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1/9/2008 - Areva
a lancé cet été une procédure d'arbitrage
pour trancher un différend avec son partenaire finlandais
TVO sur le chantier du réacteur nucléaire EPR en
Finlande, a-t-on appris lundi auprès du groupe nucléaire
français. "Sur un élément précis
du début du chantier qui constituait un différend
entre Areva et (l'électricien) TVO, les discussions n'ont
pas abouti. Areva a donc décidé d'avoir recours
à une procédure d'arbitrage", a précisé
un porte-parole d'Areva. Areva a demandé cet arbitrage
cet été, a-t-on ajouté. La présidente
du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, avait évoqué
vendredi, lors de la présentation des résultats
semestriels du groupe, le "lancement d'une première
procédure d'arbitrage", sans plus de précisions.
Areva a dégagé au premier semestre un bénéfice
record mais a passé une nouvelle provision liée
à des "surcoûts" sur le chantier de l'EPR
en Finlande. Les retards pris dans l'exécution de ce chantier
ont déjà conduit Areva à différer
à 2011 la mise en service du réacteur, initialement
prévue pour 2009. A ce jour, ce calendrier est maintenu,
a indiqué vendredi Mme Lauvergeon.
L'Express, 28/8/2008:
Le groupe nucléaire français, dirigé par Anne Lauvergeon, enchaîne les retards sur le site d'Olkiluoto, le tout premier réacteur EPR. La facture serait passé de 3 à 4,5 milliards d'euros pour une centrale qui ne sera pas prête avant 2011. Explications.
Anne Lauvergeon, la patronne d'Areva, leader mondial du nucléaire, a-t-elle préjugé de ses capacités, en prétendant construire la toute première centrale nucléaire EPR - la nouvelle génération de réacteur - en Finlande? Les dérapages continuent de s'empiler sur le site d'Olkiluoto, plombant les coûts de production et faisant exploser les pénalités.
Il est fort douteux, dans les conditions actuelles, qu'Areva remette les clefs de la centrale à son exploitant TVO avant 2011 alors que le contrat stipulait 2009. Trois ans après le démarrage du chantier, la facture serait passée de 3 à 4,5 milliards d'euros, selon le journal économique Les Echos.
Au point qu'Areva a dû passer, une nouvelle fois, une « provision significative » destinée à payer la hausse des matériaux et les salaires des équipes appelées en Finlande pour renforcer les équipes déjà sur place.
Sur le fond, Areva paye le prix - très - fort pour acquérir un métier d'architecte industriel d'ensemble qu'elle n'a jamais eu. L'ambition d'Anne Lauvergeon est claire: être présent à tous les stades de la construction, sans être obligé de faire appel à des ensembliers extérieurs qui ont la maîtrise des grands chantiers, français comme EDF, sinon Bouygues, ou américains, tel Bechtel.
Cette volonté de maîtriser l'ensemble se traduit, ainsi, par une guerre à couteaux tirés avec EDF, qui (fort de son parc atomique) se veut le seul architecte compétent dans le monde en matière de nucléaire civil. Le problème est que, depuis 15 ans, personne n'a construit de centrales nucléaires dans les pays occidentaux. Ce qui a conduit au tarissement de la filière, d'autant que la plupart des ingénieurs qui connaissaient la musique sont partis en retraite.
Un mal qui frappe aussi EDF, auquel l'Autorité de sûreté nucléaire française a reproché un manque de rigueur dans la surveillance des coulées de béton de la future centrale EPR de Flamanville. Un ancien commente: « Même EDF, qui a conservé une certaine culture nucléaire maison, connaît des difficultés. Areva a pêché par orgueil, en faisant comme si c'était évident, pour elle, de conduire un chantier nucléaire alors qu'elle avait tout à apprendre. »
Par ailleurs, si les ingénieurs nucléaires sont restés sans emploi - sauf celui de digérer (sur le papier) le retour d'expérience de la construction des centrales précédents - les autorités de sûreté nucléaire ne sont pas, elles, restées l'arme au pied. Encore traumatisées [non elles ne sont pas "traumatisées", mais en cas d'accident, elles seront en première ligne pour ce qui est des responssabilités] par Three Mile Island et, surtout, Tchernobyl, elles ont multiplié les nouvelles normes et les exigences. Ainsi, ont-elles exigé, après le 11 septembre, que les centrales résistent à la chute d'un avion de ligne - un surcoût proche de 100 millions d'euros par centrale. Un expert analyse les rapports de force: « Les autorités de sûreté ne veulent prendre aucun risque et elles ont raison. Mais leurs contrôles, parfois tatillons, participent au jeu de pouvoir qu'elles développent avec le constructeur. »
« Sortir du nucléaire » parle de dangereuse faillite et demande l'arrêt des chantiers finlandais et français. Areva garde son sang froid: « Olkiluoto est un prototype et il est normal que nous essuyions les plâtres, en payant cher pour acquérir de l'expérience et garder notre avance. » Les milieux financiers s'y sont faits [lire: Areva piégé par les déboires de ses réacteurs EPR]. D'autant qu'Anne Lauvergeon, 9ème femme la plus puissante du monde selon le dernier classement magazine américain Forbes, leur présentera, le 29 août, un bilan semestriel exceptionnel, caractérisé par le plus gros profit de l'histoire du groupe: 750 millions d'euros.
FPS, 14/8/2008:
Les tensions qui couvaient entre Bouygues et Areva sur l'EPR finlandais ont toutes resurgies en même temps alors que l'autorité de sûreté finlandaise (STUK) a décidé d'ouvrir une enquête sur le chantier du réacteur, rapporte le 'Financial Times'. Une étude de Greenpeace et le fait que les médias se fussent emparés de l'affaire rendent le dossier très sensible. Selon le quotidien britannique, Areva a réagi en se montrant étonné de la réaction des autorités finlandaises et en rappelant qu'elle s'est conformée aux indications du STUK sur la sécurité, particulièrement sur les travaux de soudure mis en cause, en évoquant le cas avec son sous-contractant Bouygues. Mais Bouygues a démenti être intervenu sur cette partie du chantier et a exigé qu'Areva revienne sur ses déclarations, alors que le groupe nucléaire a persisté dans ses déclarations. Pour la 'FT', cela illustre la lutte d'influence qui est en train de s'installer alors que Bouygues souhaite un rapprochement entre Alstom, dont il est désormais le principal actionnaire, et Areva. Les tensions pourraient menacer un projet crucial pour Bouygues et Areva, estime le journal financier, qui rappelle que l'EPR français de Flamanville a également connu des alertes sur la conception, confiée là aussi au géant français du BTP...
Libération, 14/8/2008:

SÉBASTIEN BUFFET, ENVOYÉ SPÉCIAL À OLKILUOTO
Sur l'île d'Olkiluoto, dans le sud-ouest de la Finlande, des baraques blanches parsèment la route de campagne menant à l'un des deux parcs nucléaires du pays. De part et d´autre de la chaussée, elles forment des lotissements sans charme hérissés de paraboles. Ces maisonnettes en préfabriqué abritent plusieurs centaines de travailleurs étrangers qui, jour et nuit et à longueur d'année, poursuivent la construction d'une centrale nucléaire jamais vue : le réacteur [dit] de troisième génération EPR.
Fruit d'une collaboration entre le français Areva et l'allemand Siemens, l'EPR (dont un deuxième exemplaire est aussi en construction à Flamanville, en France), offre, selon ses concepteurs, des garanties de sécurité exceptionnelles : la centrale doit, par exemple, pouvoir résister au crash d'un avion [de tourisme] ! Alors qu'il devait initialement voir le jour en 2009, l'EPR finlandais ne devrait être mis en service qu'en 2011, soit six ans après le début du chantier.
«Déçus». Emaillé de déconvenues, ce dernier a accumulé des retards qui ne laissent pas d'agacer le futur opérateur de la centrale, la compagnie d'électricité privée TVO (Teollisuuden Voima Oyj). «Nous sommes extrêmement mécontents et déçus de l'exécution de ces travaux et de leurs retards, dénonce Martin Landtman, le responsable du projet chez TVO. Nous supposions, au moment de la signature du contrat, que les délais seraient tenus.»
Du côté d'Areva, si on reconnaît le caractère ambitieux du planning, on préfère mettre les retards sur le dos des sous-traitants. «Nous travaillons avec un réseau de fournisseurs qui n'a pas construit de centrale depuis vingt ans en Finlande et quinze ans dans le reste de l'Europe occidentale», plaide Philippe Knoche, chargé de la supervision du projet chez Areva.
