Les centrifugeuses de l'Iran ont envahi
les médias : un danger, si l'Iran enrichit l'uranium
il va pouvoir faire des bombes à uranium.
C'est un raisonnement aberrant. La France, quand elle a testé
sa première bombe n'avait pas d'usine d'enrichissement.
Sa bombe était une bombe au plutonium. Plus tard quand
l'Inde a fait péter ses bombes elle n'avait pas d'usine
d'enrichissement. Quant à l'Irak lorsque Saddam Hussein
à la fin des années 70 a voulu sa bombe (la « bombe
républicaine » par opposition à la « bombe
islamique » voulue par Ali Bhutto au Pakistan) il n'a
pas cherché à développer l'enrichissement.
Il est évident scientifiquement que le plus facile pour
faire des bombes nucléaires c'est de recourir au plutonium.
Et pour en avoir, l'usine d'enrichissement n'est pas nécessaire,
le nucléaire civil suffit comme l'a montré l'Inde.
Mais il y a une autre possibilité, celle de produire le
plutonium à partir de « réacteurs de
recherche ». Ils produisent des neutrons. Si on les
met en présence d'uranium (voire d'uranium appauvri qu'on
trouve facilement) ils le transformeront en plutonium. L'extraction
sera assez facile car il n'y aura pas beaucoup de produits de
fission à l'origine d'un rayonnement important. (C'était
le but caché d'Osirak, vendu par la France à l'Irak).
Ce qui est curieux c'est qu'on nous abreuve avec les centrifugeuses
iraniennes alors que ce n'est certainement pas la voie que les
dirigeants iraniens ont choisie (à moins qu'ils ne soient
complètement incompétents ce dont je doute fort).
Ce qui est dangereux en Iran ce ne sont pas ces centrifugeuses
mais les réacteurs de recherche fournis sans conditions
et dont on ne parle guère. Bloquer les centrifugeuses en
Iran ne changera rien à la menace de prolifération.
Bien sûr il est difficile aux nucléocrates qui veulent
se justifier de ne pas être des vecteurs de prolifération,
de condamner les réacteurs civils ou les réacteurs
de recherche (la recherche scientifique c'est sacré !).
Roger Belbéoch
En 1967 les USA ont fourni un petit réacteur
de recherche (TRR) de 5 MW près de Téhéran,
pouvant produire 600 milligrammes de plutonium par an).
En 1970 l'Allemagne a démarré un réacteur
à Bushehr, arrêté au début de la « révolution
islamique », remis en route avec coopération
russe en 1995.
En 2004 construction à Arak d'un réacteur de recherche
(IR-40) de 40 MW thermiques qui sera achevé en 2009. (Il
pourra fournir 9 kg de plutonium par an).
Extrait de la lettre d'information n°115 du Comité Stop Nogent-sur-Seine.
9/4/2009 - Mahmoud Ahmadinejad doit inaugurer dans la journée la première usine iranienne de production de combustible nucléaire, annonce un responsable iranien. L'Iran célèbre ce jeudi une Journée nationale du nucléaire, au cours de laquelle le président iranien, lors d'un discours à Ispahan, devait annoncer que Téhéran maîtrise le dernier stade de la production du combustible nucléaire. "Il s'agit du premier complexe de production de combustible (...) 100% iranien et le président va l'inaugurer", a déclaré à Reuters Vajihollah Asadi, directeur dans cette installation proche d'Ispahan.
Iran-Resist, 9/2/09:
Iran/nucléaire: Bruno
Tertrais, idole éphémère des mollahs de Téhéran
26/11/2008 - Cinq
mille centrifugeuses fonctionnent désormais dans le cadre
du programme iranien d'enrichissement d'uranium, a annoncé
mercredi Gholamreza Aghazadeh, directeur de l'agence nationale
de l'énergie atomique. "Nous avons maintenant 5.000
centrifugeuses actives. La suspension de l'enrichissement nucléaire
ne fait pas partie de notre vocabulaire", a-t-il déclaré,
selon l'agence de presse officielle Irna. L'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) a fait savoir en novembre
que 3.800 centrifugeuses étaient en service en Iran et
que 2.200 nouvelles entraient peu à peu en fonction. Le
chiffre de 3.800 a été atteint dès septembre,
mais l'AIEA n'a pas été en mesure d'expliquer la
lenteur relative de la progression de ce programme d'enrichissement
que les puissances occidentales jugent suspect. Téhéran
affirme qu'il est exclusivement à usage civil.
14/11/2008 - Les directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères des "Six" se sont réunis jeudi à Paris pour évoquer le dossier nucléaire iranien, a annoncé le gouvernement français. L'Allemagne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Chine, Etats-Unis, Russie, France et Grande-Bretagne - tentent depuis des mois de convaincre Téhéran de renoncer à son programme nucléaire. La réunion de jeudi, à laquelle était associé un représentant de l'Union européenne, n'a débouché sur aucune avancée ou décision majeures. "La réunion a permis aux participants de faire le point sur la situation actuelle et de discuter de la façon d'avancer (...) Les Six poursuivront leurs consultations sur les prochaines étapes dans les semaines à venir", dit le communiqué du ministère français des Affaires étrangères. Un haut responsable français, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat, a déclaré avant la réunion qu'aucune avancée notable n'était attendue avant la prise de fonction du président élu américain Barack Obama, en janvier.
2/10/2008 - L'Iran continuera à enrichir de l'uranium "tant qu'il n'y aura pas d'instrument international légalement contraignant" qui garantisse son approvisionnement en combustible nucléaire, a indiqué jeudi l'ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh. Interrogé pour savoir si la mise en place d'un tel instrument suffirait à ce que son pays suspende l'enrichissement, M. Soltanieh, qui participait à une conférence à Bruxelles, a précisé qu'il faudrait d'abord vérifier qu'il est bien respecté. "Ce n'est pas assez d'avoir un morceau de papier, mais c'est une première étape", a-t-il indiqué à quelques journalistes après la conférence. "L'étape suivante est de voir s'il est réellement appliqué", a-t-il précisé. M. Soltanieh a souligné que sans mécanisme de garantie "internationalement négocié et reconnu", l'Iran poursuivrait l'enrichissement par "mesure de précaution", en raison d'un "grave déficit de confiance" envers les Occidentaux. Il a ainsi souligné qu'Américains, Allemands et l'usine d'enrichissement d'Eurodif (France) avaient par le passé manqué à leurs engagements envers Téhéran en matière de fournitures nucléaires. Alors que des négociations menées par le diplomate en chef de l'UE Javier Solana pour tenter de convaincre Téhéran de renoncer à l'enrichissement piétinent depuis des mois, l'ambassadeur iranien a par ailleurs appelé une nouvelle fois à des "négociations sur une base d'égalité, sans pré-conditions". Six puissances (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Etats-Unis, Russie, Chine) font depuis des mois miroiter à l'Iran une ouverture de pourparlers sur une vaste offre de coopération économique et politique, conditionnée à une suspension de l'enrichissement. Sans succès jusqu'ici. L'ambassadeur iranien a également estimé que l'Iran se sentait "humiliée" par les Américains et "quelques pays européens" qui, à chaque fois que l'Iran a accédé à leurs demandes de vérification sur son programme nucléaire, ont exigé un peu plus. "Nous n'avons même pas le droit de réfléchir à la technologie nucléaire et à l'enrichissement", a-t-il dit. Le Suédois Hans Blix, ex-inspecteur de l'ONU en Irak et actuel président de la commission sur les armes de destruction massive, qui participait également à cette conférence, a donné partiellement raison à l'ambassadeur iranien. Il a jugé lui aussi que les Etats-Unis, en exigeant que l'Iran suspende l'enrichissement avant de consentir à des négociations, ne respectaient pas "l'égalité de traitement" et contribuaient à alimenter un sentiment d'"humiliation" en Iran. M. Blix a également estimé que, puisque de multiples inspections n'avaient pas réussi à apporter la preuve que les Iraniens poursuivaient un programme d'enrichissement à des fins militaires, les Occidentaux cherchaient maintenant à prouver qu'ils en ont "l'intention". Une recherche "futile" selon lui. L'Iran fait l'objet de sanctions de l'ONU pour son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium, dont les Occidentaux soupçonnent qu'il alimente un programme secret d'arme atomique. Sur la base d'un récent rapport de l'AIEA dénonçant l'absence de progrès dans les discussions visant à préciser la véritable nature du programme nucléaire iranien, les Occidentaux auraient souhaité alourdir les sanctions de l'ONU déjà en vigueur. Mais la Russie, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, s'y est opposée.
Le Monde, 28/7/2008:
Les diplomates occidentaux habitués des négociations avec les Iraniens le savent : une des facettes de la culture perse est l'art de ratiociner, d'ergoter à l'infini sur les détails sans jamais aborder le coeur du sujet. Pour gagner du temps. Ce jeu intellectuel pourrait être divertissant s'il ne s'agissait de l'horloge et de l'arme nucléaires. Or le temps qui passe comporte des risques. Bien des indices - le raid israélien du 6 septembre 2007 contre le réacteur nucléaire syrien d'Al-Kibar, les exercices aériens réunissant une centaine d'avions de combat de Tsahal en juin, les manoeuvres navales et les tirs de missiles iraniens en juillet - incitent à penser que le risque d'une confrontation militaire avec l'Iran ne s'éloigne pas.
Les pourparlers de Genève du 19 juillet ont été sans surprise : il n'y a "aucune chance", a dit l'un de ses négociateurs, que l'Iran renonce à l'enrichissement de l'uranium, c'est-à-dire à un absolutisme nucléaire qui conforte le nationalisme d'une partie de la population. Même si un âpre débat semble se dérouler dans les cercles du pouvoir iranien, Téhéran montre ainsi son peu d'intérêt à accorder à une administration Bush en fin de parcours le "cadeau" d'un gel, à défaut d'un abandon, de son programme nucléaire.
Parier que davantage de concessions pourront être obtenues d'une administration Barack Obama ou John McCain, c'est prendre les risques d'un joueur d'As Nas, cet ancêtre du jeu de poker interdit par la révolution islamique. Le temps gagné par l'Iran ne joue pas en faveur d'Israël. Les Israéliens sont convaincus que les Iraniens poursuivent sans relâche leur programme d'enrichissement de l'uranium et la modernisation de leur arsenal balistique. Même si on exagère la détermination politique de l'Iran à exercer des représailles contre Israël et les forces américaines dans la région, Tel-Aviv ne peut prendre à la légère le risque de déclencher un embrasement. C'est pourquoi Israël préférerait que les Etats-Unis prennent l'initiative de détruire une partie des nombreuses installations nucléaires iraniennes.
Le temps électoral que vit l'Amérique n'est pas le plus propice à l'ouverture d'un troisième front militaire, en sus de l'Irak et de l'Afghanistan. Mais les dirigeants faibles prennent souvent des décisions folles : si M. Bush est discrédité, ce n'est rien en comparaison des scandales qui éclaboussent en Israël le premier ministre Ehoud Olmert. Si l'Amérique temporise, Israël, s'il acquiert la double conviction que l'Iran se rapproche dangereusement du "seuil nucléaire" et qu'une administration Obama fera preuve de pusillanimité envers l'Iran, ordonnera à son aviation d'agir. La démonstration de Tsahal en juin, avec toutes les caractéristiques d'une attaque fictive contre les sites iraniens, avait valeur d'avertissement. Comme si le raid sur Al-Kibar n'avait pas suffi.
Celui-ci est une application de la "doctrine Begin", énoncée par l'ancien premier ministre israélien pour justifier sa décision de détruire le réacteur nucléaire irakien Osirak, le 7 juin 1981. Elle tient en peu de mots : "Nous avons choisi ce moment : maintenant, pas plus tard, parce que plus tard pourrait être trop tard, peut-être pour toujours." M. Olmert a suivi ce conseil en envoyant sept chasseurs-bombardiers détruire Al-Kibar.
Si rien ne permet de confirmer la thèse israélienne selon laquelle il était urgent d'agir, il y a plus important : l'efficacité de cette opération militaire n'est rien comparée à son succès diplomatique et médiatique. Bruno Tertrais, expert sur les questions nucléaires à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), parle du "silence assourdissant" de la communauté internationale qui a salué ce raid israélien : aucune condamnation américaine ou européenne, aucune critique du Conseil de sécurité des Nations unies...
DU CRÉDIT À L'OPTION MILITAIRE
L'impunité dont a bénéficié l'Etat juif s'explique par l'image détestable de la Syrie dans le monde arabe. Les pays du Golfe n'étaient pas mécontents de la leçon infligée à Damas, tout comme ils verraient d'un bon oeil la destruction du potentiel nucléaire de leur voisin iranien. "L'attaque israélienne était un excellent exemple de la doctrine de la guerre préventive défendue par Begin, Bush et les néoconservateurs", fait observer l'expert américain sur les questions de prolifération Joseph Cirincione.
"Mais, ajoute-t-il, c'est un dangereux précédent : comment allons-nous réagir si un autre pays suit la même stratégie ? L'Inde peut-elle frapper une installation suspecte pakistanaise ou chinoise ? La Russie peut-elle, de façon préventive, frapper une base de missiles en Pologne ?" Israël a ses raisons historiques pour ne pas faire confiance à un système international long à réagir. Il n'empêche : le silence de la communauté internationale ne peut que redonner du crédit à l'option militaire, et enhardir un gouvernement israélien lassé des atermoiements occidentaux à franchir son Rubicon.
En prenant des risques : les sites nucléaires iraniens, nombreux, disséminés, enterrés, représentent un défi stratégique sans commune mesure avec la destruction relativement simple des sites d'Osirak et Al-Kibar. Les Israéliens estiment qu'à choisir, il vaut mieux un Proche-Orient en ébullition qu'un Iran nucléaire. Parce que celui-ci entraînerait inévitablement une prolifération généralisée : l'Arabie saoudite, l'Algérie, l'Afrique du Sud, la Turquie, le Brésil, bien d'autres nations, s'engouffreraient dans la brèche.
Refuser le manichéisme d'Israël impose d'en rester à une stricte application du traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Cela signifie plusieurs conséquences : ne pas jouer l'apaisement avec la Syrie, en acceptant de facto - par exemple lors du défilé du 14 Juillet à Paris - les "frasques" nucléaires du président Bachar Al-Assad ; ne pas conclure de juteux contrats nucléaires avec l'Inde, comme le font les Etats-Unis, en fermant les yeux sur le fait que le combustible livré à New Delhi servira à renforcer l'arsenal nucléaire de la "plus grande démocratie du monde" ; ne pas chercher à tout prix un accord avec la Corée du Nord, en oubliant de lui demander des comptes sur son stock d'armes atomiques et sa coopération nucléaire clandestine avec le Pakistan et la Syrie. Au moment où le fragile TNP fête son 40e anniversaire, le risque est grand de revenir aux années 1960, avant la non-prolifération, lorsque dix ou vingt Etats nucléaires paraissaient émerger. "Si c'était le cas, souligne Joseph Cirincione, comme le disait le président Kennedy, "il n'y aura de repos pour quiconque''."
Laurent Zecchini
26/7/2008 - Plus de 5.000 centrifugeuses sont actuellement en service pour enrichir l'uranium, a déclaré samedi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, suggérant ainsi que son pays a poursuivi l'extension de son programme nucléaire.
Les déclarations du chef de l'Etat risquent d'irriter les six puissances impliquées dans le dossier du nucléaire iranien (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne) qui ont proposé à la République islamique un ensemble de mesures incitatives pour la convaincre de renoncer à ses activités sensibles. A l'issue d'une réunion, le 19 juillet, à Genève avec le négociateur en chef iranien sur le dossier du nucléaire, des responsables occidentaux ont déclaré que Téhéran avait deux semaines pour répondre à l'offre qui lui avait été faite par les grandes puissances. L'Iran a jusqu'à présent toujours refusé de geler ou de suspendre ses activités d'enrichissement en préalable à l'ouverture de négociations préliminaires ou officielles sur les mesures d'incitations proposées par les Six. "Aujourd'hui, nous avons plus de 5.000 centrifugeuses actives", a déclaré Ahmadinejad cité par la télévision publique iranienne.
L'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) avait indiqué en mai que Téhéran possédait 3.500 centrifugeuses servant à enrichir l'uranium sur le site de Natanz. L'uranium enrichi peut être utilisé comme combustible dans des centrales produisant de l'électricité mais il peut également servir à fabriquer une arme atomique.
"DROIT ÉVIDENT AU NUCLÉAIRE"
Les Occidentaux soupçonnent la République islamique de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que les autorités iraniennes démentent. Le Conseil de sécurité de l'Onu a déjà imposé trois trains de sanctions à l'encontre de la République islamique en raison de son refus de cesser l'enrichissement d'uranium. Londres et Washington ont averti lundi l'Iran qu'il risquait de faire face à un renforcement des sanctions internationales s'il venait à rejeter l'offre des Six.
"L'Iran ne négocie avec personne
son droit évident au nucléaire", a déclaré
Ahmadinejad dans la ville de Mashhad. Selon la radio publique,
il a affirmé que les Occidentaux avaient fait marche arrière
et "acceptaient que l'Iran continue l'enrichissement d'uranium
avec ses 6.000 centrifugeuses actuelles". Le président
iranien a souligné que la présence lors de la réunion
de la réunion de Genève du sous-secrétaire
d'Etat américain William Burns, signe d'une évolution
de la politique de Washington vis à vis de l'Iran, constituait
un "succès".
14/2/2008 - Nicolas
Sarkozy a reçu jeudi à l'Elysée le directeur
général de l'AIEA Mohammed El-Baradeï pour
encourager l'agence onusienne à "poursuivre ses travaux
d'enquête en Iran dans la durée et avec détermination".
Selon un communiqué de l'Elysée, le président
français a rappelé au chef de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) les préoccupations
et les demandes de la communauté internationale vis-à-vis
des activités nucléaires et balistiques de l'Iran"
et "les propositions de négociations des Six (Etats-Unis,
Russie, Chine, France, Grande-Breatgne, Allemagne, NDLR) en faveur
d'un règlement de cette crise, y compris dans le domaine
de la coopération nucléaire civile". Nicolas
Sarkozy a par ailleurs "rappelé la politique de la
France en faveur de l'accès au nucléaire civil de
tous les pays respectueux des normes internationales". Les
deux hommes "ont constaté l'importance cruciale du
nucléaire civil dans les politiques énergétiques
et en faveur du développement durable. Ils ont relevé
la convergence des objectifs de la France et de l'Agence",
indiquait-on de même source. "L'intérêt
de progresser sur le développement d'instruments collectifs,
comme les assurances de fourniture de combustible et la création
dune banque de combustible à l'AIEA a été
relevé", selon le communiqué. Nicolas Sarkozy
avait réaffirmé mercredi lors du dîner annuel
du Conseil représentatif des institutions juives de France
(CRIF) la position de la France dans le dossier du nucléaire
iranien. "Tant que l'Iran choisit le fait accompli, nous
n'avons pas d'autre choix que de renforcer son isolement: cela
passe par de nouvelles sanctions au conseil de sécurité
et de l'Union européenne, et par la nécessaire retenue
des entreprises vis-à-vis de relations économiques
et financières avec ce pays", a-t-il déclaré
à cette ocacsion. Le chef de l'Etat a redit sa conviction
que le nucléaire civil "est la principale énergie
du futur" et "ne peut être réservé
aux seuls pays occidentaux".
8/2/2008 - L'ambassadeur
des Etats-Unis auprès de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA), Gregory Schulte, a mis en garde l'Iran vendredi
contre toute mise en route d'une nouvelle génération
de centrifugeuses pour ses activités controversées
d'enrichissement d'uranium. "Tout test par l'Iran de centrifugeuses
plus modernes représenterait une escalade dans le non-respect
par ce pays de ses obligations de geler toute activité
liée à l'enrichissement", a-t-il déclaré
à l'AFP. M. Schulte a toutefois refusé de confirmer
des informations de presse selon lesquelles Téhéran
aurait effectivement commencé de tels tests, et a précisé
attendre le rapport sur le sujet que doit rendre ce mois-ci le
directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei.
"Nous n'avons pas d'information sur la nature technique d'éventuelles
nouvelles centrifugeuses iraniennes, mais nous estimons qu'un
test serait destiné à accroître les capacités
potentielles d'enrichissement de l'Iran", a-t-il souligné.
Selon ces informations, Téhéran aurait débuté
sur son site de Natanz des tests à vide de centrifugeuses
de type P-2, lesquelles seraient deux à trois fois plus
efficaces que les quelque 3.000 centrifugeuses de type P-1 qu'exploitait
la République islamique en novembre. Le Conseil de sécurité
de l'ONU étudie de nouvelles sanctions envers Téhéran
après l'échec de deux précédentes
séries de mesures destinées à contraindre
l'Iran à geler ses activités d'enrichissement d'uranium,
soupçonnées par les Occidentaux de servir à
doter ce pays de l'arme atomique. Une mise en route de nouvelles
centrifugeuses "serait une raison de plus de s'inquiéter
de la nature du programme nucléaire iranien et des intentions
de ses dirigeants, et une raison de plus pour le Conseil de sécurité
d'agir", a estimé M. Schulte. Selon un diplomate occidental
désirant conserver l'anonymat, "l'Iran, en s'empressant
de développer de nouvelles technologies, sape un peu plus
la confiance à un moment où il devrait faire tout
son possible pour la rétablir". L'AIEA, qui tente
depuis quatre ans d'établir la nature du programme nucléaire
iranien, a refusé vendredi de s'exprimer sur le sujet,
tout comme l'ambassadeur d'Iran auprès de l'agence, Ali
Asghar Soltanieh.
Libération, 18/12/2007:
L'Iran devrait avoir d'ici environ six mois sa première centrale nucléaire en activité. Elle le doit à un changement d'attitude de Moscou qui, depuis plusieurs années, traînait ostensiblement des pieds pour la terminer et livrer le combustible nucléaire nécessaire à son fonctionnement. Une première livraison aurait déjà dû intervenir au plus tard en mars 2006. Elle avait été sans cesse retardée, les autorités russes inventant tous les prétextes possibles pour ne pas honorer leurs engagements. Mais hier, le constructeur russe Atomstroyexport a fait savoir qu'il avait commencé à livrer les premiers conteneurs d'uranium «scellés au préalable par des inspecteurs de l'Agence internationale pour l'énergie atomique [AIEA, ndlr]». Ces conteneurs sont arrivés dimanche à la centrale, près du port de Bouchehr, sur le golfe Persique. Ils ont été placés dans un entrepôt spécial, toujours sous garantie de l'AIEA. Au total, 163 blocs principaux et 17 de réserve contenant de l'uranium U-235 enrichi à 3,62 % doivent être livrés «par étapes sur deux mois». Atomstroyexport a aussi annoncé que la livraison du combustible précédait de six mois la mise en service du réacteur. Téhéran attend 82 tonnes de combustible pour la première année de fonctionnement.
Pied levé. Contrairement au site d'enrichissement d'uranium de Natanz ou à la future centrale à eau lourde d'Arak, celle de Bouchehr n'est pas considérée comme un facteur de prolifération. «Pour deux raisons, souligne Bruno Tertrais, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique,son réacteur est à eau légère et Téhéran s'est engagé auprès de Moscou pour que le combustible destiné à l'alimentation soit renvoyé en Russie une fois utilisé. Cela constitue une double sécurité.» A l'origine, Bouchehr devait être construite par la compagnie allemande Kraftwerke Union. En 1979, lorsque Khomeiny prend le pouvoir, l'Allemagne interrompt ses travaux. Survient la guerre Irak-Iran, qui verra le bombardement de la centrale. En 1992, l'Allemagne avait refusé de les reprendre sous la pression des Etats-Unis qui invoquaient des risques de prolifération de technologie nucléaire sensible. La Russie la remplaçait alors au pied levé en concluant, en 1993, un accord de coopération dans le nucléaire civil. En janvier 1995, elle signait un contrat pour la reprise de la construction pour un coût d'un milliard de dollars. Un programme ensuite revu à la baisse.
Controversé. Bientôt, des difficultés survenaient entre les deux partenaires, faisant de Bouchehr, l'Arlésienne du Golfe. En fait, Moscou retardait l'achèvement de la construction pour forcer Téhéran à montrer plus de transparence sur son programme nucléaire controversé. La centrale lui sert alors de levier de pression. «C'était une stratégie assez fine. Si Moscou y a mis fin, ce n'est pas un revirement pour autant. A un moment ou un autre, les Russes se devaient d'honorer le contrat. Ils avaient tiré sur la corde aussi loin qu'ils le pouvaient. S'ils continuaient, ils risquaient d'apparaître comme un partenaire non fiable», ajoute Tertrais. A l'heure où d'autres gros contrats se profilent En contrepartie, Moscou a appelé l'Iran à «prouver le caractère pacifique de son programme nucléaire» et à «arrêter ses travaux d'enrichissement d'uranium», en notant que l'approvisionnement de Bouchehr en combustible était «assuré pour toute sa durée d'exploitation». Emboîtant le pas au Kremlin, la Maison Blanche a martelé hier que la livraison d'uranium russe à l'Iran constituait une raison de plus pour que Téhéran suspende ses activités nucléaires les plus sensibles.
Le régime islamique a aussitôt
répliqué qu'il poursuivrait son enrichissement d'uranium
- contre la volonté de la communauté internationale
- afin d'alimenter sa future centrale de Darkhoyen (sud). «Cette
centrale aura besoin de combustible», a déclaré
le chef de l'organisation iranienne de l'énergie atomique,
Gholamreza Aghazadeh. Pour le ministre israélien des Affaires
stratégiques, Avigdor Lieberman, une telle annonce est
bien la preuve que Téhéran veut se doter à
tout prix de l'arme nucléaire.
18/12/2007 - Les premières livraisons de combustible nucléaire russe à l'Iran retirent à Téhéran son argument selon lequel il doit mettre au point ses propres capacités de production d'uranium enrichi, a estimé mardi l'ancien chef des inspecteurs nucléaires de l'ONU, Hans Blix. "Si la Russie avait refusé de livrer du combustible à Bouchehr, je pense que les Iraniens auraient pu dire +vous voyez, nous avons raison, nous ne pouvons faire confiance à personne et il nous faut nos propres capacités+" de production, a déclaré M. Blix en duplex depuis Stockholm. "De ce point de vue-là, je comprends ces livraisons", a-t-il poursuivi, disant ne "rien voir dans les résolutions du Conseil de sécurité qui puisse faire obstacle" à ces exportations russes. La Russie a annoncé lundi qu'elle avait commencé à livrer du combustible nucléaire à l'Iran pour la centrale de Bouchehr, "sous le contrôle" de l'AIEA, et réitéré l'appel à Téhéran à cesser tout enrichissement d'uranium. M. Blix, ancien chef des inspecteurs nucléaires de l'ONU, a réitéré son appel à assurer un équilibre entre la "carotte" et le "bâton" avec l'Iran soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire. "Nous devons voir quelles sont les incitations positives, les carottes que nous pourrions utiliser avec l'Iran" notamment en "proposant l'ouverture de relations diplomatiques" avec les pays qui n'en ont pas avec Téhéran et par "des garanties de non attaque". "Le réacteur de Bouchehr doit être sous contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Bouchehr ne m'inquiète pas", a déclaré de son côté à Moscou Rolf Ekeus, ancien chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU. "Avec les livraisons de combustible, l'Iran n'a pas de besoin urgent d'enrichir de l'uranium, c'est un argument très valable. Sa logique est forte", a déclaré pour sa part Uzi Arad, un ancien agent du Mossad et ex-conseiller en politique extérieure du Premier ministre israélien. "Je n'ai presque aucun doute sur le fait que l'Iran a tout, sauf peut-être l'uranium enrichi" pour fabriquer l'arme nucléaire, a déclaré de son côté l'expert russe Vladimir Dvorkine de l'académie des sciences qui a participé à la préparation de traités internationaux sur les armements.
17/12/2007 - L'Iran va poursuivre son enrichissement d'uranium, contre la volonté du Conseil de sécurité de l'ONU et malgré la livraison de combustible russe pour sa centrale de Bouchehr, afin d'alimenter sa future centrale nucléaire de Darkhoyen (sud), selon le chef de l'organisation iranienne de l'énergie atomique. "Nous avons une centrale autochtone avec une capacité de 360 mégawatts à Darkhoyen qui est en construction, et cette centrale aura besoin de combustible", a dit Gholam Reza Aghazadeh sur la télévision d'Etat. C'est la première fois qu'un responsable iranien précise l'emplacement de cette future centrale, dont l'Iran avait annoncé en mai dernier que sa construction avait commencé. "Selon le plan établi, le combustible de cette centrale sera fourni par (l'usine d'enrichissement d'uranium de) Natanz", a dit M. Aghazadeh, en précisant que la construction de la centrale prendra "plusieurs années". Le responsable a ainsi rejeté l'appel de Moscou à suspendre son enrichissement d'uranium. Dans un communiqué lundi, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé Téhéran à "prouver le caractère pacifique de son programme (...) en arrêtant ses travaux d'enrichissement d'uranium". D'autant plus que la centrale de Bouchehr est désormais "assurée de recevoir du combustible russe pour toute sa durée d'exploitation". Moscou a commencé la livraison dimanche du combustible russe pour cette centrale, unique en Iran, dont la Russie assure la construction. Téhéran risque par ailleurs une troisième résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, assortie de sanctions, si il ne cesse pas son enrichissement d'uranium.
Le Monde, 15/12/2007:
La France est engagée dans un effort diplomatique visant à relancer la pression internationale sur l'Iran, après la publication, le 3 décembre, du rapport des agences de renseignement américaines sur "les intentions et les capacités nucléaires" de la République islamique. L'élément frappant est que, dans son approche, Paris semble adopter une attitude plus virulente et active encore que l'administration Bush. Les responsables français tentent en effet de convaincre les Etats-Unis de s'appuyer sur les éléments les plus compromettants du rapport du Renseignement national sur les activités iraniennes, afin d'exposer une violation flagrante du traité de non-prolifération (TNP) de 1968, dont l'Iran est signataire. L'idée est de se donner les moyens de remobiliser les grandes puissances, Russie et Chine comprises, autour du processus de sanctions lancé depuis 2006 contre l'Iran à l'ONU, et dont l'élan a pu sembler s'essouffler depuis la publication du rapport américain. Paris a en effet suggéré que l'administration américaine transmette à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) les éléments de renseignements prouvant que l'Iran a mené jusqu'en 2003 un programme nucléaire de nature militaire. Ce constat de l'existence, durant une période, d'un volet militaire, est contenu dans le rapport des renseignements américains. Il va ainsi plus loin que toutes les observations formulées, à ce jour, par l'AIEA, agence technique de l'ONU chargée de surveiller le respect du TNP par les Etats. Les responsables français estiment qu'en fournissant ces preuves à l'AIEA, Washington donnerait le moyen à l'Agence de constater une violation de l'article II du TNP. Celui-ci interdit aux Etats partie de "fabriquer" ou "acquérir" de quelque manière "des armes nucléaires ou autres dispositifs nucléaires explosifs". Mais l'idée de transférer des éléments de preuve à l'AIEA a suscité des hésitations à Washington. Pour deux raisons. D'une part, la confiance des responsables américains envers Mohamed ElBaradei, le directeur de l'AIEA, s'est fortement émoussée depuis que ce dernier a multiplié les prises de positions critiquant les "faucons" américains et la politique d'Israël. La coopération nouée entre M. ElBaradei et l'Iran sur un "plan de travail", lancé cet été, n'a rien fait pour calmer cette hostilité. D'autre part, les Américains craignent que toute remise de preuves n'expose leurs sources de renseignement, et mette potentiellement en péril la sécurité de personnes qui leur ont transmis secrètement des données. Le 5 décembre, deux jours après la publication du rapport américain, George Bush et Nicolas Sarkozy se sont entretenus par téléphone à propos de l'Iran. A-t-il été question de l'idée française de transférer des données à l'AIEA ? Selon le porte-parole de l'Elysée, la conversation a en tout cas conforté le président français dans sa politique de fermeté face à l'Iran. M. Sarkozy a estimé ce jour-là, à propos des conclusions du rapport américain, que "si cela est confirmé, les préoccupations internationales depuis 2002 sur les finalités des activités nucléaires en Iran seraient encore renforcées". Les responsables français sont en pointe en Europe aujourd'hui sur le dossier, tout en prenant grand soin d'associer les Britanniques et la chancellerie allemande d'Angela Merkel à leur réflexion. Cela s'intègre dans la volonté manifestée depuis plusieurs mois par Nicolas Sarkozy de mener une politique sans concession face au problème de la prolifération en Iran, qu'il a décrit comme une des "plus graves crises" pesant sur l'ordre international. Paris semble avoir comme préoccupation de remédier à la confusion semée par le rapport du renseignement américain. Le texte affirme en effet avec "un haut degré de confiance" qu'"à l'automne 2003, Téhéran a arrêté son programme nucléaire militaire" - ce qui a été analysé parfois comme un quitus accordé à Téhéran. Mais le rapport ajoute, "avec une confiance modérée", que "Téhéran n'a pas redémarré son programme nucléaire militaire à la date de la mi-2007". Selon Israël, ce redémarrage a eu lieu. "Il serait utile, et même du devoir des Américains, de transmettre les éléments de preuve d'activités nucléaires militaires à l'AIEA", commente-t-on côté français, "et il serait du devoir de l'AIEA de prendre ces éléments en compte". Par le passé, Washington a régulièrement transmis des documents à l'AIEA sur les activités de l'Iran. Mais un épisode a récemment achevé de compliquer la relation avec l'Agence : après le bombardement israélien effectué le 6 septembre en Syrie sur un site où, selon des sources américaines, se construisait un réacteur nucléaire de type nord-coréen, M. ElBaradei a publiquement contesté cette version et mis au défi les Etats-Unis et Israël de lui en fournir des preuves - qu'il dit ne pas avoir reçues à ce jour. On estime à Paris que le rapport du renseignement américain sur l'Iran contient des éléments accablants, et qu'il convient de les utiliser pour "rebondir" diplomatiquement. Une relance de l'AIEA sur le dossier iranien, sur la base de preuves nouvelles, pourrait stimuler le processus de sanctions à l'ONU, où une nouvelle résolution est à l'étude. L'objectif semble, en somme, de compenser la disparition d'un élément psychologique qui a cessé de peser sur le régime iranien : la possibilité d'une action militaire américaine.
Chronologie
23 décembre 2006 : dans sa résolution 1737, le Conseil
de sécurité des Nations unies adopte une première
série de sanctions visant les avoirs et les facilités
de déplacement de responsables de la République
islamique d'Iran en représailles à la poursuite
d'un programme d'enrichissement de l'uranium.
24 mars 2007 : dans sa résolution 1747, le Conseil impose une interdiction des exportations d'armes de l'Iran. Il élargit la liste des responsables du régime iranien soumis au gel de leurs avoirs.
25 octobre : la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, annonce l'inscription sur la liste noire du Trésor américain de la force Al-Qods, accusée de soutenir le terrorisme, et du corps des Gardiens de la révolution, accusé de contribuer à la prolifération d'armes de destruction massive.
En outre, trois banques d'Etat, dont la banque Melli, la plus grande d'Iran, sont inscrites sur cette liste qui interdit à toute institution financière soumise aux réglementations américaines de faire des affaires avec ces entités.
3 décembre : un rapport des 16 agences
américaines de renseignement estime que l'Iran a suspendu
depuis 2003 ses efforts pour se doter de l'arme nucléaire.
Ce texte souligne que le régime de Téhéran
pourrait en être capable entre 2010 et 2015.
La lauréate iranienne du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a critiqué lundi la position de son gouvernement sur le dossier nucléaire, en recommandant le respect des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU pour éviter un risque de guerre contre l'Iran.
Téhéran, 19 novembre 2007 - «Nous croyons que l'utilisation de l'énergie nucléaire est le droit de chaque nation, mais nous avons d'autres droits tels que la sécurité, la paix et le bien-être», a dit Mme Ebadi lors d'une conférence de presse. «Nous ne devrions pas insister si fortement sur un droit au risque de perdre les autres d'un coup», a ajouté l'avocate, récompensée par le Nobel en 2003. Aucune autre personnalité iranienne n'a osé jusqu'ici lancer d'appel aussi explicite aux autorités pour qu'elles respectent l'exigence par le Conseil de sécurité d'une suspension par l'Iran de son enrichissement d'uranium. Shirin Ebadi avait lancé un premier appel en ce sens à la fin juin. Depuis, plusieurs responsables politiques réformateurs et conservateurs modérés ont souligné les risques croissants d'une intervention militaire américaine contre l'Iran. Téhéran fait l'objet de deux séries de sanctions de l'ONU et encourt le risque de nouvelles mesures s'il persiste dans son refus de suspendre son programme nucléaire. Le Centre des défenseurs des droits de l'Homme, que préside Mme Ebadi, a appelé le gouvernement à respecter les exigences de l'ONU, en prônant la création par les citoyens iraniens d'un conseil national pour la paix. Elle a recommandé à la population de former un mouvement, sous la forme d'un «conseil national pour la paix, chargé de donner son avis sur ce qui doit être fait dans cette situation sensible». Ce conseil «pourrait condamner toute menace de forces étrangères, et appeler la République islamique à observer les résolutions du Conseil de sécurité et à respecter les traités internationaux afin d'écarter les risques pour la paix», a-t-elle dit.
LONDRES (16/11/07) -
Prévue lundi, la réunion des cinq membres permanents
du Conseil de sécurité de l'Onu et de l'Allemagne
en vue de l'adoption d'un nouveau train de sanctions condamnant
la poursuite du programme nucléaire iranien a été
annulée en raison de la défection de la Chine, a-t-on
appris vendredi de sources diplomatiques européennes. Pékin
a fait savoir que la date arrêtée ne lui convenait
pas, a-t-on précisé. Etats-Unis, Grande-Bretagne,
France, Russie, Chine et Allemagne devaient se retrouver le 19
novembre au niveau des directeurs politiques pour examiner le
rapport publié jeudi par l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) et entendre Javier Solana, porte-parole de la
diplomatie européenne, chargé des discussions sur
le dossier nucléaire iranien. "Je pense que le prétexte
de difficultés de déplacement est en partie vrai
mais qu'il existe aussi un lien avec la résistance (de
la Chine) sur la question plus large des sanctions", a commenté
un diplomate européen ayant requis l'anonymat.
Moscou, qui comme Pékin, s'oppose à de nouvelles
mesures de rétorsion envers l'Iran, a en outre annoncé
que le combustible nucléaire russe destiné à
la centrale iranienne de Bushehr, première du genre, serait
inspecté du 26 au 29 novembre par l'AIEA. "Nous sommes
prêts à fournir aux experts de l'AIEA tout ce dont
ils ont besoin pour faire leur travail", souligne Constantin
Grabelnikov, directeur adjoint de l'usine de Novossibirsk, chargée
de la livraison, dans un communiqué diffusé vendredi.
Moscou a fait savoir que le combustible serait livré six
mois avant la mise en service de la centrale, dont les ingénieurs
russes achèvent la construction, mais aucune date n'a encore
été arrêtée. Des retards de paiement
ont entraîné le report de sa mise en service jusqu'en
2008 au moins.
INCERTITUDES
Dans son rapport, l'AIEA se félicite des réponses
apportées par Téhéran au sujet de ses activités
nucléaires passées, mais souligne que d'autres questions
essentielles restent en suspens.
L'agence souligne en outre que l'Iran a poursuivi son programme
d'enrichissement d'uranium, en dépit des injonctions de
l'Onu, et note que le nombre de ses centrifugeuses, outils nécessaires
à l'enrichissement, a été décuplé
en un an. Aussitôt après la publication de ses conclusions,
la Maison blanche a réaffirmé sa détermination
à infliger de nouvelles sanctions à l'Iran. L'hostilité
de la Chine et de la Russie reste toutefois un obstacle majeur
à l'adoption d'une troisième résolution en
ce sens au Conseil de sécurité de l'Onu. La France,
qui prône elle aussi la fermeté, propose par conséquent
que l'UE procède comme les Etats-Unis, en adoptant des
mesures de rétorsion unilatérales, mais semble se
heurter à l'opposition de l'Allemagne. Le rapport de l'AIEA
"montre que l'Iran, sous la pression de la communauté
internationale, a apporté de nouveaux éléments
de réponse aux questions de l'AIEA (...) mais que ces réponses
demeurent partielles", a souligné lors de son point
de presse quotidien Pascale Andréani, porte-parole du Quai
d'Orsay. "Des incertitudes importantes demeurent, voire augmentent,
en ce qui concerne l'existence de centrifugeuses de nouvelle génération,
inconnues jusqu'ici, et auxquelles l'AIEA n'a pas eu accès",
a-t-elle ajouté.
Réagissant elles aussi aux conclusions de l'AIEA, les autorités
israéliennes, qui n'ont pas hésité à
intervenir militairement en 1981 pour priver Saddam Hussein du
réacteur "Osirak" de conception française,
ont exhorté leurs partenaires à se montrer fermes.
"L'Etat d'Israël pense qu'il incombe à la communauté
internationale de faire savoir clairement au gouvernement iranien
que son programme nucléaire est inacceptable et qu'il soit
cesser immédiatement", a déclaré Mark
Regev, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
A Téhéran, où on fait une tout autre lecture
du rapport de l'AIEA, on juge au contraire qu'il démontre
l'honnêteté de la République islamique. "L'Amérique
doit présenter ses excuses à la grande Nation iranienne
pour avoir menti à l'opinion publique mondiale", a
lancé l'ayatollah Ahmad Khatami, membre influent du clergé
iranien, s'adressant aux fidèles rassemblés pour
la prière du vendredi.
JERUSALEM (16 novembre, 2007) - Israël s'est dit déçu vendredi que
le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA) n'ait pas "exposé" l'ambition de Téhéran
de se doter de l'arme nucléaire. "Ce rapport omet
d'exposer les intentions du (président iranien Mahmoud)
Ahmadinejad qui sont bien connues de l'AIEA et de son président
Mohamed ElBaradei", a déclaré le vice-ministre
des Affaires étrangères, Mjalli Wahbeh. "ElBaradei
réalise que la coopération de l'Iran est sélective
et il sait que l'Iran veut continuer à enrichir de l'uranium",
a-t-il ajouté. "Tout délai supplémentaire
accordé par la communauté internationale à
l'Iran lui donnera plus de temps pour développer une bombe.
La communauté internationale doit agir pour contraindre
l'Iran à arrêter son programme et à se plier
aux résolutions du Conseil de sécurité",
selon lui. Dans un communiqué à Jérusalem,
le ministère des Affaires étrangères souligne
que le rapport "confirme que l'Iran continue de se livrer
à des violations des résolutions du Conseil de sécurité
de l'ONU et poursuit son programme nucléaire". "Ce
rapport confirme la nécessité pour la communauté
internationale de prendre des mesures décisives, y compris
un durcissement des sanctions au Conseil de sécurité
et à l'extérieur" de cette instance, ajoute
le texte. L'AIEA a estimé dans son rapport publié
jeudi que l'Iran a fait des "progrès substantiels"
pour révéler la nature et l'étendue de son
programme nucléaire controversé mais que cela restait
insuffisant. "Cependant sa coopération a été
plutôt réactive que dynamique", a estimé
l'AIEA, qui a regretté que Téhéran ne prenne
pas suffisamment d'initiatives. Israël et de nombreux pays
occidentaux, les Etats-Unis en tête, soupçonnent
l'Iran de vouloir acquérir l'arme nucléaire sous
le couvert du développement de son programme nucléaire
civil, ce que Téhéran dément. Les cinq membres
permanents du Conseil de sécurité ont décidé
qu'une troisième résolution imposant des sanctions
à l'Iran serait soumise à l'approbation du Conseil
si le rapport de M. ElBaradei et celui que doit présenter
fin novembre le diplomate en chef de l'Union européenne
Javier Solana "ne faisaient pas état d'un résultat
positif de leurs efforts". M. Wahbeh a joint sa voix à
celles qui, en Israël, appellent au renvoi de M. ElBaradei,
accusé d'être trop souple à l'égard
de Téhéran. "ElBaradei enfouit sa tête
dans le sable et expose ainsi la région et le monde entier
à une réelle menace. Cela soulève de nombreuses
questions", a-t-il dit. Le 10 novembre, le vice-Premier ministre
israélien Shaoul Mofaz a affirmé que toutes les
options étaient "sur la table" pour stopper le
programme nucléaire iranien, évoquant l'éventualité
d'un recours à la force.
Selon des experts étrangers, Israël qui a refusé
de signer le Traité de Non-Prolifération des armes
nucléaires, dispose d'au moins 200 ogives nucléaires
ainsi que de missiles longue portée et de sous-marins pouvant
tirer des missiles balistiques.
Le Monde, 15/11/2007:
Washington, Paris et Londres lui reprochent de se compromettre avec les Iraniens. Pris dans une guérilla diplomatique, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique revendique un rôle politique
Il n'a pas pu prévenir la guerre américaine
contre l'Irak de Saddam Hussein, en 2003. Réussira-t-il
à empêcher des frappes aériennes contre les
installations nucléaires de l'Iran des mollahs ? L'Egyptien
Mohammed ElBaradei, 65 ans, directeur de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA), peut être décrit
comme le héraut de la paix dans le monde. Lui, du moins,
voit les choses ainsi. Sans excès de modestie. Mais aussi,
dit-il, "sans l'illusion que j'y arriverai seul", ajoutant
: "Au moins, en parlant haut, on peut faire une différence."
Il parle de plus en plus haut et fort, Mohammed ElBaradei. Le prix Nobel de la paix qu'il a remporté en 2005
l'a conforté dans le sentiment d'être investi d'une
mission. Celle de bloquer les desseins de ceux qu'il appelle les
"neocrazies", les néodingues. Dans cette catégorie,
il range les derniers partisans du néoconservatisme autour
de George Bush et tous ceux qui considèrent, en Occident,
que le recours aux armes est une option envisageable face à
la perspective d'un Iran s'approchant du seuil nucléaire
- chose qui préfigurerait une nucléarisation de
l'ensemble du Proche-Orient, la poudrière de la planète.
