de la moitié de nos besoins énergétiques par le nucléaire. Nous devrons renforcer les capacités de nos nouvelles centrales nucléaires".
"Mais nous devrons aussi nous occuper des sources d'énergie alternatives: hydraulique, aérienne, solaire, a ajouté M. Ekhanourov. Cela intéressera l'économie allemande", l'une des plus avancées au monde en matière d'énergies renouvelables.
L'Ukraine doit "diversifier ses sources d'énergie", a résumé le Premier ministre. Mais "nous devrons aussi nous efforcer de réduire notre consommation d'énergie. Pour cela nous devrons moderniser nos entreprises", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, M. Ekhanourov a annoncé vouloir "investir dans la modernisation des pipelines" transitant par l'Ukraine, une voie de transit clé pour le gaz et le pétrole entre la Russie et l'Union européenne.
"La leçon la plus importante que nous avons retenue du 1er janvier est que nous devons être un pays de transit sûr", a-t-il encore dit.
Le géant russe Gazprom avait fermé le 1er janvier ses vannes de gaz à destination de l'Ukraine. Mais la Russie et l'Ukraine étaient parvenues dans la nuit de mardi à mercredi à un accord sur les prix du gaz livré à Kiev, mettant ainsi fin à une "guerre" ayant conduit à une baisse momentanée des livraisons de gaz à l'Europe occidentale.
L'Ukraine compte une quinzaine de réacteurs nucléaires répartis dans quatre centrales et qui produisent près de la moitié de l'électricité nationale. Le pays avait accepté de fermer en décembre 2000 la centrale de Tchernobyl (nord), théâtre du pire accident nucléaire de l'histoire, en avril 1986, en échange d'une aide internationale.
Le réacteur N.4 de la centrale de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986, rejetant dans l'atmosphère des millions de radioéléments équivalant à plus de 200 bombes d'Hiroshima.

 


6/1/2006: 
Le nucléaire, une option de plus en plus envisagée dans le monde

 

Libération, 5 décembre 2005:
Duel franco-américain pour le marché [nucléaire] du siècle

 

 

Pékin reporte sa décision sur les réacteurs nucléaires de 3e génération

2/12/2005 - Pékin ne désignera qu'au cours du premier semestre 2006 la société chargée de construire en Chine quatre réacteurs nucléaires de troisième génération, en raison de divergences sur le prix et la technologie, a indiqué un responsable chinois cité vendredi par le quotidien China Daily.
"Il est improbable que les discussions soient achevées avant la fin de cette année comme il était prévu", a déclaré au journal Chen Hua, un directeur de la China National Nuclear Corporation (CNNC).
L'Anglo-américain Westinghouse, le Français Framatome (Areva) et le Russe AtomStroyExport sont en concurrence pour remporter le contrat estimé à environ 8 milliards de dollars, qui a fait l'objet d'un appel d'offres international.
Selon M. Chen, les deux sociétés les mieux placées pour décrocher le contrat sont Areva et Westinghouse. "Nous n'avons pas beaucoup parlé avec les Russes", a-t-il affirmé.
Mais, a-t-il poursuivi, il existe encore des divergences. "Ces sociétés ne nous ont pas donné des offres satisfaisantes sur de nombreux détails techniques essentiels, comme l'ingénierie ou la sécurité des centrales", a-t-il dit.
"Les prix qu'ils proposent sont encore trop élevés par rapport à ceux que nous avons inscrits au budget", a ajouté le responsable.
"Il est difficile de dire exactement quand (ces discussions seront finies), mais nous espérons les achever au premier semestre de l'année prochaine", a poursuivi Chen Hua.

 

 

Le Monde, 28/11/05:

Tony Blair est prêt à renouveler le parc nucléaire britannique

La Grande-Bretagne devrait amorcer prochainement un virage à 180 degrés dans le domaine énergétique, en annonçant son intention de relancer le nucléaire civil auquel elle avait tourné le dos ces dernières années. Tout indique que Tony Blair a décidé de renouveler rapidement une partie du parc nucléaire : douze centrales vieillissantes, pour la plupart construites dans les années 1960 et 1970, et dont la moitié est censée fermer d'ici à 2015... [suite]

 

 

La Russie débloque des fonds pour un réacteur nucléaire "ultra-moderne"

16/11/2005 - Le Parlement russe a débloqué 215 millions de dollars supplémentaires dans le budget 2006 pour accélérer la construction dans l'Oural du premier réacteur industriel russe à neutrons rapides BN-800, a annoncé mercredi l'Agence fédérale de l'énergie atomique (Rosatom).
"Les députés ont décidé d'octroyer six milliards de roubles supplémentaires au budget 2006 pour accélérer la construction d'un nouveau réacteur BN-800 dans la centrale de Beloïarsk", près d'Ekaterinbourg, dans l'Oural, a indiqué le porte-parole de Rosatom Nikolaï Chingarev.
La construction du réacteur nécessite un investissement total de 40 milliards de roubles. Et les travaux, commencés dans les années 1980, piétinaient à cause de l'insuffisance des revenus tirés de la vente de l'énergie, a relevé M. Chingarev.
"La décision du Parlement de débloquer des fonds budgétaires permettra d'achever la construction du réacteur d'ici 2011", selon le porte-parole de Rosatom.
La centrale de Béloïarsk était déjà dotée depuis 1980 d'un RNR industriel BN-600, mais "la version BN-800 est plus moderne et plus puissante", a-t-il souligné.
Les RNR utilisent l'uranium et le plutonium comme combustible nucléaire plus complètement que les réacteurs à neutrons thermiques. Ils présentent les avantages de pouvoir fabriquer de la matière fissile (surgénérateur) ou au contraire incinérer des déchets (actinides) à vie longue
[baratin].

 

Le Courrier du Viet-Nam, 21/10/05:

Vietnam-France: Coopération resserrée dans le nucléaire civil

La France est prête à aider le Vietnam dans le nucléaire civil, a affirmé Marc Ponchet (photo ci-contre), chargé de mission relations bilatérales au sein du Commissariat français à l'énergie atomique (CEA).

Entretien avec Le Courrier du Vietnam.

Correspondant : Pourriez-vous faire le point de la coopération franco-vietnamienne dans le domaine nucléaire ?

Marc Ponchet : La coopération entre les organismes français en général et le CEA en particulier et nos partenaires vietnamiens a réellement commencé à l'occasion de la première exposition internationale en la matière qui a eu lieu l'année dernière à Hanoi. Nous avons évidemment participé avec l'ensemble des acteurs français, qui sont principalement l'exploitant nucléaire EDF, le constructeur de centrale nucléaire AREVA-Framatome, le CEA qui organise des recherches, l'Autorité de sûreté nucléaire qui traite toutes les questions de protection de l'homme et de l'environnement. Nous avons à cette occasion exprimé notre souhait de répondre positivement à la demande du gouvernement vietnamien de faire partager notre expérience dans le domaine nucléaire, pour accompagner les partenaires vietnamiens dans le développement de cette énergie. Nous avons organisé en juin dernier à Hanoi le premier séminaire juridique pour expliquer comment nous nous étions organisés en France dans le domaine des lois sur les activités nucléaires civils. Cette fois-ci, nous avons organisé un séminaire beaucoup plus technique sur les grandes filières de centrale nucléaire, les critères de choix de sites et ceux de sûreté (Voir l'article dans la page 2 du journal du 19 octobre). Au niveau du CEA, la coopération avec le Comité de l'énergie atomique du Vietnam (VAEC) est déjà très ancienne. Nous avons renouvelé l'accord de coopération en 2003 et ce pour cinq ans. Nous avons défini une dizaine de thèmes de coopération scientifique et technique.

Correspondant : Deux sites dans la province de Ninh Thuân (Centre) ont été choisis par le projet de préfaisabilité sur la construction de la première centrale nucléaire vietnamienne. Qu'en pensez-vous ?

Marc Ponchet : Nous sommes allés voir ces sites au mois de juin dernier. En France, il y a des centrales construites en bord de mer dans le même esprit que le Vietnam envisage de le faire. La France possède ainsi une grande expérience en la matière. Nous n'avons pas de remarques particulières sur le choix des sites du Vietnam. Mais de nombreuses études doivent être menées maintenant par les experts vietnamiens pour confirmer que ces sites sont conformes à l'ensemble des exigences de sûreté. Dans le domaine nucléaire, la première chose importante est la sûreté.

Correspondant : Le Vietnam fait face à une pénurie de personnel dans le secteur nucléaire. Est-ce que la France lui donne un coup de main ?

Marc Ponchet : La question de la formation est extrêmement importante. Le Vietnam doit se préparer très longtemps à l'avance pour former aussi bien des techniciens que des spécialistes des métiers spécifiquement nucléaires. Vietnam et France ont établi une coopération dans ce domaine. Pour la première fois, en juin dernier, une jeune femme vietnamienne a reçu un diplôme de génie atomique après cinq années d'études en France. Avec ce titre, on peut avoir une responsabilité importante dans une centrale nucléaire. Il y a d'autres étudiants vietnamiens qui obtiendront ce diplôme l'année prochaine. Nous recevons également à l'intérieur du CEA des chercheurs vietnamiens.

Correspondant : Quels sont vos projets de coopération ultérieurs ?

Marc Ponchet : Pour l'année prochaine, nous espérons accueillir une délégation de parlementaires vietnamiens qui viendront visiter des centrales nucléaires en France. De plus, nous continuerons de recevoir des chercheurs et des étudiants vietnamiens, tout en essayant d'organiser d'autres séminaires techniques.

Propos recueillis par Vu Linh Huong/CVN



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L'Ontario choisit l'énergie nucléaire

17 octobre 2005 - La centrale BruceL'Ontario se tourne à nouveau vers l'énergie nucléaire pour assurer la continuité de l'alimentation en électricité dans la province.
Le gouvernement a conclu une entente de plus de 4,25 milliards avec le consortium Bruce Power, ce qui permettra de prolonger de 17 ans la durée de vie de la centrale Bruce, située sur les rives du lac Huron. Deux réacteurs seront réactivés, un sera remis à neuf et un quatrième sera modernisé. Cette entente permettra d'alimenter un million de foyers supplémentaires dans la province.

Des rénovations payées par le secteur privé
Donna CansfieldLa ministre ontarienne de l'Énergie, Donna Cansfield, parle d'une entente importante pour la province, puisque les coûts des rénovations seront payés par Bruce Power plutôt que par les contribuables. La province s'engage en retour à acheter l'électricité produite par les réacteurs à un prix prédéterminé, qui augmentera avec l'inflation. Le contrat stipule toutefois que si les travaux dépassent 4,25 milliards, la province paiera jusqu'à la moitié des coûts supplémentaires. Cette clause est importante, puisque des rénovations semblables à la centrale Pickering ont coûté trois fois plus cher que prévu. Lorsque les travaux seront terminés, la capacité de production de la centrale Bruce atteindra 6200 mégawatts. L'Ontario cherche des moyens de pallier à la baisse de sa capacité de production électrique que provoquera la fermeture de toutes ces centrales au charbon d'ici 2010.

 


www.radio-canada.ca

L'Ontario fait confiance au nucléaire

13 octobre 2005 - L'Ontario serait sur le point de réactiver deux réacteurs nucléaires situés dans le nord de la province. Selon la Presse canadienne, la remise en service des deux réacteurs de la centrale Bruce A, à Kincardine, coûterait quelque deux milliards de dollars et permettrait d'alimenter l'équivalent d'un million de maisons.
Un accord serait intervenu avec l'opérateur des deux réacteurs en vue de leur remise en service.
Il ne manquerait plus que l'accord définitif du gouvernement, ce qui serait fait et annoncé la semaine prochaine.
La fermeture annoncée des quatre centrales au charbon de la province d'ici 2010 fait craindre une pénurie d'énergie. L'Ontario étudie donc les moyens d'augmenter sa production pour ne pas avoir à importer trop d'électricité.


Areva: remporte trois contrats en Chine pour 30 ME.

Cercle Finance (8/10/2005) - Areva a remporté trois contrats en Chine pour un montant total de 30 millions d'euros. Areva T&D a ainsi signé un contrat avec Guangdong Pumped Storage Co. pour la construction d'une sous-station isolée au gaz à Huizhou, en Chine méridionale. Areva a également remporté deux lots pour la centrale nucléaire de Qinshan. Le premier porte sur la fourniture et l'installation d'équipements pour Qinshan 1, notamment un couvercle de cuve et des mécanismes de commande de grappes. Le second porte sur la modernisation du contrôle-commande de sûreté de ce même réacteur. Qinshan 1 est un réacteur à eau pressurisée de conception chinoise.



Le Monde, 14/9/2005: 

La France assure l'Inde de son soutien pour développer son énergie nucléaire civile

Paris va aider New Delhi à développer son énergie nucléaire civile, ont annoncé le président de la République, Jacques Chirac, et le premier ministre indien, Manmohan Singh, lundi 12 septembre dans une déclaration conjointe à l'Elysée : "La France reconnaît la nécessité d'une coopération internationale pleine avec l'Inde dans le domaine du nucléaire civil et oeuvrera, en ce sens, en collaborant avec d'autres pays et avec le Groupe des fournisseurs du nucléaire -NSG- , et en renforçant la coopération bilatérale", indique le texte.

L'Inde, qui importe 70 % de ses besoins en pétrole, veut développer ses centrales nucléaires pour accompagner sa forte croissance économique. Mais le géant asiatique, qui a procédé à ses premiers essais nucléaires militaires en 1998, refuse d'adhérer au traité de non-prolifération, ce qui lui a interdit l'assistance des pays membres du NSG. Recevant M. Singh le 18 juillet à Washington, le président George Bush a "ouvert" la voie d'une telle coopération, a-t-on indiqué lundi de source diplomatique à Paris, en proposant d'aider l'Inde à développer son nucléaire civil.
(...)

Béatrice Gurrey et Erich Inciy

 


Le Figaro, 12/9/2005 : 
Manmohan Singh (Premier ministre de l'Inde) : «Delhi a besoin du nucléaire français»

 

 

Le Figaro, 12/9/2005 : 
DOSSIER - La France chef de file du nucléaire européen


 

Areva fait avancer son projet EPR aux USA

 

 


Le Monde, 7/9/05:

Le Brésil veut construire sept nouvelles centrales nucléaires

La relance du programme nucléaire brésilien ne dépend plus que de la signature du président Luiz Inacio Lula da Silva, à qui revient cette décision très politique, au vu des propositions techniques présentées par la Commission nationale de l'énergie nucléaire (CNEN). Le programme engagerait la construction d'une troisième centrale nucléaire sur le site d'Angra (à 200 km à l'ouest de Rio de Janeiro) et celle de six autres unités : un sujet plutôt polémique.
Le Brésil tente de diversifier ses sources énergétiques, trop dépendantes de l'hydroélectricité : plus de 90 % de l'électricité du pays est en effet générée par des barrages. En 2001, la sécheresse avait obligé les Brésiliens à vivre 264 jours de rationnement. Chaque foyer avait dû économiser 20 % de sa consommation pour ne pas provoquer l'"apagao" , le black-out tant redouté. Depuis, le Brésil diversifie ses approvisionnements, grâce au gaz bolivien et à des usines thermoélectriques. Le Brésil possède déjà deux centrales nucléaires, Angra I et Angra II, entrées en service en 1982 et 2000 et capables defournir 2 000 mégawatts, soit 4 % de l'électricité brésilienne. Angra III serait édifiée sur le même site. "Les fondations de la future centrale existent et nous avons déjà acheté toutes les machines pour Angra III , explique le président de la CNEN, Oldair Gonçalves, avant d'ajouter : Ce serait une centrale jumelle d'Angra II, avec la technologie européenne de Framatome, mais pour l'achever, il faut investir 1,5 milliard de dollars."
L'investissement total atteindrait 13 milliards de dollars d'ici à 2022, pour un programme comprenant six sites répartis dans le pays, notamment dans le Nord-Est où, faute d'eau, l'électricité est rare et chère.
"Le Brésil est très avancé dans le domaine du nucléaire et, à plus ou moins long terme, cette voie est inéluctable, car le monde entier se rend compte de ses avantages et de son faible impact écologique" , estime M. Gonçalves. De plus, le sous-sol du Brésil détient le sixième des réserves mondiales d'uranium, soit un siècle de consommation nationale. Et peut-être plus, les prospections interrompues en 1985 n'ayant couvert que 30 % d'un territoire de 8,5 millions de km2. La mine exploitée se situe dans l'Etat de Bahia, à Caetite.

FRICTIONS AVEC L'AIEA
Les Brésiliens dominent la technique d'enrichissement de l'uranium depuis 1987. Mais pour l'instant, le minerai est encore exporté vers le Canada, puis vers l'Europe (France et Allemagne) pour être traité, le Brésil ne pratiquant lui-même l'enrichissement qu'à une petite échelle à Resende (près d'Angra). La mise en fonctionnement de cette usine, fin 2003, avait provoqué des frictions entre Brasilia et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Au nom du secret technologique, les Brésiliens avaient en effet imposé une visite restreinte aux inspecteurs, dissimulant des centrifugeuses qui économiseraient un quart de l'énergie nécessaire à l'enrichissement. Les diplomates brésiliens s'étaient alors offusqués des parallèles faits, dans la presse américaine, avec la Corée du Nord ou l'Iran, car le Brésil est membre de l'AIEA et signataire du traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
La Constitution de 1988 oblige le pays à développer une technologie à des fins uniquement pacifiques. Mais le programme nucléaire autonome développé depuis 1979 par la marine soulève encore des interrogations.
Les anciens présidents José Sarney et Fernando Collor de Mello ont récemment affirmé avoir découvert, au pouvoir, que les militaires s'apprêtaient à tester une bombe atomique dans la Serra do Cachimbo, dans l'Etat amazonien du Para, et avoir stoppé ces initiatives. "Il n'existe pas un seul document technique pour confirmer ces faits , s'étonne Oldair Gonçalves : la marine était sans doute proche de la propulsion d'un sous-marin, mais je crois encore bien loin de la bombe."

Annie Gasnier

 


Pays-Bas: la fermeture de la centrale nucléaire reportée de 20 ans

7/9/2005 - L'unique centrale nucléaire des Pays-Bas située à Borssele (sud-ouest), dont la fermeture était prévue en 2013, sera maintenue en activité jusqu'à 2033, a annoncé mercredi l'agence néerlandaise ANP citant des sources proches du dossier.
Depuis plusieurs mois, le gouvernement laissait filter des informations préparant une telle décision. En février, deux ministres, dont celui de l'Environnement, avaient suggéré de prolonger l'activité de cette centrale, au nom de la lutte contre la pollution générée par les centrales thermiques.
Le Premier ministre chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende avait estimé ces commentaires "pertinents", indiquant que "la discussion sur l'énergie nucléaire n'est pas figée".
Jusqu'à présent, une décision ferme de maintien de l'activité était bloquée par un des membres de la coalition au pouvoir à La Haye, le parti libéral D66.
La semaine dernière, le gouvernement a annoncé le déblocage de 400 millions d'euros pour les énergies renouvelables, dont 250 millions pour la centrale nucléaire, qui selon La Haye fait partie de cette catégorie.

 


Courrier international, 18 août 2005:

L'Australie sera bientôt le principal fournisseur en uranium de la Chine

Le gouvernement fédéral australien a annoncé la semaine dernière que des négociations allaient commencer avec la Chine en vue de futures exportations d'uranium. La décision fait suite à la prise de contrôle par l'Etat des ressources de poudre de minerai à haute teneur en uranium, dont les gisements sont situés dans le Territoire-du-Nord. Selon The Sydney Morning Herald, cette annonce intervient après des mois de tractations de la part de la Chine, qui cherche officiellement à développer son programme civil nucléaire afin de subvenir à ses besoins énergétiques et de résoudre ses problèmes écologiques.
Du côté australien, les enjeux sont tout autres. L'Australie dispose de 39 % des ressources mondiales d'uranium et a déjà conclu 19 accords nucléaires avec des pays tels que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France ou encore le Japon. Et un accord avec la Chine serait une nouvelle occasion de développer cette lucrative activité économique. Claude Mandil, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie, constate dans The Australian que, "puisque l'Australie ne pourra jamais exporter suffisamment de charbon pour satisfaire la demande croissante en énergie à travers le monde, elle doit exporter de l'uranium".
D'après des calculs effectués par The Herald Sun, "cet accord pourrait rapporter à l'Australie 690 millions de dollars australiens [environ 430 millions d'euros] si elle devenait l'unique fournisseur d'uranium de la Chine". Cette signature est cependant soumise à conditions, a précisé le ministre des Affaires étrangères australien. Il la conditionne à un engagement de la Chine à n'utiliser l'uranium qu'à des fins pacifiques.
Le Parti travailliste a apporté son soutien, en échange de sérieuses garanties chinoises, mais nombreux sont ceux qui, parmi les démocrates, s'opposent à cette décision qui risque selon eux de compromettre l'opposition australienne à la prolifération des armes nucléaires. Outre qu'ils dénoncent les dangers des déchets nucléaires, les Verts, quant à eux, se déclarent sceptiques à propos de l'assurance chinoise de ne pas utiliser l'uranium à des fins militaires.

 

 

Le Monde, 5/7/2005 : 

Les Etats-Unis relancent la construction de centrales nucléaires

NEW YORK de notre correspondant

"Il existe un consensus grandissant. Plus d'énergie nucléaire rendra notre nation plus sûre et moins polluante. Il est temps pour ce pays de commencer à nouveau à construire des centrales nucléaires" : George Bush ne pouvait pas être plus clair en visitant, à Calvert Cliffs, dans le Maryland, le 22 juin, une centrale faisant partie de la demi-douzaine qui ont, aujourd'hui aux Etats-Unis, le projet d'installer de nouveaux réacteurs plus modernes. Il n'y en a plus eu de construit sur le sol américain depuis 1979 et l'accident de Three Mile Island, en Pennsylvanie. L'électricité nucléaire représente 21 % du total de l'énergie produite aux Etats-Unis, contre 50 % pour le charbon et 17 % pour le gaz. Il y a 103 réacteurs aujourd'hui en service dans le pays.

(Remarque: Nucléaire, l'exemple des États-Unis
Il est intéressant de suivre l'évolution des commandes de réacteurs nucléaires aux États-Unis, ce pays servant généralement de référence, voire de modèle pour l'industrie mondiale :
- Tous les réacteurs actuellement en fonctionnement (et celui qui est encore en travaux) ont été commandés avant 1974.
- Toutes les commandes passées entre 1974 et 1978 ont été annulées, aucune commande n'a été passée après 1978. Au total, 138 commandes ont été annulées (38 BWR, 91 PWR, 8 HTGR, 1 rapide). Sur ces 138 annulations, 36 ont concerné des réacteurs qui étaient en cours de travaux.
- Aucun réacteur n'a été mis en chantier après 1978.
- Si l'on suit l'évolution des commandes au cours du temps, on constate une montée rapide en 1966, un maximum en 1967 avec 31 commandes suivi d'une décrue, puis une nouvelle remontée en 1971 avec un pic de 45 commandes en 1973 suivi d'une chute brutale : encore 27 en 1974 mais ensuite 5 puis 3, puis 4 et il n' y eut que 2 commandes en 1978.
On voit ainsi que l'accident de Three Mile Island (mars 1979) a peut-être été le coup de grâce pour l'énergie nucléaire américaine mais il a frappé une industrie déjà mal en point dont le déclin était amorcé en 1974.
L'exemple des États-Unis est la preuve que l'électricité nucléaire n'est pas une énergie d'avenir et cela est apparent depuis une vingtaine d'années.
Si l'on examine la date des dernières commandes en cours, les accidents nucléaires tant de Three Mile Island (mars 1979) que de
Tchernobyl (avril 1986) ne semblent pas avoir été déterminants dans l'évolution du parc électronucléaire mondial ni pour la France et le Japon qui veulent développer encore leur nucléarisation, ni pour les autres pays industriels (États-Unis et Allemagne en tête) qui ont dans les faits programmé une décroissance lente.
Signalons qu'étant donné l'allongement de la durée des travaux aux USA, 49 récteurs commandés avant 1974 ont été couplés au réseau depuis 1980 dont 21 depuis Tchernobyl.
Cette politique d'arrêt à long terme n'est pas satisfaisante car elle ne prend pas en compte les conséquences des accidents catastrophiques alors que ceux-ci sont intégrés dans les plans des autorités de la sécurité civile.)

Illustration du retour en grâce de l'énergie nucléaire : les cours, dans les universités américaines, pour les ingénieurs spécialisés ne peuvent plus répondre à la demande. Les étudiants sont convaincus d'avoir devant eux une carrière à vie dans cette industrie. Les experts le confirment. "Le temps des opportunités" était le thème de l'Assemblée de l'énergie nucléaire qui s'est tenue en mai à Washington. Elle a accueilli plus de 400 industriels des Etats-Unis, d'Europe et du Japon.

Ils ont entendu le secrétaire américain à l'énergie, Samuel Bodman, les assurer que l'administration Bush soutiendrait la nouvelle génération de réacteurs. L'industrie nucléaire américaine compte profiter d'une "fenêtre de tir" favorable au cours des trois prochaines années pour lancer des projets de construction de nouvelles centrales qui pourraient être opérationnelles autour de 2014. Deux consortiums associant des groupes énergétiques et des fabricants de réacteurs ont obtenu l'assurance que le département de l'énergie partagera les coûts d'homologation des nouveaux réacteurs, estimés pour chaque projet à 500 millions de dollars.

Dans le même temps, le Sénat prépare des aides financières et fiscales pour encourager la construction de centrales. General Electric (GE) et son rival, Westinghouse Electric, racheté par le britannique BNFL, et un nouvel entrant, Canada's Atomic Energy of Canada Ltd (AECL), sont derrière les projets. GE a presque terminé l'installation de nouveaux réacteurs à Taïwan.

L'administration est d'autant plus favorable à l'énergie nucléaire qu'il s'agit du moyen idéal, à ses yeux, pour réduire la dépendance du pays envers le pétrole et le gaz importés et pour continuer à privilégier un mode de développement grand consommateur d'énergie bon marché. Lors de son discours à Calvert Cliffs, George Bush a souligné que "les Américains consomment l'énergie plus vite qu'ils la produisent" et que, "pour le moment, nous ne nous sommes pas vraiment attaqués à ce problème" .

Autre avantage du nucléaire : cette énergie ne génère pas de gaz à effet de serre. Du coup, l'opposition des groupes écologistes n'a cessé de s'affaiblir. "Les bénéfices de l'énergie nucléaire sont bien supérieurs à ses risques", a même déclaré Patrick Moore, fondateur de Greenpeace, à la sous-commission du Congrès sur l'énergie. Le dernier objectif du gouvernement américain est de placer l'industrie du pays en position favorable pour gagner des marchés à l'étranger.

Les besoins à venir sont considérables en matière d'électricité nucléaire, notamment en Asie. La Chine devrait s'équiper de 25 à 30 nouvelles centrales d'ici à 2020, à 2 milliards de dollars l'unité. Les négociations sur les quatre premières ont commencé. L'Inde devrait décupler ses capacités, et le Japon, qui a déjà 54 centrales, en construit trois supplémentaires. "Le marché va exploser et nous ne voulons pas voir cela en spectateurs" , résume Vaughn Gilbert, porte-parole de Westinghouse.

Eric Leser

 

 

La Chine veut développer son parc nucléaire

QINSHAN, Chine (5 juillet) - Confrontée à des pénuries d'électricité, au »smog» et à une forte demande en énergie liée à son développement économique, la Chine a décidé de faire un grand bond en avant dans le domaine du nucléaire, prévoyant de doubler la part de courant générée par ses centrales d'ici 2020.
Des entreprises étrangères -la française Areva, l'américaine Westinghouse et la russe AtomStroyExport- sont en concurrence pour la construction de deux nouvelles centrales nucléaires, à Sanmen (est) et Yangjiang (sud-est). Ces contrats, les plus gros dans le secteur depuis des années, représentent jusqu'à huit milliards de dollars (6,6 milliards d'euros). A Qinshan, à deux heures de route au sud-ouest de Shanghaï, des sites sont préparés en vue d'accueillir quatre nouveaux réacteurs. »L'excavation est presque finie», souligne Yang Lanhe, responsable du projet Qinshan Phase II, vitrine de la Chine en matière de nucléaire civil. Le programme nucléaire chinois a été lancé dans les années 50, mais la première centrale n'est entrée en service qu'en 1991 à Qinshan. Pendant six ans, à partir de 1997, des dizaines de projets potentiels ont été reportés, sur fond de craintes liées à une surcapacité de production, à la sécurité et au coût relativement élevé de l'énergie ainsi produite. La donne a changé l'an dernier, alors que la Chine connaissait des coupures d'électricité dues à une grave crise énergétique. Du sommet de l'Etat chinois aux techniciens qui s'affairent dans les centrales, tous semblent partager la conviction nouvelle que le nucléaire est la meilleure solution pour réduire la dépendance du pays aux très polluantes centrales électriques fonctionnant au charbon. La Chine s'attend à ce que le nucléaire représente 4% de sa production d'électricité en 2020, contre 2,3% aujourd'hui. Pour atteindre cet objectif, elle doit construire en moyenne deux nouvelles centrales chaque année. "Après 2020, la croissance de l'électricité nucléaire augmentera beaucoup plus vite", a précisé Shen Wenquan, responsable de la société China National Nuclear (CNN) lors d'une conférence à Shanghaï. Il a montré un tableau qui prévoit que d'ici 2060, l'énergie nucléaire pourrait couvrir un tiers des besoins du pays en électricité. La Chine concentre ses efforts sur les régions côtières très peuplées et industrialisées, où la demande est la plus forte et où le niveau de pollution est trop élevé pour brûler davantage de charbon. "Une grande partie des nouvelles centrales seront construites dans le sud et l'est où l'on manque de ressources propres en charbon, gaz, pétrole et énergie hydraulique", souligne Philip Andrews-Speed, un analyste de l'université de Dundee en Ecosse. Malgré le succès de Qinshan, dont la technologie a été exportée au Pakistan, les autorités chinoises reconnaissent avoir encore besoin de l'aide étrangère pour moderniser leur technologie nucléaire. Pékin espère ainsi faire fonctionner un prototype de réacteur rapide d'ici 2008, avec une entrée en service commercial attendue d'ici 2020. Le projet est au coeur d'un programme national de recherche prioritaire, évalué à 1,38 milliard de yuans (138 millions d'euros). Comme d'autres pays, la Chine est confrontée au problème des déchets radioactifs issus de ses centrales. M. Shen de la CNN, note que la question est essentielle et que les recherches se concentrent sur une technologie susceptible de réduire le volume de déchets et d'être beaucoup plus économe en uranium. Les responsables à Qinshan refusent de dire quelle quantité de déchets sont stockés sur place. A l'origine, il était prévu qu'ils soient gardés sur le site pour une durée allant jusqu'à 15 ans. Ou jusqu'à ce qu'un lieu de stockage spécial soit créé.


Bulgarie: Deux candidatures pour une nouvelle centrale nucléaire

SOFIA, 27 juin 2005 - Deux consortiums internationaux ont déposé des offres non contraignantes en vue de construire une nouvelle centrale nucléaire d'une valeur d'environ 2,5 milliards d'euros en Bulgarie, annonce lundi NETC, le groupe public d'électricité. Les deux réacteurs, d'une puissance de 1.000 megawatts chacun, doivent être situés à Belene, en bordure du Danube. Le pays espère conserver grâce à eux son rang de premier exportateur d'électricité du sud de l'Europe, alors qu'il a fermé deux réacteurs de 440 megawatts en prévision de son entrée dans l'Union européenne programmée pour 2007. Parmi les consortiums en lice figurent d'une part une alliance entre Framatome ANP, filiale du français Areva et de l'allemand SIEMENS, et le russe Atomstroiexport, et d'autre part un groupe composé du tchèque Skoda Praha et de trois banques, l'américaine Citibank, l'italienne Unicreditoet la tchèque Komercni Banka . "Nous allons maintenant examiner les dossiers pour la participation à l'appel d'offres, et les candidats éligibles seront invités à faire des offres définitives d'ici un mois ou deux", a indiqué Hristina Stoyanova, porte-parole de NETC, propriétaire du site où sera construite la centrale et chargé d'organiser l'appel d'offres. Le calendrier a été semble-t-il avancé car le groupe public avait fait savoir auparavant qu'il présélectionnerait des investisseurs d'ici le 17 juillet, et qu'il attendrait des offres fermes d'ici le 19 octobre. L'architecte et concepteur de la nouvelle centrale, le cabinet britannique Parsons, a déclaré de son côté que la Bulgarie pourrait choisir de construire deux nouveaux réacteurs, ou alors de n'en bâtir qu'un neuf et d'en moderniser un autre qui existe déjà mais n'a jamais servi. Le premier réacteur doit devenir opérationnel en 2011, et le second en 2016.

 


Batiactu.com,17/5/2005:

Bouygues va construire le bâtiment d'un réacteur nucléaire en Finlande

Bouygues Travaux Publics remporte le contrat de réalisation des bâtiments qui abriteront le futur réacteur nucléaire de Olkiluoto en Finlande. Signé avec Framatome ANP (groupe Areva), ce contrat de plus de 100 millions d'euros prévoit également l'édification de 4 bâtiments annexes et d'un bâtiment de stockage des combustibles usés.

Située au bord de la Mer Baltique, à 200 km d'Helsinki sur la côte ouest de la Finlande, cette opération constituera l'un des plus grands chantiers de construction réalisés à ce jour dans le pays. Les travaux, qui doivent démarrer au début de l'été, dureront environ 3 ans.
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A sa livraison, l'ouvrage accueillera un réacteur à eau pressurisée EPR (European Pressurised Reactor) d'une capacité d'environ 1.600 mégawatts. Premier d'une nouvelle génération de centrales nucléaires EPR, il répond à des normes très strictes, notamment en matière de sûreté. Les bâtiments seront en effet réalisés à partir de coques massives en béton, spécialement conçues pour ce projet et capables de résister à l'impact d'un avion commercial
(non, non et non!).

Bouygues Construction a déjà réalisé plusieurs unités nucléaires en France, comme les centrales de Bugey, de Saint-Alban et de Chooz. Bouygues Construction participe également à la réalisation des puits d'enfouissement du laboratoire souterrain de l'Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) à Bure. Près de Bordeaux, il s'est vu confier par le CEA la construction du Laser Mégajoule, centre de simulations nucléaires unique au monde.

 

 

Le Monde, 17/5/2005: 
La Chine veut construire 30 à 40 centrales nucléaires

 

 

Alstom signe un contrat de plus de 80 millions d'euros en Chine

PARIS (16 mai 2005) - Alstom a annoncé lundi la signature, avec la société chinoise Dongfang Electric, d'un contrat de plus de 80 millions d'euros pour sa contribution à la fourniture de deux turbines à vapeur de 1.000 mégawatts chacune et de leurs alternateurs. Dans un communiqué, le groupe français précise que ce contrat entre dans le cadre de l'extension de la centrale nucléaire de Ling Ao, gérée par le groupe China Guangdong Nuclear Power Corporation (CGNPC) à Shenzen, dans le sud de la Chine. Selon le groupe français, "il s'agit du troisième contrat significatif remporté en Chine ces dernières années par Alstom dans le domaine de la production d'électricité d'origine nucléaire, après les deux contrats importants déjà obtenus pour la fourniture de la partie conventionnelle des centrales nucléaires de Daya Bay et de Ling Ao".


AREVA décroche un contrat en Russie

2/5/2005 - Le spécialiste de l'énergie nucléaire Areva a annoncé la signature avec la société russe Tenex d'un contrat de transfert de technologie d'un montant de 50 millions d'euros pour la construction en Sibérie d'une usine de défluoration de l'uranium. Ce transfert comprend la conception de l'installation, la fourniture des équipements, la supervision du montage et des essais, ainsi que la formation à la conduite et à la maintenance. Le terme du projet est prévu en 2009.

 

Iran: la centrale de Bouchehr répond aux normes de sécurité

VIENNE 23 avril 2005 - L'Iran respecte les normes internationale de sécurité pour la construction de sa première centrale iranienne à Bouchehr, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Téhéran s'est félicité de l'avancement de ses négociations avec l'Europe.
Les Etats-Unis et Israël, qui affirment que Téhéran mène en secret un programme pour avoir l'arme nucléaire, ont exprimé leur opposition à la conclusion fin février d'un accord avec Moscou pour la construction de cette centrale. Mais les travaux de construction sont menés correctement et sans risque de contamination, a déclaré un responsable de l'AIEA, Ken Brockman.
Selon lui, l'AIEA s'efforce de fournir aux autorités iraniennes «l'expertise pour opérer de façon sûre cette installation, qui a un caractère commercial». L'accord prévoit notamment que le combustible nucléaire usagé de Bouchehr sera rapatrié en Russie dans dix ans.


La Chine veut construire 40 réacteurs nucléaires en 15 ans

7/4/2005 - Le gouvernement chinois a annoncé qu'il allait construire 40 réacteurs nucléaires jusqu'en 2020 d'une capacité totale de 40.000 mégawatts, a rapporté jeudi le China Daily. Deux à trois réacteurs d'une capacité de 1.000 mégawatts chacun vont être mis en service chaque année dans les 15 ans qui viennent, selon la Commission pour la science, la technologie et les industries de défense, qui révise à la hausse un chiffre annoncé antérieurement de 36.000 mégawatts.
Le gouvernement prévoit notamment de construire des centrales nucléaires à l'intérieur du pays, alors qu'elles sont jusqu'à présent concentrées le long de la côte, où les besoins d'électricité sont les plus importants à cause d'une rapide industrialisation. "Mais pour les dix années qui viennent environ, le gouvernement va donner la priorité aux régions orientales et côtières", selon Zhang Fubao, vice-président de l'Autorité chinoise de l'énergie atomique.
"Nous accélérons le développement de l'énergie nucléaire parce que c'est une énergie verte et propre", a ajouté M. Zhang, en précisant que les centrales au charbon, qui produisent actuellement environ 70% de l'électricité du pays, sont une source majeure de pollution. La part du nucléaire dans la production totale d'électricité, actuellement de 2,4%, doit passer à 4% en 2020, selon le projet de la Commission. Fin février, la Chine a lancé deux appels d'offres internationaux pour la réalisation de quatre réacteurs nucléaires de troisième génération dans les provinces du Guangdong (sud) et du Zhejiang (est).
Les groupes français Areva, l'américain Westinghouse et le russe AtomStroyExport sont en compétition pour ces projets d'une valeur estimée entre 6 et 9 milliards de dollars et qui pourraient être déterminants pour l'orientation technologique du programme nucléaire chinois.

 

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Areva signe un contrat avec le britannique BNFL

30/3/2005 - Areva a annoncé mercredi avoir signé avec BNFL (British Nuclear Fuel Limited), via sa filiale Cogema, un contrat d'assistance pour améliorer les performances de l'atelier de vitrification de l'usine de Sellafield du groupe britannique. Dans un communiqué, Areva indique qu'il fournira notamment pendant quatre ans des équipements liés au procédé de vitrification et qu'il contribuera à forme les équipes de BNFL. La vitrification est le procédé utilisé par BNFL et Areva pour conditionner les déchets radioactifs de haute activité issus du traitement des combustibles usés. Plus de 10.000 conteneurs de déchets vitrifiés ont été réalisés dans les installations de COGEMA La Hague depuis leur démarrage.