Sur le chantier de cinq hectares, 3 000 ouvriers et ingénieurs originaires d'une soixantaine de pays s'activent quotidiennement. La plupart viennent de Pologne, d'Allemagne et de France. Cernée par une vingtaine de grues, la future centrale laisse apparaître une tour s'élevant à 30 mètres de hauteur. C'est là, dans cette tour à moitié édifiée, que sera confiné le réacteur nucléaire. Attenant au coffre de ce dernier se trouve le bâtiment, quasi achevé lui, qui abritera la turbine, construite par Siemens.
A quelques mètres de l'édifice repose, à même le sol, la paroi métallique sur laquelle le premier mur de béton protecteur sera encastré. Or, au rang des anomalies recensées, cette paroi figure en bonne place. L'autorité de sûreté nucléaire finlandaise, la Stuk, y a décelé des problèmes de soudures, lesquelles ont dû être refaites. «Nous avons découvert des déformations sur la paroi qui n'était pas lisse», dit Petteri Tiippana, inspecteur à la Stuk. Selon lui, ces déformations sont le résultat d'un «processus de fabrication et de soudage de piètre qualité».
Management. Dans le collimateur de la Stuk aussi, la dalle de fondation en béton supportant la centrale, une pièce essentielle à la sécurité de l'ouvrage. Dans un rapport d'enquête publié à l'été 2006, le gendarme nucléaire finlandais ne mâchait pas ses mots pour dénoncer un changement dans la composition du béton, rendant ce dernier plus poreux. «L'incompétence du constructeur apparaît évidente dans la préparation du bétonnage de la dalle de fondation», peut-on y lire. «Nous n'avons jamais cassé le béton qui a été coulé en Finlande», tient à préciser Philippe Knoche. Les circuits de refroidissement de la centrale n'ont, eux, pas connu le même sort. Les huit pièces de 10 mètres de long et d'un mètre de diamètre, faites chacune d'un seul tenant, ont été réalisées de telle sorte qu'elles ne permettaient pas leur contrôle par ultrason, alors que la législation finlandaise l'exige.
«Là, la non-conformité était telle que nous avons dû refabriquer les pièces», concède Knoche. Au final, ce sont donc plus de 2000 anomalies - pour la plupart d'ordre administratif - qui ont été détectées par Areva, TVO ou l'un des nombreux sous-traitants. La Stuk n'en a, pour sa part, répertorié que 100 à 200. «Le nombre de non-conformités relevé par nos soins est plutôt faible et c'est ainsi qu'il doit en être», convient l'inspecteur de la Stuk, Petteri Tiippana. Et d'ajouter : «Comme il y a 1 900 sous-traitants travaillant sur le chantier, cela fait environ une non-conformité par entreprise, ce qui est peu.»
Pour expliquer les déboires d'Areva sur ce chantier censé illustrer son avance technologique par rapport à ses concurrents, TVO et la Stuk évoquent tous deux des problèmes de management. Le groupe français, habitué à travailler avec EDF, n'aurait pas su gérer sa double casquette de maître d'ouvrage et de fournisseur. A ce titre, la Stuk met en cause la gestion «pas adéquate» des sous-traitants. Alors que la facture initiale de l'EPR s'élève à 3 milliards d'euros, le montant final pourrait, sous le coup des retards en série, approcher les 4,5 milliards. Une somme que TVO se refuse à commenter.
Choix. Areva
peut s'attendre à payer au prix fort ses revers : les indemnités
de retard devraient lui coûter plusieurs centaines de millions
d'euros. En Finlande, la construction d'OL 3 (Olkiluoto 3, petit
nom de l'EPR), est le fruit d'une décision politique, entérinée
par le Parlement début 2002. Selon TVO, les 1600 MW (mégawatt)
de puissance dégagés par l'EPR devront alimenter
une industrie locale gourmande en énergie et garantir l'approvisionnement
énergétique du pays nordique, aujourd'hui assuré
pour partie par la Russie et la Suède.
L'EPR ne fait cependant pas l'unanimité. Au sein même
de la coalition de centre-droit au pouvoir, une voix dissonante
portée par le parti écologiste finlandais, La Ligue
Verte, se fait entendre. La présidente du groupe parlementaire
vert, Anni Sinnemäki, récuse ainsi le choix fait en
2002. «La Finlande aurait très bien pu satisfaire
ses besoins en énergie sans cette cinquième centrale,
en investissant dans les énergies renouvelables et le gaz
naturel, comme l'alternative à la solution nucléaire
le prévoyait alors», estime-t-elle.
Le Temps (Suisse), 27/6/2008:
Reportage. Eric Albert, envoyé spécialà Olkiluoto (Finlande)
En Finlande, les Français d'Areva construisent la première centrale «troisième génération» du monde. Mais le projet a pris deux ans de retard et son budget a dérapé.
Le chantier est gigantesque. Une vingtaine de grues s'élèvent sur un terrain de 5 hectares, tandis que l'immense tour centrale de béton qui contiendra le réacteur nucléaire s'élève déjà à 30 mètres du sol, à mi-hauteur de la taille finale. La salle des turbines, à moitié construite, s'étend sur une centaine de mètres de long. En arrière-plan, les eaux glacées de la mer Baltique seront bientôt utilisées comme refroidissant naturel [??] pour celles passant autour du coeur nucléaire.
C'est dans ce coin reculé de Finlande, sur l'île d'Olkiluoto, à trois heures de route d'Helsinki, que se joue une partie de l'avenir du nucléaire civil. L'entreprise d'électricité finlandaise TVO y a commandé en décembre 2003 au français Areva et à l'allemand Siemens la première centrale nucléaire [dite] de «troisième génération», dite European Pressurised water Reactor (EPR). La nouvelle technologie se veut plus sûre et plus efficace : elle utilise moins d'uranium pour produire plus d'électricité.
Mais le chantier, qui était censé être une vitrine de la technologie atomique française, tourne progressivement au cauchemar. La construction devait prendre quatre ans et demi. Elle en prendra au moins sept. Elle devait coûter 3 milliards d'euros. Elle en coûtera probablement entre 4,5 et 5 milliards, même si Areva refuse de confirmer ces chiffres. «Nous sommes très déçus», s'agace Martin Landtman, directeur du projet à TVO, homme qui pratique pourtant couramment la langue de bois. Ces dérapages sont de mauvais augure pour le constructeur nucléaire français.
Areva et Siemens ont accumulé une longue liste d'erreurs dans la gestion de la construction: l'autorité de régulation STUK a pointé jusqu'à présent 2200 fautes ! Si la grande majorité d'entre elles sont d'ordre administratif, certaines sont nettement plus sérieuses: des trous ont été percés au mauvais endroit dans la coque en acier recouvrant la centrale; le béton coulé au niveau de la base était trop humide, le rendant potentiellement sensible à de possibles réactions chimiques; les huit tuyaux du circuit de refroidissement ne répondaient pas aux normes...
Un sous-traitant indien a même construit la base de la turbine en oubliant de prendre en compte les hivers froids de Finlande: l'expansion thermique n'avait pas été prévue. «Cela montre des négligences systématiques et des violations des normes de sécurité, accuse Lauri Myllyvirta, de l'association Greenpeace. Il existe toujours un risque de désastre nucléaire, et ces problèmes en augmentent la probabilité.»
L'origine des erreurs semble parfois frôler l'amateurisme. «Si le béton était trop humide, c'est parce qu'il avait plu la veille, explique sans rire Martin Landtman. Les techniciens ont donc mis la quantité d'eau qui était prévue, sans prendre en compte l'humidité ambiante.»
Vrai, répond Areva, mais pas pour autant dangereux. «Nous n'avons jamais eu besoin de casser un béton que nous avions coulé, explique Philippe Knoche, le directeur du chantier pour Areva. Nous avons pu prouver aux autorités de surveillance que celui mis en place répondait aux normes de sécurité nécessaires. C'était un peu plus humide que ce que nous avions prévu, mais cela restait dans les normes.» La mésaventure a cependant provoqué deux mois de retard.
Le problème des circuits de refroidissement est du même acabit. Les huit tuyaux en inox utilisés pour cette partie absolument essentielle pour la sécurité de la centrale ont dû être refaits. «Pour éviter les soudures, qui sont toujours des points sensibles, nous avons fait réaliser des pièces de 10 mètres de long forgées d'un seul tenant, explique Philippe Knoche. La qualité de ces pièces est normalement inspectée par ultrasons. Mais il s'agissait des premières pièces au monde ainsi construites et leur grain était trop gros pour permettre l'inspection. Les pièces n'étaient pas mécaniquement défectueuses, mais leur «inspectabilité» n'était pas assurée.»
