Des techniciens russes aidant à la construction de centrale nucléaire de Bushehr dans le sud de l'Iran en 2004.

Riche en pétrole et en gaz naturel, l'Iran mène un programme nucléaire que justifie mal la seule production d'électricité.
En 1995, le gouvernement iranien annonce qu'il a signé des contrats d'un montant de 4,5 milliards de francs avec le ministère russe de l'Énergie atomique, afin de construire une centrale nucléaire près de la ville de Bushehr, sur le golfe Persique. Aussitôt les États-Unis réagissent : le secrétaire d'État américain Warren Christopher fait campagne pour éviter que les Russes n'aident ainsi l'Iran à constituer un arsenal nucléaire. Il n'a pas gain de cause [...]. Le projet de Bushehr est déconcertant: pourquoi l'Iran, qui a d'énormes réserves de gaz naturel et d'autres combustibles fossiles, investit-il plusieurs milliards de francs dans une centrale nucléaire qui produira de l'électricité à un coût supérieur à celui d'une centrale thermique? Naturellement la centrale de Bushehr pallierait la grave pénurie d'électricité qui gêne le développement du pays, et sa construction s'accompagnerait de la formation d'ingénieurs capables de faire fonctionner des réacteurs nucléaires (civils, producteurs d'électricité, mais aussi militaires, producteurs de plutonium). À plus court terme, le projet de Bushehr serait une excellente couverture pour des activités de contrebande: le ministère russe de l'Énergie atomique enverra jusqu'à 3 000 techniciens et 7 000 tonnes d'équipements pour la réalisation du projet, créant ainsi un trafic suffisamment intense pour couvrir des transferts clandestins d'équipements, de matériels et de compétences. [Suite]

 


Iran: Séisme de magnitude 5,0 aux environs de la centrale nucléaire de Bouchehr

Ria Novosti, 5/2/2012: Un séisme de magnitude 5,0 a frappé dimanche le sud-ouest de l'Iran, région où se trouve la centrale nucléaire de Bouchehr, rapporte le service géologique américain. Des secousses ont été localisées à 76 km au sud-est de la ville de Bouchehr, l'épicentre se situait à dix kilomètres de profondeur. Aucune information n'a été communiquée sur d'éventuels dégâts par les médias iraniens. La centrale de Bouchehr, la première du pays, doit atteindre sa capacité maximale de 1.000 MW le 20 mars 2012. Entamée en 1974 par l'Allemagne, la construction de la centrale de Bouchehr a été achevée par la Russie conformément à un contrat signé en 1995. La compagnie Atomstroïexport était en charge du chantier. Début octobre 2010, la Russie a livré du combustible nucléaire à Bouchehr. Le 12 septembre dernier, le premier bloc énergétique, d'une puissance de 1.000 mégawatts, a été mis en service et connecté au réseau électrique national.

 


L'Iran promet d'attaquer tout pays d'où il sera agressé

Ria Novosti, 5/2/2012: L'Iran attaquera tout pays dont le territoire sera utilisé pour une intervention militaire contre la République islamique, a déclaré dimanche Hossein Salami, commandant adjoint du Corps des Gardiens de la révolution islamique, cité par les médias occidentaux. "Tout territoire utilisé par l'ennemi pour des opérations contre la République islamique sera attaqué par nos forces armées", a annoncé le général Salami. La tension monte entre Téhéran et plusieurs pays occidentaux, Etats-Unis en tête, sur fond de divergences concernant le programme nucléaire iranien. L'Occident soupçonne l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément. Face à la poursuite des activités nucléaires iraniennes, l'Union européenne, deuxième client pétrolier de l'Iran derrière la Chine, a récemment gelé ses importations de pétrole iranien, se joignant aux Etats-Unis pour frapper au coeur de l'économie de la République islamique. L'Iran a à son tour menacé de fermer le détroit d'Ormuz au transit de pétrole.

 


Un scientifique nucléaire iranien tué dans un attentat à Téhéran

12/1/2010 - Un scientifique nucléaire iranien de haut rang, Massoud Ali Mohammadi, a été tué mardi dans l'explosion d'une moto piégée près de son domicile de Téhéran, ont annoncé les autorités. M. Mohammadi était un "professeur dans le domaine de l'énergie nucléaire", a déclaré le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, cité par l'agence Isna.

Selon l'agence Borna News, dépendant de l'agence officielle Irna, qui cite des "sources informées", M. Mohammadi était "un haut scientifique nucléaire du pays". Ce matin, ce professeur d'université était en train de monter dans sa voiture lorsqu'il a été tué par l'explosion de la moto qui était garée à côté", a expliqué le procureur de Téhéran. "Son corps a été transféré à la médecine légale et une enquête a été ouverte pour identifier les responsables de l'explosion et les motifs", a-t-il ajouté.

Les médias iraniens ont immédiatement accusé des "contre-révolutionnaires" et Israël d'être à l'origine de cet attentat, qui a eu lieu dans le quartier de Gheytarieh (nord de Téhéran), où habitait la victime. "Massoud Mohammadi était un professeur révolutionnaire et engagé qui est devenu martyr dans un attentat terroriste commis par des contre-révolutionnaires et les éléments de l'oppression mondiale", a affirmé la télévision d'Etat en persan.

Citant des "responsables bien informés", la chaîne de télévision officielle en arabe Al-Alam a estimé que, "compte tenu du type de l'explosion, l'attentat pourrait avoir été commis par les +hypocrites+ (les Moudjahidine du peuple, ndlr) ou avoir été planifié par le régime sioniste", à savoir Israël. Le mode opératoire de cet attentat --l'explosion d'un véhicule piégé déclenché à distance, selon les médias-- a été fréquemment employé par les Moudjahidine du peuple lors de la lutte contre le régime durant les premières années de la révolution islamique. Selon un voisin de la victime interrogé par l'AFP, l'explosion a été "très puissante" et a fait voler en éclat les vitres des voitures et maisons à proximité.

Cet attentat intervient alors que l'Iran est menacé de sanctions internationales pour sa politique nucléaire, et notamment pour son refus de renoncer à l'enrichissement d'uranium dont les Occidentaux craignent qu'il ne vise à doter la République islamique de l'arme nucléaire. Il intervient également dans un contexte politique très tendu, alors que le pouvoir a durement réprimé au cours des derniers mois l'opposition interne au régime, qui conteste la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin.

Le 27 décembre, huit personnes ont été tuées lors de manifestations de l'opposition et plusieurs centaines d'autres ont été blessées ou arrêtées. Le pouvoir a mis en cause les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, ainsi qu'Israël et les Moudjahidine du peuple, dans le cadre de ces violences.

 


Le Figaro, 6/1/2010: 

Comment l'Iran a enterré ses sites atomiques

Téhéran a construit des tunnels pour dissimuler et protéger son programme nucléaire d'attaques aériennes.

Le 25 octobre 2009, lorsque les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) parviennent sur le site nucléaire iranien de Fordo, dont l'existence avait été dévoilée un mois auparavant, ils découvrent, effarés, des infrastructures sommaires, à moitié enterrées dans la montagne, truffées de batteries de missiles et de nids de mitrailleuses, défendues par des unités peu avenantes de gardiens de la révolution. Drôle d'ambiance pour un site industriel en plein désert, inachevé et censé faire partie d'un programme nucléaire purement civil.

Sommé de s'expliquer à Vienne au siège du «chien de garde nucléaire» de l'ONU, le régime chiite dégaine une explication préparée d'avance : Fordo pouvant à tout moment être attaquée par l'aviation israélienne, il convenait de protéger le site et d'en dissimuler l'existence, malgré les obligations de transparence auxquelles Téhéran est soumis du fait des accords de garanties nucléaires signés avec l'AIEA.

Cette justification, déjà employée dans le cas de Natanz, l'autre site d'enrichissement d'uranium dont l'existence avait été dévoilée en août 2002 et qui abriterait plus de 8 000 centrifugeuses, entre dans le cadre d'une stratégie de «défense passive», qui complique singulièrement la tâche des stratèges occidentaux.

Le programme nucléaire iranien, disséminé aux quatre coins du territoire, a été en grande partie enterré avec ses équipements les plus sophistiqués, notamment les centrifugeuses, qui permettent d'enrichir l'uranium, dissimulées dans de gigantesques souterrains aux entrées bien gardées.

À Ispahan, site de conversion de l'uranium, l'étape qui précède l'enrichissement, la montagne a été creusée comme du gruyère, et pas moins de six accès ont été inventoriés par les services secrets occidentaux. L'opposition iranienne en exil, contestée pour ses révélations parfois fantaisistes et sa dépendance vis-à-vis de la CIA, évaluait en 2005 à 14 le nombre de chantiers souterrains liés à des sites militaires ou à la production d'armements. Elle vient en décembre de revoir cette projection à la hausse, la faisant passer à 19.

Cibler les gardiens de la révolution

Ces myriades de tunnels constituent probablement l'argument le plus solide dont dispose l'Iran face à la frustration des Occidentaux et la colère d'Israël, intimement persuadé que le régime chiite lui voue une haine mortelle.

Pour Washington comme pour Tel-Aviv, la perspective de frappes aériennes revêt un faible intérêt stratégique, en l'absence de missiles de haute précision capables de perforer ces tunnels et y semer la dévastation. Outre leur énorme coût politique supposé, des raids surprises n'endommageraient que légèrement les infrastructures visées.

«(Les tunnels) compliquent la précision de votre tir, opine Richard Russell, ancien analyste de la CIA cité par le New York Times. Nous avons l'habitude de cibles situées en surface. Lorsqu'elles sont souterraines, elles deviennent de véritables trous noirs. Vous n'êtes jamais sûrs de ce qui peut s'y trouver.»

Privée de ce recours virtuel à la force, corollaire indispensable à une politique d'apaisement et un accord commercial espéré sur la fourniture d'uranium à l'Iran, l'Administration américaine envisage très sérieusement de réduire la voilure si de nouvelles sanctions devaient être promulguées au Conseil de sécurité des Nations unies.

Tandis que la contestation du régime se poursuit en Iran, la Maison-Blanche préfère renoncer à endiguer l'importation de pétrole raffiné, pour mieux cibler les activités financières et commerciales des gardiens de la révolution, véritables maîtres d'oeuvre du programme nucléaire.

 


Réunion de Vienne: Téhéran juge inutile la présence de la France

20/10/2009 - L'Iran juge inutile la présence de la France à la réunion de Vienne sur la livraison de combustible nucléaire à Téhéran, à laquelle participent également les Etats-Unis et la Russie, a affirmé mardi le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki. La République islamique a proposé à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de solliciter (en son nom) des pays tiers pour la livraison de combustible destiné à son réacteur de recherche de Téhéran, selon M. Mottaki.

"L'Agence a contacté quelques pays, et les Etats-Unis et la Russie ont accepté de participer aux négociations pour fournir le combustible", a déclaré à la presse le ministre iranien. "Les négociations vont être menées avec ces deux pays en présence de l'Agence. Nous n'avons pas besoin de beaucoup de combustible et nous n'avons pas besoin de la présence de beaucoup de pays. Il n'y a aucune raison pour la France d'être présente", a-t-il poursuivi.

L'Iran a entamé lundi à Vienne, sous l'égide de l'AIEA, la négociation d'un accord avec les Etats-Unis, la Russie et la France sur l'enrichissement à l'étranger d'uranium à usage civil, afin d'apaiser les tensions autour de son programme nucléaire controversé. L'uranium enrichi à 20% doit servir de combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran.

L'enrichissement de l'uranium constitue le volet le plus controversé du programme nucléaire de la République islamique, dans la mesure où l'uranium enrichi peut aussi permettre la fabrication d'une bombe atomique.

 

Nucléaire: Retard à Vienne après le veto de Téhéran contre la France

20/10/2009 - Le reprise de la réunion de Vienne sur l'enrichissement à l'étranger d'uranium iranien était retardée mardi matin après l'annonce par le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, affirmant que la France n'avait "aucune raison" d'y participer.

La réunion, débutée lundi au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), devait reprendre à 10H00 locales (08H00 GMT), mais n'avait toujours pas débuté à 11HOO (09H00 GMT). Dans la matinée, Manouchehr Mottaki avait déclaré depuis Téhéran ne voir "aucune raison pour la France d'être présente" à cette réunion rassemblant l'Iran, les Etats-Unis, la Russie et la France sous l'égide de l'AIEA.

Les quatre pays doivent discuter des modalités de livraison d'ici un an à l'Iran d'uranium enrichi à 19,75% pour son réacteur de recherche de Téhéran, bientôt à court de combustible. En échange, l'Iran doit remettre une partie des 1.500 kg d'uranium qu'il a faiblement enrichi malgré les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.

 


Révélation iranienne: Une histoire d'espions qui suscite bien des questions

25/9/2009 - Le nouveau rebondissement dans la crise nucléaire iranienne est l'aboutissement d'années de coopération entre les services de renseignement américains, britanniques et français qui, comme toutes les histoires d'espions, soulèvent d'innombrables questions.

Comment les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont-ils su? Pourquoi, alors qu'ils savaient depuis bien longtemps, ont-ils attendu vendredi pour révéler avec fracas que l'Iran construisait en secret une nouvelle usine susceptible, selon eux, de servir à fabriquer la bombe atomique?

Qu'est-ce qui a poussé le président américain Barack Obama, son homologue français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown à rompre vendredi avec les préoccupations économiques du sommet du G20 à Pittsburgh (est des Etats-Unis) pour dénoncer ensemble une nouvelle violation par l'Iran de ses obligations? Ces trois pays ont laissé nombre de questions sans réponse.

Ce qu'Américains, Français et Britanniques s'accordent à dire sous couvert d'anonymat, c'est qu'il y a longtemps que leurs services de Renseignement savaient. M. Obama lui-même a été mis au courant après son élection en novembre 2008, mais avant son investiture, dans les briefings qu'il recevait alors au même titre que le président encore en place.

La date de début de construction, sous une montagne, diffère selon les sources: avant l'accession à la présidence en 2005 de Mahmoud Ahmadinejad ou après, en 2006. Américains, Britanniques et Français ne s'étendent pas sur la question extrêmement sensible de leurs sources. Ils ne disent pas si l'Iran dissimulerait d'autres sites. Mais un haut responsable américain explique que l'Iran a été victime du soupçon constant qu'il suscite.

Quand un groupe d'opposition iranien a révélé en 2002 que la République islamique menait clandestinement un programme nucléaire à Natanz et Ispahan, l'Iran a été forcé de placer ces sites sous inspection internationale. "Il était évident pour tout le monde (...) que si les Iraniens voulaient se procurer l'option de l'arme nucléaire, le recours à Natanz était une approche vraiment très peu attirante (...) L'option évidente consistait à construire une autre usine secrète et souterraine d'enrichissement et nos services de renseignement (...) ont cherché une telle usine pendant des années. Comme on pouvait s'y attendre, nous l'avons trouvée", a-t-il dit.

Selon les Occidentaux, l'usine ne sera pas opérationnelle avant quelques mois. Elle pourrait accueillir environ 3.000 centrifugeuses, les machines procédant à l'enrichissement. C'est trop peu pour un usage civil. En revanche, l'usine aurait la "bonne taille" pour une finalité militaire, dit un responsable américain.

C'est parce que les Iraniens ont appris récemment que les Occidentaux savaient que ces derniers ont rendu l'affaire publique, dit-il. Les Iraniens ont écrit lundi à l'agence onusienne veillant à la non-prolifération pour se mettre en règle a posteriori, précise-t-il. L'activité diplomatique de la semaine semble accréditer cette explication.

Quand M. Obama a rencontré mardi le président chinois Hu Jintao, il ne lui a pas parlé de l'usine iranienne. Il l'a fait mercredi avec le président russe Dmitri Medvedev, partenaire tout aussi important quand il s'agit de contrer le nucléaire iranien, dit l'administration américaine. Des responsables français invoquaient, eux, la nécessité de dire aux Iraniens, preuves à l'appui et à un moment critique de la crise nucléaire: maintenant, ça suffit.

Dans moins d'une semaine, jeudi à Genève, a lieu une rencontre cruciale entre Américains, Britanniques, Français, Chinois, Russes et Allemands d'une part, Iraniens de l'autre. Et les Occidentaux reconnaissent que la divulgation de vendredi leur confère un moyen de pression considérable.

 


Inauguration de la 1ère usine iranienne de combustible nucléaire

9/4/2009 - Mahmoud Ahmadinejad doit inaugurer dans la journée la première usine iranienne de production de combustible nucléaire, annonce un responsable iranien. L'Iran célèbre ce jeudi une Journée nationale du nucléaire, au cours de laquelle le président iranien, lors d'un discours à Ispahan, devait annoncer que Téhéran maîtrise le dernier stade de la production du combustible nucléaire. "Il s'agit du premier complexe de production de combustible (...) 100% iranien et le président va l'inaugurer", a déclaré à Reuters Vajihollah Asadi, directeur dans cette installation proche d'Ispahan.

 


Iran-Resist, 9/2/09:
Iran/nucléaire: Bruno Tertrais, idole éphémère des mollahs de Téhéran



Cinq mille centrifugeuses en service en Iran, selon Téhéran

26/11/2008 - Cinq mille centrifugeuses fonctionnent désormais dans le cadre du programme iranien d'enrichissement d'uranium, a annoncé mercredi Gholamreza Aghazadeh, directeur de l'agence nationale de l'énergie atomique. "Nous avons maintenant 5.000 centrifugeuses actives. La suspension de l'enrichissement nucléaire ne fait pas partie de notre vocabulaire", a-t-il déclaré, selon l'agence de presse officielle Irna. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a fait savoir en novembre que 3.800 centrifugeuses étaient en service en Iran et que 2.200 nouvelles entraient peu à peu en fonction. Le chiffre de 3.800 a été atteint dès septembre, mais l'AIEA n'a pas été en mesure d'expliquer la lenteur relative de la progression de ce programme d'enrichissement que les puissances occidentales jugent suspect. Téhéran affirme qu'il est exclusivement à usage civil.

 


Réunion des "Six" sur le nucléaire iranien, pas d'avancée

14/11/2008 - Les directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères des "Six" se sont réunis jeudi à Paris pour évoquer le dossier nucléaire iranien, a annoncé le gouvernement français. L'Allemagne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Chine, Etats-Unis, Russie, France et Grande-Bretagne - tentent depuis des mois de convaincre Téhéran de renoncer à son programme nucléaire. La réunion de jeudi, à laquelle était associé un représentant de l'Union européenne, n'a débouché sur aucune avancée ou décision majeures. "La réunion a permis aux participants de faire le point sur la situation actuelle et de discuter de la façon d'avancer (...) Les Six poursuivront leurs consultations sur les prochaines étapes dans les semaines à venir", dit le communiqué du ministère français des Affaires étrangères. Un haut responsable français, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat, a déclaré avant la réunion qu'aucune avancée notable n'était attendue avant la prise de fonction du président élu américain Barack Obama, en janvier.

 


Nucléaire: sans garantie d'approvisionnement, Téhéran continuera à enrichir

2/10/2008 - L'Iran continuera à enrichir de l'uranium "tant qu'il n'y aura pas d'instrument international légalement contraignant" qui garantisse son approvisionnement en combustible nucléaire, a indiqué jeudi l'ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh. Interrogé pour savoir si la mise en place d'un tel instrument suffirait à ce que son pays suspende l'enrichissement, M. Soltanieh, qui participait à une conférence à Bruxelles, a précisé qu'il faudrait d'abord vérifier qu'il est bien respecté. "Ce n'est pas assez d'avoir un morceau de papier, mais c'est une première étape", a-t-il indiqué à quelques journalistes après la conférence. "L'étape suivante est de voir s'il est réellement appliqué", a-t-il précisé. M. Soltanieh a souligné que sans mécanisme de garantie "internationalement négocié et reconnu", l'Iran poursuivrait l'enrichissement par "mesure de précaution", en raison d'un "grave déficit de confiance" envers les Occidentaux. Il a ainsi souligné qu'Américains, Allemands et l'usine d'enrichissement d'Eurodif (France) avaient par le passé manqué à leurs engagements envers Téhéran en matière de fournitures nucléaires. Alors que des négociations menées par le diplomate en chef de l'UE Javier Solana pour tenter de convaincre Téhéran de renoncer à l'enrichissement piétinent depuis des mois, l'ambassadeur iranien a par ailleurs appelé une nouvelle fois à des "négociations sur une base d'égalité, sans pré-conditions". Six puissances (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Etats-Unis, Russie, Chine) font depuis des mois miroiter à l'Iran une ouverture de pourparlers sur une vaste offre de coopération économique et politique, conditionnée à une suspension de l'enrichissement. Sans succès jusqu'ici. L'ambassadeur iranien a également estimé que l'Iran se sentait "humiliée" par les Américains et "quelques pays européens" qui, à chaque fois que l'Iran a accédé à leurs demandes de vérification sur son programme nucléaire, ont exigé un peu plus. "Nous n'avons même pas le droit de réfléchir à la technologie nucléaire et à l'enrichissement", a-t-il dit. Le Suédois Hans Blix, ex-inspecteur de l'ONU en Irak et actuel président de la commission sur les armes de destruction massive, qui participait également à cette conférence, a donné partiellement raison à l'ambassadeur iranien. Il a jugé lui aussi que les Etats-Unis, en exigeant que l'Iran suspende l'enrichissement avant de consentir à des négociations, ne respectaient pas "l'égalité de traitement" et contribuaient à alimenter un sentiment d'"humiliation" en Iran. M. Blix a également estimé que, puisque de multiples inspections n'avaient pas réussi à apporter la preuve que les Iraniens poursuivaient un programme d'enrichissement à des fins militaires, les Occidentaux cherchaient maintenant à prouver qu'ils en ont "l'intention". Une recherche "futile" selon lui. L'Iran fait l'objet de sanctions de l'ONU pour son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium, dont les Occidentaux soupçonnent qu'il alimente un programme secret d'arme atomique. Sur la base d'un récent rapport de l'AIEA dénonçant l'absence de progrès dans les discussions visant à préciser la véritable nature du programme nucléaire iranien, les Occidentaux auraient souhaité alourdir les sanctions de l'ONU déjà en vigueur. Mais la Russie, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, s'y est opposée.

 


Le Monde, 28/7/2008: 

Le tic-tac de l'horloge nucléaire

Les diplomates occidentaux habitués des négociations avec les Iraniens le savent : une des facettes de la culture perse est l'art de ratiociner, d'ergoter à l'infini sur les détails sans jamais aborder le coeur du sujet. Pour gagner du temps. Ce jeu intellectuel pourrait être divertissant s'il ne s'agissait de l'horloge et de l'arme nucléaires. Or le temps qui passe comporte des risques. Bien des indices - le raid israélien du 6 septembre 2007 contre le réacteur nucléaire syrien d'Al-Kibar, les exercices aériens réunissant une centaine d'avions de combat de Tsahal en juin, les manoeuvres navales et les tirs de missiles iraniens en juillet - incitent à penser que le risque d'une confrontation militaire avec l'Iran ne s'éloigne pas.

Les pourparlers de Genève du 19 juillet ont été sans surprise : il n'y a "aucune chance", a dit l'un de ses négociateurs, que l'Iran renonce à l'enrichissement de l'uranium, c'est-à-dire à un absolutisme nucléaire qui conforte le nationalisme d'une partie de la population. Même si un âpre débat semble se dérouler dans les cercles du pouvoir iranien, Téhéran montre ainsi son peu d'intérêt à accorder à une administration Bush en fin de parcours le "cadeau" d'un gel, à défaut d'un abandon, de son programme nucléaire.

Parier que davantage de concessions pourront être obtenues d'une administration Barack Obama ou John McCain, c'est prendre les risques d'un joueur d'As Nas, cet ancêtre du jeu de poker interdit par la révolution islamique. Le temps gagné par l'Iran ne joue pas en faveur d'Israël. Les Israéliens sont convaincus que les Iraniens poursuivent sans relâche leur programme d'enrichissement de l'uranium et la modernisation de leur arsenal balistique. Même si on exagère la détermination politique de l'Iran à exercer des représailles contre Israël et les forces américaines dans la région, Tel-Aviv ne peut prendre à la légère le risque de déclencher un embrasement. C'est pourquoi Israël préférerait que les Etats-Unis prennent l'initiative de détruire une partie des nombreuses installations nucléaires iraniennes.

Le temps électoral que vit l'Amérique n'est pas le plus propice à l'ouverture d'un troisième front militaire, en sus de l'Irak et de l'Afghanistan. Mais les dirigeants faibles prennent souvent des décisions folles : si M. Bush est discrédité, ce n'est rien en comparaison des scandales qui éclaboussent en Israël le premier ministre Ehoud Olmert. Si l'Amérique temporise, Israël, s'il acquiert la double conviction que l'Iran se rapproche dangereusement du "seuil nucléaire" et qu'une administration Obama fera preuve de pusillanimité envers l'Iran, ordonnera à son aviation d'agir. La démonstration de Tsahal en juin, avec toutes les caractéristiques d'une attaque fictive contre les sites iraniens, avait valeur d'avertissement. Comme si le raid sur Al-Kibar n'avait pas suffi.

Celui-ci est une application de la "doctrine Begin", énoncée par l'ancien premier ministre israélien pour justifier sa décision de détruire le réacteur nucléaire irakien Osirak, le 7 juin 1981. Elle tient en peu de mots : "Nous avons choisi ce moment : maintenant, pas plus tard, parce que plus tard pourrait être trop tard, peut-être pour toujours." M. Olmert a suivi ce conseil en envoyant sept chasseurs-bombardiers détruire Al-Kibar.

Si rien ne permet de confirmer la thèse israélienne selon laquelle il était urgent d'agir, il y a plus important : l'efficacité de cette opération militaire n'est rien comparée à son succès diplomatique et médiatique. Bruno Tertrais, expert sur les questions nucléaires à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), parle du "silence assourdissant" de la communauté internationale qui a salué ce raid israélien : aucune condamnation américaine ou européenne, aucune critique du Conseil de sécurité des Nations unies...

 

DU CRÉDIT À L'OPTION MILITAIRE

L'impunité dont a bénéficié l'Etat juif s'explique par l'image détestable de la Syrie dans le monde arabe. Les pays du Golfe n'étaient pas mécontents de la leçon infligée à Damas, tout comme ils verraient d'un bon oeil la destruction du potentiel nucléaire de leur voisin iranien. "L'attaque israélienne était un excellent exemple de la doctrine de la guerre préventive défendue par Begin, Bush et les néoconservateurs", fait observer l'expert américain sur les questions de prolifération Joseph Cirincione.

"Mais, ajoute-t-il, c'est un dangereux précédent : comment allons-nous réagir si un autre pays suit la même stratégie ? L'Inde peut-elle frapper une installation suspecte pakistanaise ou chinoise ? La Russie peut-elle, de façon préventive, frapper une base de missiles en Pologne ?" Israël a ses raisons historiques pour ne pas faire confiance à un système international long à réagir. Il n'empêche : le silence de la communauté internationale ne peut que redonner du crédit à l'option militaire, et enhardir un gouvernement israélien lassé des atermoiements occidentaux à franchir son Rubicon.

En prenant des risques : les sites nucléaires iraniens, nombreux, disséminés, enterrés, représentent un défi stratégique sans commune mesure avec la destruction relativement simple des sites d'Osirak et Al-Kibar. Les Israéliens estiment qu'à choisir, il vaut mieux un Proche-Orient en ébullition qu'un Iran nucléaire. Parce que celui-ci entraînerait inévitablement une prolifération généralisée : l'Arabie saoudite, l'Algérie, l'Afrique du Sud, la Turquie, le Brésil, bien d'autres nations, s'engouffreraient dans la brèche.

Refuser le manichéisme d'Israël impose d'en rester à une stricte application du traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Cela signifie plusieurs conséquences : ne pas jouer l'apaisement avec la Syrie, en acceptant de facto - par exemple lors du défilé du 14 Juillet à Paris - les "frasques" nucléaires du président Bachar Al-Assad ; ne pas conclure de juteux contrats nucléaires avec l'Inde, comme le font les Etats-Unis, en fermant les yeux sur le fait que le combustible livré à New Delhi servira à renforcer l'arsenal nucléaire de la "plus grande démocratie du monde" ; ne pas chercher à tout prix un accord avec la Corée du Nord, en oubliant de lui demander des comptes sur son stock d'armes atomiques et sa coopération nucléaire clandestine avec le Pakistan et la Syrie. Au moment où le fragile TNP fête son 40e anniversaire, le risque est grand de revenir aux années 1960, avant la non-prolifération, lorsque dix ou vingt Etats nucléaires paraissaient émerger. "Si c'était le cas, souligne Joseph Cirincione, comme le disait le président Kennedy, "il n'y aura de repos pour quiconque''."

Laurent Zecchini

 



L'Iran dit avoir amplifié son programme d'enrichissement

26/7/2008 - Plus de 5.000 centrifugeuses sont actuellement en service pour enrichir l'uranium, a déclaré samedi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, suggérant ainsi que son pays a poursuivi l'extension de son programme nucléaire.

Les déclarations du chef de l'Etat risquent d'irriter les six puissances impliquées dans le dossier du nucléaire iranien (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne) qui ont proposé à la République islamique un ensemble de mesures incitatives pour la convaincre de renoncer à ses activités sensibles. A l'issue d'une réunion, le 19 juillet, à Genève avec le négociateur en chef iranien sur le dossier du nucléaire, des responsables occidentaux ont déclaré que Téhéran avait deux semaines pour répondre à l'offre qui lui avait été faite par les grandes puissances. L'Iran a jusqu'à présent toujours refusé de geler ou de suspendre ses activités d'enrichissement en préalable à l'ouverture de négociations préliminaires ou officielles sur les mesures d'incitations proposées par les Six. "Aujourd'hui, nous avons plus de 5.000 centrifugeuses actives", a déclaré Ahmadinejad cité par la télévision publique iranienne.

L'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) avait indiqué en mai que Téhéran possédait 3.500 centrifugeuses servant à enrichir l'uranium sur le site de Natanz. L'uranium enrichi peut être utilisé comme combustible dans des centrales produisant de l'électricité mais il peut également servir à fabriquer une arme atomique.

"DROIT ÉVIDENT AU NUCLÉAIRE"

Les Occidentaux soupçonnent la République islamique de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que les autorités iraniennes démentent. Le Conseil de sécurité de l'Onu a déjà imposé trois trains de sanctions à l'encontre de la République islamique en raison de son refus de cesser l'enrichissement d'uranium. Londres et Washington ont averti lundi l'Iran qu'il risquait de faire face à un renforcement des sanctions internationales s'il venait à rejeter l'offre des Six.

"L'Iran ne négocie avec personne son droit évident au nucléaire", a déclaré Ahmadinejad dans la ville de Mashhad. Selon la radio publique, il a affirmé que les Occidentaux avaient fait marche arrière et "acceptaient que l'Iran continue l'enrichissement d'uranium avec ses 6.000 centrifugeuses actuelles". Le président iranien a souligné que la présence lors de la réunion de la réunion de Genève du sous-secrétaire d'Etat américain William Burns, signe d'une évolution de la politique de Washington vis à vis de l'Iran, constituait un "succès".



Nicolas Sarkozy encourage l'AIEA à "poursuivre ses travaux d'enquête en Iran"

14/2/2008 - Nicolas Sarkozy a reçu jeudi à l'Elysée le directeur général de l'AIEA Mohammed El-Baradeï pour encourager l'agence onusienne à "poursuivre ses travaux d'enquête en Iran dans la durée et avec détermination". Selon un communiqué de l'Elysée, le président français a rappelé au chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) les préoccupations et les demandes de la communauté internationale vis-à-vis des activités nucléaires et balistiques de l'Iran" et "les propositions de négociations des Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Breatgne, Allemagne, NDLR) en faveur d'un règlement de cette crise, y compris dans le domaine de la coopération nucléaire civile". Nicolas Sarkozy a par ailleurs "rappelé la politique de la France en faveur de l'accès au nucléaire civil de tous les pays respectueux des normes internationales". Les deux hommes "ont constaté l'importance cruciale du nucléaire civil dans les politiques énergétiques et en faveur du développement durable. Ils ont relevé la convergence des objectifs de la France et de l'Agence", indiquait-on de même source. "L'intérêt de progresser sur le développement d'instruments collectifs, comme les assurances de fourniture de combustible et la création dune banque de combustible à l'AIEA a été relevé", selon le communiqué. Nicolas Sarkozy avait réaffirmé mercredi lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) la position de la France dans le dossier du nucléaire iranien. "Tant que l'Iran choisit le fait accompli, nous n'avons pas d'autre choix que de renforcer son isolement: cela passe par de nouvelles sanctions au conseil de sécurité et de l'Union européenne, et par la nécessaire retenue des entreprises vis-à-vis de relations économiques et financières avec ce pays", a-t-il déclaré à cette ocacsion. Le chef de l'Etat a redit sa conviction que le nucléaire civil "est la principale énergie du futur" et "ne peut être réservé aux seuls pays occidentaux".

 

Les Etats-Unis mettent en garde l'Iran contre de nouvelles centrifugeuses

8/2/2008 - L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Gregory Schulte, a mis en garde l'Iran vendredi contre toute mise en route d'une nouvelle génération de centrifugeuses pour ses activités controversées d'enrichissement d'uranium. "Tout test par l'Iran de centrifugeuses plus modernes représenterait une escalade dans le non-respect par ce pays de ses obligations de geler toute activité liée à l'enrichissement", a-t-il déclaré à l'AFP. M. Schulte a toutefois refusé de confirmer des informations de presse selon lesquelles Téhéran aurait effectivement commencé de tels tests, et a précisé attendre le rapport sur le sujet que doit rendre ce mois-ci le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei. "Nous n'avons pas d'information sur la nature technique d'éventuelles nouvelles centrifugeuses iraniennes, mais nous estimons qu'un test serait destiné à accroître les capacités potentielles d'enrichissement de l'Iran", a-t-il souligné. Selon ces informations, Téhéran aurait débuté sur son site de Natanz des tests à vide de centrifugeuses de type P-2, lesquelles seraient deux à trois fois plus efficaces que les quelque 3.000 centrifugeuses de type P-1 qu'exploitait la République islamique en novembre. Le Conseil de sécurité de l'ONU étudie de nouvelles sanctions envers Téhéran après l'échec de deux précédentes séries de mesures destinées à contraindre l'Iran à geler ses activités d'enrichissement d'uranium, soupçonnées par les Occidentaux de servir à doter ce pays de l'arme atomique. Une mise en route de nouvelles centrifugeuses "serait une raison de plus de s'inquiéter de la nature du programme nucléaire iranien et des intentions de ses dirigeants, et une raison de plus pour le Conseil de sécurité d'agir", a estimé M. Schulte. Selon un diplomate occidental désirant conserver l'anonymat, "l'Iran, en s'empressant de développer de nouvelles technologies, sape un peu plus la confiance à un moment où il devrait faire tout son possible pour la rétablir". L'AIEA, qui tente depuis quatre ans d'établir la nature du programme nucléaire iranien, a refusé vendredi de s'exprimer sur le sujet, tout comme l'ambassadeur d'Iran auprès de l'agence, Ali Asghar Soltanieh.

 


Libération, 18/12/2007:

Les Russes pressent le bouton de la centrale iranienne

L'Iran devrait avoir d'ici environ six mois sa première centrale nucléaire en activité. Elle le doit à un changement d'attitude de Moscou qui, depuis plusieurs années, traînait ostensiblement des pieds pour la terminer et livrer le combustible nucléaire nécessaire à son fonctionnement. Une première livraison aurait déjà dû intervenir au plus tard en mars 2006. Elle avait été sans cesse retardée, les autorités russes inventant tous les prétextes possibles pour ne pas honorer leurs engagements. Mais hier, le constructeur russe Atomstroyexport a fait savoir qu'il avait commencé à livrer les premiers conteneurs d'uranium «scellés au préalable par des inspecteurs de l'Agence internationale pour l'énergie atomique [AIEA, ndlr]». Ces conteneurs sont arrivés dimanche à la centrale, près du port de Bouchehr, sur le golfe Persique. Ils ont été placés dans un entrepôt spécial, toujours sous garantie de l'AIEA. Au total, 163 blocs principaux et 17 de réserve contenant de l'uranium U-235 enrichi à 3,62 % doivent être livrés «par étapes sur deux mois». Atomstroyexport a aussi annoncé que la livraison du combustible précédait de six mois la mise en service du réacteur. Téhéran attend 82 tonnes de combustible pour la première année de fonctionnement.

Pied levé. Contrairement au site d'enrichissement d'uranium de Natanz ou à la future centrale à eau lourde d'Arak, celle de Bouchehr n'est pas considérée comme un facteur de prolifération. «Pour deux raisons, souligne Bruno Tertrais, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique,son réacteur est à eau légère et Téhéran s'est engagé auprès de Moscou pour que le combustible destiné à l'alimentation soit renvoyé en Russie une fois utilisé. Cela constitue une double sécurité.» A l'origine, Bouchehr devait être construite par la compagnie allemande Kraftwerke Union. En 1979, lorsque Khomeiny prend le pouvoir, l'Allemagne interrompt ses travaux. Survient la guerre Irak-Iran, qui verra le bombardement de la centrale. En 1992, l'Allemagne avait refusé de les reprendre sous la pression des Etats-Unis qui invoquaient des risques de prolifération de technologie nucléaire sensible. La Russie la remplaçait alors au pied levé en concluant, en 1993, un accord de coopération dans le nucléaire civil. En janvier 1995, elle signait un contrat pour la reprise de la construction pour un coût d'un milliard de dollars. Un programme ensuite revu à la baisse.

Controversé. Bientôt, des difficultés survenaient entre les deux partenaires, faisant de Bouchehr, l'Arlésienne du Golfe. En fait, Moscou retardait l'achèvement de la construction pour forcer Téhéran à montrer plus de transparence sur son programme nucléaire controversé. La centrale lui sert alors de levier de pression. «C'était une stratégie assez fine. Si Moscou y a mis fin, ce n'est pas un revirement pour autant. A un moment ou un autre, les Russes se devaient d'honorer le contrat. Ils avaient tiré sur la corde aussi loin qu'ils le pouvaient. S'ils continuaient, ils risquaient d'apparaître comme un partenaire non fiable», ajoute Tertrais. A l'heure où d'autres gros contrats se profilent En contrepartie, Moscou a appelé l'Iran à «prouver le caractère pacifique de son programme nucléaire» et à «arrêter ses travaux d'enrichissement d'uranium», en notant que l'approvisionnement de Bouchehr en combustible était «assuré pour toute sa durée d'exploitation». Emboîtant le pas au Kremlin, la Maison Blanche a martelé hier que la livraison d'uranium russe à l'Iran constituait une raison de plus pour que Téhéran suspende ses activités nucléaires les plus sensibles.

Le régime islamique a aussitôt répliqué qu'il poursuivrait son enrichissement d'uranium - contre la volonté de la communauté internationale - afin d'alimenter sa future centrale de Darkhoyen (sud). «Cette centrale aura besoin de combustible», a déclaré le chef de l'organisation iranienne de l'énergie atomique, Gholamreza Aghazadeh. Pour le ministre israélien des Affaires stratégiques, Avigdor Lieberman, une telle annonce est bien la preuve que Téhéran veut se doter à tout prix de l'arme nucléaire.



Avec l'uranium russe, l'Iran ne peut plus exiger d'enrichir lui-même

18/12/2007 - Les premières livraisons de combustible nucléaire russe à l'Iran retirent à Téhéran son argument selon lequel il doit mettre au point ses propres capacités de production d'uranium enrichi, a estimé mardi l'ancien chef des inspecteurs nucléaires de l'ONU, Hans Blix. "Si la Russie avait refusé de livrer du combustible à Bouchehr, je pense que les Iraniens auraient pu dire +vous voyez, nous avons raison, nous ne pouvons faire confiance à personne et il nous faut nos propres capacités+" de production, a déclaré M. Blix en duplex depuis Stockholm. "De ce point de vue-là, je comprends ces livraisons", a-t-il poursuivi, disant ne "rien voir dans les résolutions du Conseil de sécurité qui puisse faire obstacle" à ces exportations russes. La Russie a annoncé lundi qu'elle avait commencé à livrer du combustible nucléaire à l'Iran pour la centrale de Bouchehr, "sous le contrôle" de l'AIEA, et réitéré l'appel à Téhéran à cesser tout enrichissement d'uranium. M. Blix, ancien chef des inspecteurs nucléaires de l'ONU, a réitéré son appel à assurer un équilibre entre la "carotte" et le "bâton" avec l'Iran soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire. "Nous devons voir quelles sont les incitations positives, les carottes que nous pourrions utiliser avec l'Iran" notamment en "proposant l'ouverture de relations diplomatiques" avec les pays qui n'en ont pas avec Téhéran et par "des garanties de non attaque". "Le réacteur de Bouchehr doit être sous contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Bouchehr ne m'inquiète pas", a déclaré de son côté à Moscou Rolf Ekeus, ancien chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU. "Avec les livraisons de combustible, l'Iran n'a pas de besoin urgent d'enrichir de l'uranium, c'est un argument très valable. Sa logique est forte", a déclaré pour sa part Uzi Arad, un ancien agent du Mossad et ex-conseiller en politique extérieure du Premier ministre israélien. "Je n'ai presque aucun doute sur le fait que l'Iran a tout, sauf peut-être l'uranium enrichi" pour fabriquer l'arme nucléaire, a déclaré de son côté l'expert russe Vladimir Dvorkine de l'académie des sciences qui a participé à la préparation de traités internationaux sur les armements.

 



L'Iran continuera à enrichir l'uranium pour sa future centrale de Darkhoyen

17/12/2007 - L'Iran va poursuivre son enrichissement d'uranium, contre la volonté du Conseil de sécurité de l'ONU et malgré la livraison de combustible russe pour sa centrale de Bouchehr, afin d'alimenter sa future centrale nucléaire de Darkhoyen (sud), selon le chef de l'organisation iranienne de l'énergie atomique. "Nous avons une centrale autochtone avec une capacité de 360 mégawatts à Darkhoyen qui est en construction, et cette centrale aura besoin de combustible", a dit Gholam Reza Aghazadeh sur la télévision d'Etat. C'est la première fois qu'un responsable iranien précise l'emplacement de cette future centrale, dont l'Iran avait annoncé en mai dernier que sa construction avait commencé. "Selon le plan établi, le combustible de cette centrale sera fourni par (l'usine d'enrichissement d'uranium de) Natanz", a dit M. Aghazadeh, en précisant que la construction de la centrale prendra "plusieurs années". Le responsable a ainsi rejeté l'appel de Moscou à suspendre son enrichissement d'uranium. Dans un communiqué lundi, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé Téhéran à "prouver le caractère pacifique de son programme (...) en arrêtant ses travaux d'enrichissement d'uranium". D'autant plus que la centrale de Bouchehr est désormais "assurée de recevoir du combustible russe pour toute sa durée d'exploitation". Moscou a commencé la livraison dimanche du combustible russe pour cette centrale, unique en Iran, dont la Russie assure la construction. Téhéran risque par ailleurs une troisième résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, assortie de sanctions, si il ne cesse pas son enrichissement d'uranium.




Le Monde, 15/12/2007: 

Nucléaire iranien: Paris relance l'offensive pour sanctionner Téhéran

La France est engagée dans un effort diplomatique visant à relancer la pression internationale sur l'Iran, après la publication, le 3 décembre, du rapport des agences de renseignement américaines sur "les intentions et les capacités nucléaires" de la République islamique. L'élément frappant est que, dans son approche, Paris semble adopter une attitude plus virulente et active encore que l'administration Bush. Les responsables français tentent en effet de convaincre les Etats-Unis de s'appuyer sur les éléments les plus compromettants du rapport du Renseignement national sur les activités iraniennes, afin d'exposer une violation flagrante du traité de non-prolifération (TNP) de 1968, dont l'Iran est signataire. L'idée est de se donner les moyens de remobiliser les grandes puissances, Russie et Chine comprises, autour du processus de sanctions lancé depuis 2006 contre l'Iran à l'ONU, et dont l'élan a pu sembler s'essouffler depuis la publication du rapport américain. Paris a en effet suggéré que l'administration américaine transmette à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) les éléments de renseignements prouvant que l'Iran a mené jusqu'en 2003 un programme nucléaire de nature militaire. Ce constat de l'existence, durant une période, d'un volet militaire, est contenu dans le rapport des renseignements américains. Il va ainsi plus loin que toutes les observations formulées, à ce jour, par l'AIEA, agence technique de l'ONU chargée de surveiller le respect du TNP par les Etats. Les responsables français estiment qu'en fournissant ces preuves à l'AIEA, Washington donnerait le moyen à l'Agence de constater une violation de l'article II du TNP. Celui-ci interdit aux Etats partie de "fabriquer" ou "acquérir" de quelque manière "des armes nucléaires ou autres dispositifs nucléaires explosifs". Mais l'idée de transférer des éléments de preuve à l'AIEA a suscité des hésitations à Washington. Pour deux raisons. D'une part, la confiance des responsables américains envers Mohamed ElBaradei, le directeur de l'AIEA, s'est fortement émoussée depuis que ce dernier a multiplié les prises de positions critiquant les "faucons" américains et la politique d'Israël. La coopération nouée entre M. ElBaradei et l'Iran sur un "plan de travail", lancé cet été, n'a rien fait pour calmer cette hostilité. D'autre part, les Américains craignent que toute remise de preuves n'expose leurs sources de renseignement, et mette potentiellement en péril la sécurité de personnes qui leur ont transmis secrètement des données. Le 5 décembre, deux jours après la publication du rapport américain, George Bush et Nicolas Sarkozy se sont entretenus par téléphone à propos de l'Iran. A-t-il été question de l'idée française de transférer des données à l'AIEA ? Selon le porte-parole de l'Elysée, la conversation a en tout cas conforté le président français dans sa politique de fermeté face à l'Iran. M. Sarkozy a estimé ce jour-là, à propos des conclusions du rapport américain, que "si cela est confirmé, les préoccupations internationales depuis 2002 sur les finalités des activités nucléaires en Iran seraient encore renforcées". Les responsables français sont en pointe en Europe aujourd'hui sur le dossier, tout en prenant grand soin d'associer les Britanniques et la chancellerie allemande d'Angela Merkel à leur réflexion. Cela s'intègre dans la volonté manifestée depuis plusieurs mois par Nicolas Sarkozy de mener une politique sans concession face au problème de la prolifération en Iran, qu'il a décrit comme une des "plus graves crises" pesant sur l'ordre international. Paris semble avoir comme préoccupation de remédier à la confusion semée par le rapport du renseignement américain. Le texte affirme en effet avec "un haut degré de confiance" qu'"à l'automne 2003, Téhéran a arrêté son programme nucléaire militaire" - ce qui a été analysé parfois comme un quitus accordé à Téhéran. Mais le rapport ajoute, "avec une confiance modérée", que "Téhéran n'a pas redémarré son programme nucléaire militaire à la date de la mi-2007". Selon Israël, ce redémarrage a eu lieu. "Il serait utile, et même du devoir des Américains, de transmettre les éléments de preuve d'activités nucléaires militaires à l'AIEA", commente-t-on côté français, "et il serait du devoir de l'AIEA de prendre ces éléments en compte". Par le passé, Washington a régulièrement transmis des documents à l'AIEA sur les activités de l'Iran. Mais un épisode a récemment achevé de compliquer la relation avec l'Agence : après le bombardement israélien effectué le 6 septembre en Syrie sur un site où, selon des sources américaines, se construisait un réacteur nucléaire de type nord-coréen, M. ElBaradei a publiquement contesté cette version et mis au défi les Etats-Unis et Israël de lui en fournir des preuves - qu'il dit ne pas avoir reçues à ce jour. On estime à Paris que le rapport du renseignement américain sur l'Iran contient des éléments accablants, et qu'il convient de les utiliser pour "rebondir" diplomatiquement. Une relance de l'AIEA sur le dossier iranien, sur la base de preuves nouvelles, pourrait stimuler le processus de sanctions à l'ONU, où une nouvelle résolution est à l'étude. L'objectif semble, en somme, de compenser la disparition d'un élément psychologique qui a cessé de peser sur le régime iranien : la possibilité d'une action militaire américaine.

Chronologie
23 décembre 2006 : dans sa résolution 1737, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une première série de sanctions visant les avoirs et les facilités de déplacement de responsables de la République islamique d'Iran en représailles à la poursuite d'un programme d'enrichissement de l'uranium.

24 mars 2007 : dans sa résolution 1747, le Conseil impose une interdiction des exportations d'armes de l'Iran. Il élargit la liste des responsables du régime iranien soumis au gel de leurs avoirs.

25 octobre : la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, annonce l'inscription sur la liste noire du Trésor américain de la force Al-Qods, accusée de soutenir le terrorisme, et du corps des Gardiens de la révolution, accusé de contribuer à la prolifération d'armes de destruction massive.

En outre, trois banques d'Etat, dont la banque Melli, la plus grande d'Iran, sont inscrites sur cette liste qui interdit à toute institution financière soumise aux réglementations américaines de faire des affaires avec ces entités.

3 décembre : un rapport des 16 agences américaines de renseignement estime que l'Iran a suspendu depuis 2003 ses efforts pour se doter de l'arme nucléaire. Ce texte souligne que le régime de Téhéran pourrait en être capable entre 2010 et 2015.



Iran: le prix Nobel Shirin Ebadi critique son gouvernement sur le nucléaire

La lauréate iranienne du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a critiqué lundi la position de son gouvernement sur le dossier nucléaire, en recommandant le respect des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU pour éviter un risque de guerre contre l'Iran.

Téhéran, 19 novembre 2007 - «Nous croyons que l'utilisation de l'énergie nucléaire est le droit de chaque nation, mais nous avons d'autres droits tels que la sécurité, la paix et le bien-être», a dit Mme Ebadi lors d'une conférence de presse. «Nous ne devrions pas insister si fortement sur un droit au risque de perdre les autres d'un coup», a ajouté l'avocate, récompensée par le Nobel en 2003. Aucune autre personnalité iranienne n'a osé jusqu'ici lancer d'appel aussi explicite aux autorités pour qu'elles respectent l'exigence par le Conseil de sécurité d'une suspension par l'Iran de son enrichissement d'uranium. Shirin Ebadi avait lancé un premier appel en ce sens à la fin juin. Depuis, plusieurs responsables politiques réformateurs et conservateurs modérés ont souligné les risques croissants d'une intervention militaire américaine contre l'Iran. Téhéran fait l'objet de deux séries de sanctions de l'ONU et encourt le risque de nouvelles mesures s'il persiste dans son refus de suspendre son programme nucléaire. Le Centre des défenseurs des droits de l'Homme, que préside Mme Ebadi, a appelé le gouvernement à respecter les exigences de l'ONU, en prônant la création par les citoyens iraniens d'un conseil national pour la paix. Elle a recommandé à la population de former un mouvement, sous la forme d'un «conseil national pour la paix, chargé de donner son avis sur ce qui doit être fait dans cette situation sensible». Ce conseil «pourrait condamner toute menace de forces étrangères, et appeler la République islamique à observer les résolutions du Conseil de sécurité et à respecter les traités internationaux afin d'écarter les risques pour la paix», a-t-elle dit.

 

 

La Chine saborde la réunion des Six sur le nucléaire iranien

LONDRES (16/11/07) - Prévue lundi, la réunion des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et de l'Allemagne en vue de l'adoption d'un nouveau train de sanctions condamnant la poursuite du programme nucléaire iranien a été annulée en raison de la défection de la Chine, a-t-on appris vendredi de sources diplomatiques européennes. Pékin a fait savoir que la date arrêtée ne lui convenait pas, a-t-on précisé. Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne devaient se retrouver le 19 novembre au niveau des directeurs politiques pour examiner le rapport publié jeudi par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et entendre Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, chargé des discussions sur le dossier nucléaire iranien. "Je pense que le prétexte de difficultés de déplacement est en partie vrai mais qu'il existe aussi un lien avec la résistance (de la Chine) sur la question plus large des sanctions", a commenté un diplomate européen ayant requis l'anonymat.
Moscou, qui comme Pékin, s'oppose à de nouvelles mesures de rétorsion envers l'Iran, a en outre annoncé que le combustible nucléaire russe destiné à la centrale iranienne de Bushehr, première du genre, serait inspecté du 26 au 29 novembre par l'AIEA. "Nous sommes prêts à fournir aux experts de l'AIEA tout ce dont ils ont besoin pour faire leur travail", souligne Constantin Grabelnikov, directeur adjoint de l'usine de Novossibirsk, chargée de la livraison, dans un communiqué diffusé vendredi. Moscou a fait savoir que le combustible serait livré six mois avant la mise en service de la centrale, dont les ingénieurs russes achèvent la construction, mais aucune date n'a encore été arrêtée. Des retards de paiement ont entraîné le report de sa mise en service jusqu'en 2008 au moins.
INCERTITUDES
Dans son rapport, l'AIEA se félicite des réponses apportées par Téhéran au sujet de ses activités nucléaires passées, mais souligne que d'autres questions essentielles restent en suspens.
L'agence souligne en outre que l'Iran a poursuivi son programme d'enrichissement d'uranium, en dépit des injonctions de l'Onu, et note que le nombre de ses centrifugeuses, outils nécessaires à l'enrichissement, a été décuplé en un an. Aussitôt après la publication de ses conclusions, la Maison blanche a réaffirmé sa détermination à infliger de nouvelles sanctions à l'Iran. L'hostilité de la Chine et de la Russie reste toutefois un obstacle majeur à l'adoption d'une troisième résolution en ce sens au Conseil de sécurité de l'Onu. La France, qui prône elle aussi la fermeté, propose par conséquent que l'UE procède comme les Etats-Unis, en adoptant des mesures de rétorsion unilatérales, mais semble se heurter à l'opposition de l'Allemagne. Le rapport de l'AIEA "montre que l'Iran, sous la pression de la communauté internationale, a apporté de nouveaux éléments de réponse aux questions de l'AIEA (...) mais que ces réponses demeurent partielles", a souligné lors de son point de presse quotidien Pascale Andréani, porte-parole du Quai d'Orsay. "Des incertitudes importantes demeurent, voire augmentent, en ce qui concerne l'existence de centrifugeuses de nouvelle génération, inconnues jusqu'ici, et auxquelles l'AIEA n'a pas eu accès", a-t-elle ajouté.
Réagissant elles aussi aux conclusions de l'AIEA, les autorités israéliennes, qui n'ont pas hésité à intervenir militairement en 1981 pour priver Saddam Hussein du réacteur "Osirak" de conception française, ont exhorté leurs partenaires à se montrer fermes. "L'Etat d'Israël pense qu'il incombe à la communauté internationale de faire savoir clairement au gouvernement iranien que son programme nucléaire est inacceptable et qu'il soit cesser immédiatement", a déclaré Mark Regev, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
A Téhéran, où on fait une tout autre lecture du rapport de l'AIEA, on juge au contraire qu'il démontre l'honnêteté de la République islamique. "L'Amérique doit présenter ses excuses à la grande Nation iranienne pour avoir menti à l'opinion publique mondiale", a lancé l'ayatollah Ahmad Khatami, membre influent du clergé iranien, s'adressant aux fidèles rassemblés pour la prière du vendredi.

 

 

Israël déçu du rapport de l'AIEA sur le nucléaire iranien

JERUSALEM (16 novembre, 2007) - Israël s'est dit déçu vendredi que le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'ait pas "exposé" l'ambition de Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. "Ce rapport omet d'exposer les intentions du (président iranien Mahmoud) Ahmadinejad qui sont bien connues de l'AIEA et de son président Mohamed ElBaradei", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Mjalli Wahbeh. "ElBaradei réalise que la coopération de l'Iran est sélective et il sait que l'Iran veut continuer à enrichir de l'uranium", a-t-il ajouté. "Tout délai supplémentaire accordé par la communauté internationale à l'Iran lui donnera plus de temps pour développer une bombe. La communauté internationale doit agir pour contraindre l'Iran à arrêter son programme et à se plier aux résolutions du Conseil de sécurité", selon lui. Dans un communiqué à Jérusalem, le ministère des Affaires étrangères souligne que le rapport "confirme que l'Iran continue de se livrer à des violations des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et poursuit son programme nucléaire". "Ce rapport confirme la nécessité pour la communauté internationale de prendre des mesures décisives, y compris un durcissement des sanctions au Conseil de sécurité et à l'extérieur" de cette instance, ajoute le texte. L'AIEA a estimé dans son rapport publié jeudi que l'Iran a fait des "progrès substantiels" pour révéler la nature et l'étendue de son programme nucléaire controversé mais que cela restait insuffisant. "Cependant sa coopération a été plutôt réactive que dynamique", a estimé l'AIEA, qui a regretté que Téhéran ne prenne pas suffisamment d'initiatives. Israël et de nombreux pays occidentaux, les Etats-Unis en tête, soupçonnent l'Iran de vouloir acquérir l'arme nucléaire sous le couvert du développement de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont décidé qu'une troisième résolution imposant des sanctions à l'Iran serait soumise à l'approbation du Conseil si le rapport de M. ElBaradei et celui que doit présenter fin novembre le diplomate en chef de l'Union européenne Javier Solana "ne faisaient pas état d'un résultat positif de leurs efforts". M. Wahbeh a joint sa voix à celles qui, en Israël, appellent au renvoi de M. ElBaradei, accusé d'être trop souple à l'égard de Téhéran. "ElBaradei enfouit sa tête dans le sable et expose ainsi la région et le monde entier à une réelle menace. Cela soulève de nombreuses questions", a-t-il dit. Le 10 novembre, le vice-Premier ministre israélien Shaoul Mofaz a affirmé que toutes les options étaient "sur la table" pour stopper le programme nucléaire iranien, évoquant l'éventualité d'un recours à la force.
Selon des experts étrangers, Israël qui a refusé de signer le Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires, dispose d'au moins 200 ogives nucléaires ainsi que de missiles longue portée et de sous-marins pouvant tirer des missiles balistiques.

 

 

Le Monde, 15/11/2007:

El Baradei: le " pharaon " et l'atome iranien
[cet article est presque un publi-rédactionnel pro-El Baradei]

Washington, Paris et Londres lui reprochent de se compromettre avec les Iraniens. Pris dans une guérilla diplomatique, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique revendique un rôle politique

Il n'a pas pu prévenir la guerre américaine contre l'Irak de Saddam Hussein, en 2003. Réussira-t-il à empêcher des frappes aériennes contre les installations nucléaires de l'Iran des mollahs ? L'Egyptien Mohammed ElBaradei, 65 ans, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), peut être décrit comme le héraut de la paix dans le monde. Lui, du moins, voit les choses ainsi. Sans excès de modestie. Mais aussi, dit-il, "sans l'illusion que j'y arriverai seul", ajoutant : "Au moins, en parlant haut, on peut faire une différence."
Il parle de plus en plus haut et fort, Mohammed ElBaradei.
Le prix Nobel de la paix qu'il a remporté en 2005 l'a conforté dans le sentiment d'être investi d'une mission. Celle de bloquer les desseins de ceux qu'il appelle les "neocrazies", les néodingues. Dans cette catégorie, il range les derniers partisans du néoconservatisme autour de George Bush et tous ceux qui considèrent, en Occident, que le recours aux armes est une option envisageable face à la perspective d'un Iran s'approchant du seuil nucléaire - chose qui préfigurerait une nucléarisation de l'ensemble du Proche-Orient, la poudrière de la planète.

Est-il le Cassandre des temps modernes ? Derrière une mise élégante et un caractère peu expansif, M. ElBaradei cache des méthodes à poigne, une autorité parfois décrite comme cassante. A Vienne, sur les rives du Danube, où se dressent les tours de béton et d'acier de l'AIEA, certains employés de l'agence n'acceptent de parler de lui qu'à condition que le rendez-vous soit entouré de la plus haute discrétion...

Il a tendance à fonctionner en vase clos, avec un petit cercle, écoutant peu les conseils. Il a écarté en avril le chef de ses équipes d'inspection en Iran, dont le travail heurtait le régime. M. ElBaradei a aussi choisi de passer sous silence certaines entraves faites au travail des inspecteurs en Iran, comme le fait qu'ils n'aient plus accès à la salle de contrôle de l'usine de Natanz, où s'enrichit l'uranium. Il compose. S'accommode. Par calcul ou par faiblesse ? Il a été pris d'une grande inquiétude : que l'AIEA soit expulsée d'Iran, comme elle l'avait été en 2002 de Corée du Nord. Et d'une angoisse plus grande encore, qui l'aurait saisi fin 2006 : la guerre serait-elle devenue inévitable, les extrêmes s'étant renforcés de part et d'autre, en Iran et aux Etats-Unis, dans une terrible spirale de la surenchère ?

Au fond, ce que prône Mohammed ElBaradei pour éviter la guerre est un "grand marchandage" entre Washington et Téhéran, susceptible de répondre aux "préoccupations de sécurité de l'Iran", qui sont, selon lui, au coeur du programme nucléaire. Il ne croit pas en l'existence d'un "danger clair et imminent" : "Je n'ai vu personne dire que l'Iran dispose maintenant de matériel nucléaire militaire utilisable." Cela ne pourrait pas se produire, selon lui, avant trois à huit ans. Il est partisan d'un dialogue poussé à l'extrême avec la République islamique. Il critique la politique de sanctions internationales, qui, "seules, ne vont pas résoudre cette crise".

Aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni, en Israël, ses adversaires disent en privé qu'il a passé les bornes. Qu'il opère en solo. Que son ego l'a emporté sur son jugement. Qu'il fait le "pharaon". Que, de juge, il est devenu partie. On lui reproche une tendance à la compromission avec les Iraniens. Fin manoeuvriers, ceux-ci l'auraient berné. Les diplomates occidentaux qui observent son action depuis des mois avec perplexité considèrent qu'il s'est "égaré". Ils l'ont mis en garde, l'ont houspillé. Les dernières bribes de confiance se sont envolées. Mais il garde le soutien appuyé de la Russie, de la Chine et des pays non-alignés.

La querelle qui l'entoure est assez grave. L'arbitre qu'il est censé être, le contrôleur du respect par les Etats des obligations, qu'ils ont contractées en signant le traité de non-prolifération (TNP) de 1968, peut-il se permettre d'avoir une autorité érodée dans des grandes capitales ? M. ElBaradei est pris dans une guérilla diplomatique. Son message n'a pas toujours été clairement compris. Il en est conscient. Les accusations qui l'assaillent l'ont affecté. Pour les désamorcer, il assure ne vouloir jouer en rien "l'apaisement" avec l'Iran, ne pas avoir relâché la vigilance.

On ne devine pas toutes ces tensions lorsqu'on le rencontre. Affable, l'air détendu, assis sur un canapé dans son bureau aux larges baies vitrées qui s'ouvrent sur Vienne, Mohammed ElBaradei argumente longuement, soucieux de persuader. Issu d'une famille de la bourgeoisie égyptienne, il est juriste de formation. Après une carrière discrète de diplomate en Egypte puis à New York, au sein de l'ONU, il est arrivé à la tête de l'AIEA en 1997. Sans disposition naturelle, à ses débuts, à se projeter sous les feux médiatiques. Contrairement à son comparse de 2003, Hans Blix, alors chef des équipes d'inspecteurs de l'ONU en Irak, M. ElBaradei est spontanément réservé.

Une sourde rancoeur l'anime contre l'administration Bush. Elle trouve son origine dans la dispute qui a éclaté en 2003 à l'ONU à propos de l'Irak. Mohammed ElBaradei avait alors eu le courage de crier à la manipulation du renseignement américain, notamment à propos de supposées fournitures d'uranium à Saddam Hussein en provenance du Niger.

"L'Irak a été important, reconnaît-il. J'étais au coeur de la bataille. Treize jours avant la guerre, j'ai dit au Conseil de sécurité : donnez-moi trois mois, c'est un investissement dans la paix. Cela ne s'est pas fait. On a eu la guerre." Cette guerre-là ne cesse de l'accabler : "Le nombre de tués chaque mois en Irak est l'équivalent des victimes du 11-Septembre. Sept cent mille morts depuis le début du conflit ! Toutes d'innocentes victimes civiles. Empêcher que des massacres soient commis est de mon devoir, non seulement comme directeur de l'AIEA, mais en tant que simple citoyen."

Il arrive que des diplomates occidentaux lui reprochent d'agir en Egyptien bien plus qu'en patron d'une agence technique de l'ONU. Lui s'insurge contre ce procès d'intention. Rappelle qu'il a passé "plus de trente-cinq ans" de sa vie en Occident, et que New York, avec son brassage culturel, est pour lui "un microcosme du monde tel qu'il devrait être". Mais il se dit aussi, par ses origines mêmes, "très familier" des "deux perceptions" du monde qui se confrontent depuis le 11-Septembre, "un sentiment de persécution dans une partie du monde arabo-musulman, et un sentiment de suspicion en Occident".

Il semble y réfléchir beaucoup. "Si le discours de l'Iran est populaire au Moyen-Orient, dit-il, ce n'est pas parce que ce pays a des armements, mais parce qu'un pourcentage très élevé de la population de ces Etats est en colère, se sent humilié, ressent de l'injustice. La solution n'est pas l'emploi de la force. Il faut de l'éducation, des institutions, de la société civile, rétablir une dignité et un respect. Il faut commencer par résoudre la question palestinienne."

M. ElBaradei a pris de front, cette année, ceux qui considèrent qu'il devrait s'en tenir à un rôle de technicien chargé de fournir un diagnostic sur l'avancée des travaux nucléaires iraniens. Lui, revendique sans ambages un rôle "politique". Il se voit en négociateur de haut vol. Un rôle que peu de dirigeants en Occident ont souhaité qu'il endosse - hormis le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et, d'une façon plus discrète, le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana.

Son interlocuteur-clé, côté iranien, a été jusqu'en octobre le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani. Un personnage subtil et cultivé, mais qui, au fond, ne dévia jamais d'une ligne intransigeante, et dont la démission n'a fait qu'accroître les incertitudes sur l'issue de la crise. M. ElBaradei a négocié cet été avec M. Larijani un "plan de travail" avec la République islamique, qui vise à faire la lumière sur près de deux décennies d'activités nucléaires clandestines. Il devait rendre, ces jours-ci, un rapport à ce sujet. Il s'attachera probablement à prolonger les négociations. Ce qui aura pour conséquence de bloquer l'adoption de nouvelles sanctions à l'ONU, où les Russes et les Chinois sont ses alliés objectifs.

Ses détracteurs, à Washington, Paris et Londres, perçoivent le "plan" - auquel ils ont dû se résoudre - comme une manoeuvre de diversion, un dangereux subterfuge. Au prétexte de promouvoir la diplomatie, du temps est accordé aux Iraniens dans leur course à la matière fissile. Si l'on suit cette logique, l'action de M. ElBaradei accroît paradoxalement le danger de scénario militaire. Car en mettant l'Iran à l'abri de nouvelles sanctions de l'ONU, il conforte son illusion d'invulnérabilité et rapproche le moment où certains, à Washington ou en Israël, perdront patience.

A la description de ce scénario qu'il veut précisément éviter, M. ElBaradei répond en invoquant le droit international : l'usage de la force, sans feu vert du Conseil de sécurité ou sans motif clair d'autodéfense, est prohibé par la charte de l'ONU.

Médiateur controversé dans le dossier le plus brûlant, et sur lequel de sombres nuages s'accumulent, Mohammed ElBaradei joue gros. Il tente le tout pour le tout, sans illusion. Avec, sans doute, l'espoir de gagner du temps jusqu'au départ de George Bush. Si le pire se produit, au moins aura-t-il laissé une marque. Pour l'histoire ? Dans son bureau au style moderne et dépouillé, une petite reproduction attire l'attention. C'est Le Cri, d'Edvard Munch. L'expression de l'angoisse s'il en est.

 

 

Le Monde, 15/11/07:

Un ancien négociateur iranien sur le nucléaire accusé d'avoir informé des pays étrangers

Mossein Moussavian, ancien porte-parole de l'équipe de négociateurs du dossier nucléaire iranien, sous la présidence du réformateur Mohammad Khatami, a été accusé, mercredi 14 novembre, d'avoir fourni des "informations" à des pays étrangers, dont la Grande-Bretagne, selon le ministre iranien des renseignements, Gholamhossein Mohseni-Ejeie. M. Moussavian a été arrêté en mai, puis libéré sous caution. "L'accusation a été prouvée", a dit M. Mohseni-Ejeie, ajoutant que, pour lui, M. Moussavian "était coupable", mais qu'il appartenait au juge d'en décider. Après le remplacement du négociateur sur le dossier nucléaire Ali Larijani en octobre par Saïd Jalili, un proche du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad a entrepris une reprise en main. Lundi, il a accusé ses adversaires politiques de faire pression sur le juge chargé du dossier. "Les traîtres ont fait pression pour acquitter un espion, a-t-il dit, la nation iranienne ne permettra pas à certains de sauver les coupables (...) en usant de leur influence économique et politique."



L'Iran atteint le cap de 3.000 centrifugeuses enrichissant l'uranium

7/11/2007 - Le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mercredi que l'Iran avait atteint le cap de 3.000 centrifugeuses, une étape symbolique qui permet théoriquement d'obtenir suffisamment d'uranium hautement enrichi pour une bombe atomique en moins d'un an. "Aujourd'hui nous avons atteint 3.000 machines (pour l'enrichissement d'uranium, ndlr)", a dit le président iranien devant une foule rassemblée dans la ville de Birdjand, dans la province orientale du Khorassan du sud. Le chiffre de 3.000 centrifugeuses constitue un module permettant d'obtenir, à condition de fonctionner de manière optimale, suffisamment d'uranium hautement enrichi pour une bombe atomique en moins d'un an. M. Ahmadinejad n'a pas précisé si la totalité des centrifugeuses fonctionnaient effectivement. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait annoncé fin août que l'Iran faisait tourner 1.968 centrifugeuses et que 656 autres étaient testées ou en cours d'installation. Elle avait aussi remarqué que les techniciens injectaient des quantités relativement faibles de gaz d'hexafluorure d'uranium dans ces machines, ce qui laisserait supposer que ces installations ne fonctionnent pas de façon optimale. Le programme d'enrichissement d'uranium est au coeur de la crise sur le dossier nucléaire iranien. Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé mardi que l'hypothèse d'un Iran doté de l'arme nucléaire était "inacceptable". C'est pourquoi, a-t-il dit, "il n'y a pas d'autre solution que des sanctions onusiennes et européennes et en même temps, il faut rester disponible pour le dialogue, la main tendue". La chancelière allemande Angela Merkel a ajouté "que l'Allemagne, si l'Iran ne cède pas, est disposée à de nouvelles sanctions plus sévères". Le Conseil de sécurité des Nations unies a exigé dans trois résolutions, dont deux assorties de sanctions, une suspension de l'enrichissement. Les cinq membres permanents du Conseil et l'Allemagne ont averti qu'ils chercheraient à obtenir une nouvelle résolution accroissant les sanctions si Téhéran ne se pliait pas à leurs exigences. Le président iranien, dont l'autorité reste moindre que celle du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a de nouveau rejeté tout compromis. "L'Iran n'accordera aucun crédit à ces résolutions" éventuelles à venir, à dit M. Ahmadinejad, qui avait qualifié les précédentes de "bouts de papier". Il a aussi nié l'efficacité des sanctions, assurant que la "nation iranienne se fichait des sanctions". "Ce peuple ne bougera pas d'un iota sur ses droits, particulièrement ses droits au nucléaire", a-t-il ajouté. L'Iran considère que le développement de son programme nucléaire est "un droit" inaliénable. Mais les grandes puissances estiment que les doutes sur la nature de ce programme nécessitent la suspension de ses activités les plus sensibles. L'enrichissement d'uranium permet d'obtenir aussi bien le combustible pour une centrale nucléaire que la matière première d'une bombe atomique. Téhéran assure que son programme d'enrichissement a un objectif purement civil, mais l'AIEA a expliqué ne pas être en mesure à ce stade d'en confirmer la nature pacifique. L'Iran s'est engagée en août à éclairer l'agence d'ici la fin de l'année sur des éléments clés de ce programme. Le directeur de l'AIEA Mohammed ElBaradei doit rendre un rapport à la fin-novembre sur l'état de cette coopération. Israël, qui milite pour des sanctions plus dures contre l'Iran, a mis en cause l'impartialité de M. ElBaradei, de crainte que son rapport ne soit pas assez dur contre Téhéran. Le porte-parole de la diplomatie israélienne Mark Regev a accusé l'Agence mardi de faire "le jeu des Iraniens en apportant leur contribution à la stratégie iranienne qui consiste à traîner les pieds". Les grandes puissances ont convenu d'attendre ce rapport, ainsi que celui du Haut représentant pour la diplomatie de l'UE Javier Solana, avant de décider si elles présentent une nouvelle résolution au Conseil de sécurité.

 

Nucléaire: le chef de la diplomatie russe rejette les sanctions économiques contre Téhéran

TEHERAN (30/10/07) - Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé mardi que des sanctions économiques unilatérales contre l'Iran ne contribueraient pas à une solution à la crise liée au programme nucléaire iranien, à l'issue d'une brève visite à Téhéran. Des sanctions unilatérales contre l'Iran "ne contribuent pas à la poursuite des efforts collectifs" pour trouver une issue à la crise liée au programme nucléaire de la République islamique, a déclaré M. Lavrov, cité par Interfax, après un entretien avec le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. "La Russie est en faveur d'un règlement pacifique des questions liées au programme nucléaire iranien. Nous allons suivre résolument les décisions qui ont été adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU. Et nous confirmons notre attachement aux actions collectives", a indiqué le ministre russe. Les nouvelles sanctions américaines visent le corps des Gardiens de la révolution, accusé de contribuer à la prolifération d'armes de destruction massive ainsi qu'une unité d'élite de l'armée iranienne, la force Al-Quds, accusée de soutenir le terrorisme. Trois banques d'Etat sont également dans le collimateur, ainsi que des particuliers et des agences gouvernementales. Les Occidentaux accusent l'Iran de chercher à utiliser son programme d'enrichissement d'uranium pour la fabrication de l'arme atomique. Mais Téhéran dément et assure que son programme est uniquement pacifique. Au cours de sa visite, M. Lavrov s'est aussi prononcé en faveur d'une coopération "plus active" de Téhéran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour lever les inquiétudes de la communauté internationale et "restaurer la confiance envers le caractère civil" de son programme nucléaire. M. Lavrov était arrivé en début de soirée à Téhéran. Sa visite intervient deux semaines après le déplacement historique du président russe, Vladimir Poutine, le premier d'un chef du Kremlin depuis 1943. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait alors déclaré au président russe qu'il "examinerait" une proposition de ce dernier, sans autre précision. L'ancien responsable du dossier nucléaire, Ali Larijani, avait précisé que la "suggestion particulière" du président russe concernait le programme nucléaire de l'Iran, mais le président Ahmadinejad avait affirmé qu'il n'existait pas de proposition concernant le dossier nucléaire. Ces dernières semaines, le président russe s'est démarqué de la position des Occidentaux en la matière. En visite au Portugal la semaine dernière pour participer au sommet Russie-Union européenne, M. Poutine a durement critiqué la position américaine et les nouvelles sanctions décidées par Washington contre Téhéran. "Pourquoi envenimer la situation, la conduire dans une impasse, menacer de sanctions ou même d'action militaire?", a-t-il lancé. "Vous pouvez courir dans tous les sens comme un fou agitant un rasoir mais ce n'est pas le meilleur moyen de régler le problème". Le président iranien, cité mardi par l'agence Irna, a quant à lui de nouveau dénoncé les sanctions américaines. "Les Etats-Unis pensent qu'ils peuvent obliger l'Iran à reculer avec des sanctions unilatérales et utilisent certains éléments intérieurs qui affirment que les gens ont des problèmes économiques, mais nous avons identifié ces perturbateurs économiques et nous allons bientôt les éliminer", a-t-il dit. Enfin, le directeur adjoint de l'AIEA, Olli Heinonen, et les responsables nucléaires iraniens ont repris leurs discussions sur des centrifugeuses P1 et P2. L'AIEA attend des détails sur l'obtention par l'Iran des composants des centrifugeuses de type P1, dont près de 3.000 fonctionnent à l'usine d'enrichissement de Natanz (centre), et sur les recherches concernant le modèle P2.

Siavosh GHAZI

 

 

NouvelObs, 30/10/07:
Téhéran critique vivement Hervé Morin

 


Le Monde, 29/10/07:
L'Algérie apporte son soutien à l'Iran sur le dossier nucléaire

 


Libération, 29 octobre 2007:
Cacophonie sur le nucléaire iranien

 


NouvelObs, 28/9/07:

L'Iran dément la construction d'un site nucléaire

L'information démentie venait du Conseil national de la résistance iranienne, vitrine des moudjahidine du peuple, considérés comme une organisation terroriste par l'UE et les Etats-Unis.

Un haut responsable du nucléaire iranien, Javad Vaïdi, a démenti l'existence d'un site nucléaire souterrain secret, comme l'avait affirmé un responsable du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI, opposition), a rapporté, vendredi 28 septembre, la télévision d'Etat.
"Ces accusations sans fondement et erronées visent à détruire le climat positif (...) créé par la coopération de l'Iran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et le voyage du président (Mahmoud Ahmadinejad) à New York", a déclaré Javad Vaïdi, l'adjoint pour les affaires internationales d'Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, selon un communiqué lu par la télévision d'Etat.

Complexe de Natanz
Le CNRI a affirmé jeudi que Téhéran serait en train de construire, dans le centre du pays, un nouveau site nucléaire souterrain à vocation militaire, relié au complexe de Natanz.
"Le site est protégé des attaques aériennes. En cas de bombardement de Natanz, il ne sera pas touché", a expliqué un responsable du CNRI, Mehdi Abrichamtchi, lors d'une conférence de presse à Paris. "Le centre atomique est formé d'un vaste espace souterrain relié à deux tunnels parallèles, situés sous la chaîne de montagne Karkass, et connecté par un troisième tunnel" au complexe nucléaire de Natanz, situé à 5 km plus au nord, a-t-il affirmé. L'embouchure des tunnels mesure 6 mètres de diamètres, a-t-il précisé.

"Opérationnel dans 6 mois"
Toujours selon Medhi Abrichamtchi, "pour conserver le secret du site", l'endroit a été déclaré "zone militaire". Le régime aurait également "acheté les terres et les grands vergers de la région". Le plan de ce site a été élaboré il y a deux ans. Mehdi Abrichamtchi affirme qu'il sera opérationnel "dans six mois". "L'information que nous avons reçu de l'intérieur du régime montre que c'est un site pour une activité nucléaire militaire", principalement "pour améliorer encore l'enrichissement d'uranium", assure-t-il. Le 9 juillet, un groupe d'analyse américain, l'Institut pour les sciences et la sécurité internationale (ISIS) avait fait état d'images satellitaires de travaux de construction de tunnels près de Natanz. Le CNRI avait été le premier en 2002 à rendre public l'existence de sites nucléaires iraniens secrets dans les villes d'Arak et Natanz.
Le Conseil est la vitrine des Moudjahidine du peuple iranien, considérés comme une organisation terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis.

 

 

NouvelObs, 28/9/07:

Nucléaire iranien : statu quo jusqu'en novembre

L'ONU ne prendra aucune résolution contre l'Iran d'ici là, a indiqué Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, à l'issue d'une réunion entre les Six à New York.

LONU ne planchera pas sur une nouvelle résolution sur l'Iran avant novembre, a indiqué Bernard Kouchner, vendredi 28 septembre, à l'issue d'une réunion des chefs de la diplomatie des Six à New York. Aucune sanction renforcée pour juguler le programme nucléaire iranien n'est donc prévue.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France) et l'Allemagne n'ont donc pas trouvé de compromis satisfaisant. Cette réunion se tenait à l'invitation de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice.
Accord avec l'AEIA
Les Etats-Unis faisaient pression pour une troisième résolution à l'automne du Conseil de sécurité contre l'Iran, qui refuse de suspendre sa production d'uranium enrichi. En revanche, la Russie et la Chine s'opposent à une prise de sanction, préférant attendre les réponses de Téhéran à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'AEIA a conclu en août un accord avec l'Iran, par lequel le pays s'engage à répondre aux questions de l'agence sur son programme nucléaire.
Les Occidentaux, après avoir critiqué cet accord, ont fini par soutenir l'initiative de l'AIEA. Mais la France et les Etats-Unis n'ont pas délivré l'Iran de son obligation de suspendre ses activités d'enrichissement, qui pourraient à terme lui permettre de se doter de l'arme nucléaire.
Sanctions financières
Après la réunion ministérielle des Six, Condoleeza Rice a rencontré séparément ses homologues allemand Frank-Walter Steinmeier, britannique David Milliband et français, pour discuter avec eux de la possibilité d'imposer de nouvelles sanctions contre l'Iran, notamment dans le secteur financier. Signe de leurs profondes divisions, les ministres des Six n'ont pas tenu de conférence de presse commune.

 


Le Monde, 19/9/07:

Nucléaire iranien: Condoleezza Rice tance la direction de l'AIEA

Interrogée dans l'avion qui la conduisait au Proche-Orient, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a reproché, mercredi 19 septembre, à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de sortir de son registre dans la crise nucléaire iranienne, et s'est prononcée en faveur de la poursuite des pressions diplomatiques à l'encontre de Téhéran. 
"Nous pensons que la voie diplomatique peut fonctionner, mais elle marchera à la fois avec des mesures incitatives et en montrant les dents", a-t-elle déclaré, soulignant à nouveau que "toutes les options" restaient envisageables."L'AIEA n'est pas dans le registre de la diplomatie. Elle est une agence technique dotée d'un conseil des gouverneurs dont les Etats-Unis sont membres", a souligné Mme Rice.
"DES TAS DE CHOSES DONT L'AIEA DEVRAIT S'INQUIÉTER"
Elle a rappelé que Mohamed ElBaradei, qui a obtenu en 2005 le prix Nobel de la paix, travaillait sous l'autorité de l'ONU. "Le rôle de l'AIEA est de mener des inspections, de rapporter des activités, de s'assurer que les divers accords que les Etats ont signés sont respectés", a-t-elle poursuivi.
M. ElBaradei a récusé lundi à Vienne la perspective d'une option militaire contre l'Iran."Nous devons toujours nous souvenir que l'usage de la force ne peut être envisagé [que quand] toutes les autres options sont épuisées. Je ne crois pas du tout que nous en soyons là", avait-il affirmé. Mme Rice, visiblement irritée, a rappelé que c'est au Conseil de sécurité de l'ONU et à lui seul de décider des obligations à imposer à l'Iran. "Il y a des tas de choses dont l'AIEA devrait s'inquiéter. En ce qui concerne l'Iran, c'est de faire une déclaration claire, un rapport clair sur ce que les Iraniens sont en train de faire", a-t-elle poursuivi.

 

Le Monde, 1/10/07:

Washington pourrait privilégier des frappes "ciblées" à une campagne de bombardement en Iran

Le journaliste américain Seymour Hersh, auteur de plusieurs articles sur la stratégie militaire de la Maison Blanche en Iran, affirme, dans le New Yorker paru lundi 1er octobre, que Washington pourrait abandonner l'idée d'un bombardement de grande envergure visant des installations nucléaires au profit de frappes "ciblées" contre des infrastructures des Gardiens de la révolution.
Citant de nombreuses sources gouvernementales et sécuritaires sous couvert d'anonymat, Hersh affirme que la modification des plans américains s'est opérée cet été, sous l'impulsion du vice-président Dick Cheney. "Le but des plans était une large campagne de bombardement, avec des cibles comprenant des sites nucléaires connus ou suspectés ainsi que des cibles militaires. Maintenant, on insiste sur des frappes 'chirurgicales' contre des installations des Gardiens de la révolution à Téhéran et ailleurs d'où sont lancées, selon l'administration, des attaques contre les Américains en Irak", écrit Hersh.