Est-il le Cassandre des temps modernes ? Derrière une mise élégante et un caractère peu expansif, M. ElBaradei cache des méthodes à poigne, une autorité parfois décrite comme cassante. A Vienne, sur les rives du Danube, où se dressent les tours de béton et d'acier de l'AIEA, certains employés de l'agence n'acceptent de parler de lui qu'à condition que le rendez-vous soit entouré de la plus haute discrétion...
Il a tendance à fonctionner en vase clos, avec un petit cercle, écoutant peu les conseils. Il a écarté en avril le chef de ses équipes d'inspection en Iran, dont le travail heurtait le régime. M. ElBaradei a aussi choisi de passer sous silence certaines entraves faites au travail des inspecteurs en Iran, comme le fait qu'ils n'aient plus accès à la salle de contrôle de l'usine de Natanz, où s'enrichit l'uranium. Il compose. S'accommode. Par calcul ou par faiblesse ? Il a été pris d'une grande inquiétude : que l'AIEA soit expulsée d'Iran, comme elle l'avait été en 2002 de Corée du Nord. Et d'une angoisse plus grande encore, qui l'aurait saisi fin 2006 : la guerre serait-elle devenue inévitable, les extrêmes s'étant renforcés de part et d'autre, en Iran et aux Etats-Unis, dans une terrible spirale de la surenchère ?
Au fond, ce que prône Mohammed ElBaradei pour éviter la guerre est un "grand marchandage" entre Washington et Téhéran, susceptible de répondre aux "préoccupations de sécurité de l'Iran", qui sont, selon lui, au coeur du programme nucléaire. Il ne croit pas en l'existence d'un "danger clair et imminent" : "Je n'ai vu personne dire que l'Iran dispose maintenant de matériel nucléaire militaire utilisable." Cela ne pourrait pas se produire, selon lui, avant trois à huit ans. Il est partisan d'un dialogue poussé à l'extrême avec la République islamique. Il critique la politique de sanctions internationales, qui, "seules, ne vont pas résoudre cette crise".
Aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni, en Israël, ses adversaires disent en privé qu'il a passé les bornes. Qu'il opère en solo. Que son ego l'a emporté sur son jugement. Qu'il fait le "pharaon". Que, de juge, il est devenu partie. On lui reproche une tendance à la compromission avec les Iraniens. Fin manoeuvriers, ceux-ci l'auraient berné. Les diplomates occidentaux qui observent son action depuis des mois avec perplexité considèrent qu'il s'est "égaré". Ils l'ont mis en garde, l'ont houspillé. Les dernières bribes de confiance se sont envolées. Mais il garde le soutien appuyé de la Russie, de la Chine et des pays non-alignés.
La querelle qui l'entoure est assez grave. L'arbitre qu'il est censé être, le contrôleur du respect par les Etats des obligations, qu'ils ont contractées en signant le traité de non-prolifération (TNP) de 1968, peut-il se permettre d'avoir une autorité érodée dans des grandes capitales ? M. ElBaradei est pris dans une guérilla diplomatique. Son message n'a pas toujours été clairement compris. Il en est conscient. Les accusations qui l'assaillent l'ont affecté. Pour les désamorcer, il assure ne vouloir jouer en rien "l'apaisement" avec l'Iran, ne pas avoir relâché la vigilance.
On ne devine pas toutes ces tensions lorsqu'on le rencontre. Affable, l'air détendu, assis sur un canapé dans son bureau aux larges baies vitrées qui s'ouvrent sur Vienne, Mohammed ElBaradei argumente longuement, soucieux de persuader. Issu d'une famille de la bourgeoisie égyptienne, il est juriste de formation. Après une carrière discrète de diplomate en Egypte puis à New York, au sein de l'ONU, il est arrivé à la tête de l'AIEA en 1997. Sans disposition naturelle, à ses débuts, à se projeter sous les feux médiatiques. Contrairement à son comparse de 2003, Hans Blix, alors chef des équipes d'inspecteurs de l'ONU en Irak, M. ElBaradei est spontanément réservé.
Une sourde rancoeur l'anime contre l'administration Bush. Elle trouve son origine dans la dispute qui a éclaté en 2003 à l'ONU à propos de l'Irak. Mohammed ElBaradei avait alors eu le courage de crier à la manipulation du renseignement américain, notamment à propos de supposées fournitures d'uranium à Saddam Hussein en provenance du Niger.
"L'Irak a été important, reconnaît-il. J'étais au coeur de la bataille. Treize jours avant la guerre, j'ai dit au Conseil de sécurité : donnez-moi trois mois, c'est un investissement dans la paix. Cela ne s'est pas fait. On a eu la guerre." Cette guerre-là ne cesse de l'accabler : "Le nombre de tués chaque mois en Irak est l'équivalent des victimes du 11-Septembre. Sept cent mille morts depuis le début du conflit ! Toutes d'innocentes victimes civiles. Empêcher que des massacres soient commis est de mon devoir, non seulement comme directeur de l'AIEA, mais en tant que simple citoyen."
Il arrive que des diplomates occidentaux lui reprochent d'agir en Egyptien bien plus qu'en patron d'une agence technique de l'ONU. Lui s'insurge contre ce procès d'intention. Rappelle qu'il a passé "plus de trente-cinq ans" de sa vie en Occident, et que New York, avec son brassage culturel, est pour lui "un microcosme du monde tel qu'il devrait être". Mais il se dit aussi, par ses origines mêmes, "très familier" des "deux perceptions" du monde qui se confrontent depuis le 11-Septembre, "un sentiment de persécution dans une partie du monde arabo-musulman, et un sentiment de suspicion en Occident".
Il semble y réfléchir beaucoup. "Si le discours de l'Iran est populaire au Moyen-Orient, dit-il, ce n'est pas parce que ce pays a des armements, mais parce qu'un pourcentage très élevé de la population de ces Etats est en colère, se sent humilié, ressent de l'injustice. La solution n'est pas l'emploi de la force. Il faut de l'éducation, des institutions, de la société civile, rétablir une dignité et un respect. Il faut commencer par résoudre la question palestinienne."
M. ElBaradei a pris de front, cette année, ceux qui considèrent qu'il devrait s'en tenir à un rôle de technicien chargé de fournir un diagnostic sur l'avancée des travaux nucléaires iraniens. Lui, revendique sans ambages un rôle "politique". Il se voit en négociateur de haut vol. Un rôle que peu de dirigeants en Occident ont souhaité qu'il endosse - hormis le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et, d'une façon plus discrète, le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana.
Son interlocuteur-clé, côté iranien, a été jusqu'en octobre le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani. Un personnage subtil et cultivé, mais qui, au fond, ne dévia jamais d'une ligne intransigeante, et dont la démission n'a fait qu'accroître les incertitudes sur l'issue de la crise. M. ElBaradei a négocié cet été avec M. Larijani un "plan de travail" avec la République islamique, qui vise à faire la lumière sur près de deux décennies d'activités nucléaires clandestines. Il devait rendre, ces jours-ci, un rapport à ce sujet. Il s'attachera probablement à prolonger les négociations. Ce qui aura pour conséquence de bloquer l'adoption de nouvelles sanctions à l'ONU, où les Russes et les Chinois sont ses alliés objectifs.
Ses détracteurs, à Washington, Paris et Londres, perçoivent le "plan" - auquel ils ont dû se résoudre - comme une manoeuvre de diversion, un dangereux subterfuge. Au prétexte de promouvoir la diplomatie, du temps est accordé aux Iraniens dans leur course à la matière fissile. Si l'on suit cette logique, l'action de M. ElBaradei accroît paradoxalement le danger de scénario militaire. Car en mettant l'Iran à l'abri de nouvelles sanctions de l'ONU, il conforte son illusion d'invulnérabilité et rapproche le moment où certains, à Washington ou en Israël, perdront patience.
A la description de ce scénario qu'il veut précisément éviter, M. ElBaradei répond en invoquant le droit international : l'usage de la force, sans feu vert du Conseil de sécurité ou sans motif clair d'autodéfense, est prohibé par la charte de l'ONU.
Médiateur controversé dans le dossier le plus brûlant, et sur lequel de sombres nuages s'accumulent, Mohammed ElBaradei joue gros. Il tente le tout pour le tout, sans illusion. Avec, sans doute, l'espoir de gagner du temps jusqu'au départ de George Bush. Si le pire se produit, au moins aura-t-il laissé une marque. Pour l'histoire ? Dans son bureau au style moderne et dépouillé, une petite reproduction attire l'attention. C'est Le Cri, d'Edvard Munch. L'expression de l'angoisse s'il en est.
Le Monde, 15/11/07:
Mossein Moussavian, ancien porte-parole de
l'équipe de négociateurs du dossier nucléaire
iranien, sous la présidence du réformateur Mohammad
Khatami, a été accusé, mercredi 14 novembre,
d'avoir fourni des "informations" à des pays
étrangers, dont la Grande-Bretagne, selon le ministre iranien
des renseignements, Gholamhossein Mohseni-Ejeie. M. Moussavian
a été arrêté en mai, puis libéré
sous caution. "L'accusation a été prouvée",
a dit M. Mohseni-Ejeie, ajoutant que, pour lui, M. Moussavian
"était coupable", mais qu'il appartenait au juge
d'en décider. Après le remplacement du négociateur
sur le dossier nucléaire Ali Larijani en octobre par Saïd
Jalili, un proche du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad
a entrepris une reprise en main. Lundi, il a accusé ses
adversaires politiques de faire pression sur le juge chargé
du dossier. "Les traîtres ont fait pression pour acquitter
un espion, a-t-il dit, la nation iranienne ne permettra pas à
certains de sauver les coupables (...) en usant de leur influence
économique et politique."
7/11/2007 - Le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré
mercredi que l'Iran avait atteint le cap de 3.000 centrifugeuses,
une étape symbolique qui permet théoriquement d'obtenir
suffisamment d'uranium hautement enrichi pour une bombe atomique
en moins d'un an. "Aujourd'hui nous
avons atteint 3.000 machines (pour l'enrichissement d'uranium,
ndlr)", a dit le président iranien devant une foule
rassemblée dans la ville de Birdjand, dans la province
orientale du Khorassan du sud. Le chiffre de 3.000 centrifugeuses
constitue un module permettant d'obtenir, à condition de
fonctionner de manière optimale, suffisamment d'uranium
hautement enrichi pour une bombe atomique en moins d'un an. M.
Ahmadinejad n'a pas précisé si la totalité
des centrifugeuses fonctionnaient effectivement. L'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) avait annoncé fin août
que l'Iran faisait tourner 1.968 centrifugeuses et que 656 autres
étaient testées ou en cours d'installation. Elle
avait aussi remarqué que les techniciens injectaient des
quantités relativement faibles de gaz d'hexafluorure d'uranium
dans ces machines, ce qui laisserait supposer que ces installations
ne fonctionnent pas de façon optimale. Le programme d'enrichissement
d'uranium est au coeur de la crise sur le dossier nucléaire
iranien. Le président français Nicolas Sarkozy a
affirmé mardi que l'hypothèse d'un Iran doté
de l'arme nucléaire était "inacceptable".
C'est pourquoi, a-t-il dit, "il n'y a pas d'autre solution
que des sanctions onusiennes et européennes et en même
temps, il faut rester disponible pour le dialogue, la main tendue".
La chancelière allemande Angela Merkel a ajouté
"que l'Allemagne, si l'Iran ne cède pas, est disposée
à de nouvelles sanctions plus sévères".
Le Conseil de sécurité des Nations unies a exigé
dans trois résolutions, dont deux assorties de sanctions,
une suspension de l'enrichissement. Les cinq membres permanents
du Conseil et l'Allemagne ont averti qu'ils chercheraient à
obtenir une nouvelle résolution accroissant les sanctions
si Téhéran ne se pliait pas à leurs exigences.
Le président iranien, dont l'autorité reste moindre
que celle du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a
de nouveau rejeté tout compromis. "L'Iran n'accordera
aucun crédit à ces résolutions" éventuelles
à venir, à dit M. Ahmadinejad, qui avait qualifié
les précédentes de "bouts de papier".
Il a aussi nié l'efficacité des sanctions, assurant
que la "nation iranienne se fichait des sanctions".
"Ce peuple ne bougera pas d'un iota sur ses droits, particulièrement
ses droits au nucléaire", a-t-il ajouté. L'Iran
considère que le développement de son programme
nucléaire est "un droit" inaliénable.
Mais les grandes puissances estiment que les doutes sur la nature
de ce programme nécessitent la suspension de ses activités
les plus sensibles. L'enrichissement d'uranium permet d'obtenir
aussi bien le combustible pour une centrale nucléaire que
la matière première d'une bombe atomique. Téhéran
assure que son programme d'enrichissement a un objectif purement
civil, mais l'AIEA a expliqué ne pas être en mesure
à ce stade d'en confirmer la nature pacifique. L'Iran s'est
engagée en août à éclairer l'agence
d'ici la fin de l'année sur des éléments
clés de ce programme. Le directeur de l'AIEA Mohammed ElBaradei
doit rendre un rapport à la fin-novembre sur l'état
de cette coopération. Israël, qui milite pour des
sanctions plus dures contre l'Iran, a mis en cause l'impartialité
de M. ElBaradei, de crainte que son rapport ne soit pas assez
dur contre Téhéran. Le porte-parole de la diplomatie
israélienne Mark Regev a accusé l'Agence mardi de
faire "le jeu des Iraniens en apportant leur contribution
à la stratégie iranienne qui consiste à traîner
les pieds". Les grandes puissances ont convenu d'attendre
ce rapport, ainsi que celui du Haut représentant pour la
diplomatie de l'UE Javier Solana, avant de décider si elles
présentent une nouvelle résolution au Conseil de
sécurité.
TEHERAN (30/10/07) - Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé mardi que des sanctions économiques unilatérales contre l'Iran ne contribueraient pas à une solution à la crise liée au programme nucléaire iranien, à l'issue d'une brève visite à Téhéran. Des sanctions unilatérales contre l'Iran "ne contribuent pas à la poursuite des efforts collectifs" pour trouver une issue à la crise liée au programme nucléaire de la République islamique, a déclaré M. Lavrov, cité par Interfax, après un entretien avec le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. "La Russie est en faveur d'un règlement pacifique des questions liées au programme nucléaire iranien. Nous allons suivre résolument les décisions qui ont été adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU. Et nous confirmons notre attachement aux actions collectives", a indiqué le ministre russe. Les nouvelles sanctions américaines visent le corps des Gardiens de la révolution, accusé de contribuer à la prolifération d'armes de destruction massive ainsi qu'une unité d'élite de l'armée iranienne, la force Al-Quds, accusée de soutenir le terrorisme. Trois banques d'Etat sont également dans le collimateur, ainsi que des particuliers et des agences gouvernementales. Les Occidentaux accusent l'Iran de chercher à utiliser son programme d'enrichissement d'uranium pour la fabrication de l'arme atomique. Mais Téhéran dément et assure que son programme est uniquement pacifique. Au cours de sa visite, M. Lavrov s'est aussi prononcé en faveur d'une coopération "plus active" de Téhéran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour lever les inquiétudes de la communauté internationale et "restaurer la confiance envers le caractère civil" de son programme nucléaire. M. Lavrov était arrivé en début de soirée à Téhéran. Sa visite intervient deux semaines après le déplacement historique du président russe, Vladimir Poutine, le premier d'un chef du Kremlin depuis 1943. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait alors déclaré au président russe qu'il "examinerait" une proposition de ce dernier, sans autre précision. L'ancien responsable du dossier nucléaire, Ali Larijani, avait précisé que la "suggestion particulière" du président russe concernait le programme nucléaire de l'Iran, mais le président Ahmadinejad avait affirmé qu'il n'existait pas de proposition concernant le dossier nucléaire. Ces dernières semaines, le président russe s'est démarqué de la position des Occidentaux en la matière. En visite au Portugal la semaine dernière pour participer au sommet Russie-Union européenne, M. Poutine a durement critiqué la position américaine et les nouvelles sanctions décidées par Washington contre Téhéran. "Pourquoi envenimer la situation, la conduire dans une impasse, menacer de sanctions ou même d'action militaire?", a-t-il lancé. "Vous pouvez courir dans tous les sens comme un fou agitant un rasoir mais ce n'est pas le meilleur moyen de régler le problème". Le président iranien, cité mardi par l'agence Irna, a quant à lui de nouveau dénoncé les sanctions américaines. "Les Etats-Unis pensent qu'ils peuvent obliger l'Iran à reculer avec des sanctions unilatérales et utilisent certains éléments intérieurs qui affirment que les gens ont des problèmes économiques, mais nous avons identifié ces perturbateurs économiques et nous allons bientôt les éliminer", a-t-il dit. Enfin, le directeur adjoint de l'AIEA, Olli Heinonen, et les responsables nucléaires iraniens ont repris leurs discussions sur des centrifugeuses P1 et P2. L'AIEA attend des détails sur l'obtention par l'Iran des composants des centrifugeuses de type P1, dont près de 3.000 fonctionnent à l'usine d'enrichissement de Natanz (centre), et sur les recherches concernant le modèle P2.
Siavosh GHAZI
NouvelObs, 30/10/07:
Téhéran critique vivement Hervé
Morin
Le Monde, 29/10/07:
L'Algérie apporte son soutien à
l'Iran sur le dossier nucléaire
Libération, 29 octobre 2007:
Cacophonie sur le nucléaire iranien
NouvelObs, 28/9/07:
L'information démentie venait du
Conseil national de la résistance iranienne, vitrine des
moudjahidine du peuple, considérés comme une organisation
terroriste par l'UE et les Etats-Unis.
Un haut responsable du nucléaire iranien, Javad Vaïdi,
a démenti l'existence d'un site nucléaire souterrain
secret, comme l'avait affirmé un responsable du Conseil
national de la résistance iranienne (CNRI, opposition),
a rapporté, vendredi 28 septembre, la télévision
d'Etat.
"Ces accusations sans fondement et erronées visent
à détruire le climat positif (...) créé
par la coopération de l'Iran avec l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) et le voyage du président
(Mahmoud Ahmadinejad) à New York", a déclaré
Javad Vaïdi, l'adjoint pour les affaires internationales
d'Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de
la sécurité nationale, selon un communiqué
lu par la télévision d'Etat.
Complexe de Natanz
Le CNRI a affirmé jeudi que Téhéran serait
en train de construire, dans le centre du pays, un nouveau site
nucléaire souterrain à vocation militaire, relié
au complexe de Natanz.
"Le site est protégé des attaques aériennes.
En cas de bombardement de Natanz, il ne sera pas touché",
a expliqué un responsable du CNRI, Mehdi Abrichamtchi,
lors d'une conférence de presse à Paris. "Le
centre atomique est formé d'un vaste espace souterrain
relié à deux tunnels parallèles, situés
sous la chaîne de montagne Karkass, et connecté par
un troisième tunnel" au complexe nucléaire
de Natanz, situé à 5 km plus au nord, a-t-il affirmé.
L'embouchure des tunnels mesure 6 mètres de diamètres,
a-t-il précisé.
"Opérationnel dans 6 mois"
Toujours selon Medhi Abrichamtchi, "pour conserver le secret
du site", l'endroit a été déclaré
"zone militaire". Le régime aurait également
"acheté les terres et les grands vergers de la région".
Le plan de ce site a été élaboré il
y a deux ans. Mehdi Abrichamtchi affirme qu'il sera opérationnel
"dans six mois". "L'information que nous avons
reçu de l'intérieur du régime montre que
c'est un site pour une activité nucléaire militaire",
principalement "pour améliorer encore l'enrichissement
d'uranium", assure-t-il. Le 9 juillet, un groupe d'analyse
américain, l'Institut pour les sciences et la sécurité
internationale (ISIS) avait fait état d'images satellitaires
de travaux de construction de tunnels près de Natanz. Le
CNRI avait été le premier en 2002 à rendre
public l'existence de sites nucléaires iraniens secrets
dans les villes d'Arak et Natanz.
Le Conseil est la vitrine des Moudjahidine du peuple iranien,
considérés comme une organisation terroriste par
l'Union européenne et les Etats-Unis.
NouvelObs, 28/9/07:
L'ONU ne prendra aucune résolution contre l'Iran d'ici là, a indiqué Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, à l'issue d'une réunion entre les Six à New York.
LONU ne planchera pas sur une nouvelle résolution
sur l'Iran avant novembre, a indiqué Bernard Kouchner,
vendredi 28 septembre, à l'issue d'une réunion des
chefs de la diplomatie des Six à New York. Aucune sanction
renforcée pour juguler le programme nucléaire iranien
n'est donc prévue.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité
de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France)
et l'Allemagne n'ont donc pas trouvé de compromis satisfaisant.
Cette réunion se tenait à l'invitation de la secrétaire
d'Etat américaine, Condoleezza Rice.
Accord avec l'AEIA
Les Etats-Unis faisaient pression pour une troisième résolution
à l'automne du Conseil de sécurité contre
l'Iran, qui refuse de suspendre sa production d'uranium enrichi.
En revanche, la Russie et la Chine s'opposent à une prise
de sanction, préférant attendre les réponses
de Téhéran à l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA). L'AEIA a conclu en août un accord avec
l'Iran, par lequel le pays s'engage à répondre aux
questions de l'agence sur son programme nucléaire.
Les Occidentaux, après avoir critiqué cet accord,
ont fini par soutenir l'initiative de l'AIEA. Mais la France et
les Etats-Unis n'ont pas délivré l'Iran de son obligation
de suspendre ses activités d'enrichissement, qui pourraient
à terme lui permettre de se doter de l'arme nucléaire.
Sanctions financières
Après la réunion ministérielle des Six, Condoleeza
Rice a rencontré séparément ses homologues
allemand Frank-Walter Steinmeier, britannique David Milliband
et français, pour discuter avec eux de la possibilité
d'imposer de nouvelles sanctions contre l'Iran, notamment dans
le secteur financier. Signe de leurs profondes divisions, les
ministres des Six n'ont pas tenu de conférence de presse
commune.
Le Monde, 19/9/07:
Interrogée dans l'avion qui la conduisait
au Proche-Orient, la secrétaire d'Etat américaine
Condoleezza Rice a reproché, mercredi 19 septembre, à
l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de
sortir de son registre dans la crise nucléaire iranienne,
et s'est prononcée en faveur de la poursuite des pressions
diplomatiques à l'encontre de Téhéran.
"Nous pensons que la voie diplomatique peut fonctionner,
mais elle marchera à la fois avec des mesures incitatives
et en montrant les dents", a-t-elle déclaré,
soulignant à nouveau que "toutes les options"
restaient envisageables."L'AIEA n'est pas dans le registre
de la diplomatie. Elle est une agence technique dotée d'un
conseil des gouverneurs dont les Etats-Unis sont membres",
a souligné Mme Rice.
"DES TAS DE CHOSES DONT L'AIEA DEVRAIT S'INQUIÉTER"
Elle a rappelé que Mohamed ElBaradei, qui a obtenu en 2005
le prix Nobel de la paix, travaillait sous l'autorité de
l'ONU. "Le rôle de l'AIEA est de mener des inspections,
de rapporter des activités, de s'assurer que les divers
accords que les Etats ont signés sont respectés",
a-t-elle poursuivi.
M. ElBaradei a récusé lundi à Vienne la perspective
d'une option militaire contre l'Iran."Nous devons toujours
nous souvenir que l'usage de la force ne peut être envisagé
[que quand] toutes les autres options sont épuisées.
Je ne crois pas du tout que nous en soyons là", avait-il
affirmé. Mme Rice, visiblement irritée, a rappelé
que c'est au Conseil de sécurité de l'ONU et à
lui seul de décider des obligations à imposer à
l'Iran. "Il y a des tas de choses dont l'AIEA devrait s'inquiéter.
En ce qui concerne l'Iran, c'est de faire une déclaration
claire, un rapport clair sur ce que les Iraniens sont en train
de faire", a-t-elle poursuivi.
Le Monde, 1/10/07:
Le journaliste américain Seymour Hersh,
auteur de plusieurs articles sur la stratégie militaire
de la Maison Blanche en Iran, affirme, dans le New Yorker
paru lundi 1er octobre, que Washington pourrait abandonner l'idée
d'un bombardement de grande envergure visant des installations
nucléaires au profit de frappes "ciblées"
contre des infrastructures des Gardiens de la révolution.
Citant de nombreuses sources gouvernementales et sécuritaires
sous couvert d'anonymat, Hersh affirme que la modification des
plans américains s'est opérée cet été,
sous l'impulsion du vice-président Dick Cheney. "Le
but des plans était une large campagne de bombardement,
avec des cibles comprenant des sites nucléaires connus
ou suspectés ainsi que des cibles militaires. Maintenant,
on insiste sur des frappes 'chirurgicales' contre des installations
des Gardiens de la révolution à Téhéran
et ailleurs d'où sont lancées, selon l'administration,
des attaques contre les Américains en Irak", écrit
Hersh.
LES PRÉPARATIFS ONT AUGMENTÉ "DE MANIÈRE
SIGNIFICATIVE"
Le journaliste estime que ce recadrage stratégique résulte
de trois causes. "Premièrement, le président
et ses conseillers ont conclu que leur campagne pour convaincre
le public américain que l'Iran était un danger nucléaire
imminent n'a pas marché, contrairement à celle menée
avant la guerre en Irak (...). Deuxièmement, la
Maison Blanche a finalement adopté le consensus, partagé
par la communauté de renseignements américaine,
que l'Iran est encore à cinq ans d'obtenir une bombe. Enfin,
il y une reconnaissance grandissante, à Washington et au
Proche-Orient, que l'Iran est le grand vainqueur géopolitique
de la guerre en Irak."
Si les préparatifs pour une intervention militaire ont
augmenté "de manière significative",
selon les dires du journaliste "ils envoient tout
le monde vers la cellule iranienne", affirme un ancien
responsable de la CIA , une action militaire américaine
ne peut pas être qualifiée d'imminente. Ainsi, Hersh
précise qu'au cours de son enquête, on lui a répété
à de nombreuses reprises que "le président
n'a pas signé 'l'ordre exécutif' nécessaire
pour entreprendre une opération militaire en Iran".
"Et un ordre de ce calibre pourrait même ne jamais
être signé", ajoute-t-il.
"MENER UNE ACTION MILITAIRE EN IRAN LE PLUS VITE POSSIBLE"
Pourtant, le gouvernement américain n'a pas cessé
de lancer des mises en garde à l'encontre de Téhéran,
que ce soit sur le nucléaire ou sur la situation irakienne.
Dernièrement, M. Bush avait dénoncé, lors
d'un discours en août, le lien entre les extrémistes
chiites et Téhéran, demandant au régime iranien
"de mettre fin à ces actions". "Jusqu'à
ce qu'ils le fassent, nous prendrons les mesures nécessaires
pour mettre nos troupes en sécurité." Quant
au rôle de l'Iran en Irak, la mesure la plus concrète
a été l'adoption d'un texte, le 26 septembre, appelant
à désigner les Gardiens de la révolution
comme groupe terroriste.
"La position du président, et son corollaire
si beaucoup des problèmes américains en Irak peuvent
être imputés à Téhéran, alors
la solution est d'affronter les Iraniens se sont solidement
imposés au sein de l'administration", note l'auteur
de l'article. Parmi les plus fervents adeptes de cette option,
on retrouve M. Cheney qui, selon un ancien responsable des renseignements,
cherche désespérément à "mener
une action militaire en Iran le plus vite possible",
alors que M. Bush doit quitter la présidence dans moins
de quatorze mois.
"GUERRE RÉGIONALE DE VINGT ANS"
D'autres figures de premier plan, comme le général
David Petraeus, ont également apporté des éléments
démontrant la présence grandissante de Téhéran
sur le sol irakien, confortant par la même occasion l'administration
dans son choix. "Personne ne s'était rendu compte
du degré de participation de l'Iran", a-t-il affirmé
dans son rapport présenté en septembre. Selon lui,
Téhéran mène "une guerre par procuration
contre l'Etat irakien et les forces de la coalition".
Seule inconnue, la réaction du régime iranien à
une campagne de bombardement sur son sol. L'ancien conseiller
à la sécurité nationale, Zbignew Brzezinski,
cité dans l'article, prédit "une guerre
régionale de vingt ans". "Cette fois,
contrairement à l'Irak, nous allons jouer le rôle
de victime. Le but du jeu semble d'essayer à forcer les
Iraniens à jouer plus gros que leur mise."
Luc Vinogradoff
VIENNE (17 septembre 2007) - Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradei, a récusé lundi la perspective d'un éventuel recours à la force contre l'Iran sur son programme nucléaire, jugeant que les "autres options" étaient loin d'être épuisées. "Nous devons toujours nous souvenir que l'usage de la force ne peut être envisagé (que quand) toutes les autres options sont épuisées. Je ne crois pas du tout que nous en soyons là", a-t-il déclaré à la presse au premier jour de l'assemblée générale des 144 pays membres de l'AIEA à Vienne. M. ElBaradei s'exprimait au lendemain des propos du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, où celui-ci estimait que le monde devait se "préparer au pire", c'est-à-dire à la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran, si Téhéran persistait dans son refus de suspendre son programme nucléaire.
28/8/2007 - L'Iran
a répondu aux questions de l'Onu sur son utilisation du
plutonium et l'Agence internationale de l'énergie atomique
considère le dossier clos, selon le texte d'un accord entre
Téhéran et l'AIEA diffusé lundi. Il s'agirait
du premier dossier majeur refermé par l'AIEA depuis le
début de son enquête sur le programme nucléaire
iranien il y a quatre ans.
D'après l'AIEA, des éclaircissements fournis par
l'Iran en juillet et en août cadrent avec les observations
faites sur place par les inspecteurs de l'agence. "En conséquence,
le problème est résolu", écrit l'agence
basée à Vienne en Autriche. L'AIEA souhaite toutefois
encore obtenir la possibilité d'inspecter librement plusieurs
installations nucléaires iraniennes.
D'autres questions demeurent à résoudre et seront
traitées les unes après les autres, ont déclaré
des diplomates à Reuters.
L'AIEA cherche encore notamment à obtenir des explications
de l'Iran au sujet des nouvelles centrifugeuses P-2 destinées
à l'enrichissement de l'uranium, ainsi que sur des documents
montrant comment modeler le coeur d'uranium d'une bombe atomique.
VIENNE (24/7/2007) - Des
pourparlers techniques ont commencé mardi matin à
Vienne entre l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA) et l'Iran pour permettre à l'AIEA de mieux évaluer
la nature, purement pacifique ou non, de son programme nucléaire,
a indiqué un diplomate proche de l'Agence.
La délégation iranienne est conduite par Javad Vaïdi,
l'adjoint du négociateur en chef pour les affaires nucléaires
Ali Larijani, et par l'ambassadeur d'Iran auprès de l'agence
onusienne, Ali Asghar Soltanieh, a constaté l'AFP.
Comme lors de la dernière rencontre à Téhéran
le 12 juillet, la délégation de l'AIEA est dirigée
par Olli Heinonen, directeur adjoint et chef des inspecteurs de
l'agence, indique-t-on auprès de l'AIEA.
Les deux parties avaient fait état à Téhéran
de discussions "constructives" à l'issue de leur
rencontre il y a douze jours.
L'Iran a aussi donné parallèlement le 13 juillet
son accord à de prochaines inspections par l'AIEA du site
du futur réacteur à eau lourde d'Arak (centre) destiné
à produire du plutonium.
Les discussions à huis-clos, mardi et peut-être mercredi,
"seront techniques", il ne faut "pas trop en attendre",
a cependant prévenu un diplomate proche de l'agence onusienne.
Le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei,
a jugé "positive" la semaine dernière
en Malaisie, l'autorisation à se rendre à Arak,
et s'est félicité que "pour la première
fois", Téhéran accepte de discuter de ses intentions
nucléaires.
"Plus tôt nous pourrons dire que le programme iranien
est exclusivement destiné à des fins pacifiques,
mieux cela sera pour l'Iran et pour la communauté internationale",
a-t-il ajouté.
L'Iran affirme que son programme nucléaire a un objectif
purement civil et qu'il n'a pas l'intention de se doter de l'arme
nucléaire, contrairement aux craintes de nombreux pays
en tête desquels les Etats-Unis et Israël.
Washington a du reste accueilli avec scepticisme l'accord entre
Iran et AIEA sur Arak.
Selon une source diplomatique, l'Agence de Vienne veut toujours
élucider l'historique des programmes iraniens.
Les questions concernent notamment la découverte sur des
équipements de traces de contamination anciennes avec de
l'uranium hautement enrichi (UHE), de plans de centrifugeuses sophistiquées pour
enrichir l'uranium, ou d'autres pour mouler des hémisphères
d'uranium métallique ayant des applications militaires.
M. Soltanieh avait précisé il y a dix jours que
les experts des deux parties voulaient fixer d'ici à un
mois un cadre "de règles précises sur les méthodes
d'inspection du site d'enrichissement d'uranium de Natanz",
où tournent des centaines de centrifugeuses.
Téhéran refuse de suspendre son programme d'enrichissement,
ce qui lui a déjà valu par deux fois des sanctions
du Conseil de sécurité de l'ONU.
Selon un diplomate à Vienne cependant, "l'heure est
à la détente entre l'Union européenne et
Iran" et il ne sera pas question de nouvelles sanctions avant
septembre. Mais, a-t-il relevé, les critiques craignent
toujours que l'Iran ne profite de la prolongation de discussions
pour avancer son programme d'enrichissement.
Ali Larijani et Javier Solana, haut représentant de l'UE
pour la politique extérieure, doivent aussi se retrouver
prochainement après trois séries de rencontres en
Turquie, en Espagne et au Portugal.
LISBONNE (23/6/2007) - Le Haut représentant de la politique étrangère
européenne Javier Solana et le principal négociateur
iranien sur le nucléaire Ali Larijani ont entamé
samedi à Lisbonne des discussions pour tenter d'éviter
une aggravation de la crise liée au refus de Téhéran
de suspendre son enrichissement d'uranium.
Ces discussions préparatoires à d'éventuelles
négociations interviennent alors que les grandes puissances
envisagent l'adoption d'une nouvelle résolution contre
l'Iran, renforçant les sanctions déjà en
vigueur.
La rencontre entre MM. Solana et Larijani, la deuxième
en moins d'un mois, s'est ouverte peu après 17H00 (16H00
GMT) au siège du ministère portugais des Affaires
étrangères.
Une conférence de presse est prévue à l'issue
des entretiens.
"Nous voulons créer les conditions pour entamer les
négociations", a déclaré peu après
l'ouverture de la rencontre Cristina Gallach, porte-parole de
M. Solana. Selon elle, cette phase "préparatoire"
s'est prolongée "parce que malheureusement l'Iran
n'a pas répondu aux demandes de la Communauté internationale",
qui exige notamment que Téhéran suspende son programme
d'enrichissement de l'uranium.
"Nous sommes réalistes. C'est une question très
difficile. Nous l'abordons avec réalisme et ténacité
et en même temps avec la volonté d'avancer vers les
négociations. Nous devons maintenir les voies du dialogue
ouvertes", a-t-elle ajouté.
Vendredi soir, M. Larijani s'était entretenu à Vienne
avec le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA), Mohamed ElBaradei.
Il s'est engagé à définir, dans les deux
mois, un plan de travail avec l'AIEA, qui réclame de pouvoir
vérifier si le programme nucléaire iranien n'est
effectivement qu'un programme civil, comme l'affirme Téhéran,
et n'a pas d'objectifs militaires comme le soupçonne Washington.
M. Larijani a en revanche une nouvelle fois écarté
toute discussion sur la question centrale de l'enrichissement
d'uranium, estimant que "toute approche hostile envers une
nation dont les scientifiques ont été capables de
développer un tel niveau de connaissances scientifiques
n'est pas correcte".
Or, pour la communauté internationale, les négociations
avec Téhéran sont conditionnées à
une suspension de l'enrichissement, qui s'accompagnerait d'une
suspension des sanctions de l'ONU.
Vendredi soir, M. Larijani avait néanmoins dit espérer
aboutir à un "accord politique" avec le représentant
européen.
Lors de sa précédente rencontre avec le négociateur
en chef iranien, le 31 mai à Madrid, M. Solana avait remis
sur la table une offre du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France,
Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) proposant une large coopération
à l'Iran en échange notamment d'une suspension de
l'enrichissement d'uranium.
Mais depuis lors, Téhéran n'a eu de cesse de répéter
que son droit à enrichir l'uranium n'était pas négociable.
Selon le Washington Post de samedi, Washington comme Londres ont
d'ores et déjà rédigé des projets
de résolution, qui prévoient notamment des interdictions
de voyager, un gel des avoirs bancaires ainsi que des inspections
des navires et avions cargos iraniens, en cas d'échec des
discussions de Lisbonne.
Si l'ONU décide de nouvelles sanctions contre Téhéran,
"nous ferons un autre plus grand pas" dans le domaine
nucléaire, avait averti jeudi M. Larijani dans un entretien
à Newsweek.
Selon un haut diplomate proche de l'AIEA, l'Iran, qui exploitait
plus de 1.300 centrifugeuses pour l'enrichissement d'uranium à
la mi-mai dans son centre de Natanz, pourrait en avoir installé
3.000 d'ici la fin fin juillet.
Une telle installation permettrait, à condition de fonctionner
dans des conditions optimales, d'obtenir suffisamment d'uranium
hautement enrichi pour une bombe nucléaire dans un délai
maximal d'un an.
NouvelObs, 11/6/07:
Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique souhaite que la confrontation avec l'Iran au sujet du nucléaire soit "désamorcée".
Mohamed ElBaradei, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a demandé lundi 11 juin que soit "désamorcée la confrontation avec l'Iran" au sujet du nucléaire lors de l'ouverture de la conférence de l'agence à Vienne, en Allemagne.
"Je suis de plus en plus perturbé par l'impasse actuelle et la menace d'une confrontation - une impasse à laquelle il faut rapidement mettre fin et une confrontation qui doit être désamorcée", a-t-il déclaré.
Au cours de la conférence d'une semaine qui réunit les gouverneurs des 35 pays membres de l'AIEA, Mohamed ElBaradei va revenir sur son rapport du mois dernier établissant que l'Iran continuait à développer sa filière d'enrichissement d'uranium, en dépit de deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU sanctionnant ces activités.
Le directeur de l'AIEA a rappelé qu'il
continuait "à croire que le dialogue et la diplomatie
sont, en fin de compte, le seul moyen de trouver la solution négociée
envisagée dans les résolutions du Conseil de Sécurité"
de l'ONU sur le sujet. "Plus tôt on aura créé
les conditions pour avancer dans cette direction, le mieux ce
sera", a-t-il ajouté.
Deux sanctions imposées par l'ONU
Deux sanctions ont déjà été imposées
à l'Iran par le Conseil de sécurité pour l'obliger
à cesser ses activités d'enrichissement de l'uranium,
un procédé qui permet de produire du combustible
pour les centrales nucléaires et qui entre dans la fabrication
d'armes atomiques.
Cependant, selon Mohamed ElBaradei "les faits sur place indiquent que l'Iran poursuit le perfectionnement de ses connaissances en matière d'enrichissement et qu'il étend la capacité de ses installations d'enrichissement" à Natanz.
L'Iran continue également "la construction de son réacteur à eau lourde d'Arak", qui peut produire du plutonium, constituant comme l'uranium enrichi un élément potentiel pour entrer dans la fabrication de bombes, affirme-t-il.
Le négociateur iranien sur le dossier nucléaire Javad Vaïdi a de soncôté rencontré lundi à Vienne, au ministère autrichien des Affaires étrangères, Robert Cooper, l'adjoint du Haut représentant de l'Union européenne pour la diplomatie, Javier Solana. Selon une source diplomatique, la rencontre prévue entre Javad Vaïdi et Mohamed ElBaradei a été annulée.
11/6/07 - Washington a réitéré vouloir trouver une solution diplomatique à la crise mais n'a pas complètement exclu une intervention militaire. Des forces navales américaines ont déjà pris position dans le Golfe récemment.
Le Monde, 26/5/07:
L'Iran tente de désamorcer la crise du
dossier nucléaire et en appelle à Nicolas Sarkozy
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad
a affirmé que l'Iran allait développer son programme
nucléaire "jusqu'à l'extrême", malgré
les menaces de nouvelles sanctions de l'ONU, a rapporté
vendredi l'agence officielle Irna.
25/5/07 - "La technologie nucléaire
de l'Iran se développe chaque jour et ira jusqu'à
l'extrême possible", a déclaré M. Ahmadinejad
lors d'un discours dans la province d'Ispahan (centre).
"Aujourd'hui, le peuple iranien possède la technologie
nucléaire et celle du cycle pour la production du combustible
nucléaire", a-t-il ajouté.
"Les grandes puissances utilisent tous leurs moyens pour
empêcher le progrès de l'Iran mais le peuple iranien,
avec force et résistance, balayera les obstacles mis sur
sa route par ces puissances et poursuivra sa route vers les sommets
du progrès", a-t-il dit.
"Les grandes puissances doivent renoncer à leur méthodes
grossières comme l'adoption de résolutions contre
l'Iran et présenter des excuses au peuple iranien",
a déclaré M. Ahmadinejad, répétant
une nouvelle fois que l'Iran ne "reculera pas d'un iota"
dans sa volonté de développer son programme nucléaire.
"Si vos missiles, porte-avions et bombardiers pouvaient faire
quelque chose, ils vous auraient aidés à sortir
du bourbier irakien", a-t-il ajouté en allusion à
l'arrivée de deux porte-avions américains dans le
Golfe.
Les porte-avions américains USS John C. Stennis et USS
Nimitz, sont entrés mercredi dans les eaux du Golfe, soit
le plus grand déploiement militaire américain depuis
2003.
Selon M. Ahmadinejad, les Etats-Unis et leurs alliés sont
entrés en Irak dans le but d'encercler l'Iran mais aujourd'hui
"ils ont besoin de l'aide du peuple iranien pour être
sauvés".
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA), Mohamed ElBaradei, a constaté mercredi dans un
rapport que Téhéran avait refusé de suspendre
ses activités nucléaires sensibles, comme l'exige
le Conseil de sécurité des Nations unies.
L'AIEA a aussi souligné que l'Iran se refusait toujours
à éclaircir des zones d'ombre de son programme atomique,
avait réduit sa communication d'informations sur ce dernier,
et suspendu unilatéralement un accord de vérification
du réacteur à eau lourde en construction à
Arak (centre).
24 mai 2007 - Mohammed
El Baradeï, président de l'Agence internationale pour
l'énergie atomique, a déclaré que selon lui,
"si l'Iran choisissait de se doter de l'arme nucléaire,
il pourrait le faire d'ici trois à huit ans"
Empêcher Téhéran de poursuivre l'enrichissement
d'uranium à l'échelle industrielle, c'est donc l'objectif
prioritaire de l'AIEA. D'autres propos de Mohammed El Baradeï
ont surpris ce weekend. Actuellement invité d'une conférence
sur le nucléaire au Luxembourg, il a affirmé à
la presse espagnole que l'exigence d'une suspension totale des
activités d'enrichissement d'uranium de l'Iran était
dépassée par la réalité des faits
aujourd'hui. Ces propos ont surpris la France, notamment, qui
s'est exprimée pour une poursuite des sanctions contre
l'Iran. Mahmoud Ahmadinejad,
le président iranien, a déclaré lui que son
pays ne pouvait pas se permettre d'arrêter son programme
nucléaire "même pour un instant". Il a
ajouté que l'Iran était très prêt d'atteindre
ses "buts ultimes".
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad
a averti lundi à Abou Dhabi que l'Iran riposterait avec
force à une éventuelle attaque américaine,
dans le cadre de la crise autour du programme nucléaire
iranien.
ABOU DHABI (14 mai 2007) - "Ils
(les Américains) savent que s'ils venaient à commettre
cette erreur, la réaction du peuple iranien sera dure et
ils le regretteront", a-t-il dit lors d'une conférence
de presse à Abou Dhabi, au terme d'une visite officielle.
Les propos du chef de l'Etat iranien qui s'exprimait en persan,
étaient traduits en anglais par un interprète officiel
iranien. M. Ahmadinejad, qui s'exprimait trois jours après
que le vice-président américain Dick Cheney eut
averti que les Etats-Unis ne permettraient pas à l'Iran
d'acquérir l'arme nucléaire, a écarté
l'éventualité d'une attaque américaine. "Ils
ne peuvent pas attaquer l'Iran. Le peuple iranien est en mesure
de riposter. Il est capable de bien se protéger et se défendre",
a-t-il dit. Il a répété que le programme
nucléaire de l'Iran, que les Etats-Unis soupçonnent
de chercher à se doter de l'arme nucléaire, se déroulait
"dans le cadre de la loi" et que Téhéran
maintenait son "droit à acquérir l'énergie"
nucléaire. Il a minimisé l'avertissement que Dick
Cheney avait formulé vendredi alors qu'il inspectait un
porte-avions américain croisant dans les eaux du Golfe,
en face de l'Iran. "(Son) message ne contient rien de nouveau",
a-t-il commenté. [...]
(29/4/07) - L'Iran a rejeté dimanche l'idée selon laquelle il pourrait consentir à une suspension partielle de ses activités d'enrichissement de son uranium afin de sortir de la crise internationale suscitée par son programme nucléaire. L'Iran assure que sa technologie nucléaire vise exclusivement à produire de l'électricité mais les puissances occidentales pensent qu'il souhaite fabriquer une bombe atomique, et deux résolutions frappant Téhéran de sanctions ont d'ores et déjà été adoptées par l'Onu. Interrogé sur une éventuelle suspension partielle du programme nucléaire iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, a déclaré lors d'une conférence de presse: "Ce qui a été dit concernant la suspension n'est pas correct, et n'est pas vrai." Il a qualifié de positives et constructives les discussions de la semaine dernière, en Turquie, entre le négociateur en chef de l'Iran sur le dossier nucléaire, Ali Larijani, et le porte-parole de la politique extérieure de l'UE, Javier Solana. A l'issue de sa rencontre avec Solana, Larijani a déclaré que l'Iran et l'UE s'approchaient d'un "point de vue unique" sur certains points des négociations, qui reprendront dans deux semaines, mais il n'a fourni aucune précision.
Le Figaro, 18 avril 2007:
Selon un document officiel de l'Agence internationale
de l'énergie atomique, Téhéran a commencé
à alimenter ses centrifugeuses pour produire de l'uranium
enrichi.