 

www.boursorama.com

ALSTOM a remporté un contrat de 190 MEUR en Suède

30/3/2005 - Alstom a remporté un contrat d'environ 190 millions d'euros relatif à la fourniture d'éléments et de composants pour les turbines à vapeur et les alternateurs de la centrale nucléaire de Ringhals en Suède. Cette centrale, qui fait l'objet d'une modernisation destinée à accroître sa puissance, est détenue par les producteurs d'énergie suédois Vattenfall et Sydkraft. Dans le cadre de ce contrat, Alstom fournira les composants nécessaires à la réfection de la partie interne des quatre ensembles turbines/alternateurs des tranches 3 et 4 de cette centrale, qui en comporte 4. Chacun de ces ensembles comprend un alternateur, une turbine à vapeur haute pression et trois turbines à vapeur basse pression. De plus Alstom, qui est chargé dans le cadre de cette modernisation du démontage des équipements existants, procèdera notamment à l'installation de nouveaux séparateurs-réchauffeurs, au remplacement du système de contrôle commande des turbines et assurera la mise en service et les essais. La plus grande partie des travaux sera effectuée lors de l'arrêt de tranche, programmé chaque année ; soit 2006 et 2007 pour la tranche 3 et 2008 et 2011 pour la tranche 4.


Bouygues construira un réacteur en Finlande pour Framatome ANP

23/3/2005 - Bouygues Travaux Publics a remporté l'appel d'offres lancé par Framatome ANP, coentreprise d'Areva et Siemens, pour la construction d'un réacteur nucléaire en Finlande. Framatome ANP ne précise pas le montant du contrat. Le chantier, qui regroupe le réacteur proprement dit et cinq bâtiments annexes de plus petite taille, devrait débuter durant l'été et s'étaler sur trois ans, explique-t-il dans un communiqué. Bouygues TP devrait y associer plusieurs entreprises finlandaises, précise-t-il. Les autorités finlandaises avaient accordé le mois dernier les autorisations définitives pour la construction sur le site d'Olkiluoto, sur la côte ouest de la Finlande, de ce réacteur à eau pressurisée de type EPR, d'une capacité de 1.600 mégawatts. Le coût total de la centrale d'Olkiluoto est d'environ trois milliards d'euros.


Des dizaines d'Etats saluent les qualités de l'énergie nucléaire

PARIS (22 mars 2005) - L'énergie nucléaire peut jouer un rôle décisif au 21e siècle en permettant aux pays de répondre à leurs besoins énergétiques, tout en limitant leurs émissions de gaz à effet de serre, déclare le communiqué final de la conférence sur l'avenir du nucléaire, qui s'est tenue lundi et mardi à Paris sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). "Une vaste majorité des (74 pays) participants affirment que l'énergie nucléaire peut apporter une contribution essentielle pour répondre aux besoins énergétiques et soutenir le développement du monde au 21e siècle", peut-on lire dans cette déclaration.
L'énergie nucléaire "ne provoque pas de pollution atmosphérique ou d'émissions de gaz à effet de serre", précise le texte, ajoutant qu'il s'agit d'une technologie qui a fait ses preuves et qui permet de produire de l'électricité en toute sécurité
(Oublions donc Kychtym, Windscale, Three Mile Island et Tchernobyl dont le bilan oscillera entre 40 000 et 560 000 morts, voir davantage, selon les les estimations) et à prix abordable.
Un expert européen présent à la conférence a déclaré sous le sceau de l'anonymat que seul une "poignée" d'Etats n'avaient pas approuvé cette déclaration, parmi lesquels l'Arabie saoudite.
La déclaration finale ajoute que les participants sont d'accord sur le fait que "la santé de l'environnement (...) est une inquiétude sérieuse qui doit être considérée comme une priorité par tous les gouvernements".
Elle précise également que les Etats doivent garantir une sécurité maximale pour éviter des accidents nucléaires, des attentats contre des installations nucléaires ou le vol à des fins terroristes de matériel atomique. Le texte appelle également les participants à prendre les mesures appropriées pour "éviter que la gestion des déchets nucléaires devienne un fardeau pour les générations futures".

 

 

Le Monde, 22/3/05:
Le péril climatique provoque un regain d'intérêt pour l'énergie nucléaire

 

 

L'énergie nucléaire est en train de "retrouver du crédit" (ElBaradei)

21/3/2005  - L'énergie nucléaire est en train de "retrouver du crédit" comme source clé d'énergie, la crainte des émissions de gaz à effet de serre dépassant désormais celle des accidents nucléaires, a estimé lundi à Paris le directeur de l'AIEA Mohamed ElBaradei. "Il est clair que l'énergie nucléaire retrouve du crédit en tant qu'option sérieuse", a déclaré M. ElBaradei lors d'une conférence internationale sur l'énergie nucléaire au XXIème siècle. Le nucléaire "n'a pratiquement pas d'émissions de CO2", a fait valoir le directeur général de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique). "La tragédie de l'accident de Tchernobyl en 1986 a porté un coup sévère à l'énergie nucléaire", a reconnu M. ElBaradei. Selon lui, les dirigeants "n'ont pas fait suffisamment de publicité à toutes les mesures prises depuis Tchernobyl pour empêcher qu'un autre accident nucléaire ne se produise". "Les nouvelles perspectives de l'énergie nucléaire, en particulier sur le long terme, ont été également améliorées par l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto", a poursuivi M. ElBaradei. Une projection "basse" de l'AIEA, agence basée à Vienne, "prévoit une production globale d'énergie nucléaire de 427 gigawatts en 2020, soit 127 centrales supplémentaires de 1.000 mégawatts de plus que des estimations précédentes". La Chine envisage ainsi de faire passer sa production d'énergie nucléaire électrique de 6,5 gigawatts aujourd'hui à 36 gigawatts en 2020, a-t-il ajouté. La capacité de l'Inde sera "décuplée d'ici 2022 et centuplée d'ici un siècle", a souligné M. ElBaradei. La production d'énergie nucléaire en Russie passera, pour sa part, "de 22 gigawatts actuellement à 40-45 gigawatts en 2020".

 

 

Le Figaro, 21/3/2005:
Patrick Devedjian : «Le nucléaire est incontournable»

 

 

Taiwan Info, 21 mars 2005:

La 4e centrale nucléaire reçoit son réacteur

La pile atomique de la 4e centrale nucléaire a été installée hier dans sa cuve à Kungliao, au nord-est de l'île. Pesant plus d'une tonne, la chaudière nucléaire à eau pressurisée a été placée sous la supervision de la société d'ingénierie néerlandaise Mammoet.

D'une puissance de 1 350 MW, conçu par General Electric Co, des Etats-Unis, mais construit par Hitachi Co. au Japon, ce réacteur, produisant moins de déchets, fonctionne avec une plus grande efficacité que les modèles conventionnels, a indiqué Taiwan Power Co., qui gérera la centrale de Kungliao.

L'arrêt des travaux de construction durant quelques mois en 2000-2001 a causé un retard qui ne permettra pas à la 4e centrale d'être opérationnelle avant 2008, soit deux ans après le calendrier initial.

Ce réacteur a été normalement livré juin 2002 mais n'a pu être mis en place plus tôt. Un 2e réacteur, toujours construit au Japon mais par Toshiba Co., sera livré en juillet pour être installé à Kungliao à la fin de l'année.

En octobre 2000, opposé à ce projet pour des raisons de sécurité et de difficultés de stockage des déchets nucléaires, le gouvernement avait suspendu les travaux de la 4e centrale, provoquant une crise politique. Les travaux ont repris dans le courant du 1er trimestre 2001.

 

Sommet mondial à Paris sur l'avenir du nucléaire civil

PARIS (20 mars 2005) - Ministres et délégués d'une soixantaine de pays se retrouvent lundi et mardi à Paris pour débattre de l'avenir de l'énergie nucléaire, alors que se pose, avec un pays comme l'Iran, le risque de détournement de la technologie civile utilisée comme paravent d'une utilisation militaire. C'est la première fois depuis les années 50 que la communauté internationale débat de l'avenir d'une industrie qui, loin d'être condamnée comme on a pu le croire après Tchernobyl, connaît un regain d'intérêt par la raréfaction -et donc le renchérissement attendu- du pétrole. Il s'agit de "procéder à une réflexion sur le rôle de l'énergie nucléaire et de définir les avantages potentiels (sécurité énergétique, durabilité et protection environnementale renforcée) d'un recours élargi à l'énergie nucléaire pour satisfaire les besoins énergétiques croissants de la planète", indique le programme officiel de la conférence de Paris. Intitulée "L'énergie nucléaire pour le XXIe siècle", celle-ci est parrainée par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Elle est consacrée aux politiques de l'énergie et à l'utilisation de l'électricité nucléaire au XXIe siècle", explique Karen Daifuku, porte-parole de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN). Autre objectif: examiner les menaces envers l'environnement, notamment le stockage des déchets radioactifs. Le réchauffement climatique sera aussi évoqué sous l'angle de sa limitation grâce à un recours accru au nucléaire. Les centrales atomiques ne rejettent en effet que de la vapeur dans l'atmosphère et aucun gaz à effet de serre, contrairement aux centrales thermiques. L'une des tables rondes est intitulée "Comment l'énergie nucléaire pourrait-elle contribuer à la prévention du changement climatique?" Environ la moitié des pays participants utilisent déjà l'énergie nucléaire, tandis que l'autre envisage d'y avoir recours ou, au moins, souhaite garder un oeil sur les perspectives offertes par l'atome, selon Mme Daifuku. Le pays hôte n'a pas été choisi par hasard puisque l'électricité produite en France est à 80% générée par des centrales nucléaires, ce qui est unique au monde. Parmi les sujets au programme de la conférence figure la sécurité et donc aussi les mesures à prendre pour empêcher le vol ou la disparition des matières fissiles utilisées dans les centrales, ainsi que les garde-fous visant à empêcher la prolifération des armes atomiques.

 

Areva a remis officiellement offre pour construction de 4 réacteurs en Chine

28/2/2005 - Le groupe nucléaire français Areva a répondu officiellement lundi à l'appel d'offres international lancé par les autorités chinoises pour construire quatre réacteurs nucléaires de troisième génération, a-t-il annoncé lundi dans un communiqué. "L'offre commerciale d'Areva propose l'EPR, aujourd'hui le seul réacteur de troisième génération ayant déjà reçu commande de la part des clients électriciens", a indiqué Areva. La Finlande et la France ont d'ores et déjà passé commande d'un EPR. Les groupes américain Westinghouse et russe AtomStroyExport ont également remis une offre en Chine. Le 18 janvier dernier, la présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, avait indiqué que le groupe allait remettre sa copie le 28 février et s'attendait à une réponse des autorités chinoises pour "la fin 2005, début 2006". L'appel d'offre avait été lancé en septembre dernier, pour des centrales situées à Yangjiang et Sanmen. Le groupe Areva, dont le gouvernement a prévu d'ouvrir le capital, compte sur la Chine pour asseoir la promotion du futur réacteur nucléaire EPR (réacteur européen à eau sous pression). Areva est présent depuis près de 20 ans en Chine, où le groupe compte aujourd'hui 3.500 collaborateurs. Au total, le gouvernement chinois projette de construire 32 réacteurs de 1.000 mégawatts d'ici 2020 et d'installer une puissance totale de 600.000 à 700.000 mégawatts dans les 20 années qui viennent, pour répondre aux besoins d'électricité en rapide augmentation du pays.

 

 

Trois offres déposées pour contruire quatre réacteurs nucléaires en Chine

28/2/2005  - Trois entreprises ont répondu lundi aux appels d'offres pour la construction de quatre réacteurs nucléaires de troisième génération en Chine, d'une valeur estimée à entre 6 et 9 milliards de dollars, a rapporté l'agence Chine nouvelle. Les groupes américain Westinghouse, russe AtomStroyExport et français Areva ont remis à la China National Nuclear Corporation leurs offres respectives pour réaliser quatre unités d'environ 1.000 mégawatts, situées à Sanmen dans la province orientale du Zhejiang, et à Yangjiang dans le Guangdong (sud). C'est un dossier énorme sur lequel nous avons mobilisé toutes nos forces de projet depuis que les appels d'offres ont été lancés en septembre", avait déclaré la semaine dernière Arnaud de Bourayne, président d'Areva Chine. Le réacteur proposé par Areva à la Chine, l'EPR, est actuellement en cours de construction en Finlande et doit aussi être réalisé en France. De son côté, le représentant de Westinghouse pour la Chine, Liu Xingang, avait expliqué que "le gouvernement américain a fait beaucoup d'efforts depuis l'année dernière pour approuver l'exportation du réacteur AP-1000 vers la Chine". Alors que le constructeur américain n'a encore remporté aucun contrat pour une centrale nucléaire en Chine, la banque US Export-Import Bank a approuvé le week-end dernier des prêts d'un montant de presque 5 milliards de dollars pour financer les quatre réacteurs. Le gouvernement chinois n'a arrêté aucune date pour faire son choix entre les technologies française, américaine et russe. La décision pourrait être lourde de conséquences pour l'avenir alors que la Chine prévoit de construire une trentaine de centrales nucléaires sur 15 ans pour doubler la part de cette source d'énergie dans sa consommation d'électricité, actuellement inférieure à 2%.


Lire dans le Figaro du 28/2/2005 : 
Le pari nucléaire du président Hu Jintao à Shenzhen

 

 

Courrier international, 28/2/2005:

Pour quatre réacteurs nucléaires en Chine, les Etats-Unis dépensent sans compter

Bien qu'éminemment sensible en raison des craintes de prolifération, le marché des centrales nucléaires fait l'objet d'une compétition acharnée entre grandes compagnies et nations nucléaires à l'échelle du globe. Or l'appel d'offres lancé par la Chine pour la construction de quatre réacteurs nucléaires de troisième génération a provoqué une surenchère dénoncée aux Etats-Unis. Et pour cause : en lice pour l'appel d'offres, les propositions de la Westinghouse Electric Corporation, propriété du Royaume-Uni, ont obtenu l'aval de la banque gouvernementale américaine Export-Import pour des prêts d'un montant d'environ 5 milliards de dollars, ce qui lui donne un avantage conséquent face aux autres concurrents, notamment le français Areva et le russe AtomStroïExport. Or "ces prêts et les garanties qui l'accompagnent ne correspondent pas aux critères classiques observés par la banque américaine Export-Import et soulèvent une série de critiques", rapporte The New York Times. "Approuvés par la banque le 18 février dernier, ces prêts sont pratiquement trois fois supérieurs à ceux jamais offerts par la banque auparavant."
Outre leur montant faramineux, on reproche à l'ensemble de ces prêts de profiter non pas aux Etats-Unis mais au Royaume-Uni qui, à travers la société publique BNFL, a racheté en 1998 la Westinghouse Electric Corporation. Au sein de cette dernière compagnie, on fait valoir que cette affaire apportera 5 000 nouveaux emplois aux Etats-Unis. Mais pour le représentant démocrate de l'Ohio Dennis J. Kucinich, "la banque Export-Import est financée par les contribuables américains et devrait soutenir les sociétés américaines". Par ailleurs, l'argument des emplois créés aux Etats-Unis n'a pas convaincu. C'est que 5 milliards de dollars pour 5 000 emplois, cela fait 1 million de dollars par emploi, souligne The NYTimes

 

Courrier international, 18 février 2005:

Le débat sur le nucléaire relancé aux Pays-Bas

LA HAYE - Deux ministres, dont celui de l'Environnement, ont suggéré de prolonger l'activité de l'unique centrale nucléaire néerlandaise, déclenchant des accusations de la part des écologistes. "La discussion sur l'énergie nucléaire n'est pas figée", a déclaré vendredi à l'issue du Conseil des ministres le Premier ministre chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende, estimant "pertinent" le commentaire de ses ministres sur son caractère non polluant. En l'état actuel des choses, le projet de fermeture de la centrale de Borssele (sud-ouest) "est toujours valable", a-t-il ajouté, cité par l'agence néerlandaise ANP. La question de la centrale de Borssele, dont la fermeture est prévue pour 2013, est épineuse pour la coalition de centre-droit au pouvoir à La Haye car l'un de ses membres, le parti libéral D66, opposé au nucléaire, refuse catégoriquement de changer de position. La date retenue de 2013 est à cet égard inscrite dans le programme gouvernemental sur lequel les trois partis au gouvernement s'étaient mis d'accord. Le débat agite d'autant plus le pays que les Pays-Bas s'acheminent de longue date vers une sortie du nucléaire, qui semble aujourd'hui remise en question. C'est le ministre chrétien-démocrate des Affaires étrangères Ben Bot qui a tiré la première salve. Lors d'une conférence à La Haye lundi il a estimé que les Pays-Bas devaient prendre garde à ne pas dépendre trop de pays situés dans des zones potentielles de conflits pour leur approvisionnement énergétique, et a plaidé pour "l'énergie nucléaire, qui est propre". "Je ne dis pas que nous devrions nous mêmes construire des centrales nucléaires, mais nous ne devrions pas fermer les yeux devant les problèmes énergétiques qui vont surgir dans l'avenir", a-t-il averti. Les Pays-Bas importent environ 20% de leur énergie de leurs voisins, et elle est essentiellement d'origine nucléaire, notamment l'électricité achetée en France. La centrale de Borssele ne fournit que 4% de l'électricité consommée dans le royaume. Le ministre délégué à l'Environnement Pieter van Geel, également chrétien-démocrate, s'est engouffré dans la brèche ouverte par M. Bot, établissant un lien entre cette centrale nucléaire et les énergies renouvelables qui a ulcéré les écologistes. "Nous devons réaliser que fermer Borssele va coûter des centaines de millions d'euros", a déclaré M. Van Geel dans un entretien avec le quotidien NRC-Handelsblad mercredi. Et il expliquait que l'argent ainsi dépensé pourrait servir à développer des sources d'énergie renouvelable afin de lutter contre le réchauffement climatique. "Nous pourrions examiner les moyens de maintenir la centrale ouverte, sous certaines conditions, mais c'est au Parlement de décider", ajoutait-il. "Le moment pour faire cette déclaration a été largement choisi en fonction de la date d'entrée en vigueur du protocole de Kyoto", a assuré Rianne Teule, de Greenpeace-Pays-Bas. "Ils utilisent la peur que les gens ont du réchauffement climatique pour présenter l'énergie nucléaire comme une nouvelle option", selon elle. "L'énergie nucléaire n'est pas une énergie propre, on remplace un risque environnemental par un autre". Selon un sondage publié mercredi, 66% des Néerlandais sont favorables à un maintien de l'activité de la centrale. Le Parlement, qui seul pourrait modifier le calendrier, doit débattre de la question la semaine prochaine.

 

 

Alexandre Loukachenko, arrivera-t-il à construire une centrale nucléaire ?

MOSCOU, 31 janvier 2005 - (RIA-Novosti). Les hauts dirigeants biélorusses ont approuvé un programme de construction d'une centrale nucléaire. Une telle déclaration sensationnelle a été faite par le militant de l'opposition en vue Vladimir Parfenovitch. L'énergie nucléaire entre les mains du président biélorusse, Alexandre Loukachenko, c'est une Corée du Nord en Europe, avertit-il, cité par le quotidien Gazeta.
Les interventions de M. Loukachenko peuvent être considérées comme des confirmations indirectes de son intention de se procurer une centrale nucléaire. Le 21 janvier, intervenant au cours de la réunion consacrée à la sécurité énergétique du pays, il n'a pas exclu une telle possibilité. Le président a aussi indiqué qu'il avait refusé de signer avec l'AIEA le protocole additionnel au Traité de non-prolifération.
Les scientifiques biélorusses sont persuadés que la construction d'une centrale nucléaire n'a pas d'alternative, du point de vue du développement stratégique du secteur énergétique. Selon les chercheurs, la création d'une telle centrale en Biélorussie pourrait prendre de 5 à 8 ans. Cependant, le pays n'a pas de moyens pour financer la construction de la centrale, dont la puissance serait de 1280 mégawatt et le coût de construction, de 3 milliards de dollars.
D'ailleurs, outre l'édification de sa propre centrale nucléaire, la Biélorussie envisage un projet de construction conjointe avec les Russes d'un réacteur implanté dans des centrales déjà existantes, à Smolensk ou à Koursk, ce qui coûterait beaucoup moins cher.
Or, selon les experts russes, les plans des dirigeants biélorusses n'ont pas de fondement réel. Il est difficile d'examiner même hypothétiquement la possibilité de construire une centrale nucléaire en Biélorussie à l'aide de la Russie, en faisant recours à un crédit interétatique, comme le fait actuellement la Russie en Inde et en Chine.
En théorie, non seulement la Russie, mais aussi la France ou les Etats-Unis pourraient construire un réacteur en Biélorussie. D'autre part, une question politique s'impose : ces pays voudront-ils le faire ? Un expert russe proche de l'Agence fédérale de l'énergie atomique en doute. En attendant, Vladimir Parfenovitch a commencé la formation du comité d'organisation du Front antinucléaire biélorusse.

 

 

Un consortium anglo-américain pour construire un dépôt de combustibles en Ukraine

31/1/2005 - L'Ukraine a choisi un consortium rassemblant l'Américain Holtec et le Britannique BNFL pour construire un dépôt de combustibles nucléaires usés, a annoncé lundi à Kiev la compagnie Energoatom, qui gère les quinze réacteurs ukrainiens répartis dans quatre centrales. Selon M. Iouri Kovrijkine, vice-président et directeur technique d'Energoatom, cité par Interfax, le dépôt devrait être construit dans la zone d'exclusion autour de l'ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl, théâtre du plus grave accident du nucléaire civil en 1986. Son emplacement doit être toutefois encore approuvé par le gouvernement et le Parlement. Le dépôt devrait être opérationnel en 2008. Plusieurs compagnies importantes avaient participé à l'appel d'offres, dont Framatome (France), Atomstroïexport (Russie), et un consortium réunissant l'Allemand JNS et la la société ukrainienne NKMZ de la région de Donetsk. La valeur du contrat n'a pas été précisée.

 

 

Berlusconi relance le débat sur le nucléaire en Italie

21/1/05 - Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a relancé le débat sur le nucléaire dans son pays pour réduire sa dépendance des achats d'électricité à l'étranger et ses compatriotes le soutiennent, révèle vendredi le Corriere della Sera. Plus de 70% des lecteurs du quotidien se sont en effet dits favorables à un retour du nucléaire lors d'un vote en ligne ouvert jeudi sur son site internet, après des déclarations de M. Berlusconi préconisant une réflexion sur ce sujet. Les Italiens s'étaient prononcés pour l'abandon du nucléaire lors d'un référendum organisé en 1987, peu après la catastrophe nucléaire du 26 avril
1986 à Tchernobyl en Ukraine, ce qui a entrainé la fermeture de leurs quatre centrales nucléaires. Mais ils ont tous aujourd'hui encore en mémoire le black-out du 28 septembre 2003, lorsqu'une défaillance dans l'approvisionnement de l'électricité achetée en Suisse avait plongé toute la péninsule dans le noir du Val d'Aoste à la Sicile.
Silvio Berlusconi a inauguré jeudi une nouvelle ligne d'interconnexion avec la Suisse permettant à l'Italie d'augmenter de 1.100 MW ses approvisionnements en électricité. L'investissement d'un coût de 60 millions d'euros devrait limiter les risques d'un nouveau black-out, toujours possible en été. Mais il ne règle pas le problème de la dépendance des importations. "D'un mal peut sortir un bien", a souligné M. Berlusconi en appuyant sur le bouton mettant la nouvelle interconnexion en service. "Mais l'Italie continue à payer très cher son électricité. Nous devons engager une réflexion sur nos approvisionnements et poser la question sur l'utilisation du nucléaire", a-t-il ajouté.
M. Berlusconi a rappelé que l'Italie était entourée de pays équipés de centrales nucléaires et que "si un accident devait se produire, l'Italie et ses citoyens en subiraient les conséquences". L'Italie consomme 17% d'électricité de plus qu'elle n'en produ

 

 

Xinhuanet, 20/1/2005:

Le Nigeria souhaite l'assistance de l'AIEA pour bâtir des centrales nucléaires

LAGOS - Le Nigeria souhaite l'assistance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour développer deux centrales nucléaires d'une puissance de 1 000 mégawatts, ont rapporté mercredi les médias officiels. Le ministre nigérian de la Science et de la Technologie Turner Isoun a présenté cette requête en accueillant le chef de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, en visite dans la capitale nigériane d'Abuja, selon l'agence de presse nigériane. "Nous souhaitons l'assistance et le soutien de l'AIEA pour le développement de deux centrales nucléaires pour la production d'électricité", a dit M. Isoun. Le gouvernement nigérian a annoncé qu'il augmenterait sa production d'énergie à 10 000 mégawatts pour 2007, contre 3 000 mégawatts actuellement, en vue de mettre fin aux fréquentes pannes d'électricité dans ce pays, le plus peuplé d'Afrique. Le ministre a indiqué que la coopération entre le gouvernement nigérian et l'AIEA avait culminé avec la construction du premier réacteur nigérian de recherche nucléaire dans la ville de Zaria ( nord). Il a également réitéré le soutien du Nigeria aux nobles idéaux de l'AIEA et à sa direction pour promouvoir et réaliser les objectifs de développement par une application pacifique de l'énergie nucléaire. Le chef de l'AIEA, arrivé lundi à Abuja, a eu des discussions mardi avec le président nigérian Olusegun Obasanjo, et doit quitter jeudi ce pays d'Afrique de l'ouest pour se rendre au Ghana.

La France soutient le projet lituanien d'un nouveau réacteur nucléaire

14/1/05 - La France est prête à aider la Lituanie à construire un nouveau réacteur nucléaire après la fermeture de la centrale d'Ignalina, a affirmé vendredi un haut responsable du ministère français de l'Economie et Finances. "Nous saluons la volonté du gouvernement lituanien de continuer à utiliser l'énergie nucléaire", a déclaré Dominique Maillard, directeur général du département de l'énergie et des matières premières du ministère. "Les sociétés françaises sont prêtes à proposer leur aide et leur expérience, si le gouvernement (lituanien) décide de construire un nouveau réacteur", a-t-il ajouté devant la presse à Vilnius.
Le premier des deux réacteurs de la centrale nucléaire d'Ignalina a été arrêté pour des raisons de sécurité le 31 décembre en vertu d'un accord avec l'Union européenne (UE). La centrale est équipée du même type de réacteurs que celui de Tchernobyl, à l'origine en 1986 de la plus grave catastrophe dans l'histoire du nucléaire civil.
Vilnius s'est engagée auprès de l'UE à fermer définitivement d'ici à 2010 la centrale d'Ignalina qui fournit plus de 70% de l'électricité consommée en Lituanie.
L'UE a promis de financer la fermeture d'Ignalina, dont le coût est estimé à près de trois milliards d'euros sur 30 ans. Bruxelles a déjà débloqué plus de 200 millions d'euros pour préparer l'arrêt du premier réacteur.
Selon Bernard Estève, vice-président du groupe français Framatome spécialisé dans la construction de centrales nucléaires, la Lituanie pourrait profiter de l'expérience finlandaise et créer un consortium de sociétés privées pour financer la construction d'un nouveau réacteur dont le coût pourrait se situer entre 1,5 et 2 milliards d'euros. La construction d'un nouveau réacteur durerait de huit à neuf ans, à compter de la prise d'une décision politique, a-t-il expliqué devant la presse.

 

 

RFI, Chronique des matières premières du 13/01/2005:

Pas assez d'uranium pour répondre à la demande

Le marché de l'uranium est à un tournant. Après des années d'abondance, une époque de disette s'annonce. Pendant vingt ans, le marché a digéré des excédents. Après l'accident de la centrale nucléaire américaine de Three Miles Island, au mois de mars 1979, les programmes nucléaires avaient été freinés. Dix ans plus tard, les stocks militaires de l'ex-Union soviétique arrivaient sur le marché. L'un dans l'autre, les énormes disponibilités en uranium ont déprimé les cours de ce métal stratégique. Les principaux producteurs, le Canada, l'Australie, l'Afrique du sud, le Niger, la Namibie, le Kazakhstan, ne se voyaient pas offrir plus de 7 dollars par livre. C'était encore le cas au début des années 2000. Résultat, l'affaire n'étant plus très rentable, les investissements ont baissé.

Aujourd'hui, alors que les stocks disponibles touchent à leur fin, les mines en activité ne couvrent plus que 65% de la demande mondiale d'uranium. En même temps, malgré les accidents, malgré les quelques succès des militants écologistes dans leur lutte contre le nucléaire, cette énergie gagne du terrain. Les progrès technologiques l'ont rendue plus rentable. Aux Etats-Unis, 27 réacteurs nucléaires sont en construction, 37 autres sont annoncés. La Russie est en train d'achever l'édification des centrales dont la construction avait été interrompue par l'effondrement du régime soviétique. La Chine et l'Inde ont quelques projets. Conséquence, la demande augmente. En quatre ans, le prix de l'uranium a été multiplié par trois. Mais c'est un prix en dollars. Un dollar dont la dévaluation permanente efface la hausse des cours. Ce qui, pour les producteurs, ne constitue guère une incitation à l'investissement.

Jean-Pierre Boris

 

Contrat de modernisation en Finlande

28/12/2004 - Areva signe un contrat au travers de sa coentreprise créée avec Siemens et dans le cadre d'un consortium, avec l'exploitant finlandais Fortum Heat and Power Oy. Ce contrat, estimé à plus de 50 millions d'euros, porte sur la modernisation des systèmes de contrôle-commande opérationnels et de sûreté des deux unités de la centrale nucléaire de Loviisa. Le groupe français indique dans son communiqué que le projet débutera en janvier 2005, ces travaux de modernisation constituant la première étape d'un programme d'investissement qui se terminera en 2014. Areva a déjà mis à niveau douze réacteurs de ce genre dans le monde.

 

Une mine d'uranium verra le jour à Cigar Lake

Radio-canada, 21 décembre 2004 - La société Cameco a finalement obtenu le feu vert pour construire une mine d'uranium à Cigar Lake après 20 ans d'attente.
L'approbation a été donnée par la Commission canadienne sur la sécurité nucléaire. Le développement de la mine est le fruit d'un partenariat entre Cameco, Cogema et deux firmes japonaises. L'annonce du début des travaux doit avoir lieu plus tard cette semaine et la production devrait commencer en 2007, si tout va selon les prévisions de la compagnie. Selon la direction de Cameco, la mine de Cigar Lake pourrait fournir de l'emploi à au moins 200 travailleurs pendant les 40 prochaines années.


La Turquie veut construire trois centrales nucléaires d'ici 2011 (ministre)

20/12/2004 - La Turquie projette de construire trois centrales nucléaires devant être opérationnelles à partir de 2011 pour éviter d'éventuelles pénuries d'énergie, a déclaré vendredi à Istanbul le ministre turc de l'Energie Hilmi Guler, cité par l'agence de presse Anatolie. "Nous avons des plans pour la construction de trois centrales nucléaires qui entreront en fonctionnement l'une après l'autre à partir de 2011", a-t-il affirmé avant d'évoquer la possibilité de pénuries d'énergies après 2010-2011, qui contraindraient la Turquie à dépendre des ressources étrangères. "Nous prévoyons d'assurer huit à dix pour cent de la demande énergétique avec le nucléaire", a-t-il ajouté, précisant que les centrales auraient une capacité totale d'environ 4.500 megawatts.
M. Guler a affirmé que son ministère privilégiait l'option de l'uranium pour alimenter les centrales, mais que l'emploi du thorium était aussi envisagé. "Nous avons 230.000 tonnes des réserves avérées de thorium et 9.200 tonnes d'uranium, mais nous continuons les prospections", a expliqué le ministre, qui n'a pas donné de date pour le lancement d'un appel d'offre et a admis qu'aucun site n'avait pour l'heure été retenu.
M. Guler a ajouté que le gouvernement inviterait le secteur public à prendre en charge la construction des centrales, mais que l'Etat interviendrait en cas d'échec. "Le ministère de l'Energie a réalisé tous les calculs nécessaires et mené toutes les études de faisabilité, (...) nous attendons seulement le signal de départ", a-t-il résumé.
La Turquie avait déjà lancé un appel d'offre pour la construction d'une centrale nucléaire dans la baie d'Akkuyu, sur la côte méditerranéenne, auquel avaient répondu les firmes américaine Westinghouse, canadienne AECL et française NPI.
Mais le projet, qui avait suscité de vigoureuses protestations de la part des organisations turques de défense de l'environnement et des diplomaties grecque et chypriote, avait été abandonné en juillet 2000 en raison de difficultés financières.
Les opposants à la centrale faisaient valoir que celle-ci devait être construite sur un site située à seulement 25 km d'une ligne de fracture sismique.
Les critiques se sont renforcées après qu'un séisme d'une amplitude de 6,3 sur l'échelle de Richter eut frappé la province voisine d'Adana, faisant plus de 140 morts.

 

Novosti, 7/12/2004:

La Russie participera à des appels d'offre pour la construction de centrales nucléaires en Inde

NEW DELHI / MOSCOU, 7 décembre 2004 - RIA Novosti. Le nucléaire civil indien est invulnérable et totalement autosuffisant, a déclaré à Madras le président du commissariat indien à l'énergie atomique, Anil Kakodkar, cité mardi par le quotidien "Hindu". Cette réaction fait suite à la récente déclaration du directeur de l'Agence fédérale de l'énergie atomique, Alexandre Roumiantsev, selon laquelle la Russie refusait de ravitailler en uranium appauvri les deux premiers réacteurs de la centrale de Tarapur, à 100 km de Bombay (État du Maharashtra), et de participer à la construction de deux autres réacteurs à la centrale de Kunamkulam (État du Tamil Nadu). Anil Kakodkar a démenti les allégations selon lesquelles les réacteurs de Tarapur, la plus vieille centrale atomique indienne, ne pouvaient consommer que de l'uranium appauvri. Selon lui, la centrale utilise en partie le combustible MOX (un mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium) dont l'Inde a déjà lancé la production. À la centrale de Kudankulam, des spécialistes russes participent à la construction de deux piles type eau-eau de 1000 MW chacun.
En 1996, l'AIEA a interdit à l'Inde d'importer des technologies nucléaires contemporaines après le refus de celle-ci de signer le Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Les réacteurs de Kudankulam sont construits en vertu d'un accord de 1988 que les deux pays ont conclu avant l'entrée en vigueur de l'interdiction.
En 2001, la Russie a fourni 58 tonnes de combustible nucléaire à la centrale de Tarapur, en rupture de stock, provoquant une réaction négative de la part du Groupe des fournisseurs nucléaires. Dans le même temps, le russe Tekhnopromexport envisage de participer aux appels d'offre pour la construction de nouveaux sites énergétiques en Inde. La participation éventuelle de Tekhnopromexport aux appels d'offre pour la construction d'une centrale thermique (North Karampura) et d'une autre hydraulique (Subansiri) a fait l'objet d'une rencontre hier à New Delhi entre le ministre indien de l'énergie, P.M. Sayeed, et le président de Tekhpromexport, Sergueï Molojavy. "Les énergéticiens indiens notent le grand professionnalisme des spécialistes russes et le strict respect des engagements contractuels de leur part. Nous espérons que cela nous permettra d'élargir la présence de notre compagnie sur le marché énergétique indien", a déclaré Sergueï Molojavy à l'issue de la rencontre.
À l'heure actuelle, Tekhnopromexport est en train de réaliser en Inde deux projets pour un montant total d'environ 100 millions de dollars: il reconstruit la centrale thermique Obra et fournit des équipements hydromécaniques pour la centrale hydraulique Indira Sagar. Le constructeur russe participe aussi à l'appel d'offre pour fournir des chaudières à la centrale hydraulique de Bar.
Depuis les années soixante, Tekhnopromexport a mis en service en Inde 11 sites énergétiques d'une puissance dépassant 3000 MW, soit 10% du secteur énergétique indien.

 


Siemens dément vouloir vendre des équipements nucléaires à la Chine

7/12/04 - Le groupe technologique allemand Siemens a démenti mercredi des informations de presse selon lesquelles il voulait vendre pour plusieurs centaines de millions d'euros d'équipements de sécurité pour centrales nucléaires à la Chine, ce qui risquait d'être bloqué par Berlin. D'après le magazine Stern à paraître jeudi, qui n'identifiait pas ses sources, les équipements seraient utilisés dans 20 centrales nucléaires pour lesquelles la Chine veut lancer des appels d'offres en 2005. "Il n'y a pas d'appel d'offres, donc pas de discussion à ce sujet", a indiqué un porte-parole du groupe de Munich (sud). Stern affirmait que Siemens souhaitait bénéficier du dispositif Hermes, qui accorde une garantie de l'Etat allemand pour des activités à l'étranger et permet de limiter les pertes de l'entreprise si le partenaire étranger fait défaut. "C'est hors de question", avait indiqué au magazine Winfried Nachtwei, expert en sécurité des Verts, alliés au SPD dans la coalition gouvernementale. "Il n'y a pas de garanties Hermes pour ce type d'affaires", a-t-il insisté. Siemens aurait dans tous les cas eu besoin d'une autorisation gouvernementale d'exportation, et les Verts s'opposent catégoriquement à la vente à l'étranger de produits nucléaires. Ils ont ainsi déjà fait capoter cette année un autre projet de Siemens, qui voulait vendre à la Chine sa centrale nucléaire de Hanau (centre-ouest de l'Allemagne), construite en 1991 mais jamais mise en service. Devant les oppositions provoquées, l'opération a été gelée.

 

 

Liberation, samedi 27 novembre 2004 :

XXIe siècle. Energie

La Chine met ses billes dans le nucléaire

Un réacteur expérimental à haute température (HTR) a été construit près de Pékin. Une filière longtemps abandonnée par l'Occident qui permettrait de construire de petites centrales, très sûres et moins chères. Et de produire de l'hydrogène.

Pékin de notre correspondant

une quarantaine de kilomètres au nord de Pékin, sur la route de la Grande Muraille et des tombeaux de la dynastie Ming, la campagne chinoise reprend ses droits. Mais au détour d'une modeste route sur laquelle les paysans tentent de vendre à la sauvette leurs légumes se dresse un immense bâtiment tout blanc, sans fenêtres, derrière une barrière d'accès solidement gardée. L'avenir de l'industrie nucléaire se joue peut-être partiellement dans ce lieu improbable.

Cette construction cubique anonyme abrite un réacteur expérimental de 10 MW thermiques (soit environ 5 MW électriques), géré par l'Institut de technologie de l'énergie nucléaire (Inet) de Tsinghua, la grande université scientifique de Pékin. Un site un peu particulier, puisqu'il n'est pas de la famille des réacteurs à eau pressurisée (PWR), dominante dans le monde, y compris en Chine. De type HTR, c'est-à-dire à haute température, son coeur est composé de petits boulets. Une partie de l'establishment scientifique chinois mise là-dessus pour la production d'énergie dans le futur et pour assurer l'essor d'une industrie nucléaire compétitive à l'échelle mondiale, indépendante des fabricants occidentaux.