Petteri Tiippanan, en tant que directeur de la supervision d'Olkiluoto pour STUK, est sans doute l'homme le mieux placé pour parler de la sécurité du chantier. Son verdict n'est pas trop dur: «2200 erreurs n'est pas un nombre si élevé pour un chantier de cette taille. Il y a environ 1700 sous-traitants qui y travaillent, et les problèmes sont inévitables. A vrai dire, je m'inquiéterais de la qualité de mon travail si je ne trouvais aucune erreur.» Il précise également que tous les problèmes détectés ont été corrigés.
En revanche, le contrôleur est nettement plus sévère avec les promesses initiales du consortium Areva-Siemens. «Les délais prévus au départ étaient beaucoup trop optimistes. Je ne suis pas surpris des retards accumulés: le design n'était pas prêt.»
Areva répond que ce dérapage n'était certainement pas intentionnel. Mais l'entreprise reconnaît tout de même qu'elle a tout fait pour proposer un contrat aussi alléchant que possible: «A l'époque, la concurrence pour obtenir la centrale était très forte. De plus, avec les objectifs du Protocole de Kyoto [qui impose des baisses des émissions de CO2 d'ici à 2012], il y avait une forte pression.» Areva a donc fait des concessions importantes en signant le contrat d'Olkiluoto.
Aujourd'hui, les problèmes de l'entreprise française sont loin d'être terminés. Il reste au moins trois ans avant le démarrage de la centrale, prévue à l'été 2011. «Le plus gros reste devant eux, et il est difficile de croire qu'il n'y aura pas de nouveaux délais», estime Lauri Myllyvirta. «Le prochain défi est la phase d'installation de la partie nucléaire», ajoute le contrôleur de STUK, Petteri Tiippana.
Ensuite, TVO et Areva devront régler leurs comptes. Le contrat est à un prix fixe de 3 milliards d'euros. Tous les dérapages seront donc épongés par le consortium franco-allemand. TVO va demander des compensations à cause des retards, mais elle attend de connaître leur ampleur exacte pour donner sa facture. Areva a récemment démenti des informations parlant de 2,2 milliards d'euros de compensations et le prix final reste à négocier. La centrale nucléaire «vitrine» n'a pas fini de faire parler d'elle.
Ouest-France, 16/6/2008:
L'entreprise nucléaire française construit là-bas la première centrale [dite de] « troisième génération ». Délais, coûts : les ennuis se multiplient. Mauvais pour l'avenir.
C'est sur un énorme chantier, situé au sud-ouest de la Finlande, que se joue en partie l'avenir d'Areva. L'entreprise nucléaire française construit là-bas l'un de ses projets les plus ambitieux jamais réalisés. Une vingtaine de grues s'élèvent sur un terrain de cinq hectares. L'immense tour de béton centrale qui contiendra le réacteur nucléaire s'élève déjà à 30 m du sol, à mi-hauteur de la taille finale. Areva est ici maître d'oeuvre de la première centrale nucléaire « troisième génération » au monde, dite EPR (European Pressurised Water Reactor). Plus performante, elle se veut aussi plus sûre.
« Areva a perdu une partie de sa crédibilité ». Mais, depuis que le contrat a été signé, à la fin de 2003, avec TVO, une entreprise d'électricité finlandaise, les ennuis se multiplient. La centrale devait initialement entrer en service dès 2009. L'an dernier, Areva a été obligée de reconnaître qu'elle avait pris un énorme retard de plus de deux ans. « Nous sommes très déçus », s'emporte Martin Landtman, directeur du projet chez TVO. La mise en service est désormais prévue pour l'été 2011.
Le prix a également fortement dérapé. Il était de trois milliards d'euros initialement. La centrale devrait coûter finalement au moins 4,5 milliards, sans doute plutôt cinq milliards. Le dérapage résulte d'une longue liste d'erreurs pendant la construction. Stuk, l'organisme finlandais de sécurité nucléaire, a pointé plus de 1 500 fautes ! Certaines sont étonnantes : des trous ont été percés au mauvais endroit, dans la coque en acier recouvrant la centrale. « Cela montre des négligences systématiques et des violations des normes de sécurité », accuse Lauri Myllyvirta, de l'association Greenpeace.
Ces graves problèmes auront des conséquences bien au-delà de la Finlande. Le nucléaire connaît actuellement un regain d'intérêt, cette technologie permettant de produire de l'électricité sans émettre de CO2. La Grande-Bretagne, l'Italie et la Suisse ont toutes les trois fait savoir qu'elles voulaient construire de nouvelles centrales. François Fillon, jeudi soir, a évoqué un deuxième EPR, après celui en chantier à Flamanville, dans le Cotentin, suscitant l'ire des écologistes.
Areva - l'un des leaders mondiaux de ce secteur - espère décrocher d'importants contrats. Mais les problèmes finlandais pèsent sur le constructeur. D'autant que Flamanville est également en retard. L'Agence de sûreté nucléaire a demandé d'y suspendre les opérations de coulage de béton, après une série de « dysfonctionnements ». « Areva a perdu une partie de sa crédibilité », accuse Lauri Myllyvirta.
Capital, 21/5/2008:
Areva : les pertes enflent en Finlande et joueraient en faveur d'une fusion avec Alstom
Les pertes d'Areva sur la construction de l'EPR finlandais Olkiluoto 3 pourraient s'avérer astronomiques. Chez le leader mondial du nucléaire, des sources confidentielles évoquent désormais un montant de 2,2 milliards d'euros de pénalités de retard à verser à terme au client, la compagnie d'électricité TVO. En signant, en décembre 2003, ce contrat de 3 milliards d'euros (dont 1,7 pour la partie nucléaire), Areva, chef d'orchestre du projet, s'était engagé à remettre les clés d'OL3 à la mi-2009, soit quatre ans après le début des travaux de ce tout premier EPR, alors que le groupe avait toujours livré les réacteurs de la génération précédente en cinq ans. Malheureusement, les retards se sont vite accumulés, notamment dans le gros oeuvre, ce qui a d'ailleurs conduit à appeler Bouygues à la rescousse. Du coup, Areva s'est calé sur un nouvel objectif de livraison en 2011, que le constructeur ne semble aujourd'hui plus du tout certain de pouvoir tenir. C'est ainsi que le réacteur serait susceptible de coûter in fine 5,2 milliards d'euros au constructeur français. Cette issue fragiliserait évidemment le projet d'ouverture du capital en vue d'un développement autonome d'Areva, que défend sa présidente, Anne Lauvergeon. L'Etat, qui ne souhaite pas éponger la facture de ce désastre, pourrait privilégier un rapprochement du champion nucléaire avec Alstom, comme le propose Martin Bouygues, l'actionnaire principal du fabricant de TGV et de centrales au charbon. A condition, bien sûr, que le roi du béton renfloue Areva.
8/5/2008 - Une majorité de Finlandais est opposée à la construction de nouvelles centrales nucléaires dans le pays nordique où le consortium franco-allemand Areva-Siemens y construit un réacteur, selon un sondage rendu public jeudi. Quelque 53% des personnes interrogées sont contre les projets de nouveaux réacteurs et 34% y sont favorables, selon ce sondage pour le compte de la télévision finlandaise YLE. 12% sont indécis. Environ un quart de l'électricité consommée en Finlande provient du nucléaire. Un réacteur nucléaire [dit] de troisième génération EPR, développé par le groupe nucléaire français Areva et l'allemand Siemens, est en cours de construction à Olkiluoto dans le sud-ouest de la Finlande. Une demande d'autorisation a en outre été déposée le mois dernier pour la construction d'un autre réacteur qui serait le sixième en Finlande. Le sondage a été réalisé auprès de 1.007 personnes entre le 28 avril et le 6 mai.
Challenges , 31/8/2007:
L'électricien TVO refuse de contribuer au coût né du retard, comme le suggère Areva.
Anne Lauvergeon, patronne d'Areva, a jugé vendredi 31 août que la "visibilité sur l'exécution du contrat" du réacteur de troisième génération EPR en Finlande s'était "très fortement accrue", en dépit de nouveaux retards cet été. "La visibilité sur l'exécution du contrat s'est très fortement accrue", a déclaré la présidente du directoire à l'occasion d'une conférence téléphonique, sans s'aventurer à évoquer une quelconque date.