LES PRÉPARATIFS ONT AUGMENTÉ "DE MANIÈRE SIGNIFICATIVE"
Le journaliste estime que ce recadrage stratégique résulte de trois causes. "Premièrement, le président et ses conseillers ont conclu que leur campagne pour convaincre le public américain que l'Iran était un danger nucléaire imminent n'a pas marché, contrairement à celle menée avant la guerre en Irak (...). Deuxièmement, la Maison Blanche a finalement adopté le consensus, partagé par la communauté de renseignements américaine, que l'Iran est encore à cinq ans d'obtenir une bombe. Enfin, il y une reconnaissance grandissante, à Washington et au Proche-Orient, que l'Iran est le grand vainqueur géopolitique de la guerre en Irak."
Si les préparatifs pour une intervention militaire ont augmenté "de manière significative", selon les dires du journaliste ­ "ils envoient tout le monde vers la cellule iranienne", affirme un ancien responsable de la CIA ­, une action militaire américaine ne peut pas être qualifiée d'imminente. Ainsi, Hersh précise qu'au cours de son enquête, on lui a répété à de nombreuses reprises que "le président n'a pas signé 'l'ordre exécutif' nécessaire pour entreprendre une opération militaire en Iran". "Et un ordre de ce calibre pourrait même ne jamais être signé", ajoute-t-il.
 
"MENER UNE ACTION MILITAIRE EN IRAN LE PLUS VITE POSSIBLE"

Pourtant, le gouvernement américain n'a pas cessé de lancer des mises en garde à l'encontre de Téhéran, que ce soit sur le nucléaire ou sur la situation irakienne. Dernièrement, M. Bush avait dénoncé, lors d'un discours en août, le lien entre les extrémistes chiites et Téhéran, demandant au régime iranien "de mettre fin à ces actions". "Jusqu'à ce qu'ils le fassent, nous prendrons les mesures nécessaires pour mettre nos troupes en sécurité." Quant au rôle de l'Iran en Irak, la mesure la plus concrète a été l'adoption d'un texte, le 26 septembre, appelant à désigner les Gardiens de la révolution comme groupe terroriste.
"La position du président, et son corollaire ­ si beaucoup des problèmes américains en Irak peuvent être imputés à Téhéran, alors la solution est d'affronter les Iraniens ­ se sont solidement imposés au sein de l'administration", note l'auteur de l'article. Parmi les plus fervents adeptes de cette option, on retrouve M. Cheney qui, selon un ancien responsable des renseignements, cherche désespérément à "mener une action militaire en Iran le plus vite possible", alors que M. Bush doit quitter la présidence dans moins de quatorze mois.

"GUERRE RÉGIONALE DE VINGT ANS"
D'autres figures de premier plan, comme le général David Petraeus, ont également apporté des éléments démontrant la présence grandissante de Téhéran sur le sol irakien, confortant par la même occasion l'administration dans son choix. "Personne ne s'était rendu compte du degré de participation de l'Iran", a-t-il affirmé dans son rapport présenté en septembre. Selon lui, Téhéran mène "une guerre par procuration contre l'Etat irakien et les forces de la coalition".
Seule inconnue, la réaction du régime iranien à une campagne de bombardement sur son sol. L'ancien conseiller à la sécurité nationale, Zbignew Brzezinski, cité dans l'article, prédit "une guerre régionale de vingt ans". "Cette fois, contrairement à l'Irak, nous allons jouer le rôle de victime. Le but du jeu semble d'essayer à forcer les Iraniens à jouer plus gros que leur mise."

Luc Vinogradoff

 

 

Nucléaire: le directeur général de l'AIEA ElBaradei récuse un recours à la force contre l'Iran

VIENNE (17 septembre 2007) - Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradei, a récusé lundi la perspective d'un éventuel recours à la force contre l'Iran sur son programme nucléaire, jugeant que les "autres options" étaient loin d'être épuisées. "Nous devons toujours nous souvenir que l'usage de la force ne peut être envisagé (que quand) toutes les autres options sont épuisées. Je ne crois pas du tout que nous en soyons là", a-t-il déclaré à la presse au premier jour de l'assemblée générale des 144 pays membres de l'AIEA à Vienne. M. ElBaradei s'exprimait au lendemain des propos du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, où celui-ci estimait que le monde devait se "préparer au pire", c'est-à-dire à la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran, si Téhéran persistait dans son refus de suspendre son programme nucléaire.

 

 

L'AIEA se dit satisfaite des réponses de l'Iran sur le plutonium

28/8/2007 - L'Iran a répondu aux questions de l'Onu sur son utilisation du plutonium et l'Agence internationale de l'énergie atomique considère le dossier clos, selon le texte d'un accord entre Téhéran et l'AIEA diffusé lundi. Il s'agirait du premier dossier majeur refermé par l'AIEA depuis le début de son enquête sur le programme nucléaire iranien il y a quatre ans.
D'après l'AIEA, des éclaircissements fournis par l'Iran en juillet et en août cadrent avec les observations faites sur place par les inspecteurs de l'agence. "En conséquence, le problème est résolu", écrit l'agence basée à Vienne en Autriche. L'AIEA souhaite toutefois encore obtenir la possibilité d'inspecter librement plusieurs installations nucléaires iraniennes.
D'autres questions demeurent à résoudre et seront traitées les unes après les autres, ont déclaré des diplomates à Reuters.
L'AIEA cherche encore notamment à obtenir des explications de l'Iran au sujet des nouvelles centrifugeuses P-2 destinées à l'enrichissement de l'uranium, ainsi que sur des documents montrant comment modeler le coeur d'uranium d'une bombe atomique.

 

Début de nouveaux pourparlers entre Iran et AIEA

VIENNE (24/7/2007) - Des pourparlers techniques ont commencé mardi matin à Vienne entre l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et l'Iran pour permettre à l'AIEA de mieux évaluer la nature, purement pacifique ou non, de son programme nucléaire, a indiqué un diplomate proche de l'Agence.
La délégation iranienne est conduite par Javad Vaïdi, l'adjoint du négociateur en chef pour les affaires nucléaires Ali Larijani, et par l'ambassadeur d'Iran auprès de l'agence onusienne, Ali Asghar Soltanieh, a constaté l'AFP.
Comme lors de la dernière rencontre à Téhéran le 12 juillet, la délégation de l'AIEA est dirigée par Olli Heinonen, directeur adjoint et chef des inspecteurs de l'agence, indique-t-on auprès de l'AIEA.
Les deux parties avaient fait état à Téhéran de discussions "constructives" à l'issue de leur rencontre il y a douze jours.
L'Iran a aussi donné parallèlement le 13 juillet son accord à de prochaines inspections par l'AIEA du site du futur réacteur à eau lourde d'Arak (centre) destiné à produire du plutonium.
Les discussions à huis-clos, mardi et peut-être mercredi, "seront techniques", il ne faut "pas trop en attendre", a cependant prévenu un diplomate proche de l'agence onusienne.
Le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, a jugé "positive" la semaine dernière en Malaisie, l'autorisation à se rendre à Arak, et s'est félicité que "pour la première fois", Téhéran accepte de discuter de ses intentions nucléaires.
"Plus tôt nous pourrons dire que le programme iranien est exclusivement destiné à des fins pacifiques, mieux cela sera pour l'Iran et pour la communauté internationale", a-t-il ajouté.
L'Iran affirme que son programme nucléaire a un objectif purement civil et qu'il n'a pas l'intention de se doter de l'arme nucléaire, contrairement aux craintes de nombreux pays en tête desquels les Etats-Unis et Israël.
Washington a du reste accueilli avec scepticisme l'accord entre Iran et AIEA sur Arak.
Selon une source diplomatique, l'Agence de Vienne veut toujours élucider l'historique des programmes iraniens.
Les questions concernent notamment la découverte sur des équipements de traces de contamination anciennes avec de l'uranium hautement enrichi (UHE),
de plans de centrifugeuses sophistiquées pour enrichir l'uranium, ou d'autres pour mouler des hémisphères d'uranium métallique ayant des applications militaires.
M. Soltanieh avait précisé il y a dix jours que les experts des deux parties voulaient fixer d'ici à un mois un cadre "de règles précises sur les méthodes d'inspection du site d'enrichissement d'uranium de Natanz", où tournent des centaines de centrifugeuses.
Téhéran refuse de suspendre son programme d'enrichissement, ce qui lui a déjà valu par deux fois des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.
Selon un diplomate à Vienne cependant, "l'heure est à la détente entre l'Union européenne et Iran" et il ne sera pas question de nouvelles sanctions avant septembre. Mais, a-t-il relevé, les critiques craignent toujours que l'Iran ne profite de la prolongation de discussions pour avancer son programme d'enrichissement.
Ali Larijani et Javier Solana, haut représentant de l'UE pour la politique extérieure, doivent aussi se retrouver prochainement après trois séries de rencontres en Turquie, en Espagne et au Portugal.

 

 

Iran et UE se retrouvent à Lisbonne pour éviter l'escalade

LISBONNE (23/6/2007) - Le Haut représentant de la politique étrangère européenne Javier Solana et le principal négociateur iranien sur le nucléaire Ali Larijani ont entamé samedi à Lisbonne des discussions pour tenter d'éviter une aggravation de la crise liée au refus de Téhéran de suspendre son enrichissement d'uranium.
Ces discussions préparatoires à d'éventuelles négociations interviennent alors que les grandes puissances envisagent l'adoption d'une nouvelle résolution contre l'Iran, renforçant les sanctions déjà en vigueur.
La rencontre entre MM. Solana et Larijani, la deuxième en moins d'un mois, s'est ouverte peu après 17H00 (16H00 GMT) au siège du ministère portugais des Affaires étrangères.
Une conférence de presse est prévue à l'issue des entretiens.
"Nous voulons créer les conditions pour entamer les négociations", a déclaré peu après l'ouverture de la rencontre Cristina Gallach, porte-parole de M. Solana. Selon elle, cette phase "préparatoire" s'est prolongée "parce que malheureusement l'Iran n'a pas répondu aux demandes de la Communauté internationale", qui exige notamment que Téhéran suspende son programme d'enrichissement de l'uranium.
"Nous sommes réalistes. C'est une question très difficile. Nous l'abordons avec réalisme et ténacité et en même temps avec la volonté d'avancer vers les négociations. Nous devons maintenir les voies du dialogue ouvertes", a-t-elle ajouté.
Vendredi soir, M. Larijani s'était entretenu à Vienne avec le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei.
Il s'est engagé à définir, dans les deux mois, un plan de travail avec l'AIEA, qui réclame de pouvoir vérifier si le programme nucléaire iranien n'est effectivement qu'un programme civil, comme l'affirme Téhéran, et n'a pas d'objectifs militaires comme le soupçonne Washington.
M. Larijani a en revanche une nouvelle fois écarté toute discussion sur la question centrale de l'enrichissement d'uranium, estimant que "toute approche hostile envers une nation dont les scientifiques ont été capables de développer un tel niveau de connaissances scientifiques n'est pas correcte".
Or, pour la communauté internationale, les négociations avec Téhéran sont conditionnées à une suspension de l'enrichissement, qui s'accompagnerait d'une suspension des sanctions de l'ONU.
Vendredi soir, M. Larijani avait néanmoins dit espérer aboutir à un "accord politique" avec le représentant européen.
Lors de sa précédente rencontre avec le négociateur en chef iranien, le 31 mai à Madrid, M. Solana avait remis sur la table une offre du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) proposant une large coopération à l'Iran en échange notamment d'une suspension de l'enrichissement d'uranium.
Mais depuis lors, Téhéran n'a eu de cesse de répéter que son droit à enrichir l'uranium n'était pas négociable.
Selon le Washington Post de samedi, Washington comme Londres ont d'ores et déjà rédigé des projets de résolution, qui prévoient notamment des interdictions de voyager, un gel des avoirs bancaires ainsi que des inspections des navires et avions cargos iraniens, en cas d'échec des discussions de Lisbonne.
Si l'ONU décide de nouvelles sanctions contre Téhéran, "nous ferons un autre plus grand pas" dans le domaine nucléaire, avait averti jeudi M. Larijani dans un entretien à Newsweek.
Selon un haut diplomate proche de l'AIEA, l'Iran, qui exploitait plus de 1.300 centrifugeuses pour l'enrichissement d'uranium à la mi-mai dans son centre de Natanz, pourrait en avoir installé 3.000 d'ici la fin fin juillet.
Une telle installation permettrait, à condition de fonctionner dans des conditions optimales, d'obtenir suffisamment d'uranium hautement enrichi pour une bombe nucléaire dans un délai maximal d'un an.

 

 


NouvelObs, 11/6/07:

Iran: ElBaradei veut sortir de l'impasse

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique souhaite que la confrontation avec l'Iran au sujet du nucléaire soit "désamorcée".

Mohamed ElBaradei, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a demandé lundi 11 juin que soit "désamorcée la confrontation avec l'Iran" au sujet du nucléaire lors de l'ouverture de la conférence de l'agence à Vienne, en Allemagne.

"Je suis de plus en plus perturbé par l'impasse actuelle et la menace d'une confrontation - une impasse à laquelle il faut rapidement mettre fin et une confrontation qui doit être désamorcée", a-t-il déclaré.

Au cours de la conférence d'une semaine qui réunit les gouverneurs des 35 pays membres de l'AIEA, Mohamed ElBaradei va revenir sur son rapport du mois dernier établissant que l'Iran continuait à développer sa filière d'enrichissement d'uranium, en dépit de deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sanctionnant ces activités.

Le directeur de l'AIEA a rappelé qu'il continuait "à croire que le dialogue et la diplomatie sont, en fin de compte, le seul moyen de trouver la solution négociée envisagée dans les résolutions du Conseil de Sécurité" de l'ONU sur le sujet. "Plus tôt on aura créé les conditions pour avancer dans cette direction, le mieux ce sera", a-t-il ajouté.
Deux sanctions imposées par l'ONU
Deux sanctions ont déjà été imposées à l'Iran par le Conseil de sécurité pour l'obliger à cesser ses activités d'enrichissement de l'uranium, un procédé qui permet de produire du combustible pour les centrales nucléaires et qui entre dans la fabrication d'armes atomiques.

Cependant, selon Mohamed ElBaradei "les faits sur place indiquent que l'Iran poursuit le perfectionnement de ses connaissances en matière d'enrichissement et qu'il étend la capacité de ses installations d'enrichissement" à Natanz.

L'Iran continue également "la construction de son réacteur à eau lourde d'Arak", qui peut produire du plutonium, constituant comme l'uranium enrichi un élément potentiel pour entrer dans la fabrication de bombes, affirme-t-il.

Le négociateur iranien sur le dossier nucléaire Javad Vaïdi a de soncôté rencontré lundi à Vienne, au ministère autrichien des Affaires étrangères, Robert Cooper, l'adjoint du Haut représentant de l'Union européenne pour la diplomatie, Javier Solana. Selon une source diplomatique, la rencontre prévue entre Javad Vaïdi et Mohamed ElBaradei a été annulée.


 

11/6/07 - Washington a réitéré vouloir trouver une solution diplomatique à la crise mais n'a pas complètement exclu une intervention militaire. Des forces navales américaines ont déjà pris position dans le Golfe récemment.


 

Le Monde, 26/5/07:
L'Iran tente de désamorcer la crise du dossier nucléaire et en appelle à Nicolas Sarkozy

 

L'Iran développera sa technologie nucléaire "à l'extrême", selon son président

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que l'Iran allait développer son programme nucléaire "jusqu'à l'extrême", malgré les menaces de nouvelles sanctions de l'ONU, a rapporté vendredi l'agence officielle Irna.
25/5/07 -
"La technologie nucléaire de l'Iran se développe chaque jour et ira jusqu'à l'extrême possible", a déclaré M. Ahmadinejad lors d'un discours dans la province d'Ispahan (centre).
"Aujourd'hui, le peuple iranien possède la technologie nucléaire et celle du cycle pour la production du combustible nucléaire", a-t-il ajouté.
"Les grandes puissances utilisent tous leurs moyens pour empêcher le progrès de l'Iran mais le peuple iranien, avec force et résistance, balayera les obstacles mis sur sa route par ces puissances et poursuivra sa route vers les sommets du progrès", a-t-il dit.
"Les grandes puissances doivent renoncer à leur méthodes grossières comme l'adoption de résolutions contre l'Iran et présenter des excuses au peuple iranien", a déclaré M. Ahmadinejad, répétant une nouvelle fois que l'Iran ne "reculera pas d'un iota" dans sa volonté de développer son programme nucléaire.
"Si vos missiles, porte-avions et bombardiers pouvaient faire quelque chose, ils vous auraient aidés à sortir du bourbier irakien", a-t-il ajouté en allusion à l'arrivée de deux porte-avions américains dans le Golfe.
Les porte-avions américains USS John C. Stennis et USS Nimitz, sont entrés mercredi dans les eaux du Golfe, soit le plus grand déploiement militaire américain depuis 2003.
Selon M. Ahmadinejad, les Etats-Unis et leurs alliés sont entrés en Irak dans le but d'encercler l'Iran mais aujourd'hui "ils ont besoin de l'aide du peuple iranien pour être sauvés".
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, a constaté mercredi dans un rapport que Téhéran avait refusé de suspendre ses activités nucléaires sensibles, comme l'exige le Conseil de sécurité des Nations unies.
L'AIEA a aussi souligné que l'Iran se refusait toujours à éclaircir des zones d'ombre de son programme atomique, avait réduit sa communication d'informations sur ce dernier, et suspendu unilatéralement un accord de vérification du réacteur à eau lourde en construction à Arak (centre).

 

El Baradeï : Trois à huit ans avant que l'Iran n'obtienne l'arme nucléaire

24 mai 2007 - Mohammed El Baradeï, président de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, a déclaré que selon lui, "si l'Iran choisissait de se doter de l'arme nucléaire, il pourrait le faire d'ici trois à huit ans"
Empêcher Téhéran de poursuivre l'enrichissement d'uranium à l'échelle industrielle, c'est donc l'objectif prioritaire de l'AIEA. D'autres propos de Mohammed El Baradeï ont surpris ce weekend. Actuellement invité d'une conférence sur le nucléaire au Luxembourg, il a affirmé à la presse espagnole que l'exigence d'une suspension totale des activités d'enrichissement d'uranium de l'Iran était dépassée par la réalité des faits aujourd'hui. Ces propos ont surpris la France, notamment, qui s'est exprimée pour une poursuite des sanctions contre l'Iran.
Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, a déclaré lui que son pays ne pouvait pas se permettre d'arrêter son programme nucléaire "même pour un instant". Il a ajouté que l'Iran était très prêt d'atteindre ses "buts ultimes".

 

Ahmadinejad met en garde contre une attaque américaine

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a averti lundi à Abou Dhabi que l'Iran riposterait avec force à une éventuelle attaque américaine, dans le cadre de la crise autour du programme nucléaire iranien.

ABOU DHABI (14 mai 2007) -
"Ils (les Américains) savent que s'ils venaient à commettre cette erreur, la réaction du peuple iranien sera dure et ils le regretteront", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Abou Dhabi, au terme d'une visite officielle. Les propos du chef de l'Etat iranien qui s'exprimait en persan, étaient traduits en anglais par un interprète officiel iranien. M. Ahmadinejad, qui s'exprimait trois jours après que le vice-président américain Dick Cheney eut averti que les Etats-Unis ne permettraient pas à l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, a écarté l'éventualité d'une attaque américaine. "Ils ne peuvent pas attaquer l'Iran. Le peuple iranien est en mesure de riposter. Il est capable de bien se protéger et se défendre", a-t-il dit. Il a répété que le programme nucléaire de l'Iran, que les Etats-Unis soupçonnent de chercher à se doter de l'arme nucléaire, se déroulait "dans le cadre de la loi" et que Téhéran maintenait son "droit à acquérir l'énergie" nucléaire. Il a minimisé l'avertissement que Dick Cheney avait formulé vendredi alors qu'il inspectait un porte-avions américain croisant dans les eaux du Golfe, en face de l'Iran. "(Son) message ne contient rien de nouveau", a-t-il commenté. [...]

 

L'Iran rejette une suspension même partielle de l'enrichissement

(29/4/07) - L'Iran a rejeté dimanche l'idée selon laquelle il pourrait consentir à une suspension partielle de ses activités d'enrichissement de son uranium afin de sortir de la crise internationale suscitée par son programme nucléaire. L'Iran assure que sa technologie nucléaire vise exclusivement à produire de l'électricité mais les puissances occidentales pensent qu'il souhaite fabriquer une bombe atomique, et deux résolutions frappant Téhéran de sanctions ont d'ores et déjà été adoptées par l'Onu. Interrogé sur une éventuelle suspension partielle du programme nucléaire iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, a déclaré lors d'une conférence de presse: "Ce qui a été dit concernant la suspension n'est pas correct, et n'est pas vrai." Il a qualifié de positives et constructives les discussions de la semaine dernière, en Turquie, entre le négociateur en chef de l'Iran sur le dossier nucléaire, Ali Larijani, et le porte-parole de la politique extérieure de l'UE, Javier Solana. A l'issue de sa rencontre avec Solana, Larijani a déclaré que l'Iran et l'UE s'approchaient d'un "point de vue unique" sur certains points des négociations, qui reprendront dans deux semaines, mais il n'a fourni aucune précision.

 

 

Le Figaro, 18 avril 2007:

L'Iran plus que jamais sur la voie du nucléaire

Selon un document officiel de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Téhéran a commencé à alimenter ses centrifugeuses pour produire de l'uranium enrichi.
 C'est une nouvelle qui devrait accroître la tension diplomatique qui nourrit les relations entre l'Iran et la communauté internationale. Téhéran a déjà assemblé 1.300 centrifugeuses dans son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz et a commencé à les alimenter pour enrichir l'uranium. C'est ce que révèle un diplomate citant un document confidentiel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
 L'Iran dispose de huit cascades de 164 centrifugeuses chacune dans le site souterrain de Natanz et "de l'UF6 (hexafluorure d'uranium) est en train d'être injecté", a affirmé ce diplomate citant ce document envoyé mercredi par l'AIEA aux 35 membres de son conseil d'administration. Le gaz UF6 est injecté dans des centrifugeuses pour produire de l'uranium enrichi. 
 Mardi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Gholamreza Aghazadeh, avait déjà déclaré que l'Iran utilisait tous les moyens pour "installer des centrifugeuses (d'enrichissement d'uranium, ndlr) à Natanz", dans une déclaration à l'agence Isna.
 Le 9 avril dernier, l'Iran avait annoncé que son programme d'enrichissement d'uranium était passé au stade industriel et le chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, Ali Larijani, avait même affirmé que 3.000 centrifugeuses étaient installées à Natanz.  
Cette annonce intervient le jour même où l'AIEA a annoncé mercredi qu'elle renonçait à installer des caméras de surveillance sur le site nucléaire souterrain iranien de Natanz tout en estimant qu'elle avait les moyens de vérifier que Téhéran ne cherche pas à développer un armement nucléaire.

 

Le Monde, 16/4/07:

"Le peuple iranien résistera jusqu'au bout" sur la question du nucléaire

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a réaffirmé, lundi 16 avril, la détermination de son pays à acquérir la technologie nucléaire. "Le peuple iranien résistera jusqu'au bout et ne bougera pas d'un iota", a-t-il expliqué, lors d'un discours retransmis par la télévision d'Etat. "Vous ne pouvez pas créer la moindre faille dans la détermination de l'Iran en utilisant les institutions internationales que vous avez conçues", a-t-il souligné, en référence aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU infligeant des sanctions à la République islamique.
Dimanche, le gouvernement iranien a lancé deux appels d'offres, qui arriveront à expiration le 10 août, pour la construction de deux centrales nucléaires, "de 1 000 à 1 600 mégawatts (MW) à Bouchehr", à l'endroit même où les Russes doivent achever la construction d'une première centrale de 1 000 MW. L'Iran a déjà pris "des contacts avec des sociétés russes et européennes", a indiqué le directeur pour la production et le développement de l'énergie nucléaire à l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. Le coût de chaque centrale s'établirait entre 1,4 et 1,7 milliard de dollars, et leur construction s'étalerait sur neuf à onze ans, selon lui.
Ces annonces interviennent alors que l'Iran est sous une pression croissante de la communauté internationale pour suspendre ses activités nucléaires sensibles, et que l'achèvement de sa première centrale nucléaire par la Russie a encore subi un retard.



Moscou s'élève contre des manoeuvres près de Bushehr

MOSCOU (11/04/2007) - La Russie, qui est un des alliés les plus proches de Téhéran, s'est élevée mercredi contre les essais de missiles que l'armée iranienne aurait effectués à proximité de la centrale nucléaire de Bushehr, sans en informer les scientifiques russes qui y travaillent.
Plusieurs capitales occidentales accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de programmes nucléaires civils, ce que Téhéran dément.
La centrale de Bushehr est la première centrale nucléaire iranienne. Elle est construite avec l'aide de la Russie.
Sergueï Novikov, porte-parole de l'agence atomique russe Rosatom, a déclaré que l'armée iranienne avait réalisé le 6 avril, à 5h00 du matin, des essais de missiles anti-aériens près de la centrale où travaillent 2.000 Russes.
""Les spécialistes russes n'ont pas été informés de ces exercices et ont été réveillés par le bruit des tirs d'artillerie, qui bien sûr, à notre avis, créent des tensions sur le site et perturbent leur travail"", a-t-il dit par téléphone.
L'Iran a réalisé ces derniers mois des manoeuvres militaires présentées comme défensives sur son territoire. Elles incluaient des essais de missiles.
Les manoeuvres les plus récentes qui avaient été annoncées, et qui devaient prendre fin en mars, incluaient des exercices navals dans la région du Golfe et qui pouvaient couvrir une zone proche de la ville portuaire de Bushehr.
La Russie a précisé avoir contacté Téhéran pour faire part de sa préoccupation quant aux exercices militaires.
Une équipe de négociateurs russes est actuellement en Iran pour évoquer des sujets relatifs à la centrale de Bushehr. Ce dossier a été l'objet d'une courte crispation entre Moscou et Téhéran en raison de retards de paiements iraniens en début d'année.

 

 

Libération, 10 avril 2007:
L'Iran choisit l'escalade nucléaire

Le pays défie la communauté internationale avec l'annonce d'une production industrielle d'uranium enrichi.


Le Monde, 10/4/07:
L'Iran affirme produire du combustible nucléaire à échelle industrielle
"Bravant un ultimatum du Conseil de sécurité de l'ONU, l'Iran a proclamé, lundi 9 avril, sa "fierté" d'avoir rejoint "le club des pays nucléaires", en se dotant de la capacité de "produire du combustible nucléaire à l'échelle industrielle" et de celle de "produire en masse des centrifugeuses" pour enrichir l'uranium. Cette annonce, faite par le président de la République, Mahmoud Ahmadinejad, et le président de l'organisation de l'énergie atomique iranienne, Gholam Reza Aghazadeh, ne s'est toutefois assortie d'aucune preuve tangible des progrès accomplis."
[...] "Notre nation défendra ses droits jusqu'au bout", a déclaré, lundi, M. Ahmadinejad, ajoutant que l'Iran pourrait "revoir" la "voie pacifique qu'il a choisie jusqu'à présent" si des "mesures" étaient adoptées contre lui. "Si (les grandes puissances) exercent de nouvelles pressions, nous n'aurons pas d'autre choix que de reconsidérer notre appartenance au TNP", le traité de non-prolifération nucléaire, a aussi prévenu Ali Larijani, président du Conseil national de sécurité et principal négociateur du dossier nucléaire iranien. L'Iran est désormais, aux yeux de M. Larijani, en meilleure position pour traiter avec la communauté internationale. "Maintenant que le cycle du combustible nucléaire est bouclé, nous sommes prêts à négocier pour parvenir à un accord avec les pays occidentaux, afin de dissiper leurs craintes concernant le programme nucléaire iranien sans mettre fin à notre développement scientifique", a-t-il déclaré.

 


Le Monde, 26/3/07:

L'Iran durcit le ton sur le nucléaire après le vote des sanctions

NEW YORK (Nations unies) CORRESPONDANT

L'Iran a choisi l'escalade, dimanche 25 mars, en répliquant à de nouvelles sanctions adoptées, samedi, au Conseil de sécurité de l'ONU, par une décision de "limiter" sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). "Après cette résolution illégale du Conseil de sécurité, il n'y aura même pas une seconde d'arrêt dans la marche nucléaire pacifique et légale du peuple iranien", a prévenu le président de la République islamique, Mahmoud Ahmadinejad.
Le Conseil de sécurité a unanimement adopté la résolution 1747 qui interdit à l'Iran d'exporter des armes et ordonne le gel des avoirs de 28 personnes et entités liées aux programmes nucléaires et balistiques suspects. Le texte renforce des sanctions adoptées le 23 décembre 2006 et vise notamment les Gardiens de la révolution, un pilier du régime. La résolution donne à l'Iran 60 jours pour geler son programme d'enrichissement d'uranium, soupçonné de servir à la mise au point d'une arme nucléaire, avant de faire face à de nouvelles sanctions.
"Téhéran a décidé de limiter (sa) coopération (avec l'AIEA) jusqu'à ce que le dossier nucléaire iranien soit transféré du Conseil de sécurité vers cette agence", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Gholamhossein Elham. Au lieu d'annoncer par avance à l'agence atomique toute décision de construire de nouvelles installations nucléaires, comme il s'y était volontairement engagé, l'Iran se contenterait désormais de les déclarer six mois avant leur mise en service, a-t-il expliqué, qualifiant de "mineurs" les arrangements modifiés.
Mais, selon un ancien inspecteur de l'ONU spécialiste du dossier, David Albright, cité par l'agence Associated Press, la décision pourrait ouvrir la voie à la construction par l'Iran d'"une installation de secours" pour enrichir de l'uranium dans un lieu clandestin, à l'abri d'éventuelles frappes américaines ou israéliennes contre ses installations connues.

REPRENDRE CONTACT

A New York, le ministre des affaires étrangères iranien a prévenu le Conseil de sécurité que son action aurait "ses propres conséquences". "La nation iranienne n'oubliera pas ceux qui ont soutenu et ceux qui ont rejeté (cette résolution) et va revoir ses relations internationales", a pour sa part annoncé, sur son site Internet, le président Ahmadinejad.
La Chine et la Russie, d'importants partenaires commerciaux de l'Iran, ont, comme de nombreux autres pays, soutenu les sanctions, auxquelles ils s'étaient opposés jusqu'en décembre.
Le président vénézuélien Hugo Chavez est un des seuls chefs d'Etat à s'être rangé au côté de l'Iran face, a-t-il dit, à "la folie de l'empire américain". M. Chavez a accusé Washington de préparer une action militaire contre Téhéran.
Les ministres des affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) et de l'Allemagne, à l'origine de la nouvelle vague de sanctions, se sont engagés, dans un communiqué, à "chercher une solution négociée" avec l'Iran en proposant de "nouvelles discussions".
Le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, a annoncé, dimanche, qu'il allait chercher à reprendre contact avec le négociateur iranien chargé du nucléaire, Ali Larijani.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est pour sa part félicité de l'unanimité du Conseil de sécurité et a appelé l'Iran à "appliquer pleinement" la résolution 1747 pour "restaurer la confiance de la communauté internationale dans la nature pacifique de son programme nucléaire". "Une solution négociée renforcerait le régime international de non-prolifération", a ajouté M. Ban, qui a dit "espérer que le dialogue reprenne".

Philippe Bolopion

 

L'Iran effectue son premier versement pour la centrale nucléaire de Bushehr

MOSCOU (26 mars 2007) - L'Iran a effectué son premier versement à l'entreprise d'Etat russe chargée de construire la centrale nucléaire de Bushehr, un projet régulièrement reporté, a annoncé lundi Atomstroiexport. "Le fait que nos partenaires iraniens aient surmonté leurs difficultés est positif", a déclaré l'entreprise dans un communiqué, précisant que ce règlement était "loin" de représenter le dédommagement complet pour le projet de la centrale nucléaire de Bushehr. Moscou et Téhéran étaient à couteaux tirés au sujet du financement de cette usine, la Russie ayant annoncé au début du mois que le combustible ne serait pas livré à l'Iran comme c'était prévu. Ces retards de paiement avaient poussé la Russie, qui construit la centrale dans le nord de l'Iran, à repousser le lancement du réacteur prévu en septembre. L'Iran a toujours démenti manquer à ses obligations et accusé la Russie de céder à la pression des Etats-Unis qui souhaitent accentuer la pression pour empêcher Téhéran de posséder l'arme nucléaire. Cette dispute intervenait alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi à l'unanimité une résolution imposant de nouvelles sanctions à l'Iran en raison de son refus de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.

 

 

Le Monde, 24/3/07:
Face à Téhéran, Washington et les pays arabes sunnites soutiennent le nucléaire égyptien


Ali Khamenei menace d'agir "de manière illégale" en cas de nouvelles sanctions contre l'Iran

TEHERAN (21 mars 2007) - Le guide suprême de la révolution islamique en Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a affirmé mercredi que Téhéran poursuivrait ses activités nucléaires en dehors des lois internationales en cas de nouvelles sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, et menacé les Etats-Unis de représailles en cas d'attaque américaine.
"Jusqu'à aujourd'hui, tout ce que nous avons fait a été en accord avec les lois internationales", a déclaré Ali Khamenei. "Mais s'ils agissent de manière illégale, nous pouvons en faire autant, et nous n'y manquerons pas".
Le guide suprême de la révolution n'a pas précisé ce qu'il entendait par les termes "agir de manière illégale", alors que débutent les consultations aux Nations unies sur de nouvelles sanctions contre l'Iran pour se refus de suspendre son programme nucléaire.
Ali Khamenei a également menacé les Etats-Unis en cas d'attaque contre son pays. "S'ils veulent traiter avec nous par des mesures et l'emploi de la coercition et de la violence, ils doivent savoir que la nation et les autorités iraniennes utiliseront toutes leurs capacités pour frapper les ennemis qui attaquent", a-t-il assuré.
Il a enfin souligné que les sanctions déjà votées contre l'Iran ne s'étaient pas révélées efficaces et que de nouvelles mesures seraient tout aussi infructueuses.
"Nous avons obtenu la (technologie) nucléaire malgré les sanctions. Les sanctions pourraient même, dans certaines circonstances, être bénéfiques pour nous en créant une nouvelle source de motivation", a-t-il expliqué.

 


La Russie retire ses experts de la centrale iranienne de Bushehr

VIENNE (20 mar) - La Russie va retirer ses experts de la centrale nucléaire de Bushehr qu'ils aidaient à construire dans le sud de l'Iran, ont annoncé mardi des responsables américains et européens. Environ 2.000 spécialistes russes se trouvaient sur le site. Cette décision illustre les tensions actuelles entre Téhéran et Moscou, jusqu'ici proche du régime iranien sur le dossier nucléaire, et pourrait conduire à de nouvelles sanctions des Nations unies plus sévères contre l'Iran pour son refus de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium. Selon un diplomate européen accrédité à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), basée à Vienne, et un responsable américain s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, un nombre important de techniciens, ingénieurs et experts russes sont rentrés à Moscou la semaine dernière, alors que Russes et Iraniens échouaient à régler des différends financiers portant sur le réacteur de Bushehr. Sergueï Novikov, porte-parole de Rosatom, l'agence fédérale nucléaire russe, a confirmé que le nombre de scientifiques russes présents à Bushehr avait considérablement diminué récemment. Il a justifié cette diminution par des retards de paiements iraniens, mais a refusé de dire combien de Russes étaient restés en Iran. Le réacteur de Bushehr (sud de l'Iran) est achevé à 95%, mais Moscou a annoncé récemment que le reste des travaux était reporté car Téhéran ne s'était pas acquitté de ses règlements mensuels depuis janvier. Ces retards ont également conduit le gouvernement russe de suspendre ses livraisons d'uranium enrichi, retardant sine die le lancement de la première centrale nucléaire iranienne. Le défaut de paiement iranien allégué pourrait causer des dommages "irréversibles" au projet, a prévenu Moscou. Si la Russie avance des motifs financiers pour justifier le retard de plusieurs mois de la livraison de combustible nucléaire, une autre source diplomatique européenne y voyait plutôt une manoeuvre politique liée au programme nucléaire iranien. Moscou aurait même envisagé lors des négociations sur la résolution 1737 du Conseil de sécurité des Nations unies, fin 2006, d'introduire dans le texte un motif de non livraison. La télévision d'Etat iranienne n'a d'ailleurs pas mâché ses mots mardi. "Le double langage des responsables russes sur le nucléaire iranien montre que les Russes ne sont pas des partenaires fiables dans le domaine de la coopération nucléaire", a-t-elle estimé. "Il est clair que la Russie a cessé la construction de ce site sous la pression et pour des raisons politiques." Vitali Tchourkine, émissaire en chef de Moscou au Conseil de sécurité, a assuré qu'"il n'y a eu aucun ultimatum d'aucune sorte de la Russie à l'Iran". "Nous ne lions pas nos discussions sur les résolution du Conseil de sécurité et ce qui concerne" Bushehr, a-t-il affirmé.
Le Conseil discute d'une nouvelle résolution sur le nucléaire iranien. Elle pourrait être adoptée dès mercredi et prévoirait, selon la source diplomatique européenne citée plus haut, un allongement de la liste des entités et individus soumis à des sanctions, l'interdiction pour l'Iran d'exporter et de transférer des armes, et un appel à la vigilance et la retenue des pays en ce qui concerne la vente d'armes lourdes à l'Iran ainsi que le soutien financier aux transactions, y compris civiles. Téhéran disposerait d'un délai de 60 jours pour suspendre l'enrichissement d'uranium à but potentiellement militaire, après quoi une troisième résolution aggravant encore les sanctions pourrait être discutée.
Le temps est un facteur important car la situation politique iranienne semble évoluer, le président radical Mahmoud Ahmadinejad étant de plus en plus contesté par la population et les autres dirigeants du pays.

 


Le Monde, 20/3/07:
La Russie dément avoir lancé un ultimatum à l'Iran sur le nucléaire


Téhéran déplore le refus de Moscou de livrer du carburant pour sa centrale de Bushehr

BUSHEHR, Iran (13 mars 2007) - Le chef des négociateurs iraniens sur le nucléaire Ali Larijani a déploré mardi la décision de Moscou de ne pas effectuer une livraison prévue d'uranium enrichi à son pays et de retarder ainsi le lancement de la première centrale nucléaire iranienne à Bushehr (sud).
Le refus russe "montre qu'il n'y a aucune garantie sur les livraisons de carburant nucléaire", a regretté M. Larijani, cité par l'agence de presse iranienne officielle IRNA, tout en appelant Moscou à honorer ses obligations: "La Russie doit tenir ses promesses dans les temps".
Lundi, l'agence nucléaire fédérale russe, Rosatom, a annoncé sa décision de reporter sa livraison de carburant nucléaire à l'Iran -prévue dans le courant du mois- en raison, selon elle, d'arriérés de paiement iraniens sur les travaux de construction de la centrale de Bushehr (sud) actuellement réalisés par les Russes.
Interrogé par l'Associated Press, le porte-parole de Rosatom, Sergueï Novikov, a précisé que le démarrage du réacteur nucléaire de Bushehr, prévu en septembre, serait retardé d'au moins deux mois parce que les Iraniens n'ont fait aucun versement depuis le 17 janvier. "Le financement a deux mois de retard, et cela entraîne un retard correspondant dans le programme", a-t-il déclaré. "Sans argent, il est impossible de poursuivre les travaux de construction."
Téhéran a rejeté ces accusations en affirmant avoir rempli toutes ses obligations financières. Certains responsables ont laissé entendre que Moscou cherchait plutôt une excuse pour retarder la mise en route de cette centrale nucléaire sous la pression de la communauté internationale.
Toutefois, mardi, M. Larijani, a rejeté ces informations. "Nous n'avons pas reçu de tel message de la part de la Russie", a-t-il dit.

 

 

Le Monde, 12/3/07:

La Russie retarde le lancement d'une centrale nucléaire iranienne

Le lancement de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr, prévu en septembre, va être "probablement" retardé de "deux mois", a indiqué lundi 12 mars la porte-parole du constructeur russe Atomstroïexport.

"Les retards de paiement [de la part des Iraniens] ont entraîné un report des échéances dans le calendrier", a déclaré Irina Essipova. "Le retard prendra probablement deux mois selon les estimations des experts", a-t-elle ajouté. Téhéran doit acquitter mensuellement 25 millions de dollars au titre de sa coopération nucléaire avec la Russie.

Le 19 février, déjà, la Russie avait annoncé son intention de ralentir sa coopération avec l'Iran pour l'achèvement de la centrale nucléaire de Bouchehr. Téhéran avait alors démenti tout retard de paiement, indiquant sa volonté de payer son dû en euros, ce que les Russes refusent.

LA RUSSIE REFUSE D'ENTRER DANS LE "JEU ANTI-AMÉRICAIN"
Ce retard pourrait être dû à la volonté de Moscou de se démarquer de l'Iran sur le nucléaire. Plus tôt dans la journée du 12 mars, la Russie a mis en garde Téhéran, soulignant qu'elle ne jouerait pas son "jeu anti-américain", et qu'elle ne tolérerait pas que l'Iran se dote d'une bombe, ont rapporté trois agences russes citant une source proche du pouvoir.
La Russie "subit des pertes en termes d'image sur la scène internationale et ils [les Iraniens] ne démordent pas" de leur intransigeance sur le nucléaire, a déclaré cette source citée par les agences Itar-Tass, Interfax et Ria Novosti.
"Un Iran avec une bombe atomique ou un potentiel pour sa création est inacceptable pour nous et nous n'allons pas jouer avec eux le jeu anti-américain", a poursuivi cette source. "Si l'Iran ne répond pas aux questions de l'AIEA, qu'il soit responsable de ses actes", a-t-elle ajouté. "Malheureusement, les Iraniens abusent de notre attitude constructive et n'ont rien fait pour nous aider à convaincre nos collègues que leurs actes sont conséquents".

 

Pékin demande à l'Iran de coopérer avec l'AIEA

PEKIN (6 mars 2007) - Le ministre chinois des Affaires étrangères a appelé l'Iran mardi à intensifier sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), exhortant dans le même temps le Conseil de sécurité à rechercher une solution diplomatique à la crise nucléaire iranienne. "Nous saluons, soutenons et appelons l'Iran à accroître sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique", a dit Li Zhaoxing au cours d'une conférence de presse.
Li a réaffirmé le soutien de Pékin à une résolution pacifique du conflit qui oppose l'Iran, les Etats-Unis et les puissances européennes qui soupçonnent Téhéran de travailler à un programme nucléaire militaire.
Pendant ce temps aux Nations Unies, les représentants des grandes puissances mondiales tardent à trouver un accord sur une proposition de résolution visant à sanctionner l'Iran pour son refus de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.
Les représentants des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, de la France et de l'Allemagne se sont rencontrés à trois reprises la semaine dernière pour discuter d'un renforcement des sanctions à l'égard de l'Iran, qui, selon un rapport de l'AIEA rendu public au début du mois, loin de suspendre son programme d'enrichissement nucléaire, continue au contraire à le développer.


La libre Belgique, 3/3/2007:
L'Iran lance un nouveau billet de banque avec un logo nucléaire


Le Figaro, 21 février 2007:
Les bruits de bottes contre l'Iran s'intensifient


 

Radio-Canada, 20 fév 2007:

Iran : Les infrastructures militaires ciblées

La BBC rapporte mardi que les États-Unis planifient d'inclure les infrastructures militaires dans leur liste de cibles potentielles, s'ils devaient lancer une attaque aérienne sur l'Iran.
PUBLICITE
Le réseau britannique soutient que dans l'éventualité d'une telle attaque, les frappes américaines viseraient des bases aériennes et navales iraniennes. Des entrepôts de missiles et des centres de commandement militaire seraient également dans la ligne de mire des forces armées des États-Unis. Certains sites sont clairement visés, dont la centrale d'enrichissement d'uranium de Natanz.
Même si aucune menace immédiate n'a été formulée, Washington aurait élaboré ce plan en dernier recours si les négociations avec les Nations unies échouaient. Le Conseil de sécurité a donné à l'Iran jusqu'au 21 février prochain, soit mercredi, pour cesser ses activités nucléaires.
Les États-Unis insistent pour rappeler qu'ils n'ont pas l'intention d'attaquer l'Iran, mais seulement de convaincre les pays de suspendre sa production d'uranium.
Deux scénarios pourraient entraîner une attaque sur le pays: une confirmation que l'Iran développe l'arme nucléaire, ou un assaut meurtrier de Téhéran sur les forces américaines en Irak.

Téhéran pose ses conditions
À un jour de la fin du délai accordé par l'ONU à l'Iran pour geler son programme nucléaire, Téhéran ne montre aucun signe d'empressement à se plier à cette obligation. Il conditionne même son acceptation à un engagement des pays occidentaux de geler leurs activités d'enrichissement d'uranium.
« Suspendre notre programme nucléaire pour entamer les négociations ne pose pas de problème, mais la justice veut que ceux qui veulent négocier avec nous suspendent leur programme également », a déclaré le président Mahmoud Ahmadinejad.
Pour tenter de dénouer l'impasse, le principal négociateur iranien sur le nucléaire, Ali Larijani, devait rencontrer mardi le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradei. Les deux hommes doivent discuter de la proposition de « pause » présentée par M. ElBaradei, qui prévoit une suspension de l'enrichissement par l'Iran et une levée des sanctions décidées par le Conseil de sécurité.
Dans un entretien publié mardi dans le Financial Times, il déclarait que l'Iran aurait d'ici six mois à un an acquis le savoir-faire pour enrichir de l'uranium à une échelle industrielle. Cela dit, le pays est encore « loin d'avoir la capacité de fabriquer une bombe », a-t-il ajouté.
Rappelons que le Conseil de sécurité de l'ONU avait donné 60 jours à l'Iran pour suspendre complètement ses activités nucléaires militaires.

 

 

Enrichissement d'uranium
L'Iran stopperait si l'Occident faisait de même

20/2/2007 - Sommé par l'ONU de geler son programme nucléaire d'ici demain, l'Iran ne semble pas enclin à transiger malgré la menace de sanctions renforcées. Le président Mahmoud Ahmadinejad a toutefois déclaré aujourd'hui que Téhéran était prêt à suspendre l'enrichissement d'uranium... si les pays occidentaux faisaient de même.
«Suspendre notre programme nucléaire pour entamer les négociations ne pose pas de problème mais la justice veut que ceux qui veulent négocier avec nous suspendent leur programme également. Alors nous pourrons dialoguer dans une atmosphère d'équité», a affirmé M. Ahmadinejad devant une foule de plusieurs milliers de personnes rassemblées dans le nord du pays.
«Comment se fait-il que vos installations de production (de carburant nucléaire) tournent 24 heures sur 24 et que vous vous sentiez menacés par notre complexe nouvellement installé au point que nous devions le fermer pour discuter ?», a souligné le président iranien. «Nous n'avons jamais recherché l'affrontement et la tension. Nous avons toujours été favorables au dialogue, mais au dialogue dans des conditions équitables.»
Dans la résolution 1737 adoptée le 23 décembre 2006, le Conseil de sécurité des Nations unies donnait 60 jours à l'Iran, jusqu'au 21 février, pour suspendre complètement et durablement ses activités nucléaires suspectes qui pourraient relever de l'armement et non d'un programme civil, comme le soutient Téhéran. Sinon, le régime islamique s'expose à un renforcement des sanctions économiques. Un rapport sur la situation sera présenté demain au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA), à Vienne.
«Si vous voulez parler en position de pouvoir et utiliser le levier oppressant d'institutions internationales, vous devez savoir que vous vous échouerez face à l'unité et la résistance de la nation iranienne», a prévenu le président Ahmadinejad.

Ali Akbar Dareini

 

20 février 2007:
La construction de la centrale nucléaire de bouchehr a pris du retard

 

 

Cyberpresse, 17 février 2007:
"Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a affirmé samedi que le programme nucléaire iranien était «l'avenir et le destin» de l'Iran, balayant les critiques de ceux qui considèrent que ce programme coûterait cher au pays."

 

 

La Tribune, 13/2/07:

L'Europe ne croît pas que les sanctions puissent empêcher l'Iran de se doter de la bombe nucléaire

Un document interne du Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires extérieures en vue de la réunion, lundi, des ministres européens des Affaires étrangères par les services admet qu'il est "difficile de croire" l'Iran accepte des négociations sérieuses sur son programme nucléaire, selon le Financial Times.
Et, si la bourde de Chirac sur le nucléaire iranien visait seulement à préparer l'opinion à l'inéluctable ? Selon le Financial Times, l'Union européenne a admis qu'il était peu probable que l'Iran accepte des négociations sérieuses sur son programme nucléaire et que la communauté internationale était impuissante à empêcher Téhéran de développer la bombe atomique.
Il est "difficile de croire" que l'Iran reprenne les discussions sur son programme nucléaire au cours des mois prochains, dit un document préliminaire interne, datant du 7 février, préparé pour la réunion lundi des ministres européens des Affaires étrangères par les services du Haut représentant de l'UE pour les affaires extérieures, Javier Solana dont le FT a eu connaissance.
Au cours de cette réunion, les ministres européens ont laissé la "porte ouverte" à des discussions avec Téhéran sur le dossier nucléaire, tout en donnant leur feu vert à l'application au niveau européen des sanctions internationales contre l'Iran. Malgré les démentis de l'Iran qui avance des intentions purement civiles, la communauté internationale craint en effet que ces activités nucléaires n'alimentent un programme militaire secret de Téhéran.
Le document préliminaire exprime cependant son scepticisme sur les chances d'efficacité des sanctions, et conclue sur l'impuissance internationale à empêcher l'Iran de développer les infrastructures techniques nécessaires pour construire sa propre bombe atomique.
"En pratique, les Iraniens ont poursuivi leur programme à leur propre rythme, le facteur limitant étant les difficultés techniques plus que les résolutions de l'ONU ou de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)", explique-t-il, selon le quotidien.
"Les tentatives d'amener l'administration iranienne à la table des négociations n'ont pas été fructueuses jusque-là... Les problèmes avec l'Iran ne seront pas résolus grâce à de seules sanctions économiques", fait-il encore valoir. "Nous devons nous attendre qu'à un certain moment l'Iran acquiert la capacité d'enrichir suffisamment d'uranium pour en faire un programme d'armement", prévient le document.

 


Télevision Suisse Romande, 12/2/07:

Micheline Calmy-Rey a rencontré à Berne Ali Larijani, principal négociateur du nucléaire iranien

Micheline Calmy-Rey a rencontré lundi à Berne Ali Larijani, principal négociateur du nucléaire iranien. Selon des diplomates, la Suisse pourrait proposer un projet de compromis à Téhéran, prévoyant de faire tourner ses centrifugeuses à vide, sans uranium. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué que le contenu de la rencontre était "de nature confidentielle". M.Calmy-Rey a exhorté Téhéran à faire preuve de la plus grande transparence dans ce dossier. La Suisse reconnaît le droit à l'utilisation pacifique de la technologie nucléaire.

 


NouvelObs, 11/2/07:

L'Iran se contredit sur le nucléaire

Alors que le chef des négociateurs iraniens a annoncé que l'Iran "était disposé" à reprendre les négociations, le président Ahmadinejad a confirmé, à Téhéran, la poursuite de son programme nucléaire.

Au dernier jour de la Conférence sur la sécurité de Munich, le chef des négociateurs iraniens pour le dossier nucléaire, Ali Larijani, a annoncé, dimanche 11 février, que l'Iran "était disposé" à reprendre les négociations, pour "régler" le contentieux nucléaire et "ne pas aggraver la situation dans la région". Téhéran aurait informé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de son intention. "Nous annonçons que la volonté politique de l'Iran a pour but de régler par la négociation" le contentieux nucléaire, car "nous ne voulons pas aggraver la situation dans la région", a déclaré Ali Larijani.

28e anniversaire de la Révolution islamique

Mais au même moment à Téhéran, devant des centaines de milliers d'Iraniens rassemblés à l'occasion du 28e anniversaire de la Révolution islamique, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad confirmait la poursuite du programme nucléaire de son pays.
Dans son discours, le président Ahmadinejad n'a toutefois pas annoncé l'installation d'un nouvel assemblage de 3.000 centrifugeuses dans son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, comme cela avait été anticipé par les observateurs.
"Ce 11 février 2007, la nation iranienne a réussi à franchir des passages ardus et a stabilisé son droit incontestable (au nucléaire, NDLR)", a déclaré le chef de l'Etat, sans plus de précisions.

Avancement le 9 avril

Le président iranien a également souligné que l'état d'avancement de la technologie nucléaire de son pays serait progressivement rendu public d'ici le 9 avril, date qui marque le premier anniversaire de l'annonce par Téhéran qu'il avait réussi pour la première fois à enrichir de l'uranium.
Dans la capitale, l'immense foule descendue dans les rues scandait des slogans de soutien au programme nucléaire iranien: "l'énergie nucléaire est notre droit", "Mort à l'Amérique". Des haut-parleurs expliquaient aux manifestants que ce rassemblement était organisé en "réponse de la nation iranienne à un Conseil de sécurité illégal et invalide".

 

 

Visite d'une délégation de pays non-alignés à Ispahan

Ispahan (3 février 2007) - Une délégation de plusieurs ambassadeurs de pays membre du mouvement des Non-alignés et de la Ligue arabe sont arrivés samedi à l'usine de conversion d'Ispahan, alors que l'Iran doit faire prochainement une importante annonce sur le nucléaire. La délégation comprend les ambassadeurs auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de Cuba, Malaisie et Afrique du Sud, représentant le mouvement des Non-alignés (NAM), d'Égypte et du Brésil pour le groupe des 77 etde Syrie pour la ligue arabe. De nombreux journalistes iraniens et étrangers ont également été emmenés sur place pour une visite guidée. L'usine de conversion d'uranium (UCF) d'Ispahan produit du tetrafluorure d'uranium (UF4) et de l'hexafluorure d'uranium (UF6), qui est ensuite utilisé à l'usine d'enrichissement de Natanz (centre) pour obtenir de l'uranium enrichi. Le conseil de sécurité des Nations unies a demandé dans sa résolution du 23 décembre la suspension des activités de conversion et d'enrichissement d'uranium. Mais Téhéran a refusé de s'y soumettre. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, devrait faire une annonce sur le programme nucléaire iranien, le 11 février, dans le cadre des célébrations de l'anniversaire de la révolution islamique de 1979.


L'Iran interdit l'accès à son nucléaire à 39 inspecteurs de l'AIEA

TEHERAN (22 janvier 2007) - L'Iran a exercé ses premières représailles après les sanctions contre son programme nucléaire, en décidant d'interdire l'accès à son territoire à 38 inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique. "C'est le premier pas destiné à limiter la coopération avec l'agence" onusienne de sécurité nucléaire, a déclaré lundi le chef de la commission du Parlement pour la Sécurité nationale, Allaeddin Boroudjerdi. Une commission spéciale a dressé une liste de 38 inspecteurs qui "ne sont pas autorisés à pénétrer en Iran, et cette restriction a été officiellement notifiée à l'AIEA", a-t-il expliqué.
Les seuls obstacles à leur travail consistaient jusqu'ici en des visas tardifs ou des restrictions d'accès à certaines installations. La situation a changé avec l'adoption le 23 décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU de sanctions contre les programmes nucléaire et balistique iraniens, à cause du refus de Téhéran de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium. En retour, le Parlement iranien a adopté le 27 décembre une loi enjoignant au gouvernement de "réviser (sa) coopération" avec l'AIEA. M. Boroudjerdi n'a apporté aucun détail sur la composition de la liste des 38 inspecteurs, si ce n'est qu'elle n'a "pas été établie selon un critère de nationalité". Il n'a pas précisé non plus la date d'entrée en vigueur et le délai d'application de cette restriction. En visite à Paris jeudi, le directeur de l'AIEA Mohammed ElBaradei avait fait part de son inquiétude sur les conséquences qu'auraient les sanctions de l'ONU, évoquant les risques d'"escalade".
Dimanche, Iraniens et Américains ne semblaient pas prêts à céder du terrain. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé qu'"aucun responsable du pays n'a le droit de reculer" sur le programme nucléaire. De son côté, le sous-secrétaire d'Etat américain Nicholas Burns a averti que si l'Iran "ne suspend pas d'ici le 21 février ses activités nucléaires à Nantaz (son centre d'enrichissement d'uranium), il sera confronté à une seconde série de sanctions".
La résolution 1737 prévoyant des sanctions contre Téhéran a enjoint à M. ElBaradei de présenter un rapport dans un délai de 60 jours, sur le respect ou pas par l'Iran des exigences du Conseil. Lundi, les 27 pays de l'Union européenne ont annoncé leur intention de "mettre en oeuvre dans leur intégralité et sans délai" les sanctions adoptées à l'ONU. Le chef de la diplomatie britannique, Margaret Beckett, a souligné qu'il fallait "appliquer intégralement la résolution de l'ONU, afin de maintenir la pression sur l'Iran pour qu'elle accepte l'offre de la communauté internationale de revenir à la table des négociations". Les déclarations de fermeté américaines sont sous-tendues par la menace d'une action militaire. "Nous disposons de toutes les options, mais nous préférons une solution diplomatique", a dit M. Burns dimanche. Les Etats-Unis n'ont jamais exclu l'usage de la force pour entraver la progression du programme nucléaire iranien.
Fort opportunément, le corps d'élite des Gardiens de la révolution a annoncé dimanche la tenue d'exercices militaires, comprenant des tirs de missiles à courte portée. Ces forces sont "totalement prêtes à affronter n'importe quelle menace étrangère", a dit lundi un commandant des Gardiens de la révolution, au premier jour de cet exercice.

Pierre CELERIER

 

L'Iran invite des membres de l'AIEA sur ses sites nucléaires

VIENNE (17 janvier 2007) - L'Iran a invité des émissaires de pays en développement accrédités auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique a visiter ses installations nucléaires pour montrer son ouverture sur la question de ses programmes nucléaires, ont annoncé des diplomates.
L'Iran a fait savoir lundi qu'il comptait parvenir à produire du combustible nucléaire à l'échelle industrielle.
Mais dans le même temps, il s'est engagé à continuer de coopérer avec les inspecteurs de l'AIEA, tout en cherchant à se trouver des alliés dans sa confrontation avec les puissances occidentales. Téhéran a invité les émissaires du Mouvement des non-alignés (MNA) auprès de l'AIEA ainsi que les chefs de file du Groupe des 77 et les représentants de la Ligue arabe à Vienne à effectuer une visite en Iran du 2 au 6 février, a annoncé un diplomate iranien. "Ils ont été invités à visiter nos installations nucléaires du 2 au 6 février", a déclaré mardi le diplomate sous le sceau de l'anonymat. Un émissaire du MNA auprès de l'AIEA a fait savoir que le Mouvement avait accepté l'invitation. Le MNA constitue un bloc important au sein du conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui sera prochainement appelé à s'exprimer sur la poursuite des projets de l'Agence en Iran. Les émissaires cubain, égyptien et malaisien seront dans la délégation qui se rendra en Iran, a-t-on affirmé de source diplomatique.

 

 

La Russie a livré de nouveaux missiles à l'Iran

17 janvier 2007 - La Russie a livré de nouveaux systèmes de missiles anti-aériens à l'Iran. De nouvelles commandes d'armes défensives de Téhéran seront étudiées, a déclaré mardi le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov. "Nous avons fourni les systèmes modernes anti-aériens à courte portée TOR-M1 conformément à nos contrats", a dit M. Ivanov à des journalistes. "Nous développons notre coopération militaire et technique avec l'Iran conformément au droit international et nous continueront à le faire", a-t-il souligné. "L'Iran n'est pas soumis à des sanctions et s'il veut acheter du matériel (...) défensif pour ses forces armées, pourquoi pas ?" La coopération russo-iranienne dans le domaine des armements et dans celui de l'énergie nucléaire civile est source de tensions entre Moscou et Washington. "Nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'un signal approprié à transmettre à Téhéran à ce stade, en particulier au moment où ils (les Iraniens) sont sous le coup de sanctions onusiennes pour avoir cherché à se doter de l'arme atomique et alors qu'ils continuent à braver les résolutions du Conseil de sécurité", a déploré Tom Casey, porte-parole du département d'Etat américain.

 

 

Libération, 15/1/2007:
Ahmadinejad soigne son «frère» Chávez

 


La Libre Belgique, 15/1/2007:
L'Iran se cherche un axe antiaméricain



L'Iran installe 3.000 centrifugeuses

TEHERAN (15 janvier 2007) - L'Iran a annoncé lundi être en train d'installer 3.000 centrifugeuses, confirmant ainsi avoir pris du retard dans son programme nucléaire puisque les centrifugeuses auraient dû être installées fin 2006. "Nous nous acheminons vers la production de combustible nucléaire, ce qui nécessite 3.000 centrifuges et plus", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gholamhossein Elham lors d'une conférence de presse. "Ce programme est en cours d'exécution et sera achevé". Au cours du week-end dernier, l'Iran a démenti des informations européennes selon lesquelles son programme d'enrichissement de l'uranium était calé. L'uranium enrichi sert à alimenter les réacteurs nucléaires, et à un niveau d'enrichissement supérieur, utilisé dans les centrales nucléaires. L'année dernière, Téhéran avait annoncé que l'installation de 3.000 centrifugeuses dans sa centrale de Natanz, dans le centre du pays, serait terminée d'ici à fin 2006.


10 janvier 2007:
Des conservateurs aussi critiquent la politique nucléaire d'Ahmadinejad


Arrestation d'un «espion» nucléaire en Iran

Téhéran, 9 janvier 2007 - L'Iran a arrêté un «espion» qui envoyait des informations concernant le nucléaire aux Moudjahidine du peuple, principal groupe de l'opposition armée, ont rapporté mardi les médias iraniens. «Cet individu a été recruté en 2001 (...) il recueillait des informations et les envoyait aux monaféghine» («hypocrites», terme utilisé pour désigner les Moudjahidine), a indiqué Ahmad Tavakoli, un important député conservateur, cité par l'agence semi-officielle Fars. «Il sera bientôt jugé», a-t-il ajouté, sans préciser sa date d'arrestation. La radio d'État a affirmé que cet «espion communiquait des informations nucléaires aux monaféghine». L'individu en question travaillait au Centre de recherches du parlement mais son identité n'a pas été révélée. Ces dernières années, les autorités ont annoncé l'arrestation de plusieurs «espions». Les Moudjahidine du peuple ont révélé en 2003 l'existence de l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz et l'usine de conversion d'Ispahan.

 

Mahmoud Ahmadinejad annonce que l'Iran produira "très bientôt" du combustible nucléaire

3/1/07: L'Iran est aujourd'hui un pays nucléaire, et très bientôt nous presserons le bouton pour la production de combustible nucléaire à usage industriel", a déclaré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, mercredi 3 janvier, lors d'un discours dans la province du Khouzestan, rapporte l'agence officielle IRNA. Il n'a fourni aucun détail sur la date ou l'ampleur de la production envisagée.
L'Iran est sous le coup de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, votées le 23 décembre à cause de son refus de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium. Or la production d'uranium enrichi à usage industriel suppose un fonctionnement continu de la chaîne d'enrichissement, avec une qualité constante et en grande quantité.
L'Iran, qui promettait d'installer d'ici mars 2007 jusqu'à 3 000 centrifugeuses dans son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, n'y disposait en octobre que de deux cascades de 164 centrifugeuses chacune, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique. Le président iranien a quant à lui annoncé que le pays visait à terme une capacité industrielle de production avec 60 000 centrifugeuses.
M. Ahmadinejad a répété que l'Iran "ne bougerait pas d'un iota sur son droit au nucléaire", et a une nouvelle fois minimisé l'importance de la résolution de l'ONU. "Les puissances brutales devraient savoir que quelle que soit le bruit qu'elles font, elles devront se plier à la volonté du peuple iranien et reconnaître les droits de l'Iran", a-t-il dit.

 

 

Tageblatt, 27/12/2006

Iran: loi pour "accélérer le programme nucléaire et réviser la coopération" avec l'AIEA

Le parlement iranien a voté mercredi une loi obligeant le gouvernement à »accélérer le programme nucléaire et réviser la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique», en réaction à la décision du Conseil de sécurité d'imposer des sanctions contre l'Iran.

Lire l'article.

 

Moscou appelle Téhéran à étudier «attentivement» la résolution

Moscou (25 décembre 2006) - Moscou a appelé lundi Téhéran à «étudier attentivement» la résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU et à prendre une décision privilégiant les «négociations» dans la crise du nucléaire iranien.
«Nous espérons que nos collègues iraniens étudieront attentivement le texte de la résolution et pèseront le pour et le contre d'une coopération avec le Conseil de sécurité et avec l'AIEA, et qu'au final l'emporte la recherche d'une solution qui doit être celle des négociations», a déclaré un vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Kisliak, cité par l'agence Interfax.
Près de quatre mois après l'expiration de la date butoir -le 31 août- fixée à l'Iran par la résolution 1696 pour suspendre l'enrichissement sous peine de sanctions, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi une résolution sanctionnant l'Iran pour son refus de suspendre ses activités nucléaires sensibles.
Adoptée à l'unanimité, la résolution 1737 impose à l'Iran des sanctions économiques et commerciales dans des domaines soigneusement délimités: enrichissement de l'uranium, retraitement, projets liés aux réacteurs à eau lourde et développement des missiles balistiques.

 

 

L'Iran va entamer dimanche l'installation de 3.000 centrifugeuses

TEHERAN (24 décembre 2006) - L'Iran va entamer dimanche l'installation de 3.000 centrifugeuses pour enrichir de l'uranium dans une centrale nucléaire en réponse à la résolution de l'ONU votée samedi lui imposant des sanctions, a annoncé le principal négociateur pour le nucléaire iranien Ali Larijani au quotidien Kayhan.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi, au bout de deux mois de négociations acharnées entre Occidentaux d'un côté, Russes et Chinois de l'autre, une résolution sanctionnant l'Iran pour son refus de suspendre ses activités nucléaires sensibles.
Adoptée à l'unanimité, la résolution 1737 impose à l'Iran des sanctions économiques et commerciales dans des domaines soigneusement délimités: enrichissement d'uranium, retraitement, projets liés aux réacteurs à eau lourde et développement des missiles balistiques.

Rédigée par les trois pays européens qui négocient avec l'Iran sur ce dossier (France, Grande-Bretagne et Allemagne), la résolution réitère l'exigence maintes fois exprimée par la communauté internationale que l'Iran suspende immédiatement ses activités sensibles.
Elle avertit Téhéran que le Conseil sera prêt à prendre d'autres mesures s'il ne s'y conforme pas dans les deux mois, ce que permettra d'établir un rapport du directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Ces éventuelles mesures supplémentaires nécessiteront toutefois une nouvelle résolution du Conseil de sécurité, aux termes du l'article 41 du Chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui prévoit des sanctions n'impliquant pas l'emploi de la force armée.
En réaction, l'Iran a aussitôt annoncé qu'il poursuivrait son programme nucléaire et son projet d'installer 3.000 centrifugeuses dans une usine d'enrichissement d'uranium. "Cette nouvelle résolution ne constituera pas une entrave aux progrès de l'Iran dans le domaine du nucléaire", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini.
Les Etats-Unis ont réclamé d'autres sanctions contre l'Iran. "Nous ne pensons pas que cette résolution suffise en elle-même. Nous voulons que la communauté internationale aille au-delà. Nous n'allons certainement pas mettre tous nos oeufs dans le panier onusien", a affirmé Nicholas Burns, secrétaire d'Etat adjoint pour les Affaires politiques, chargé du dossier iranien.
L'AIEA a annoncé qu'elle allait continuer à enquêter sur le programme nucléaire iranien. L'agence onusienne "va appliquer les aspects de la résolution (...) qui concernent son travail", a fait savoir son directeur Mohamed ElBaradei dans un communiqué. Le Conseil de sécurité de l'ONU réclame un rapport au chef de l'AIEA dans les 60 jours pour savoir si l'Iran s'est conformé à la résolution. Si Téhéran se conforme à la 1737, les sanctions seront suspendues, voire levées.
Près de quatre mois ont passé depuis l'expiration de la date butoir, le 31 août, fixée à l'Iran par une précédente résolution du Conseil de sécurité, la 1696, pour suspendre l'enrichissement d'uranium sous peine de sanctions. Amendé plusieurs fois, le texte de la résolution était en discussion depuis sa première mise en circulation au Conseil de sécurité le 23 octobre. La Russie, qui a d'importants intérêts économiques en Iran où elle construit notamment la centrale nucléaire de Bouchehr, a durement bataillé pour atténuer les sanctions contre Téhéran.
Pressés d'aboutir avant Noël, les Européens avaient fait mercredi une concession importante à Moscou en supprimant du texte une interdiction de voyager à l'étranger, qui devait viser douze Iraniens liés aux programmes nucléaire et balistique de leur pays. Cette mesure a été transformée en une simple restriction aux voyages de ces personnes, beaucoup moins contraignante, sur l'insistance de la Russie.
Un gel des avoirs financiers à l'étranger à l'encontre de ces douze Iraniens et de onze entités impliquées dans les mêmes activités a cependant été maintenue. Les Etats-Unis, qui ont laissé les Européens être maîtres d'oeuvre du projet, auraient préféré un texte plus musclé. En février, l'Iran avait cessé d'appliquer le protocole additionnel au Traité de non prolifération (TNP), qui permet un large accès aux installations nucléaires, après l'adoption par le Conseil de sécurité d'une résolution pressant Téhéran de geler l'enrichissement d'uranium.
Avant le vote à l'ONU, le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu du texte au téléphone avec son homologue américain George W. Bush.
Ils ont convenu de l'"importance" de maintenir une "position commune" sur la question du programme nucléaire iranien, a indiqué la Maison Blanche.
L'Iran a, quant à lui, menacé samedi, à quelques heures du scrutin, de riposter en bloquant le travail des inspecteurs de l'AIEA, après avoir ces dernières semaines répété que rien ne l'arrêterait dans son programme nucléaire.


Nucléaire en Iran: toujours pas d'accord entre les Six

20 décembre 2006 - Les six pays chargés du dossier nucléaire iranien à l'ONU ont de nouveau tenté mardi, sans succès, d'aplanir leurs divergences sur les moyens de sanctionner l'Iran pour son refus de suspendre ses activités nucléaires sensibles, ont indiqué les diplomates. Ils se reverront mercredi.
"Nous avons toujours des problèmes difficiles à résoudre", a déclaré à la presse l'ambassadeur de Russie Vitaly Tchourkine, précisant qu'il s'agissait essentiellement de l'interdiction de voyager à l'étranger envisagée contre des Iraniens associés au programmes nucléaire et balistique de leur pays.
"Nous estimons qu'elle ne cadre pas avec le concept de la résolution, elle n'apportera rien de positif en matière de non-prolifération, c'est juste un irritant inutile", a-t-il ajouté.
Interrogé pour savoir si la résolution serait adoptée pendant la semaine, c'est-à-dire avant Noël comme le souhaitent les Occidentaux, il a répondu: "Je ne m'intéresse pas beaucoup aux vacances".
Les Six (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne) discutent d'un projet de résolution présenté par les Européens qui prévoit des sanctions commerciales contre l'Iran dans les domaines sensibles touchant au nucléaire et aux missiles balistiques.
Il prévoit également une interdiction de voyager à l'étranger et un gel des avoirs financiers contre douze personnes et onze entités impliquées dans ces activités en Iran. La Russie, qui rechigne à imposer des sanctions trop dures à l'Iran, pays dans lequel elle a d'importants intérêts économiques, s'oppose à cet élément du projet.

 

 

Télévision Suisse Romande, 20/12/2006:

L'Iran a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de sanctionner Israël pour son programme nucléaire

Alors que les 6 pays chargés du dossier nucléaire iranien à l'ONU n'avaient toujours pas réussi mardi à trouver un accord sur sanctions contre l'Iran, ce pays a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de condamner le "développement clandestin et la possession d'armes nucléaires" par Israël. Téhéran demande des sanctions envers l'Etat hébreu s'il ne renonce pas à son arsenal. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a paru admettre récemment qu'Israël possède l'arme atomique. C'est ce qu'un ambassadeur d'Iran a mis en avant dans une lettre au président pour décembre pour justifier sa demande.

 

 

Jerusalem Post, 19 décembre, 2006:

L'Iran célébrera bientôt sa "victoire nucléaire"

L'Iran prévoit de célébrer sa "victoire nucléaire" en février 2007, a informé lundi 17 décembre le porte-parole du gouvernement iranien Gholamhossein Elham, cité par l'agence de presse officielle IRNA. L'Iran va "annoncer le succès et l'établissement d'une technologie nucléaire pacifique, et de la puissance du pays" en 2007, lors des cérémonies du 1er au 11 février précédant la fête nationale, a-t-il déclaré. Elham a appelé les "organisations internationales et certains pays" à renoncer à leur attitude hostile vis-à-vis de la République islamique, assurant que "Téhéran ne déviera jamais de la voie" qu'elle s'est tracée. Le porte-parole a mis en évidence que l'Iran envisageait de reconsidérer ses relations avec l'AIEA si le Conseil de sécurité de l'ONU imposait des sanctions contre lui.

 

 

Le Monde, 11/12/06:

Les Six présentent un projet de résolution sanctionnant le programme nucléaire iranien

Les ambassadeurs des six pays chargés du dossier nucléaire iranien à l'ONU ­ Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne ­ se sont réunis, lundi 11 décembre, pour discuter d'une version amendée du projet de résolution présenté le 23 octobre au Conseil de sécurité par les Européens, remanié pour tenir compte des préoccupations russes.
La France devait présenter le projet dans l'après-midi devant le Conseil de sécurité réuni en séance plénière, avant que les négociations ne démarrent. Ces discussions préliminaires étaient simplement destinées à faire le point sur les positions des différentes parties.
Les diplomates restaient prudents sur les chances d'aboutir de ce texte, après des semaines de piétinements dus à des désaccords concernant les sanctions à imposer à Téhéran. "Nous voulons un vote avant la fin de l'année, de préférence avant Noël", a déclaré un autre diplomate occidental. Réitérant le souhait de maintenir l'unité du Conseil, il a ajouté : "L'unanimité a un prix que nous sommes prêts à payer mais jusqu'à un certain point".
Le nouveau texte, extrêmement technique, prévoit des sanctions économiques et commerciales contre l'Iran dans les domaines jugés sensibles, les "activités d'enrichissement, de retraitement et celles liées aux réacteurs à eau lourde ou au développement de systèmes de lancement d'armes nucléaires". Il prévoit également des sanctions individuelles ­ interdiction de voyager et gel des avoirs financiers à l'étranger ­ contre des Iraniens ­ personnes physiques ou morales ­ associés à ces activités. Une liste est annexée à la résolution, contenant les noms de douze personnes et de onze entités impliquées dans les programmes nucléaires et balistiques iraniens. La position de la Russie sur ce volet du projet n'était pas connue lundi, Moscou ayant auparavant souhaité la suppression de toute sanction individuelle. L'ambassadeur de Chine, Wang Guangya, a émis quelques réserves sur les sanctions individuelles qui, a-t-il averti, seront toujours considérées par l'Iran comme "une humiliation".
LA RUSSIE ESTIME QUE LE TEXTE TIENT COMPTE DE SES PROPOSITIONS
L'ambassadeur de Russie, Vitaly Tchourkine, a estimé que le nouveau texte "n'a pas un caractère punitif mais vise à une solution diplomatique du problème". Son ministre, Sergueï Lavrov, avait salué lundi la nouvelle version du projet, estimant qu'elle tient compte des "propositions russes". A la demande de Moscou, le nouveau texte ne mentionne plus la centrale nucléaire civile iranienne de Bouchehr, à laquelle la Russie coopère.
De son côté, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a répété que son pays riposterait à toute sanction internationale qui lui serait infligée à cause de son programme nucléaire. "Compte tenu de votre insistance à affronter la nation iranienne, nous considérons un tel geste comme un acte hostile et nous y riposterons", a déclaré M. Ahmadinejad, quelques heures avant les discussions de New York.

 

 

Ahmadinejad annonce un programme de 3.000 nouvelles centrifugeuses

TEHERAN (9 décembre 2006) - L'Iran promet une montée en puissance de son programme d'enrichissement d'uranium. Son président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé samedi le début de l'installation de milliers de centrifugeuses dans le centre de l'Iran, "première étape vers une production industrielle".
En février dernier, Téhéran avait annoncé pour la première fois avoir enrichi de l'uranium à partir d'un premier groupe de 164 centrifugeuses et avait promis de passer à un programme à grande échelle d'ici la fin de l'année.
Le président iranien met donc ses menaces à exécution, tout en répétant que ce programme nucléaire a une finalité uniquement civile. "Nous avons commencé à installer 3.000 centrifugeuses", a déclaré M. Ahmadinejad, cité par l'agence semi-officielle Fars, considérée comme proche des ultraconservateurs du régime.
"Il s'agit de la première étape vers une production industrielle. Nous serons en mesure de produire notre propre combustible nucléaire quand nous en aurons installé 60.000", a-t-il ajouté devant des étudiants à Téhéran.
Et le président de souligner que le programme nucléaire iranien avance au rythme prévu. "Lorsque nous avons construit ces centrifugeuses, ils (les Américains et leurs alliés européens, NDLR) ont dit que l'Iran ne serait pas capable de les assembler", a-t-il déclaré. "Aujourd'hui, un mois est passé depuis le lancement de notre deuxième cascade."
L'étape suivante, annoncée par l'Iran, est de parvenir à un réseau national de 54.000 centrifugeuses, un nombre qui permettrait de produire suffisamment d'uranium enrichi pour alimenter un réacteur nucléaire de 1.000 mégawatts, tel que celui construit avec l'assistance des Russes à Bouchehr, dans le sud de l'Iran, qui doit entrer en service l'année prochaine.
Le président Ahmadinejad s'était réjoui le mois dernier que l'Iran puisse maîtriser dans un proche avenir, probablement en février, le cycle du combustible nucléaire, de l'extraction de l'uranium jusqu'à son enrichissement.
Evoquant l'impasse des discussions entre les six pays chargés du nucléaire iranien sous l'égide de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne), il a estimé que "la résistance de la nation iranienne durant l'année écoulée les a forcés à reculer de dizaines de pas sur cette question", selon l'agence Fars.
Cette annonce intervient alors que les Etats-Unis et leurs alliés européens cherchent à s'entendre au Conseil de sécurité de l'ONU sur une résolution imposant des sanctions à Téhéran en raison de son refus de suspendre ses activités d'enrichissement de l'uranium. Toutefois, les discussions entre les Six semblent dans l'impasse, la Russie et la Chine s'opposant à l'action ferme prônée par les Etats-Unis, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne.

 

 

6 décembre 2006:
Toujours pas de consensus sur le nucléaire iranien

 



Le Monde, 5/12/06:

Trois mois après la fin de l'ultimatum, les Six tergiversent toujours sur le nucléaire iranien

"Je ne sais pas si on aura un accord ce soir", a reconnu, mardi 5 décembre, Philippe Douste-Blazy, le ministre des affaires étrangères français. Les six pays chargés du dossier nucléaire iranien aux Nations unies ­ Etats-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne, Royaume-Uni ­ devaient en effet se réunir, mardi à Paris, pour tenter de trouver un accord sur des sanctions à imposer à Téhéran, qui refuse toujours de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium. Mais les désaccords sont profonds, et la réunion devrait être suivie d'un dîner, laissant une chance supplémentaire aux responsables politiques de se mettre d'accord.
Alors que les appels se multiplient pour que les Six surmontent leurs divergences après plusieurs réunions infructueuses, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a lui haussé le ton mardi. Il s'est adressé en particulier aux Européens, les prévenant que leurs relations avec Téhéran seraient menacées en cas d'"acte d'hostilité" qui mettrait en cause "le droit de la nation iranienne" au nucléaire. Le principal négociateur iranien sur ce dossier, Ali Larijani, a renchéri, avertissant que "si cette résolution a pour but de stopper le programme nucléaire iranien, ça ne servira à rien".
Le sous-secrétaire américain Nicholas Burns, qui représente les Etats-Unis à la réunion, s'est montré aussi peu optimiste que M. Douste-Blazy, prédisant qu'il n'y aurait pas de "percée" majeure.

"PRÉSERVER LA CRÉDIBILITÉ DU CONSEIL DE SÉCURITÉ"
Le projet mis au point par les Européens prévoit des sanctions économiques contre l'Iran dans les domaines liés au nucléaire et aux missiles balistiques, ainsi que des sanctions individuelles ­ interdiction de voyager et gel des avoirs financiers à l'étranger ­ contre les Iraniens associés à ces activités. Mais la Russie, soutenue par la Chine, a estimé jusqu'à maintenant que le texte européen était trop dur. Opposée à toute sanction individuelle et souhaitant que les mesures ne soient prises que pour un temps limité, la Russie a proposé des amendements. A l'inverse, les Etats-Unis voudraient durcir le texte, au moins dans sa formulation, malgré les réticences de la Russie et de la Chine qui entretiennent d'importants liens commerciaux avec l'Iran. "Nous avons vraiment besoin que la Russie et la Chine passent à la vitesse supérieure", a expliqué M. Burns.
Les Européens se disent d'autant plus déterminés à faire avancer le dossier à l'ONU qu'ils ont présenté récemment aux Russes, aux Chinois et aux Américains un projet de texte censé prendre en compte "les préoccupations des uns et des autres".
Trouver un compromis devient urgent : selon un diplomate français, il s'agit désormais de "préserver la crédibilité du Conseil de sécurité" face à l'Iran. Plus de trois mois se sont écoulés depuis l'expiration de la date butoir ­ le 31 août ­ fixée à l'Iran par la résolution 1696 du Conseil de sécurité pour suspendre l'enrichissement sous peine de sanctions.

 

L'AIEA écarte la demande iranienne d'aide pour le réacteur nucléaire d'Arak

VIENNE (23 novembre 2006) - L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a écarté jeudi une demande d'assistance iranienne pour la construction d'un réacteur nucléaire à eau lourde à Arak, les Occidentaux craignant que le plutonium produit ne serve à l'arme nucléaire. La décision a été adoptée par consensus par les 35 Etats du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, en séance plénière, après trois jours de discussions techniques à Vienne ayant permis un compromis entre pays occidentaux et non-alignés. "Le projet est gelé", a déclaré le directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei, en estimant que "la décision du Conseil des gouverneurs est tout à fait liée à la confiance dans la nature pacifique (ou non) du programme nucléaire de l'Iran". Les choses pourraient changer "si la confiance était rétablie", selon lui. L'organe exécutif de l'AIEA a approuvé une aide technique à 831 projets dans le nucléaire civil, dont sept autres propositions non controversées de l'Iran, mais il n'a donc pas retenu la demande d'aide pour "renforcer les équipements de sécurité" du réacteur en construction à Arak (environ 200 km au sud de Téhéran). L'ambassadeur américain Gregory Schulte a souligné que "le projet Arak n'est ni repoussé, ni reporté. Il a été entièrement enlevé du programme de l'AIEA"."Cette décision par consensus reflète l'inquiètude persistante du Conseil concernant la nature du programme nucléaire iranien", parce que les "réacteurs à eau-lourde conviennent bien à la production de quantités significatives de plutonium, un élément clé pour fabriquer des armes nucléaires", a encore dit M. Schulte aux journalistes .
Usine de production d'eau lourde d'Arak dans le centre de l'Iran.
L'Iran se passera de l'aide de l'AIEA pour Arak, avait déclaré le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki, jeudi matin à Téhéran, avant même la décision de Vienne. "C'est un des devoirs de l'Agence d'apporter son aide, et s'ils ne l'apportent pas nous ferons le travail nous-mêmes", a dit le ministre. L'ambassadeur iranien Ali Asghar Soltanieh a renchéri à Vienne: la construction sera même accélérée pour "raisons humanitaires" parce que les "hôpitaux de son pays ont désespérément besoin des radio-isotopes" que fournira le réacteur. Téhéran assure que celui-ci n'est destiné qu'à des usages pacifiques, notamment pour la recherche médicale. Les Occidentaux redoutent que cette structure, dont la mise en service est prévue en 2009, ne soit utilisée à des fins militaires. Les non-alignés craignaient en revanche qu'un rejet de la demande iranienne ne crée un précédent préjudiciable à d'autres projets d'aide technique dans le monde. Dans le cadre d'un compromis, la demande d'aide technique à l'AIEA pour Arak n'a pas été rejetée mais mise de côté, ce qui a amené un diplomate iranien à parler "de seulement un report". Aussi bien l'AIEA que le Conseil de sécurité, préoccupés de non-prolifération, ont déjà demandé aux Iraniens de "reconsidérer" la construction d'Arak. Selon des experts, ce réacteur d'une puissance de 40 mégawatts pourrait produire jusqu'à 12,5 kg de plutonium par an, soit de quoi fabriquer de deux à trois bombes nucléaires. L'Iran risque par ailleurs des sanctions du Conseil de sécurité après avoir refusé de suspendre son enrichissement d'uranium - l'autre source fissile possible de la bombe nucléaire - comme l'avait exigé une résolution du Conseil. Mohamed ElBaradei critique la coopération insuffisante de Téhéran avec ses inspecteurs et demande des explications complètes sur ses activités passées. Cependant, a dit M. ElBaradei, Téhéran vient de faire "un pas dans la bonne direction" en acceptant que les inspecteurs onusiens puissent prélever des échantillons sur des installations de l'ancien site militaire de Lavizan et en leur garantissant un meilleur accès aux documents de l'usine d'enrichissement de Natanz.