La technologie n'est pourtant pas nouvelle, et elle n'est pas chinoise. Deux réacteurs HTR ont déjà fonctionné par le passé, l'un aux Etats-Unis, l'autre en Allemagne. Tous deux ont cessé toute activité en 1989. Jugée peu compétitive, cette filière technologique a été abandonnée par les Occidentaux et littéralement offerte par les Allemands à l'Afrique du Sud et à la Chine. Les Chinois n'ont donc rien inventé, mais ils ont poursuivi les recherches. Et par une ironie dont l'Histoire a le secret, ils se trouvent désormais porteurs d'une technologie dont on redécouvre qu'elle a de l'avenir. En raison, d'une part, des progrès réalisés dans la résistance des matériaux à haute température pour les turbines, mais aussi, et peut-être surtout, de sa sûreté plus grande que celle des réacteurs nucléaires classiques. Parmi les spécificités du HTR : le fait que le combustible soit contenu dans des billes de carbone très étanches placées au coeur du réacteur et capables de retenir les matières radioactives jusqu'à des températures dépassant les 1 600°. Le HTR-10 n'en contient pas moins de 25 000.

«Des modules comme le Lego»

Dans un salon spartiate d'où l'on aperçoit le drapeau rouge frappé des cinq étoiles jaunes de la Chine populaire et le cube blanc qui abrite le réacteur, Zhang Zuoyi, le directeur du projet, 42 ans à peine, respire l'assurance des technocrates communistes chinois. Il résume en quelques traits l'histoire de ce réacteur expérimental dont le gouvernement a approuvé la construction en 1992 et qui, après dix ans de travaux et quelques difficultés, a finalement été raccordé au réseau électrique en janvier 2003. Zhang Zuoyi souligne que la Chine a poursuivi ses recherches sur l'énergie nucléaire alors que le reste du monde - à l'exception de la France, relève-t-il - s'en détournait au lendemain des catastrophes de Three Mile Island (1979) puis de Tchernobyl (1986). Il met en avant le facteur le plus attrayant du HTR pour les opinions publiques : sa «sûreté inhérente», également appelée «sûreté passive» car elle repose sur les lois de la physique et non, comme dans les réacteurs à eau pressurisée, sur des dispositifs spéciaux extérieurs. Dans le système HTR, le meltdown, la fusion catastrophique du coeur par perte de refroidissement, principal danger d'une centrale, est impossible.

Le deuxième attrait du HTR est la possibilité de produire de l'hydrogène, source d'énergie d'avenir, selon tous les experts : le réacteur expérimental de Tsinghua n'en est pas encore là, mais c'est la prochaine étape, disent ses techniciens. «Nous avons encore plusieurs années de travail avant d'aboutir à un projet commercial», note avec prudence le directeur.

«Le HTR, c'est l'avenir !», jure pour sa part Frank Wu, patron de Chinergy, la branche commerciale qui, en association avec l'université de Tsinghua, tente d'en assurer la commercialisation. Sa société vient de s'installer dans un immeuble d'acier et de verre proche du campus de Tsinghua, dans le quartier high-tech du nord de Pékin. Il se dit assuré d'un premier contrat commercial en 2007, d'un montant d'environ 300 millions de dollars (230 millions d'euros) pour disposer d'un premier réacteur HTR de 200 MW opérationnel au début de la prochaine décennie. Et de pouvoir offrir, dans les années suivantes, un modèle de centrale nucléaire qui fera concurrence au système dominant PWR.

Le client est déjà identifié : la société Huaneng, un des cinq géants de l'énergie en Chine, issue de l'éclatement du monopole public. Deux sites sont en concurrence, l'un dans la province côtière du Shandong, l'autre dans l'Anhui, à l'ouest de Shanghai. De nombreux observateurs du secteur estiment que Frank Wu va un peu vite en besogne pour des raisons évidentes de marketing et relèvent que le gouvernement n'a pas inscrit le HTR dans son projet, très ambitieux, de développement de l'énergie nucléaire. Mais le patron de Chinergy balaie l'objection : «Le gouvernement a donné son feu vert au HTR-10 et il soutiendra notre projet. Nous avons un avantage compétitif : nous sommes plus sûrs et moins chers.» Il refuse d'analyser plus en détail les mérites respectifs du HTR et du PWR : «C'est comme comparer les pommes et les oranges. Ils sont très différents, mais complémentaires.» Zhang Zuoyi précise : «La Chine est assez vaste pour avoir deux filières nucléaires répondant à des exigences différentes.»

Tel un VRP, Frank Wu souligne que les réacteurs HTR qui seront commercialisés ne seront que de 200 MW, contre 1 000 à 1 500 MW pour ceux qui sont actuellement construits en Chine. «Ce sont des modules comme le Lego, on peut en mettre autant qu'on veut», explique-t-il. Un expert étranger confirme que le HTR surfe sur une mode du small is beautiful et que l'expérience chinoise est suivie avec intérêt à l'étranger, y compris en France. Frank Wu en rajoute sur ce thème : «Framatome (société du groupe français Areva, ndlr) a dépensé des milliards pour développer l'EPR (le réacteur nucléaire nouvelle génération, ndlr), et pourtant ils viennent régulièrement nous voir pour parler du HTR...» «C'est une des pistes possibles pour les réacteurs de la quatrième génération», confirme un expert français (lire ci-contre).

Pour la Chine, l'enjeu est bien sûr colossal. Le pays est assoiffé d'énergie et réalise dans la douleur sa dépendance croissante vis-à-vis du pétrole importé et cher, ou du charbon, carburant domestique mais très polluant. Telle la France de 1973, lors du choc pétrolier, Pékin a donc choisi de relancer un programme nucléaire massif : vingt-cinq nouvelles centrales seront construites d'ici à 2020, contre huit actuellement. Un plan d'autant plus ambitieux que le reste du monde est dans l'attentisme. Mais le pays ne s'arrêtera pas là : Anne Lauvergeon, présidente d'Areva, estimait récemment à Pékin que, à l'horizon 2040, la Chine pourrait compter jusqu'à 400 à 500 réacteurs de 1 000 MW, qui assureraient 20 % des besoins en électricité du pays contre à peine 1,6 % aujourd'hui.

En attendant le «contrat du siècle»

Pour réaliser ce programme, la Chine compte en partie sur ses propres forces. Elle a aussi lancé un appel d'offres pour une première tranche de quatre centrales de technologie plus avancée. La France propose l'EPR, déjà acheté par la Finlande. Elle est en concurrence avec les Américains de Westinghouse, qui, malgré l'absence de toute nouvelle centrale construite aux Etats-Unis depuis vingt ans, offrent un nouveau modèle. Réponse l'an prochain, pour ce qui fait déjà figure de «contrat du siècle» pour l'industrie nucléaire.

Le HTR ne figure pas dans le paysage nucléaire tel qu'il se dessine aujourd'hui : mais ses promoteurs sont persuadés qu'ils seront présents dans dix ou quinze ans, lorsque leurs petits réacteurs «Lego» viendront troubler le jeu des grands. Il ne leur sera pas trop difficile de trouver des niches dans cet immense marché en devenir et d'offrir au monde la vitrine d'une technologie d'avant-garde qu'on jugeait dépassée deux décennies plus tôt...

Pierre HASKI

 

La Tribune, 12/11/2004 :

La valeur atomique
(privatisation partielle d'Areva prévue début 2005)

L'événement est chargé de symboles. Demain, la Bourse de Paris intégrera la première société nucléaire "pure" et d'envergure au monde, en quelque sorte la valeur atomique. Ce n'est pas rien. Le temps n'est pas si lointain où une telle décision eût été politiquement impossible. Certes, on aura remarqué que Bercy, en confirmant l'opération, s'est entouré de toutes les précautions nécessaires : "L'Etat continuera à détenir plus de la moitié du capital d'Areva, compte tenu du caractère stratégique de l'énergie nucléaire pour la France." C'était le moins que pouvait faire Nicolas Sarkozy, tant le dossier du nucléaire est, si on peut dire, brûlant. A ceci près que la flambée des cours du pétrole et la menace croissante que font peser sur notre environnement les dérèglements climatiques comme la pollution galopante ont manifestement changé la donne. Le nucléaire est sans conteste devenu plus politiquement correct qu'il ne l'était jusqu'à la fin du XXe siècle. D'autant que, d'ici et de là, les plus récalcitrants se rangent progressivement à l'aventure nucléaire. C'est le cas en Europe du Nord, en général plutôt froide sur le sujet. L'opinion suédoise s'est, par exemple, majoritairement exprimée contre le démantèlement de son parc nucléaire.
L'Allemagne elle-même, malgré sa grande pudeur, a franchi un pas en soutenant son champion national Siemens dans sa participation à la conception de l'EPR, le réacteur de nouvelle génération. Ailleurs, la Chine, aux besoins énergétiques immenses, ne cache pas son appétit croissant en la matière, le Japon s'y range également par nécessité, tandis que les Etats-Unis s'apprêtent à accroître leurs investissements. En somme, tout le monde veut bien du nucléaire. Même les marchés puisque les activités liées à cette énergie sont, en termes de revenus, promises à un bel avenir. Dans ce contexte, l'introduction en Bourse d'une large partie du capital d'Areva ne peut que conforter l'image d'une France championne de l'atome. Image honteuse hier, presque glorieuse aujourd'hui...

François-Xavier Pietri

 


Swissinfo, 28/10/2004 : 

Le Brésil a besoin de développer l'énergie nucléaire

RIO DE JANEIRO - Le Brésil a besoin de développer son programme d'énergie nucléaire pour contribuer à l'augmentation de la puissance installée du pays au cours des prochaines années, a déclaré la Commission nationale d'énergie nucléaire (Cnen). "Je défends le nucléaire car nous en avons besoin pour notre développement", a affirmé mercredi le responsable de la Cnen, Alfredo Tranjan Filho dans le cadre du Xe Congrès brésilien d'énergie à Rio. M. Tranjan a expliqué que le gouvernement du président Lula était en train de revoir le programme nucléaire élaboré dans les années 1970, en pleine dictature et qui a été négligé depuis. Selon le responsable de la Cnen, le programme a déjà été défini dans les grandes lignes et prévoit la construction d'une troisième usine nucléaire, Angra III, à 180 km au sud de Rio. Le programme sera soumis à l'appréciation du président Lula qui décidera de sa viabilité. Angra I a une puissance installée de 675 MW et Angra II de 1350 MW. Toutes deux répondent pour 50% de la consommation de l'Etat de Rio en électricité. L'énergie nucléaire correspond actuellement à 4,5% des sources énergétiques du pays. Au Brésil, 90% de l'électricité produite est d'origine hydroélectrique et la capacité installée du pays est de 76 800 MW. En 2001 le pays a traversé une grave crise d'énergie en raison d'une sécheresse qui a fait baisser le niveau des barrages. Une étude diffusée officiellement en 2003 montrait que d'ici la fin 2020, pour éviter une nouvelle crise d'énergie, le Brésil devrait doubler sa capacité de production. Dans 11 ou 12 ans, l'énergie nucléaire pourrait représenter 25% de toute la matrice énergétique du Brésil qui veut être auto-suffisant d'ici 2010 en uranium faiblement enrichi.

 

 

Suède: durcissement de l'opposition au démantèlement du nucléaire (sondage)

26/10/04 - Une majorité croissante de Suédois (64%) s'oppose au démantèlement du parc nucléaire suédois que le gouvernement social-démocrate continue de défendre, en vertu d'un référendum tenu en 1980, selon un sondage de l'institut Sifo publié mardi. Les électeurs et sympathisants sociaux-démocrates sont, à 71%, les plus nombreux à s'opposer au démantèlement, selon ce sondage réalisé pour la télévision publique auprès de 1.000 personnes. Seize pour cent des sondés souhaitent même la construction de nouvelles centrales pour assurer l'approvisionnement du royaume en énergie électrique, qui est à un peu moins de 50% d'origine nucléaire. Les défenseurs de la dénucléarisation ne sont plus que 16%, selon cette enquête effectuée entre le 18 et le 21 octobre, quelques jours après que le gouvernement eut annoncé la fermeture en 2005 d'un deuxième réacteur à la centrale de Barsebaeck (sud). Un sondage du même institut donnait en janvier 2003 une majorité de 55% en faveur du nucléaire. Huit ans après la déréglementation du marché de l'électricité en Suède, les consommateurs ont enregistré une hausse de 50% en moyenne du prix du kilowatt/heure et s'inquiètent de l'impact de la fermeture des centrales sur leur facture. La Suède avait, à la faveur d'un référendum en 1980, décidé de supprimer ses 12 réacteurs nucléaires, répartis sur quatre centrales, d'ici 2010. Cet objectif avait été abandonné en 1997, les responsables gouvernementaux ayant reconnu qu'il n'y aurait pas suffisamment d'énergie de remplacement. Un nouveau calendrier de démantèlement voté en 2002 par le Parlement stipule la poursuite de l'exploitation des centrales nucléaires suédoises jusqu'à leur amortissement, pendant encore 30 ou 40 ans.


Ouest France, 22/10/2004 :
EDF implante l'EPR à Flamanville: Le grand retour du nucléaire

 

Les Etats-Unis espèrent vendre du nucléaire à la Chine

19/10/04 - Les Etats-Unis devraient bientôt autoriser les ventes de réacteurs nucléaires à la Chine, interdites jusqu'à présent en raison des risques de prolifération, a indiqué mardi à Pékin un responsable américain. "Nous allons nous prononcer sur cette question dans les prochains mois", a déclaré le président de la Commission américaine de régulation nucléaire, Nils Diaz, en visite en Chine. "Le processus est maintenant relativement simple (...) je n'ai pas entendu d'opposition sur cette question", a ajouté M. Diaz, au cours d'un point de presse, précisant que la commission entendait ainsi favoriser la vente à la Chine du réacteur AP-1.000 fabriqué par Westinghouse. La Chine s'est lancée cette année dans un vaste programme de construction de centrales nucléaires qui aiguise les appétits des grandes firmes internationales, notamment Westinghouse jusqu'à présent écartée du marché chinois au profit de sociétés françaises, canadiennes ou russes. Les Etats-Unis avaient décidé après les massacres de Tiananmen en 1989 de ne pas livrer de technologie nucléaire civile à la Chine par peur de détournement à des fins militaires et de revente à des pays comme le Pakistan et l'Iran. Interrogé par des journalistes sur cette question mardi, M. Diaz a indiqué que son pays demanderait des "garanties" à la Chine. Pour faire face à d'énormes besoins en matière d'énergie, une trentaine de réacteurs d'une capacité d'au moins 1.000 mégawatts devraient être installés dans les 15 ans qui viennent en Chine. A lui seul, le programme chinois représente probablement au moins 80% de l'ensemble des centrales nucléaires qui vont être construites dans le monde dans les deux prochaines décennies, estiment les experts.

 

Ukraine: mise en service d'un nouveau réacteur nucléaire à Rivné

16/10/04 - Un nouveau réacteur nucléaire, entièrement financé par l'Ukraine, a été officiellement mis en service samedi dans la centrale de Rivné (ouest) en présence du Premier ministre Viktor Ianoukovitch. Le chef du gouvernement, candidat du pouvoir à la présidentielle du 31 octobre, a assuré que l'Ukraine, dont la production d'électricité dépend à plus de 50% du nucléaire, allait construire à terme "non seulement un, mais deux autres réacteurs" dans la centrale de Rivné, a rapporté l'agence Interfax. Le réacteur numéro 4 de Rivné (R4), de conception russe à eau pressurisée de type VVER et d'une capacité de 1.000 mégawatt, est le deuxième réacteur du genre à être mis en service cette année dans cette ancienne république soviétique qui compte au total 15 réacteurs VVER répartis dans quatre centrales. Le réacteur numéro 2 de la centrale de Khmelnitski (K2), mis en service en août dernier, a été également construit aux frais de Kiev, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ayant refusé de financer ces réacteurs qu'elle jugeait non conformes aux normes de sécurité européennes. La BERD a cependant octroyé à Kiev un prêt de 42 millions de dollars, en juillet, pour assurer la sécurité de ces deux nouvelles unités. L'Ukraine avait accepté de fermer sa centrale de Tchernobyl, en échange d'une aide internationale devant notamment servir à la construction des réacteurs K2

 

REUTERS,10/10/2004 :
Areva veut se lancer dans une "longue marche" en Chine
"...Anne Lauvergeon a souligné devant quelques journalistes que les perspectives de développement étaient gigantesques car les autorités chinoises veulent que le nucléaire apporte 20% de la production d'électricité de leur pays en 2040, ce qui nécessite la construction de 500 centrales environ..." (Abus d'optimisme ou de cocaïne d'Anne Lauvergeon ou erreur du journaliste ?)



Dernières Nouvelles d'Alsace, 7/10/2004:

La France mise gros sur le nucléaire chinois

Après une étape à Singapour, Jacques Chirac est arrivé hier à Hanoï où il participera au sommet Asie-Europe. Il partira demain soir pour la Chine et y restera quatre jours. Sur la table, notamment, le programme nucléaire chinois en lequel la France place de grands espoirs.
La Chine s'est lancée cette année dans un programme de construction de centrales nucléaires. Les entreprises françaises sont bien placées mais doivent compter avec la concurrence américaine. Actuellement, neuf réacteurs en service produisent moins de 2% de l'électricité consommée dans le pays. Pékin s'est fixé pour objectif de faire passer cette part à 4% vers 2020, avec des besoins en rapide augmentation à cause de l'industrialisation et de l'urbanisation.

A l'intérieur du pays
Trente-deux réacteurs d'une capacité d'au moins 1 000 mégawatts devraient être installés dans les 15 ans qui viennent. A lui seul, le programme chinois représente probablement au moins 80% de l'ensemble des centrales nucléaires qui vont être construites dans le monde dans les deux prochaines décennies.
Les réacteurs sont pour l'instant installés ou projetés dans les régions côtières les plus industrialisées. Mais les provinces de l'intérieur cherchent désormais aussi à se doter de centrales nucléaires.
Depuis le début de l'année, « on voit beaucoup de délégations chinoises visiter EDF, Framatome, Alstom pour voir à quoi ressemble le programme nucléaire français », dit Didier Cordero, responsable des projets d'EDF en Chine. « Sur le plan technique, on a commencé à recevoir des questions sur la manière de construire des centrales en bord de rivière. » Après l'annonce fin juillet du doublement de la centrale Ling'ao (sud) qui comprend déjà deux réacteurs construits avec le concours de Framatome, d'Alstom et d'EDF, Pékin a lancé la semaine dernière des appels d'offre pour quatre réacteurs de troisième génération sur les sites de Sanmen (est) et de Yangjiang (sud). Ils représentent un volume d'affaires compris entre 6 et 9 milliards de dollars. De plus, l'attribution de ces contrats peut être déterminante pour les suivants, si la Chine décide d'acquérir une seule norme industrielle.

Westinghouse postule
« Nous voulons être partie prenante d'un maximum de projets et être partenaire dans la durée du programme chinois, sachant que les Chinois veulent en faire un maximum par eux-mêmes », explique Hervé de Preneuf, délégué général pour la Chine d'Areva. « Comme il s'agit de projets de génération 3, dite avancée, ils voudront redonner au fournisseur étranger une responsabilité globale mais ils feront en sorte que le maître d'oeuvre étranger travaille le plus possible avec des entreprises chinoises. » Areva est en concurrence avec un consortium dirigé par l'américain Westinghouse dans lequel des entreprises japonaises et sud-coréennes pourraient être partie prenante. La France argue d'une expérience de 20 ans en Chine mais Pékin pourrait être tenté de se servir de son programme nucléaire pour réduire son excédent commercial avec les Etats-Unis. Le dossier Westinghouse a été défendu en avril à Pékin par le vice-président Dick Cheney.


Pékin approuve la construction d'au moins six nouveaux réacteurs nucléaires

29/9/04 - Le gouvernement chinois a approuvé la construction d'au moins six nouveaux réacteurs nucléaires sur le site de Yangjiang, dans le Guangdong (sud), a rapporté un haut responsable du programme nucléaire de cette province cité mercredi par l'agence Nouvelles de Chine. Le montant de l'investissement approuvé le 2 septembre dernier par le gouvernement s'élève à 8 milliards de dollars pour la construction de six réacteurs ayant une capacité totale comprise entre 6.000 et 9.000 mégawatts, a précisé à l'agence semi-officielle Tang Xiaofeng, directeur général adjoint de China Guangdong Nuclear Power Holding Co. Après achèvement des travaux, Yangjiang deviendra le plus grand site nucléaire chinois. Les travaux préparatoires et le comblement de terrains gagnés sur la mer sur une surface totale de 472 km2 ont été achevés fin 2003, si bien que la construction de la centrale proprement dite devrait pouvoir commencer "prochainement", selon Nouvelles de Chine. Le 21 juillet, le gouvernement chinois avait donné son feu vert à la construction deux nouveaux réacteurs nucléaires sur le site de Ling'ao (sud), où les deux premières tranches ont été réalisées avec le concours d'entreprises françaises. Deux nouvelles tranches sur le site de Qinshan (est) devraient également être approuvées avant la fin de l'année. Au total, le gouvernement chinois projette de construire 32 réacteurs de 1.000 mégawatts d'ici 2020 et d'installer une puissance totale de 600.000 à 700.000 mégawatts dans les 20 années qui viennent, pour répondre aux besoins d'électricité en rapide augmentation du pays. La part du nucléaire dans la production d'électricité est pour l'instant inférieure à 2%, alors que plus des deux tiers proviennent de la combustion de charbon.

 

Nucléaire:les groupes français bien placés sur le marché chinois

PARIS 27/9/04 - Les industriels français du secteur de l'électricité comptent sur la prochaine visite d'Etat en Chine du président de la République, Jacques Chirac, pour tenter d'obtenir des contrats qui s'annoncent juteux. Confronté à une demande en énergie en forte progression du fait d'une croissance économique qui se poursuit à un rythme effréné (+9,1% en 2003 et +8,8% attendu cette année), le gouvernement chinois a décidé de se doter d'une capacité de 32.000 à 36.000 Megawatts supplémentaires d'ici 2020, ce qui aboutirait à la construction de 20 à 40 centrales nucléaires selon la puissance retenue pour chacune d'entre elles. Le coût d'une centrale complète varie de 1,5 milliard à 3 milliards d'euros, soit une facture totale de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Même si la part revenant aux fournisseurs étrangers est limitée - Pékin ayant pris soin d'exiger des transferts de technologie au profit de ses entreprises -, ces contrats font rêver les dirigeants des groupes français. Jacques Chirac lui-même attache le plus grand soin à ce dossier qu'il juge stratégique pour les entreprises françaises concernées, qui ont une occasion exceptionnelle d'imposer leurs technologies sur un marché en fort développement. Le chef de l'Etat a confié, fin août, la préparation du volet nucléaire de son voyage à François Roussely. Ce dernier doit l'accompagner en Chine même si son mandat à la tête d'Electricité de France (EdF) n'a pas été renouvelé. Le nouveau président d'EdF, Pierre Gadonneix, ainsi que ses homologues d'Alstom, Patrick Kron, et d'Areva, Anne Lauvergeon, feront aussi le déplacement.

AREVA EN AVANCE SUR L'EPR
Selon des sources industrielles, le gouvernement chinois pourrait lancer un appel d'offres par lots pour quatre premières centrales. Les attributaires pourraient être désignés rapidement. Areva, qui a déjà construit quatre des 11 centrales chinoises seul et trois autres en partenariat, a de bonnes chances d'emporter des commandes pour les réacteurs. Les centrales suivantes devraient être équipées du réacteur de nouvelle génération de type EPR (European Pressurized Water Reactor). Les autorités de Pékin n'ont pas encore donné d'indications sur le calendrier d'adoption de cette technologie. Pour Areva, qui a développé l'EPR avec le conglomérat allemand Siemens et qui assure avoir une avance très importante sur son concurrent américain Westinghouse, il s'agit d'un marché particulièrement prometteur. Le groupe français a déjà réussi à vendre l'EPR l'an dernier à la Finlande, un contrat de 3 milliards d'euros. EdF doit choisir prochainement le site d'implantation de son premier réacteur de ce type en France. EdF, déjà partenaire des Chinois depuis le début des années 1980, se place pour des contrats d'assistance technique que ce soit pour la construction ou la gestion des centrales. Alstom a la partie la plus difficile. Le groupe est spécialisé dans la partie conventionnelle des centrales - turbines à vapeur, alternateurs et services associés - mais la concurrence est rude face à Mitsubishi, Toshiba, General Electric et surtout Siemens. Pour son premier contrat EPR en Finlande, Areva avait choisi de confier la partie conventionnelle à son partenaire Siemens. Cela laisse peu d'espoir à Alstom mais le fabricant d'infrastructures d'énergie et de transport pourrait se consoler avec des contrats pour des trains et des métros. Le président français sera en Chine du 8 au 12 octobre.

 

Brésil: Le gouvernement veut construire un troisième réacteur nucléaire

26/9/04 - Le gouvernement brésilien a pratiquement déjà décidé de construire la troisième centrale nucléaire du pays, qui sera baptisée Angra III et sera implantée à Angra dos Reis, à 180 km au sud de Rio de Janeiro, a indiqué dimanche le journal de Rio, O Globo. "Le grand problème (pour mener à bien l'opération) est de trouver les sources de financement d'un projet chiffré à 7,5 milliards de reaismilliards de dollars)", a indiqué O Globo, citant un "membre" du comité interministériel qui examine la viabilité du projet. "Le financement devra être en majorité externe et il y a déjà des institutions financières en France qui sont intéressées", a indiqué cette source à O Globo, qui a précisé que la décision sera annoncée début 2005. "L'un des principaux arguments plaidant pour la construction de la centrale est qu'en 2010, malgré l'achèvement des centrales hydro-électriques, il y aura un déficit de 2.500 mégawatts d'énergie et il faudra construire plusieurs (centrales) thermo-électriques", selon O Globo.
Si le projet est mené à bien, Angra III aura une capacité installée de 1.300 mégawatts comme Angra II. Le gouvernement a déjà investi 750 millions de dollars en équipements et infrastructures civiles. Le Brésil a lancé son programme nucléaire de production d'énergie électrique dans les années 60 en rachetant Angra I au groupe américain Westinghouse.
Cette centrale produit environ 630 mégawatts d'énergie. Dans les années 70, le gouvernement brésilien a signé un accord nucléaire avec l'Allemagne pour la construction de huit centrales et le transfert de technologies d'enrichissement d'uranium que le Brésil maîtrise désormais. L'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) exige l'accès de ses inspecteurs à l'usine d'enrichissement d'uranium brésilienne de Resende, près de Rio mais le Brésil s'y oppose au nom de la protection du secret industriel. Des inspecteurs de l'AIEA doivent se rendre le mois prochain au Brésil pour tenter de résoudre ce différend, a annoncé jeudi un porte-parole de l'Agence viennoise.

 

Plus que 3 concurrents pour la construction de réacteurs nucléaires en Chine

6/9/04 - Il ne reste plus que trois concurrents, tous étrangers, pour l'appel d'offre portant sur la construction de quatre réacteurs nucléaires en Chine selon un responsable chinois cité lundi par le China Business Weekly. Seuls le Français Aera, l'Américain Westinghouse, et le Russe AtomStroyExport (ASE) restent en lice et devront être fixés d'ici la fin de l'année. Le français Alstom, le japonais Mitsubishi et Atomic Energy of Canada tentaient également d'obtenir ses contrats qui se chiffrent en milliards de dollars, selon l'hebdomadaire économique chinois. L'appel d'offres porte sur quatre tranches de 1.000 mégawatts chacune utilisant la technologie de troisième génération à eau pressurisée et dont deux doivent être construites sur le site de Sanmen dans la province du Zhejiang (est) et les deux autres à Yangjiang, dans celle du Guangdong (sud). "Le gagnant devrait être soit Westinghouse, soit Areva, soit ASE", a déclaré Yu Jianfeng, directeur du département de l'énergie nucléaire la China National Nuclear Corp. (CNNC), qui a ajouté que son pays n'a pas été capable de développer lui-même des réacteurs de troisième génération. "Les documents pour l'appel d'offres ont déjà été approuvés par le gouvernement et nous les avons présentés pour approbation finale à la Commission nationale du Développement et de la Réforme", a précisé M. Yu au China Business Weekly. Aucun calendrier n'a encore été fixé. Un seul constructeur pourrait remporter la mise, étant donné que la Chine cherche désormais à se doter d'une technologie unifiée dans le but de construire petit à petit sa propre industrie nucléaire civile. Le pays le plus peuplé du monde, qui manque d'électricité à cause de sa rapide industrialisation, prévoit de construire 32 réacteurs nucléaires.

 

Un nouveau réacteur nucléaire mis en service dans l'ouest de l'Ukraine

8/8/04 - Un nouveau réacteur nucléaire a été mis en service dimanche dans la centrale de Khmelnitsky (ouest de l'Ukraine), en présence du président Léonid Koutchma, selon les images retransmises en direct par la télévision nationale UT-1. "Le bloc n°2 a été mis en service et branché sur le réseau électrique national et il fonctionne à la puissance de 300 MWt", soit à 30% de sa capacité maximale, a déclaré le ministre de l'Energie Serhiy Touloub en direct sur UT-1. "Ce branchement est un nouveau pas vers le renforcement de l'indépendance énergétique de notre Etat", s'est félicité M. Koutchma qui a observé avec d'autres hauts responsables ukrainiens le lancement du réacteur depuis une salle de réunion à la centrale, avant de visiter la salle du contrôle.
Ce réacteur d'origine russe à eau pressurisée VVER ne doit atteindre sa capacité maximale de 1.000 MWt que dans plusieurs semaines voire plusieurs mois, a précisé à l'AFP un ingénieur de la centrale.
La commission gouvernementale ukrainienne a donné en juin son feu vert au lancement du réacteur K2, le jugeant "conforme aux normes actuelles" et sans danger pour l'environnement. La centrale de Khmelnitsky n'avait jusqu'à présent qu'un seul réacteur VVER de 1.000 MWt, mis en exploitation en 1987. L'Ukraine compte également mettre en service d'ici à la fin de l'année un réacteur (R4) dans la centrale de Rivné (ouest), avant de se lancer dans la construction d'un troisième nouveau réacteur. La mise en exploitation des réacteurs K2 et R4 est réalisée sans l'aide financière de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) qui a refusé de verser des crédits pour leur construction à Kiev, notamment parce qu'elle juge insuffisant le niveau de sécurité des réacteurs La Berd a tout de même octroyé à l'ancienne république soviétique un prêt de 42 millions de dollars en juillet pour assurer la sécurité de ces deux nouvelles unités. L'Ukraine avait accepté de fermer en décembre 2000 la centrale de Tchernobyl (nord), théâtre du pire accident nucléaire de l'histoire, en 1986, en échange d'une aide internationale devant notamment servir à la construction des réacteurs K2 et R4. Les quatre centrales nucléaires ukrainiennes en service couvrent près de 50% de la consommation nationale d'électricité.

 

Après des années d'hésitations, la Chine relance le nucléaire

29/07/2004 - Après des années d'hésitation, le gouvernement chinois adécidé d'accélérer laconstruction de centrales nucléaires pour répondre àla rapide augmentation des besoins du pays en électricité.A 40 km de Pékin, non loin de la grotte dans laquelle vivait il y a undemi-million d'années l'Homme de Pékin, des chercheurs de l'Institut chinoisde l'énergie atomique de Tuoli travaillent sur différents types de réacteursexpérimentaux pour préparer ce nouvel âge d'or nucléaire. Pour l'heure, laChine ne compteque neuf réacteurs en service sur trois sites, qui nefournissent au total que 1,4 pour cent de la production d'électricité dupays, assurée à 70% par la combustion de charbon. L'objectif du gouvernementest de porter la part du nucléaire à 4% en 2020. "L'énergie nucléaire estaujourd'hui prioritaire", selon Wu Kang, un spécialiste des questionsénergétiques au East-West Center, un groupe de réflexion basée à Hawaï. Il ya une semaine, le gouvernement a approuvé la construction par la ChinaNational Nuclear Corp de deux centrales nucléaires à Ling'ao dans leGuangdong (sud) et à Sanmen dans le Zhejiang (sud), deux provinces côtièresfortement industrialisées et qui souffrent de nombreuses coupures decourant, notamment durant l'été. Le très officiel Quotidien du Peuple arécemment jugé dans un éditorial que "les conditions sont mûres en Chinepour accélérer l'usage de l'énergie nucléaire", alors que "les résultatsobtenus par le pays ont significativement réduit son retard au niveauinternational" dans ce domaine.L'explosion de la première bombe atomiquechinoise sera vieille de 40 ans en octobre prochain, mais l'utilisationpacifique du nucléaire, après une première phase de développement dans lesannées 1980, avait marqué le pays au profit de l'hydro-électricité et de laréalisation de grands barrages, à commencer par le gigantesque ouvrage desTrois Gorges sur le fleuve Yangtsé. Aujourd'hui, les voix se multiplient enChine sur les conséquences néfastes des barrages, notamment en termes deconditions de vie pour les populations déplacées. Le gouvernement a engagéune stratégie de diversification, notamment pour réduire sa dépendancevis-à-vis d'importations de pétrole en rapide augmentation, et dont 60%viennent du Proche-Orient. La nouvelle génération de dirigeants chinois "esttrès intéressée par les nouvelles technologies", selon Richard Suttmeier, unexpert des questions technologiques en Chine de l'Université de l'Oregon auxEtats-Unis. Le concept de sécurité nationale a également évolué et inclutdésormais, en Chine comme ailleurs, un accès à des sources d'énergie stables et fiables. "La sécurité énergétique est une forme d'assurance-vie", déclare Wu Kang, qui ajoute que l'énergie nucléaire peut certes y contribuer, mais qu'"une sécurité absolue est impossible à obtenir". La volonté de Pékin d'accélérer le programme de construction de centrales nucléaires donne également de nouvelles chances de contrat à des entreprises françaises comme Electricité de France ou Framatome, qui ont déjà participé à la réalisation de la centrale de Daya Bay, ainsi qu'à leurs principaux concurrents, l'américain Westinghouse et le japonais Mitsubishi. En mars, la province du Guangdong avait annoncé sa volonté de démarrer en 2006 la construction d'une centrale nucléaire à Yangjiang. Ce nouveau site pourrait à terme compter six réacteurs de 1.000 mégawatts et devenir le plus grand de Chine, selon le China Business Weekly.

 

Areva: contrat pour la centrale de St Lucie aux USA.

24 juin 2004 - Areva remporte une première commande de pressuriseur avec le groupe Américain Florida Power & Light Compagny pour la centrale St Lucie aux Etats Unis. L'industriel français, leader mondial de la fabrication d'équipements lourds nucléaires, fournira au travers de sa filiale Framatome ANP (filiale commune avec Siemens) un pressuriseur. Il s'agit d'un composant placé à l'intérieur du bâtiment réacteur. Le contrat comprend la conception, la fabrication, la livraison et l'installation du pressuriseur ainsi que le remplacement du systèmes de chauffage.

Ce nouveau contrat renforce la percée commerciale d'Areva aux Etats Unis ou la demande de pressuriseurs est de plus en plus importante. Le marché américain a représenté 60% du CA de l'usine de fabrication des pressuriseurs à Chalon-Saint-Marcel.

 


Areva: signe deux accords dans le nucléaire avec la Chine

11 juin 2004 - Anne Lauvergeon, la présidente d'Areva, a signé deux accords portant sur la technologie des réacteurs nucléaires à construire en Chine en présence de Jean-Pierre Raffarin et du Vice-Premier Ministre chinois Zeng Peiyan.

Le premier a été signé avec China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC) et porte sur la réalisation de la phase 2 de la centrale de Ling Ao II (province du Guangdong) : deux nouveaux réacteurs seront construits sur ce site déjà équipé de deux tranches de 1000 MWe mises en service en 2002 et 2003. L'accord a été signé avec Framatome ANP, co-entreprise Areva / Siemens . La seconde lettre d'intention a été signée avec la China National Nuclear Corporation, et porte sur l'assistance à la réalisation de deux réacteurs à Qinshan II phase 2.

Ces lettres d'intention ont été signées à Matignon à l'occasion du séjour officiel en France de Monsieur Zeng Peiyan. Le Vice-Premier Ministre chinois a visité le 8 juin 2004 l'usine de traitement de combustibles nucléaires usés de Cogema à la Hague. Il s'est dit favorable à une coopération globale et durable entre la Chine et la France dans le domaine électronucléaire.

 


Areva: coopération franco-chinoise dans l'électronucléaire

8 juin 2004 - C'est dans le cadre de la poursuite de son programme nucléaire qu'Areva a annoncé aujourd'hui la visite à l'usine de Cogema à la Hague du Vice-Premier Ministre chinois Zeng Peiyan.

Accompagné d'Anne Lauvergeon, Président du Directoire d'Areva, le corps ministériel a parcouru les principaux ateliers de production de l'usine de traitement de combustibles nucléaires usés et a fait part de son avis favorable à une coopération globale et durable entre la Chine et la France dans le domaine électronucléaire.

De son côté, Anne Lauvergeon a affirmé son "ambition d'aller plus loin dans ce partenariat, notamment dans les domaines de l'exploitation minière, de l'ingénierie et de la fabrication d'équipements de réacteurs", comme le précise le communiqué.


Areva va recycler du plutonium militaire américain à des fins civiles

04/06/2004 - Pour la première fois, des stocks de plutonium militaire américain déclarés en excès après la guerre froide vont être transformés en combustible par le groupe français Areva, un symbole de la coopération franco-américaine en matière de désarmement.
A la demande du gouvernement américain, Areva fabriquera d'abord des assemblages test en France puis il construira une usine aux Etats-Unis. Areva, qui a déjà reçu l'agrément de principe du gouvernement français, attend dans les prochaines semaines l'autorisation de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour fabriquer à Cadarache (Bouches-du-Rhône) quatre combustibles Mox de démonstration.
Le MOX, combustible mélangeant de l'uranium et du plutonium, une matière très sensible sur le plan chimique et radiologique, impose d'importantes contraintes d'exploitation. Les électriciens l'utilisent en Europe depuis plus de 20 ans mais les Américains ne s'en sont encore jamais servis. Ironie de l'Histoire: ce programme, baptisé par les Américains "Mox for peace" sera mis en oeuvre près d'un site appartenant au Commissariat à l'énergie atomique, dédié après-guerre à la fabrication de la bombe atomique.
"Ce programme est un pied de nez fantastique à l'Histoire: ce plutonium, c'était Hiroshima, maintenant il servira à faire des kilowatts", se félicite le directeur de l'usine de Cadarache, Michel Pibarot.
Les 140 kg de plutonium militaire américain devraient partir cet automne en bateau de Charleston (Caroline du sud) pour Cherbourg (Manche). Ils seront ensuite transférés à La Hague avant d'être acheminés à Cadarache. Les combustibles test seront assemblés dans l'usine Areva de Marcoule (Gard). L'assemblage doit être placé dans le coeur des réacteurs de l'électricien américain Duke, explique Arthur de Montalembert, directeur-adjoint de la direction internationale du groupe.
Dans un deuxième temps, Areva construira aux Etats-Unis une usine destinée à convertir 34 tonnes de plutonium en combustible nucléaire. Les travaux devraient débuter mi-2005 pour que l'usine soit opérationnelle à l'horizon 2008, selon M. de Montalembert.
Seuls quatre sites dans le monde pouvaient réaliser cette opération: outre les deux usines d'Areva, celle de Belgonucléaire à Dessel et l'usine britannique du groupe BNFL à Sellafield. "Aujourd'hui, les sujets où il y a une vraie coopération entre Français et Américains, touchant de plus au domaine militaire, sont assez peu nombreux", relève un expert des relations franco-américaines.
Les contrats, remportés en 2003, représentent entre 250 et 300 millions de dollars, selon le groupe. "En terme de montant, ce n'est pas le contrat du siècle, reconnaît M. de Montalembert, mais l'aspect stratégique au plan du désarmement est évidemment très important".
Les dirigeants d'Areva espèrent que les Russes, moins avancés dans leurs programmes de désarmement que les Américains pour des raisons financières, choisiront aussi Areva. "L'idéal serait de construire en Russie la même usine qu'aux Etats-Unis, mais aucun Russe n'est venu pour l'instant nous rendre visite", témoigne Michel Pibarot.