Accusant déjà 18 mois de délai par rapport au programme intial, les travaux de l'EPR ont subi de nouveaux retards à l'été. Ainsi, l'exploitation commerciale du réacteur ne devrait plus démarrer mi-2009 mais en 2011. "Pure spéculation". Au sujet de ce contrat, l'électricien finlandais Teollisuuden Voima Oy (TVO) a fermement rejeté l'idée de participer aux surcoûts liés aux délais, comme l'a suggéré Areva. "Il s'agit visiblement d'une pure spéculation de notre fournisseur. Je souhaite souligner que notre fournisseur est entièrement conscient de notre position sur les coûts engendrés par les délais", a déclaré Martin Landtman, chargé du projet de réacteur chez TVO. "Cette position est que nous avons signé un contrat engageant, ferme, clé en main. Le prix est fixe [...] et il y a un délai de livraison", a poursuivi M. Landtman.
Jeudi, la présidente du directoire d'Areva,
Anne Lauvergeon, a dit espérer trouver "un équilibre
global et raisonnable" avec TVO "sur la répartition
des surcoûts". Nouvelle provision. Jeudi, le groupe
nucléaire français a publié un bénéfice
net pour le 1er semestre en hausse de 20% à 295 millions
d'euros. Il en a profité pour annoncer maintenir ses objectifs
pour 2007. Il a, toutefois, fait savoir qu'il provisionnait à
nouveau du fait des retards de construction de l'EPR finlandais.
Ce qui a freiné la progression du résultat opérationnel,
en hausse de 80% à 207 millions d'euros.
Le Monde, 5/5/2007:
Sur la presqu'île d'Olkiluoto, dans le sud-ouest de la Finlande, on accourt du monde entier : des ingénieurs chinois et sud-africains, des responsables américains d'entreprises d'électricité, des spécialistes de la sûreté nucléaire britannique, des journalistes de tous horizons. L'attraction ? Le chantier du premier EPR (European pressurized reactor), le réacteur [dit] de troisième génération du consortium franco-allemand Areva-Siemens, qui symbolise, à lui seul, la relance du nucléaire en Europe après la catastrophe de Tchernobyl en 1986.
Cet étrange "objet" s'est
invité, mercredi 2 mai, dans le débat télévisé
opposant les deux candidats à l'élection présidentielle.
Ségolène Royal a confirmé qu'elle imposerait
un "moratoire" sur ce nouveau réacteur et ouvrirait
un débat public, tandis que Nicolas Sarkozy a réaffirmé
qu'il confirmerait la construction de l'EPR d'EDF [et qu'il appelle la 4ème génération
!!!]
qui a débuté à Flamanville (Manche).
La Finlande, elle, a déjà tranché en 2002.
Au terme d'un long débat participatif au niveau local,
au Parlement et au sein du gouvernement - certains ministres ont
voté contre - la construction d'un cinquième réacteur,
de type EPR, a été décidée pour répondre
à la forte croissance de la demande d'électricité
(5,6 % en 2006), limiter la dépendance énergétique
(44 % de l'énergie importée) et réduire les
émissions de gaz à effet de serre.
Au pied des grues et des élévateurs géants, entre des coffrages et des murs de béton armé, un millier de personnes travaillent par équipe, jour et nuit et six jours sur sept. Dans de nombreux corps de métier, les Polonais ont remplacé une main d'oeuvre finlandaise chère ou retenue ailleurs. En 2008, période charnière entre la fin des travaux de génie civil et le début des montages électromécaniques (câbles, tuyaux...), 3 000 personnes se presseront sur le site.
AU MOINS DIX-HUIT MOIS DE RETARD
Pour souffler ce contrat aux groupes américains et russes, le consortium Areva-Siemens s'était fait fort de livrer la centrale au groupe d'électricité finlandais TVO dans un délai record de quatre ans.
Intenable pour une unité de nouvelle génération. D'autant que les incidents se sont multipliés : contrôle de qualité du béton de la dalle supportant le réacteur insuffisant, nécessité de forger à nouveau des pièces de l'"îlot nucléaire", tôle de la paroi métallique du réacteur endommagée par une tempête, problèmes entre les équipes allemandes, sous-traitants finlandais parfois dépassés...
Le chantier a pris au moins dix-huit mois de retard et la mise en service commerciale ne pourra intervenir qu'en 2011. Ces retards alimentent les critiques des mouvements écologistes sur les "dangers" de ce réacteur de forte puissance de 1 600 mégawatts (MW). Chaque incident a nourri la campagne anti-EPR de Greenpeace et du réseau Sortir du nucléaire, qui s'appuient sur les difficultés du projet finlandais pour réclamer l'arrêt du chantier de Flamanville.
Le traumatisme post-Tchernobyl a beau s'effacer, le souci de la sûreté est permanent [Rappel: Le bilan provisoire de la catastrophe de Tchernobyl: 21 ans après, c'est pour les «liquidateurs» de 25 000 à 100 000 morts et plus de 200 000 invalides, et pour les populations exposées à la contamination un bilan qui sera selon les estimations de 14 000 à plus de 560 000 morts par cancer, et autant de cancers non-mortels...]. Les défenses de l'EPR ont été renforcées après les attentats du 11-Septembre 2001. Une première enceinte de béton armé de 1,20 mètre d'épaisseur, doublée d'un second mur en béton renforcé d'une peau métallique (liner) doit protéger le coeur nucléaire de la chute d'un gros avion de ligne [Faux, voir le rapport secret défense publié par Sortir du Nucléaire], mais aussi de hautes pressions ou de la fonte de la cuve où se produit la réaction nucléaire, assurent les responsables du chantier.
Ce retard, qui a obligé Areva à provisionner des pénalités (500 à 700 millions d'euros, selon les analystes), est aussi la rançon de la transparence réclamée par le gouvernement finlandais et du contrôle vigilant de l'autorité de sûreté nucléaire, qui vérifie tout dans le moindre détail.
Tout incident, toute déviation par rapport aux plans initiaux est "répertorié, publié et bien sûr corrigé", affirme Philippe Knoche, le nouveau directeur du projet nommé fin 2006 pour ressouder les équipes française et allemande et remettre "OL3" sur les rails.
M. Knoche et Martin Landtman, vice-président de TVO, assurent que le calendrier n'est pas leur priorité pour une centrale destinée à produire de l'électricité durant soixante ans [lire à propos de la prolongation à 40 ans de la durée de vie des centrales: Centrales: Quand EDF prend ses désirs pour des réalités...], même si Areva se fixe désormais des échéances semestrielles rigoureuses pour éviter tout nouveau dérapage : "Notre priorité, c'est d'avoir une centrale sûre et fiable."
Les enjeux sont pourtant différents pour les deux groupes. La Finlande compte de nombreuses industries électro-intensives (papetiers, génie civil) et doit importer 12,7 % de son électricité. En 2020, elle aura besoin de 7 000 MW de capacités supplémentaires, l'équivalent de quatre EPR. Pour TVO, dont les actionnaires sont de grands consommateurs d'énergie, il y a donc urgence. Le gouvernement a d'ailleurs lancé des études d'impact environnemental pour un sixième réacteur nucléaire sur lequel TVO, Fortum (l'autre grand électricien finlandais) et l'allemand E.ON sont sur les rangs.
Vitrine mondiale d'un produit qu'elle compte vendre à la Chine, à la Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et à l'Afrique du Sud, le chantier d'Olkiluoto est capital pour Areva. Tout comme le projet de Flamanville, a insisté M. Sarkozy lors de son face-à-face télévisé avec Mme Royal.
Renoncer à l'EPR en France, a-t-il insisté, compromettrait les chances d'Areva dans la bataille du nucléaire civil qui s'annonce entre les Français (Areva), les Américains (General Electric), les Japonais (Toshiba-Westinghouse, Mitsubishi, Hitachi) et des Russes (Atomenergoprom) de plus en plus agressifs.
CARACTÉRISTIQUES. L'EPR (European Pressurized Reactor) est un réacteur franco-allemand bénéficiant des avancées des réacteurs N4 français (Chooz, Civaux) [lire: la saga des fissures sur le palier N4] et Konvoi allemands. La sûreté a été renforcée : double enceinte de confinement et réserves d'eau à l'intérieur, zone d'expansion sous le réacteur en cas de fonte du coeur, quatre systèmes de sécurité redondants.