 



Le Devoir, 21 novembre 2006:
Iran : Bush aurait ignoré la CIA


 

Moscou souhaite que la crise iranienne soit gérée par l'AIEA et non pas le Conseil de sécurité

MOSCOU (17/11/06) - C'est à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et non pas au Conseil de sécurité des Nations unies qu'il appartient de diriger les efforts pour résoudre la crise nucléaire iranienne, a estimé vendredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, cité par l'agence RIA-Novosti.
Réaffirmant la préférence de Moscou pour la négociation plutôt que les sanctions, Lavrov a déclaré au cours d'une conférence de presse en Inde que les changements proposés par la Russie dans le projet de résolution européen visaient à s'assurer que la voie de la négociation n'est pas abandonnée, selon les agences russes.


Sanctions contre l'Iran: les "six" constatent leurs désaccords

NEW YORK (8 novembre 2006) - Les six grandes puissances qui discutent du dossier iranien à l'ONU se sont séparées mardi sans trouver d'accord sur les moyens de sanctionner l'Iran pour son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium, ont indiqué plusieurs diplomates.

La centrale nucléaire iranienne de Bouchehr en Iran le 27 juin 2006.

Lors d'une nouvelle réunion informelle, à la mission française auprès de l'ONU, les ambassadeurs des cinq "Grands" du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne n'ont pu s'entendre sur un projet de résolution présenté par les Européens et auquel Moscou et Washington veulent apporter des amendements, respectivement pour l'édulcorer et pour le renforcer.
L'ambassadeur de Chine, Wang Guangya, a qualifié les discussions de "non concluantes", indiquant qu'il existait des divergences "inconciliables". "Nous ne sommes pas dans une discussion sérieuse. Je crois que nous avons besoin de plus de temps. Il doit y avoir davantage de réflexion dans les capitales", a-t-il ajouté.
Mais son homologue russe, Vitaly Tchourkine, tout en confirmant l'existence d'un désaccord, a estimé qu'il n'existait pas de "différences fondamentales" entre le texte européen et les amendements russes. "L'atmosphère était plutôt bonne (...) Il est possible d'avoir encore des discussions constructives sur le texte qui est sur la table", a-t-il dit.
Ce texte, discuté depuis deux semaines entre les "six", a été débattu mardi, ainsi que les amendements russes et américains, pour la première fois en séance plénière du Conseil. Le projet prévoit des sanctions économiques et commerciales contre l'Iran dans les domaines liés au nucléaire et aux missiles balistiques. Il prévoit également des sanctions individuelles -interdiction de voyager et gel des avoirs financiers à l'étranger- contre les Iraniens associés aux activités nucléaires. Mais il ne vise pas les activités liées à la construction de la centrale nucléaire civile iranienne de Bouchehr, à laquelle la Russie coopère, exemption indispensable pour obtenir l'accord éventuel de Moscou à la résolution.
Avant les consultations à quinze, l'ambassadeur américain, John Bolton, avait estimé les demandes d'amendements russes non conformes à la décision prise par les ministres des Affaires étrangères des "six", l'été dernier à Londres. "Nous ne pensons pas que le texte russe soit conforme à ce sur quoi les ministres des Affaires étrangères s'étaient mis d'accord", avait-il dit. Mais M. Tchourkine l'avait contredit peu après: "Notre approche, nos propositions sont totalement conformes à ce qui avait été entendu entre les ministres".
A Londres, les ministres s'étaient entendus pour donner une date limite à l'Iran pour suspendre ses activités d'enrichissement, sous peine de sanctions. La résolution 1696 du Conseil avait ensuite donné jusqu'au 31 août à l'Iran pour suspendre cet enrichissement, ce que Téhéran n'a pas fait.
Les Etats-Unis poussent à l'adoption rapide de sanctions mais les diplomates prévoient des négociations longues et difficiles, la Russie et la Chine rechignant à imposer des sanctions trop strictes à l'Iran, avec lequel elles entretiennent d'importants liens économiques et commerciaux. "Les discussions en sont encore à un stade très préliminaire. Il reste encore beaucoup de travail (...), aucun calendrier n'a été établi", a déclaré l'ambassadeur du Pérou, Jorge Voto-Bernales, qui préside le Conseil en novembre. Il a indiqué que les Européens avaient proposé de présenter au Conseil un texte plus précis lorsque des progrès substantiels auront été effectués entre les "six". "Les amendements russes rétrécissent le champ des sanctions tandis que les propositions américaines l'élargissent", a indiqué à l'AFP un diplomate occidental.
Les discussions à six devraient reprendre avant la fin de la semaine, selon plusieurs diplomates, mais aucune date n'a toutefois été fixée.

Hervé COUTURIER

 

Des inspecteurs de l'AIEA visitent des sites nucléaires en Iran

TEHERAN (5 novembre 2006) - Deux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont visité l'usine d'enrichissement d'uranium, où l'Iran vient d'installer sa seconde chaîne de centrifugeuses, a déclaré un responsable nucléaire iranien, cité dimanche par l'agence officielle Irna. Cette visite intervient alors que les grandes puissance examinent un projet de résolution préparé par les Européens visant à imposer des sanctions contre les programmes nucléaire et balistique de l'Iran, après son refus de suspendre son enrichissement d'uranium. "Les deux inspecteurs arrivés vendredi ont visité l'usine d'enrichissement Natanz et l'usine de conversion d'Ispahan", a déclaré ce responsable ayant requis l'anonymat. Ils ont également pu visiter la seconde cascade de 164 centrifugeuses installée le 28 octobre par l'Iran. Selon ce responsable, les deux inspecteurs doivent préparer le rapport que doit présenter le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, pour la prochaine réunion du conseil des gouverneurs de l'agence prévue fin novembre.

 

 

Manoeuvres militaires en Iran avec tirs de missiles balistiques Shahab-3

1 novembre 2006 - L'Iran organise à partir de jeudi d'importantes manoeuvres militaires avec pour la première fois des tirs de missiles balistiques Shahab-3, en pleine crise nucléaire avec la communauté internationale.
Ces manoeuvres, intitulées «Grand Prophète II», ont pour objectif de «montrer la puissance et la volonté du pays à se défendre face aux menaces», a déclaré le général Yahya Rahim Safavi, commandant des gardiens de la révolution. Elles se tiendront pendant dix jours dans 14 provinces d'Iran, dont celles bordant le Golfe et la mer d'Oman. «Nous allons lancer des missiles Shahab-2 et Shahab-3 avec une charge à fragmentation ayant une portée de plus de 1.000 km», a déclaré M. Rahim Safavi.
Le missile Shahab-3 a une portée de 2.000 kilomètres, selon l'Iran. Ce sera la première fois que cette arme, qui avait subi jusqu'ici seulement des tirs d'essai, sera utilisée dans des manoeuvres réelles.
Ces dernières interviennent alors que les États-Unis et cinq autres pays (Australie, France, Italie, Grande-Bretagne, Bahreïn) ont lancé lundi un exercice naval de lutte contre la prolifération nucléaire dans le Golfe, à proximité des eaux iraniennes. «Il s'agit de manoeuvres de propagande sans intérêt militaire», a déclaré M. Rahim Safavi, a propos des manoeuvres de lutte contre la prolifération organisées par les États-Unis et leurs alliés. Les manoeuvres des gardiens de la révolution sont également organisées alors que les grandes puissances, dont les États-Unis, la Russie et la Chine, ont commencé à discuter d'un projet de résolution présenté par les trois Européens (Allemagne, France, Royaume-Uni) qui prévoit un embargo sur tout matériel ou équipement pouvant contribuer aux programmes nucléaire et de missiles balistiques de l'Iran, ainsi que sur toute fourniture d'assistance ou de formation technique ou financière liée à ces programmes. Les Occidentaux se heurtent aux réticences de la Russie et de la Chine, qui entretiennent des relations économiques significatives avec l'Iran.
Le général Rahim Safavi a mis en garde contre toute tentative d'action militaire contre son pays. «Si les forces non régionales veulent mettre en danger la sécurité et les intérêts de l'Iran, les gardiens de la révolution et les bassidjis (milices islamistes) utiliseront toute leur capacité pour attaquer les ennemis», a-t-il dit. Selon M. Rahim Safavi, «différents types d'avions (...) des dizaines d'autres types de missiles, notamment des missiles Fateh et Zolfaghar avec une portée de 150 km, seront utilisés lors de ces manoeuvres». Il a aussi ajouté que les forces terrestres des gardiens de la révolution menèrent des «opérations héliportées dans la région de Hormozgan (où est situé le détroit d'Ormuz) et dans certaines îles du Golfe Persique».
Les forces iraniennes procèderont à cette occasion à des tirs de missiles terre-mer dans le Golfe et en mer d'Oman. «L'objectif des manoeuvres est de défendre le territoire, les passages stratégiques mais aussi de faire face à d'éventuels troubles», a ajouté M. Rahim Safavi. Le détroit d'Ormuz est la principale voie d'exportation du pétrole produit dans le Golfe. «Ces manoeuvres ne représentent pas une menace pour les pays voisins», a encore dit le général iranien, en assurant que «tous les pays voisins sont des amis et nos ennemis sont aussi les leurs». Les gardiens de la révolution avaient organisé en avril les manoeuvres «Grand Prophète», lors desquelles ils avaient testé de nouveaux missiles et des avions de combat.

Siavosh Ghazi



Ahmadinejad: l'Iran ne cédera pas sur le nucléaire et Israël ne survivra pas

TEHERAN (19 octobre 2006) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a répété jeudi que l'Iran ne cédera pas d'un pouce sur son programme nucléaire sensible, tout en affirmant qu'Israël était un régime "illégitime et frauduleux (...) qui ne pourra pas survivre". "Le monde doit savoir que le peuple iranien ne reculera pas d'un pouce sur ses droits" en matière nucléaire, a déclaré M. Ahmadinejad lors d'un discours prononcé à Islamshahr, ville ouvrière de la périphérie de Téhéran, diffusé en direct par la télévision d'Etat. "L'enrichissement d'uranium et la maîtrise du cycle du combustible nucléaire font partie des principales revendications du peuple iranien", a-t-il ajouté. "Si l'arme atomique est une mauvaise chose, pourquoi vous en fabriquez ? Si le cycle du combustible nucléaire est une bonne chose, il l'est pour tout le monde", a affirmé M. Ahmadinejad, en ajoutant que l'Iran était "partisan du dialogue et de la négociation".
Par ailleurs, il a lancé une nouvelle diatribe contre Israël en affirmant que "le régime sioniste est illégitime et frauduleux et ne pourra pas survivre". "Les grandes puissances ont créé ce régime frauduleux et lui ont permis de commettre tous les crimes pour préserver leurs intérêts", a-t-il ajouté à la veille d'une importante manifestation de soutien aux Palestiniens organisée à Téhéran.
En visite à Moscou, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a tenté mercredi de convaincre le président russe Vladimir Poutine d'agir pour stopper le programme nucléaire iranien, mais la Russie semble peu favorable à des sanctions économiques contre Téhéran. "Nous sommes à un moment critique et toute la communauté internationale doit serrer les rangs pour stopper l'Iran dans son intention de se doter d'armes nucléaires", a déclaré M. Olmert au cours de son entretien mercredi au Kremlin avec M. Poutine. L'Etat hébreu redoute que l'Iran, qui appelle à "rayer" Israël de la carte, n'accède, sous couvert d'un programme nucléaire civil, à des armes nucléaires.
L'Union européenne a constaté mardi l'échec des négociations nucléaires avec Téhéran après le refus iranien de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium, soulignant que cela ne lui laissait "pas d'autre choix" que de reprendre les discussions sur de possibles sanctions contre Téhéran au Conseil de sécurité de l'ONU.
L'Iran a averti mercredi les grandes puissances qu'une résolution de l'ONU le punissant pour son programme nucléaire "radicaliserait" la situation, aussi bien dans la région que dans les relations de Téhéran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). "Il est prouvé que la politique du bâton et de la carotte est un échec et toute nouvelle résolution repoussera la possibilité d'une entente", a déclaré Ali Larijani, principal négociateur du dossier nucléaire iranien, à l'agence Mehr. Téhéran a également menacé d'expulser les inspecteurs de l'AIEA les empêchant de surveiller le programme nucléaire iranien.
Les puissances occidentales espèrent faire circuler très prochainement au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution prévoyant des sanctions à l'égard de l'Iran pour son programme nucléaire, selon des sources diplomatiques. Selon ces sources, les trois pays européens (France, Grande-Bretagne et l'Allemagne) et les Etats-Unis examinent actuellement un projet de résolution et communiqueront le résultat de ces discussions à la Russie et à la Chine. Ensuite un texte sera soumis probablement la semaine prochaine au Conseil de sécurité.

Siavosh GHAZI

 

 

Le Figaro, 19 octobre 2006:

La France s'irrite des tergiversations de l'Iran

Dans la crise nucléaire, Paris estime n'avoir plus d'autre choix que la voie des sanctions de l'ONU.
 
LE 12 SEPTEMBRE, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dépêchait un émissaire, Hachémi Samareh, à Paris pour rencontrer Jacques Chirac. Quelques jours plus tard, le chef de l'État français amorçait une énième tentative pour résoudre la crise nucléaire iranienne, à la tribune des Nations unies, en proposant un double préalable à une reprise des négociations : une suspension du processus conduisant à des sanctions, contre une suspension de l'enrichissement de l'uranium par Téhéran.
 
Son offre s'est heurtée à un mur. L'Iran n'a pas, non plus, donné de suite positive à l'ensemble de mesures incitatives proposées, cet été, par les Six (France, Allemagne, Russie, Chine, Grande-Bretagne, États-Unis), en échange d'une suspension de ses activités nucléaires.
 
Coincée entre une Amérique qui suit une ligne dure avec Téhéran et une République islamique peu conciliante, la France tente de garder la porte du dialogue ouverte. Mais sa patience atteint ses limites. « Le refus des Iraniens (de suspendre l'enrichissement d'uranium) ne nous laisse aujourd'hui aucun autre choix que de suivre la voie du Conseil de sécurité », déclarait avant-hier à la presse le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy.
 
«Une tentative de division des Européens»
 
Lors d'une réunion des Vingt-Cinq à Luxembourg, la France et les autres pays de l'Union se sont déclarés prêts à soutenir des sanctions onusiennes contre l'Iran. « Nous avons trop traîné. Pour que les Iraniens réalisent que leur défiance a un prix, ils doivent être confrontés à des sanctions », souligne un diplomate européen.
 
Depuis le récent échec des pourparlers entre Javier Solana, le porte-parole de la diplomatie européenne, et Ali Laridjani, le principal négociateur iranien, les Six se sont ainsi mis d'accord sur le principe de sanctions progressives, dont la forme, qui continue à faire l'objet de différends entre les pays membres du Conseil de sécurité, doit être maintenant discutée à l'ONU.
 
Téhéran aura pourtant tenté une dernière pirouette en proposant, il y a deux semaines, que la France, au travers des sociétés Eurodif et Areva, supervise la production d'uranium enrichi sur le territoire iranien. « Une tentative de diviser les Européens », souffle un expert. Mais si les Iraniens ont tenté de jouer la carte française, c'est parce que « les Français leur ont offert une balle », analyse Mohammad Reza Djalili, professeur à l'Institut universitaire de hautes études internationales de Genève. Et de rappeler l'intervention de Douste-Blazy, relative au « rôle stabilisateur de l'Iran », en pleine crise libanaise l'été dernier.
 
Les officiels iraniens aiment rappeler « les intérêts économiques » de la France en Iran, via Total, Peugeot, Renault, pour ne citer que les plus grandes entreprises implantées en Iran. Ils laissent entendre qu'en l'absence des Américains - pour cause d'embargo décrété par Washington - les projets économiques français ont le champ libre et qu'ils sont les bienvenus.
 
Pour Frédéric Tellier, spécialiste de l'Iran à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), c'est certainement une des raisons de la prudence française, mais ce n'est pas la seule. « Quand Chirac reçoit Samareh, c'est pour tenter de trouver des alternatives à une option militaire et à des sanctions », dit-il. « Le président de la République a le sentiment que ce dossier risque de se résumer à une alternative coûteuse pour la France, c'est-à-dire des sanctions sans effet, tout en sacrifiant à la fois une série d'intérêts économiques mais aussi une crédibilité diplomatique reconstruite depuis les années de crise avec Téhéran », poursuit-il. Mais la marge de tolérance des Français commence à se réduire.

D. M.
 

L'Iran brandit la menace de représailles

TEHERAN (18 octobre 2006) - Ali Larijani, responsable iranien des négociations dans la crise nucléaire, a brandi la menace de représailles - notamment en suspendant les inspections de l'Agence internationale de l'Energie atomique - si les Nations unies imposent des sanctions à l'Iran.
Les propos de Larijani ont été rapportés par la télévision nationale au lendemain de l'appui apporté par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à des sanctions limitées à l'encontre de Téhéran, qui a poursuivi son programme d'enrichissement d'uranium en dépit de la suspension exigée par le Conseil de sécurité.
"L'Iran ne restera pas les bras croisés s'il subit des pression pour qu'il renonce à ses droits nucléaires. La voie du Conseil de sécurité, les sanctions (...) est une voie telle que la partie adverse doit s'attendre à un geste réciproque de l'Iran", a averti larijani.
"Le Parlement iranien a préparé un plan sur la base duquel les inspections de l'Agence internationale de l'Energie atomique pourraient être suspendues face au comportement hasardeux de l'Occident", a-t-il poursuivi.
Larijani n'est pas allé jusqu'à affirmer catégoriquement que les inspections de l'AIEA seraient suspendues si des sanctions étaient imposées
Le député Hamidreza Haji Babaie s'est montré plus explicite en assurant qu'en cas de sanctions, "le Parlement contraindrait le gouvernement à réduire au minimum la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique", en commençant par interdire ses inspections.
Les pays européens seront perdants s'ils emboîtent le pas des Etats-Unis sur la voie des sanctions, avait peu auparavant averti Ali Larijani, cité par l'agence de presse Mehr.
"Si le Conseil de sécurité adopte une nouvelle résolution, nous ne serons sans aucun doute plus favorables à la poursuite des discussions", a-t-il ajouté.

 

Nucléaire iranien: les 25 prêts à suspendre les négociations

BRUXELLES (13 octobre 2006) - Les ministres européens des Affaires étrangères devraient confirmer mardi la suspension des négociations avec l'Iran sur le nucléaire faute de résultat, et le retour au Conseil de sécurité de l'ONU de ce dossier, ont indiqué vendredi plusieurs diplomates européens.
Les ministres vont déclarer mardi que "les négociations avec l'Iran (sur le nucléaire) sont terminées en raison du manque de résultat", a indiqué l'un de ces diplomates, en soulignant qu'une déclaration en ce sens figurait dans les conclusions que devraient adopter les ministres mardi à Luxembourg. Toutefois, selon plusieurs autres diplomates et le projet de conclusions, la déclaration que devraient faire les 25 est plus nuancée et laisse la porte ouverte à une reprise des négociations. L'Union européenne estime que "la poursuite des activités d'enrichissement par l'Iran ne laisse pas d'autre choix à l'Union européenne que de soutenir les consultations sur des mesures" punitives au Conseil de sécurité de l'ONU, indique ce projet de conclusions. L'UE "note cependant que la porte des négociations reste ouverte", "réaffirme son engagement à arriver à une solution négociée", et "presse l'Iran de suivre la voie positive qui lui est offerte", ajoute-t-il. Le Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure Javier Solana, qui menait depuis juin les négociations avec l'Iran au nom des grandes puissances, doit faire le point avec les 25 sur le dossier nucléaire lors de la réunion de Luxembourg.Les grandes puissances ont demandé en vain à Téhéran -- en faisant miroiter une importante aide économique et politique en cas d'accord-- de suspendre toute activité d'enrichissement d'uranium. Elles soupçonnent l'Iran de vouloir se servir de cet enrichissement pour se doter de l'arme atomique. M. Solana avait dressé un constat d'échec sur ses négociations la semaine dernière, relançant les discussions sur d'éventuelles actions contre Téhéran au conseil de sécurité des Nations unies. Il avait également indiqué qu'il ne prévoyait plus de rencontre avec le négociateur iranien sur le nucléaire Ali Larijani.

 

 

4 octobre, Ouest France:

Les faux-semblants de l'Iran

En sortant de son chapeau l'idée d'un consortium franco-iranien d'enrichissement de l'uranium installé sur son territoire, le régime des mollahs joue les illusionnistes. Deux sociétés françaises, Areva et Eurodif, en garantiraient le caractère non militaire. Spécialistes mondialement connues des applications nucléaires de pointe, les intéressées tombent des nues. Elles n'ont pas été consultées.
Surprise, la France renvoie la balle dans le camp de Javier Solana. Responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, ce dernier mène les pourparlers avec l'Iran au nom des « grandes puissances » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France - plus l'Allemagne).
Car la manoeuvre est claire. Téhéran tente d'enfoncer un coin pour rompre l'unité des Six. Entre, d'un côté, les Américains, qui poussent aux sanctions, de l'autre les Russes et les Chinois, qui n'y sont pas favorables, la France occupe une position médiane. Il n'a pas échappé aux Iraniens que Jacques Chirac, depuis la mi-août, fait pression sur ses partenaires pour que la voie du dialogue reste ouverte bien que Téhéran n'ait pas répondu aux exigences qui lui étaient fixées.
Sur la même ligne que Paris, Javier Solana juge, par précaution diplomatique, la proposition iranienne « intéressante ». Sans doute en a-t-il été question entre lui et le négociateur iranien, Ali Larijani, avec lequel il s'est entretenu, jeudi, par téléphone. Conversation « constructive » sur les détails, mais décevante sur l'essentiel : l'Iran refuse tout net de suspendre ses opérations d'enrichissement de l'uranium pendant la période des négociations.
C'était la seule exigence des Six. L'impression prévaut désormais que l'ouverture dont Téhéran semblait faire preuve, il y a trois semaines, n'est plus à l'ordre du jour. De toute évidence, Ali Larijani est bridé par les idéologues proches du président Mahmoud Ahmadinejad. Certes, il est encore possible que les Iraniens finissent par composer. Mais tout indique qu'ils n'en feront rien, par fierté nationale et défi à l'Occident.
Dès lors, la menace de sanctions contre l'Iran revient sur le tapis. Les ministres des grandes puissances vont en discuter, sans doute avant la fin de la semaine. Le catalogue des mesures possibles est prêt. Il faudra choisir les plus appropriées, en commençant, cela va de soi, par un embargo sur les fournitures destinées aux industries nucléaire et balistique.
On peut douter, pourtant, que les Six soient, avant longtemps, capables de faire mieux qu'un froncement de sourcils symbolique. Leur unité tenait tant que la négociation restait une voie plausible. Leurs intérêts divergents risquent de les séparer si l'on en vient aux sanctions. Les Russes construisent la seule centrale iranienne. Les Chinois sont de plus en plus dépendants du gaz et du pétrole dont l'ancienne Perse regorge. Ils devraient s'opposer à des sanctions trop pénalisantes.
En priant Washington de ne pas se mêler du conflit entre la Russie et la Géorgie, Moscou montre les dents. Les Russes font savoir que, si on ne les laisse pas faire le ménage dans leur arrière-cour caucasienne, ils pourraient bloquer un peu plus le dossier iranien. On finirait par oublier que, pendant ce temps, la République islamique, derrière ses faux-semblants, avance, chaque jour, un peu plus sur le chemin de la « bombe ».

Joseph LIMAGNE

 

 

L'Iran ne bougera pas "d'un iota" sur son droit au nucléaire, selon le président Mahmoud Ahmadinejad

TEHERAN (28/9/06) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mercredi que la position de l'Iran ne bougerait pas "d'un iota" sur son droit à poursuivre un programme nucléaire pacifique.
Mahmoud Ahmadinejad a répété qu'il ne céderait à aucun compromis alors que les discussions entre le chef des négociateurs sur le nucléaire iranien Ali Larijani et le haut-représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère Javier Solana, qui se tiennent depuis mercredi à Berlin, ont été décrite comme "très intense" par un dirigeant européen.
"Dans les négociations, ils nous ont dit de suspendre l'enrichissement (d"uranium), même pour une journée sous le prétexte d'un problème technique, afin qu'ils puissent poursuivre les discussions", a rapporté la télévision nationale iranienne citant des propos tenus mercredi par le président iranien.
"Notre réponse, c'est que personne n'a le droit d'ignorer les droits de la nation iranienne", aurait-il commenté.
Mahmoud Ahmadinejad a ajouté que les Etats-Unis et leurs alliés européens voulaient forcer l'Iran à suspendre l'enrichissement d'uranium mais n'y parviendraient pas.
"Ils veulent créer une propagande sur ce sujet et dire au monde qu'ils ont forcé l'Iran à suspendre (l'enrichissement), mais ils se trompent. La nation iranienne ne reculera pas d'un iota sur ses droits", a déclaré le président iranien, selon les propos rapporté par la télévision nationale.
Les entretiens entre Javier Solana et Ali Larijani, qui doivent se poursuivre jeudi, sont les dernières discussions en date sur l'offre des Six, qui a proposé à l'Iran une série de mesures incitatives en échange d'un gel de ses activités d'enrichissement de l'uranium pour une reprise des négociations sur son programme nucléaire.
Le Conseil de sécurité des Nations unies avait donné à Téhéran jusqu'au 31 août pour geler l'enrichissement d'uranium, ce que l'Iran, sous la menace d'éventuelles sanctions, n'a pas fait.

 

 

Accord russo-iranien pour un lancement de la centrale nucléaire de Bouchehr en septembre 2007

MOSCOU (26 septembre 2006) - La Russie et l'Iran ont signé un accord mardi à Moscou pour une mise en exploitation de la centrale nucléaire de Bouchehr (Sud de l'Iran) en septembre 2007, a annoncé le porte-parole de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique (Rosatom) à l'AFP.
"La société russe Atomstroïexport et l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) ont signé un accord additionnel au contrat sur la construction de la centrale de Bouchehr qui prévoit le lancement de la centrale en septembre 2007", a indiqué le porte-parole de Rosatom, Sergueï Novikov.

La centrale nucléaire de Bouchehr, le 27 juin 2006.

Selon cet accord, "la centrale commencera à produire de l'énergie en novembre 2007 et le combustible nucléaire pour l'approvisionner y sera livré au plus tard six mois avant le lancement de la centrale, c'est-à-dire en mars 2007", a précisé M. Novikov.
L'accord a été signé à l'issue d'entretiens lundi et mardi à Moscou entre le chef de Rosatom Sergueï Kirienko et le vice-président iranien Gholamreza Aghazadeh, qui dirige l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a précisé M. Novikov.
M. Aghazadeh s'est aussi entretenu mardi au Kremlin avec le secrétaire du Conseil de Sécurité russe Igor Ivanov sur le problème nucléaire iranien, a encore indiqué le porte-parole.
"Il faut élaborer des accords respectant entièrement le droit de l'Iran à l'énergie nucléaire civile et levant en même temps les inquiétudes de la communauté internationale en ce qui concerne le respect de la non-prolifération", a déclaré M. Ivanov, cité par l'agence Interfax, lors de cet entretien.
Avant de se rallier au calendrier russe sur une entrée en exploitation à l'automne 2007, M. Aghazadeh avait d'abord pressé lundi la Russie d'achever plus vite la construction de la centrale, affirmant que cela était possible "dans une période de six mois".
Le représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana, doit rencontrer cette semaine le responsable iranien des négociations pour le dossier nucléaire, Ali Larijani, afin de relancer les négociations sur le programme nucléaire iranien.

 


Le Figaro, 26 septembre 2006:
Israël aurait pris langue avec l'Arabie saoudite

 

 

L'Iran presse les Russes d'achever la centrale nucléaire de Bouchehr

MOSCOU (25 septembre 2006) - Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique Gholamreza Aghazadeh, en visite lundi à Moscou, a pressé la Russie d'achever rapidement le projet de centrale nucléaire de Bouchehr, menaçant de le reprendre en mains, sans la participation des Russes.
M. Aghazadeh a rencontré son homologue Sergueï Kirienko pour discuter de la date de démarrage de la centrale, un projet de près d'un milliard de dollars critiqué par Washington, et de l'envoi du combustible nucléaire pour l'approvisionner. Mais à l'issue d'entretiens de plus de deux heures, les deux responsables ont quitté le bâtiment de l'Agence fédérale russe de l'Energie atomique (Rosatom) sans faire de déclaration. "Les négociations ne sont pas finies. MM. Aghazadeh et Kirienko vont continuer leurs discussions lors d'un dîner ce soir. Et leurs entretiens reprendront demain", a indiqué le porte-parole de Rosatom, Sergueï Novikov, à l'issue de la rencontre. Un adjoint de M. Aghazadeh, Mohammad Saïdi, avait auparavant annoncé que la partie iranienne comptait discuter pendant cette visite "des moyens de supprimer les obstacles existant à l'achèvement rapide de la centrale atomique". "Bien que la Russie, à l'époque d'(Alexandre) Roumiantsev (ex-directeur de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique Rosatom en 2001-05 ndlr), ait donné à l'Iran un engagement écrit sur la date de l'envoi du combustible, il ne s'est pas concrétisé", a regretté M. Saïdi. M. Aghazadeh, cité par l'agence russe Ria Novosti se référant à une discussion avec des médias iraniens avant son arrivée à Moscou, s'est dit "convaincu que six mois sont suffisants pour mettre en exploitation la centrale alors que les Russes estiment qu'il faut encore un an". "Les Iraniens peuvent achever eux-mêmes la construction de la centrale de Bouchehr si les Russes n'en sont pas capables", a ajouté le responsable iranien, cité par Ria Novosti. Rosatom estimait la semaine dernière que la centrale devait être achevée "en septembre 2007" et commencer à produire de l'énergie "en novembre 2007". "La Russie peut livrer du combustible nucléaire à l'Iran en mars prochain, six mois avant la date du lancement de la centrale en septembre", avait alors indiqué le porte-parole de Rosatom, Sergueï Novikov. La Russie a conclu avec l'Iran en 1995 un accord pour livrer la centrale nucléaire de Bouchehr (sud), mais ce projet a pris du retard, notamment sous la pression des autorités américaines. "La centrale est aujourd'hui de facto achevée, mais il faut encore apaiser les tensions dans le monde concernant le programme nucléaire iranien", a expliqué un responsable russe, sous couvert de l'anonymat. Les Américains ne désarment pas dans leurs critiques. En avril, le sous-secrétaire d'Etat américain Nicholas Burns a encore appelé la Russie et tous les autres pays à cesser toute coopération avec l'Iran, "même en ce qui concerne les projets nucléaires civils tels que la centrale de Bouchehr". Mais la Russie a toujours rejeté les demandes américaines d'abandonner ce chantier, assurant que ce projet ne menaçait pas le régime de non-prolifération des armes nucléaires et qu'il était réalisé sous contrôle de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique). La Russie a notamment conclu avec l'Iran, sous la pression de Washington, un accord afin que le combustible nucléaire d'origine russe pour Bouchehr soit retourné en territoire russe une fois usagé, afin d'éviter des risques de détournement à des fins militaires. Le projet de la centrale de Bouchehr a été lancé dans les années 70 par une filiale de l'allemand Siemens. Celle-ci s'est retirée au moment de la révolution islamique de 1979. Moscou a pris le relais en signant un contrat avec Téhéran en 1995 pour terminer la construction de la centrale.

Victoria LOGUINOVA


 

25 septembre 2006:
"Les pays arabes ont échoué vendredi dernier à faire adopter par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) une résolution mettant en cause le programme nucléaire d'Israël"

 

 

Le NonvelObs, 21/9/06:
Le nucléaire israélien mis en cause à l'AEIA ?

 

 

ElBaradei veut l'ouverture de négociations, l'Iran reste ferme

VIENNE (18 septembre 2006) - Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohammed ElBaradei a recommandé lundi à Vienne des négociations entre l'Iran et l'Union européenne (UE) sur le nucléaire, parallèlement à des propositions françaises en ce sens. L'Iran a pour sa part laissé la porte ouverte à un dialogue tout en menaçant de remettre en cause sa coopération avec les inspecteurs internationaux en cas de sanctions du Conseil de sécurité de l'Onu à son encontre. "J'espère toujours que par l'ouverture du dialogue entre l'Iran et ses partenaires européens on créera les conditions pour engager une négociation qui n'a que trop tardé", a déclaré M. ElBaradei aux délégués de 140 Etats membres à l'ouverture de la 50e assemblée générale annuelle de l'AIEA, l'agence de sûreté nucléaire des Nations unies.

Washington accuse l'Iran de tenter de développer l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil et réclame des sanctions onusiennes car l'Iran n'a pas gelé ses activités d'enrichissement d'uranium au 31 août, comme l'exigeait le Conseil de sécurité. L'uranium enrichi peut servir à la fabrication d'armes nucléaires et la poursuite de l'enrichissement par Téhéran a été constatée fin août par les inspecteurs de l'AIEA.

La négociation "vise à obtenir un règlement complet, qui d'une part répondra aux inquiétudes de la communauté internationale quant à la nature pacifique du programme nucléaire iranien, et d'autre part répondra aux inquiétudes de l'Iran en matière économique, politique et de sécurité", a estimé M. ElBaradei.

Le président français Jacques Chirac a lui aussi prôné lundi matin la poursuite du dialogue avec Téhéran. Avant son départ pour l'Assemblée générale de l'Onu à New York, M. Chirac a proposé que les cinq membres du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne "renoncent à saisir le Conseil de sécurité" et que "l'Iran renonce à l'enrichissement de l'uranium" pour permettre la négociation. C'est la première fois qu'un dirigeant européen signifie clairement que la suspension de l'enrichissement de l'uranium n'est plus un "préalable" à l'ouverture de négociations entre les Six et Téhéran. Le chef de la délégation de Chine à Vienne, Sun Qin, a de son côté renouvelé "le voeu de la communauté internationale d'un règlement pacifique par la diplomatie". Mais un diplomate de l'UE a regretté les déclarations du président français, qui "affaiblissent notre position". "Elles tuent le processus de négociation de l'UE3", les trois pays européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne), qui avaient fait une offre conditionnelle à l'Iran sur son programme dès l'automne 2004, a-t-il dit sous couvert de l'anonymat.

Pour l'Iran en tout cas, "il ne doit y avoir aucun doute que toute action hostile du Conseil de sécurité entraînera une réduction de la coopération avec l'Agence (AIEA)", a affirmé lundi à Vienne son vice-président Gholamreza Aghazadeh, également chef du programme nucléaire iranien. Il a toutefois ouvert la porte à des négociations, car "l'Iran croit qu'un accord est possible par la négociation". La question sera au centre de multiples entretiens cette semaine à New York, en marge de l'Assemblée générale. Le Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure, Javier Solana, pourrait notamment reprendre des discussions directes avec le principal négociateur iranien Ali Larijani, interrompues depuis une semaine. Les deux hommes avaient fait état de "progrès" et de "discussions constructives", il y a huit jours à Vienne. M. Larijani avait alors évoqué une possible suspension de deux mois, sous conditions, de l'enrichissement.

L'assemblée générale de l'AIEA doit entre autres aborder cette semaine un projet de "banque du combustible nucléaire" civil, avec soutien russo-américain, pour éviter que de nombreux pays n'enrichissent eux-mêmes l'uranium. Le secrétaire américain à l'Energie, Samuel Bodman, a estimé sur ce point lundi: "Nous sommes tous d'accord qu'un cadre international pour une fourniture garantie de combustibles s'impose afin de répondre aux besoins énergétiques de la planète et d'avancer nos objectifs de non-prolifération".

Daniel ARONSSOHN

 

 

EN CAS DE SANCTIONS
L'Iran menace de «réduire» sa coopération avec l'AIEA

Vienne, 18 septembre 2006 - L'Iran a de nouveau menacé lundi de «réduire» sa coopération avec l'AIEA en cas de sanctions du Conseil de sécurité de l'Onu sur son programme nucléaire, tout en ouvrant la porte à des négociations, lors d'une conférence à Vienne. «Il ne doit y avoir aucun doute que toute action hostile du Conseil de sécurité de l'Onu entraînera une réduction de la coopération avec l'Agence (internationale de l'énergie atomique - AIEA)», a déclaré le vice-président iranien Gholamreza Aghazadeh, qui est aussi le chef du programme nucléaire iranien. Il a exprimé ainsi des menaces déjà formulées par Téhéran, devant les représentants des 140 pays membres de l'AIEA au premier jour de l'assemblée générale annuelle de l'agence onusienne de sûreté nucléaire. «Une telle approche unilatérale, menée de façon agressive par un ou deux États est vouée à causer des pertes et des dommages à tout le monde», a-t-il ajouté, alors que Washington se fait de plus en plus pressant pour réclamer des sanctions contre l'Iran soupçonné de développer l'arme nucléaire sous couvert d'un programme énergétique. M. Aghazadeh a toutefois ouvert la porte à des négociations. «L'Iran croit qu'un accord est possible par la négociation», a-t-il déclaré. Le chef de l'AIEA Mohammed ElBaradei avait déclaré à l'ouverture de l'assemblée générale à Vienne qu'il espérait toujours la reprise de négociations entre Iran et l'Union européenne pour résoudre le différend sur les activités nucléaires iraniennes. Le président français Jacques Chirac a également prôné lundi matin la poursuite du dialogue avec l'Iran. Avant son départ pour l'Assemblée générale de l'Onu à New York, il a proposé sur la radio française Europe 1 que les Six (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, plus l'Allemagne) «renoncent à saisir le Conseil de sécurité» et que «l'Iran renonce à l'enrichissement de l'uranium» pour permettre la négociation. L'uranium enrichi peut servir de carburant pour la production d'énergie mais peut aussi être utilisé pour la fabrication de bombes nucléaires. L'Iran n'a pas gelé ses activités d'enrichissement d'uranium au 31 août, comme l'exigeait le Conseil de sécurité de l'Onu. La poursuite des activités d'enrichissement a été constatée par l'AIEA.

 


Le Soir (Be), 3 septembre 2006:

Une loi contre les inspections de l'AIEA

Le parlement iranien va commencer à examiner une proposition de loi pour suspendre les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Parallèlement, l'Iran refuse toute suspension de son enrichissement d'uranium avant des négociations sur son programme nucléaire.
Le parlement iranien va commencer à examiner une proposition de loi pour "suspendre" les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a déclaré dimanche un responsable parlementaire.
La proposition de loi pour suspendre l'entrée des inspecteurs de l'AIEA en Iran a été déposée au parlement, a déclaré ce responsable, ayant requis l'anonymat. L'Iran a averti samedi les grandes puissances qu'il réviserait sa politique de coopération avec l'AIEA, chargée d'inspecter ses installations nucléaires, si le conseil de sécurité de l'ONU décidait de sanctions à son encontre.
La commission des Affaires étrangères et de la sécurité nationale du parlement va commencer l'examen de cette proposition de loi, a ajouté le responsable.
Allaeddine Boroujerdi, le président de la Commission des Affaires étrangères a expliqué que cette dernière a préparé une proposition de loi qui prévoit que si malgré toutes les souplesses et la coopération de l'Iran avec l'AIEA et les pays 5+1, le Conseil de sécurité décide de priver l'Iran de ses droits légaux, le gouvernement suspende toutes les inspections actuellement en cours.
Selon la télévision iranienne, une cinquantaine de députés ont signé cette proposition de loi. Le représentant de l'Iran auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, avait estimé samedi que si le conseil de sécurité décide de sanctions ou de mesures punitives, il ne fait pas de doute que la République islamique d'Iran révisera sa politique de coopération avec l'AIEA.
L'Iran risque des sanctions de l'ONU après avoir refusé de suspendre son enrichissement d'uranium, comme l'exigeait une résolution du Conseil de sécurité arrivée à échéance le 31 août.

Pas de suspension sans négociations
Parallèlement, l'Iran refuse toute suspension de son enrichissement d'uranium avant des négociations sur son programme nucléaire, a déclaré dimanche le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, à l'issue d'un entretien avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Le président m'a assuré que l'Iran était prêt à négocier et à trouver une solution à la crise (...), (mais) il n'accepte pas la suspension avant des négociations, a dit M. Annan lors d'un point de presse.
L'Iran a refusé de suspendre son enrichissement d'uranium comme l'exigeait une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, et risque de ce fait des sanctions.

 



Des demandes sans base légale, estime l'Iran

3/9/06 - Téhéran juge que le Conseil de sécurité n'a pas le droit de demander à l'Iran d'arrêter ses activités d'enrichissement d'uranium. La résolution 1696 adoptée à cet effet n'a pas « de base légale », croit Ali Asghar Soltanieh, représentant de l'Iran à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Dans une entrevue accordée au réseau américain CNN, il a estimé que les statuts de l'AIEA ou du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) ne permettaient en aucune façon de demander à une nation d'arrêter ses activités nucléaires.
Le bras de fer diplomatique se poursuit donc. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, qui recevait dimanche le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a encore une fois répété qu'il était hors de question que son pays ne se plie aux exigences internationales avant que des négociations en bonne et due forme aient lieu.
Par contre, M. Annan a mentionné que le président iranien lui avait confirmé son intention de trouver une solution négociée à la crise.
En visite aux Etats-Unis, l'ancien président réformateur de l'Iran, Mohammed Khatami, a commenté de façon laconique la situation. Même s'il souhaite que le dialogue se poursuive, il estime que l'Amérique, qui veut imposer des sanctions économiques à l'Iran, « a accès à des outils internationaux qui lui permettent de soumettre les autres pays » à son autorité.

 

 

NouvelObs, 1/9/06:
L'Iran "ne cèdera pas d'un iota"


 

Libération, 31/8/06:
L'Iran n'a pas respecté l'ultimatum de l'Onu


Nucléaire: les principaux points du rapport de l'AIEA

VIENNE (31/8/06) - L'Agence internationale de l'énergie atomique a constaté jeudi dans son rapport que l'Iran, ne cédant pas aux exigences de la communauté internationale, n'a montré aucun signe de gel de son programme d'enrichissement de l'uranium.
Selon ce document de six pages, "l'Iran n'a pas suspendu ses activités d'enrichissement" et trois années d'inspections n'ont pas pu confirmer "la nature pacifique du programme nucléaire iranien, en raison du manque de coopération de Téhéran".
D'après ce document, les inspecteurs de l'AIEA ont découvert des traces d'uranium hautement enrichi dans un site impliqué dans des travaux à possible usage militaire. Le rapport ne précise pas toutefois si cet uranium pouvait servir à la fabrication d'armes.
Il fait par ailleurs état de documents suspects, susceptibles d'indiquer comment donner à des matériaux fissiles la forme d'une charge militaire. Les autorités iraniennes n'ont pas autorisé les inspecteurs de l'AIEA à procéder aux vérifications nécessaires.
Les inspecteurs, d'autre part, n'ont pas pu procéder aux investigations souhaitées dans le complexe de Natanz (centre), où Téhéran avait informé l'AIEA de son intention d'installer 3.000 centrifugeuses dans des salles souterraines d'ici la fin 2006, pour atteindre à terme 54.000 centrifugeuses. Les autorités iraniennes, enfin, ont tardé à délivrer les visas d'entrée nécessaires aux inspecteurs, et notamment à Olli Heinonen, directeur général adjoint de l'AIEA chargé du dossier iranien.

 


NouvelObs, 6/8/06:
Nucléaire : l'Iran conteste l'ONU
"
Téhéran a indiqué qu'elle poursuivra son programme nucléaire malgré la résolution de l'ONU."


Ahmadinejad réitère le droit de l'Iran au nucléaire

2/08/2006 - Répondant à une résolution de l'Onu appelant à la suspension des activités nucléaires de Téhéran, le président iranien a répété mardi que son pays était en droit de produire du combustible nucléaire.
«Le peuple iranien considère comme son droit de tirer parti de la technologie pour produire du combustible nucléaire à des fins pacifiques», a dit Mahmoud Ahmadinejad lors d'une réunion publique à Bojnurd, dans le nord-est de l'Iran.
La Conseil de sécurité de l'Onu a voté lundi une résolution exigeant que l'Iran suspende avant le 31 août ses activités d'enrichissement et de retraitement de l'uranium.
Passé le délai d'un mois, le Conseil étudiera «les mesures appropriées» prévues par l'article 41 du chapitre VII de la charte de l'Onu, des sanctions économiques.
«Ceux qui pensent pouvoir manier le discours de la menace et de la force contre l'Iran se trompent», a affirmé Ahmadinejad dans son discours, retransmis en direct à la télévision d'Etat.
Les diplomates et les experts font toutefois valoir que l'économie iranienne serait profondément déstabilisée en cas de sanctions.

 

 

L'Iran juge "sans valeur" la résolution de l'ONU sur son nucléaire

TEHERAN (1 aout 2006) - Des responsables iraniens ont jugé "sans valeur", "inacceptable" et "injustifiée" la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée lundi donnant un mois à Téhéran pour suspendre son enrichissement d'uranium, au risque d'éventuelles sanctions s'il n'obtempérait pas. "De telles résolutions n'ont aucune valeur aux yeux des peuples du monde", a déclaré mardi le président du Parlement iranien Gholam-Ali Hadad-Adel, cité par l'agence Isna.


 

Le mardi 18 juillet 2006:

L'Iran pourrait suspendre son adhésion au TNP

L'Iran pourrait adopter une loi suspendant son adhésion au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) si le Conseil de sécurité de l'ONU exerçait des pressions sur Téhéran pour geler ses activités nucléaires, a averti mardi un haut responsable parlementaire. «Si le Conseil de sécurité veut adopter une résolution imposant un arrêt de l'enrichissement d'uranium, le parlement soulèvera, sans nul doute, la question de la suspension de l'adhésion de l'Iran au TNP», a déclaré Allaeddine Boroudjerdi, cité par l'agence Isna. «Nous espérons que le Conseil de sécurité ne prendra pas de décisions irraisonnées susceptibles de changer l'attitude de l'Iran», a déclaré M. Boroudjerdi, président de la commission de la sécurité nationale et des affaires étrangères.
Il a souligné que, jusqu'à présent, l'Iran a «respecté le TNP et le règlement de l'Agence internationale de l'énergie atomique» (AIEA). Les États-Unis ont annoncé la semaine dernière qu'une résolution du Conseil de sécurité serait présentée dès le début de cette semaine, après la décision des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne de renvoyer le dossier du nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité. L'Iran a repris en janvier ses activités d'enrichissement d'uranium, destinées, selon les Iraniens, à produire du combustible pour les centrales nucléaires civiles mais qui peut également être utilisé pour la fabrication de l'arme atomique.


 

Télévision Suisse Romande, 15/7/06:
L'Iran ne suspendra pas son enrichissement

 

 

Libération, 5 juillet 2006:
L'Iran annule une rencontre sur le nucléaire avec l'UE

 

 

 

Téhéran rejette la demande du G8 d'une réponse le 5 juillet

MOSCOU/TEHERAN (29 juin 2006) - Les ministres des Affaires étrangères du G8, réunis à Moscou, ont demandé à l'Iran de répondre le 5 juillet aux propositions qui lui ont été faites concernant son programme nucléaire, ce que Téhéran a immédiatement refusé, réclamant plus de temps.
Les chefs de la diplomatie des pays du G8 ont exprimé leur déception devant l'absence de réponse de Téhéran aux propositions qui lui ont été faites le 6 juin par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie - plus l'Allemagne.
Ils n'ont toutefois pas précisé à quelles conséquences l'Iran s'exposait en cas de non respect du délai du 5 juillet.
A cette date, le porte-parole de la diplomatie de l'Union européenne, Javier Solana, doit rencontrer le principal négociateur iranien sur le dossier nucléaire, Ali Larijani, pour lui donner des précisions sur les mesures incitatives destinées à convaincre Téhéran de renoncer aux aspects sensibles de sa recherche nucléaire, soupçonnée par les Occidentaux de préparer la fabrication d'une bombe atomique.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré la semaine dernière que son pays répondrait avant le 22 août, ce qui a suscité l'exaspération à Londres et à Washington.
Les Etats-Unis et l'Union européenne avaient demandé à Téhéran de donner sa réponse avant la tenue du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, du 15 au 17 juillet. "Nous avons besoin de plus de temps pour discuter de l'offre" a déclaré un diplomate iranien à Reuters.
Les ministres des Affaires étrangères du G8 n'ont pas précisé quelles seraient les conséquences pour l'Iran d'un refus de donner une réponse mercredi prochain voire d'un refus des propositions qui lui sont faites.
Le groupe des Six à l'origine des propositions examinera les éventuels avancées le 12 juillet, juste avant le sommet du G8, a déclaré à des journalistes un haut-fonctionnaire du Département d'Etat américain, accompagnant la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.
Les Six pourront ainsi "prendre une décision simple sur l'orientation de tout cela", a-t-il dit, ajoutant que la réunion du 12 constitue "un signal pour les Iraniens qu'ils doivent faire un choix". En dépit de l'unité affichée par le G8 à Moscou, confortée par un appel de Pékin à une réponse rapide de Téhéran, un refus iranien risquerait de semer la division.
La Chine et la Russie sont opposées à des sanctions des Nations unies à l'encontre de l'Iran. "Nous sommes déçus de l'absence d'une réponse officielle à la proposition positive. Nous espérons entendre une réponse iranienne claire et substantielle à ces propositions lors de la réunion prévue avec Javier Solana... le 5 juillet afin de mettre rapidement un terme à ces discussions" ont déclaré les ministres des Affaires étrangères du G8 dans un communiqué commun, à l'issue de leur réunion à Moscou.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Jiang Yu a lui aussi appelé l'Iran, jeudi, à répondre "aussi rapidement que possible" à l'offre qui lui a été faite.
Les négociations sur les mesures incitatives sont conditionnées au gel par l'Iran de ses opérations d'enrichissement d'uranium et aux réponses apportées par Téhéran à une série de questions sur son programme nucléaire. L'Iran a refusé de suspendre ses opérations d'enrichissement.

Saul Hudson et Oleg Shchedrov


 

L'Iran veut gagner du temps en repoussant sa décision

TEHERAN (22 juin 2006) - L'Iran cherche à gagner du temps, en annonçant qu'il répondra seulement en août à l'offre des grandes puissances visant à la suspension de son enrichissement d'uranium, ont estimé jeudi des analystes et sources diplomatiques. Les Etats-Unis estiment qu'une réponse iranienne à l'offre de six grandes puissances d'ici à fin juin "aiderait" à régler la crise nucléaire, a déclaré jeudi à Budapest le conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley. L'objectif semble être d'abord d'écarter l'échéance du sommet des chefs d'Etat du G8, prévu à la mi-juillet, qui va se concentrer inévitablement sur le dossier nucléaire iranien. Mais ce délai reflète aussi pour certains la "difficulté structurelle du régime à prendre une décision stratégique", selon un diplomatique occidental, s'exprimant sous couvert de l'anonymat.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a créé la surprise mercredi en annonçant que l'Iran n'apporterait pas de réponse à l'offre des grandes puissances (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) avant la fin du mois iranien de Mordad, qui s'achève le 22 août.
Les intéressés ont réagi promptement, par la voix du président américain George W. Bush, qui a jugé mercredi que "cela semble affreusement long pour une réponse raisonnable". Il a rappelé que les Iraniens avaient des "semaines, et non pas des mois" pour se décider.
L'offre comporte des mesures incitatives, dont la négociation est liée à la condition préalable d'une suspension par Téhéran de son enrichissement d'uranium. Elle a été présentée à l'Iran le 6 juin, et selon des sources diplomatiques à Vienne, il lui a été clairement expliqué qu'une réponse était attendue pour le 29 juin, quand se réunissent à Moscou les chefs de la diplomatie préparant le sommet du G8, prévu du 15 au 17 juillet.
Les Iraniens ont assuré qu'aucune échéance ne leur avait été fixée pour répondre. Mais selon le diplomate occidental, "ils ont bien compris que nous attendons une réponse dans un espace de quelques semaines et pas quelques mois".
"L'Iran cherche à dépasser l'échéance du sommet du G8", a expliqué Sadegh Kharazi, ex-ambassadeur d'Iran en France et proche de l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani. Car les grands pays industrialisés pourraient y décider de durcir le ton contre Téhéran, en envisageant éventuellement des sanctions, s'ils ont le sentiment que la République islamique est déterminée à ne pas céder sur son enrichissement.
De fait, selon M. Kharazi, "le pouvoir cherche une formule avec laquelle l'Iran peut avoir des activités d'enrichissement limitées et fournir en même temps des garanties objectives" de non détournement de ce procédé à des fins militaires. Le politologue iranien Saïd Leylaz fournit la même analyse en estimant que "les Iraniens cherchent à gagner du temps pour obtenir des Occidentaux d'accepter des négociations sans une suspension".
Quelle que soit la réponse, le processus de décision est compliqué par la difficulté de concilier les avis parfois divergents des différents centres de pouvoir, selon le diplomate occidental. "Il est probable que leur attentisme s'explique en partie par des facteurs internes à la structure du régime", souligne-t-il.
Un autre diplomate occidental estime pour sa part que "l'Iran semble chercher à gagner du temps, mais il se peut aussi qu'il y ait un véritable débat au sein du pouvoir sur la question de la suspension". Interrogé, l'ex-porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, qui a la haute main sur le dossier, Ali Agha Mohammadi concourt partiellement à cette analyse.
"Cela nécessite énormément de décisions et aussi qu'on arrive à un consensus au sein du pouvoir en tenant compte des intérêts nationaux", dit-il. "Tout naturellement il y a des points de vue différents au sein des commissions" chargées d'étudier l'offre des grandes puissances, ajoute-t-il.
Dans tous les cas, que l'Iran réponde à temps ou pas pour le sommet du G8, "son dossier sera au coeur de la rencontre", remarque le deuxième diplomate occidental. Et de souligner, comme son collègue, qu'au bout du compte "la suspension de l'enrichissement n'est pas négociable".

Pierre CELERIER


 

L'Iran répondra mi-août à la proposition des Six

TEHERAN (21/6/06) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé mercredi que son pays répondrait mi-août aux mesures incitatives proposées par les Six sur son programme nucléaire.
"Nous étudions ces mesures (...) Nous rendrons notre avis à la mi-août", a-t-il déclaré lors d'un discours devant plusieurs centaines de personnes dans l'ouest de l'Iran diffusé en direct par la télévision publique.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, plus l'Allemagne, ont proposé des mesures incitatives économiques et technologiques à Téhéran le 6 juin si le gouvernement iranien s'engage à suspendre l'enrichissement d'uranium.



Libération, 20 juin 2006:

L'offre des Six semble diviser la direction iranienne

TEHERAN - Si Téhéran met du temps à répondre à la communauté internationale sur son programme nucléaire, c'est faute de consensus et non par souci tactique, estiment diplomates et analystes.
Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, Allemagne et France ont offert le 1er juin des avantages "de grande portée" à l'Iran s'il accepte de suspendre ses activités d'enrichissement de l'uranium et de négocier.
L'Iran a accueilli cette offre comme un pas en avant mais tarde à fournir aux Six une réponse dans le délai de "quelques" semaines que ceux-ci ont fixé, et Washington commence à exprimer des signes d'impatience.
Selon les analystes, Téhéran est séduit par les "carottes" brandies, y compris les garanties - vaguement formulées - des Six sur le rôle dans la sécurité régionale qu'il revendique depuis longtemps.
"Ils prennent cela au sérieux et en débattent aussi est-ce normal qu'ils aient des divergences d'opinion sur la conduite à tenir", estime l'analyste Nasser Hadian, un "ami" du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Ce débat transparaît dans les propos tenus en privés par les responsables iraniens, dont, selon Hadian, les opinions s'échelonnent entre un "non ferme et un "oui si".
"SERIEUX DEBAT EN COURS"
Les lignes de fracture traversent même l'équipe de négociateurs qui avaient concédé en 2004 à la troïka européenne une suspension - éphémère - des activités d'enrichissement le temps de négocier des contreparties.
De source diplomatique occidentale, on prend note également qu'il y a "un sérieux débat en cours", mais on craint les effets d'une éventuelle contre-offre iranienne sur l'unité chèrement acquise des Six.
Selon certains analystes, Téhéran pourrait être tenté de chercher à arracher de nouvelles concessions aux Six, ne serait-ce que parce qu'il estime que les Etats-Unis sont trop englués en Irak pour se payer le luxe d'une autre crise avec l'Iran.
Mais, dans le même temps, l'Iran demeure conscient qu'il ne peut lui-même se permettre un choc frontal avec les Six après avoir bénéficié de la bienveillance de deux d'entre eux, la Chine et la Russie.
Ces deux membres permanents du Conseil de sécurité ont en effet obtenu des Occidentaux, notamment des Etats-Unis, en pointe dans cette affaire, qu'il renoncent pour le moment à la voie des sanctions à l'Onu.
Les dirigeants iraniens "sont conscients que la balle est maintenant dans leur camp" et qu'"ils pourraient tout perdre en refusant purement et simplement les ouvertures qui leur sont faites", estime un analyste iranien en vue, qui souhaite garder l'anonymat.
Les discussions entre dirigeants iraniens sont d'autant plus âpres que le régime islamique ne s'est pas privé de vendre à son opinion publique l'idée que la maîtrise du cycle nucléaire était un acquis irréversible.

Edmund Blair

Ali Larijani réitère le refus de l'Iran de suspendre l'enrichissement de l'uranium

ALGER (12/6/06) - Le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale de l'Iran et négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Larijani, a réitéré, lundi à Alger, le refus de son pays de suspendre l'enrichissement de l'uranium, soulignant que Téhéran "n'acceptera aucune condition préalable à toute négociation" sur ses activités nucléaires.
Le gouvernement iranien "maintient toujours sa position d'enrichir l'uranium", a déclaré lors d'une conférence de presse Ali Larijani.
Arrivé dimanche soir à Alger, le responsable iranien a toutefois indiqué que son pays restera "ouvert" à toute négociation "constructive et raisonnable, sans aucune condition préalable".
"Nous ferons preuve de disponibilité lors de discussions afin qu'il n'y ait ni de malentendu ni confusion", a-t-il affirmé, avant d'indiquer qu'un "contact direct" irano-américain "ne sera possible que si Washington change son comportement vis-à-vis des affaires territoriales et devient raisonnable au lieu de nous défier et d'opter pour la confrontation".
Ali Larijani a indiqué, par ailleurs, que les discussions qu'il a eu avec le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, ainsi qu'avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui, ont porté sur les relations bilatérales et sur des questions internationales d'intérêt commun, notamment celles ayant trait à la situation dans les pays musulmans et arabes.


NouvelObs, 12/6/06:
Nucléaire iranien: les Six à nouveau divisés


Mahmoud Ahmadinejad déclare que Téhéran est prêt à des "discussions" sur le dossier nucléaire

TEHERAN (8 juin 2006) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré jeudi que Téhéran était prêt à discuter les "préoccupations mutuelles" sur son programme nucléaire, tout en affirmant que l'Occident avait cédé à la volonté iranienne.
"Au nom de la nation iranienne, j'annonce que la nation iranienne ne tiendra jamais de négociations avec quiconque sur ses droits manifestes, mais nous sommes pour des discussions sur des préoccupations mutuelles pour résoudre les malentendus dans l'arène internationale", a déclaré le président iranien devant des milliers de personnes rassemblées à Qazvin à l'ouest de Téhéran.
Les Occidentaux "ont été vaincus par votre résistance et votre solidarité et ont été forcés de reconnaître votre dignité et votre grandeur", a-t-il ajouté.
Mahmoud Ahmadinejad n'a pas dit formellement si l'Iran acceptait ou rejetait entièrement le plan présenté mardi à Téhéran par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne. Pour ouvrir la voie à des négociations, ils proposent des mesures incitatives en échange d'une suspension des activités d'enrichissement d'uranium de l'Iran.


Libération, 7 juin 2006:
Téhéran joue la montre sur le dossier nucléaire
"Les propositions internationales jugées «positives» mais «ambiguës»."

 

Le Monde, 7/6/06:

L'Iran examine le "plan de Vienne", qualifié de "constructif"

Pour la première fois depuis des mois, une éclaircie semble s'être dégagée sur le dossier nucléaire iranien. Téhéran a en effet témoigné, mardi 6 juin, de l'intérêt pour les nouvelles propositions de coopération qui lui ont été faites afin de le convaincre de suspendre les activités d'enrichissement de l'uranium pour son programme nucléaire. "Ces propositions contiennent des points positifs mais recèlent également des ambiguïtés qui requièrent des éclaircissements", a déclaré Ali Larijani, négociateur en chef iranien sur les questions nucléaires.
Il venait de recevoir des mains de Javier Solana, le haut représentant de l'Union européenne (UE) pour les relations extérieures, l'offre de coopération plurielle élaborée collectivement à Vienne la semaine dernière par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l'Allemagne. "Nous espérons qu'après une étude détaillée de cette offre de nouvelles négociations auront lieu pour parvenir à une conclusion équilibrée et logique", a ajouté M. Larijani, qualifiant de "constructif" l'entretien avec M. Solana.
"Ce qui importe en matière d'incitation, c'est de soutenir les droits de l'Iran à effectuer des recherches dans le domaine de la technologie nucléaire. Cette question doit être très claire et sans ambiguïté dans les négociations", déclarait de son côté le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, qui venait de s'entretenir avec le haut représentant de l'UE. Cette première réaction iranienne a été jugée " positive" par le président américain George Bush. "Nous allons voir s'ils prennent l'offre au sérieux. C'est à eux de choisir. J'ai dit que les Américains s'assiéraient avec eux s'ils acceptent de suspendre de façon vérifiable l'enrichissement de l'uranium", a-t-il ajouté lors d'un voyage au Texas.
Jusqu'à présent, la République islamique, soupçonnée de chercher à développer un programme nucléaire militaire - ce dont elle se défend -, répète inlassablement que son droit à l'enrichissement de l'uranium est reconnu par le Traité de non-prolifération nucléaire dont elle est signataire.
Téhéran serait autorisé à convertir de l'uranium dans le cadre du "plan de Vienne". Si les grandes puissances refusent que l'Iran poursuive ses activités d'enrichissement de l'uranium, des diplomates occidentaux indiquent, en effet, que la République islamique pourrait en revanche continuer à convertir l'uranium, phase préalable dans le cycle de production de combustibles nucléaires.
Le plan de sortie de crise propose également une coopération dans la construction de réacteurs nucléaires à eau légère. Mais, selon des diplomates occidentaux, il n'impliquerait pas que les Etats-Unis apportent une contribution directe à ce projet de construction.
Washington, qui a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran en 1980, pourrait en revanche accepter que des entreprises européennes et russes opèrent en Iran sans s'exposer à des sanctions américaines. D'après des diplomates qui suivent le dossier nucléaire au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Téhéran pourrait avoir accès à la fourniture de pièces détachées pour des avions Boeing et Airbus - jusqu'à présent interdite à cause des sanctions américaines imposées à l'Iran. Une coopération dans le domaine de la technologie agricole et un soutien européen à l'adhésion de la République islamique à l'Organisation mondiale du commerce sont aussi envisagés.
Le "plan de Vienne", qui n'a pas été rendu public, comporte à la fois des mesures d'incitation et des sanctions pour amener l'Iran à renoncer à enrichir de l'uranium. Ces sanctions pourraient inclure un embargo sur les armes.
Sa gardant de tomber dans un excès d'optimisme, le ministre allemand des affaires étrangères, Franck-Walter Steinmeier, n'a pas exclu que l'Iran réponde avant la fin juin. Pour sa part, M. Solana a informé par téléphone la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, que ses entretiens avec les responsables iraniens avaient été "très utiles et constructifs", mais que Téhéran avait besoin de temps pour répondre. Dans la matinée, le porte-parole du département d'Etat avait indiqué que les Occidentaux accorderaient un délai de réponse à la République islamique, précisant toutefois qu'il s'agissait "de semaines et non de mois".
Jeudi, les experts de l'AIEA, qui viennent d'effectuer une visite d'inspection sur le site iranien d'enrichissement de l'uranium de Natanz, doivent remettre leur rapport au conseil des gouverneurs de l'Agence. Dans leur rapport d'avril, ils constataient que Téhéran continuait ses activités d'enrichissement. 

 

Libération, 29 mai 2006:

Iran, la dernière chance
L'Europe et les Etats-Unis doivent vite proposer un contrat qui dissuaderait les Iraniens de se nucléariser.

Par Joschka Fischer ancien ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier d'Allemagne entre 1998 et 2005.

La crise iranienne évolue rapidement et de manière inquiétante. Il n'y a guère de doute que l'Iran veuille se doter de l'arme nucléaire. Au coeur du problème se trouve l'aspiration du régime iranien à devenir une puissance musulmane hégémonique au niveau régional afin de traiter à égalité avec les grandes puissances de la planète. C'est précisément cela qui distingue l'Iran de la Corée du Nord ; alors que cette dernière cherche à se doter de l'arme nucléaire pour conforter son isolation, l'Iran vise à dominer la région, et peut-être même au-delà.
Pour parvenir à atteindre son but, l'Iran parie sur des changements révolutionnaires dans la répartition des pouvoirs au Moyen-Orient. Pour cela, il met à profit son influence dans la région du Golfe, notamment en Irak, et il instrumentalise non seulement Israël et le conflit israélo-palestinien, mais également le Liban et la Syrie. Cette combinaison d'une aspiration hégémonique, d'une remise en question du statu quo régional et d'un programme nucléaire est extrêmement dangereuse.
Israël interpréterait l'acquisition de la bombe par l'Iran ou même sa capacité de la fabriquer comme une menace vitale, ce qui obligerait l'Occident à intervenir. Si l'Europe a une dette morale envers Israël, elle a également des préoccupations quant à la situation sur la rive orientale de la Méditerranée qui tient une place de première importance dans sa stratégie de sécurité. Et, si l'Iran dispose de l'arme nucléaire, il sera perçu comme une menace par ses voisins, ce qui entraînera probablement une course à l'armement dans la région et ajoutera à son instabilité. Un Iran nucléarisé posera un grave problème de sécurité à l'Europe. Croire qu'elle restera à l'extérieur de ce conflit est une dangereuse illusion.
Les enjeux de cette crise sont élevés, c'est pourquoi l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont entamé, il y a deux ans, des négociations avec l'Iran pour le persuader de renoncer à se doter des moyens de fabriquer la bombe. Cette initiative a échoué pour deux raisons. Premièrement, la proposition européenne de relancer les échanges commerciaux et de fournir à l'Iran les technologies dont il a besoin, notamment dans le domaine du nucléaire civil, était sans commune mesure avec la crainte iranienne d'un changement de régime, ainsi qu'avec ses aspirations hégémoniques et sa quête de prestige sur la scène internationale.
Deuxièmement, la guerre désastreuse déclenchée par les Américains en Irak a conduit les dirigeants iraniens à penser que la principale puissance occidentale était affaiblie au point de dépendre de leur bonne volonté et à estimer que l'Occident était peu enclin à une sérieuse confrontation, ceci à cause du prix du pétrole.
L'analyse du régime iranien risque de s'avérer une dangereuse erreur, car elle pourrait conduire plus tôt qu'il ne le pense à une confrontation brutale dont l'Iran n'a aucune chance de sortir vainqueur. La question au coeur de ce conflit est de savoir qui domine le Moyen-Orient : l'Iran ou les Etats-Unis ? Les dirigeants iraniens sous-estiment le caractère explosif de cette question pour les Etats-Unis en tant que puissance mondiale et par conséquent pour le propre avenir de l'Iran.
Le débat ne porte pas sur l'option militaire, car la destruction du programme nucléaire iranien par des frappes aériennes américaines serait de mauvais augure. Il n'y a aucune garantie qu'une tentative de détruire le potentiel nucléaire iranien, pour l'empêcher de produire la bombe, soit couronnée de succès. Une agression étrangère ne ferait que légitimer les ambitions iraniennes en matière d'armement nucléaire. Enfin, une attaque militaire marquerait le début d'une escalade de la violence et du terrorisme dans la région et peut-être même à une bien plus grande échelle, un cauchemar pour toutes les parties concernées.
Dans ces conditions, que faire ? Il reste encore une réelle possibilité de trouver une issue politique si les Etats-Unis et l'Europe proposent un contrat de la dernière chance à l'Iran. En échange de l'arrêt à très long terme de son activité d'enrichissement de l'uranium, l'Iran et d'autres pays pourraient avoir accès à la recherche et à la technologie nucléaire sous la supervision étroite de l'Agence internationale pour l'énergie atomique. Cette première étape serait suivie de la pleine normalisation des relations commerciales et politiques, avec des garanties de sécurité contraignantes basées sur un accord de sécurité régional.
Il faut que les dirigeants iraniens sachent que le prix à payer en cas de refus serait très élevé. Avec le soutien sans faille de la communauté internationale, l'Occident ferait tout pour isoler l'Iran sur le plan financier, économique, technologique et diplomatique. L'Iran aura donc à choisir entre la reconnaissance et la sécurité d'une part et l'isolation totale d'autre part.
Mettre l'Iran devant cette alternative suppose que l'Occident n'ait pas peur d'une hausse du prix du pétrole et du gaz. Les deux autres possibilités ? l'émergence de l'Iran en tant que puissance nucléaire ou une intervention militaire pour l'en empêcher ? conduiraient aussi à une hausse, sans parler des autres conséquences bien plus funestes.
La prise de conscience des terribles conséquences d'une confrontation militaire et celles tout aussi terribles d'un Iran nucléarisé doit inciter les Etats-Unis à abandonner leur politique de refus de négociations directes et leur espoir d'un changement de régime. Il ne suffit pas que l'Europe agisse tandis que l'Amérique regarde en spectateur l'évolution de la situation, ne prenant part aux discussions que derrière le rideau et laissant l'Europe se débrouiller toute seule. L'administration Bush doit mener l'initiative occidentale lors de négociations directes avec l'Iran. Si elles aboutissent, les Etats-Unis doivent aussi accepter de fournir les garanties voulues. Dans cette confrontation, le facteur décisif sera la crédibilité et la légitimité internationale, ce qui ne pourra être obtenu qu'avec un leadership américain pondéré, de sang-froid, avec une vue à long terme.
La communauté internationale pourrait faire bloc autour de cette proposition qui est une option intéressante pour l'Iran. Qu'il accepte, l'arrêt de ses recherches nucléaires à Natanz au cours des négociations serait le test décisif de sa sincérité. Mais s'il refuse ou ne respecte pas ses obligations, il s'isolerait totalement et légitimerait pleinement des mesures à son encontre. Ni la Russie ni la Chine ne pourront se permettre de faire bande à part au sein du Conseil de sécurité. Mais cette initiative ne peut réussir que si l'administration américaine en prend la direction au sein des pays occidentaux et s'assoit à >la table de négociation avec l'Iran. Même dans ce cas, la communauté internationale devra agir vite. Toutes les parties doivent avoir conscience que le temps est mesuré pour une solution politique.

 

Le Figaro, 15 mai 2006:

L'Iran refuse l'offre « généreuse » de l'Union Européenne

Une réunion des ministres européens des affaires étrangères doit finaliser lundi une proposition d'aide économique et commerciale à destination de l'Iran, à condition qu'il abandonne l'enrichissement d'uranium. Téhéran a déjà fait savoir qu'il refusait l'offre.
 
Dans la crise du nucléaire iranien, les jours et les annonces se suivent et se ressemblent. Lundi, c'est à un nouveau refus de Téhéran que se heurtent les Européens. « Nous continuons notre chemin pour obtenir le droit absolu de l'Iran » au nucléaire, a déclaré le gouvernement iranien dans un communiqué. Une manière de repousser l'offre de l'Union Européenne avant même qu'elle ne soit formulée officiellement.
 
Mais quelle offre ? Les informations ont filtré ce week-end à propos d'une nouvelle proposition européenne. Javier Solana, le Haut représentant de l'Union pour la politique extérieure, évoquait « un ensemble de mesures généreux, un ensemble audacieux qui portera sur des questions liées aux domaines nucléaire, économique et, peut-être, si nécessaire, à la sécurité».
 
Cette proposition devrait être formulée à l'issue d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères qui se tient lundi à Bruxelles. Elle proposerait à l'Iran de «l'aider à développer son secteur nucléaire civil, ses échanges commerciaux» et de «reconnaître ses préoccupations de sécurité», à la seule condition que Téhéran cesse l'enrichissement d'uranium, expliquait-on du côté de Bruxelles.
 
Offre « sans valeur »
 
La communauté internationale refuse que l'Iran ait accès aux ressources nécessaires à la fabrication d'une bombe atomique. Pour le moment, l'Iran a fait fi des résolutions de l'ONU comme des recommandations de l'AIEA, et commencé à enrichir de l'uranium, parvenant à obtenir un taux de 4,8%. Un niveau suffisant pour les centrales civiles, mais pas pour la fabrication d'une bombe.
 
Depuis le début des négociations, Téhéran fait la sourde oreille. «Toute offre qui impliquera l'arrêt de nos activités nucléaires pacifiques [l'enrichissement d'uranium] est sans valeur». Alors le ballet diplomatique se poursuit. Ce matin, ignorant volontairement l'offre européenne, Téhéran appelle à un dialogue avec les Etats-Unis, s'il se fait sur « un pied d'égalité, dans un climat exempt de domination et dans des conditions de justice et non d'impérialisme».
 
Pour l'instant, Washington refuse toute négociation directe avec l'Iran, expliquant que les discussions doivent avoir lieu au niveau de l'Onu. Et l'Europe ne désespère pas non plus de se faire entendre. Jean Asselborn, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, estime que « les Iraniens vont s'apercevoir que les Européens sont courageux et proposent une chose très importante, c'est une des dernières chances pour résoudre le conflit d'un point de vue diplomatique», ajoute-t-il.
 
De son côté, Kofi Annan appelle à une solution « urgente » et précise qu'il est « dans l'intérêt de tout le monde de résoudre la crise de manière pacifique».

 

Tageblatt, 12/5/06:
Ahmadinejad promet la "disparition" d'Israël, se dit prêt au dialogue sur le nucléaire


RTBF, 11/5/06:

Iran : les USA renvoient la balle à l'Europe

Les Occidentaux accordent quelques jours de répit au régime iranien, dans le dossier du nucléaire. Ils se donnent, en fait, un peu de temps pour revoir leur stratégie visant à convaincre l'Iran de stopper ses activités dans le domaine. Depuis deux jours les membres permanents du Conseil de sécurité discutaient de cette question Iranienne, sans parvenir à se mettre d'accord. Mercredi, les Etats-Unis ont renvoyé la balle dans le camp des Européens.

La Troika européenne, autrement dit la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne mais aussi les Etats-Unis, la Chine et la Russie, devraient se retrouver le 19 mai prochain à Vienne. Jusqu'ici, les Américains ont tenté vainement de faire passer une résolution qui ouvre la voie à des sanctions, voire même au recours à la force, si Téhéran continue d'enrichir de l'uranium. Mais la Chine et la Russie, qui ont un droit de véto au Conseil de sécurité, s'opposent à l'option américaine.

En proposant à la Troika qui a longtemps négocié avec l'Iran, de trouver des solutions dans les semaines qui viennent, Washington semble faire des concessions. Mais il semble évident aussi que faute d'arriver à convaincre et de pouvoir jouer cavalier seul, Washington préfère calmer le jeu. La secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, estime que ces quelques jours de répit permettront aux options diplomatiques d'être totalement menées.

Difficile de dire pour le moment quel lapin les Européens pourraient sortir de leur chapeau pour sortir de l'impasse. Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste Blazy a évoqué des propositions ambitieuses qui pourraient être faites à l'Iran dans le domaine de l'énergie nucléaire civile, au niveau commercial, voire même en matière de sécurité.

Bush rejette la lettre du président iranien :

Mercredi, le président américain George W. Bush a répondu à son homologue iranien en affirmant que sa la lettre ne répondait pas aux exigences internationales d'un abandon par l'Iran d'activités nucléaires ultra-sensibles. La lettre "semble ne pas répondre à la principale question que le monde pose et qui est: quand allez-vous renoncer à votre programme nucléaire ?", a ainsi déclaré le président américain au cours d'un entretien accordé à plusieurs journaux de Floride.

 

Le Monde, 10/5/06 (critique):
L'Iran et son réseau


Le Temps (Suisse), 9 mai 2006:
Ce que l'Europe peut encore faire pour ramener l'Iran dans le dialogue




L'Iran menace de se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire

TEHERAN (7 mai 2006) - Le parlement iranien, le Majlis, a menacé dimanche, dans une lettre adressée au secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, de forcer le gouvernement à se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) si les Etats-Unis continuent à faire pression sur Téhéran pour que l'enrichissement d'uranium soit suspendu.
Hamid Reza Asefi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré pour sa part une nouvelle fois que la communauté internationale ne pouvait rien faire pour contraindre l'Iran à suspendre l'enrichissement d'uranium. S'exprimant devant la presse, il a assuré que les oppositions au programme nucléaire iranien étaient liées à "des motivations politiques".
"Les pays qui présentent le projet de résolution (la Grande-Bretagne et les Etats-Unis) ont des motivations politiques", a déclaré M. Asefi. "Il est clair que toute action du Conseil de sécurité de l'ONU laissera un impact négatif sur notre coopération avec l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).
"Une intervention du Conseil de sécurité de l'ONU entraînerait le passage de la coopération à la confrontation. Nous leur recommandons de ne pas faire ça", a-t-il souligné.


L'AIEA dépose son rapport sur le nucléaire iranien

28/4/2006 - Le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, remet aujourd'hui au Conseil de sécurité de l'Onu un rapport sur le programme nucléaire de l'Iran qui devrait conclure que Téhéran n'a pas suspendu l'enrichissement d'uranium, comme il lui avait été enjoint à la fin mars. Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) rendra également compte de la coopération de la république islamique avec les inspecteurs de l'agence de sûreté nucléaire des Nations Unies.
La remise de ce rapport crucial survient au lendemain d'un nouvel appel lancé par les Etats-Unis et la France. Les deux puissances ont exhorté le Conseil de sécurité, dont ils sont membres permanents, à agir rapidement et fermement face au refus de l'Iran de se plier à ses exigences sur son programme nucléaire alors qu'il lui a été fixé le 28 avril comme date-butoir pour le faire.
La demande du Conseil de sécurité n'a pas été assortie de menaces de sanctions mais les Etats-Unis ont indiqué qu'ils chercheraient à en obtenir, avec l'appui de la France et de la Grande-Bretagne, si l'Iran ne pliait pas.
L'Iran reste pourtant inflexible dans son refus. Hier, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a une nouvelle fois martelé que son pays "ne se soumettrait pas à l'injustice et à la pression".


Ahmadinejad se "fiche totalement" des résolutions de l'Onu

28 avril 2006 - Alors que l'ultimatum de l'Onu expire aujourd'hui, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a répété que son pays n'accorderait aucune attention aux exigences internationales concernant son programme nucléaire controversé. "Ceux qui veulent empêcher les Iraniens d'être dans leur droit devraient savoir que nous nous fichons totalement de ces résolutions", a déclaré le président de la République islamique l'Etat lors d'un rassemblement public dans le nord-ouest de l'Iran. Ces propos, rapportés par l'agence de presse officielle Irna, ont été tenus à quelques heures de la présentation au Conseil de sécurité de l'Onu d'un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le programme iranien. Ce rapport devrait confirmer que l'Iran n'a pas cessé d'enrichir de l'uranium, ce qui pourrait enclencher un processus de sanctions contre Téhéran. Le directeur général de l'AIEA devrait également déclarer que les autorités iraniennes n'ont pas coopéré avec les enquêteurs de son agence, comme le demandait le Conseil de sécurité. Le président iranien a annoncé le 11 avril que l'Iran était entré dans le club des pays possédant la technologie nucléaire et qu'il allait passer à un stade industriel de l'enrichissement de l'uranium.

L'Iran prêt à transférer sa technologie nucléaire

25 avril 2006 - L'Iran est prêt à transférer à d'autres pays son expérience dans la technologie nucléaire, a dit mardi le Guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei, cité par l'agence officielle Irna. Evoquant les «capacités dans le domaine nucléaire des scientifiques iraniens», la plus haute autorité de l'Etat a ajouté que «la République islamique d'Iran est prête à transférer cette expérience, la connaissance et la technologie de ses scientifiques» à d'autres pays.
L'ayatollah Khamenei s'exprimait lors d'une rencontre avec le président soudanais Omar el-Béchir, qui a estimé que «les succès de l'Iran dans l'obtention d'une technologie nucléaire pacifique sont une grande victoire pour le monde islamique», selon Irna. «Les capacités et la puissance de l'Iran représentent une augmentation de la puissance du monde islamique», a ajouté M. Béchir. Les pays opposés au programme nucléaire iranien craignent entre autres que la République islamique ne facilite la prolifération de la technologie nucléaire, à l'instar du Pakistan, où le réseau du scientifique A. Q. Khan a apporté son aide à l'Iran. Téhéran a annoncé le 11 avril avoir procédé avec succès à de l'enrichissement d'uranium. La maîtrise de cette technique permet théoriquement d'obtenir aussi bien du combustible nucléaire que la charge fissile pour une bombe atomique.

Hans Blix: l'Iran ne disposera pas de l'arme nucléaire dans les cinq prochaines années

OSLO (3 avril 2006) - L'Iran ne disposera pas de l'arme nucléaire d'ici les cinq prochaines années, ce qui laisse du temps pour une résolution pacifique de la crise entre Téhéran et l'Occident, a estimé lundi à Bergen l'ancien chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU, le Suédois Hans Blix.
Le Conseil de sécurité des Nations unies exige de l'Iran qu'il suspende ses activités d'enrichissement d'uranium, mais Téhéran a répondu que ses activités n'étaient "pas réversibles".
M. Blix, qui participe à une conférence sur l'énergie à Bergen, dans l'ouest de la Norvège, ne pense pas que les Etats-Unis iront jusqu'à envahir l'Iran. "Mais il y a un risque que les Etats-Unis utilisent des bombes ou des missiles contre plusieurs sites en Iran", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse norvégienne NTB. "Les réactions seraient alors fortes et contribueraient à accroître le terrorisme".
L'ancien inspecteur en désarmement avait conclu, avec raison, à l'absence d'armes de destruction massive en Irak. Les Etats-Unis avaient justifié l'invasion en Irak en mars 2003 par la supposée détention de ces armes par Saddam Hussein.
Dans le dossier iranien, dit-il, "nous avons le temps avec nous. L'Iran ne peut pas avoir une bombe (nucléaire) dans les cinq prochaines années". Hans Blix, qui fut également chef de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), a enjoint aux Etats-Unis, confrontés au même problème avec la Corée du Nord, de prendre leur temps.
"Les Etats-Unis se sont donnés du temps et négocient avec la Corée du Nord, alors que l'Iran s'est vu fixer une date limite à très courte échéance. Les Etats-Unis et les autres grandes puissances devraient négocier et proposer des 'carottes', comme ils l'ont fait avec la Corée du Nord", observe-t-il.