 


Framatome ANP (Areva) remporte un contrat d'E44 mlns au Brésil

PARIS, 28 mai - Framatome ANP annonce vendredi avoir remporté un contrat de 44 millions d'euros auprès de l'exploitation brésilien Electrnuclear portant sur la fourniture de deux générateurs de vapeur de remplacement pour la centrale nucléaire Angra 1.




Feu vert du Japon à la construction de deux réacteurs nucléaires

TOKYO, 29 mars - Le gouverneur de la préfecture de Fukui, dans l'ouest du Japon, a donné lundi son feu vert à la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires malgré les craintes de l'opinion publique liées à de récents accidents et à l'exposition de l'archipel au risque sismique.

Ces nouveaux réacteurs seront construits à la centrale de Tsuruga, qui en compte déjà deux, a précisé un responsable de Fukui.

Cette décision intervient dix jours après celle de la même préfecture d'utiliser le combustible Mox dans deux réacteurs nucléaires de la centrale de Takahama.

Le Mox est controversé parce que ses détracteurs craignent qu'ils ne soit utilisé dans des programemes nucléaires militaires.

Le plus grave accident nucléaire japonais est intervenu en septembre 1999 dans l'usine d'enrichissement d'uranium de Tokaimura, à 140 km au nord de Tokyo. Deux personnes ont trouvé la mort et des centaines d'habitants ont été exposés aux radiations.

Quelque 30% de la consommation d'énergie du Japon provient du nucléaire.

 

Sagem remporte un contrat de 200 millions d'euros avec le CEA

PARIS 19 janvier 2004 - Sagem a annoncé avoir remporté un contrat de 200 millions d'euros auprès de la Direction des applications militaires du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) dans le cadre du programme de simulation mis en place après l'arrêt des essais nucléaires.
Ce contrat concerne "la suite du marché Saha, consistant en la réalisation des ensembles 'section amplificatrice' (hors amplificateurs) du Laser Mégajoule", précise le groupe dans un communiqué.
"Le laser mégajoule est un des outils majeurs du programme Simulation, mis en oeuvre depuis 1996 par la Direction des applications militaires du CEA pour assurer la pérennité de la force de dissuasion française, après l'arrêt des essais nucléaires", ajoute-t-il.

 


Areva et Siemens décrochent un contrat de 3 milliards d'euros

PARIS (18/12/03) - Areva a annoncé son premier contrat EPR avec son partenaire Siemens, qui lui a été attribué par l'électricien finlandais TVO pour quelque trois milliards d'euros, dix ans après avoir mis au point cette technologie avec la compagnie allemande.
Cette commande passée par la Finlande, qui s'équipe ainsi d'un cinquième réacteur nucléaire, est le premier vrai signe d'un retour en grâce du nucléaire, dans un contexte à la fois de demande croissante d'électricité et de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.
Ce contrat pourrait, d'ici peu, être suivi d'autres : la Chine devrait d'un jour à l'autre lancer un appel d'offres pour quatre réacteurs nucléaires et la France devrait, sauf énorme surprise, décider de renouveler son parc nucléaire avec des réacteurs EPR (European pressurized water reactor) dans le cadre de sa de loi d'orientation sur les énergies, attendue au cours du premier semestre 2004.
"La décision en faveur de l'EPR témoigne de la confiance de la compagnie d'électricité finlandaise TVO dans les compétences du consortium et positionne Areva comme acteur majeur de la renaissance du nucléaire", déclare Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva lors d'une conférence de presse.
Elle a précisé sur les trois milliards d'euros, 72% revenait à Areva, qui fournira "l'îlot nucléaire" du projet, et 28% Siemens fournisseur de "l'îlot conventionnel", dont la turbine.
Elle a ajouté que le groupe français sous-traiterait une proportion non négligeable de la part du contrat qui lui revient, et pour tout ce qui concerne le génie civil de l'ouvrage et de façon plus générale pour tous les aspects du contrat qui ne correspondent pas à ses métiers.
Anne Lauvergeon a encoré indiqué que la mise en service commerciale du réacteur, qui aura une puissance d'environ 1.600 MW, est prévue en 2009 et que le réacteur aura une durée de vie de 60 ans, contre 40 pour les réacteurs actuels.
S'agissant du montage financier réalisé par TVO, elle a précisé que la plupart des futurs grands clients du réacteurs - notamment les grands papetiers finlandais mais aussi des collectivités locales comme Helsinki - vont participer aux investissements nécessaires à la construction du réacteur.
"Cette tendance (d'une participation des clients au financement d'une
centrale) devrait se retrouver dans d'autres parties du monde", a estimé Anne Lauvergeon.
Elle pourrait même se retrouver en France où EDF, qui espère recevoir l'année prochaine le feu vert du gouvernement pour la construction d'un démonstrateur EPR, ne verrait pas d'un mauvais oeil, sous certaines conditions, la participation de certains industriels au financement de l'ouvrage.

 

Der Spiegel 11/12/03:

Nucléaire: Le grand retour

"Der Spiegel", Hambourg
Il y a quelques années, nous nous demandions encore si nous construirions un jour une autre centrale", confie Corbin McNeill, ancien patron du groupe nucléaire américain Exelon. "La question qui se pose aujourd'hui, c'est combien il faudra en construire." Spencer Abraham, le ministre de l'Energie américain, a lancé [en février 2002] le programme Nuclear Power 2010, qui prévoit la construction de nouvelles centrales avant la fin de la décennie.

La nouvelle loi sur l'énergie, qui est attendue depuis longtemps [mais repoussée encore une fois, jusqu'en janvier], pourrait bien permettre à l'industrie nucléaire américaine de récolter une véritable manne. Si cette loi franchit le cap du Congrès, le secteur pourrait recevoir d'un seul coup quelque 15 milliards de dollars de subventions pour construire six ou sept nouvelles centrales.
Il n'y a pas de doute, les Etats-Unis s'orientent vers un avenir placé sous le signe de l'atome.
Comme si l'incident de Three Miles Island, en 1979, et la catastrophe de Tchernobyl, en 1986, n'avaient jamais eu lieu, le gouvernement et les industriels du secteur recommencent à discuter de gisements d'uranium, de combustible et de stockage des déchets. Et les Etats-Unis ne sont pas les seuls. Le monde entier est le théâtre d'une renaissance de l'énergie nucléaire. On compte actuellement trente-trois centrales en construction dans le monde et au moins vingt-sept en projet à divers stades d'élaboration. Le Japon, la Chine , la Corée du Sud, Taïwan, l'Afrique du Sud, la Russie , tous ces pays auront de nouvelles centrales dans les prochaines années. Au début du mois de septembre, le gouvernement indien a débloqué 760 millions de dollars pour la construction d'un surgénérateur. La Finlande a décidé de se doter d'une cinquième centrale. En France, le constructeur de réacteurs Areva fait pression sur le gouvernement pour qu'il engage dès maintenant le renouvellement du parc de centrales électriques, en lui commandant une série de réacteurs à eau sous pression, "améliorés" par rapport aux modèles déjà installés dans l'Hexagone [baptisés European Pressurised Water Reactor, EPR]. Quant à l'Union européenne (UE), elle finance un programme de développement pour mettre au point la nouvelle génération de réacteurs EPR ­ malgré le moratoire sur l'atome adopté par l'Allemagne, la Suède , la Belgique , l'Italie, l'Espagne et les Pays-Bas. Selon la Commission , l'Europe aura besoin d'augmenter ses capacités de production électrique de 200 à 300 gigawatts au cours des deux prochaines décennies. "Or je ne pense pas que nous pourrons y parvenir sans recourir à l'énergie atomique", indique Loyola de Palacio, la commissaire à l'Energie et aux Transports.

La principale raison de cette nouvelle euphorie chez les accros du nucléaire, c'est l'inquiétante perspective du réchauffement climatique. La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre s'accorde trop bien avec l'énergie nucléaire pour que la vieille garde des soldats de l'atome ne tente pas sa chance. "Si nous voulons passer ce siècle sans que l'effet de serre cause de catastrophe majeure, nous devons mettre le paquet sur l'énergie atomique", expliquait récemment James Lovelock, le père de la théorie Gaïa [théorie écologiste qui présente métaphoriquement la Terre comme un superorganisme], lors de la fondation de l'Université mondiale du nucléaire à Londres. Ce à quoi Mohammed el-Baradei, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ajoute : "Plus d'un sixième de la population mondiale n'a pas un accès correct à l'eau potable ; on pourrait y remédier avec des usines de dessalement d'eau de mer alimentées grâce à l'énergie atomique."
La communauté scientifique a retrouvé sa foi dans le progrès technique et pense pouvoir trouver de bonnes solutions aux différents problèmes posés.

L'AIEA a lancé il y a trois ans l'International Project on Innovative Nuclear Reactors and Fuel Cycles (INPRO), qui a pour objectif de développer de nouveaux types de réacteurs nucléaires. Des équipes de chercheurs américains ont commencé à plancher de leur côté en l'an 2000 sur les réacteurs dits "de quatrième génération" dans le cadre d'un projet baptisé Generation IV. Et dix autres Etats, dont la France , le Royaume-Uni, la Suisse , le Brésil et l'Afrique du Sud, se sont joints au projet par la suite. Six concepts de réacteurs sont d'ores et déjà à l'étude, et l'on prévoit de parvenir au stade des prototypes d'ici à 2030.
Les centrales du futur devront être moins chères, plus propres et plus sûres que leurs ancêtres. Leurs déchets devront être impossibles à transformer en bombes. Et tout sera fait pour rendre les accidents impossibles. "On va concevoir des réacteurs dans lesquels la fusion du coeur sera impossible", affirme John Ryskamp, un chercheur du projet Generation IV à l'Idaho National Engineering and Environmental Laboratory. On peut en effet envisager des systèmes de sécurité qui n'auront pas besoin d'être actionnés pour empêcher la catastrophe. On pourrait, par exemple, faire en sorte que les barres de commande (qui assurent le contrôle de la réaction en chaîne en absorbant les neutrons) s'enfoncent toutes complètement dans le réacteur en cas de panne afin d'interrompre immédiatement son fonctionnement. On pourrait aussi concevoir le système de refroidissement de manière que le liquide réfrigérant continue à circuler en cas de détérioration ou de panne des pompes. C'est une technologie abandonnée depuis quinze ans en Allemagne ­ le réacteur à haute température (HTR) ­ qui suscite les plus grands espoirs chez les chercheurs. Le prototype THTR-300, qui avait été construit à Hamm-Uentrop, dans la Ruhr, n'a fonctionné que trois ans. Il fut arrêté en raison de ses innombrables pannes et du fiasco financier qu'il entraîna. Or c'est ce modèle de réacteur qui revient à la mode aujourd'hui. Il présente, paraît-il, l'avantage d'exclure tout risque de fusion du coeur du réacteur, le plus grave des accidents nucléaires envisageables. Les ingénieurs s'intéressent en particulier à un type de HTR appelé réacteur à lit de galets. Il a pour combustible des dizaines de milliers de sphères de graphite grosses comme des boules de billard contenant chacune quelque 15 000 particules d'oxyde uraneux enrobées de matières protectrices. La température intérieure du réacteur, qui est refroidi à l'hélium, est limitée à environ 900 °C . Le plus beau, c'est que, même si le système de refroidissement tombe en panne, le c ur ne d épassera pas les 1 600 °C ­ ce qui rendra la fusion impossible. Le groupe sud-africain Eskom envisage déjà d'en construire un prototype près du Cap d'ici à 2007.

Les réacteurs à neutrons rapides (RNR), également appelés surgénérateurs, semblent eux aussi bien partis pour faire un surprenant come-back. Cette technologie ­ qui était utilisée par la centrale française Superphénix, aujourd'hui fermée, et qui devait l'être par la centrale allemande de Kalkar, qui n'est jamais entrée en fonctionnement ­ permet une bien meilleure exploitation du combustible que les réacteurs ordinaires. "Les nouveaux RNR seront en outre capables de recycler les éléments les plus dangereux du combustible nucléaire et donc de réduire fortement les quantités de déchets hautement radioactifs", promet le chercheur John Ryskamp. Car, dans les installations de l'avenir, on pourra brûler le plutonium et d'autres éléments problématiques à vie longue pour les transformer en éléments moins dangereux.

Autre problème posé aux chercheurs, celui du retraitement des déchets radioactifs. Que fera-t-on des montagnes de déchets qui ne cessent de s'accumuler ? Selon les estimations de l'AIEA, les 437 réacteurs commerciaux qui existent actuellement dans le monde ont produit une masse cumulée d'environ 255 000 tonnes de déchets hautement radioactifs. Les experts expliquent qu'il faudrait mettre ces sous-produits en lieu sûr pendant environ deux cent cinquante mille ans. Le cercle de travail sur le stockage des déchets nucléaires du gouvernement allemand (AK End) parle, lui, de un million d'années. C'est le plutonium, présent dans toutes les barres de combustible nucléaire déjà utilisées, qui constitue l'un des plus grands dangers. Rien que dans l'UE, il y aurait déjà 500 tonnes de ce superpoison dans les stocks en attente de retraitement. Et les stocks mondiaux augmentent de 70 tonnes chaque année. Or il suffit de moins de 10 kg pour fabriquer une bombe atomique.

La construction de nouveaux réacteurs sera antiéconomique Tels des alchimistes modernes, les chercheurs comptent transformer les éléments dangereux en matières radioactives moins nocives en les plaçant dans un "transmutateur". L'Italien Carlo Rubbia, Prix Nobel de physique, défend cette idée depuis longtemps déjà. Il a imaginé une centrale fonctionnant au thorium qui permettrait de "brûler" des stocks de déchets tout en produisant de l'électricité. Ce projet de "rubbiatron" ne s'est jamais concrétisé pour des raisons essentiellement financières. L'idée qui le sous-tendait ­ neutraliser les déchets nucléaires par transmutation ­ continue cependant à faire l'objet de recherches. "Il s'agit d'arriver à des temps de stockage des déchets qui ne seraient plus d'ordre géologique mais historique", explique Joachim Knebel, qui dirige le programme de recherche sur la sécurité nucléaire du Centre de recherche de Karlsruhe, en Allemagne.

Les déchets nucléaires radioactifs qui ont une demi-vie de plusieurs dizaines de milliers d'années pourraient être transformés en éléments émettant un rayonnement aussi faible que celui de l'uranium naturel au bout de mille ans seulement.
Les adversaires de l'atome ne baissent pas les bras pour autant. Pour eux, l'Allemagne, en sortant du nucléaire, a ouvert la voie à une évolution qui gagnera le monde entier à long terme. "L'énergie atomique est un modèle dépassé", déclare par exemple Michael Sailer, expert de l'Institut écologique de Darmstadt et président de la Commission pour la sécurité nucléaire du gouvernement fédéral. Parler d'un réacteur parfaitement sûr est selon lui dangereusement illusoire. Aucune des centrales actuelles n'est à l'abri d'un attentat comme ceux du 11 septembre 2001. De fait, les types de centrales qu'on se remet à étudier aujourd'hui ont connu des échecs presque toujours spectaculaires dans le passé. Le HTR de Hamm-Uentrop, par exemple, n'a jamais pu surmonter son déficit de sécurité et pèse toujours sur le budget du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Quant aux surgénérateurs, ils posent plusieurs problèmes majeurs. Le premier, c'est que leur combustible nécessite une préparation ­ et donc la manipulation constante de matières hautement radioactives. Le deuxième, c'est que leur refroidissement est toujours difficile. Le surgénérateur japonais Monju a ainsi été retiré du réseau après une fuite de son élément réfrigérant, le sodium, un élément extrêmement réactif, qui a pris feu. Enfin, les exploitants de surgénérateurs doivent subir des protestations massives. Les innombrables manifestations qui ont entouré le chantier de la centrale de Kalkar sont loin d'être étrangères à son abandon, lequel aura coûté plusieurs milliards de marks.

L'avenir de l'énergie nucléaire va en fait dépendre des compagnies d'électricité. En Europe, par exemple, les réacteurs de type classique (REB et REP) jouent actuellement un rôle essentiel : ils fournissent 70 % de la production électrique en France et 30 % en Allemagne "Ces centrales vont encore fonctionner pendant plusieurs années", constate Michael Sailer.
Naguère fortement subventionnées, elles ont depuis longtemps amorti leurs coûts d'investissement et sont très rentables.
Mais l'équation économique ne sera pas forcément aussi favorable pour de nouvelles générations de centrales. Sailer pense que les grandes compagnies d'électricité ­ qu'il combattait autrefois ­ vont être les opposants les plus puissants à la renaissance du nucléaire. Car la construction de nouveaux réacteurs sera "totalement antiéconomique, dans la mesure où elle suppose des investissements de départ considérables, que l'on ne peut amortir qu'en vingt ans, alors qu'une centrale à gaz de conception moderne se finance en cinq ans seulement."

Les Etats pourraient toutefois prendre des mesures qui redonneraient un avantage concurrentiel au nucléaire. Les partisans du nucléaire espèrent notamment voir instaurer un impôt draconien sur les émissions de dioxyde de carbone au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Dans certains pays où l'Etat considère que le nucléaire est indispensable pour couvrir les besoins en électricité, il serait par ailleurs envisageable d'offrir des aides à l'investissement aux compagnies d'électricité sous forme d'exemptions fiscales ou de tarifs minimaux garantis.

Dans un rapport destiné au ministère de l'Energie américain, Scully Capital, une société d'investissement de Washington, indique que les électriciens souhaitent voir plusieurs obstacles majeurs aplanis avant de choisir le nucléaire plutôt que le gaz.
Non seulement ils veulent que les pouvoirs publics mettent en place des lieux de stockage sûrs pour les déchets (ce qui apaiserait les inquiétudes légitimes des populations), mais ils réclament des assurances en ce qui concerne la limitation de leurs responsabilités en cas de catastrophe. Ils veulent enfin que "les risques financiers liés à un dépassement des travaux ou à une paralysie, par exemple à la suite d'une action en justice", soient minimisés.
Les Etats feront-ils le nécessaire pour satisfaire le lobby du nucléaire ?
Les grandes manuvres ne font que commencer.

Philip Bethge

 

LE JOURNAL DE LA SAONE 10/12/03:

Succès pour Framatome sur le marché américain

Framatome ANP, dont l'usine de Saint-Marcel emploie près de 500 personnes, vient de remporter un nouveau succès aux Etats-Unis: une commande de deux générateurs de vapeur, qui conforte sa position sur le marché américain.
Areva, au travers de sa filiale commune avec Siemens, Framatome ANP, vient en effet de signer un contrat pour la fourniture de deux générateurs de vapeur à la centrale nucléaire St. Lucie 2, exploitée par Florida Power & Light (FPL). Ces nouveaux générateurs de vapeur seront fabriqués à l'usine Framatome ANP de Chalon Saint-Marcel. Livrés en juillet 2007, ils seront installés durant l'automne, lors d'un arrêt de tranche programmé.
Avec plus de 400 équipements nucléaires fournis aux centrales implantées dans différents pays, Framatome ANP occupe la position de numéro un mondial.
Au cours des trois dernières années, la filiale d'Areva a remporté 45 % du marché des générateurs de vapeur de remplacement aux Etats-Unis, lors de contrats représentant un montant d'environ 250 millions d'euros.
Cette nouvelle signature fait suite à des commandes de FPL portant sur des couvercles de réacteur pour les unités 3 et 4 de Turkey Point, (autre centrale américaine), et pour les unités 1 et 2 de St. Lucie, ainsi que sur des mécanismes de commande de grappes et des structures intégrées d'équipements connexes de couvercle (ventilation, câbles, .) pour Turkey Point.
Depuis cette année, Framatome ANP propose ses services aux quatre unités nucléaires exploitées par FPL. L'entreprise française a en effet signé un accord de 5 ans, devenant ainsi le principal prestataire de services de la société américaine lors des arrêts de tranche.
Les premiers succès de Framatome Outre-Atlantique pour la fourniture de composants de rechange remontent à 2001. A cette époque, la vie de l'usine de Saint-Marcel était menacée par la baisse du carnet de commande d'EDF.
L'établissement a mis a profit les investissements effectués antérieurement pour être qualifié par les autorités de sûreté des USA. Cette remontée de la charge de travail a permis de stopper un plan social en préparation, et même de reprendre les embauches pour certaines catégories de personnel. Le nombre d'ingénieurs est ainsi passé de 39 au début de 2002 à 50 au cours de l'été 2003. «Globalement, avec la poursuite des embauches, il y aura rajeunissement de la pyramide des âges et une légère augmentation des effectifs totaux» estime la Direction de Framatome ANP. Le constructeur français fournit aux Etats-Unis la moitié de leurs générateurs de vapeur de rechange, et 60% de leurs couvercles de cuve, l'ensemble représentant 50% de la charge de l'usine de Saint-Marcel. Cette situation devrait perdurer au delà de 2005.

J-Ph. C



LES ECHOS 2/12/03:

Succès à répétition pour Framatome aux Etats-Unis
La filiale d'Areva a bénéficié du « renouveau »du nucléaire outre-Atlantique.

Bien que le pôle réacteur et services (Framatome) d'Areva tourne au ralenti en ce qui concerne la fourniture de nouveaux réacteurs nucléaires, le marché de l'entretien des parcs nucléaires (446 réacteurs dans 32 pays) et du renouvellement des équipements lourds (couvercles de cuve et générateurs de vapeur) est, lui, soutenu. Un couvercle de cuve coûte entre 5 et 15 millions d'euros. Selon Areva, il existe un véritable « marché de l'urgence » aux Etats-Unis.
Il y a un mois, Framatome a fourni deux nouveaux couvercles de cuve aux Etats-Unis pour 30 millions de dollars. Au total, il a déjà fourni 5 couvercles de remplacement à des installations américaines et enregistré 15 commandes supplémentaires dans ce pays. Le groupe français a réussi à se positionner fortement sur le marché en croissance de la modernisation du parc américain (1,6 milliard de dollars en 2000, 3,7 milliards attendus en 2006), qui est le premier, avec plus de 100 réacteurs. La filiale d'Areva détient 58 % du marché américain des couvercles de réacteurs de remplacement. Sur ce marché en plein essor, Areva s'appuie sur son usine de Chalon, qui a fabriqué les composants lourds de toutes les centrales françaises. Alors que son avenir fut, un temps, compromis, son plan de charge a été sauvé par le « renouveau » du nucléaire outre-Atlantique. En 2003 et 2004, 80 % du chiffre d'affaires de ce site sera réalisé à l'export, surtout aux Etats-Unis.

R. C.

 

LES ECHOS 2/12/03:

EDF prêt à participer à l'EPR finlandais

Etudes.
L'EPR, que l'électricien finlandais TVO est sur le point de commander à Framatome, sera conçu en partie par... EDF. Tel est en tout cas l'accord trouvé entre les deux industriels français, sous réserve du feu vert de TVO.
Les études détaillées de l'îlot nucléaire finlandais - hors chaudière - seraient ainsi confiées à Sofinel, société détenue à 50-50 par EDF et Fra ma tome . Un cha ngem en t rendu nécessaire par le chevauchement des calendriers finlandais et français. Pour la première fois en effet, un réacteur conçu en France devrait être construit à l'étranger avant d'être testé dans l'Hexagone. « Cette situation comportait un risque fort » que les solutions retenues par Framatome pour la Finlande « s'imposent de fait pour l'EPR en France », estime EDF. « Dans ces conditions, l'ingénierie d'EDF risquait d'être écartée des études détaillées de l'îlot nucléaire et de perdre toute maîtrise sur la conception de cette partie essentielle de la centrale ». D'où le choix d'associer EDF au projet finlanda is . Sel o n EDF , ces étude s (France et Finlande) « représentent unmontant initialde l'ordre de 2 à 2,4 millions d'heures » de travail.



Areva/Urenco: 3 mds EUR dans une nouvelle usine d'enrichissement d'uranium

26/11/03 - Les deux géants du nucléaire Areva et Urenco vont investir 3 milliards d'euros dans la construction d'une nouvelle usine d'enrichissement de l'uranium par centrifugation, a annoncé le groupe français mercredi dans un communiqué.
La nouvelle usine, baptisée Georges Besse II, entrera en production à partir de 2007. Elle remplacera progressivement l'actuelle usine, Georges Besse I, qui doit être arrêtée et démantelée en 2012.
Georges Bessse I, qui appartient au consortium européen Eurodif, utilise une technologie différente par diffusion gazeuse. Son démantèlement a été provisionné à hauteur de 450 M EUR dans les comptes d'Areva.
A lire: - Un changement technologique majeur (Libération du 27/11/03)
-
Areva lance une nouvelle usine d'enrichissement de l'uranium (Le Monde du 26/11/03)

 


Projet Iter
: une manne économique considérable en jeu pour PACA

26/11/03 - La région Provence-Alpes-Côte d'Azur table sur des retombées économiques considérables et sur des milliers d'emplois si le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône), en lice désormais avec le site japonais de Rokkasho-Mura, était retenu pour accueillir le futur réacteur de fusion expérimental Iter.
Le coût total du projet, construction, exploitation et démantèlement après achèvement de l'expérience, est évalué à 10 milliards d'euros sur 30 ans.
Les retombées économiques sont calculées par la préfecture à près de trois milliards d'euros.
"L'implantation du projet Iter en PACA permettrait de renforcer la notoriété scientifique de notre région", a estimé en outre le président PS de la région Michel Vauzelle. "L'avenir de la technologie est assuré", a renchéri la Chambre de commerce et d'industrie de Marseille.
Lancé en 1985, Iter (International Thermonuclear Experimental Reactor), présenté comme le plus important programme de recherche international depuis la station spatiale, vise à construire un réacteur de fusion "pour démontrer scientifiquement l'efficacité de cette technologie dans une installation aux dimensions d'une centrale", selon Jean Jacquinot, chef du département de recherches sur la fusion contrôlée à Cadarache.
500 millions d'euros sur 10 ans
Ce projet, qui associe l'UE, les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Russie, la Chine et la Corée du Sud, pourrait engendrer jusqu'à "8.000 emplois directs ou induits", d'après M. Vauzelle.
"Quelque 3.000 emplois directs (chercheurs) seraient créés sur le site de Cadarache qui généreraient 500 millions d'euros sur les dix premières années (construction du réacteur) et 2,7 milliards d'euros sur les 20 années suivantes (exploitation)", précise Jacques Saugier, sous-préfet chargé du développement économique, évoquant les dépenses de loyers, déplacements, loisirs de ce personnel.
"3.000 emplois indirects seraient également créés durant la première phase (1.400 dans la région et 1.600 dans le reste de la France) et 3.250dans la région et 850 en France) durant la seconde", a-t-il ajouté.
Parallèlement, seraient créés logements et infrastructures destinés à accueillir le personnel d'Iter, tandis qu'un lycée international existe déjà à Aix-en-Provence pour les enfants des personnels.
Le grand réacteur doit permettre la production, dans un délai de 30 ans, d'énergie propre et sûre à un stade pré-industriel, à partir notamment de l'hydrogène, en reproduisant la fusion qui a lieu dans les étoiles. Le choix définitif du site est attendu au terme d'une réunion prévue les 19 et 20 décembre à Washington.



Projet de construction de deux nouveaux réacteurs à Temelin

18/11/03 - Le ministère tchèque de l'Industrie prévoit de lancer vers 2009 la construction de deux nouveaux réacteurs à la centrale nucléaire de Temelin, située en Bohême du sud, à quelque 60 km de la frontière autrichienne, a annoncé un vice-ministre cité lundi par l'hebdomadaire Tyden.
Le projet sera présenté au second semestre 2004 et les deux nouvelles tranches devraient fournir de l'électricité à partir de 2015, a précisé dans Tyden le vice-ministre Martin Pecina, responsable du secteur de l'énergie.
M. Pecina siège également au conseil d'administration de la Compagnie tchèque d'électricité (CEZ) qui exploite les deux centrales nucléaires existantes et dans laquelle l'Etat possède une majorité de 67,6%.
La centrale de Dukovany (sud-est) compte quatre réacteurs VVER d'origine russe d'une puissance de 440 mégawatts chacun. Celle de Temelin (sud) est composée de deux tranches munies chacune d'un réacteur VVER de 1.000 mégawatts, avec des systèmes de sécurité et de contrôle adaptés aux installations de conception russe par le groupe américain Westinghouse.
Située à quelque 60 km de la frontière avec l'Autriche, la centrale de Temelin fait depuis des années l'objet de vives protestations d'écologistes et autres adversaires du nucléaire autrichiens qui contestent son niveau de sécurité et craignent l'impact de la centrale sur l'environnement de la région.


De Palacio: l'Europe devrait commencer à construire une centrale par semaine

04/11/03 - Le vieillissement des centrales électriques en Europe fait qu'elle devrait "commencer à construire une centrale toutes les semaines ou quinze jours" pour éviter les risques de panne, a affirmé mardi à Paris Loyola de Palacio, la commissaire européenne à l'Energie.
"Si les choses ne changent pas, on va être confronté d'ici 4, 5 à 6 ans à une absence de marge de manoeuvre et à une détérioration de la marge de sécurité", a-t-elle dit à la presse en marge d'un colloque sur les réseaux électriques organisé par le réseau de transport d'électricité (RTE).
Le directeur de RTE, André Merlin, a pour sa part indiqué que la France, qui jusqu'à présent est exportatrice d'électricité, "aura besoin dès 2008, selon le bilan prévisionnel, de 1.000 mégawatts (MW) de plus chaque année". Ce besoin supplémentaire d'électricité "est en semi-base, et non seulement (aux heures de) pointe" de consommation, a-t-il précisé.
M. Merlin a averti qu'il y aurait "un risque de coupure de courant si de nouvelles centrales n'étaient pas construites ou si un secours européen n'était pas assuré".
Mme de Palacio a souligné que "nous avons besoin de capacités supplémentaires de production et de transport d'électricité au niveau européen pour ne pas fonctionner à la limite de notre marge" de sécurité.

 

PARIS NORMANDIE 3/11/03:

Leveau livre son rapport sur l'EPR

« J'ai des informations que je ne peux pas livrer. », commente laconiquement Edouard Leveau, le député maire de Dieppe, au lendemain de sa rencontre avec le directeur de cabinet de Nicole Fontaine, la ministre déléguée à l'Industrie. Les choix de la France en matière d'énergie pour les années à venir doivent encore faire l'objet d'un débat, puis d'un arbitrage du Premier ministre, mais tout laisse à penser que la décision est déjà prise. Il y a un mois, en effet, Nicole Fontaine avait un peu vendu la mèche en annonçant qu'elle proposerait l'option du nucléaire à Jean-Pierre Raffarin.

Edouard Leveau s'est immédiatement engouffré dans la brèche ouverte par les déclarations de la ministre. Il est ainsi, aujourd'hui, le premier défenseur du réacteur nucléaire de quatrième génération à eau pressurisée (EPR), dont le développement serait destiné à renouveler le parc des centrales françaises.

« Il est raisonnable de penser qu'il y aura un trou d'une quinzaine d'années entre l'arrêt des premières installations existantes et la mise en service définitive des nouveaux réacteurs, il serait donc indispensable de mettre en construction dès maintenant des réacteurs EPR », écrit-il dans le rapport qu'il a déposé, jeudi soir, au ministère de l'Industrie.

Refroidissement

Edouard Leveau ajoute dans la foulée « qu'il espère que le site de Penly sera retenu pour la construction de l'EPR, en raison de l'enjeu que représente un tel chantier en terme d'emplois. » Selon lui, la centrale située à quinze kilomètres de Dieppe cumule tous les avantages par rapports à ses concurrentes susceptibles, elles aussi, d'accueillir le nouveaux réacteurs, comme par exemple Flamanville dans la Manche.

Il pointe ainsi les avantages de Penly : « Lors de la canicule, les difficultés de refroidissement des réacteurs ont montré qu'il fallait privilégier des installations en bord de mer ; si l'on relève la température de l'eau de l'été 2003, elle était de 20 °C à Penly et 22 °C à Flamanville », écrit le député-maire.

Edouard Leveau poursuit son analyse en tentant de démontrer que la centrale de Penly est la mieux placée sur le territoire national au regard des grands pôles de consommation. Qu'elle possède déjà les lignes susceptibles de transporter la totalité de la production d'une troisième tranche. Qu'elle dispose d'une voie de chemin de fer et qu'elle est desservie, à quelques kilomètres près, par une route à deux fois deux voies et une autoroute.

Emplois et formations

Enfin, le député maire plaide pour la région dieppoise et « son taux de chômage supérieur à la moyenne nationale. » Edouard Leveau insiste : « Le lancement d'un tel chantier aurait immanquablement un effet d'entraînement sur l'économie locale. » Et il voit même plus loin : « Cela permettrait aussi de finaliser le projet de création d'un IUT à Dieppe en y prévoyant des formations sur les métiers touchant à la production et à la gestion de l'énergie nucléaire. »

La construction d'un prototype, pouvant produire 1.450 MW à l'horizon 2010-2015, coûterait trois milliards d'euros et générerait entre trois et six mille emplois.

F. W.

Areva: retenu pour une centrale nucléaire en Finlande ?

(17 octobre 2003) Le groupe Areva est entré en négociations avec le finlandais TVO pour la construction de la cinquième centrale nucléaire du pays, précise ce matin le journal Les Echos. Le groupe finnois a décidé d'entrer en négociations "en priorité" avec le géant français du nucléaire pour la construction d'une centrale de type EPR d'une puissance de 1600 Mégawatts. Les négociations devraient être conclues avant la fin de l'année.

Les autres candidats, ajoute le quotidien financier, n'ont pas été écartés mais l'offre présentée par Framatome (Areva) et Siemens (Xetra: 723610.DE - actualité) , partie au projet, a de grandes chances de l'emporter. L'appel d'offres faisait ressortir des prix allant de 1,6 à 2,5 Milliards d'Euros selon des rumeurs. Les autres candidats sont le russe Atomstoï et l'américain General Electric (NYSE: GE - actualité) .

 

USA le Sénat favorable à une aide de plusieurs milliards au secteur nucléaire

WASHINGTON, 10 juin 03 - Le Sénat américain à majorité républicaine, s'est prononcé mardi en faveur d'une aide fédérale de plusieurs milliards de dollars au secteur de l'énergie nucléaire sous forme de garanties de crédit.

Ce concours financier fédéral a été maintenu dans le projet de législation sur l'Energie actuellement débattu après le rejet par 50 voix contre 48 d'un amendement proposé par des sénateurs démocrates et républicains cherchant à éliminer ces aides.

Ces garanties de crédit permettront aux industriels de contracter des emprunts sur le marché garantis par l'état fédéral, avec des taux d'intérêt de ce fait plus faible, pour construire six nouvelles centrales.

Le sénateur Pete Domenici, républicain du Nouveau Mexique (sud est) le principal promoteur de ces mesures, a souligné que ces aides fédérales vont être déterminantes pour que le nucléaire demeure une source importante d'énergie aux Etats-Unis. L'énergie nucléaire fournit actuellement 20% des besoins en électricité du pays.

Il a estimé que le nucléaire a été négligé pendant trop longtemps, ce qui est selon lui "une énorme erreur".

Depuis l'accident de la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie), le 28 mars 1979, les Etats-Unis ont quasiment gelé leur programme de construction de centrales.

Les sénateurs opposés à une aide fédérale au secteur nucléaire ont fait valoir que cela pourrait coûter jusqu'à 16 milliards de dollars aux contribuables américains si les futures réacteurs se révélaient non rentables et étaient finalement fermées, un risque selon eux important.

La modernisation des centrales et l'accroissement de la production électrique d'origine nucléaire s'inscrit dans le programme énergétique national du vice-président Dick Cheney présenté en 2001 pour réduire la dépendance américaine des sources étrangères d'hydrocarbure et de gaz naturel. Il était en souffrance au Congrès depuis.

Le projet de législation examiné au Sénat met aussi l'accent sur la mise au point des techniques du moteur à hydrogène, l'énergie éolienne, géothermique et retirée de la biomasse ainsi que sur la production propre de pétrole, de gaz et de charbon.

 

LA VOIX DU NORD 16/5/03:

Parmi les 58 réacteurs nucléaires construits en France, les plus âgés (Fessenheim, Bugey) approchent les 30 ans. L'âge de la retraite ? Non, répondent les députés Christian Bataille (PS-Nord) et Claude Birraux (UMP-Haute-Savoie), dans un rapport de 235 pages sur « la durée de vie des centrales nucléaires et les nouveaux types de réacteurs ».
Jusque 50 ans d'existence ? ­ Etablie au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, cette étude a nécessité l'audition de 180 personnes, et la situation nucléaire de quatre pays (Etats-Unis, Allemagne, Suède et Finlande) a fait l'objet d'un examen sur place. Les centrales françaises vieillissent bien et la prolongation de leur durée de vie à 40 ans semble acquise. Dès lors que l'Autorité de sûreté nucléaire (le gendarme du secteur) y consentirait au cas par cas, les 50 ans de vie sont même à portée de certains réacteurs.
Economies. ­ Cet allongement de la durée de vie change radicalement les données économiques. Dix ans supplémentaires d'activité pour une seule centrale représente une économie d'un milliard d'euros, souligne Christian Bataille. Autant dire que les enjeux financiers sont considérables. Ce répit ne doit cependant pas inciter à l'inertie, compte tenu des délais de construction des centrales nucléaires et de leur place prépondérante en
France.
Coopération franco-allemande. ­ C'est pourquoi les deux rapporteurs préconisent la construction relativement rapide de l'EPR (réacteur européen à eau sous pression), fruit d'une efficace coopération franco-allemande. Conçu par Framatome et Siemens, l'EPR a déjà fait l'objet de longues et coûteuses études et offre la particularité d'associer Autorité de sûreté nucléaire, constructeur et compagnies d'électricité. Le rapport estime qu'un nouveau report de la décision politique de construire le démonstrateur conduirait de facto à un réexamen complet des objectifs, notamment de sûreté
Importante pour préparer le renouvellement du parc nucléaire français, la construction de l'EPR est également attendue dans les pays qui envisagent la construction de nouvelles centrales. Peu de pays maîtrisent la technologie nucléaire et la France, dont 80 % de l'électricité vient du nucléaire, est en mesure de conquérir des marchés. Le démonstrateur serait un atout dans la compétition internationale.
Daniel HUARD
Si le marché des réacteurs nucléaires s'est réduit en Europe, il reste actif en Asie. Fin 2002, 35 réacteurs étaient en construction principalement en Asie : 8 en Inde, 6 en Chine, 4 en Ukraine, 3 au Japon, 2 à Taiwan, 2 en Corée-du-Sud, 2 en Iran, 2 en Russie, 2 en Slovaquie, 1 en Argentine, 1 en Tchéquie...
Si la Finlande a décidé de construire un nouveau réacteur, en revanche, la Suède, l'Allemagne et la Belgique, ont entamé une démarche de retrait du nucléaire.