C'est une nouvelle qui devrait accroître la tension
diplomatique qui nourrit les relations entre l'Iran et la communauté
internationale. Téhéran a déjà assemblé
1.300 centrifugeuses dans son usine d'enrichissement d'uranium
de Natanz et a commencé à les alimenter pour enrichir
l'uranium. C'est ce que révèle un diplomate citant
un document confidentiel de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA).
L'Iran dispose de huit cascades de 164 centrifugeuses chacune
dans le site souterrain de Natanz et "de l'UF6 (hexafluorure
d'uranium) est en train d'être injecté", a affirmé
ce diplomate citant ce document envoyé mercredi par l'AIEA
aux 35 membres de son conseil d'administration. Le gaz UF6 est
injecté dans des centrifugeuses pour produire de l'uranium
enrichi.
Mardi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie
atomique (OIEA), Gholamreza Aghazadeh, avait déjà
déclaré que l'Iran utilisait tous les moyens pour
"installer des centrifugeuses (d'enrichissement d'uranium,
ndlr) à Natanz", dans une déclaration à
l'agence Isna.
Le 9 avril dernier, l'Iran avait annoncé que son
programme d'enrichissement d'uranium était passé
au stade industriel et le chef du Conseil suprême de la
sécurité nationale, Ali Larijani, avait même
affirmé que 3.000 centrifugeuses étaient installées
à Natanz.
Cette annonce intervient le jour même où l'AIEA a
annoncé mercredi qu'elle renonçait à installer
des caméras de surveillance sur le site nucléaire
souterrain iranien de Natanz tout en estimant qu'elle avait les
moyens de vérifier que Téhéran ne cherche
pas à développer un armement nucléaire.
Le Monde, 16/4/07:
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad,
a réaffirmé, lundi 16 avril, la détermination
de son pays à acquérir la technologie nucléaire.
"Le peuple iranien résistera jusqu'au bout et ne
bougera pas d'un iota", a-t-il expliqué, lors
d'un discours retransmis par la télévision d'Etat.
"Vous ne pouvez pas créer la moindre faille dans la
détermination de l'Iran en utilisant les institutions internationales
que vous avez conçues", a-t-il souligné,
en référence aux résolutions du Conseil de
sécurité de l'ONU infligeant des sanctions à
la République islamique.
Dimanche, le gouvernement iranien a lancé deux appels d'offres,
qui arriveront à expiration le 10 août, pour la construction
de deux centrales nucléaires, "de 1 000 à
1 600 mégawatts (MW) à Bouchehr",
à l'endroit même où les Russes doivent achever
la construction d'une première centrale de 1 000 MW. L'Iran
a déjà pris "des contacts avec des sociétés
russes et européennes", a indiqué le directeur
pour la production et le développement de l'énergie
nucléaire à l'Organisation iranienne de l'énergie
atomique. Le coût de chaque centrale s'établirait
entre 1,4 et 1,7 milliard de dollars, et leur construction s'étalerait
sur neuf à onze ans, selon lui.
Ces annonces interviennent alors que l'Iran est sous une pression
croissante de la communauté internationale pour suspendre
ses activités nucléaires sensibles, et que l'achèvement
de sa première centrale nucléaire par la Russie
a encore subi un retard.
MOSCOU (11/04/2007) -
La Russie, qui est un des alliés les plus proches de Téhéran,
s'est élevée mercredi contre les essais de missiles
que l'armée iranienne aurait effectués à
proximité de la centrale nucléaire de Bushehr, sans
en informer les scientifiques russes qui y travaillent.
Plusieurs capitales occidentales accusent l'Iran de chercher à
se doter de l'arme nucléaire sous couvert de programmes
nucléaires civils, ce que Téhéran dément.
La centrale de Bushehr est la première centrale nucléaire
iranienne. Elle est construite avec l'aide de la Russie.
Sergueï Novikov, porte-parole de l'agence atomique russe
Rosatom, a déclaré que l'armée iranienne
avait réalisé le 6 avril, à 5h00 du matin,
des essais de missiles anti-aériens près de la centrale
où travaillent 2.000 Russes.
""Les spécialistes russes n'ont pas été
informés de ces exercices et ont été réveillés
par le bruit des tirs d'artillerie, qui bien sûr, à
notre avis, créent des tensions sur le site et perturbent
leur travail"", a-t-il dit par téléphone.
L'Iran a réalisé ces derniers mois des manoeuvres
militaires présentées comme défensives sur
son territoire. Elles incluaient des essais de missiles.
Les manoeuvres les plus récentes qui avaient été
annoncées, et qui devaient prendre fin en mars, incluaient
des exercices navals dans la région du Golfe et qui pouvaient
couvrir une zone proche de la ville portuaire de Bushehr.
La Russie a précisé avoir contacté Téhéran
pour faire part de sa préoccupation quant aux exercices
militaires.
Une équipe de négociateurs russes est actuellement
en Iran pour évoquer des sujets relatifs à la centrale
de Bushehr. Ce dossier a été l'objet d'une courte
crispation entre Moscou et Téhéran en raison de
retards de paiements iraniens en début d'année.
Libération, 10 avril 2007:
L'Iran choisit l'escalade nucléaire
Le pays défie la communauté internationale
avec l'annonce d'une production industrielle d'uranium enrichi.
Le Monde, 10/4/07:
L'Iran affirme produire du combustible nucléaire
à échelle industrielle
"Bravant un ultimatum du Conseil de sécurité
de l'ONU, l'Iran a proclamé, lundi 9 avril, sa "fierté"
d'avoir rejoint "le club des pays nucléaires",
en se dotant de la capacité de "produire du combustible
nucléaire à l'échelle industrielle"
et de celle de "produire en masse des centrifugeuses"
pour enrichir l'uranium. Cette annonce, faite par le président
de la République, Mahmoud Ahmadinejad, et le président
de l'organisation de l'énergie atomique iranienne, Gholam
Reza Aghazadeh, ne s'est toutefois assortie d'aucune preuve tangible
des progrès accomplis."
[...] "Notre nation défendra ses droits jusqu'au
bout", a déclaré, lundi, M. Ahmadinejad,
ajoutant que l'Iran pourrait "revoir" la "voie
pacifique qu'il a choisie jusqu'à présent"
si des "mesures" étaient adoptées
contre lui. "Si (les grandes puissances) exercent
de nouvelles pressions, nous n'aurons pas d'autre choix que de
reconsidérer notre appartenance au TNP", le traité
de non-prolifération nucléaire, a aussi prévenu
Ali Larijani, président du Conseil national de sécurité
et principal négociateur du dossier nucléaire iranien.
L'Iran est désormais, aux yeux de M. Larijani, en meilleure
position pour traiter avec la communauté internationale.
"Maintenant que le cycle du combustible nucléaire
est bouclé, nous sommes prêts à négocier
pour parvenir à un accord avec les pays occidentaux, afin
de dissiper leurs craintes concernant le programme nucléaire
iranien sans mettre fin à notre développement scientifique",
a-t-il déclaré.
Le Monde, 26/3/07:
NEW YORK (Nations unies) CORRESPONDANT
L'Iran a choisi l'escalade, dimanche 25 mars,
en répliquant à de nouvelles sanctions adoptées,
samedi, au Conseil de sécurité de l'ONU, par une
décision de "limiter" sa coopération
avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
"Après cette résolution illégale
du Conseil de sécurité, il n'y aura même pas
une seconde d'arrêt dans la marche nucléaire pacifique
et légale du peuple iranien", a prévenu
le président de la République islamique, Mahmoud
Ahmadinejad.
Le Conseil de sécurité a unanimement adopté
la résolution 1747 qui interdit à l'Iran d'exporter
des armes et ordonne le gel des avoirs de 28 personnes et entités
liées aux programmes nucléaires et balistiques suspects.
Le texte renforce des sanctions adoptées le 23 décembre
2006 et vise notamment les Gardiens de la révolution, un
pilier du régime. La résolution donne à l'Iran
60 jours pour geler son programme d'enrichissement d'uranium,
soupçonné de servir à la mise au point d'une
arme nucléaire, avant de faire face à de nouvelles
sanctions.
"Téhéran a décidé de limiter
(sa) coopération (avec l'AIEA) jusqu'à
ce que le dossier nucléaire iranien soit transféré
du Conseil de sécurité vers cette agence",
a déclaré le porte-parole du gouvernement, Gholamhossein
Elham. Au lieu d'annoncer par avance à l'agence atomique
toute décision de construire de nouvelles installations
nucléaires, comme il s'y était volontairement engagé,
l'Iran se contenterait désormais de les déclarer
six mois avant leur mise en service, a-t-il expliqué, qualifiant
de "mineurs" les arrangements modifiés.
Mais, selon un ancien inspecteur de l'ONU spécialiste du
dossier, David Albright, cité par l'agence Associated Press,
la décision pourrait ouvrir la voie à la construction
par l'Iran d'"une installation de secours" pour
enrichir de l'uranium dans un lieu clandestin, à l'abri
d'éventuelles frappes américaines ou israéliennes
contre ses installations connues.
REPRENDRE CONTACT
A New York, le ministre des affaires étrangères
iranien a prévenu le Conseil de sécurité
que son action aurait "ses propres conséquences".
"La nation iranienne n'oubliera pas ceux qui ont soutenu
et ceux qui ont rejeté (cette résolution) et
va revoir ses relations internationales", a pour sa part
annoncé, sur son site Internet, le président Ahmadinejad.
La Chine et la Russie, d'importants partenaires commerciaux de
l'Iran, ont, comme de nombreux autres pays, soutenu les sanctions,
auxquelles ils s'étaient opposés jusqu'en décembre.
Le président vénézuélien Hugo Chavez
est un des seuls chefs d'Etat à s'être rangé
au côté de l'Iran face, a-t-il dit, à "la
folie de l'empire américain". M. Chavez a accusé
Washington de préparer une action militaire contre Téhéran.
Les ministres des affaires étrangères des cinq membres
permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis,
France, Royaume-Uni, Russie) et de l'Allemagne, à l'origine
de la nouvelle vague de sanctions, se sont engagés, dans
un communiqué, à "chercher une solution
négociée" avec l'Iran en proposant de "nouvelles
discussions".
Le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, a annoncé,
dimanche, qu'il allait chercher à reprendre contact avec
le négociateur iranien chargé du nucléaire,
Ali Larijani.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon,
s'est pour sa part félicité de l'unanimité
du Conseil de sécurité et a appelé l'Iran
à "appliquer pleinement" la résolution
1747 pour "restaurer la confiance de la communauté
internationale dans la nature pacifique de son programme nucléaire".
"Une solution négociée renforcerait le régime
international de non-prolifération", a ajouté
M. Ban, qui a dit "espérer que le dialogue reprenne".
Philippe Bolopion
MOSCOU (26 mars 2007) - L'Iran a effectué son premier versement à l'entreprise d'Etat russe chargée de construire la centrale nucléaire de Bushehr, un projet régulièrement reporté, a annoncé lundi Atomstroiexport. "Le fait que nos partenaires iraniens aient surmonté leurs difficultés est positif", a déclaré l'entreprise dans un communiqué, précisant que ce règlement était "loin" de représenter le dédommagement complet pour le projet de la centrale nucléaire de Bushehr. Moscou et Téhéran étaient à couteaux tirés au sujet du financement de cette usine, la Russie ayant annoncé au début du mois que le combustible ne serait pas livré à l'Iran comme c'était prévu. Ces retards de paiement avaient poussé la Russie, qui construit la centrale dans le nord de l'Iran, à repousser le lancement du réacteur prévu en septembre. L'Iran a toujours démenti manquer à ses obligations et accusé la Russie de céder à la pression des Etats-Unis qui souhaitent accentuer la pression pour empêcher Téhéran de posséder l'arme nucléaire. Cette dispute intervenait alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi à l'unanimité une résolution imposant de nouvelles sanctions à l'Iran en raison de son refus de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.
Le Monde, 24/3/07:
Face à Téhéran, Washington
et les pays arabes sunnites soutiennent le nucléaire égyptien
TEHERAN (21 mars 2007) - Le guide suprême de la révolution islamique
en Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a affirmé mercredi que
Téhéran poursuivrait ses activités nucléaires
en dehors des lois internationales en cas de nouvelles sanctions
du Conseil de sécurité des Nations unies, et menacé
les Etats-Unis de représailles en cas d'attaque américaine.
"Jusqu'à aujourd'hui, tout ce que nous avons fait
a été en accord avec les lois internationales",
a déclaré Ali Khamenei. "Mais s'ils agissent
de manière illégale, nous pouvons en faire autant,
et nous n'y manquerons pas".
Le guide suprême de la révolution n'a pas précisé
ce qu'il entendait par les termes "agir de manière
illégale", alors que débutent les consultations
aux Nations unies sur de nouvelles sanctions contre l'Iran pour
se refus de suspendre son programme nucléaire.
Ali Khamenei a également menacé les Etats-Unis en
cas d'attaque contre son pays. "S'ils veulent traiter avec
nous par des mesures et l'emploi de la coercition et de la violence,
ils doivent savoir que la nation et les autorités iraniennes
utiliseront toutes leurs capacités pour frapper les ennemis
qui attaquent", a-t-il assuré.
Il a enfin souligné que les sanctions déjà
votées contre l'Iran ne s'étaient pas révélées
efficaces et que de nouvelles mesures seraient tout aussi infructueuses.
"Nous avons obtenu la (technologie) nucléaire malgré
les sanctions. Les sanctions pourraient même, dans certaines
circonstances, être bénéfiques pour nous en
créant une nouvelle source de motivation", a-t-il
expliqué.
VIENNE (20 mar) - La
Russie va retirer ses experts de la centrale nucléaire
de Bushehr qu'ils aidaient à construire dans le sud de
l'Iran, ont annoncé mardi des responsables américains
et européens. Environ 2.000 spécialistes russes
se trouvaient sur le site. Cette décision illustre les
tensions actuelles entre Téhéran et Moscou, jusqu'ici
proche du régime iranien sur le dossier nucléaire,
et pourrait conduire à de nouvelles sanctions des Nations
unies plus sévères contre l'Iran pour son refus
de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium. Selon un
diplomate européen accrédité à l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA), basée
à Vienne, et un responsable américain s'exprimant
sous le couvert de l'anonymat, un nombre important de techniciens,
ingénieurs et experts russes sont rentrés à
Moscou la semaine dernière, alors que Russes et Iraniens
échouaient à régler des différends
financiers portant sur le réacteur de Bushehr. Sergueï
Novikov, porte-parole de Rosatom, l'agence fédérale
nucléaire russe, a confirmé que le nombre de scientifiques
russes présents à Bushehr avait considérablement
diminué récemment. Il a justifié cette diminution
par des retards de paiements iraniens, mais a refusé de
dire combien de Russes étaient restés en Iran. Le
réacteur de Bushehr (sud de l'Iran) est achevé à
95%, mais Moscou a annoncé récemment que le reste
des travaux était reporté car Téhéran
ne s'était pas acquitté de ses règlements
mensuels depuis janvier. Ces retards ont également conduit
le gouvernement russe de suspendre ses livraisons d'uranium enrichi,
retardant sine die le lancement de la première centrale
nucléaire iranienne. Le défaut de paiement iranien
allégué pourrait causer des dommages "irréversibles"
au projet, a prévenu Moscou. Si la Russie avance des motifs
financiers pour justifier le retard de plusieurs mois de la livraison
de combustible nucléaire, une autre source diplomatique
européenne y voyait plutôt une manoeuvre politique
liée au programme nucléaire iranien. Moscou aurait
même envisagé lors des négociations sur la
résolution 1737 du Conseil de sécurité des
Nations unies, fin 2006, d'introduire dans le texte un motif de
non livraison. La télévision d'Etat iranienne n'a
d'ailleurs pas mâché ses mots mardi. "Le double
langage des responsables russes sur le nucléaire iranien
montre que les Russes ne sont pas des partenaires fiables dans
le domaine de la coopération nucléaire", a-t-elle
estimé. "Il est clair que la Russie a cessé
la construction de ce site sous la pression et pour des raisons
politiques." Vitali Tchourkine, émissaire en chef
de Moscou au Conseil de sécurité, a assuré
qu'"il n'y a eu aucun ultimatum d'aucune sorte de la Russie
à l'Iran". "Nous ne lions pas nos discussions
sur les résolution du Conseil de sécurité
et ce qui concerne" Bushehr, a-t-il affirmé.
Le Conseil discute d'une nouvelle résolution sur le nucléaire
iranien. Elle pourrait être adoptée dès mercredi
et prévoirait, selon la source diplomatique européenne
citée plus haut, un allongement de la liste des entités
et individus soumis à des sanctions, l'interdiction pour
l'Iran d'exporter et de transférer des armes, et un appel
à la vigilance et la retenue des pays en ce qui concerne
la vente d'armes lourdes à l'Iran ainsi que le soutien
financier aux transactions, y compris civiles. Téhéran
disposerait d'un délai de 60 jours pour suspendre l'enrichissement
d'uranium à but potentiellement militaire, après
quoi une troisième résolution aggravant encore les
sanctions pourrait être discutée.
Le temps est un facteur important car la situation politique iranienne
semble évoluer, le président radical Mahmoud Ahmadinejad
étant de plus en plus contesté par la population
et les autres dirigeants du pays.
Le Monde, 20/3/07:
La Russie dément avoir lancé un
ultimatum à l'Iran sur le nucléaire
BUSHEHR, Iran (13 mars 2007) - Le chef des négociateurs iraniens sur le nucléaire
Ali Larijani a déploré mardi la décision
de Moscou de ne pas effectuer une livraison prévue d'uranium
enrichi à son pays et de retarder ainsi le lancement de
la première centrale nucléaire iranienne à
Bushehr (sud).
Le refus russe "montre qu'il n'y a aucune garantie sur les
livraisons de carburant nucléaire", a regretté
M. Larijani, cité par l'agence de presse iranienne officielle
IRNA, tout en appelant Moscou à honorer ses obligations:
"La Russie doit tenir ses promesses dans les temps".
Lundi, l'agence nucléaire fédérale russe,
Rosatom, a annoncé sa décision de reporter sa livraison
de carburant nucléaire à l'Iran -prévue dans
le courant du mois- en raison, selon elle, d'arriérés
de paiement iraniens sur les travaux de construction de la centrale
de Bushehr (sud) actuellement réalisés par les Russes.
Interrogé par l'Associated Press, le porte-parole de Rosatom,
Sergueï Novikov, a précisé que le démarrage
du réacteur nucléaire de Bushehr, prévu en
septembre, serait retardé d'au moins deux mois parce que
les Iraniens n'ont fait aucun versement depuis le 17 janvier.
"Le financement a deux mois de retard, et cela entraîne
un retard correspondant dans le programme", a-t-il déclaré.
"Sans argent, il est impossible de poursuivre les travaux
de construction."
Téhéran a rejeté ces accusations en affirmant
avoir rempli toutes ses obligations financières. Certains
responsables ont laissé entendre que Moscou cherchait plutôt
une excuse pour retarder la mise en route de cette centrale nucléaire
sous la pression de la communauté internationale.
Toutefois, mardi, M. Larijani, a rejeté ces informations.
"Nous n'avons pas reçu de tel message de la part de
la Russie", a-t-il dit.
Le Monde, 12/3/07:
Le lancement de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr, prévu en septembre, va être "probablement" retardé de "deux mois", a indiqué lundi 12 mars la porte-parole du constructeur russe Atomstroïexport.
"Les retards de paiement [de la part des Iraniens] ont entraîné un report des échéances dans le calendrier", a déclaré Irina Essipova. "Le retard prendra probablement deux mois selon les estimations des experts", a-t-elle ajouté. Téhéran doit acquitter mensuellement 25 millions de dollars au titre de sa coopération nucléaire avec la Russie.
Le 19 février, déjà, la Russie avait annoncé son intention de ralentir sa coopération avec l'Iran pour l'achèvement de la centrale nucléaire de Bouchehr. Téhéran avait alors démenti tout retard de paiement, indiquant sa volonté de payer son dû en euros, ce que les Russes refusent.
LA RUSSIE REFUSE D'ENTRER DANS LE "JEU
ANTI-AMÉRICAIN"
Ce retard pourrait être dû à la volonté
de Moscou de se démarquer de l'Iran sur le nucléaire.
Plus tôt dans la journée du 12 mars, la Russie a
mis en garde Téhéran, soulignant qu'elle ne jouerait
pas son "jeu anti-américain", et qu'elle
ne tolérerait pas que l'Iran se dote d'une bombe, ont rapporté
trois agences russes citant une source proche du pouvoir.
La Russie "subit des pertes en termes d'image sur la scène
internationale et ils [les Iraniens] ne démordent
pas" de leur intransigeance sur le nucléaire,
a déclaré cette source citée par les agences
Itar-Tass, Interfax et Ria Novosti.
"Un Iran avec une bombe atomique ou un potentiel pour
sa création est inacceptable pour nous et nous n'allons
pas jouer avec eux le jeu anti-américain", a poursuivi
cette source. "Si l'Iran ne répond pas aux questions
de l'AIEA, qu'il soit responsable de ses actes", a-t-elle
ajouté. "Malheureusement, les Iraniens abusent
de notre attitude constructive et n'ont rien fait pour nous aider
à convaincre nos collègues que leurs actes sont
conséquents".
PEKIN (6 mars 2007) -
Le ministre chinois des Affaires étrangères a appelé
l'Iran mardi à intensifier sa coopération avec l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA), exhortant
dans le même temps le Conseil de sécurité
à rechercher une solution diplomatique à la crise
nucléaire iranienne. "Nous saluons, soutenons et appelons
l'Iran à accroître sa coopération avec l'Agence
internationale de l'énergie atomique", a dit Li Zhaoxing
au cours d'une conférence de presse.
Li a réaffirmé le soutien de Pékin à
une résolution pacifique du conflit qui oppose l'Iran,
les Etats-Unis et les puissances européennes qui soupçonnent
Téhéran de travailler à un programme nucléaire
militaire.
Pendant ce temps aux Nations Unies, les représentants des
grandes puissances mondiales tardent à trouver un accord
sur une proposition de résolution visant à sanctionner
l'Iran pour son refus de suspendre son programme d'enrichissement
d'uranium.
Les représentants des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine,
de la France et de l'Allemagne se sont rencontrés à
trois reprises la semaine dernière pour discuter d'un renforcement
des sanctions à l'égard de l'Iran, qui, selon un
rapport de l'AIEA rendu public au début du mois, loin de
suspendre son programme d'enrichissement nucléaire, continue
au contraire à le développer.
La libre Belgique, 3/3/2007:
L'Iran lance un nouveau billet de banque avec
un logo nucléaire
Le Figaro, 21 février 2007:
Les bruits de bottes contre l'Iran s'intensifient
Radio-Canada, 20 fév 2007:
La BBC rapporte mardi que les États-Unis planifient
d'inclure les infrastructures militaires dans leur liste de cibles
potentielles, s'ils devaient lancer une attaque aérienne
sur l'Iran.
PUBLICITE
Le réseau britannique
soutient que dans l'éventualité d'une telle attaque,
les frappes américaines viseraient des bases aériennes
et navales iraniennes. Des entrepôts de missiles et des
centres de commandement militaire seraient également dans
la ligne de mire des forces armées des États-Unis.
Certains sites sont clairement visés, dont la centrale
d'enrichissement d'uranium de Natanz.
Même si aucune menace immédiate n'a été
formulée, Washington aurait élaboré ce plan
en dernier recours si les négociations avec les Nations
unies échouaient. Le Conseil de sécurité
a donné à l'Iran jusqu'au 21 février prochain,
soit mercredi, pour cesser ses activités nucléaires.
Les États-Unis insistent pour rappeler qu'ils n'ont pas
l'intention d'attaquer l'Iran, mais seulement de convaincre les
pays de suspendre sa production d'uranium.
Deux scénarios pourraient entraîner une attaque sur
le pays: une confirmation que l'Iran développe l'arme nucléaire,
ou un assaut meurtrier de Téhéran sur les forces
américaines en Irak.
Téhéran pose ses conditions
À un jour de la fin du délai accordé par
l'ONU à l'Iran pour geler son programme nucléaire,
Téhéran ne montre aucun signe d'empressement à
se plier à cette obligation. Il conditionne même
son acceptation à un engagement des pays occidentaux de
geler leurs activités d'enrichissement d'uranium.
« Suspendre notre programme nucléaire pour entamer
les négociations ne pose pas de problème, mais la
justice veut que ceux qui veulent négocier avec nous suspendent
leur programme également », a déclaré
le président Mahmoud Ahmadinejad.
Pour tenter de dénouer l'impasse, le principal négociateur
iranien sur le nucléaire, Ali Larijani, devait rencontrer
mardi le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique,
Mohamed ElBaradei. Les deux hommes doivent discuter de la proposition de « pause »
présentée par M. ElBaradei, qui prévoit une
suspension de l'enrichissement par l'Iran et une levée
des sanctions décidées par le Conseil de sécurité.
Dans un entretien publié mardi dans le Financial Times,
il déclarait que l'Iran aurait d'ici six mois à
un an acquis le savoir-faire pour enrichir de l'uranium à
une échelle industrielle. Cela dit, le pays est encore
« loin d'avoir la capacité de fabriquer une
bombe », a-t-il ajouté.
Rappelons que le Conseil de sécurité de l'ONU avait
donné 60 jours à l'Iran pour suspendre complètement
ses activités nucléaires militaires.
20/2/2007 - Sommé
par l'ONU de geler son programme nucléaire d'ici demain,
l'Iran ne semble pas enclin à transiger malgré la
menace de sanctions renforcées. Le président Mahmoud
Ahmadinejad a toutefois déclaré aujourd'hui que
Téhéran était prêt à suspendre
l'enrichissement d'uranium... si les pays occidentaux faisaient
de même.
«Suspendre notre programme nucléaire pour entamer
les négociations ne pose pas de problème mais la
justice veut que ceux qui veulent négocier avec nous suspendent
leur programme également. Alors nous pourrons dialoguer
dans une atmosphère d'équité», a affirmé
M. Ahmadinejad devant une foule de plusieurs milliers de personnes
rassemblées dans le nord du pays.
«Comment se fait-il que vos installations de production
(de carburant nucléaire) tournent 24 heures sur 24 et que
vous vous sentiez menacés par notre complexe nouvellement
installé au point que nous devions le fermer pour discuter ?»,
a souligné le président iranien. «Nous n'avons
jamais recherché l'affrontement et la tension. Nous avons
toujours été favorables au dialogue, mais au dialogue
dans des conditions équitables.»
Dans la résolution 1737 adoptée le 23 décembre
2006, le Conseil de sécurité des Nations unies donnait
60 jours à l'Iran, jusqu'au 21 février, pour suspendre
complètement et durablement ses activités nucléaires
suspectes qui pourraient relever de l'armement et non d'un programme
civil, comme le soutient Téhéran. Sinon, le régime
islamique s'expose à un renforcement des sanctions économiques.
Un rapport sur la situation sera présenté demain
au siège de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AEIA), à Vienne.
«Si vous voulez parler en position de pouvoir et utiliser
le levier oppressant d'institutions internationales, vous devez
savoir que vous vous échouerez face à l'unité
et la résistance de la nation iranienne», a prévenu
le président Ahmadinejad.
Ali Akbar Dareini
20 février 2007:
La construction de la centrale nucléaire
de bouchehr a pris du retard
Cyberpresse,
17 février 2007:
"Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei,
a affirmé samedi que le programme nucléaire iranien
était «l'avenir et le destin» de l'Iran, balayant
les critiques de ceux qui considèrent que ce programme
coûterait cher au pays."
La Tribune, 13/2/07:
Un document interne du Haut représentant
de l'Union européenne pour les affaires extérieures
en vue de la réunion, lundi, des ministres européens
des Affaires étrangères par les services admet qu'il
est "difficile de croire" l'Iran accepte des négociations
sérieuses sur son programme nucléaire, selon le
Financial Times.
Et, si la bourde de Chirac sur le nucléaire
iranien visait seulement à préparer l'opinion à
l'inéluctable ? Selon le Financial Times, l'Union européenne
a admis qu'il était peu probable que l'Iran accepte des
négociations sérieuses sur son programme nucléaire
et que la communauté internationale était impuissante
à empêcher Téhéran de développer
la bombe atomique.
Il est "difficile de croire" que l'Iran reprenne les
discussions sur son programme nucléaire au cours des mois
prochains, dit un document préliminaire interne, datant
du 7 février, préparé pour la réunion
lundi des ministres européens des Affaires étrangères
par les services du Haut représentant de l'UE pour les
affaires extérieures, Javier Solana dont le FT a eu connaissance.
Au cours de cette réunion, les ministres européens
ont laissé la "porte ouverte" à des discussions
avec Téhéran sur le dossier nucléaire, tout
en donnant leur feu vert à l'application au niveau européen
des sanctions internationales contre l'Iran. Malgré les
démentis de l'Iran qui avance des intentions purement civiles,
la communauté internationale craint en effet que ces activités
nucléaires n'alimentent un programme militaire secret de
Téhéran.
Le document préliminaire exprime cependant son scepticisme
sur les chances d'efficacité des sanctions, et conclue
sur l'impuissance internationale à empêcher l'Iran
de développer les infrastructures techniques nécessaires
pour construire sa propre bombe atomique. "En pratique, les Iraniens ont poursuivi leur
programme à leur propre rythme, le facteur limitant étant
les difficultés techniques plus que les résolutions
de l'ONU ou de l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA)", explique-t-il, selon le quotidien.
"Les tentatives d'amener l'administration iranienne à
la table des négociations n'ont pas été fructueuses
jusque-là... Les problèmes avec l'Iran ne seront
pas résolus grâce à de seules sanctions économiques",
fait-il encore valoir. "Nous devons nous attendre qu'à
un certain moment l'Iran acquiert la capacité d'enrichir
suffisamment d'uranium pour en faire un programme d'armement",
prévient le document.
Télevision Suisse Romande, 12/2/07:
Micheline Calmy-Rey a rencontré lundi à Berne Ali Larijani, principal négociateur du nucléaire iranien. Selon des diplomates, la Suisse pourrait proposer un projet de compromis à Téhéran, prévoyant de faire tourner ses centrifugeuses à vide, sans uranium. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué que le contenu de la rencontre était "de nature confidentielle". M.Calmy-Rey a exhorté Téhéran à faire preuve de la plus grande transparence dans ce dossier. La Suisse reconnaît le droit à l'utilisation pacifique de la technologie nucléaire.
NouvelObs, 11/2/07:
Alors que le chef des négociateurs iraniens a annoncé que l'Iran "était disposé" à reprendre les négociations, le président Ahmadinejad a confirmé, à Téhéran, la poursuite de son programme nucléaire.
Au dernier jour de la Conférence sur la sécurité de Munich, le chef des négociateurs iraniens pour le dossier nucléaire, Ali Larijani, a annoncé, dimanche 11 février, que l'Iran "était disposé" à reprendre les négociations, pour "régler" le contentieux nucléaire et "ne pas aggraver la situation dans la région". Téhéran aurait informé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de son intention. "Nous annonçons que la volonté politique de l'Iran a pour but de régler par la négociation" le contentieux nucléaire, car "nous ne voulons pas aggraver la situation dans la région", a déclaré Ali Larijani.
28e anniversaire de la Révolution islamique
Mais au même moment à Téhéran,
devant des centaines de milliers d'Iraniens rassemblés
à l'occasion du 28e anniversaire de la Révolution
islamique, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad confirmait
la poursuite du programme nucléaire de son pays.
Dans son discours, le président Ahmadinejad n'a toutefois
pas annoncé l'installation d'un nouvel assemblage de 3.000
centrifugeuses dans son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz,
comme cela avait été anticipé par les observateurs.
"Ce 11 février 2007, la nation iranienne a réussi
à franchir des passages ardus et a stabilisé son
droit incontestable (au nucléaire, NDLR)", a déclaré
le chef de l'Etat, sans plus de précisions.
Avancement le 9 avril
Le président iranien a également
souligné que l'état d'avancement de la technologie
nucléaire de son pays serait progressivement rendu public
d'ici le 9 avril, date qui marque le premier anniversaire de l'annonce
par Téhéran qu'il avait réussi pour la première
fois à enrichir de l'uranium.
Dans la capitale, l'immense foule descendue dans les rues scandait
des slogans de soutien au programme nucléaire iranien:
"l'énergie nucléaire est notre droit",
"Mort à l'Amérique". Des haut-parleurs
expliquaient aux manifestants que ce rassemblement était
organisé en "réponse de la nation iranienne
à un Conseil de sécurité illégal et
invalide".
Ispahan (3 février 2007) - Une délégation de plusieurs ambassadeurs de pays membre du mouvement des Non-alignés et de la Ligue arabe sont arrivés samedi à l'usine de conversion d'Ispahan, alors que l'Iran doit faire prochainement une importante annonce sur le nucléaire. La délégation comprend les ambassadeurs auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de Cuba, Malaisie et Afrique du Sud, représentant le mouvement des Non-alignés (NAM), d'Égypte et du Brésil pour le groupe des 77 etde Syrie pour la ligue arabe. De nombreux journalistes iraniens et étrangers ont également été emmenés sur place pour une visite guidée. L'usine de conversion d'uranium (UCF) d'Ispahan produit du tetrafluorure d'uranium (UF4) et de l'hexafluorure d'uranium (UF6), qui est ensuite utilisé à l'usine d'enrichissement de Natanz (centre) pour obtenir de l'uranium enrichi. Le conseil de sécurité des Nations unies a demandé dans sa résolution du 23 décembre la suspension des activités de conversion et d'enrichissement d'uranium. Mais Téhéran a refusé de s'y soumettre. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, devrait faire une annonce sur le programme nucléaire iranien, le 11 février, dans le cadre des célébrations de l'anniversaire de la révolution islamique de 1979.
TEHERAN (22 janvier 2007) - L'Iran a exercé ses premières représailles
après les sanctions contre son programme nucléaire,
en décidant d'interdire l'accès à son territoire
à 38 inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie
atomique. "C'est le premier pas destiné à limiter
la coopération avec l'agence" onusienne de sécurité
nucléaire, a déclaré lundi le chef de la
commission du Parlement pour la Sécurité nationale,
Allaeddin Boroudjerdi. Une commission spéciale a dressé
une liste de 38 inspecteurs qui "ne sont pas autorisés
à pénétrer en Iran, et cette restriction
a été officiellement notifiée à l'AIEA",
a-t-il expliqué.
Les seuls obstacles à leur travail consistaient jusqu'ici
en des visas tardifs ou des restrictions d'accès à
certaines installations. La situation a changé avec l'adoption
le 23 décembre par le Conseil de sécurité
de l'ONU de sanctions contre les programmes nucléaire et
balistique iraniens, à cause du refus de Téhéran
de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium.
En retour, le Parlement iranien a adopté le 27 décembre
une loi enjoignant au gouvernement de "réviser (sa)
coopération" avec l'AIEA. M. Boroudjerdi n'a apporté
aucun détail sur la composition de la liste des 38 inspecteurs,
si ce n'est qu'elle n'a "pas été établie
selon un critère de nationalité". Il n'a pas
précisé non plus la date d'entrée en vigueur
et le délai d'application de cette restriction. En visite
à Paris jeudi, le directeur de l'AIEA Mohammed ElBaradei
avait fait part de son inquiétude sur les conséquences
qu'auraient les sanctions de l'ONU, évoquant les risques
d'"escalade".
Dimanche, Iraniens et Américains ne semblaient pas prêts
à céder du terrain. Le président iranien
Mahmoud Ahmadinejad a affirmé qu'"aucun responsable
du pays n'a le droit de reculer" sur le programme nucléaire.
De son côté, le sous-secrétaire d'Etat américain
Nicholas Burns a averti que si l'Iran "ne suspend pas d'ici
le 21 février ses activités nucléaires à
Nantaz (son centre d'enrichissement d'uranium), il sera confronté
à une seconde série de sanctions".
La résolution 1737 prévoyant des sanctions contre
Téhéran a enjoint à M. ElBaradei de présenter
un rapport dans un délai de 60 jours, sur le respect ou
pas par l'Iran des exigences du Conseil. Lundi, les 27 pays de
l'Union européenne ont annoncé leur intention de
"mettre en oeuvre dans leur intégralité et
sans délai" les sanctions adoptées à
l'ONU. Le chef de la diplomatie britannique, Margaret Beckett,
a souligné qu'il fallait "appliquer intégralement
la résolution de l'ONU, afin de maintenir la pression sur
l'Iran pour qu'elle accepte l'offre de la communauté internationale
de revenir à la table des négociations". Les
déclarations de fermeté américaines sont
sous-tendues par la menace d'une action militaire. "Nous
disposons de toutes les options, mais nous préférons
une solution diplomatique", a dit M. Burns dimanche. Les
Etats-Unis n'ont jamais exclu l'usage de la force pour entraver
la progression du programme nucléaire iranien.
Fort opportunément, le corps d'élite des Gardiens
de la révolution a annoncé dimanche la tenue d'exercices
militaires, comprenant des tirs de missiles à courte portée.
Ces forces sont "totalement prêtes à affronter
n'importe quelle menace étrangère", a dit lundi
un commandant des Gardiens de la révolution, au premier
jour de cet exercice.
Pierre CELERIER
VIENNE (17 janvier 2007) - L'Iran a invité des émissaires de pays
en développement accrédités auprès
de l'Agence internationale de l'énergie atomique a visiter
ses installations nucléaires pour montrer son ouverture
sur la question de ses programmes nucléaires, ont annoncé
des diplomates.
L'Iran a fait savoir lundi qu'il comptait parvenir à produire
du combustible nucléaire à l'échelle industrielle.
Mais dans le même temps, il s'est engagé à
continuer de coopérer avec les inspecteurs de l'AIEA, tout
en cherchant à se trouver des alliés dans sa confrontation
avec les puissances occidentales. Téhéran a invité
les émissaires du Mouvement des non-alignés (MNA)
auprès de l'AIEA ainsi que les chefs de file du Groupe
des 77 et les représentants de la Ligue arabe à
Vienne à effectuer une visite en Iran du 2 au 6 février,
a annoncé un diplomate iranien. "Ils ont été
invités à visiter nos installations nucléaires
du 2 au 6 février", a déclaré mardi
le diplomate sous le sceau de l'anonymat. Un émissaire
du MNA auprès de l'AIEA a fait savoir que le Mouvement
avait accepté l'invitation. Le MNA constitue un bloc important
au sein du conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui sera prochainement
appelé à s'exprimer sur la poursuite des projets
de l'Agence en Iran. Les émissaires cubain, égyptien
et malaisien seront dans la délégation qui se rendra
en Iran, a-t-on affirmé de source diplomatique.
17 janvier 2007 - La Russie a livré de nouveaux systèmes de missiles anti-aériens à l'Iran. De nouvelles commandes d'armes défensives de Téhéran seront étudiées, a déclaré mardi le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov. "Nous avons fourni les systèmes modernes anti-aériens à courte portée TOR-M1 conformément à nos contrats", a dit M. Ivanov à des journalistes. "Nous développons notre coopération militaire et technique avec l'Iran conformément au droit international et nous continueront à le faire", a-t-il souligné. "L'Iran n'est pas soumis à des sanctions et s'il veut acheter du matériel (...) défensif pour ses forces armées, pourquoi pas ?" La coopération russo-iranienne dans le domaine des armements et dans celui de l'énergie nucléaire civile est source de tensions entre Moscou et Washington. "Nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'un signal approprié à transmettre à Téhéran à ce stade, en particulier au moment où ils (les Iraniens) sont sous le coup de sanctions onusiennes pour avoir cherché à se doter de l'arme atomique et alors qu'ils continuent à braver les résolutions du Conseil de sécurité", a déploré Tom Casey, porte-parole du département d'Etat américain.
Libération, 15/1/2007:
Ahmadinejad soigne son «frère»
Chávez
La Libre Belgique, 15/1/2007:
L'Iran se cherche un axe antiaméricain
TEHERAN (15 janvier 2007) - L'Iran a annoncé lundi être en train d'installer 3.000 centrifugeuses, confirmant ainsi avoir pris du retard dans son programme nucléaire puisque les centrifugeuses auraient dû être installées fin 2006. "Nous nous acheminons vers la production de combustible nucléaire, ce qui nécessite 3.000 centrifuges et plus", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gholamhossein Elham lors d'une conférence de presse. "Ce programme est en cours d'exécution et sera achevé". Au cours du week-end dernier, l'Iran a démenti des informations européennes selon lesquelles son programme d'enrichissement de l'uranium était calé. L'uranium enrichi sert à alimenter les réacteurs nucléaires, et à un niveau d'enrichissement supérieur, utilisé dans les centrales nucléaires. L'année dernière, Téhéran avait annoncé que l'installation de 3.000 centrifugeuses dans sa centrale de Natanz, dans le centre du pays, serait terminée d'ici à fin 2006.
10 janvier 2007:
Des conservateurs aussi critiquent la politique
nucléaire d'Ahmadinejad
Téhéran, 9 janvier 2007 - L'Iran a arrêté un «espion»
qui envoyait des informations concernant le nucléaire aux
Moudjahidine du peuple, principal groupe de l'opposition armée,
ont rapporté mardi les médias iraniens. «Cet
individu a été recruté en 2001 (...) il recueillait
des informations et les envoyait aux monaféghine»
(«hypocrites», terme utilisé pour désigner
les Moudjahidine), a indiqué Ahmad Tavakoli, un important
député conservateur, cité par l'agence semi-officielle
Fars. «Il sera bientôt jugé», a-t-il
ajouté, sans préciser sa date d'arrestation. La
radio d'État a affirmé que cet «espion communiquait
des informations nucléaires aux monaféghine».
L'individu en question travaillait au Centre de recherches du
parlement mais son identité n'a pas été révélée.
Ces dernières années, les autorités ont annoncé
l'arrestation de plusieurs «espions». Les Moudjahidine
du peuple ont révélé en 2003 l'existence
de l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz et l'usine de
conversion d'Ispahan.
3/1/07: L'Iran
est aujourd'hui un pays nucléaire, et très bientôt
nous presserons le bouton pour la production de combustible nucléaire
à usage industriel", a
déclaré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad,
mercredi 3 janvier, lors d'un discours dans la province du Khouzestan,
rapporte l'agence officielle IRNA. Il n'a fourni aucun détail
sur la date ou l'ampleur de la production envisagée.
L'Iran est sous le coup de sanctions du Conseil de sécurité
des Nations unies, votées le 23 décembre à
cause de son refus de suspendre ses activités d'enrichissement
d'uranium. Or la production d'uranium enrichi à usage industriel
suppose un fonctionnement continu de la chaîne d'enrichissement,
avec une qualité constante et en grande quantité.
L'Iran, qui promettait d'installer d'ici mars 2007 jusqu'à
3 000 centrifugeuses dans son usine d'enrichissement d'uranium
de Natanz, n'y disposait en octobre que de deux cascades de 164
centrifugeuses chacune, selon l'Agence internationale de l'énergie
atomique. Le président iranien a quant à lui annoncé
que le pays visait à terme une capacité industrielle
de production avec 60 000 centrifugeuses.
M. Ahmadinejad a répété que l'Iran "ne
bougerait pas d'un iota sur son droit au nucléaire",
et a une nouvelle fois minimisé l'importance de la résolution
de l'ONU. "Les puissances brutales devraient savoir que
quelle que soit le bruit qu'elles font, elles devront se plier
à la volonté du peuple iranien et reconnaître
les droits de l'Iran", a-t-il dit.
Tageblatt, 27/12/2006
Le parlement iranien a voté mercredi une loi obligeant le gouvernement à »accélérer le programme nucléaire et réviser la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique», en réaction à la décision du Conseil de sécurité d'imposer des sanctions contre l'Iran.
Lire l'article.
Moscou (25 décembre 2006) - Moscou a appelé lundi Téhéran
à «étudier attentivement» la résolution
adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU
et à prendre une décision privilégiant les
«négociations» dans la crise du nucléaire
iranien.
«Nous espérons que nos collègues iraniens
étudieront attentivement le texte de la résolution
et pèseront le pour et le contre d'une coopération
avec le Conseil de sécurité et avec l'AIEA, et qu'au
final l'emporte la recherche d'une solution qui doit être
celle des négociations», a déclaré
un vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï
Kisliak, cité par l'agence Interfax.
Près de quatre mois après l'expiration de la date
butoir -le 31 août- fixée à l'Iran par la
résolution 1696 pour suspendre l'enrichissement sous peine
de sanctions, le Conseil de sécurité de l'ONU a
adopté samedi une résolution sanctionnant l'Iran
pour son refus de suspendre ses activités nucléaires
sensibles.
Adoptée à l'unanimité, la résolution
1737 impose à l'Iran des sanctions économiques et
commerciales dans des domaines soigneusement délimités:
enrichissement de l'uranium, retraitement, projets liés
aux réacteurs à eau lourde et développement
des missiles balistiques.
TEHERAN (24 décembre 2006) - L'Iran va entamer dimanche l'installation de 3.000
centrifugeuses pour enrichir de l'uranium dans une centrale nucléaire
en réponse à la résolution de l'ONU votée
samedi lui imposant des sanctions, a annoncé le principal
négociateur pour le nucléaire iranien Ali Larijani
au quotidien Kayhan.
Le Conseil de sécurité
de l'ONU a adopté samedi, au bout de deux mois de négociations
acharnées entre Occidentaux d'un côté, Russes
et Chinois de l'autre, une résolution sanctionnant l'Iran
pour son refus de suspendre ses activités nucléaires
sensibles.
Adoptée à l'unanimité, la résolution
1737 impose à l'Iran des sanctions économiques et
commerciales dans des domaines soigneusement délimités:
enrichissement d'uranium, retraitement, projets liés aux
réacteurs à eau lourde et développement des
missiles balistiques.
Rédigée par les trois pays européens qui
négocient avec l'Iran sur ce dossier (France, Grande-Bretagne
et Allemagne), la résolution réitère l'exigence
maintes fois exprimée par la communauté internationale
que l'Iran suspende immédiatement ses activités
sensibles.
Elle avertit Téhéran que le Conseil sera prêt
à prendre d'autres mesures s'il ne s'y conforme pas dans
les deux mois, ce que permettra d'établir un rapport du
directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA).
Ces éventuelles mesures supplémentaires nécessiteront
toutefois une nouvelle résolution du Conseil de sécurité,
aux termes du l'article 41 du Chapitre VII de la Charte de l'ONU,
qui prévoit des sanctions n'impliquant pas l'emploi de
la force armée.