L'Iran refuse de suspendre l'enrichissement

NEW YORK (30.03.2006) - L'Iran refuse de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, a déclaré l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Aliasghar Soltanieh, à Vienne. Il s'exprimait au lendemain d'une injonction en ce sens du Conseil de sécurité de l'ONU.
"La décision de l'Iran sur l'enrichissement, en particulier dans les domaines de la recherche et du développement, est irréversible", a déclaré le représentant iranien à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui était interrogé sur les suites que Téhéran entendait donner à la demande du Conseil de sécurité.
"Il n'est pas possible de décider d'une suspension", a-t-il souligné, ajoutant que l'Iran ne pouvait pas continuer "à priver (ses) scientifiques de recherche et de développement".
Mercredi à New York, les quinze membres du Conseil de sécurité ont donné 30 jours à l'Iran pour suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, dans une déclaration adoptée à l'unanimité après trois semaines de négociations.
Le Conseil qui statuait pour la première fois depuis que l'AIEA, l'agence de sûreté nucléaire de l'ONU, l'eut saisi le 4 février, n'a toutefois pas précisé quelles mesures il pourrait prendre si Téhéran n'obtempérait pas.
Cette saisine représente une "erreur historique" qui fait payer à l'Iran "un prix élevé pour de la simple recherche et développement", a estimé M. Soltanieh. Il a souligné que l'AIEA n'avait relevé en Iran aucun détournement de matériaux nucléaires à des fins militaires. (ATS)


Après la déclaration du Conseil de sécurité, les cinq membres permanents et l'Allemagne se penchent sur la suite

BERLIN (30.03.06) - Les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, ainsi que de l'Allemagne, se réuniront jeudi à Berlin pour discuter des suites à donner au dossier nucléaire iranien alors que le Conseil de sécurité a exigé de Téhéran qu'il suspende son programme nucléaire, dans une déclaration votée mercredi à l'unanimité.
On ne s'attendait toutefois pas à des avancées significatives lors de cette réunion d'une heure et demie, qui devrait s'attacher aux différentes possibilités d'engager l'Iran dans un processus diplomatique.
Un haut responsable européen a fait valoir que des discussions multilatérales impliquant les six pays et l'Iran restaient une alternative. Il s'agit d'une proposition confidentielle présentée ce mois-ci par la Grande-Bretagne, qui espère obtenir en retour le soutien de la Russie et de la Chine pour des résolutions contraignantes du Conseil de sécurité, y compris des sanctions contre Téhéran.
Cette possibilité n'est pas favorisée par les Etats-Unis, qui selon un de ses responsables préféreraient voir la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France continuer de mener ses négociations avec l'Iran, comme la "troïka" européenne l'avait fait jusqu'à l'année dernière avant de rompre les contacts lorsque Téhéran a commencé ses activités d'enrichissement.
"Dès le début, notre position a été que nous ne pensons pas utile que d'autres pays rejoignent (la troïka) dans le dialogue, car cela a le potentiel de diluer la position occidentale sur l'Iran", a déclaré ce responsable américain sous couvert d'anonymat.
De son côté, le chef de la diplomatie russe, Sergeï Lavrov, continuait d'insister sur "des méthodes exclusivement politiques et diplomatiques".
Le responsable américain n'a d'ailleurs pas rejeté catégoriquement des discussions directes avec l'Iran, ajoutant même que des contacts annoncés entre Washington et Téhéran au sujet de la situation en Irak pourraient déboucher sur des discussions sur le nucléaire -même si les autorités américaines ont formellement exclu ce mélange des genres.

 

 

La Russie rejette les propositions britanniques et françaises

NATIONS UNIES (18/3/06) - L'ambassadeur de Russie à l'ONU a rejeté vendredi des propositions qui auraient amené le Conseil de sécurité de l'ONU à demander rapidement un rapport sur la coopération de Téhéran concernant son programme nucléaire présumé, affirmant à moitié en plaisantant qu'une action trop rapide pourrait conduire au bombardement de l'Iran d'ici le mois de juin.
Andreï Denisov s'exprimait juste avant une réunion du Conseil de sécurité au cours de laquelle des diplomates prévoyaient d'examiner une liste révisée de propositions britanniques, françaises et américaines en vue de rédiger une déclaration sur l'Iran. Les dernières propositions, obtenues par l'Associated Press, retiennent beaucoup d'éléments auxquels se sont déjà opposés la Russie et la Chine.
Un des points qui pose problème pour la Russie, c'est une proposition demandant au directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed El-Baradeï, de présenter dans les deux semaines à l'ONU un rapport sur la coopération de Téhéran. Moscou affirme que c'est beaucoup trop tôt.
"Imaginons que nous l'adoptions et qu'aujourd'hui, nous diffusions cette déclaration, alors qu'est-ce qui se passerait au bout de deux semaines?", s'est interrogé M. Denisov. "A une telle allure, nous commencerons à bombarder en juin", a-t-il lancé.
Les ambassadeurs britannique, français et américain ont cependant souligné qu'ils pourraient faire preuve de flexibilité sur le délai de deux semaines. Des diplomates indiquaient ainsi qu'il pourrait être porté à 30-45 jours pour accommoder la Russie et la Chine.
"Nous avons signalé qu'il y a flexibilité à condition que nous adoptions ce texte bientôt, mais plus cela dure, moins nous aurons de temps", a déclaré l'ambassadeur britannique à l'ONU, Emyr Jones-Parry..
Les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies sont réunis à New York pour une première session officielle au sujet du nucléaire iranien, depuis le transfert du dossier au Conseil par l'AIEA. Les réunions devraient être reconduites mardi.

 

 


NouvelObs, 12/3/06:
Téhéran menace de quitter le TNP


 

L'Iran enterre le compromis russe

12 mars 2006 - La proposition de Moscou d'un enrichissement d'uranium iranien en Russie n'est plus à l'ordre du jour, avec l'envoi du dossier nucléaire iranien à l'ONU. Les conditions ont changé. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi, avait rappelé mercredi que "si le dossier de l'Iran va au Conseil de sécurité des Nations unies, il est naturel que la proposition soit retirée de l'agenda".

 

L'Iran menace de représailles si le Conseil de sécurité décide d'agir

VIENNE (8 mars 2006) - L'AIEA a ouvert la voie mercredi soir à des actions possibles du Conseil de sécurité de l'Onu contre l'Iran sur son programme nucléaire, alors que les Iraniens menaçaient de prendre des mesures de représailles.Le conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), achevant une session de trois jours, a examiné le rapport du directeur général de l'AIEA, Mohammed ElBaradei, sur l'Iran, rapport qui est automatiquement transmis au Conseil de sécurité de l'Onu.
Selon les Etats-Unis, satisfaits de la tournure des événements, le Conseil de sécurité se réunira à partir de la semaine prochaine à New York sur la question.
Alors que les Américains et Européens soulignaient que le temps était venu pour l'organe onusien d'agir pour obliger l'Iran à obtempérer en renonçant à enrichir l'uranium, le chef de la délégation iranienne a agité la menace.
"Les Etats-Unis ont les moyens de causer du mal et des souffrances (à l'Iran) mais ils sont aussi susceptibles d'éprouver la douleur et le mal. S'ils (les Américains) choisissent cette voie, et bien allons-y!", a déclaré à l'AFP Javad Vaïdi, numéro deux du Conseil suprême de la sécurité nationale.
Il répondait au vice-président américain Dick Cheney qui avait averti mardi que l'Iran s'exposait à des "conséquences sérieuses" s'il refusait de se conformer aux exigences internationales.
"Nous avons deux options. Celle du compromis et de la coopération et celle de la confrontation. Nous espérons que la première l'emportera. Mais dans tous les cas, nous continuerons nos activités de recherche" en matière d'enrichissement, a encore dit M. Vaïdi.
Interrogé sur l'utilisation de l'arme du pétrole, il a affirmé que l'Iran "n'utilisera pas l'arme du pétrole pour l'instant car nous ne voulons pas la confrontation avec les autres pays. Mais si la situation change, nous serons obligés de changer notre attitude et notre politique".
Toutefois, Mohamed ElBaradei, précisant qu'il allait envoyer "aujourd'hui ou demain son rapport au Conseil de sécurité", a demandé à toutes les parties de "baisser le ton" pour favoriser une solution diplomatique.
"Tout le monde recherche un accord politique. Ce qu'il nous faut à ce stade c'est que les gens baissent le ton", a déclaré à la presse M. ElBaradei, à la fin de la réunion.
"Le Conseil de sécurité est la poursuite des efforts diplomatiques", a-t-il ajouté.
"Le temps est venu pour le Conseil de sécurité de l'Onu d'agir", a pour sa part déclaré l'ambassadeur américain à Vienne Gregory Schulte, en affirmant que l'Iran avait théoriquement assez de gaz d'uranium pour fabriquer à terme après enrichissement dix bombes nucléaires.
"Dans un premier temps nous envisageons un appel lancé à l'Iran pour qu'il coopère avec l'Agence", a-t-il dit aux 35 pays du Conseil des gouverneurs.
Des sanctions ne viendraient que plus tard, car "nous croyons que la démarche du Conseil de sécurité doit être progressive et menée en pleine consultation et coordination de tous ses membres".
L'Union européenne, a également demandé à l'Iran de "cesser toutes ses activités d'enrichissement d'uranium et coopérer pleinement avec les inspections, comme l'exige l'AIEA".
"La crise de confiance dans la nature et les objectifs du programme iranien demeure entière", a affirmé à Paris le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy.
Selon lui, "une nouvelle fois, l'Iran n'a pas saisi la main que les Européens et leurs principaux partenaires, notamment la Russie, lui ont tendue".
Son collègue allemand Frank-Walter Steinmeier a insisté sur "l'obligation d'oeuvrer à une solution diplomatique: la saisine du Conseil de sécurité de l'Onu ne signifie pas la fin de la diplomatie, au contraire".
Enfin, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé depuis New York qu'"il n'y avait pas de solution militaire à la crise" et a émis des doutes sur l'efficacité d'éventuelles sanctions contre Téhéran.
A Vienne, le représentant russe a "regretté la façon dont l'Iran a réagi à la résolution" de l'AIEA début février, ajoutant que "l'offre russe est toujours sur la table".
Le plan russe prévoit la suspension de toutes les activités d'enrichissement par l'Iran, la signature du protocole additionnel permettant des inspections poussées et le transfert de l'enrichissement industriel en Russie.


Un accord toujours possible, selon ElBaradei

VIENNE 08 mars 2006 - Un accord politique reste possible sur le dossier du nucléaire iranien, a déclaré mercredi à Vienne le directeur de l'AIEA Mohamed ElBaradei en demandant à toutes les parties de "baisser le ton". "Tout le monde recherche un accord politique. Ce qu'il nous faut à ce stade c'est que les gens baissent le ton", a déclaré à la presse M. ElBaradei, à la fin de la réunion du conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur l'Iran. "C'est une question qui va prendre du temps. Il s'agit d'un cas complexe", a ajouté M. ElBaradei.
L'Iran a immédiatement réagi en menaçant les Etats-Unis de "souffrance et de mal" s'ils prenaient des mesures contre le programme nucléaire iranien. M. ElBaradei a déclaré que les intervenants à la réunion du Conseil des gouverneurs avaient "souligné que (l'envoi du dossier iranien au Conseil de sécurité) était une nouvelle phase diplomatique". Il a ajouté qu'envoyer le dossier au Conseil de sécurité était une tentative de "trouver une solution pour ramener les partenaires à la table des négociations". "Le Conseil de sécurité est la poursuite des efforts diplomatiques. Nous ne devons pas oublier que la première responsabilité du Conseil de sécurité est de régler les conflits par des moyens pacifiques", a-t-il ajouté.

 

Télévision Suisse Romande, 3/3/06:

Nucléaire iranien: l'UE et l'Iran ne parviennent à aucun accord

VIENNE - Les trois pays mandatés par l'Union européenne ne sont parvenus à aucun accord avec l'Iran au sujet de son programme nucléaire. La rencontre organisée à Vienne a échoué.
"Malheureusement, nous n'avons pas été en mesure de parvenir à un accord aujourd'hui", a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier.
Ce dernier était accompagné de son homologue français Philippe Douste-Blazy et d'un responsable britannique représentant le secrétaire au Foreign Office Jack Straw. Ils ont rencontré à Vienne le principal négociateur iranien dans le domaine nucléaire, Ali Larijani.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit se réunir lundi. Elle pourrait recommander à l'ONU de prendre des mesures contre Téhéran, soupçonné par la communauté internationale - Etats-Unis en tête - de vouloir se doter de la bombe atomique.


NouvelObs:

L'Iran accuse Washington de vouloir saboter ses pourparlers avec la Russie

MOSCOU (2/3/06) - L'absence de progrès enregistrés à Moscou dans les pourparlers russo-iraniens sur le projet d'enrichissement de l'uranium iranien en Russie a suscité jeudi la colère du chef de la délégation de Téhéran. Il a accusé Washington de vouloir saboter les discussions en appuyant le renvoi du dossier devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Dans le même temps était annoncée une rencontre vendredi à Vienne entre les ministres des Affaires étrangères de la "troïka" européenne (Allemagne, France, Grande-Bretagne) et les négociateurs iraniens. Des retrouvailles réclamées par Téhéran, alors que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit examiner le dossier iranien lundi prochain, avec à la clé de possibles sanctions dont déciderait à terme le Conseil de sécurité.
A Paris, on disait ignorer si l'Iran avait de nouvelles propositions à formuler. "Nous ne fermons pas la porte à des contacts (...) Nous verrons bien ce qu'ils ont à nous dire", indiquait-on de source diplomatique. "Les Iraniens veulent apparemment nous dire quelque chose; voyons ce que c'est."
De même source, on rappelait cependant qu'il n'était pas question de reprendre les négociations avec Téhéran. La position de la "troïka" reste la même, à savoir que l'Iran doit suspendre toutes ses activités nucléaires sensibles.
Pour Ali Larijani, qui dirige la délégation iranienne à Moscou, les discussions avec les autorités russes sur leur offre d'enrichir en Russie l'uranium iranien doivent continuer, mais le transfert du dossier devant l'instance onusienne "tuerait" cette initiative.
"L'Amérique ment, elle cherche à faire capoter l'offre russe", a-t-il lancé devant la presse. "L'insistance des Américains à transférer le dossier du nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l'ONU signifie la destruction de la proposition russe."
Démentant un éventuel échec des négociations, M. Larijani a précisé que son équipe avait proposé mercredi un "package" à la partie russe. "Il faut laisser aux diplomates le temps de l'examiner", a-t-il ajouté.
La Russie exige de l'Iran le rétablissement du moratoire sur ses activités d'enrichissement de l'uranium pour qu'aboutisse sa proposition de création d'une "joint venture" russo-iranienne. Mais M. Larijani a réaffirmé le refus de Téhéran d'accéder à cette demande, appuyé à distance par le président iranien lui-même. "Il est évident que nous ne sommes pas disposés à négocier nos droits inaliénables", a déclaré Mahmoud Ahmadinejad, en visite en Malaisie.
Bien que le refus iranien empêche tout espoir d'accord, des responsables russes et iraniens ont à nouveau discuté jeudi, avant d'interrompre leurs pourparlers dans l'après-midi sans faire état d'avancées, a rapporté l'agence de presse Interfax, citant une source proche des négociations.
La délégation iranienne s'est ensuite envolée pour Vienne, en Autriche, pour des pourparlers avec les ministres des Affaires étrangères de la "troïka" vendredi, a annoncé la porte-parole du Conseil de sécurité russe, Kseniya Roshchnina.
A Washington, le département d'Etat américain a souligné jeudi que l'Iran n'avait à s'en prendre qu'à elle-même concernant le renvoi du dossier devant le Conseil de sécurité.
Le porte-parole adjoint Adam Ereli a réaffirmé le soutien américain à la proposition d'enrichissement de la Russie et aux négociations européennes avec l'Iran.
"Les Américains nous mettent des bâtons dans les roues", a accusé pour sa part Ali Larijani, assurant que son pays accepterait sans rechigner les inspections de l'AIEA si l'agence onusienne autorisait la poursuite de son programme nucléaire "à vocation civile".

Judith Ingram

 

Nucléaire iranien: le compte à rebours se poursuit à Moscou

MOSCOU (27 février 2006) - La Russie et l'Iran vont poursuivre leurs pourparlers sur le nucléaire iranien dès mardi à Moscou, alors qu'un premier accord annoncé dimanche par Téhéran suscite les plus grandes réserves et que se rapproche la date d'un possible renvoi du dossier devant le Conseil de sécurité de l'ONU .
Le numéro deux du Conseil de sécurité iranien, Ali Hosseïni-Tash, "sera à Moscou demain pour des entretiens au Conseil de sécurité russe", a annoncé lundi soir un haut responsable russe sous couvert d'anonymat.
Ces négociations font suite à un accord de principe russo-iranien annoncé dimanche sur la création d'une société conjointe d'enrichissement de l'uranium iranien en Russie.
De retour de Téhéran, le négociateur russe Sergueï Kirienko a relativisé la portée de l'accord de principe sur lequel il venait de s'entendre avec ses interlocuteurs iraniens.
"Il reste peu de temps pour atteindre les accords ultérieurs (nécessaires), mais il y en a. Je suis convaincu que c'est possible", a déclaré M. Kirienko, cité par l'agence Itar-Tass, faisant référence à une réunion cruciale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) le 6 mars à Vienne.
L'accord a également été accueilli avec scepticisme par Washington
"Etant donné le passé (des Iraniens), vous comprenez que nous soyons sceptiques", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan.
L'AIEA pourrait, le 6 mars, décider de renvoyer formellement le dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Les Occidentaux soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert de programme nucléaire civil.
Selon une "source à Moscou bien au fait des négociations russo-iraniennes", citée par Itar-Tass, la Russie est "prudemment optimiste", les deux parties n'ayant pas observé "de progrès substantiels" dimanche. Jusqu'au 6 mars, "tout peut arriver", estime toutefois ce responsable.
Pour dénouer la crise, la Russie propose d'enrichir l'uranium iranien sur son territoire.
Mais l'Iran doit s'engager parallèlement à cesser toute activité d'enrichissement, un point fondamental des négociations sur lequel aucun progrès n'a été obtenu dimanche. Ce procédé permet aussi bien d'obtenir le combustible pour une centrale nucléaire que la charge fissile d'une arme atomique.
L'Iran a réaffirmé lundi sa volonté de poursuivre ses activités dans ce domaine à des fins de recherche. "Il n'y a aucune raison pour l'Iran de reculer", même dans la perspective d'une condamnation par le Conseil de sécurité, a déclaré M. Hosseïni-Tash.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a réagi très fermement en exigeant de Téhéran un moratoire sur l'enrichissement de l'uranium en Iran.
La proposition russe fait partie de "l'effort général pour lever les questions concernant le programme nucléaire iranien", a dit M. Lavrov.
"Nous sommes convaincus que, parmi les autres composantes de cet effort, il faut un moratoire sur l'enrichissement de l'uranium en Iran", a-t-il martelé.
La presse russe s'est félicitée pour sa part de la "percée" obtenue dimanche tout en soulignant que rien n'était joué et que les négociations pouvaient encore achopper d'ici au 6 mars.
Si les quotidiens Izvestia et Gazeta (libéral) qualifiaient l'annonce iranienne de "sensationnelle", pour Nezavissimaïa Gazeta la Russie "n'a obtenu de l'Iran que des promesses".
"La proposition de Moscou est le seul moyen de sauver l'Iran de sanctions internationales", a souligné pour sa part Vremia Novosteï.

 

 

Le Figaro, 17 février 2006:
Paris accuse l'Iran de préparer l'arme nucléaire

 


Télévision Suisse Romande, 17.02.2006:
L'Iran confirme la reprise de ses activités nucléaires

 

 

L'Iran confirme sa reprise de travaux d'enrichissement d'uranium

TEHERAN (14 février 2006) - L'Iran a confirmé mardi la reprise de ses travaux d'enrichissement d'uranium dans l'usine de Natanz (centre), en soulignant qu'il ne s'agissait pas, pour l'instant, d'un programme industriel. "Les travaux ont recommencé" dans l'usine de Natanz, a déclaré Javad Vaidi, un des membres du Conseil suprême de la sécurité nationale, chargé du dossier nucléaire, jugeant "inacceptable" que Téhéran arrête ses "recherches" sur l'enrichissement. "Il n'y a pas encore de programme pour une production industrielle (...) et d'enrichissement à un niveau industriel", a déclaré M. Aghazadeh, ajoutant: "l'enrichissement à Natanz sera limité à la recherche (...) qui nécessite beaucoup de temps".
L'usine de Natanz comprend deux unités d'enrichissement. L'une est un projet pilote vouée à la recherche, et l'autre une installation à échelle industrielle, en cours de construction.
Le conseil des gouverneurs de l'AIEA doit se réunir à nouveau le 6 mars pour constater dans quelle mesure l'Iran s'est conformé à ses demandes, et décider éventuellement d'un renvoi du dossier iranien au Conseil de sécurité. Dans l'intervalle, une délégation iranienne sera à Moscou le 20 février, a indiqué M. Vaidi, pour négocier un plan russe d'enrichissement d'uranium iranien en Russie. Mais la viabilité de cette offre est sujette à caution, les Iraniens insistant pour mener parallèlement un enrichissement d'uranium sur leur territoire, ce qui est inacceptable pour les Occidentaux.
A Moscou justement, la France et la Russie ont invité l'Iran "à se conformer pleinement à la résolution de février du Conseil des gouverneurs et aux demandes de l'AIEA, y compris la pleine suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au recyclage". Cette déclaration a été adoptée lors d'une rencontre au Kremlin entre le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre français Dominique de Villepin.
A Washington, la Maison Blanche a réclamé que l'Iran revienne à une suspension totale de ses activités d'enrichissement et cesse de "défier les exigences de la communauté internationale".

 


L'Iran déterminé à ne pas reculer sur son programme

TEHERAN (13 février 2006) - Le gouvernement iranien a affiché lundi sa détermination à ne pas reculer sur son programme nucléaire, en annonçant la levée des scellés et la reprise d'activités liées à l'enrichissement industriel d'uranium à l'usine de Natanz (centre) avant une réunion de l'AIEA le 6 mars.Téhéran a aussi annoncé le report des négociations, prévues le 16 février avec Moscou, sur un plan russe d'enrichissement d'uranium iranien en Russie. Un haut diplomate russe a aussitôt affirmé que son pays restait prêt à accueillir une délégation iranienne jeudi.
Lors d'un point de presse, le porte-parole du gouvernement iranien, Gholam Hossein Elham, a répondu "Non, non", quand on lui a demandé si l'Iran attendrait la réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour reprendre ses activités liées à l'enrichissement industriel d'uranium.
Selon des diplomates à Vienne, l'Iran a commencé les travaux pour enrichir l'uranium à des fins de recherches à Natanz. "L'Iran a introduit du gaz dans des centrifugeuses", a dit un diplomate.
Téhéran a également annoncé la levée imminente des scellés et des caméras de surveillance de l'AIEA dans ses sites nucléaires. "Aujourd'hui ou demain, les douze inspecteurs de l'AIEA, qui sont arrivés récemment en Iran, vont lever les scellés de l'usine de Natanz et d'une partie des installations de conversion d'Ispahan pour permettre techniquement la reprise de leurs activités", a affirmé une source bien informée, cité par l'agence semi-officielle Fars. "Ensuite, ils vont retirer les caméras de surveillance qui avaient été installées à Natanz et Ispahan dans le cadre du protocole additionnel" qui permet des inspections poussées de l'AIEA, a ajouté cette même source.
L'Iran a affiché ainsi sa défiance à l'égard de l'agence onusienne, qui a décidé le 4 février d'informer le Conseil de sécurité des Nations unies du dossier iranien tout en demandant à l'Iran de suspendre ses activités liées à l'enrichissement.
Samedi, le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad a menacé implicitement de quitter le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Un tel geste soustrairait l'Iran à tout contrôle de ses activités par l'AIEA.
Selon le président, la république islamique "a poursuivi ses efforts nucléaires dans le cadre de l'AIEA et du TNP, mais si nous voyons que vous voulez nous priver de notre droit en vous basant sur ces mêmes règles, sachez que le peuple révisera sa politique dans ce domaine".
La Corée du Nord, accusée par les Etats-Unis de chercher à obtenir l'arme nucléaire, est le seul signataire du Traité à l'avoir abandonné, en 2003.
M. Elham est revenu sur ce sujet lundi: "Nous insistons pour pouvoir bénéficier du droit à la technologie nucléaire civile reconnu par le TNP, et les Occidentaux doivent reconnaître ce droit absolu", a dit le porte-parole en ajoutant que "s'ils font ça, on est attaché" au TNP.
Dans ces conditions le plan russe d'enrichissement d'uranium iranien semble pour le moins menacé. "Les négociations n'ont pas été annulées mais la date de leur tenue est une autre chose", a dit M. Elham, en précisant qu'"aucune date nouvelle n'a été fixée". "Notre proposition pour le 16 (février) reste en vigueur", a aussitôt répondu à Moscou un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Kisliak, cité par l'agence Interfax.
M. Elham a expliqué que ce report s'expliquait par la prise en compte de "nouveaux éléments", et notamment le fait que "le gouvernement (iranien, ndlr) insiste sérieusement sur l'enrichissement d'uranium à but pacifique à l'intérieur du pays".
Cette condition met à mal le principe même de l'offre russe, car elle est inacceptable pour les Occidentaux.
Ces derniers voient en effet dans l'offre de Moscou le moyen d'empêcher l'Iran de procéder à l'enrichissement d'uranium sur son propre territoire.
Ce procédé est crucial pour l'obtention du combustible nucléaire pour une centrale, mais aussi de la charge fissile d'une bombe atomique.

 

 

Mahmoud Ahmadinejad agite la menace d'un retrait du TNP

TEHERAN (11 février 2006) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a rejeté samedi les pressions exercées par l'Occident pour obtenir le gel des activités nucléaires sensibles de son régime et laissé entendre qu'en représailles, l'Iran pourrait se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
Devant des dizaines de milliers d'Iraniens rassemblés sur la place Azadi de Téhéran pour le 27e anniversaire de la Révolution islamique, l'ultra-conservateur Ahmadinejad a répété ses attaques contre Israël, estimant que le "véritable" Holocauste se déroule "en Palestine où les sionistes tuent des Palestiniens tous les jours". "Vous le trouverez aussi en Irak", a ajouté le président iranien, qui avait suscité une vague de condamnations au sein de la communauté internationale en qualifiant l'Holocauste de "mythe".
Il a également accusé les "sionistes" d'être à l'origine de la publication dans la presse occidentale des caricatures de Mahomet qui ont suscité de violentes protestations dans le monde musulman. "Je demande à tous dans le monde de ne pas laisser un groupe de sionistes qui a échoué en Palestine (allusion aux législatives palestiniennes remportées récemment par le groupe radical du Hamas, NDLR) insulter le prophète".
Mais Mahmoud Ahmadinejad a consacré surtout son discours à fustiger les pressions occidentales sur le programme nucléaire iranien. "La politique nucléaire de la République islamique a pour l'heure été pacifique", a-t-il déclaré. "Jusqu'à présent, nous avons travaillé dans le cadre des réglementations de l'agence (internationale de l'énergie atomique, NDLR) et du TNP".
Cependant, "si l'on voit que vous voulez violer le droit du peuple iranien en recourant à ces règles, sachez que le peuple iranien réexaminera sa politique", a-t-il lancé à l'adresse des Occidentaux. "Vous ne devriez pas faire quoi que ce soit qui conduise à une telle révision."
Le président iranien n'a pas explicité ses menaces, mais il semblait faire allusion à un retrait du TNP et de l'AIEA. "L'Occident cache sa face immonde derrière des instances internationales, mais ces organes n'ont aucune réputation parmi les nations. Vous avez détruit la réputation du TNP".

 

 

Le Monde, 8/2/06:
L'Iran étudierait un puits permettant des essais nucléaires, selon le "Washington Post"


 

 

RTBF, 5/2/2006:

L'Iran ferme ses portes à l'AIEA

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a décidé samedi à Vienne, de transmettre au Conseil de sécurité de l'ONU, le dossier nucléaire de Téhéran. Téhéran a aussitôt réagi en annonçant qu'il suspendait, à compter de ce dimanche, les inspections inopinées de ses sites nucléaires sensibles.
L'unité des grandes puissances sur le dossier iranien pourrait trouver ses limites au Conseil de sécurité. D'ores et déjà, les ambassadeurs russes et chinois minimisent la portée de la saisine du Conseil. Selon eux, il s'agit uniquement d'informer l'ONU. Il faut dire que Moscou et Pékin ont des intérêts importants en Iran, et ils n'hésiteront pas à utiliser leur veto pour bloquer toute sanction économique qu'ils jugent inappropriée.

Au contraire, les Européens et les Américains saluent la décision de l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, comme un pas décisif. Dans tous les cas, les cinq membres permanents du conseil de sécurité ont promis de ne prendre aucune action sur ce dossier pendant le mois de février. Au cours des prochains jours, ils vont simplement recevoir les différents rapports et résolutions de l'AIEA sur le programme nucléaire iranien.

En mars seulement commenceront les négociations qui promettent d'être difficiles. Elles dépendront beaucoup de l'attitude iranienne au cours des prochains jours. Selon les diplomates, l'action du Conseil sera progressive, graduée, et réversible. L'idée n'est pas de sanctionner l'Iran dont les ressources pétrolières sont indispensables à l'économie mondiale. L'objectif est plutôt de tordre le bras du régime iranien jusqu'à ce qu'il prouve qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire.

Riposte iranienne :

La réponse de l'Iran ne s'est pas fait attendre : Téhéran a annoncé son intention de reprendre ses activités d'enrichissement de l'uranium et de ne plus autoriser, à partir de ce dimanche, les équipes de l'ONU à effectuer des visites d'inspection surprise des installations iraniennes. Le ministre des Affaires étrangères iranien, a d'ailleurs confirmé, dimanche, la reprise de tout le programme nucléaire iranien qui avait été suspendu volontairement par Téhéran.

Mais si l'Iran a rejeté la transmission du dossier au Conseil de sécurité de l'ONU, il se dit toujours prêt à négocier avec la Communauté internationale sur son programme nucléaire. Un programme nucléaire, exclusivement, selon Téhéran, destiné à la production d'électricité.



Le Monde, 3/2/06:
Après la décision de l'AIEA, l'Iran met fin au contrôle renforcé de son programme nucléaire

 

 

Nucléaire iranien: Mohamed El-Baradeï évoque une "occasion" de sortir de l'impasse

VIENNE (2 février 2006) - Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (IEA) a estimé jeudi que les initiatives visant à renvoyer l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'ONU ne constituaient pas "une crise" mais une "occasion" de sortir de l'impasse relative au programme nucléaire de Téhéran. "Nous atteignons une phase critique mais ce n'est pas une crise", a ainsi déclaré Mohamed El-Baradeï aux journalistes alors que le conseil des gouverneurs de l'AIEA examinait un projet de résolution visant à transmettre le dossier au Conseil de sécurité de l'ONU.


Le Figaro, 1 février 2006:

L'ombre du Conseil de sécurité plane sur le nucléaire iranien

Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine ont élaboré un projet de résolution demandant à l'AIEA de renvoyer l'Iran devant ce Conseil au sujet de son programme nucléaire. Ce texte devrait être discuté jeudi devant les 35 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Mercredi, les cinq grands - Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie - ont réitéré leur position sur le nucléaire iranien, élaborant un projet de résolution à destination de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) visant à renvoyer l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Les auteurs du texte demandent au directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, « de faire rapport au Conseil de sécurité des Nations unies » sur les mesures que doit entreprendre l'Iran afin que « l'on puisse résoudre au mieux les questions en suspens et établir la confiance dans le caractère uniquement pacifique du programme iranien ».

La résolution juge « nécessaire que l'Iran en revienne à la suspension complète et prolongée de toutes ses activités liées à l'enrichissement et au retraitement de l'uranium, y compris la recherche et le développement ».

Projet amendé par la Russie
Selon un diplomate, le projet, rédigé par la troïka européenne - Allemagne, France et Grande-Bretagne, aurait été amendé à la demande de la Russie pour supprimer toute référence à un article de l'AIEA autorisant des sanctions. Moscou craint que des sanctions aggravent la menace que fait peser sur le monde le programme nucléaire iranien et poussent Téhéran à se doter rapidement de la bombe atomique.
Il est demandé à l'Iran « d'aider l'AIEA à éclaircir de possibles activités qui pourraient avoir une dimension nucléaire militaire ». Le projet doit être soumis mercredi à l'AIEA, dont les 35 pays membres du conseil des gouverneurs se réunissent jeudi sur le dossier iranien.

Londres laisse une « dernière occasion » à Téhéran

Londres a laissé mercredi matin une « dernière occasion » à l'Iran pour qu'il fasse la preuve de la nature exclusivement civile de son programme nucléaire.
Selon le chef de la diplomatie britannique, la République islamique doit « vraiment voir la position commune des leaders de la communauté internationale non comme une menace mais comme une occasion, la dernière occasion de se remettre sur les rails et respecter ses obligations (...) et de ne rien faire qui pourrait conduire au développement de l'arme nucléaire ».

Ahmadinejad défie « les puissances de paille »
Mercredi matin, le président iranien ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad, a une nouvelle fois défié la communauté internationale. Qualifiant les puissances nucléaires de l'ONU de « puissances de paille », il a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre son programme nucléaire. Il s'exprimait au lendemain du discours de l'Union de George W. Bush, dans lequel le président américain a critiqué « une petite élite cléricale qui isole et opprime son peuple ».
« Ceux qui possèdent des stocks d'armes nucléaires se réunissent à plusieurs, prennent des décisions et croient que le peuple iranien va se soumettre à leurs décisions», a déclaré le président lors d'un discours télévisé. Selon lui, « dans l'affaire nucléaire, le peuple iranien poursuivra son propre chemin jusqu'à l'obtention de son droit ».

Téhéran menace
En cas de saisine de Conseil de sécurité, l'Iran reprendra l'enrichissement industriel d'uranium et certaines caméras de surveillance installées par l'ONU sur les sites nucléaires seront démontées, a prévenu le négociateur iranien chargé du dossier nucléaire.

Le ministre iranien de la défense a pour sa part fait savoir que l'Iran « riposterait immédiatement et de manière destructrice » en cas d'attaque contre ses installations nucléaires. Ces derniers mois, plusieurs responsables israéliens ont évoqué une possible attaque contre les installations nucléaires iraniennes pour empêcher l'Iran de développer son programme nucléaire. Interrogé sur une éventuelle action militaire en Iran, Tony Blair a déclaré vouloir poursuivre le dossier « par des moyens pacifiques et diplomatiques ».

 

 

L'Iran menace de cesser toute coopération volontaire avec l'AIEA

TEHERAN (31 janvier 2006) - L'Iran a menacé mardi de cesser toute coopération "volontaire" avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dès samedi, si le Conseil de sécurité de l'Onu était saisi ou informé de son dossier nucléaire. "Il n'y a pas de différence entre informer et saisir le Conseil de sécurité", a déclaré depuis Londres le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki, cité par la télévision iranienne.

 

 

Le Monde, 31/01/06:
Accord des "six" pour saisir l'ONU sur le dossier nucléaire iranien



Le Monde, 30/01/06:
La maîtrise de la chaîne nucléaire iranienne

 


Le Nouvel Observateur, 22/1/06:
L'Iran dénonce les propos de Chirac
(voir propos de Chirac)

 

Le Monde, 19/1/06:
Damas appuie le programme nucléaire de son allié iranien

 

Iran: Solana écarte une solution militaire au conflit sur le nucléaire

TEHERAN (14 janvier 2006) - Le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union Européenne Javier Solana a catégoriquement écarté une solution militaire au conflit iranien sur le nucléaire, dans un entretien à la presse allemande à paraître dimanche."Une action militaire contre l'Iran est hors de question", a-t-il déclaré au quotidien dominical populaire Bild am Sonntag. La décision des Européens d'en appeler au Conseil de sécurité de l'Onu ne signifie "nullement une fin des négociations" avec l'Iran, a souligné M. Solana, appelant Téhéran à convaincre la communauté internationale de la nature pacifique de son programme nucléaire après la reprise mardi par de ses activités de recherches en matière d'enrichissement d'uranium... [Suite]

 


La saisine du Conseil de sécurité ne fera pas dévier l'Iran

TEHERAN (14 janvier 2006) - Une éventuelle saisine du Conseil de sécurité de l'Onu n'amènera pas Téhéran à renoncer à la technologie nucléaire, affirme le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. "S'ils cherchent à anéantir les droits du peuple iranien par ce moyen, ils ne réussiront pas", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse... [Suite]

 

Le Monde, 13/1/06:
La question nucléaire iranienne va être examinée à l'ONU

 

La Libre Belgique:
L'Iran pourrait disposer de l'arme nucléaire en 2009


L'Iran ne cèdera pas sur le dossier nucléaire

Téhéran, 11 janvier 2006 - L'Iran ne renoncera pas à son programme nucléaire malgré la condamnation par les Occidentaux de la reprise des recherches, a dit l'ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani. Washington fait pression pour une saisine du Conseil de sécurité de l'ONU.
"C'est une question délicate. Nous ne pouvons pas renoncer à notre droit. Aucun Iranien n'est prêt à y renoncer et ils doivent savoir que nous resterons fermes", a déclaré M. Rafsandjani à la prière collective marquant la fête musulmane d'Al-Adha.
"Avec sagesse, nous défendrons nos droits, et s'ils nous créent des troubles, ils le regretteront et l'Iran sortira vainqueur" de toute crise, a déclaré M. Rafsandjani, qui dirige le Conseil de discernement, la plus haute instance d'arbitrage politique du régime.
L'Iran a repris mardi ses activités de recherche en matière de combustible nucléaire après deux années de suspension, envenimant la crise avec l'Occident. Cette reprise a été condamnée par les Etats-Unis et les pays européens, qui soupçonnent l'Iran de vouloir utiliser son programme nucléaire à des fins militaires. (ATS)

 


Revue de presse du NouvelObs, 11 janvier 2006:
L'Iran et le nucléaire



L'Iran défie les Occidentaux en rouvrant son centre nucléaire de Natanz

VIENNE (10 janvier 2006) - L'Iran a commencé mardi à lever les scellés de trois centres de recherche nucléaire et veut mener des activités d'enrichissement d'uranium à Natanz, a indiqué le directeur de l'AIEA Mohamed ElBaradei, au milieu d'une série de condamnations occidentales. "Les inspecteurs de l'AIEA ont confirmé que l'Iran avait commencé à lever les scellés de l'AIEA placés sur des équipements et du matériel liés à l'enrichissement à Natanz" et qu'il achèverait de le faire d'ici mercredi sur deux autres sites, Pars Trash et Farayand.
M. ElBaradei, qui avait auparavant fait rapport par internet aux 35 Etats du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, a ainsi indiqué que l'Iran comptait procéder à Natanz à de l'enrichissement d'uranium par centrifugeuses, à des fins de recherches et "à petite échelle". Cette démarche, annoncée par l'Iran une semaine auparavant, intervient malgré l'opposition formelle des Occidentaux pour lesquels il s'agit d'une "ligne rouge" à ne pas franchir sous peine de risquer une saisine du Conseil de sécurité de l'ONU.
La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne (UE3) devraient conférer jeudi sur la marche à suivre. La troïka a négocié avec l'Iran entre novembre 2004 et août 2005 en vue d'un accord général conditionné au gel par la République islamique des activités d'enrichissement.
"Le sujet du transfert du dossier au Conseil de sécurité de l'Onu sera la priorité des discussions avec mes collègues", a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw, en excluant toute action militaire. L'UE3 avait prévu de nouveaux contacts, apparemment compromis, avec l'Iran le 18 janvier à Vienne. La Maison Blanche a mis en garde contre les risques d'une "grave escalade", en soulignant que si les Iraniens continuent à ne pas respecter leurs obligations, "il n'y a pas d'autre choix que d'en référer" au Conseil de sécurité de l'ONU. "Toute reprise de l'enrichissement ou des activités de conversion constituerait une nouvelle violation de la part de l'Iran de ses accords avec les Européens", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan. Le président français Jacques Chirac a estimé que l'Iran et la Corée du Nord "commettraient une grave erreur en ne saisissant pas la main que nous leur tendons".

 

Les 5 grands à l'Onu s'accordent pour parler d'une voix à l'Iran

WASHINGTON (9 janvier 2006) - Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu ont conjugué leurs efforts pour présenter un front uni et dissuader l'Iran de reprendre certaines activités nucléaires ultra-sensibles, a indiqué lundi un haut responsable américain. Face à la reprise annoncée comme imminente de ces activités, "nous nous sommes coordonnés très étroitement avec les Chinois, les Russes, les Britanniques et les Français pour envoyer des messages très similaires aux Iraniens", a indiqué un haut responsable du département d'Etat sous le couvert de l'anonymat.
Passant outre aux instances de la communauté internationale, l'Iran devait relancer lundi la recherche sur le cycle de production de combustible nucléaire et d'enrichissement d'uranium. Pour les Occidentaux, la maîtrise par l'Iran du cycle du combustible fait courir à la communauté internationale le risque de se retrouver avec une nouvelle puissance militaire nucléaire, même si l'Iran proclame que ses activités sont exclusivement destinées à produire de l'électricité.
En reprenant la recherche, l'Iran compromettrait considérablement les négociations déjà très mal en point avec les trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne), qui tentent depuis 2003 de convaincre la République islamique de renoncer totalement à l'enrichissement. Mais Téhéran a beaucoup misé, pour échapper au Conseil de sécurité, sur les divergences entre ses membres permanents, dont la Russie et la Chine sont réticentes à une saisine. Les cinq pays se sont ainsi coordonnés pour demander à Téhéran de "revenir à des négociations sérieuses", a indiqué le responsable du département d'Etat. Les messages qu'ils ont envoyés ces derniers jours, sans être un message formel du Conseil de Sécurité ni une déclaration unifiée, sont "similaires", a-t-il dit. "Nous travaillons très étroitement sur le front diplomatique avec l'UE-3, les Russes et d'autres pour essayer de donner toutes leurs chances (aux) options diplomatiques", a dit le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack. "Nous verrons bien ce qui se passe dans les jours ou les semaines qui viennent", a-t-il dit, mais "nous pensons qu'en fin de compte, à cause de son attitude passée, l'Iran va se retrouver devant le Conseil de Sécurité".
La communauté internationale a déjà signifié à Téhéran que "la prochaine étape, ce serait le renvoi devant le Conseil de sécurité" si l'Iran ne respectait pas ses obligations internationales, a déclaré de son côté le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, affirmant qu'il existait une "majorité de plus en plus grande" pour cela. Les Etats-Unis, convaincus que l'Iran travaille secrètement à la bombe atomique, sont les plus fervents partisans d'un envoi du dossier au Conseil de sécurité en vue d'injonctions et éventuellement de sanctions.
La Russie, qui construit actuellement la première centrale iranienne, qui a proposé à la République islamique de délocaliser sur le territoire russe sa production d'uranium enrichi et qui escompte d'autres juteux contrats, a cependant fait entendre un autre son de cloche. Le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, a jugé que le problème devait être réglé "dans un cadre politique et diplomatique et à un stade suivant, au sein de l'AIEA", l'Agence internationale de l'énergie atomique, mais non pas au Conseil de sécurité. "La situation est grave et il faut faire tous les efforts pour convaincre les Iraniens de revenir à la situation précédente, à la négociation", a déclaré, à ses côtés à Paris, le Haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne (UE) Javier Solana.


Le négociateur iranien minimise la proposition russe

TEHERAN (1 janvier 2006) - Le responsable iranien chargé des négociations sur le nucléaire Ali Larijani a minimisé dimanche la portée de la proposition d'un enrichissement d'uranium iranien en Russie, en la qualifiant de simple "idée", pas "mûre", et comportant de "sérieux problèmes".
"C'est une idée, pas une proposition structurée, nous ne la considérons pas comme mûre et elle comporte de sérieux problèmes", a dit M. Larijani à la télévision d'Etat, en ajoutant que "les droits de l'Iran à posséder une science nucléaire doivent être préservés".
Les responsables iraniens avaient assoupli leur position sur la proposition russe en annonçant mercredi qu'ils allaient "étudier" ce plan, alors qu'ils l'avaient jusque-là rejeté a priori.
M. Larijani, qui est secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, a précisé à cet égard qu'"il y a une différence entre la considération (du plan) et une vue positive" de ce dernier.
La proposition russe, soutenue par les Européens et les Etats-Unis, vise à éviter que l'Iran mène sur son territoire l'enrichissement d'uranium, un procédé qui permet d'obtenir aussi bien du combustible nucléaire que la charge d'une bombe atomique.
Les occidentaux craignent que le programme nucléaire civil iranien dissimule un volet militaire, ce que Téhéran a toujours démenti.
M. Larijani a minimisé la portée de l'offre russe en affirmant que "ce plan pourrait être complémentaire et apporter un soutien" à l'industrie nucléaire iranienne. "Il y a des avantages technologiques (dans ce plan), nous devons les étudier", a-t-il ajouté
Evoquant la reprise des discussions avec les Européens sur le dossier nucléaire iranien, entamée le 21 décembre à Vienne et qui devrait se poursuivre le 18 janvier, il a mis en garde contre un durcissement de leur position.
"S'ils agissent durement, notre comportement changera; nous avons des scénarios prêt à l'emploi et ils ne peuvent pas nous mettre facilement échec et mat", a dit le responsable.
M. Larijani a porté un jugement nuancé sur le premier round de discussion, qui devait permettre de renouer le dialogue, suspendu en août après que l'Iran eut annoncé avoir repris sa conversion d'uranium, préalable à l'enrichissement.
"J'avais espéré que les négociations récentes à Vienne feraient plus de progrès", a-t-il dit, en laissant planer la menace d'une reprise d'activités sensibles dans un cadre de recherche scientifique.
"Nous avons un calendrier, et nous n'entrerons pas dans des négociations sur la recherche", a-t-il dit.
Le 5 décembre, M. Larijani avait déjà insisté sur le fait que "les questions de la recherche en laboratoires et de la fabrication de pièces (de centrifugeuses pour l'enrichissement) ne sont pas concernées par les négociations".
Il avait toutefois refusé de dire quand l'Iran allait effectivement reprendre ces activités, suspendues au début 2005 à la demande des Européens.
M. Larijani a estimé aussi que la Russie, qui construit une centrale dans le sud du pays à Bouchehr, pourrait ne pas s'opposer avec autant de fermeté que les Européens au programme nucléaire iranien.
"La Russie a de nombreux intérêts dans la région et veut aboutir à un résultat avec l'Iran. Elle a plus d'intérêts que les Européens et je ne pense pas qu'elle veuille les perdre au bénéfice d'autres pays", a-t-il dit, en référence aux pressions américaines sur Moscou.

 

 

Libération , jeudi 22 décembre 2005:
Le scénario d'un Iran nucléaire


 

Le Monde, mercredi 21 décembre 2005:

Selon les Moudjahidin du peuple, Téhéran aurait développé des sites souterrains

L'Iran a développé des installations nucléaires secrètes, en particulier dans des constructions souterraines et des tunnels répartis dans tout le pays. Cette accusation a été lancée hier par des opposants au régime de Téhéran - les Moudjahidin du peuple - à la veille de la reprise, aujourd'hui à Vienne (Autriche), des négociations entre les Européens et l'Iran sur le programme nucléaire. Les affirmations des Moudjahidin ne sont pas vérifiables, mais elles peuvent être prises au sérieux. C'est en effet cette organisation qui a révélé en 2003 l'existence de deux sites nucléaires clandestins, relançant la polémique sur la volonté de Téhéran de se doter de l'arme atomique.

Missiles balistiques. Cette fois-ci, les Moudjahidin du peuple ont «identifié onze» sites souterrains. «Ces tunnels servent à cacher des segments du programme nucléaire et de missiles balistiques du régime des mollahs», affirment-ils. Ils assurent que le nouveau président, Mahmoud Ahmadinejad, a «depuis 1998 été personnellement chargé par Khamenei (le guide suprême de la Révolution, ndlr) de planifier et de préparer la construction de ces tunnels». «L'ensemble des constructions se fait sous le contrôle des Gardiens de la révolution» et non de l'armée, ajoutent-ils.

Les opposants décrivent plus particulièrement quatre installations, à Qom, à Ispahan et vers Téhéran. Ainsi le site de Parchine, où «le complexe de tunnels sert à dissimuler du matériel nucléaire», ou celui de Khodjir, où «un tunnel de mille mètres de long et douze mètres de diamètre» est utilisé pour l'«assemblage des missiles balistiques».

Les Moudjahidin du peuple dénoncent également l'«utilisation de technologies étrangères» pour la construction de ces sites. Ils pointent l'importation «par des procédés illégaux» de matériel de forage allemand et italien, ainsi que la collaboration d'experts russes, en particulier «un des principaux ingénieurs» des installations souterraines de Moscou.

Ogives nucléaires. Parallèlement, le général Aharon Zeevi, le chef des renseignements militaires israéliens, a affirmé hier que douze missiles de croisière de fabrication russe pouvant être armés d'ogives nucléaires ont été localisés en Iran. Ils avaient récemment disparu d'un pays de l'ex-Union soviétique.

Lundi, le président américain George W. Bush avait réaffirmé que «nous ne pouvons pas permettre [...] que l'Iran ait l'arme nucléaire, en particulier après ce que le président iranien a dit quant à sa volonté d'annihiler un allié des Etats-Unis», l'Etat d'Israël.

Jean-Dominique MERCHET

 

 

Le Monde, 14/12/05:
Selon les Israéliens, l'Iran possèdera la bombe nucléaire dans trois mois


 

L'Iran entend poursuivre le développement de son programme nucléaire

TEHERAN (10 décembre 2005) - L'Iran va enrichir de l'uranium et produire du combustible nucléaire, a affirmé samedi Gholamreza Aghazadeh, qui dirige l'Organisation atomique d'Iran, alors que la communauté internationale fait pression sur Téhéran pour obtenir l'arrêt de ce programme. Selon la télévision officielle iranienne, les négociations prévues avec la troïka européenne reprendront le 21 décembre à Vienne.
"Pour moi, il ne fait aucun doute que l'Iran va produire du combustible nucléaire", a déclaré samedi M. Aghazadeh devant la presse à Téhéran. "Il ne fait aucun doute que nous devons enrichir de l'uranium". Le patron de l'Organisation atomique d'Iran, qui est aussi vice-président de la République islamique, n'a pas précisé quand exactement ce processus reprendra.
Dans un apparent signe de bonne volonté, il a assuré que "l'Iran n'injectera pas d'uranium gazeux dans des centrifugeuses et ne fera pas d'enrichissement" durant les pourparlers à venir avec les négociateurs européens. Selon la télévision officielle iranienne, les discussions avec la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, rompues au mois d'août, reprendront le 21 décembre à Vienne, où se trouve le siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
M. Aghazadeh a ajouté que l'Iran prévoyait de construire une centrale nucléaire de 460 mégawatts, sur la base de technologies iraniennes, à Dar Khovin, dans la province du Khuzestan (sud-ouest). A plus long terme, a-t-il précisé, Téhéran entend avoir une production électrique de 2.000 MW grâce à la construction de centrales avec l'aide de pays étrangers.
L'Iran avait interrompu son programme d'enrichissement d'uranium en novembre 2004 dans un geste conciliant à l'égard des négociateurs européens, qui tentent d'obtenir l'arrêt permanent de ces activités. Celles-ci permettent de produire du combustible pour des réacteurs nucléaires mais aussi pour des bombes. Or, les autorités iraniennes ont repris leurs activités de conversion, étape préalable à l'enrichissement, en août, après la rupture des pourparlers.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a averti l'Iran que la crise liée à son programme nucléaire pourrait entraîner la saisine du conseil de sécurité des Nations unies, qui a la possibilité d'imposer des sanctions au pays.
En marge de ces nouveaux développements, le directeur général de l'AIEA, l'Egyptien Mohammed El-Baradeï, récipiendaire avec son agence du prix Nobel de la paix 2005, a semblé vouloir mettre en garde Israël, dans un entretien publié samedi, contre la tentation de bombarder des installations nucléaires iraniennes.
"On ne peut faire usage de la force pour empêcher un pays d'obtenir l'arme nucléaire. En le bombardant et en le laissant à moitié mort, on ne peut que retarder ses projets", estime M. El-Baradeï dans les colonnes du quotidien norvégien "Aftenposten". "Mais il reviendra et réclamera vengeance". Mohamed El-Baradeï se trouvait samedi à Oslo, la capitale norvégienne, pour y recevoir le prix Nobel de la paix.

 



Le Monde, 8/12/05:
M. Ahmadinejad qualifie Israël de "tumeur" et doute de la Shoah

 


Libération, 5 décembre 2005:

L'Iran campe sur ses positions nucléaires

Ali Larjani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité national d'Iran et négociateur en chef sur le dossier nucléaire, lors d'une conférence de presse à Téhéran, lundi. Il a réaffirmé l'ambition de son pays de produire son propre combustible nucléaire, repoussant la proposition russe que l'enrichissement de l'uranium, qui suppose des technologies qui peuvent être utilisées à des fins militaires, soit effectué en territoire russe.
Larjani a expliqué que «l'industrie d'enrichissement coûte cher et aucun pays n'est prêt à faire des investissements dans un autre pays pour créer une industrie d'enrichissement pour les transférer ensuite sur son territoire». Il a néanmoins laissé entrevoir une possibilité d'entente : «Très certainement l'enrichissement sera fait en Iran, mais pour des mesures de confiance, nous optons pour les négociations» a-t-il souligné.
Par ailleurs Ali Larjani a fait savoir au monde que l'Iran «allait lancer un appel d'offres cette année (qui se termine en mars) pour la construction de deux centrales nucléaires» ajoutant que cela rentrait dans le cadre du programme du gouvernement iranien de construction de 20 centrales nucléaires d'une capacité totale de 20 000 mégawatts d'ici vingt ans.


Le Monde, 5/12/05:
L'Iran annonce la construction prochaine de nouveaux réacteurs nucléaires



 


"Soutien total" de Moscou aux efforts de l'AIEA sur le dossier nucléaire iranien

TUNIS (jeudi 24 novembre 2005) - Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré jeudi à Tunis que son pays "soutenait totalement" les efforts déployés par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour la recherche d'un règlement du dossier nucléaire iranien, évitant de parler de sanctions économiques.
Lors d'une conférence de presse, il a ainsi éludé la question de savoir si Moscou userait le cas échéant de son droit de veto au conseil de sécurité de l'ONU pour s'opposer à d'éventuelles sanctions contre l'Iran. "Nous n'avons pas entendu parler de sanctions économiques", a-t-il dit en réitérant la position russe plutôt favorable à la recherche d'une solution diplomatique par la voie du dialogue.
Le chef de la diplomatie russe qui achevait une visite de deux jours à Tunis, dernière étape d'une tournée maghrébine qui l'a conduit au Maroc et en Algérie, a déclaré que ses entretiens avec le président Zine El Abidine Ben Ali et avec son homologue tunisien Abdelwahab Abdallah, avaient dégagé une convergence de vues sur les sujets abordés, dont la lutte contre le terrorisme.
Il a précisé avoir convenu avec ses interlocuteurs de la nécessité d'éradiquer les causes de ce phénomène, en premier lieu la pauvreté.



Le Parlement iranien adopte une motion dure sur le nucléaire

TEHERAN (20 novembre 2005) - Le Majlis (Parlement iranien) a adopté une résolution obligeant le gouvernement à suspendre les inspections inopinées de sites nucléaires par l'Agence internationale de l'énergie atomique et à reprendre les opérations d'enrichissement d'uranium en cas de saisine par l'AIEA du Conseil de sécurité de l'Onu.
Lors du scrutin, retransmis en direct à la radio d'Etat, 193 des 197 députés présents ont voté en faveur de ce texte.
"Si le cas iranien est renvoyé devant le Conseil de sécurité (...), le gouvernement sera contraint de mettre fin à l'ensemble de ses mesures unilatérales et de relancer les activités (d'enrichissement)", a expliqué Alaeddin Boroujerdi, président de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense.
Auparavant, l'Iran avait estimé qu'aucune preuve sérieuse ne permettait de transmettre au Conseil de sécurité le dossier de son programme nucléaire en vue d'éventuelles sanctions.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hamid Reza Asefi, a estimé que toute saisine du Conseil de sécurité constituerait une manoeuvre politique visant la République islamique.
"Il n'existe aucune raison juridique ou logique pour que le dossier de l'Iran soit transféré", a-t-il assuré aux journalistes.
Le cas de l'Iran risque d'être soumis au Conseil de sécurité, la communauté internationale doutant fort que son programme nucléaire n'ait de visées que civiles et estimant que Téhéran n'a pas encore fait preuve à ce jour d'une coopération pleine et entière avec les inspecteurs de l'AIEA.

 

 

Le Monde, 19/11/05:

Selon l'AIEA, Téhéran disposerait depuis 1987 d'éléments pour fabriquer une bombe atomique

Les Iraniens ont disposé, dans le passé, d'instructions permettant la fabrication d'éléments d'armes nucléaires, a indiqué l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), vendredi 18 novembre, dans un nouveau rapport exigeant de l'Iran davantage de coopération et d'accès à des sites militaires. Selon ce rapport, ces documents qui, selon Téhéran, proviennent d'une offre du marché noir datant de 1987, décrivent la manière de fabriquer le coeur explosif d'une bombe atomique, à savoir une matrice pouvant "couler et fabriquer des formes hémisphériques en uranium enrichi, naturel ou appauvri".
Ces révélations interviennent à quelques jours de la réunion, le 24 novembre, à Vienne, du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui doit envisager s'il faut ou non transmettre le dossier du nucléaire iranien au Conseil de sécurité des Nations unies. La décision des gouverneurs sera notamment fondée sur ce rapport. "La pleine transparence de l'Iran est indispensable et se fait attendre", estime le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei. L'Agence de Vienne se plaint que ses inspecteurs n'ont toujours pas accès à des sites militaires sensibles, comme Lavizan-Shian, situé près de Téhéran.

PROPOSITION RUSSE
Les Iraniens ont affirmé que ces plans, vraisemblablement obtenus par la filière pakistanaise, n'avaient pas été utilisés. Il ne semble pas que ceux-ci soient aussi détaillés que le "manuel" pour fabriquer une bombe atomique obtenu par la Libye, via le réseau d'Abdul Qadeer Khan, le père de l'arme nucléaire pakistanaise. Les Libyens ont renoncé, fin 2003, à avoir des armes de destruction massive.
A Téhéran, Javad Vaïdi, responsable des affaires internationales au Conseil suprême de la sécurité nationale, a déclaré que l'AIEA augmentait constamment ses demandes mais que l'Iran continuerait à coopérer avec l'agence onusienne.
Téhéran a d'autre part confirmé, vendredi, avoir repris la conversion de l'uranium (étape préalable à l'enrichissement) passant outre à une précédente résolution de l'AIEA exigeant son arrêt. Le responsable iranien du dossier nucléaire, Ali Larijani, a expliqué un tel refus par l'absence de "raisons convaincantes" de la part de l'Agence. Téhéran proclame son droit à maîtriser la totalité du cycle nucléaire à des fins pacifiques.
A Washington, Stephen Hadley, conseiller présidentiel pour la sécurité nationale, a indiqué que le président George Bush avait informé le président russe, Vladimir Poutine, de son soutien à une proposition russe de compromis dans le dossier iranien. Il s'agirait d'autoriser les Iraniens à conserver une capacité résiduelle de conversion en Iran, alors que l'enrichissement de l'uranium s'effectuerait en totalité en Russie, en associant des ingénieurs iraniens. Les autorités iraniennes ont refusé une première fois cette solution, mais les Européens de la "troïka" (Allemagne, France et Grande-Bretagne), qui ont endossé la proposition russe, ne désespèrent pas de les faire changer d'avis d'ici au 24 novembre.

Laurent Zecchini

 


Linflexibilité iranienne irrite la Russie

VIENNE (17 novembre 2005) - L'Iran, qui se montre inflexible sur son programme dans le domaine du nucléaire, irrite de plus en plus la Russie, qui est pourtant un des ses plus proches alliés, ont affirmé jeudi à Vienne des diplomates.
Mercredi, des responsables iraniens ont confié aux Russes qu'ils ne reprendraient pas la conversion d'uranium... avant de reprendre le processus quelques heures plus tard, ont précisé ces diplomates.
L'Iran a rejeté l'éventualité de faire enrichir son uranium en Russie. Le chef de l'agence nucléaire iranienne, Gholamreza Aghazadeh, a affirmé récemment que le programme d'enrichissement nucléaire iranien ne peut être conduit qu'en Iran.
Les Européens et les Américains pourraient demander la saisine du Conseil de sécurité des Nations unies lors de la réunion du conseil de l'AIEA le 24 novembre prochain à Vienne.

 

 

Le Monde, 13/11/05:
L'Iran rejette un compromis russe sur le nucléaire au risque de l'escalade


 

Des fichiers informatiques présentés comme preuve contre Téhéran

13/11/05 - Les responsables du renseignement américain ont montré à l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) le contenu d'un ordinateur portable iranien volé, prouvant, selon eux, que Téhéran cherche à se doter de l'arme nucléaire, indique le New York Times dimanche.Lors d'une réunion à Genève, à la mi-juillet, les renseignements américains ont présenté une sélection tirée de plus de mille pages, présentant des simulations et des comptes rendus d'expérimentations, affirmant qu'ils sont la preuve d'une volonté de longue date de Téhéran de concevoir une ogive nucléaire, rapporte le quotidien citant six participants américains et européens à la réunion.Les Américains ont toutefois souligné que ces documents ne prouvent pas que l'Iran possède une bombe atomique. Mais ils sont la preuve la plus évidente à ce jour que Téhéran cherche à mettre au point une ogive nucléaire compacte compatible avec son missile Shahab, qui peut atteindre Israël et d'autres pays au Moyen-Orient. L'Iran assure que son programme nucléaire ne vise que des objectifs civils.La réunion, à laquelle participait le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, faisait partie d'une campagne américaine visant à accroître la pression internationale sur l'Iran, écrit le Times."Nous n'avons pas l'habitude de trimbaler nos secrets dans des ordinateurs", a dit dimanche, à Téhéran, le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi. "Tout cela ne vaut rien et c'est naïf", a-t-il insisté.


 

Le Monde, 6/11/05:

L'Iran demande formellement à l'UE la réouverture des négociations sur le nucléaire

L''Iran joue le chaud et le froid. Téhéran a demandé formellement à la troïka européenne de rouvrir les négociations nucléaires alors qu'elle exprime son soutien à la Syrie dans les tensions avec les Occidentaux.

"NÉCESSITÉ DE NÉGOCIER"
Le dirigeant chargé du nucléaire iranien, Ali Larijani, a fait transmettre aux trois ministres des affaires étrangères européens une lettre "insistant sur la nécessité de négocier", ont indiqué les agences de presse officielle Irna et semi-officielle Mehr.
La lettre a été remise dimanche après-midi au siège du Conseil suprême de la sécurité nationale, dont M. Larijani est le secrétaire, aux ambassadeurs des trois pays européens à Téhéran, a-t-on appris de source diplomatique.
Les négociations entre l'Iran et l'UE3 ont été rompues en août quand la République islamique a repris la conversion d'uranium, en même temps que le président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad accédait à la présidence.Tout en procédant dans sa lettre à une "évaluation" du dialogue passé, M. Larijani "accueille favorablement des négociations constructives et fondées sur la logique".
Il s'agit de la première démarche formelle entreprise auprès de l'UE3 par M. Larijani, réputé comme un dur, depuis qu'il a repris le dossier au pragmatique Hassan Rohani, qui avait maintenu le dialogue avec les Européens pendant deux ans.

LE CONTENU DE LA LETTRE EST IGNORÉ
On ignore le contenu détaillé de la lettre, en particulier si elle contient des propositions pouvant convaincre l'UE3 de reprendre les tractations. Les Européens ont signifié que les négociations ne pouvaient recommencer si les Iraniens ne revenaient pas à une suspension totale de leurs activités relatives à l'enrichissement d'uranium, donc également de la conversion, qui en est l'opération préalable.
Or les termes de la lettre cités par les agences de presse iraniennes réaffirment la détermination de la République islamique à mener à bien ces activités ultra-sensibles, qui fournissent le combustible pour les centrales civiles, mais peuvent aussi produire la charge explosive pour des bombes atomiques.Tout en préconisant le dialogue, Ali Larijani insiste dans sa lettre "sur la nécessité pour l'Iran d'exercer ses droits légitimes et de voir ses intérêts nationaux garantis".


3 novembre 2005:
Jusqu'où le président iranien peut-il aller ?


Le NouvelObs, 3/11/05:
Téhéran fait un geste


L'Iran persistera dans ses activités de conversion

TEHERAN (30 octobre 2005) - Le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré dimanche que l'Iran ne reviendrait pas à une suspension complète de ses activités nucléaires ultra-sensibles et a dénoncé comme un "mensonge" l'argument des Occidentaux selon lequel il s'agirait d'une mesure de "confiance".
"Nous soutenons la reprise des activités à l'usine de conversion d'uranium et nous allons continuer", a déclaré le président, s'exprimant devant des étudiants membres des milices islamistes de Téhéran.
"Le gouvernement s'est rendu compte récemment que cet argument de la confiance est faux et que ce qu'ils veulent, c'est nous priver du cycle de production de combustible nucléaire, nous savons depuis le début qu'ils mentent et qu'ils ne veulent pas que la République islamique dispose du cycle du combustible", a-t-il dit, moins d'un mois avant une importante réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
M. Ahmadinejad, qui a pris ses fonctions en août, a accusé le précédent gouvernement iranien "d'avoir cédé au nom de la confiance, jusqu'à suspendre volontairement les activités du cycle du combustible à Ispahan et Natanz, qui sont pourtant légales à 100% et ne donnent lieu à aucune déviation", a-t-il dit. "Dire que l'Iran a caché des choses pendant 18 ans est un gros mensonge", a-t-il dit alors que la diplomatie iranienne elle-même a reconnu ces dissimulations en expliquant que, sans elles, la communauté internationale n'aurait pas permis à l'Iran de développer ses activités nucléaires civiles.
En persistant dans ses activités relatives à l'enrichissement, l'Iran s'expose à ce que l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui se réunira fin novembre, décide de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu. L'agence onusienne presse l'Iran de revenir à une suspension complète, dénoncée en août avec le redémarrage, à Ispahan, de la conversion, opération préalable à l'enrichissement proprement dit. Pour l'AIEA, cette suspension complète représente la meilleure garantie que la République islamique ne fabriquera pas l'arme nucléaire.
[Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret...]
Les Européens offraient aux Iraniens une coopération nucléaire, politique et commerciale pour les convaincre d'observer une suspension complète. Les négociations ont été rompues quand l'Iran a repris la conversion.


 

Le Monde, 27/10/05:

Moscou condamne les propos d'Ahmadinejad mais continue de soutenir l'Iran à l'ONU

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé, jeudi 27 octobre, que les déclarations de Mahmoud Ahmadinejad fournissaient un "argument supplémentaire" pour le renvoi du dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU, tout en continuant de soutenir la position de Téhéran. "Ce que j'ai vu à la télévision (de la déclaration du président iranien) est inacceptable", a déclaré Sergueï Lavrov à son arrivée en Jordanie, selon des propos rapportés par l'agence Ria Novosti. Le matin même, il avait rencontré le premier ministre israélien, Ariel Sharon, à l'occasion d'une visite à Tel-Aviv.
"Ceux qui insistent pour transférer le dossier du nucléaire iranien au Conseil de sécurité des Nations unies ont reçu un argument supplémentaire pour le faire", a ajouté le ministre russe des affaires étrangères, en précisant que l'ambassadeur iranien à Moscou avait été convoqué par son ministère.
Pour autant, la position de Moscou sur le nucléaire iranien n'a "pas changé", a tenu à préciser Sergueï Lavrov, en guise de mise au point. La Russie reste donc opposée à l'examen de la question par le Conseil de sécurité, estimant que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est compétente en la matière. Moscou, qui construit une centrale nucléaire dans le sud de l'Iran, soutient Téhéran face à Washington.

L'UE CONDAMNE UNANIMEMENT LES PROPOS DE TÉHÉRAN
Par ailleurs, les dirigeants de l'Union européenne ont également condamné, jeudi, "de la manière la plus ferme" les propos du président iranien, qui a appelé, mercredi, à "rayer Israël de la carte". Dans une déclaration commune, les vingt-cinq chefs d'Etat et de gouvernement ont fait part de leurs critiques, depuis Hampton Court (Grande-Bretagne), où ils sont réunis pour un sommet informel. "Les appels à la violence et à la desctruction de quelque Etat que ce soit sont manifestement en contradiction avec l'affirmation que l'on est un membre mûr et responsable de la communauté internationale", indique le communiqué.
Paris, comme Londres, a convoqué son ambassadeur iranien "pour obtenir des explications". "Il a été demandé (à Sadegh Kharrazi) des clarifications sur la teneur des propos exprimés la veille par son président", a déclaré, jeudi, Jean-Baptiste Mattéi, porte-parole du ministère des affaires étrangères. "Il lui a été rappelé que le droit d'Israël à exister ne peut être contesté", a-t-il ajouté.

 


NouvelObs, 27/10/05:
Tout le monde peut craindre pour sa sécurité

 

 

Le Monde, 27/10/05:

Les négociations avec la troïka européenne sur le dossier nucléaire sont dans l'impasse

Les négociations entre les autorités de Téhéran et la troïka européenne (Allemagne, France et Grande-Bretagne) sur le programme nucléaire militaire iranien, sont dans l'impasse. Aucune date n'est fixée pour une reprise des pourparlers, chacune des deux parties attendant de l'autre un geste d'ouverture susceptible de remettre en route un processus de dialogue. Les Européens ont fait des propositions commerciales et économiques à l'Iran, afin d'inciter celui-ci à renoncer pour de bon à ses ambitions nucléaires, et ils sont prêts à les rendre plus "attrayantes", à condition toutefois que Téhéran revienne à une attitude de coopération, dont la manifestation ne peut être, à leurs yeux, que la reprise de la suspension du processus de conversion de l'uranium dans l'usine d'Ispahan.

Les autorités iraniennes affirment qu'il n'en est pas question, tout en arguant de leur désir de reprendre les discussions. Si rien ne se passe, Mohamed ElBaradei, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ne pourra rendre qu'un rapport négatif lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de l'Agence, le 24 novembre. Dans ce cas, on voit mal comment il pourra éviter de recommander le transfert du dossier iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Cette décision est prévue implicitement dans la résolution adoptée, le 24 septembre, par le Conseil des gouverneurs. Pour autant, ni les Européens, ni les Américains ne sont très sûrs du bien-fondé d'une telle escalade diplomatique. La Russie conseille d'attendre, c'est-à-dire de laisser plus de temps au président iranien Mahmoud Ahmadinejad et au principal négociateur du dossier nucléaire, Ali Larijani, pour prendre la mesure de l'évolution des positions internationales, telles que celles-ci se sont manifestées le 24 septembre, lorsque la Russie, la Chine et l'Inde, mais aussi de nombreux pays non-alignés peu suspects de sympathie envers l'Amérique, ne se sont pas opposés à la résolution de l'AIEA.

Mohamed ElBaradei est également partisan de ne pas précipiter les choses. L'administration américaine est partagée. Elle est soucieuse de ne pas laisser s'éroder l'élan politique qui s'est manifesté à l'AIEA, et estime que le temps joue contre ce fragile consensus. Une attitude de grande fermeté lui parait de nature à renforcer la crédibilité de la communauté internationale en matière de non-prolifération nucléaire. Mais elle a fait confiance jusque-là aux Européens et elle est obligée de constater que ceux-ci ont réussi à rallier à une position de fermeté des pays qui ont des liens politiques et économiques très étroits avec l'Iran, tels la Russie, la Chine et l'Inde. De plus, l'enlisement de l'armée américaine en Irak incite les responsables de la Maison Blanche et du département d'Etat à ne pas ouvrir un autre "front" avec l'Iran.

C'est donc avec le soutien de Washington que les Européens s'efforcent de consolider le consensus du 24 septembre. Ils tiennent à leurs partenaires le langage suivant : mettons-nous d'accord sur ce qui est acceptable et sur ce qui ne l'est pas s'agissant du programme nucléaire iranien (des activités civiles le sont, mais l'enrichissement de l'uranium doit être banni) ; ensuite, sommes-nous toujours bien d'accord pour envisager le recours au Conseil de sécurité si l'Iran n'obtempère pas à nos exigences ? Si c'est le cas, quels sont, d'autre part, nos moyens pour désamorcer la crise ? Parallèlement, les Européens essaient de convaincre les pays dont le soutien est fragile (les non-alignés) qu'un recours à l'ONU n'aurait, dans un premier temps, d'autre but que de renforcer la main de l'AIEA, et non pas de sanctionner l'Iran.

L'une des solutions envisagées consisterait à "sanctuariser" certaines activités nucléaires iraniennes (celles qui ont trait à l'enrichissement de l'uranium), sur le modèle de la coopération nucléaire irano-russe : la Russie est le maître d'oeuvre de la centrale nucléaire de Bouchehr, mais fournit le combustible nucléaire et doit récupérer le combustible irradié.

Cet arrangement viserait à créer un consortium international - auquel l'Iran serait associé, ainsi que d'autres pays non européens -, lequel gérerait en particulier l'usine d'enrichissement de Natanz. Reste le risque d'une fuite en avant de Téhéran, concrétisée par la reprise de l'enrichissement. Tous les scénarios de crise sont alors possibles, mais les experts sont cependant enclins à ne pas prendre très au sérieux la menace de représailles, sous la forme d'un arrêt des exportations pétrolières. L'économie iranienne est dépendante du pétrole, qui compte pour 80 % des revenus d'exportation.

Sur le plan intérieur, le régime de Téhéran doit pouvoir compter sur ses réserves de change, lesquelles sont fournies par l'argent du pétrole. Si le prix du baril devait encore croître en raison d'une réduction des exportations de brut iranien, la population iranienne serait la première touchée, puisque le paradoxe veut que l'Iran est obligé d'importer 38 % de ses besoins en essence.

Laurent Zecchini


L'Iran refuse de suspendre de nouveau ses activités nucléaires sensibles

TEHERAN (16 octobre 2005) - L'Iran a réaffirmé dimanche son refus de suspendre de nouveau ses activités nucléaires sensibles, une condition posée par les Européens pour une reprise des négociations, et a dit qu'il était confiant que son dossier nucléaire ne serait pas renvoyé devant l'Onu.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, a répété devant la presse que son pays refusait de suspendre ses activités de conversion à l'usine d'Ispahan (centre) qui a redémarré le 8 août après le rejet des propositions de coopération européenne par l'Iran. "Nous ne sommes pas prêts à revenir sur notre décision" de conversion, encore dit M. Assefi, soulignant qu'il n'existait "aucune raison légale ou juridique de renvoyer le dossier iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies". "On ne peut pas maintenir la menace du Conseil de sécurité comme une épée de Damoclès sur l'Iran", a déclaré M. Assefi, ajoutant que le temps était "au dialogue et aux négociations".
Les pays européens et les Etats-Unis demandent à l'Iran de renoncer totalement à son programme d'enrichissement d'uranium, seule garantie objective, selon eux, que ce programme ne dévie pas vers la fabrication de l'arme atomique. "La République islamique d'Iran est prête à reprendre les négociations mais sans condition préalable", a déclaré pour sa part l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, selon l'agence officielle Irna. Après près de deux années de négociations, le dialogue entre l'Iran et trois grands pays européens (la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne) avait été rompu en août après que l'Iran eut rejeté les propositions de coopération globales des Européens et repris son programme de conversion d'uranium à Ispahan. Mais le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a réaffirmé vendredi à Pékin être prêt à reprendre les négociations sur le nucléaire avec ces trois pays, en demandant que ces discussions aient un but défini. "Nous avons dit que le gouvernement iranien était d'accord pour reprendre les discussions avec les trois pays européens", a-t-il déclaré, rappelant que "ces négociations doivent avoir un but et être utiles". La Chine est opposée à la saisine du Conseil de sécurité du dossier nucléaire iranien.
Téhéran a toujours défendu officiellement son "droit à maîtriser le cycle du combustible nucléaire dans le cadre du Traité de non prolifération (TNP)". Samedi, Washington et Moscou ont étalé sur la place publique leur divergence à propos du programme d'enrichissement d'uranium de l'Iran. A l'issue des discussions entre la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, ce dernier a déclaré que "tous les membres du Traité de non-prolifération (TNP) ont droit" au cycle du combustible nucléaire et à l'enrichissement d'uranium. L'Iran "doit reconnaître que le TNP n'engendre par seulement des droits, mais aussi des obligations", a rétorqué Mme Rice, avant d'ajouter: "ce n'est d'ailleurs pas une question de droits, mais de savoir si on peut faire confiance ou non au cycle d'enrichissement iranien". M. Assefi a d'ailleurs salué la position de la Russie. "La Russie, la Chine et d'autres pays reconnaissent notre droit et refusent l'envoi de notre dossier au Conseil de sécurité", a-t-il déclaré.
Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a adopté le 24 septembre une résolution sur le programme nucléaire iranien qui ne demande pas expressément la saisine du Conseil de sécurité à ce stade, mais qui établit les conditions d'un transfert ultérieur du dossier devant cet organe de l'Onu.

 


L'Iran envisage un compromis pour éviter le Conseil de sécurité

VIENNE (11 octobre 2005) - L'Iran a indiqué être prêt à un compromis pour autoriser l'accès à ses sites soupçonnés d'activité nucléaire militaire et se plier aux autres demandes de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA), afin d'éviter que le dossier soit transmis au Conseil de sécurité, ont annoncé mardi les diplomates.
Ces diplomates, qui se sont exprimés sous condition d'anonymat en raison de la sensibilité du dossier, ont précisé qu'une délégation de l'AIEA était à Téhéran mardi pour évoquer la question avec des responsables iraniens.
L'AIEA demande à l'Iran de pouvoir visiter deux sites militaires, de rencontrer des responsables militaires bien que l'Iran assure que son programme nucléaire est purement civil. L'institution onusienne souhaite également prendre connaissance de documents sensibles concernant au programme d'enrichissement de l'uranium.
Ces trois questions sont considérées comme cruciales par l'AIEA dans le bras de fer qui l'oppose à Téhéran depuis le début de son enquête il y a trois ans. La communauté internationale soupçonne l'Iran de masquer son activité nucléaire militaire derrière une utilisation civile depuis plus de 18 ans, les premières preuves d'activité clandestine ayant été découvertes en 2002.
L'hostilité de l'Iran à collaborer avec l'AIEA a poussé la direction des 35 membres de l'organisation a approuvé une résolution appelant à la saisine du conseil de sécurité de l'ONU sur le dossier nucléaire iranien, qui viole le traité de non-prolifération nucléaire.
Les diplomates ont indiqué que les trois points étaient discutés entre des responsables iraniens et la délégation de l'AIEA, menée par Olli Heinonen, directeur général adjoint.


L'Iran se radoucit

11/10/05 - Depuis plusieurs jours, responsables iraniens et européens insistent sur la nécessité de reprendre les négociations avant la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) en novembre, qui décidera de l'envoi ou non du dossier au Conseil de sécurité des Nations unies. « La négociation est un choix stratégique de l'Iran dans l'affaire nucléaire et nous pensons qu'il n'y a pas d'autre voie », a déclaré Ali Agha-Mohammadi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale. Le dialogue entre l'Iran et les trois grands pays européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne) a été rompu en août.

 

 

L'Iran menace de reprendre l'enrichissement de l'uranium

TEHERAN (27 septembre 2005) - L'Iran a fait un pas de plus dans l'escalade en avertissant mardi qu'il pourrait reprendre l'enrichissement d'uranium si le Conseil de sécurité de l'Onu est saisi de son dossier nucléaire.
Téhéran avait auparavant menacé de ne plus appliquer le protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire autorisant des inspections poussées des sites nucléaires par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). "La suspension de l'enrichissement figure parmi les concessions que nous supprimerons" si les Occidentaux ne modifient pas la résolution votée samedi par l'AIEA et insistent pour l'appliquer, a déclaré mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, lors de son point de presse hebdomadaire. L'Iran a gelé son programme d'enrichissement il y a deux ans à titre de "mesure de confiance".


 

L'Iran menace de ne plus autoriser le contrôle poussé de ses sites nucléaires

TEHERAN (26 septembre 2005) - L'Iran a brandi de nouvelles menaces lundi, avertissant qu'il n'autoriserait plus le contrôle poussé de ses sites nucléaires si l'Agence internationale de l'énergie atomique appliquait sa résolution qui permet une future saisie de l'Onu du dossier nucléaire iranien. "Si l'Agence ne modifie pas sa résolution ou insiste pour l'appliquer, l'Iran sera contraint de revenir sur toutes les concessions volontaires, notamment l'application du protocole additionnel", a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié par l'agence estudiantine Isna. Il s'agit de la première réaction du gouvernement iranien après l'adoption samedi d'une résolution par le conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui permet le renvoi du dossier iranien au Conseil de sécurité de l'Onu, en invoquant la "non-conformité de l'Iran au regard du régime de non-prolifération" et des "dissimulations" prolongées.
La résolution demande la ratification immédiate par le Parlement iranien du protocole additionnel et la suspension totale des activités liées à l'enrichissement d'uranium. Le protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP) prévoit des inspections plus poussées et plus inopinées que dans le seul TNP. Téhéran a signé en 2003 ce protocole, qu'il n'a pas ratifié mais qu'il affirme appliquer à la lettre.
L'Iran a aussi repris début août ses activités de conversion d'uranium, étape qui précède la conversion, malgré la demande de suspension de l'AIEA. "La menace de la saisine du Conseil de sécurité ne modifie pas la position de l'Iran et n'aide pas au règlement du problème", ajoute le communiqué des Affaires étrangères. Le texte ne précise pas cependant si l'Iran va également reprendre ses activités d'enrichissement suspendues volontairement fin 2003. L'Iran "estime que maîtriser le cycle du combustible nucléaire est son droit absolu", ajoute-t-il néanmoins.


Le NouvelObs, 26/09/05:
Téhéran hausse le ton contre l'AIEA
"L'Iran rejette la résolution approuvée par l'AIEA appelant à la saisine du conseil de sécurité de l'ONU sur son programme nucléaire..."

 

 


Le Monde, 26/09/05:
L'AIEA prévoit un renvoi ultérieur de l'Iran devant l'ONU

 

 

Les Européens renoncent à saisir l'Onu sur le nucléaire

VIENNE (22 septembre 2005) - Les Européens ont renoncé dans l'immédiat à saisir le Conseil de sécurité de l'Onu sur le programme nucléaire iranien, selon un nouveau projet de résolution à l'AIEA.
La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne (UE3) tentaient depuis le début de la semaine de convaincre l'exécutif de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de saisir l'Onu à New York, en accusant Téhéran d'avoir "violé" ses obligations, notamment en reprenant la conversion d'uranium en août malgré la demande expresse de l'AIEA.
Mais la Russie, la Chine et les pays non-alignés s'y opposent. Selon un diplomate occidental, le recul s'explique par l'opposition de la Russie, alors que l'UE veut garder Moscou à ses côtés. La nouvelle résolution "prie" le directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei de faire rapport sur l'Iran au conseil des gouverneurs de l'AIEA, lequel transmettra ensuite son propre rapport au Conseil de sécurité, organisme dont le nom n'est pas cité expressément.
Européens et Américains avaient indiqué dans leurs interventions mercredi au conseil des gouverneurs qu'ils voulaient, en allant à New York, non pas dessaisir l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) mais bien renforcer son autorité en vue d'une "solution diplomatique". Leurs délégués ont cependant laissé planer le doute sur une demande de vote au conseil des gouverneurs, alors que traditionnellement l'exécutif de 35 membres de l'AIEA préfère prendre ses décisions à l'unanimité.
Un responsable américain, parlant sous le couvert de l'anonymat, avait indiqué mercredi soir à Washington que les Occidentaux allaient reporter leur demande de saisine du Conseil de sécurité afin de donner plus de chance à la diplomatie et de trouver des alternatives. Le nouveau texte, moins dur que celui que l'UE3 avait fait circuler depuis lundi soir, reproche cependant toujours à Téhéran son "non-respect" de ses obligations en matière de non-prolifération nucléaire.