 

Le Monde 26/4/03:

Dix pays s'associent pour concevoir les réacteurs nucléaires de quatrième génération

Les nouveaux systèmes devront, à l'horizon 2030, être durables, rentables et sûrs, tout en évitant la prolifération. En France, le CEA mise sur les neutrons rapides et la très haute température.
Alors que le gouvernement a lancé un débat national sur l'évolution de la politique énergétique de la France, les acteurs du nucléaire préparent leur avenir. A l'initiative du département de l'énergie (DoE) américain, dix pays - Argentine, Brésil, Canada, France, Japon, Corée du Sud, Afrique du Sud, Suisse, Royaume-Uni et Etats-Unis - se sont associés pour étudier les systèmes nucléaires de quatrième génération susceptibles d'être déployés en 2030.

Ce Forum international génération IV a, au terme de deux années d'étude, sélectionné différents concepts innovants parmi la centaine proposés par les pays membres. En octobre 2002, un plan de développement des six systèmes jugés les plus prometteurs a été défini.

GESTION DES DÉCHETS

Reste désormais le plus délicat, avant d'entamer les études de faisabilité puis de rentabilité qui précèdent la construction de petits "démonstrateurs": coordonner le travail de recherche et développement entre les partenaires, définir les modalités de partage des informations et de la propriété intellectuelle qui pourrait en découler. Même si les coûts seront partagés et la R & D intégrée, "les enjeux sont à terme industriels", note Jacques Bouchard, directeur de l'énergie nucléaire au Commissariat à l'énergie atomique, qui présentait mercredi 23 avril les projets du CEA en ce domaine. Il espère voir signer les accords de coopération d'ici au 1er janvier 2004.

En 2003, le CEA a déjà consacré 30 millions d'euros et affecté une centaine de personnes à ce projet. D'ici 2030, l'ensemble des partenaires devraient investir 6 milliards d'euros à ces études (hors construction de démonstrateurs), qui seront financées essentiellement sur fonds publics. Car les pays membres du Forum sont persuadés que le nucléaire sera une énergie incontournable au XXIe siècle. Jacques Bouchard évoque le "casse-tête énergétique" dû à la croissance de la demande (2 % par an d'ici 2020), notamment dans les pays en développement. L'énergie fossile restera prédominante (85 % environ), ce qui devrait compliquer la maîtrise des émissions des gaz à effet de serre. L'énergie nucléaire pourrait donc espérer un rééquilibrage en sa faveur, à condition de proposer des systèmes de production d'électricité "durables, économiques, sûrs et fiables, résistants face aux risques de prolifération nucléaire et d'agression", des objectifs fixés par le forum dans la définition des réacteurs du futur.

Est-ce à dire que les générations précédentes n'y souscrivent pas ? La première, mise en service avant les années 1970, avait le plus souvent pour mission de faciliter la production de plutonium à destination militaire. La deuxième, née dans les années 1970 et qui constitue la majorité du parc mondial actuel, avait plus pour fonction de réduire la dépendance énergétique vis-à-vis des pays pétroliers. En France, elle s'est accompagnée d'une politique intensive de retraitement. La troisième génération, décidée après les accidents de Three Mile Island (1979) et surtout de Tchernobyl (1986), doit accroître la sûreté en s'appuyant sur des systèmes passifs.

Le projet franco-allemand EPR, que ses promoteurs, Framatome ANP en tête, ne désespèrent pas de voir aboutir, est né de ce souci. Mais s'il est qualifié d'"avancé", il ne résout pas les questions posées par la gestion des déchets.

Les réacteurs de quatrième génération devront y répondre de façon plus satisfaisante. Les six systèmes sélectionnés comprennent deux réacteurs à haute température dont le fluide caloporteur est un gaz, deux réacteurs refroidis par du métal liquide (sodium et alliages de plomb), un réacteur à eau supercritique et un réacteur à sels fondus. Quatre systèmes sur six sont à neutrons rapides et cinq font appel au cycle dit "fermé", qui permet un recyclage de tous les actinides engendrés par la fission atomique et suppose un système parallèle de retraitement. Mais il faudra continuer à stocker les produits de fission, déchets ultimes, qui représentent 5 % de la masse des combustibles usés.

Le CEA a décidé de se consacrer prioritairement aux systèmes à caloporteur gaz à très haute température (VHTR) et à neutrons rapides avec recyclage des actinides (GFR). L'hélium est prometteur. Les technologies y faisant appel dès les années 1970 et 1980 n'avaient pas tenu leurs promesses, faute de turbines perfectionnées. Mais l'évolution de celles-ci offre des perspectives. Patrice Bernard, directeur du développement et de l'innovation nucléaires du CEA, évoque des rendements de 50 %, contre 30 % pour les réacteurs de deuxième génération.

Le couplage avec des centrales de production d'hydrogène pourrait même offrir un rendement global de 60 % - à condition de convaincre l'autorité de sûreté nucléaire que l'on peut coupler une usine de production de gaz à une centrale nucléaire... Outre ces procédés de cogénération, des systèmes de dessalement de l'eau de mer associés aux réacteurs à haute température (1 000 °C, contre 300 °C actuellement) sont envisagés. Le CEA, pour qui l'abandon de Superphénix reste un traumatisme, "accompagnera" aussi les développements sur le système à neutrons rapides au sodium, auquel Japon et Etats-Unis s'intéressent.

Hervé Morin

L'atome peut-il sauter une génération ?

Les acteurs du nucléaire réfléchissent, pour 2030, à des réacteurs de quatrième génération, alors même que ceux de troisième génération ne sont pas sortis de terre. Pourrait-on prolonger la durée de vie des centrales actuelles et sauter une génération ? Framatome ANP, qui espère commercialiser l'European Pressurized Reactor (EPR), conçu au début des années 1990, ne le pense pas. "Il est naturel de se poser la question, indique son PDG, Vincent Maurel. Mais passer directement à la quatrième génération suppose de changer toute la filière nucléaire, en amont comme en aval". Ce qui n'est pas le cas pour l'EPR. De plus, les réacteurs à haute température, capables de produire de l'hydrogène, ne seront attractifs que lorsque l'économie aura muté vers ce gaz "propre" - problème classique de la poule et de l'uf. Aussi Framatome, comme Areva, le CEA et EDF plaident-ils pour la construction rapide d'un démonstrateur EPR afin d'être en mesure de proposer des réacteurs au stade industriel en 2020. Ces derniers pourraient alors remplacer la deuxième génération en France et être proposés à l'exportation.

 

Libération 17/4/03:

Framatome rend grâce aux Américains
L'usine de Saint-Marcel doit sa survie aux commandes des Etats-Unis.

Saint-Marcel envoyé spécial

Le jour de l'entrée en guerre de la coalition anglo-américaine en Irak, le directeur de l'usine Framatome de Saint-Marcel (Saône-et-Loire), plantée en bordure de la Saône, a fait hisser l'Union Jack britannique et la bannière étoilée des Etats-Unis. Moins par conviction politique que par souci commercial. Ce jour-là, des clients anglais et américains visitent l'usine. En ces temps de tension diplomatique et de menaces de boycott français, les bannières flottent.

C'est comme cela depuis plus d'un an. Une sorte d'hommage. Car les 500 salariés de cette usine spécialisée dans la fabrication d'énormes éléments de centrales nucléaires doivent leur salut aux Etats-Unis. Donné quasiment pour mort, le site de Saint Marcel vit, depuis plusieurs mois, une sorte de résurrection industrielle.

L'histoire commence à la fin de l'année 2000. Les jours de l'usine de Saint-Marcel sont alors comptés. Le marché du nucléaire est moribond. Client historique et quasi exclusif de l'usine, EDF n'a pratiquement plus rien à commander. Son parc de centrales nucléaires est terminé depuis la fin des années 90. Et ses stocks de pièce de rechanges débordent. Le plan de charge de Saint-Marcel crie la faim. «L'avenir de l'usine était alors en question», se souvient Philippe Knoche, le directeur de la stratégie d'Areva, la holding qui regroupe Framatome (le fabricant de centrale) et la Cogema (en charge du retraitement du combustible).

Berceau du nucléaire français, la région sent passer le vent du boulet. En 1986, déjà, le groupe avait procédé à un violent plan de restructuration, regroupant plusieurs usines à Saint-Marcel. Mais difficile d'envisager un avenir industriel en dehors du nucléaire. Ici, on ne fait que cela depuis plus de trente ans : des générateurs de vapeur (pièce de 22 mètres de haut, contenant 100 km de tubes et pesant 400 tonnes) ou des cuves (et leur couvercle), énormes cocottes de 350 tonnes qui abritent la fusion nucléaire...

Modernisation. Comme par magie, l'étincelle viendra des Etats-Unis. On disait son industrie nucléaire condamnée à une mort lente. L'accident de la centrale de Three Miles Island en 1979 avait provoqué d'un seul coup le gel du programme américain. Mais la crise de l'électricité en Californie (Les pannes d'électricité en Californie (2000-2001 USA) et les défaillances du nucléaire), la remontée des prix du baril, la mobilisation internationale contre l'effet de serre ont radicalement changé la donne. Les électriciens américains découvrent que leurs centrales nucléaires, une fois amorties, sont devenues une formidable usine à produire du courant bon marché et à cracher du cash. Le prix des centrales s'envole. Les professionnels se pressent, auprès des autorités de sûreté, pour repousser leur date de fermeture définitive. Une grosse trentaine de centrales (sur un total de 104) ont déjà obtenu l'autorisation de prolonger leur durée de vie de 40 à 60 ans. (voir: La fuite à Indian-Point 2 serait due à de la corrosion sous contrainte de l'alliage inconel 600)

A une condition : moderniser certains équipements. Le hic, c'est que Westinghouse, le Framatome américain (depuis racheté par l'anglais BNFL), a depuis longtemps fermé toutes ses usines. Et voilà pourquoi les Américains débarquent, contre toute attente, au début de l'année 2001, à Saint-Marcel, un de seuls endroits du monde avec le Japon, la Corée du Sud et dans une moindre mesure l'Italie et l'Espagne, où l'on fabrique encore de la très grosse tuyauterie de centrales nucléaires.

Directeur de l'usine, Gérard Chrysostome tient méticuleusement les statistiques. L'année dernière, 1 600 visiteurs, «dont deux tiers d'Américains», sont venus à Saint-Marcel. Certains d'entre eux sont tellement pressés d'installer leur couvercle de cuve made in France qu'ils ont fait venir de Russie un Antonov, seul avion capable de transporter de telles pièces, à la place du traditionnel bateau. Du jamais vu.

Symboles. Cette année, pour la première fois de son histoire, plus de la moitié de la production de l'usine sera exportée. Et exclusivement aux Etats-Unis. Sous un immense hangar de 3,5 hectares et de plus de 20 mètres de hauteur, s'entassent couvercles de cuve et générateurs de vapeur. Ces immenses bestioles d'acier, qui nécessitent chacune plus de quarante mois de travail attendent les derniers contrôles avant d'être livrés. Plus un seul mètre carré de libre. «On est à la limite de la saturation», reconnaît le directeur. Une équipe de nuit a été mise en place pour faire tourner l'usine du lundi 5 heures du matin au samedi 21 heures, sans interruption.

L'avenir ? «Pour l'instant on a une visibilité pour au moins trois ans», assure Gérard Chrysostome. Et les tensions diplomatiques ? «Ce n'est pas un sujet de conversation. D'un commun accord avec les Américains présents dans l'usine, on n'en parle pas. Même à la cantine. Pour l'instant on n'a pas vu de changements particuliers», ajoute-t-il. Alors, on soigne les symboles. Comme le jour de l'explosion de la navette spatiale américaine. Le stars and stripe de l'usine de Saint-Marcel était alors en berne.

Grégoire BISEAU

 

 

Les pays baltes étudient la construction d'une nouvelle centrale nucléaire

VILNIUS, 8 avr - Les trois pays baltes étudieront la possibilité de construire une nouvelle centrale nucléaire pour remplacer celle d'Ignalina que la Lituanie doit fermer d'ici 2009, a annoncé mardi le chef de l'Institut lituanien de l'énergie, Jurgis Vilemas.

Cette étude fera partie d'une réflexion commune menée par la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie sur l'avenir du secteur énergétique de la région, a indiqué M. Vilemas.

"Après la fermeture de la centrale d'Ignalina la situation dans le secteur et dans la région va changer. Nous voulons examiner les solutions possibles", a-t-il expliqué.

Menée avec l'aide de l'Otan, l'étude doit être terminée au début de 2004. Elle sera co-financée par les pays concernés et probablement par les Etats-Unis.

La Lituanie, invitée à adhérer l'UE en mai 2004, s'est elle-même engagée dans les négociations avec Bruxelles à fermer l'un des deux réacteurs d'Ignalina avant 2005 et à procéder la fermeture complète de la centrale avant

Selon M. Vilemas, le site d'Ignalina est le seul endroit réellement envisageable pour construire une nouvelle centrale nucléaire, si une telle décision est prise.

"Nous disposons d'infrastructures et personne ne pourrait proposer un meilleur endroit", a-t-il estimé.

Le président lituanien Rolandas Paksas a déclaré récemment que son pays devrait examiner la possibilité de rester un Etat nucléaire après la fermeture de la centrale d'Ignalina.

Equipée des mêmes réacteurs de conception soviétique que celui explosé à Tchernobyl en 1986, la centrale d'Ignalina produit 80% de l'électricité consommée en Lituanie.

 

 

La construction d'une centrale nucléaire bulgare intéresse cinq compagnies

1/4/03 - Cinq compagnies ont proposé leur technologie de réacteurs à eau pressurisée dans la perspective de la construction d'une deuxième centrale nucléaire bulgare à Belene, sur le Danube, a annoncé mardi le ministère de l'Energie.

Les sociétés Atomstroieksport (russe), Westinghouse (américaine), Framatom (française), Skoda (tchèque) et Atomic Energy of Canada ont présenté au ministère de l'Energie leurs technologies de construction, les caractéristiques de leurs réacteurs et les résultats de leur exploitation.

Sur la base de ces informations, le gouvernement doit décider avant la fin de l'année des paramètres de la future centrale, avant de lancer un appel d'offres.

Le gouvernement a décidé à la fin de 2002 de reprendre la construction de la centrale nucléaire de Belene commencée en 1987 et suspendue en 1990 sous la pression des mouvements écologistes.

Elle doit entrer en service en 2008. Le projet est estimé à 1 milliard de dollars (environ autant en euros), selon le gouvernement. Quelque 1,3 milliard de dollars ont déjà été investis dans l'infrastructure, dans l'achat à la Tchécoslovaquie d'un corps de réacteur à eau pressurisée à 1.000 MW et l'acquisition de générateurs de vapeur.

Belene se situe à 40 km à l'ouest de la seule centrale nucléaire bulgare, à Kozlodoui où deux réacteurs obsolètes de technologie soviétique à 440 MW ont été fermés et deux autres du même type doivent être arrêtés en 2006, à la demande de l'Union européenne.

Kozlodoui dispose également de deux réacteurs plus modernes, également de conception soviétique, à 1.000 MW chacun dont le fonctionnement n'est pas remis en cause.


Libération 27/3/03:

Le programme nucléaire chinois réactivé

La Chine va relancer son programme de construction de centrales nucléaires, a confié à Libération Chen Huai, conseiller du pouvoir chinois pour les questions énergétiques.

Selon lui, l'annonce en sera faite prochainement par le nouveau Premier ministre, Wen Jiabao.

Une bonne nouvelle pour EDF et les entreprises du pôle nucléaire français, étroitement associées au programme nucléaire chinois. Selon Chen Huai, la part du nucléaire, qui n'est que de 0,4 % dans la production énergétique chinoise, devrait passer progressivement à 4 %, ce qui signifie la construction de plusieurs centrales.

EDF et ses partenaires Framatome et Alstom ont déjà construit les centrales de Daya Bay et de Ling Ao, dans la province de Canton, toutes deux entrées en service, et espèrent depuis longtemps une décision politique pour la construction de deux tranches supplémentaires à Ling Ao.

Des contrats jugés vitaux pour l'industrie nucléaire française en panne de commandes.

Par Pierre HASKI

 


La Suède va repousser la fermeture d'un deuxième réacteur nucléaire

STOCKHOLM, 11 mars 03 - Le gouvernement suédois s'apprête à repousser d'au moins deux ans la fermeture d'un deuxième réacteur nucléaire, faute de sources d'énergie alternative, a rapporté mardi la radio.

L'un des deux réacteurs de la centrale de Barsebaeck, près de Malmoe (sud) --sur un total de douze en Suède-- avait été fermé en 1999 conformément au calendrier du démantèlement d'ici à 2010 du nucléaire civil, qui avait suivi un référendum consultatif (non-liant) en 1980.

L'arrêt du second réacteur de Barsebaeck, également réclamé par le Danemark (car la centrale fait face à Copenhague), devait avoir lieu cette année. Mais en l'absence de sources d'énergies alternatives, le gouvernement social-démocrate négocie son différemment avec ses partenaires parlementaires du Parti de gauche (ex-communistes) et des Verts.

Selon la radio publique, Barsebaeck 2 ne serait finalement pas arrêté avant 2005 au plus tôt.

"Les négociations se poursuivent à l'heure actuelle, elles approchent de la fin mais aucune décision n'a encore été prise", a indiqué la porte-parole du ministère du Commerce et de l'industrie, Monica Bjoerklund.

Selon elle, les trois partis de la majorité parlementaire vont présenter le 2 mars une nouvelle proposition au Parlement.

L'objectif de 2010 avait été abandonné dès 1997 au motif que les énergies renouvelables seraient insuffisantes pour remplacer à cette date la capacité nucléaire, qui compte pour un peu moins de la moitié de la production d'électricité en Suède.

Calqué sur le modèle allemand, un nouveau programme de démantèlement voté en juin 2002 stipule la poursuite de l'exploitation des centrales jusqu'à leur amortissement, de même qu'un abandon progressif et conditionné au remplacement, équivalent en volume, de l'énergie perdue par des sources alternatives.

 

Canada (22/01/03): 17,5 milliards de dollars (et ce chiffre ne cesse d'augmenter) de subventions pour le nucléaire

Le Vietnam intéressé par la construction d'une centrale nucléaire

13/01/03 - Le Vietnam dispose de réserves d'uranium suffisantes pour faire fonctionner une centrale nucléaire dont elle aimerait se doter d'ici 15 à 20 ans, a-t-on appris lundi de sources officielles. Selon des estimations de chercheurs vietnamiens, le Vietnam aurait des réserves en uranium d'environ 230.000 tonnes. "Ces réserves sont suffisantes pour le fonctionnement d'une centrale nucléaire pendant au moins 24 ans", a indiqué Do Ngoc Lien, directeur de l'Institut des technologies sur les matières radioactives de Hanoi. "Des minerais d'uranium ont été découverts surtout dans la province de Quang Nam (centre), et dans plusieurs autres endroits du pays", a-t-il ajouté, précisant que les évaluations de réserves n'étaient ni précises ni définitives. Un comité interministériel chargé de développer le projet a été créé le 5 mars 2002.
Les autorités espèrent pouvoir construire la centrale d'ici 2015 à 2020.

 

Feu vert pour le redémarrage du réacteur à neutrons rapides Phénix

PARIS, 7 jan 03 - Le réacteur à neutrons rapides Phénix, arrêté pour d'importants travaux de rénovation, a été autorisé à redémarrer par l'Autorité de sûreté nucléaire, ont annoncé mardi les ministères de l'écologie et de l'industrie dans un communiqué commun.

"Cet équipement permettra de procéder à des expériences importantes sur la transmutation des déchets radioactifs", ajoute le communiqué. La transmutation, considérée comme la "pierre philosophale" de la recherche sur les déchets, consiste à retransformer (incinérer) par une réaction nucléaire induite par des neutrons, les isotopes à vie longue en isotopes à vie courte ou stables, en vue de réduire leur toxicité. (La transmutation est, certes, une réalité physique, mais son utilisation à échelle industrielle se heurte à un obstacle fondamental et rhédibitoire. Les nucléaristes qui prétendent le contraire sont au mieux des rêveurs optimistes impénitents, mais plus vraisemblablement des crapules. Quand les politiciens, voire certains antinucléaires, nous font l'apologie de la transmutation, ces gens-là sont dangereusement naïfs. Certes, on peut comprendre leurs sentiments de culpabilité. Ils appartiennent, tout comme nous, à une société qui a produit, produit et produira encore l'inadmissible, des déchets qui empoisonneront les sociétés futures pour au moins un million d'années, et pour lesquels il n'existe aucune solution. Certes, ils rêvent, ils affabulent, ils inventent des procédés à cent lieues des lois fondamentales de la physique pour échapper à l'oppression de leur sentiment de culpabilité. C'est leur affaire si ça les soulage. Mais diffuser publiquement ce genre de propagande, faire croire aux autres qu'une solution est possible, crédibiliser les thèses nucléaristes, est un comportement totalement opposé aux idéaux qu'ils prétendent défendre.)

Le réacteur Phénix, situé à Marcoule (Gard), avait été mis à l'arrêt en novembre 1999, notamment pour la mise aux normes anti-sismiques du bâtiment et du réacteur. Le coût de l'ensemble de ces travaux devrait avoisiner les 250 millions d'euros, selon les experts du secteur nucléaire.

Le réacteur à neutrons rapides ne fonctionnera toutefois qu'aux deux-tiers de sa puissance, jusqu'à son arrêt définitif progammé en 2008, a indiqué André-Claude Lacoste, directeur de l'Autorité de sûreté nucléaire. "Il s'agit d'une décision-cadre", a précisé le "gendarme du nucléaire", soulignant qu'il ne donnerait son feu vert que "cycle de fonctionnement par cycle de fonctionnement", à l'occasion du rechargement en combustible du réacteur.

Par ailleurs, quatre textes (trois décrets et un arrêté) parus mardi au Journal officiel autorisent la Cogéma La Hague à étendre ses capacités de recyclage et le retraitement de nouveaux types de combustibles, ont annoncé dans des communiqués séparés la Cogéma et les deux ministères concernés. Il s'agit de "prendre en compte l'évolution des combustibles depuis la première autorisation", indiquent les ministères de l'écologie et de l'industrie, précisant que ces nouveaux textes "n'augmentent pas les capacités de traitement du centre de La Hague".

Par ailleurs, les autorisations de rejets gazeux dans l'atmosphère et liquides dans la mer ont été revues à la baisse. Les seuils autorisés sont en baisse de quelque 40%. "On est beaucoup plus précis dans les rejets radioactifs que l'on réglemente et pour la première fois, on réglemente les rejets non-radioactifs, comme les nitrates", a indiqué M. Lacoste.

Un nouveau rendez-vous a été fixé avec la Cogéma dans trois ans pour revoir ces niveaux d'autorisation.


 

Le Figaro, 3 janvier 2003:

Le surgénérateur oublié de Marcoule, ancêtre de Superphénix, pourrait redémarrer en mars. La polémique couve

Nucléaire: Phénix va renaître de ses cendres

Phénix, l'ancêtre un peu oublié du surgénérateur Superphénix tant fustigé, va renaître de ses cendres. Le premier réacteur à neutrons rapides français, opérationnel depuis 1974 et fermé depuis 1999, après plusieurs incidents, pourrait redémarrer dès mars prochain. Telle est du moins l'intention du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), son exploitant, auquel l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) devrait donner son feu vert, peut-être dès la semaine prochaine. André-Claude Lacoste, le directeur l'ASN, n'a plus qu'à officialiser la décision en apposant sa signature pour entériner l'avis technique favorable des experts de l'ASN.

Caroline de Malet

La polémique couve déjà depuis quelque temps dans les milieux intéressés. Les opposants à l'atome ne font pas mystère de leur inquiétude de voir le doyen des réacteurs nucléaires français revenir sur le devant de la scène. Cet outil unique au monde, mis en service en plein choc pétrolier, avait été présenté comme une solution à long terme aux problèmes énergétiques de la France. Car son fonctionnement repose sur un principe simple : un surgénérateur est capable de produire plus de plutonium, combustible fissile, qu'il n'en consomme. Bref, la poule aux oeufs d'or. Phénix a été construit à Marcoule (Gard) comme un appareil de démonstration, précurseur de Superphénix (Creys-Malville, Isère), plus puissant. Mais par la suite, les surgénérateurs apparaîtront comme un précieux outil de recherche sur le processus de transmutation des déchets nucléaires, avec en perspective la réduction de quantités d'éléments radioactifs à vie longue des déchets, mission confiée au CEA par la loi Bataille de 1991.

Or, depuis l'arrêt de Superphénix son successeur, mis en service, lui, en 1985, et arrêté en 1999 , Phénix est le seul outil à pouvoir faire cette démonstration. La recherche française, à laquelle la loi Bataille a confié cette mission, en a donc besoin.

Las ! Le prototype de Superphénix est allé de pannes en incidents. Arrêté en 1995, il redémarre en 1998. Un an après, nouvel arrêt. Car le surgénérateur, construit à Marcoule, dans le Gard, doit être mis en conformité avec les nouvelles normes sismiques. Toute une batterie de travaux est lancée à cette occasion, notamment le contrôle des principales structures du bloc réacteur, pour vérifier que celles-ci n'ont pas vieilli, ou le renforcement de la protection incendie. Coût total de l'opération : 250 millions d'euros.

Alors, pourquoi ne pas avoir gardé Superphénix, plutôt que l'ancêtre, Phénix ? «Au moins, Superphénix, plus récent, était aux normes, et nous n'aurions pas eu à faire un long travail de rénovation comme nous l'avons fait sur Phénix», reconnaît Patrick Ledermann, responsable des outils expérimentaux du CEA. Il faut dire que les Verts avaient fait de la fermeture de Superphénix, symbole de la lutte antinucléaire, une condition de leur participation au moment de leur entrée dans le gouvernement Jospin.

Or tous les problèmes de Phénix ne sont pas résolus. Les baisses brutales de réactivité, constatées à plusieurs reprises sur le surgénérateur, demeurent mystérieuses. «Nous n'avons pas d'explication précise à ces événements. Mais nous pensons qu'ils peuvent provenir du mouvement des assemblages (de combustible). Un artefact n'est pas non plus exclu», estime Patrick Ledermann.

Cela n'inquiète pas outre mesure Philippe Saint Raymond, directeur général adjoint de l'Autorité de sûreté nucléaire : «Même si on n'a pas trouvé d'explication convaincante, cela ne constitue pas à nos yeux une menace pour la sûreté.»

Le dernier incident intervenu sur le réacteur, en septembre dernier, même mineur, n'est pas de nature à rassurer sur l'état d'un outil remis à neuf. De fortes pluies ont déplacé le capot d'une cheminée, entraînant une infiltration d'eau sur un résidu de sodium, ce qui a provoqué une petite explosion. «Cet incident n'est pas intervenu dans la partie nucléaire de l'installation, mais dans la partie secondaire, relativise Philippe Saint Raymond. De plus, il est arrivé dans la boucle numéro deux, or il est prévu que Phénix ne redémarre que sur les boucles 1 et 3, où nous avons procédé aux vérifications.»

«C'est une machine largement aussi dangereuse que Superphénix», estime pour sa part sans ambages Jean-Pierre Morichaud, secrétaire de l'association Forum Plutonium, membre du réseau Sortir du nucléaire. Il y a quinze ans, Brice Lalonde comparaissait Phénix aux «centrales russes de type Tchernobyl». Raymond Sené, un des animateurs du GSIEN (Groupement scientifique pour l'information sur l'énergie nucléaire), militant historique anti-Superphénix, ne cache pas ses «réserves» à propos de la réouverture de Phénix, avec une métaphore parlante : «C'est comme si on remettait une voiture de Formule 1, aux pneus lisses et usés, sur un circuit : si elle s'emballe, c'est beaucoup plus difficile de l'arrêter qu'une 2 CV.»

Tous les intervenants du secteur ne sont pourtant pas aussi catégoriques. D'aucuns, à l'instar du député PS Jean-Yves Le Déaut, qui connaît pourtant bien le sujet pour avoir été l'auteur de plusieurs rapports, se réfugient derrière l'expertise de l'Autorité de sûreté : «Si l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a réalisé une expertise, qui s'est révélée favorable, alors je suis pour la réouverture.» Yves Cochet, député Vert de Paris, pourtant réputé farouchement opposé au nucléaire, se montre étonnamment mesuré sur la question : «Si on rouvre Phénix pour faire de la recherche, c'est très bien», tout en précisant que «si c'est pour faire des incinérateurs de plutonium, cela m'inquiéterait».

Il reste que la vocation de Phénix n'est pas seulement de faire de la recherche. «Si tel est notre objectif principal, nous en attendons également une expérience sur le fonctionnement des réacteurs à neutrons rapides, qui représente une voie pour les systèmes futurs, explique Patrick Ledermann, au CEA. Phénix aura également une production d'électricité couplée au réseau de 160 MW», soit 12% de la puissance des plus gros réacteurs d'EDF.


Le Canada garantit un prêt à la Roumanie pour un réacteur nucléaire

MONTREAL, 3 jan 03 - Le Canada a garanti un prêt à la Roumanie pour financer l'acquisition d'un deuxième réacteur à la centrale nucléaire de Cernavoda dans le sud-est du pays, selon un communiqué vendredi du ministère du Commerce international.

Le projet de Cernavoda, dont les travaux avaient commencé dans les années 1980 sous le régime communiste de Nicolae Ceausescu, prévoit la construction de cinq réacteurs de technologie canadienne CANDU.

Seule la première tranche a été pour l'instant réalisée par les sociétés nationales canadienne, Energie atomique du Canada (EACL), et italienne, Ansaldo, et mise en service en 1996.

Pour le second réacteur prévu pour 2006, la compagnie d'électricté roumaine, Societatea National nuclearelectrica, a obtenu un prêt de la banque française Société Générale, que le gouvernement roumain s'est engagé à soutenir entièrement.

De son côté, le Canada, via son programme d'aide à l'exportation, offre une garantie qui ne couvre que la portion canadienne, jusqu'à concurrence de 328 millions de dollars canadiens (210 M USD), tandis que d'autres garanties pourraient venir de l'Italie, la France et des Etats-Unis.

Plusieurs groupes écologistes, dont le Sierra Club Canada, ont dénoncé le développement du projet nucléaire de Cernavoda, estimant que la Roumanie avait suffisamment d'électricité pour satisfaire la demande intérieure.

Cernavoda, la seule centrale d'Europe de l'Est à utiliser une technologie occidentale, dispose d'une capacité de production de 705 mégawatts et fournit actuellement environ 10% des besoins d'énergie de la Roumanie.


Communiqué de presse du Sénateur de la Seine-Martime 26/11/02;

EPR à Penly: promesse tenue !

C'est le 14 janvier 2000, à l'occasion du 10ème anniversaire du Parc d'Activités Eurochannel, que Christian Pierret, Ministre de l'Industrie et ami personnel du Sénateur Henri Weber, s'est publiquement engagé à implanter à Penly, le réacteur nucléaire de la nouvelle génération.

"Je crois que cette région - et la centrale de Penly pour ne pas la nommer - se trouverait bien placée si le choix était fait de développer la nouvelle génération de réacteurs nucléaires. Ici, dans la région, le meilleur de la technologie mondiale sera développée, une fois encore par EDF".

Aujourd'hui, c'est promesse tenue, pour le plus grand bien du pays dieppois !

Henri Weber
Sénateur maire de la Seine-Maritime
42, boulevard du Général de Gaulle 76200 DIEPPE
Tel. 02 35 06 11 52


 

EPR à Penly : les élus se réjouissent

Les Informations Dieppoises du Mardi 26 novembre 2002
Troisième réacteur de Penly : les élus se frottent les mains.
Pour une nouvelle, ce fut une bonne nouvelle ! La révélation dans nos colonnes de vendredi de la construction d'un troisième réacteur pour la centrale de Penly redonne le sourire à toute la région dieppoise. Celà constitue une excellente nouvelle pour l'économie locale et ses élus.

Lorsqu'il a été prévenu personnellement par courrier de la mise en place du troisième réacteur sur la centrale nucléaire de Penly, le député maire de Dieppe, Edouard Leveau s'est évidemment réjoui de la nouvelle. Ce projet de longue date trouverait là un aboutissement logique. Dans l'agglomération diéppoise où le taux de chomage est très élevé, le réacteur peut donner un nouveau souffle à l'emploi.
Conseiller général et maire de Grèges, Daniel Lefévre est radieux : "C'est une information formidable que la fabrication de ce troisième réacteur, j'espère même que celà préfigure de l'arrivée d'un quatrième réacteur ! C'est une excellente chose parce que cela va relancer toute l'activité économique de la région diéppoise. Après le rétablissement de la ligne Transmanche, c'est la deuxième bonne nouvelle".
Si EDF avait déjà annoncé l'arrivée d'un troisième réacteur qui était devenu au fil des années une sorte d'Arlésienne, l'information semble cette fois prise très au sérieux. "Quand EDF informe le député de la circonscription, c'est que le projet est très bien engagé", reprend Daniel Lefevre. Avec les emplois induits et le dynamisme sucité, l'économie de la région dieppoise va être plus soutenue durant plusieurs années. C'est donc bon pour l'industrie et le commerce, le logement et donc l'emploi eb général. Ce troisième réacteur, c'est de la valeur ajoutée pour toute une région."
Les propos sont sensiblement identiques dans la bouche de Daniel Joffroy, maire de Belleville sur Mer mais aussi président du district de Petit Caux. le district est véritablement tiré vers le haut grâce à la présence de la centrale nucléaire de Penly et un troisième réacteur serait le bienvenu. "Bien sû que c'est une bonne chose, explique Daniel Joffroy. C'est bon pour les communes de la région Dieppoise, pour la communauté de communes du district de Petit Caux mais aussi pour le département et la région si l'on raisonne sur l'activité induite".
Le président du district de Petit Caux insiste sur la question de l'emploi : "Ce troisième réacteur va représenter des millions d'heures de travail pour des centaines de salariés. Un réacteur, ce sont 300 familles qui sont directement concernées. Dans une période de chomage comme celle que nous connaissons dans la région, la centrale de Penly va créer un nouvel élan autour de ses activités".
Souvent annoncée depuis 10 ans mais jamais livré, le troisième réacteur serait donc sur le point d'être réalisé : "Il faut rester prudent mais je pense que c'est bien parti, reprend M. Joffroy. Les fondations qui doivent acceuillir le troisème réacteur ont d'ailleurs été réalisées depuis longtemps. Concernant les pylones de 400 000 volts, ils sont déjà montés et cela ne nuira donc pas à l'environnement".

Justement sur le problème écologique, Daniel Joffroy se définit comme un "partisan modéré du nucléaire. Les recherches doivent s'accentuer au niveau national mais à l'heure actuelle l'énergie nucléaire constitue à mon sens la moins mauvaise solution.
Les instances européennes imposent que 21 % de la production électrique soit d'origine éolienne, comme un complément intéressant mais elle ne peut pas se substituer à l'énergie nucléaire. C'est d'autant plus vrai que le livre vert de l'énergie publié par commission européenne montre que nous connaitrons un déficit en énergie dans les prochaines années." D'où l'utilité de mettre en place un troisème puis un quatrième réacteur sur la centrale nucléaire de Penly.

Ch. Q.

Patrick Martin, maire de Biville: "C'est une très bonne nouvelle"
Patrick Martin est un maire heureux. C'est à bras ouverts qu'il acceuille cette nouvelle même s'il avoue réagir en "bon normand" en gardant une petite réserve.
"J'ai tout d'abord été surpris car nous n'en avions pas plus entendu parler que ça. C'est le journal qui me l'a appris. bien sûr, nous sommes très attentifs à cette installation d'un troisième tranche. C'est une bonne nouvelle pour l'activité économique de la région et du département. C'est très difficile de faire en sorte que des entreprises s'implantent durablement par ici, alors pour le maire que je suis, c'est très bien. De plus, le site de Penly est un site très intéressant mais je garde tout de même un peu de réserve. Après tout, on est normand ou on n'est pas, nous le croirerons que lorsque nous aurons de plus amples renseignements".


Le nucléaire a-t-il de l'avenir? (Sciences & Avenir n° 665)

Le nucléaire n'épouvante "plus" (pas) les gouvernements

VIENNE (Nations Unies), 19 sept - Le nucléaire n'épouvante plus les gouvernements qui veulent diversifier leurs approvisionnements en énergie et lutter contre le réchauffement de la planète, ont noté jeudi des experts à Vienne.

"Nous croyons à l'énergie nucléaire pour le 21e siècle", a expliqué le secrétaire américain à l'Energie, Spencer Abraham, lors de la conférence annuelle de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).

Il a noté que le nucléaire était l'une des sources possibles d'hydrogène pour les moteurs à hydrogène non-polluants dont le gouvernement du président George W. Bush encourage le développement.

En juillet, le Sénat américain a approuvé la création d'un dépôt souterrain pour déchets radioactifs à Yucca Mountain (Nevada). Le parlement finlandais avait pris une décision similaire en mai 2001.

La Finlande a décidé de se doter d'un cinquième réacteur nucléaire et le gouvernement américain veut encourager l'industrie à reprendre la construction de réacteurs, pour la première fois depuis l'accident survenue à la centrale nucléaire de Three Mile Island en 1979. Le Canada a décidé l'année dernière de redémarrer quatre centrales arrêtées en 1997.

"C'est le début d'une évolution des attitudes", a estimé Mohamed ElBaradei, le directeur général de l'AIEA, une agence des Nations Unies.

"Ce qui a changé, c'est que les hommes politiques sont prêts à ré-éxaminer la question du nucléaire, explique Hans-Holger Rogner, directeur de la section de planification de l'énergie nucléaire à l'AIEA. "Jusqu'à présent, tout le monde faisait le gros dos en espérant que la question disparaîtrait".

Pour Washington, la priorité est la diversification des sources d'énergie pour réduire la dépendance du pétrole du Moyen-Orient, qu'il s'agisse de nucléaire, de charbon ou de gaz.

L'Union européenne (UE) partage ce souci mais veut aussi lutter contre le réchauffement de la planète. Le recours au nucléaire "est la seule façon d'atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre que s'est fixé l'UE", a souligné M. Rogner.

Si les partisans du nucléaire voient des signes encourageants, le vent n'a pas encore tourné en faveur de l'atome.

L'Europe reste traumatisée par les milliers de morts de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl de 1986 en Ukraine. Le nucléaire est banni en Autriche, au Danemark, en Grèce, en Irlande et en Norvège. L'Allemagne, la Suède et la Belgique ont décidé de fermer progressivement toutes leurs centrales atomiques.

"Actuellement, toute l'expansion du nucléaire se fait en Asie", note Alan McDonald, de la section de M. Rogner, en énumérant la Chine, l'Inde et la Corée du sud. "La croissance de la demande énergétique va être énorme en Chine et dans le sud-est asiatique", ajoute-t-il.