En réaction, l'Iran a aussitôt annoncé qu'il
poursuivrait son programme nucléaire et son projet d'installer
3.000 centrifugeuses dans une usine d'enrichissement d'uranium.
"Cette nouvelle résolution ne constituera pas une
entrave aux progrès de l'Iran dans le domaine du nucléaire",
a déclaré le porte-parole du ministère des
Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini.
Les Etats-Unis ont réclamé d'autres sanctions contre
l'Iran. "Nous ne pensons pas que cette résolution
suffise en elle-même. Nous voulons que la communauté
internationale aille au-delà. Nous n'allons certainement
pas mettre tous nos oeufs dans le panier onusien", a affirmé
Nicholas Burns, secrétaire d'Etat adjoint pour les Affaires
politiques, chargé du dossier iranien.
L'AIEA a annoncé qu'elle allait continuer à enquêter
sur le programme nucléaire iranien. L'agence onusienne
"va appliquer les aspects de la résolution (...) qui
concernent son travail", a fait savoir son directeur Mohamed
ElBaradei dans un communiqué. Le Conseil de sécurité
de l'ONU réclame un rapport au chef de l'AIEA dans les
60 jours pour savoir si l'Iran s'est conformé à
la résolution. Si Téhéran se conforme à
la 1737, les sanctions seront suspendues, voire levées.
Près de quatre mois ont passé depuis l'expiration
de la date butoir, le 31 août, fixée à l'Iran
par une précédente résolution du Conseil
de sécurité, la 1696, pour suspendre l'enrichissement
d'uranium sous peine de sanctions. Amendé plusieurs fois,
le texte de la résolution était en discussion depuis
sa première mise en circulation au Conseil de sécurité
le 23 octobre. La Russie, qui a d'importants intérêts
économiques en Iran où elle construit notamment
la centrale nucléaire de Bouchehr, a durement bataillé
pour atténuer les sanctions contre Téhéran.
Pressés d'aboutir avant Noël, les Européens
avaient fait mercredi une concession importante à Moscou
en supprimant du texte une interdiction de voyager à l'étranger,
qui devait viser douze Iraniens liés aux programmes nucléaire
et balistique de leur pays. Cette mesure a été transformée
en une simple restriction aux voyages de ces personnes, beaucoup
moins contraignante, sur l'insistance de la Russie.
Un gel des avoirs financiers à l'étranger à
l'encontre de ces douze Iraniens et de onze entités impliquées
dans les mêmes activités a cependant été
maintenue. Les Etats-Unis, qui ont laissé les Européens
être maîtres d'oeuvre du projet, auraient préféré
un texte plus musclé. En février, l'Iran avait cessé
d'appliquer le protocole additionnel au Traité de non prolifération
(TNP), qui permet un large accès aux installations nucléaires,
après l'adoption par le Conseil de sécurité
d'une résolution pressant Téhéran de geler
l'enrichissement d'uranium.
Avant le vote à l'ONU, le président russe Vladimir
Poutine s'est entretenu du texte au téléphone avec
son homologue américain George W. Bush.
Ils ont convenu de l'"importance" de maintenir une "position
commune" sur la question du programme nucléaire iranien,
a indiqué la Maison Blanche.
L'Iran a, quant à lui, menacé samedi, à quelques
heures du scrutin, de riposter en bloquant le travail des inspecteurs
de l'AIEA, après avoir ces dernières semaines répété
que rien ne l'arrêterait dans son programme nucléaire.
20 décembre 2006 - Les six pays chargés du dossier nucléaire
iranien à l'ONU ont de nouveau tenté mardi, sans
succès, d'aplanir leurs divergences sur les moyens de sanctionner
l'Iran pour son refus de suspendre ses activités nucléaires
sensibles, ont indiqué les diplomates. Ils se reverront
mercredi.
"Nous avons toujours des problèmes difficiles à
résoudre", a déclaré à la presse
l'ambassadeur de Russie Vitaly Tchourkine, précisant qu'il
s'agissait essentiellement de l'interdiction de voyager à
l'étranger envisagée contre des Iraniens associés
au programmes nucléaire et balistique de leur pays.
"Nous estimons qu'elle ne cadre pas avec le concept de la
résolution, elle n'apportera rien de positif en matière
de non-prolifération, c'est juste un irritant inutile",
a-t-il ajouté.
Interrogé pour savoir si la résolution serait adoptée
pendant la semaine, c'est-à-dire avant Noël comme
le souhaitent les Occidentaux, il a répondu: "Je ne
m'intéresse pas beaucoup aux vacances".
Les Six (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et
Allemagne) discutent d'un projet de résolution présenté
par les Européens qui prévoit des sanctions commerciales
contre l'Iran dans les domaines sensibles touchant au nucléaire
et aux missiles balistiques.
Il prévoit également une interdiction de voyager
à l'étranger et un gel des avoirs financiers contre
douze personnes et onze entités impliquées dans
ces activités en Iran. La Russie, qui rechigne à
imposer des sanctions trop dures à l'Iran, pays dans lequel
elle a d'importants intérêts économiques,
s'oppose à cet élément du projet.
Télévision Suisse Romande, 20/12/2006:
Alors que les 6 pays chargés du dossier nucléaire iranien à l'ONU n'avaient toujours pas réussi mardi à trouver un accord sur sanctions contre l'Iran, ce pays a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de condamner le "développement clandestin et la possession d'armes nucléaires" par Israël. Téhéran demande des sanctions envers l'Etat hébreu s'il ne renonce pas à son arsenal. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a paru admettre récemment qu'Israël possède l'arme atomique. C'est ce qu'un ambassadeur d'Iran a mis en avant dans une lettre au président pour décembre pour justifier sa demande.
Jerusalem Post, 19 décembre, 2006:
L'Iran prévoit de célébrer sa "victoire nucléaire" en février 2007, a informé lundi 17 décembre le porte-parole du gouvernement iranien Gholamhossein Elham, cité par l'agence de presse officielle IRNA. L'Iran va "annoncer le succès et l'établissement d'une technologie nucléaire pacifique, et de la puissance du pays" en 2007, lors des cérémonies du 1er au 11 février précédant la fête nationale, a-t-il déclaré. Elham a appelé les "organisations internationales et certains pays" à renoncer à leur attitude hostile vis-à-vis de la République islamique, assurant que "Téhéran ne déviera jamais de la voie" qu'elle s'est tracée. Le porte-parole a mis en évidence que l'Iran envisageait de reconsidérer ses relations avec l'AIEA si le Conseil de sécurité de l'ONU imposait des sanctions contre lui.
Le Monde, 11/12/06:
Les ambassadeurs des six pays chargés
du dossier nucléaire iranien à l'ONU Chine,
Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne
se sont réunis, lundi 11 décembre, pour discuter
d'une version amendée du projet de résolution présenté
le 23 octobre au Conseil de sécurité par les Européens,
remanié pour tenir compte des préoccupations russes.
La France devait présenter le projet dans l'après-midi
devant le Conseil de sécurité réuni en séance
plénière, avant que les négociations ne démarrent.
Ces discussions préliminaires étaient simplement
destinées à faire le point sur les positions des
différentes parties.
Les diplomates restaient prudents sur les chances d'aboutir de
ce texte, après des semaines de piétinements dus
à des désaccords concernant les sanctions à
imposer à Téhéran. "Nous voulons
un vote avant la fin de l'année, de préférence
avant Noël", a déclaré un autre diplomate
occidental. Réitérant le souhait de maintenir l'unité
du Conseil, il a ajouté : "L'unanimité a
un prix que nous sommes prêts à payer mais jusqu'à
un certain point".
Le nouveau texte, extrêmement technique, prévoit
des sanctions économiques et commerciales contre l'Iran
dans les domaines jugés sensibles, les "activités
d'enrichissement, de retraitement et celles liées aux réacteurs
à eau lourde ou au développement de systèmes
de lancement d'armes nucléaires". Il prévoit
également des sanctions individuelles interdiction
de voyager et gel des avoirs financiers à l'étranger
contre des Iraniens personnes physiques ou morales
associés à ces activités. Une liste
est annexée à la résolution, contenant les
noms de douze personnes et de onze entités impliquées
dans les programmes nucléaires et balistiques iraniens.
La position de la Russie sur ce volet du projet n'était
pas connue lundi, Moscou ayant auparavant souhaité la suppression
de toute sanction individuelle. L'ambassadeur de Chine, Wang Guangya,
a émis quelques réserves sur les sanctions individuelles
qui, a-t-il averti, seront toujours considérées
par l'Iran comme "une humiliation".
LA RUSSIE ESTIME QUE LE TEXTE TIENT COMPTE DE SES PROPOSITIONS
L'ambassadeur de Russie, Vitaly Tchourkine, a estimé que
le nouveau texte "n'a pas un caractère punitif
mais vise à une solution diplomatique du problème".
Son ministre, Sergueï Lavrov, avait salué lundi la
nouvelle version du projet, estimant qu'elle tient compte des
"propositions russes". A la demande de Moscou,
le nouveau texte ne mentionne plus la centrale nucléaire
civile iranienne de Bouchehr, à laquelle la Russie coopère.
De son côté, le président iranien, Mahmoud
Ahmadinejad, a répété que son pays riposterait
à toute sanction internationale qui lui serait infligée
à cause de son programme nucléaire. "Compte
tenu de votre insistance à affronter la nation iranienne,
nous considérons un tel geste comme un acte hostile et
nous y riposterons", a déclaré M. Ahmadinejad,
quelques heures avant les discussions de New York.
TEHERAN (9 décembre 2006) - L'Iran promet une montée en puissance de son
programme d'enrichissement d'uranium. Son président Mahmoud
Ahmadinejad a annoncé samedi le début de l'installation
de milliers de centrifugeuses dans le centre de l'Iran, "première
étape vers une production industrielle".
En février dernier, Téhéran avait annoncé
pour la première fois avoir enrichi de l'uranium à
partir d'un premier groupe de 164 centrifugeuses et avait promis
de passer à un programme à grande échelle
d'ici la fin de l'année.
Le président iranien met donc ses menaces à exécution,
tout en répétant que ce programme nucléaire
a une finalité uniquement civile. "Nous avons commencé
à installer 3.000 centrifugeuses", a déclaré
M. Ahmadinejad, cité par l'agence semi-officielle Fars,
considérée comme proche des ultraconservateurs du
régime.
"Il s'agit de la première étape vers une production
industrielle. Nous serons en mesure de produire notre propre combustible
nucléaire quand nous en aurons installé 60.000",
a-t-il ajouté devant des étudiants à Téhéran.
Et le président de souligner que le programme nucléaire
iranien avance au rythme prévu. "Lorsque nous avons
construit ces centrifugeuses, ils (les Américains et leurs
alliés européens, NDLR) ont dit que l'Iran ne serait
pas capable de les assembler", a-t-il déclaré.
"Aujourd'hui, un mois est passé depuis le lancement
de notre deuxième cascade."
L'étape suivante, annoncée par l'Iran, est de parvenir
à un réseau national de 54.000 centrifugeuses, un
nombre qui permettrait de produire suffisamment d'uranium enrichi
pour alimenter un réacteur nucléaire de 1.000 mégawatts,
tel que celui construit avec l'assistance des Russes à
Bouchehr, dans le sud de l'Iran, qui doit entrer en service l'année
prochaine.
Le président Ahmadinejad s'était réjoui le
mois dernier que l'Iran puisse maîtriser dans un proche
avenir, probablement en février, le cycle du combustible
nucléaire, de l'extraction de l'uranium jusqu'à
son enrichissement.
Evoquant l'impasse des discussions entre les six pays chargés
du nucléaire iranien sous l'égide de l'ONU (Etats-Unis,
Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne), il a estimé
que "la résistance de la nation iranienne durant l'année
écoulée les a forcés à reculer de
dizaines de pas sur cette question", selon l'agence Fars.
Cette annonce intervient alors que les Etats-Unis et leurs alliés
européens cherchent à s'entendre au Conseil de sécurité
de l'ONU sur une résolution imposant des sanctions à
Téhéran en raison de son refus de suspendre ses
activités d'enrichissement de l'uranium. Toutefois, les
discussions entre les Six semblent dans l'impasse, la Russie et
la Chine s'opposant à l'action ferme prônée
par les Etats-Unis, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne.
6 décembre 2006:
Toujours pas de consensus sur le nucléaire
iranien
Le Monde, 5/12/06:
"Je ne sais pas si on aura un accord
ce soir", a reconnu, mardi 5 décembre, Philippe
Douste-Blazy, le ministre des affaires étrangères
français. Les six pays chargés du dossier nucléaire
iranien aux Nations unies Etats-Unis, Russie, Chine, France,
Allemagne, Royaume-Uni devaient en effet se réunir,
mardi à Paris, pour tenter de trouver un accord sur des
sanctions à imposer à Téhéran, qui
refuse toujours de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.
Mais les désaccords sont profonds, et la réunion
devrait être suivie d'un dîner, laissant une chance
supplémentaire aux responsables politiques de se mettre
d'accord.
Alors que les appels se multiplient pour que les Six surmontent
leurs divergences après plusieurs réunions infructueuses,
le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a lui haussé
le ton mardi. Il s'est adressé en particulier aux Européens,
les prévenant que leurs relations avec Téhéran
seraient menacées en cas d'"acte d'hostilité"
qui mettrait en cause "le droit de la nation iranienne"
au nucléaire. Le principal négociateur iranien sur
ce dossier, Ali Larijani, a renchéri, avertissant que "si
cette résolution a pour but de stopper le programme nucléaire
iranien, ça ne servira à rien".
Le sous-secrétaire américain Nicholas Burns, qui
représente les Etats-Unis à la réunion, s'est
montré aussi peu optimiste que M. Douste-Blazy, prédisant
qu'il n'y aurait pas de "percée" majeure.
"PRÉSERVER LA CRÉDIBILITÉ DU CONSEIL
DE SÉCURITÉ"
Le projet mis au point par les Européens prévoit
des sanctions économiques contre l'Iran dans les domaines
liés au nucléaire et aux missiles balistiques, ainsi
que des sanctions individuelles interdiction de voyager
et gel des avoirs financiers à l'étranger
contre les Iraniens associés à ces activités.
Mais la Russie, soutenue par la Chine, a estimé jusqu'à
maintenant que le texte européen était trop dur.
Opposée à toute sanction individuelle et souhaitant
que les mesures ne soient prises que pour un temps limité,
la Russie a proposé des amendements. A l'inverse, les Etats-Unis
voudraient durcir le texte, au moins dans sa formulation, malgré
les réticences de la Russie et de la Chine qui entretiennent
d'importants liens commerciaux avec l'Iran. "Nous avons
vraiment besoin que la Russie et la Chine passent à la
vitesse supérieure", a expliqué M. Burns.
Les Européens se disent d'autant plus déterminés
à faire avancer le dossier à l'ONU qu'ils ont présenté
récemment aux Russes, aux Chinois et aux Américains
un projet de texte censé prendre en compte "les
préoccupations des uns et des autres".
Trouver un compromis devient urgent : selon un diplomate français,
il s'agit désormais de "préserver la crédibilité
du Conseil de sécurité" face à l'Iran.
Plus de trois mois se sont écoulés depuis l'expiration
de la date butoir le 31 août fixée à
l'Iran par la résolution 1696 du Conseil de sécurité
pour suspendre l'enrichissement sous peine de sanctions.
VIENNE (23 novembre 2006) - L'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA) a écarté jeudi une demande d'assistance iranienne
pour la construction d'un réacteur nucléaire à
eau lourde à Arak, les Occidentaux craignant que le plutonium
produit ne serve à l'arme nucléaire. La décision
a été adoptée par consensus par les 35 Etats
du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, en séance plénière,
après trois jours de discussions techniques à Vienne
ayant permis un compromis entre pays occidentaux et non-alignés.
"Le projet est gelé", a déclaré
le directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei,
en estimant que "la décision du Conseil des gouverneurs
est tout à fait liée à la confiance dans
la nature pacifique (ou non) du programme nucléaire de
l'Iran". Les choses pourraient changer "si la confiance
était rétablie", selon lui. L'organe exécutif
de l'AIEA a approuvé une aide technique à 831 projets
dans le nucléaire civil, dont sept autres propositions
non controversées de l'Iran, mais il n'a donc pas retenu
la demande d'aide pour "renforcer les équipements
de sécurité" du réacteur en construction
à Arak (environ 200 km au sud de Téhéran).
L'ambassadeur américain Gregory Schulte a souligné
que "le projet Arak n'est ni repoussé, ni reporté.
Il a été entièrement enlevé du programme
de l'AIEA"."Cette décision par consensus reflète
l'inquiètude persistante du Conseil concernant la nature
du programme nucléaire iranien", parce que les "réacteurs
à eau-lourde conviennent bien à la production de
quantités significatives de plutonium, un élément
clé pour fabriquer des armes nucléaires", a
encore dit M. Schulte aux journalistes .
Usine de production
d'eau lourde d'Arak dans le centre de l'Iran.
L'Iran se passera de l'aide de l'AIEA pour Arak, avait déclaré
le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki, jeudi matin
à Téhéran, avant même la décision
de Vienne. "C'est un des devoirs de l'Agence d'apporter son
aide, et s'ils ne l'apportent pas nous ferons le travail nous-mêmes",
a dit le ministre. L'ambassadeur iranien Ali Asghar Soltanieh
a renchéri à Vienne: la construction sera même
accélérée pour "raisons humanitaires"
parce que les "hôpitaux de son pays ont désespérément
besoin des radio-isotopes" que fournira le réacteur.
Téhéran assure que celui-ci n'est destiné
qu'à des usages pacifiques, notamment pour la recherche
médicale. Les Occidentaux redoutent que cette structure,
dont la mise en service est prévue en 2009, ne soit utilisée
à des fins militaires. Les non-alignés craignaient
en revanche qu'un rejet de la demande iranienne ne crée
un précédent préjudiciable à d'autres
projets d'aide technique dans le monde. Dans le cadre d'un compromis,
la demande d'aide technique à l'AIEA pour Arak n'a pas
été rejetée mais mise de côté,
ce qui a amené un diplomate iranien à parler "de
seulement un report". Aussi bien l'AIEA que le Conseil de
sécurité, préoccupés de non-prolifération,
ont déjà demandé aux Iraniens de "reconsidérer"
la construction d'Arak. Selon des experts, ce réacteur
d'une puissance de 40 mégawatts pourrait produire jusqu'à
12,5 kg de plutonium par an, soit de quoi fabriquer de deux à
trois bombes nucléaires. L'Iran risque par ailleurs des
sanctions du Conseil de sécurité après avoir
refusé de suspendre son enrichissement d'uranium - l'autre
source fissile possible de la bombe nucléaire - comme l'avait
exigé une résolution du Conseil. Mohamed ElBaradei
critique la coopération insuffisante de Téhéran
avec ses inspecteurs et demande des explications complètes
sur ses activités passées. Cependant, a dit M. ElBaradei,
Téhéran vient de faire "un pas dans la bonne
direction" en acceptant que les inspecteurs onusiens puissent
prélever des échantillons sur des installations
de l'ancien site militaire de Lavizan et en leur garantissant
un meilleur accès aux documents de l'usine d'enrichissement
de Natanz.
Le Devoir, 21 novembre 2006:
Iran
: Bush aurait ignoré la CIA
MOSCOU (17/11/06) - C'est
à l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA) et non pas au Conseil de sécurité des Nations
unies qu'il appartient de diriger les efforts pour résoudre
la crise nucléaire iranienne, a estimé vendredi
le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï
Lavrov, cité par l'agence RIA-Novosti.
Réaffirmant la préférence de Moscou pour
la négociation plutôt que les sanctions, Lavrov a
déclaré au cours d'une conférence de presse
en Inde que les changements proposés par la Russie dans
le projet de résolution européen visaient à
s'assurer que la voie de la négociation n'est pas abandonnée,
selon les agences russes.
NEW YORK (8 novembre 2006) - Les six grandes puissances qui discutent du dossier iranien à l'ONU se sont séparées mardi sans trouver d'accord sur les moyens de sanctionner l'Iran pour son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium, ont indiqué plusieurs diplomates.
La
centrale nucléaire iranienne de Bouchehr en Iran le 27
juin 2006.
Lors d'une nouvelle réunion informelle, à la mission
française auprès de l'ONU, les ambassadeurs des
cinq "Grands" du Conseil de sécurité (Chine,
Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne
n'ont pu s'entendre sur un projet de résolution présenté
par les Européens et auquel Moscou et Washington veulent
apporter des amendements, respectivement pour l'édulcorer
et pour le renforcer.
L'ambassadeur de Chine, Wang Guangya, a qualifié les discussions
de "non concluantes", indiquant qu'il existait des divergences
"inconciliables". "Nous ne sommes pas dans une
discussion sérieuse. Je crois que nous avons besoin de
plus de temps. Il doit y avoir davantage de réflexion dans
les capitales", a-t-il ajouté.
Mais son homologue russe, Vitaly Tchourkine, tout en confirmant
l'existence d'un désaccord, a estimé qu'il n'existait
pas de "différences fondamentales" entre le texte
européen et les amendements russes. "L'atmosphère
était plutôt bonne (...) Il est possible d'avoir
encore des discussions constructives sur le texte qui est sur
la table", a-t-il dit.
Ce texte, discuté depuis deux semaines entre les "six",
a été débattu mardi, ainsi que les amendements
russes et américains, pour la première fois en séance
plénière du Conseil. Le projet prévoit des
sanctions économiques et commerciales contre l'Iran dans
les domaines liés au nucléaire et aux missiles balistiques.
Il prévoit également des sanctions individuelles
-interdiction de voyager et gel des avoirs financiers à
l'étranger- contre les Iraniens associés aux activités
nucléaires. Mais il ne vise pas les activités liées
à la construction de la centrale nucléaire civile
iranienne de Bouchehr, à laquelle la Russie coopère,
exemption indispensable pour obtenir l'accord éventuel
de Moscou à la résolution.
Avant les consultations à quinze, l'ambassadeur américain,
John Bolton, avait estimé les demandes d'amendements russes
non conformes à la décision prise par les ministres
des Affaires étrangères des "six", l'été
dernier à Londres. "Nous ne pensons pas que le texte
russe soit conforme à ce sur quoi les ministres des Affaires
étrangères s'étaient mis d'accord",
avait-il dit. Mais M. Tchourkine l'avait contredit peu après:
"Notre approche, nos propositions sont totalement conformes
à ce qui avait été entendu entre les ministres".
A Londres, les ministres s'étaient entendus pour donner
une date limite à l'Iran pour suspendre ses activités
d'enrichissement, sous peine de sanctions. La résolution
1696 du Conseil avait ensuite donné jusqu'au 31 août
à l'Iran pour suspendre cet enrichissement, ce que Téhéran
n'a pas fait.
Les Etats-Unis poussent à l'adoption rapide de sanctions
mais les diplomates prévoient des négociations longues
et difficiles, la Russie et la Chine rechignant à imposer
des sanctions trop strictes à l'Iran, avec lequel elles
entretiennent d'importants liens économiques et commerciaux.
"Les discussions en sont encore à un stade très
préliminaire. Il reste encore beaucoup de travail (...),
aucun calendrier n'a été établi", a
déclaré l'ambassadeur du Pérou, Jorge Voto-Bernales,
qui préside le Conseil en novembre. Il a indiqué
que les Européens avaient proposé de présenter
au Conseil un texte plus précis lorsque des progrès
substantiels auront été effectués entre les
"six". "Les amendements russes rétrécissent
le champ des sanctions tandis que les propositions américaines
l'élargissent", a indiqué à l'AFP un
diplomate occidental.
Les discussions à six devraient reprendre avant la fin
de la semaine, selon plusieurs diplomates, mais aucune date n'a
toutefois été fixée.
Hervé COUTURIER
TEHERAN (5 novembre 2006) - Deux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) ont visité l'usine d'enrichissement d'uranium,
où l'Iran vient d'installer sa seconde chaîne de
centrifugeuses, a déclaré un responsable nucléaire
iranien, cité dimanche par l'agence officielle Irna. Cette
visite intervient alors que les grandes puissance examinent un
projet de résolution préparé par les Européens
visant à imposer des sanctions contre les programmes nucléaire
et balistique de l'Iran, après son refus de suspendre son
enrichissement d'uranium. "Les deux inspecteurs arrivés
vendredi ont visité l'usine d'enrichissement Natanz et
l'usine de conversion d'Ispahan", a déclaré
ce responsable ayant requis l'anonymat. Ils ont également
pu visiter la seconde cascade de 164 centrifugeuses installée
le 28 octobre par l'Iran. Selon ce responsable, les deux inspecteurs
doivent préparer le rapport que doit présenter le
directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, pour la prochaine réunion
du conseil des gouverneurs de l'agence prévue fin novembre.
1 novembre 2006 -
L'Iran organise à partir de jeudi d'importantes manoeuvres
militaires avec pour la première fois des tirs de missiles
balistiques Shahab-3, en pleine crise nucléaire avec la
communauté internationale.
Ces manoeuvres, intitulées «Grand Prophète
II», ont pour objectif de «montrer la puissance et
la volonté du pays à se défendre face aux
menaces», a déclaré le général
Yahya Rahim Safavi, commandant des gardiens de la révolution.
Elles se tiendront pendant dix jours dans 14 provinces d'Iran,
dont celles bordant le Golfe et la mer d'Oman. «Nous allons
lancer des missiles Shahab-2 et Shahab-3 avec une charge à
fragmentation ayant une portée de plus de 1.000 km»,
a déclaré M. Rahim Safavi.
Le missile Shahab-3 a une portée
de 2.000 kilomètres, selon l'Iran. Ce sera la première
fois que cette arme, qui avait subi jusqu'ici seulement des tirs
d'essai, sera utilisée dans des manoeuvres réelles.
Ces dernières interviennent alors que les États-Unis
et cinq autres pays (Australie, France, Italie, Grande-Bretagne,
Bahreïn) ont lancé lundi un exercice naval de lutte
contre la prolifération nucléaire dans le Golfe,
à proximité des eaux iraniennes. «Il s'agit
de manoeuvres de propagande sans intérêt militaire»,
a déclaré M. Rahim Safavi, a propos des manoeuvres
de lutte contre la prolifération organisées par
les États-Unis et leurs alliés. Les manoeuvres des
gardiens de la révolution sont également organisées
alors que les grandes puissances, dont les États-Unis,
la Russie et la Chine, ont commencé à discuter d'un
projet de résolution présenté par les trois
Européens (Allemagne, France, Royaume-Uni) qui prévoit
un embargo sur tout matériel ou équipement pouvant
contribuer aux programmes nucléaire et de missiles balistiques
de l'Iran, ainsi que sur toute fourniture d'assistance ou de formation
technique ou financière liée à ces programmes.
Les Occidentaux se heurtent aux réticences de la Russie
et de la Chine, qui entretiennent des relations économiques
significatives avec l'Iran.
Le général Rahim Safavi a mis en garde contre toute
tentative d'action militaire contre son pays. «Si les forces
non régionales veulent mettre en danger la sécurité
et les intérêts de l'Iran, les gardiens de la révolution
et les bassidjis (milices islamistes) utiliseront toute leur capacité
pour attaquer les ennemis», a-t-il dit. Selon M. Rahim Safavi,
«différents types d'avions (...) des dizaines d'autres
types de missiles, notamment des missiles Fateh et Zolfaghar avec
une portée de 150 km, seront utilisés lors de ces
manoeuvres». Il a aussi ajouté que les forces terrestres
des gardiens de la révolution menèrent des «opérations
héliportées dans la région de Hormozgan (où
est situé le détroit d'Ormuz) et dans certaines
îles du Golfe Persique».
Les forces iraniennes procèderont à cette occasion
à des tirs de missiles terre-mer dans le Golfe et en mer
d'Oman. «L'objectif des manoeuvres est de défendre
le territoire, les passages stratégiques mais aussi de
faire face à d'éventuels troubles», a ajouté
M. Rahim Safavi. Le détroit d'Ormuz est la principale voie
d'exportation du pétrole produit dans le Golfe. «Ces
manoeuvres ne représentent pas une menace pour les pays
voisins», a encore dit le général iranien,
en assurant que «tous les pays voisins sont des amis et
nos ennemis sont aussi les leurs». Les gardiens de la révolution
avaient organisé en avril les manoeuvres «Grand Prophète»,
lors desquelles ils avaient testé de nouveaux missiles
et des avions de combat.
Siavosh Ghazi
TEHERAN (19 octobre 2006) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a
répété jeudi que l'Iran ne cédera
pas d'un pouce sur son programme nucléaire sensible, tout
en affirmant qu'Israël était un régime "illégitime
et frauduleux (...) qui ne pourra pas survivre". "Le
monde doit savoir que le peuple iranien ne reculera pas d'un pouce
sur ses droits" en matière nucléaire, a déclaré
M. Ahmadinejad lors d'un discours prononcé à Islamshahr,
ville ouvrière de la périphérie de Téhéran,
diffusé en direct par la télévision d'Etat.
"L'enrichissement d'uranium et la maîtrise du cycle
du combustible nucléaire font partie des principales revendications
du peuple iranien", a-t-il ajouté. "Si l'arme
atomique est une mauvaise chose, pourquoi vous en fabriquez ?
Si le cycle du combustible nucléaire est une bonne chose,
il l'est pour tout le monde", a affirmé M. Ahmadinejad,
en ajoutant que l'Iran était "partisan du dialogue
et de la négociation".
Par ailleurs, il a lancé une nouvelle diatribe contre Israël
en affirmant que "le régime sioniste est illégitime
et frauduleux et ne pourra pas survivre". "Les grandes
puissances ont créé ce régime frauduleux
et lui ont permis de commettre tous les crimes pour préserver
leurs intérêts", a-t-il ajouté à
la veille d'une importante manifestation de soutien aux Palestiniens
organisée à Téhéran.
En visite à Moscou, le Premier ministre israélien
Ehud Olmert a tenté mercredi de convaincre le président
russe Vladimir Poutine d'agir pour stopper le programme nucléaire
iranien, mais la Russie semble peu favorable à des sanctions
économiques contre Téhéran. "Nous sommes
à un moment critique et toute la communauté internationale
doit serrer les rangs pour stopper l'Iran dans son intention de
se doter d'armes nucléaires", a déclaré
M. Olmert au cours de son entretien mercredi au Kremlin avec M.
Poutine. L'Etat hébreu redoute que l'Iran, qui appelle
à "rayer" Israël de la carte, n'accède,
sous couvert d'un programme nucléaire civil, à des
armes nucléaires.
L'Union européenne a constaté mardi l'échec
des négociations nucléaires avec Téhéran
après le refus iranien de suspendre son programme d'enrichissement
d'uranium, soulignant que cela ne lui laissait "pas d'autre
choix" que de reprendre les discussions sur de possibles
sanctions contre Téhéran au Conseil de sécurité
de l'ONU.
L'Iran a averti mercredi les grandes puissances qu'une résolution
de l'ONU le punissant pour son programme nucléaire "radicaliserait"
la situation, aussi bien dans la région que dans les relations
de Téhéran avec l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA). "Il est prouvé que la politique du
bâton et de la carotte est un échec et toute nouvelle
résolution repoussera la possibilité d'une entente",
a déclaré Ali Larijani, principal négociateur
du dossier nucléaire iranien, à l'agence Mehr. Téhéran
a également menacé d'expulser les inspecteurs de
l'AIEA les empêchant de surveiller le programme nucléaire
iranien.
Les puissances occidentales espèrent faire circuler très
prochainement au Conseil de sécurité de l'ONU un
projet de résolution prévoyant des sanctions à
l'égard de l'Iran pour son programme nucléaire,
selon des sources diplomatiques. Selon ces sources, les trois
pays européens (France, Grande-Bretagne et l'Allemagne)
et les Etats-Unis examinent actuellement un projet de résolution
et communiqueront le résultat de ces discussions à
la Russie et à la Chine. Ensuite un texte sera soumis probablement
la semaine prochaine au Conseil de sécurité.
Siavosh GHAZI
Le Figaro, 19 octobre 2006:
Dans la crise nucléaire, Paris estime
n'avoir plus d'autre choix que la voie des sanctions de l'ONU.
LE 12 SEPTEMBRE, le président
iranien Mahmoud Ahmadinejad dépêchait un émissaire,
Hachémi Samareh, à Paris pour rencontrer Jacques
Chirac. Quelques jours plus tard, le chef de l'État français
amorçait une énième tentative pour résoudre
la crise nucléaire iranienne, à la tribune des Nations
unies, en proposant un double préalable à une reprise
des négociations : une suspension du processus conduisant
à des sanctions, contre une suspension de l'enrichissement
de l'uranium par Téhéran.
Son offre s'est heurtée à un mur. L'Iran n'a pas,
non plus, donné de suite positive à l'ensemble de
mesures incitatives proposées, cet été, par
les Six (France, Allemagne, Russie, Chine, Grande-Bretagne, États-Unis),
en échange d'une suspension de ses activités nucléaires.
Coincée entre une Amérique qui suit une ligne dure
avec Téhéran et une République islamique
peu conciliante, la France tente de garder la porte du dialogue
ouverte. Mais sa patience atteint ses limites. « Le
refus des Iraniens (de suspendre l'enrichissement d'uranium)
ne nous laisse aujourd'hui aucun autre choix que de suivre
la voie du Conseil de sécurité »,
déclarait avant-hier à la presse le chef de la diplomatie
française, Philippe Douste-Blazy.
«Une tentative de division des Européens»
Lors d'une réunion des Vingt-Cinq à Luxembourg,
la France et les autres pays de l'Union se sont déclarés
prêts à soutenir des sanctions onusiennes contre
l'Iran. « Nous avons trop traîné. Pour
que les Iraniens réalisent que leur défiance a un
prix, ils doivent être confrontés à des sanctions »,
souligne un diplomate européen.
Depuis le récent échec des pourparlers entre Javier
Solana, le porte-parole de la diplomatie européenne, et
Ali Laridjani, le principal négociateur iranien, les Six
se sont ainsi mis d'accord sur le principe de sanctions progressives,
dont la forme, qui continue à faire l'objet de différends
entre les pays membres du Conseil de sécurité, doit
être maintenant discutée à l'ONU.
Téhéran aura pourtant tenté une dernière
pirouette en proposant, il y a deux semaines, que la France, au
travers des sociétés Eurodif et Areva, supervise
la production d'uranium enrichi sur le territoire iranien. « Une
tentative de diviser les Européens », souffle
un expert. Mais si les Iraniens ont tenté de jouer la carte
française, c'est parce que « les Français
leur ont offert une balle », analyse Mohammad Reza
Djalili, professeur à l'Institut universitaire de hautes
études internationales de Genève. Et de rappeler
l'intervention de Douste-Blazy, relative au « rôle
stabilisateur de l'Iran », en pleine crise libanaise
l'été dernier.
Les officiels iraniens aiment rappeler « les intérêts
économiques » de la France en Iran, via
Total, Peugeot, Renault, pour ne citer que les plus grandes entreprises
implantées en Iran. Ils laissent entendre qu'en l'absence
des Américains - pour cause d'embargo décrété
par Washington - les projets économiques français
ont le champ libre et qu'ils sont les bienvenus.
Pour Frédéric Tellier, spécialiste de l'Iran
à l'Institut de relations internationales et stratégiques
(Iris), c'est certainement une des raisons de la prudence française,
mais ce n'est pas la seule. « Quand Chirac reçoit
Samareh, c'est pour tenter de trouver des alternatives à
une option militaire et à des sanctions »,
dit-il. « Le président de la République
a le sentiment que ce dossier risque de se résumer à
une alternative coûteuse pour la France, c'est-à-dire
des sanctions sans effet, tout en sacrifiant à la fois
une série d'intérêts économiques mais
aussi une crédibilité diplomatique reconstruite
depuis les années de crise avec Téhéran »,
poursuit-il. Mais la marge de tolérance des Français
commence à se réduire.
D. M.
TEHERAN (18 octobre 2006) - Ali Larijani, responsable iranien des négociations
dans la crise nucléaire, a brandi la menace de représailles
- notamment en suspendant les inspections de l'Agence internationale
de l'Energie atomique - si les Nations unies imposent des sanctions
à l'Iran.
Les propos de Larijani ont été rapportés
par la télévision nationale au lendemain de l'appui
apporté par les ministres des Affaires étrangères
de l'Union européenne à des sanctions limitées
à l'encontre de Téhéran, qui a poursuivi
son programme d'enrichissement d'uranium en dépit de la
suspension exigée par le Conseil de sécurité.
"L'Iran ne restera pas les bras croisés s'il subit
des pression pour qu'il renonce à ses droits nucléaires.
La voie du Conseil de sécurité, les sanctions (...)
est une voie telle que la partie adverse doit s'attendre à
un geste réciproque de l'Iran", a averti larijani.
"Le Parlement iranien a préparé un plan sur
la base duquel les inspections de l'Agence internationale de l'Energie
atomique pourraient être suspendues face au comportement
hasardeux de l'Occident", a-t-il poursuivi.
Larijani n'est pas allé jusqu'à affirmer catégoriquement
que les inspections de l'AIEA seraient suspendues si des sanctions
étaient imposées
Le député Hamidreza Haji Babaie s'est montré
plus explicite en assurant qu'en cas de sanctions, "le Parlement
contraindrait le gouvernement à réduire au minimum
la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie
atomique", en commençant par interdire ses inspections.
Les pays européens seront perdants s'ils emboîtent
le pas des Etats-Unis sur la voie des sanctions, avait peu auparavant
averti Ali Larijani, cité par l'agence de presse Mehr.
"Si le Conseil de sécurité adopte une nouvelle
résolution, nous ne serons sans aucun doute plus favorables
à la poursuite des discussions", a-t-il ajouté.
BRUXELLES (13 octobre 2006) - Les ministres européens des Affaires étrangères
devraient confirmer mardi la suspension des négociations
avec l'Iran sur le nucléaire faute de résultat,
et le retour au Conseil de sécurité de l'ONU de
ce dossier, ont indiqué vendredi plusieurs diplomates européens.
Les ministres vont déclarer mardi que "les négociations
avec l'Iran (sur le nucléaire) sont terminées en
raison du manque de résultat", a indiqué l'un
de ces diplomates, en soulignant qu'une déclaration en
ce sens figurait dans les conclusions que devraient adopter les
ministres mardi à Luxembourg. Toutefois, selon plusieurs
autres diplomates et le projet de conclusions, la déclaration
que devraient faire les 25 est plus nuancée et laisse la
porte ouverte à une reprise des négociations. L'Union
européenne estime que "la poursuite des activités
d'enrichissement par l'Iran ne laisse pas d'autre choix à
l'Union européenne que de soutenir les consultations sur
des mesures" punitives au Conseil de sécurité
de l'ONU, indique ce projet de conclusions. L'UE "note cependant
que la porte des négociations reste ouverte", "réaffirme
son engagement à arriver à une solution négociée",
et "presse l'Iran de suivre la voie positive qui lui est
offerte", ajoute-t-il. Le Haut représentant de l'UE
pour la politique extérieure Javier Solana, qui menait
depuis juin les négociations avec l'Iran au nom des grandes
puissances, doit faire le point avec les 25 sur le dossier nucléaire
lors de la réunion de Luxembourg.Les grandes puissances
ont demandé en vain à Téhéran -- en
faisant miroiter une importante aide économique et politique
en cas d'accord-- de suspendre toute activité d'enrichissement
d'uranium. Elles soupçonnent l'Iran de vouloir se servir
de cet enrichissement pour se doter de l'arme atomique. M. Solana
avait dressé un constat d'échec sur ses négociations
la semaine dernière, relançant les discussions sur
d'éventuelles actions contre Téhéran au conseil
de sécurité des Nations unies. Il avait également
indiqué qu'il ne prévoyait plus de rencontre avec
le négociateur iranien sur le nucléaire Ali Larijani.
4 octobre, Ouest France:
En sortant de son chapeau l'idée d'un
consortium franco-iranien d'enrichissement de l'uranium installé
sur son territoire, le régime des mollahs joue les illusionnistes.
Deux sociétés françaises, Areva et Eurodif,
en garantiraient le caractère non militaire. Spécialistes
mondialement connues des applications nucléaires de pointe,
les intéressées tombent des nues. Elles n'ont pas
été consultées.
Surprise, la France renvoie la balle dans le camp de Javier Solana.
Responsable de la politique étrangère de l'Union
européenne, ce dernier mène les pourparlers avec
l'Iran au nom des « grandes puissances »
(les cinq membres permanents du Conseil de sécurité
- États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France -
plus l'Allemagne).
Car la manoeuvre est claire. Téhéran tente d'enfoncer
un coin pour rompre l'unité des Six. Entre, d'un côté,
les Américains, qui poussent aux sanctions, de l'autre
les Russes et les Chinois, qui n'y sont pas favorables, la France
occupe une position médiane. Il n'a pas échappé
aux Iraniens que Jacques Chirac, depuis la mi-août, fait
pression sur ses partenaires pour que la voie du dialogue reste
ouverte bien que Téhéran n'ait pas répondu
aux exigences qui lui étaient fixées.
Sur la même ligne que Paris, Javier Solana juge, par précaution
diplomatique, la proposition iranienne « intéressante ».
Sans doute en a-t-il été question entre lui et le
négociateur iranien, Ali Larijani, avec lequel il s'est
entretenu, jeudi, par téléphone. Conversation « constructive »
sur les détails, mais décevante sur l'essentiel :
l'Iran refuse tout net de suspendre ses opérations d'enrichissement
de l'uranium pendant la période des négociations.
C'était la seule exigence des Six. L'impression prévaut
désormais que l'ouverture dont Téhéran semblait
faire preuve, il y a trois semaines, n'est plus à l'ordre
du jour. De toute évidence, Ali Larijani est bridé
par les idéologues proches du président Mahmoud
Ahmadinejad. Certes, il est encore possible que les Iraniens finissent
par composer. Mais tout indique qu'ils n'en feront rien, par fierté
nationale et défi à l'Occident.
Dès lors, la menace de sanctions contre l'Iran revient
sur le tapis. Les ministres des grandes puissances vont en discuter,
sans doute avant la fin de la semaine. Le catalogue des mesures
possibles est prêt. Il faudra choisir les plus appropriées,
en commençant, cela va de soi, par un embargo sur les fournitures
destinées aux industries nucléaire et balistique.
On peut douter, pourtant, que les Six soient, avant longtemps,
capables de faire mieux qu'un froncement de sourcils symbolique.
Leur unité tenait tant que la négociation restait
une voie plausible. Leurs intérêts divergents risquent
de les séparer si l'on en vient aux sanctions. Les Russes
construisent la seule centrale iranienne. Les Chinois sont de
plus en plus dépendants du gaz et du pétrole dont
l'ancienne Perse regorge. Ils devraient s'opposer à des
sanctions trop pénalisantes.
En priant Washington de ne pas se mêler du conflit entre
la Russie et la Géorgie, Moscou montre les dents. Les Russes
font savoir que, si on ne les laisse pas faire le ménage
dans leur arrière-cour caucasienne, ils pourraient bloquer
un peu plus le dossier iranien. On finirait par oublier que, pendant
ce temps, la République islamique, derrière ses
faux-semblants, avance, chaque jour, un peu plus sur le chemin
de la « bombe ».
Joseph LIMAGNE
TEHERAN (28/9/06) - Le
président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré
mercredi que la position de l'Iran ne bougerait pas "d'un
iota" sur son droit à poursuivre un programme nucléaire
pacifique.
Mahmoud Ahmadinejad a répété qu'il ne céderait
à aucun compromis alors que les discussions entre le chef
des négociateurs sur le nucléaire iranien Ali Larijani
et le haut-représentant de l'Union européenne pour
la politique étrangère Javier Solana, qui se tiennent
depuis mercredi à Berlin, ont été décrite
comme "très intense" par un dirigeant européen.
"Dans les négociations, ils nous ont dit de suspendre
l'enrichissement (d"uranium), même pour une journée
sous le prétexte d'un problème technique, afin qu'ils
puissent poursuivre les discussions", a rapporté la
télévision nationale iranienne citant des propos
tenus mercredi par le président iranien.
"Notre réponse, c'est que personne n'a le droit d'ignorer
les droits de la nation iranienne", aurait-il commenté.
Mahmoud Ahmadinejad a ajouté que les Etats-Unis et leurs
alliés européens voulaient forcer l'Iran à
suspendre l'enrichissement d'uranium mais n'y parviendraient pas.
"Ils veulent créer une propagande sur ce sujet et
dire au monde qu'ils ont forcé l'Iran à suspendre
(l'enrichissement), mais ils se trompent. La nation iranienne
ne reculera pas d'un iota sur ses droits", a déclaré
le président iranien, selon les propos rapporté
par la télévision nationale.
Les entretiens entre Javier Solana et Ali Larijani, qui doivent
se poursuivre jeudi, sont les dernières discussions en
date sur l'offre des Six, qui a proposé à l'Iran
une série de mesures incitatives en échange d'un
gel de ses activités d'enrichissement de l'uranium pour
une reprise des négociations sur son programme nucléaire.
Le Conseil de sécurité des Nations unies avait donné
à Téhéran jusqu'au 31 août pour geler
l'enrichissement d'uranium, ce que l'Iran, sous la menace d'éventuelles
sanctions, n'a pas fait.
MOSCOU (26 septembre 2006) - La Russie et l'Iran ont signé un accord mardi
à Moscou pour une mise en exploitation de la centrale nucléaire
de Bouchehr (Sud de l'Iran) en septembre 2007, a annoncé
le porte-parole de l'Agence fédérale russe de l'énergie
atomique (Rosatom) à l'AFP.
"La société russe Atomstroïexport et l'Organisation
iranienne de l'énergie atomique (OIEA) ont signé
un accord additionnel au contrat sur la construction de la centrale
de Bouchehr qui prévoit le lancement de la centrale en
septembre 2007", a indiqué le porte-parole de Rosatom,
Sergueï Novikov.
La centrale nucléaire de Bouchehr, le
27 juin 2006.
Selon cet accord, "la centrale commencera
à produire de l'énergie en novembre 2007 et le combustible
nucléaire pour l'approvisionner y sera livré au
plus tard six mois avant le lancement de la centrale, c'est-à-dire
en mars 2007", a précisé M. Novikov.