 



Le Monde, 21/09/2005:
Escalade iranienne



Le Monde, 20/09/2005:

L'exécutif de l'AIEA est profondément divisé sur le dossier du nucléaire iranien

Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, ignorant que Pyongyang allait quelques heures plus tard poser une nouvelle condition, a ouvert la conférence des trente-cinq gouverneurs consacrée à l'Iran, lundi 19 septembre, par une "bonne nouvelle" : l'annonce par la Corée du Nord, suite à un accord de principe conclu avec la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, le Japon et la Russie, d'un renoncement à son arsenal nucléaire et d'un retour, sous l'égide de l'AIEA, au traité de non-prolifération nucléaire (TNP). M. ElBaradei a réclamé que les inspections dans la péninsule coréenne reprennent "le plus tôt possible" . Il a rappelé que cette décision était le fruit d'un "processus long et complexe" de plus de deux ans. Mais il a surtout souligné que "la négociation est payante" .
Le directeur de l'AIEA souhaiterait voir les gouverneurs adopter une attitude similaire envers l'Iran, qui suscite les inquiétudes de la communauté internationale depuis la reprise, début août, de ses activités de conversion de l'uranium. "Nous nous dirigeons vers une période de confrontation et de prise de risques politiques" , a-t-il regretté.
Les divisions se sont accentuées, lundi, au sein de l'exécutif de l'AIEA. Les pays européens de la "troïka" (Allemagne, France et Grande-Bretagne), ainsi que les Etats-Unis, ont commencé à faire circuler auprès des gouverneurs un texte présentant des éléments de résolution pour le renvoi de l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a le pouvoir d'imposer des sanctions économiques. C'est, selon l'Union européenne et Washington, le seul moyen d'obtenir de la République islamique, qui a dissimulé son programme nucléaire pendant dix-huit ans, le renoncement à ses activités militaires. Un tel vote semble pourtant difficile à obtenir face à l'opposition d'une partie du Conseil. Or Européens et Américains préféreraient parvenir à un consensus, qui est la voie classique de la prise de décision à l'AIEA.
Au sein même de l'Union européenne, des dissensions se font entendre. L'Autriche et l'Italie, par exemple, dont l'Iran est un important partenaire économique, appréhendent de possibles représailles iraniennes sur leurs exportations.
La Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et disposant, à ce titre, d'un droit de veto, sont opposées à une saisine du Conseil de sécurité, de même que le Brésil, l'Inde et le Pakistan. Le président russe, Vladimir Poutine, a estimé, dimanche, que Téhéran coopérait "suffisamment" avec les organisations internationales et que d'éventuelles sanctions de l'ONU créeraient de nouveaux "problèmes". La plupart des quatorze pays du Mouvement des non-alignés sont hostiles à une saisine du Conseil de sécurité, Singapour et le Pérou étant les seuls à y être favorables.
L'Iran réfute les accusations des Etats-Unis et d'Israël sur ses intentions nucléaires, et affirme que son programme ne vise que la production d'électricité. La République islamique revendique le "droit légitime" de tout Etat à maîtriser le cycle du combustible nucléaire. Le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, a mis en garde l'AIEA : "Nous attendons qu'elle -l'Agence- n'agisse pas de manière irréfléchie, unilatérale et extrême. S'ils -les membres de l'AIEA- traitent cette affaire de manière politique et non pas technique, le climat va se radicaliser."
De son côté, M. ElBaradei, qui souhaite que les gouverneurs donnent une nouvelle chance à l'Iran, a exhorté Téhéran à fournir "davantage de transparence et de mesures de confiance" , comme l'accès à certains sites potentiellement suspects. "La balle est en grande partie dans le camp de l'Iran" , a-t-il conclu.


Les Occidentaux semblent reculer sur le nucléaire iranien

NATIONS UNIES (15 septembre 2005) - Les puissances occidentales semblent vouloir renoncer à transmettre le dossier du programme nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l'Onu, alors que Téhéran propose de partager sa technologie nucléaire civile avec d'autres pays musulmans.
Le Premier ministre français Dominique de Villepin a affirmé que la "troïka européenne" - la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne - donnait encore la priorité aux négociations.
"Notre priorité dans ce domaine, c'est le dialogue (...) que nous souhaitons poursuivre pour que l'Iran puisse revenir à la suspension de ses activités", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse en marge du sommet de l'Onu à New York.
Mais "si les choses n'aboutissent pas, a ajouté le Premier ministre, nous n'aurons pas d'autre choix que de saisir le Conseil de sécurité."
Auparavant, la secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice avait laissé entendre que les Etats-Unis et l'Union européenne n'obtiendraient pas un soutien suffisant au sein de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour renvoyer le dossier iranien au Conseil de sécurité.
Rice a déclaré sur Fox News qu'elle préférerait que la décision soit prise dès le 19 septembre, date de la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA à Vienne, tout en ajoutant: "Je ne suis pas très préoccupée par la date exacte car je ne pense pas que le sujet soit si urgent."

"DONNER UNE AUTRE CHANCE A L'IRAN"

Les ministres des Affaires étrangères de la "troïka" ainsi que le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, rencontreront dans le courant de la journée de jeudi le nouveau président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, en marge de l'Assemblée générale, a annoncé Jack Straw, secrétaire au Foreign Office.
La rencontre aura lieu en présence de Kofi Annan, secrétaire général de l'Onu, et aura pour objet de demander au chef de l'Etat iranien de revenir sur le refus de Téhéran d'examiner les offres européennes de coopération.
"Nous voulons donner toutes leurs chances aux nouvelles autorités iraniennes", a déclaré un diplomate européen. "Nous n'avons jamais fermé la porte à la négociation, c'est la voie qui a toujours eu notre préférence".
Par ailleurs, l'agence de presse officielle iranienne Irna a rapporté que le président iranien avait affirmé au Premier ministre turc Tayyip Erdogan que Téhéran était prêt à partager sa technologie nucléaire avec d'autres Etats musulmans.
"La République islamique ne cherche jamais à se procurer des armes de destruction massives, a-t-il déclaré selon Irna. En fonction des besoins des pays islamiques, nous sommes prêts à transférer notre savoir-faire nucléaire à ces pays."
Ahmadinejad a annoncé en outre à plusieurs médias américains jeudi que l'Iran s'apprêtait à soumettre de nouvelles propositions concernant son programme nucléaire lors de son discours à l'Assemblée générale de l'Onu samedi.

 

 


L'Iran est prêt à fournir un "savoir-faire nucléaire" à d'autres pays musulmans, selon son président

TEHERAN (15 septembre 2005) - L'Iran est prêt à fournir de la technologie nucléaire à d'autres nations islamiques, a déclaré jeudi son président Mahmoud Ahmadinejad à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en marge du sommet mondial des Nations unies à New York.
M. Ahmadinejad a répété la promesse de Téhéran de ne pas chercher à développer des armes nucléaires, selon l'agence de presse iranienne officielle IRNA. "L'Iran est prêt à transférer un savoir-faire nucléaire à des pays musulmans en raison de leurs besoins".

 


Le Monde, 14/09/05:

M. de Villepin menace l'Iran d'une saisine du Conseil de sécurité

Le premier ministre français, Dominique de Villepin, a appelé "fermement" l'Iran, mercredi 14 septembre à l'ONU, à se "conformer" à ses engagements de non-prolifération nucléaire. Lors de son intervention, il a exhorté Téhéran à poursuivre le "dialogue", le menaçant à défaut d'une saisine du Conseil du sécurité. "Si un Etat manque à ses obligations au titre du Traité de non-prolifération, il est légitime, une fois épuisée la voie du dialogue, que le Conseil de sécurité soit saisi", a déclaré M. de Villepin.

"Il y a des droits à défendre, en particulier l'usage pacifique de l'énergie nucléaire. Mais il y a des devoirs à faire respecter, pour la sécurité de tous", a souligné M. de Villepin, qui s'exprimait au nom du président français Jacques Chirac, encore convalescent.

UNE DERNIÈRE CHANCE

Avant la déclaration de M. de Villepin, l'Union européenne s'était dite prête à demander un transfert du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l'ONU, selon un document interne dont l'AFP a eu connaissance vendredi 9 septembre. Ce transfert de dossier interviendrait si l'Iran refusait d'arrêter la conversion d'uranium [étape qui précède l'enrichissement d'uranium], demandée par les Etats membres de l'AIEA. De son côté, bien que divisé sur la question, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA, l'organe exécutif de l'agence, doit se réunir à Vienne lundi pour décider une éventuelle saisine du conseil de sécurité.

En attendant, plutôt que d'exiger que Téhéran soit déféré devant le Conseil de sécurité, l'AIEA a demandé aux Etats-Unis de donner à l'Iran une dernière chance de renoncer à la conversion de l'uranium, ont indiqué mercredi des diplomates à Vienne. Dans le même sens, Mohamed ElBaradei, lors d'un entretien téléphonique la semaine dernière avec le secrétaire d'Etat américain, Condoleezza Rice, estimait préférable de donner à l'Iran une date-butoir pour l'arrêt de ses opérations de conversion.

TRAITE DE NON-PROLIFÉRATION

Pour l'heure, les Etats-Unis et l'Union européenne tentent de convaincre le conseil des gouverneurs de l'AIEA d'envoyer le dossier du nucléaire iranien à New York. Mais l'Iran peut encore compter sur la Russie et la Chine opposées à la saisine et membres permanents du Conseil de sécurité. Sur les positions russes et chinoises, plusieurs pays non-alignés, soutenant eux aussi l'Iran, arguent que la fabrication de combustible nucléaire est garantie par le Traité de non-prolifération (TNP), que la république islamique iranienne a signé et ratifié.

Lundi, Téhéran avait fait dépendre sa future coopération avec l'AIEA de la reconnaissance de son droit à produire du combustible nucléaire.

 

 

L'Iran rejette la demande européenne de suspendre ses activités nucléaires

TEHERAN (11 septembre 2005) - Le nouveau chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a rejeté dimanche la demande des pays européens de suspendre de nouveau ses activités nucléaires ultrasensibles à Ispahan, et a affirmé qu'une saisine du conseil de sécurité aura des "conséquences".
"Il n'est pas question de revenir à une suspension des activités d'Ispahan", a déclaré Manouchehr Mottaki dans sa première conférence de presse depuis sa nomination à ce poste en août.
Le conseil des gouverneurs doit se réunir le 19 septembre prochain pour prendre une décision à propos du dossier nucléaire iranien et le refus de Téhéran de reprendre la suspension.
Téhéran souligne qu'il a droit à l'enrichissement pour produire de l'électricité au nom du Traité de non-prolifération (TNP).
Le ministre a également souligné qu'il n'existait "aucune base légale pour renvoyer le dossier du nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l'Onu".
"Il est naturel qu'un tel envoi aura des conséquences. Mais à ce stade, je ne veux pas discuter de ce que seront les répercussions", a ajouté M. Mottaki.
Selon un document interne dont l'AFP a eu connaissance vendredi, l'Union européenne s'est dit prête à demander un transfert du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l'ONU si l'Iran refusait d'arrêter la conversion d'uranium, comme lui demandent les Etats membres de l'AIEA.
Les pays de l'UE3 "estiment que la question doit être résolue au plan diplomatique, mais ils sont convaincus que cela ne sera possible que si la communauté internationale envoie un signal clair d'inquiétude à Téhéran et lui demande de revenir à la table des négociations", selon ce document.
Le chef de la diplomatie iranienne a également affirmé que l'Iran allait prochainement lancer un appel d'offres international pour la construction de deux nouvelles centrales nucléaires.
"Le parlement a adopté une loi pour la construction de vingt centrales nucléaires et la production de 20.000 mégawatts d'électricité (d'ici vingt ans). La décision de lancer un appel d'offres est un premier pas du gouvernement pour appliquer la décision du parlement", a déclaré M. Mottaki, sans donner plus de précision.
La première centrale nucléaire iranienne est actuellement en construction à Bouchehr (sud du pays) par les Russes et devra entrer en fonction fin 2006 après plusieurs années de retard.

 


Les Echos, 31 août 2005:

L'Iran cherche le soutien de l'Inde

Le chef du programme nucléaire iranien, Ali Larijani, s'est rendu, hier, en Inde pour y rechercher le soutien de ce pays aux ambitions nucléaires de la République islamique. A New Delhi, selon la radio, M. Larijani doit rencontrer le conseiller indien à la sécurité nationale, M. K. Narayanan, et « discuter de la paix dans la région et des liens étroits entre les deux pays ». L'Inde appartient au Mouvement des non-alignés, dont les membres ont exprimé leur sympathie pour les efforts de l'Iran dans le domaine nucléaire. De plus, rappellent des experts, il existe toujours sur la table un grand projet de gazoduc entre l'Iran, d'une part, l'Inde et le Pakistan, d'autre part, qui marquerait la réconciliation des deux frères ennemis, devenus des puissances nucléaires. Un projet auquel s'oppose Washington.

 

L'Iran fera "des propositions" sur le nucléaire à l'UE d'ici un mois

VIENNE (26 aout 2005) - Le chef du programme nucléaire iranien Ali Larijani a annoncé vendredi à la presse que Téhéran ferait de nouvelles propositions de négociations aux Européens d'ici un mois. Il a indiqué que le nouveau président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait besoin "d'environ un mois pour formuler de nouvelles propositions". M. Larijani, réputé comme un dur du régime islamique, avait auparavant rencontré dans la matinée à Vienne le directeur de l'Agence internationale de l'énergie nucléaire (AIEA), Mohamed ElBaradei.
M. ElBaradei doit remettre le 3 septembre un rapport à l'exécutif de l'AIEA sur la reprise d'activités nucléaires sensibles en Iran, malgré la réprobation occidentale et les appels de l'exécutif de l'AIEA.
Trois pays de l'Union européenne (UE3, Allemagne, France et Grande-Bretagne) ont refusé de nouveaux pourparlers avec les Iraniens le 31 août, parce que ces derniers ont repris unilatéralement la conversion de minerai d'uranium - suspendue depuis novembre 2004 - et rejeté des propositions de coopération européennes.
Ali Larijani n'a cependant pas exclu de nouvelles discussions avec l'UE. Mais il a proposé que d'autres pays, comme l'Afrique du Sud, soient impliquées dans les négociations. "Nous considérons les négociations avec les Européens comme positives et nous pensons toujours qu'elles peuvent l'être", mais elles "ne doivent pas être exclusives". Des Etats comme la Russie, la Chine, l'Afrique du Sud, l'Inde et d'autres pays non alignés sont réticents à ce que Téhéran soit traduit devant le Conseil de sécurité de l'Onu, parce que l'enrichissement de l'uranium, dont la conversion est une première étape, est autorisé par le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
Les Etats-Unis ont fait pression ces derniers jours sur d'autres pays pour un renvoi du dossier iranien au Conseil de sécurité en vue de possibles sanctions internationales, si Téhéran ne suspend pas d'ici au 3 septembre des activités nucléaires pouvant à terme mener à l'arme atomique.
Cependant en raison de l'opposition de la Russie, une réunion d'urgence dès le 6 septembre à Vienne, envisagée par les Américains, n'aura pas lieu, ont indiqué plusieurs diplomates.
Le principal négociateur iranien s'est aussi félicité devant les journalistes de ses entretiens avec M. ElBaradei, en soulignant que, pour son pays, "le principal interlocuteur c'est l'agence" onusienne de non-prolifération. "Il faut donc que les négociations passent d'abord" par le directeur de l'AIEA, selon lui.
La technologie nucléaire "est un droit et un besoin pour l'Iran", car ses réserves pétrolières sont comptées, a affirmé M. Larijani. Il a dénoncé "l'apartheid nucléaire" que voudraient lui imposer certaines puissances.
Les Etats-Unis accusent l'Iran de vouloir aller au delà du nucléaire civil pour se doter de l'arme atomique.
Le responsable iranien a déclaré ne pas s'inquiéter d'une menace de sanctions de l'Onu, qui seraient une erreur au vu "de la puissance dont jouit l'Iran dans la région".

 

 

Le Monde, Point de vue, 19/08/05:

L'Iran aura la bombe, par Yann Richard
"... Car une chose était claire : si les Iraniens avaient besoin d'un supplément d'énergie, il était plus facile, économique et raisonnable d'aménager les infrastructures pour utiliser le gaz et le pétrole, abondants sous leurs pieds - respectivement les deuxième et quatrième réserves mondiales - que d'aménager des centrales nucléaires coûteuses et dangereuses, dont la technologie aurait le temps d'évoluer avant l'épuisement de l'énergie fossile.
Ceux qui ont fermé les yeux en 1977 sur cette évidence sont complices de ce qui, aujourd'hui, est dénoncé dans l'ambition nucléaire de la République islamique. Il est trop tard pour revenir sur des programmes dont s'est emparé un régime en quête de projet pour s'imposer dans son opinion publique et se faire respecter à l'extérieur. Considérablement enrichi par un pétrole à plus de 60 dollars le baril, Téhéran a les moyens de se payer son uranium et de construire sa bombe..."
(l'esprit de Munich ?)

(Yann Richard est directeur de l'Institut d'études iraniennes à l'université  Sorbonne nouvelle (Paris-III), ex-directeur de l'Institut français de recherche à Téhéran.)

 


L'Iran est déterminé à poursuivre l'enrichissement

TÉHÉRAN (16 août  2005) - Le nouveau dirigeant iranien en charge du nucléaire, le dur Ali Larijani, a affirmé la détermination de Téhéran à mener à bien son programme d'enrichissement d'uranium. L'Iran veut toutefois continuer à négocier avec les Européens.
M. Larijani a confirmé au quotidien «Shargh» qu'il reprenait bien le lourd dossier nucléaire des mains du pragmatique Hassan Rohani. Ses premières déclarations s'inscrivent dans la droite ligne des positions prises par le régime.
Il a ainsi laissé entendre que son pays ne reviendra pas sur le redémarrage de l'usine de la conversion d'uranium, préliminaire à l'enrichissement. «L'Iran n'accepte pas la résolution» de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) le pressant de le faire, a dit M. Larijani.
Les Européens, dont «l'attitude n'est pas justifiable», «doivent comprendre que le gouvernement iranien est déterminé à conserver le cycle de production du combustible nucléaire», et donc l'enrichissement, a-t-il ajouté. Il a jugé «théoriquement possible» que la République islamique soit traînée devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Mais «il est improbable que les Américains et les Européens obtiennent quoi que ce soit en envisageant le dossier iranien d'un point de vue sécuritaire et en adoptant une attitude radicale», a-t-il affirmé. Malgré ces menaces, M. Larijani a jugé qu'il fallait «passer par le canal de la négociation».
L'Iran a bravé la réprobation occidentale en levant la semaine passée les scellés posés sur l'usine de conversion d'Ispahan en même temps que celle de Natanz. Mardi, environ 500 Iraniens ont formé une chaîne humaine autour de l'usine d'Ispahan pour défendre le «droit» de l'Iran aux activités nucléaires.

 

 

------> L'Iran construit-il des armes nucléaires ?

------> Prolifération nucléaire, arrière-fond de la guerre ?

------> Si l'Irak a la bombe c'est grâce à la France

------> Netanyahu pour lever le voile sur l'armement nucléaire israélien

 

 

Nucléaire iranien: "Toutes les options sont sur la table", prévient Bush

JERUSALEM (13 aout 2005) - Le président américain a lancé un nouvel avertissement adressé. "Toutes les options sont sur la table", a réaffirmé George W. Bush, n'excluant pas l'usage de la force en cas d'échec des négociations sur le dossier du nucléaire iranien. Le chancelier allemand a de son côté rejeté l'idée d'une guerre samedi. Les mots du président américain, diffusés vendredi soir par la télévision israélienne, étaient particulièrement durs. Si les négociations échouent, "toutes les options sont sur la table", a-t-il prévenu. "L'emploi de la force est la dernière option pour tout président. Vous savez que nous avons employé la force dans un passé récent pour assurer la protection de notre pays."
Le chancelier allemand Gerhard Schröder, qui lançait à Hanovre sa campagne électorale pour les législatives anticipées du 18 septembre, a pour sa part lancé, répondant apparemment à M. Bush: "Retirez les options militaires de la table, nous avons vu qu'elles ne convenaient pas".
George Bush soutient les négociations destinées à empêcher l'Iran de se doter d'un programme nucléaire militaire et a exprimé son souhait de voir le conseil de sécurité des Nations unies décider de sanctions contre Téhéran en cas d'échec des discussions. Les Etats-Unis et Israël "sont unis dans (l')objectif de nous assurer que l'Iran ne dispose pas de l'arme" nucléaire, a ajouté le président américain. L'Iran, qui assure poursuivre des buts strictement civils, a repris la conversion d'uranium en début de semaine, ce qui a provoqué une mise en garde de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de l'ONU. Bush a salué cette réaction, dans laquelle il voit une volonté occidentale d'apaiser la crise pour pouvoir trouver une solution par la voie diplomatique.



Le Monde, 13/08/2005:
Ombres chinoises sur deux crises nucléaires

 

L'Iran met en garde contre les "nouvelles conditions" créées par l'AIEA

TEHERAN (12 aout 2005) - Un des plus hauts dirigeants iraniens, Akbar Hachémi Rafsandjani, a dit vendredi que la reprise d'activités nucléaires ultra-sensibles était "irréversible" et mis en garde contre les "conditions nouvelles" régionales créées par l'Occident qui s'oppose aux projets de l'Iran. "Gardez à l'esprit que vous ne traiterez pas l'Iran comme l'Irak ou la Libye", a aussi lancé l'ancien chef de l'Etat à l'adresse des Occidentaux lors de son sermon à la prière hebdomadaire à Téhéran. Les mots de celui qui dirige le conseil de discernement du régime, la plus haute instance d'arbitrage du pouvoir, ont été salués dans la foule par "Mort à l'Amérique", "Mort à Israël" et "Dieu est grand". Plusieurs centaines de personnes ont manifesté après la prière, revendiquant le droit au nucléaire.


L'Iran lève les scellés de son usine, dissensions à l'AIEA

TEHERAN (10 aout 2005) - L'Iran a terminé de lever mercredi les scellés sur son usine de conversion d'Ispahan, laissant la communauté internationale chercher à grand-peine un consensus sur la réponse à donner à la reprise d'activités pouvant être détournées pour fabriquer l'arme nucléaire.
"Nous avons levé les scellés, l'usine de conversion d'Ispahan est totalement opérationnelle", a déclaré le vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi. "Cela se passe sous le contrôle de l'Agence" internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a installé ses caméras de surveillance sur place au cours des derniers jours, a souligné M. Saïdi.
Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA était réuni depuis mardi à Vienne pour décider de la réponse à donner à la reprise de la conversion. Attendue mais lourde de signification, la levée des scellés risque de compliquer encore la tâche des 35 membres du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui peinaient à s'entendre sur un texte.


La Chine pas favorable à une saisine du Conseil de sécurité

10/08/2005 - L'ambassadeur de Chine à l'Onu, Wang Guangya, a déclaré mercredi qu'il ne serait "pas utile" de saisir le Conseil de sécurité du dossier nucléaire iranien, estimant que la question est du ressort de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

 


Libération, 08 août 2005 :
L'Iran reprend la transformation d'uranium

 

L'Iran refuse de céder à la "tyrannie" étrangère

TEHERAN (6 aout 2005) - L'Iran a redoublé de fermeté samedi face aux exigences internationales sur le nucléaire, son nouveau président Mahmoud Ahmadinejad prévenant à sa prestation de serment que son pays ne se soumettrait pas à la "tyrannie" de l'étranger, malgré la menace d'une crise grave.Le régime iranien a de nouveau rejeté comme "inacceptables" des propositions européennes de coopération et persisté dans sa décision de reprendre les activités nucléaires ultra-sensibles de conversion d'uranium, au risque d'être traîné devant le Conseil de sécurité de l'Onu. "Pourquoi certains pays ne comprennent-ils pas que la nation iranienne n'accepte pas la tyrannie", s'est demandé le nouveau président dans le discours suivant sa prestation de serment devant le parlement.
Il a tenu un discours d'intransigeance sur les "droits" du pays et le refus de la "soumission", au moment où une partie de la communauté internationale presse l'Iran de fournir les garanties qu'il ne produira pas l'arme nucléaire et s'inquiète que l'avènement de l'ultra-conservateur Ahmadinejad ne signifie un durcissement de la politique étrangère iranienne. "Nous n'accepterons rien qui viole les droits de notre nation, c'est un principe irrévocable de notre politique", a-t-il déclaré dans une claire allusion aux pressions exercées sur l'Iran pour qu'il renonce à l'enrichissement et à la conversion d'uranium.
D'autres officiels iraniens se sont montrés plus explicites pour rejeter l'offre de coopération européenne devant convaincre l'Iran de donner les garanties que ses activités nucléaires civiles ne seront pas détournées à des fins militaires. "Ces propositions sont inacceptables, elles sont rejetées", a dit à l'AFP Hossein Moussavian. En refusant que l'Iran reprenne l'enrichissement, elles contredisent les accords conclus avec les Européens et violent les conventions internationales, a ajouté ce négociateur.
Dans ses 34 pages de propositions de coopération nucléaire, commerciale et politique, l'UE3 (Allemagne, France, Grande-Bretagne), qui négocie depuis décembre avec l'Iran, demande en effet un engagement iranien à ne plus enrichir puisque l'Europe lui donnera des garanties d'approvisionnement en combustible nucléaire.
Il s'agirait là, pour les Européens, de la garantie la plus probante que les Iraniens pourraient donner de la nature purement civile de leurs activités.
Les Iraniens avaient déjà dit qu'ils n'accepteraient jamais une telle demande et qu'aucune contrepartie ne les convaincrait de renoncer à la conversion et l'enrichissement. La conversion reprendra "définitivement cette semaine", a dit M. Moussavian. L'Iran est ainsi plus que jamais sous la menace d'être traîné devant l'Onu.
Une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs (exécutif) de l'Agence internationale de l'énergie atomique est convoquée mardi à la demande des Européens pour dissuader l'Iran de mettre son projet à exécution. Selon le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, si l'Iran persiste, "il faudra saisir le Conseil de sécurité".
M. Moussavian a brandi la menace que l'Iran reprenne non plus seulement la conversion, mais l'enrichissement proprement dit, dont elle est le préalable. "Si le dossier iranien est envoyé au Conseil de sécurité, c'est la suspension des activités de Natanz qui sera menacée". La conversion, opérée à Ispahan (centre), transforme de la poudre de minerai d'uranium (yellowcake) en gaz qui est ensuite injecté dans des centrifugeuses pour produire l'uranium enrichi, combustible pour les centrales. Les activités de l'usine d'enrichissement de Natanz (centre) ont été suspendues en novembre en même temps que celles d'Ispahan pour permettre des négociations avec les Européens.
La réunion de l'AIEA n'a "aucune justification légale", a dit le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi, parlant de "guerre psychologique". Par souci de légalité internationale, l'Iran entend que les scellés posés sur l'usine par l'AIEA soient brisés sous sa supervision. L'agence a dit avoir besoin jusqu'au milieu de la semaine prochaine pour installer des équipements de surveillance à Ispahan. "Le retard pris par l'Agence est inacceptable, a dit M. Moussavian.


Libération, lundi 01 août 2005:

L'Iran choisit le bras de fer nucléaire

En annonçant la reprise d'activités nucléaire ultra-sensibles, le régime des Mollahs défie la communauté internationale.

L'Iran défie la communauté internationale. En excluant lundi de revenir à une suspension totale d'activités nucléaires ultra-sensibles, ses dirigeants ont pris le risque de déclencher une crise majeure. Ils ont remis à l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne (AIEA) une lettre indiquant la reprise «dès aujourd'hui» des travaux de conversion d'uranium, étape fondamentale de l'enrichissement nécessaire à la fabrication d'une arme atomique. «Nous avons remis la lettre annonçant la reprise de nos activités», a déclaré devant quelques journalistes un des négociateurs iraniens, Ali Agha Mohammadi, mettant ainsi fin à une série d'ultimatums et de tergiversations. Les scellés posés par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur l'usine de conversion d'uranium d'Ispahan «seront enlevés aujourd'hui en présence des inspecteurs de l'agence qui se trouvent actuellement en Iran», a déclaré Ali Agha Mohammadi. La lettre invoque également le «droit inaliénable de la République islamique» et accuse l'Union européenne d'avoir voulu faire de la suspension de telles activités un «fait accompli». «Je demande à l'Iran de continuer le processus de négociations» avec l'Union européenne (UE), a réagi l'égyptien Mohamed ElBaradei, le chef de l'AIEA dans un communiqué publié après la réception de la lettre de Téhéran.

L'Iran qui prend ainsi le risque de la rupture de ses négociations avec les Européens et d'un renvoi devant le Conseil de sécurité de l'ONU a expliqué que la décision de reprendre la conversion avait été prise à l'expiration à la mi-journée d'un dernier ultimatum communiqué à Javier Solana, le haut représentant pour la politique extérieure de l'UE. Selon Ali Agha Mohammadi, ce dernier n'a pas produit les «garanties» que le droit de l'Iran à l'enrichissement et à la conversion d'uranium serait reconnu dans des propositions de coopération que l'UE entendait soumettre à l'Iran dans les prochains jours.

L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne (UE3), mandatées par l'UE, négocient depuis décembre avec l'Iran pour obtenir les garanties que Téhéran, suspecte après des années de dissimulations, ne fabriquerait pas l'arme nucléaire. Elles lui offrent en contrepartie une coopération nucléaire, commerciale et politique comme l'UE s'y est engagé par la signature des accords de Paris en novembre 2004. L'Iran avait depuis cette date suspendu toutes ses activités liées à l'enrichissement. Mais, après des mois de tumultueuses tractations, l'Iran a exigé que ces offres lui soient transmises d'ici au 1er août au plus tard. Le régime des mollahs a surtout très mal pris qu'elles ne semblent pas devoir lui reconnaître un droit à l'enrichissement.

Pour autant Téhéran considére que la conversion ne relève pas de l'enrichissement et «maintiendra la suspension volontaire de toutes ses activités liées à l'enrichissement», dit le texte. La République islamique laisse entendre que l'enrichissement lui-même recommencera à terme mais assure «qu'aucun effort n'est négligé pour parvenir à une reprise négociée». Elle se dite même prête à poursuivre «dans la bonne foi» les négociations avec l'UE.

Les Européens pour leur part n'ont pas caché qu'ils voulaient obtenir un renoncement permanent des Iraniens à ces activités ultra-sensibles. Et la reprise de la conversion constitue une rupture de l'accord existant, selon plusieurs diplomates. L'UE, qui s'était opposée jusqu'alors aux Etats-Unis sur le recours au Conseil de sécurité, devrait demander une réunion d'urgence de l'AIEA. «Nous espérons que de nouveaux pas ne seront pas franchis dans les jours prochains qui mettraient en danger une solution négociée», a indiqué dans l'après-midi un porte-parole de la Commission européenne. «Le gouvernement allemand exige de l'Iran qu'il ne fasse pas de geste unilatéral qui enfreindrait l'accord conclu à Paris», a demandé Jens Plötner, porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemandes. Quant à la France, elle s'est dite «surprise» et «préoccupée» par une action qui ne revêt «aucune justification économique ou technique».

Interrogé sur la position des Etats-Unis à leur égard, l'Iran n'a pas caché ses craintes d'une tension ravivée avec l'administration de George W Bush. «Nous sentons qu'il y a des menaces, des changements de positionnement de leurs forces, a déclaré Ali Agha Mohammadi. Nous ne sommes pas indifférents à ces menaces», a-t-il ajouté, même si «nous connaissons les limites des capacités militaires américaines». Mais, conclut-il, «de telles menaces ne peuvent nous détourner de notre chemin».

 

NouvelObs, 1/08/05:

Iran: Chronologie des démêlés avec la communauté internationale

L'annonce par l'Iran de la reprise de la conversion d'uranium, lundi 1er août, est le dernier épisode en date des démêlés de la République islamique avec la communauté internationale, dont voici les principales étapes :

2002
- 12-13 décembre : Des photos satellites diffusées par les télévisions américaines révèlent l'existence de deux sites nucléaires à Arak (sud-ouest de Téhéran) et à Natanz (centre) qui peuvent, selon les médias américains, avoir une finalité militaire. L'Iran accepte une inspection de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'agence de sûreté nucléaire des Nations unies.

2003

- 9 février : Le président iranien, Mohammad Khatami, annonce que son pays produira son propre combustible nucléaire pour ses futures centrales civiles.
- 21 février : Visite à Téhéran du directeur général de l'AIEA, Mohammed ElBaradei, pour vérifier que le programme nucléaire iranien est à vocation civile et qu'il ne dissimule pas la mise au point d'une bombe atomique.
- Février à mai : Séries d'inspections de l'AIEA.
- 19 juin : L'AIEA demande à l'Iran d'appliquer un protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) devant permettre des inspections inopinées et approfondies de ses sites nucléaires.
- 26 août : Un rapport de l'Onu fait état de traces types d'uranium hautement enrichi découverts, non nécessaires pour des programmes civils.
- 12 septembre : L'AIEA donne à l'Iran jusqu'au 31 octobre pour prouver qu'il ne met pas au point l'arme nucléaire. Téhéran rejette cet ultimatum.
- 21 octobre : A l'issue d'une visite sans précédent des ministres français, allemand et britannique des Affaires étrangères, l'Iran accède à toutes les exigences de l'AIEA: coopération "totale" avec l'agence, contrôle renforcé de ses activités nucléaires, suspension de l'enrichissement d'uranium et engagement à signer le protocole additionnel au TNP.
- 10 novembre : Un rapport interne de l'AIEA estime qu'"actuellement, il n'y a pas de preuve que l'Iran met au point l'arme nucléaire". Les Etats-Unis réfutent cette conclusion.
- 26 novembre : L'AIEA adopte une résolution stigmatisant le régime islamique pour avoir manqué à ses obligations.
- 18 décembre : Téhéran signe à Vienne le protocole additionnel au TNP.

2004

- 4 avril : L'Iran dément posséder des sites nucléaires secrets et soutient que la mise en service expérimentale du site de conversion d'uranium d'Ispahan (centre) ne viole pas ses engagements.
- 1er juin : L'AIEA affirme avoir découvert en Iran de nouvelles traces d'uranium enrichi à un taux supérieur aux besoins civils. Le 18, l'agence adopte une résolution qui critique sévèrement les omissions de l'Iran.
- 1er septembre : Un rapport de l'AIEA s'inquiète de l'intention déclarée de Téhéran de procéder à des tests directement liés à l'enrichissement d'uranium.
- 18 sept: L'AIEA réclame la suspension de toutes ses activités liées à l'enrichissement d'uranium.
- 21 septembre: L'Iran annonce avoir commencé la conversion de 37 tonnes de minerai d'uranium.
- 15 novembre : Par l'accord de Paris, l'Iran accepte de suspendre ses activités d'enrichissement contre une promesse européenne pour une coopération nucléaire, commerciale et politique.
- 22 novembre : Entrée en vigueur de la suspension de l'enrichissement d'uranium.
- 30 novembre : L'Iran déclare qu'il reprendra à terme l'enrichissement auquel il "ne renoncera jamais".
- 13 décembre : Ouverture de négociations avec l'UE-3 (France, Allemagne et Grande-Bretagne).

2005

- 13 février : L'Iran refuse de renoncer à la construction d'un réacteur à eau lourde susceptible d'être utilisé à des fins militaires, malgré une proposition européenne d'offrir à Téhéran un réacteur à eau légère.
- 23 mars : Selon des sources diplomatiques, les Iraniens proposent une reprise de l'enrichissement à une échelle restreinte aux Européens, qui exigent néanmoins un renoncement permanent de Téhéran à cette technique.
- 30 avril : L'Iran annonce qu'il pourrait reprendre dans les prochains jours la conversion d'uranium à l'usine d'Ispahan, préalable à l'enrichissement.
- 11 mai : Les Européens mettent en garde l'Iran contre une reprise de ses activités nucléaires sensibles qui "mettrait fin au processus de négociations", le Premier ministre britannique Tony Blair menaçant même de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu.
- 19 mai: Téhéran prévient que sa décision est "irréversible".
- 25 mai : Les Iraniens acceptent, avant toute autre décision, que l'Europe lui soumette des "propositions détaillées" de coopération d'ici à début août.
- 27 juillet : Selon le président Khatami, l'Iran va reprendre certaines activités nucléaires ultra-sensibles, quelles que soient les contreparties que l'UE lui offrira.
- 1er août : L'Iran annonce qu'il informera formellement dans la journée l'AIEA de sa décision de reprendre la conversion d'uranium.

 

Le Monde, 1/08/05:
Prise de court par l'annonce de Téhéran, l'Union européenne affirme "maintenir le cap"


 

Téhéran a informé l'AIEA de sa décision de reprendre certaines de ses activités nucléaires

1/08/2005  - La plus haute instance de la sécurité iranienne a annoncé que Téhéran a informé l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA), lundi, de sa décision de reprendre certaines de ses activités nucléaires.

L'Iran a demandé à l'AIEA d'ordonner à ses inspecteurs en Iran de briser les scellés qui avaient été posés sur les accès à l'usine de conversion nucléaire d'Ispahan afin que les techniciens puissent relancer le retraitement de l'uranium, a précisé Ali Agha Mohammadi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, à la radio iranienne.

Le retraitement de l'uranium est l'étape juste avant l'étape d'enrichissement d'uranium qui, elle, reste gelée, selon ce porte-parole. Peu avant cette annonce, le président du Parlement iranien avait averti que les négociateurs européens n'avaient plus que quelques heures pour soumettre leurs propositions à l'Iran avant que Téhéran ne reprenne certaines de ses activités nucléaires qui étaient gelées depuis novembre dernier.

Une telle initiative pourrait conduire l'Union européenne à faire comparaître l'Iran devant le Conseil de sécurité des Nations unies alors que Washington exige une sanction à l'encontre de l'Iran sur son programme nucléaire.

Gholam Ali Hadad Adel avait souligné que l'heure limite de 17h00 locales (12h30 GMT) constituait «l'occasion finale» pour l'UE de soumettre sa liste d'incitations visant à persuader l'Iran de geler de manière permanente son programme d'enrichissement d'uranium.

"Les Européens ont jusqu'à 17h00 aujourd'hui pour soumettre leurs propositions", avait-il dit aux journalistes. "A cette échéance, l'Iran prendra sa décision sur le redémarrage d'une partie de ses activités nucléaires".

Dimanche, l'Union européenne avait rejeté l'ultimatum de l'Iran. Une telle décision serait «inutile et préjudiciable», avait souligné la Grande-Bretagne qui assure la présidence tournante de l'Union européenne et fait partie avec la France et l'Allemagne de la «troïka» négociant au nom des Vingt-Cinq.

Les Européens, avait ajouté un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères, ont adressé une lettre au principal négociateur iranien, Hassan Rohani, pour confirmer qu'un ensemble de propositions détaillées en vue de sortir de la crise serait transmis à l'Iran dans un délai d'une semaine.

 

 

L'UE propose à l'Iran un pacte de non-agression en échange de l'arrêt de ses activités d'enrichissement nucléaire, selon Téhéran

TEHERAN (31 juillet  2005) - L'Union européenne a proposé à L'Iran un pacte de non-agression en échange de l'arrêt complet de ses activités d'enrichissement de l'uranium, a déclaré le principal négociateur iranien Hassan Rouhani, cité dimanche par l'agence officielle Irna.
La proposition en cours de discussion avec l'UE comporte plusieurs points importants, notamment des «garanties sur l'intégrité, l'indépendance, la souveraineté nationale de l'Iran» et un pacte de »non-agression envers l'Iran», ajoute l'agence.
»Si l'Europe fait preuve d'une sérieuse volonté politique concernant le cycle du combustible nucléaire iranien, il y aura alors une possibilité d'accord», a poursuivi M. Rouhani dans une lettre au président sortant iranien Mohammad Khatami. Celui-ci avait annoncé mercredi que Téhéran allait reprendre certaines de ses activités de retraitement nucléaire.
L'enrichissement est un processus essentiel dans le cycle nucléaire. L'uranium enrichi à un faible niveau est utilisé dans les centrales nucléaires comme combustible. La chaleur dégagée alimente des turbines à vapeur produisant de l'électricité. Un enrichissement supérieur rend l'uranium utilisable pour la fabrication d'armes nucléaire.
Téhéran a accepté de donner des garanties quant à l'arrêt de ses activités d'enrichissement mais les négociations n'ont que peu progressé dans la mesure où l'Union européenne exige un gel permanent de ces activités. Téhéran fait valoir que son programme nucléaire est destiné à des fins civiles.


RFI, le 28/07/2005:
Téhéran hausse le ton


L'Iran pourrait reprendre la conversion de l'uranium

TEHERAN (17 juillet 2005) - Les Européens pourraient demander plusieurs mois de délai aux Iraniens pour conclure un accord définitif sur le nucléaire, mais l'Iran pourrait reprendre rapidement certaines activités ultra-sensibles, a déclaré dimanche un négociateur à Irna. Dans les propositions que l'Iran attend d'ici au mois d'août, l'Europe pourrait offrir à la République islamique de coopérer à la construction des centrales nucléaires iraniennes et de garantir son approvisionnement en combustible, a dit Hossein Moussavian à l'agence officielle. Mais si, en retour, les Européens insistent sur le maintien d'une suspension totale des activités iraniennes d'enrichissement d'uranium, "nous la refuserons catégoriquement", a-t-il dit. "Nous poursuivrons les négociations car nous sommes à deux doigts du but", c'est-à-dire un accord, a-t-il déclaré. "Mais la poursuite de la suspension dans les conditions actuelles n'est pas possible, et si les Européens ne l'acceptent pas, nous reprendrons nos activités (de conversion d'uranium) à l'usine d'Ispahan" (centre), a-t-il prévenu. Selon M. Moussavian, les Européens pourraient demander aux Iraniens de maintenir une suspension totale, "le temps qu'ils se familiarisent avec le nouveau gouvernement" du président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad, qui prendra ses fonctions le 3 août, "et qu'ils prennent connaissance de la nouvelle politique iranienne pour conclure un accord définitif après plusieurs mois de négociations avec une nouvelle équipe". Contredisant le ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi, M. Moussavian laisse ainsi clairement entendre que l'équipe qui négocie depuis deux ans avec les Européens devrait changer avec M. Ahmadinejad. L'Iran négocie avec l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne un accord par lequel la République islamique garantirait la vocation purement civile de son programme nucléaire, en échange d'une coopération technologique, commerciale et politique. Les Européens essaient de convaincre les Iraniens, qui ont suspendu leurs activités d'enrichissement, d'y renoncer de manière permanente. C'est pour eux la garantie la plus probante. L'enrichissement, qui produit le combustible pour les centrales civiles, peut être détourné pour fabriquer l'arme nucléaire. [Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret...] L'Iran n'a cessé de proclamer qu'il reprendrait l'enrichissement. Berlin, Paris et Londres ont prévenu Téhéran qu'ils soutiendraient le recours au Conseil de sécurité de l'Onu si l'Iran recommençait l'enrichissement, ou même la conversion, son préalable. En mai, l'Iran a accepté, avant toute autre décision, que l'Europe lui soumette d'ici à août des propositions concrètes de coopération. En dehors des propositions de coopération politique, sécuritaire ou commerciale et de la reconnaissance de l'Iran comme source primordiale d'approvisionnement énergétique de l'UE, les Européens pourraient "surmonter les obstacles des 25 dernières années, coopérer pour la première fois aux centrales nucléaires en Iran et donner des garanties internationales pour la fourniture de combustible nucléaire à l'Iran", a dit M. Moussavian. "Si mes prévisions sont justes, une nouvelle page s'ouvrira dans les relations entre l'Iran, l'Europe et la communauté internationale", a-t-il dit. Il a envisagé que les Européens reconnaissent un droit à l'enrichissement que les Iraniens pourraient exercer progressivement sur plusieurs années mais à une échelle réduite. Si ce droit n'est pas reconnu, "la situation risque de devenir difficile pour l'Iran et l'Europe", a-t-il mis en garde tout en se déclarant "optimiste". Les Européens, eux, cachent à peine leur pessimisme. "L'Iran est prêt à faire preuve de souplesse, à condition que les négociations ne durent pas et qu'une partie du travail reprenne à Ispahan", a dit M. Moussavian. Il a souligné l'importance de la négociation pour les deux parties: "Sans ces négociations depuis deux ans, nous aurions été dans une situation de crise". Pour l'Iran, la signature d'importants contrats pétroliers et gaziers avec l'Inde, la Chine, le Pakistan ou les Emirats "n'aurait pas été possible".

 

 

 

Reprise prochaine de l'enrichissement, selon les Iraniens

12/07/2005 - L'Iran reprendra très prochainement l'enrichissement d'uranium et rejettera toute proposition européenne qui ne reconnaîtrait pas son droit à mener cette activité nucléaire ultra-sensible, ont déclaré les négociateurs iraniens au quotidien Kayhan de mardi. "J'estime que la fin de la suspension est très proche, et les Européens doivent tenir leurs engagements", a dit Hossein Moussavian au journal ultra-conservateur. "Les Européens se sont peut-être imaginé des choses après la présidentielle" et la victoire de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, "mais ils savent que si leur proposition ne comprend pas l'enrichissement d'uranium, l'Iran la rejettera", a déclaré le chef de l'équipe de négociateurs Cyrus Nasseri.
L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne tentent d'obtenir de l'Iran les garanties que ses activités nucléaires restent purement civiles. Un renoncement permanent à l'enrichissement constitue à leurs yeux la garantie la plus probante. L'enrichissement fournirait le combustible aux futures centrales civiles iraniennes, mais les Occidentaux redoutent un détournement de technologie pour fabriquer l'arme nucléaire.
[Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret...]
Les Européens offrent aux Iraniens une coopération nucléaire, commerciale et politique en échange d'un renoncement à l'enrichissement. L'Iran a accepté en novembre de suspendre l'enrichissement mais a toujours exclu un abandon définitif. Les négociations ont été près de capoter en mai. Les Iraniens qui menaçaient de reprendre une partie de l'enrichissement ont accepté de surseoir en attendant que les Européens leur présentent d'ici à août des propositions concrètes et détaillées de coopération. "Si ces propositions reconnaissent le droit légitime de l'Iran à l'enrichissement, nous poursuivrons le processus, dans le cas contraire nous n'accepterons pas de continuer", a dit M. Moussavian à Kayhan. "Nos ennemis sont déterminés à priver l'Iran de la technologie nucléaire civile (...) Mais les Européens ne doivent pas croire qu'ils peuvent anéantir la détermination iranienne (...) S'ils commettent cette erreur, la seule chose qui arrivera, c'est que nos jeunes se rangeront aux côtés de leurs pères révolutionnaires pour résister aux demandes exorbitantes de l'Occident", a déclaré un autre négociateur, Ali Agha-Mohammadi.
Les Européens s'inquiètent qu'avec l'élection à la présidence de M. Ahmadinejad, le dialogue et la suspension de l'enrichissement ne soient remis en cause. Cette inquiétude est renforcée par l'incertitude sur l'avenir du dirigeant en charge du nucléaire, le modéré Hassan Rohani. "Certaines inquiétudes n'ont (...) pas lieu d'être. Nous suivrons la même voie avec le prochain gouvernement qu'avec celui de M. (Mohammad) Khatami", a répondu le ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi. "Les politiques générales du pays sont décidées par le Guide suprême et les différents gouvernements les appliquent, le nucléaire fait partie de ces politiques générales", a-t-il dit en recevant les ambassadeurs étrangers en poste à Téhéran. Personne ne peut forcer l'Iran à renoncer à son "droit absolu" au nucléaire à des fins civiles, a-t-il insisté.
Les Européens commettraient une "erreur stratégique" en pensant que la diplomatie nucléaire sera "bouleversée", a abondé dans Kayhan Mohammad Saïdi, vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. "Le nouveau président est informé de tous les détails du dossier. La voie est très difficile" et le nouveau gouvernement entame son action par un "test important", a dit M. Nasseri. Devant l'ampleur du défi et le risque d'une "crise grave" dès son entrée en fonctions, Kayhan suggère au nouveau président de désigner un "représentant spécial" pour le nucléaire. "Les Européens vont peut-être demander plus de temps pour mieux connaître le nouveau gouvernement iranien", a dit M. Nasseri. M. Ahmadinejad prend officiellement ses fonctions le 3 août.

 

 

Poutine offre au président élu iranien de poursuivre leur coopération nucléaire

MOSCOU (25 juin 2005) - Le président russe Vladimir Poutine a félicité samedi le président-élu iranien Mahmoud Ahmadinejad, ajoutant que Moscou était prêt à poursuivre sa coopération nucléaire avec l'Iran, dans le cadre des accords internationaux. "La construction de la centrale nucléaire de Bushehr (menée par les Russes, NDLR) est presque terminée, et nous sommes prêts à poursuivre la coopération avec l'Iran dans le domaine de l'énergie nucléaire, dans le respect de nos obligations en matière de non-prolifération , et à trouver une solution politique acceptable pour tous", écrit-il dans une lettre à Mahmoud Ahmadinejad rendue publique par le Kremlin. Moscou, dont le contrat de 800 millions de dollars pour la construction du réacteur de Bushehr inquiète Washington, a offert à l'Iran de construire d'autres réacteurs. Bushehr devrait devenir opérationnel d'ici la fin 2006. Mais en février dernier, les Russes ont exigé et obtenu des Iraniens un accord obligeant Téhéran à renvoyer en Russie la matière fissile utilisée par la centrale, de l'uranium enrichi. Et ce afin d'éviter son détournement à des fins militaires. Tout en défendant sa coopération nucléaire avec l'Iran, Moscou exhorte Téhéran à faire preuve de transparence et à se soumettre aux inspection de la communauté internationale.

 

L'Iran pose ses conditions pour maintenir la suspension de l'enrichissement

TEHERAN (5 juin 2005) - Les Iraniens ont posé leurs conditions pour accepter de maintenir jusqu'à fin juillet la suspension d'activités sensibles, dans le souci de ne pas laisser les Européens jouer la montre et retarder la progression de leur programme nucléaire.La République islamique réclame de coopérer à l'élaboration des propositions que l'Europe s'est engagée à lui faire d'ici à fin juillet pour tenter de convaincre l'Iran de ne pas reprendre les activités d'enrichissement de l'uranium, a dit dimanche à l'agence officielle, Irna, Ali Agha Mohammadi, un des négociateurs iraniens.
Pour sauver un dialogue ayant pour l'instant évité le recours au Conseil de sécurité de l'Onu, les trois ministres allemand, britannique et français des Affaires étrangères, au nom de l'Union européenne (UE), ont proposé le 25 mai aux Iraniens de leur faire d'ici à fin juillet des propositions de coopération concrètes et détaillées, en échange desquelles les Iraniens maintiendraient la suspension des activités d'enrichissement de l'uranium.
Le dirigeant iranien en charge du nucléaire, Hassan Rohani, était reparti de Genève en disant qu'il devait soumettre cette offre au pouvoir.
Les propos d'Ali Agha Mohammadi sont la réponse officielle du pouvoir à l'offre européenne. Ils confirment des informations obtenues de sources diplomatiques auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne. "L'Iran a accepté la proposition européenne et l'Europe a jusqu'à fin juillet pour soumettre une offre complète et détaillée (...), à condition que les trois groupes de travail et le comité de pilotage se réunissent et qu'il y ait un échange entre les ministres européens des Affaires étrangères et (M. Rohani) afin que la proposition européenne soit conforme aux objectifs qui seront convenus", a-t-il déclaré.
Les groupes de travail et le comité de pilotage qui les chapeaute travaillent à un accord à long terme par lequel les Iraniens fourniraient des "garanties objectives" que leurs activités nucléaires restent purement civiles, en échange d'une coopération nucléaire et technologique, commerciale et politique.
Pour les Européens, alarmés par 18 années de dissimulations, un tel accord n'est possible que si les Iraniens renoncent définitivement à l'enrichissement, seule garantie probante à leurs yeux que le programme nucléaire de la République islamique n'est pas détourné pour fabriquer l'arme nucléaire.
Se disant mécontents des résultats des tractations engagées en décembre 2004, les Iraniens ont annoncé le 30 avril leur intention de reprendre une partie des activités relatives à l'enrichissement, qu'ils avaient accepté de suspendre en novembre.
Les Européens les ont prévenus qu'ils n'auraient alors d'autre choix que de soutenir un recours au Conseil de sécurité, prôné depuis des mois par les Américains.
Le dialogue a été sauvé in extremis le 25 mai à Genève.
Mais les Iraniens accusent les Européens de seulement chercher à gagner du temps pour que dure la suspension de l'enrichissement. Ils ont refusé à Genève que les Européens présentent leurs propositions en septembre.
Une majorité de députés a réclamé la semaine passée l'application rapide d'une loi récente forçant le gouvernement iranien à garantir la production de combustible nucléaire, donc l'enrichissement d'uranium.
Ali Agha Mohammadi a redit implicitement la volonté iranienne de mener à bien son programme: "Les deux parties doivent faire des propositions conformes avec les principaux objectifs de l'accord de Paris", par lequel l'Iran acceptait en novembre de suspendre l'enrichissement, contre l'ouverture de négociations de coopération, afin que "les installations nucléaires de la République islamique entrent en service de manière convenable".
Il a conseillé aux Européens de ne pas "laisser passer cette occasion afin que nous ne revenions pas au point de départ".


Iran: le Conseil des gardiens approuve la loi forçant Téhéran à développer la technologie nucléaire

TEHERAN (28 mai 2005) - Le Conseil des gardiens de la Révolution en Iran a donné samedi son feu vert à une loi obligeant le pays à développer sa technologie nucléaire, dont l'enrichissement d'uranium, rapporte la radio officielle. Le Parlement iranien avait adopté la loi le 15 mai, mais chaque loi doit être soumise au Conseil des gardiens, instance ultra-conservatrice, avant d'entrer en vigueur. L'adoption de la loi n'oblige pas le gouvernement de Téhéran a reprendre immédiatement l'enrichissement d'uranium, mais requiert qu'il poursuive son programme nucléaire, alors même que l'Iran, accusé par les Etats-Unis de vouloir développer des armes nucléaires, fait l'objet de pressions internationales pour le limiter. La loi demande au gouvernement de développer un cycle de fabrication d'énergie nucléaire, ce qui nécessiterait la reprise de l'enrichissement d'uranium, une perspective critiquée par les Etats-Unis et l'Europe car cette activité peut aussi servir à développer des armes nucléaires. Sous la pression internationale, l'Iran a suspendu en novembre l'enrichissement d'uranium. Téhéran maintient que son programme nucléaire est pacifique et uniquement destiné à un usage civil pour la production d'électricité. La nouvelle loi apparaît destinée à renforcer la position du gouvernement iranien dans les négociations avec la troïka européenne (Allemagne, France et Grande-Bretagne), lui permettant de mettre en avant des pressions intérieures. De nouvelles négociations doivent avoir lieu à l'été.


Mise en garde de l'Iran aux Européens

TEHERAN (22 mai 2005) - Les Iraniens ont mis en garde dimanche les Européens de ne pas les pousser à dénoncer leurs engagements internationaux sur le nucléaire en soutenant la saisine du conseil de sécurité de l'Onu si une prochaine réunion de crise se solde par un échec. "Nous avons pris les dispositions nécessaires, le Conseil de sécurité ne nous fait pas peur", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi devant la presse. "Cela signifierait qu'un problème qui aurait pu être résolu par la négociation est devenu une crise dont les Européens n'ont pas le contrôle, la République islamique n'aura plus alors aucune obligation, ni aucun engagement, et prendra des décisions unilatérales", a-t-il prévenu.

L'Iran est signataire du Traité de non-prolifération et, depuis décembre 2003, de son protocole additionnel qui soumet ses activités nucléaires à un contrôle international renforcé. Mais les plus durs en Iran prônent un désengagement iranien en représailles aux pressions internationales. Or la menace d'un dénouement de la querelle nucléaire devant le conseil de sécurité a rarement été aussi forte que depuis que l'Iran a annoncé, le 30 avril, une reprise d'activités relatives à l'enrichissement d'uranium. Pour ne pas en arriver là, les ministres allemand, britannique et français des Affaires étrangères et le dirigeant iranien en charge du nucléaire, Hassan Rohani, se rencontreront mercredi à Genève à l'ambassade d'Iran, a dit M. Assefi. Cette réunion a été qualifiée de celle de "la dernière chance" par les Iraniens eux-mêmes. Mais les Iraniens "n'ont rien à dire" au cours de cette rencontre et s'y rendront pour "entendre ce qu'ils (les Européens) ont à dire", a déclaré M. Assefi. La volonté européenne de voir l'Iran renoncer à l'enrichissement est "inacceptable" et la décision iranienne de reprendre la conversion, en amont de l'enrichissement, est "irréversible", a-t-il dit. M. Assefi a expliqué que la réunion de mercredi avait lieu à l'instigation des Européens et que c'était à leur demande que le redémarrage de l'usine de conversion d'Ispahan avait été retardé. "Nous considérons la voie des négociations comme la meilleure (...), mais la décision en ce qui concerne Ispahan est irréversible et nous allons reprendre", a-t-il dit. C'est précisément cette décision qui menace les pourparlers.

Les Européens ont obtenu en novembre une suspension par les Iraniens de toutes les activités relatives à l'enrichissement, y compris la conversion. Les Européens, alarmés comme une grande partie de la communauté internationale par 18 années de dissimulations des Iraniens, veulent obtenir un renoncement à l'enrichissement, seule garantie probante pour eux que la République islamique ne fabrique pas l'arme nucléaire [Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret...]. Ils offrent en contrepartie une coopération nucléaire, commerciale et politique. Mais les Iraniens sont mécontents de l'état des travaux et, le 30 avril, ont annoncé le redémarrage imminent d'Ispahan.

Les Européens ont prévenu les Iraniens qu'une telle initiative "mettrait un terme au processus de négociations" et qu'ils n'auraient d'autre choix que de soutenir le recours au conseil de sécurité, préconisé depuis des mois par les Etats-Unis. L'Iran a indiqué samedi "examiner une proposition" russe qui lui permettrait de recommencer le travail à Ispahan. Selon le négociateur Cyrus Nasseri, Moscou a proposé à Téhéran d'utiliser l'uranium qui serait converti à Ispahan pour l'enrichir en Russie et le réexpédier ensuite en Iran pour servir de combustible à la future centrale nucléaire de Bouchehr (sud). Ainsi l'Iran ne procèderait pas lui-même à l'enrichissement proprement dit, susceptible d'être détourné pour fabriquer l'arme nucléaire.

Mais, a précisé M. Assefi, il ne s'agissait que d'une idée russe parmi d'autres et il n'a jamais été question que l'Iran renonce à faire fonctionner à terme son usine d'enrichissement de Natanz (centre). "Nous n'étudions même pas" cette idée, a dit M. Assefi.



L'Iran ne renoncera pas à la technologie nucléaire, même en cas de sanctions de l'ONU

TEHERAN (19 mai 2005,) - L'Iran a annoncé mercredi qu'il était prêt à supporter d'éventuelles sanctions économiques des Nations unies plutôt que de renoncer à sa technologie nucléaire, alors que reprendront mardi les négociations entre Téhéran les trois pays représentant l'Union européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne).
L'UE a déjà menacé l'Iran de porter le dossier de son programme nucléaire au Conseil de sécurité de l'ONU en vue d'éventuelles sanctions économiques si Téhéran reprenait ses activités de traitement de l'uranium, une des premières étapes pouvant conduire à la fabrication d'une bombe nucléaire.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Silvan Shalom, en visite en Allemagne, a d'ailleurs appelé mercredi à une réunion du Conseil de sécurité consacrée au nucléaire iranien, estimant que Téhéran "ne renoncera jamais à son projet de bombe nucléaire".
Le vice-président iranien Gholamreza Aghazadeh a rejeté mercredi soir une telle éventualité. "Nous ne souhaitons pas être la cible de sanctions. Nous ne souhaitons pas aller au Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il déclaré sur à la télévision publique. "Mais, si cela arrivait, l'ordre établi et le peuple (...) paieront le prix des sanctions, mais, à mon avis, ne renonceront pas à ces activités", a-t-il précisé".
Le vice-président iranien a également affirmé que Téhéran avait clairement fait savoir à la troïka européenne qu'il ne renoncerait pas à la technologie nucléaire qu'il avait réussi à maîtriser et que celle-ci était "irréversible".
Volker Ruehe, président de la commission des Affaires étrangères au Parlement allemand, a annoncé mardi que les négociations entre l'Iran et les trois pays européens reprendraient mardi à Paris.

 

 

Le Figaro, 13/05/2005 : 

L'Iran agite la menace atomique

Malgré de nouvelles mises en garde européennes, les dirigeants iraniens veulent reprendre bientôt l'enrichissement de l'uranium

L'Iran, en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 17 juin, a confirmé hier qu'il entendait reprendre bientôt ses activités nucléaires sensibles, malgré les mises en garde des Européens contre les «conséquences» d'une telle démarche. Dans une lettre aux dirigeants iraniens, les trois pays qui négocient avec Téhéran au nom de l'Union européenne (France, Grande-Bretagne et Allemagne) ont proposé une nouvelle réunion à quatre «dans un avenir proche». Ils ont rappelé à l'Iran «les conséquences qu'il y aurait à reprendre des activités de conversion» de l'uranium. La conversion est une étape vers l'enrichissement, et l'uranium hautement enrichi peut servir à l'énergie civile mais aussi à fabriquer la bombe atomique. Les Etats-Unis ont affirmé de leur côté qu'ils continuaient de soutenir les efforts diplomatiques européens vis-à-vis de l'Iran.

Réunis depuis le début du mois à New York, les 188 pays qui participent à la conférence d'examen du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) se seraient bien passés de ça. Déjà confrontés à une crise majeure avec la Corée du Nord, qui a annoncé avoir franchi une nouvelle étape dans la fabrication de la bombe atomique et menace d'effectuer un essai nucléaire, ils ont assisté hier à la dégradation de l'autre point chaud de la conférence, le dossier iranien.

La crise, qui couvait depuis des semaines, s'est aggravée lorsque Téhéran a fait part de sa décision de reprendre de manière imminente ses activités de conversion nucléaire. L'Iran, qui examine encore «les conditions et le moment» de cette reprise, a affirmé qu'elle aurait d'abord lieu dans la centrale d'Ispahan, au centre du pays.

Après avoir dissimulé pendant dix-huit ans les aspects potentiellement militaires de son programme nucléaire, l'Iran a signé en décembre 2003 le protocole additionnel du TNP, se pliant ainsi à un contrôle renforcé de ses activités et à des inspections surprises menées par les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Menacé de voir son dossier transmis au Conseil de sécurité des Nations unies, en vue d'éventuelles sanctions internationales, Téhéran a accepté en novembre 2004 de suspendre ses activités de conversion. Il a obtenu en échange l'ouverture de négociations avec trois pays de l'Union européenne (UE), la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Pour la troïka européenne, il s'agissait d'obtenir, par la voie diplomatique, des «garanties objectives» sur le caractère civil du programme nucléaire iranien. En retour, l'UE offrait à l'Iran des mesures d'incitations économiques et politiques.

Mais dès le début, les dés étaient pipés et le désaccord, fondamental. Pour les Occidentaux, qui affrontent avec l'Iran un pays dissimulateur dans lequel ils n'ont guère confiance, seul le renoncement permanent à l'enrichissement peut garantir le caractère pacifique du programme nucléaire iranien. Téhéran a toujours refusé cette exigence. L'Iran a un «droit légitime» à acquérir la technologie nucléaire, a encore répété hier le ministre iranien des Affaires étrangères. Le problème, c'est que l'enrichissement destiné à fabriquer du combustible pour les centrales nucléaires civiles peut également servir à la construction des bombes atomiques. C'est une simple question d'intensité d'enrichissement.

Reconnu par le TNP, à condition qu'il s'effectue sous strict contrôle de l'AIEA, le droit d'enrichir de l'uranium pour un programme nucléaire pacifique, destiné à fournir de l'électricité, est en pratique peu utilisé. La plupart des pays ont en effet recours à des importations d'uranium auprès des pays producteurs.

La crise iranienne est en tout cas un nouveau revers pour la diplomatie européenne. Pour l'AIEA, qui espère toujours un accord de dernière minute, comme pour la troïka européenne, qui mène depuis plusieurs mois les difficiles pourparlers avec Téhéran, la reprise des activités nucléaires iraniennes entraînerait une rupture immédiate des négociations.

Après avoir longtemps traîné des pieds, le président américain George W. Bush a fini par soutenir les efforts de la troïka depuis février. Mais sur le fond, Washington a toujours cru que les prétentions iraniennes de produire de l'électricité grâce au nucléaire civil ne sont qu'un paravent qui cache une intention de fabriquer des bombes atomiques. Laquelle intention risque fort de résister aux pressions diplomatiques. L'Administration américaine, si elle avait agi seule, aurait sans doute déjà transmis le dossier iranien au Conseil de sécurité de l'ONU.

Si Téhéran met sa menace à exécution, la troïka européenne sera sans doute obligée de s'aligner sur la position américaine et d'en appeler au Conseil de sécurité, qui pourrait décider de sanctions, si toutefois la Chine et la Russie, qui toutes deux ont des intérêts en Iran, n'y mettaient pas leur veto. C'est en tout cas la menace qu'a laissé planer hier le premier ministre britannique, Tony Blair, au cas où l'Iran «violerait ses obligations» dans le domaine nucléaire. Dans une lettre remise aux dirigeants iraniens, les trois grands pays européens ont mis en garde l'Iran contre «les conséquences» d'une reprise des activités de conversion nucléaires.

Reste à savoir si les menaces proférées par Téhéran sont ou non un bluff. Selon les analystes politiques, l'ancien dirigeant Akbar Hashemi Rafsandjani, candidat à l'élection présidentielle du mois prochain, dont les alliés mènent les négociations avec l'UE, profiterait, dans les sondages, de la recrudescence des tensions entre l'Iran et la troïka européenne.

S'exprimant en marge de la conférence d'examen du TNP à New York, le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradeï, a tiré la sonnette d'alarme. Quelle que soit l'issue de la crise iranienne, le monde, a-t-il dit en substance, court à la catastrophe si on ne restreint pas rapidement l'accès à la technologie nucléaire militaire. Il estime que d'ici 10 ou 20 ans de nombreux pays risquent de devenir des puissances nucléaires virtuelles. «C'est le meilleur moyen, prévient-il, d'aboutir à notre autodestruction.»

Isabelle Lasserre

 

 

L'Iran confirme avoir converti 37 tonnes d'uranium brut en gaz

TEHERAN (9 mai 2005) - L'Iran a confirmé lundi avoir converti 37 tonnes d'uranium brut en un gaz utilisé pour l'enrichissement, peu avant de suspendre l'an dernier toutes ses activités dans ce domaine. Mohammad Saeedi, numéro deux de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a précisé que les autorités de son pays avaient effectué cette opération dans une installation nucléaire du centre de l'Iran soupçonnée par Washington d'être une composante du programme iranien de production d'armes atomiques. "Nous avons converti les 37 tonnes de concentré d'uranium connu sous l'appellation de 'yellowcake' en gaz UF-4 au centre de transformation de l'uranium d'Isfahan avant d'y suspendre nos activités", a expliqué M. Saeedi.
Enrichi à un niveau limité, l'uranium peut être utilisé comme combustible pour un réacteur nucléaire servant à produire de l'électricité. A un niveau élevé, il devient utilisable à des fins militaires.

 

 

Le Monde, 09/05/2005:

Nucléaire: l'Iran va continuer

L'Iran va reprendre "dans les prochains jours" certaines activités sensibles

Téhéran va "relancer les installations de conversion d'uranium à Ispahan",a indiqué lundi l'Iran. Ce pays reprendra d'autres activités dans le nucléaire "si les Européens ne prennent pas en compte ses propositions". L'Iran avait suspendu en novembre 2004 ses activités d'enrichissement en contrepartie de coopération avec les Européens. Les Iraniens sont mécontents de la nouvelle séance de négociations qu'il ont eu avec les européens le 29 avril à Londres. Pour les Européens, une telle reprise des recherches iraniennes   serait synonyme d'une rupture des tractations. Ils devraient  alors soutenir une saisine du Conseil de sécurité de l'Onu, préconisée depuis  des mois par les Américains. "Les Européens doivent se dépêcher de nous donner une réponse", avait dit le ministère des Affaires étrangères.


Iran: le futur président du pays ne renoncera pas au programme nucléaire, selon Ali Khamenei

TEHERAN (1er mai 2005) - Le Guide suprême de la République islamique d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a assuré dimanche que le futur président iranien ne renoncera pas au programme nucléaire iranien, au lendemain de l'annonce par Téhéran de la reprise prochaine de ses activités nucléaires liées à la conversion de l'uranium.
"Quiconque arrivera au pouvoir au terme de l'élection présidentielle (ndlr: prévue le 17 juin) ne souhaitera pas, et la nation ne lui permettra pas, de prendre une mesure à l'encontre des intérêts du peuple", a déclaré Ali Khamenei, dans une allusion au programme nucléaire iranien.
"Le peuple d'Iran a obtenu la technologie (nucléaire) grâce à ses propres experts, il ne vous l'a pas empruntée et ne l'a pas mendiée non plus", a-t-il ajouté, faisant apparemment référence aux pays occidentaux et aux Etats-Unis.
Ce discours prononcé devant plusieurs milliers d'Iraniens à Kerman, dans le sud-est du pays, indique une prise de position apparemment plus ferme de l'Iran sur le dossier épineux du nucléaire, alors que la république islamique s'apprête à voter le 17 juin prochain pour élire un nouveau président.
L'actuel président et chef de file des réformateurs iraniens, Mohammad Khatami, ne peut se présenter à cette élection car la Constitution iranienne empêche tout président qui a rempli deux mandats d'en briguer un troisième.
Dimanche, le Guide suprême iranien a affirmé qu'il ne soutiendrait pas un candidat à la présidentielle au profit d'un autre. Mais il a tout de même ajouté qu'il «insisterait pour que les critères de choix des candidats incluent la loyauté à la Révolution islamique, la défense de la justice et le combat contre la corruption».

 

 

Mohammad Khatami: "renoncer au nucléaire pacifique serait inacceptable"

PARIS (5 avril 2005) - Alors qu'il doit être reçu ce mardi par Jacques Chirac, le président iranien Mohammad Khatami réaffirme dans une interview publiée par "Le Figaro" qu'il serait "inacceptable" pour Téhéran de "renoncer au nucléaire pacifique". "Nous sommes prêts à considérer toute solution raisonnable mais nous refusons la suspension définitive de nos activités. Il faut que les Européens comprennent que le traité de non-prolifération et les conventions internationales nous autorisent à posséder la technologie nucléaire dans un but pacifique (...) nous obliger à renoncer au nucléaire pacifique (...) serait inacceptable pour nous", souligne le président de la République islamique.

 

Téhéran pourrait produire assez de plutonium d'ici 2007 pour fabriquer une bombe atomique, selon des opposants iraniens

PARIS (31 mars 2005) - L'Iran devrait être en mesure de produire huit à dix kilos de plutonium d'ici 2007, soit suffisamment pour fabriquer une bombe atomique, a mis en garde jeudi la branche politique des Moudjahidine du peuple, groupe d'opposition iranien. Lors d'une conférence de presse à Paris, le Conseil national de la résistance (CNR) a souligné que la principale unité d'un réacteur construit près d'Arak (centre) produisait déjà de l'eau lourde et qu'une troisième unité était en voie d'achèvement. Ce réacteur nucléaire à eau lourde de 40 mégawatts devrait être prêt en 2006 ou 2007, a déclaré Mohammad Mohadessine, président de la Commission des affaires étrangères du CNR. "Le régime iranien est engagé dans une course contre la montre pour achever le complexe", a-t-il affirmé. Le but de Téhéran est, selon lui, "d'obtenir du plutonium pour construire une bombe atomique". L'existence du réacteur est connue depuis plusieurs années et les Européens, qui ont engagé des pourparlers avec l'Iran sur son programme nucléaire, ont demandé à Téhéran d'arrêter sa construction et d'édifier à la place un réacteur à eau légère. L'Iran a informé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) que la construction du réacteur serait achevée en 2014, souligne M. Mohadessine, citant des renseignements recueillis par des informateurs des Moudhahidine du peuple en Iran.
Les Moudjahidine sont considérés comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne. Reste qu'une partie des informations de l'organisation sur le programme nucléaire iranien se sont révélées exactes par le passé.
Les Etats-Unis soupçonnent l'Iran de vouloir de doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément, affirmant que son programme nucléaire a un but uniquement civil. La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont entamé des négociations avec l'Iran pour tenter d'obtenir des garanties qu'il ne produira pas d'armes atomiques.
En vertu de l'accord de Paris conclu l'an dernier entre Téhéran et cette "troïka" européenne, le régime iranien a suspendu toutes ses activités liées à l'enrichissement d'uranium. Mais cet accord laisse l'Iran libre de produire du plutonium, qui peut également être utilisé pour produire des armes nucléaires.
M. Mohaddessine estime que le dossier devrait être soumis au Conseil de sécurité des Nations unies, ce que Washington a déjà menacé de faire, en vue d'éventuelles sanctions contre Téhéran. Il cite un rapport parlementaire iranien "confidentiel" daté de février 2004 sur les activités nucléaires de l'Iran, qu'il dit avoir reçu jeudi, comme une preuve que l'Iran ne dit pas tout de ses objectifs réels concernant son programme nucléaire.


Le président Khatami affirme que Téhéran va produire du combustible nucléaire

31/03/05 - Les autorités de Téhéran ont fait monter les enchères avec les Européens, mercredi 30 mars, dans le cadre des négociations sur le programme nucléaire de l'Iran. A l'occasion d'une visite organisée pour la presse internationale sur le site de l'usine d'enrichissement de l'uranium de Natanz, le président Mohammad Khatami a affirmé que l'Iran a l'intention de reprendre ses activités d'enrichissement suspendues dans le cadre de l'accord signé en novembre 2004 avec la troïka européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne). "Malgré les pressions de tous bords pour la priver de technologie nucléaire pacifique, la République islamique est sur le point de produire du combustible, a indiqué le président iranien. Il est intolérable pour notre gouvernement et notre nation que des centaines de jeunes scientifiques qui se sont sacrifiés pour cette technologie abandonnent leurs activités. Dans le proche avenir, nous achèverons ce que nous avons fait jusqu'ici." "Nous n'abandonnerons les activités nucléaires pour aucune récompense", a-t-il conclu, en allusion aux avantages commerciaux que les Européens seraient prêts à accorder à l'Iran.
En dépit de son ton menaçant, la déclaration du président Khatami ne signifie pas que l'Iran a l'intention d'abandonner les négociations avec les Européens. Le président a rappelé que l'Iran a fait une proposition (les activités d'enrichissement seraient réduites à la portion congrue), qui est en cours d'examen par les experts européens. A Téhéran, la campagne pour l'élection présidentielle du 17 juin est en cours, et la question du programme nucléaire en constitue l'un des thèmes. Bien qu'il ne puisse lui-même se représenter, le président souhaite manifestement éviter qu'un candidat ultraconservateur et hostile à un accord avec les Européens ne l'emporte.
A Washington, le département d'Etat a choisi de relativiser les propos de M. Khatami, tout en les condamnant. Washington, a rappelé un porte-parole, soutient la démarche européenne pour obtenir une "cessation complète" du "programme d'armement nucléaire" de l'Iran. "Au-delà de la mise en scène d'un événement médiatique", a-t-il ajouté en faisant référence à la visite organisée à Natanz, l'Iran doit faire preuve d'une véritable transparence.
La position européenne a également été renforcée par la déclaration du ministre israélien de la défense, Shaul Mofaz, en visite mercredi à Washington. "Les Européens suivent une approche diplomatique et nous pensons que la voie diplomatique est la bonne pour empêcher les Iraniens de devenir une puissance nucléaire", a-t-il déclaré.

 

 

Le Monde, 25/03/05:
Les Européens font une concession sur le dossier nucléaire iranien




L'Iran tient bon

23/03/2005 - Le porte-parole de l'équipe des négociateurs nucléaires iraniens, Hossein Moussavian, a répété hier que l'Iran ne renoncerait pas à l'enrichissement de l'uranium, à la veille de nouvelles négociations cruciales avec les Européens. « Le cycle du combustible nucléaire est le droit légitime de l'Iran, qui n'est pas prêt à y renoncer en échange de quelque avantage que ce soit », a déclaré M. Moussavian à la radio d'Etat iranienne. « S'il y a des progrès dans les négociations, alors nous continuerons (les discussions) pendant trois mois, mais s'il n'y pas de progrès et si nous nous rendons compte que l'autre partie cherche à faire perdre du temps, alors l'Iran révisera sa position » sur les négociations nucléaires avec les trois grands pays européens, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, a-t-il ajouté. Des responsables politiques iraniens et européens doivent se retrouver aujourd'hui à Paris dans le cadre du « comité de pilotage » pour tirer les conclusions de trois mois de discussions entre les deux parties.

 

 

Edicom, 20 mars 2005:

L'Iran va créer un centre de recherche "secret" sur le nucléaire

LONDRES - L'Iran a décidé de créer un centre de recherche secret pour former des scientifiques dans le domaine de la technologie nucléaire, affirme le Sunday Telegraph. Téhéran affirme que ses activités sont pacifiques, sans donner pour autant de garantie. «Les responsables des services de renseignements estiment que la création de ce centre est une preuve de plus que l'Iran est impliqué dans un programme clandestin destiné à construire des armes nucléaires», explique le journal dimanche.
Les scientifiques pourraient recevoir une formation sur la production d'équipements nucléaires dans ce nouveau centre, qui serait rattaché à l'Organisation de l'énergie atomique de l'Iran, indique le Sunday Telegraph, citant des sources de services de renseignements occidentaux.
«Si les Iraniens étaient vraiment sérieux quand ils disent qu'ils développent la technologie nucléaire à des fins seulement pacifiques, ils n'auraient pas besoin d'un centre comme celui-ci», a estimé l'un des responsables occidentaux cités par le Sunday Telegraph.
Les Etats-Unis et l'Europe exercent actuellement de fortes pressions sur l'Iran pour obtenir des garanties que Téhéran n'utilise pas son programme nucléaire pour acquérir l'arme atomique.


13 mars 2005:
Israël aurait un plan d'attaque de sites nucléaires iraniens



Dernières Nouvelles d'Alsace, lundi 28 février 2005:

Iran : accord avec la Russie pour une première centrale nucléaire

L'Iran et la Russie ont signé, hier, un accord capital devant permettre la mise en service de la première centrale nucléaire iranienne, construite par les Russes à Bouchehr. La République islamique continue à être montrée du doigt quant à la nature de ses activités nucléaires.

Les chefs des organisations iranienne et russe de l'énergie atomique, Gholamreza Aghazadeh et Alexandre Roumiantsev, ont paraphé hier à Bouchehr, dans le sud iranien, les documents relatifs à la livraison par les Russes du combustible de la centrale, et notamment au rapatriement en Russie de l'uranium usagé.

Suspicions

 Selon la télévision d'Etat iranienne, cette dernière clause est censée garantir que le combustible ne soit pas réutilisé pour fabriquer la bombe atomique par la République islamique, que les Etats-Unis accusent ouvertement de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous le couvert d'activités civiles.
 Cet accord ouvre la voie à la mise en marche de la centrale, prévue « fin 2006 », a déclaré Alexandre Roumiantsev cité par l'agence russe Itar-Tass, « le combustible étant livré environ six mois auparavant ». Selon lui, environ 100 tonnes de combustible doivent prendre le chemin de l'Iran.
 La signature de cet accord était retardée depuis plus de deux ans. Sous la pression de la communauté internationale et en particulier des Etats-Unis, la Russie a exigé et obtenu que l'Iran accepte de renvoyer le combustible une fois qu'il aura servi.
 Le retard a aussi coïncidé avec le bras de fer diplomatique entre l'Iran et la communauté internationale, inquiète des activités nucléaires de la République islamique et en particulier de son programme d'enrichissement d'uranium.
 M. Roumiantsev a redit la conviction de Moscou que Bouchehr ne rapproche pas l'Iran de la bombe atomique et qu'« en dépit des nombreuses critiques, la coopération (irano-russe) est conforme aux règles internationales », selon les médias iraniens.

Six autres réacteurs

 Pour la Russie, il s'agit d'affirmer l'indépendance de sa politique vis-à-vis des Etats-Unis et aussi sa place sur le marché du nucléaire civil. Selon des sources diplomatiques, Bouchehr, un contrat de 800 millions de dollars, a « littéralement sauvé l'industrie nucléaire russe ».
 L'Iran prévoit de construire un deuxième réacteur, et aussi bien Russes qu'Iraniens se sont dits prêts à discuter. Téhéran envisage de bâtir au total six réacteurs supplémentaires d'ici à 2020, pour une production de 7 000 mégawatts.



Dernières Nouvelles d'Alsace, lundi 28 février 2005:

L'Iran aura la bombe

Trois jours après le sommet Bush-Poutine à Bratislava, la Russie a quand même signé, non sans de difficiles négociations, « son » accord nucléaire avec l'Iran. Les Russes qui construisent la centrale de Bouchehr fourniront l'uranium enrichi et garantissent son retraitement. En principe, tout est clair : il s'agit d'un contrat civil portant sur 800 millions de dollars dans un premier temps, le type de contrat à l'exportation dont rêvent tous les « atomistes » européens et américains...
Mais il s'agit de l'Iran. Et c'est une partie de billard à bandes multiples et changeantes que Téhéran joue depuis trois ans avec la communauté internationale, une partie dangereuse puisque l'enjeu est la bombe. Cela ne fait aucun doute. L'Iran refuse pour ses programmes prétendus civils les réacteurs à eau légère « occidentaux » - livrables « clés en mains » - et ne renonce pas « définitivement » à enrichir l'uranium sur son sol. Au nom, paraît-il, de sa souveraineté : le régime des mollahs veut s'affranchir du marché sous strict contrôle de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique). En même temps, Téhéran développe des « réacteurs expérimentaux » à eau lourde et exhibe des missiles à moyenne portée de conception nord-coréenne. Ils pourraient atteindre Israël et les bases américaines dans le Golfe...
Enfin recourir à l'atome pour produire de l'électricité est un non sens économique dans un pays qui regorge de gaz et de pétrole.

Les intentions de la théocratie iranienne, prise en tenailles par les Américains installés en Afghanistan et en Irak et en froid avec le monde musulman sunnite, sont tellement évidentes ! Le régime veut survivre à tout prix, quitte aussi à encourager la déstabilisation du Moyen-Orient via les réseaux extrémistes chiites.
Longtemps l'Europe a cru en les réformateurs au pouvoir à Téhéran, voulant ignorer que la vraie autorité était détenue par les ayatollahs de Qom. Depuis longtemps, aussi, l'Europe négocie pour ramener l'Iran à plus de raison, pour que le pays ouvre toutes ses installations à l'AIEA, allant jusqu'à offrir un « échange de technologies » dans l'espoir de surveiller le programme iranien. Par initiative diplomatique, pour dénouer une nouvelle crise dans une région déjà soumise à forte tension en Irak ? Ou parce que Français, Allemands et Britanniques ont aussi des centrales à vendre ? Les Etats-Unis, on le sait, préfèrent manier le bâton plutôt que la carotte...
En attendant, les Russes ont remporté le contrat « civil ». L'accord permet à Téhéran de protester de ses intentions pacifiques... et de poursuivre des recherches moins avouables. Quant aux Américains, déjà empêtrés en Irak, on les voit mal, pour l'instant, réagir autrement qu'en paroles.