COÛT. La centrale finlandaise est estimée à 3 milliards d'euros, celle de Flamanville (Manche) à 3,3 milliards.
PUISSANCE. Avec 1 600 MW, c'est le réacteur le plus puissant au monde.
DÉCHETS. Avant de lancer l'EPR, les Finlandais ont réglé le problème du stockage des déchets à haute activité [???], qui seront entreposés à Olkiluoto. Ce problème n'est pas résolu en France.
Greenpeace, 23 mars 2007:
PARIS, France - Le résultat opérationnel
du groupe Areva pour 2006 a chuté de 26%. Une chute essentiellement
due au retard de la construction de l'EPR finlandais, un retard
aujourd'hui d'un an et demi après un an et demi de travaux
! La division « réacteur et services » a même
un résultat opérationnel négatif de : - 420
millions d'euros.
Anne Lauvergeon, PdG d'Areva, qui se
dit une adepte de la transparence, a cependant refusé de
dévoiler la somme exacte des coûts provisionnés
par le groupe pour le retard du chantier. Les experts estiment
ces coûts à 700 millions d'euros, certains parlant
même de 1 milliard d'euros... pour un contrat de 3 milliards
d'euros, ça commence à faire cher.
D'ores et déjà, Areva n'espère plus gagner
de l'argent en Finlande, comme l'a avoué sa PdG jeudi 22
mars lors de la conférence de presse de présentation
des résultats. La question est combien Areva va perdre
avec son premier EPR ? Un coût caché pour le moment,
qui est en négociation avec le client finlandais et qui
pourrait même s'aggraver car sur le chantier, les problèmes
continuent.
Qui paiera ? Nous tous!
Les contribuables français devraient être mis à
contribution pour payer les pots cassés. Lors de sa vente
en Finlande, Areva a en effet obtenu une garantie financière de l'Etat via la
Coface. Cette garantie fait d'ailleurs l'objet actuellement
d'une enquête de la commission européenne qui doute
de sa conformité avec les règles de la concurrence
L'EPR en Finlande, c'était soi-disant le contrat du siècle
mais aussi le retour du nucléaire en Europe après
plus de 10 ans de traversée du dessert...
Depuis, les problèmes sur le chantier, les défauts
de fabrication de pièces du réacteur, la qualité
des bétons, et plus globalement la violation régulière
des procédures de qualité et de sûreté
se sont multipliés. Le chantier de l'EPR sur le site de
Olkiluoto, au sud est de la Finlande, s'est donc transformé
en véritable bourbier pour le numéro 1 mondial du
nucléaire.
[La Coface, qui garantie pour le compte de l'Etat les exportations des industriels français vers des pays à risque a accordé à Areva une garantie de 610 million d'euros, c'est le second plus important montant de garantie accordé à un projet et surtout la seule et unique garantie jamais accordée pour une exportation vers un pays membre de l'Union Européenne et réputé particulièrement sans risque économique ou politique. Par ailleurs, le contrat entre TVO et Areva étant à coût fixe, les très probables dépassements seront à la charge d'Areva encore détenue à près de 85% par l'Etat français. http://www.greenpeace.fr/EPR/actu20050217.php3]
La Tribune, 22/03/07:
Le groupe nucléaire enregistre un recul de ses profits en raison du retard de l'EPR en Finlande. Mais il table sur "une forte croissance" de ses ventes et de son résultat opérationnel cette année. Le groupe français spécialisé dans le nucléaire Areva a annoncé après la clôture des marchés un repli de 38 % de son résultat net en 2006 par rapport à 2005, à 649 millions d'euros. Même tendance à la baisse pour le résultat opérationnel du groupe dirigé par Anne Lauvergeon qui est ressorti à 407 millions d'euros, soit un recul de 26,1% par rapport à l'année 2005. Dans son communiqué, Areva explique la baisse du résultat opérationnel par le recul du pôle réacteurs et services, qui a accusé une perte opérationnelle de 420 en 2006 contre un profit de 87 millions du fait des retards de la construction de la centrale EPR en Finlande. [...]
La Tribune, 4/12/06:
Le chantier finlandais du nouveau réacteur
nucléaire EPR, construit par Areva en association avec
l'allemand Siemens, accumule les difficultés. Son propriétaire,
l'électricien Teollisuuden Voima (TVO), a annoncé
ce matin que le chantier avait dix-huit mois de retard. La cinquième
centrale nucléaire du pays ne devrait désormais
pas pouvoir être connectée au réseau avant
2011.
Comme "La Tribune" le laissait
entendre le 10 novembre, Areva enregistre bien des déconvenues
sur le dossier du nouveau réacteur nucléaire, l'EPR
finlandais. Ce matin, la compagnie finlandaise d'électricité
Teollisuuden Voima (TVO) a fait état de retards supplémentaires
dans la construction de la cinquième centrale nucléaire
du pays. Désormais, cette dernière ne devrait pas
être connectée au réseau avant 2011.
C'est donc maintenant dix-huit mois de retard qu'Areva et Siemens
- le partenaire du groupe français dans ce dossier - enregistrent
pour la livraison de l'EPR. En effet, la livraison de ce réacteur
de troisième génération, d'une puissance
de 1.600 mégawatts, était jusqu'à présent
prévue au deuxième trimestre 2010, après
l'annonce en septembre d'une année de retard sur le calendrier
initial.
La centrale d'Olkiluoto, dont le coût est estimé
à trois milliards d'euros, est la première centrale
nucléaire en construction depuis plus de quinze ans en
Europe, et le premier EPR en construction au monde. "Dans
l'ensemble, les avancées dans les phases de construction
ont été plus lentes que prévu", indique
le communiqué de la compagnie finlandaise TVO.
Mais il semblerait que les difficultés proviennent essentiellement
des différences de cultures entre les protagonistes du
dossier: la hiérarchie horizontale des finlandais s'oppose
à la hiérarchie verticale d'Areva. Autrement dit,
les Finlandais ont eu l'impression que personne ne prenait de
responsabilité ou ne voulait prendre de risque sans en
référer à la direction de Paris. Sans compter
les difficultés liées à la validation des
documents de procédure technique. Areva n'aurait pas engagé
suffisamment de personnel capable de valider les procédures.
De fait, seulement 500 documents auraient pu être validés
sur les 5.000 prévus.
Si bien que, au bout du compte, ce ne sont pas dix-huit mois de
retard qui pourraient être constatés sur le dossier,
mais bien plus. En Finlande,
on évoque même un retard de deux à trois ans.
Avec dans le même temps des pénalités de retard
qui devraient s'accumuler. Dans ses comptes semestriels, Areva
a inscrit une somme comprise entre 200 et 250 millions d'euros.
Des proches du dossier évoquent désormais des pénalités
au-delà des 500 millions d'euros.
10/11/2006 - Agpresse - Selon la Tribune, l'électricien concessionnaire finnois TVO aurait depuis juin bloqué ses paiements dans le projet Olkiluoto 3. Ce dernier vise à la construction d'une centrale nucléaire de troisième génération en Finlande, dite 'EPR'. Areva, qui est en charge de la construction du réacteur, est l'une des entreprises participant à ce projet, au même titre que l'allemand Siemens, qui construit lui la turbine génératrice d'électricité. Le quotidien économique livre deux explications expliquant un retard du chantier : l'une concernant le béton livré par Forssan betoni qui a provoqué des heurts entre parties françaises et finlandaises, l'autre concernant les procédures de validation des documents de procédure technique, du fait d'un manque de personnel dans ce secteur chez Areva. De ce fait, le retard attendu, qui n'était que de un an pour la livraison de ce chantier, pourrait bien être de 2 à 3 ans.
Le Monde, 26 octobre 2006:
Olivier Truc (à Stockholm) et Hervé Morin
Qui blâmer pour le retard d'un an pris
par le chantier du réacteur nucléaire de troisième
génération EPR, construit sur le site d'Olkiluoto,
en Finlande, par Areva ? Le groupe français et l'Agence
finlandaise de sûreté nucléaire (STUK) se
renvoient la balle, et les associations écologistes comptent
les points.
"Les Finlandais font confiance à leurs autorités.
Je ne crois pas qu'ils ont encore réalisé qu'ils
vont en partie devoir payer les retards accumulés par le
réacteur. Mais ça viendra", assure Lauri Myllyvirta,
de la section finlandaise de Greenpeace. Selon lui, la stratégie
du gouvernement pour répondre aux critères de Kyoto
de réduction des gaz à effet de serre repose essentiellement
sur ce réacteur de 1 630 mégawatts. "Il est
donc peu probable qu'il reconnaîtra la moindre erreur, d'autant
qu'il y a des élections législatives en mars 2007",
estime M. Myllyvirta. Actuellement, le débat porte plutôt
sur l'opportunité de construire un sixième réacteur
nucléaire, réclamé par l'industrie finlandaise.