Le gouvernement américain lui-même veut rendre confiance à l'industrie, pas s'y substituer, a expliqué la délégation américaine. "Il accélère les procédures réglementaires, lève les obstacles" pour s'assurer qu'une fois le site de construction trouvé et le permis accordé, la décision ne sera pas remise en cause, a expliqué M. Mc Donald.

"La priorité est de rendre confiance aux investisseurs", a ajouté M. Rogner, le nucléaire est un investissement qui ne rapporte qu'au bout de 15 à 20 ans. Si elle n'a pas de garantie de non-intervention de l'Etat ou de protection contre les attaques en justice, l'industrie continuera à miser sur les turbines à gaz, moins chères et rentables à court terme.

Une révolution dans le secteur des transports, le développement de moteurs à hydrogène appelés à remplacer les moteurs à essence, peut contribuer à renforcer la demande d'électricité nucléaire.

Une des deux méthodes de production d'hydrogène est l'électrolyse, décomposition de l'eau en hydrogène et oxygène par un courant électrique. "A long terme nous considérons que l'énergie nucléaire pourrait contribuer à la production d'hydrogène", a déclaré M. Rogner.

 

La Russie va construire un deuxième réacteur nucléaire à neutrons rapides

MOSCOU, 11 sept - La Russie construira en 2010 un deuxième réacteur à neutrons rapides qui utilisera de nouvelles technologies de recyclage du combustible, a indiqué mercredi un responsable de Rosenergoatom, compagnie d'Etat chargée de l'exploitation des centrales nucléaires.

Il s'agit du deuxième réacteur BN-800 de la centrale nucléaire de Beloïarsk (Oural), déjà équipé du plus grand réacteur à neutrons rapides au monde, le BN-600, mis en exploitation en 1980.

Ce type de réacteur est plus rentable que les réacteurs thermiques: 60% du combustible brûle dans les réacteurs à neutrons rapides contre 5% dans les réacteurs thermiques, selon la même source qui a requis l'anonymat.

"Le combustible usé est aussi un produit de haute technologie qui peut de nouveau être utilisé après retraitement", a ajouté le responsable.

Les réacteurs à neutrons rapides, qui sont également plus sûrs, seront équipés dans l'avenir de mini-usines de retraitement. Le combustible retraité sera de nouveau chargé dans les réacteurs, a précisé Léonid Soukhanov, directeur de l'Institut des matières non-organiques, cité par l'agence Interfax-AVN.


Le Pakistan prévoit de construire deux centrales nucléaires supplémentaires

CHASHMA (Pakistan), 3 sept 02 - La Commission à l'énergie atomique du Pakistan (PAEC) va construire deux nouvelles centrales nucléaires à Chasma (centre) et dans le port de Karachi (sud), a rapporté mardi l'agence publique Associated Press of Pakistan (APP).

Le président de la PAEC, Parvez Butt, cité par APP, a indiqué que ces centrales seraient construites "dans les prochaines années" afin de faire face aux besoins énergétiques croissants du Pakistan.

Il a précisé que les deux projets, baptisés KANUPP-2 (Karachi) et CHASNUPP-2 (Chashma) auraient une capacité respective de 600 megawatts et 300 megawatts.

"Les projets sont actuellement étudiés avant un accord formel du gouvernement et la construction débutera dans un avenir proche", a déclaré M. Butt.

Deux centrales nucléaires administrées par la PAEC fournissent actuellement trois pour cent des besoins énergétiques du Pakistan. La construction de deux nouvelles centrales devrait porter le chiffre à 10% de la demande actuelle.

M. Butt a indiqué qu'une hausse des tarifs de 1,75 roupie (trois cents) à 2,25 roupies (quatre cents) permettrait à la PAEC de couvrir les coût de construction à moyen terme.

Le responsable de la PAEC a affirmé que l'option nucléaire était la seule viable au regard du réchauffement planétaire et de la baisse des réserves pakistanaises en hydrocarbures.

"Les énergies hydraulique, solaire, éolienne sont des options prometteuses, mais elles ne peuvent fournir qu'une part limitée de la demande accrue en énergie", a-t-il assuré.

Le Pakistan, a-t-il dit, a suffisamment de ressources en uranium pour répondre à la demande de nouvelles centrales nucléaires.

 

L'UE fournira une assistance technique aux pays pauvres dans l'énergie nucléaire

JOHANNESBURG, 29 août - L'Union européenne proposera une assistance technique aux pays en développement qui souhaiteront inclure des projets nucléaires dans leur programmes énergétique, dans le cadre de ses projets d'aide au développement, a indiqué jeudi Poul Nielson, commissaire européen pour la coopération.

"Si des pays en développement choisissent de recourir à l'énergie nucléaire dans leur production énergétique, nous nous sentons une obligation de les aider en leur fournissant une aide technique, de manière à que les normes de sécurité soient totalement à niveau," a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

L'Union européenne présentait jeudi sa position sur les "initiatives de type 2" ou partenariats public-privé. Il s'agit de projets en faveur du développement associant aussi bien des gouvernements et des institutions internationales que des associations et des entreprises privées.

Ces partenariats "de type 2", par opposition aux documents officiels qui doivent sortir des négociations de cette conférence de l'ONU sur le développement durable, sont une innovation du sommet mais sont contestés par les écologistes qui craignent qu'ils ne prennent le pas sur les engagements des Etats.

L'Union européenne présentera en détail dimanche et mardi deux initiatives sur l'énergie et l'eau. L'initiative sur l'énergie prévoit d'aider les 78 pays de la zone ACP Afrique-Caraïbe-Pacifique à interconnecter leurs réseaux électriques et à améliorer leur efficacité énergétique.

"Cette initiative n'exclut pas d'utiliser l'argent de l'aide au développement pour des programmes de coopération nucléaire", s'est indigné Claudes Turmes, député Vert (Luxembourg) au parlement européen.

"C'est contradictoire avec les engagements européens pris dans le cadre du protocole de Kyoto (sur le changement climatique), qui excluent expressément le nucléaire des projets de développement (mécanismes de développement propre)", a-t-il souligné.

Poul Nielson a souligné qu'il ne s'agissait "évidemment pas de recommander le nucléaire pour l'Afrique", mais bien de fournir une assistance en matière de sécurité.



Sofia veut prolonger la vie de quatre réacteurs vétustes de Kozlodouï

SOFIA, 23 juin - Le président bulgare, Gueorgui Parvanov, a déclaré dimanche que son pays veut prolonger au maximum la vie de quatre réacteurs vétustes de la centrale nucléaire de Kozlodouï (nord) tout en maintenant le rythme de son adhésion à l'Union européenne.

"Il y a une volonté commune de défendre une position qui garantira la vie maximale possible des réacteurs 1 à 4 sans toutefois renoncer au rythme d'adhésion à l'UE", a indiqué M. Parvanov à l'issue d'un entretien avec des représentants du gouvernement, du parlement et des ONG sur le sort de ces réacteurs.

L'invitation à la Bulgarie de commencer des négociations d'adhésion à l'UE en 1999 était liée à la condition de fermeture anticipée des quatre réacteurs anciens 1-4 de Kozlodouï du type VVER/230 à 440 MW chacun, jugés non modernisables par l'UE.

Le gouvernement bulgare a alors accepté de fermer, avant 2003, les tranches 1 et 2 les plus anciennes de la centrale en service depuis 1974-76. Le délai de fermeture des réacteurs 3 et 4 doit être fixé cette année. La Bulgarie, qui les a sensiblement modernisés, souhaite qu'ils fonctionnent au moins jusqu'à

"Ce que nous demandons est que l'UE et la Commission européenne entendent les arguments des experts liés à nos efforts de moderniser les tranches 3 et 4", a souligné le président bulgare.

Cette semaine une mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit arriver en Bulgarie pour faire un point régulier sur l'état de la centrale de Kozlodouï.

"Nous tenons à la sécurité nucléaire pas moins que nos partenaires européens et ils doivent le comprendre", a relevé M. Parvanov.

Par ailleurs, le président bulgare a affirmé que "quoique défavorables", les engagements avec l'UE ne seront pas résiliés unilatéralement par Sofia.

La centrale de Kozlodoui, qui assure plus de 40% de l'électricité du pays, dispose également de deux tranches plus modernes de 1000 MW chacune, dont l'exploitation n'est pas mise en question.


Moscou octroie 44 M USD pour financer deux réacteurs nucléaires en Ukraine

KIEV, 21 juin - Le Premier ministre russe Mikhaïl Kassianov a annoncé vendredi à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, l'octroi à Kiev d'un prêt de 44 millions de dollars pour aider à construire deux nouveaux réacteurs nucléaires aux centrales ukrainiennes de Rivne et Khmelnitsky (ouest), a rapporté Interfax.

Selon cet accord, conclu avec le Premier ministre ukrainien Anatoly Kinakh, l'Ukraine utilisera la totalité des fonds pour acheter à la Russie des équipements rentrant dans la construction de ces réacteurs baptisés K2R4.

Le crédit est remboursable sur 6 ans avec un taux d'intérêt Libor plus 1%.

L'Ukraine négocie également avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) les conditions d'un prêt de 215 millions de dollars destiné aux travaux en cours à Rivne et Khmelnitsky.

Selon Kiev, le lancement de K2R4, construit aux trois-quarts à l'époque soviétique, est indispensable pour remplacer la production énergétique de la centrale accidentée de Tchernobyl, fermée définitivement en décembre 2000.

Les autorités ukrainiennes ont estimé le coût total de l'achèvement de la construction de K2R4 à 1,5 milliard de dollars.

M. Kassianov est arrivé jeudi à Kharkiv pour s'entretenir notamment de questions énergétiques dans le cadre de la réunion de la commission mixte de coopération russo-ukrainienne.

Jeudi, M. Kassianov avait inauguré un nouveau poste frontière entre ces deux voisins slaves.

 

Commission Européenne 17/06/02:

Offre d'énergie durable et plus sûre: la Commission décide d'investir 1.230 millions d'euros dans la recherche nucléaire en Europe

La recherche dans le domaine nucléaire jouera un rôle essentiel dans la diversification des sources d'énergie disponibles en Europe. Le programme cadre de recherche de l'Euratom qui vient d'être adopté définit de nouvelles orientations pour la recherche nucléaire européenne pour la période comprise entre 2002 et 2006. Doté d'un budget total de 1.230 millions d'euros, le programme porte sur tous les aspects importants de la promotion d'une énergie nucléaire durable en Europe.
Philippe Busquin, le Commissaire européen chargé de la recherche, a indiqué: Une énergie nucléaire sûre et propre est une priorité pour le développement durable: elle peut être déterminante pour le respect des obligations imposées par le traité de Kyoto. De toute évidence, l'UE doit entreprendre une action en vue de rassembler les compétences et les ressources dans la recherche nucléaire de pointe au niveau européen. Ce programme définit les conditions de la création d'un véritable Espace européen de la recherche dans le secteur nucléaire et ouvre la voie vers une coordination plus efficace des activités de recherche actuelles dans les États membres. L'essentiel du budget (750 millions d'euros) servira à financer la recherche en fusion nucléaire. Ce programme devrait créer les conditions nécessaires pour le lancement de la construction de l'ITER (réacteur thermonucléaire expérimental international) au cours des prochaines années. L'Union européenne participe à ce projet aux côtés du Japon, de la Russie et du Canada. Par ailleurs, le programme de fission nucléaire mettra l'accent sur la gestion et l'élimination des déchets radioactifs et favorisera une coopération étroite pour la recherche entre les organismes nationaux de gestion des déchets de l'UE.

Les dispositions de Kyoto relatives à la réduction du CO2 imposent des obligations strictes à l'UE. Dès lors que les États-Unis ont décidé de ne pas ratifier le traité de Kyoto, le fardeau devient encore plus lourd pour l'Europe, a ajouté le Commissaire Busquin. Le débat sur l'énergie nucléaire doit rester ouvert de manière à inclure l'énergie nucléaire propre dans le cadre plus vaste du développement durable, et par ailleurs l'effort de recherche doit être renforcé de manière à développer des sources d'énergie viables et renouvelables. Les décideurs politiques devraient être en mesure d'opérer un choix entre plusieurs formes d'énergie propre.

L'ITER devrait démontrer la faisabilité scientifique et technique de la production d'électricité grâce à la fusion nucléaire. Les négociations internationales avec le Japon, la Russie et le Canada évoluent d'une manière satisfaisante. Il serait bon de construire l'ITER en Europe, et je suis heureux de constater que deux États membres, la France et l'Espagne, ont proposé d'héberger ces installations. a déclaré M. Busquin. J'espère que les États-Unis reviendront au sein du consortium et nous aideront à développer cette technologie très prometteuse.

En ce qui concerne la gestion des déchets radioactifs, chaque État membre sera responsable de sa propre stratégie et de la construction de ses installations, mais la coopération avec la Commission permettra une approche harmonisée dans toute l'Europe, et la mise en commun des connaissances internationales.

Le programme de l'Euratom favorisera par ailleurs l'évaluation conjointe de concepts novateurs pour la production d'énergie nucléaire, avec des avantages éventuels en termes de sécurité et d'incidence sur l'environnement. Il concernera également la recherche sur la protection contre les radiations, non seulement pour l'énergie nucléaire, mais également dans le contexte d'applications médicales et industrielles.

 

Centrale de Kozlodoui: une association porte plainte contre Bruxelles

SOFIA, 13 juin - Un association internationale des travailleurs du nucléaire a annoncé jeudi qu'elle avait porté plainte à la Cour européenne de Justice contre la Commission européenne qui exige l'arrêt de plusieurs réacteurs de la seule centrale nucléaire de Bulgarie.

Le Conseil mondial des travailleurs du nucléaire (WONUC), association internationale basé à Paris qui regroupe des travailleurs du nucléaire civil, a introduit une requête à la Cour de Luxembourg contre l'exigence de la Commission de fermer les quatre plus vieux réacteurs de la centrale nucléaire de Kozlodoui, a annoncé Simeon Simov, vice-président du WONUC.

La fermeture des quatre réacteurs était une condition posée par la Commission européenne pour que la Bulgarie soit invitée en 1999 à commencer des négociations d'adhésion à l'UE.

La Bulgarie espère rejoindre l'Union en 2007, soit après la prochaine vague d'élargissement.

La requête, déposée lundi, demande "une annulation d'une décision de la Commission des Communautés européennes concernant la fermeture des unités de la centrale nucléaire bulgare de Kozlodoui".

Cette décision "n'entre pas dans les compétences de la Commission européenne", affirme la requête dont l'AFP a eu copie. Par ailleurs, "aucune expertise n'a été établie pour apprécier la prétendue dangerosité de ces unités 1 à 4, ni pour justifier leur fermeture", poursuit le document.

"La Commission européenne est incompétente pour prendre la décision attaquée..., cette décision étant, en toute hypothèse, dépourvue de fondement et de motivation", conclut la requête.

Le gouvernement bulgare a accepté de fermer les tranches 1 et 2 avant 2003. Le délai de fermeture des tranches 3 et 4 doit être fixé cette année, la Commission européenne insistant sur 2006, alors que la Bulgarie veut les laisser fonctionner au moins jusqu'à 2008 voire 2010.

Deux commissaires européens, Guenter Verheugen (élargissement) et Loyola de Palacio (énergie et transports) ont confirmé lors de visites récentes à Sofia l'exigence de l'UE de fermeture des tranches 3 et 4 en 2006.

"Nous n'accepterons à l'UE aucun Etat dont les réacteurs nucléaires ne disposent pas du niveau de sécurité conforme aux standards uniformes de l'UE", avait déclaré Mme de Palacio en avril à Sofia.

L'avocat belge du WONUC, Me Pierre Lambert, a déclaré à l'AFP: "il n'y a aucune décision --ni du parlement européen, ni du Conseil des ministres de l'UE, ni de la Commission européenne-- publiée dans le Journal Officiel qui détermine ces critères de sécurité" des centrales nucléaires.

La centrale de Kozlodoui "ne représente aucun danger. La décision de l'Union européenne de la fermer ne nous semble pas justifiée. Nous recourons à l'outil juridique pour faire prévaloir nos vues", a déclaré le professeur français André Maïsseau, président du WONUC.

Interrogé sur le risque que cette démarche compromette les chances de la Bulgarie d'adhérer à l'UE, M. Maïsseau a estimé que "si c'était le cas, ce serait épouvantable pour la démocratie européenne, ce serait un pur scandale".

Le soutien par le WONUC a été accueilli avec satisfaction en Bulgarie.

Emil Vapirev, président du Comité bulgare d'exploitation de l'énergie atomique chargé du contrôle sur la centrale de Kozlodoui, a affirmé que les tranches 3 et 4 disposent de "tous les équipements de sécurité connus dans le monde". Après leur modernisation ces réacteurs ont atteint le niveau de sécurité des réacteurs du modèle 440-213 qui fonctionnent en Hongrie, en République Tchèque et en Slovaquie, a-t-il souligné.

La centrale de Kozlodoui, qui fournit 40% de l'énergie du pays, dispose de deux tranches plus récentes, de 1.000 megawatts chacune, dont le fonctionnement n'est pas mis en cause.


La Russie candidate pour construire une centrale nucléaire en Finlande

MOSCOU, 10 juin - La Russie a l'intention de répondre à un appel d'offres de la Finlande pour la construction d'une centrale nucléaire dans ce pays, a déclaré lundi le ministre russe de l'Energie atomique Alexandre Roumiantsev, cité par l'agence Itar-Tass.

Le Parlement finlandais a approuvé fin mai la construction dans le pays d'un 5e réacteur, un projet reporté à plusieurs reprises depuis la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

Selon le ministre russe, "dans trois ou quatre mois un appel d'offres va être lancé pour la construction du premier réacteur" de la centrale dont le coût total s'élèvera à environ 1,5 milliard de dollars (1,57 milliard d'euros).

La Russie affrontera la concurrence des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Suède, de l'Allemagne et de la France, mais n'est pas dépourvue de chances de l'emporter, a-t-il estimé, selon Itar-Tass.

Selon lui, des experts finlandais ont récemment visité le chantier d'une centrale russe actuellement en construction en Chine.

 

 

La Voix du Nord 8/6/02;
La France candidate pour le site expérimental

 

Vilnius prêt à fermer avant 2009 sa centrale nucléaire, avec l'aide de l'UE

VILNIUS, 7 juin (AFP) - Le gouvernement lituanien a annoncé vendredi qu'il était prêt à fermer avant 2009, à la demande de l'Union européenne, sa centrale nucléaire d'Ignalina de type Tchernobyl, à condition toutefois d'obtenir à cette fin une aide financière de l'UE.

"Les accords ont été obtenus et toutes les circonstances permettent de croire que la date de 2009 est acceptable", selon une déclaration gouvernementale.

Cependant, cet engagement reste "évidemment lié" à un soutien financier de l'UE, ajoute la déclaration.

"La logique politique et économique est simple - sans solidarité il n'y aura pas de fermeture en 2009", selon Vilnius.

Dans le cadre des préparatifs en vue de son adhésion à l'UE, la Lituanie s'est déjà engagée à fermer en 2005 l'un des deux réacteurs d'Ignalina, mais elle a suspendu sa décision quant à la fermeture du second.

Selon une expertise du gouvernement lituanien, le coût de la fermeture complète de la centrale qui fournit 70% de l'énergie électrique consommée par la Lituanie s'éleverait à plus de 3 milliards d'euros.

"L'UE a accepté de prendre en considération nos chiffres", a affirmé le gouvernement, ajoutant que Bruxelles reconnaissait l'incapacité de la Lituanie à supporter seule le coût de la fermeture d'Ignalina.

Un accord sur la centrale entre Vilnius et Bruxelles devrait être formalisé avant le 11 juin, date à laquelle Lituanie espère clore le chapitre de l'énergie dans ses négociations d'adhésion.

Cette année, l'UE a destiné 70 millions d'euros d'aide annuelle à la fermeture d'Ignalina pour les années 2004-2006. 200 autres millions d'euros ont été promis par une conférence internationale de donateurs en 2000, alors que 250 millions d'euros ont été dépensés jusqu'ici pour accroître la sécurité de la centrale, de construction soviétique.


Japon, France et Espagne proposent des sites pour le réacteur de fusion ITER

CADARACHE, 6 juin - Le Japon, la France et l'Espagne ont officiellement proposé, après le Canada, des sites pour la construction d'un réacteur de fusion expérimental international dans le cadre d'un projet baptisé ITER, a-t-on appris, jeudi, à l'issue d'une réunion de négociations à Cadarache (Bouches-du-Rhône).

L'Union européenne a proposé les sites français de Cadarache et espagnol de Vandellos, tandis que le Japon a proposé le site de Rokkasho-mura (nord), selon un communiqué publié par les négociateurs du projet ITER (International Thermonuclear Experiment Reactor) qui rassemble l'UE, le Canada, le Japon et la Russie. En juin 2001, le Canada avait proposé le site de Clarington, près de Toronto.

L'évaluation des sites devrait être achevée fin 2002 pour être soumise aux chefs d'Etat, qui devront en choisir un seul, a expliqué Jean Jacquinot, chef du département de recherches sur la fusion contrôlée au commissariat à l'énergie atomique (CEA), qui présentait le dossier français.

Lancé en 1985, le projet ITER vise à construire un réacteur de fusion, au plus tôt en 2005, pour un montant de 4 milliards de dollars sur dix ans. 1,5 milliard de dollars ont déjà été consacrés aux plans et prototypes du réacteur.

Ce projet, s'il se concrétise, serait le plus important programme de recherche et de coopération international après la station spatiale, selon le communiqué. Les Etats-Unis, qui avaient participé au projet au démarrage, l'ont quitté mais envisagent un retour, a indiqué M. Jacquinot.

Les prochaines réunions de négociations sont prévues à Toronto septembre), Aomori, au Japon (29-30 octobre) et Barcelone (10-11 décembre).

La fusion, énergie qui se dégage du soleil lorsque les atomes légers d'hydrogène fusionnent pour constituer un atome plus lourd d'hélium, pourrait permettre de produire de l'électricité dans de grosses installations, a expliqué M. Jacquinot. "Intrinsèquement sûre", cette énergie permet de disposer de "réserves illimitées de combustible", ne produit "pas de déchets liés à la combustion", mais des "déchets radioactifs à durée de vie courte ou moyenne", a-t-il précisé.

 

Le Monde 5/6/02:

Pour exporter ses centrales, la Russie serait prête à rapatrier les déchets

Parmi les candidats à la construction du cinquième réacteur finlandais, la Russie n'est pas le moindre. Le ministère de l'industrie atomique, Minatom, manifeste un intense activisme commercial, par le biais de son agence d'exportation Atomstroyexport, favorisé par des coûts très bas et un soutien gouvernemental sans complexe. Minatom a ainsi annoncé au printemps la signature d'un accord de coopération avec le Vietnam, vu comme le premier pas d'un contrat pour une centrale importante, et le lancement de la construction d'un petit réacteur de recherche de 10 mégawatts (MW) avec la Birmanie, tandis que des discussions se poursuivent avec la Corée du Nord sur la construction d'un réacteur producteur d'électricité.
La Russie poursuit la construction d'un réacteur de 1 000 MW en Iran, à Bouchehr, et discute avec Téhéran de la commande de deux autres réacteurs. L'hostilité des Etats-Unis à cette coopération s'est allégée lors de la visite du président George W. Bush à Moscou, en mai. La Russie achève par ailleurs la construction d'un réacteur à Tianwan, en Chine, un deuxième étant programmé. De même, un mémorandum pour deux réacteurs producteurs d'électricité en Inde, à Kudankulam, a été signé en novembre 2001.

OPPOSITION DE L'OPINION
Un atout particulier de l'offre commerciale russe semble être la possibilité pour le client d'exporter en Russie, pour y être stockés, les déchets produits par les centrales. En juin 2001, la Douma - le Parlement russe - a adopté une loi autorisant l'importation de déchets nucléaires étrangers, malgré une forte opposition de l'opinion publique. Cette possibilité est d'abord offerte aux anciens pays de l'aire d'influence soviétique, comme la Bulgarie et l'Ukraine. Mais elle en intéresse aussi d'autres, comme Taïwan, voire le Japon, qui éprouvent des difficultés à se débarrasser des combustibles usés radioactifs. On ne sait pas si cette possibilité est incluse dans les contrats de construction de nouveaux réacteurs : elle semble être possible sous forme de fourniture de combustible avec offre de reprise en fin d'utilisation, comme c'est déjà le cas avec la Bulgarie. Cet aspect ne jouera pas dans le cas de la Finlande, qui a sa propre politique d'enfouissement des déchets, la plus avancée parmi les pays occidentaux. Un site a été choisi à l'issue d'une longue procédure de décision démocratique. La Finlande, qui exploite deux réacteurs VVER russes "occidentalisés" par la Suède, examinera l'offre de Moscou quand elle se présentera. S'il est douteux qu'elle soit retenue, elle permettra en tout cas de peser sur les prix des concurrents français, anglais et américains.

 

Le Monde 5/6/02:

Les réacteurs américains à la retraite à 60 ans

Les états-unis présentent tous les signes d'une prochaine relance du nucléaire civil. Depuis l'élection de George W. Bush, et après les pannes électriques en Californie, pour cause de sous-capacité de production, le climat a nettement tourné à l'avantage des électriciens utilisateurs de cette énergie. Le 15 février, le secrétaire à l'énergie, Spencer Abraham, a lancé "Nuclear Power 2010", un programme qui pourrait mener à la construction de nouvelles centrales d'ici à la fin de la décennie. Le Sénat doit se prononcer durant l'été sur le choix du site de stockage définitif des déchets nucléaires.
Le président Bush cite volontiers en exemple la politique volontariste de la France en matière nucléaire. Le 23 mai, Pascal Colombani, administrateur général du Commissariat à l'énergie atomique français (CEA) et président du conseil de surveillance d'Areva, a signé avec M. Abraham un accord de coopération avec le DOE (le ministère de l'énergie) pour la recherche sur la gestion des déchets radioactifs.
Dans l'immédiat, outre-Atlantique, les industriels convoitent surtout le marché du reconditionnement des centrales existantes. "Le parc américain est dans un état de performance exceptionnel, il est très rentable et a une moyenne d'âge de 25 ans. Les autorités ont d'ores et déjà autorisé le prolongement jusqu'à 60 ans de la durée de vie de certains réacteurs. Sur 104 en activité, 70 % à 80 % seront remis à niveau", explique Paul Felten, le directeur international d'Areva. Un reconditionnement qui peut permettre
d'accroître jusqu'à 15 % la puissance installée, pour rendre encore plus productive la centrale.

ESPOIRS POUR AREVA
Le français a racheté en février l'américain Duke, une société d'ingénierie qui lui permettra de fournir à ses clients une prestation clés en main. Une quinzaine de sites ont déjà obtenu l'autorisation de prolonger leur durée de vie, dont trois ont fait appel à Areva. A terme, c'est au rythme de 7 ou 8 réacteurs par an que devrait se dérouler le reconditionnement du parc
nucléaire. A raison d'un coût unitaire de 100 millions à 1 milliard de dollars, le marché est considérable.

"Il se profile derrière tout cela un marché de construction de centrales neuves", espère M. Felten. Washington a adopté de nouvelles procédures qui permettent aux électriciens désireux de construire des centrales de faire agréer des sites, préventivement en quelque sorte. Ce marché de constructions neuves serait autrement plus colossal que celui du prolongement, mais il ne se débloquera pas avant 2005-2007. Le temps pour Areva de renforcer ses liens et sa notoriété outre-Atlantique. Le choix de sponsoriser un bateau français dans la Coupe de l'America s'inscrit dans cette optique.

 

Le Monde 5/6/02:

Entre l'abandon à l'allemande et la relance à la finlandaise, les pays européens restent divisés

La décision finlandaise le confirme : l'Europe reste très divisée sur la question du nucléaire. "D'un point de vue global, la situation est plate : de temps en temps, un pays lance un réacteur - la Finlande aujourd'hui -, un pays y renonce - la Turquie il y a quelque mois", observe Bernard Laponche, du cabinet ICE (International Consulting on Energy). Le modèle allemand de sortie à long terme du nucléaire constitue une alternative importante.
Le gouvernement belge a ainsi décidé, en mars, de fermer ses sept réacteurs entre 2015 et 2025. En Suède, le parti social-démocrate (SAP), dominant, a proposé une sortie du nucléaire sur quarante ans, s'inspirant explicitement du modèle adopté par Berlin ; un moyen pour Stockholm d'échapper à sa propre décision, prise en 1980, de fermer les réacteurs suédois dès 2010. En Allemagne, la loi d'abandon du nucléaire, votée en juin 2000, semble désormais acceptée par l'industrie, et le candidat de l'opposition aux élections législatives de septembre, Edmund Stoiber (CDU-CSU), n'est plus pressé de l'annuler. Il est vrai que la formule retenue - une allocation globale et définitive de 2 600 terawatts/heure d'électricité nucléaire pour l'ensemble des centrales existantes - reporte l'échéance après 2020, ce qui permet de voir venir.

SURPRODUCTION ÉLECTRIQUE
La Grande-Bretagne a exprimé sa position dans un rapport gouvernemental (The Energy Review) publié en février : il y est dit que la façon la plus économique d'atteindre "les priorités immédiates de la politique énergétique" passe par "la promotion de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables ". Le même rapport admet cependant qu'il faut "garder l'option nucléaire ouverte". Quant à l'Italie et à l'Espagne, elles n'ont pas, ou quasiment pas, de nucléaire et ne manifestent pas à ce jour l'envie d'en construire. L'entrée en force du français EDF sur ces deux marchés est-elle susceptible de changer la donne ?
En fait, la question du nucléaire ne se pose pas à court terme : l'Europe est en effet, pour son bloc central (France, Allemagne, Benelux), en état de surproduction électrique, comme le note un rapport récent de l'Union pour la coordination des transferts d'électricité (UCTE). En février, par exemple, l'arrêt pour réparation de dix réacteurs nucléaires français a été compensé sans problème, sur le marché européen, par l'électricité hydroélectrique norvégienne et éolienne allemande.
Quant aux pays dont la consommation croît fortement, comme l'Espagne, ils préfèrent investir aujourd'hui dans des centrales électriques au gaz, comme le Royaume-Uni, pour remplacer ses vieilles centrales nucléaires au Magnox.
C'est que la déréglementation du marché de l'énergie ne favorise pas les centrales nucléaires, dont la construction est longue et requiert un effort financier très important. "L'analyse économique joue en faveur du gaz, explique Peter Fraser, un expert de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Pour qu'il en aille autrement, il faudrait que le prix du pétrole, auquel celui du gaz est assez étroitement lié, atteigne des niveaux supérieurs à 30 dollars le baril."

CHANGEMENT CLIMATIQUE
Restent deux arguments qui jouent, à plus ou moins long terme, en faveur du nucléaire. D'une part, le changement climatique, les centrales atomiques n'émettant pas de gaz à effet de serre. C'est le message que répète avec vigueur Loyola de Palacio, la commissaire européenne à l'énergie ; c'est aussi l'un des arguments avancés par les Finlandais pour justifier leur choix. Même si, comme le souligne le rapport sur l'énergie publié le 30 mai par l'Agence européenne de l'environnement, l'augmentation prévisible en Europe des émissions de gaz à effet de serre sera"principalement tirée par la forte demande du transport". D'autre part, la croissance continue de la consommation électrique des Européens (1,9 % par an entre 1990 et 1999). Si elle n'est pas freinée, cette boulimie énergétique rendra l'apport du nucléaire "incontournable", selon les termes mêmes de Mme de Palacio. Dans cette double perspective, l'Union européenne a pour objectif de faire passer la part des énergies renouvelables en 2010 à 22 % de la consommation électrique globale. Si cet objectif est atteint, le progrès de ces énergies pourrait couvrir une large part de l'augmentation prévue de la consommation d'électricité, sans émission de gaz à effet de serre, ni production de déchets.
H. K.

L'EPR, le réacteur virtuel
L'European Pressurized Reactor (EPR), que le français Areva compte proposer aux Finlandais, a été conçu et développé depuis 1989 par Framatome et Siemens. C'est un réacteur conventionnel à eau pressurisée, qui a été lancé à l'origine pour "prendre en compte le retour d'expérience d'exploitation du parc existant", tant en France qu'en Allemagne, explique-t-on chez Areva. Il est notamment prévu que "les fonctions de sûreté les plus importantes [soient] assurées par des systèmes diversifiés et redondants", dupliqués quatre fois et installés dans quatre bâtiments différents. Le confinement du coeur du réacteur serait renforcé, de manière notamment à résister à une explosion interne, mais aussi "à la chute d'un avion militaire lourd". Reste que l'EPR, dont la mise au point est achevée, n'a toujours pas trouvé son premier client. Les électriciens allemands sont toujours associés au projet, mais ils sont désormais inscrits dans une logique de sortie du nucléaire. Son sort repose désormais sur la seule EDF, qui n'est pas pressée de passer commande, n'ayant pas besoin de nouvelles centrales avant 2015-2020. Un réacteur de démonstration pourrait être construit dans un premier temps.

Le Japon propose un site pour le réacteur nucléaire expérimental international

TOKYO, 29 mai - Le Japon veut proposer le site de Rokkasho au nord du pays pour la construction d'un réacteur nucléaire expérimental international dans le cadre d'un projet impliquant le Canada, l'Europe, le Japon et la Russie, a-t-on appris mercredi de sources officielles.

Le village de Rokkasho, à environ 900 kms au nord de Tokyo, a été choisi par le Premier ministre Junichiro Koizumi et le principal parti au pouvoir, le Parti libéral démocrate, selon un responsable du ministère des Sciences et technologies.

Le Japon proposera officiellement Rokkasho comme site candidat pour l'installation du réacteur lors d'une réunion intergouvernementale sur le réacteur expérimental thermo-nucléaire ITER le 4 juin en France.

L'ITER est un projet de collaboration comprenant le Canada, l'Europe, le Japon et la Russie, destiné à promouvoir les utilisations technologiques et scientifiques de l'énergie issue de la fusion nucléaire à des fins pacifiques.

"L'ITER choisira le site à la fin de cette année. Les autres candidats sont la France et l'Espagne et nous devrons beaucoup négocier", a indiqué un responsable du ministère.

Le Japon dépend de l'énergie nucléaire pour un tiers de ses besoins en électricité et dispose de 51 réacteurs. Rokkasho héberge un réacteur de retraitement nucléaire.

Nucléaire : la Finlande fait cavalier seul en Europe

27/05/02 - La décision de la Finlande de construire un nouveau réacteur nucléaire n'augure pas à ce stade d'un renversement de tendance en Europe, où continue à prévaloir un gel de la construction de centrales. La relance du nucléaire en Finlande est "évidemment différente de la tendance actuelle en Europe caractérisée par les restrictions aux programmes nucléaires", résume Peter Fraser, un expert de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). "A ce stade, il est difficile de dire s'il y aura un renversement de tendance". Pour un spécialiste du secteur nucléaire, la décision finlandaise, "longuement mûrie", découle d'un choix économique et non politique: "elle prend en compte trois considérations: le coût (un kilowatt nucléaire moins cher), la sécurité de l'approvisionnement énergétique et enfin le respect des engagements de Kyoto" à savoir la réduction des émissions de gaz à effet de serre. M. Fraser reconnaît que la décision d'Helsinki est la première en faveur de l'atome en Europe depuis plusieurs années, mais explique le gel observé par les autres pays par le fait qu'"aucun besoin ne s'est fait sentir pour la construction de nouvelles centrales électriques". "C'est le cas de la France où le nucléaire ne représente pas un tabou mais où il n'y a pas besoin de construire de nouvelles centrales", observe-t-il. Pour le spécialiste du secteur, si la relance du nucléaire en Finlande "est un symbole politiquement important, il ne va pas se traduire nécessairement par un changement de la politique énergétique chez ses partenaires européens". "L'impact se fera sentir dans cinq, dix ou quinze ans, quand des pays européens tels que la Belgique ou l'Allemagne devront reconsidérer leurs choix énergétiques", indique-t-il. Pour la Grande-Bretagne, le renouvellement du parc nucléaire (34 anciens réacteurs en service qui couvrent 30% de la demande d'énergie) devra se poser plus tôt, d'ici 2005/2010 et "un débat est déjà en cours pour savoir si oui ou non le programme nucléaire devra être reconduit", selon ce spécialiste. Au Royaume-Uni, la part du gaz dans la production électrique représente 30% du marché. Mais alors que le gaz de la mer du Nord a été très compétitif pendant 20 ans, il est en train de s'épuiser. Or, si Londres veut maintenir les centrales au gaz, il deviendra tributaire des importations de Russie et du Moyen-Orient. Les pays européens ont des positions divergentes à l'égard du nucléaire. Des pays, comme l'Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas, et l'Irlande notamment
ont voté des lois pour geler ou sortir à terme du nucléaire. D'autres, comme la Grande-Bretagne, estiment que l'énergie nucléaire n'est pas économiquement compétitive. Alors que pour certains, comme la France, "le prix est attractif". "A long terme, estime M. Fraser, l'énergie produite à partir du gaz naturel sera moins chère que celle d'origine nucléaire". "D'ici 20 ans, les centrales électriques au gaz seront plus économiques, à condition bien sûr que le prix du pétrole (référence pour le cours du gaz) soit en dessous de 30 dollars américains le baril". Des industriels nucléaires ne sont pas de cet avis. Si le coût de
l'investissement initial par kilowatt/heure est plus élevé pour la production nucléaire, disent-ils, le coût de fonctionnement (combustible et maintenance) ainsi que celui du démantèlement est moins cher. Avec une durée de vie plus longue (d'environ 40 ans), les centrales nucléaires ont un coût moins élevé que celles au charbon et au gaz, indiquent-ils.

Finlande : le Parlement avalise la construction d'un nouveau réacteur nucléaire

La Commissaire européenne à l'Energie salue la décision finlandaise

La Finlande poursuit son chemin sur la voie de l'énergie nucléaire

La finlande a des rêves nucléaires

 

Manifestation pro-nucléaire d'employés de centrales jeudi et vendredi en Suède

STOCKHOLM, 15 mai - Quelque 400 employés de centrales nucléaires venus de 15 pays doivent se réunir jeudi à Malmoe (sud) et vendredi à Goeteborg (sud-ouest) afin de manifester pour le maintien et le développement de l'énergie d'origine nucléaire, a indiqué mercredi l'agence TT.

350 d'entre eux vont participer à une course de relais de Malmoe à la centrale nucléaire de Ringhals, 200 kilomètres plus au nord, via celle de Barsebaeck, face à Copenhague.

Des manifestations similaires, organisées comme celle en Suède par le Conseil mondial des travailleurs du nucléaire (World Council for Nuclear Workers, Wonuc), ont déjà été organisées aux frontières franco-belge et austro-hongroise, en Roumanie, en Allemagne et en Russie.

La Suède avait approuvé par référendum en 1980 l'arrêt de ses 12 réacteurs en 2010 sous condition de capacité de remplacement du nucléaire par des sources d'énergie plus écologiques et également rentables.

Mais la majorité sociale-démocrate a récemment passé un accord avec les centristes pour la mise en oeuvre d'un programme de démantèlement calqué sur le modèle adopté en 2001 par le gouvernement allemand et les grands groupes énergétiques. Selon cet accord, le démantelement complet du nucléaire civil suédois n'interviendrait pas avant 30 ou 40 ans.