L'accord a été signé à l'issue d'entretiens
lundi et mardi à Moscou entre le chef de Rosatom Sergueï
Kirienko et le vice-président iranien Gholamreza Aghazadeh,
qui dirige l'Organisation iranienne de l'énergie atomique,
a précisé M. Novikov.
M. Aghazadeh s'est aussi entretenu mardi au Kremlin avec le secrétaire
du Conseil de Sécurité russe Igor Ivanov sur le
problème nucléaire iranien, a encore indiqué
le porte-parole.
"Il faut élaborer des accords respectant entièrement
le droit de l'Iran à l'énergie nucléaire
civile et levant en même temps les inquiétudes de
la communauté internationale en ce qui concerne le respect
de la non-prolifération", a déclaré
M. Ivanov, cité par l'agence Interfax, lors de cet entretien.
Avant de se rallier au calendrier russe sur une entrée
en exploitation à l'automne 2007, M. Aghazadeh avait d'abord
pressé lundi la Russie d'achever plus vite la construction
de la centrale, affirmant que cela était possible "dans
une période de six mois".
Le représentant de la diplomatie européenne, Javier
Solana, doit rencontrer cette semaine le responsable iranien des
négociations pour le dossier nucléaire, Ali Larijani,
afin de relancer les négociations sur le programme nucléaire
iranien.
Le Figaro, 26 septembre 2006:
Israël aurait pris langue avec l'Arabie saoudite
MOSCOU (25 septembre 2006) - Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie
atomique Gholamreza Aghazadeh, en visite lundi à Moscou,
a pressé la Russie d'achever rapidement le projet de centrale
nucléaire de Bouchehr, menaçant de le reprendre
en mains, sans la participation des Russes.
M. Aghazadeh a rencontré son homologue Sergueï Kirienko
pour discuter de la date de démarrage de la centrale, un
projet de près d'un milliard de dollars critiqué
par Washington, et de l'envoi du combustible nucléaire
pour l'approvisionner. Mais à l'issue d'entretiens de plus
de deux heures, les deux responsables ont quitté le bâtiment
de l'Agence fédérale russe de l'Energie atomique
(Rosatom) sans faire de déclaration. "Les négociations
ne sont pas finies. MM. Aghazadeh et Kirienko vont continuer leurs
discussions lors d'un dîner ce soir. Et leurs entretiens
reprendront demain", a indiqué le porte-parole de
Rosatom, Sergueï Novikov, à l'issue de la rencontre.
Un adjoint de M. Aghazadeh, Mohammad Saïdi, avait auparavant
annoncé que la partie iranienne comptait discuter pendant
cette visite "des moyens de supprimer les obstacles existant
à l'achèvement rapide de la centrale atomique".
"Bien que la Russie, à l'époque d'(Alexandre)
Roumiantsev (ex-directeur de l'Agence fédérale russe
de l'énergie atomique Rosatom en 2001-05 ndlr), ait donné
à l'Iran un engagement écrit sur la date de l'envoi
du combustible, il ne s'est pas concrétisé",
a regretté M. Saïdi. M. Aghazadeh, cité par
l'agence russe Ria Novosti se référant à
une discussion avec des médias iraniens avant son arrivée
à Moscou, s'est dit "convaincu que six mois sont suffisants
pour mettre en exploitation la centrale alors que les Russes estiment
qu'il faut encore un an". "Les Iraniens peuvent achever
eux-mêmes la construction de la centrale de Bouchehr si
les Russes n'en sont pas capables", a ajouté le responsable
iranien, cité par Ria Novosti. Rosatom estimait la semaine
dernière que la centrale devait être achevée
"en septembre 2007" et commencer à produire de
l'énergie "en novembre 2007". "La Russie
peut livrer du combustible nucléaire à l'Iran en
mars prochain, six mois avant la date du lancement de la centrale
en septembre", avait alors indiqué le porte-parole
de Rosatom, Sergueï Novikov. La Russie a conclu avec l'Iran
en 1995 un accord pour livrer la centrale nucléaire de
Bouchehr (sud), mais ce projet a pris du retard, notamment sous
la pression des autorités américaines. "La
centrale est aujourd'hui de facto achevée, mais il faut
encore apaiser les tensions dans le monde concernant le programme
nucléaire iranien", a expliqué un responsable
russe, sous couvert de l'anonymat. Les Américains ne désarment
pas dans leurs critiques. En avril, le sous-secrétaire
d'Etat américain Nicholas Burns a encore appelé
la Russie et tous les autres pays à cesser toute coopération
avec l'Iran, "même en ce qui concerne les projets nucléaires
civils tels que la centrale de Bouchehr". Mais la Russie
a toujours rejeté les demandes américaines d'abandonner
ce chantier, assurant que ce projet ne menaçait pas le
régime de non-prolifération des armes nucléaires
et qu'il était réalisé sous contrôle
de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique).
La Russie a notamment conclu avec l'Iran, sous la pression de
Washington, un accord afin que le combustible nucléaire
d'origine russe pour Bouchehr soit retourné en territoire
russe une fois usagé, afin d'éviter des risques
de détournement à des fins militaires. Le projet
de la centrale de Bouchehr a été lancé dans
les années 70 par une filiale de l'allemand Siemens. Celle-ci
s'est retirée au moment de la révolution islamique
de 1979. Moscou a pris le relais en signant un contrat avec Téhéran
en 1995 pour terminer la construction de la centrale.
Victoria LOGUINOVA
25 septembre 2006:
"Les pays arabes ont échoué vendredi dernier
à faire adopter par l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) une résolution mettant en cause le programme
nucléaire d'Israël"
Le NonvelObs, 21/9/06:
Le nucléaire israélien mis en cause
à l'AEIA ?
VIENNE (18 septembre 2006) - Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohammed ElBaradei a recommandé lundi à Vienne des négociations entre l'Iran et l'Union européenne (UE) sur le nucléaire, parallèlement à des propositions françaises en ce sens. L'Iran a pour sa part laissé la porte ouverte à un dialogue tout en menaçant de remettre en cause sa coopération avec les inspecteurs internationaux en cas de sanctions du Conseil de sécurité de l'Onu à son encontre. "J'espère toujours que par l'ouverture du dialogue entre l'Iran et ses partenaires européens on créera les conditions pour engager une négociation qui n'a que trop tardé", a déclaré M. ElBaradei aux délégués de 140 Etats membres à l'ouverture de la 50e assemblée générale annuelle de l'AIEA, l'agence de sûreté nucléaire des Nations unies.
Washington accuse l'Iran de tenter de développer l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil et réclame des sanctions onusiennes car l'Iran n'a pas gelé ses activités d'enrichissement d'uranium au 31 août, comme l'exigeait le Conseil de sécurité. L'uranium enrichi peut servir à la fabrication d'armes nucléaires et la poursuite de l'enrichissement par Téhéran a été constatée fin août par les inspecteurs de l'AIEA.
La négociation "vise à obtenir un règlement complet, qui d'une part répondra aux inquiétudes de la communauté internationale quant à la nature pacifique du programme nucléaire iranien, et d'autre part répondra aux inquiétudes de l'Iran en matière économique, politique et de sécurité", a estimé M. ElBaradei.
Le président français Jacques Chirac a lui aussi prôné lundi matin la poursuite du dialogue avec Téhéran. Avant son départ pour l'Assemblée générale de l'Onu à New York, M. Chirac a proposé que les cinq membres du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne "renoncent à saisir le Conseil de sécurité" et que "l'Iran renonce à l'enrichissement de l'uranium" pour permettre la négociation. C'est la première fois qu'un dirigeant européen signifie clairement que la suspension de l'enrichissement de l'uranium n'est plus un "préalable" à l'ouverture de négociations entre les Six et Téhéran. Le chef de la délégation de Chine à Vienne, Sun Qin, a de son côté renouvelé "le voeu de la communauté internationale d'un règlement pacifique par la diplomatie". Mais un diplomate de l'UE a regretté les déclarations du président français, qui "affaiblissent notre position". "Elles tuent le processus de négociation de l'UE3", les trois pays européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne), qui avaient fait une offre conditionnelle à l'Iran sur son programme dès l'automne 2004, a-t-il dit sous couvert de l'anonymat.
Pour l'Iran en tout cas, "il ne doit y avoir aucun doute que toute action hostile du Conseil de sécurité entraînera une réduction de la coopération avec l'Agence (AIEA)", a affirmé lundi à Vienne son vice-président Gholamreza Aghazadeh, également chef du programme nucléaire iranien. Il a toutefois ouvert la porte à des négociations, car "l'Iran croit qu'un accord est possible par la négociation". La question sera au centre de multiples entretiens cette semaine à New York, en marge de l'Assemblée générale. Le Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure, Javier Solana, pourrait notamment reprendre des discussions directes avec le principal négociateur iranien Ali Larijani, interrompues depuis une semaine. Les deux hommes avaient fait état de "progrès" et de "discussions constructives", il y a huit jours à Vienne. M. Larijani avait alors évoqué une possible suspension de deux mois, sous conditions, de l'enrichissement.
L'assemblée générale de l'AIEA doit entre autres aborder cette semaine un projet de "banque du combustible nucléaire" civil, avec soutien russo-américain, pour éviter que de nombreux pays n'enrichissent eux-mêmes l'uranium. Le secrétaire américain à l'Energie, Samuel Bodman, a estimé sur ce point lundi: "Nous sommes tous d'accord qu'un cadre international pour une fourniture garantie de combustibles s'impose afin de répondre aux besoins énergétiques de la planète et d'avancer nos objectifs de non-prolifération".
Daniel ARONSSOHN
Vienne, 18 septembre 2006 - L'Iran a de nouveau menacé lundi de «réduire»
sa coopération avec l'AIEA en cas de sanctions du Conseil
de sécurité de l'Onu sur son programme nucléaire,
tout en ouvrant la porte à des négociations, lors
d'une conférence à Vienne. «Il ne doit y avoir
aucun doute que toute action hostile du Conseil de sécurité
de l'Onu entraînera une réduction de la coopération
avec l'Agence (internationale de l'énergie atomique - AIEA)»,
a déclaré le vice-président iranien Gholamreza
Aghazadeh, qui est aussi le chef du programme nucléaire
iranien. Il a exprimé ainsi des menaces déjà
formulées par Téhéran, devant les représentants
des 140 pays membres de l'AIEA au premier jour de l'assemblée
générale annuelle de l'agence onusienne de sûreté
nucléaire. «Une telle approche unilatérale,
menée de façon agressive par un ou deux États
est vouée à causer des pertes et des dommages à
tout le monde», a-t-il ajouté, alors que Washington
se fait de plus en plus pressant pour réclamer des sanctions
contre l'Iran soupçonné de développer l'arme
nucléaire sous couvert d'un programme énergétique.
M. Aghazadeh a toutefois ouvert la porte à des négociations.
«L'Iran croit qu'un accord est possible par la négociation»,
a-t-il déclaré. Le chef de l'AIEA Mohammed ElBaradei
avait déclaré à l'ouverture de l'assemblée
générale à Vienne qu'il espérait toujours
la reprise de négociations entre Iran et l'Union européenne
pour résoudre le différend sur les activités
nucléaires iraniennes. Le
président français Jacques Chirac a également
prôné lundi matin la poursuite du dialogue avec l'Iran.
Avant son départ pour l'Assemblée
générale de l'Onu à New York, il a proposé
sur la radio française Europe 1 que les Six (les cinq membres
permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, plus
l'Allemagne) «renoncent à saisir le Conseil de sécurité»
et que «l'Iran renonce à l'enrichissement de l'uranium»
pour permettre la négociation. L'uranium enrichi peut servir
de carburant pour la production d'énergie mais peut aussi
être utilisé pour la fabrication de bombes nucléaires.
L'Iran n'a pas gelé ses activités d'enrichissement
d'uranium au 31 août, comme l'exigeait le Conseil de sécurité
de l'Onu. La poursuite des activités d'enrichissement a
été constatée par l'AIEA.
Le Soir (Be), 3 septembre 2006:
Le parlement iranien va commencer à
examiner une proposition de loi pour suspendre les inspections
de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Parallèlement,
l'Iran refuse toute suspension de son enrichissement d'uranium
avant des négociations sur son programme nucléaire.
Le parlement iranien va commencer à examiner une proposition
de loi pour "suspendre" les inspections de l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA), a déclaré
dimanche un responsable parlementaire.
La proposition de loi pour suspendre l'entrée des inspecteurs
de l'AIEA en Iran a été déposée au
parlement, a déclaré ce responsable, ayant requis
l'anonymat. L'Iran a averti samedi les grandes puissances qu'il
réviserait sa politique de coopération avec l'AIEA,
chargée d'inspecter ses installations nucléaires,
si le conseil de sécurité de l'ONU décidait
de sanctions à son encontre.
La commission des Affaires étrangères et de la
sécurité nationale du parlement va commencer l'examen
de cette proposition de loi, a ajouté le responsable.
Allaeddine Boroujerdi, le président de la Commission des
Affaires étrangères a expliqué que cette
dernière a préparé une proposition de
loi qui prévoit que si malgré toutes les souplesses
et la coopération de l'Iran avec l'AIEA et les pays 5+1,
le Conseil de sécurité décide de priver l'Iran
de ses droits légaux, le gouvernement suspende toutes les
inspections actuellement en cours.
Selon la télévision iranienne, une cinquantaine
de députés ont signé cette proposition de
loi. Le représentant de l'Iran auprès de l'AIEA,
Ali Asghar Soltanieh, avait estimé samedi que si le
conseil de sécurité décide de sanctions ou
de mesures punitives, il ne fait pas de doute que la République
islamique d'Iran révisera sa politique de coopération
avec l'AIEA.
L'Iran risque des sanctions de l'ONU après avoir refusé
de suspendre son enrichissement d'uranium, comme l'exigeait une
résolution du Conseil de sécurité arrivée
à échéance le 31 août.
Pas de suspension sans négociations
Parallèlement, l'Iran refuse toute suspension de son enrichissement
d'uranium avant des négociations sur son programme nucléaire,
a déclaré dimanche le secrétaire général
de l'ONU Kofi Annan, à l'issue d'un entretien avec le président
iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Le président m'a assuré que l'Iran était
prêt à négocier et à trouver une solution
à la crise (...), (mais) il n'accepte pas la suspension
avant des négociations, a dit M. Annan lors d'un point
de presse.
L'Iran a refusé de suspendre son enrichissement d'uranium
comme l'exigeait une résolution du Conseil de sécurité
des Nations Unies, et risque de ce fait des sanctions.
3/9/06 - Téhéran
juge que le Conseil de sécurité n'a pas le droit
de demander à l'Iran d'arrêter ses activités
d'enrichissement d'uranium. La résolution 1696 adoptée
à cet effet n'a pas « de base légale »,
croit Ali Asghar Soltanieh, représentant de l'Iran à
l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Dans une entrevue accordée au réseau américain
CNN, il a estimé que les statuts de l'AIEA ou du Traité
de non-prolifération nucléaire (TNP) ne permettaient
en aucune façon de demander à une nation d'arrêter
ses activités nucléaires.
Le bras de fer diplomatique se poursuit donc. Le président
iranien, Mahmoud Ahmadinejad, qui recevait dimanche le secrétaire
général des Nations unies, Kofi Annan, a encore
une fois répété qu'il était hors de
question que son pays ne se plie aux exigences internationales
avant que des négociations en bonne et due forme aient
lieu.
Par contre, M. Annan a mentionné que le président
iranien lui avait confirmé son intention de trouver une
solution négociée à la crise.
En visite aux Etats-Unis, l'ancien président réformateur
de l'Iran, Mohammed Khatami, a commenté de façon
laconique la situation. Même s'il souhaite que le dialogue
se poursuive, il estime que l'Amérique, qui veut imposer
des sanctions économiques à l'Iran, « a
accès à des outils internationaux qui lui permettent
de soumettre les autres pays » à son autorité.
NouvelObs, 1/9/06:
L'Iran "ne cèdera pas d'un iota"
Libération, 31/8/06:
L'Iran n'a pas respecté l'ultimatum de
l'Onu
VIENNE (31/8/06) -
L'Agence internationale de l'énergie atomique a constaté
jeudi dans son rapport que l'Iran, ne cédant pas aux exigences
de la communauté internationale, n'a montré aucun
signe de gel de son programme d'enrichissement de l'uranium.
Selon ce document de six pages, "l'Iran n'a pas suspendu
ses activités d'enrichissement" et trois années
d'inspections n'ont pas pu confirmer "la nature pacifique
du programme nucléaire iranien, en raison du manque de
coopération de Téhéran".
D'après ce document, les inspecteurs de l'AIEA ont découvert
des traces d'uranium hautement enrichi dans un site impliqué
dans des travaux à possible usage militaire. Le rapport
ne précise pas toutefois si cet uranium pouvait servir
à la fabrication d'armes.
Il fait par ailleurs état de documents suspects, susceptibles
d'indiquer comment donner à des matériaux fissiles
la forme d'une charge militaire. Les autorités iraniennes
n'ont pas autorisé les inspecteurs de l'AIEA à procéder
aux vérifications nécessaires.
Les inspecteurs, d'autre part, n'ont pas pu procéder aux
investigations souhaitées dans le complexe de Natanz (centre),
où Téhéran avait informé l'AIEA de
son intention d'installer 3.000 centrifugeuses dans des salles
souterraines d'ici la fin 2006, pour atteindre à terme
54.000 centrifugeuses. Les autorités iraniennes, enfin,
ont tardé à délivrer les visas d'entrée
nécessaires aux inspecteurs, et notamment à Olli
Heinonen, directeur général adjoint de l'AIEA chargé
du dossier iranien.
NouvelObs, 6/8/06:
Nucléaire : l'Iran conteste l'ONU
"Téhéran a indiqué qu'elle poursuivra
son programme nucléaire malgré la résolution
de l'ONU."
2/08/2006 - Répondant
à une résolution de l'Onu appelant à la suspension
des activités nucléaires de Téhéran,
le président iranien a répété mardi
que son pays était en droit de produire du combustible
nucléaire.
«Le peuple iranien considère comme son droit de tirer
parti de la technologie pour produire du combustible nucléaire
à des fins pacifiques», a dit Mahmoud Ahmadinejad
lors d'une réunion publique à Bojnurd, dans le nord-est
de l'Iran.
La Conseil de sécurité de l'Onu a voté lundi
une résolution exigeant que l'Iran suspende avant le 31
août ses activités d'enrichissement et de retraitement
de l'uranium.
Passé le délai d'un mois, le Conseil étudiera
«les mesures appropriées» prévues par
l'article 41 du chapitre VII de la charte de l'Onu, des sanctions
économiques.
«Ceux qui pensent pouvoir manier le discours de la menace
et de la force contre l'Iran se trompent», a affirmé
Ahmadinejad dans son discours, retransmis en direct à la
télévision d'Etat.
Les diplomates et les experts font toutefois valoir que l'économie
iranienne serait profondément déstabilisée
en cas de sanctions.
TEHERAN (1 aout 2006) - Des responsables iraniens ont jugé "sans valeur", "inacceptable" et "injustifiée" la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée lundi donnant un mois à Téhéran pour suspendre son enrichissement d'uranium, au risque d'éventuelles sanctions s'il n'obtempérait pas. "De telles résolutions n'ont aucune valeur aux yeux des peuples du monde", a déclaré mardi le président du Parlement iranien Gholam-Ali Hadad-Adel, cité par l'agence Isna.
Le mardi 18 juillet 2006:
L'Iran pourrait adopter une loi suspendant
son adhésion au Traité de non-prolifération
nucléaire (TNP) si le Conseil de sécurité
de l'ONU exerçait des pressions sur Téhéran
pour geler ses activités nucléaires, a averti mardi
un haut responsable parlementaire. «Si le Conseil de sécurité
veut adopter une résolution imposant un arrêt de
l'enrichissement d'uranium, le parlement soulèvera, sans
nul doute, la question de la suspension de l'adhésion de
l'Iran au TNP», a déclaré Allaeddine Boroudjerdi,
cité par l'agence Isna. «Nous espérons que
le Conseil de sécurité ne prendra pas de décisions
irraisonnées susceptibles de changer l'attitude de l'Iran»,
a déclaré M. Boroudjerdi, président de la
commission de la sécurité nationale et des affaires
étrangères.
Il a souligné que, jusqu'à présent, l'Iran
a «respecté le TNP et le règlement de l'Agence
internationale de l'énergie atomique» (AIEA). Les
États-Unis ont annoncé la semaine dernière
qu'une résolution du Conseil de sécurité
serait présentée dès le début de cette
semaine, après la décision des cinq membres permanents
du Conseil de sécurité (Chine, États-Unis,
France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne de renvoyer
le dossier du nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité.
L'Iran a repris en janvier ses activités d'enrichissement
d'uranium, destinées, selon les Iraniens, à produire
du combustible pour les centrales nucléaires civiles mais
qui peut également être utilisé pour la fabrication
de l'arme atomique.
Télévision Suisse Romande, 15/7/06:
L'Iran ne suspendra pas son enrichissement
Libération, 5 juillet 2006:
L'Iran annule une rencontre sur le nucléaire
avec l'UE
MOSCOU/TEHERAN (29 juin 2006) - Les ministres des Affaires étrangères
du G8, réunis à Moscou, ont demandé à
l'Iran de répondre le 5 juillet aux propositions qui lui
ont été faites concernant son programme nucléaire,
ce que Téhéran a immédiatement refusé,
réclamant plus de temps.
Les chefs de la diplomatie des pays du G8 ont exprimé leur
déception devant l'absence de réponse de Téhéran
aux propositions qui lui ont été faites le 6 juin
par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité
- les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la
Russie - plus l'Allemagne.
Ils n'ont toutefois pas précisé à quelles
conséquences l'Iran s'exposait en cas de non respect du
délai du 5 juillet.
A cette date, le porte-parole de la diplomatie de l'Union européenne,
Javier Solana, doit rencontrer le principal négociateur
iranien sur le dossier nucléaire, Ali Larijani, pour lui
donner des précisions sur les mesures incitatives destinées
à convaincre Téhéran de renoncer aux aspects
sensibles de sa recherche nucléaire, soupçonnée
par les Occidentaux de préparer la fabrication d'une bombe
atomique.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré
la semaine dernière que son pays répondrait avant
le 22 août, ce qui a suscité l'exaspération
à Londres et à Washington.
Les Etats-Unis et l'Union européenne avaient demandé
à Téhéran de donner sa réponse avant
la tenue du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, du
15 au 17 juillet. "Nous avons besoin de plus de temps pour
discuter de l'offre" a déclaré un diplomate
iranien à Reuters.
Les ministres des Affaires étrangères du G8 n'ont
pas précisé quelles seraient les conséquences
pour l'Iran d'un refus de donner une réponse mercredi prochain
voire d'un refus des propositions qui lui sont faites.
Le groupe des Six à l'origine des propositions examinera
les éventuels avancées le 12 juillet, juste avant
le sommet du G8, a déclaré à des journalistes
un haut-fonctionnaire du Département d'Etat américain,
accompagnant la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza
Rice.
Les Six pourront ainsi "prendre une décision simple
sur l'orientation de tout cela", a-t-il dit, ajoutant que
la réunion du 12 constitue "un signal pour les Iraniens
qu'ils doivent faire un choix". En dépit de l'unité
affichée par le G8 à Moscou, confortée par
un appel de Pékin à une réponse rapide de
Téhéran, un refus iranien risquerait de semer la
division.
La Chine et la Russie sont opposées à des sanctions
des Nations unies à l'encontre de l'Iran. "Nous sommes
déçus de l'absence d'une réponse officielle
à la proposition positive. Nous espérons entendre
une réponse iranienne claire et substantielle à
ces propositions lors de la réunion prévue avec
Javier Solana... le 5 juillet afin de mettre rapidement un terme
à ces discussions" ont déclaré les ministres
des Affaires étrangères du G8 dans un communiqué
commun, à l'issue de leur réunion à Moscou.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères
Jiang Yu a lui aussi appelé l'Iran, jeudi, à répondre
"aussi rapidement que possible" à l'offre qui
lui a été faite.
Les négociations sur les mesures incitatives sont conditionnées
au gel par l'Iran de ses opérations d'enrichissement d'uranium
et aux réponses apportées par Téhéran
à une série de questions sur son programme nucléaire.
L'Iran a refusé de suspendre ses opérations d'enrichissement.
Saul Hudson et Oleg Shchedrov
TEHERAN (22 juin 2006) - L'Iran cherche à gagner du temps, en annonçant
qu'il répondra seulement en août à l'offre
des grandes puissances visant à la suspension de son enrichissement
d'uranium, ont estimé jeudi des analystes et sources diplomatiques.
Les Etats-Unis estiment qu'une réponse iranienne à
l'offre de six grandes puissances d'ici à fin juin "aiderait"
à régler la crise nucléaire, a déclaré
jeudi à Budapest le conseiller à la sécurité
nationale, Stephen Hadley. L'objectif semble être d'abord
d'écarter l'échéance du sommet des chefs
d'Etat du G8, prévu à la mi-juillet, qui va se concentrer
inévitablement sur le dossier nucléaire iranien.
Mais ce délai reflète aussi pour certains la "difficulté
structurelle du régime à prendre une décision
stratégique", selon un diplomatique occidental, s'exprimant
sous couvert de l'anonymat.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a créé
la surprise mercredi en annonçant que l'Iran n'apporterait
pas de réponse à l'offre des grandes puissances
(Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie)
avant la fin du mois iranien de Mordad, qui s'achève le
22 août.
Les intéressés ont réagi promptement, par
la voix du président américain George W. Bush, qui
a jugé mercredi que "cela semble affreusement long
pour une réponse raisonnable". Il a rappelé
que les Iraniens avaient des "semaines, et non pas des mois"
pour se décider.
L'offre comporte des mesures incitatives, dont la négociation
est liée à la condition préalable d'une suspension
par Téhéran de son enrichissement d'uranium. Elle
a été présentée à l'Iran le
6 juin, et selon des sources diplomatiques à Vienne, il
lui a été clairement expliqué qu'une réponse
était attendue pour le 29 juin, quand se réunissent
à Moscou les chefs de la diplomatie préparant le
sommet du G8, prévu du 15 au 17 juillet.
Les Iraniens ont assuré qu'aucune échéance
ne leur avait été fixée pour répondre.
Mais selon le diplomate occidental, "ils ont bien compris
que nous attendons une réponse dans un espace de quelques
semaines et pas quelques mois".
"L'Iran cherche à dépasser l'échéance
du sommet du G8", a expliqué Sadegh Kharazi, ex-ambassadeur
d'Iran en France et proche de l'ancien président Akbar
Hachémi Rafsandjani. Car les grands pays industrialisés
pourraient y décider de durcir le ton contre Téhéran,
en envisageant éventuellement des sanctions, s'ils ont
le sentiment que la République islamique est déterminée
à ne pas céder sur son enrichissement.
De fait, selon M. Kharazi, "le pouvoir cherche une formule
avec laquelle l'Iran peut avoir des activités d'enrichissement
limitées et fournir en même temps des garanties objectives"
de non détournement de ce procédé à
des fins militaires. Le politologue iranien Saïd Leylaz fournit
la même analyse en estimant que "les Iraniens cherchent
à gagner du temps pour obtenir des Occidentaux d'accepter
des négociations sans une suspension".
Quelle que soit la réponse, le processus de décision
est compliqué par la difficulté de concilier les
avis parfois divergents des différents centres de pouvoir,
selon le diplomate occidental. "Il est probable que leur
attentisme s'explique en partie par des facteurs internes à
la structure du régime", souligne-t-il.
Un autre diplomate occidental estime pour sa part que "l'Iran
semble chercher à gagner du temps, mais il se peut aussi
qu'il y ait un véritable débat au sein du pouvoir
sur la question de la suspension". Interrogé, l'ex-porte-parole
du Conseil suprême de la sécurité nationale,
qui a la haute main sur le dossier, Ali Agha Mohammadi concourt
partiellement à cette analyse.
"Cela nécessite énormément de décisions
et aussi qu'on arrive à un consensus au sein du pouvoir
en tenant compte des intérêts nationaux", dit-il.
"Tout naturellement il y a des points de vue différents
au sein des commissions" chargées d'étudier
l'offre des grandes puissances, ajoute-t-il.
Dans tous les cas, que l'Iran réponde à temps ou
pas pour le sommet du G8, "son dossier sera au coeur de la
rencontre", remarque le deuxième diplomate occidental.
Et de souligner, comme son collègue, qu'au bout du compte
"la suspension de l'enrichissement n'est pas négociable".
Pierre CELERIER
TEHERAN (21/6/06) -
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé
mercredi que son pays répondrait mi-août aux mesures
incitatives proposées par les Six sur son programme nucléaire.
"Nous étudions ces mesures (...) Nous rendrons notre
avis à la mi-août", a-t-il déclaré
lors d'un discours devant plusieurs centaines de personnes dans
l'ouest de l'Iran diffusé en direct par la télévision
publique.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité
des Nations unies, plus l'Allemagne, ont proposé des mesures
incitatives économiques et technologiques à Téhéran
le 6 juin si le gouvernement iranien s'engage à suspendre
l'enrichissement d'uranium.
Libération, 20 juin 2006:
TEHERAN - Si
Téhéran met du temps à répondre à
la communauté internationale sur son programme nucléaire,
c'est faute de consensus et non par souci tactique, estiment diplomates
et analystes.
Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, Allemagne et France
ont offert le 1er juin des avantages "de grande portée"
à l'Iran s'il accepte de suspendre ses activités
d'enrichissement de l'uranium et de négocier.
L'Iran a accueilli cette offre comme un pas en avant mais tarde
à fournir aux Six une réponse dans le délai
de "quelques" semaines que ceux-ci ont fixé,
et Washington commence à exprimer des signes d'impatience.
Selon les analystes, Téhéran est séduit par
les "carottes" brandies, y compris les garanties - vaguement
formulées - des Six sur le rôle dans la sécurité
régionale qu'il revendique depuis longtemps.
"Ils prennent cela au sérieux et en débattent
aussi est-ce normal qu'ils aient des divergences d'opinion sur
la conduite à tenir", estime l'analyste Nasser Hadian,
un "ami" du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Ce débat transparaît dans les propos tenus en privés
par les responsables iraniens, dont, selon Hadian, les opinions
s'échelonnent entre un "non ferme et un "oui
si".
"SERIEUX DEBAT EN COURS"
Les lignes de fracture traversent même l'équipe de
négociateurs qui avaient concédé en 2004
à la troïka européenne une suspension - éphémère
- des activités d'enrichissement le temps de négocier
des contreparties.
De source diplomatique occidentale, on prend note également
qu'il y a "un sérieux débat en cours",
mais on craint les effets d'une éventuelle contre-offre
iranienne sur l'unité chèrement acquise des Six.
Selon certains analystes, Téhéran pourrait être
tenté de chercher à arracher de nouvelles concessions
aux Six, ne serait-ce que parce qu'il estime que les Etats-Unis
sont trop englués en Irak pour se payer le luxe d'une autre
crise avec l'Iran.
Mais, dans le même temps, l'Iran demeure conscient qu'il
ne peut lui-même se permettre un choc frontal avec les Six
après avoir bénéficié de la bienveillance
de deux d'entre eux, la Chine et la Russie.
Ces deux membres permanents du Conseil de sécurité
ont en effet obtenu des Occidentaux, notamment des Etats-Unis,
en pointe dans cette affaire, qu'il renoncent pour le moment à
la voie des sanctions à l'Onu.
Les dirigeants iraniens "sont conscients que la balle est
maintenant dans leur camp" et qu'"ils pourraient tout
perdre en refusant purement et simplement les ouvertures qui leur
sont faites", estime un analyste iranien en vue, qui souhaite
garder l'anonymat.
Les discussions entre dirigeants iraniens sont d'autant plus âpres
que le régime islamique ne s'est pas privé de vendre
à son opinion publique l'idée que la maîtrise
du cycle nucléaire était un acquis irréversible.
Edmund Blair
ALGER (12/6/06) - Le
secrétaire du Conseil suprême de la sécurité
nationale de l'Iran et négociateur en chef du nucléaire
iranien, Ali Larijani, a réitéré, lundi à
Alger, le refus de son pays de suspendre l'enrichissement de l'uranium,
soulignant que Téhéran "n'acceptera aucune
condition préalable à toute négociation"
sur ses activités nucléaires.
Le gouvernement iranien "maintient toujours sa position d'enrichir
l'uranium", a déclaré lors d'une conférence
de presse Ali Larijani.
Arrivé dimanche soir à Alger, le responsable iranien
a toutefois indiqué que son pays restera "ouvert"
à toute négociation "constructive et raisonnable,
sans aucune condition préalable".
"Nous ferons preuve de disponibilité lors de discussions
afin qu'il n'y ait ni de malentendu ni confusion", a-t-il
affirmé, avant d'indiquer qu'un "contact direct"
irano-américain "ne sera possible que si Washington
change son comportement vis-à-vis des affaires territoriales
et devient raisonnable au lieu de nous défier et d'opter
pour la confrontation".
Ali Larijani a indiqué, par ailleurs, que les discussions
qu'il a eu avec le président algérien, Abdelaziz
Bouteflika, ainsi qu'avec le ministre algérien des Affaires
étrangères, Mohamed Bedjaoui, ont porté sur
les relations bilatérales et sur des questions internationales
d'intérêt commun, notamment celles ayant trait à
la situation dans les pays musulmans et arabes.
NouvelObs, 12/6/06:
Nucléaire iranien: les Six à nouveau
divisés
TEHERAN (8 juin 2006) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a
déclaré jeudi que Téhéran était
prêt à discuter les "préoccupations mutuelles"
sur son programme nucléaire, tout en affirmant que l'Occident
avait cédé à la volonté iranienne.
"Au nom de la nation iranienne, j'annonce que la nation iranienne
ne tiendra jamais de négociations avec quiconque sur ses
droits manifestes, mais nous sommes pour des discussions sur des
préoccupations mutuelles pour résoudre les malentendus
dans l'arène internationale", a déclaré
le président iranien devant des milliers de personnes rassemblées
à Qazvin à l'ouest de Téhéran.
Les Occidentaux "ont été vaincus par votre
résistance et votre solidarité et ont été
forcés de reconnaître votre dignité et votre
grandeur", a-t-il ajouté.
Mahmoud Ahmadinejad n'a pas dit formellement si l'Iran acceptait
ou rejetait entièrement le plan présenté
mardi à Téhéran par les cinq membres permanents
du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne.
Pour ouvrir la voie à des négociations, ils proposent
des mesures incitatives en échange d'une suspension des
activités d'enrichissement d'uranium de l'Iran.
Libération, 7 juin 2006:
Téhéran
joue la montre sur le dossier nucléaire
"Les propositions internationales jugées «positives»
mais «ambiguës»."
Le Monde, 7/6/06:
Pour la première fois depuis des mois,
une éclaircie semble s'être dégagée
sur le dossier nucléaire iranien. Téhéran
a en effet témoigné, mardi 6 juin, de l'intérêt
pour les nouvelles propositions de coopération qui lui
ont été faites afin de le convaincre de suspendre
les activités d'enrichissement de l'uranium pour son programme
nucléaire. "Ces propositions contiennent des points
positifs mais recèlent également des ambiguïtés
qui requièrent des éclaircissements", a
déclaré Ali Larijani, négociateur en chef
iranien sur les questions nucléaires.
Il venait de recevoir des mains de Javier Solana, le haut représentant
de l'Union européenne (UE) pour les relations extérieures,
l'offre de coopération plurielle élaborée
collectivement à Vienne la semaine dernière par
les cinq membres permanents du Conseil de sécurité
des Nations unies et l'Allemagne. "Nous espérons
qu'après une étude détaillée de cette
offre de nouvelles négociations auront lieu pour parvenir
à une conclusion équilibrée et logique",
a ajouté M. Larijani, qualifiant de "constructif"
l'entretien avec M. Solana.
"Ce qui importe en matière d'incitation, c'est
de soutenir les droits de l'Iran à effectuer des recherches
dans le domaine de la technologie nucléaire. Cette question
doit être très claire et sans ambiguïté
dans les négociations", déclarait de son
côté le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr
Mottaki, qui venait de s'entretenir avec le haut représentant
de l'UE. Cette première réaction iranienne a été
jugée " positive" par le président
américain George Bush. "Nous allons voir s'ils
prennent l'offre au sérieux. C'est à eux de choisir.
J'ai dit que les Américains s'assiéraient avec eux
s'ils acceptent de suspendre de façon vérifiable
l'enrichissement de l'uranium", a-t-il ajouté
lors d'un voyage au Texas.
Jusqu'à présent, la République islamique,
soupçonnée de chercher à développer
un programme nucléaire militaire - ce dont elle se défend
-, répète inlassablement que son droit à
l'enrichissement de l'uranium est reconnu par le Traité
de non-prolifération nucléaire dont elle est signataire.
Téhéran serait autorisé à convertir
de l'uranium dans le cadre du "plan de Vienne". Si les
grandes puissances refusent que l'Iran poursuive ses activités
d'enrichissement de l'uranium, des diplomates occidentaux indiquent,
en effet, que la République islamique pourrait en revanche
continuer à convertir l'uranium, phase préalable
dans le cycle de production de combustibles nucléaires.
Le plan de sortie de crise propose également une coopération
dans la construction de réacteurs nucléaires à
eau légère. Mais, selon des diplomates occidentaux,
il n'impliquerait pas que les Etats-Unis apportent une contribution
directe à ce projet de construction.
Washington, qui a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran
en 1980, pourrait en revanche accepter que des entreprises européennes
et russes opèrent en Iran sans s'exposer à des sanctions
américaines. D'après des diplomates qui suivent
le dossier nucléaire au siège de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA), Téhéran pourrait
avoir accès à la fourniture de pièces détachées
pour des avions Boeing et Airbus - jusqu'à présent
interdite à cause des sanctions américaines imposées
à l'Iran. Une coopération dans le domaine de la
technologie agricole et un soutien européen à l'adhésion
de la République islamique à l'Organisation mondiale
du commerce sont aussi envisagés.
Le "plan de Vienne", qui n'a pas été rendu
public, comporte à la fois des mesures d'incitation et
des sanctions pour amener l'Iran à renoncer à enrichir
de l'uranium. Ces sanctions pourraient inclure un embargo sur
les armes.
Sa gardant de tomber dans un excès d'optimisme, le ministre
allemand des affaires étrangères, Franck-Walter
Steinmeier, n'a pas exclu que l'Iran réponde avant la fin
juin. Pour sa part, M. Solana a informé par téléphone
la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice,
que ses entretiens avec les responsables iraniens avaient été
"très utiles et constructifs", mais que
Téhéran avait besoin de temps pour répondre.
Dans la matinée, le porte-parole du département
d'Etat avait indiqué que les Occidentaux accorderaient
un délai de réponse à la République
islamique, précisant toutefois qu'il s'agissait "de
semaines et non de mois".
Jeudi, les experts de l'AIEA, qui viennent d'effectuer une visite
d'inspection sur le site iranien d'enrichissement de l'uranium
de Natanz, doivent remettre leur rapport au conseil des gouverneurs
de l'Agence. Dans leur rapport d'avril, ils constataient que Téhéran
continuait ses activités d'enrichissement.
Libération, 29 mai 2006:
Par Joschka Fischer ancien ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier d'Allemagne entre 1998 et 2005.
La crise iranienne évolue rapidement
et de manière inquiétante. Il n'y a guère
de doute que l'Iran veuille se doter de l'arme nucléaire.
Au coeur du problème se trouve l'aspiration du régime
iranien à devenir une puissance musulmane hégémonique
au niveau régional afin de traiter à égalité
avec les grandes puissances de la planète. C'est précisément
cela qui distingue l'Iran de la Corée du Nord ; alors que
cette dernière cherche à se doter de l'arme nucléaire
pour conforter son isolation, l'Iran vise à dominer la
région, et peut-être même au-delà.
Pour parvenir à atteindre son but, l'Iran parie sur des
changements révolutionnaires dans la répartition
des pouvoirs au Moyen-Orient. Pour cela, il met à profit
son influence dans la région du Golfe, notamment en Irak,
et il instrumentalise non seulement Israël et le conflit
israélo-palestinien, mais également le Liban et
la Syrie. Cette combinaison d'une aspiration hégémonique,
d'une remise en question du statu quo régional et d'un
programme nucléaire est extrêmement dangereuse.
Israël interpréterait l'acquisition de la bombe par
l'Iran ou même sa capacité de la fabriquer comme
une menace vitale, ce qui obligerait l'Occident à intervenir.
Si l'Europe a une dette morale envers Israël, elle a également
des préoccupations quant à la situation sur la rive
orientale de la Méditerranée qui tient une place
de première importance dans sa stratégie de sécurité.
Et, si l'Iran dispose de l'arme nucléaire, il sera perçu
comme une menace par ses voisins, ce qui entraînera probablement
une course à l'armement dans la région et ajoutera
à son instabilité. Un Iran nucléarisé
posera un grave problème de sécurité à
l'Europe. Croire qu'elle restera à l'extérieur de
ce conflit est une dangereuse illusion.
Les enjeux de cette crise sont élevés, c'est pourquoi
l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont entamé, il
y a deux ans, des négociations avec l'Iran pour le persuader
de renoncer à se doter des moyens de fabriquer la bombe.
Cette initiative a échoué pour deux raisons. Premièrement,
la proposition européenne de relancer les échanges
commerciaux et de fournir à l'Iran les technologies dont
il a besoin, notamment dans le domaine du nucléaire civil,
était sans commune mesure avec la crainte iranienne d'un
changement de régime, ainsi qu'avec ses aspirations hégémoniques
et sa quête de prestige sur la scène internationale.
Deuxièmement, la guerre désastreuse déclenchée
par les Américains en Irak a conduit les dirigeants iraniens
à penser que la principale puissance occidentale était
affaiblie au point de dépendre de leur bonne volonté
et à estimer que l'Occident était peu enclin à
une sérieuse confrontation, ceci à cause du prix
du pétrole.
L'analyse du régime iranien risque de s'avérer une
dangereuse erreur, car elle pourrait conduire plus tôt qu'il
ne le pense à une confrontation brutale dont l'Iran n'a
aucune chance de sortir vainqueur. La question au coeur de ce
conflit est de savoir qui domine le Moyen-Orient : l'Iran ou les
Etats-Unis ? Les dirigeants iraniens sous-estiment le caractère
explosif de cette question pour les Etats-Unis en tant que puissance
mondiale et par conséquent pour le propre avenir de l'Iran.
Le débat ne porte pas sur l'option militaire, car la destruction
du programme nucléaire iranien par des frappes aériennes
américaines serait de mauvais augure. Il n'y a aucune garantie
qu'une tentative de détruire le potentiel nucléaire
iranien, pour l'empêcher de produire la bombe, soit couronnée
de succès. Une agression étrangère ne ferait
que légitimer les ambitions iraniennes en matière
d'armement nucléaire. Enfin, une attaque militaire marquerait
le début d'une escalade de la violence et du terrorisme
dans la région et peut-être même à une
bien plus grande échelle, un cauchemar pour toutes les
parties concernées.
Dans ces conditions, que faire ? Il reste encore une réelle
possibilité de trouver une issue politique si les Etats-Unis
et l'Europe proposent un contrat de la dernière chance
à l'Iran. En échange de l'arrêt à très
long terme de son activité d'enrichissement de l'uranium,
l'Iran et d'autres pays pourraient avoir accès à
la recherche et à la technologie nucléaire sous
la supervision étroite de l'Agence internationale pour
l'énergie atomique. Cette première étape
serait suivie de la pleine normalisation des relations commerciales
et politiques, avec des garanties de sécurité contraignantes
basées sur un accord de sécurité régional.
Il faut que les dirigeants iraniens sachent que le prix à
payer en cas de refus serait très élevé.
Avec le soutien sans faille de la communauté internationale,
l'Occident ferait tout pour isoler l'Iran sur le plan financier,
économique, technologique et diplomatique. L'Iran aura
donc à choisir entre la reconnaissance et la sécurité
d'une part et l'isolation totale d'autre part.
Mettre l'Iran devant cette alternative suppose que l'Occident
n'ait pas peur d'une hausse du prix du pétrole et du gaz.
Les deux autres possibilités ? l'émergence de l'Iran
en tant que puissance nucléaire ou une intervention militaire
pour l'en empêcher ? conduiraient aussi à une hausse,
sans parler des autres conséquences bien plus funestes.
La prise de conscience des terribles conséquences d'une
confrontation militaire et celles tout aussi terribles d'un Iran
nucléarisé doit inciter les Etats-Unis à
abandonner leur politique de refus de négociations directes
et leur espoir d'un changement de régime. Il ne suffit
pas que l'Europe agisse tandis que l'Amérique regarde en
spectateur l'évolution de la situation, ne prenant part
aux discussions que derrière le rideau et laissant l'Europe
se débrouiller toute seule. L'administration Bush doit
mener l'initiative occidentale lors de négociations directes
avec l'Iran. Si elles aboutissent, les Etats-Unis doivent aussi
accepter de fournir les garanties voulues. Dans cette confrontation,
le facteur décisif sera la crédibilité et
la légitimité internationale, ce qui ne pourra être
obtenu qu'avec un leadership américain pondéré,
de sang-froid, avec une vue à long terme.
La communauté internationale pourrait faire bloc autour
de cette proposition qui est une option intéressante pour
l'Iran. Qu'il accepte, l'arrêt de ses recherches nucléaires
à Natanz au cours des négociations serait le test
décisif de sa sincérité. Mais s'il refuse
ou ne respecte pas ses obligations, il s'isolerait totalement
et légitimerait pleinement des mesures à son encontre.
Ni la Russie ni la Chine ne pourront se permettre de faire bande
à part au sein du Conseil de sécurité. Mais
cette initiative ne peut réussir que si l'administration
américaine en prend la direction au sein des pays occidentaux
et s'assoit à >la table de négociation avec l'Iran.
Même dans ce cas, la communauté internationale devra
agir vite. Toutes les parties doivent avoir conscience que le
temps est mesuré pour une solution politique.
Le Figaro, 15 mai 2006:
Une réunion des ministres européens
des affaires étrangères doit finaliser lundi une
proposition d'aide économique et commerciale à destination
de l'Iran, à condition qu'il abandonne l'enrichissement
d'uranium. Téhéran a déjà fait savoir
qu'il refusait l'offre.