La première phase du chantier d'OL3, nom officiel du réacteur
EPR, qui sera le troisième réacteur en activité
sur le site d'Olkiluoto, a rencontré des difficultés
imprévues, a confirmé un rapport rendu public par
STUK en juillet. Des anomalies dans la composition du béton
utilisé pour la dalle du réacteur ont notamment
entraîné l'arrêt des travaux, l'hiver dernier.
Plus poreux, ce béton pourrait rendre plus vulnérables
à la corrosion les structures métalliques qui le
traversent. Fin février, un rapport avait confirmé
la moindre résistance du béton, mais ses conclusions
étaient toutefois que sa résistance finale resterait
supérieure aux spécifications de départ,
"avec une bonne marge".
STUK évoque aussi des "problèmes rencontrés
dans la fabrication des principaux composants". L'agence
finlandaise, qui regrette un manque de contrôle exercé
sur les sous-traitants, rapporte l'explication donnée par
Areva : "Si l'on considère l'échelle de ce
projet, premier du genre, les problèmes ayant provoqué
ces retards ne sont pas inhabituels."
"Areva manquait peut-être d'expérience dans
les travaux publics", estime Seija Suksi, directeur de l'enquête
sur OL3 à STUK, avant d'ajouter : "Il est bien sûr
dommage qu'Areva se soit fait les dents sur la Finlande."
"Quand on voit les erreurs réalisées sur des
travaux a priori peu complexes, on peut s'attendre à de
sérieux problèmes quand on passera aux choses sérieuses",
s'inquiète Greenpeace Finlande.
"ENQUÊTE APPROFONDIE"
Sans nier la défaillance de sous-traitants
finlandais et français, Areva pointe la lenteur de la procédure
de certification suivie par STUK. Le groupe français, qui
vient de s'allier au japonais Mitsubishi pour "compléter
sa gamme" en concevant un réacteur inspiré
de l'EPR, mais n'excédant pas 1 000 mégawatts, a
été contraint de constituer des "provisions
significatives" dans ses comptes pour anticiper des surcoûts
liés aux délais.
Par ailleurs, la Commission européenne a indiqué,
mardi 24 octobre, avoir lancé une "enquête approfondie"
afin d'établir si la garantie accordée par la France
en faveur d'un prêt de 570 millions d'euros par un consortium
bancaire à la compagnie finlandaise d'électricité
TVO pour l'achat de l'EPR est compatible avec les règles
de la concurrence. Cette garantie, apportée par la
Coface, a-t-elle favorisé le projet d'Areva ? Le groupe
français se défend d'avoir bénéficié
d'avantages indus. La garantie, notifiée à la Commission,
est, selon lui, conforme à la réglementation européenne.
Boursier.com, mardi 24 Octobre 2006 -
L'EPR finlandais pose décidément
bien des problèmes à Areva. Après que le
retard pris sur le chantier de ce dernier a grevé le dernier
exercice semestriel, voilà maintenant que l'obtention de
ce marché suscite la curiosité tatillonne des services
de la Concurrence de la Commission européenne. D'après
une information des "Echos", le collège bruxellois
doit décider aujourd'hui de l'ouverture d'une enquête.
Framatome, la filiale d'Areva, serait soupçonnée
d'avoir profité d'une couverture en assurance crédit
vendue à un prix très (trop ?) accommodant par la Coface. A l'origine de l'affaire, une
plainte déposée par la fédération
européenne des énergies renouvelables qui assimile
à une aide de 610 Millions d'Euros le montant de la garantie
obtenue par Framatome auprès de la Coface.
Certains commissaires pourraient toutefois soutenir le groupe
nucléaire français, agacés par la tendance
de la Commission a allé chercher des poux dans la tête
des entreprises européennes sur des marchés où
elles sont en concurrence avec des groupes extra- communautaires.
Patriotisme énergétique européen ou application
rigoureuse des règles de libre concurrence, la réponse
sera connue cet après-midi.
Le Monde, 29/9/06:
Le retard d'un an pris par le chantier finlandais
du réacteur EPR de troisième génération
a pesé lourd sur le résultat du groupe français
Areva au premier semestre.
Contraint d'inscrire une provision, le numéro un mondial
de l'industrie nucléaire a annoncé, mercredi 27
septembre, un bénéfice en baisse de 18,6 % (à
245 millions d'euros), un résultat opérationnel
en recul de 64,7 % (à 115 millions) et un chiffre d'affaires
en progression de 5,7 % (à 5,036 milliards).
En juillet, le groupe avait prévenu que ses résultats
seraient "en net retrait". Sans révéler
le montant de la provision, le groupe a indiqué que son
"niveau significatif" correspond "aux
surcoûts identifiés" sur le chantier finlandais
d'Olkiluoto 3 et "à l'appréciation des risques
couvrant les incertitudes pesant sur les conditions de réalisation
du projet".
La mise en service de l'EPR finlandais, réalisé
avec l'allemand Siemens, est repoussée à la mi-2010.
Il souffre de son statut de "tête de série",
puisque c'est le premier EPR construit dans le monde.
La présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, a expliqué
ce retard par le processus de validation finlandais, qui prévoit
que "le chantier ne peut avancer si chaque pièce
n'a pas été approuvée par l'autorité
de sûreté". S'y ajoutent, selon elle, des
problèmes "de production et de qualification du
béton" de certains sous-traitants.
Mme Lauvergeon a nommé une nouvelle direction des équipes
chargées du projet et assuré qu'"il n'y
aura aucun retard supplémentaire". Reconduite
pour cinq ans en juillet, elle se dit "très confiante"
pour 2006. S'il a déjà le marché français
d'EDF - dont l'EPR de Flamanville (Manche) qui doit être
mis en service en 2012 -, Areva doit en revanche se battre pour
vendre son réacteur à la Chine, aux Etats-Unis,
à l'Inde, à la Turquie ou à la Grande-Bretagne.
Autant de marchés où il affronte Westinghouse et
General Electric.
Jean-Michel Bezat
Ouest-France 25 août 2006:
C'est le premier réacteur [dit] de troisième génération au monde. Le chantier a pris du retard. Le second EPR sera construit en France, dans le Cotentin.
HELSINKI (correspondance). - Une plaine hérissée de pins, au bord
de la mer ; une petite ville et, tout près, la centrale
nucléaire d'Olkiluoto. Elle possède déjà
deux réacteurs. Le site est en chantier. On y construit
un réacteur dernier cri, le premier EPR au monde avant
celui prévu à Flamanville, en Normandie. Semblables
à des fourmis au fond de la gigantesque cuve d'acier, les
ouvriers tapissent le sol d'un entrelac serré de barres
de fer. Dans ce « matelas » métallique
doit être coulé le socle de béton du réacteur.
Mais les travaux ont pris du retard. La mise en service est déjà
reportée d'un an, à l'été 2010.
Pourquoi ce retard ? EPR est une technologie conçue
par le consortium franco-allemand Areva-Siemens qui traite, depuis
2003, avec l'électricien finlandais TVO. « C'est
difficile, pour une entreprise étrangère, d'intégrer
nos obligations spécifiques concernant le nucléaire »,
note Petteri Tiippana, responsable du projet chez Stuk, l'Autorité
finlandaise de sûreté nucléaire.
1 200 entreprises sous-traitantes. Incompréhension
et différence de cultures qu'illustrent deux exemples.
L'ampleur des démarches à accomplir avant les travaux
a été sous-évaluée. Autre pierre d'achoppement :
le béton, coulé pour la dalle qui supportera la
structure du réacteur, s'est avéré trop poreux,
donc vulnérable à la corrosion. L'écologiste
Harri Lammi, de Greenpeace Finlande, s'agace : « Il
a fallu cinq mois pour repérer la faute, pour qu'Areva
consente à donner les informations, et pour que Stuk ordonne
l'arrêt de la production de béton ! »
L'Autorité de sûreté nucléaire assure
que « cette porosité n'affecte pas la solidité
du béton. Cela n'aura aucune incidence sur la sécurité
des installations, mais par précaution, on coulera un nouvel
enduit de béton. Cet incident a surtout révélé
un défaut de gestion du projet. »
Sur ce chantier impressionnant interviennent près de 1 200
entreprises sous-traitantes issues de 26 pays, « dotées,
au mieux, d'une expérience rudimentaire du nucléaire,
et choisies par Areva pour la seule compétitivité
de leurs tarifs », analyse sévèrement
Stuk dans un rapport de juillet 2006. Les écologistes dénoncent
« le chaos qui règne », craignent
« un défaut qui entraînerait une catastrophe ».