Jean-Claude Kiefer

 

 

Libération, 28 février 2005:

L'AIEA exhorte l'Iran à se montrer plus coopératif

VIENNE - Le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradeï, exhorte l'Iran à se montrer plus coopératif avec les inspecteurs chargés d'examiner son programme nucléaire qui, selon les Etats-Unis, a pour objectif de fabriquer une bombe atomique.
Le chef de l'Agence internationale à l'énergie atomique s'exprimait à l'occasion d'une réunion de son Conseil des gouverneurs, au lendemain de la signature par l'Iran d'un accord avec la Russie assurant lao fourniture de combustible nucléaire à la centrale iranienne de Bouchehr. ElBaradeï a déclaré à des journalistes que les investigations de l'AIEA sur les activités nucléaires de l'Iran avaient progressé. Cependant, a-t-il ajouté, "dans certains cas, nous attendons toujours des informations, ce qui retarde notre travail". "Eu égard à la nature non déclarée, dans le passé, d'aspects importants du programme nucléaire iranien, un déficit de confiance s'est créé, et il est dès lors essentiel que l'Iran coopère étroitement avec l'agence." ElBaradei a salué la décision de l'Iran de montrer à l'AIEA une offre de fourniture de matériel nucléaire formulée en 1987 par des collaborateurs d'Abdul Qadeer Khan, "père" du programme nucléaire pakistanais. Il a précisé que l'offre écrite portait sur des centrifugeuses utilisées pour produire de l'uranium hautement enrichi. Ils ont laissé entendre qu'ils n'avaient pas accepté l'intégralité de l'offre, a dit ElBaradei.
Un diplomate de haut rang proche du dossier a dit à Reuters sous le sceau de l'anonymat que le fait que des responsables iraniens aient rencontré des émissaires de Khan pendant la guerre Iran-Irak était significatif.
"D'habitude, l'AIEA ne porte pas de jugement sur les intentions, mais elle devrait peut-être le faire dans ce cas", a dit le diplomate.

L'Iran, deuxième producteur de pétrole de l'Opep, affirme que son programme vise uniquement à produire de l'électricité. Les Etats-Unis disent qu'il sert d'écran à un programme militaire de fabrication d'armes atomiques.

TEHERAN REFUSE DE RENONCER A l'ENRICHISSEMENT
ElBaradeï a indiqué que l'AIEA avait pu vérifier la suspension par Téhéran de ses activités d'enrichissement de l'uranium, ce qui permet de produire du combustible pour les centrales nucléaires, mais aussi la matière première pour la fabrication d'une bombe atomique. A Moscou, Alexandre Roumyantsev, responsable de l'Agence fédérale russe de l'Energie atomique, a assuré que l'accord sur la fourniture de combustible nucléaire signé avec l'Iran renforcerait la sécurité internationale en prévenant la prolifération de matières nucléaires. A Bruxelles, une porte-parole de la Commission européenne a assuré que, si l'UE ne veut pas que l'Iran soit doté d'armes nucléaires, elle n'a jamais mis en cause le droit de Téhéran à disposer d'une technologie atomique civile. L'AIEA ne devrait pas adopter cette semaine de résolution condamnant l'Iran ni saisir le Conseil de sécurité des Nations unies en vue de possibles sanctions, dit-on de source diplomatique. L'Union européenne exige de l'Iran qu'il pérennise la suspension en échange d'encouragements économiques et politiques et d'une possible adhésion à l'Organisation mondiale du Commerce

OMC
Washington dit que Téhéran doit accepter l'offre de l'UE, faute de quoi, le Conseil de sécurité devra être saisi pour de possibles sanctions. Le Washington Post écrit lundi que les Etats-Unis envisagent de se joindre à la démarche européenne. L'Iran a néanmoins rejeté les exigences européennes en disant qu'il ne renoncerait jamais à l'enrichissement de l'uranium et que les Européens doivent accepter un compromis. "Sinon, ils devront opter pour un affrontement, ainsi que semblent le préférer les Américains, ce qui conduirait à une situation incertaine avec des conséquences imprévisibles pour tout le monde", a déclaré à Reuters Sirus Naseri, délégué iranien à la réunion de l'AIEA.

Louis Charbonneau

 



Le Monde, 26/02/2005:

L'AIEA a découvert en Iran des tunnels suspects

Vienne de notre correspondante Joëlle Stolz
Téhéran avait "omis" de signaler ces travaux sur son site nucléaire d'Ispahan.
L'Iran met une fois encore à l'épreuve la patience de la communauté internationale. Au moment où elles ont signé, le 14 novembre 2004, un accord avec les Européens pour résoudre de façon négociée le différend sur leur programme nucléaire, soupçonné de camoufler des visées militaires, les autorités iraniennes poursuivaient des travaux d'excavation de tunnels à proximité de leur unité de conversion d'uranium d'Ispahan, qu'elles n'ont pourtant pas signalés en temps voulu à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Ce retard, qui s'ajoute à une liste déjà longue de lacunes ou d'incohérences dans les explications fournies par Téhéran, sera mentionné dans la déclaration que le directeur de l'Agence, Mohamed ElBaradei, doit faire au conseil des gouverneurs, le lundi 28 février. Va-t-il hausser le ton ? Dans son dernier rapport sur l'Iran, le 15 novembre, l'AIEA avait identifié quinze "manquements à l'obligation de déclarer" de la part de Téhéran, qualification qui n'entraîne pas la saisine du Conseil de sécurité des Nations unies.
L'affaire des tunnels entre dans cette catégorie. Le 15 novembre, l'Agence ignorait leur existence. Selon un diplomate occidental à Vienne, elle en a été informée par les Iraniens avant que le magazine allemand Der Spiegel ne publie, en décembre, des photos satellite des installations nucléaires d'Ispahan.
Depuis le 17 février, de nouvelles images sont diffusées sur Internet par l'Institute for Science and International Security (ISIS), dirigé par David Albright, un ancien inspecteur de l'ONU (www.isis-online.org). On y distingue l'orifice des tunnels, aménagés à flanc de montagne en dehors du périmètre de l'usine de conversion du Centre de technologie nucléaire d'Ispahan, où l'Iran a transformé au début de l'automne du concentré de minerai d'uranium (yellow cake) en hexafluorure d'uranium (UF6), un gaz qui peut ensuite être introduit dans des centrifugeuses. Ces opérations de conversion sont arrêtées, l'Iran ayant accepté, dans l'accord conclu avec l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, de suspendre toutes les activités liées à l'enrichissement de l'uranium, au moins pour la durée de la négociation avec les Européens.
Hauts de 5 mètres, les tunnels sont trop grands pour être de simples entrepôts de matériel nucléaire - leur destination officielle - mais pas assez, juge l'ISIS, pour pouvoir abriter une unité complète de conversion, protégée d'éventuels bombardements. La dernière fois que l'AIEA a pu les inspecter, courant février, ils étaient encore vides. L'ISIS affirme que les excavations ont commencé "en septembre ou en octobre 2004". Les 35 gouverneurs de l'AIEA devraient aussi entendre, lundi, un rapport oral du directeur général adjoint de l'Agence, Pierre Goldschmidt, sur la vérification du programme iranien.
Une chose est sûre : l'Iran était tenu d'informer l'Agence avant même le début des travaux, en vertu de l'accord de garanties qu'il a signé avec l'AIEA, gardienne du traité de non-prolifération (TNP). Pourquoi a-t-il tardé ? "L'expérience nous a appris que les Iraniens ne font jamais rien à la légère", remarque un expert à Vienne. Ce nouveau coup de canif dans le contrat ne peut qu'alimenter la suspicion, même parmi les non-Occidentaux, plus enclins à l'indulgence envers Téhéran : "Il n'est pas normal qu'après plus de deux ans d'enquête, on découvre une fois encore qu'ils cachaient quelque chose", déplore le représentant d'un de ces pays.
TESTS DE QUALITÉ
Les trois Européens qui ont pris l'initiative de relancer le dialogue avec Téhéran s'irritent de voir que, dans l'usine de Natanz (la principale unité d'enrichissement), les Iraniens effectuent des travaux de maintenance et des tests de qualité sur des matériels - tels que des boulons ou des composantes non "sensibles" de centrifugeuses - qui n'avaient pas été mis sous scellés par l'Agence. "Des tests de qualité, souligne un diplomate européen, cela fait partie du processus de fabrication" que les Iraniens étaient censés suspendre complètement depuis la mi-novembre. L'AIEA laisse les Européens juger si Téhéran est sorti des limites acceptables.
Or la négociation piétine. Dans un article publié par la revue Politique internationale, la spécialiste de la prolifération nucléaire Thérèse Delpech constate qu'elle se déroule "sous la menace permanente d'une reprise des activités de l'Iran". Pour les pessimistes, la question n'est plus de savoir si cela se produira, mais seulement quand : dès la mi-mars, lorsqu'il faudra tirer un premier bilan du dialogue euro-iranien, ou bien après les élections iraniennes, en juin.

 

 

Le Soir en ligne, 24/02/2005

Fission diplomatique autour de l'Iran

Le nucléaire iranien ne finit pas d'opposer l'Occident. Les Etats-Unis crient au danger tandis que la Russie est sur le point de signer un accord de collaboration. L'Europe ne sait plus sur quel pied danser.
 

La visite du président américain George W. Bush en Europe a ravivé les débats sur les possibles dangers du programme nucléaire iranien, confortant les positions de chacun tout en irritant le gouvernement de la République islamique.
Mercredi, le président iranien Mohammad Khatami a évoqué les profondes divergences d'opinions qui persistent entre l'Union européenne et son pays. Les efforts diplomatiques communs de la France, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne (les "trois grands européens") avaient pourtant donné des résultats précédemment, Téhéran ayant accepté de suspendre temporairement ses activités d'enrichissement d'uranium.
Nous devons donner des garanties objectives (aux Européens) sur le fait que nous ne nous écarterons pas de la voie pacifique, a souligné le président iranien. Mais en retour, a-t-il ajouté, les Européens doivent donner des garanties objectives sur le fait que nos droits et notre sécurité seront protégés. Khatami estime en effet que l'Amérique n'aime pas l'idée d'un Iran indépendant. La question est de savoir jusqu'où ils peuvent (aller pour réduire l'indépendance de Téhéran) et quel prix ils devront payer pour y parvenir.
Interrogé mardi à Bruxelles sur la possibilité d'une intervention militaire des Etats-Unis en Iran, le président américain s'était montré catégorique en affirmant que cette idée d'attaquer l'Iran était tout simplement ridicule. Avant toutefois d'ajouter: toutes les options restent ouvertes.
Jeudi, les dernières déclarations de Téhéran faisaient état de son irritation à voir les Etats-Unis se mêler aux transactions avec les Européens. Si les Américains entraient dans ces discussions, dans le meilleur des cas cela n'apporterait rien, dans le pire cela ferait tout capoter, a résumé le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Asséfi. Nous espérons que les Européens continueront à agir en toute indépendance, a-t-il ajouté, bien que les Américains essaient de les persuader de ceci: vous ne pouvez pas discuter seuls avec les Iraniens.

Téhéran et Moscou s'accordent
  A l'heure où George Bush achève sa tournée européenne par une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine, la collaboration russo-iranienne est sur le point d'être définitivement scellée. Le patron du secteur nucléaire civil russe Alexandre Roumiantsev se rendra vendredi à Téhéran pour signer un accord clé qui permettra de mettre en service la première centrale nucléaire iranienne, construite par la Russie.
  Moscou se dit convaincu des intentions pacifistes de l'Iran. Et Vladimir Poutine affirme que Téhéran n'a pas l'ambition de fabriquer la bombe atomique avec autant de conviction que George Bush est convaincu du contraire. De quoi semer définitivement la discorde entre les deux présidents lors de leur rencontre à Bratislava, en Slovaquie.
  Il faut dire que le marché du nucléaire civil est extrêmement fructueux. Et la Russie, en quête d'indépendance politique, a bien l'intention de se positionner en force face à la première puissance mondiale. On parle de 800 millions de dollars pour la seule centrale iranienne de Bouchehr, au sud de l'Iran, et d'autres collaborations entre Téhéran et Moscou sont en cours. Au-delà de l'Iran, le marché du nucléaire représente des possibilités de contrats chiffrés en milliards de dollars, comme en Chine ou en Inde où les besoins énergétiques sont immenses.

Le danger de la prolifération
  La principale crainte des Etats-Unis en Iran concerne les risques d'une utilisation militaire de l'uranium d'origine russe une fois utilisé, même si son degré d'enrichissement est alors trop faible pour permettre la fabrication d'armes nucléaires. Ces risques sont de plus limités par une clause exigée par la communauté internationale, qui impose à la Russie le rapatriement des déchets nucléaires afin d'éviter les risques de prolifération sur les marchés clandestins.
  Cela fait à présent deux ans que le lancement de la première centrale atomique iranienne est reporté. Tant la Russie que l'Iran ont montré des signes d'impatiente, comme des périodes de réticence à finaliser leur collaboration. L'hostilité croissante des Etats-Unis face à cet accord n'est pas étrangère à ce retard. Mais des raisons financières et techniques ont également été invoquées par les deux pays, l'Iran ayant refusé de payer les coûts importants liés au rapatriement des déchets.
  L'accord signé, la Russie s'engage à approvisionner la centrale de Bouchehr en combustible pendant dix ans, la première livraison d'uranium étant prévue par avion trois mois après la signature. Moscou invite par ailleurs l'Iran à poursuivre le dialogue avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et à ratifier au plus vite le protocole additionnel au Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Mais jusqu'à présent, elle n'en fait pas une condition sine qua non pour ses livraisons de combustible.

Reza OpdeBeeck



Le Monde, Point de vue, 22/02/05:
(un point de vue pour la bombe...)
L'Iran aura la bombe, par Jean-Michel Boucheron
"
Il faut aboutir à une nouvelle définition de la prolifération et ne pas mélanger des situations différentes : celle d'un grand pays qui se dote de l'arme nucléaire, celle des trafics de matériels et de technologies sensibles au profit de groupes douteux et surtout celle des trafics de matière fissile, matériau nécessaire aux redoutables armes radiologiques à la portée technologique de simples groupes terroristes. Il faut adapter le traité de non-prolifération à ce qui menace réellement la paix du monde d'aujourd'hui et surtout de demain." (l'esprit de Munich ?)
Jean-Michel Boucheron est député PS d'Ille-et-Vilaine et membre de la commission de la défense.

 

Les Echos, 22/02/05:

L'Iran refuse un compromis sur le nucléaire

L'Iran a refusé de proposer une formule de compromis que lui demandait l'Europe sur la question ultrasensible de l'enrichissement d'uranium, parce qu'il n'est pas question de « brader ses capacités nucléaires », a déclaré hier un des chefs négociateurs iraniens, Sirous Nasseri. « L'Iran ne proposera d'alternative que quand l'Europe cessera de lui demander de stopper l'enrichissement », a-t-il expliqué. Au même moment, le président américain, George W. Bush, a répété que la République islamique ne devait pas se retrouver en possession de l'arme nucléaire et qu'aucune option ne devait être écartée pour l'en empêcher, mais qu'on en était encore « aux premiers stades de la diplomatie ».

 

Le Monde, 20/2/2005:

Vladimir Poutine veut poursuivre la coopération nucléaire avec l'Iran

Le président russe se dit "convaincu" par les explications de Téhéran.

Moscou de notre correspondante

Vladimir Poutine est "convaincu que l'Iran n'a pas l'intention de fabriquer une arme nucléaire". "En conséquence, - la Russie - va poursuivre sa coopération avec l'Iran dans tous les domaines, y compris celui de l'énergie atomique. " Le président russe a tenu ces propos vendredi 18 février, en recevant au Kremlin le chef du Conseil national de sécurité iranien, Hassan Rohani, et à six jours de la rencontre qu'il doit avoir en Slovaquie avec George Bush. La confiance affichée par le dirigeant russe tranche avec les soupçons que l'administration américaine entretient à l'encontre du programme nucléaire de Téhéran, accusé de comporter un volet militaire.

La Russie construit depuis des années la première centrale nucléaire iranienne, à Bouchehr. Elle considère qu'il est de son droit de conserver, voire développer, ce marché extérieur devenu source d'importantes rentrées en devises (1 milliard de dollars, selon l'agence russe Rosatom). Moscou ne souhaite pas voir le dossier iranien transmis au Conseil de sécurité de l'ONU, comme Washington en a brandi la menace, et soutient l'effort diplomatique des Européens visant à convaincre Téhéran de renoncer à tout programme d'enrichissement d'uranium.

La Russie est opposée à l'idée que l'Iran, situé sur le flanc sud de sa zone d'influence dans l'ex-Union soviétique, puisse se doter de l'arme nucléaire. Elle affirme parallèlement que son assistance technologique ne présente aucun risque sur ce point, sans en convaincre totalement Washington.

"La prolifération d'armes nucléaires sur la planète n'est pas propice au renforcement de la sécurité, ni dans la région ni dans le monde", a dit M. Poutine vendredi. Il a aussi enjoint l'Iran de respecter "strictement tous les engagements pris, tant dans le cadre bilatéral avec la Russie que dans un cadre international". Les autorités de Téhéran ont annoncé qu'un accord sur le rapatriement en Russie du combustible nucléaire usagé de Bouchehr serait signé le 26 février, à l'occasion de la visite en Iran du chef de l'Agence russe de l'énergie atomique, Alexandre Roumiantsev.

RELATIONS TENDUES

Les Etats-Unis avaient incité Moscou, voici deux ans, à poser cette condition aux Iraniens avant d'effectuer la moindre livraison d'uranium, de peur que celui-ci soit réutilisé à des fins militaires. La centrale de Bouchehr pourrait commencer à fonctionner en 2006.

Le chef du Conseil national de sécurité iranien, Hassan Rohani, s'est félicité des commentaires de M. Poutine, déclarant que "personne, maintenant, n'a le moindre doute sur le fait que notre activité en matière nucléaire porte un caractère exclusivement pacifique".

A Washington, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a réagi en estimant qu'il y avait "de bonnes raisons d'entretenir des soupçons sur ce que fait l'Iran". Une source diplomatique américaine à Moscou expliquait récemment que les Russes étaient "devenus plus conscients du risque de sécurité lié au programme iranien nucléaire". "Voici quelques années, ils refusaient de considérer nos inquiétudes, ajoutait-t-il. Mais nous ne sommes pas d'accord avec eux lorsqu'ils disent que leur assistance à l'Iran ne revêt qu'un caractère mineur. Les Russes pourraient faire plus en matière de pression sur les Iraniens."

Vladimir Poutine, qui cherche à réactiver la diplomatie russe au Proche-Orient, a annoncé, vendredi, qu'il avait accepté une invitation pour se rendre en Iran, sans en préciser la date. Les relations entre Moscou et Washington se sont récemment tendues sur plusieurs sujets : l'Ukraine, le démantèlement de la compagnie pétrolière Ioukos, des ventes d'armes au Venezuela, et l'annonce par le ministère russe de la défense, le 16 février, que la Russie avait bien l'intention de vendre des missiles antiaériens Strelets à la Syrie.

Natalie Nougayrède

 

 

Courrier international, 15 févr. 2005:

Téhéran déterminé à reprendre l'enrichissement d'uranium

A peine le round des négociations terminé, vendredi 11 février, l'Iran désavoue les promesses qu'il a faites aux Européens. Les autorités iraniennes ont affirmé leur volonté de reprendre prochainement l'enrichissement d'uranium, alors que les Européens essaient depuis près d'un an d'arriver à une suspension définitive.

Le Parlement iranien compte même faire inscrire la reprise des activités nucléaires dans la loi. "Il va présenter et adopter une proposition de loi obligeant l'Organisation iranienne de l'énergie atomique à produire une partie du combustible nécessaire pour les centrales du pays", rapporte le quotidien Iran. "Il est peu probable que les Européens tiennent leurs promesses sans l'assentiment des Américains. Alors, l'Iran n'a pas à se soumettre à leurs exigences", commente le journal dont le gouvernement est propriétaire.

Dans la même optique, l'Iran a refusé dimanche 13 février de renoncer à la construction d'un réacteur à eau lourde, qui peut être facilement détourné à des fins militaires, alors que les Européens proposaient de le remplacer par un réacteur à eau légère. Les négociations entre l'Iran et les trois pays européens, la France, l'Allemagne et la Royaume-Uni, reprendront à la mi-mars.

 


Extrait de l'Humanité du 14/02/2005 :

Bataille autour de l'eau lourde
Téhéran refuse de renoncer à la construction d'un réacteur nucléaire.

Les experts de trois pays européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) ont poursuivi la semaine dernière les négociations avec les Iraniens, pour obtenir que ces derniers renoncent durablement à l'enrichissement d'uranium.
Coup de frein ce week-end. Alors que samedi il semblait disposer à prendre des mesures pour « établir la confiance », l'Iran a fait savoir hier par la voie du porte-parole du ministère des Affaires étrangères qu'il refusait de renoncer à la construction d'un réacteur nucléaire de recherche à eau lourde en échange d'un réacteur à eau légère que lui proposaient les experts représentants l'UE. « Nous saluons de telles propositions, mais elles ne remplaceront en aucun cas notre réacteur de recherche à eau lourde », a affirmé devant la presse Hamid Reza Assefi. « Nous allons poursuivre le travail sur notre réacteur de recherche à eau lourde », a-t-il ajouté.
Les réacteurs à eau lourde peuvent dégager des quantités élevées de plutonium, élément pouvant entrer dans la fabrication d'une bombe atomique.

Les Européens ont proposé à Téhéran, lors des négociations de Genève, l'envoi d'une mission pour préparer la livraison d'un réacteur nucléaire de recherche à eau légère présentant un moindre risque de prolifération. Cette initiative en échange d'une coopération technologique et d'avantages commerciaux fait partie des incitations européennes pour obtenir des Iraniens des « garanties objectives » que leurs activités nucléaires seront purement civiles. Les Iraniens, qui parlent néanmoins de « pas en avant », avaient consenti fin 2004 à suspendre toutes leurs activités d'enrichissement le temps de conclure un accord avec les Européens. Les négociations devraient durer encore « quelques mois », selon les Iraniens...

B. D.


L'UE et l'Iran concluent quatre jours de négociations

GENEVE (11 février 2005) - Des représentants de l'Union européenne (UE) et de l'Iran ont conclu vendredi quatre jours d'intenses négociations à Genève sur le programme nucléaire iranien, au cours desquels l'UE a proposé de faciliter la livraison à l'Iran d'un réacteur à eau légère, ont indiqué des diplomates. L'UE était représentée à ces négociations par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Ils se sont efforcés de convaincre les Iraniens de donner des garanties qu'ils ne cherchent pas à se doter en secret de l'arme atomique sous couvert de nucléaire civil, comme les Etats-Unis les en soupçonnent. Les quatre pays ont convenu qu'un nouveau round de négociations, au niveau des experts, se tiendrait à la mi-mars, probablement à Genève, avant qu'un "comité de pilotage" de plus haut niveau ne se réunisse fin mars pour faire le point, a indiqué un diplomate. "Nous avons effectué un travail sérieux, qui se poursuit. Nous sommes dans un processus", a déclaré ce diplomate. "Nous avons traité tous les sujets que nous devions traiter". Un autre diplomate a estimé que cette session avait permis "d'approfondir des discussions que les deux parties avaient eues auparavant, sans toutefois que les positions se rapprochent beaucoup".
L'Iran n'a pas commenté immédiatement le résultat des discussions de Genève. Les négociations Europe-Iran sur ce dossier piétinent depuis qu'elles ont débuté en décembre dernier à Bruxelles. Un diplomate avait indiqué précédemment que l'UE avait proposé d'envoyer une mission à Téhéran pour préparer la livraison à l'Iran d'un réacteur nucléaire de recherche à eau légère. Cette proposition entre dans le cadre d'efforts pour inciter l'Iran à renoncer à l'arme atomique en échange d'une coopération technologique et d'avantages commerciaux.
Un réacteur à eau légère présente un moindre risque de prolifération que la centrale à eau lourde que les Iraniens veulent construire. Les réacteurs à eau lourde peuvent dégager des quantités importantes de plutonium, élément constitutif d'une bombe atomique. Lors d'une précédente session de négociations en janvier à Genève, les trois pays européens avaient déjà proposé l'envoi d'une telle mission mais les Iraniens n'avaient pas donné suite, a précisé le diplomate.
Selon Gary Samore, spécialiste de la non-prolifération à l'Institut international d'études stratégiques (IISS) de Londres et ancien conseiller du président américain Bill Clinton, les Européens ont remis la proposition de mission sur la table "pour démontrer que les discussions progressent". Mais les Iraniens, a-t-il ajouté, trainent les pieds car ils craignent de "créer un précédent" et de devoir ensuite continuer sur cette voie, c'est-à-dire "l'abandon de leur programme (nucléaire) tel qu'ils le conçoivent en échange d'un soutien européen dans le domaine de la technologie nucléaire utilisée à des fins pacifiques".
[Remarque: un pays aussi riche en gaz et en pétrole que l'Iran n'a rien à gagner économiquement à construire des centrales nucléaires sauf pour la bombe...]
Les Européens cherchent notamment à persuader Téhéran de démanteler, en échange de contreparties technologiques, commerciales et politiques, un programme d'enrichissement d'uranium jugé dangereux par l'UE et par Washington.
La République islamique a accepté en novembre dernier de suspendre ce programme mais seulement de manière temporaire car elle estime avoir le droit de poursuivre un programme nucléaire civil. L'uranium enrichi peut servir aussi bien à fabriquer une bombe atomique qu'à faire marcher une centrale nucléaire civile. Un haut responsable iranien, Akbar Hachémi Rafsandjani, a déclaré vendredi que l'Iran ne voulait pas renoncer à enrichir son uranium mais était prêt à prendre des mesures pour "établir la confiance" et rassurer ainsi la communauté internationale sur ses intentions pacifiques. "Cette confiance doit être obtenue en quelques mois. Deux à trois mois sont déjà passés. Nous avons donné une chance et espérons que l'Europe saura la saisir", a-t-il ajouté.


 

Négociations nucléaire: sévère mise en garde de l'Iran aux Européens

TEHERAN (9 février 2005) - Le président iranien Mohammad Khatami a mis sévèrement en garde mercredi les Européens sur le dossier nucléaire, alors que se poursuivent à Genève des négociations entre les deux parties sur ce sujet, et estimé que son pays faisait l'objet d'une "guerre psychologique". "Si nous sentons que vous ne respectez pas vos engagements (...), alors nous adopterons une autre politique et les lourdes conséquences de cette politique incomberont à ceux qui n'ont pas respecté leurs engagements", a déclaré M. Khatami à l'adresse des Européens, lors d'un discours à Téhéran à l'occasion du 26ème anniversaire de la Révolution, selon la télévision d'Etat. "Si les autres parties (européennes) ne respectent pas leurs engagements, alors nous ne respecterons en aucune manière les nôtres", a-t-il encore dit.
Paris, Londres et Berlin veulent obtenir de Téhéran qu'il démantèle son programme d'enrichissement d'uranium en échange d'une coopération technologique et commerciale. L'uranium enrichi peut servir aussi bien à fabriquer une bombe atomique qu'à faire marcher une centrale nucléaire civile.
[Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret.]
En novembre, l'Iran avait accepté de suspendre toutes ses activités liées à l'enrichissement de l'uranium. Mais Téhéran souhaite que cette suspension soit temporaire, faisant valoir que son programme nucléaire a une vocation civile. M. Khatami a par ailleurs accusé les Etats-Unis sans les nommer de livrer une guerre psychologique à l'Iran, les mettant en garde contre toute tentative d'attaque. "Ceux qui battent les tambours de la guerre et ont lancé une guerre psychologique contre l'Iran doivent savoir que le peuple iranien ne permettra en aucune manière que les agresseurs mettent un pied sur le sol iranien", a-t-il dit lors de ce discours prononcé devant les ambassadeurs et chargés d'affaires. "Mais si jamais cela arrive, les agresseurs seront brûlés dans l'enfer de la tempête de la colère du peuple", a-t-il poursuivi.

 

L'Iran dit son programme nucléaire invulnérable à une attaque américaine

TEHERAN (8 février 2005) - Le programme nucléaire iranien est invulnérable et se poursuivrait sous terre si les Américains prenaient les installations iraniennes pour cibles, a déclaré mardi le dirigeant en charge du dossier, Hassan Rohani.
"Nos sites nucléaires ne peuvent pas être détruits", a déclaré Hassan Rohani à la télévision d'Etat, "nous pouvons transférer nos installations sous la montagne, où aucune bombe ni aucun missile ne peut rien, pour y poursuivre l'enrichissement".

Cependant, Hassan Rohani ne considère pas que la menace d'une attaque américaine soit "sérieuse". "Les Etats-Unis ne tireraient aucun profit d'une attaque militaire. Les menaces américaines en termes politiques, la poursuite de leur guerre psychologique, l'invasion culturelle et les pressions économiques sont sérieuses, mais je ne crois pas (que la menace d'une) attaque militaire soit sérieuse", a-t-il dit, tout en soulignant que "les capacités militaires de l'Iran n'ont jamais été aussi puissantes dans toute son histoire".

La mise en place de la nouvelle administration Bush a coïncidé avec une nouvelle escalade verbale entre les deux pays. Le président américain a refusé d'écarter une action militaire contre l'Iran si ce pays persistait à vouloir se doter de la bombe atomique sous le couvert d'un programme nucléaire civil, comme les Etats-Unis et Israël, notamment, l'en accusent. Cependant, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a déclaré qu'une attaque "n'était tout simplement pas à l'ordre du jour en ce moment" et que les Etats-Unis soutenaient les efforts diplomatiques de l'Union européenne pour obtenir l'assurance que l'Iran ne cherche pas à détenir l'arme nucléaire.

Les Iraniens et les Européens ont repris mardi à Genève un cycle de négociations entamées en décembre en vue de s'entendre sur des "garanties objectives" que le programme nucléaire de la République islamique reste purement civil. Les trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) ont promis aux Iraniens une coopération nucléaire, technologique et commerciale en échange de ces garanties.

M. Rohani a répété que les discussions ne devaient pas durer plus de quelques mois. "La condition pour que nous poursuivions la discussion, c'est qu'elles progressent, et si elles n'ont pas progressé d'ici à la fin du mois d'Esfand (le 20 mars), nous ne serons pas obligés de continuer". L'un des principaux négociateurs iraniens, Hossein Moussavian, a conditionné la poursuite des tractations à "des progrès précis et tangibles au bout de trois mois", à compter de décembre dernier. "La rencontre de cette semaine est importante parce que nos groupes de travail n'auront peut-être plus qu'une ou deux autres réunions pour se parler", a-t-il ajouté. "Notre jugement sur le sérieux des Européens (...) dépend de ces deux ou trois réunions", a-t-il dit à la télévision.

Les Européens ont obtenu en novembre des Iraniens qu'ils suspendent toutes leurs activités d'enrichissement d'uranium qui, selon le degré, peuvent fournir le combustible à des centrales électriques civiles ou à des bombes. Mais les négociations pour un accord à long terme sont difficiles parce que les Européens veulent obtenir un renoncement iranien définitif à l'enrichissement.

Les Iraniens refusent catégoriquement et disent ne consentir qu'à une suspension, le temps de trouver un accord avec les Européens, et pas plus de quelques mois. Les deux parties ont convenu d'évaluer le résultat de leurs travaux au bout de trois mois, vers mi-mars donc. La réunion de mardi est la troisième depuis décembre. Les deux parties ont exprimé récemment leur insatisfaction devant l'avancement des discussions. "L'Iran a reçu un ensemble d'obligations qu'il doit remplir. J'espère qu'il les remplira", a déclaré le Premier ministre britannique Tony Blair, qui a aussi jugé indéniable le soutien de la République islamique au terrorisme.

 

 

L'Iran dit ne plus pouvoir renoncer à enrichir l'uranium

TEHERAN, 7 février 2005 - L'Iran a persisté lundi dans son refus de renoncer définitivement à enrichir l'uranium, au moment où il entre avec l'Europe dans une phase de discussions cruciale à ses yeux, sur les garanties à donner qu'il ne cherche pas à avoir l'arme nucléaire.

L'un des principaux négociateurs iraniens, Sirous Nasseri, a déclaré sur la télévision d'Etat que son pays avait atteint un "point de non-retour" en ce qui concerne l'enrichissement. Interrogé sur la proposition d'un moratoire de cinq ans sur les programmes d'enrichissement, M. Nasseri a répondu qu'elle constituait "la plus grosse bourde politique (de Mohamed) Elbaradei au cours de son mandat" à la tête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). "Cette proposition ne mènera nulle part. L'Iran a atteint ce point (de non-retour) au cours de l'année et demie écoulée, malgré les obstacles. Elle ne s'applique donc pas à nous", a-t-il dit.

Le directeur général de l'AIEA, agence onusienne veillant à la non-prolifération, a proposé en janvier un gel international des programmes d'enrichissement. L'enrichissement, qui, selon son degré, peut fournir le combustible à des centrales électriques civiles ou à des bombes, représente une préoccupation majeure de la communauté internationale face aux activités nucléaires iraniennes. Les trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne) ont obtenu en novembre que la République islamique suspende toutes ses activités d'enrichissement. Ils lui ont promis une coopération nucléaire, technologique et commerciale contre des "garanties objectives" que ses activités nucléaires resteraient purement civiles.

Des discussions en vue d'un accord, engagées en décembre, doivent se poursuivre cette semaine à Genève, selon des sources diplomatiques. "Les négociations de cette semaine avec les Européens sont les plus importantes du cycle de négociations", a déclaré le chef de l'Organisation de l'énergie atomique Gholamreza Aghazadeh, cité par la télévision. "Ces négociations approchent de leur terme de trois mois", où les deux parties étaient convenues d'évaluer l'état des travaux, "et les Européens doivent nous dire plus clairement cette semaine quelles sont leurs intentions", a-t-il ajouté. "Je ne suis pas satisfait de l'avancement du travail", a déclaré l'un des principaux dirigeants, Akbar Hachémi Rafsandjani, dans un entretien publié par le quotidien américain USA Today, "mais je suis heureux que les discussions se poursuivent".

Pierre d'achoppement, les Européens entendent obtenir des Iraniens un renoncement durable à l'enrichissement, garantie probante que la technologie civile n'est pas détournée à des fins militaires. Les Iraniens assurent que leur programme est purement civil et affirment ne consentir qu'à une suspension, le temps de trouver un accord avec les Européens, et pas plus de quelques mois. "Nous ne permettrons pas que la négociation se poursuive longtemps", a déclaré devant la presse le porte-parole du gouvernement, Abdollah Ramezanzadeh. "La question consiste à négocier avec les Européens un calendrier de reprise des activités nucléaires à des fins pacifiques", a-t-il dit. Un autre responsable nucléaire, Mohammad Saeedi, a même déclaré que "l'objectif est le développement de cette technologie" et que l'Iran entend devenir producteur mais aussi exportateur de combustible nucléaire.

Pour les Etats-Unis, sans lesquels les chances d'un accord entre Européens et Iraniens semblent considérablement compromises, il ne fait guère de doute que l'Iran veut l'arme atomique. Le chef de la diplomatie américaine, Condoleezza Rice, a redit dimanche que "l'Iran est clairement un problème pour le système international". Le vice-président américain Dick Cheney a dit à son tour que Washington soutenait les efforts diplomatiques européens, mais n'avait "éliminé aucune alternative pour le moment". Le président George W. Bush a lui-même refusé d'exclure une action militaire si ces efforts échouaient.

 

 

L'Iran affirme qu'il n'abandonnera jamais son programme nucléaire

TEHERAN (2 février 2005) - Un représentant du puissant Conseil suprême de sécurité nationale a affirmé mercredi que l'Iran n'abandonnerait jamais son programe nucléaire, soulignant que les discussions avec les Européens visaient à protéger ses réalisations nucléaires.

Les propos émanant d'Ali Agha Mohammadi, porte-parole, constituent la dernière illustration d'un durcissement des positions de l'Iran alors qu'aucun procès n'a été enregistré dans les discussions avec les négociateurs européens.

L'Europe presse l'Iran de faire des concessions sur son programme nucléaire, les Etats-Unis accusant Téhéran de vouloir produire des armes nucléaires. En échange de garanties, les Européens offrent à l'Iran un soutien technologique et financier ainsi que la tenue de discussions sur le plan commercial.

Mercredi, M. Mohammadi a précisé que l'Iran ne reviendrait pas sur ses ambitions nucléaires même si les discussions en cours avec les Européens se soldaient par un échec. "Nous avons le pouvoir de négocier parce que nos réalisations restent dans nos mains et nous négocions pour les protéger", a-t-il dit.

Le président du Parlement iranien Gholam Ali Haddad Adel a également mis en garde les Européens contre toute tentative visant à faire traîner les discussions avec son gouvernement. "Si les Européens traînent dans les négociations, l'Iran réagira fortement". M. Adel précisé que le Parlement pourrait dans ce cas là obliger son gouvernement à développer le programme nucléaire de l'Iran.

 

 

Nucléaire iranien: pas d'impasse dans les négociations avec l'UE, selon Téhéran

TEHERAN (jeudi 27 janvier 2005) - Le ministère des Affaires étrangères iranien a nié que les négociations nucléaires avec l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne (UE3) soient dans l'impasse, selon la presse de jeudi. "La publication de telles informations vise à éclipser les négociations constructives et montre le mécontentement de ceux qui sont insatisfaits du processus actuel et tentent d'empêcher son succès", a déclaré le porte-parole du ministère Hamid Reza Asséfi, cité par les journaux. "Les négociations avec les Européens sont à un stade préliminaire et suivent leur cours naturel. Les deux parties ont exposé leurs points de vue et (...) des accords de principe ont été conclus", a-t-il ajouté.
En vertu de ce qui a été convenu, "les deux parties pourront évaluer les négociations au bout de trois mois", a-t-il dit encore.
Selon des rapports confidentiels communiqués mercredi, l'UE a durci sa position envers l'Iran, exigeant, lors d'une rencontre à huis clos à Genève le 17 janvier, que ce pays démantèle ses installations d'enrichissement d'uranium afin de prouver que son programme nucléaire est pacifique.
L'Iran, qui nie vouloir se doter de l'arme nucléaire, a annoncé la suspension de son programme d'enrichissement d'uranium dans le cadre de négociations menées depuis mi-décembre par les trois pays de l'UE.
Mais Britanniques, Français et Allemands, qui espèrent obtenir un accord à long terme par lequel les Iraniens renonceraient à toute ambition nucléaire militaire en échange d'avantages commerciaux, exigent désormais une "garantie objective" et n'"accorderont aucune faveur à l'Iran tant qu'il n'y aura pas d'avancée au sein du groupe de travail". "La question de l'arrêt des activités nucléaires iraniennes n'a jamais été un axe des négociations" entre l'Iran et l'UE, a déclaré pour sa part Hossein Moussavian, porte-parole de l'équipe des négociateurs nucléaires iraniens, cité jeudi par le quotidien Chargh. "L'objectif fixé pour ces discussions est qu'à leur terme l'Iran apporte les garanties indispensables à l'autre partie pour que celle-ci soit certaine que le cycle du combustible nucléaire iranien restera toujours pacifique et ne déviera jamais vers la construction de la bombe atomique", a-t-il dit. L'UE a également rejeté la demande de l'Iran de conserver 20 centrifugeuses "à des fins de recherche", a-t-il ajouté. L'Iran affirme que le Traité de non-prolifération (TNP) l'autorise à mener des activités d'enrichissement d'uranium à des fins pacifiques.

 

Dernières Nouvelles d'Alsace  - Jeu 20 jan. 2005:

L'Iran met en garde contre une "aventure" militaire américaine

L'Iran a lancé hier une vigoureuse mise en garde aux Etats-Unis contre la tentation d'une attaque militaire pour stopper les activités nucléaires de la République islamique.

 « La menace de nos ennemis étrangers ne nous fait pas peur, ils savent bien que l'Iran, pays historique d'islam, avec son antique civilisation, n'est pas un lieu bien choisi pour les aventures », a déclaré hier à Téhéran un des plus hauts personnages de l'Etat iranien, l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani. « La République islamique d'Iran répondra avec détermination à tout agissement ou projet inconsidéré en s'appuyant sur un énorme soutien populaire, son savoir-faire diplomatique et son haut potentiel militaire », a renchéri le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi.
 Ces propos faisaient écho à ceux tenus la veille par le président américain Bush et aux spéculations ravivées sur la possibilité d'opérations militaires contre l'Iran si ce pays persistait à vouloir se doter de l'arme atomique, comme les Etats-Unis l'en accusent.
 « J'espère que nous pourrons résoudre ce problème d'une manière diplomatique, mais je n'écarterai jamais aucune option », a dit le président Bush.
 Ces déclarations se sont conjuguées à un article du New Yorker pour donner une nouvelle vigueur à des conjectures qui avaient déjà cours avant l'offensive en Irak. Dans sa dernière livraison, le magazine écrit que des commandos américains sont infiltrés depuis l'été 2004 en Iran pour reconnaître des cibles nucléaires et chimiques potentielles. Il fait dire à un ancien haut responsable des renseignements américains que « bientôt, nous assisterons à la campagne d'Iran ». Le Pentagone a toutefois catégoriquement démenti.

Front commun européen
Alors qu'ils étaient divisés sur le dossier irakien, les pays européens ont pour leur part écarté ensemble toute option militaire contre l'Iran et insisté sur la nécessité d'un règlement diplomatique à la question du nucléaire iranien. Il n'y a pas « d'alternative » aux pourparlers menés avec Téhéran pour empêcher une « militarisation nucléaire » de ce pays, a ainsi affirmé le porte-parole du gouvernement allemand Belan Anda. « Ces pourparlers se mènent en étroite coordination aves les Etats-Unis », a-t-il ajouté.
 La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni négocient depuis la mi-décembre avec l'Iran pour obtenir un accord à long terme dans lequel Téhéran renoncerait définitivement à toute ambition nucléaire militaire. Dans l'attente d'un tel accord, les Européens ont déjà obtenu de l'Iran une suspension des activités d'enrichissement d'uranium qui peuvent avoir une finalité militaire.


L'Iran dément l'infiltration de commandos américains à la recherche de cibles

TEHERAN (mercredi 19 janvier 2005) - Un haut responsable iranien a réfuté que des commandos américains aient pu s'infiltrer en Iran pour reconnaître des cibles nucléaires en vue de frappes, a rapporté la presse mercredi."Des commandos américains ne peuvent pas entrer aussi facilement en Iran pour y faire de l'espionnage, il serait simpliste d'accepter une telle idée", a déclaré Ali Agha Mohammadi, un porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale. "Nous connaissons nos frontières", a-t-il insisté. Ali Agha Mohammadi a dénigré les informations du magazine américain New Yorker comme faisant partie d'une "campagne psychologique" contre la République islamique. Le New Yorker écrit dans sa dernière livraison que des commandos américains effectuent des missions de reconnaissance secrètes en Iran depuis l'été 2004 pour y localiser des cibles nucléaires et chimiques potentielles. Ces informations, catégoriquement démenties par le Pentagone, ont donné une nouvelle vigueur aux spéculations sur d'éventuelles opérations militaires américaines pour stopper les activités nucléaires iraniennes. Elles ont été renforcées quand le président américain George W. Bush a déclaré, lundi, dans un entretien avec la chaîne NBC ne pas écarter une action militaire contre l'Iran. "J'espère que nous pourrons résoudre ce problème d'une manière diplomatique, mais je n'écarterai jamais aucune option", a-t-il dit. Selon Ali Agha Mohammadi, les informations du New Yorker "ne méritent pas qu'on s'y arrête". Il a répété que le programme nucléaire iranien était purement pacifique et que l'Iran ne cherchait pas à avoir l'arme atomique, comme l'affirment les Etats-Unis: "Nous n'avons pas d'armes atomiques et l'Agence internationale de l'énergie atomique a inspecté les installations iraniennes". L'AIEA enquête depuis février 2003 en Iran pour s'assurer que la République islamique n'a pas d'activité nucléaire militaire. L'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, resté un personnage clé du régime, a mis en garde les Etats-Unis mardi contre toute opération militaire contre l'Iran. "La menace de nos ennemis étrangers ne nous fait pas peur, ils savent bien que l'Iran, pays historique d'islam avec son antique civilisation, n'est pas un lieu bien choisi pour les aventures", a-t-il déclaré, selon l'agence officielle Irna.

 

Courrier international, 17 janv. 2005:

Des commandos américains opèrent en territoire iranien

"L'administration Bush a autorisé l'organisation de missions de reconnaissance secrètes en Iran. Ces missions effectuées par des commandos américains pour localiser des installations nucléaires et chimiques potentielles sont en cours au moins depuis l'été 2004", annonce The New Yorker dans un article signé par Seymour Hersh, son spécialiste des services secrets. Hersh, qui a mené sa propre enquête et interrogé des anciens membres des services de renseignement américains, précise que "le président George W. Bush a signé une série de documents et d'autorisations permettant la mise en place, sans contraintes légales, de ce genre d'opérations par Donald Rumsfeld, ministre de la Défense". Le Pentagone échappe aussi à l'obligation d'en informer le Congrès.

Toujours en citant des sources liées aux services de renseignement, Hersh affirme "qu'un commando américain a travaillé étroitement avec un groupe de scientifiques pakistanais qui ont eu affaire à des savants nucléaires iraniens". En échange de cette coopération, le président pakistanais Pervez Musharraf a reçu l'assurance que son gouvernement n'aurait pas à livrer Abdul Qadeer Khan, père de la bombe atomique pakistanaise, pour être interrogé sur son rôle dans la vente de secrets nucléaires, poursuit Hersh dans les pages du célèbre hebdomadaire de l'intelligentsia américaine.

Une collaboration étroite existe également entre les services du ministère de la Défense américain et des consultants et experts israéliens, afin de cerner l'étendue du potentiel nucléaire iranien et localiser les cibles éventuelles. "Les autorités israéliennes ont été déçues par la médiation européenne qui a essayé de convaincre les Iraniens de renoncer à leur programme de développement d'armes nucléaires en échange d'une aide économique et commerciale", souligne l'auteur. Il rappelle par ailleurs qu'après les bombardements effectués en 1981 par les forces israéliennes contre le réacteur nucléaire irakien Osirak, les Iraniens ont procédé à la dispersion de leurs sites de développement d'armes nucléaires à travers le pays. Certaines installations militaires nucléaires ont même été déplacées vers des sites souterrains. De ce fait, leur localisation est devenue beaucoup plus difficile.

 

NouvelObs, 16/1/05 :

L'Iran, confiant, est déterminé à enrichir de l'uranium

L'Iran a déclaré dimanche que la récente inspection de l'ONU montrait l'absence de programme nucléaire secret. Le pays compte bientôt reprendre l'enrichissement d'uranium.

La République Islamique iranienne a signifié dimanche 16 janvier que l'inspection par l'Onu d'un site de l'armée prouverait l'absence de programme nucléaire secret et qu'elle comptait, à terme, reprendre l'enrichissement d'uranium à des fins civiles.
Des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont visité jeudi un site de l'armée à Parchine, au sud-est de Téhéran, pour tenter de vérifier que les Iraniens n'y avaient pas mené secrètement d'activité nucléaire à caractère militaire, comme l'en soupçonnent les Américains. "Ils ont visité les lieux, ils ont procédé à des prélèvements en milieu ouvert et ils sont rentrés chez eux", a déclaré devant la presse le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi. "Nous connaissons les résultats parce que nous n'avons pas d'activité illégale", a-t-il ajouté. "Quand ils (l'AIEA) auront effectué leur analyse, ils confirmeront nos positions", a-t-il dit.
Soupçons

Les inspecteurs étaient à la recherche d'éventuelles traces de radioactivité qui permettraient de dire que des matières nucléaires ont été entreposées là. La suspicion à l'encontre de Parchine a été confortée par le refus iranien d'y donner accès à l'AIEA pendant plusieurs mois. L'Iran se retranchait derrière la préservation du secret de ses activités militaires conventionnelles.
Confronté aux soupçons, la République islamique a accepté en novembre de suspendre l'enrichissement d'uranium, qui peut avoir une double finalité civile ou militaire. Cet engagement a été obtenu par les Européens contre la promesse d'une coopération technologique et nucléaire, économique et dans le domaine de la sécurité.
M. Assefi a répété que son pays recommencerait à enrichir un jour pour fournir le combustible à ses futures centrales civiles: "Il est évident que nous reprendrons l'enrichissement. Nous avons dit dès le départ que la suspension était volontaire et pour le court terme. Nous finirons par reprendre


Tunis Hebdo, 10 au 16 janvier 2005:

Iran: Un drone «atterrit» près d'un site nucléaire

Une source militaire iranienne a confirmé qu'un avion sans pilote, communément appelé drone, a pu atterrir dans une zone militaire proche de la ville d'Arak, au nord de l'Iran, où se trouve un site nucléaire secret.
Ce drone, muni de systèmes électroniques de haute technologie pour des prises aériennes, a réussi à violer l'espace aérien iranien dans une mission de reconnaissance sur les sites nucléaires iraniens au nord, autour de Téhéran, Ispahan et Arak.
Les systèmes d'alerte de l'armée iranienne ont réussi à le localiser jusqu'à son atterrissage près du site d'Arak, d'où il a été transporté sur une base aérienne proche des lieux pour l'analyser dans son ensemble et l'ensemble de ses systèmes et appareils dont il est muni.
La même source militaire précise d'autre part que les vols de ce genre au-dessus du territoire iranien en général et des sites secrets ou nucléaires en particulier, se sont multipliés ces derniers temps, survols qui se font surtout de nuit. Alors que des rapports indiquent que la détection d'engins volants dans la partie est du globe, (Iran, Russie) s'est particulièrement développée depuis quelque temps, ce qui a poussé les deux pays à coopérer dans ce domaine et poussé l'armée de l'air iranienne à se mettre en état d'alerte maximum pour parer à toute attaque israélienne.


Iran: des "espions nucléaires" travaillaient pour les USA et Israël

TEHERAN (22 décembre 2004) - Une dizaine d'espions arrêtés au cours des derniers mois fournissaient des informations sur le nucléaire iranien aux services de renseignement américains et israéliens, a affirmé mercredi le ministre iranien des Renseignements Ali Younessi, cité par l'agence officielle Irna. "Plus de dix espions nucléaires ont été arrêtés au cours de cette année", a déclaré M. Younessi devant la presse iranienne. "Ils travaillaient pour le Mossad et la CIA et ont été arrêtés à Téhéran et à Hormozgan (sud)", a-t-il ajouté.

Certains d'entre eux, peut-être trois, "travaillaient pour l'Organisation iranienne de l'énergie atomique et les autres étaient de profession libérale", a-t-il dit. "Ils ont été remis au tribunal révolutionnaire et leur identité ne sera pas révélée avant le début de leur procès", a-t-il dit. Les premières informations ne précisaient pas les faits qui leur étaient reprochés.

Le 7 décembre dernier, le porte-parole de la justice avait annoncé que "le procès des espions nucléaires se tiendrait probablement à huis clos après la fin de l'enquête". En août, M. Younessi avait annoncé l'arrestation d'un "certain nombre d'espions qui transmettaient à l'étranger des informations sur le programme nucléaire iranien".

Il avait ajouté que "les +hypocrites+ (l'appellation donnée aux Moudjahidine du peuple, organisation d'opposition au régime islamique en exil) ont pris la plus grande part au transfert des informations". "Par le passé, ils se sont même glorifiés d'avoir fait de l'espionnage contre l'Iran et, lors d'une conférence de presse aux Etats-Unis, ils se sont vantés d'avoir fourni des renseignements aux Américains et à d'autres", avait-il précisé.

En juillet 2000, la justice iranienne avaient condamné à des peines de prison dix juifs et deux musulmans accusés d'espionnage pour Israël qui ont finalement été libérés en 2003. Pour sa part, le général Mohammad Salimi, le commandant en chef de l'armée iranienne, a affirmé que les forces armées iraniennes avaient reçu l'ordre de se préparer pour défendre les sites nucléaires iraniens contre toute attaque.

"L'armée de l'air a reçu instruction de protéger avec toutes ses forces les sites nucléaires iraniens", a déclaré le général Salimi, cité par le quotidien gouvernemental Iran. "L'armée de l'air a suspendu toutes ses manoeuvres pour un temps et a concentré ses moyens sur les patrouilles de combat dans le ciel", a-t-il ajouté.

Le général répondait à une question sur des informations de presse concernant une simulation d'attaque par des forces ennemies contre la centrale nucléaire de Bouchehr, actuellement en construction par les Russes dans le sud du pays. "Toutes nos forces, l'armée de terre, les forces anti-aériennes, les radars tactiques (...) sont en train de protéger les sites nucléaires et une attaque contre ces sites ne sera pas possible aussi facilement", a-t-il déclaré.

Ces derniers mois, des journaux israéliens, américains et arabes ont publié des informations sur une éventuelle attaque américaine et israélienne contre les sites nucléaires iraniens. Les responsables américains et israéliens ont toutefois démenti l'existence d'un plan d'attaque contre l'Iran. Les Etats-Unis et Israël sont les deux principaux critiques des activités nucléaires que Téhéran proclame purement civiles mais qui, selon eux, servent de couverture pour fabriquer l'arme atomique.

Le discours militaire iranien affirme régulièrement qu'Israël doit être "rayé de la carte" et les avancées annoncées du programme de missiles conventionnels de la République islamique renforcent les inquiétudes d'Israël.

 

 

Prolifération nucléaire tous azimuts en cas d'échec des pressions sur l'Iran

16 déc 2004 - Un échec des pressions internationales pour dissuader l'Iran de se doter de l'arme nucléaire inciterait des pays tels que l'Egypte, l'Arabie Saoudite ou le Japon à suivre l'exemple de Téhéran, estiment des experts. En se dotant de l'arme nucléaire, l'Iran "donnerait un coup fatal au Traité de non prolifération (TNP) nucléaire", estime François Heisbourg, de la Fondation pour la recherche stratégique, basée à Paris. "On se retrouverait dans la logique des années 1960, quand John Kennedy disait qu'il craignait que le monde compte rapidement 25 pays, ou plus, en possession de la bombe", a-t-il déclaré.

Les Européens négocient actuellement avec l'Iran les modalités d'un accord de coopération nucléaire, technologique, commerciale et sécuritaire, pour le persuader de s'en tenir à sa décision de suspendre l'enrichissement d'uranium, une activité qui peut avoir des finalités civiles comme militaires. "Lorsque l'Iran brandira la menace nucléaire, le TNP n'aura plus de crédibilité, il perdra sa raison d'être", estime le politologue algérien Hasni Abidi, spécialiste du Proche-Orient. "L'Arabie saoudite sera incitée à emboîter le pas, car elle n'acceptera jamais qu'un Etat chiite comme l'Iran se dote de l'arme nucléaire, elle n'acceptera pas une nouvelle menace, après le chaos provoqué par l'Irak", a-t-il ajouté. "Même chose pour l'Egypte", poursuit M. Abidi, "qui entretient une longue rivalité avec l'Iran". "Un pays comme l'Egypte s'embarquerait très vraisemblablement dans le nucléaire militaire", convient aussi M. Heisbourg. "C'est une question de leadership régional, qui n'a rien à voir avec Israël" (qui selon les experts possède déjà l'arme nucléaire), ajoute-t-il.

Une des conséquences serait "que les petits pays de la région, Qatar ou les Emirats, chercheraient des alliances de défense beaucoup plus étroits avec les Etats-Unis, ce qui est paradoxal", a-t-il dit.

M. Heisbourg estime que le précédent iranien pourrait aussi entraîner dans son sillage "l'Algérie, le Japon, la Corée du sud ou Taïwan". "Sans parler de la Corée du nord, qui est déjà sortie des disciplines du TNP", en développant un programme nucléaire dénoncé par Washington.

Les Etats-Unis, qui accusent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire, se sont efforcés de déférer le dossier iranien devant le Conseil de sécurité de l'Onu, ce que l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) n'a pas fait pour le moment, prenant acte que ce pays a suspendu ses activités d'enrichissement en vertu de l'accord passé avec les Européens.

Mais, estime Robert Malley, ancien conseiller de Bill Clinton pour le Proche-Orient et membre du International Crisis Group, "les Etats-Unis n'ont pour l'instant pas d'appétit pour une intervention militaire contre l'Iran". "Ils ne sont pas d'accord avec l'approche européenne", qui vise à contenir la menace iranienne par la persuasion, "mais ils la soutiennent, faute d'alternative dans l'immédiat". "Il est vrai, a noté mercredi à Washington le chef de la diplomatie française Michel Barnier, que les Américains répondent à notre médiationavec du scepticisme". Mais, a-t-il ajouté, "la voie politique est la bonne voie".

Quant à l'Iran, il conditionne le respect de ses engagements en vertu du TNP à la reconnaissance de son droit à enrichir l'uranium, activité qui, fait-il valoir, n'est pas interdite par le TNP. "C'est la quadrature du cercle", résume un expert en affaires iraniennes, Xavier Houzel. "Il sera impossible de faire accepter aux Iraniens des restrictions qu'on ne réclame pas à d'autres détenteurs du nucléaire civil comme le Brésil".


Libération, jeudi 16 décembre 2004:

Persuader l'Iran de lâcher la bombe
Face à la suspension du programme nucléaire iranien, les Etats-Unis doivent s'inspirer du réalisme européen.

Par Philip H. GORDON et Kenneth POLLACK

Lorsque l'Iran a finalement consenti, le mois dernier, à suspendre son programme nucléaire, répondant ainsi aux efforts de dialogue et aux promesses de l'Europe en matière de technologie et de commerce, la réaction de Washington fut, comme on pouvait s'y attendre, essentiellement négative. Et si l'administration américaine a finalement choisi de ne pas opposer son veto à cet accord conclu avec l'Agence internationale pour l'énergie atomique, elle ne s'est pas privée de montrer du doigt l'approche européenne, lui prédisant toutes les chances de fiasco. «Ici, les gens sont très mécontents de cette affaire», a déclaré un officiel au Washington Post, «mais nous sommes contraints de suivre le mouvement. Quoi qu'il en soit, nous sommes convaincus que l'Iran rompra cet accord sans tarder».

Un tel scepticisme à propos de l'Iran est, certes, justifié. C'est un pays qui a déjà trahi ses engagements par le passé, et de nombreux signes portent à croire que le régime en place, soutenu par une large majorité de l'opinion publique, tient réellement à se doter de l'arme nucléaire. La vraie question, toutefois, n'est pas de savoir si Téhéran est digne de confiance - la réponse est connue -, mais si la politique que nous menons peut inciter les Iraniens à renoncer à leurs ambitions nucléaires. A cet égard, la position de Washington, qui consiste à se désolidariser de l'approche européenne sans proposer d'alternative concrète, ne mène nulle part. Pire, en refusant de s'aligner sur la perspective européenne sous prétexte que celle-ci serait vouée à l'échec, les Etats-Unis risquent bel et bien de froisser le régime iranien, et de susciter au final la réaction qu'ils redoutaient.

Les Etats-Unis et l'Europe ont donc tout intérêt à mettre rapidement en avant un ensemble de mesures conjointes - à la fois incitatives et dissuasives destinées à convaincre Téhéran de mettre un terme définitif à son programme nucléaire. Et ce, pour plusieurs raisons.

Premièrement, même si l'on peut, à juste titre, reprocher aux Américains d'exagérer la menace, il est certain qu'un Iran doté de l'arme nucléaire représenterait un désastre majeur pour le Moyen-Orient et le monde tout entier. Car dans une telle hypothèse, Téhéran n'hésiterait pas à radicaliser sa politique étrangère, en renforçant notamment son soutien au terrorisme - un cas de figure dans lequel l'Occident n'aurait plus aucune marge de manoeuvre. Sans compter que, permettre à l'Iran de se constituer un arsenal nucléaire, c'est aussi prendre le risque de voir tout le Moyen-Orient lui emboîter le pas.

Contrairement aux programmes nucléaires indien et pakistanais, certes regrettables, mais qui sont, à la base, uniquement dirigés l'un vers l'autre (ainsi que vers la Chine, déjà équipée), et n'induisent pas de risque de prolifération dans la région.

En effet, le spectre d'une bombe iranienne ne manquerait pas de pousser les pays voisins Arabie Saoudite, Turquie, et éventuellement Irak - à se constituer leurs propres munitions. Contrairement aux accusations formulées par les Américains, si l'Europe cherche à s'entendre avec l'Iran, ce n'est en aucun cas parce qu'elle ignore ces menaces. Et c'est même parce qu'elle est à la fois convaincue que Téhéran souhaite se doter de l'arme nucléaire, et qu'un tel événement déstabiliserait toute la région, que l'Europe a opté pour la négociation.

Deuxièmement, même si de nombreux Américains prétendent un peu vite que tous les Iraniens - fanatiques et réformistes confondus - sont totalement acquis à l'idée de l'armement nucléaire, le débat national iranien offre une interprétation plus nuancée. En effet, il ne faut pas oublier que le régime théocratique iranien a son talon d'Achille : une économie vacillante, qui sème un peu partout la morosité, et fragilise de ce fait le pouvoir. Or, les Iraniens savent pertinemment qu'il leur faudra compter sur le commerce, l'aide et les investissements extérieurs pour redresser leur situation économique - et pour nombre d'entre eux, cette priorité devance largement celle qui consiste à acquérir l'arme nucléaire. La proposition des Européens ne constitue qu'un premier pas - encore insuffisant, vers ce qui fonde véritablement nos espoirs : faire dérailler le projet nucléaire iranien, en persuadant Téhéran que son économie risque tout simplement de sombrer si le pays n'abandonne pas sa propagande en faveur de l'armement nucléaire.

Troisièmement, l'Amérique et l'Europe doivent impérativement unir leurs efforts car d'une part, il est utopique de croire que l'Europe parviendra, seule, à stopper l'Iran dans sa course à l'armement nucléaire. Et d'autre part, Européens et Américains ont globalement épuisé leurs arguments persuasifs (pour les premiers), et dissuasifs (pour les seconds). L'Europe, dans la mesure où elle communique et commerce déjà avec Téhéran - par ses investissements sur place et ses importations de pétrole, n'a pas vraiment de nouvelles carottes à lui offrir. Et quels autres bâtons pourraient bien agiter les Etats-Unis, sachant qu'ils refusent déjà en bloc toutes les tractations en cours ? Le seul moyen de donner tout son impact au parti pris européen, serait donc que les Etats-Unis se décident à faire usage de la carotte, et que l'Europe se serve un peu du bâton.

En tant qu'anciens chargés officiels, pour un précédent gouvernement américain, de la politique à l'égard de l'Iran et de l'Europe, nous sommes malheureusement bien placés pour savoir que les Européens gardent une mauvaise impression des discussions acharnées - et stériles - qui ont pu avoir lieu à propos de l'Iran. Tout au long des années 90, les gouvernements européens ont refusé de menacer les Iraniens au moyen de sanctions ou même de maintenir le pays sur le qui-vive, afin qu'il abandonne une position jugée dangereuse... Alors que l'Iran était de toute évidence terrifié à l'idée que l'Europe puisse s'allier aux Américains pour lui infliger des mesures coercitives.

Et enfin, la triste réalité est que les Etats-Unis disposent de moyens d'action très limités vis-à-vis de l'Iran. L'invasion d'un pays près de trois fois plus grand et plus peuplé que l'Irak - où, par ailleurs, l'armée américaine est déjà fortement mobilisée - est actuellement inenvisageable, et pourrait se révéler désastreuse compte tenu du nationalisme forcené de la plupart des Iraniens. Des raids aériens et des attaques de missiles ciblées pourraient bien enrayer la construction du programme nucléaire iranien, mais nous ne disposons pas actuellement des renseignements nécessaires pour évaluer l'efficacité d'une telle action. Ce que nous savons à coup sûr, c'est que le fait d'entreprendre de telles frappes provoquerait une douloureuse riposte de la part de Téhéran : une guerre visant à déstabiliser l'Irak, ou encore le soutien à des actions terroristes dirigées contre les Etats-Unis. De plus, tout usage de la force militaire ne ferait qu'emballer le processus de développement nucléaire iranien - encore graduel et circonscrit, ce qui plongerait les Etats-Unis dans un cercle vicieux de représailles sans fin.

La meilleure façon pour Washington de persuader l'Iran de lâcher prise, est de mettre un terme à sa politique actuelle de dénigrement, et de se joindre à ses alliés européens pour mettre Téhéran au pied du mur : soit l'Iran devient un Etat paria appauvri et isolé, mais disposant de la force nucléaire, soit il peut commencer à réintégrer la communauté internationale, subvenir aux besoins de sa population et préserver sa sécurité en échange de son renoncement. Les efforts qu'accomplit actuellement l'Europe sont loin d'être parfaits, mais les Etats-Unis n'ont pas d'autre solution que de s'y rallier... ce qui vaut toujours mieux que se tenir à l'écart en se bornant à proférer des critiques, comme le fit Néron pendant que Rome brûlait.

Derniers ouvrages parus : Philip H. Gordon, Allies at War : America, Europe and the Crisis over Iraq.

Kenneth M. Pollack, The Persian Puzzle : The Conflict Between Iraq and America.
Philip H. Gordon et Kenneth M. Pollack chercheurs à The Brookings Institution et anciens membres du Conseil national de sécurité.

 

 

Libération, 16 décembre 2004
L'Europe à portée de missile de l'Iran

 

 

Libération, 12 décembre 2004:

L'Iran n'entend pas renoncer à la recherche nucléaire

VIENNE - L'Iran compte profiter des entretiens de ce lundi à Bruxelles avec trois pays européens pour s'assurer le droit de poursuivre des recherches sur des équipements susceptibles de servir à la fabrication d'armes nucléaires, déclarent des diplomates occidentaux.

Le négociateur iranien Hassan Rohani s'entretiendra avec les ministres des Affaires étrangères britannique, français et allemand d'une série d'incitations économiques et politiques en échange desquelles Téhéran renoncerait à tout enrichissement d'uranium ou retraitement de plutonium qui permettrait de fabriquer du combustible nucléaire de qualité militaire.

"L'Iran compte insister sur son droit d'effectuer (des recherches) en n'acceptant des négociations que sur les modalités d'inspection, et non sur l'existence de (recherches)", a dit à Reuters un diplomate qui suit les travaux de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) basée à Vienne.

Les Etats-Unis accusent Téhéran de chercher à mettre au point des armes nucléaires sous le couvert d'un programme atomique civil, ce que l'Iran dément. Washington a incité l'AIEA à porter l'affaire devant le Conseil de sécurité de l'Onu aux fins de sanctions, mais l'agence onusienne s'y est refusée.

RECONNAISSANCE DE FAIT

Les centrifugeuses, machines à enrichir l'uranium pour un usage qui peut concerner le nucléaire civil ou militaire, constituent un sujet sensible pour les Européens, qui souhaiteraient voir l'Iran abandonner toute activité de nature à produire de l'uranium enrichi ou du plutonium utilisables dans la fabrication d'armes.

Mais Téhéran a clairement fait comprendre qu'il n'y renoncerait jamais.

"Un gel définitif (de l'enrichissement d'uranium) n'est pas une possibilité en ce qui nous concerne", a déclaré Hamid Reza Asefi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse hebdomadaire. "Ce que nous avons accepté, c'est une suspension temporaire et de courte durée."

Selon des diplomates occidentaux proches des négociations UE-Iran, les revendications de Téhéran sont étendues. En échange du gel de son programme nucléaire, l'Iran souhaite des avantages touchant aux télécommunications, aux chemins de fer et aux moyens de financement.

Les Iraniens ont indiqué qu'ils souhaitaient des progrès rapides dans leurs pourparlers avec l'UE et la levée des restrictions sur les ventes de technologies sensibles à leur pays. La question du temps pourrait faire problème, les Iraniens souhaitant que les discussions soient une affaire de mois alors que les Européens s'attendent à les voir durer des années.

Selon des diplomates en poste à Vienne, le fait de reconnaître à l'Iran le droit de poursuivre des recherches en matière nucléaire reviendrait à lui reconnaître celui de se doter à terme d'un programme d'enrichissement d'uranium.

La "troïka" européenne est handicapée par le fait que Washington refuse de participer à une formule "incitative" à l'égard de Téhéran, que les Etats-Unis accusent d'exploiter purement et simplement de telles négociations pour éviter des sanctions économiques de l'Onu tout en poursuivant ses recherches pour accéder à une capacité nucléaire militaire.

Louis Charbonneau


Le Devoir, mercredi 1er décembre 2004 :
Le bras de fer autour du programme nucléaire iranien - L'Iran joue-t-il avec le feu nucléaire?



Swissinfo, 30 novembre 2004 :

Nucléaire: l'Iran ne renoncera jamais à l'enrichissement d'uranium

TÉHÉRAN - L'Iran reprendra à terme l'enrichissement d'uranium et n'y renoncera jamais, a dit le responsable du nucléaire iranien. Il s'exprimait au lendemain de l'adoption par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'une résolution favorable à Téhéran.
"Contrairement à ce que prétendent les Américains, la République islamique d'Iran n'a pas renoncé au cycle de production du combustible nucléaire (qui comprend l'enrichissement). Elle n'y renoncera jamais et le mettra en oeuvre", a dit Hassan Rohani.
L'AIEA, agence onusienne veillant à la non-prolifération, a adopté lundi une résolution donnant acte à l'Iran de sa décision de suspendre l'enrichissement d'uranium en gage de bonne foi et ne saisissant pas le Conseil de sécurité de l'ONU de la querelle nucléaire iranienne, comme l'auraient voulu les Etats-Unis.
La suspension de l'enrichissement par l'Iran a été obtenue par l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne contre la promesse d'un accord de coopération nucléaire, technologique, économique, et dans le domaine de la sécurité, avec l'Union européenne. Les négociations pour un tel accord doivent commencer en décembre.
"La suspension n'est valable que le temps des négociations", a déclaré le responsable iranien. "Cela doit être une question de mois et non pas d'années", a ajouté M. Rohani.
"Leur durée doit être raisonnable, et ne pas se prolonger, nous ne devons pas sentir pendant les négociations que l'on cherche à gagner du temps", a-t-il encore dit. "Si les négociations se retrouvent dans une impasse, qu'elles n'avancent plus, la suspension cessera", a poursuivi le responsable.

 

L'Iran campe sur ses positions mais reste confiant

TEHERAN (28 novembre 2004) - L'Iran a maintenu dimanche sa demande d'exclure 20 centrifugeuses de son accord à suspendre ses activités de recherche nucléaire, tout en se disant confiant dans la possibilité de régler ce problème au sein de de l'Agence de l'Onu chargée du nucléaire sans recourir au Conseil de sécurité... [Suite]


Le Figaro, 25 novembre 2004 :

Avant la réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique qui doit se tenir aujourd'hui à Vienne
Iran : les ambiguïtés de l'accord nucléaire avec l'Europe

«Mais que veut donc l'Iran ?» Membre de la Fondation pour la recherche stratégique à Paris, Bruno Tertrais se garde bien d'une réponse précise. «Si l'Iran aspire seulement à être libéré de son étiquette d'«Etat voyou» pour revenir dans le concert des nations, il n'a pas besoin de la bombe atomique. Des garanties internationales suffiraient. Mais si, face aux Etats-Unis, son objectif, c'est d'accéder au statut de puissance régionale, la création d'une force de dissuasion est évidemment logique.»

Alors que le conseil des gouverneurs de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) se retrouve aujourd'hui à Vienne pour sa réunion trimestrielle, l'attitude de Téhéran reste toujours aussi ambiguë.

Quelques jours à peine après avoir conclu un compromis avec l'Union européenne, l'Iran conteste le projet de résolution que l'UE va présenter à l'AIEA. Selon Mohammed Saïdi, directeur adjoint de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, «la suspension de l'enrichissement de l'uranium devient une obligation légale et prend un caractère illimité. Or il n'y a rien de tel dans l'accord que nous avions signé».

En octobre 2003, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne avaient déjà cru obtenir un arrangement satisfaisant. En promettant de respecter les obligations du TNP (Traité de non-prolifération) auquel il adhère depuis longtemps, l'Iran n'avait plus à craindre que Washington exige le recours au Conseil de sécurité de l'ONU. Dénoncé par George W. Bush comme l'un des trois pivots, avec l'Irak de Saddam Hussein et la Corée du Nord, d'un «axe du mal» que les Etats-Unis se disaient déterminés à abattre, l'Iran rêve aujourd'hui de respectabilité. A l'inverse de Saddam Hussein ou du régime de Pyongyang, il craint donc les sanctions éventuelles du Conseil de sécurité qui feraient de lui un paria.

Mais, poursuivant une stratégie schizophrène, l'Iran ne veut pas non plus renoncer à l'arme nucléaire. Il se juge encerclé par des puissances hostiles : Israël avec son arsenal non avoué, l'Arabie saoudite, haut lieu de l'islam sunnite pour qui les chiites sont des traîtres et, maintenant, les soldats américains qui campent de l'autre côté de sa frontière avec l'Irak. Du coup, le programme militaire clandestin, que les Iraniens persistent à mener parallèlement à l'atome dit pacifique, est justifié comme un moyen de «sanctuariser» le pays. «Du point de vue géo-politique, remarque François Heisbourg, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, cette volonté d'accéder à la bombe reflète effectivement le rapport des forces sur le terrain. Le problème c'est que, contrairement au Pakistan et à l'Inde, devenus des puissances nucléaires, l'Iran a signé le TNP.»

Officiellement, Téhéran a renoncé au nucléaire militaire puisque le TNP l'interdit. Mais «les diplomates iraniens qui sont habiles au marchandage des souks, remarque un observateur occidental, ne cessent de vendre le même tapis». Même si, comme l'affirment les Iraniens, la suspension de l'enrichissement est «volontaire et temporaire» plutôt qu'«obligatoire et illimité», le fait est que Téhéran a juré d'arrêter. Or, sur le site de Natanz, près de la capitale, des ingénieurs persistent à mettre au point des cascades de centrifugeuses dont le seul intérêt est d'enrichir l'uranium jusqu'aux niveaux très élevés que demande un usage militaire.

Les Iraniens jonglent avec plusieurs cartes diplomatiques. Ils jouent la troïka européenne pour éviter que les Etats-Unis n'imposent la transmission du dossier à l'ONU. Ils soignent les pays du tiers monde qui, constituant la majorité du Conseil de l'AIEA, sont forcément des alliés contre Washington. Ils accordent à la Russie les meilleurs contrats pour s'assurer d'un éventuel veto devant le Conseil de sécurité. Pourtant Heisbourg a un diagnostic positif :«Les Européens qui ne sont armés que d'un sabre de bois ont bien manoeuvré. En matière de prolifération, l'essentiel est de gagner du temps pour ménager des transitions.»

La partie de billard est permanente. Dans l'accord avec l'Union européenne, les Iraniens ont ainsi le sentiment d'avoir marqué plusieurs points. D'abord, le texte ne prévoit pas de critère déclencheur de la saisine du Conseil de sécurité. Ensuite, l'interdiction de convertir l'uranium en gaz UF-6 comme carburant des centrifugeuses a été grignotée : les 37 tonnes d'uranium déjà stockées dans l'usine nucléaire d'Ispahan pourront être transformés en UF-4, dernière étape avant l'UF-6. Enfin, l'examen du Conseil de l'AIEA n'est plus automatique. C'est Mohamed ElBaradei, le patron égyptien de l'Agence de Vienne, qui décidera quand il estimera nécessaire de faire un rapport aux gouverneurs.

Pour Heisbourg, il n'y a pas d'autre solution que la démarche de la troïka européenne :«Les Etats-Unis n'ont pas osé profiter de la fenêtre d'opportunité des premières semaines de l'intervention contre l'Irak, lorsqu'ils disposaient pour attaquer l'Iran de 300 000 GI et de 40 000 soldats britanniques. Quant à l'aviation israélienne, elle ne pourrait pas rééditer le raid qui avait détruit le réacteur irakien en 1981. Parce que les installations iraniennes sont dispersées à travers un pays immense et enfouis dans le béton, il faudrait des semaines de bombardement. Surtout, le rôle d'Israël confirmerait qu'entre l'Occident et l'islam, il y a bien une guerre des cultures.»

Ancien conseiller de George W. Bush, David Frum défend évidemment la thèse contraire. «Si l'Iran, dit-il, finit par démanteler son programme nucléaire, les Européens s'empresseront de proclamer qu'ils ont démontré que Bush a eu tort de faire la guerre à l'Irak pour éliminer les armes de destruction massive de Saddam. Mais si les Iraniens ne renoncent pas, ce sera une nouvelle preuve de la faillite du système multilatéral.» David Frum s'indigne : «Contrairement aux Européens, nous refusons la logique de Téhéran. Comprendre l'attitude de l'Iran, c'est déjà pardonner.»

Charles Lambroschini

Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret.

 

 

Edicom

Téhéran ne démantèlera jamais totalement son programme nucléaire

TÉHÉRAN (24 novembre 2004) - L'Iran ne démantèlera jamais complètement son programme nucléaire. Mais Téhéran est prêt à donner des assurances pour un usage exclusivement «pacifique» de l'enrichissement d'uranium, a déclaré à Pékin le principal négociateur iranien avec l'AIEA.
«L'Iran est prête à donner toutes les assurances que ses activités d'enrichissement d'uranium ne seront jamais utilisées à des fins militaires», a déclaré Seyev Hossein Moussavian à l'issue d'une visite en Chine.
«C'est pourquoi nous avons le droit d'utiliser la technologie nucléaire à des fins pacifiques. Ce droit doit être appliqué sans discrimination. C'est pourquoi un démantèlement est hors de question», a ajouté M. Moussavian, qui est le principal négociateur iranien avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Cette déclaration survient à la veille d'une importante réunion de l'Agence, et trois jours après l'annonce par Téhéran de la suspension totale de ses activités dans le domaine du traitement de l'uranium, demandée par la communauté internationale.
«Nous ne pensons pas que la question sera portée devant le Conseil de sécurité parce que les Etats-Unis sont isolés à cause de la coopération de l'Iran avec l'Union européenne et d'autres pays», a encore dit M. Moussavian, qui a négocié l'accord sur la suspension avec les Européens.
Le responsable iranien avait affirmé il y a une semaine que les Etats-Unis étaient prêts à soumettre un plan contre l'Iran si Téhéran avait refusé de suspendre l'enrichissement d'uranium. Ce plan aurait notamment demandé à l'Iran d'arrêter complètement le cycle du combustible nucléaire, selon M. Moussavian.


 

Une analyse de l'Obsarm, 22 novembre 2004 :

Jean-Marie Collin : le programme nucléaire iranien remonte à 1960

Trois questions à Jean-Marie Collin, chercheur associé à l'Observatoire/CDRPC, sur le programme nucléaire militaire iranien.

Quel pays a pu assister l'Iran dans son programme ?
La frontière entre le nucléaire civil et la bombe atomique n'est pas d'ordre technique, mais politique. L'inquiétude de la communauté internationale sur la nature exacte du programme nucléaire « civil » iranien découle de cette réalité. Ainsi, Le programme iranien remonte au début des années 1960, le Shah, alors en place, souhaitait lancer son pays dans la construction d'un vaste complexe (près de vingt centrales nucléaires), non sans arrière-pensée militaire.
Rapidement les principaux fournisseurs de procédés nucléaires civils (Allemagne, Etats-Unis, France, URSS) vont aider Téhéran, à travers des projets de coopération, lui permettant d'acquérir une technologie éminemment duale. Cette étroite relation s'est accentuée dans les années 1970, l'Iran parvenant à obtenir divers équipements (réacteurs, début de construction de la centrale du Bouchehr, plan d'usine de retraitement de matière fissile). La révolution islamique mettra un terme à ces « liaisons dangereuses », pour laisser la place à d'autres États comme l'Argentine, la Chine (qui livra en 1991, sans déclaration auprès de l'AIEA, de l'uranium) ou le Pakistan. Enfin, n'oublions pas que cette affaire de la bombe iranienne a (re)commencé avec les protestations et les craintes de Washington lorsque Moscou reprit sa coopération nucléaire, à des fins pacifiques (1995) avec Téhéran pour achever la construction de la centrale du Bouchehr et fournir à l'Iran du combustible nucléaire. Outre cette assistance étatique officielle, l'Iran se servit également de contacts officieux en achetant, auprès du réseau établi par le Pakistanais Khan, des plans de centrifugeuses dans le but d'obtenir de l'uranium de qualité militaire.

Comment l'Iran a-t-il pu se fournir en uranium ?
Même si le consortium d'Eurodif n'a jamais donné à l'Iran sa part (10 %) d'uranium enrichi, c'est bien l'Occident qui aurait dû être le premier fournisseur de cette matière. L'Iran se tourna alors dans deux directions d'une part, par l'approvisionnement extérieur de technologie et d'oxyde d'uranium (par le biais de la Chine). D'autre part, par l'exploitation d'une mine d'uranium (province de Yazd) et la construction de diverses installations (Natanz et d'Arak) nécessaires au processus d'enrichissement. Mais c'est principalement le complexe situé près d'Ispahan, qui permettra la production de composants gazeux d'uranium (UF4 et UF6), qui une fois transformés seront enrichis et donc susceptibles d'être utilisé comme combustible nucléaire.

Quel contrôle a exercé l'AIEA ?
L'Iran est membre du TNP depuis 1970 et par conséquent est soumis à certaines obligations de contrôle par l'AIEA. Ces obligations ont été renforcées depuis la signature par Téhéran du protocole additionnel en décembre 2003. Depuis deux ans des experts de l'AIEA mènent des contrôles réguliers dans différentes installations qui leur ont été ouvertes, non sans négociations préalables, il est vrai. Si ces inspections ont mis au jour des activités susceptibles d'être liées au nucléaire militaire (plan de centrifugeuse avancée type P2, trace d'uranium hautement enrichi), aucune preuve formelle n'a été découverte quant au développement d'armes nucléaires sous couvert d'un programme civil.


L'Iran suspend, lundi 22 novembre, ses activités d'enrichissement d'uranium, selon la télévision iranienne
L'Iran suspend, lundi 22 novembre, ses activités d'enrichissement d'uranium, comme il en a pris l'engagement, a indiqué la télévision d'Etat iranienne. "La suspension de l'enrichissement entre en vigueur aujourd'hui, conformément à l'accord avec les Européens", a indiqué la télévision. "Nous avons dit que nous allions suspendre et nous allons donc le faire", avait dit dimanche, devant la presse, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Hamid Reza-Assefi.
(Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret)


Le Monde, 22 novembre 2004 :

La course contre la bombe iranienne

L'accord conclu le 14 novembre entre les Européens et l'Iran, qui vise à stopper sa progression vers l'arme nucléaire, marque-t-il un tournant dans les relations avec ce pays, jusqu'alors suspect d'encourager le terrorisme ? Ou n'est-il qu'un mirage à l'abri duquel le régime poursuivra un programme militaire au nez et à la barbe de l'Agence internationale de l'énergie atomique, l'AIEA ?

La question taraude bon nombre de pays, qui observent avec un grand scepticisme, depuis plus d'un an, les efforts de leurs alliés britanniques, allemands et français pour convaincre l'Iran que le coût politique et économique qu'il aurait à payer pour la "bombe" serait beaucoup plus élevé que les gains qu'il peut en espérer.

Mais les Etats-Unis décideront à coup sûr de la réponse. Car, sans leur soutien actif, l'accord euro-iranien n'a aucune chance d'atteindre son but : engager Téhéran dans un processus de coopération à long terme par lequel ce pays de 70 millions d'habitants accepterait peu à peu de renoncer à une bonne partie de ses prérogatives nucléaires, en échange de garanties pour sa sécurité et d'un statut pleinement reconnu de puissance régionale.

En réalité, Washington n'a pas vraiment le choix : à moins de privilégier un scénario plus offensif qui ne ferait qu'aggraver la situation en Irak, l'administration américaine devra explorer elle aussi la voie incertaine ouverte par la troïka européenne.