Dans la crise du nucléaire iranien, les jours et les annonces
se suivent et se ressemblent. Lundi, c'est à un nouveau
refus de Téhéran que se heurtent les Européens.
« Nous continuons notre chemin pour obtenir le droit absolu
de l'Iran » au nucléaire, a déclaré
le gouvernement iranien dans un communiqué. Une manière
de repousser l'offre de l'Union Européenne avant même
qu'elle ne soit formulée officiellement.
Mais quelle offre ? Les informations ont filtré ce week-end
à propos d'une nouvelle proposition européenne.
Javier Solana, le Haut représentant de l'Union pour la
politique extérieure, évoquait « un ensemble
de mesures généreux, un ensemble audacieux qui portera
sur des questions liées aux domaines nucléaire,
économique et, peut-être, si nécessaire, à
la sécurité».
Cette proposition devrait être formulée à
l'issue d'une réunion des ministres européens des
Affaires étrangères qui se tient lundi à
Bruxelles. Elle proposerait à l'Iran de «l'aider
à développer son secteur nucléaire civil,
ses échanges commerciaux» et de «reconnaître
ses préoccupations de sécurité», à
la seule condition que Téhéran cesse l'enrichissement
d'uranium, expliquait-on du côté de Bruxelles.
Offre « sans valeur »
La communauté internationale refuse que l'Iran ait accès
aux ressources nécessaires à la fabrication d'une
bombe atomique. Pour le moment, l'Iran a fait fi des résolutions
de l'ONU comme des recommandations de l'AIEA, et commencé
à enrichir de l'uranium, parvenant à obtenir un
taux de 4,8%. Un niveau suffisant pour les centrales civiles,
mais pas pour la fabrication d'une bombe.
Depuis le début des négociations, Téhéran
fait la sourde oreille. «Toute offre qui impliquera l'arrêt
de nos activités nucléaires pacifiques [l'enrichissement
d'uranium] est sans valeur». Alors le ballet diplomatique
se poursuit. Ce matin, ignorant volontairement l'offre européenne,
Téhéran appelle à un dialogue avec les Etats-Unis,
s'il se fait sur « un pied d'égalité, dans
un climat exempt de domination et dans des conditions de justice
et non d'impérialisme».
Pour l'instant, Washington refuse toute négociation directe
avec l'Iran, expliquant que les discussions doivent avoir lieu
au niveau de l'Onu. Et l'Europe ne désespère pas
non plus de se faire entendre. Jean Asselborn, ministre luxembourgeois
des Affaires étrangères, estime que « les
Iraniens vont s'apercevoir que les Européens sont courageux
et proposent une chose très importante, c'est une des dernières
chances pour résoudre le conflit d'un point de vue diplomatique»,
ajoute-t-il.
De son côté, Kofi Annan appelle à une solution
« urgente » et précise qu'il est « dans
l'intérêt de tout le monde de résoudre la
crise de manière pacifique».
Tageblatt, 12/5/06:
Ahmadinejad promet la "disparition"
d'Israël, se dit prêt au dialogue sur le nucléaire
RTBF, 11/5/06:
Les Occidentaux accordent quelques jours
de répit au régime iranien, dans le dossier du nucléaire.
Ils se donnent, en fait, un peu de temps pour revoir leur stratégie
visant à convaincre l'Iran de stopper ses activités
dans le domaine. Depuis deux jours les membres permanents du Conseil
de sécurité discutaient de cette question Iranienne,
sans parvenir à se mettre d'accord. Mercredi, les Etats-Unis
ont renvoyé la balle dans le camp des Européens.
La Troika européenne, autrement dit la France, l'Allemagne,
la Grande-Bretagne mais aussi les Etats-Unis, la Chine et la Russie,
devraient se retrouver le 19 mai prochain à Vienne. Jusqu'ici,
les Américains ont tenté vainement de faire passer
une résolution qui ouvre la voie à des sanctions,
voire même au recours à la force, si Téhéran
continue d'enrichir de l'uranium. Mais la Chine et la Russie,
qui ont un droit de véto au Conseil de sécurité,
s'opposent à l'option américaine.
En proposant à la Troika qui a longtemps négocié avec l'Iran, de trouver des solutions dans les semaines qui viennent, Washington semble faire des concessions. Mais il semble évident aussi que faute d'arriver à convaincre et de pouvoir jouer cavalier seul, Washington préfère calmer le jeu. La secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, estime que ces quelques jours de répit permettront aux options diplomatiques d'être totalement menées.
Difficile de dire pour le moment quel lapin les Européens pourraient sortir de leur chapeau pour sortir de l'impasse. Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste Blazy a évoqué des propositions ambitieuses qui pourraient être faites à l'Iran dans le domaine de l'énergie nucléaire civile, au niveau commercial, voire même en matière de sécurité.
Bush rejette la lettre du président iranien :
Mercredi, le président américain
George W. Bush a répondu à son homologue iranien
en affirmant que sa la lettre ne répondait pas aux exigences
internationales d'un abandon par l'Iran d'activités nucléaires
ultra-sensibles. La lettre "semble ne pas répondre
à la principale question que le monde pose et qui est:
quand allez-vous renoncer à votre programme nucléaire ?",
a ainsi déclaré le président américain
au cours d'un entretien accordé à plusieurs journaux
de Floride.
Le Monde, 10/5/06 (critique):
L'Iran et son réseau
Le Temps (Suisse), 9 mai 2006:
Ce que l'Europe peut encore faire pour ramener
l'Iran dans le dialogue
TEHERAN (7 mai 2006) -
Le parlement iranien, le Majlis, a menacé dimanche, dans
une lettre adressée au secrétaire général
de l'ONU Kofi Annan, de forcer le gouvernement à se retirer
du Traité de non-prolifération nucléaire
(TNP) si les Etats-Unis continuent à faire pression sur
Téhéran pour que l'enrichissement d'uranium soit
suspendu.
Hamid Reza Asefi, porte-parole du ministère des Affaires
étrangères, a déclaré pour sa part
une nouvelle fois que la communauté internationale ne pouvait
rien faire pour contraindre l'Iran à suspendre l'enrichissement
d'uranium. S'exprimant devant la presse, il a assuré que
les oppositions au programme nucléaire iranien étaient
liées à "des motivations politiques".
"Les pays qui présentent le projet de résolution
(la Grande-Bretagne et les Etats-Unis) ont des motivations politiques",
a déclaré M. Asefi. "Il est clair que toute
action du Conseil de sécurité de l'ONU laissera
un impact négatif sur notre coopération avec l'AIEA"
(Agence internationale de l'énergie atomique).
"Une intervention du Conseil de sécurité de
l'ONU entraînerait le passage de la coopération à
la confrontation. Nous leur recommandons de ne pas faire ça",
a-t-il souligné.
28/4/2006 - Le
directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei,
remet aujourd'hui au Conseil de sécurité de l'Onu
un rapport sur le programme nucléaire de l'Iran qui devrait
conclure que Téhéran n'a pas suspendu l'enrichissement
d'uranium, comme il lui avait été enjoint à
la fin mars. Le chef de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) rendra également compte de la coopération
de la république islamique avec les inspecteurs de l'agence
de sûreté nucléaire des Nations Unies.
La remise de ce rapport crucial survient au lendemain d'un nouvel
appel lancé par les Etats-Unis et la France. Les deux puissances
ont exhorté le Conseil de sécurité, dont
ils sont membres permanents, à agir rapidement et fermement
face au refus de l'Iran de se plier à ses exigences sur
son programme nucléaire alors qu'il lui a été
fixé le 28 avril comme date-butoir pour le faire.
La demande du Conseil de sécurité n'a pas été
assortie de menaces de sanctions mais les Etats-Unis ont indiqué
qu'ils chercheraient à en obtenir, avec l'appui de la France
et de la Grande-Bretagne, si l'Iran ne pliait pas.
L'Iran reste pourtant inflexible dans son refus. Hier, le président
iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a une nouvelle fois martelé
que son pays "ne se soumettrait pas à l'injustice
et à la pression".
28 avril 2006 - Alors
que l'ultimatum de l'Onu expire aujourd'hui, le président
iranien Mahmoud Ahmadinejad a répété que
son pays n'accorderait aucune attention aux exigences internationales
concernant son programme nucléaire controversé.
"Ceux qui veulent empêcher les Iraniens d'être
dans leur droit devraient savoir que nous nous fichons totalement
de ces résolutions", a déclaré le président
de la République islamique l'Etat lors d'un rassemblement
public dans le nord-ouest de l'Iran. Ces propos, rapportés
par l'agence de presse officielle Irna, ont été
tenus à quelques heures de la présentation au Conseil
de sécurité de l'Onu d'un rapport de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) sur le programme iranien.
Ce rapport devrait confirmer que l'Iran n'a pas cessé d'enrichir
de l'uranium, ce qui pourrait enclencher un processus de sanctions
contre Téhéran. Le directeur général
de l'AIEA devrait également déclarer que les autorités
iraniennes n'ont pas coopéré avec les enquêteurs
de son agence, comme le demandait le Conseil de sécurité.
Le président iranien a annoncé le 11 avril
que l'Iran était entré dans le club des pays possédant
la technologie nucléaire et qu'il allait passer à
un stade industriel de l'enrichissement de l'uranium.
25 avril 2006 - L'Iran
est prêt à transférer à d'autres pays
son expérience dans la technologie nucléaire, a
dit mardi le Guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei,
cité par l'agence officielle Irna. Evoquant les «capacités
dans le domaine nucléaire des scientifiques iraniens»,
la plus haute autorité de l'Etat a ajouté que «la
République islamique d'Iran est prête à transférer
cette expérience, la connaissance et la technologie de
ses scientifiques» à d'autres pays.
L'ayatollah Khamenei s'exprimait lors d'une rencontre avec le
président soudanais Omar el-Béchir, qui a estimé
que «les succès de l'Iran dans l'obtention d'une
technologie nucléaire pacifique sont une grande victoire
pour le monde islamique», selon Irna. «Les capacités
et la puissance de l'Iran représentent une augmentation
de la puissance du monde islamique», a ajouté M.
Béchir. Les pays opposés au programme nucléaire
iranien craignent entre autres que la République islamique
ne facilite la prolifération de la technologie nucléaire,
à l'instar du Pakistan, où le réseau du scientifique
A. Q. Khan a apporté son aide à l'Iran. Téhéran
a annoncé le 11 avril avoir procédé avec
succès à de l'enrichissement d'uranium. La maîtrise
de cette technique permet théoriquement d'obtenir aussi
bien du combustible nucléaire que la charge fissile pour
une bombe atomique.
OSLO (3 avril 2006) - L'Iran
ne disposera pas de l'arme nucléaire d'ici les cinq prochaines
années, ce qui laisse du temps pour une résolution
pacifique de la crise entre Téhéran et l'Occident,
a estimé lundi à Bergen l'ancien chef des inspecteurs
en désarmement de l'ONU, le Suédois Hans Blix.
Le Conseil de sécurité des Nations unies exige de
l'Iran qu'il suspende ses activités d'enrichissement d'uranium,
mais Téhéran a répondu que ses activités
n'étaient "pas réversibles".
M. Blix, qui participe à une conférence sur l'énergie
à Bergen, dans l'ouest de la Norvège, ne pense pas
que les Etats-Unis iront jusqu'à envahir l'Iran. "Mais
il y a un risque que les Etats-Unis utilisent des bombes ou des
missiles contre plusieurs sites en Iran", a-t-il déclaré,
cité par l'agence de presse norvégienne NTB. "Les
réactions seraient alors fortes et contribueraient à
accroître le terrorisme".
L'ancien inspecteur en désarmement avait conclu, avec raison,
à l'absence d'armes de destruction massive en Irak. Les
Etats-Unis avaient justifié l'invasion en Irak en mars
2003 par la supposée détention de ces armes par
Saddam Hussein.
Dans le dossier iranien, dit-il, "nous avons le temps avec
nous. L'Iran ne peut pas avoir une bombe (nucléaire) dans
les cinq prochaines années". Hans Blix, qui fut également chef de l'Agence
internationale pour l'énergie atomique (AIEA), a enjoint
aux Etats-Unis, confrontés au même problème
avec la Corée du Nord, de prendre leur temps.
"Les Etats-Unis se sont donnés du temps et négocient
avec la Corée du Nord, alors que l'Iran s'est vu fixer
une date limite à très courte échéance.
Les Etats-Unis et les autres grandes puissances devraient négocier
et proposer des 'carottes', comme ils l'ont fait avec la Corée
du Nord", observe-t-il.
NEW YORK (30.03.2006) - L'Iran refuse de suspendre ses activités d'enrichissement
d'uranium, a déclaré l'ambassadeur iranien auprès
de l'AIEA, Aliasghar Soltanieh, à Vienne. Il s'exprimait
au lendemain d'une injonction en ce sens du Conseil de sécurité
de l'ONU.
"La décision de l'Iran sur l'enrichissement, en particulier
dans les domaines de la recherche et du développement,
est irréversible", a déclaré le représentant
iranien à l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA), qui était interrogé sur les suites que Téhéran
entendait donner à la demande du Conseil de sécurité.
"Il n'est pas possible de décider d'une suspension",
a-t-il souligné, ajoutant que l'Iran ne pouvait pas continuer
"à priver (ses) scientifiques de recherche et de développement".
Mercredi à New York, les quinze membres du Conseil de sécurité
ont donné 30 jours à l'Iran pour suspendre ses activités
d'enrichissement d'uranium, dans une déclaration adoptée
à l'unanimité après trois semaines de négociations.
Le Conseil qui statuait pour la première fois depuis que
l'AIEA, l'agence de sûreté nucléaire de l'ONU,
l'eut saisi le 4 février, n'a toutefois pas précisé
quelles mesures il pourrait prendre si Téhéran n'obtempérait
pas.
Cette saisine représente une "erreur historique"
qui fait payer à l'Iran "un prix élevé
pour de la simple recherche et développement", a estimé
M. Soltanieh. Il a souligné que l'AIEA n'avait relevé
en Iran aucun détournement de matériaux nucléaires
à des fins militaires. (ATS)
BERLIN (30.03.06) -
Les ministres des Affaires étrangères des cinq membres
permanents du Conseil de sécurité, ainsi que de
l'Allemagne, se réuniront jeudi à Berlin pour discuter
des suites à donner au dossier nucléaire iranien
alors que le Conseil de sécurité a exigé
de Téhéran qu'il suspende son programme nucléaire,
dans une déclaration votée mercredi à l'unanimité.
On ne s'attendait toutefois pas à des avancées significatives
lors de cette réunion d'une heure et demie, qui devrait
s'attacher aux différentes possibilités d'engager
l'Iran dans un processus diplomatique.
Un haut responsable européen a fait valoir que des discussions
multilatérales impliquant les six pays et l'Iran restaient
une alternative. Il s'agit d'une proposition confidentielle présentée
ce mois-ci par la Grande-Bretagne, qui espère obtenir en
retour le soutien de la Russie et de la Chine pour des résolutions
contraignantes du Conseil de sécurité, y compris
des sanctions contre Téhéran.
Cette possibilité n'est pas favorisée par les Etats-Unis,
qui selon un de ses responsables préféreraient voir
la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France continuer de mener
ses négociations avec l'Iran, comme la "troïka"
européenne l'avait fait jusqu'à l'année dernière
avant de rompre les contacts lorsque Téhéran a commencé
ses activités d'enrichissement.
"Dès le début, notre position a été
que nous ne pensons pas utile que d'autres pays rejoignent (la
troïka) dans le dialogue, car cela a le potentiel de diluer
la position occidentale sur l'Iran", a déclaré
ce responsable américain sous couvert d'anonymat.
De son côté, le chef de la diplomatie russe, Sergeï
Lavrov, continuait d'insister sur "des méthodes exclusivement
politiques et diplomatiques".
Le responsable américain n'a d'ailleurs pas rejeté
catégoriquement des discussions directes avec l'Iran, ajoutant
même que des contacts annoncés entre Washington et
Téhéran au sujet de la situation en Irak pourraient
déboucher sur des discussions sur le nucléaire -même
si les autorités américaines ont formellement exclu
ce mélange des genres.
NATIONS UNIES (18/3/06) - L'ambassadeur de Russie à l'ONU a rejeté
vendredi des propositions qui auraient amené le Conseil
de sécurité de l'ONU à demander rapidement
un rapport sur la coopération de Téhéran
concernant son programme nucléaire présumé,
affirmant à moitié en plaisantant qu'une action
trop rapide pourrait conduire au bombardement de l'Iran d'ici
le mois de juin.
Andreï Denisov s'exprimait juste avant une réunion
du Conseil de sécurité au cours de laquelle des
diplomates prévoyaient d'examiner une liste révisée
de propositions britanniques, françaises et américaines
en vue de rédiger une déclaration sur l'Iran. Les
dernières propositions, obtenues par l'Associated Press,
retiennent beaucoup d'éléments auxquels se sont
déjà opposés la Russie et la Chine.
Un des points qui pose problème pour la Russie, c'est une
proposition demandant au directeur de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed El-Baradeï,
de présenter dans les deux semaines à l'ONU un rapport
sur la coopération de Téhéran. Moscou affirme
que c'est beaucoup trop tôt.
"Imaginons que nous l'adoptions et qu'aujourd'hui, nous diffusions
cette déclaration, alors qu'est-ce qui se passerait au
bout de deux semaines?", s'est interrogé M. Denisov.
"A une telle allure, nous commencerons à bombarder
en juin", a-t-il lancé.
Les ambassadeurs britannique, français et américain
ont cependant souligné qu'ils pourraient faire preuve de
flexibilité sur le délai de deux semaines. Des diplomates
indiquaient ainsi qu'il pourrait être porté à
30-45 jours pour accommoder la Russie et la Chine.
"Nous avons signalé qu'il y a flexibilité à
condition que nous adoptions ce texte bientôt, mais plus
cela dure, moins nous aurons de temps", a déclaré
l'ambassadeur britannique à l'ONU, Emyr Jones-Parry..
Les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations
unies sont réunis à New York pour une première
session officielle au sujet du nucléaire iranien, depuis
le transfert du dossier au Conseil par l'AIEA. Les réunions
devraient être reconduites mardi.
NouvelObs, 12/3/06:
Téhéran menace de quitter le TNP
12 mars 2006 - La
proposition de Moscou d'un enrichissement d'uranium iranien en
Russie n'est plus à l'ordre du jour, avec l'envoi du dossier
nucléaire iranien à l'ONU. Les conditions ont changé.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi,
avait rappelé mercredi que "si le dossier de l'Iran
va au Conseil de sécurité des Nations unies, il
est naturel que la proposition soit retirée de l'agenda".
VIENNE (8 mars 2006) -
L'AIEA a ouvert la voie mercredi soir à des actions possibles
du Conseil de sécurité de l'Onu contre l'Iran sur
son programme nucléaire, alors que les Iraniens menaçaient
de prendre des mesures de représailles.Le conseil des gouverneurs
de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA),
achevant une session de trois jours, a examiné le rapport
du directeur général de l'AIEA, Mohammed ElBaradei,
sur l'Iran, rapport qui est automatiquement transmis au Conseil
de sécurité de l'Onu.
Selon les Etats-Unis, satisfaits de la tournure des événements,
le Conseil de sécurité se réunira à
partir de la semaine prochaine à New York sur la question.
Alors que les Américains et Européens soulignaient
que le temps était venu pour l'organe onusien d'agir pour
obliger l'Iran à obtempérer en renonçant
à enrichir l'uranium, le chef de la délégation
iranienne a agité la menace.
"Les Etats-Unis ont les moyens de causer du mal et des souffrances
(à l'Iran) mais ils sont aussi susceptibles d'éprouver
la douleur et le mal. S'ils (les Américains) choisissent
cette voie, et bien allons-y!", a déclaré à
l'AFP Javad Vaïdi, numéro deux du Conseil suprême
de la sécurité nationale.
Il répondait au vice-président américain
Dick Cheney qui avait averti mardi que l'Iran s'exposait à
des "conséquences sérieuses" s'il refusait
de se conformer aux exigences internationales.
"Nous avons deux options. Celle du compromis et de la coopération
et celle de la confrontation. Nous espérons que la première
l'emportera. Mais dans tous les cas, nous continuerons nos activités
de recherche" en matière d'enrichissement, a encore
dit M. Vaïdi.
Interrogé sur l'utilisation de l'arme du pétrole,
il a affirmé que l'Iran "n'utilisera pas l'arme du
pétrole pour l'instant car nous ne voulons pas la confrontation
avec les autres pays. Mais si la situation change, nous serons
obligés de changer notre attitude et notre politique".
Toutefois, Mohamed ElBaradei, précisant qu'il allait envoyer
"aujourd'hui ou demain son rapport au Conseil de sécurité",
a demandé à toutes les parties de "baisser
le ton" pour favoriser une solution diplomatique.
"Tout le monde recherche un accord politique. Ce qu'il nous
faut à ce stade c'est que les gens baissent le ton",
a déclaré à la presse M. ElBaradei, à
la fin de la réunion.
"Le Conseil de sécurité est la poursuite des
efforts diplomatiques", a-t-il ajouté.
"Le temps est venu pour le Conseil de sécurité
de l'Onu d'agir", a pour sa part déclaré l'ambassadeur
américain à Vienne Gregory Schulte, en affirmant
que l'Iran avait théoriquement assez de gaz d'uranium pour
fabriquer à terme après enrichissement dix bombes
nucléaires.
"Dans un premier temps nous envisageons un appel lancé
à l'Iran pour qu'il coopère avec l'Agence",
a-t-il dit aux 35 pays du Conseil des gouverneurs.
Des sanctions ne viendraient que plus tard, car "nous croyons
que la démarche du Conseil de sécurité doit
être progressive et menée en pleine consultation
et coordination de tous ses membres".
L'Union européenne, a également demandé à
l'Iran de "cesser toutes ses activités d'enrichissement
d'uranium et coopérer pleinement avec les inspections,
comme l'exige l'AIEA".
"La crise de confiance dans la nature et les objectifs du
programme iranien demeure entière", a affirmé
à Paris le ministre français des Affaires étrangères,
Philippe Douste-Blazy.
Selon lui, "une nouvelle fois, l'Iran n'a pas saisi la main
que les Européens et leurs principaux partenaires, notamment
la Russie, lui ont tendue".
Son collègue allemand Frank-Walter Steinmeier a insisté
sur "l'obligation d'oeuvrer à une solution diplomatique:
la saisine du Conseil de sécurité de l'Onu ne signifie
pas la fin de la diplomatie, au contraire".
Enfin, le ministre russe des Affaires étrangères,
Sergueï Lavrov, a affirmé depuis New York qu'"il
n'y avait pas de solution militaire à la crise" et
a émis des doutes sur l'efficacité d'éventuelles
sanctions contre Téhéran.
A Vienne, le représentant russe a "regretté
la façon dont l'Iran a réagi à la résolution"
de l'AIEA début février, ajoutant que "l'offre
russe est toujours sur la table".
Le plan russe prévoit la suspension de toutes les activités
d'enrichissement par l'Iran, la signature du protocole additionnel
permettant des inspections poussées et le transfert de
l'enrichissement industriel en Russie.
VIENNE 08
mars 2006 - Un accord politique reste possible sur le dossier
du nucléaire iranien, a déclaré mercredi
à Vienne le directeur de l'AIEA Mohamed ElBaradei en demandant
à toutes les parties de "baisser le ton". "Tout
le monde recherche un accord politique. Ce qu'il nous faut à
ce stade c'est que les gens baissent le ton", a déclaré
à la presse M. ElBaradei, à la fin de la réunion
du conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) sur l'Iran. "C'est une question qui va prendre
du temps. Il s'agit d'un cas complexe", a ajouté M.
ElBaradei.
L'Iran a immédiatement réagi en menaçant
les Etats-Unis de "souffrance et de mal" s'ils prenaient
des mesures contre le programme nucléaire iranien. M. ElBaradei
a déclaré que les intervenants à la réunion
du Conseil des gouverneurs avaient "souligné que (l'envoi
du dossier iranien au Conseil de sécurité) était
une nouvelle phase diplomatique". Il a ajouté qu'envoyer
le dossier au Conseil de sécurité était une
tentative de "trouver une solution pour ramener les partenaires
à la table des négociations". "Le Conseil
de sécurité est la poursuite des efforts diplomatiques.
Nous ne devons pas oublier que la première responsabilité
du Conseil de sécurité est de régler les
conflits par des moyens pacifiques", a-t-il ajouté.
Télévision Suisse Romande, 3/3/06:
VIENNE - Les trois pays mandatés
par l'Union européenne ne sont parvenus à aucun
accord avec l'Iran au sujet de son programme nucléaire.
La rencontre organisée à Vienne a échoué.
"Malheureusement, nous n'avons
pas été en mesure de parvenir à un accord
aujourd'hui", a déclaré le chef de la diplomatie
allemande, Frank-Walter Steinmeier.
Ce dernier était accompagné de son homologue français
Philippe Douste-Blazy et d'un responsable britannique représentant
le secrétaire au Foreign Office Jack Straw. Ils ont rencontré
à Vienne le principal négociateur iranien dans le
domaine nucléaire, Ali Larijani.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit
se réunir lundi. Elle pourrait recommander à l'ONU
de prendre des mesures contre Téhéran, soupçonné
par la communauté internationale - Etats-Unis en tête
- de vouloir se doter de la bombe atomique.
NouvelObs:
MOSCOU (2/3/06) -
L'absence de progrès enregistrés à Moscou
dans les pourparlers russo-iraniens sur le projet d'enrichissement
de l'uranium iranien en Russie a suscité jeudi la colère
du chef de la délégation de Téhéran.
Il a accusé Washington de vouloir saboter les discussions
en appuyant le renvoi du dossier devant le Conseil de sécurité
des Nations unies.
Dans le même temps était annoncée une rencontre
vendredi à Vienne entre les ministres des Affaires étrangères
de la "troïka" européenne (Allemagne, France,
Grande-Bretagne) et les négociateurs iraniens. Des retrouvailles
réclamées par Téhéran, alors que l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit examiner
le dossier iranien lundi prochain, avec à la clé
de possibles sanctions dont déciderait à terme le
Conseil de sécurité.
A Paris, on disait ignorer si l'Iran avait de nouvelles propositions
à formuler. "Nous ne fermons pas la porte à
des contacts (...) Nous verrons bien ce qu'ils ont à nous
dire", indiquait-on de source diplomatique. "Les Iraniens
veulent apparemment nous dire quelque chose; voyons ce que c'est."
De même source, on rappelait cependant qu'il n'était
pas question de reprendre les négociations avec Téhéran.
La position de la "troïka" reste la même,
à savoir que l'Iran doit suspendre toutes ses activités
nucléaires sensibles.
Pour Ali Larijani, qui dirige la délégation iranienne
à Moscou, les discussions avec les autorités russes
sur leur offre d'enrichir en Russie l'uranium iranien doivent
continuer, mais le transfert du dossier devant l'instance onusienne
"tuerait" cette initiative.
"L'Amérique ment, elle cherche à faire capoter
l'offre russe", a-t-il lancé devant la presse. "L'insistance
des Américains à transférer le dossier du
nucléaire iranien au Conseil de sécurité
de l'ONU signifie la destruction de la proposition russe."
Démentant un éventuel échec des négociations,
M. Larijani a précisé que son équipe avait
proposé mercredi un "package" à la partie
russe. "Il faut laisser aux diplomates le temps de l'examiner",
a-t-il ajouté.
La Russie exige de l'Iran le rétablissement du moratoire
sur ses activités d'enrichissement de l'uranium pour qu'aboutisse
sa proposition de création d'une "joint venture"
russo-iranienne. Mais M. Larijani a réaffirmé le
refus de Téhéran d'accéder à cette
demande, appuyé à distance par le président
iranien lui-même. "Il est évident que nous ne
sommes pas disposés à négocier nos droits
inaliénables", a déclaré Mahmoud Ahmadinejad,
en visite en Malaisie.
Bien que le refus iranien empêche tout espoir d'accord,
des responsables russes et iraniens ont à nouveau discuté
jeudi, avant d'interrompre leurs pourparlers dans l'après-midi
sans faire état d'avancées, a rapporté l'agence
de presse Interfax, citant une source proche des négociations.
La délégation iranienne s'est ensuite envolée
pour Vienne, en Autriche, pour des pourparlers avec les ministres
des Affaires étrangères de la "troïka"
vendredi, a annoncé la porte-parole du Conseil de sécurité
russe, Kseniya Roshchnina.
A Washington, le département d'Etat américain a
souligné jeudi que l'Iran n'avait à s'en prendre
qu'à elle-même concernant le renvoi du dossier devant
le Conseil de sécurité.
Le porte-parole adjoint Adam Ereli a réaffirmé le
soutien américain à la proposition d'enrichissement
de la Russie et aux négociations européennes avec
l'Iran.
"Les Américains nous mettent des bâtons dans
les roues", a accusé pour sa part Ali Larijani, assurant
que son pays accepterait sans rechigner les inspections de l'AIEA
si l'agence onusienne autorisait la poursuite de son programme
nucléaire "à vocation civile".
Judith Ingram
MOSCOU (27 février 2006) - La Russie et l'Iran vont poursuivre leurs pourparlers
sur le nucléaire iranien dès mardi à Moscou,
alors qu'un premier accord annoncé dimanche par Téhéran
suscite les plus grandes réserves et que se rapproche la
date d'un possible renvoi du dossier devant le Conseil de sécurité
de l'ONU .
Le numéro deux du Conseil de sécurité iranien,
Ali Hosseïni-Tash, "sera à Moscou demain pour
des entretiens au Conseil de sécurité russe",
a annoncé lundi soir un haut responsable russe sous couvert
d'anonymat.
Ces négociations font suite à un accord de principe
russo-iranien annoncé dimanche sur la création d'une
société conjointe d'enrichissement de l'uranium
iranien en Russie.
De retour de Téhéran, le négociateur russe
Sergueï Kirienko a relativisé la portée de
l'accord de principe sur lequel il venait de s'entendre avec ses
interlocuteurs iraniens.
"Il reste peu de temps pour atteindre les accords ultérieurs
(nécessaires), mais il y en a. Je suis convaincu que c'est
possible", a déclaré M. Kirienko, cité
par l'agence Itar-Tass, faisant référence à
une réunion cruciale de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) le 6 mars à Vienne.
L'accord a également été accueilli avec scepticisme
par Washington
"Etant donné le passé (des Iraniens), vous
comprenez que nous soyons sceptiques", a déclaré
le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan.
L'AIEA pourrait, le 6 mars, décider de renvoyer formellement
le dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité
des Nations unies. Les Occidentaux soupçonnent Téhéran
de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert de
programme nucléaire civil.
Selon une "source à Moscou bien au fait des négociations
russo-iraniennes", citée par Itar-Tass, la Russie
est "prudemment optimiste", les deux parties n'ayant
pas observé "de progrès substantiels"
dimanche. Jusqu'au 6 mars, "tout peut arriver", estime
toutefois ce responsable.
Pour dénouer la crise, la Russie propose d'enrichir l'uranium
iranien sur son territoire.
Mais l'Iran doit s'engager parallèlement à cesser
toute activité d'enrichissement, un point fondamental des
négociations sur lequel aucun progrès n'a été
obtenu dimanche. Ce procédé permet aussi bien d'obtenir
le combustible pour une centrale nucléaire que la charge
fissile d'une arme atomique.
L'Iran a réaffirmé lundi sa volonté de poursuivre
ses activités dans ce domaine à des fins de recherche.
"Il n'y a aucune raison pour l'Iran de reculer", même
dans la perspective d'une condamnation par le Conseil de sécurité,
a déclaré M. Hosseïni-Tash.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a réagi
très fermement en exigeant de Téhéran un
moratoire sur l'enrichissement de l'uranium en Iran.
La proposition russe fait partie de "l'effort général
pour lever les questions concernant le programme nucléaire
iranien", a dit M. Lavrov.
"Nous sommes convaincus que, parmi les autres composantes
de cet effort, il faut un moratoire sur l'enrichissement de l'uranium
en Iran", a-t-il martelé.
La presse russe s'est félicitée pour sa part de
la "percée" obtenue dimanche tout en soulignant
que rien n'était joué et que les négociations
pouvaient encore achopper d'ici au 6 mars.
Si les quotidiens Izvestia et Gazeta (libéral) qualifiaient
l'annonce iranienne de "sensationnelle", pour Nezavissimaïa
Gazeta la Russie "n'a obtenu de l'Iran que des promesses".
"La proposition de Moscou est le seul moyen de sauver l'Iran
de sanctions internationales", a souligné pour sa
part Vremia Novosteï.
Le Figaro, 17 février 2006:
Paris accuse l'Iran de préparer l'arme
nucléaire
Télévision Suisse Romande, 17.02.2006:
L'Iran confirme la reprise de ses activités
nucléaires
TEHERAN (14 février 2006) - L'Iran a confirmé mardi la reprise de ses travaux
d'enrichissement d'uranium dans l'usine de Natanz (centre), en
soulignant qu'il ne s'agissait pas, pour l'instant, d'un programme
industriel. "Les travaux ont recommencé" dans
l'usine de Natanz, a déclaré Javad Vaidi, un des
membres du Conseil suprême de la sécurité
nationale, chargé du dossier nucléaire, jugeant
"inacceptable" que Téhéran arrête
ses "recherches" sur l'enrichissement. "Il n'y
a pas encore de programme pour une production industrielle (...)
et d'enrichissement à un niveau industriel", a déclaré
M. Aghazadeh, ajoutant: "l'enrichissement à Natanz
sera limité à la recherche (...) qui nécessite
beaucoup de temps".
L'usine de Natanz comprend deux unités d'enrichissement.
L'une est un projet pilote vouée à la recherche,
et l'autre une installation à échelle industrielle,
en cours de construction.
Le conseil des gouverneurs de l'AIEA doit se réunir à
nouveau le 6 mars pour constater dans quelle mesure l'Iran s'est
conformé à ses demandes, et décider éventuellement
d'un renvoi du dossier iranien au Conseil de sécurité.
Dans l'intervalle, une délégation iranienne sera
à Moscou le 20 février, a indiqué M. Vaidi,
pour négocier un plan russe d'enrichissement d'uranium
iranien en Russie. Mais la viabilité de cette offre est
sujette à caution, les Iraniens insistant pour mener parallèlement
un enrichissement d'uranium sur leur territoire, ce qui est inacceptable
pour les Occidentaux.
A Moscou justement, la France et la Russie ont invité l'Iran
"à se conformer pleinement à la résolution
de février du Conseil des gouverneurs et aux demandes de
l'AIEA, y compris la pleine suspension de toutes les activités
liées à l'enrichissement et au recyclage".
Cette déclaration a été adoptée lors
d'une rencontre au Kremlin entre le président russe Vladimir
Poutine et le Premier ministre français Dominique de Villepin.
A Washington, la Maison Blanche a réclamé que l'Iran
revienne à une suspension totale de ses activités
d'enrichissement et cesse de "défier les exigences
de la communauté internationale".
TEHERAN (13 février 2006) - Le gouvernement iranien a affiché lundi sa
détermination à ne pas reculer sur son programme
nucléaire, en annonçant la levée des scellés
et la reprise d'activités liées à l'enrichissement
industriel d'uranium à l'usine de Natanz (centre) avant
une réunion de l'AIEA le 6 mars.Téhéran a
aussi annoncé le report des négociations, prévues
le 16 février avec Moscou, sur un plan russe d'enrichissement
d'uranium iranien en Russie. Un haut diplomate russe a aussitôt
affirmé que son pays restait prêt à accueillir
une délégation iranienne jeudi.
Lors d'un point de presse, le porte-parole du gouvernement iranien,
Gholam Hossein Elham, a répondu "Non, non", quand
on lui a demandé si l'Iran attendrait la réunion
de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)
pour reprendre ses activités liées à l'enrichissement
industriel d'uranium.
Selon des diplomates à Vienne, l'Iran a commencé
les travaux pour enrichir l'uranium à des fins de recherches
à Natanz. "L'Iran a introduit du gaz dans des centrifugeuses",
a dit un diplomate.
Téhéran a également annoncé la levée
imminente des scellés et des caméras de surveillance
de l'AIEA dans ses sites nucléaires. "Aujourd'hui
ou demain, les douze inspecteurs de l'AIEA, qui sont arrivés
récemment en Iran, vont lever les scellés de l'usine
de Natanz et d'une partie des installations de conversion d'Ispahan
pour permettre techniquement la reprise de leurs activités",
a affirmé une source bien informée, cité
par l'agence semi-officielle Fars. "Ensuite, ils vont retirer
les caméras de surveillance qui avaient été
installées à Natanz et Ispahan dans le cadre du
protocole additionnel" qui permet des inspections poussées
de l'AIEA, a ajouté cette même source.
L'Iran a affiché ainsi sa défiance à l'égard
de l'agence onusienne, qui a décidé le 4 février
d'informer le Conseil de sécurité des Nations unies
du dossier iranien tout en demandant à l'Iran de suspendre
ses activités liées à l'enrichissement.
Samedi, le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad
a menacé implicitement de quitter le Traité de non-prolifération
nucléaire (TNP). Un tel geste soustrairait l'Iran à
tout contrôle de ses activités par l'AIEA.
Selon le président, la république islamique "a
poursuivi ses efforts nucléaires dans le cadre de l'AIEA
et du TNP, mais si nous voyons que vous voulez nous priver de
notre droit en vous basant sur ces mêmes règles,
sachez que le peuple révisera sa politique dans ce domaine".
La Corée du Nord, accusée par les Etats-Unis de
chercher à obtenir l'arme nucléaire, est le seul
signataire du Traité à l'avoir abandonné,
en 2003.
M. Elham est revenu sur ce sujet lundi: "Nous insistons pour
pouvoir bénéficier du droit à la technologie
nucléaire civile reconnu par le TNP, et les Occidentaux
doivent reconnaître ce droit absolu", a dit le porte-parole
en ajoutant que "s'ils font ça, on est attaché"
au TNP.
Dans ces conditions le plan russe d'enrichissement d'uranium iranien
semble pour le moins menacé. "Les négociations
n'ont pas été annulées mais la date de leur
tenue est une autre chose", a dit M. Elham, en précisant
qu'"aucune date nouvelle n'a été fixée".
"Notre proposition pour le 16 (février) reste en vigueur",
a aussitôt répondu à Moscou un vice-ministre
russe des Affaires étrangères, Sergueï Kisliak,
cité par l'agence Interfax.
M. Elham a expliqué que ce report s'expliquait par la prise
en compte de "nouveaux éléments", et notamment
le fait que "le gouvernement (iranien, ndlr) insiste sérieusement
sur l'enrichissement d'uranium à but pacifique à
l'intérieur du pays".
Cette condition met à mal le principe même de l'offre
russe, car elle est inacceptable pour les Occidentaux.
Ces derniers voient en effet dans l'offre de Moscou le moyen d'empêcher
l'Iran de procéder à l'enrichissement d'uranium
sur son propre territoire.
Ce procédé est crucial pour l'obtention du combustible
nucléaire pour une centrale, mais aussi de la charge fissile
d'une bombe atomique.
TEHERAN (11 février 2006) - Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a
rejeté samedi les pressions exercées par l'Occident
pour obtenir le gel des activités nucléaires sensibles
de son régime et laissé entendre qu'en représailles,
l'Iran pourrait se retirer du Traité de non-prolifération
nucléaire (TNP).
Devant des dizaines de milliers d'Iraniens rassemblés sur
la place Azadi de Téhéran pour le 27e anniversaire
de la Révolution islamique, l'ultra-conservateur Ahmadinejad
a répété ses attaques contre Israël,
estimant que le "véritable" Holocauste se déroule
"en Palestine où les sionistes tuent des Palestiniens
tous les jours". "Vous le trouverez aussi en Irak",
a ajouté le président iranien, qui avait suscité
une vague de condamnations au sein de la communauté internationale
en qualifiant l'Holocauste de "mythe".
Il a également accusé les "sionistes"
d'être à l'origine de la publication dans la presse
occidentale des caricatures de Mahomet qui ont suscité
de violentes protestations dans le monde musulman. "Je demande
à tous dans le monde de ne pas laisser un groupe de sionistes
qui a échoué en Palestine (allusion aux législatives
palestiniennes remportées récemment par le groupe
radical du Hamas, NDLR) insulter le prophète".
Mais Mahmoud Ahmadinejad a consacré surtout son discours
à fustiger les pressions occidentales sur le programme
nucléaire iranien. "La politique nucléaire
de la République islamique a pour l'heure été
pacifique", a-t-il déclaré. "Jusqu'à
présent, nous avons travaillé dans le cadre des
réglementations de l'agence (internationale de l'énergie
atomique, NDLR) et du TNP".
Cependant, "si l'on voit que vous voulez violer le droit
du peuple iranien en recourant à ces règles, sachez
que le peuple iranien réexaminera sa politique", a-t-il
lancé à l'adresse des Occidentaux. "Vous ne
devriez pas faire quoi que ce soit qui conduise à une telle
révision."
Le président iranien n'a pas explicité ses menaces,
mais il semblait faire allusion à un retrait du TNP et
de l'AIEA. "L'Occident cache sa face immonde derrière
des instances internationales, mais ces organes n'ont aucune réputation
parmi les nations. Vous avez détruit la réputation
du TNP".
Le Monde, 8/2/06:
L'Iran étudierait un puits permettant des
essais nucléaires, selon le "Washington Post"
RTBF, 5/2/2006:
L'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) a décidé samedi à Vienne,
de transmettre au Conseil de sécurité de l'ONU,
le dossier nucléaire de Téhéran. Téhéran
a aussitôt réagi en annonçant qu'il suspendait,
à compter de ce dimanche, les inspections inopinées
de ses sites nucléaires sensibles.
L'unité des grandes puissances sur le dossier iranien pourrait
trouver ses limites au Conseil de sécurité. D'ores
et déjà, les ambassadeurs russes et chinois minimisent
la portée de la saisine du Conseil. Selon eux, il s'agit
uniquement d'informer l'ONU. Il faut dire que Moscou et Pékin
ont des intérêts importants en Iran, et ils n'hésiteront
pas à utiliser leur veto pour bloquer toute sanction économique
qu'ils jugent inappropriée.
Au contraire, les Européens et les Américains saluent la décision de l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, comme un pas décisif. Dans tous les cas, les cinq membres permanents du conseil de sécurité ont promis de ne prendre aucune action sur ce dossier pendant le mois de février. Au cours des prochains jours, ils vont simplement recevoir les différents rapports et résolutions de l'AIEA sur le programme nucléaire iranien.
En mars seulement commenceront les négociations qui promettent d'être difficiles. Elles dépendront beaucoup de l'attitude iranienne au cours des prochains jours. Selon les diplomates, l'action du Conseil sera progressive, graduée, et réversible. L'idée n'est pas de sanctionner l'Iran dont les ressources pétrolières sont indispensables à l'économie mondiale. L'objectif est plutôt de tordre le bras du régime iranien jusqu'à ce qu'il prouve qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire.
Riposte iranienne :
La réponse de l'Iran ne s'est pas fait attendre : Téhéran a annoncé son intention de reprendre ses activités d'enrichissement de l'uranium et de ne plus autoriser, à partir de ce dimanche, les équipes de l'ONU à effectuer des visites d'inspection surprise des installations iraniennes. Le ministre des Affaires étrangères iranien, a d'ailleurs confirmé, dimanche, la reprise de tout le programme nucléaire iranien qui avait été suspendu volontairement par Téhéran.
Mais si l'Iran a rejeté la transmission du dossier au Conseil de sécurité de l'ONU, il se dit toujours prêt à négocier avec la Communauté internationale sur son programme nucléaire. Un programme nucléaire, exclusivement, selon Téhéran, destiné à la production d'électricité.
Le Monde, 3/2/06:
Après la décision de l'AIEA, l'Iran
met fin au contrôle renforcé de son programme nucléaire
VIENNE (2 février 2006) - Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (IEA) a estimé jeudi que les initiatives visant à renvoyer l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'ONU ne constituaient pas "une crise" mais une "occasion" de sortir de l'impasse relative au programme nucléaire de Téhéran. "Nous atteignons une phase critique mais ce n'est pas une crise", a ainsi déclaré Mohamed El-Baradeï aux journalistes alors que le conseil des gouverneurs de l'AIEA examinait un projet de résolution visant à transmettre le dossier au Conseil de sécurité de l'ONU.
Le Figaro, 1 février 2006:
Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine ont élaboré un projet de résolution demandant à l'AIEA de renvoyer l'Iran devant ce Conseil au sujet de son programme nucléaire. Ce texte devrait être discuté jeudi devant les 35 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
Mercredi, les cinq grands - Chine, Etats-Unis,
France, Grande-Bretagne, Russie - ont réitéré
leur position sur le nucléaire iranien, élaborant
un projet de résolution à destination de l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA) visant à
renvoyer l'Iran devant le Conseil de sécurité de
l'ONU.
Les auteurs du texte demandent au directeur général
de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, « de faire rapport au Conseil
de sécurité des Nations unies » sur les mesures
que doit entreprendre l'Iran afin que « l'on puisse résoudre
au mieux les questions en suspens et établir la confiance
dans le caractère uniquement pacifique du programme iranien
».
La résolution juge « nécessaire que l'Iran en revienne à la suspension complète et prolongée de toutes ses activités liées à l'enrichissement et au retraitement de l'uranium, y compris la recherche et le développement ».
Projet amendé par la Russie
Selon un diplomate, le projet, rédigé par la troïka
européenne - Allemagne, France et Grande-Bretagne, aurait
été amendé à la demande de la Russie
pour supprimer toute référence à un article
de l'AIEA autorisant des sanctions. Moscou craint que des sanctions
aggravent la menace que fait peser sur le monde le programme nucléaire
iranien et poussent Téhéran à se doter rapidement
de la bombe atomique.
Il est demandé à l'Iran « d'aider l'AIEA à
éclaircir de possibles activités qui pourraient
avoir une dimension nucléaire militaire ». Le projet
doit être soumis mercredi à l'AIEA, dont les 35 pays
membres du conseil des gouverneurs se réunissent jeudi
sur le dossier iranien.