Martin Landtman, directeur du projet pour l'électricien
TVO, réplique que « tout est sous contrôle ».
D'autres questions sont en suspens. Comme celle du degré
auquel TVO souhaite porter la combustion de l'uranium, un degré
supérieur de 20 % à ce qui est autorisé
en Finlande. Stuk n'a pas donné son feu vert pour le moment,
alors que c'est l'une des clefs de la rentabilité de ce
réacteur de troisième génération,
qui doit « diminuer de 17 % la quantité
d'uranium nécessaire pour produire la même quantité
d'électricité », selon Areva.
En Finlande, une blague circule : « Olkiluoto
n'est qu'un site d'essai nucléaire pour l'EPR français. »
Ce projet n'a pourtant pas engendré une émotion
comparable à celle entourant, en France, celui de Flamanville.
« En Finlande, les opposants au nucléaire ont
dissous leur mouvement en 1993, croyant la victoire acquise quand
les députés ont refusé un projet de cinquième
réacteur, rappelle Harri Lammi, de Greenpeace. La population
y est d'autant plus favorable que c'est un moyen de continuer
à consommer toujours plus d'énergie... »
La majorité qui vota le projet EPR au Parlement, en 2002,
fut toutefois étroite. Et les opposants parvinrent à
rassembler 7 000 personnes à Helsinki - du jamais
vu pour un motif environnemental -, dans ce pays de 5,2 millions
d'habitants. Quatre ans après, quoi de neuf ? Pour
Harri Lammi, « Areva prospecte pour trouver des gisements
d'uranium. Cela entraîne des chantiers, des nuisances et
donne ainsi aux gens un aperçu des inconvénients
du nucléaire. » La Ligue finlandaise pour la
nature, elle, veut croire à un changement : « Les
biocarburants ont le vent en poupe, mieux considérés
par les citoyens et les élus politiques. » Il
n'empêche. L'EPR d'Olkiluoto avance lentement, mais il avance.
Une grande première suivie attentivement, en France, par
ses partisans. Et ses opposants.
(1) EPR pour « European pressurized reactor », réacteur à eau pressurisée.
Malika Maclouf
Enerpresse, 18/7/2006:
Les retards dans la construction de l'EPR
font décidément bien des vagues.
Après la consternation de TVO et l'impact sur les résultats
d'Areva, c'est au tour de l'autorité de sûreté
finlandaise de donner de la voix. En fin de semaine dernière,
la Stuk a rendu public son rapport d'enquête sur la conduite
du chantier de construction du premier EPR. Et le document n'est
pas tendre avec l'acheteur et le fournisseur du réacteur.
Pesant ses 71 pages, l'audit de la Stuk pointe du doigt des faiblesses
dans la conduites du chantier. Regrettant que certains des 1 100
entreprises sous-traitantes n'aient pas d'expérience dans
le domaine du nucléaire («le facteur de choix décisif
dans la phase finale était généralement le
prix»), l'autorité de sûreté reproche
aussi à Areva sa méconnaissance «des pratiques
finlandaises, surtout au début du projet.»
De son côté, TVO se voit reprocher un manque de communication
avec les 730 personnes de 20 nationalités (dont 230 Français)
travaillant sur le chantier. Notamment pour ce qui concerne la
transmission des exigences de sécurité. Non averti
de la publication de ce rapport, non contradictoire, Areva a réagi
en fin de semaine dernière en publiant un communiqué.
Faisant état de sa surprise pour n'avoir pas été
consulté par la Stuk, le groupe présidé par
Anne Lauvergeon rappelle que les problèmes soulignés
dans le rapport ne concernent en rien la sûreté nucléaire.
Areva soutient qu'il est régulièrement rendu compte
aux autorités finlandaises compétentes des problèmes
de construction.
11/7/2006 - Le
chantier du réacteur nucléaire de 3e génération
(EPR) finlandais Olkiluoto 3, le premier au monde, accuse un retard
grandissant qui s'élève désormais à
un an, a annoncé mardi son commanditaire, le producteur
d'électricité TVO. "Les responsables du chantier
ont fait savoir à TVO que l'unité sera disponible
à l'exploitation commerciale au deuxième trimestre
2010" au lieu de la mi-2009, a indiqué TVO dans un
communiqué. Le retard est dû aux délais plus
longs que prévu de remise de certains plans et dessins
ainsi qu'à la suspension du chantier au début de
l'année après la détection de défauts
dans le béton constituant les fondations de la structure.
D'un coût initial
de 3 milliards d'euros, la construction
de l'EPR (réacteur européen à eau pressurisée),
le cinquième réacteur nucléaire finlandais,
a été entamée au printemps 2005 près
de Pori, sur la côte sud-ouest du pays où se trouvent
déjà deux réacteurs, Olkiluoto 1 et 2. A
contre-courant de la tendance en Europe, la Finlande a décidé
de développer sa capacité nucléaire civile
afin d'assurer son indépendance énergétique
car elle importe aujourd'hui près de 70% de ses besoins
en énergie. Un peu plus d'un quart de l'électricité
produite en Finlande est d'origine nucléaire. Avec ce cinquième
réacteur, la part de l'énergie nucléaire
devrait passer à 33%. Plus économique, plus performant
et plus sûr, selon ses promoteurs, l'EPR atteint la puissance
de 1.600 mégawatts contre 1.450 MW pour les réacteurs
de la génération précédente et sa
durée de vie est de 60 ans contre 40 ans. L'EPR est un
projet franco-allemand mis en oeuvre depuis 1992 par Framatome
ANP (groupe Areva) et Siemens.
TAZ, 20/2/2006:
D'après des informations des médias
dominicaux, un béton de mauvaise qualité aurait
été utilisé.
Selon le chef de projet Martin Landtman, cette affaire expliquerait
que les travaux de bétonnage pour la construction de la
centrale aient été interrompus à la mi-janvier
de manière imprévue et qu'ils n'auraient pas repris
depuis.
Déjà, sans ces problèmes, la construction
avait pris plus 6 mois de retard. Néanmoins le consortium
pour la construction (Framatome-Siemens) espère réussir
à terminer les travaux dans les délais prévus,
c'est à dire en 2009.
D'après Landtman, les problèmes de qualité
proviennent d'un mélange erroné de béton
qui a rendu le béton trop poreux. Cela pourrait conduire
à absorber trop d'humidité.
Officiellement, cela ne devrait probablement pas représenter
de danger pour la sûreté ou la résistance
future de la centrale. Aussi, le béton de médiocre
qualité déjà coulé pour les fondations
sera conservé et des mesures seront prises pour essayer
de résoudre le problème d'humidité.
Jusqu'ici 40 000 m3 de béton ont été coulés
sur un total prévu de 250 000 m3. Le maître d'ouvrage
Teollisuuden Voima (TVO) ne voit pas, au travers du fait que l'on
s'aperçoit seulement maintenant du problème de mélange
du béton, un problème de contrôle qualité,
mais au contraire la preuve qu'il marche.
Les antinucléaires ont dès le début exprimé
des réserves quant au risque que le très bas prix
fixe établit pour le cinquième réacteur finlandais
ne se faisait pas aux dépends de la qualité.
Le "travail de sagouin" qui vient d'être rendu
public risque de ne pas être idéal pour dissiper
ces doutes. L'industrie nucléaire était tellement
intéressée à construire une centrale de référence
pour le premier prototype mondial de la génération
EPR, qu'on a promis de livrer à TVO un réacteur
de 1600 MW pour 3 milliards d'Euros, prix sacrifié et irréaliste
au vu des coûts de construction.
C'est pour ces raisons qu'un rapport de l'expert britannique en
sûreté nucléaire John Large remettait fondamentalement
en question la sûreté de la construction prévue.
Le permis de construire aurait été obtenu en un
temps record de 18 mois de fait de pressions politiques et industrielles,
alors que des procédures d'autorisation similaires prennent
sinon 7 à 8 ans.
REINHARD WOLFF
PARIS (12 septembre 2005) - Des représentants du consortium franco-allemand
Areva-Siemens et de la compagnie finlandaise TVO vont poser lundi,
en Finlande, la première pierre d'un réacteur européen
de troisième génération (EPR), dont la France envisage aussi de se
doter pour renouveler son parc de centrales.