Arraché le 17 octobre 2003 à Téhéran, un premier accord euro-iranien s'était vite enlisé. Pourquoi cet échec ? Parce que les Iraniens ne cherchaient dès le départ qu'à abuser la confiance de leurs partenaires, affirment les Etats-Unis. Parce que, privés de l'appui de Washington, les Européens étaient dans l'incapacité de fournir ce qu'ils avaient promis, même des produits aussi peu "sensibles" que des moteurs d'avions Airbus (fabriqués outre-Atlantique), répliquait l'aile "dure" du régime de Téhéran, pour qui le "grand Satan" américain est le seul interlocuteur digne de ce nom.

Le second accord accepté par Téhéran, le 14 novembre, est le moins mauvais que l'on pouvait signer, souligne un dirigeant de l'AIEA. Gardienne du traité de non-prolifération (TNP), l'Agence doit vérifier que l'Iran remplit ses engagements. "Il n'y a pas d'alternative, renchérit l'un des négociateurs iraniens. Les Etats-Unis sont les seuls à pouvoir torpiller cet accord, notamment avec des "révélations" sur notre prétendu programme clandestin, mais s'ils sont un tant soit peu raisonnables, ils ne le feront pas."

Ce négociateur iranien observe : "Les Etats-Unis vont devoir réévaluer au cours des prochains mois leur politique étrangère, et il y a une chance pour qu'ils se dotent enfin d'une politique cohérente à notre égard. Nous pouvons coopérer avec eux. La conférence de Charm el-Cheikh -sur l'Irak, à laquelle assistera le chef de la diplomatie iranienne- sera un premier test." Une vision que partage Henry Sokolski, expert de la non-prolifération nucléaire et proche du sous-secrétaire à la défense Paul Wolfowitz, l'un des "faucons" les plus en vue à Washington : "L'administration Bush sera obligée d'appuyer l'accord euro-iranien. Même si les Européens savent qu'il pose presque autant de problèmes qu'il prétend en résoudre", déclarait-il à l'issue d'une conférence, mercredi 17 novembre, au Centre américain de Vienne.

VOIE "LÉGALE"

M. Sokolski fait partie de ceux qui ont inlassablement sonné l'alarme aux Etats-Unis, ces deux dernières années, sur les dangers d'une trop grande mollesse envers le régime de Téhéran. Donner une prime à la mauvaise conduite des Iraniens, dit-il, c'est légitimer le modèle inédit qu'ils sont en train d'expérimenter - celui d'une voie "légale" vers l'arme nucléaire - et encourager d'autres pays de cette région, à commencer par la Turquie ou l'Arabie saoudite, à le suivre. Il ironise volontiers sur les saints Thomas qui ont besoin, pour sortir de leur prudente expectative, qu'on leur montre "l'équivalent des photos d'une bombe atomique iranienne, de préférence avec les coordonnées de capitales occidentales peintes dessus".

Il critique le fait que l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, pour mieux appâter les dirigeants iraniens, proposent de leur fournir un réacteur à eau légère, une technologie qu'il juge encore beaucoup trop proliférante : "Les Iraniens auront ainsi cinq fois moins d'efforts à faire pour produire des matières fissiles." Une étude récemment publiée par le Centre d'éducation sur la politique de non-prolifération, l'institut à but non lucratif qu'il dirige à Washington, conclut que, désormais, "des pays peuvent construire assez facilement des unités de petite taille capables d'enrichir ou de retraiter de façon clandestine du combustible nucléaire". Il suffirait de détourner des matières entre deux visites de routine des inspecteurs onusiens (tous les trois mois), et le pas vers la bombe pourrait être franchi en quelques semaines.

Trois théories circulent parmi les experts de l'Agence - et les pays membres - sur le dossier iranien. Les optimistes croient à la version avancée par les autorités de Téhéran : l'Iran a dissimulé pendant près de vingt ans des pans entiers de son programme nucléaire parce qu'il était isolé sur la scène internationale. Comme l'Irak de Saddam Hussein juste avant l'intervention américaine, son comportement suggère qu'il a encore des choses à cacher, mais tout finira par s'expliquer. D'autres pensent que, tout en jouant le jeu d'une plus grande transparence, les dirigeants iraniens se réservent la possibilité d'acquérir l'arme nucléaire, d'ici un à deux ans, si la négociation avec les Européens (et à travers eux les Américains) devait mal tourner. Tenue de se prononcer sur des faits, l'Agence se borne à signaler, le 15 novembre, qu'elle n'est "pas encore en mesure" de garantir qu'il n'y a pas d'activité illicite en Iran - une formule qu'elle a utilisée pendant des années à propos du Japon et qu'elle emploie toujours dans ses rapports sur le Canada.

Les pessimistes, enfin, craignent que Téhéran n'ait déjà fait le choix de la bombe. Sa sortie du TNP n'est, dès lors, qu'une question de temps. C'est la théorie qui prévaut à Washington. "Au sein de l'administration américaine, la plupart sont convaincus que Téhéran joue la course vers la bombe, souligne Rob Malley, spécialiste de l'Iran à l'International Crisis Group, un organisme soutenu par l'Union européenne. Selon eux, les Iraniens calculent que leur potentiel économique et leur rôle géopolitique les rendent incontournables, comme l'Inde ou le Pakistan - détenteurs de l'arme, mais non signataires du TNP -. Et que cela atténuerait assez vite les turbulences qu'ils se préparent à traverser quand ils auront sauté le pas."

Depuis deux ans, l'administration Bush a étudié plusieurs options pour traiter le cas iranien. Faut-il favoriser un changement de régime à Téhéran afin d'accélérer l'évolution vers un système moins hostile aux Occidentaux ? Les Américains doutent de pouvoir gagner la course par ce moyen-là. Doivent-ils se concentrer sur la contre-prolifération ? Des frappes aériennes ciblées sont jugées difficiles, en raison de la dispersion des sites nucléaires, souvent profondément enterrés. De plus, elles pourraient inciter l'Iran à utiliser encore plus la carte du chaos en Irak ou du terrorisme international.

Reste donc la troisième voie, celle des Européens : augmenter l'offre aux Iraniens, tout en augmentant le prix politique à payer si Téhéran fait le mauvais choix. "Les Etats-Unis ont très peur que les Européens se montrent trop peu exigeants", souligne Rob Malley. Mais après le désastre subi par l'administration Bush en Irak, où les raisons avancées pour justifier la guerre se sont révélées sans fondement, il serait très difficile à Washington d'expliquer au reste du monde que les Etats-Unis n'ont même pas essayé de négocier avec l'Iran.

Joëlle Stolz



18 novembre 2004:

Brunot Barrillot : l'AIEA est à court d'arguments face à l'Iran

Trois questions à Bruno Barrillot, directeur de l'Observatoire des armes nucléaires/CDRPC, sur le programme nucléaire militaire iranien.

Quel est l'état d'avancement du programme nucléaire iranien ?

L'Iran, selon les données de l'AIEA, dispose de 5 réacteurs de recherche qui sont sous garanties de l'AIEA. En 1974, le régime du Shah prévoyait de construire 20 centrales nucléaires. Un contrat avait été signé avec la France pour fournir à l'Iran l'uranium enrichi nécessaire à son programme électronucléaire. En contrepartie, le Shah investissait dans le capital de l'usine d'enrichissement d'uranium (à des fins civiles) Eurodif située à Pierrelatte. La France a bloqué ce contrat avec l'arrivée au pouvoir d'un régime islamiste en Iran. Le contentieux entre les deux pays a été réglé le 29 octobre 1991 dans un document dont les clauses sont restées secrètes. Aujourd'hui, l'Iran maintient son projet d'équipement électronucléaire et veut construire ses installations d'enrichissement d'uranium par centrifugation.

Y a-t-il des preuves de ce versant militaire ?

Il n'y a pas de preuves matérielles d'orientation militaire du programme nucléaire iranien. L'Iran qui a ratifié le traité de non-prolifération est, en tant que tel, soumis aux contrôles de l'AIEA, comme tous les Etats non dotés d'armes nucléaires. Les soupçons que l'on peut avoir d'un versant militaire des activités nucléaires de l'Iran ont leur origine dans le soutien iranien à des mouvements et organismes engagés dans des actions terroristes. Ces soupçons s'appuient également sur les accusations d'Israël, pourtant puissance nucléaire non déclarée qui est considérée comme une menace pour nombre de pays du Moyen-Orient. Plus concrètement, nul n'ignore que l'ensemble des technologies qui conduisent à l'enrichissement de l'uranium peuvent permettre d'accéder à une capacité militaire. Le procédé de centrifugation permet en effet d'obtenir de l'uranium hautement enrichi dit de qualité militaire. Les Etats-Unis et les autres Etats qui font pression sur l'Iran pour que ce pays abandonne l'enrichissement de l'uranium n'ont pourtant aucun argument de droit international pour obliger l'Iran à ce renoncement (Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret). Mohamed El Baradei, directeur général de l'AIEA lors d'une interview au journal américain Chronicle, le 4 novembre 2004 vient de confirmer ce point de vue. Il suggère en effet de renégocier le traité de non-prolifération en interdisant le développement des capacités d'enrichissement de l'uranium. Tel qu'est le traité actuellement, a-t-il déclaré, tout pays a le droit d'enrichir l'uranium s'il annonce que c'est pour la production d'électricité. Or, l'enrichissement est un programme militaire latent.

De quels moyens balistiques disposent l'Iran ?

L'Iran possède des missiles Chahab 3 d'une portée de 1300 à 1700 km. Ces missiles peuvent transporter théoriquement des charges nucléaires. Cependant, une chose est d'avoir la capacité de produire l'uranium hautement enrichi, matière première de la bombe, autre chose est d'atteindre les capacités de miniaturiser suffisamment un engin nucléaire pour l'adapter à une tête de missile.

 

La Libre Belgique, 18/11/2004 :

L'Iran dément l'existence d'un site nucléaire secret

Un haut responsable nucléaire iranien a démenti jeudi les allégations d'un groupe de l'opposition iranienne sur l'existence d'activités nucléaires sur un site secret à Téhéran, et a indiqué que l'Iran pourrait répondre favorablement à une demande d'inspection de ce site.

«Je dément totalement ces allégations. L'Iran n'a aucun site ou matériel nucléaires non déclarés », a déclaré Hossein Moussavian, porte-parole de l'équipe de négociateurs nucléaires iraniens.

Mercredi, un membre Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), vitrine politique des Moudjahidine du Peuple, principal groupe de l'opposition armée au régime de Téhéran, a affirmé lors d'une conférence de presse simultanée à Vienne et Paris que l'Iran poursuivait des activités nucléaires de nature militaire, y compris de l'enrichissement d'uranium, sur un site secret nommé Centre moderne de technologie et d'alerte défensive (Modern Defensive Readiness and Technology Center), situé au nord-ouest de Téhéran. «Nous avons remis un rapport de 1.030 pages à l'Agence internationale de l'énergie atomique dans lequel nous avons déclaré tous les sites et tout le matériel nucléaires que nous possédons », a indiqué M. Moussavian. «Ce centre n'est pas nucléaire et n'a rien à voir avec des activités nucléaires », a-t-il ajouté. «Nous et l'AIEA, nous avons l'expérience de ce genre d'allégations et à chaque fois, l'agence a pu vérifier que ces allégations étaient fausses », a-t-il dit.

Interrogé sur la question de savoir si l'Iran autoriserait les inspecteurs de l'AIEA à visiter ce site, M. Moussavian a affirmé que Téhéran «avait toujours répondu positivement aux demandes d'inspection de l'Agence et avait toujours coopéré mais il n'est pas bon pour l'AIEA de se faire manipuler par un groupe terroriste connu ». M. Moussavian a également démenti les accusation du CNRI selon lesquelles Abdul Qadeer Khan, le père de la bombe atomique pakistanaise, avait fourni de l'uranium hautement enrichi (UHE) de qualité militaire en 2001 à l'Iran. «C'est totalement faux », a déclaré M. Moussavian. Le gouvernement pakistanais a également démenti cette information.

Réagissant aux accusations du CNRI, le porte-parole adjoint du département d'Etat américain, Adam Ereli, a affirmé mercredi qu'il revenait à l'AIEA «de donner suite à des informations de ce type, pour déterminer si l'Iran mène des activités nucléaires clandestines ». «Nous ne sommes pas en mesure d'évaluer la crédibilité de ces affirmations », a ajouté M. Ereli, mais il a noté que «dans le passé, des informations de ce type avaient été confirmées par l'AIEA ». «Nous espérons que l'AIEA va poursuivre ses enquêtes sur le programme nucléaire iranien, qu'elle prendra en compte toutes les informations crédibles sur les activités nucléaires de l'Iran, y compris ces affirmations, et qu'elle mènera une enquête sérieuse à leur sujet », a-t-il ajouté.

 

Le Devoir, 18 novembre 2004 :

L'Iran aurait reçu de l'uranium d'un réseau pakistanais

L'Iran a obtenu une quantité inconnue d'uranium de qualité militaire, ainsi qu'un plan pour fabriquer une arme nucléaire, du père de la bombe atomique pakistanaise, Abdul Qadeer Khan, a affirmé hier une organisation d'exilés iraniens qui, par le passé, a donné des informations exactes.

Le Conseil national de résistance de l'Iran (CNRI) a ajouté que l'Iran enrichissait secrètement de l'uranium dans un site qui n'a pas été déclaré à l'ONU, bien que Téhéran ait promis à la France, à la Grande-Bretagne et à l'Allemagne qu'il suspendait ses activités d'enrichissement. Washington, qui a adopté une ligne dure envers l'Iran à propos du dossier nucléaire, a dit ne pas être en mesure d'évaluer les allégations du CNRI, mais il a relevé que ce groupe avait par le passé donné des informations exactes. «Nous espérons que, comme l'Agence internationale de l'énergie atomique poursuit son enquête sur le programme nucléaire de l'Iran, elle prendra en compte toutes les informations crédibles sur les activités nucléaires de l'Iran, y compris ces informations, et qu'ensuite elle mènera une enquête sérieuse sur ces informations», a déclaré Adam Ereli, porte-parole du département d'État américain.

Le président iranien Mohammad Khatami a affirmé hier que son pays avait remporté «une grande victoire» en concluant un tel accord, soulignant que l'Irak ne renonçait pas aux activités d'enrichissement d'uranium mais les «suspendait». Ces propos sonnent comme une réponse aux «durs» de l'administration iranienne, qui ont exprimé mardi leur mécontentement à propos de ce compromis, qui signifie que les trois capitales européennes ne soutiendront pas les États-Unis s'ils cherchent à obtenir la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU lors du prochain conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le 25 novembre.
«[Abdul Qadeer] Khan a donné aux Iraniens une certaine quantité d'uranium fortement enrichi en 2001, aussi en ont-ils d'ores et déjà», a assuré aux journalistes à Vienne Farid Soleiman, porte-parole du CNRI. «Je doute qu'il en ait donné suffisamment pour fabriquer une arme», a-t-il cependant ajouté. Khan, a précisé Soleiman, a également donné à l'Iran un plan de tête nucléaire mise au point par les Chinois à un moment ou l'autre durant la période 1994-96. L'AIEA a déclaré que le réseau de Khan avait donné ce plan de bombe à la Libye, et l'organisation onusienne cherche à déterminer si l'Iran l'a acquis lui aussi, ce dont elle n'a pas la preuve.

Selon Soleiman, l'Iran enrichit actuellement de l'uranium dans un site situé dans le nord-est de Téhéran dans le cadre de la poursuite d'un programme secret d'armement nucléaire. D'après lui, l'Iran a pour objectif de se doter de l'arme nucléaire à la mi-2005, soit deux ans avant la date à laquelle Israël pense que l'Iran aura une «capacité nucléaire». Ce site, appelé le Centre de mise au point des technologies militaires de pointe, est dirigé par le ministère de la Défense et se trouve à Lavizan, près d'un autre site où, selon les États-Unis, l'Iran a procédé à des expériences nucléaires secrètes avant de démolir tous les bâtiments. Le matériel que comptait le site désormais rasé a été réinstallé dans le nouveau centre. Ce site, a dit Soleiman, dispose d'une série de centrifugeuses, appareils qui purifient le minerai en tournant à des vitesses supersoniques, ainsi que d'autres équipements servant à l'enrichissement de l'uranium.

Le CNRI a adressé à l'AIEA une lettre sur le nouveau site en question voici plusieurs jours. «Il existe actuellement d'autres sites qui contribuent à l'enrichissement d'uranium en Iran», a expliqué Soleiman, qui ne veut pas en dire plus tant que des sources à l'intérieur de l'Iran n'auront pas vérifié elles-mêmes ces informations. Selon des diplomates en poste à Vienne qui suivent de près les dossiers de l'AIEA, le CNRI a été la meilleure source d'information jusqu'à présent sur les activités nucléaires de l'Iran.
Le CNRI avait affirmé en août 2002 que la République islamique n'avait pas déclaré à l'AIEA une importante usine d'enrichissement d'uranium à Natanz, pas plus qu'une installation à l'eau lourde à Arak. Ces accusations avaient été confirmées par la suite et l'Iran avait déclaré ces installations-là à l'AIEA. Tout comme Washington, le CNRI accuse le gouvernement iranien de se servir de son programme nucléaire civil comme paravent à des activités militaires clandestines. Téhéran dément ces accusations.

Le CNRI est la branche politique d'un groupe d'exilés appelée l'Organisation des moudjahidines du peuple. Tous deux sont considérés par le département d'État comme des organisations terroristes. Dans un nouveau rapport, l'AIEA estime que Téhéran n'a pas détourné de matériaux nucléaires déclarés vers un programme d'armement mais n'exclut pas la possibilité d'activités atomiques clandestines.

 

 

Le Télégramme 16/11/2004 :

Pourquoi une crise avec l'Iran sera évitée
Après de longues négociations, l'Iran a accepté se suspendre tout enrichissement d'uranium. La république islamique garantit ainsi à l'Occident qu'elle n'utilisera pas l'atome à des fins militaires.

De quoi l'Iran est-il accusé ? La République islamique est accusée par les Etats-Unis et Israël de vouloir se doter de la bombe atomique. Elle était ainsi pressée de suspendre toutes ses activités d'enrichissement, garantie probante que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales civiles iraniennes n'est pas détournée à des fins militaires. A défaut, l'Iran risquait de voir l'Agence internationale de l'énergie atomique décider d'en référer au Conseil de sécurité de l'Onu, lors d'une session qui s'ouvre le 25 novembre.
Pourquoi a-t-il cédé ? Les Européens, qui craignaient un scénario à l'irakienne, ont négocié depuis la fin octobre avec Téhéran un accord donnant-donnant. L'Iran accepte de suspendre l'enrichissement
et l'Union européenne lui propose une coopération nucléaire, comprenant l'aide à l'acquisition d'un réacteur de recherche à eau légère et des assurances sur l'approvisionnement en combustible pour les besoins civils de l'Iran. L'Europe s'engage également à soutenir la candidature de l'Iran à l'Organisation mondiale du commerce.
Pourquoi une crise entre la communauté internationale et l'Iran est-elle évitée ? Fort de cet accord, les Européens n'apporteront pas leur soutien à l'envoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité, isolant ainsi les Etats-Unis. Le présent accord, qui a abouti ce week-end entre Iraniens et européens, est provisoire. La suspension de tout enrichissement est valable le temps qu'aboutisse un nouvel accord de coopération à long terme.

 

L'Iran accepte une suspension quasi-totale de l'enrichissement d'uranium

TEHERAN (14 novembre 2004) - L'Iran a accepté une suspension quasi-totale de l'enrichissement d'uranium contre une offre de coopération européenne, éloignant la menace d'être traîné devant le Conseil de sécurité de l'Onu, selon le responsable du nucléaire iranien Hassan Rohani. La République islamique, accusée par les Etats-Unis et Israël de mettre au point la bombe atomique sous le couvert d'activités nucléaires civiles, a ainsi accédé aux demandes pressantes de la communauté internationale, et en particulier de l'Union européenne, qui réclamait une suspension complète.
Pour les Européens en effet, la suspension totale est la seule garantie probante que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales civiles iraniennes ne sera pas détournée à des fins militaires.
(Remarque: le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret.)
En contrepartie d'une suspension, ils leur ont offert une coopération nucléaire, comprenant l'aide à l'acquisition d'un réacteur de recherche à eau légère et des assurances quant à l'approvisionnement en combustible des centrales iraniennes. L'offre comporte aussi un volet commercial et un autre politique.


Téhéran exalte la "résistance" aux exigences de l'UE

TEHERAN (12 novembre 2004) - Le principal conseiller du Guide suprême d'Iran, Ali Akbar Nategh-Nouri, a exalté vendredi la "résistance" aux exigences "imbéciles et infantiles" des Européens, qui peinaient toujours à convaincre Téhéran de suspendre l'enrichissement d'uranium malgré l'urgence d'une décision.
Les négociations avec les Européens pour que la querelle nucléaire iranienne ne soit pas vidée devant le Conseil de sécurité de l'Onu semblaient marquer le pas vendredi et une extrême discrétion était observée des deux côtés sur les difficultés rencontrées.


Téhéran annonce avoir conclu avec la troïka européenne un accord préliminaire sur son programme nucléaire

TEHERAN (7 novembre 2004) - Les diplomates français, allemands et britanniques et la délégation iranienne ont conclu un accord provisoire sur le programme nucléaire de Téhéran, a annoncé dimanche le négociateur iranien Hossein Moussavian. Cet accord doit encore être approuvé par les quatre gouvernements concernés.

L'accord pourrait être finalisé dans les prochains jours, a précisé dimanche Hossein Moussavian. Il était interrogé depuis Paris par la télévision publique iranienne. Hossein Moussavian s'est dit confiant de parvenir à une approbation de cet accord. Si tel est le cas, il sera annoncé dans les tous prochains jours.

Avant la réunion de vendredi et samedi à Paris, deux rencontres précédentes à Vienne, en Autriche, n'avaient pas permis d'obtenir de l'Iran un arrêt permanent de l'enrichissement d'uranium, qui intervient à la fois dans la production du combustible nucléaire et des armes atomiques. Le 27 octobre, la "troïka" avait proposé à Téhéran un accord commercial et des technologies nucléaires civiles -notamment un réacteur à eau légère- en échange d'un tel engagement.

Les diplomates iraniens avaient été prévenus que s'ils rejetaient la proposition de Paris, Londres et Berlin, la plupart des membres de l'UE soutiendraient les Etats-Unis, qui veulent demander au Conseil de sécurité de l'ONU des sanctions contre Téhéran. Le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) se réunira le 25 novembre pour examiner la mise en oeuvre des engagements pris par l'Iran en octobre 2003 en ce qui concerne la coopération avec l'AIEA, la ratification et la mise en oeuvre du protocole additionnel au traité de non-prolifération, et la question de l'enrichissement ainsi que du retraitement du combustible.

En voulant faire de l'enrichissement d'uranium, l'Iran ne viole pas ses obligations au regard du traité de non-prolifération nucléaire mais il est confronté à une pression internationale croissante en faveur de l'abandon de ces programmes. L'enrichissement a été suspendu l'année dernière mais Téhéran refuse de renoncer à des activités liées au processus, comme la construction de centrifugeuses, soutenant qu'il s'agit de programmes uniquement civils.

 

 

L'Iran semble prêt à céder sur l'enrichissement

TEHERAN 4 novembre 2004 - L'Iran semble prêt à accéder à une exigence capitale des Européens en acceptant de suspendre toutes les activités d'enrichissement d'uranium, au moins pour un temps, afin d'écarter le risque d'une crise internationale majeure. Iraniens et Européens doivent avoir vendredi à Paris une troisième réunion que les Iraniens eux-mêmes ont qualifiée de "cruciale". Il s'agit pour les Européens de convaincre leurs interlocuteurs de renoncer à enrichir, pour que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'ait pas à se prononcer sur la nécessité de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu des activités nucléaires iraniennes.

A l'approche de la session de l'AIEA le 25 novembre, l'un des principaux négociateurs iraniens, Hossein Moussavian, a indiqué que son pays pourrait accepter de suspendre pendant au maximum six mois, le temps de négocier un accord avec les Européens. Ces derniers ont offert à l'Iran des assurances quant à l'approvisionnement de la République islamique en combustible nucléaire, une assistance à l'acquisition d'un réacteur de recherche à eau légère et d'autres propositions touchant à la lutte contre le terrorisme ou relatives au commerce.

En échange, les Iraniens devraient accepter une suspension illimitée et complète, non seulement de l'enrichissement, mais des opérations préalables (assemblage de centrifugeuses, conversion de minerai d'uranium). Téhéran a opposé un refus catégorique à une suspension sine die et réclamé des propositions européennes plus "concrètes", dénigrant certaines d'entre elles comme "ridicules". Le renoncement doit être permanent, insiste-t-on de sources diplomatiques européennes, car il est la seule garantie probante que la technologie produisant le combustible pour les futures centrales civiles iraniennes n'est pas détournée au profit de l'arme atomique. (Remarque : le plus facile pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium, utiliser l'autre filière (Uranium) est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret.)


L'Iran exclut l'abandon de l'enrichissement

TEHERAN 2 novembre 2004 - Le président iranien a exclu mardi que l'Iran renonce définitivement à enrichir l'uranium, mais s'est dit "optimiste" sur l'issue de négociations avec les Européens qui cherchent précisément à obtenir un tel abandon pour éviter un recours au Conseil de sécurité."Notre nation doit avoir l'assurance qu'elle ne sera pas dépouillée de son droit" à l'enrichissement, a déclaré le président Mohammad Khatami devant la presse au Parlement.


L'usine de conversion d'uranium d'Ispahan opérationnelle à 70% (Téhéran)

24/10/04 - Un des responsables de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) a affirmé dimanche que l'usine de conversion d'uranium d'Ispahan (centre de l'Iran), dont les Européens souhaitent la suspension des activités, était "opérationnelle à 70%". "La plupart des équipements de l'usine d'Ispahan ont été construits par les chercheurs iraniens et celle-ci est opérationnelle à 70% à l'heure actuelle", a déclaré Mohammad Ghanadi, responsable des activités liées au cycle du combustible nucléaire au sein de l'OIEA, lors d'une visite des membres de la Commission parlementaire de l'énergie. "Après l'arrêt de la coopération des Chinois, nous avons réuni nos chercheurs, et en moins de quatre ans, nous avons pu terminer la construction de ces installations", a-t-il dit. "Les installations d'Ispahan s'étendent sur 60 hectares et comptent 60 unités et 15.000 machines-outils, dont la plupart ont été construites par des experts iraniens", a ajouté M. Ghanadi, dont les propos étaient retransmis à la télévision d'Etat. L'usine d'Ispahan doit permettre de convertir le "yellow cake" (uranium brut) en hexafluorure d'uranium (UF6), gaz utilisé dans les centrifugeuses utilisées pour enrichir l'uranium. Les Européens ont demandé jeudi aux autorités iraniennes de suspendre les activités de cette usine.

 

Le rapatriement du combustible de Bouchehr en Russie "humiliant" (militaire)

16/10/04 - Le rapatriement du combustible usagé de la centrale nucléaire de Bouchehr en Russie est "humiliant" a déclaré le chef de l'état-major des forces armées iraniennes, le général Hassan Firouz-Abadi, cité samedi par le quotidien conservateur Kayhan. "Les Occidentaux ont accepté que la Russie nous livre du combustible nucléaire (à condition) que le combustible usagé soit rapatrié en Russie, ce qui constitue l'humiliation de tout un peuple", a déclaré le général Firouz-Abadi. "Les pays occidentaux veulent prendre notre pétrole et nous vendre le combustible 10 à 100 fois son prix réel (mais) nous sommes déterminés à produire notre combustible en Iran même", a-t-il ajouté.
Les trois grands pays européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne), engagés dans des négociations nucléaires avec l'Iran, vont présenter la semaine prochaine de nouvelles propositions à ce pays pour obtenir un arrêt de ses activités d'enrichissement contre le droit d'importer du combustible nucléaire pour ses futures centrales.
La signature de l'accord sur la livraison du combustible pour la centrale de Bouchehr que les Russes construisent actuellement dans le sud de l'Iran achoppe officiellement sur la question du financement du rapatriement en Russie de l'uranium usagé.
Le chef de la diplomatie iranienne, Kamal Kharazi et son homologue russe, Sergueï Lavrov, qui a effectué une visite officielle en Iran les 10 et 11 octobre, ont expliqué que l'accord était "en phase de finalisation". "Le retard pris pour la signature du contrat est dû à des problèmes techniques, mais l'accord sera finalisé avec la visite du président russe, que nous sommes en train de préparer", a déclaré M. Kharazi.
Moscou a exigé que Téhéran s'engage à retourner l'uranium après usage, pour s'assurer qu'il ne soit pas détourné à des fins militaires. La Russie est elle-même sous la pression des Etats-Unis pour ne pas livrer à l'Iran l'uranium enrichi. L'Iran a accepté le principe de restituer le combustible après usage mais demande à la Russie d'en payer le rapatriement et le stockage.



Iran: Production de gaz pour enrichir l'uranium, un point de non-retour pour les occidentaux

27/09/04 - La production de gaz en vue d'enrichir l'uranium entraînerait le déclenchement de mesures contre l'Iran, du point de vue de certains pays comme la Grande-Bretagne, ont déclaré des diplomates proches de l'AIEA lundi à Vienne. "La production de ce gaz, l'hexafluorure d'uranium (UF6), n'a pas encore commencé à notre connaissance", a cependant indiqué un haut responsable de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Il faudra environ deux semaines entre le début d'opérations de "conversion" et cette production dans une usine à Ispahan, a-t-il dit.
Or, l'Iran a annoncé il y a une semaine qu'il avait commencé à convertir 37 tonnes de yellowcake, une poudre d'uranium concentré, en UF6 qui sert ensuite à alimenter des centrifugeuses pour produire de l'uranium enrichi.
Le conseil des gouverneurs de l'AIEA, organe exécutif de cette agence de l'ONU, a adopté ce mois-ci une résolution fixant la date butoir du 25 novembre pour un examen complet du programme nucléaire iranien, et exigeant aussi l'arrêt "immédiat" des activités d'enrichissement, dont la conversion, pourtant légales au regard du Traité de non-prolifération (TNP).
La résolution a été présentée par trois pays européens - Allemagne, France, Grande-Bretagne - qui, jusqu'ici, prônaient un dialogue critique avec Téhéran.
Selon des diplomates, la Grande-Bretagne est maintenant prête à demander à l'AIEA de remettre le dossier iranien au Conseil de sécurité des Nations unies. C'est ce que veulent les Etats-Unis, qui accusent l'Iran de chercher en fait à acquérir la bombe atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil. "Pour les Britanniques, la production effective d'UF6 est un point de non-retour. Ils seront fermes sur la saisine du Conseil de sécurité", a déclaré l'un de ces diplomates.
Les dirigeants iraniens ont appelé dimanche à une solution négociée avec les Européens sur les activités nucléaires, mais en réitérant haut et fort leur droit au nucléaire civil.

 

Recrutement de kamikazes pour défendre la centrale nucléaire de Bouchehr

08/09/04 - Des extrémistes iraniens vont organiser jeudi une cérémonie pour recruter des volontaires qui seraient disposés à mener des attaques suicide afin de défendre la centrale de Bouchehr (sud) contre une éventuelle attaque israélienne, a indiqué mercredi un des organisateurs. "Nous allons organiser une cérémonie pour recruter des volontaires pour des opérations suicide et créer le premier bataillon de kamikazes pour défendre la centrale de Bouchehr, cible de la propagande israélienne", a déclaré à l'AFP un membre du Comité pour la glorification des martyrs du mouvement mondial islamique, ayant requis l'anonymat. Il n'a toutefois pas précisé quelle forme prendraient ces opérations ni qui elles viseraient. "Bouchehr fait partie des intérêts nationaux de l'Iran mais aussi du monde islamique", a-t-il ajouté. Ce Comité est un groupuscule islamiste sans affiliation officielle mais s'étant signalé par quelques actions symboliques par le passé.
L'Iran a échangé au cours des dernières semaines des propos de plus en plus belliqueux avec Israël tandis que les conjectures allaient bon train sur la possibilité d'attaques "préventives" israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes, notamment la centrale de Bouchehr, actuellement en construction avec l'aide des Russes. En juin 1981, des chasseurs bombardiers israéliens avaient mené un raid détruisant les installations nucléaires irakiennes d'Osirak. Dimanche, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, a qualifié de "plaisanterie stupide" et de "guerre psychologique" la menace d'une attaque israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. "Nous allons aussi commémorer la mort de sept martyrs iraniens qui avaient mené une opération martyre (attaque suicide) contre les forces américaines dans le Golfe persique en 1987, détruisant un hélicoptère américain avant d'être tués", a par ailleurs indiqué le membre du Comité sans donner plus de détails.

 

L'Iran se rapproche de l'inquiétante reprise de l'enrichissement

TEHERAN 3/09/04 - L'Iran multiplie les actes et les paroles le rapprochant d'une reprise de l'enrichissement d'uranium, préoccupation majeure de la communauté internationale, inquiète d'un détournement de technologie pour fabriquer la bombe atomique.
Pour la première fois jeudi soir, un haut dirigeant en charge du nucléaire iranien a théorisé, avec un franc-parler inattendu, sur le danger encouru si la République islamique se met à enrichir. "Les Européens savent que si l'Iran maîtrise la technologie de l'enrichissement, il aura aussi la capacité" d'enrichir l'uranium, non plus aux 3,5% nécessaires pour ses futures centrales de production d'électricité, mais aux taux militaires, a déclaré Hossein Moussavian à la télévision d'Etat. "Cela modifierait les équations politiques", a-t-il ajouté, reprenant implicitement l'argumentation de ceux qui craignent de voir l'Iran suivre l'exemple nord-coréen pour ne pas subir le sort de l'Irak de la part des Etats-Unis, dont le président George W. Bush a placé les trois pays sur le même "axe du mal".

Si Hossein Moussavian a envisagé les possibilités qui s'offraient à un Iran possédant la faculté d'enrichir, c'était pour proposer, pour la première fois là aussi (au moins publiquement), d'offrir des garanties. L'Iran est même "prêt à une certaine souplesse pour apporter la preuve du caractère pacifique de l'enrichissement", a-t-il dit.

Mais, a-t-il ajouté, pas question pour son pays de faire une croix sur la production de son propre combustible nucléaire, quand bien même les Européens lui en mettraient à disposition, comme ils l'ont fait miroiter en octobre 2003 quand ils ont obtenu que l'Iran suspende ses activités d'enrichissement. "Nous ne renoncerons jamais au droit de maîtriser la technologie de l'enrichissement", a dit M. Moussavian.

L'Iran est revenu sur des engagements pris depuis 2003. En juin, après une session de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui lui avait été défavorable, la République islamique a décidé de recommencer à assembler les centrifugeuses qui servent à enrichir l'uranium.

Selon un nouveau rapport de l'AIEA, les Iraniens ont, à cette fin, brisé cet été les scellés posés par les inspecteurs de l'agence sur certains sites.

Les techniciens iraniens ont effectué en mai et juin un premier test de conversion pour obtenir de l'UF6, un gaz injecté dans les centrifugeuses. Et ils ont informé l'AIEA qu'ils prévoyaient des essais imminents "sur une grande échelle".

Selon Ali Akbar Salehi, ancien représentant de l'Iran à l'AIEA, ces nouveaux tests d'une trentaine de jours permettront ensuite de démarrer les installations de conversion d'Ispahan et de lancer la production d'UF6.

Pour les Américains, il ne fait aucun doute que les Iraniens mentent quand ils proclament que leur programme nucléaire est purement civil.

L'AIEA rouvre le dossier iranien à partir du 13 septembre à Vienne. Le département d'Etat américain a indiqué jeudi avoir engagé une campagne diplomatique pour convaincre les 34 autres pays siégeant à l'agence de déférer l'affaire devant le Conseil de sécurité de l'Onu en vue de sanctions contre l'Iran.

Téhéran fait face plutôt sereinement à la prochaine session de l'AIEA. Aucun traité ne force l'Iran à renoncer à l'enrichissement. Le dernier rapport de l'AIEA, s'il est contrasté, ne fournit aucune preuve aux Etats-Unis. Et les Européens, rendus encore plus réticents par le précédent des prétendues armes de destruction massive en Irak, répugnent à une saisine aléatoire du Conseil de sécurité.


L'entrée en service de la 1ère centrale nucléaire iranienne retardée à 2006

22/08/04 - La première centrale nucléaire iranienne de Bouchehr entrera en service progressivement en 2006, et non en 2005 comme initialement prévu, selon un calendrier rendu public dimanche dans une conférence de presse de l'organisation iranienne de l'énergie atomique.

Selon un document dévoilé lors de cette conférence de presse à Téhéran, les clés de la centrale seront officiellement remises aux Iraniens par les Russes, qui la construisent, en octobre 2006.

Assadollah Sabouri, chef des projets de centrales nucléaires iraniennes, a expliqué que "la procédure de mise en service d'une centrale dure sept mois". La centrale devrait donc être mise progressivement en service à partir des premiers mois de 2006, pour devenir totalement opérationnelle en octobre de la même année.

La centrale de Bouchehr est actuellement construite par les Russes dans le sud-est de l'Iran, sur la côte du Golfe.

Israël et les Etats-Unis sont persuadés que, sous couvert de produire de l'électricité, la République islamique met secrètement au point la bombe atomique, mais Téhéran s'en défend opiniâtrement.

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradei, avait affirmé fin juin que la centrale de Bouchehr n'était "pas au centre des préoccupations internationales" et ne suscitait "aucune inquiétude" pour l'AIEA.

Le conseil des gouverneurs de l'AIEA, l'organe exécutif de cette agence des Nations unies, doit se pencher lors de sa réunion en septembre à Vienne sur le dossier iranien.

L'Iran, qui ne cesse de proclamer que son programme nucléaire est purement civil, estime en avoir donné les garanties et exige à présent de disparaître de l'ordre du jour de l'agence.

Loin de lui donner satisfaction sur ce point, l'AIEA, lors de sa réunion de juin, a réclamé davantage de coopération de sa part pour éventuellement conclure qu'il ne met pas secrètement au point l'arme atomique.


L'Iran demande à la Russie de ne pas céder aux pressions US sur le nucléaire

06/07/2004 - L'Iran a demandé à la Russie de ne pas céder aux pressions américaines d'arrêter la construction de la première centrale nucléaire iranienne à Bouchehr d'un montant de plusieurs centaines de millions de dollars, a rapporté mardi l'agence officielle Irna. "Au regard des bonnes relations et du renforcement de la coopération entre Téhéran et Moscou, l'Iran attend de la Russie qu'elle ne cède pas aux pressions continues des Etats-Unis", a déclaré le chef de la diplomatie Kamal Kharazi au chef du Conseil de la sécurité nationale russe Igor Ivanov, en visite officielle à Téhéran. La Russie et l'Iran ont signé un contrat de 800 millions de dollars pour la construction de la centrale de Bouchehr (sud). Moscou s'est engagé à terminer le travail malgré les pressions américaines d'abandonner le projet. "L'Iran finalisera l'accord avec les Russes pour la construction de la seconde tranche de la centrale de Bouchehr lors de la prochaine visite du ministre russe de l'énergie atomique", a de son côté déclaré Gholamreza Aghazadeh, président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, cité par Irna. Il n'a pas précisé la date de cette visite. Les Etats-Unis accusent régulièrement Téhéran d'utiliser son
programme nucléaire civil pour cacher un programme militaire dans le but de fabriquer la bombe atomique. Le mois dernier, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a critiqué l'Iran pour son manque de coopération avec elle afin de faire toute la lumière sur son programme nucléaire. M. Ivanov a eu des entretiens avec plusieurs responsables iraniens sur le dossier nucléaire mais aussi sur le statut juridique de la mer Capsienne et la situation dans le Caucase.

 

 

L'Iran réaffirme son intention de poursuivre son programme nucléaire

MEXICO (1 juillet 2004) - Malgré la pression internationale, l'Iran n'arrêtera pas son programme d'achat de centrifugeuses, a répété mercredi le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharrazi.

En visite officielle au Mexique, le ministre a déclaré à la presse que son pays a l'intention de construire sept installations nucléaires dans les vingt prochaines années et a défendu son programme d'achat de centrifugeuses destinées à l'enrichissement de l'uranium, répétant que le programme n'était destiné qu'à des fins civiles.

M. Kharrazi a également affirmé que l'Iran continuera de collaborer étroitement avec l'Agence internationale de l'Energie atomique, ajoutant que l'AIEA "a l'assurance que nous ne cherchons pas à mettre au point des armes nucléaires"



L'Iran menace de reprendre l'enrichissement de l'uranium puis fait marche arrière

TEHERAN (19 juin 2004) - L'Iran a opéré en quelques heures samedi une déconcertante volte-face en annonçant qu'il pourrait décider dans les prochains jours de reprendre les opérations ultra-sensibles d'enrichissement d'uranium, puis qu'il n'en était pas question dans un avenir proche.
"L'Iran prendra et annoncera dans les prochains jours sa décision sur la suspension de l'enrichissement", a commencé par dire, dans la matinée Hassan Rohani, chargé du dossier nucléaire, au lendemain de l'adoption, par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), d'une résolution très critique à l'encontre de son pays.

Mais, dans l'après-midi, l'agence officielle Irna diffusait une dépêche selon laquelle "il n'est pas question de reprendre l'enrichissement d'uranium dans un proche avenir".

"Nous n'avons pas l'intention de procéder à de l'enrichissement pour le moment et aucune décision de recommencer à enrichir n'a été prise, mais nous allons reconsidérer la décision de suspendre d'autres activités", y dit M. Rohani, dont l'agence révise à l'évidence les propos.

A défaut de reprendre l'enrichissement, "l'Iran entend apparemment reprendre la production des composants de centrifugeuses que Téhéran a suspendue depuis le 9 avril en gage de bonne foi envers la communauté internationale", commente Irna.

L'enrichissement est une préoccupation majeure de l'AIEA. Selon les experts, il ne faut plus grand chose à un pays qui maîtrise l'enrichissement à des fins civiles pour franchir le pas vers l'uranium militaire hautement enrichi. Depuis février 2003, l'AIEA a découvert, à au moins trois reprises, des traces d'uranium hautement enrichi en Iran.

Sous la pression internationale, l'Iran a accepté en octobre devant l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne de suspendre l'enrichissement et de soumettre ses activités à un contrôle renforcé en signant le protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP).

Selon Téhéran, les Européens se sont en contrepartie engagés à ce que l'Iran disparaisse de l'ordre du jour à l'issue de la session de l'AIEA qui s'est achevée vendredi à Vienne.

Or le dossier iranien reste ouvert pour au moins quelques mois encore, et ce sont les trois Européens, sur lesquels les Iraniens comptent pour contrecarrer les menées américaines, qui ont présenté la résolution adoptée par l'Agence.

Cette dernière critique sévèrement les manquements de Téhéran et exige une coopération accrue pour que l'Agence puisse conclure "dans les mois à venir" que le programme iranien ne sert pas de couverture à la fabrication de l'arme atomique.

"Comme les Européens n'ont pas respecté leurs engagements, nous allons peut-être prendre et annoncer de nouvelles décisions dans les prochains jours", a dit M. Rohani, selon Irna, sans plus faire référence à l'enrichissement.

Le développement du cycle de production de combustible nucléaire "ne sera stoppé à aucune condition; nous avons dit aux Européens que la suspension serait à court terme", a dit M. Rohani.

Ainsi, malgré les appels contraires de l'AIEA, "la République islamique poursuivra ses activités à Arak et Ispahan", où elle construit un réacteur à eau lourde et procède à la conversion d'uranium, activité préalable à l'enrichissement mais ne tombant pas sous le coup du TNP, a-t-il ajouté.

Cependant, a-t-il dit, "nous allons poursuivre notre coopération étendue avec l'AIEA", ainsi Téhéran "continuera à respecter le TNP et n'en sortira pas (...) Elle continuera à appliquer le protocole additionnel comme elle le fait déjà".

La reprise de l'enrichissement, la dénonciation du protocole et la sortie du TNP à l'exemple de la Corée du Nord constituent la batterie des menaces iraniennes à chaque fois que le ton se durcit.

Selon M. Rohani, l'Iran a des "motifs de se plaindre" des Européens, mais comme "ils nous ont dit avoir été confrontés à l'AIEA à certains blocages et nous ont proposé de négocier à ce propos en juillet", "nous leur donnerons cette chance (...) pour qu'ils puissent tenir leurs engagements".


l'Iran menace de revoir la coopération avec les inspecteurs

TEHERAN (15 juin 2004) - L'Iran a menacé mardi de revoir sa coopération avec les inspecteurs de l'Onu devant les nouvelles pressions de l'Agence internationale de l'énergie atomique et des Européens sur ses activités nucléaires.
Le président Mohammad Khatami a prévenu que Téhéran pouvait envisager "d'autres options" que la coopération. Quant au président du parlement, Gholam-Ali Hadad Adel, il a menacé que les députés ne ratifient pas le protocole additionnel au Traité de non-prolifération soumettant l'Iran à un contrôle nucléaire renforcé de la part de l'AIEA.

L'agence de sûreté nucléaire de l'Onu examine à nouveau le dossier iranien depuis lundi à Vienne. Son directeur général Mohamed Elbaradei a jugé que la coopération iranienne avec les inspecteurs avait été "moins que satisfaisante". Il a dit la nécessité que l'affaire soit réglée "dans les tout prochains mois" parce que "nous ne pouvons pas continuer éternellement".
Les Etats-Unis, qui accusent ouvertement l'Iran de mettre au point la bombe atomique sous couvert de programme nucléaire civil, ont réclamé une "résolution forte" contre la République islamique.

Quant aux Européens, ils doivent déposer un projet de résolution prônant la poursuite de la collaboration mais critiquant sévèrement les Iraniens.

Ces derniers ont très mal pris le texte des trois grands Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne), y voyant la marque d'une collusion avec les Américains.

Selon la presse, le président Khatami a écrit aux dirigeants européens pour les accuser de céder aux pressions américaines. "L'Iran ne renoncera pas à son droit inaliénable à l'énergie nucléaire à des fins pacifiques" et "si cette attitude de confrontation se poursuit, l'Iran considèrera d'autres options", aurait-il écrit, sans préciser lesquelles.

M. Khatami a réaffirmé que Berlin, Londres et Paris avaient pris des engagements auprès de Téhéran quand ce dernier a accepté auprès d'eux fin 2003 de signer le protocole additionnel et de suspendre l'enrichissement d'uranium, dont la communauté internationale redoute un détournement à des fins militaires.

Pour les Iraniens, les Européens doivent s'opposer aux menées des Américains à l'AIEA, qui visent une saisine du Conseil de sécurité de l'Onu en vue de sanctions internationales. Les Européens contestent avoir contracté la moindre obligation.

Dans leur projet de résolution, les Européens pressent les Iraniens de faire toute la lumière sur leurs activités d'enrichissement, au coeur de la nouvelle session de l'AIEA. Ils appellent aussi l'Iran à ratifier le protocole en gage de bonne foi.

"Je dis à la France, à la Grande-Bretagne et à l'Allemagne qu'ils n'ont pas à dire au Parlement iranien ce qu'il a à faire. Le Parlement iranien ne reçoit pas ses ordres de l'étranger mais considère les intérêts du peuple", a dit le président conservateur du parlement, Gholam-Ali Hadad Adel, un parent du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

"Si nous considérons que tel est l'intérêt du peuple, nous ratifierons" le protocole, "sinon nous ne le ferons pas", a-t-il ajouté.

"La résolution proposée par les pays européens au conseil des gouverneurs (l'exécutif de l'AIEA) revient à demander à l'Iran de renoncer à tous ses acquis, et cela est contraire à nos intérêts", a déclaré Gholam-Ali Hadad Adel. "Le parlement n'a pas encore ratifié le protocole", a-t-il insisté.

Le président Khatami a déjà prévenu que son pays pouvait à tout moment revenir sur sa décision de suspendre l'enrichissement. Les voix s'élèvent à nouveau pour que l'Iran se désengage carrément du Traité de non-prolifération. La République islamique, qui ne cesse de proclamer la finalité purement civile de son programme, a cependant brandi de telles menaces l'an dernier avant d'apporter les garanties réclamées.

L'AIEA ne devrait pas trancher l'affaire lors de la session en cours. Mais la pression pourrait s'accroître jusqu'à la prochaine en septembre. Les Iraniens tâchent actuellement à Vienne d'obtenir une formulation moins dure d'une résolution.


Un projet de résolution de la troïka européenne reproche à l'Iran une coopération incomplète avec l'AIEA

VIENNE (8 juin 2004) - A quelques jours de la prochaine réunion des 35 pays membres du conseil des directeurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Paris, Londres et Berlin ont fait circuler mardi un projet de résolution qui critique la coopération jugée insuffisante de l'Iran qui n'a pas répondu à toutes les questions sur son programme nucléaire.

Le texte "déplore" que la coopération de l'Iran avec l'AIEA ne soit pas "complète, appropriée et proactive", selon une source diplomatique. Dans le même temps, le projet "reconnaît la coopération iranienne" avec l'ouverture de sites, dont des sites de l'industrie de la défense aux inspecteurs de l'agence onusienne.

Dans une allusion au Pakistan, le texte demande également "l'entière et étroite coopération de pays tiers" pour éclaircir les ambiguités du programme nucléaire iranien. Selon des diplomates proches de l'AIEA, le Pakistan a refusé d'autoriser les experts de l'agence à prélever des échantillons qui permettraient de vérifier les affirmations de l'Iran selon lequel les traces d'uranium enrichi susceptible d'entrer dans la fabrication d'arme nucléaire provenaient d'équipements achetés par le réseau du chercheur pakistanais A.Q Khan.

Le projet de résolution a circulé de façon informelle parmi les délégations représentants les 35 pays membres du Conseil des directeurs de l'AIEA qui se réunit lundi prochain.



l'Iran essaie de se justifier des nouvelles accusations de l'Onu

TEHERAN (2 juin 2004) - L'Iran a assuré mercredi n'avoir aucune "activité nucléaire secrète" en tentant de justifier les révélations qui annoncent un nouvel examen délicat de son dossier par l'agence de sûreté atomique de l'Onu en juin. "Nous n'avons aucune activité nucléaire secrète", a affirmé le chargé du nucléaire iranien Hassan Rohani en essayant de minimiser le contenu, rendu public mardi, d'un nouveau rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Il est allé jusqu'à affirmer devant la presse que "le dossier nucléaire iranien est en voie de règlement, il n'y a rien de très important en suspens".

L'AIEA en jugera à partir du 14 juin lors d'une nouvelle réunion sur le programme nucléaire iranien qu'elle surveille depuis février 2003.

Si les diplomates auprès de l'AIEA n'envisagent pas que l'agence décide à cette occasion de saisir le Conseil de sécurité, le nouveau rapport préludant à cette session confirme que la suspicion sur la finalité purement civile des activités iraniennes demeure et que le dossier restera ouvert, contrairement à ce que voudraient les Iraniens.

Dans ce rapport, l'AIEA rapporte avoir découvert en Iran de nouvelles traces d'uranium enrichi à un taux supérieur aux nécessités civiles, à 36% en l'occurrence.

Elle indique aussi que, malgré les engagements de Téhéran, la production de pièces de centrifugeuses, équipements servant à enrichir l'uranium, se poursuit.

Elle relève que l'Iran a admis avoir importé des pièces pour ces centrifugeuses alors qu'il proclamait jusqu'alors qu'elles étaient fabriquées localement.

Hassan Rohani a réaffirmé que les contaminations détectées dans l'usine Farayand Technique, près d'Ispahan (centre), "proviennent de pièces importées de l'étranger" et achetées à un intermédiaire. Il a offert à l'AIEA de procéder à davantage de prélèvements à Farayand.

L'Iran réfute ainsi une nouvelle fois avoir secrètement enrichi ou directement importé de l'uranium.

Quant aux centrifugeuses, M. Rohani a assuré que, si la production se poursuivait dans trois ateliers privés, c'était contre le gré de l'Etat iranien. "A cause des compensations que ces trois ateliers nous ont demandées, nous n'avons pas pu obtenir la suspension de la production. La production continue donc dans ces trois ateliers du secteur privé", a-t-il dit.

Il n'a pas expliqué comment le secteur privé, ultra-minoritaire, avait été associé à un programme aussi sensible ni comment l'Etat iranien n'était pas parvenu à lui imposer ses vues.

Il a réfuté cependant que ces ateliers construisent des centrifugeuses de technologie avancée (dite P2): ces ateliers "produisent des centrifugeuses P1".

Mais, alors que l'Iran a longtemps proclamé qu'il s'agissait seulement d'un projet d'étude, il a reconnu que "9 ou 12 pièces" avaient été fabriquées à titre expérimental pour les P2.

Il a affirmé que son pays n'avait acheté à l'étranger aucune pièce "spécifique" pour les P2, mais seulement des "aimants" pouvant servir ailleurs.

Selon le rapport de l'AIEA, l'Iran s'est enquis auprès d'un intermédiaire européen de la possibilité d'acheter 4.000 de ces aimants. Pour des diplomates à Vienne, ce chiffre laisse craindre que l'Iran entend passer de la phase expérimentale à la phase opérationnelle.

Ce sont déjà les P2 qui, avant la dernière session de l'AIEA en mars, avaient entretenu le soupçon contre l'Iran, quand les inspecteurs avaient mis la main sur des plans de ces centrifugeuses, non communiqués à l'agence malgré la promesse iranienne d'une transparence totale.

M. Rohani a réaffirmé la volonté iranienne de collaborer avec l'AIEA et de voir le dossier iranien fermer le plus tôt possible.

Il a cependant répété que l'Iran pouvait à tout moment remettre en cause sa décision de suspendre l'enrichissement. Quant à la ratification par le parlement national du protocole additionnel au Traité de non-prolifération, il a refusé de dire quand le gouvernement soumettrait le projet à l'assemblée.


L'Iran remet un rapport sur son programme nucléaire à l'Onu

VIENNE (22 mai 2004) - L'Iran a tenté ce week-end de répondre aux soupçons sur son programme nucléaire controversé dans un volumineux rapport transmis à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Ce rapport de plus de 1.000 pages avec cartes a été remis vendredi soir à l'AIEA, l'agence de sûreté nucléaire des Nations unies, a indiqué samedi l'ambassadeur iranien Pirooz Hosseini.

L'AIEA cherche à déterminer si les activités nucléaires iraniennes, théoriquement civiles, visent à fabriquer la bombe nucléaire - ce qu'affirme Washington mais qui est démenti par Téhéran.

L'Iran avait déjà fourni un premier rapport en octobre, mais les pays membres de l'agence ont déploré le manque de transparence des activités nucléaires iraniennes.

Selon le porte-parole de l'AIEA Mark Gwozdecky, le nouveau rapport a été rédigé en vertu du protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), qui permet des inspections poussées et inopinées. "La déclaration devrait nous aider à évaluer si les informations déjà fournies par l'Iran sur ses activités nucléaires passées et présentes sont correctes et complètes".

Le directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei avait affirmé la semaine dernière que la coopération de l'Iran était insuffisante et qu'il n'était pas arrivé à une conclusion définitive sur le caractère pacifique ou non du programme nucléaire iranien.

Le dossier iranien sera au centre du prochain Conseil des gouverneurs de l'AIEA, à partir du 14 juin à Vienne.

"Nous avons soumis cette déclaration en vertu de l'article 2 du protocole additionnel que l'Iran a signé le 18 décembre" 2003, a précisé M. Hosseini.

Bien que le parlement de la République islamique n'ait pas encore ratifié ce texte, son gouvernement "a décidé de l'appliquer volontairement en tant que mesure favorisant la confiance", a ajouté l'ambassadeur.

"Le rapport donne des informations sur notre programme de recherche et développement depuis dix ans en ce qui concerne le cycle du carburant nucléaire et les technologies qui s'y rattachent", selon lui.

M. Hosseini n'a pas indiqué si Téhéran avait répondu aux exigences de l'AIEA, et de l'Occident, sur des questions cruciales comme le développement de centrifugeuses P2. Celles-ci sont capables de produire de l'uranium hautement enrichi, lequel peut servir à des fins militaires.

D'après l'ambassadeur, le rapport donne des précisions sur "les capacités des mines d'uranium" en Iran, il décrit les installations nucléaires sur les sites qui ont été déclarés à l'AIEA et nomme les hôpitaux et universités qui utilisent de l'uranium appauvri en radiologie.

Le débat international sur le dossier iranien devrait cependant se prolonger.

Ces derniers jours, des diplomates à Vienne ont indiqué que l'AIEA ne serait pas en mesure de boucler son enquête en juin - ce que réclame Téhéran - en raison de retards imputables aux autorités iraniennes.

En effet certains résultats importants ne devraient pas être disponibles d'ici au 14 juin. "Il faut beaucoup de temps pour obtenir des analyses de prélèvements (destinées à détecter des particules radioactives), il est impossible que nous ayions les résultats pour boucler le dossier", a indiqué un diplomate occidental.

Déjà en mars, l'Iran avait retardé une tournée d'inspections cruciale et avait menacé de revoir sa coopération avec l'AIEA, après une résolution le condamnant pour avoir dissimulé certaines de ses activités nucléaires.

De plus, de récentes analyses des inspecteurs sur des traces de contamination radioactive détectées l'an dernier en Iran renforcent le soupçon que ce pays ait pu produire, sur plusieurs sites, de l'uranium hautement enrichi, selon des sources diplomatiques à Vienne.

Il faudra "six mois à un an" pour évaluer ce rapport, a estimé un responsable proche de l'AIEA.

 

L'Iran promet de nouveau à ElBaradei une pleine coopération

TEHERAN (6 avril 2004) - L'Iran a promis mardi au directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, d'intensifier sa coopération et de répondre rapidement aux questions en suspens pour dissiper les doutes sur son programme nucléaire.
M. ElBaradei a déclaré à la presse, à l'issue d'une réunion d'environ cinq heures avec le chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, Hassan Rohani, que la République islamique prendrait des "mesures positives" et que les deux parties avaient convenu d'un "calendrier" pour régler les questions en suspens.

"M. Rohani m'a assuré que nous recevrons des informations importantes avant la fin du mois, et nous espérons également recevoir des informations dans le cadre du protocole additionnel (au Traité de non-prolifération nucléaire) d'ici la mi-mai", a-t-il ajouté.

"Nous nous sommes mis d'accord sur un plan d'action avec un calendrier pour avancer sur les questions importantes en suspens", a dit M. ElBaradei, qualifiant les résultats de son entretien de "positifs".

L'Iran avait remis à l'AIEA, en octobre 2003, une déclaration présentée comme complète de ses activités nucléaires. Mais ce pays a ensuite été condamné par l'agence de sûreté nucléaire de l'Onu pour avoir caché des activités sensibles notamment un projet de fabrication de centrifugeuses P2 capables d'enrichir de l'uranium.

Téhéran a signé en 2003 le protocole additionnel, qui autorise des inspections surprises de ses sites, et s'est engagé à l'appliquer avant même sa ratification par le Parlement.

"Il est dans l'intérêt de l'Iran et de la communauté internationale que nous terminions notre travail ici le plus tôt possible (...) Je suis très satisfait des résultats de ma rencontre avec M. Rohani", a-t-il indiqué.

L'Iran s'est engagé à fournir des informations notamment sur la contamination et les centrifugeuses P2. Il a aussi promis de remettre à l'AIEA des déclarations prévues dans le cadre du protocole additionnel.

M. Rohani a de nouveau assuré que les traces d'uranium hautement enrichi provenaient de matériels d'origine pakistanaise achetés par l'Iran à des intermédiaires.

Auparavant, le directeur de l'Organisation iranienne de l'énergie nucléaire Gholam Reza Aghazadeh a déclaré que l'Iran avait accepté d'"arrêter à la demande de l'agence et à partir du 9 avril la construction et l'assemblage de toutes les pièces" utilisées pour l'enrichissement de l'uranium.

Une nouvelle équipe d'inspecteurs de l'AIEA doit arriver en Iran le 12 avril pour vérifier que cette suspension est bien respectée.

En revanche, M. Aghazadeh a indiqué que l'Iran avait refusé la demande de M. ElBaradei de "reporter" la reprise de son activité de conversion d'uranium dans le complexe d'Ispahan.

"Nous avons le droit de poursuivre cette activité", a affirmé le responsable iranien, ajoutant avec ironie qu'il aurait plutôt attendu de l'AIEA qu'elle "félicite (l'Iran) pour (...) la maîtrise de cette technologie".

L'usine de conversion de combustible d'Ispahan est l'étape antérieure à celle de l'enrichissement de l'uranium de Natanz.

Pour sa part, M. Rohani a souligné que son pays ne renoncera jamais à la maîtrise de la technologie de l'enrichissement de l'uranium et voulait devenir "un des pays maîtrisant cette technologie".

Il a déclaré que "l'Iran ne cachait aucun programme nucléaire parallèle car un pays signataire du protocole additionnel est tout simplement dans l'impossibilité de le faire".

Il a également affirmé que l'Iran "réagira avec force", si après la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA en juin, le dossier de l'Iran était toujours inscrit à l'ordre du jour de l'agence ou n'était pas clos.

"Mais personnellement, je ne pense pas que nous quitterions le TNP", a-t-il ajouté.

 


L'Iran annonce officiellement la reprise de l'enrichissement de l'uranium

TEHERAN (29 mars 2004) -
L'Iran a repris le travail dans un secteur clé du cycle d'enrichissement du carburant nucléaire, a indiqué un responsable iranien dimanche, semblant faire machine arrière après un accord avec l'agence atomique des Nations unies selon lequel il s'était engagé à suspendre cette activité.
"La phase expérimentale du processus d'enrichissement dans les infrastructures d'Ispahan a débuté et avant la fin de cette phase, dans les 20 prochaines jours, la production expérimentale de cette infrastructure commencera", a déclaré ce responsable du dossier nucléaire iranien, Gholam Reza Aghazadeh, à la télévision d'Etat.

"L'usine de traitement de l'uranium d'Ispahan produira de la matière première pour le cycle d'enrichissement", a-t-il ajouté.

L'usine d'Ispahan fait partie des infrastructures de conversion de l'uranium qui raffinent cette matière pour produire des matières pouvant servir à la production d'uranium enrichi.

L'Iran avait passé un accord avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sous l'égide de la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne en 2003 selon lequel il s'engageait à suspendre l'enrichissement d'uranium et toutes les activités qui lui sont liées.

Soupçonné par les inspecteurs de l'Onu de cacher sous ses activités d'enrichissement un programme de développement d'armes nucléaires et sous la pression internationale, l'Iran avait néanmoins revendiqué son droit à produire du carburant nucléaire à des fins civiles, conformément au Traité de non-prolifération (TNP).

M. Aghazadeh a indiqué que "la suspension volontaire de l'enrichissement de l'uranium en Iran a démontré sa volonté de gagner la confiance de l'AIEA et, en vertu des ordres édictés par le secrétariat du Conseil suprême de la sécurité nationale, l'Organisation de l'énergie atomique iranienne va suspendre dans ce domaine la construction de ces infrastructures", sans donner plus de précisions.

La télévision d'Etat a cependant commenté ces déclarations en disant que le centre de technologie nucléaire d'Ispahan, situé près du centre de cette ville historique, ne faisait "pas partie de l'accord avec l'AIEA".

Le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien est dirigé par Hassan Rohani, chargé des discussions avec l'AIEA et qui a négocié l'accord de 2003 avec les trois Etats européens.

M. Aghazadeh, qui est aussi l'un des vice-présidents de la République islamique, a confirmé que le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, se rendrait en Iran le 6 avril pour des entretiens "avec des responsables de haut rang".

Il s'agira de la troisième visite en Iran depuis février 2003.

Le responsable iranien a également confirmé qu'une équipe d'inspecteurs de l'AIEA actuellement présente en Iran avait visité dimanche l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, située à 250 km au sud de la capitale iranienne.

Selon une porte-parole à Vienne de l'AIEA, Melissa Fleming, les deux inspecteurs doivent aussi se rendre au centre de technologie nucléaire d'Ispahan pour un contrôle de routine, ce qu'a confirmé M. Aghazadeh.

Pour la mission actuelle de l'AIEA, il s'agit, selon M. ElBaradei de "clarifier certains aspects autour des P2" (centrifugeuses d'un type avancé pour l'enrichissement d'uranium) et de s'assurer qu'on a bien "posé les scellés" sur l'usine de centrifugeuses de Natanz, qu'elle "n'est plus opérationnelle".

La découverte à Natanz de traces d'uranium enrichi à un taux nettement supérieur aux nécessités civiles et, plus récemment, "l'omission" qui a consisté à ne pas signaler à l'AIEA la possession de plans de P2, ont nourri sa suspicion.

Cependant, une autre inspection, programmée dans deux semaines, devrait aller davantage au coeur du sujet, selon l'AIEA.

L'AIEA est chargée de faire toute la lumière sur la nature, civile ou militaire, du programme nucléaire iranien, dans le cadre d'un calendrier d'inspections dont la mise en oeuvre a débuté en février 2003.

 

 

Nucléaire: retour des inspecteurs en Iran

TEHERAN (27 mars 2004) - Des membres de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de l'ONU sont arrivés en Iran samedi pour inspecter deux centrales nucléaires et interroger de hauts responsables sur le programme atomique controversé de leur pays.

Deux semaines auparavant, Téhéran avait gelé les inspections pour protester contre la résolution de l'AIEA condamnant la dissimulation de certaines activités nucléaires iraniennes -tout en saluant des efforts de transparence par ailleurs. Les Etats-Unis accusent l'Iran, qui dément, de développer un programme d'armement nucléaire.

Dès leur arrivée samedi les deux inspecteurs ont entamé leur tâche, a déclaré à l'Associated Press la porte-parole de l'AIEA, Melissa Fleming. Ils devaient se rendre sur les sites d'Ispahan et Natanz dans le centre du pays et discuter avec des responsables de l'agence atomique de plusieurs questions en suspens, notamment celle de la découverte d'une centrifugeuse P-2 servant à enrichir l'uranium et que l'Iran n'avait pas déclarée à l'AIEA.

Un haut responsable iranien qui a requis l'anonymat a affirmé samedi que la centrale d'Ispahan, qui sert à transformer le minerai d'uranium en gaz, une étape préalable à l'enrichissement de l'uranium à Natanz, avait été inaugurée "il y a quelque temps". L'Iran avait suspendu l'enrichissement l'année dernière sous la pression de la communauté internationale mais il avait souligné que l'activité reprendrait une fois les difficultés réglées avec l'AIEA. En attendant, il continue d'assembler des centrifugeuses.

Le directeur de l'AIEA, Mohammed el-Baradeï, estime que Téhéran a fort à faire pour rassurer l'agence onusienne sur son programme nucléaire. Les soupçons ont été renforcés en 2003 avec la découverte par des inspecteurs de particules radioactives enrichies à un niveau supérieur à celui requis pour alimenter un réacteur nucléaire et suffisant pour la production d'armes. L'Iran affirme que ces particules se trouvaient sur de l'équipement importé.

M. El-Baradeï, qui doit se rendre en Iran début avril pour encourager les efforts de transparence, espère pouvoir présenter son rapport au Conseil des gouverneurs de l'AIEA à Vienne en juin.


Résolution de l'AIEA contre l'Iran, inspections suspendues

VIENNE (13 mars 2004) - L'Iran a interdit l'accès de son territoire aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique en réaction à l'adoption samedi par l'AIEA d'une résolution critiquant durement Téhéran pour son manque de transparence en matière nucléaire, a indiqué la télévision iranienne.

"Pour le moment, ils ne sont pas autorisés à entrer en Iran et nous fixerons la date où ils pourront se rendre en Iran", a déclaré Hassan Rohani, secrétaire général du Conseil suprême de la sécurité nationale et principal interlocuteur iranien de l'AIEA, cité par la télévision publique.

"La raison du report de la visite des inspecteurs est l'adoption de cette résolution et nous souhaitions exprimer clairement notre mécontentement", a-t-il ajouté.

Dans un premier temps, les autorités iraniennes avaient justifié le report des inspections soudainement annoncé vendredi par l'approche des vacances du Nouvel An (Norouz) en Iran.

Après une semaine d'intenses tractations sur une mouture rédigée en termes sévères par l'Australie et le Canada, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA réuni à Vienne a finalement adopté samedi une version édulcorée de ce texte, qui s'abstient de renvoyer le dossier iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

"FERME AVERTISSEMENT"

La résolution, qualifiée de "ferme avertissement" par l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'AIEA, déplore les omissions en matière de technologie atomique relevées dans la déclaration remise en octobre par l'Iran à l'Agence.

Les 35 membres du Conseil reprochent notamment à la République islamique de ne pas les avoir informés de ses recherches sur des centrifugeuses élaborées capables de produire de l'uranium suffisamment enrichi pour la fabrication d'armes nucléaires.

Le document précise que le Conseil des gouverneurs se prononcera en juin sur les suites à donner à ces omissions, ce qui entrouvre la porte à une saisine du Conseil de sécurité en vue d'éventuelles sanctions.

Les Etats-Unis accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique sous le couvert d'un programme énergétique civil, ce que dément Téhéran.

L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'AIEA, Kenneth Brill, a accusé l'Iran de "persister dans sa politique de dénégation, de tromperie et de manoeuvres dilatoires".

Dans un communiqué, l'Union européenne estime que ces omissions remettent en cause la crédibilité de l'Iran, qu'elle invite à coopérer de manière pleine et active avec l'AIEA.

Le chef de la délégation iranienne auprès de l'Agence, Amir Zamaninia, a pour sa part qualifié de "grave revers" l'adoption de cette résolution imposée, selon lui, par "un seul pays" - une allusion claire aux Américains.

"Il nous faut travailler à Téhéran pour tenter de digérer cela", a ajouté l'ambassadeur iranien.

Le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradeï, s'est quant à lui dit persuadé que la suspension des inspections serait prochainement levée. "Je suis certain que l'Iran comprendra que nous devons respecter notre calendrier et que la décision de reporter les inspections sera réexaminée et renversée dans les jours à venir", a-t-il dit.

Louis Charbonneau

 

L'Iran affirme qu'il va tout révéler de son programme nucléaire

VIENNE (8 mars 2004) - L'Iran a affirmé lundi à Vienne qu'il révélerait tout de son programme nucléaire à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ajoutant qu'il se pliait aux accords en vigueur.
"Nous allons fournir à l'agence toutes les informations qu'elle jugera nécessaire, conformément au protocole additionnel" au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), que Téhéran a signé en décembre, mais qui n'a pas encore été ratifié par le régime islamique, a indiqué l'ambassadeur iranien à l'AIEA, Pirooz Hosseini.

Dans un rapport publié en octobre, l'AIEA avait critiqué l'Iran pour ne pas lui avoir révélé certains aspects sensibles de son programme nucléaire et notamment qu'il disposait des plans d'une centrifugeuse sophistiquée (P-2) pour l'enrichissement d'uranium et qu'il avait produit du polonium 210, sorte de "gâchette" pouvant déclencher la réaction en chaîne dans une arme nucléaire.

M. Hosseini a expliqué qu'à l'époque, l'Iran ne se trouvait que sous le régime des accords de sauvegarde du TNP, n'ayant pas encore signé le protocole additionnel qui autorise l'AIEA à effectuer des contrôles beaucoup plus poussés.

Lundi, le directeur général de l'AIEA s'est dit "sérieusement préoccupé" du fait que, en octobre, l'Iran n'a fait aucune référence aux plans de la P-2, ce qui, dans son esprit, "met un bémol à la politique de transparence claironnée" par le régime islamique, à la fois à Vienne et à Téhéran.

Dans un communiqué, la délégation iranienne a expliqué que "conclure que l'absence de référence à la P-2 remettait en cause cette politique n'est pas justifié".

"L'Iran avait l'intention de soumettre des informations sur ses recherches sur la P-2 avec les autres déclarations qu'il est tenu de faire conformément aux obligations contractées sous le régime du protocole additionnel en vertu d'un calendrier établi par l'AIEA", poursuit le communiqué iranien.

"Nos activités sur la P-2 sont très limitées et consistent en des recherches très simples ne concernant que quelques composants de la centrifugeuse", a précisé M. Hosseini.

 

L'Iran a caché certaines de ses activités nucléaires, selon l'AIEA

VIENNE (24 février 2004) - L'Iran a réalisé des expériences nucléaires qu'il a omis de révéler, peut-on lire dans un rapport interne concernant ce pays réalisé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Les inspecteurs de l'AIEA ont découvert des traces de polonium, un élément radioactif permettant de déclencher une réaction nucléaire en chaîne. Or, précise le document, le régime de Téhéran n'a pas fait mention de recherches avec du polonium dans ses déclarations au sujet de ses activités nucléaires passées et présentes.

Le rapport de l'AIEA précise que l'agence a découvert du polonium en septembre dernier et souligne que cet élément "peut être utilisé à des fins militaires (...) spécifiquement comme initiateur neutronique dans certains types d'armes nucléaires".

Le porte-parole de l'Organisation de l'énergie atomique d'Iran, Saber Zaimian, s'est refusé à tout commentaire, soulignant que dans l'immédiat le document était à l'étude. Téhéran s'efforce de convaincre le monde que son programme nucléaire est uniquement à usage civil pour produire de l'électricité.

 


Abdul Qadeer Khan a vendu une centrifugeuse à l'Iran pour trois millions de dollars

KUALA LUMPUR (20 février 2004) - Le père du nucléaire pakistanais Abdul Qadeer Kahn a vendu des pièces de centrifugeuse à l'Iran au milieu des années 1990 pour trois millions de dollars en liquide, a annoncé la police malaisienne vendredi qui cite l'intermédiaire de cette transaction.

Buhary Syed Abu Tahir, le cerveau financier présumé du réseau international de trafic nucléaire dirigé par Khan, a déclaré à la police malaisienne que le scientifique lui a demandé d'envoyer deux conteneurs de pièces usagées de centrifugeuse du Pakistan en Iran en 1994 ou 1995.

Tahir est en Malaisie où il est interrogé par la police dans le cadre de l'enquête ouverte sur ses activités au profit de Khan en Malaisie. La police a rendu publiques les conclusions de cette enquête vendredi.

 


L'AIEA accuse l'Iran de cacher des secrets nucléaires

VIENNE (13 février 2004) - L'Iran a omis de déclarer à l'AIEA les plans de centrifugeuses servant à l'enrichissement de l'uranium, soulevant des interrogations sur le degré de coopération de Téhéran avec l'agence, a-t-on appris jeudi de source diplomatique.
Dans le même temps, la Russie annonçait qu'elle comptait signer en mars un accord avec l'Iran sur la fourniture de combustibles nucléaires pour la centrale de Bushehr, ceci malgré les pressions exercée par Washington pour que Moscou suspende ses relations dans ce domaine avec Téhéran.
A Rome où il se trouvait en visite, le chef de la diplomatie iranienne, Kamal Kharrazi, a insisté sur le droit de son pays à poursuivre un programme nucléaire civil, ajoutant que la République islamique était prête à aider l'Agence internationale de l'énergie atomique à vérifier le respect de ses engagements.
"La charge de la preuve incombe à celui qui lance des allégations. Les inspecteurs de l'AIEA peuvent se poser des questions mais nous sommes prêts à aider à les vérifier", a déclaré aux journalistes le ministre des Affaires étrangères.
"Nous avons décidé de mettre au point toutes les technologies nucléaires à des fins pacifiques. Nous insistons pour dire qu'il s'agit de notre droit légitime à se doter de technologies nucléaires à des fins pacifiques".
A BERLIN, le sous-secrétaire d'Etat américain John Bolton a réitéré les accusations de Washington selon lequel Téhéran chercherait à fabriquer une bombe atomique.
"Il n'existe pas de doute dans notre esprit que l'Iran continue de mettre en oeuvre un programme d'armements nucléaires", a déclaré Bolton devant une conférence sur la sécurité européenne.
"A notre avis, ils (les Iraniens) ne respectent toujours pas les engagements qu'ils ont pris en octobre de suspendre leurs activités d'enrichissement d'uranium.

PARALLELE ENTRE LES PROGRAMMES LIBYEN ET IRANIEN
"Essentiellement, ils ne font pas tourner les centrifugeuses mais leurs activités visant à rassembler les composants dont ils ont besoin pour leur programme d'enrichissement d'uranium se poursuivent".
Dans la capitale autrichienne, plusieurs diplomates occidentaux ont confié à Reuters, sous le sceau de l'anonymat, que des informations fournies par la Libye et par d'autres pays avaient révélé l'existence de ces plans, destinés à la conception d'un équipement susceptible de servir à fabriquer des armes nucléaires.
D'après eux, l'AIEA a établi des parallèles entre le programme d'armement nucléaire libyen, auquel Tripoli vient de renoncer sous supervision internationale, et le programme atomique iranien. "Ils se sont procurés les mêmes matériaux auprès des mêmes fournisseurs", a précisé un diplomate.
Selon ces diplomates, les plans correspondaient à un matériel de seconde génération mis au point par le consortium britannique, néerlandais et allemand Urenco. Rien ne permet de penser qu'Urenco ait pu fournir ces plans à l'Iran, ont-ils précisé. Le consortium avait auparavant démenti avoir fourni à l'Iran quelque technologie que ce soit.
On sait que le Pakistan dispose de centrifugeuses de première et de seconde génération et des diplomates ont estimé que les centrifugeuses iraniennes pourraient avoir été fournies par Abdul Qadeer Khan, le père de la bombe atomique pakistanaise, qui a reconnu la semaine dernière avoir remis des secrets nucléaires à l'Iran, à la Libye et à la Corée du Nord.
La technologie nucléaire russe accumulée pendant la Guerre froide, préoccupe aussi Washington et l'AIEA car elle reste exposée aux vols et au marché noir, certains scientifiques désargentés pouvant être tentés de vendre des secrets nucléaires.

DENEGATIONS RUSSES
La Russie rejette une telle hypothèse. "Nous n'avons rien fourni à des tierces parties mais nous savons quels pays l'ont fait et comment ils l'ont fait", a déclaré Alexandre Roumiantsev, ministre russe de l'Energie atomique.
"Nous avons proposé de partager ces informations avec les Etats-Unis. Ils disent qu'ils veulent enquêter eux-mêmes".
Roumiantsev devait se rendre en Iran la semaine prochaine pour des discussions sur Bushehr, mais il a reporté son déplacement jeudi en raison, a-t-il dit, de désaccords sur les modalités commerciales de l'accord.
"Je pense que toutes les questions litigieuses seront réglées dans deux semaines environ, c'est-à-dire vers la fin février", a déclaré aux journalistes Roumiantsev.
Il a dit espérer signer le document final, qui exige aussi de l'Iran qu'il renvoie en Russie les combustibles nucléaires usagés, au cours d'une visite à Téhéran prévue fin mars.
"Les Etats-Unis nous ont critiqués et continueront de le faire", a ajouté Roumiantsev. "Ils déclarent que l'Iran cherche à se procurer des armes nucléaires sous le paravent de nos transferts de technologie pacifiques."
"Mais nous ne cessons de leur dire qu'ils se trompent. Nous estimons respecter toutes les lois internationales", a ajouté le ministre.
Selon les sources diplomatiques, la révélation des dissimulations iraniennes devrait renforcer la position de Washington, qui veut renvoyer l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'Onu pour avoir dissimulé l'ampleur exacte de son programme nucléaire.

Louis Charbonneau


Quatre pays auraient aidé au développement du nucléaire en Iran

VIENNE 11/11/03 -
L'Agence internationale de l'énergie atomique révèle dans un rapport confidentiel que l'Iran a pendant des décennies reçu clandestinement de quatre pays une aide en matière de technologies "sensibles" susceptible de servir à la mise au point d'armes nucléaires.
Dans ce rapport de 30 pages obtenu par Reuters, l'AIEA déclare ne pas avoir pour l'heure trouvé de preuve d'un programme d'armement nucléaire en Iran. Mais elle dit que Téhéran s'est livré à des activités, souvent liées à la fabrication de bombes atomiques, comme la production de plutonium ou l'enrichissement d'uranium. Les Etats-Unis accusent l'Iran de se servir de son programme nucléaire civil comme d'une couverture pour la mise au point de bombes. Les autorités de Téhéran démentent ces accusations et expliquent avoir dû cacher plusieurs aspects de leur programme nucléaire en raison des sanctions subies depuis plusieurs dizaine d'années, selon elles en toute illégalité.
L'Iran a reconnu avoir, à partir des années 1970, passé des contrats liés à l'enrichissement d'uranium dans quatre pays, dit l'AIEA dans son rapport. L'agence ne cite pas ces quatre pays mais, selon des diplomates, le Pakistan, un pays qui possède l'arme nucléaire et n'a pas signé le Traité de non-prolifération (TNP), en fait certainement partie. L'enrichissement est un processus de purification d'uranium visant à le rendre utilisable comme combustible nucléaire ou dans des bombes.

L'AIEA TOUJOURS ENGAGEE DANS UN PROCESSUS D'INSPECTION
"L'Iran a reconnu avoir produit de petites quantités d'uranium faiblement enrichi en utilisant à la fois des centrifugeuses et des processus d'enrichissement au laser (...), et n'avoir pas signalé de nombreuses activités de conversion, de fabrication et d'irradiation impliquant des matériaux nucléaires, et notamment la séparation d'une petite quantité d'uranium", indique le rapport.
L'AIEA a cependant clairement fait savoir qu'elle était toujours engagée dans un processus d'inspection et qu'elle ne savait pas encore si l'Iran avait essayé de secrètement développer une bombe atomique. "Pour l'heure, il n'y a pas de preuve que les matériaux et activités nucléaires (de l'Iran) précédemment non déclarés (...) sont liés à un programme d'armes nucléaires. "Cependant, compte-tenu de la stratégie passée de dissimulation de l'Iran, il faudra du temps avant que l'agence soit en mesure de conclure que le programme nucléaire iranien a exclusivement des objectifs pacifiques", peut-on lire dans le rapport.
Des diplomates ont estimé qu'il était également trop tôt pour savoir si le Conseil des gouverneurs de l'AIEA allait rendre compte de cette affaire au Conseil de sécurité de l'Onu, habilité à prendre des sanctions en cas de violation par un pays de ses obligations aux termes du TNP, signé par Téhéran en 1970.
Un diplomate occidental a estimé que ce rapport montrait clairement que l'Iran n'avait pas respecté le TNP. Mais il a ajouté qu'il n'était pas certain que la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne soient prêtes à aller dans ce sens lors de la réunion du Conseil des gouverneurs le 20 novembre.

LES EUROPEENS ATTENDENT DES ACTES
Le 21 octobre, les ministres des Affaires étrangères de ces trois pays avaient obtenu des autorités iraniennes qu'elles s'engagent à signer le protocole additionnel du TNP. Ce protocole permet aux experts de l'AIEA d'effectuer des inspections sans préavis et poussées dans un pays ayant ratifié le TNP, afin de vérifier qu'il n'en viole pas les clauses.
La "troïka" européenne avait également obtenu de l'Iran la suspension de ses activités d'enrichissement d'uranium.
Lundi, Hassan Rohani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a annoncé que Téhéran avait respecté cet accord et, selon des diplomates, Paris, Londres et Berlin ne soutiendront pas la demande probable des Etats-Unis d'un vote à l'Onu sur le non-respect par l'Iran de ses obligations.
A Bruxelles, la Commission européenne s'est félicitée de la volonté affichée par l'Iran de suspendre ses opérations d'enrichissement d'uranium tout en espérant que Téhéran mettrait ses actes en accord avec ses promesses.
"L'initiative prise par l'Iran, dont sa volonté d'autoriser des inspections plus poussées par l'Onu de ses sites nucléaires, devrait faire l'objet d'un débat intéressant au Conseil des ministres des Affaires étrangères des Quinze consacré cette semaine aux relations avec l'Iran", a déclaré aux journalistes Emma Udwin, porte-parole de la Commission.
"Vous ne serez pas surpris de m'entendre dire que nous souhaiterions voir autant les actes que les mots sur cette affaire du protocole additionnel et de la suspension de l'enrichissement de l'uranium".