Londres laisse une « dernière occasion » à
Téhéran
Londres a laissé mercredi matin une « dernière
occasion » à l'Iran pour qu'il fasse la preuve de
la nature exclusivement civile de son programme nucléaire.
Selon le chef de la diplomatie britannique, la République
islamique doit « vraiment voir la position commune des leaders
de la communauté internationale non comme une menace mais
comme une occasion, la dernière occasion de se remettre
sur les rails et respecter ses obligations (...) et de ne rien
faire qui pourrait conduire au développement de l'arme
nucléaire ».
Ahmadinejad défie « les puissances
de paille »
Mercredi matin, le président iranien ultraconservateur,
Mahmoud Ahmadinejad, a une nouvelle fois défié la
communauté internationale. Qualifiant les puissances nucléaires
de l'ONU de « puissances de paille », il a réaffirmé
la volonté de son pays de poursuivre son programme nucléaire.
Il s'exprimait au lendemain du discours de l'Union de George W.
Bush, dans lequel le président américain a critiqué
« une petite élite cléricale qui isole et
opprime son peuple ».
« Ceux qui possèdent des stocks d'armes nucléaires
se réunissent à plusieurs, prennent des décisions
et croient que le peuple iranien va se soumettre à leurs
décisions», a déclaré le président
lors d'un discours télévisé. Selon lui, «
dans l'affaire nucléaire, le peuple iranien poursuivra
son propre chemin jusqu'à l'obtention de son droit ».
Téhéran menace
En cas de saisine de Conseil de sécurité, l'Iran
reprendra l'enrichissement industriel d'uranium et certaines caméras
de surveillance installées par l'ONU sur les sites nucléaires
seront démontées, a prévenu le négociateur
iranien chargé du dossier nucléaire.
Le ministre iranien de la défense a pour sa part fait savoir que l'Iran « riposterait immédiatement et de manière destructrice » en cas d'attaque contre ses installations nucléaires. Ces derniers mois, plusieurs responsables israéliens ont évoqué une possible attaque contre les installations nucléaires iraniennes pour empêcher l'Iran de développer son programme nucléaire. Interrogé sur une éventuelle action militaire en Iran, Tony Blair a déclaré vouloir poursuivre le dossier « par des moyens pacifiques et diplomatiques ».
TEHERAN (31 janvier 2006) - L'Iran a menacé mardi de cesser toute coopération "volontaire" avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dès samedi, si le Conseil de sécurité de l'Onu était saisi ou informé de son dossier nucléaire. "Il n'y a pas de différence entre informer et saisir le Conseil de sécurité", a déclaré depuis Londres le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki, cité par la télévision iranienne.
Le Monde, 31/01/06:
Accord des "six" pour saisir l'ONU sur
le dossier nucléaire iranien
Le Monde, 30/01/06:
La maîtrise de la chaîne nucléaire
iranienne
Le Nouvel Observateur, 22/1/06:
L'Iran dénonce les propos de Chirac
(voir propos de Chirac)
Le Monde, 19/1/06:
Damas appuie le programme nucléaire de
son allié iranien
TEHERAN (14 janvier 2006) - Le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union Européenne Javier Solana a catégoriquement écarté une solution militaire au conflit iranien sur le nucléaire, dans un entretien à la presse allemande à paraître dimanche."Une action militaire contre l'Iran est hors de question", a-t-il déclaré au quotidien dominical populaire Bild am Sonntag. La décision des Européens d'en appeler au Conseil de sécurité de l'Onu ne signifie "nullement une fin des négociations" avec l'Iran, a souligné M. Solana, appelant Téhéran à convaincre la communauté internationale de la nature pacifique de son programme nucléaire après la reprise mardi par de ses activités de recherches en matière d'enrichissement d'uranium... [Suite]
TEHERAN (14 janvier 2006) - Une éventuelle saisine du Conseil de sécurité de l'Onu n'amènera pas Téhéran à renoncer à la technologie nucléaire, affirme le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. "S'ils cherchent à anéantir les droits du peuple iranien par ce moyen, ils ne réussiront pas", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse... [Suite]
Le Monde, 13/1/06:
La question nucléaire iranienne va être
examinée à l'ONU
La Libre Belgique:
L'Iran pourrait disposer de l'arme nucléaire
en 2009
Téhéran, 11 janvier 2006 - L'Iran ne renoncera pas à son programme nucléaire
malgré la condamnation par les Occidentaux de la reprise
des recherches, a dit l'ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani.
Washington fait pression pour une saisine du Conseil de sécurité
de l'ONU.
"C'est une question délicate. Nous ne pouvons pas
renoncer à notre droit. Aucun Iranien n'est prêt
à y renoncer et ils doivent savoir que nous resterons fermes",
a déclaré M. Rafsandjani à la prière
collective marquant la fête musulmane d'Al-Adha.
"Avec sagesse, nous défendrons nos droits, et s'ils
nous créent des troubles, ils le regretteront et l'Iran
sortira vainqueur" de toute crise, a déclaré
M. Rafsandjani, qui dirige le Conseil de discernement, la plus
haute instance d'arbitrage politique du régime.
L'Iran a repris mardi ses activités de recherche en matière
de combustible nucléaire après deux années
de suspension, envenimant la crise avec l'Occident. Cette reprise
a été condamnée par les Etats-Unis et les
pays européens, qui soupçonnent l'Iran de vouloir
utiliser son programme nucléaire à des fins militaires.
(ATS)
Revue de presse du NouvelObs, 11 janvier 2006:
L'Iran et le nucléaire
VIENNE (10 janvier 2006) - L'Iran a commencé mardi à lever les
scellés de trois centres de recherche nucléaire
et veut mener des activités d'enrichissement d'uranium
à Natanz, a indiqué le directeur de l'AIEA Mohamed
ElBaradei, au milieu d'une série de condamnations occidentales.
"Les inspecteurs de l'AIEA ont confirmé que l'Iran
avait commencé à lever les scellés de l'AIEA
placés sur des équipements et du matériel
liés à l'enrichissement à Natanz" et
qu'il achèverait de le faire d'ici mercredi sur deux autres
sites, Pars Trash et Farayand.
M. ElBaradei, qui avait auparavant fait rapport par internet aux
35 Etats du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, a ainsi indiqué
que l'Iran comptait procéder à Natanz à de
l'enrichissement d'uranium par centrifugeuses, à des fins
de recherches et "à petite échelle". Cette
démarche, annoncée par l'Iran une semaine auparavant,
intervient malgré l'opposition formelle des Occidentaux
pour lesquels il s'agit d'une "ligne rouge" à
ne pas franchir sous peine de risquer une saisine du Conseil de
sécurité de l'ONU.
La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne (UE3) devraient conférer
jeudi sur la marche à suivre. La troïka a négocié
avec l'Iran entre novembre 2004 et août 2005 en vue d'un
accord général conditionné au gel par la
République islamique des activités d'enrichissement.
"Le sujet du transfert du dossier au Conseil de sécurité
de l'Onu sera la priorité des discussions avec mes collègues",
a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères
Jack Straw, en excluant toute action militaire. L'UE3 avait prévu
de nouveaux contacts, apparemment compromis, avec l'Iran le 18
janvier à Vienne. La Maison Blanche a mis en garde contre
les risques d'une "grave escalade", en soulignant que
si les Iraniens continuent à ne pas respecter leurs obligations,
"il n'y a pas d'autre choix que d'en référer"
au Conseil de sécurité de l'ONU. "Toute reprise
de l'enrichissement ou des activités de conversion constituerait
une nouvelle violation de la part de l'Iran de ses accords avec
les Européens", a déclaré le porte-parole
de la Maison Blanche, Scott McClellan. Le président français
Jacques Chirac a estimé que l'Iran et la Corée du
Nord "commettraient une grave erreur en ne saisissant pas
la main que nous leur tendons".
WASHINGTON (9
janvier 2006) - Les cinq membres permanents du Conseil de
sécurité de l'Onu ont conjugué leurs efforts
pour présenter un front uni et dissuader l'Iran de reprendre
certaines activités nucléaires ultra-sensibles,
a indiqué lundi un haut responsable américain. Face
à la reprise annoncée comme imminente de ces activités,
"nous nous sommes coordonnés très étroitement
avec les Chinois, les Russes, les Britanniques et les Français
pour envoyer des messages très similaires aux Iraniens",
a indiqué un haut responsable du département d'Etat
sous le couvert de l'anonymat.
Passant outre aux instances de la communauté internationale,
l'Iran devait relancer lundi la recherche sur le cycle de production
de combustible nucléaire et d'enrichissement d'uranium.
Pour les Occidentaux, la maîtrise par l'Iran du cycle du
combustible fait courir à la communauté internationale
le risque de se retrouver avec une nouvelle puissance militaire
nucléaire, même si l'Iran proclame que ses activités
sont exclusivement destinées à produire de l'électricité.
En reprenant la recherche, l'Iran compromettrait considérablement
les négociations déjà très mal en
point avec les trois grands Européens (Allemagne, France,
Grande-Bretagne), qui tentent depuis 2003 de convaincre la République
islamique de renoncer totalement à l'enrichissement. Mais
Téhéran a beaucoup misé, pour échapper
au Conseil de sécurité, sur les divergences entre
ses membres permanents, dont la Russie et la Chine sont réticentes
à une saisine. Les cinq pays se sont ainsi coordonnés
pour demander à Téhéran de "revenir
à des négociations sérieuses", a indiqué
le responsable du département d'Etat. Les messages qu'ils
ont envoyés ces derniers jours, sans être un message
formel du Conseil de Sécurité ni une déclaration
unifiée, sont "similaires", a-t-il dit. "Nous
travaillons très étroitement sur le front diplomatique
avec l'UE-3, les Russes et d'autres pour essayer de donner toutes
leurs chances (aux) options diplomatiques", a dit le porte-parole
du département d'Etat, Sean McCormack. "Nous verrons
bien ce qui se passe dans les jours ou les semaines qui viennent",
a-t-il dit, mais "nous pensons qu'en fin de compte, à
cause de son attitude passée, l'Iran va se retrouver devant
le Conseil de Sécurité".
La communauté internationale a déjà signifié
à Téhéran que "la prochaine étape,
ce serait le renvoi devant le Conseil de sécurité"
si l'Iran ne respectait pas ses obligations internationales, a
déclaré de son côté le porte-parole
de la Maison Blanche, Scott McClellan, affirmant qu'il existait
une "majorité de plus en plus grande" pour cela.
Les Etats-Unis, convaincus que l'Iran travaille secrètement
à la bombe atomique, sont les plus fervents partisans d'un
envoi du dossier au Conseil de sécurité en vue d'injonctions
et éventuellement de sanctions.
La Russie, qui construit actuellement la première centrale
iranienne, qui a proposé à la République
islamique de délocaliser sur le territoire russe sa production
d'uranium enrichi et qui escompte d'autres juteux contrats, a
cependant fait entendre un autre son de cloche. Le ministre russe
de la Défense, Sergueï Ivanov, a jugé que le
problème devait être réglé "dans
un cadre politique et diplomatique et à un stade suivant,
au sein de l'AIEA", l'Agence internationale de l'énergie
atomique, mais non pas au Conseil de sécurité. "La
situation est grave et il faut faire tous les efforts pour convaincre
les Iraniens de revenir à la situation précédente,
à la négociation", a déclaré,
à ses côtés à Paris, le Haut représentant
pour la politique étrangère de l'Union européenne
(UE) Javier Solana.
TEHERAN (1 janvier 2006) - Le responsable iranien chargé des négociations
sur le nucléaire Ali Larijani a minimisé dimanche
la portée de la proposition d'un enrichissement d'uranium
iranien en Russie, en la qualifiant de simple "idée",
pas "mûre", et comportant de "sérieux
problèmes".
"C'est une idée, pas une proposition structurée,
nous ne la considérons pas comme mûre et elle comporte
de sérieux problèmes", a dit M. Larijani à
la télévision d'Etat, en ajoutant que "les
droits de l'Iran à posséder une science nucléaire
doivent être préservés".
Les responsables iraniens avaient assoupli leur position sur la
proposition russe en annonçant mercredi qu'ils allaient
"étudier" ce plan, alors qu'ils l'avaient jusque-là
rejeté a priori.
M. Larijani, qui est secrétaire du Conseil suprême
de la sécurité nationale, a précisé
à cet égard qu'"il y a une différence
entre la considération (du plan) et une vue positive"
de ce dernier.
La proposition russe, soutenue par les Européens et les
Etats-Unis, vise à éviter que l'Iran mène
sur son territoire l'enrichissement d'uranium, un procédé
qui permet d'obtenir aussi bien du combustible nucléaire
que la charge d'une bombe atomique.
Les occidentaux craignent que le programme nucléaire civil
iranien dissimule un volet militaire, ce que Téhéran
a toujours démenti.
M. Larijani a minimisé la portée de l'offre russe
en affirmant que "ce plan pourrait être complémentaire
et apporter un soutien" à l'industrie nucléaire
iranienne. "Il y a des avantages technologiques (dans ce
plan), nous devons les étudier", a-t-il ajouté
Evoquant la reprise des discussions avec les Européens
sur le dossier nucléaire iranien, entamée le 21
décembre à Vienne et qui devrait se poursuivre le
18 janvier, il a mis en garde contre un durcissement de leur position.
"S'ils agissent durement, notre comportement changera; nous
avons des scénarios prêt à l'emploi et ils
ne peuvent pas nous mettre facilement échec et mat",
a dit le responsable.
M. Larijani a porté un jugement nuancé sur le premier
round de discussion, qui devait permettre de renouer le dialogue,
suspendu en août après que l'Iran eut annoncé
avoir repris sa conversion d'uranium, préalable à
l'enrichissement.
"J'avais espéré que les négociations
récentes à Vienne feraient plus de progrès",
a-t-il dit, en laissant planer la menace d'une reprise d'activités
sensibles dans un cadre de recherche scientifique.
"Nous avons un calendrier, et nous n'entrerons pas dans des
négociations sur la recherche", a-t-il dit.
Le 5 décembre, M. Larijani avait déjà insisté
sur le fait que "les questions de la recherche en laboratoires
et de la fabrication de pièces (de centrifugeuses pour
l'enrichissement) ne sont pas concernées par les négociations".
Il avait toutefois refusé de dire quand l'Iran allait effectivement
reprendre ces activités, suspendues au début 2005
à la demande des Européens.
M. Larijani a estimé aussi que la Russie, qui construit
une centrale dans le sud du pays à Bouchehr, pourrait ne
pas s'opposer avec autant de fermeté que les Européens
au programme nucléaire iranien.
"La Russie a de nombreux intérêts dans la région
et veut aboutir à un résultat avec l'Iran. Elle
a plus d'intérêts que les Européens et je
ne pense pas qu'elle veuille les perdre au bénéfice
d'autres pays", a-t-il dit, en référence aux
pressions américaines sur Moscou.
Libération , jeudi 22 décembre
2005:
Le
scénario d'un Iran nucléaire
Le Monde, mercredi 21 décembre 2005:
L'Iran a développé des installations nucléaires secrètes, en particulier dans des constructions souterraines et des tunnels répartis dans tout le pays. Cette accusation a été lancée hier par des opposants au régime de Téhéran - les Moudjahidin du peuple - à la veille de la reprise, aujourd'hui à Vienne (Autriche), des négociations entre les Européens et l'Iran sur le programme nucléaire. Les affirmations des Moudjahidin ne sont pas vérifiables, mais elles peuvent être prises au sérieux. C'est en effet cette organisation qui a révélé en 2003 l'existence de deux sites nucléaires clandestins, relançant la polémique sur la volonté de Téhéran de se doter de l'arme atomique.
Missiles balistiques. Cette fois-ci, les Moudjahidin du peuple ont «identifié onze» sites souterrains. «Ces tunnels servent à cacher des segments du programme nucléaire et de missiles balistiques du régime des mollahs», affirment-ils. Ils assurent que le nouveau président, Mahmoud Ahmadinejad, a «depuis 1998 été personnellement chargé par Khamenei (le guide suprême de la Révolution, ndlr) de planifier et de préparer la construction de ces tunnels». «L'ensemble des constructions se fait sous le contrôle des Gardiens de la révolution» et non de l'armée, ajoutent-ils.
Les opposants décrivent plus particulièrement quatre installations, à Qom, à Ispahan et vers Téhéran. Ainsi le site de Parchine, où «le complexe de tunnels sert à dissimuler du matériel nucléaire», ou celui de Khodjir, où «un tunnel de mille mètres de long et douze mètres de diamètre» est utilisé pour l'«assemblage des missiles balistiques».
Les Moudjahidin du peuple dénoncent également l'«utilisation de technologies étrangères» pour la construction de ces sites. Ils pointent l'importation «par des procédés illégaux» de matériel de forage allemand et italien, ainsi que la collaboration d'experts russes, en particulier «un des principaux ingénieurs» des installations souterraines de Moscou.
Ogives nucléaires. Parallèlement, le général Aharon Zeevi, le chef des renseignements militaires israéliens, a affirmé hier que douze missiles de croisière de fabrication russe pouvant être armés d'ogives nucléaires ont été localisés en Iran. Ils avaient récemment disparu d'un pays de l'ex-Union soviétique.
Lundi, le président américain George W. Bush avait réaffirmé que «nous ne pouvons pas permettre [...] que l'Iran ait l'arme nucléaire, en particulier après ce que le président iranien a dit quant à sa volonté d'annihiler un allié des Etats-Unis», l'Etat d'Israël.
Jean-Dominique MERCHET
Le Monde, 14/12/05:
Selon les Israéliens, l'Iran possèdera
la bombe nucléaire dans trois mois
TEHERAN (10 décembre 2005) - L'Iran va enrichir de l'uranium et produire du combustible
nucléaire, a affirmé samedi Gholamreza Aghazadeh,
qui dirige l'Organisation atomique d'Iran, alors que la communauté
internationale fait pression sur Téhéran pour obtenir
l'arrêt de ce programme. Selon la télévision
officielle iranienne, les négociations prévues avec
la troïka européenne reprendront le 21 décembre
à Vienne.
"Pour moi, il ne fait aucun doute que l'Iran va produire
du combustible nucléaire", a déclaré
samedi M. Aghazadeh devant la presse à Téhéran.
"Il ne fait aucun doute que nous devons enrichir de l'uranium".
Le patron de l'Organisation atomique d'Iran, qui est aussi vice-président
de la République islamique, n'a pas précisé
quand exactement ce processus reprendra.
Dans un apparent signe de bonne volonté, il a assuré
que "l'Iran n'injectera pas d'uranium gazeux dans des centrifugeuses
et ne fera pas d'enrichissement" durant les pourparlers à
venir avec les négociateurs européens. Selon la
télévision officielle iranienne, les discussions
avec la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, rompues au
mois d'août, reprendront le 21 décembre à
Vienne, où se trouve le siège de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA).
M. Aghazadeh a ajouté que l'Iran prévoyait de construire
une centrale nucléaire de 460 mégawatts, sur la
base de technologies iraniennes, à Dar Khovin, dans la
province du Khuzestan (sud-ouest). A plus long terme, a-t-il précisé,
Téhéran entend avoir une production électrique
de 2.000 MW grâce à la construction de centrales
avec l'aide de pays étrangers.
L'Iran avait interrompu son programme d'enrichissement d'uranium
en novembre 2004 dans un geste conciliant à l'égard
des négociateurs européens, qui tentent d'obtenir
l'arrêt permanent de ces activités. Celles-ci permettent
de produire du combustible pour des réacteurs nucléaires
mais aussi pour des bombes. Or, les autorités iraniennes
ont repris leurs activités de conversion, étape
préalable à l'enrichissement, en août, après
la rupture des pourparlers.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a
averti l'Iran que la crise liée à son programme
nucléaire pourrait entraîner la saisine du conseil
de sécurité des Nations unies, qui a la possibilité
d'imposer des sanctions au pays.
En marge de ces nouveaux développements, le directeur général
de l'AIEA, l'Egyptien Mohammed El-Baradeï, récipiendaire
avec son agence du prix
Nobel de la paix 2005, a semblé vouloir mettre en garde
Israël, dans un entretien publié samedi, contre la
tentation de bombarder des installations nucléaires iraniennes.
"On ne peut faire usage de la force pour empêcher un
pays d'obtenir l'arme nucléaire. En le bombardant et en
le laissant à moitié mort, on ne peut que retarder
ses projets", estime M. El-Baradeï dans les colonnes
du quotidien norvégien "Aftenposten". "Mais
il reviendra et réclamera vengeance". Mohamed El-Baradeï
se trouvait samedi à Oslo, la capitale norvégienne,
pour y recevoir le prix Nobel de la paix.
Le Monde, 8/12/05:
M. Ahmadinejad qualifie Israël de "tumeur"
et doute de la Shoah
Libération, 5 décembre 2005:
Ali Larjani, secrétaire du Conseil suprême
de sécurité national d'Iran et négociateur
en chef sur le dossier nucléaire, lors d'une conférence
de presse à Téhéran, lundi. Il a réaffirmé
l'ambition de son pays de produire son propre combustible nucléaire,
repoussant la proposition russe que l'enrichissement de l'uranium,
qui suppose des technologies qui peuvent être utilisées
à des fins militaires, soit effectué en territoire
russe.
Larjani a expliqué que «l'industrie d'enrichissement
coûte cher et aucun pays n'est prêt à faire
des investissements dans un autre pays pour créer une industrie
d'enrichissement pour les transférer ensuite sur son territoire».
Il a néanmoins laissé entrevoir une possibilité
d'entente : «Très certainement l'enrichissement sera
fait en Iran, mais pour des mesures de confiance, nous optons
pour les négociations» a-t-il souligné.
Par ailleurs Ali Larjani a fait savoir au monde que l'Iran «allait
lancer un appel d'offres cette année (qui se termine en
mars) pour la construction de deux centrales nucléaires»
ajoutant que cela rentrait dans le cadre du programme du gouvernement
iranien de construction de 20 centrales nucléaires d'une
capacité totale de 20 000 mégawatts d'ici vingt
ans.
Le Monde, 5/12/05:
L'Iran annonce la construction prochaine de nouveaux
réacteurs nucléaires

TUNIS (jeudi 24 novembre 2005) - Le ministre russe des affaires étrangères,
Sergueï Lavrov, a déclaré jeudi à Tunis
que son pays "soutenait totalement" les efforts déployés
par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)
pour la recherche d'un règlement du dossier nucléaire
iranien, évitant de parler de sanctions économiques.
Lors d'une conférence de presse, il a ainsi éludé
la question de savoir si Moscou userait le cas échéant
de son droit de veto au conseil de sécurité de l'ONU
pour s'opposer à d'éventuelles sanctions contre
l'Iran. "Nous n'avons pas entendu parler de sanctions économiques",
a-t-il dit en réitérant la position russe plutôt
favorable à la recherche d'une solution diplomatique par
la voie du dialogue.
Le chef de la diplomatie russe qui achevait une visite de deux
jours à Tunis, dernière étape d'une tournée
maghrébine qui l'a conduit au Maroc et en Algérie,
a déclaré que ses entretiens avec le président
Zine El Abidine Ben Ali et avec son homologue tunisien Abdelwahab
Abdallah, avaient dégagé une convergence de vues
sur les sujets abordés, dont la lutte contre le terrorisme.
Il a précisé avoir convenu avec ses interlocuteurs
de la nécessité d'éradiquer les causes de
ce phénomène, en premier lieu la pauvreté.
TEHERAN (20 novembre 2005) - Le Majlis (Parlement iranien) a adopté une
résolution obligeant le gouvernement à suspendre
les inspections inopinées de sites nucléaires par
l'Agence internationale de l'énergie atomique et à
reprendre les opérations d'enrichissement d'uranium en
cas de saisine par l'AIEA du Conseil de sécurité
de l'Onu.
Lors du scrutin, retransmis en direct à la radio d'Etat,
193 des 197 députés présents ont voté
en faveur de ce texte.
"Si le cas iranien est renvoyé devant le Conseil de
sécurité (...), le gouvernement sera contraint de
mettre fin à l'ensemble de ses mesures unilatérales
et de relancer les activités (d'enrichissement)",
a expliqué Alaeddin Boroujerdi, président de la
commission parlementaire des Affaires étrangères
et de la Défense.
Auparavant, l'Iran avait estimé qu'aucune preuve sérieuse
ne permettait de transmettre au Conseil de sécurité
le dossier de son programme nucléaire en vue d'éventuelles
sanctions.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères,
Hamid Reza Asefi, a estimé que toute saisine du Conseil
de sécurité constituerait une manoeuvre politique
visant la République islamique.
"Il n'existe aucune raison juridique ou logique pour que
le dossier de l'Iran soit transféré", a-t-il
assuré aux journalistes.
Le cas de l'Iran risque d'être soumis au Conseil de sécurité,
la communauté internationale doutant fort que son programme
nucléaire n'ait de visées que civiles et estimant
que Téhéran n'a pas encore fait preuve à
ce jour d'une coopération pleine et entière avec
les inspecteurs de l'AIEA.
Le Monde, 19/11/05:
Les Iraniens ont disposé, dans le passé,
d'instructions permettant la fabrication d'éléments
d'armes nucléaires, a indiqué l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA), vendredi 18 novembre, dans
un nouveau rapport exigeant de l'Iran davantage de coopération
et d'accès à des sites militaires. Selon ce rapport,
ces documents qui, selon Téhéran, proviennent d'une
offre du marché noir datant de 1987, décrivent la
manière de fabriquer le coeur explosif d'une bombe atomique,
à savoir une matrice pouvant "couler et fabriquer
des formes hémisphériques en uranium enrichi, naturel
ou appauvri".
Ces révélations interviennent à quelques
jours de la réunion, le 24 novembre, à Vienne, du
Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui doit envisager s'il faut
ou non transmettre le dossier du nucléaire iranien au Conseil
de sécurité des Nations unies. La décision
des gouverneurs sera notamment fondée sur ce rapport.
"La pleine transparence de l'Iran est indispensable et se
fait attendre", estime le directeur général
de l'AIEA, Mohamed ElBaradei. L'Agence de Vienne se plaint que
ses inspecteurs n'ont toujours pas accès à des sites
militaires sensibles, comme Lavizan-Shian, situé près
de Téhéran.
PROPOSITION RUSSE
Les Iraniens ont affirmé que
ces plans, vraisemblablement obtenus par la filière pakistanaise,
n'avaient pas été utilisés. Il ne semble
pas que ceux-ci soient aussi détaillés que le "manuel"
pour fabriquer une bombe atomique obtenu par la Libye, via le
réseau d'Abdul Qadeer Khan, le père de l'arme nucléaire
pakistanaise. Les Libyens ont renoncé, fin 2003, à
avoir des armes de destruction massive.
A Téhéran, Javad Vaïdi, responsable des affaires
internationales au Conseil suprême de la sécurité
nationale, a déclaré que l'AIEA augmentait constamment
ses demandes mais que l'Iran continuerait à coopérer
avec l'agence onusienne.
Téhéran a d'autre part confirmé, vendredi,
avoir repris la conversion de l'uranium (étape préalable
à l'enrichissement) passant outre à une précédente
résolution de l'AIEA exigeant son arrêt. Le responsable
iranien du dossier nucléaire, Ali Larijani, a expliqué
un tel refus par l'absence de "raisons convaincantes"
de la part de l'Agence. Téhéran proclame son droit
à maîtriser la totalité du cycle nucléaire
à des fins pacifiques.
A Washington, Stephen Hadley, conseiller présidentiel pour
la sécurité nationale, a indiqué que le président
George Bush avait informé le président russe, Vladimir
Poutine, de son soutien à une proposition russe de compromis
dans le dossier iranien. Il s'agirait d'autoriser les Iraniens
à conserver une capacité résiduelle de conversion
en Iran, alors que l'enrichissement de l'uranium s'effectuerait
en totalité en Russie, en associant des ingénieurs
iraniens. Les autorités iraniennes ont refusé une
première fois cette solution, mais les Européens
de la "troïka" (Allemagne, France et Grande-Bretagne),
qui ont endossé la proposition russe, ne désespèrent
pas de les faire changer d'avis d'ici au 24 novembre.
Laurent Zecchini
VIENNE (17 novembre 2005) - L'Iran, qui se montre inflexible sur son programme
dans le domaine du nucléaire, irrite de plus en plus la
Russie, qui est pourtant un des ses plus proches alliés,
ont affirmé jeudi à Vienne des diplomates.
Mercredi, des responsables iraniens ont confié aux Russes
qu'ils ne reprendraient pas la conversion d'uranium... avant de
reprendre le processus quelques heures plus tard, ont précisé
ces diplomates.
L'Iran a rejeté l'éventualité de faire enrichir
son uranium en Russie. Le chef de l'agence nucléaire iranienne,
Gholamreza Aghazadeh, a affirmé récemment que le
programme d'enrichissement nucléaire iranien ne peut être
conduit qu'en Iran.
Les Européens et les Américains pourraient demander
la saisine du Conseil de sécurité des Nations unies
lors de la réunion du conseil de l'AIEA le 24 novembre
prochain à Vienne.
Le Monde, 13/11/05:
L'Iran rejette un compromis russe sur le nucléaire
au risque de l'escalade
13/11/05 - Les responsables du renseignement américain ont montré à l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) le contenu d'un ordinateur portable iranien volé, prouvant, selon eux, que Téhéran cherche à se doter de l'arme nucléaire, indique le New York Times dimanche.Lors d'une réunion à Genève, à la mi-juillet, les renseignements américains ont présenté une sélection tirée de plus de mille pages, présentant des simulations et des comptes rendus d'expérimentations, affirmant qu'ils sont la preuve d'une volonté de longue date de Téhéran de concevoir une ogive nucléaire, rapporte le quotidien citant six participants américains et européens à la réunion.Les Américains ont toutefois souligné que ces documents ne prouvent pas que l'Iran possède une bombe atomique. Mais ils sont la preuve la plus évidente à ce jour que Téhéran cherche à mettre au point une ogive nucléaire compacte compatible avec son missile Shahab, qui peut atteindre Israël et d'autres pays au Moyen-Orient. L'Iran assure que son programme nucléaire ne vise que des objectifs civils.La réunion, à laquelle participait le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, faisait partie d'une campagne américaine visant à accroître la pression internationale sur l'Iran, écrit le Times."Nous n'avons pas l'habitude de trimbaler nos secrets dans des ordinateurs", a dit dimanche, à Téhéran, le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi. "Tout cela ne vaut rien et c'est naïf", a-t-il insisté.
Le Monde, 6/11/05:
L''Iran joue le chaud et le froid. Téhéran a demandé formellement à la troïka européenne de rouvrir les négociations nucléaires alors qu'elle exprime son soutien à la Syrie dans les tensions avec les Occidentaux.
"NÉCESSITÉ DE NÉGOCIER"
Le dirigeant chargé du nucléaire iranien, Ali Larijani,
a fait transmettre aux trois ministres des affaires étrangères
européens une lettre "insistant sur la nécessité
de négocier", ont indiqué les agences de
presse officielle Irna et semi-officielle Mehr.
La lettre a été remise dimanche après-midi
au siège du Conseil suprême de la sécurité
nationale, dont M. Larijani est le secrétaire, aux ambassadeurs
des trois pays européens à Téhéran,
a-t-on appris de source diplomatique.
Les négociations entre l'Iran et l'UE3 ont été
rompues en août quand la République islamique a repris
la conversion d'uranium, en même temps que le président
ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad accédait à
la présidence.Tout en procédant dans sa lettre à
une "évaluation" du dialogue passé,
M. Larijani "accueille favorablement des négociations
constructives et fondées sur la logique".
Il s'agit de la première démarche formelle entreprise
auprès de l'UE3 par M. Larijani, réputé comme
un dur, depuis qu'il a repris le dossier au pragmatique Hassan
Rohani, qui avait maintenu le dialogue avec les Européens
pendant deux ans.
LE CONTENU DE LA LETTRE EST IGNORÉ
On ignore le contenu détaillé de la lettre, en particulier
si elle contient des propositions pouvant convaincre l'UE3 de
reprendre les tractations. Les Européens ont signifié
que les négociations ne pouvaient recommencer si les Iraniens
ne revenaient pas à une suspension totale de leurs activités
relatives à l'enrichissement d'uranium, donc également
de la conversion, qui en est l'opération préalable.
Or les termes de la lettre cités par les agences de presse
iraniennes réaffirment la détermination de la République
islamique à mener à bien ces activités ultra-sensibles,
qui fournissent le combustible pour les centrales civiles, mais
peuvent aussi produire la charge explosive pour des bombes atomiques.Tout
en préconisant le dialogue, Ali Larijani insiste dans sa
lettre "sur la nécessité pour l'Iran d'exercer
ses droits légitimes et de voir ses intérêts
nationaux garantis".
3 novembre 2005:
Jusqu'où le président iranien peut-il
aller ?
Le NouvelObs, 3/11/05:
Téhéran fait un geste
TEHERAN (30 octobre 2005) - Le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré
dimanche que l'Iran ne reviendrait pas à une suspension
complète de ses activités nucléaires ultra-sensibles
et a dénoncé comme un "mensonge" l'argument
des Occidentaux selon lequel il s'agirait d'une mesure de "confiance".
"Nous soutenons la reprise des activités à
l'usine de conversion d'uranium et nous allons continuer",
a déclaré le président, s'exprimant devant
des étudiants membres des milices islamistes de Téhéran.
"Le gouvernement s'est rendu compte récemment que
cet argument de la confiance est faux et que ce qu'ils veulent,
c'est nous priver du cycle de production de combustible nucléaire,
nous savons depuis le début qu'ils mentent et qu'ils ne
veulent pas que la République islamique dispose du cycle
du combustible", a-t-il dit, moins d'un mois avant une importante
réunion de l'Agence internationale de l'énergie
atomique.
M. Ahmadinejad, qui a pris ses fonctions en août, a accusé
le précédent gouvernement iranien "d'avoir
cédé au nom de la confiance, jusqu'à suspendre
volontairement les activités du cycle du combustible à
Ispahan et Natanz, qui sont pourtant légales à 100%
et ne donnent lieu à aucune déviation", a-t-il
dit. "Dire que l'Iran a caché des choses pendant 18
ans est un gros mensonge", a-t-il dit alors que la diplomatie
iranienne elle-même a reconnu ces dissimulations en expliquant
que, sans elles, la communauté internationale n'aurait
pas permis à l'Iran de développer ses activités
nucléaires civiles.
En persistant dans ses activités relatives à l'enrichissement,
l'Iran s'expose à ce que l'Agence internationale de l'énergie
atomique, qui se réunira fin novembre, décide de
saisir le Conseil de sécurité de l'Onu. L'agence
onusienne presse l'Iran de revenir à une suspension complète,
dénoncée en août avec le redémarrage,
à Ispahan, de la conversion, opération préalable
à l'enrichissement proprement dit. Pour l'AIEA, cette suspension
complète représente la meilleure garantie que la
République islamique ne fabriquera pas l'arme nucléaire.
[Remarque: le plus facile
pour faire des bombes atomiques c'est d'utiliser du Plutonium,
utiliser l'autre filière (enrichissement de l'Uranium)
est plus lourd, plus long et beaucoup moins discret...]
Les Européens offraient aux Iraniens une coopération
nucléaire, politique et commerciale pour les convaincre
d'observer une suspension complète. Les négociations
ont été rompues quand l'Iran a repris la conversion.
Le Monde, 27/10/05:
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï
Lavrov, a estimé, jeudi 27 octobre, que les déclarations
de Mahmoud Ahmadinejad fournissaient un "argument supplémentaire"
pour le renvoi du dossier nucléaire iranien devant le Conseil
de sécurité de l'ONU, tout en continuant de soutenir
la position de Téhéran. "Ce que j'ai vu
à la télévision (de la déclaration
du président iranien) est inacceptable", a
déclaré Sergueï Lavrov à son arrivée
en Jordanie, selon des propos rapportés par l'agence Ria
Novosti. Le matin même, il avait rencontré le premier
ministre israélien, Ariel Sharon, à l'occasion d'une
visite à Tel-Aviv.
"Ceux qui insistent pour transférer le dossier
du nucléaire iranien au Conseil de sécurité
des Nations unies ont reçu un argument supplémentaire
pour le faire", a ajouté le ministre russe des
affaires étrangères, en précisant que l'ambassadeur
iranien à Moscou avait été convoqué
par son ministère.
Pour autant, la position de Moscou sur le nucléaire iranien
n'a "pas changé", a tenu à préciser
Sergueï Lavrov, en guise de mise au point. La Russie reste
donc opposée à l'examen de la question par le Conseil
de sécurité, estimant que l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) est compétente en la
matière. Moscou, qui construit une centrale nucléaire
dans le sud de l'Iran, soutient Téhéran face à
Washington.
L'UE CONDAMNE UNANIMEMENT LES PROPOS DE
TÉHÉRAN
Par ailleurs, les dirigeants de l'Union
européenne ont également condamné, jeudi,
"de la manière la plus ferme" les propos du président iranien, qui a appelé, mercredi, à
"rayer Israël de la carte".
Dans une déclaration commune, les vingt-cinq chefs d'Etat
et de gouvernement ont fait part de leurs critiques, depuis Hampton
Court (Grande-Bretagne), où ils sont réunis pour
un sommet informel. "Les appels à la violence et
à la desctruction de quelque Etat que ce soit sont manifestement
en contradiction avec l'affirmation que l'on est un membre mûr
et responsable de la communauté internationale",
indique le communiqué.
Paris, comme Londres, a convoqué son ambassadeur iranien
"pour obtenir des explications". "Il
a été demandé (à Sadegh Kharrazi)
des clarifications sur la teneur des propos exprimés
la veille par son président", a déclaré,
jeudi, Jean-Baptiste Mattéi, porte-parole du ministère
des affaires étrangères. "Il lui a été
rappelé que le droit d'Israël à exister ne
peut être contesté", a-t-il ajouté.
NouvelObs, 27/10/05:
Tout le monde peut craindre pour sa sécurité
Le Monde, 27/10/05:
Les négociations entre les autorités de Téhéran et la troïka européenne (Allemagne, France et Grande-Bretagne) sur le programme nucléaire militaire iranien, sont dans l'impasse. Aucune date n'est fixée pour une reprise des pourparlers, chacune des deux parties attendant de l'autre un geste d'ouverture susceptible de remettre en route un processus de dialogue. Les Européens ont fait des propositions commerciales et économiques à l'Iran, afin d'inciter celui-ci à renoncer pour de bon à ses ambitions nucléaires, et ils sont prêts à les rendre plus "attrayantes", à condition toutefois que Téhéran revienne à une attitude de coopération, dont la manifestation ne peut être, à leurs yeux, que la reprise de la suspension du processus de conversion de l'uranium dans l'usine d'Ispahan.
Les autorités iraniennes affirment qu'il n'en est pas question, tout en arguant de leur désir de reprendre les discussions. Si rien ne se passe, Mohamed ElBaradei, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ne pourra rendre qu'un rapport négatif lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de l'Agence, le 24 novembre. Dans ce cas, on voit mal comment il pourra éviter de recommander le transfert du dossier iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Cette décision est prévue implicitement dans la résolution adoptée, le 24 septembre, par le Conseil des gouverneurs. Pour autant, ni les Européens, ni les Américains ne sont très sûrs du bien-fondé d'une telle escalade diplomatique. La Russie conseille d'attendre, c'est-à-dire de laisser plus de temps au président iranien Mahmoud Ahmadinejad et au principal négociateur du dossier nucléaire, Ali Larijani, pour prendre la mesure de l'évolution des positions internationales, telles que celles-ci se sont manifestées le 24 septembre, lorsque la Russie, la Chine et l'Inde, mais aussi de nombreux pays non-alignés peu suspects de sympathie envers l'Amérique, ne se sont pas opposés à la résolution de l'AIEA.
Mohamed ElBaradei est également partisan de ne pas précipiter les choses. L'administration américaine est partagée. Elle est soucieuse de ne pas laisser s'éroder l'élan politique qui s'est manifesté à l'AIEA, et estime que le temps joue contre ce fragile consensus. Une attitude de grande fermeté lui parait de nature à renforcer la crédibilité de la communauté internationale en matière de non-prolifération nucléaire. Mais elle a fait confiance jusque-là aux Européens et elle est obligée de constater que ceux-ci ont réussi à rallier à une position de fermeté des pays qui ont des liens politiques et économiques très étroits avec l'Iran, tels la Russie, la Chine et l'Inde. De plus, l'enlisement de l'armée américaine en Irak incite les responsables de la Maison Blanche et du département d'Etat à ne pas ouvrir un autre "front" avec l'Iran.
C'est donc avec le soutien de Washington que les Européens s'efforcent de consolider le consensus du 24 septembre. Ils tiennent à leurs partenaires le langage suivant : mettons-nous d'accord sur ce qui est acceptable et sur ce qui ne l'est pas s'agissant du programme nucléaire iranien (des activités civiles le sont, mais l'enrichissement de l'uranium doit être banni) ; ensuite, sommes-nous toujours bien d'accord pour envisager le recours au Conseil de sécurité si l'Iran n'obtempère pas à nos exigences ? Si c'est le cas, quels sont, d'autre part, nos moyens pour désamorcer la crise ? Parallèlement, les Européens essaient de convaincre les pays dont le soutien est fragile (les non-alignés) qu'un recours à l'ONU n'aurait, dans un premier temps, d'autre but que de renforcer la main de l'AIEA, et non pas de sanctionner l'Iran.
L'une des solutions envisagées consisterait à "sanctuariser" certaines activités nucléaires iraniennes (celles qui ont trait à l'enrichissement de l'uranium), sur le modèle de la coopération nucléaire irano-russe : la Russie est le maître d'oeuvre de la centrale nucléaire de Bouchehr, mais fournit le combustible nucléaire et doit récupérer le combustible irradié.
Cet arrangement viserait à créer un consortium international - auquel l'Iran serait associé, ainsi que d'autres pays non européens -, lequel gérerait en particulier l'usine d'enrichissement de Natanz. Reste le risque d'une fuite en avant de Téhéran, concrétisée par la reprise de l'enrichissement. Tous les scénarios de crise sont alors possibles, mais les experts sont cependant enclins à ne pas prendre très au sérieux la menace de représailles, sous la forme d'un arrêt des exportations pétrolières. L'économie iranienne est dépendante du pétrole, qui compte pour 80 % des revenus d'exportation.
Sur le plan intérieur, le régime de Téhéran doit pouvoir compter sur ses réserves de change, lesquelles sont fournies par l'argent du pétrole. Si le prix du baril devait encore croître en raison d'une réduction des exportations de brut iranien, la population iranienne serait la première touchée, puisque le paradoxe veut que l'Iran est obligé d'importer 38 % de ses besoins en essence.
Laurent Zecchini
TEHERAN (16 octobre 2005) - L'Iran a réaffirmé dimanche son refus
de suspendre de nouveau ses activités nucléaires
sensibles, une condition posée par les Européens
pour une reprise des négociations, et a dit qu'il était
confiant que son dossier nucléaire ne serait pas renvoyé
devant l'Onu.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères,
Hamid Reza Assefi, a répété devant la presse
que son pays refusait de suspendre ses activités de conversion
à l'usine d'Ispahan (centre) qui a redémarré
le 8 août après le rejet des propositions de coopération
européenne par l'Iran. "Nous ne sommes pas prêts
à revenir sur notre décision" de conversion,
encore dit M. Assefi, soulignant qu'il n'existait "aucune
raison légale ou juridique de renvoyer le dossier iranien
devant le Conseil de sécurité des Nations unies".
"On ne peut pas maintenir la menace du Conseil de sécurité
comme une épée de Damoclès sur l'Iran",
a déclaré M. Assefi, ajoutant que le temps était
"au dialogue et aux négociations".
Les pays européens et les Etats-Unis demandent à
l'Iran de renoncer totalement à son programme d'enrichissement
d'uranium, seule garantie objective, selon eux, que ce programme
ne dévie pas vers la fabrication de l'arme atomique. "La
République islamique d'Iran est prête à reprendre
les négociations mais sans condition préalable",
a déclaré pour sa part l'ancien président
Akbar Hachémi Rafsandjani, selon l'agence officielle Irna.
Après près de deux années de négociations,
le dialogue entre l'Iran et trois grands pays européens
(la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne) avait été
rompu en août après que l'Iran eut rejeté
les propositions de coopération globales des Européens
et repris son programme de conversion d'uranium à Ispahan.
Mais le ministre iranien des Affaires étrangères,
Manouchehr Mottaki, a réaffirmé vendredi à
Pékin être prêt à reprendre les négociations
sur le nucléaire avec ces trois pays, en demandant que
ces discussions aient un but défini. "Nous avons dit
que le gouvernement iranien était d'accord pour reprendre
les discussions avec les trois pays européens", a-t-il
déclaré, rappelant que "ces négociations
doivent avoir un but et être utiles". La Chine est
opposée à la saisine du Conseil de sécurité
du dossier nucléaire iranien.
Téhéran a toujours défendu officiellement
son "droit à maîtriser le cycle du combustible
nucléaire dans le cadre du Traité de non prolifération
(TNP)". Samedi, Washington et Moscou ont étalé
sur la place publique leur divergence à propos du programme
d'enrichissement d'uranium de l'Iran. A l'issue des discussions
entre la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza
Rice et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, ce
dernier a déclaré que "tous les membres du
Traité de non-prolifération (TNP) ont droit"
au cycle du combustible nucléaire et à l'enrichissement
d'uranium. L'Iran "doit reconnaître que le TNP n'engendre
par seulement des droits, mais aussi des obligations", a
rétorqué Mme Rice, avant d'ajouter: "ce n'est
d'ailleurs pas une question de droits, mais de savoir si on peut
faire confiance ou non au cycle d'enrichissement iranien".
M. Assefi a d'ailleurs salué la position de la Russie.
"La Russie, la Chine et d'autres pays reconnaissent notre
droit et refusent l'envoi de notre dossier au Conseil de sécurité",
a-t-il déclaré.
Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a adopté le 24 septembre
une résolution sur le programme nucléaire iranien
qui ne demande pas expressément la saisine du Conseil de
sécurité à ce stade, mais qui établit
les conditions d'un transfert ultérieur du dossier devant
cet organe de l'Onu.