Ce réacteur européen à eau sous pression
(European Pressurized Water Reactor) aura une puissance de 1.600
mégawatts (MW) et devrait être mis en service en
2009 sur le site d'Olkiluoto (ouest de la Finlande).
Le montant du contrat a été estimé par TVO à 3 milliards d'euros, 72% de cette somme revenant au groupe nucléaire français Areva et 28% au groupe industriel allemand Siemens.
"Choisir l'EPR, c'est choisir le modèle de réacteur le plus avancé d'une technologie qui contribue largement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre", s'était félicité Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, à l'obtention de ce contrat le 18 décembre 2003.
Ce réacteur est jugé par ses promoteurs plus économique, plus performant et plus sûr. La puissance de l'EPR atteint ainsi 1.600 mégawatts contre 1.450 MW pour les réacteurs de la génération précédente, et sa durée de vie est de 60 ans contre 40 ans actuellement.
L'EPR est un projet franco-allemand développé depuis 1992 par Siemens et Framatome ANP (filiale d'Areva) qui permet de diminuer de 15% le volume d'uranium nécessaire pour produire une même quantité d'électricité, ainsi que le volume de combustibles usés.
Pour la construction de ce cinquième réacteur nucléaire finlandais, Framatome ANP fournira l'îlot nucléaire - le coeur du réacteur - et Siemens l'îlot conventionnel, qui abrite alternateurs, turbines et systèmes électriques.
Areva a obtenu des
garanties de la Coface
(Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur), tandis que
Siemens a dû renoncer à une garantie de l'Etat allemand
(dite garantie "Hermes") qui s'applique à des
crédits contractés pour des activités à
l'étranger.
(La Coface, qui garantie
pour le compte de l'Etat les exportations des industriels français
vers des pays à risque a accordé à Areva
une garantie de 610 million d'euros, c'est le second plus important
montant de garantie accordé à un projet et surtout
la seule et unique garantie jamais accordée pour une exportation
vers un pays membre de l'Union Européenne et réputé
particulièrement sans risque économique ou politique.
Par ailleurs, le contrat entre TVO et Areva étant à
coût fixe, les très probables dépassements
seront à la charge d'Areva encore détenue à
près de 85% par l'Etat français. http://www.greenpeace.fr/EPR/actu20050217.php3)
La France est le deuxième pays dans le monde à choisir l'EPR, après la Finlande. Le groupe public EDF a annoncé en octobre 2004 l'implantation d'un tel réacteur à Flamanville (Manche). L'EPR est destiné à prendre le relais des 58 réacteurs qui équipent actuellement les 19 centrales nucléaires françaises.
L'organisation de défense de l'environnement Greenpeace a réclamé vendredi le gel de la construction de ce réacteur, estimant que ni le consortium Areva-Siemens, ni les autorités finlandaises n'avaient fait la preuve de sa sûreté.
"Le nucléaire est une technologie intrinsèquement dangereuse et ce réacteur en particulier n'a pas fait l'objet d'une analyse d'impact digne de ce nom sur la sûreté, la santé publique et l'environnement", a indiqué Kaisa Kosonen, de Greenpeace Finlande, lors d'une conférence de presse.
L'organisation estime notamment que de 10 à 26% des risques identifiés (fuites, accident, attaque terroriste) n'ont toujours pas reçu de réponse à cette date.
Lire: "Nucléaire : la double manipulation" et "EPR: il est urgent d'attendre"
12/9/2005 - Greenpeace a annoncé lundi qu'elle engagerait un recours contre le gouvernement finlandais pour avoir autorisé la construction d'un réacteur européen de troisième génération (EPR), jugeant les garanties de sécurité insuffisantes. Greenpeace saisira d'ici fin septembre le Chancelier de Justice --chargé de vérifier la légalité de l'action gouvernementale-- contre le ministère du Commerce et de l'industrie et contre l'Autorité de sûreté nucléaire STUK, selon un communiqué. L'organisation écologiste estime que le processus d'agréement pour la construction du réacteur a été exceptionnellement court et que le projet "n'a pas fait l'objet d'une analyse d'impact digne de ce nom sur la sûreté, la santé publique et l'environnement".
9/9/2005 - L'organisation écologiste Greenpeace a réclamé jeudi le gel de la construction d'un réacteur nucléaire EPR en Finlande, estimant que ni le consortium franco-allemand Areva-Siemens, concepteur du réacteur, ni les autorités finlandaises n'avaient fait la preuve de sa sûreté.
"Greenpeace demande que la construction d'Olkiluoto 3 soit gelée. Le nucléaire est une technologie intrinsèquement dangereuse et ce réacteur en particulier n'a pas fait l'objet d'une analyse d'impact digne de ce nom sur la sûreté, la santé publique et l'environnement", a indiqué Kaisa Kosonen, de Greenpeace Finlande, lors d'une conférence de presse.
Le réacteur de troisième génération EPR (réacteur européen à eau sous pression) est un projet franco-allemand développé depuis 1992 par Siemens et Framatome-ANP (groupe Areva).
Greenpeace observe que l'évaluation du projet par l'Autorité finlandaise de sûreté nucléaire STUK n'a pris qu'un peu plus d'un an (janvier 2004-février avant la délivrance du permis de construire, un délai anormalement court selon elle.
"A titre de comparaison, 7 à 8 ans sont nécessaires à la Commission de régulation nucléaire américaine (NRC) (...)" pour délivrer un agrément, a souligné John Large, auteur pour Greenpeace d'une expertise très sévère à l'encontre de la STUK, implicitement accusée d'avoir cédé aux pressions politiques et économiques.
Plus économique, plus performant et
plus sûr selon ses promoteurs, sa puissance de l'EPR atteint
1600 mégawatts contre 1450 MW pour les réacteurs
de la génération précédente et sa
durée de vie est de 60 ans contre 40 ans actuellement.
Sénat, question écrite du 22/07/2004 en attente de réponse, posée par Mme Marie-Christine Blandin 12 ème législature
Publiée dans le JO Sénat du 22/07/2004 - page 1610
Mme Marie-Christine Blandin attire l'attention de M. le ministre d'Etat, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur l'octroi d'une garantie d'exportation Coface au contrat signé entre Areva et l'opérateur TVO pour la construction d'un réacteur EPR (European Pressurized Reactor) en Finlande. L'entreprise française Areva, spécialisée dans l'industrie nucléaire et majoritairement détenue par des fonds publics à travers le CEA, a signé avec l'électricien finlandais TVO un contrat pour la vente d'un réacteur EPR en décembre dernier. Ce réacteur a été vendu clé en main à l'opérateur finlandais - alors qu'il est présenté en France comme un prototype - dans le cadre d'un contrat à prix fixe. Un tel contrat fait supporter à Areva la totalité des risques financiers, notamment en cas de dépassement du budget prévu. TVO, pour sa part, ne dépensera pas un centime de plus que le montant précisé dans le contrat, à savoir 3 milliards d'euros. Or ce projet comporte d'énormes risques économiques dans la mesure où ce nouveau réacteur n'existe que sur le papier et que sa construction et sa mise au point seront soumises à d'importants aléas. C'est dans ce cadre qu'Areva a sollicité l'octroi d'une garantie Coface à l'exportation pour la vente de l'EPR en Finlande. La décision de la commission des garanties n'est pas publiquement connue à ce jour. Aussi, le soutien apporté à cette demande de garantie publique est surprenant, en effet : la Finlande ne peut être considérée comme un pays émergent ou à risque, les risques économiques sont en fait liés à la nature même du projet ; si Areva signe un contrat défavorable lui faisant endosser seule le risque financier lié aux prévisibles retards et surcoûts d'un tel projet, cette attitude purement commerciale et très hasardeuse ne saurait faire l'objet d'une garantie publique ; enfin, plus largement, le développement du nucléaire va à l'encontre du développement durable. La construction d'un réacteur engendrera un risque important et produira des déchets nucléaires ingérables. Surprise qu'une telle décision n'ait pas été discutée de manière transparente et rendue publique au vu des implications d'un tel projet, tant en termes de risque pour l'environnement que de risques politiques ou financiers, elle lui demande donc de lui confirmer au plus vite la décision d'octroi d'une garantie Coface et de rendre publics les termes de la garantie et les éléments ayant motivé une telle décision.
En attente d'une réponse ministérielle