La part du nucléaire dans la consommation d'électricité en Suède est actuellement d'environ 50% et les experts estiment qu'elle ne passera pas en dessous des 44% en 2010 (31% pour la consommation totale d'énergie).

Le premier réacteur de la centrale de Baresebaeck, d'une puissance de 600 mégawatts, a été fermé en 1999 et le second réacteur pourrait être fermé en 2003, selon le gouvernement.

Les 10 réacteurs restants sont répartis entre les centrales de Forsmark (centre, trois réacteurs), Ringhals (sud-ouest, quatre) et Oskarshamn (sud-est, trois).

 


Des canadiens veulent construire une centrale nucléaire en Bulgarie

SOFIA, 30 avr - Les compagnies canadiennes SNC-Lavalin et Atomic Energy of Canada (AECI) se sont déclarées intéressées à la construction d'une nouvelle centrale nucléaire en Bulgarie, a-t-on appris mardi auprès du ministère bulgare des Affaires étrangères.
La semaine dernière, lors d'une visite du chef de la diplomatie bulgare Solomon Passi au Canada, ces deux sociétés ont manifesté "un vif intérêt" pour la construction d'une centrale nucléaire à Belene, sur le Danube, qui commencée en 1983 a été gelée en 1990 sous la pression des mouvements écologistes, a-t-on indiqué de même source.

L'ambassadeur de la République tchèque en Bulgarie, Petr Dokladl, avait déclaré lundi que son pays était intéressé à la construction de la centrale de Belene et qu'il y apporterait "son soutien politique". En 1990, la Tchécoslovaquie avait fourni un corps de réacteur pour cette centrale où 1,3 milliard de dollars sont déjà investis.

Selon un récent sondage Gallup, 60% des Bulgares sont favorables à la construction d'une deuxième centrale nucléaire dans le pays dont le projet doit être actualisé avant d'être adopté par le gouvernement.

Le Premier ministre bulgare, Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha, a récemment annoncé l'intention de son gouvernement de construire cette centrale alors que l'Union européenne (UE) exige la fermeture, pour des raisons de sécurité, de quatre tranches anciennes, à 440 MW chacune, de la centrale nucléaire de Kozlodoui.

Si la Bulgarie s'est engagée à arrêter les tranches une et deux avant la fin de l'année, elle négocie avec l'UE pour exploiter les tranches 3 et 4 jusqu'à 2008-2010, alors que Bruxelles insiste pour leur fermeture dès 2006.

 

Le Belarus veut acheter une centrale nucléaire lituanienne de type Tchernobyl

MINSK, 27 avr - Le Belarus souhaite acheter une centrale nucléaire lituanienne de type Tchernobyl qui doit être fermée dans les prochaines années, a annoncé le président bélarusse Alexandre Loukachenko vendredi, jour-anniversaire du plus grave accident du nucléaire civil de tous les temps.

Des spécialistes bélarusses ont déjà contacté les autorités lituaniennes pour leur proposer le rachat de la centrale Ignalina, proche de la frontière avec le Belarus, a précisé M. Loukachenko.

La Lituanie s'est engagée à fermer avant 2005 le réacteur no 1 de la centrale de Ignalina et le second dans un avenir proche.

3.000 personnes ont manifesté vendredi dans les rues de Minsk pour dénoncer les carences du président dans la gestion de la catastrophe de Tchernobyl.

L'explosion le 26 avril 1986 du 4ème réacteur de la centrale ukrainienne de Tchernobyl a coûté au Belarus voisin 250 milliards de dollars (280 millions d'euros) et le pays a dépensé en dix ans 134 milliards de dollars pour effacer ses séquelles.

 

Le nouvel atelier R4 de la Cogema-la Hague a été mis en production

CHERBOURG-OCTEVILLE, 23 avr - L'atelier R4 de purification et de conversion du plutonium de l'usine UP2 800 de la Compagnie générale des matières nucléaires (Cogema) de la Hague (Manche) a été mis en production vendredi, a annoncé mardi la Cogema dans un communiqué.

La mise en production de l'atelier a pu être effectuée après autorisation de l'Autorité de sûreté nucléaire.

"L'atelier R4 s'inscrit dans le processus de développement des performances techniques de l'établissement, offrant ainsi au groupe Cogema la possibilité de poursuivre le développement de ses services de traitement et de recyclage", assure la Cogema dans le communiqué.




La Lituanie incapable de fermer sa centrale nucléaire avant 2009 (Adamkus)

VILNIUS, 23 avr - La Lituanie ne sera pas capable, pour des raisons techniques et sociales, de fermer complètement sa centrale nucléaire d'Ignalina avant 2009, date fixée par l'Union européenne, a déclaré mardi le président lituanien Valdas Adamkus.

"Ce n'est pas seulement une opération technique où on arrête les réacteurs, on ferme la porte et on s'en va. Nous devons aussi faire face à des problèmes sociaux, puisqu'il s'agit de milliers de spécialistes qui travaillent ici", a dit M. Adamkus lors d'un point de presse.

"C'est un problème complexe et je ne vois pas la possibilité pratique de le résoudre aussi rapidement", a déclaré le président lituanien, avant d'ajouter: "Je pense que nous ne devons pas nous engager sur une date concrète comme celle de 2009 qui, à ma connaissance, n'est pas clairement argumentée, mais penser à ce qui se passerait si nous n'étions capables de le faire qu'en 2011".

La Lituanie a promis à l'UE de fermer le premier réacteur en 2005, mais Bruxelles souhaite une fermeture totale d'Ignalina d'ici 2009 si Vilnius veut conclure ses négociations d'adhésion cette année et entrer dans l'UE en 2004.

Bruxelles a déjà affecté 210 millions d'euros pour la fermeture d'Ignalina dans son budget complémentaire de 2004-2006 de financement de l'élargissement de l'UE. Quelque 200 millions d'euros supplémentaires ont été promis à Vilnius lors d'une conférence internationale de donateurs en 2000.

L'UE considère que la centrale d'Ignalina, construite sur le modèle de celle de Tchernobyl (Ukraine) par les Soviétiques, est dangereuse en dépit des 250 millions d'euros dépensés en dix ans pour en améliorer la sécurité.

Le coût total de la fermeture d'Ignalina, qui fournit 70% de l'énergie électrique consommée par la Lituanie, est estimé par Vilnius à 2,2 milliards d'euros à débourser d'ici 2020 et 3 milliards par la suite.

 



Mise en service de la troisième centrale nucléaire chinoise

PEKIN, 19 avr - La Chine a annoncé vendredi la mise en service commerciale de sa troisième centrale nucléaire, de conception très largement chinoise, dans l'est du pays.

Selon le quotidien China daily, la première tranche de Qinshan II, une centrale nucléaire construite dans le district de Haiyan, dans la province orientale du Zhejiang, a commencé à fonctionner 47 jours plus tôt que prévu, grâce à un réacteur de 600 MGW.

Un second réacteur de 600 MGW devrait entrer en fonction au cours des prochains mois, a-t-on par ailleurs appris de source industrielle.

La centrale de Qinshan II, dont le coût total est évalué à 1,8 milliard de dollars, a été très largement conçue et construite par la Chine, avec quelques apports extérieurs, comme ce fut déjà le cas de Qinshan I. La société française Framatome a notamment participé en transférant sa technologie de l'ingénierie de l'îlot nucléaire, précise-t-on de même source.

Selon Li Yongjiang, le directeur de la société d'exploitation de Qinshan, cité par l'agence officielle Chine nouvelle, l'expérience acquise dans la construction de la première tranche de Qinshan II devrait permettre à la Chine de se lancer dans la construction de réacteurs de 1.000 MGW à l'avanir.

Avant la mise en service de Qinshan II, la Chine disposait déjà de deux centrales nucléaires en service, l'une à Qinshan I (300 MGW) et l'autre à Daya Bay (2.000 MGW) dans la province méridionale du Guangdong, construite en coopération avec des sociétés françaises.

Sept autres réacteurs sont en cours de construction, dont trois à Qinshan avec la collaboration d'entreprises françaises et canadiennes, deux à Ling'ao (avec les entreprises françaises Framatome et EDF) dans le Guangdong, juste à côté de Daya Bay, et deux réacteurs russes destinés la centrale de Tianwan dans la province du Jiangsu (est).

La première tranche de la centrale de Ling'ao, petite soeur de Daya Bay qui a été connectée pour la première fois au réseau fin février, devrait également être mise en service au cours des prochains mois.

 


Moscou va régler sa dette envers Prague avec du combustible nucléaire (Zeman)

MOSCOU, 16 avr - La Russie va effectuer des livraisons de combustible nucléaire à la république tchèque pour un montant de 200 millions de dollars dans le cadre du règlement de la dette soviétique envers Prague, a indiqué mardi le Premier ministre tchèque Milos Zeman à Moscou.
"Le but de principal de cette visite est le règlement de la question de la dette à la république tchèque" que la Russie a héritée de l'Union soviétique, a déclaré M. Zeman devant la presse à l'issue d'une rencontre avec le président du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe).

"J'espère que nous allons signer aujourd'hui un accord qui va permettre la livraison de combustible nucléaire pour 200 millions de dollars sur 5 ans" en règlement partiel de la dette, a ajouté M. Zeman. Il a indiqué avoir visité la veille un combinat de la région de Moscou qui produit ce combustible, Machinostroitelny Zavod.

Il a par ailleurs rappelé que conformément à un accord signé à Prague en octobre dernier par le Premier ministre russe Mikhaïl Kassianov, la dette serait également remboursée par des livraisons d'hélicoptères de combat MI-24 et d'avions de transport militaire AN-70 par la Russie pour un montant de 500 millions de dollars.

"Le remboursement de la dette doit se faire à des conditions mutuellement acceptables", a-t-il encore déclaré.

M. Zeman, arrivé à Moscou lundi, doit notamment être reçu par le président russe Vladimir Poutine mercredi au Kremlin.



Le nucléaire ne pourra pas disparaître pour des raisons stratégiques (responsable EDF)

LING AO (CHINE), 6 avr - Le nucléaire ne pourra pas disparaître pour des raisons stratégiques, car la demande d'électricité va augmenter de 100% dans le monde d'ici 20 ans et toutes les énergies devront être utilisées pour l'équilibre, a déclaré samedi un responsable d'EDF lors d'un voyage de presse en Chine.
M. Hervé Machenaud, responsable Asie-Pacifique d'EDF, a souligné lors d'une visite de la centrale nucléaire de Ling Ao, jouxtant celle de Daya Bay, dans le sud de la Chine, qu' "on ne pourra pas se passer du nucléaire en Europe et surtout en France, car la situation est encore plus critique car on a peu de charbon et encore moins de gaz".

"Aussi pour des raisons d'équilibre stratégique, le nucléaire ne pourra pas disparaître", a-t-il dit. En France, a-t-il ajouté, la production sera hydraulique et nucléaire.

"Rien ne peut aujourd'hui laisser penser qu'il y a des solutions alternatives", a-t-il affirmé.

Il a indiqué "qu'aujourd'hui l'entreprise a la maîtrise de la technologie nucléaire et que l'enjeu c'est de la garder".

Après avoir relevé qu'une telle industrie est lourde en investissement, il a déclaré que "la France ne peut se permettre de dissoudre le tissu industriel correspondant ou le diluer". "Si ce tissu est dissout, a-t-il averti, ce seront les Etats-Unis qui construiront notre industrie nucléaire quand nous en aurons besoin".

"Pour qu'une industrie vive, a-t-il dit, il faut qu'elle innove et la survie du parc existant dépend des nouvelles centrales à créer".

Selon lui, en raison de la hausse de la demande de l'électricité sur les deux prochaines décennies, "il va se construire autant de centrales électriques qu'au cours du 20ème siècle".

 

Un responsable arménien veut poursuivre l'activité de l'unique centrale nucléaire

MOSCOU, 6 avr - Un haut responsable arménien a rejeté samedi une recommandation de l'Union européenne sur la fermeture de la centrale nucléaire de Metzamor d'ici 2004, estimant l'installation capable de fonctionner jusqu'à 2016, a rapporté l'agence Interfax.
Vardan Movsesian, chef de la commission énergétique du pays, a estimé qu'il serait "irréaliste" de fermer la centrale alors que ses possibilités sont encore importantes. "Selon mes informations, la centrale peut opérer jusqu'à 2016", a-t-il dit à Interfax.

Erevan a signé un accord avec l'Union européenne sur la fermeture d'ici 2.004 de la centrale, considérée dangereuse en raison de sa situation dans une zone sismique mais des craintes se sont faits jour sur le fait que l'Arménie ne tiendrait pas ses engagements.

M. Movsesian a également estimé insuffisant le prêt de 100 millions d'euros proposé par l'UE (88 million de dollars) pour fermer la centrale et promouvoir d'autres sources d'énergie.

Le président arménien Robert Kocharian avait déclaré le mois dernier être prêt à fermer la centrale "en parallèle" avec la recherche de nouvelles sources d'énergie.

Située dans l'ouest de l'Arménie, cette centrale fournit environ 50% de l'électricité consommée dans le pays. D'une capacité théorique de 407,5 mégawats, elle a été mise en service en 1980. Elle avait été fermée en 1988 après le tremblement de terre qui avait dévasté l'Arménie, et n'avait été relancée qu'en 1995.


La France, championne de l'énergie nucléaire

PARIS, 25 mars - La France est le pays au monde qui a le plus misé sur le nucléaire avec 76 % de son électricité produite à partir de cette énergie, selon les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Elle détient le deuxième rang mondial en termes de productiontérawatts heure (TWh) en 2001, soit 15,5 % du total mondial) et par le nombre de ses réacteurs (58 réacteurs dans 20 centrales) derrière les Etats-UnisTWh dans 104 réacteurs). Mais les Etats-Unis ne dépendent du nucléaire que pour un cinquième de leur production d'électricité.

Comme le Japon, troisième producteur mondial (317 TWh), la France a fait le pari du nucléaire après le premier choc pétrolier de 1973. Elle cherchait à diminuer sa dépendance du pétrole et du gaz qu'elle doit presque entièrement importer et qui ne fournissent plus aujourd'hui que 9 % de sa production d'électricité. En dehors des grands barrages hydroélectriques (13 % de son électricité) elle n'a que très peu développé les énergies renouvelables comme l'éolien et le solaire (2 %).

Compte-tenu du problème des déchets et de l'hostilité croissante de l'opinion à la construction de nouvelles centrales, les pouvoirs publics vont être confrontés à des choix difficiles avant la fin de la décennie.

L'Allemagne a décidé en juin 2001 de sortir progressivement du nucléaire. Un accord gouvernement-industriels prévoit une durée de vie moyenne de 32 ans pour les 19 réacteurs actuellement en fonctionnement qui ont assuré 31 % de la production d'électricité en 2001.

La Belgique a fait de même le 1er mars en prévoyant de fermer ses sept réacteurs entre 2015 et 2025.

A l'opposé le président George W. Bush a décidé de relancer la construction de nouveaux réacteurs dès mai 2001 pour réduire la dépendance des Etats-Unis des importations énergétiques du Proche-Orient.

La Russie (29 réacteurs) s'est fixée pour objectif de doubler la part de l'énergie nucléaire (14 %) d'ici à 2015.

En Scandinavie le gouvernement finlandais a approuvé en janvier la construction d'un cinquième réacteur. La Suède qui avait voté en 1980 par referendum pour la sortie du nucléaire en 2010 vient de reporter de plusieurs dizaines d'années le démantèlement de ses 11 réacteurs.

 

Suède abandonne la date de 2010 pour l'abandon du nucléaire civil

La Suède n'en finit pas de tergiverser (Le Figaro du 20/03/02)

STOCKHOLM, 15 mars - Les sociaux-démocrates suédois ont abandonné la date de 201O pour l'abandon du nucléaire civil et présenté vendredi un nouveau programme calqué sur le modèle adopté en 2001 entre le gouvernement allemand et les grands groupes énergétiques et repoussant leur démantelement complet à 30 ou 40 ans.
Fruit d'un accord entre le gouvernement social-démocrate (minoritaire), les ex-communistes et les centristes, le texte présenté vendredi lors d'une conférence de presse par le ministre suédois de l'Economie et de l'Energie, Bjoern Rosengren, propose aux groupes énergétiques de négocier la date de fermeture des centrales et le volume d'énergie qu'elles seront habilitées à produire d'ici là.

Comme en Allemagne, le démantèlement de l'ensemble du parc nucléaire n'est pas attendu avant trente ou quarante ans, a averti M. Rosengren.

Conservateurs et libéraux, majoritairement favorables au nucléaire, sont opposés à cette mesure. Les Verts ont pour leur part dénoncé un "pas en arrière" de la politique nucléaire suédoise.

Les deux principaux producteurs d'électricité, Vattenfall et Sydkraft, se sont dits "ouverts à toute discussion" et ont au moins salué un début de réponse à l'avenir du nucléaire dans le royaume.

Le ministre a estimé qu'une solution adaptée aux conditions du marché - dérèglementé -, acceptée par les producteurs et négociée avec eux en prenant en compte des paramètres de rentabilité et d'emploi notamment, permettrait d'éviter les coûts financiers induits par un démantèlement arbitraire à une date arbitraire.

Ce revirement spectaculaire de la politique nucléaire suédoise tire un trait définitif sur l'approbation par référendum en 1980 de l'arrêt des 12 réacteurs en 2010, un projet qui était conditionné à la capacité de remplacement du nucléaire par des sources d'énergie plus écologiques et également rentables.

La part du nucléaire dans la production suédoise d'électricité est actuellement d'environ 50% et les experts estiment qu'elle ne passera pas en dessous des 44% en 2010 (31% pour la consommation totale d'énergie).

Idéalement, la production d'énergie renouvelable (centrales thermiques) devra augmenter de 10 térawatts/heures (TWh, milliard de kWh) en 2010 (soit 1,25 TWh/an contre 0,3 TWh actuellement). En cas de succès, l'objectif sera réhaussé à 15 TWh pour 2015, a indiqué M. Rosengren.

En revanche, la décision prise en 1997 par le parlement de fermer les deux réacteurs de Barsebaeck reste valable. Le premier réacteur, d'une puissance de 600 mégawatts, a été fermé en 1999 et le second réacteur pourrait être fermé en 2003, selon le ministre.

Les 10 réacteurs restants sont répartis entre les centrales de Forsmark (centre, trois réacteurs), Ringhals (sud-ouest, quatre) et Oskarshamn (sud-est, trois).

 

 

Le gouvernement belge ne parvient pas à concrétiser l'abandon du nucléaire

27/2/02 Le gouvernement belge n'a pas pu mardi soir traduire en texte de loi à présenter au parlement sa décision prise en 1999 de fermer les centrales nucléaires du pays à l'horizon 2025, a-t-on appris dans la nuit de mardi à mercredi de source gouvernementale.

Les principaux membres du gouvernement du Premier ministre Guy Verhofstadt ne sont pas parvenus, après plusieurs heures de discussion, à adopter le projet de loi prévoyant la fermeture entre 2014 et 2025 des sept centrales nucléaires belges défendu par le secrétaire d'Etat à l'Energie et au Développement durable, l'écologiste Olivier Deleuze.
Un groupe d'experts a été chargé de rédiger d'ici au prochain conseil des ministres, vendredi, une nouvelle version du texte.

"Les libéraux veulent donner aux opérateurs électriques le signal qu'ils peuvent continuer comme avant, que la Belgique n'a pas décidé de sortir du nucléaire, ce qui est inacceptable", a affirmé un responsable écologiste à l'issue de la réunion.
L'accord de gouvernement de juillet 1999, qui a porté au pouvoir la coalition "arc-en-ciel" (libérale-socialiste-écologiste), prévoit la "désactivation des centrales nucléaires dès qu'elles auront atteint l'âge de 40 ans". La mesure doit toutefois encore être traduite en texte de loi --et donc être approuvée par le gouvernement, puis par le parlement belge-- avant d'entrer en vigueur.

M. Deleuze avait affirmé récemment que "la sortie du nucléaire sera mise en oeuvre dans le cadre du respect des normes imposées par le protocole de Kyoto et de la sauvegarde des besoins économiques du pays". Les milieux industriels belges s'étaient toutefois élevés ces dernières semaines contre le projet jugé "hâtif" et "idéologique" du secrétaire d'Etat à l'Energie, ancien directeur de Greenpeace Belgique.
"Il n'y a pas de raison scientifique ou écologique, ni technique ou économique, qui justifie une décision en 2002 pour l'arrêt des centrales à partir de 2014", a affirmé dans un communiqué récent la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB).

"Seulement 20% au mieux de l'électricité pouvant provenir de +sources vertes+ (vent, soleil), seul le retour vers l'énergie fossile, plus polluante et contraire aux engagements de Kyoto, pourrait assurer l'approvisionnement adéquat de la Belgique", a déclaré la FEB.
Pour Eric Biérin, porte-parole d'Olivier Deleuze, "si des alternatives n'existent pas encore, c'est parce que les producteurs d'électricité ont tout misé sur le nucléaire".

"Le gouvernement compte réduire la demande en énergie durant la période qui nous sépare de la fermeture des centrales", a-t-il ajouté. Cela passerait par la mise en place d'incitants fiscaux favorisant l'adoption par les particuliers et par l'industrie de technologies plus économes en énergies, ainsi que par le développement de la co-génération gaz-électricité, a précisé M. Biérin.

 

(LE MONITEUR 25/02/02)
 Construction d'une 5ème centrale nucléaire en Finlande

Le gouvernement finlandais a décidé d'autoriser l'implantation d'une cinquième centrale nucléaire d'une capacité de 1500 MW à Olkiluoto ou Loviisa. La décision prise de développer le nucléaire contraste avec les décisions prises par les gouvernements voisins suédois et allemand d'arrêter la construction de centrales.

Il s'agit là de faire face au manque d'électricité dans le pays, d'autant plus que la consommation est amenée à augmenter de 20% d'ici 2005.

En 2000, l'électricité d'origine nucléaire a représenté 27% de la production totale d'électricité dans le pays, l'électricité hydraulique 18,2%, la biomasse 11,5%, le charbon 10,5% et le gaz naturel 10,1%.


Visaginas se bat pour garder sa centrale nucléaire, condamnée par l'UE

VISAGINAS (Lituanie), 10 fév - A Visaginas, petite ville perdue dans une région sauvage du nord-est de la Lituanie, réputée pour ses belles forêts et ses lacs, personne ne veut voir fermer la centrale nucléaire, de type Tchernobyl et dont l'UE exige la fermeture en échange de l'entrée de ce pays balte dans l'UE.

Fermer la centrale d'Ignalina, située à côté de Visaginas, risque d'être dangereux et d'augmenter le risque d'accidents, affirme son directeur, Viktor Sevaldin. Une telle décision risque en effet de "nuire au moral des employés", les rendant moins vigilants, et de "provoquer le départ anticipé des spécialistes", estime M. Sevaldin, qui a supervisé plusieurs projets de modernisation au cours des dix dernières années.

Déjà "un petit nombre d'experts sont partis vers les Etats-Unis, le Canada et la Russie", déclare-t-il.

A l'agence nucléaire lituanienne, on souligne le risque d'un exode d'experts vers des pays cherchant à acquérir la technologie nucléaire. "Nous nous sommes engagés à former des spécialistes uniquement à des fins pacifiques, mais ils ne devraient pas avoir de problèmes pour aller au Pakistan ou vers d'autres pays semblables", estime son président, Jonas Gylys.

L'Union européenne exige, pour terminer cette année les négociations d'adhésion à l'UE de la Lituanie et son entrée en 2004, que le gouvernement s'engage à fermer complètement la centrale d'ici 2009.

Mais, dans cette ville de 30.000 habitants construite au même momment que la centrale, il y un quart de siècle, et où le chômage atteint déjà 20%, la population ne cache pas sa colère à l'idée de la fermeture.

Les habitants de la ville ont déjà surnommé le bâtiment qui abrite l'unité chargée de la fermeture de la centrale "les pompes funèbres", et le centre d'information de l'UE ouvert début janvier a déjà vu sa vitre brisée par un habitant en colère.

Tous sont sceptiques quant aux assurances du gouvernement d'y attirer des investissements et dynamiser la ville.

"Beaucoup de gens quittent déjà la ville, mais le pire, c'est qu'en vendant un logement à Visaginas, on reçoit très peu d'argent", se plaint Ivan, 45 ans, ancien chef de chantier qui, après avoir perdu son travail, gagne sa vie comme chauffeur de taxi.

La majorité des 4.600 salariés de la centrale, venus de Russie avec leur famille aux débuts des années 1980 pour construire la centrale à l'époque où la Lituanie faisait partie de l'Union soviétique, semblent être résignés.

"Pendant un certain temps nous avons essayé de lutter contre la décision. Maintenant, nous attendons simplement de voir ce qui va se passer", avoue un opérateur de la centrale, Pavel Chalekij.

L'Union européenne a promis d'accorder une aide à la fermeture de la centrale, et a inscrit à ce titre 210 millions d'euros à son budget additionnel 2004-2006 pour la fermeture d'un premier réacteur.

Mais cette fermeture, officiellement promise pour 2005 par le gouvernement, pose déjà problème, car d'autres centrales de remplacement doivent d'abord être construites. La centrale d'Ignalina fournit en effet 70% de l'énergie électrique consommée par la Lituanie.

"On ne peut pas risquer de fonctionner sur un seul réacteur pendant l'hiver, Ignalina et la ville pourraient geler, ce qui entraînerait des risques pour la sécurité", explique M. Sevaldin.

La fermeture du deuxième réacteur avant 2009 semble être également un objectif ambitieux, ajoute-t-il. L'équipe chargée de la fermeture devra commencer par enlever tout le combustible non consommé du premier réacteur, et cela pourrait prendre jusqu'en 2011, estime-t-il.

 

Centrales nucléaires suisses: production d'électricité record en 2001

BERNE, 5 fev - Les cinq centrales nucléaires suisses ont enregistré une production d'électricité record de 25,3 milliards de kilowattheures (kWh) en 2001, a indiqué mardi l'Association suisse pour l'énergie atomique (ASPEA).

Les cinq centrales, Beznau I et II, Mühleberg, Gösgen et Leibstadt ont ainsi dépassé d'environ 1,3% la performance de l'an 2000, franchissant pour la 2ème année consécutive, le cap des 25 milliards de KWh, a-t-elle ajouté.

"Les résultats de production très élevés enregistrés ces dernières années reflètent l'état irréprochable du parc nucléaire suisse, et la qualité de la gestion d'exploitation de chaque installation", a commenté l'ASPEA.

Deux initiatives populaires anti-nucléaires (demandes de citoyens cherchant à obtenir l'organisation de référendums) ont été déposées, concernant l'une la prolongation du moratoire sur la construction de nouvelles centrales, et l'autre, la désaffectation progressive des centrales nucléaires.

En octobre 2000, le gouvernement suisse avait décidé de ne pas limiter la durée d'exploitation des cinq centrales du pays, en attendant de transmettre un projet d'une nouvelle loi sur l'énergie atomique.

Ce texte, actuellement discuté à la chambre haute du parlement, prévoit notamment que la mise en service de nouveaux réacteurs devrait être soumise à l'avenir à un référendum populaire, rejoignant une des revendications des anti-nucléaires.




Bush choisit le combustible nucléaire MOX

Suite aux accords sur le désarmement nucléaire, les USA et la Russie ont signé en septembre 2000, un accord pour réduire, de part et d"autre, leur stock de 34 tonnes de plutonium militaire. A ce titre le
département de l"énergie américain a annoncé son intention d"utiliser la totalité de ce plutonium en le recyclant dans du combustible MOX (combustible nucléaire à base d"uranium et de plutonium). Cette décision implique la construction d"une usine aux Etats-Unis sur la base de la technologie utilisée dans l"usine de fabrication de combustible MOX du groupe COGEMA, en France. Selon la COGEMA, la construction de l"usine devrait débuter en 2004 pour une mise en service prévue en 2007.

UNIVERS-NATURE 04/02/2002

 

 
Le Monde.fr 30/01/02

Vacances à Tchernobyl

Certains itinéraires promettent une visite du cimetière des déchets de la catastrophe | GammaEnvie de vacances ?
Lassés des traditionnelles destinations touristiques, du bronzage en Martinique ou des balades sur les canaux de Venise ? Il existe maintenant une alternative particulièrement chaude que le Sunday Herald s'est empressé de relater. New Men Travel, une agence touristique de Kiev, en Ukraine, propose de visiter la centrale de Tchernobyl, dont l'un des réacteurs a explosé le 26 avril 1986, provoquant la plus grande catastrophe nucléaire de tous les temps.

Rassurez-vous, compteurs Geiger et combinaisons de protection sont fournis. Le prix du frisson est de 460 dollars pour un tour des vestiges les plus dangereux du site contaminé, en voiture privée et accompagné d'un guide parlant l'anglais. Il en coûtera 340 dollars pour un tour en minibus. Plus collectif, il permet aussi de partager angoisses et appréhensions.

L'agence a tout prévu : cinq itinéraires sont proposés. Ils commencent tous dans la zone d'exclusion, un cercle de sécurité de 30 km autour de la centrale. La visite de base comprend la présentation d'une maquette de Tchernobyl et se conclut par quelques minutes sur un balcon avec vue sur le sarcophage qui recouvre le bloc-réacteur numéro 4 de la centrale. Pour les amateurs de ville fantôme, un tour dans la ville de Pripiat, qui jouxte la centrale, est proposé. Impression inoubliable et solitude garantie : les 50 000 habitants ont été évacués. Pour ceux qui en veulent plus, New Men Travel offre des services particuliers. Certains itinéraires promettent, par exemple, de visiter le cimetière des déchets de la catastrophe. Pour ceux qui ont un fort appétit, Dimitri Osyka, directeur de l'agence, organise des repas à la centrale.

Le coût des visites est en réalité beaucoup plus élevé que ne l'annonce l'agence touristique. Un an après la fermeture définitive de la centrale de Tchernobyl, celle-ci reste toujours une sérieuse menace. Shaun Burnie, un activiste qui a participé aux campagnes antinucléaires de Greenpeace et qui a visité la centrale, n'en recommande pas la visite "Chaque personne qui se rend (sur le site) prend un risque", rapporte le Sunday Herald.

Malgré une aide de 2,3 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros) fournie par l'Occident à Kiev pour sécuriser le site, à tout moment, le sarcophage, monté à la va-vite après la tragédie, menace de s'effondrer et de libérer à l'air libre un magma hautement radioactif de 160 tonnes. La radioactivité qui continue à s'échapper des failles du monstre nucléaire a déjà provoqué une épidémie de cancers de la thyroïde en Ukraine et en Biélorussie.

Ceux qui souhaiteraient toutefois se frotter à l'atome peuvent contempler à moindre risque, depuis l'autoroute du Soleil, l'imposante centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche, qui, elle, est fiable nous assure EDF.

Edouard Pflimlin



Moscou veut doubler la part de l'énergie nucléaire d'ici 2015

MOSCOU, 29 jan - La Russie doit doubler d'ici 2015 la part du nucléaire dans sa production totale d'énergie, notamment en raison du coût trop élevé du gaz, a indiqué mardi l'adjoint au ministre russe de l'Energie atomique Boulat Nigmatouline.

"Nous croyons que la part des centrales nucléaires dans la production d'énergie en Russie devrait doubler d'ici 2015 et constituer 30% à 35% du total", a déclaré M. Nigmatouline lors d'une conférence de presse, soulignant que les autorités russes "travailleraient dans cette direction".

"Le temps du gaz bon marché et principale source d'énergie est terminé", a-t-il ajouté, regrettant le gel de la construction des réacteurs nucléaires de Kalinine, Balakovo, Rostov et Koursk, "où deux milliards de dollars avaient été investis".

"Il faut poursuivre leur construction", a affirmé le responsable.

Dans le cadre de cette politique, le ministre de l'Energie atomique Alexandre Roumiantsev et le gouverneur de Saratov Dmitri Aïatskov ont signé mardi une déclaration d'intention sur la construction de deux nouveaux réacteurs à la centrale de Balakovo.

Le premier doit entrer en service en 2006 et le second en 2010, ont-ils annoncé, précisant que leur construction coûterait 25 milliards de roubles (environ 800 millions de dollars).

La Russie a en outre annoncé en novembre qu'elle remettrait à niveau onze centrales nucléaires d'ici 2005 pour prolonger leur durée de vie.

Ces mesures devraient permettre d'économiser annuellement 52 milliards de mètres cubes de gaz naturel jusqu'en 2005, puis 65 milliards de m3 par an entre 2005 et 2010.




Réacteur nucléaire pour la Birmanie: prochaine décision de Moscou (ministère)

MOSCOU, 23 jan - Le ministère russe de l'Energie atomique a indiqué mercredi que son projet de livraison d'un réacteur nucléaire à la Birmanie sera bientôt examiné par le gouvernement, selon les agences russes.

"Le projet a été coordonné avec d'autres agences et le gouvernement (russe) pourrait l'approuver dès ce trimestre. Le ministère de l'Energie atomique démarrera le projet d'ici trois ou quatre ans", a déclaré une source au ministère russe citée par Interfax.

Le vice-ministre birman des Affaires étrangères, Khin Maung Win, avait annoncé lundi que la Birmanie avait informé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de son intention de se doter d'un réacteur nucléaire qui serait utilisé "à des fins pacifiques".

Le réacteur envisagé est du type à eau légère et d'une puissance de 15 mégawatts, selon une source au ministère russe citée par Ria-Novosti, qui a ajouté que "le réacteur sera utilisé à des fins de recherche scientifique et pour produire de l'énergie électrique".

Environ 200 scientifiques birmans reçoivent actuellement une formation en technologie nucléaire en Russie, selon de bonnes sources à Rangoun.

"Myanmar (la Birmanie) est membre de l'AIEA, qui contrôlera donc tout le travail dans ce pays d'Asie", a indiqué le service de presse du ministère russe de l'Energie atomique, cité par Interfax.


Moscou aidera Sofia à maintenir en vie sa centrale nucléaire de Kozlodouï

MOSCOU, 23 jan - La Russie apportera son aide à la Bulgarie pour prolonger l'exploitation de quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Kozlodouï, a déclaré mercredi le ministère russe de l'Energie atomique cité par Itar-Tass, alors que l'Union européenne (UE) souhaite leur fermeture rapide.
"La durée d'exploitation des réacteurs expire en 2001, 2003, 2005 et 2006", a précisé le service de presse du ministère (Minatom), ajoutant que la question avait été abordée lors d'une rencontre à Moscou du ministre bulgare de l'Economie Nikolaï Vassilev avec le ministre russe de l'Energie atomique Alexandre Roumiantsev.

La centrale nucléaire de Kozlodouï, considérée comme l'une des plus dangereuses d'Europe, dispose de quatre tranches anciennes, de conception soviétique.

Selon un accord avec l'UE, la Bulgarie s'est engagée à arrêter les tranches 1 et 2 avant 2003. Des négociations sont en cours pour les tranches 3 et 4, que l'UE souhaite voir arrêter avant 2006.

"La partie bulgare compte beaucoup sur cette aide et sur le fait que la Russie défendra cette position devant l'Union européenne, d'autant plus que le Minatom russe a l'exemple d'une réussite importante avec sa centrale de Novovoronej (sud de Moscou), où la durée d'exploitation des tranches a été prolongée de 15 ans", a déclaré le service de presse du ministère.

La Bulgarie estime que les tranches 3 et 4 peuvent fonctionner "de façon fiable et sûre" jusqu'à 2010-2012, à l'issue d'un programme de modernisation, avait expliqué la direction de la centrale en novembre dernier.


Pierret: les Français vont payer plus cher l'électricité

PARIS, 22 jan - Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Christian Pierret a affirmé mardi que l'électricité allait coûter plus cher au consommateur car l'application de la directive européenne prévoyant notamment le développement des énergies renouvelables "aura un coût".
"La directive européenne nous impose de porter à 21% la part des énergies renouvelables dans la production d'énergie. Nous allons le faire. Cela aura un coût, dont EDF aborbe une partie. On va payer l'électricité plus cher", a-t-il dit lors de la présentation de ses voeux à la presse.

Il a notamment précisé que le développement de ces énergies nécessitait des dépenses importantes dans la recherche.

L'Etat s'est engagé dans le cadre de la directive européenne de septembre 2001 à porter à 21% en 2010 (contre 15% en 1997) la part des énergies renouvelables (éolienne, solaire, hydraulique et autres) dans sa production d'électricité. 15% d'énergie d'origine hydraulique sont déjà produits et la France doit en en fait augmenter son "énergie verte" de 6%.

Selon l'Agence de l'environnement et la maîtrise de l'énergie (Ademe), la France devra avoir installé en 2010 14.000 MW d'énergie renouvelable. En 2000, seuls 69 MW d'énergie éolienne sont produits.



Le gouvernement finlandais approuve la construction d'un réacteur

HELSINKI, 17 jan - Le gouvernement finlandais a approuvé jeudi une proposition controversée des milieux industriels de construire un 5e réacteur nucléaire dans le pays, malgré l'opposition de plusieurs membre de la coalition gauche-droite au pouvoir, dont les Verts.

Le parlement devrait maintenant se prononcer sur la question dans les prochains mois.

"Le gouvernement a décidé, par 10 voix pour et 6 contre, d'approuver la proposition", a indiqué le porte-parole du ministère du Commerce et de l'Industrie, Mme Jenni Hakala.

28% de l'électricité produite en Finlande est actuellement d'origine nucléaire. Cette proportion passerait à 35% avec un 5e réacteur, a-t-elle ajouté.

Cette proposition de construire un nouveau réacteur nucléaire remonte aux années 1980, mais avait été enterrée après la catastrophe de Tchernobyl.

Les experts finlandais ont ces dernières années mis en garde contre la menace d'une pénurie d'énergie si aucune nouvelle centrale électrique n'était construite, en raison du fort développement du pays dans la décennie écoulée.

Un récent sondage a montré que 57% de la population de ce pays relativement plat, dont la principale ressource naturelle est le bois, était favorable au nucléaire, si cela peut diminuer les émissions de dioxyde de carbone (CO2).

Selon une consultation informelle parmi les parlementaires finlandais, le projet devrait être adopté à une faible majorité.

Un certain nombre de pays européens, notamment la Suède et l'Allemagne, se préparent au contraire à sortir du nucléaire.

 

 

Les Etats-Unis évoquent la reprise d'essais nucléaires souterrains

WASHINGTON, 8 jan - Le gouvernement américain envisagerait la possibilité de reprendre des essais nucléaires souterrains afin de maintenir la fiabilité et la sécurité de son arsenal nucléaire stratégique, rapporte mardi le Washington Post.

La reprise éventuelle de ces essais doit être évoquée mardi devant le Congrès par l'administration du président George W. Bush qui doit définir les grandes lignes de ses plans stratégiques nucléaires, indique le quotidien.

Le Washington Post, citant la Nuclear Posture Review, une revue contenant des informations hautement confidentiels sur ce sujet, souligne que les Etats-Unis, comme l'a proposé le président Bush, vont réduire, au cours des dix prochaines années, de 6.000 environ les ogives nucléaires à approximativement 1.700 à 2.100.

"On ne veut pas dire qu'on va reprendre les essais", a déclaré au Washington Post un responsable du Département à l'Energie, "on veut avoir l'option de le faire si on trouve que cela est nécessaire".