Par Louis Charbonneau


Pas d'armes nucléaires en Iran, assure Khatami

PUTRAJAYA, Malaisie (17 octobre 2003) - Le président iranien Mohammad Khatami a assuré vendredi que son pays ne voulait ni ne possédait d'armes nucléaires. Il a exhorté la communauté internationale à s'intéresser de plus près à l'arsenal que détiendrait Israël et au danger que cela représenterait pour la stabilité du Proche-Orient.

"Nous allons révéler les mensonges et les accusations lancés contre la République islamique d'Iran. Le monde musulman tout entier doit savoir que nous n'avons pas d'armes nucléaires et que nous n'allons pas en développer", a dit M. Khatami lors du sommet de l'Organisation de la Conférence islamique en Malaisie.

L'Iran a jusqu'au 31 octobre pour démontrer que son programme nucléaire n'est développé qu'à des fins civiles, contrairement à ce qu'affirme Washington.

Le chef de l'Agence internationale de l'ONU à l'énergie atomique (AIEA), Mohammed el-Baradeï, a déclaré jeudi avoir reçu l'assurance que les experts pourraient accéder aux installations y compris militaires.


Des experts excluent qu'Israël ait modifié des missiles pour les équiper de têtes nucléaires

JERUSALEM (12 octobre 2003) - Des experts israéliens et étrangers en défense ont démenti dimanche les allégations du "Los Angeles Times" de la veille selon lesquelles Israël avait modifié des missiles sous-marins pour les équiper de têtes nucléaires. Une telle opération est d'après eux techniquement impossible.

Citant deux responsables américains et un israélien, le journal affirmait que les têtes nucléaires pourraient ainsi équiper des missiles de croisière américains Harpoon et que ces engins pouvaient désormais toucher des cibles, non seulement maritimes, mais aussi terrestres. Le "Times" ajoutait que l'Etat hébreu espérait ainsi contrer les ambitions nucléaires présumées de l'Iran.

C'est "simplement impossible", a assuré à la radio militaire l'ancien vice-ministre israélien de la défense, Efraïm Sneh, "quiconque possédant la moindre connaissance des missiles sait que le Harpoon ne pourra jamais être utilisé pour porter des têtes nucléaires".

Ted Hooton, rédacteur en chef de la revue spécialisée Jane's Naval Weapon Systems à Londres, a ajouté que l'opération déséquilibrerait les missiles, réduisant fortement leur portée et leur précision.

Le "Spiegel" de dimanche affirme de son côté qu'Israël a localisé six sites iraniens de développement des armes nucléaires, que le Mossad, le renseignement israélien, compte attaquer.

L'Etat hébreu lui-même n'a jamais reconnu détenir des armes nucléaires mais les experts nationaux et étrangers estiment qu'il possède 100 à 200 engins nucléaires pouvant être tirés par des avions de combat américains F-15 et F-16, et des missiles Jéricho II, dont le prototype a été développé avec la France dans les années 1960.



L'Iran prêt à coopérer mais sans cesser d'enrichir l'uranium

TEHERAN (7 octobre 2003) - L'Iran consent à satisfaire certaines exigences d'un ultimatum de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), mais refuse avec force de renoncer à enrichir de l'uranium, au risque d'entretenir la suspicion.
L'Iran a donné lundi des gages de sa bonne volonté au moment où commençait une mission d'inspections qualifiée de "décisive" par l'agence onusienne veillant à la non-prolifération.

Le représentant iranien à l'AIEA, Ali Akbar Salehi, a annoncé s'être entendu avec les émissaires de l'Agence sur les sites soumis aux inspections dans les prochains jours, sans cependant dire si cette liste correspondait exactement à celle présentée par la délégation de l'AIEA.
Les autorités iraniennes ont aussi commencé à remettre à l'AIEA une liste de pièces importées destinées à l'enrichissement d'uranium et assuré qu'elles montrerait aux inspecteurs les sites où ces pièces ont été utilisées ou stockées.

Même si l'Iran se défend d'être tenu par l'ultimatum de l'AIEA et invoque son seul souci de coopération et de transparence, il répond ainsi de fait à certaines exigences de la résolution du 12 septembre. En revanche, il ignore l'appel contenu dans cette résolution à "suspendre" l'enrichissement d'uranium.

La résolution de l'AIEA donne à l'Iran jusqu'au 31 octobre pour fournir des garanties probantes qu'il ne met pas au point l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, faute de quoi il s'expose à une saisine du Conseil de sécurité de l'Onu, avec la menace de sanctions internationales.

Elle presse l'Iran de fournir "un accès illimité à tous les lieux" et "toute autre information et explication" que l'Agence jugera nécessaires. Elle exige "une déclaration complète de tous les matériaux et composants importés relatifs à l'enrichissement d'uranium" et une coopération avec l'AIEA "à l'identification de la source et la date de réception des importations, ainsi que les lieux où elles ont été stockées et utilisées en Iran".

Pour l'AIEA, il s'agit de s'assurer que l'Iran n'a pas clandestinement enrichi de l'uranium à des fins militaires.

Cette agence s'inquiète en effet de la découverte à deux reprises par ses experts de traces d'uranium enrichi à un taux supérieur à l'usage civil et du fait que l'Iran ait, selon elle, introduit du matériau nucléaire dans son usine d'enrichissement de Natanz sans le déclarer préalablement.

Téhéran assure que ses équipements ont été contaminés à l'étranger avant leur importation. Mais, à l'AIEA, qui en demande la provenance, l'Iran a dit lundi qu'il les avait achetés auprès d'intermédiaires.

Par sécurité, l'AIEA a répété le 12 septembre son appel à l'Iran à ne pas enrichir d'uranium. Téhéran n'en a pas moins fait savoir dix jours plus tard que les centrifugeuses de son usine de Natanz étaient entrées en service "à titre expérimental" plusieurs semaines auparavant.

"Nous ne permettrons à personne de nous priver de notre droit à utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques et en particulier de notre droit à l'enrichissement pour fabriquer le combustible de nos centrales", a dit lundi le ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi.

"Nous sommes très déterminés" sur cette question ainsi que sur celle de la protection des secrets stratégiques et militaires iraniens face à la curiosité étrangère, a-t-il insisté devant les imams de prière du vendredi.

L'Iran ne peut pas faire le tri dans les demandes de l'AIEA, a indiqué lundi le département d'Etat américain: "Ce qui est important pour nous, c'est que l'Iran réponde pleinement et complètement à toutes les demandes" de l'agence, a déclaré son porte-parole Richard Boucher.


L'Irak mais aussi l'Iran au menu de la rencontre Bush-Poutine à Camp David

WASHINGTON (26 septembre 2003) - "Nos opinions ne coïncident pas toujours". En prononçant cette litote, le président russe Vladimir Poutine, attendu vendredi soir à Camp David par son homologue américain, avait sans doute à l'esprit l'Irak et l'Iran.

George W. Bush a bien l'intention d'aborder la question de l'aide russe au programme nucléaire iranien durant les deux jours que doivent passer les deux chefs d'Etat dans la résidence présidentielle du Maryland. "Vous pouvez être sûrs que je vais en parler au président Poutine ce week-end", déclarait-il jeudi.

Washington affirme que la technologie russe aide Téhéran à mettre au point un programme d'armement nucléaire, ce que dément Moscou. Un contrat de 800 millions de dollars (700 millions d'euros) porte sur la construction d'une centrale nucléaire en Iran et, malgré dix ans de protestations américaines, la Russie entend poursuivre son projet.

George W. Bush a estimé qu'il était "très important que le monde se rassemble pour faire comprendre à l'Iran qu'il y aurait une condamnation universelle s'il poursuivait son programme d'armement nucléaire".

De nouvelles traces d'uranium enrichi pour la fabrication d'armes ont semble-t-il été découvertes en quantités infimes par les inspecteurs de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) sur un site de la compagnie Kalaye Electric, à l'ouest de Téhéran. En début d'année, les inspecteurs de l'agence onusienne avaient trouvé des particules d'uranium dans une usine d'enrichissement.

Le 12 septembre, l'AIEA a demandé à l'Iran de prouver avant le 31 octobre que ses programmes servaient uniquement à produire de l'électricité, comme l'assure Téhéran.

D'ici là, un autre pays est au centre des préoccupations, l'Irak. Vladimir Poutine s'était joint aux efforts français et allemands pour empêcher le vote d'une résolution de l'ONU autorisant le recours à la force. Le week-end dernier, il a indiqué que la position russe restait inchangée: "La situation en Irak est la meilleure confirmation que la Russie avait raison".

Mais Vladimir Poutine a aussi dit à la presse américaine que la Russie était prête à mettre les divergences de côté pour travailler à la reconstruction de l'Irak avec les Etats-Unis, évoquant même la possibilité d'envoyer des troupes. Mais les Nations unies doivent jouer un rôle réel en Irak, a de nouveau insisté le président russe dans son allocution jeudi devant l'Assemblée générale.

Critiquant implicitement les Etats-Unis pour avoir envahi ce pays sans l'aval de l'ONU, il a estimé que "seule la participation directe des Nations unies dans la reconstruction de l'Irak permettrait aux Irakiens eux-mêmes de décider de leur avenir". "Et c'est qu'avec l'assistance pratique active (...) des Nations unies dans sa transformation civile et économique que l'Irak occupera une nouvelle place, digne, au sein de la communauté internationale", a ajouté le chef du Kremlin.

Mais malgré cette intransigeance, on dit que Vladimir Poutine est prêt à mettre de l'eau dans son vin lorsqu'il lèvera son verre avec George W. Bush à l'amitié américano-russe et au renforcement des liens entre les deux pays. AP

 

La mission de l'AIEA en Iran reportée

VIENNE (26 septembre 2003) - La mission de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) en Iran a été reportée vendredi, après que Téhéran ait demandé davantage de temps pour préparer cette visite, a rapporté une porte-parole de l'agence onusienne.

Plusieurs responsables de l'AIEA devaient se rendre en Iran pour convaincre l'Iran de lever tous les soupçons sur son programme présumé d'armement nucléaire. Washington affirme que Téhéran développe des armes nucléaires, alors que l'Iran soutient que ses programmes ne servent qu'à produire de l'électricité.

"La mission des hauts responsables de l'AIEA a été reportée jusqu'à la fin de la semaine prochaine", a déclaré Melissa Fleming. "Le gouvernement iranien a demandé ce délai pour leur permettre de préparer cette visite".

Ce report survient au lendemain des révélations sur la découverte de traces d'uranium enrichi pour la fabrication d'armes sur un site iranien.

 

Le cas d'Israël au menu de la réunion annuelle de l'AIEA

VIENNE (15 septembre 2003) - Les pays arabes vont certainement dénoncer lundi la possession présumée de l'arme nucléaire par Israël, lors d'une réunion annuelle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne, estiment des diplomates.
La conférence générale annuelle se réunit jusqu'à vendredi trois jours après la mise en demeure de l'AIEA à l'Iran de clarifier son programme nucléaire. Elle rassemble les 136 Etats membres de cette agence onusienne de sûreté nucléaire.

Cette réunion ne devrait prendre aucune décision nouvelle, que ce soit sur Israël, ou sur les dossiers chauds de l'actualité que sont outre l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord, a indiqué le porte-parole de l'AIEA Mark Gwozdecky.
Selon M. Gwozdecky, la conférence avalise essentiellement des décisions déjà prises par l'organe exécutif de l'AIEA, le conseil des gouverneurs où siègent 35 nations, et qui a exigé de l'Iran vendredi de prouver d'ici le 31 octobre que son programme nucléaire civil n'a pas de visées militaires.

Cependant, le débat sur Israël devrait être animé. Un diplomate occidental proche de l'AIEA a indiqué que les Etats du Proche-Orient ont déjà utilisé la conférence générale dans le passé pour exprimer leur frustration sur le silence de l'Agence onusienne vis-à-vis d'Israël, qui, selon les experts possède depuis longtemps l'arme nucléaire, et qui n'a pas signé le Traité de non prolifération nucléaire (TNP).

Ce silence contraste avec la fermeté affichée envers l'Irak et l'Iran, soulignent des Etats de la région.

"Parmi ceux qui ont recherché et produit des armes nucléaires en dehors des cinq (puissances nucléaires reconnues: la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie), on pardonne le crime à Israël", a protesté vendredi soir l'ambassadeur iranien à l'AIEA Ali Akbar Salehi après l'ultimatum à son pays. Israël "est choyé au lieu d'être puni", a estimé M. Salehi.

La question des "capacités nucléaires et la menace israéliennes" est au menu officiel de la conférence.

Selon le diplomate occidental, il se pourrait que les pays arabes présentent un projet de résolution, qu'ils retireraient par la suite dans un "jeu de procédures afin de soulever une nouvelle fois le sujet" d'Israël non-signataire du TNP.

Entré en vigueur en 1970, ce traité, signé par la plupart des pays du monde, leur fait obligation de déclarer et de placer sous le contrôle de l'AIEA leurs matières nucléaires, en vue d'assurer le respect de leur engagement de ne pas développer d'armes nucléaires.

Selon M. Gwozdecky, la conférence va en outre passer en revue l'ensemble des activités de l'AIEA et "concevoir un programme de travail pour l'année à venir".

La volonté de l'Agence de reprendre les inspections du programme nucléaire irakien, pour lesquelles elle dispose d'un mandat de l'Onu, sera évoquée. Les Etats-Unis refusent le retour des inspecteurs de l'AIEA en Irak depuis que leur coalition a chassé Saddam Hussein du pouvoir à Bagdad.

L'AIEA souhaite également renvoyer des inspecteurs en Corée du Nord, d'où ils ont été expulsés en décembre, quand Pyongyang a annoncé son retrait du TNP, après que les Etats-Unis eurent accusé ce pays de développer des armes nucléaires.

Outre ses activités de vérification et de contrôle, l'AIEA mène des programmes de coopération pour rendre accessibles aux pays en développement des technologies utilisant la radioactivité à des fins thérapeutiques, comme le traitement des cancers.

L'Agence est également active dans la promotion de la sûreté nucléaire. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, elle aide des pays à identifier leurs faiblesses en la matière, a indiqué M. Gwozdecky.

Un sujet de préoccupation est que des terroristes mettent la main sur des matériaux radioactifs pour fabriquer des "bombes sales" contaminant des régions entières.

 

 

l'Iran prépare sa réponse à l'ultimatum de l'AIEA

TEHERAN (14 septembre 2003) - L'Iran est en train de réexaminer la nature de sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à la suite de l'ultimatum que lui a lancé cette dernière vendredi, a déclaré dimanche à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères."Nous examinons actuellement la nature de notre coopération avec l'AIEA, les autorités compétentes sont en train d'en discuter et notre décision sera rendue publique dans le futur", a dit Hamid Reza Assefi. "Nous n'avons pas pris de décision concrète sur la façon de poursuivre notre coopération avec l'AIEA", a-t-il ajouté.

L'agence onusienne veillant à la non-prolifération a donné vendredi jusqu'au 31 octobre à l'Iran pour fournir des garanties fortes de la vocation purement civile de son programme nucléaire. Téhéran a vivement rejeté cet ultimatum.

"L'initiative très malheureuse de l'agence a contraint la République islamique d'Iran à reconsidérer sa coopération avec l'AIEA", a dit M. Assefi.

Selon M. Assefi, l'agence, soumise au "lobbying en coulisse des pays occidentaux à commencer par les Etats-Unis (...) s'est écartée de son travail technique et s'est livrée à un travail politique".

En particulier l'Australie, le Canada et le Japon, qui ont présenté le projet de résolution adopté par l'AIEA, "ont fait une grosse erreur, l'Iran mettra en oeuvre toutes ses capacités diplomatiques pour y répondre promptement", a-t-il prévenu.

Toutefois, le nucléaire et l'exploitation du champ pétrolier iranien d'Azadegan, pour laquelle les Japonais sont candidats à l'appel d'offres, "sont deux affaires différentes", a-t-il affirmé: "Ils ont fait un acte diplomatique, auquel nous allons répondre diplomatiquement".

"Nous évaluerons chaque pays à l'aune de son attitude à l'AIEA", a-t-il dit.

La Russie, avec laquelle l'Iran construit sa première centrale civile à Bouchehr, "ne sera pas rangée au côté des pays occidentaux, elle est déterminée à poursuivre la collaboration" avec l'Iran, a-t-il observé.

Cependant, le représentant de l'Iran auprès de l'AIEA, Ali Akbar Salehi, a assuré dans un entretien publié dimanche par le quotidien gouvernemental Iran que "la coopération entre l'Iran et l'AIEA va se poursuivre comme avant et nos critiques très claires ne signifient pas l'arrêt de cette collaboration".

Selon lui, l'Iran est "dans une période d'évaluation": "Les responsables du pays vont définir la politique et l'attitude de l'Iran dans les prochains jours et, au cours de cette période, il faut se garder de toute réaction dictée par la précipitation ou la nervosité", a-t-il ajouté au moment où les voix s'élèvent plus fortes chez les conservateurs pour réclamer que le pays reconsidère sa collaboration avec l'AIEA, et même se désengage du Traité de non-prolifération (TNP), comme l'a fait la Corée du nord.

Toutefois, a poursuivi M. Salehi, "nous sommes dans un monde où, si l'on commence à se plier aux exigences outrancières de l'occident, les demandes de ce dernier n'auront plus de limite".


Inspections sur le nucléaire: Téhéran réclame toujours des garanties

TEHERAN (28 aout 2003) - Téhéran a continué jeudi à réclamer des garanties pour accepter des inspections inopinées de ses installations nucléaires, malgré une suspicion accrue à dix jours seulement d'une réunion peut-être capitale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
"Nous sommes prêts à coopérer pleinement et de manière rapprochée avec l'AIEA pour prouver à tout le monde que notre programme est sûr, pacifique et non pas destiné à la production d'armes nucléaires", a déclaré à CNN le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi.

Mais, a ajouté le chef de la diplomatie iranienne, "avant de signer le protocole additionnel, les ambiguïtés doivent être levées et nous devons engager les négociations pour être sûrs que nos droits et notre dignité seront respectés".

L'Iran, soupçonné de travailler à la bombe atomique sous couvert de programme nucléaire civil, est pressé de toutes parts de signer le protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP), pour que l'AIEA puisse procéder sans préavis à des inspections poussées des sites iraniens, déclarés ou non à l'Agence.

L'Iran, signataire du TNP, dit envisager "positivement" ce protocole. Mais, invoquant le précédent irakien, il ne cesse de réclamer des garanties que les inspecteurs ne bénéficieront pas d'une totale liberté d'action et de mouvement et ne violeront pas les secrets militaires et stratégiques iraniens.

Les officiels iraniens, qui ont engagé avec l'AIEA des négociations sur les modalités d'un nouveau régime d'inspections, ont laissé entendre ces dernières semaines qu'ils pourraient prendre rapidement une décision.

Le temps presse car le conseil des gouverneurs de l'AIEA se réunit du 8 au 11 septembre et examinera à cette occasion le dossier iranien. Les Américains risquent fort de peser de tout leur poids pour que les gouverneurs déclarent les Iraniens en violation du TNP et saisissent le Conseil de sécurité des Nations unies, avec la menace d'une condamnation et de sanctions.

Or les soupçons de la communauté internationale se sont renforcés. Selon un rapport confidentiel de l'AIEA remis préalablement aux 35 pays membres du conseil des gouverneurs, les inspecteurs ont décelé en Iran des traces d'uranium enrichi, matériau ne figurant pas dans l'inventaire déclaré par Téhéran et pouvant entrer dans la fabrication de l'arme nucléaire.

Selon ce rapport, qui dit "l"inquiétude" de l'AIEA, l'Iran n'a pas respecté toutes les clauses du TNP, et "a admis avoir cherché à importer de l'équipement de centrifugation" et lancé dans les années 80 un programme d'eau lourde, pouvant elle aussi entrer dans la production de l'arme nucléaire.

Les inspecteurs se sont aussi étonnés de travaux de rénovation récents effectués dans une usine, Kalaye Electric Co., à laquelle ils n'avaient pas accès jusqu'alors.

M. Kharazi a réaffirmé la vocation "pacifique" des activités nucléaires iraniennes et a donné pour preuve de bonne volonté la décision de donner à l'AIEA accès aux différents sites, de la laisser procéder à des prélèvements environnementaux "alors que nous n'y étions pas obligés", ainsi que la décision d'engager des négociations sur le protocole additionnel.

Quant aux traces d'uranium enrichi, il a redit que c'étaient les machines "importées de l'étranger qui étaient contaminées". "Personne ne doit en tirer de conclusions hâtives, c'est une affaire d'experts, qui ne doit pas être politisée".

L'incertitude demeure totale sur la décision iranienne et sur la date à laquelle elle pourrait être prise. Les Européens par exemple, engagés dans un dialogue politique et commercial avec les Iraniens, attendent la réunion de septembre pour décider de leur conduite.

Maints diplomates estiment que Téhéran peut être tenté de gagner du temps, d'autant plus que, même en cas d'acceptation, la ratification définitive par les organes politiques iraniens pourrait prendre des mois.


L'Iran et son programme nucléaire
23.07.03 -
Depuis l'éclatement de l'URSS et la naissance de pays "vendeurs" de technologies nucléaires soviétiques, la méfiance des Etats-Unis vis-à-vis de l'Iran va croissant. Dans les années 1990, Téhéran signe régulièrement avec la Russie et la Chine des accords de coopération nucléaire pour la construction de centrales. Washington craint que ce programme nucléaire supposé pacifique et conforme au traité de non-prolifération nucléaire (TNP) ne soit qu'une façade pour faire progresser un programme d'armement nucléaire.

Alarmés par l'opacité du programme nucléaire iranien depuis la découverte de mines d'uranium, la communauté internationale presse Téhéran de signer un protocole additionnel au TNP et d'accepter sans restrictions les inspections de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA). Malgré des déclarations d'intention, l'Iran ne plie pas et exige la levée de l'embargo sur le matériel. Récemment, des inspecteurs de l'AIEA ont découvert de l'uranium enrichi en Iran, ce qui accentue les inquiétudes des Américains et des Européens.

 

Des experts de l'AIEA auraient découvert de l'uranium enrichi en Iran
18.07.03 -
L'Agence internationale de l'énergie atomique a refusé de confirmer ou de démentir ces informations, mais une porte-parole de l'agence a reconnu que des inspecteurs relevaient actuellement des échantillons en Iran.

Des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont découvert, vendredi 18 juillet, de l'uranium enrichi - matériau indispensable à la fabrication d'une bombe atomique - dans des échantillons prélevés sur des sites en Iran, selon une source diplomatique au siège viennois de l'AIEA. De même source, on précise que ces analyses préliminaires tendent à prouver que Téhéran a procédé, à l'insu de l'Agence, à des opérations d'enrichissement d'uranium compatibles avec les efforts de production d'armes nucléaires, dont le pays est soupçonné, notamment par Washington, de vouloir se doter.

Les diplomates ont toutefois précisé que la seule présence d'uranium enrichi dans les échantillons ne suffisait pas à prouver que les Iraniens ont procédé eux-mêmes à l'enrichissement. Les traces peuvent aussi être dues à une contamination, mais il faudra alors expliquer dans quelles circonstances elle s'est produite.

L'AIEA a refusé de confirmer ou de démentir ces informations. Une porte-parole de l'agence a cependant reconnu que des inspecteurs relevaient actuellement des échantillons en Iran. "Les résultats de l'analyse des échantillons sont examinés à l'Agence et nous attendons de nouveaux prélèvements dans les semaines à venir", a déclaré Melissa Fleming, porte-parole de l'agence spécialisée de l'ONU. "Seule l'AIEA sera en position de juger l'importance de ces résultats (...). Pour l'instant, nous sommes encore au milieu d'un processus complexe d'inspection en Iran au cours duquel nous enquêtons sur un certain nombre de problèmes non résolus", a-t-elle ajouté.

Les autorités n'ont pas été averties des conclusions préliminaires de l'AIEA, a précisé Khalid Mousavi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. "Nous ne pouvons pas commenter ces déclarations faites par des diplomates dont les noms et les rangs ne sont aps définis", a-t-il ajouté. Le lieu d'où proviennent les échantillons n'a pas été précisé.

L'AIEA devrait rendre les conclusions de ses dernières inspections en Iran le 8 septembre, à l'occasion de la réunion du conseil des gouverneurs. Ce conseil avait réprimandé l'Iran en juin pour ne pas avoir signalé de nombreux aspects de son programme nucléaire, et l'agence onusienne avait réclamé des informations complémentaires.

Téhéran a toujours souligné n'avoir pas intérêt à se doter d'armes nucléaires, mais a refusé jusqu'à présent, malgré les pressions internationales, de signer un protocole additionnel au traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui autoriserait des inspections inopinées et plus approfondies.

Le TNP autorise l'enrichissement d'uranium à des fins civiles, mais l'AIEA doit en être informée et ses inspecteurs doivent pouvoir en contrôler la mise au point.

 

L'Iran mis en examen nucléaire
Téhéran, qui reçoit le directeur de l'Agence de l'énergie atomique, refuse toujours ses inspections.

Soupçonné de développer une arme atomique, l'Iran est sommé par la communauté internationale de s'expliquer sur son programme nucléaire. Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohammed el-Baradei, arrive aujourd'hui à Téhéran. Une visite qui intervient à la suite de la publication, le 6 juin, d'un rapport très sévère pour l'Iran. Ce pays «a omis de remplir ses obligations» liées au Traité de non-prolifération (TNP), estime l'agence des Nations unies qui pointe les «manquements» de Téhéran. Soutenu par les Etats-Unis, l'Union européenne et la Russie, El-Baradei demandera une nouvelle fois à l'Iran d'autoriser des inspections surprises et détaillées de ces sites nucléaires. Pour l'instant, Téhéran refuse de signer le «protocole additionnel» qui les rendrait possibles, mais souhaite poursuivre la «coopération» avec l'AIEA. Téhéran rappelle que le Traité de non-prolifération fait obligation aux puissances nucléaires militaires (Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine) d'aider les autres pays à développer leur nucléaire civil. Les soupçons sur l'Irak se sont précisés en août 2002, lorsqu'un groupe d'opposants (les Moudjahidin du peuple) a révélé l'existence de deux installations tenues secrètes par la République islamique. Il s'agit d'une usine d'enrichissement de l'uranium à Natanz et d'un centre de production d'eau lourde à Arak. Signataire du Traité de non-prolifération en 1970, l'Iran était tenu de déclarer leur existence. Pour des raisons diplomatiques, l'AIEA se garde de prononcer le mot «violation», mais c'est de cela qu'il s'agit.

Péché. «L'Iran travaille activement à développer des capacités en armes nucléaires», affirme le département d'Etat américain, une position partagée par les Européens. «L'Iran n'a pas encore la bombe, mais il veut se donner la possibilité d'en fabriquer une», estime Bruno Tertrais, spécialiste de la prolifération nucléaire à la Fondation pour la recherche stratégique (1). «Pour cela, l'Iran entend maîtriser l'ensemble de la filière nucléaire, poursuit-il. C'est un peu comme la France avant le retour de De Gaulle en 1958 : on met en place les outils nécessaires, sans forcément avoir pris la décision de développer un arsenal complet. Avec l'Iran, on n'est pour l'instant dans le péché véniel, pas encore dans le péché mortel.» D'autres experts sont plus pessimistes : «L'Iran a déjà pris la décision de se doter de l'arme nucléaire», affirme l'un deux, tenu à l'anonymat.

Mine. Maîtriser toute la filière signifie posséder des matières fissiles, pouvoir les enrichir, usiner des armes et enfin être capable de les tirer. L'Iran est actif dans tous ces domaines. Il exploite une mine d'uranium dans la province de Yazd, dont l'existence n'a été révélée que cette année. Le pays développe, avec l'aide de la Russie, un programme nucléaire civil à Bushehr, «d'une ampleur guère compatible avec les besoins énergétiques d'un pays exportateur de pétrole», assure Bruno Tertrais. Les deux installations de Natanz et d'Arak pourraient servir à produire des matières fissiles pour les deux «filières» de fabrication d'une arme : l'uranium enrichi ou le plutonium. Enfin, l'Iran se dote de capacités balistiques, avec le tir récent d'un missile sol-sol (lire ci-contre). Au vu de l'expérience récente, rien n'indique que Téhéran ne possède pas d'autres installations.

Même si l'Iran nie vouloir se doter d'une arme nucléaire, expliquant que ce serait contraire à l'islam, tous ces éléments mis bout à bout suscitent l'inquiétude des dirigeants occidentaux. Qui font aujourd'hui monter la pression sur Téhéran. D'autant que l'Iran a un long passé nucléaire. Il remonte au programme américain Atoms for Peace en 1957, lorsque l'Iran reçut quelques kilos d'uranium enrichi. Le premier centre de recherches a été créé en 1959 à l'université de Téhéran. Jusqu'à la révolution islamique de 1979, une importante coopération s'est développée avec les Etats-Unis, la France (contrat Eurodif pour une usine d'enrichissement), l'Allemagne ou l'Argentine. Au milieu des années 70, le régime du Shah est soupçonné de vouloir doter l'Iran d'une bombe atomique. Des milliers de chercheurs et de techniciens ont été formés dans les universités étrangères. L'arrivée au pouvoir de l'imam Khomeiny puis la guerre Irak-Iran ont brisé le programme. Il faudra attendre 1985 pour que le régime des mollahs le relance. En se tournant vers d'autres pays, comme la Corée du Nord, la Chine, peut-être, le Pakistan. En 1991, l'Iran a importé de l'uranium de Chine en oubliant de le déclarer à l'AIEA. Mais le pire n'est pas toujours sûr. En 1984, le magazine spécialisé Jane's affirmait, en se basant sur des informations des services de renseignements allemands, que l'Iran aurait sa bombe atomique dès 1986.

(1) L'Annuaire stratégique et militaire 2003 de la FRS, Odile Jacob, 39 euros.

Jean-Dominique MERCHET, Libération mercredi 09 juillet 2003

Une équipe d'experts en nucléaire de l'AIEA se rendra à Téhéran

TEHERAN (9 juillet 2003) - Un accord a été trouvé avec les responsables iraniens pour l'envoi la semaine prochaine d'une équipe d'experts à Téhéran afin de clarifier la situation nucléaire de l'Iran, a annoncé mercredi le directeur général de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradeï. "J'espère qu'une fois que ces problèmes seront clarifiés, l'Iran sera en position de signer le protocole", a-t-il déclaré à des journalistes en faisant référence au protocole additionnel du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui autorise des contrôles inopinés et plus approfondis. Les journaux iraniens, divisés sur la question des inspections, ont indiqué qu'ElBaradeï, arrivé mercredi à Téhéran, rencontrerait plusieurs responsables iraniens, dont le président Mohammad Khatami, au cours de sa visite d'une journée. "Je pense qu'il est nécessaire pour l'Iran de faire preuve du maximum de transparence et, par ce maximum de transparence, de créer la confiance", a déclaré ElBaradeï après sa rencontre avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharrazi. "ElBaradeï se rendra compte au cours de ses discussions avec les dirigeants que l'Iran souhaite coopérer et nous espérons qu'il y aura des réponses aux inquiétudes exprimées par les deux parties", a pour sa part déclaré Kharrazi. "Nos activités ont toujours été transparentes et nous sommes déterminés à poursuivre dans cette transparence car nous n'avons rien à cacher", a-t-il ajouté. Le directeur de l'AIEA a déclaré penser mardi que l'Iran allait accepter des inspections plus strictes de ses sites nucléaires afin de convaincre la communauté internationale que son programme n'a que des objectifs pacifiques. Les Etats-Unis accusent l'Iran de cacher un programme d'armement nucléaire, ce que dément Téhéran, qui affirme que son programme n'a que des visées énergétiques.

La classe dirigeante divisée

L'Iran est signataire du traité de non-prolifération (TNP) des armes nucléaires mais rechigne à signer le protocole additionnel de l'AIEA tant que ne sont pas levées des sanctions qui l'empêchent d'obtenir des transferts de technologie. "S'ils y réfléchissent, ils verront qu'il est réellement dans leur interêt de faire le premier pas", a déclaré ElBaradeï à Reuters. Alors qu'on lui demandait s'il s'attendait à ce que les dirigeants iraniens partagent son point de vue et finissent par signer le protocole, ElBaradeï a répondu: "Je le crois. C'est dans leur intérêt politique de faire la preuve de leur transparence." Selon certains diplomates en poste à Téhéran, la question des inspections a provoqué un débat virulent au sein de la classe dirigeante iranienne, illustré par les quotidiens parus mercredi. Le journal réformiste anglophone Iran Daily souligne ainsi que des inspections de l'AIEA permettraient de contredire les accusations américaines. "Etant donné le contexte mondial actuel, signer le protocole additionnel serait bénéfique à l'Iran", écrit le quotidien dans un éditorial publié en une. "Autoriser un accès sans restriction aux installations nucléaires prouvera la transparence du programme iranien et le mensonge de la propagande ennemie", poursuit-il. Pour d'autres, en revanche, accéder à la demande d'inspections renforcées ne mettrait pas fin aux exigences de Washington. "Si l'Onu et l'AIEA pensent que l'Iran devrait fournir quoi que ce soit aux Etats-Unis, cela signifie qu'ils sont trop soumis à l'influence de la guerre psychologique et de la propagande orchestrées par Washington", insiste le quotidien conservateur Resalat.



L'Iran confirme disposer d'un missile capable d'atteindre Israël

TEHERAN (lundi 7 juillet 2003) - L'Iran a confirmé lundi avoir procédé à un dernier essai réussi de son missile balistique Shahab-3 d'une portée de 1.300 km, capable d'atteindre Israël, alors que Téhéran refuse toujours des inspections à l'improviste de ses installations nucléaires par des experts de l'Onu. "Le test de livraison a eu lieu il y a quelques semaines. La portée du missile est ce que nous avions déclaré auparavant", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, ajoutant que ce test permettait désormais de livrer le missile aux forces armées iraniennes.

Selon les experts occidentaux, le Shahab-3 serait une variante améliorée du missile sol-sol nord-coréen No Dong-1, capable de transporter une charge de 800 kg. La preuve n'a cependant pas été faite qu'une ogive non conventionnelle (chimique, bactériologique ou nucléaire) puisse être fixée à ce missile. "L'essai et la portée du missile ne sont pas une surprise. En revanche, ce qui est plus surprenant, c'est le moment choisi pour l'annoncer", a indiqué à un diplomate occidental. "Le programme balistique iranien n'a jamais été secret même si les Iraniens sont plutôt discrets, mais pourquoi annoncer le teste à la veille de l'arrivée de Mohamed ElBaradei (directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique) et alors que l'Iran est sous pression internationale en ce qui concerne son programme nucléaire?", s'est-il interrogé. "Les Iraniens ont peut-être voulu envoyer un signal pour dire qu'ils résistent aux pressions internationales", a-t-il poursuivi.

Vendredi, le quotidien israélien Haaretz avait annoncé le premier que l'Iran avait testé un missile balistique capable d'atteindre Israël, la Turquie, le sous-continent indien et les bases américaines dans le Golfe. "Il n'y a rien de nouveau" a affirmé M. Assefi. "Apparemment les Israéliens sont en retard avec leurs informations", a-t-il ajouté. La confirmation de ce test intervient alors que l'Iran doit faire face à une pression internationale croissante et à la veille de l'arrivée, mercredi, de M. ElBaradei, qui doit demander aux dirigeants iraniens de signer le protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP). Ce protocole additionnel permet un contrôle plus poussé, notamment des inspections surprises des installations nucléaires iraniennes. "Il n'y a pas de +il faut+", a répondu M. Assefi à une question sur les propos de M. ElBaradei qui avait déclaré que l'Iran "devait faire le premier pas" en signant "immédiatement et sans condition" le protocole additionnel. "Dans les négociations avec M. ElBaradei, nous espérons que les deux parties pourront aborder des sujets qui permettront de créer la confiance mutuelle. Sinon, il faut poursuivre les négociations pour la créer", a ajouté M. Assefi. "Nous estimons que pour tout problème, il y a une solution, il faut donc discuter" pour y arriver, a-t-il poursuivi.

En juin, M. ElBaradei a affirmé dans son rapport au conseil des gouverneurs de l'AIEA que l'Iran avait manqué à plusieurs de ses obligations prévues dans le TNP, en particulier en omettant de déclarer l'importation d'uranium en 1991. A la suite de ce rapport, les pays de l'Union européenne, les membres du G8, l'AIEA, mais aussi à titre individuel la France, la Russie, le Japon, la Grande-Bretagne, l'Australie ont demandé à l'Iran de signer "immédiatement et sans condition" le protocole additionnel. L'Iran demande aux pays occidentaux de l'aider à développer son programme nucléaire civil avant de signer ce protocole. Rejetant les pressions européennes, M. Assefi a affirmé que l'accord de coopération commerciale actuellement en négociation avec l'Union européenne ne "devait pas être utilisé comme un moyen de pression" contre l'Iran pour l'obliger à signer le protocole additionnel. "L'accord de coopération commerciale sera profitable aux deux parties (...) et la République islamique d'Iran n'acceptera pas de telles pressions", a-t-il ajouté.

 

L'Iran refuse toute nouvelle concession concernant son programme nucléaire

TEHERAN (30 juin 2003) - Le secrétaire au Foreign Office Jack Straw a averti l'Iran que son refus d'ouvrir son programme nucléaire à des inspecteurs de l'Onu risquait de mettre en péril les relations de ce pays avec l'Union européenne, mais Téhéran semble toujours faire la sourde oreille. "Si nous devons accepter de nouveaux engagements, (...) les engagements de l'autre partie doivent être clarifiés", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie iranienne Kamal Kharazi, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue britannique.

M. Straw, qui effectuait là sa quatrième visite en Iran en moins de deux ans, a demandé à l'Iran de signer "immédiatement et sans condition le protocole additionnel" au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), afin de permettre aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de visiter à l'improviste n'importe quelle installation nucléaire iranienne.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hamid Reza Asséfi, a redit lundi la position iranienne. "Nous sommes prêts à prendre en compte les inquiétudes des Européens" en ce qui concerne le programme nucléaire de l'Iran mais "cela ne peut être unilatéral".

En rencontrant M. Straw, Hassan Rohani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, la plus haute instance chargée des questions de sécurité, a déclaré que Téhéran allait "prochainement inviter (Mohamed) ElBaradei (le directeur de l'AIEA, NDLR) à Téhéran pour des discussions visant à régler les problèmes techniques", mis en lumière dans le rapport de l'AIEA publié en juin.

"Ces problèmes techniques ne doivent pas être utilisés par les Etats-Unis comme un prétexte pour des actions politiques hostiles" contre l'Iran, a ajouté M. Rohani.

L'Iran ne cesse d'affirmer qu'il n'a rien à cacher et qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme atomique, et se plaint que les autres pays signataires du TNP ne remplissent pas leurs obligations à son égard, en bloquant les transferts de techniques nucléaires civiles vers Téhéran.

M. Straw, qui a rencontré lundi le président réformateur Mohamad Khatami avant de partir pour Kaboul, avait dit dimanche qu'il revenait à l'Iran de faire le premier pas et que si l'Iran signait le protocole additionnel, "la confiance de la communauté internationale (serait) telle que ces sanctions (seraient) levées".

Les Etats-Unis accusent l'Iran de vouloir utiliser son programme nucléaire civil pour fabriquer l'arme atomique.

Les pays européens affirment de plus en plus ouvertement que, avant de coopérer plus avant avec l'Iran, ils attendent que celui-ci évolue sur la question nucléaire, mais aussi en ce qui concerne les droits de l'Homme, la coopération dans la lutte contre le terrorisme et Al-Qaïda, ainsi que vis-à-vis du processus de paix au Proche-Orient.

Plusieurs responsables iraniens ont critiqué lundi la position britannique. "La Grande-Bretagne manie la carotte et le bâton", a affirmé Mme Jamileh Kadivar, député réformateur, citée par la presse iranienne.

Le député conservateur Allaeddine Boroujerdi a demandé pour sa part que les autorités iraniennes répondent avec plus de fermeté à la politique de la Grande-Bretagne après les récentes déclarations du Premier ministre Tony Blair, qui avait affirmé "soutenir" les manifestations hostiles au régime.

MM. Straw et Kharazi avaient affiché leurs divergences aussi à propos des droits de l'Homme. Le chef de la diplomatie iranienne avait critiqué le soutien de M. Blair aux "perturbateurs" et a fait part du "grande mécontentement" de son pays concernant les ingérences britanniques dans les affaires intérieures de l'Iran.

"La position du Royaume-Uni est de soutenir le droit à des rassemblements libres et pacifiques", avait répondu Jack Straw



Jacques Chirac n'a aucune "réserve" sur la coopération nucléaire entre la Russie et l'Iran

EVIAN 2/06/03 - Jacques Chirac a estimé lundi, en contradition avec les Etats-Unis, qu'il n'y avait "pas lieu d'exprimer la moindre réserve" sur la coopération entre la Russie et l'Iran dans le domaine nucléaire, en estimant qu'elle portait uniquement sur le secteur civil.

"Cette copération n'a aucunement pour vocation d'aider l'Iran à acquérir un potentiel militaire nucléaire", a estimé le président français au G8 d'Evian.

Jacques Chirac a affirmé que "la Russie a été très claire" et que "personne ne l'a contestée dans ce domaine".

Les Etats-Unis s'inquiètent de la mise en fonctionnement d'ici la fin de l'année du premier réacteur civil iranien, fourni par la Russie. Ils soupçonnent l'Iran de vouloir développer par ce biais un programme d'armement nucléaire.

La position exprimée par la France est en contradiction avec l'analyse de Washington. L'administration Bush affirme que les ventes de technologie russe à l'Iran permet à Téhéran de développer un programme d'armement nucléaire, tandis que la Russie prétend n'intervenir que dans le cadre d'un programme nucléaire civil.

Dans une déclaration adoptée lundi au sommet d'Evian, les membres du G8, dont la Russie fait partie, assurent qu'ils ne "resteront pas indifférents aux conséquences, en termes de prolifération, de l'état d'avancement du programme nucléaire de l'Iran". Ils ont appelé Téhéran à se conformer "totalement" à ses obligations dans le cadre du traité de non prolifération (TNP), et à signer "sans délai ni condition" le "protocole additionnel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).


Nucléaire: l'affaire des otages français au Liban

"La République atomique", documentaire diffusé le mercredi 14 novembre sur Arte, plonge au coeur des relations franco-iraniennes en établissant des liens entre la vague d'attentats des années 1980 en France et les ambitions nucléaires de l'Iran.

Au centre de ce film de David Carr-Brown et Dominique Lorentz, l'entrée de l'Iran du Chah en 1974 dans le capital d'Eurodif, consortium d'enrichissement de l'uranium mis en oeuvre par la France. Manifestation, selon les auteurs, de la volonté de Téhéran de se doter de la bombe atomique.

Mais l'arrivée de Khomeiny au pouvoir en 1979 change la donne. "Les Etats-Unis, aidés par la France, voulurent que l'Iran renonce à ses ambitions nucléaires, ce que la République islamique n'a pas accepté. Elle fit alors pression sur eux de 1980 à 1991", explique Dominique Lorentz.

Les années 1985 et 1986 furent marquées par les otages français au Liban, les attentats à Paris (FNAC, Hôtel de Ville, Pub Renault) et l'assassinat de Georges Besse le 17 novembre 1986.

Information peu connue du grand public et expliquée dans le film : avant de diriger Renault, M. Besse fut l'un des grands responsables du programme nucléaire français, jusqu'à devenir patron... d'Eurodif. Et le groupe Action Directe, responsable de sa mort, était "intimement lié" aux Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), selon Mme Lorentz.

Fin décembre 1991, un accord de règlement du contentieux franco-iranien a été enfin signé. Il reconnaît bien l'Iran comme actionnaire d'Eurodif. Un pacte dont plusieurs dispositions restent aujourd'hui secrètes.

Sur son application, les avis de Paris et des auteurs du documentaire divergent. De source diplomatique française, on indique que "l'Iran est bien membre d'Eurodif. Mais en l'absence de centrale nucléaire civile opérant en Iran, il n'y a pas de livraison d'uranium enrichi. En outre, cet uranium est très faiblement enrichi et non susceptible d'usage militaire".

L'Iran possède pourtant officiellement cinq petits réacteurs de recherche civile et doit mettre en service une centrale civile à Busher, sur le Golfe, avec l'aide de Moscou.

"Les Iraniens ne se sont pas battus pied à pied pendant dix ans pour ne pas exercer leur droit sur l'uranium enrichi d'Eurodif", juge Laurent Beccaria, co-producteur du film et éditeur aux Arènes de deux livres de Dominique Lorentz sur le sujet, "Une guerre" (1997) et "Affaires atomiques" (février .

A partir de sources ouvertes et de déclarations officielles, l'auteur y raconte la stratégie délibérée des grandes puissances --parallèle au discours sur la non-prolifération-- de dissémination de l'arme nucléaire, pour d'excellentes raisons stratégiques et diplomatiques.

"La France a travaillé non seulement avec l'Iran, mais aussi avec l'Irak, l'Egypte, le Pakistan, l'Inde, la Chine et l'Arabie Saoudite, c'est-à-dire les principaux acteurs du conflit actuel", résume Mme Lorentz. A ce jour, aucun des deux livres n'a été attaqué en justice ou officiellement démenti.

La fin du documentaire est troublante. En visite à Paris en 1999, le président iranien Mohammad Khatami dépose une gerbe au Panthéon sur la tombe de Pierre et Marie Curie, les pionniers français de l'atome.



L'Iran annonce qu'il va produire du combustible nucléaire pour ses centrales

TEHERAN, 9 fév 03 - Le président iranien Mohammad Khatami a annoncé dimanche la découverte et l'exploitation d'une mine d'uranium dans le centre du pays et la création de deux usines pour la production de combustible destiné à ses futures centrales nucléaires civiles, a rapporté l'agence officielle Irna.

Le président, qui s'exprimait devant les responsables du ministère de la Science, de la Recherche et de la Technologie, et dont le discours a été diffusé en intégralité par la télévision d'Etat, a situé la mine d'uranium à 200 km de Yazd (centre) et les deux usines à Ispahan et Kachan (centre également), selon Irna.

"A Savand, une région située à 200 kilomètres de Yazd, nous avons des réserves importantes d'uranium dont le travail d'extraction a commencé", a présidé le président.

Dans la même province, une usine de production de "yellow cake", de l'uranium concentré, est en construction, a annoncé M. Khatami.

Selon M. Khatami, l'Iran a achevé la construction près d'Ispahan (centre) d'installations pour la production de composites d'uranium (UF4 et UF6) à partir du yellow cake.

Un contrat de 110 millions de dollars avait été signé en 1992 entre l'Iran et la Chine pour la construction de ces installations. Mais les Chinois ont interrompu leur coopération en 1997 sous la pression des Etats-Unis et les ingénieurs iraniens ont achevé les travaux de l'usine qui "sera inaugurée prochainement".

Ensuite, "l'oxyde d'uranium (UF6) produit à Ispahan sera enrichi dans un vaste complexe situé près de Kachan", a affirmé M. Khatami.

Selon lui, "le produit enrichi sera enfin utilisé dans une autre usine en construction pour obtenir du combustible destiné aux centrales nucléaires".

L'Iran possède actuellement une seule centrale en cours de construction à Bouchehr (sud) par les Russes et qui doit être achevée en juin 2004.

"Les Russes nous ont promis de nous livrer le combustible pour cette centrale et nous espérons qu'ils le feront, mais dans le monde d'aujourd'hui nous ne pouvons remettre notre avenir entre les mains d'autres qui peuvent faire l'objet de pressions diverses", a ajouté le président, dans une allusion directe à des pressions américaines.

Il a également rappelé que l'Iran voulait porter sa capacité nucléaire nationale à 6.000 mégawatts en 20 ans (contre 1.000 pour la première tranche de Bouchehr), conformément aux projets d'extension de Bouchehr de construction d'une nouvelle centrale à Ahwaz (sud-ouest).

"L'Iran est déterminé à utiliser la technologie nucléaire à des fins pacifiques", a-t-il rappelé.

Les Etats-Unis soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. "Nous pensons que l'Iran utilise Bouchehr comme couverture pour obtenir des technologies sensibles et faire avancer son programme d'armement nucléaire", a déclaré début février un porte-parole du département d'Etat.

Face aux pressions, l'Iran a accepté fin 2002 de rendre à la Russie le futur combustible nucléaire usagé de Bouchehr, condition posée par Moscou pour achever les travaux.

L'Iran s'apprête à recevoir, le 25 février, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei. "Nous sommes prêts à recevoir les inspecteurs de l'AIEA pour qu'ils examinent nos activités afin de confondre les mensonges proférés par les autres contre la République islamique", a assuré le président iranien, sans dire si cela concernait les deux nouveaux sites.

Récemment, M. ElBaradei a souhaité que l'Iran, signataire du Traité de non-prolifération (TNP), signe également un protocole additionnel permettant aux inspecteurs de l'AIEA de mener des inspections sur des sites "suspects" non déclarés.

En décembre, la chaîne de télévision CNN avait montré les photos prises par satellites de deux autres installations nucléaires, en cours de construction, près de Natanz (centre) et Arak (sud-ouest de Téhéran). L'Iran a donné son accord pour que les inspecteurs de l'AIEA se rendent sur ces deux sites.

 


L'Iran construit une centrale nucléaire sous terre, selon le Département d'Etat

WASHINGTON 14/12/02 - L'usine de fabrication d'énergie nucléaire et le laboratoire de recherche que construit actuellement l'Iran seront sous-terre, a annoncé vendredi le Département d'Etat.

Jeudi soir, des responsables américains avaient donné écho aux accusations lancées cet été par un groupe d'opposition iranien selon lequel deux sites du centre de l'Iran pourraient être utilisés de façon clandestine pour développer des armes nucléaires.

Le porte-parole du Département d'Etat Richard Boucher a expliqué que des images-satellite montraient que certaines structures du site de Natanz, dans le centre du pays, étaient déjà partiellement enterrées.

"L'Iran avait clairement l'intention de renforcer et d'enterrer cette usine," a-t-il déclaré. "Cette usine n'était sans doute pas du tout destinée à être déclarée comme composante du programme (nucléaire) pacifique", mais au contraire "l'Iran a été pris en flagrant délit de construction d'un site secret sous-terrain où il pourrait produire du matériel pour missiles nucléaires".

Un porte-parole du gouvernement iranien, Abdollah Ramezanzadeh, a assuré vendredi que Natanz "n'est pas sous terre" et insisté sur le fait que toutes les installations nucléaires que compte le pays ont une mission pacifique.

"Nous ne menons aucune activité ou étude en rapport avec le nucléaire dont l'Agence internationale à l'énergie atomique n'ait pas connaissance," a affirmé M. Ramezanzadeh vendredi, bien que les autorités iraniennes aient refusé une visite des lieux par des observateurs de l'ONU, sous prétexte que le président Mohammad Khatami était alors absent du pays.

Ces informations "renforcent nos inquiétudes déjà importantes sur le fait que l'Iran cherche à adopter la technologie qui lui permettra de produire des matériaux fissiles pour des armes nucléaires," a expliqué M. Boucher, ajoutant qu'un pays aussi riche en gaz et en pétrole que l'Iran n'a rien à gagner économiquement à construire de telles installations.

Il a engagé l'Iran a coopérer pleinement avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et à se soumettre aux réglementations internationales qui exigent que toutes les constructions de sites en rapport avec le nucléaire doivent être signalées dans les 180 jours qui précèdent le début des travaux.

A Vienne, le directeur de l'AIEA Mohamed ElBaradei a déclaré qu'il était au courant de l'extension du programme nucléaire iranien depuis six mois.

"Ce n'est pas une surprise pour nous," a-t-il assuré pendant une conférence de presse, reprochant à Téhéran de ne pas avoir volontairement signalé ces projets. "Il aurait mieux valu que nous soyons informés avant de la décision de construire ces usines", qui ne sont selon lui pas encore opérationnelles.

Les agences de renseignement américaines ne pensent toutefois pas que l'Iran soit déjà doté d'armes nucléaires.

Le Secrétaire d'Etat Colin Powell s'est par ailleurs entretenu vendredi avec son homologue russe Igor Ivanov, mais M. Boucher a déclaré ne pas savoir si les deux hommes ont évoqué les activités iraniennes.

Quelque 600 spécialistes russes travaillent en ce moment à un projet de construction d'un réacteur nucléaire d'un montant de 800 millions de dollars dans le sud de l'Iran. Les détails de ce projet devraient être diffusées dans les prochains mois.


L'Iran réfute développer un programme nucléaire militaire

TEHERAN 13/12/02 - Téhéran s'est à nouveau défendu vendredi de mener un programme nucléaire militaire, démentant des informations de médias américains, et a accepté une inspection de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"Nous n'avons aucune activité nucléaire qui ne soit sous le contrôle de l'AIEA, il n'y a rien de secret, ils sont au courant de tout, ils peuvent visiter tous les sites", a déclaré le porte-parole du gouvernement Abdollah Ramezanzadeh.

Le porte-parole de l'AIEA, Mark Gwozdecky, a indiqué à Vienne que l'Iran avait accepté une inspection de deux nouveaux sites, prévue en février 2003 après avoir été reportée à la demande de Téhéran. "Nous ne connaissons pas la finalité de ces sites, il pourraient être utilisés à des fins pacifiques, nous voulons avoir plus d'informations", a ajouté ce porte-parole.

La chaîne américaine CNN a diffusé jeudi soir des photos satellite prises en septembre et montrant la construction d'installations près de Natanz (centre de l'Iran) et Arak (sud-ouest de Téhéran). Des responsables américains cités par CNN ont estimé avoir affaire à des aménagements permettant l'enrichissement d'uranium, nécessaire pour la fabrication du combustible atomique.

Il s'agit seulement d'un "site de recherche" nucléaire et dès qu'il sera opérationnel, "les experts de l'AIEA pourront le visiter", a assuré M. Ramezanzadeh en parlant de Natanz, sans préciser aucune échéance. Il n'a pas évoqué Arak. "Vous pouvez prendre votre voiture et aller voir vous-même ces installations qui sont au vu de tout le monde", a-t-il insisté.

L'Iran a informé l'AIEA en septembre qu'il construisait de nouvelles installations et a ensuite accédé à une demande de visite, a rapporté Mark Gwozdecky.

Les activités nucléaires de l'Iran sont "conformes aux conventions internationales en vigueur, comme cela a été confirmé à plusieurs reprises par les observateurs de l'AIEA", a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Hamid-Reza Assefi en défendant pour son pays "le droit d'utiliser (le nucléaire) à des fins pacifiques".

Les Etats-Unis n'ont cessé d'accuser l'Iran de développer les armes de destruction massive et de chercher à posséder l'arme atomique.

Le discours du président George W. Bush qui avait placé fin janvier l'Iran sur un "axe du mal" avait marqué une détérioration des rapports entre Washington et Téhéran et suscité une rhétorique guerrière dans laquelle le Guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei avait prévenu les Américains qu'ils "regretteraient" une attaque contre l'Iran.

L'avancement de la première tranche de la centrale de Bouchehr, construite en collaboration avec la Russie et censée entrer en service en juin 2004, avait ajouté à la préoccupation américaine d'un détournement de technologie, en même temps qu'il tendait les relations entre les Etats-Unis et la Russie.

Non seulement Téhéran et Moscou prévoient d'ajouter deux réacteurs à la centrale de Bouchehr, mais ils envisagent de mettre en chantier une autre centrale, à Ahwaz (ouest).

Les soupçons américains risquent d'être renforcés par l'annonce d'une étude de faisabilité pour une seconde centrale nucléaire iranienne de 1.000 mégawatts. L'objectif est de faire passer la capacité nucléaire nationale à 6.000 mégawatts en 20 ans, conformément aux plans de coopération russo-iranienne prenant en compte les nouvelles tranches de Bouchehr et Ahwaz.

 

Les Etats-Unis soupçonnent l'Iran d'utiliser deux sites pour un futur programme d'armement nucléaire

WASHINGTON 13/12/02 - Deux sites, en cours de construction, situés au centre de l'Iran pourraient être utilisés dans le cadre d'un programme clandestin destiné à mettre au point des armes nucléaires, ont déclaré jeudi des responsables américains ayant requis l'anonymat.

Les responsables américains se fondent sur des informations fournies par le Conseil de résistance nationale d'Iran, un groupe d'opposition à la République islamique d'Iran, basé à Paris.

Au mois d'août, les responsables du Conseil de résistance nationale d'Iran, un groupe d'opposition à la République islamique d'Iran, a affirmé qu'une fois leur construction achevée, ces deux sites abriteraient une usine de production d'énergie nucléaire et un laboratoire de recherche, à Natanz, et une usine de production d'eau lourde à Arak.

Le site de Natanz pourrait également inclure une usine d'uranium enrichi, selon les responsables américains. Quant à l'usine d'eau lourde d'Arak elle pourrait faire partie d'un programme visant à produire du plutonium.

Le groupe d'opposition iranienne a cité des sources non-identifiées à l'intérieur du gouvernement iranien.

L'Iran n'a pas signalé l'existence de ces deux sites aux inspecteurs internationaux, ont précisé les responsables américains.

Les services de renseignements américains ne pensent pas que l'Iran ait fabriqué des armes nucléaires par le passé. L'Iran a pour sa part toujours démenti l'existence d'un programme d'armement nucléaire.

Selon les responsables américains, le fait que l'Iran ne dispose pas d'uranium ou de plutonium enrichis demeure le facteur principal empêchant le pays de développer ses objectifs nucléaires.

Au mois de mars, le directeur de la CIA George Tenet avait déclaré que "Téhéran pourrait être capable de produire suffisamment de matériel fissile pour (mettre au point) une arme nucléaire d'ici la fin de la décennie".

 

Première pierre d'une centrale nucléaire construite par les Occidentaux

KUMHO (Corée du nord), 7 août - Une cérémonie a marqué mercredi le début, après un important retard, de la construction en Corée du nord d'une centrale nucléaire par un consortium occidental dans le cadre d'un accord conclu entre Pyongyang et Washington pour empêcher le régime stalinien de se doter de la bombe atomique.

Le représentant des Etats-Unis à la cérémonie où du béton a été coulé dans les fondations de la future centrale, Jack Pritchard, en a profité pour appeler la Corée du nord à laisser inspecter ses installations nucléaires suspectes et à respecter le traité de non prolifération des armes nucléaires.

Selon l'accord conclu en 1994, Pyongyang a gelé son programme nucléaire officiellement civil mais soupçonné de masquer la fabrication d'armes atomiques. En échange, la Corée du nord reçoit une aide en carburant et bénéficie de la construction d'une centrale nucléaire présentant moins de risque militaire par un groupement réunissant les Etats-Unis, la Corée du sud, le Japon et l'Union européenne, le Korean Peninsula Energy Development Organization (KEDO).

Le projet de deux réacteurs à eau légère de 1.000 mégawatts pour près de cinq milliards de dollars a été retardé de plusieurs années par des contentieux entre la Corée du nord et le KEDO, notamment sur les salaires à payer aux travailleurs nord-coréens.

L'arasement d'une colline pour y construire la centrale a pris quatre ans et le creusement des fondations n'a commencé qu'en 1991.

M. Pritchard, émissaire spécial américain pour la Corée du nord et représentant des Etats-Unis au KEDO, a déclaré que le consortium aurait achevé "une partie significative" du projet en livrant des composants clé à la mi

Mais il a averti que la Corée du nord devait accepter des inspections de ses installations nucléaires par l'Agence internationale de l'énergie atomique et respecter le traité de non prolifération.


La centrale de Bouchehr opérationnelle en juin 2004 (ministre)

05/08 - La centrale nucléaire de Bouchehr (sud de l'Iran) sera opérationnelle en juin 2004, a indiqué lundi le vice-ministre russe de l'Energie atomique Andreï Malychev cité par l'agence Interfax.

Les spécialistes russes vont charger le combustible nucléaire dans le réacteur en décembre 2003, a-t-il ajouté.

Le responsable a une nouvelle fois souligné que la centrale de Bouchehr, équipée d'un réacteur à eau pressurisée VVER, serait à l'usage purement civil.

"L'usage double des réacteurs VVER est hors de question. Les experts de l'agence internationale de l'Energie atomique ont constaté qu'il n'y avait pas de moyen de l'utiliser à des fins militaires", a-t-il ajouté.

La coopération nucléaire russo-iranienne est vue d'un mauvais oeil par Washington qui craint que Téhéran ne se dote d'armes nucléaires.

Moscou a fait vendredi dernier une apparente concession aux Etats-Unis en déclarant que la mise en oeuvre du programme nucléaire Russie-Iran dépendait de "facteurs politiques".

L'Iran a commandé en janvier 1994 à Moscou la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr pour une somme de près de 800 millions de dollars après que la société allemande Siemens eut retiré son projet sous la pression des Etats-Unis. Elle est actuellement dotée d'un seul réacteur.

L'Iran doit décider cette année de la construction ou non de deux réacteurs nucléaires supplémentaires sur le site de Bouchehr.


Le combustible nucléaire usagé d'une centrale iranienne sera renvoyé en Russie (source officelle)

MOSCOU, 24 juin - Un responsable russe a déclaré lundi que le combustible nucléaire utilisé dans la centrale nucléaire de Bouchehr que les Russes aient l'Iran à construire serait renvoyé en Russie, a rapporté l'agence de presse Interfax apaisant ainsi les craintes d'une utilisation par Téhéran du combustible usagé pour se doter de l'arme nucléaire.

L'adjoint du ministre à l'énergie atomique Valery Lebedev a rejeté les accusations de l'organisation écologiste Greenpeace selon lesquelles le combustible nucléaire usagé de cette centrale, actuellement équipée d'un simple réacteur et qui devrait être opérationnelle en 2003, se retrouverait ensuite entre les mains de Téhéran.

"La Russie va observer précisément les principes de l'Agence internationale de l'énergie atomique selon lesquels tout combustible utilisé retournera dans le pays fournisseur", a déclaré M. Lebedev, cité par Interfax.

L'adjoint du ministre a indiqué qu'une disposition sur le rapatriement du combustible utilisé avait été rédigé dans le texte de l'accord entre Moscou et Téhéran sur la construction et le fonctionnement de la centrale.

"Lors de notre récente rencontre en mai, les délégués de l'Agence internationale à l'énergie atomique (IAEA) ont réinsisté sur cette disposition", a déclaré M.Lebedev.

Cependant, il a ajouté que le combustible pourrait être stocké en Iran pendant trois ans afin de "refroidir" avant d'être convoyé par bateau vers un site dans la région de Krasnoyarsk, dans l'ouest de la Siberie pour y être retraité ou stocké définitivement.

Les Etats-Unis et Israël craignent que la coopération nucléaire russo-iranienne ne permette à Téhéran d'acquérir la technologie nécessaire afin de se doter de l'arme nucléaire, même si l'Iran a indiqué que la centrale était construite uniquement à des fins civils, et qu'il autoriserait des inspections régulières de son usine par l'IAEA.

Le président américain George W. Bush a soulevé les inquiétudes de Washington a propos de l'aide nucléaire de la Russie envers l'Iran lors du sommet de Moscou le mois dernier avec son homologue Vladimir Poutine.

 

 

Délégation russe prochainement en Iran pour livrer du combustible nucléaire
MOSCOU, 25 mai -
Une délégation russe doit se rendre prochainement en Iran pour discuter de la livraison de combustible nucléaire à la centrale de Bouchehr (sud de l'Iran), construite par Moscou et qui constitue une pierre d'achoppement pour le nouveau partenariat américano-russe.

La Russie négocie également la construction de réacteurs nucléaires supplémentaires pour cette centrale, sur des sites déjà définis, a déclaré à Moscou le ministre de l'Energie atomique, Alexandre Roumiantsev, cité par Interfax.

Les présidents américain George W. Bush et russe Vladimir Poutine, qui ont signé vendredi à Moscou une déclaration sur le "nouveau partenariat stratégique" entre la Russie et les Etats-Unis, ont affiché de nettes divergences sur la question de l'Iran, que Washington soupçonne de vouloir se doter de l'arme nucléaire.

Mais Vladimir Poutine a balayé les objections américaines en affirmant que la coopération russe dans le domaine du nucléaire civil respectait le principe de non prolifération et avait un caractère purement économique.

L'Iran a commandé en 1993 à Moscou la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr pour une somme de près de 800 millions de dollars. Dotée actuellement d'un seul réacteur, elle doit être mise en route en septembre

 


L'Iran dément avoir cessé sa collaboration avec la CTBTO

TEHERAN, 14 avr -
 L'Iran a démenti dimanche avoir interrompu fin janvier sa collaboration avec la CTBTO, agence des Nations unies chargée de la mise en oeuvre du Traité d'interdiction des essais nucléaires (CTBT), a indiqué dimanche un diplomate iranien.

"L'information selon laquelle nous aurions cessé cette collaboration est erronée", a déclaré le représentant permanent iranien auprès de l'ONU à Vienne, Pirouz Hosseini, cité par l'agence IRNA.

"La République islamique, qui est un des premiers pays signataires du Traité d'interdiction des essais nucléaires (CTBT) a toujours transmis ses informations à l'agence depuis le début de l'année 2000", a assuré de son côté M. Hosseini.

 


La CTBTO s'inquiète d'une interruption de la collaboration de l'Iran

VIENNE, 12 avr -
 L'Iran a interrompu fin janvier sa collaboration avec la CTBTO, une agence des Nations unies chargée de la mise en oeuvre d'un traité d'interdiction des essais nucléaires (CTBT), a indiqué vendredi une porte-parole de l'organisation à Vienne.

La CTBTO, qui dispose d'une centaine de stations de contrôle dans le monde pour vérifier qu'aucun test nucléaire n'est mené, a expliqué que sa station située en Iran, et qui a démarré son activité en décembre 2001, avait cessé de transmettre des informations depuis fin janvier.

"Les autorités iraniennes ont expliqué cette interruption par le fait que le parlement iranien se demande si le pays a une obligation légale de transmettre ces données avant que le traité CTBT entre en application", a indiqué Daniela Rozgonova, porte-parole de la CTBTO.

Selon elle, rien ne permet de penser qu'il s'agit d'une décision politique de l'Iran. "Nous n'avons pas été informés de raisons politiques derrière cette décision", précise-t-elle en affirmant que l'interruption des transmissions de données de la station iranienne ne remet pas en cause l'efficacité du réseau de surveillance mondial de la CTBTO.

"Si des tests nucléaires étaient effectués en Iran, nous le saurions tout de suite grâce à d'autres stations situées ailleurs et qui couvrent le territoire iranien", explique-t-elle.

Le traité CTBT, élément essentiel contre la prolifération des armes nucléaires, n'est pas entré en application car il n'a pas encore été ratifié par les 44 Etats ayant une capacité nucléaire qui y sont nommément désignés. Trente et un l'ont fait à ce jour dont la France, la Grande-Bretagne et la Russie.

Mais, parmi les 44 pays clés, trois n'ont pas signé le traité : Corée du Nord, l'Inde et le Pakistan, alors que ces deux derniers pays ont procédé à des tests en mai 1998. Dix autres ont signé, mais n'ont pas ratifié, parmi lesquels la Chine, l'Iran, Israël et les Etats-Unis, le Sénat américain ayant refusé de ratifier le traité en octobre 1999.



Moscou évoque un retard dans la mise en route de la centrale nucléaire iranienne

MOSCOU, 14 mars -
 Le ministre russe de l'Energie atomique Alexandre Roumiantsev a parlé jeudi d'une mise en route de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr, construite par la Russie, en 2004 seulement, alors que la date de septembre 2003 avait été indiquée auparavant.

"Il n'y a aucun différend avec l'Iran au sujet de la réalisation du projet", a déclaré le ministre, cité par l'agence Itar-Tass, en ajoutant que "tous les travaux sont en cours, tous nos spécialistes sont sur place".

La partie russe avait indiqué en février dernier que la mise en route était prévue pour septembre 2003, en retard sur le programme prévu, ce qui avait irrité Téhéran.

"L'Iran a fait part de son mécontentement aux autorités russes", pour ce retard, avait déclaré à la fin février l'ambassadeur d'Iran à Moscou Gholamreza Chaféï, selon le quotidien iranien Hambasteghi.

La coopération de Moscou avec Téhéran dans le nucléaire civil est critiquée par Israël et les Etats-Unis, qui soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire par ce moyen.

La centrale de Bouchehr a été commandée à la Russie en janvier 1994, après que la société allemande Siemens eut retiré son projet sous la pression des Etats-Unis.

Jeudi M. Roumiantsev a réitéré la position de Moscou, selon laquelle "la construction de la centrale de Bouchehr est conforme à toutes les obligations internationales de l'Iran et de la Russie", selon Interfax.

Le contrat de Bouchehr représente un peu plus d'un milliard de dollars, selon le ministre.

------> Netanyahu pour lever le voile sur l'armement nucléaire israélien

------> L'Iran construit-il des armes nucléaires ?

 

Centrale nucléaire russe en Iran: mise en route en septembre 2003
MOSCOU, 15 fév -
 Le premier réacteur de la centrale nucléaire de Bouchehr construite par la Russie en Iran sera mis en route en septembre 2003, a indiqué vendredi le ministère russe à l'Energie atomique (Minatom) cité par l'agence Interfax.

Selon le ministère, les travaux effectués à Bouchehr, dans le cadre d'un contrat de 800 millions de dollars, sont achevés à 60%. La Russie prévoit de fournir le combustible et de former des spécialistes iraniens.

Un deuxième réacteur de type VVER de 1.000 mégawatts doit être construit ultérieurement et la centrale doit être achevée en 2005.

La centrale de Bouchehr a été commandée à la Russie en janvier 1994, après que la société allemande Siemens eut retiré son projet sous la pression des Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont accusé l'Iran de chercher à acquérir des technologies sensibles pour son programme d'armes nucléaires sous couvert de la construction de la centrale de Bouchehr. Une accusation rejetée par Moscou qui affirme respecter "toutes ses obligations" en matière de non-prolifération.

 

 

L'Iran aura la bombe nucléaire d'ici 2005, selon Israël
WASHINGTON, 7 fév -
 L'Iran aura la bombe nucléaire d'ici 2005, a déclaré jeudi à Washington le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben Eliezer.

"D'ici 2005, ils (les Iraniens) seront en mesure de produire une bombe nucléaire iranienne", a déclaré M. Ben Eliezer à des journalistes avant une rencontre avec son homologue américain Donald Rumsfeld.

Le ministre israélien a exprimé l'espoir que les Etats-Unis et la Russie puissent mettre à profit leurs meilleures relations pour faire face à la menace iranienne.

 

 

L'Iran n'a pas l'intention de développer ou d'acquérir des armes nucléaires (ambassadeur)
MOSCOU, 7 fév -
 L'ambassadeur d'Iran en Russie Gholam Reza Shafei a assuré jeudi que Téhéran n'avait pas l'intention de développer ou d'acquérir des armes nucléaires, lançant un avertissement voilé aux Etats-Unis en cas de recours à la force contre Téhéran.Il a souligné que l'Iran avait "toujours soutenu la lutte de la coalition internationale contre les taliban", en réponse aux accusations d'ingérence des Etats-Unis dans les affaires du nouveau régime en place à Kaboul.

Washington a également appelé l'Iran à "sortir de l'axe du mal", expression utilisée par le président George W. Bush pour désigner trois pays - Iran, Irak et Corée du Nord - qui cherchent à se doter d'armes de destruction massive, selon Washington.

"Ces accusations sont fausses et sans fondement", a déclaré l'ambassadeur, cité par l'agence Interfax.

"L'Iran n'a pas l'intention de développer et d'acquérir des armes nucléaires", a-t-il affirmé.

"Aucun pays ne peut dénier à un autre le recours à l'énergie atomique dans un but pacifique", a souligné l'ambassadeur.

Evoquant la coopération entre Téhéran et Moscou pour la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr, il a rappelé que l'Iran était membre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et que les inspections de cette organisation n'avaient rien révélé de suspect quant à un usage militaire du nucléaire.

A propos d'un éventuel recours à la force des Etats-Unis contre l'Iran, l'ambassadeur a exprimé l'espoir que les Américains "reprendraient leurs esprits et ne permettraient pas qu'une telle chose se produise".

"L'Iran n'est pas l'Afghanistan", a-t-il cependant lancé dans une allusion au soutien de l'opposition antitaliban par les Etats-Unis.

"Nous avons des groupes politiques différents mais si la protection du pays est en jeu, toutes les différences seront oubliées et nous réagirons comme n'importe quel pays faisant face à une agression doit le faire", a-t-il ajouté.

Le Guide de la République islamique d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a mis en garde jeudi à Téhéran les Etats-Unis contre une "agression", ajoutant qu'ils "regretteraient" une telle attaque, a annoncé la télévision.

 



La Russie expédie en Iran un élément de la centrale nucléaire de Bouchehr

MOSCOU, 17 nov - La Russie a expédié vendredi vers l'Iran une pièce importante d'un réacteur destiné à la centrale nucléaire de Bouchehr, rapporte l'agence Itar-Tass.

La centrale de Bouchehr a été commandée à la Russie en janvier 1994, après que la société allemande Siemens eut retiré son projet sous la pression des Etats-Unis.

Le premier réacteur de Bouchehr devrait être mis en service en décembre

Les Etats-Unis comme Israël craignent que Téhéran ne parvienne à acquérir la technologie des armes nucléaires via cette coopération. Moscou a toujours rejeté ces accusations.




Bouchehr utilisée pour l'élaboration d'armes nucléaires, selon Washington

WASHINGTON, 16 nov - Washington considère que Téhéran utilise sa centrale nucléaire de Bouchehr pour élaborer des armes nucléaires, a indiqué vendredi le département d'Etat.

"Nous pensons que l'Iran utilise Bouchehr comme couverture pour obtenir des technologies sensibles afin d'avancer son programme d'armes nucléaires", a déclaré le porte-parole adjoint du département d'Etat Philip Reeker.

"Nous pensons que les efforts clandestins de l'Iran pour obtenir du matériel de qualité militaire et des capacités de production adéquates constituent une menace", a ajouté M. Reeker.

Le porte-parole réagissait à l'information selon laquelle la Russie a expédié vendredi vers l'Iran une pièce importante d'un réacteur destiné à la centrale nucléaire de Bouchehr.

La centrale de Bouchehr a été commandée à la Russie en janvier 1994, après que la société allemande Siemens eut retiré son projet sous la pression des Etats-Unis.

Le premier réacteur de Bouchehr devrait être mis en service en décembre

Les Etats-Unis comme Israël craignent que Téhéran ne parvienne à acquérir la technologie des armes nucléaires via cette coopération. Moscou a toujours rejeté ces accusations.

 



Moscou finira l'étude d'un 2e réacteur nucléaire en Iran d'ici décembre

MOSCOU, 13 juin - La Russie achèvera d'ici la fin de l'année l'étude de faisabilité d'un deuxième réacteur pour la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran, où elle construit déjà une première tranche, a indiqué mercredi une source au ministère russe de l'Energie atomique à Interfax.

Le président iranien avait indiqué, lors de sa visite en Russie en mars dernier, qu'un contrat pourrait être signé pour la construction d'une deuxième tranche à Bouchehr (sud), selon des sources russes.

La société russe Atomenergoproïekt travaille sur ce projet de deuxième réacteur, selon les sources du ministère russe citées par Interfax.

La centrale de Bouchehr a été commandée à la Russie en janvier 1994, après que la société allemande Siemens eut retiré son projet, sous la pression des Etats-Unis.

Ces derniers craignent que l'Iran, dont les besoins énergétiques sont couverts par de grosses réserves d'hydrocarbures, n'essaie de se doter de l'arme nucléaire.

 



Dans dix ans, 25% de l'électricité en Iran sera d'origine nucléaire

TEHERAN, 28 mai - Un quart de l'électricité produite en Iran sera, dans dix ans, d'origine nucléaire grâce à la centrale de Bouchehr (sud), a affirmé lundi le savant atomiste et candidat conservateur à la présidentielle Hassan Ghafouri-Fard.

La centrale nucléaire de Bouchehr entrera en service "d'ici deux à cinq ans" et aura une capacité, d'ici 2011, de "3 à 5.000 mégawatts", a assuré M. Ghafouri-Fard, 53 ans, ancien ministre de l'Energie.

M. Ghafouri-Fard, qui appelle l'Iran à "intégrer le nucléaire, sans s'orienter vers le tout nucléaire", avait participé au projet de Bouchehr avant la révolution de 1979, lorsque c'était une coopération irano-allemande. Aujourd'hui, la centrale est construite avec la Russie.

Selon M. Ghafouri-Fard, dont la campagne est essentiellement axée sur l'avenir économique du pays, l'Iran doit "diversifier ses sources d'énergie" et réduire sa dépendance vis-à-vis du pétrole (manque de pétrole ???). L'Iran est le deuxième exportateur mondial de brut et le pétrole assure plus de 80% des recettes du pays en devises.

L'ancien ministre de l'Energie reproche au gouvernement du président Mohammad Khatami, dont il est l'un des neuf adversaires pour la présidentielle du 8 juin, de "ne pas investir les revenus pétroliers dans la création d'emplois" mais pour "importer des produits alimentaires".

"Il n'est pas normal que nous soyons devenus un des premiers importateurs de blé du monde" alors que "l'Iran peut être auto-suffisant" dans le secteur alimentaire, a-t-il souligné.

Par ailleurs, M. Ghafouri-Fard, s'il est élu, entend "poursuivre la politique de détente" de M. Khatami et préconise "une politique étrangère active et des relations d'amitié" tant avec les pays islamiques qu'avec l'Europe.

Pour ce qui concerne les Etats-Unis, où il a longuement étudié dans le domaine nucléaire, il estime que c'est Washington qui "a coupé tout espoir" de rétablir les relations, rompues il y a 21 ans.

"Les Américains bloquent nos avoirs, font de la propagande contre nous, investissent pour affaiblir notre régime", a-t-il accusé.

 

 


La centrale nucléaire iranienne de Bouchehr bientôt en fonctionnement

TEHERAN, 9 mars - La première tranche de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr (sud) sera opérationnelle au cours de la prochaine année iranienne qui commence le 21 mars, a indiqué vendredi l'agence officielle IRNA.

Selon l'Organisation iranienne de l'énergie nucléaire, citée par IRNA, la première tranche de la centrale, construite en coopération avec la Russie et située sur le Golfe, devrait avoir une puissance de "quelque 1.000 mégawatts".

Les autorités iraniennes avaient annoncé que plusieurs villages "dans un rayon de 10 km" autour de la centrale seraient évacués à titre préventif avant l'entrée en fonctionnement du site.

La mise en service de l'ensemble de la centrale de Bouchehr, l'unique en Iran, est prévue en 2003.

L'Iran affirme que son programme nucléaire est à but uniquement civil (manque d'énergie ???) et est régulièrement inspecté par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le programme iranien suscite toutefois une vive opposition des Etats-Unis qui accusent Téhéran de chercher à se doter de l'arme nucléaire et tentent de décourager les pays tiers, notamment la Russie d'aider l'Iran en matière atomique et de haute technologie militaire.

Initialement, la construction de deux réacteurs nucléaires à Bouchehr avait été confiée à la filiale KWU du groupe allemand Siemens, mais cette société s'était retirée du projet, à la demande de Bonn, après la révolution islamique de 1979.

Le site du projet avait été bombardé à plusieurs reprises par l'aviation militaire irakienne durant la guerre Iran-Irak (1980-88).

A la suite d'un contrat conclu en 1995, le chantier a été repris par la Russie qui doit fournir deux réacteurs à eau pressurisée.




La Russie progresse dans l'achèvement d'une centrale nucléaire en Iran
MOSCOU, 16 jan -
 La Russie a commencé les travaux d'étude de construction du deuxième bloc de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr, a annoncé mardi le ministre russe de l'Energie atomique, Evgueni Adamov, à l'agence Itar-Tass.

La Russie coopère avec l'Iran à l'achèvement de cette centrale nucléaire, dans le sud du pays, à laquelle elle doit fournir deux réacteurs à eau pressurisée.

Le premier bloc de la centrale est achevé à 90%, selon M. Adamov qui estime que la mise en service devrait s'effectuer en 2003.

Le site de la centrale de Bouchehr, bombardé par l'Irak pendant la guerre de 1980-1988, est resté inactif jusqu'à un accord avec Moscou en 1995 pour la fourniture des réacteurs.

Les Etats-Unis ont dénoncé cette coopération qui, selon eux, pourrait permettre à l'Iran de se doter de l'arme atomique grâce à des transferts de technologie.

Mais selon M. Adamov, il n'existe "aucune preuve qu'avec la construction d'une centrale, nous puissions contribuer au développement d'un système d'armes nucléaires, particulièrement en Iran".

 

 

Première livraison d'équipement nucléaire russe à l'Iran
MOSCOU, 13 jan -
 Le principal fabricant russe de matériel pour centrales nucléaires a procèdé à une première livraison à l'Iran, a rapporté vendredi l'agence ITAR-TASS.

La Russie coopère avec l'Iran à l'achèvement de la centrale nucléaire de Bouchehr (sud) à laquelle elle doit fournir deux réacteurs à eau pressurisée.

Atommash a envoyé de l'équipement pour socle de réacteur, a déclaré un porte-parole de la société cité par l'agence.

Le site, bombardé par l'Irak pendant la guerre de 1980-1988, est resté inactif jusqu'à un accord soit passé avec Moscou en 1995 pour la fourniture des réacteurs. Initialement, leur construction avait été confiée à la filiale KWU du groupe allemand Siemens, mais celle-ci s'est retirée après la révolution islamique de 1979 à la demande du gouvernement allemand.

Washington accuse Téhéran de chercher à se doter d'armes atomiques et a critiqué les pays qui aideraient l'Iran à parvenir à ses fins par des transferts de technologie.

 

L'Iran évacue les villages près de sa centrale nucléaire à Bouchehr
TEHERAN, 20 déc -
 Les autorités iraniennes vont évacuer progressivement à titre préventif des villages situés près de la centrale nucléaire de Bouchehr (dans le sud de l'Iran) en construction, a annoncé mercredi un journal de Téhéran.

"Les deux premiers villages seront évacués d'ici deux mois et tous les autres devront l'être d'ici un an", a souligné un responsable cité par le journal réformateur Hayat-é-No.

Selon ce responsable, qui a gardé l'anonymat, une équipe d'experts européens se trouve actuellement sur le site de la centrale à Bouchehr, sur le Golfe persique, "pour examiner les effets éventuels des radiations de la centrale" qui, a-t-il précisé "entrera en service dès 2004".

Les villages seront évacués "dans un rayon de 10 km", a ajouté le responsable qui n'a pas donné d'autres précisions sur le nombre exact de villages et de villageois qui seront touchés par le plan d'évacuation.

Téhéran fait valoir que son programme nucléaire est à but uniquement civil et est régulièrement inspecté par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le programme iranien suscite toutefois une vive opposition des Etats-Unis qui accusent Téhéran de chercher à se doter de l'arme nucléaire et tentent de décourager les pays tiers et notamment la Russie d'aider l'Iran en matière atomique et de haute technologie militaire.

Initialement, la construction de deux réacteurs nucléaires à Bouchehr avait été confiée à la filiale KWU du groupe allemand Siemens, mais celui-ci s'est retirée du projet, à la demande de Bonn, après la révolution islamique de 1979. Le site du projet avait été attaqué et bombardé à plusieurs reprises par l'aviation militaire irakienne durant la guerre Iran-Irak (1980-88).

Avec la conclusion d'un contrat en 1995, le chantier a été repris par la Russie qui doit fournir deux réacteurs à eau pressurisée de technologie russe.

"Le premier lot des équipements complémentaires de la centrale doit arriver de l'Ukraine dans les prochains mois", a ajouté le responsable iranien.

Il a aussi ajouté que les dépenses de la centrale nécessaires d'ici à son entrée en service étaient évaluées "à environ 3.000 milliards de rials" (IRR), (soit environ 1 milliard de USD au taux officiel de 3.000 IRR).