VIENNE (11 octobre 2005) - L'Iran a indiqué être prêt à
un compromis pour autoriser l'accès à ses sites
soupçonnés d'activité nucléaire militaire
et se plier aux autres demandes de l'Agence internationale à
l'énergie atomique (AIEA), afin d'éviter que le
dossier soit transmis au Conseil de sécurité, ont
annoncé mardi les diplomates.
Ces diplomates, qui se sont exprimés sous condition d'anonymat
en raison de la sensibilité du dossier, ont précisé
qu'une délégation de l'AIEA était à
Téhéran mardi pour évoquer la question avec
des responsables iraniens.
L'AIEA demande à l'Iran de pouvoir visiter deux sites militaires,
de rencontrer des responsables militaires bien que l'Iran assure
que son programme nucléaire est purement civil. L'institution
onusienne souhaite également prendre connaissance de documents
sensibles concernant au programme d'enrichissement de l'uranium.
Ces trois questions sont considérées comme cruciales
par l'AIEA dans le bras de fer qui l'oppose à Téhéran
depuis le début de son enquête il y a trois ans.
La communauté internationale soupçonne l'Iran de
masquer son activité nucléaire militaire derrière
une utilisation civile depuis plus de 18 ans, les premières
preuves d'activité clandestine ayant été
découvertes en 2002.
L'hostilité de l'Iran à collaborer avec l'AIEA a
poussé la direction des 35 membres de l'organisation a
approuvé une résolution appelant à la saisine
du conseil de sécurité de l'ONU sur le dossier nucléaire
iranien, qui viole le traité de non-prolifération
nucléaire.
Les diplomates ont indiqué que les trois points étaient
discutés entre des responsables iraniens et la délégation
de l'AIEA, menée par Olli Heinonen, directeur général
adjoint.
11/10/05 - Depuis plusieurs jours, responsables iraniens et européens insistent sur la nécessité de reprendre les négociations avant la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) en novembre, qui décidera de l'envoi ou non du dossier au Conseil de sécurité des Nations unies. « La négociation est un choix stratégique de l'Iran dans l'affaire nucléaire et nous pensons qu'il n'y a pas d'autre voie », a déclaré Ali Agha-Mohammadi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale. Le dialogue entre l'Iran et les trois grands pays européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne) a été rompu en août.
TEHERAN (27 septembre 2005) - L'Iran a fait un pas de plus dans l'escalade en avertissant
mardi qu'il pourrait reprendre l'enrichissement d'uranium si le
Conseil de sécurité de l'Onu est saisi de son dossier
nucléaire.
Téhéran avait auparavant menacé de ne plus
appliquer le protocole additionnel au Traité de non-prolifération
nucléaire autorisant des inspections poussées des
sites nucléaires par l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA). "La suspension de l'enrichissement figure
parmi les concessions que nous supprimerons" si les Occidentaux
ne modifient pas la résolution votée samedi par
l'AIEA et insistent pour l'appliquer, a déclaré
mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères,
Hamid Reza Assefi, lors de son point de presse hebdomadaire. L'Iran
a gelé son programme d'enrichissement il y a deux ans à
titre de "mesure de confiance".
TEHERAN (26 septembre 2005) - L'Iran a brandi de nouvelles menaces lundi, avertissant
qu'il n'autoriserait plus le contrôle poussé de ses
sites nucléaires si l'Agence internationale de l'énergie
atomique appliquait sa résolution qui permet une future
saisie de l'Onu du dossier nucléaire iranien. "Si
l'Agence ne modifie pas sa résolution ou insiste pour l'appliquer,
l'Iran sera contraint de revenir sur toutes les concessions volontaires,
notamment l'application du protocole additionnel", a affirmé
le ministère des Affaires étrangères dans
un communiqué publié par l'agence estudiantine Isna.
Il s'agit de la première réaction du gouvernement
iranien après l'adoption samedi d'une résolution
par le conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui permet le renvoi
du dossier iranien au Conseil de sécurité de l'Onu,
en invoquant la "non-conformité de l'Iran au regard
du régime de non-prolifération" et des "dissimulations"
prolongées.
La résolution demande la ratification immédiate
par le Parlement iranien du protocole additionnel et la suspension
totale des activités liées à l'enrichissement
d'uranium. Le protocole additionnel au Traité de non-prolifération
(TNP) prévoit des inspections plus poussées et plus
inopinées que dans le seul TNP. Téhéran a
signé en 2003 ce protocole, qu'il n'a pas ratifié
mais qu'il affirme appliquer à la lettre.
L'Iran a aussi repris début août ses activités
de conversion d'uranium, étape qui précède
la conversion, malgré la demande de suspension de l'AIEA.
"La menace de la saisine du Conseil de sécurité
ne modifie pas la position de l'Iran et n'aide pas au règlement
du problème", ajoute le communiqué des Affaires
étrangères. Le texte ne précise pas cependant
si l'Iran va également reprendre ses activités d'enrichissement
suspendues volontairement fin 2003. L'Iran "estime que maîtriser
le cycle du combustible nucléaire est son droit absolu",
ajoute-t-il néanmoins.
Le NouvelObs, 26/09/05:
Téhéran hausse le ton contre l'AIEA
"L'Iran rejette la résolution approuvée par
l'AIEA appelant à la saisine du conseil de sécurité
de l'ONU sur son programme nucléaire..."
Le Monde, 26/09/05:
L'AIEA prévoit un renvoi ultérieur
de l'Iran devant l'ONU
VIENNE (22 septembre 2005) - Les Européens ont renoncé dans l'immédiat
à saisir le Conseil de sécurité de l'Onu
sur le programme nucléaire iranien, selon un nouveau projet
de résolution à l'AIEA.
La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne (UE3) tentaient depuis
le début de la semaine de convaincre l'exécutif
de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)
de saisir l'Onu à New York, en accusant Téhéran
d'avoir "violé" ses obligations, notamment en
reprenant la conversion d'uranium en août malgré
la demande expresse de l'AIEA.
Mais la Russie, la Chine et les pays non-alignés s'y opposent.
Selon un diplomate occidental, le recul s'explique par l'opposition
de la Russie, alors que l'UE veut garder Moscou à ses côtés.
La nouvelle résolution "prie" le directeur général
de l'AIEA Mohamed ElBaradei de faire rapport sur l'Iran au conseil
des gouverneurs de l'AIEA, lequel transmettra ensuite son propre
rapport au Conseil de sécurité, organisme dont le
nom n'est pas cité expressément.
Européens et Américains avaient indiqué dans
leurs interventions mercredi au conseil des gouverneurs qu'ils
voulaient, en allant à New York, non pas dessaisir l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA) mais bien renforcer
son autorité en vue d'une "solution diplomatique".
Leurs délégués ont cependant laissé
planer le doute sur une demande de vote au conseil des gouverneurs,
alors que traditionnellement l'exécutif de 35 membres de
l'AIEA préfère prendre ses décisions à
l'unanimité.
Un responsable américain, parlant sous le couvert de l'anonymat,
avait indiqué mercredi soir à Washington que les
Occidentaux allaient reporter leur demande de saisine du Conseil
de sécurité afin de donner plus de chance à
la diplomatie et de trouver des alternatives. Le nouveau texte,
moins dur que celui que l'UE3 avait fait circuler depuis lundi
soir, reproche cependant toujours à Téhéran
son "non-respect" de ses obligations en matière
de non-prolifération nucléaire.
Le Monde, 21/09/2005:
Escalade iranienne
Le Monde, 20/09/2005:
Le directeur de l'Agence internationale de
l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, ignorant
que Pyongyang allait quelques heures plus tard poser une nouvelle
condition, a ouvert la conférence des trente-cinq gouverneurs
consacrée à l'Iran, lundi 19 septembre, par une
"bonne nouvelle" : l'annonce par la Corée
du Nord, suite à un accord de principe conclu avec la Chine,
la Corée du Sud, les Etats-Unis, le Japon et la Russie,
d'un renoncement à son arsenal nucléaire et d'un
retour, sous l'égide de l'AIEA, au traité de non-prolifération
nucléaire (TNP). M. ElBaradei a réclamé que
les inspections dans la péninsule coréenne reprennent
"le plus tôt possible" . Il a rappelé
que cette décision était le fruit d'un "processus
long et complexe" de plus de deux ans. Mais il a surtout
souligné que "la négociation est payante"
.
Le directeur de l'AIEA souhaiterait voir les gouverneurs adopter
une attitude similaire envers l'Iran, qui suscite les inquiétudes
de la communauté internationale depuis la reprise, début
août, de ses activités de conversion de l'uranium.
"Nous nous dirigeons vers une période de confrontation
et de prise de risques politiques" , a-t-il regretté.
Les divisions se sont accentuées, lundi, au sein de l'exécutif
de l'AIEA. Les pays européens de la "troïka"
(Allemagne, France et Grande-Bretagne), ainsi que les Etats-Unis,
ont commencé à faire circuler auprès des
gouverneurs un texte présentant des éléments
de résolution pour le renvoi de l'Iran devant le Conseil
de sécurité de l'ONU, qui a le pouvoir d'imposer
des sanctions économiques. C'est, selon l'Union européenne
et Washington, le seul moyen d'obtenir de la République
islamique, qui a dissimulé son programme nucléaire
pendant dix-huit ans, le renoncement à ses activités
militaires. Un tel vote semble pourtant difficile à obtenir
face à l'opposition d'une partie du Conseil. Or Européens
et Américains préféreraient parvenir à
un consensus, qui est la voie classique de la prise de décision
à l'AIEA.
Au sein même de l'Union européenne, des dissensions
se font entendre. L'Autriche et l'Italie, par exemple, dont l'Iran
est un important partenaire économique, appréhendent
de possibles représailles iraniennes sur leurs exportations.
La Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité
de l'ONU et disposant, à ce titre, d'un droit de veto,
sont opposées à une saisine du Conseil de sécurité,
de même que le Brésil, l'Inde et le Pakistan. Le
président russe, Vladimir Poutine, a estimé, dimanche,
que Téhéran coopérait "suffisamment"
avec les organisations internationales et que d'éventuelles
sanctions de l'ONU créeraient de nouveaux "problèmes".
La plupart des quatorze pays du Mouvement des non-alignés
sont hostiles à une saisine du Conseil de sécurité,
Singapour et le Pérou étant les seuls à y
être favorables.
L'Iran réfute les accusations des Etats-Unis et d'Israël
sur ses intentions nucléaires, et affirme que son programme
ne vise que la production d'électricité. La République
islamique revendique le "droit légitime"
de tout Etat à maîtriser le cycle du combustible
nucléaire. Le porte-parole du ministère iranien
des affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, a mis
en garde l'AIEA : "Nous attendons qu'elle -l'Agence-
n'agisse pas de manière irréfléchie, unilatérale
et extrême. S'ils -les membres de l'AIEA- traitent cette
affaire de manière politique et non pas technique, le climat
va se radicaliser."
De son côté, M. ElBaradei, qui souhaite que les gouverneurs
donnent une nouvelle chance à l'Iran, a exhorté
Téhéran à fournir "davantage de transparence
et de mesures de confiance" , comme l'accès à
certains sites potentiellement suspects. "La balle est
en grande partie dans le camp de l'Iran" , a-t-il conclu.
NATIONS UNIES (15 septembre 2005) - Les puissances occidentales semblent vouloir renoncer
à transmettre le dossier du programme nucléaire
iranien au Conseil de sécurité de l'Onu, alors que
Téhéran propose de partager sa technologie nucléaire
civile avec d'autres pays musulmans.
Le Premier ministre français Dominique de Villepin a affirmé
que la "troïka européenne" - la Grande-Bretagne,
la France et l'Allemagne - donnait encore la priorité aux
négociations.
"Notre priorité dans ce domaine, c'est le dialogue
(...) que nous souhaitons poursuivre pour que l'Iran puisse revenir
à la suspension de ses activités", a-t-il déclaré
lors d'une conférence de presse en marge du sommet de l'Onu
à New York.
Mais "si les choses n'aboutissent pas, a ajouté le
Premier ministre, nous n'aurons pas d'autre choix que de saisir
le Conseil de sécurité."
Auparavant, la secrétaire d'Etat américaine Condoleeza
Rice avait laissé entendre que les Etats-Unis et l'Union
européenne n'obtiendraient pas un soutien suffisant au
sein de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)
pour renvoyer le dossier iranien au Conseil de sécurité.
Rice a déclaré sur Fox News qu'elle préférerait
que la décision soit prise dès le 19 septembre,
date de la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA
à Vienne, tout en ajoutant: "Je ne suis pas très
préoccupée par la date exacte car je ne pense pas
que le sujet soit si urgent."
"DONNER UNE AUTRE CHANCE A L'IRAN"
Les ministres des Affaires étrangères
de la "troïka" ainsi que le chef de la diplomatie
européenne, Javier Solana, rencontreront dans le courant
de la journée de jeudi le nouveau président iranien,
Mahmoud Ahmadinejad, en marge de l'Assemblée générale,
a annoncé Jack Straw, secrétaire au Foreign Office.
La rencontre aura lieu en présence de Kofi Annan, secrétaire
général de l'Onu, et aura pour objet de demander
au chef de l'Etat iranien de revenir sur le refus de Téhéran
d'examiner les offres européennes de coopération.
"Nous voulons donner toutes leurs chances aux nouvelles autorités
iraniennes", a déclaré un diplomate européen.
"Nous n'avons jamais fermé la porte à la négociation,
c'est la voie qui a toujours eu notre préférence".
Par ailleurs, l'agence de presse officielle iranienne Irna a rapporté
que le président iranien avait affirmé au Premier
ministre turc Tayyip Erdogan que Téhéran était
prêt à partager sa technologie nucléaire avec
d'autres Etats musulmans.
"La République islamique ne cherche jamais à
se procurer des armes de destruction massives, a-t-il déclaré
selon Irna. En fonction des besoins des pays islamiques, nous
sommes prêts à transférer notre savoir-faire
nucléaire à ces pays."
Ahmadinejad a annoncé en outre à plusieurs médias
américains jeudi que l'Iran s'apprêtait à
soumettre de nouvelles propositions concernant son programme nucléaire
lors de son discours à l'Assemblée générale
de l'Onu samedi.
TEHERAN (15 septembre 2005) - L'Iran est prêt à fournir de la technologie
nucléaire à d'autres nations islamiques, a déclaré
jeudi son président Mahmoud Ahmadinejad à l'issue
d'une rencontre avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan
en marge du sommet mondial des Nations unies à New York.
M. Ahmadinejad a répété la promesse de Téhéran
de ne pas chercher à développer des armes nucléaires,
selon l'agence de presse iranienne officielle IRNA. "L'Iran
est prêt à transférer un savoir-faire nucléaire
à des pays musulmans en raison de leurs besoins".
Le Monde, 14/09/05:
Le premier ministre français, Dominique de Villepin, a appelé "fermement" l'Iran, mercredi 14 septembre à l'ONU, à se "conformer" à ses engagements de non-prolifération nucléaire. Lors de son intervention, il a exhorté Téhéran à poursuivre le "dialogue", le menaçant à défaut d'une saisine du Conseil du sécurité. "Si un Etat manque à ses obligations au titre du Traité de non-prolifération, il est légitime, une fois épuisée la voie du dialogue, que le Conseil de sécurité soit saisi", a déclaré M. de Villepin.
"Il y a des droits à défendre, en particulier l'usage pacifique de l'énergie nucléaire. Mais il y a des devoirs à faire respecter, pour la sécurité de tous", a souligné M. de Villepin, qui s'exprimait au nom du président français Jacques Chirac, encore convalescent.
UNE DERNIÈRE CHANCE
Avant la déclaration de M. de Villepin, l'Union européenne s'était dite prête à demander un transfert du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l'ONU, selon un document interne dont l'AFP a eu connaissance vendredi 9 septembre. Ce transfert de dossier interviendrait si l'Iran refusait d'arrêter la conversion d'uranium [étape qui précède l'enrichissement d'uranium], demandée par les Etats membres de l'AIEA. De son côté, bien que divisé sur la question, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA, l'organe exécutif de l'agence, doit se réunir à Vienne lundi pour décider une éventuelle saisine du conseil de sécurité.
En attendant, plutôt que d'exiger que Téhéran soit déféré devant le Conseil de sécurité, l'AIEA a demandé aux Etats-Unis de donner à l'Iran une dernière chance de renoncer à la conversion de l'uranium, ont indiqué mercredi des diplomates à Vienne. Dans le même sens, Mohamed ElBaradei, lors d'un entretien téléphonique la semaine dernière avec le secrétaire d'Etat américain, Condoleezza Rice, estimait préférable de donner à l'Iran une date-butoir pour l'arrêt de ses opérations de conversion.
TRAITE DE NON-PROLIFÉRATION
Pour l'heure, les Etats-Unis et l'Union européenne tentent de convaincre le conseil des gouverneurs de l'AIEA d'envoyer le dossier du nucléaire iranien à New York. Mais l'Iran peut encore compter sur la Russie et la Chine opposées à la saisine et membres permanents du Conseil de sécurité. Sur les positions russes et chinoises, plusieurs pays non-alignés, soutenant eux aussi l'Iran, arguent que la fabrication de combustible nucléaire est garantie par le Traité de non-prolifération (TNP), que la république islamique iranienne a signé et ratifié.
Lundi, Téhéran avait fait dépendre sa future coopération avec l'AIEA de la reconnaissance de son droit à produire du combustible nucléaire.
TEHERAN (11 septembre 2005) - Le nouveau chef de la diplomatie iranienne Manouchehr
Mottaki a rejeté dimanche la demande des pays européens
de suspendre de nouveau ses activités nucléaires
ultrasensibles à Ispahan, et a affirmé qu'une saisine
du conseil de sécurité aura des "conséquences".
"Il n'est pas question de revenir à une suspension
des activités d'Ispahan", a déclaré
Manouchehr Mottaki dans sa première conférence de
presse depuis sa nomination à ce poste en août.
Le conseil des gouverneurs doit se réunir le 19 septembre
prochain pour prendre une décision à propos du dossier
nucléaire iranien et le refus de Téhéran
de reprendre la suspension.
Téhéran souligne qu'il a droit à l'enrichissement
pour produire de l'électricité au nom du Traité
de non-prolifération (TNP).
Le ministre a également souligné qu'il n'existait
"aucune base légale pour renvoyer le dossier du nucléaire
iranien devant le Conseil de sécurité de l'Onu".
"Il est naturel qu'un tel envoi aura des conséquences.
Mais à ce stade, je ne veux pas discuter de ce que seront
les répercussions", a ajouté M. Mottaki.
Selon un document interne dont l'AFP a eu connaissance vendredi,
l'Union européenne s'est dit prête à demander
un transfert du dossier nucléaire iranien au Conseil de
sécurité de l'ONU si l'Iran refusait d'arrêter
la conversion d'uranium, comme lui demandent les Etats membres
de l'AIEA.
Les pays de l'UE3 "estiment que la question doit être
résolue au plan diplomatique, mais ils sont convaincus
que cela ne sera possible que si la communauté internationale
envoie un signal clair d'inquiétude à Téhéran
et lui demande de revenir à la table des négociations",
selon ce document.
Le chef de la diplomatie iranienne a également affirmé
que l'Iran allait prochainement lancer un appel d'offres international
pour la construction de deux nouvelles centrales nucléaires.
"Le parlement a adopté une loi pour la construction
de vingt centrales nucléaires et la production de 20.000
mégawatts d'électricité (d'ici vingt ans).
La décision de lancer un appel d'offres est un premier
pas du gouvernement pour appliquer la décision du parlement",
a déclaré M. Mottaki, sans donner plus de précision.
La première centrale nucléaire iranienne est actuellement
en construction à Bouchehr (sud du pays) par les Russes
et devra entrer en fonction fin 2006 après plusieurs années
de retard.
Les Echos, 31 août 2005:
Le chef du programme nucléaire iranien,
Ali Larijani, s'est rendu, hier, en Inde pour y rechercher le
soutien de ce pays aux ambitions nucléaires de la République
islamique. A New Delhi, selon la radio, M. Larijani doit rencontrer
le conseiller indien à la sécurité nationale,
M. K. Narayanan, et « discuter de la paix dans la région
et des liens étroits entre les deux pays ». L'Inde
appartient au Mouvement des non-alignés, dont les membres
ont exprimé leur sympathie pour les efforts de l'Iran dans
le domaine nucléaire. De plus, rappellent des experts,
il existe toujours sur la table un grand projet de gazoduc entre
l'Iran, d'une part, l'Inde et le Pakistan, d'autre part, qui marquerait
la réconciliation des deux frères ennemis, devenus
des puissances nucléaires. Un projet auquel s'oppose Washington.
VIENNE (26 aout 2005) - Le chef du programme nucléaire iranien Ali
Larijani a annoncé vendredi à la presse que Téhéran
ferait de nouvelles propositions de négociations aux Européens
d'ici un mois. Il a indiqué que le nouveau président
iranien Mahmoud Ahmadinejad avait besoin "d'environ un mois
pour formuler de nouvelles propositions". M. Larijani, réputé
comme un dur du régime islamique, avait auparavant rencontré
dans la matinée à Vienne le directeur de l'Agence
internationale de l'énergie nucléaire (AIEA), Mohamed
ElBaradei.
M. ElBaradei doit remettre le 3 septembre un rapport à
l'exécutif de l'AIEA sur la reprise d'activités
nucléaires sensibles en Iran, malgré la réprobation
occidentale et les appels de l'exécutif de l'AIEA.
Trois pays de l'Union européenne (UE3, Allemagne, France
et Grande-Bretagne) ont refusé de nouveaux pourparlers
avec les Iraniens le 31 août, parce que ces derniers ont
repris unilatéralement la conversion de minerai d'uranium
- suspendue depuis novembre 2004 - et rejeté des propositions
de coopération européennes.
Ali Larijani n'a cependant
pas exclu de nouvelles discussions avec l'UE. Mais il a proposé
que d'autres pays, comme l'Afrique du Sud, soient impliquées
dans les négociations. "Nous
considérons les négociations avec les Européens
comme positives et nous pensons toujours qu'elles peuvent l'être",
mais elles "ne doivent pas être exclusives". Des Etats comme la Russie, la Chine,
l'Afrique du Sud, l'Inde et d'autres pays non alignés sont
réticents à ce que Téhéran soit traduit
devant le Conseil de sécurité de l'Onu, parce que
l'enrichissement de l'uranium, dont la conversion est une première
étape, est autorisé par le Traité de non-prolifération
nucléaire (TNP).
Les Etats-Unis ont fait pression ces derniers jours sur d'autres
pays pour un renvoi du dossier iranien au Conseil de sécurité
en vue de possibles sanctions internationales, si Téhéran
ne suspend pas d'ici au 3 septembre des activités nucléaires
pouvant à terme mener à l'arme atomique.
Cependant en raison de l'opposition de la Russie, une réunion
d'urgence dès le 6 septembre à Vienne, envisagée
par les Américains, n'aura pas lieu, ont indiqué
plusieurs diplomates.
Le principal négociateur iranien s'est aussi félicité
devant les journalistes de ses entretiens avec M. ElBaradei, en
soulignant que, pour son pays, "le principal interlocuteur
c'est l'agence" onusienne de non-prolifération. "Il
faut donc que les négociations passent d'abord" par
le directeur de l'AIEA, selon lui.
La technologie nucléaire "est un droit et un besoin
pour l'Iran", car ses réserves pétrolières
sont comptées, a affirmé M. Larijani. Il a dénoncé
"l'apartheid nucléaire" que voudraient lui imposer
certaines puissances.
Les Etats-Unis accusent l'Iran de vouloir aller au delà
du nucléaire civil pour se doter de l'arme atomique.
Le responsable iranien a déclaré ne pas s'inquiéter
d'une menace de sanctions de l'Onu, qui seraient une erreur au
vu "de la puissance dont jouit l'Iran dans la région".
Le Monde, Point de vue, 19/08/05:
L'Iran aura la bombe,
par Yann Richard
"... Car une chose était
claire : si les Iraniens avaient besoin d'un supplément
d'énergie, il était plus facile, économique
et raisonnable d'aménager les infrastructures pour utiliser
le gaz et le pétrole, abondants sous leurs pieds - respectivement
les deuxième et quatrième réserves mondiales
- que d'aménager des centrales nucléaires coûteuses
et dangereuses, dont la technologie aurait le temps d'évoluer
avant l'épuisement de l'énergie fossile.
Ceux qui ont fermé les yeux en 1977 sur cette évidence
sont complices de ce qui, aujourd'hui, est dénoncé
dans l'ambition nucléaire de la République islamique.
Il est trop tard pour revenir sur des programmes dont s'est emparé
un régime en quête de projet pour s'imposer dans
son opinion publique et se faire respecter à l'extérieur.
Considérablement enrichi par un pétrole à
plus de 60 dollars le baril, Téhéran a les moyens
de se payer son uranium et de construire sa bombe..." (l'esprit de Munich
?)
(Yann Richard est directeur de l'Institut
d'études iraniennes à l'université
Sorbonne nouvelle (Paris-III), ex-directeur de l'Institut français
de recherche à Téhéran.)
TÉHÉRAN (16 août
2005) - Le nouveau dirigeant iranien
en charge du nucléaire, le dur Ali Larijani, a affirmé
la détermination de Téhéran à mener
à bien son programme d'enrichissement d'uranium. L'Iran
veut toutefois continuer à négocier avec les Européens.
M. Larijani a confirmé au quotidien «Shargh»
qu'il reprenait bien le lourd dossier nucléaire des mains
du pragmatique Hassan Rohani. Ses premières déclarations
s'inscrivent dans la droite ligne des positions prises par le
régime.
Il a ainsi laissé entendre que son pays ne reviendra pas
sur le redémarrage de l'usine de la conversion d'uranium,
préliminaire à l'enrichissement. «L'Iran n'accepte
pas la résolution» de l'Agence internationale de
l'énergie atomique (AIEA) le pressant de le faire, a dit
M. Larijani.
Les Européens, dont «l'attitude n'est pas justifiable»,
«doivent comprendre que le gouvernement iranien est déterminé
à conserver le cycle de production du combustible nucléaire»,
et donc l'enrichissement, a-t-il ajouté. Il a jugé
«théoriquement possible» que la République
islamique soit traînée devant le Conseil de sécurité
de l'ONU.
Mais «il est improbable que les Américains et les
Européens obtiennent quoi que ce soit en envisageant le
dossier iranien d'un point de vue sécuritaire et en adoptant
une attitude radicale», a-t-il affirmé. Malgré
ces menaces, M. Larijani a jugé qu'il fallait «passer
par le canal de la négociation».
L'Iran a bravé la réprobation occidentale en levant
la semaine passée les scellés posés sur l'usine
de conversion d'Ispahan en même temps que celle de Natanz.
Mardi, environ 500 Iraniens ont formé une chaîne
humaine autour de l'usine d'Ispahan pour défendre le
«droit» de l'Iran aux activités nucléaires.
------> L'Iran construit-il des armes nucléaires ?
------> Prolifération nucléaire, arrière-fond de la guerre ?
------> Si l'Irak a la bombe c'est grâce à
la France
------> Netanyahu pour lever le voile sur l'armement nucléaire
israélien
JERUSALEM (13 aout 2005) - Le président américain a lancé
un nouvel avertissement adressé. "Toutes les options
sont sur la table", a réaffirmé George W. Bush,
n'excluant pas l'usage de la force en cas d'échec des négociations
sur le dossier du nucléaire iranien. Le chancelier allemand
a de son côté rejeté l'idée d'une guerre
samedi. Les mots du président américain, diffusés
vendredi soir par la télévision israélienne,
étaient particulièrement durs. Si les négociations
échouent, "toutes les options sont sur la table",
a-t-il prévenu. "L'emploi de la force est la dernière
option pour tout président. Vous savez que nous avons employé
la force dans un passé récent pour assurer la protection
de notre pays."
Le chancelier allemand Gerhard Schröder, qui lançait
à Hanovre sa campagne électorale pour les législatives
anticipées du 18 septembre, a pour sa part lancé,
répondant apparemment à M. Bush: "Retirez les
options militaires de la table, nous avons vu qu'elles ne convenaient
pas".
George Bush soutient les négociations destinées
à empêcher l'Iran de se doter d'un programme nucléaire
militaire et a exprimé son souhait de voir le conseil de
sécurité des Nations unies décider de sanctions
contre Téhéran en cas d'échec des discussions.
Les Etats-Unis et Israël "sont unis dans (l')objectif
de nous assurer que l'Iran ne dispose pas de l'arme" nucléaire,
a ajouté le président américain. L'Iran,
qui assure poursuivre des buts strictement civils, a repris la
conversion d'uranium en début de semaine, ce qui a provoqué
une mise en garde de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) de l'ONU. Bush a salué cette réaction,
dans laquelle il voit une volonté occidentale d'apaiser
la crise pour pouvoir trouver une solution par la voie diplomatique.
Le Monde, 13/08/2005:
Ombres chinoises sur deux crises nucléaires
TEHERAN (12 aout 2005) - Un des plus hauts dirigeants iraniens, Akbar Hachémi Rafsandjani, a dit vendredi que la reprise d'activités nucléaires ultra-sensibles était "irréversible" et mis en garde contre les "conditions nouvelles" régionales créées par l'Occident qui s'oppose aux projets de l'Iran. "Gardez à l'esprit que vous ne traiterez pas l'Iran comme l'Irak ou la Libye", a aussi lancé l'ancien chef de l'Etat à l'adresse des Occidentaux lors de son sermon à la prière hebdomadaire à Téhéran. Les mots de celui qui dirige le conseil de discernement du régime, la plus haute instance d'arbitrage du pouvoir, ont été salués dans la foule par "Mort à l'Amérique", "Mort à Israël" et "Dieu est grand". Plusieurs centaines de personnes ont manifesté après la prière, revendiquant le droit au nucléaire.
TEHERAN (10 aout 2005) - L'Iran a terminé de lever mercredi les scellés
sur son usine de conversion d'Ispahan, laissant la communauté
internationale chercher à grand-peine un consensus sur
la réponse à donner à la reprise d'activités
pouvant être détournées pour fabriquer l'arme
nucléaire.
"Nous avons levé les scellés, l'usine de conversion
d'Ispahan est totalement opérationnelle", a déclaré
le vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie
atomique, Mohammad Saïdi. "Cela se passe sous le contrôle
de l'Agence" internationale de l'énergie atomique
(AIEA), qui a installé ses caméras de surveillance
sur place au cours des derniers jours, a souligné M. Saïdi.
Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA était réuni
depuis mardi à Vienne pour décider de la réponse
à donner à la reprise de la conversion. Attendue
mais lourde de signification, la levée des scellés
risque de compliquer encore la tâche des 35 membres du Conseil
des gouverneurs de l'AIEA, qui peinaient à s'entendre sur
un texte.
10/08/2005 -
L'ambassadeur de Chine à l'Onu, Wang Guangya, a déclaré
mercredi qu'il ne serait "pas utile" de saisir le Conseil
de sécurité du dossier nucléaire iranien,
estimant que la question est du ressort de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA).
Libération, 08 août 2005 :
L'Iran
reprend la transformation d'uranium
TEHERAN (6 aout 2005) - L'Iran a redoublé de fermeté samedi
face aux exigences internationales sur le nucléaire, son
nouveau président Mahmoud Ahmadinejad prévenant
à sa prestation de serment que son pays ne se soumettrait
pas à la "tyrannie" de l'étranger, malgré
la menace d'une crise grave.Le régime iranien a de nouveau
rejeté comme "inacceptables" des propositions
européennes de coopération et persisté dans
sa décision de reprendre les activités nucléaires
ultra-sensibles de conversion d'uranium, au risque d'être
traîné devant le Conseil de sécurité
de l'Onu. "Pourquoi certains pays ne comprennent-ils pas
que la nation iranienne n'accepte pas la tyrannie", s'est
demandé le nouveau président dans le discours suivant
sa prestation de serment devant le parlement.
Il a tenu un discours d'intransigeance sur les "droits"
du pays et le refus de la "soumission", au moment où
une partie de la communauté internationale presse l'Iran
de fournir les garanties qu'il ne produira pas l'arme nucléaire
et s'inquiète que l'avènement de l'ultra-conservateur
Ahmadinejad ne signifie un durcissement de la politique étrangère
iranienne. "Nous n'accepterons rien qui viole les droits
de notre nation, c'est un principe irrévocable de notre
politique", a-t-il déclaré dans une claire
allusion aux pressions exercées sur l'Iran pour qu'il renonce
à l'enrichissement et à la conversion d'uranium.
D'autres officiels iraniens se sont montrés plus explicites
pour rejeter l'offre de coopération européenne devant
convaincre l'Iran de donner les garanties que ses activités
nucléaires civiles ne seront pas détournées
à des fins militaires. "Ces propositions sont inacceptables,
elles sont rejetées", a dit à l'AFP Hossein
Moussavian. En refusant que l'Iran reprenne l'enrichissement,
elles contredisent les accords conclus avec les Européens
et violent les conventions internationales, a ajouté ce
négociateur.
Dans ses 34 pages de propositions de coopération nucléaire,
commerciale et politique, l'UE3 (Allemagne, France, Grande-Bretagne),
qui négocie depuis décembre avec l'Iran, demande
en effet un engagement iranien à ne plus enrichir puisque
l'Europe lui donnera des garanties d'approvisionnement en combustible
nucléaire.
Il s'agirait là, pour les Européens, de la garantie
la plus probante que les Iraniens pourraient donner de la nature
purement civile de leurs activités.
Les Iraniens avaient déjà dit qu'ils n'accepteraient
jamais une telle demande et qu'aucune contrepartie ne les convaincrait
de renoncer à la conversion et l'enrichissement. La conversion
reprendra "définitivement cette semaine", a dit
M. Moussavian. L'Iran est ainsi plus que jamais sous la menace
d'être traîné devant l'Onu.
Une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs (exécutif)
de l'Agence internationale de l'énergie atomique est convoquée
mardi à la demande des Européens pour dissuader
l'Iran de mettre son projet à exécution. Selon le
ministre français des Affaires étrangères
Philippe Douste-Blazy, si l'Iran persiste, "il faudra saisir
le Conseil de sécurité".
M. Moussavian a brandi la menace que l'Iran reprenne non plus
seulement la conversion, mais l'enrichissement proprement dit,
dont elle est le préalable. "Si le dossier iranien
est envoyé au Conseil de sécurité, c'est
la suspension des activités de Natanz qui sera menacée".
La conversion, opérée à Ispahan (centre),
transforme de la poudre de minerai d'uranium (yellowcake) en gaz
qui est ensuite injecté dans des centrifugeuses pour produire
l'uranium enrichi, combustible pour les centrales. Les activités
de l'usine d'enrichissement de Natanz (centre) ont été
suspendues en novembre en même temps que celles d'Ispahan
pour permettre des négociations avec les Européens.
La réunion de l'AIEA n'a "aucune justification légale",
a dit le porte-parole des Affaires étrangères Hamid
Reza Assefi, parlant de "guerre psychologique". Par
souci de légalité internationale, l'Iran entend
que les scellés posés sur l'usine par l'AIEA soient
brisés sous sa supervision. L'agence a dit avoir besoin
jusqu'au milieu de la semaine prochaine pour installer des équipements
de surveillance à Ispahan. "Le retard pris par l'Agence
est inacceptable, a dit M. Moussavian.
Libération, lundi 01 août 2005:
En annonçant la reprise d'activités nucléaire ultra-sensibles, le régime des Mollahs défie la communauté internationale.
L'Iran défie la communauté internationale. En excluant lundi de revenir à une suspension totale d'activités nucléaires ultra-sensibles, ses dirigeants ont pris le risque de déclencher une crise majeure. Ils ont remis à l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne (AIEA) une lettre indiquant la reprise «dès aujourd'hui» des travaux de conversion d'uranium, étape fondamentale de l'enrichissement nécessaire à la fabrication d'une arme atomique. «Nous avons remis la lettre annonçant la reprise de nos activités», a déclaré devant quelques journalistes un des négociateurs iraniens, Ali Agha Mohammadi, mettant ainsi fin à une série d'ultimatums et de tergiversations. Les scellés posés par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur l'usine de conversion d'uranium d'Ispahan «seront enlevés aujourd'hui en présence des inspecteurs de l'agence qui se trouvent actuellement en Iran», a déclaré Ali Agha Mohammadi. La lettre invoque également le «droit inaliénable de la République islamique» et accuse l'Union européenne d'avoir voulu faire de la suspension de telles activités un «fait accompli». «Je demande à l'Iran de continuer le processus de négociations» avec l'Union européenne (UE), a réagi l'égyptien Mohamed ElBaradei, le chef de l'AIEA dans un communiqué publié après la réception de la lettre de Téhéran.
L'Iran qui prend ainsi le risque de la rupture de ses négociations avec les Européens et d'un renvoi devant le Conseil de sécurité de l'ONU a expliqué que la décision de reprendre la conversion avait été prise à l'expiration à la mi-journée d'un dernier ultimatum communiqué à Javier Solana, le haut représentant pour la politique extérieure de l'UE. Selon Ali Agha Mohammadi, ce dernier n'a pas produit les «garanties» que le droit de l'Iran à l'enrichissement et à la conversion d'uranium serait reconnu dans des propositions de coopération que l'UE entendait soumettre à l'Iran dans les prochains jours.
L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne (UE3), mandatées par l'UE, négocient depuis décembre avec l'Iran pour obtenir les garanties que Téhéran, suspecte après des années de dissimulations, ne fabriquerait pas l'arme nucléaire. Elles lui offrent en contrepartie une coopération nucléaire, commerciale et politique comme l'UE s'y est engagé par la signature des accords de Paris en novembre 2004. L'Iran avait depuis cette date suspendu toutes ses activités liées à l'enrichissement. Mais, après des mois de tumultueuses tractations, l'Iran a exigé que ces offres lui soient transmises d'ici au 1er août au plus tard. Le régime des mollahs a surtout très mal pris qu'elles ne semblent pas devoir lui reconnaître un droit à l'enrichissement.
Pour autant Téhéran considére que la conversion ne relève pas de l'enrichissement et «maintiendra la suspension volontaire de toutes ses activités liées à l'enrichissement», dit le texte. La République islamique laisse entendre que l'enrichissement lui-même recommencera à terme mais assure «qu'aucun effort n'est négligé pour parvenir à une reprise négociée». Elle se dite même prête à poursuivre «dans la bonne foi» les négociations avec l'UE.
Les Européens pour leur part n'ont pas caché qu'ils voulaient obtenir un renoncement permanent des Iraniens à ces activités ultra-sensibles. Et la reprise de la conversion constitue une rupture de l'accord existant, selon plusieurs diplomates. L'UE, qui s'était opposée jusqu'alors aux Etats-Unis sur le recours au Conseil de sécurité, devrait demander une réunion d'urgence de l'AIEA. «Nous espérons que de nouveaux pas ne seront pas franchis dans les jours prochains qui mettraient en danger une solution négociée», a indiqué dans l'après-midi un porte-parole de la Commission européenne. «Le gouvernement allemand exige de l'Iran qu'il ne fasse pas de geste unilatéral qui enfreindrait l'accord conclu à Paris», a demandé Jens Plötner, porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemandes. Quant à la France, elle s'est dite «surprise» et «préoccupée» par une action qui ne revêt «aucune justification économique ou technique».
Interrogé sur la position des Etats-Unis
à leur égard, l'Iran n'a pas caché ses craintes
d'une tension ravivée avec l'administration de George W
Bush. «Nous sentons qu'il y a des menaces, des changements
de positionnement de leurs forces, a déclaré Ali
Agha Mohammadi. Nous ne sommes pas indifférents à
ces menaces», a-t-il ajouté, même si «nous
connaissons les limites des capacités militaires américaines».
Mais, conclut-il, «de telles menaces ne peuvent nous détourner
de notre chemin».
NouvelObs, 1/08/05:
Iran: Chronologie des démêlés avec la communauté internationale
L'annonce par l'Iran de la reprise de la
conversion d'uranium, lundi 1er août, est le dernier épisode
en date des démêlés de la République
islamique avec la communauté internationale, dont voici
les principales étapes :
2002
- 12-13 décembre : Des
photos satellites diffusées par les télévisions
américaines révèlent l'existence de deux
sites nucléaires à Arak (sud-ouest de Téhéran)
et à Natanz (centre) qui peuvent, selon les médias
américains, avoir une finalité militaire. L'Iran
accepte une inspection de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA), l'agence de sûreté nucléaire
des Nations unies.
2003
- 9 février : Le président iranien, Mohammad
Khatami, annonce que son pays produira son propre combustible
nucléaire pour ses futures centrales civiles.
- 21 février : Visite à Téhéran
du directeur général de l'AIEA, Mohammed ElBaradei,
pour vérifier que le programme nucléaire iranien
est à vocation civile et qu'il ne dissimule pas la mise
au point d'une bombe atomique.
- Février à mai : Séries d'inspections
de l'AIEA.
- 19 juin : L'AIEA demande à l'Iran d'appliquer
un protocole additionnel au Traité de non-prolifération
nucléaire (TNP) devant permettre des inspections inopinées
et approfondies de ses sites nucléaires.
- 26 août : Un rapport de l'Onu fait état
de traces types d'uranium hautement enrichi découverts,
non nécessaires pour des programmes civils.
- 12 septembre : L'AIEA donne à l'Iran jusqu'au
31 octobre pour prouver qu'il ne met pas au point l'arme nucléaire.
Téhéran rejette cet ultimatum.
- 21 octobre : A l'issue d'une visite sans précédent
des ministres français, allemand et britannique des Affaires
étrangères, l'Iran accède à toutes
les exigences de l'AIEA: coopération "totale"
avec l'agence, contrôle renforcé de ses activités
nucléaires, suspension de l'enrichissement d'uranium et
engagement à signer le protocole additionnel au TNP.
- 10 novembre : Un rapport interne de l'AIEA estime qu'"actuellement,
il n'y a pas de preuve que l'Iran met au point l'arme nucléaire".
Les Etats-Unis réfutent cette conclusion.
- 26 novembre : L'AIEA adopte une résolution stigmatisant
le régime islamique pour avoir manqué à ses
obligations.
- 18 décembre : Téhéran signe à
Vienne le protocole additionnel au TNP.
2004
- 4 avril : L'Iran dément posséder des sites
nucléaires secrets et soutient que la mise en service expérimentale
du site de conversion d'uranium d'Ispahan (centre) ne viole pas
ses engagements.
- 1er juin : L'AIEA affirme avoir découvert en Iran
de nouvelles traces d'uranium enrichi à un taux supérieur
aux besoins civils. Le 18, l'agence adopte une résolution
qui critique sévèrement les omissions de l'Iran.
- 1er septembre : Un rapport de l'AIEA s'inquiète
de l'intention déclarée de Téhéran
de procéder à des tests directement liés
à l'enrichissement d'uranium.
- 18 sept: L'AIEA réclame la suspension de toutes
ses activités liées à l'enrichissement d'uranium.
- 21 septembre: L'Iran annonce avoir commencé la
conversion de 37 tonnes de minerai d'uranium.
- 15 novembre : Par l'accord de Paris, l'Iran accepte de
suspendre ses activités d'enrichissement contre une promesse
européenne pour une coopération nucléaire,
commerciale et politique.
- 22 novembre : Entrée en vigueur de la suspension
de l'enrichissement d'uranium.
- 30 novembre : L'Iran déclare qu'il reprendra à
terme l'enrichissement auquel il "ne renoncera jamais".
- 13 décembre : Ouverture de négociations
avec l'UE-3 (France, Allemagne et Grande-Bretagne).
2005
- 13 février : L'Iran refuse de renoncer à
la construction d'un réacteur à eau lourde susceptible
d'être utilisé à des fins militaires, malgré
une proposition européenne d'offrir à Téhéran
un réacteur à eau légère.
- 23 mars : Selon des sources diplomatiques, les Iraniens
proposent une reprise de l'enrichissement à une échelle
restreinte aux Européens, qui exigent néanmoins
un renoncement permanent de Téhéran à cette
technique.
- 30 avril : L'Iran annonce qu'il pourrait reprendre dans
les prochains jours la conversion d'uranium à l'usine d'Ispahan,
préalable à l'enrichissement.
- 11 mai : Les Européens mettent en garde l'Iran
contre une reprise de ses activités nucléaires sensibles
qui "mettrait fin au processus de négociations",
le Premier ministre britannique Tony Blair menaçant même
de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu.
- 19 mai: Téhéran prévient que sa
décision est "irréversible".
- 25 mai : Les Iraniens acceptent, avant toute autre décision,
que l'Europe lui soumette des "propositions détaillées"
de coopération d'ici à début août.
- 27 juillet : Selon le président Khatami, l'Iran
va reprendre certaines activités nucléaires ultra-sensibles,
quelles que soient les contreparties que l'UE lui offrira.
- 1er août : L'Iran annonce qu'il informera formellement
dans la journée l'AIEA de sa décision de reprendre
la conversion d'uranium.
Le Monde, 1/08/05:
Prise de court par l'annonce de Téhéran,
l'Union européenne affirme "maintenir le cap"
1/08/2005 - La plus haute instance de la sécurité iranienne a annoncé que Téhéran a informé l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA), lundi, de sa décision de reprendre certaines de ses activités nucléaires.
L'Iran a demandé à l'AIEA d'ordonner à ses inspecteurs en Iran de briser les scellés qui avaient été posés sur les accès à l'usine de conversion nucléaire d'Ispahan afin que les techniciens puissent relancer le retraitement de l'uranium, a précisé Ali Agha Mohammadi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, à la radio iranienne.
Le retraitement de l'uranium est l'étape juste avant l'étape d'enrichissement d'uranium qui, elle, reste gelée, selon ce porte-parole. Peu avant cette annonce, le président du Parlement iranien avait averti que les négociateurs européens n'avaient plus que quelques heures pour soumettre leurs propositions à l'Iran avant que Téhéran ne reprenne certaines de ses activités nucléaires qui étaient gelées depuis novembre dernier.
Une telle initiative pourrait conduire l'Union européenne à faire comparaître l'Iran devant le Conseil de sécurité des Nations unies alors que Washington exige une sanction à l'encontre de l'Iran sur son programme nucléaire.
Gholam Ali Hadad Adel avait souligné que l'heure limite de 17h00 locales (12h30 GMT) constituait «l'occasion finale» pour l'UE de soumettre sa liste d'incitations visant à persuader l'Iran de geler de manière permanente son programme d'e