L'ancien président George Bush, le père de l'actuel président des Etats-unis, avait imposé un moratoire sur les essais nucléaires souterrains en 1992, qui, jusqu'à présent, a été maintenu.


La question du moratoire US sur les essais nucléaires resurgit

WASHINGTON - Le chef du Pentagone, Donald Rumsfeld, a souligné mardi la nécessité pour Washington de s'assurer que ses armes nucléaires sont "sûres et fiables", tout en réaffirmant l'engagement des Etats-Unis à respecter un moratoire sur les essais.

La question du moratoire, que les Etats-Unis appliquent depuis une décision de George Bush père en 1992, a resurgi par le biais d'une note du Pentagone au Congrès, interprétée par le Washington Post
comme un indice de la volonté de l'administration Bush de relancer à terme les essais.

Cette note, selon un assistant du Congrès, préconise d'accélérer la procédure de reprise des essais au cas où ceux-ci s'avéreraient de nouveau nécessaires. Cette procédure, en l'état actuel, prendrait de deux à trois ans.

Donald Rumsfeld a souligné que ce rapport "ne recommandait absolument pas (la reprise) des essais nucléaires", qui provoquerait sans aucun doute un tollé international.

Mais le chef du Pentagone a ajouté: "Tout pays possédant des armes nucléaires (...) a pour responsabilité de s'assurer qu'elles sont sûres et fiables".

"Notre préférence va évidemment à une procédure qui ne nécessite pas d'essais. C'est pour cela que le président (George Bush) a conclu que, pour l'instant, c'est le cas", a-t-il dit.


La Chine en passe de relancer son programme nucléaire civil

PEKIN, 7 jan - La Chine a annoncé lundi avoir entamé les travaux préliminaires de construction d'une nouvelle centrale nucléaire dans l'est de la Chine, après plusieurs années de tergiversations sur le développement du nucléaire civil chinois.

L'agence officielle Chine nouvelle a précisé que des travaux préliminaires -qui inclueront notamment la construction d'une route de 3,4 kilomètres et le nivellement de trois collines- avaient débuté sur le site de la centrale de Sanmen, située dans la province du Zhejiang (est).

La centrale, qui devrait compter quatre réacteurs de 1.000 megawatts chacun, coûtera 25 milliards de yuans (3,02 milliards de dollars) au total, a encore indiqué l'agence, sans autre précision.

"C'est une bonne nouvelle" a commenté un expert nucléaire étranger, qui a estimé qu'elle allait dans le sens d'une relance du programme nucléaire civil chinois.

Ce programme fait depuis deux ans l'objet d'un vaste débat interne, qui a mis à rude épreuve les nerfs des groupes étrangers intéressés par le développement de ce secteur.

Le mois dernier, le président de la compagnie nationale de l'énergie nucléaire (CNNC), Li Dingfan, avait relancé la discussion en militant énergiquement pour la construction de la centrale nucléaire de
Sanmen, non loin du premier réacteur nucléaire de 300 mégawatts -entièrement chinois- entré en service à Qinshan en 1991. Les autorités de Pékin n'ont toutefois pas encore donné leur feu vert définitif à la construction de cette centrale.

La Chine dispose actuellement de deux centrales nucléaires en service, l'une à Qinshan et l'autre à Daya Bay (sud), construite en coopération avec des sociétés françaises.

Huit autres réacteurs sont en cours de construction, dont quatre à Qinshan avec la collaboration d'entreprises françaises et canadiennes, deux à Ling'ao (avec des entreprises françaises) dans la province méridionale du Guangdong, juste à côté de Daya Bay, et deux réacteurs russes destinés à la centrale de Tianwan dans la province du Jiangsu (est).

Mais alors que les industriels étrangers s'attendaient à ce que le Xe plan quinquennal (2001-2005), rendu public en mars dernier, donne le feu vert à six nouveaux réacteurs à eau pressurisée de 1.000 MGW, celui-ci s'est contenté d'évoquer un développement "approprié" de l'énergie nucléaire, sans fournir jusqu'à présent d'indications sur les projets concernés.

Selon des informatons obtenues de source industrielle, seuls quatre réacteurs pourraient finalement être inscrits au Xème plan, deux à Sanmen et deux nouvelles tranches à Ling'ao où Framatome, allié à
Electricité de France (EdF) et Alstom, participe à la construction des deux premières tranches. Le feu vert définitif des autorités devrait, ajoute-t-on de même source, intervenir dans les prochaines semaines.

La part de l'énergie nucléaire dans l'électricité produite en Chine ne dépasse guère 1% actuellement, un chiffre qui devrait passer à 3% après la mise en service des huit réacteurs construitss actuellement.

Seules les régions développées du sud ou de l'est de la Chine, grandes consommatrices d'énergie, ont jusqu'à présent obtenu le droit de construire des centrales nucléaires.

Les autorités préfèrent pour l'instant encore développer l'énergie thermique (pour utiliser les énormes réserves de charbon du pays), mais également hydraulique, dans l'ouest déshérité du pays, et interconnecter l'ensemble du réseau électrique chinois.

 


Le Parisien du 17/12/01

Chine: appels pour une relance du nucléaire civil

Face à l'attentisme de Pékin dans le domaine du nucléaire civil, les responsables de cette industrie chinoise ont appelé les autorités à relancer le programme nucléaire du pays et à donner le feu vert à la construction d'une nouvelle centrale dans l'est.

Alors que les autorités n'en finissent plus de débattre de leur programme nucléaire civil, mettant à rude épreuve les nerfs des groupes étrangers intéressés par le développement de ce secteur, le président de la compagnie nationale de l'énergie nucléaire (CNNC), Li Dingfan, a fait l'apologie de l'énergie nucléaire. "L'énergie nucléaire est propre, sûre et efficace", a-t-il déclaré, cité par le quotidien de langue anglaise China Daily, avant de militer pour la construction d'une centrale nucléaire de 2.000 mégawatts à Sanmen, dans la province orientale du Zhejiang, non loin du premier réacteur nucléaire de 300 mégawatts -entièrement chinois- entré en service à Qinshan en 1991.

De son côté, le directeur-général de la compagnie nucléaire de Qinshan, Yu Peigen, a demandé aux autorités de soutenir plus efficacemment l'industrie nucléaire chinoise en lui accordant des conditions privilégiées. "Un enfant a besoin d'une main pour l'aider à marcher avant qu'il ne puisse courir", a-t-il dit, cité par China Daily.

La Chine dispose actuellement de deux centrales nucléaires en service, l'une à Qinshan et l'autre à Daya Bay au sud, construite en coopération avec des sociétés françaises. Huit autres réacteurs sont en cours de construction, dont quatre à Qinshan avec la collaboration d'entreprises françaises et canadiennes, deux à Ling'ao (avec des entreprises françaises) dans la province méridionale du Guangdong, juste à côté de Daya Bay, et deux réacteurs russes destinés la centrale de Tianwan dans la province du Jiangsu à l'est.

La mise en service de ces réacteurs devrait permettre à la Chine de faire passer la part de l'énergie nucléaire dans l'électricité totale produite en Chine de 1% actuellement à 3% en 2006. Mais alors que les industriels étrangers s'attendaient à ce que le Xème plan quinquennal (2001-2005), rendu public en mars dernier, donnerait le feu vert à six nouveaux réacteurs à eau pressurisée de 1.000 MGW, celui-ci s'est contenté d'évoquer un développement "approprié" de l'énergie nucléaire, sans fournir d'indications sur les projets concernés.

L'attentisme de la Chine s'explique par la volonté des autorités de développer l'énergie thermique, pour utiliser les énormes réserves de charbon du pays, mais également hydraulique dans l'ouest déshérité du pays et d'interconnecter l'ensemble du réseau électrique chinois.

Seules les régions développées du sud ou de l'est de la Chine, grandes consommatrices d'énergie, ont jusqu'à présent obtenu le droit de construire des centrales nucléaires. Selon les experts, seulement quatre nouvelles tranches de 1.000 MGW chacune, dont deux à Qinshan et deux tranches à Ling'ao pourraient, aux dernières nouvelles, recevoir le feu vert dans le cadre du Xème plan quinquennal.

Framatome, allié à Electricité de France (EdF) et Alstom, qui participe à la construction des deux premières tranches à Ling'ao, dont la première doit être raccordée au réseau l'été prochain, sera sur les rangs pour ces nouveaux projets. Mais la concurrence devrait être particulièrement rude, la Chine réclamant que les projets soient non seulement compétitifs mais compportent des parts croissantes de localisation.




Usine flottante de retraitement de déchets nucléaires

VLADIVOSTOK (Russie), 22 nov - Une usine flottante de retraitement de déchets nucléaires dont la construction a été financée par le Japon a été ouverte jeudi dans le village de Bolchoï Kamen (région de Primorié, Extrême-Orient russe).
L'usine "Landych" (Muguet), placée sur une barge et dont la construction a coûté 40 millions de dollars au gouvernement japonais, pourra retraiter jusqu'à 7.000 mètres cubes de déchets radioactifs liquides par an issus des sous-marins nucléaires russes hors service, a indiqué à l'AFP l'administration de Primorié.

Les Japonais qui s'étaient inquiétés à plusieurs reprises de l'existence de déchets nucléaires russes risquant de polluer la mer du Japon ont conclu un accord avec la Russie sur la construction d'une telle usine en 1993.

 



Signature d'un accord bilatéral franco-américain de recherche nucléaire

WASHINGTON, 10 juil - Les Etats-Unis et la France ont conclu un accord visant à co-financer des recherches franco-américaines dans des réacteurs nucléaires de nouvelle génération, a annoncé mardi le secrétariat américain à l'Energie.

L'accord a été signé par le secrétaire américain à l'Energie (DOE), Spencer Abraham, et le président du Commissariat français à l'Energie Atomique (CEA), Pascal Colombani.

Les fonds financeront également des travaux de recherche sur le recyclage des combustibles nucléaires.

Cet accord bilatéral fait suite aux recommandations de l'administration Bush pour mettre au point de nouvelles technologies en matière de réacteur nucléaire, a-t-on précisé de source américaine.

"Un système moderne d'énergie nucléaire offre une alternative propre pour l'environnement dans la production mondiale d'énergie de l'avenir", a déclaré Spencer Abraham.

"Cet accord démontre le ferme engagement de la France et des Etats-Unis à investir leurs savoir-faire et ressources au co-développement de systèmes nucléaires sûrs, économiques et évitant la prolifération des matières fissibles", a-t-il ajouté.

Le responsable américain a aussi exprimé l'espoir que cette recherche accélérerait le déploiement d'un système d'énergie nucléaire dit de 4ème génération d'ici 2030, voire avant.

Outre les Etats-Unis et la France, sept autres pays participent au projet de recherche conjoint. Il s'agit de l'Argentine, du Brésil, du Canada, du Japon, de l'Afrique du Sud, de la Corée du Sud et du Royaume Uni.

 


Le nucléaire, une solution «propre et sûre»
Les pannes d'électricité de cet hiver en Californie (USA) et les défaillances du nucléaire.

Washington (18/05/2001)

Le modèle français inspire les Etats-Unis, mais leur programme reste flou. Dans la soirée du 18 décembre 2000, alors que Jacques Chirac était à Washington pour une dernière rencontre avec Bill Clinton, encore en exercice, le président élu George W. Bush avait accepté d'aller discrètement prendre un verre avec son futur collègue français, à la résidence de l'ambassadeur François Bujon de l'Estang, Kalorama Road. De quoi allaient-ils parler? A la surprise des Français présents, l'une des premières questions posées par l'actuel président à Chirac a porté sur la stratégie nucléaire de la France et son système de retraitement. «Visiblement, la question le taraudait déjà», raconte un participant. La dernière centrale construite aux Etats-Unis a été commandée en 1973, et depuis l'accident de la centrale de Three Mile Island, en 1979, aucune administration n'a osé remettre le sujet du nucléaire sur la table. Hier, trois mois après sa rencontre avec Jacques Chirac, c'est en citant en exemple la France, que George W. Bush a brisé le tabou du nucléaire. «La France, notre amie et alliée, tire 80 % de son électricité du nucléaire», a-t-il déclaré.

Réaction des écolos. Dans le rapport sur l'énergie qu'elle a rédigé, la task force de Dick Cheney prévoit de faciliter les démarches pour la construction de nouvelles centrales nucléaires, de désigner un lieu de stockage des combustibles usés, mais aussi d'explorer la piste d'une filière de retraitement de ces derniers. Un programme encore flou, mais qui marque un vrai virage stratégique. Les pays producteurs de nucléaire, comme la France ou la Grande-Bretagne, saluent «l'excellente nouvelle»: «Avec l'appui des Etats-Unis, disait hier un expert, le nucléaire va retrouver une dynamique et une crédibilité.» La coopération internationale, ajoute-t-il, va s'accroître «notamment en matière de recherche-développement et de définition de standards communs».

Les associations environnementales, elles, s'étranglent. «C'est proprement incroyable! Le nucléaire est une énergie dépassée, antiéconomique et dangereuse, accuse l'expert nucléaire de Greenpeace à Washington, Tobias Muenchmeyer. Ce qui est le plus choquant, c'est la volonté de la nouvelle administration d'explorer la possibilité de retraiter indéfiniment les déchets»

Problème du combustible. Mais sur le nucléaire, les arguments des écologistes se sont émoussés: c'est en effet une énergie qui n'aggrave pas le problème numéro un de l'environnement, à savoir le réchauffement de la planète. Les républicains jouent à fond de cet argument. «Si nous voulons être sérieux en matière de protection de l'environnement, alors nous devons sérieusement nous interroger sur les raisons qui nous poussent à rejeter une énergie qui s'est révélée propre, sûre et très abondante», avait déjà lancé le mois dernier Dick Cheney, évoquant pour la première fois le sujet, et laissant entendre que de nouvelles licences seraient délivrées. Dans l'immédiat, la relance du nucléaire bute sur le problème des combustibles usés. Aucun industriel du nucléaire n'osera se lancer sans avoir l'assurance de pouvoir se débarrasser de ces derniers. Le problème, c'est que personne ne veut les héberger. Jusque-là, les cent trois centrales américaines - qui constituent le plus grand parc du monde et assurent 20 % de l'énergie du pays - stockent ces combustibles dans leurs piscines de refroidissement: elles en ont déjà accumulé 42 000 tonnes, et le stock s'enrichit de 1 700 tonnes par an.

Stockage. L'administration étudie depuis le début des années 1980 les lieux où les entreposer dans des conditions de sécurité maximale. C'est Yucca Mountain, à 80 km au nord ouest de Las Vegas, dans le désert, qui est considérée comme le site le plus approprié. La décision devrait être prise à la fin de l'année, malgré les protestations de plus en plus bruyantes des habitants de l'Etat du Nevada. Dans l'esprit des républicains, la relance de la discussion sur le retraitement, abandonnée depuis vingt ans, est aussi un moyen de manifester leur volonté de réduire, à terme, le volume des déchets. Mais ce débat-là est loin d'être mûr.

Libération
PASCAL RICHÉ

 

La Tribune17/05/2001

La seconde vie de l'atome américain

Il va devenir plus facile de construire une centrale nucléaire aux Etats-Unis. Mais pour inciter les compagnies d'électricité à réinvestir dans l'atome, l'administration Bush doit d'abord trouver une solution au problème des combustibles usés.

Il aura donc fallu vingt-deux ans aux responsables politiques américains pour tourner la page de la catastrophe de Three Mile Island. Jamais, depuis cet accident survenu sur le réacteur d'une centrale de Pennsylvanie, une installation nucléaire n'a vu le jour aux Etats-Unis. Traditionnel tabou de la politique énergétique américaine, le développement de la filière atomique apparaît pourtant, aux yeux de la nouvelle administration, comme une solution toute indiquée aux problèmes d'approvisionnement électrique dont souffre le pays. Pendant sa campagne présidentielle, George W. Bush a commencé par tester les réactions de son auditoire en déclinant les avantages du nucléaire. Cadre législatif. L'équipe constituée autour du vice-président américain, Dick Cheney, a pris le relais ces derniers mois, en liant de plus en plus souvent les efforts entrepris pour lutter contre l'effet de serre au renouveau de l'industrie nucléaire nationale. Sans surprise, le nouveau « mix » énergétique dessiné par l'hôte de la Maison-Blanche vise donc à augmenter la contribution du parc nucléaire américain, qui n'assure aujourd'hui que 20 % de la production nationale d'électricité. Pour y parvenir, l'administration Bush mise avant tout sur l'assouplissement du cadre législatif. Délivrés par les Etats, les permis de construction et les licences d'exploitation sont tellement longs et difficiles à obtenir qu'il est pratiquement impossible, aujourd'hui, de se lancer dans la construction d'une centrale nucléaire. Les opérateurs les plus motivés ont tenté, ces dernières années, de contourner l'obstacle en demandant la prolongation de leur licence d'exploitation. Mais là encore, la procédure s'avère extrêmement longue et coûteuse. Pour obtenir l'allongement de la durée de vie de la centrale de Calvert Cliffs, dans le Maryland, l'électricien Constellation Energy a dû batailler pendant dix ans et débourser près de 20 millions de dollars ! Un certain nombre d'incertitudes techniques devront également être levées par la nouvelle équipe présidentielle. A commencer par le renouvellement du Price-Anderson Act, qui limite la responsabilité des opérateurs en cas d'accident nucléaire, et arrive à échéance en août 2002. George W. Bush le sait bien : aucun électricien ne s'engagera sur ce terrain sans avoir l'assurance de voir renouveler ce texte de loi.

Déchets encombrants. Un autre défi, encore plus important, attend le président américain. Celui des déchets nucléaires, dont le sort n'est toujours pas décidé. Depuis l'abandon, en 1977, du retraitement des combustibles irradiés, les opérateurs de centrales nucléaires se contentent d'accumuler leurs déchets sur les sites de production. En attendant que les autorités ouvrent le site de Yucca Mountain, dans le Nevada, pour l'entreposage définitif des combustibles usés. Cette option s'est toujours heurtée, jusqu'à présent, à l'opposition farouche des élus locaux, toutes tendances politiques confondues. Pour construire de nouvelles centrales, les compagnies d'électricité auront besoin du soutien des marchés financiers. Or, les investisseurs ont horreur des incertitudes. Ils attendent de Washington un engagement concret, et sur le long terme, en faveur du nucléaire. De ce point de vue, la question des déchets est donc primordiale. Le président Bush souhaite y répondre avant la fin de l'année.

Three Mile Island :
* 1er feuilletons
* 2e feuilletons
* 3e feuilletons

sur les enregistrements des menbres de la Commission de Réglementation Nucléaire (NRC)




Le monde compte 438 centrales nucléaires en activité, selon l'AIEA
(le promoteur exclusif du nucléaire dans le monde)

VIENNE, 3 mai - Le monde compte 438 centrales nucléaires en activité, qui fournissent 16% de la demande mondiale d'électricité et dont 83% de la production est concentrée dans les pays industrialisés, a annoncé jeudi l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA).
La France arrive en tête des dix pays
les plus dépendants de l'énergie nucléaire, avec un taux de dépendance de 76,3%, devant la Lituanie (73,7%), la Belgique (56,8%), la Slovaquie (53,4%), l'Ukraine (47,3%), la Bulgarie (45%), la Hongrie (42,2%), la Corée du sud (40,7%), la Suède (39%) et la Suisse (38,2%).
L'Europe occidentale compte 150 réacteurs nucléaires, et leur nombre ne devrait pas varier notablement dans les prochaines années, estime l'AIEA, rappelant que les 118 réacteurs nord-américains fournissent 20% de l'électricité aux Etats-Unis et 12% au Canada.
Le Proche-Orient et l'Asie, qui comptent 94 réacteurs, sont en revanche engagés dans un développement résolu de l'énergie nucléaire, "particulièrement en Chine, Inde, Corée du sud et Japon", selon l'Agence.
Six centrales ont été connectées au réseau en 2000, dont trois en Inde, une au Pakistan, une au Brésil et une en République tchèque.
Un total de 31 réacteurs nucléaires sont en cours de construction, dont deux au Japon et un en Chine dont la consctrution a débuté l'an dernier.



Mururoa: aucun effondrement de l'atoll, selon les experts nucléaires français

PARIS, 1er mars - Les essais nucléaires menés par la France pendant trente ans à Mururoa, en Polynésie française, n'ont pas provoqué d'effondrement de l'atoll, et les mouvements géologiques observés à l'époque sont aujourd'hui stabilisés, a-t-on indiqué jeudi au Commissariat à l'énergie atomique (CEA).
Les autorités de Nouvelle-Zélande avaient indiqué le même jour qu'elles allaient demander des explications à la France, à la suite d'informations de presse faisant état de risques d'affaissement de l'atoll, fragilisé par les essais nucléaires menés entre 1966 et 1996. Le ministre néo-zélandais du Désarmement, Matt Robson, a indiqué que si ces informations étaient exactes, elles venaient justifier les inquiétudes permanentes de son pays sur les essais nucléaires français.

Les expérimentations souterraines ont accéléré les mouvements naturels de la structure géologique de l'atoll, mais ce mouvement est aujourd'hui stabilisé et ne touche pas au soubassement volcanique, a-t-on expliqué au CEA, rappelant que ces indications ont déjà fait l'objet d'une large diffusion.

"Il n'y pas du tout d'enfoncement de l'atoll, l'édifice volcanique ne bouge pas", a déclaré Jacques Bouchet, responsable du département analyse, surveillance, environnement de la direction des applications militaires du CEA.

Les explosions ont eu pour effet de générer des ondes sismiques se propageant vers la surface et vers les flancs de l'atoll. "Quand l'onde verticale se propage vers le haut, elle soulève la partie supérieure de la couronne corallienne. Quand ces couches retombent, elles se compactent et provoquent un phénomène de tassement", selon l'expert du CEA.

Ce phénomène est toutefois limité géographiquement (à l'aplomb des lieux d'expérimentation) et dans le temps. "Le phénomène s'est produit instantanément, dans les minutes suivant l'explosion. Le mouvement ne se poursuit pas, toutes les mesures confirment qu'il n'y a pas d'évolution", a estimé le scientifique.

Les essais ont provoqué d'autre part une accélération du mouvement naturel vers l'océan des parties externes superficielles dans la zone nord-est. "Les ondes sismiques horizontales ont eu des effets sur les flancs de l'atoll, en ouvrant des fractures préexistantes", selon M. Bouchet.

Il s'agit d'un mouvement très lent de la partie externe de la barrière corallienne vers l'océan. Ce mouvement n'est pas totalement arrêté. "Il était de l'ordre de 5 mm par mois il y a dix ans. Aujourd'hui, il est dix fois plus faible et toutes les mesures dont on dispose montrent que le mouvement se ralentit tellement qu'il devient difficile à mesurer", a assuré l'expert du CEA.

Une nouvelle campagne de mesures doit être menée dans l'atoll du Pacifique à la fin de 2001.

------> Commission d'enquête sur les essais nucléaires en Polynésie française

------> Un décès "politiquement non correct"

------> Mururoa et l'emploi


Taipei accepte la reprise de la construction de la centrale nucléaire

TAIPEI, 13 fév - Le gouvernement taiwanais a accepté mardi de reprendre la construction d'un centrale nucléaire sur l'île frappée le 21 septembre 1999 par un séisme d'une magnitude 7,6 sur l'échelle de Richter, mettant ainsi un terme à une bataille politique avec l'opposition qui domine au Parlement.

Le Premier ministre Chang Chun-hsiung est parvenu à un accord avec le président de la chambre Wang Jin-pyng qui avait été mandaté par la majorité des députés pour négocier.

Par 134 voix contre 70, le parlement avait décidé le 31 janvier la reprise de la construction de cette centrale nucléaire dont les travaux avaient été interrompus par le Premier ministre trois mois auparavant.

Les députés avaient ainsi annulé la décision du gouvernement désigné par le président Chen Shui-bian de stopper ce projet de 5,6 milliards de dollars devant équiper l'île d'une quatrième centrale nucléaire.

La chambre s'était saisie de ce dossier en raison du jugement rendu par la plus haute instance judiciaire du pays considérant comme inconstitutionnelle la décision du gouvernement du Premier ministre prise le 27 octobre.

En octobre, M. Chang avait justifié l'abandon de la construction déjà commencée de cette centrale nucléaire au nom de la défense de l'environnement.


La Russie entend construire 40 réacteurs nucléaires d'ici 2020

MOSCOU, 30 jan - La Russie entend construire 40 nouveaux réacteurs nucléaires d'ici 2020 pour faire face à une éventuelle "crise énergétique, a annoncé mardi un vice-ministre de l'Energie atomique Boulat Nigmatouline lors d'une conférence de presse.

"Nous sommes en retard de 20 ans. Ces réacteurs auraient dus être construits avant 2000", a expliqué M. Nigmatouline à l'AFP.

Selon lui, la construction de ces réacteurs nucléaires avait été prévue dans les années 80 et gelée dans les années 90.

Un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986, causant le plus grave accident de l'histoire du nucléaire civil.

La Russie compte actuellement 29 réacteurs nucléaires sur neuf centrales.

"La partie européenne de la Russie sera bientôt confrontée à un déficit énergétique. La seule solution possible pour le gouvernement est la construction de nouveaux réacteurs", a souligné le responsable.

"Nous ne pouvons pas brûler tout le gaz que nous avons et qui est l'avenir de nos enfants", a-t-il ajouté.

Autre avantage, les centrales nucléaires fonctionnent avec l'équipement et les technologies russes contrairement aux centrales thermiques dont l'équipement est importé, selon M. Nigmatouline.

Dans les dix prochaines années, la Russie doit se doter de 10 nouveaux réacteurs nucléaires, a-t-il précisé.

Il a également assuré que la Russie dépensait "assez d'argent pour maintenir la sécurité dans les centrales nucléaires, en conformité avec les normes internationales".

Selon lui, 1,4 milliard de roubles (près de 50 millions de dollars) sont prévus pour la sécurité nucléaire en 2001.

La production des centrales nucléaires a augmenté l'année dernière de 8,3% par rapport à 1999 avec une production de 130 milliards de kW/h d'électricité, a de son côté indiqué Iouri Iakovlev, directeur de Rosenergoatom, compagnie d'Etat chargée de l'exploitation des centrales nucléaires.

Il a également souligné que la sécurité des centrales s'est améliorée l'année dernière. 67 incidents ont été enregistrés en 2000 contre 88 en 1999.


Pierret: "Le nucléaire restera un des piliers de notre politique énergétique"

PARIS, 8 déc - Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Christian Pierret a déclaré vendredi au Sénat que "le nucléaire (était) et (resterait) un des piliers de notre politique énergétique" et "constitu(ait) un atout aux yeux du gouvernement".
"La confiance des Français sera d'autant plus forte dans le nucléaire qu'ils auront la conviction que cette industrie ne leur cache rien. C'est le sens de la réforme de l'organisation de la sûreté nucléaire", a souligné M. Pierret lors de la discussion des crédits de son ministère.

Il a indiqué qu'un projet de loi relatif à l'information en matière nucléaire, à la sûreté et à la protection contre les rayonnements ionnisants "serait proposé au Parlement dans les prochains mois".

Le secrétaire d'Etat a souligné que "l'avenir du nucléaire français devr(ait) beaucoup à la transparence et à la clarté stratégique" en soulignant que la confiance dans le nucléaire, "c'est savoir gérer les déchets de cette filière".

------> Nucléaire : un si long silence, 52mn en RealVidéo 21 Kb

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------> Ces déchets nucléaires dont on ne sait que faire

------> Déchets radioactifs: plus de 1.100 sites répertoriés en France


Nikolaï Dollejal, l'un des pères du nucléaire russe, meurt à 102 ans

MOSCOU, 21 nov - Le scientifique russe Nikolaï Dollejal, l'un des principaux architectes du nucléaire soviétique, est décédé lundi à Moscou à l'âge de 102 ans, a annoncé mardi le ministère russe de l'Energie atomique, cité par l'agence Ria Novosti.

M. Dollejal a mis au point au début des années 50 la première centrale nucléaire au monde à Obninsk, au sud de Moscou, ainsi que l'un des premiers réacteurs civils en URSS.

Il a également dirigé la construction des premiers sous-marins à propulsion atomique en URSS.

Le scientifique, décoré de la médaille de Héros du travail socialiste et de l'ordre de Lénine, était membre de l'Académie russe des Sciences.


Construction de centrales nucléaires en Corée du Nord: aide européenne accrue

SEOUL, 19 nov - L'Union européenne (UE) va doubler sa contribution annuelle --pour la porter à 30 millions d'euros soit 26 millions de dollars-- à la construction de deux centrales nucléaires à l'eau légère en Corée du Nord, selon la presse sud coréenne.
Citant un responsable des autorités de Séoul, l'agence Yonhap annonce que cette augmentation de la contribution européenne pour les cinq prochaines années devrait être annoncée lors de la visite que doit effectuer une délégation de l'UE à Pyongyang du 25 au 28 novembre.

Les réacteurs en question sont actuellement construits par l'Organisation pour le développement de l'énergie dans la péninsule coréenne (KEDO), consortium dirigé par les Etats-Unis et la Corée du Sud en application de l'accord de 1994 à la suite duquel le Nord communiste a accepté en échange de geler son programme nucléaire.

Depuis 1997, l'Union européenne a donné 15 millions d'euros par an au KEDO, dont elle est membre, et cette augmentation de sa contribution est considérée comme un changement dans l'attitude des Européens vis à vis de la Corée du Nord.

La Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Espagne ont annoncé le mois dernier l'établissement de relations diplomatiques avec Pyongyang, imitant en cela l'Italie.


Effet de serre: le Japon mise aussi sur le nucléaire

LA HAYE, 15 nov - Le Japon considère qu'il ne peut pas se passer de centrales nucléaires, notamment pour respecter ses engagements visant à lutter contre l'effet de serre, mais n'entend pas pour autant promouvoir cette forme d'énergie à l'échelle internationale.

C'est qu'a déclaré mercredi soir à la presse à La Haye un délégué japonais à la conférence de l'ONU sur le réchauffement climatique, Daisuke Matsunaga.

"Nous projetons de construire de nouvelles centrales nucléaires pour diminuer nos émissions" de gaz à effet de serre "mais l'essentiel de notre politique (de lutte contre le réchauffement climatique) repose sur une coopération étroite de l'industrie qui a pris des engagements volontaires de réduction" de ses rejets polluant l'atmosphère, a dit M. Matsunaga.

Interrogé sur les transferts de technologie dans le tiers monde qui permettront aux pays développés de s'affranchir d'une partie de leurs obligations de réduction de leur émissions polluantes, le réprésentant japonais a répondu que son pays ne faisait de "promotion positive" du nucléaire. C'est au pays hôte de décider s'il veut importer des technologies nucléaires ou non, "nous n'avons pas l'intention de dicter leurs choix aux pays en développement", a ajouté M. Matsunaga.

Le représentant japonais a rappelé que son pays devait réduire de 6% ses émissions de CO2 et autres gaz réchauffant la planète en 2010 par rapport à 1990 dans le cadre du protocole de Kyoto. Il a précisé que ce quota de réduction représentait en réalité une baisse de 27% à l'horizon 2010 compte-tenu de l'envolée actuelle des émissions japonaises.

La tâche sera d'autant plus rude que l'industrie japonaise a déjà affronté deux crises pétrolières et est l'une des moins gourmandes du monde en énergies fossiles.

"Notre coût marginal de réduction (des émissions de CO2) est bien plus élevé que celui de l'UE et des Etats-Unis", a dit M. Matsunaga.

Outre le nucléaire, le Japon entend aussi, pour respecter le protocole, recourir aux plantations d'arbres et aux pratiques agricoles susceptibles de stocker du carbone. Sur un quota de réduction effective de quelque 27% les "puits de carbone" sur le sol national représenteront 3,7%, les mesures législatives et réglementaires dans le domaine de l'énergie 22% et le futur marché des crédits de carbone 1,8%, a précisé M. Matsunaga.

La conférence de La Haye, ouverte lundi dernier, doit mettre au point les modalités d'application du protocole de Kyoto pour permettre l'entrée en vigueur de cet accord de 1997 qui impose aux pays développés de diminuer de 5% en moyenne leurs émissions de gaz à effet de serre en 2010 par rapport à 1990.

------> L'accident de Monju (1995)

------> Enseignement à tirer de l'accident du 11 mars 1997 survenu à Tokaï-Mura (Japon)

------> Feu vert de Tokyo au redémarrage du retraitement à Tokaï-Mura (juin 1999)

------> Tokaï-Mura 1999


Trois ans après Kyoto, Finlande pourrait construire une centrale nucléaire

HELSINKI, 18 nov - Un projet de construction d'une centrale nucléaire en Finlande a relancé dans le pays nordique le débat sur la meilleure façon de réduire la pollution atmosphérique, conformément à des engagements pris en 1997 à Kyoto (Japon), tout en produisant suffisamment d'électricité.
La compagnie énergétique finlandaise TVO a demandé mercredi au gouvernement "arc-en-ciel" (gauche-droite) l'autorisation de construire une centrale de 1.000 à 1.600 mégawatts pour un investissement estimé entre 10 à 15 milliards de markkas (entre 1,7 et 2,5 mds EUR), dans un contexte de croissance continue de la demande d'énergie électrique.

TVO, qui tente en vain depuis les années 70 d'obtenir une extension du parc nucléaire finlandais, a indiqué avoir déjà établi des contacts préliminaires avec six constructeurs de centrales: General Electric (USA), Westinghouse Atom (Suède) et Siemens (Allemagne) pour la filière BWR (réacteur à eau bouillante), et Westinghouse Electric (USA), Framatome-Siemens (France-Allemagne) et Atomstroï (Russie) pour la filière PWR (réacteur à eau sous pression).

Les quatre réacteurs nucléaires actuellement en service en Finlande assurent environ 28% de l'approvisionnement énergétique total du pays. Ils pourront continuer à tourner pendant encore une quarantaine d'années. Un cinquième réacteur ferait passer cette proportion à environ 35%.

Avant de prendre position sur le projet de TVO, qui exploite déjà une centrale de deux réacteurs à Olkiluoto (sud-ouest), le gouvernement du Premier ministre (social-démocrate) Paavo Lipponen devra définir une stratégie pour ramener d'ici à 2012 les émissions de gaz d'effet de serre du pays à leur niveau de 1990, conformément à des engagements prix à Kyoto.

Un groupe de travail interministériel doit présenter au début de l'an prochain un programme national de mise en oeuvre des objectifs de Kyoto. L'un des scénarios envisagés inclut la construction d'un nouveau réacteur nucléaire de 1.300 mégawatts, souligne le ministère du Commerce et de l'Industrie.

Un "oui" à la construction d'une nouvelle centrale à l'heure où la Suède et l'Allemagne préparent leur sortie du nucléaire serait un rude coup porté au développement des énergies renouvelables, et ne serait pas toléré par les Verts qui font partie de la coalition gouvernementale. La présidente de ce parti, et ministre de l'Environnement Satu Hassi, a prévenu que son parti quitterait la coalition si le parlement votait en faveur de l'extension du programme nucléaire.

Pour le lobby pro-nucléaire, c'est au contraire "maintenant ou jamais". Dans son édition de vendredi, le quotidien Helsingin Sanomat (indépendant) a prédit une bataille serrée entre les deux camps tandis que, selon un récent sondage, une fragile majorité de parlementaires serait prête à sauter le pas en faveur d'une nouvelle centrale. En 1993, le parlement avait voté contre une telle construction.

Un autre scénario, qui a la faveur des Verts mais qui impliquerait une forte augmentation des taxes environnementales, combinerait d'abondantes économies d'énergie, notamment dans l'industrie, un recours accru aux énergies renouvelables (bois, énergie éolienne, éventuellement tourbe) et le remplacement du charbon par le gaz naturel moins polluant comme source d'énergie dans les centrales électrique du sud du pays, a expliqué Arvi Heikkinen, sécrétaire des Verts.

Les industriels finlandais estiment que l'actuel bas prix de l'électricité et les sur-capacités créées grâce aux importations d'hydro-électricité bon marché en provenance de Norvège et de Suède, ne dureront pas car résultant des avatars de la météo et de circonstances particulières liées à la libéralisation du marché nordique de l'électricité.



TVO dépose une demande de construction d'une centrale nucléaire

HELSINKI, 15 nov - La compagnie de production d'énergie finlandaise TVO a indiqué mercredi qu'elle avait sollicité du gouvernement l'autorisation de construire une centrale nucléaire, dans un contexte de croissance continue de la demande d'électricité.
En cas de décision favorable, qui devra encore être approuvée par le parlement, TVO, qui tente en vain depuis les années 70 d'obtenir une extension du parc nucléaire finlandais, espère mettre en service d'ici à la fin de la décennie une nouvelle centrale de 1.000 à 1.600 mégawatts pour un investissement estimé entre 10 à 15 milliards de markkas (entre 1,7 et 2,5 milliards d'euros.

TVO a déjà établi des contacts préliminaires avec six constructeurs de centrales: General Electric (Etats-Unis), Westinghouse Atom (Suède) et Siemens (Allemagne) pour la filière BWR (réacteur à eau bouillante), et Westinghouse Electric (Etats-Unis), Framatome-Siemens (France-Allemagne) et Atomstroï (Russie) pour la filière PWR (réacteur à eau sous pression).

Les quatre réacteurs nuéclaires actuellement en service en Finlande assurent environ 28% de l'approvisionnement énergétique total du pays. Ils pourront continuer à tourner pendant encore une quarantaine d'années. Un cinquième réacteur ferait passer cette proportion à environ 35%.

TVO, opérateur de la centrale nucléaire d'Olkiluoto (sud-ouest), fournit de l'électricité à ses actionnaires, dont le groupe énergétique public Fortum et divers groupes industriels.



Moscou va reprendre sa collaboration avec Tripoli dans le nucléaire

MOSCOU, 15 nov - La Russie va reprendre sa coopération avec la Libye dans le domaine du nucléaire civil, et va notamment moderniser et achever la construction d'un centre de recherche et d'une centrale nucléaire dans ce pays, a déclaré mercredi un responsable russe cité par Interfax.
Le secteur énergétique, dont celui du nucléaire, est une des priorités de la coopération russo-libyenne relancée la semaine dernière par le voyage d'une commission gouvernementale russe à Tripoli, a déclaré un membre de cette commission, le vice-ministre pour les Situations d'urgence Iouri Brajnikov, selon l'agence.

La construction des équipements nucléaires de la Libye avait été entamée par l'Union soviétique avant 1991.

"Chacun sait que la coopération entre la Libye et l'Union soviétique concernait essentiellement le domaine des armements, mais les deux parties ont décidé que le commerce et l'économie devraient désormais prendre le relais", a déclaré M. Brajnikov.

Moscou s'est attiré ces dernières années les foudres des Américains en coopérant notamment avec l'Iran dans le domaine du nucléaire civil. Washington a accusé la Russie de fournir à ce pays des technologies susceptibles de lui permettre d'accéder à l'arme nucléaire.

La commission russe en Libye, conduite par le ministre des Situations d'urgence Sergueï Choïgou, avait annoncé la semaine dernière la signature de plusieurs contrats pour un montant de plus de 600 millions de dollars avant la fin de l'année.

Le montant total des contrats prévus est en fait de plus de 1 milliard de dollars, selon M. Brajnikov, et de 650 millions de dollars pour la seule reconstruction d'une centrale thermique à Tripoli.

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