20/9/2008 - Le
chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a annoncé
samedi la présentation d'ici au printemps prochain d'un
"plan énergétique national" qui comprendra
le lancement du processus pour un retour au nucléaire,
cité par l'agence Ansa. "D'ici au printemps prochain,
le gouvernement présentera un plan énergétique
national", a déclaré M. Berlusconi dans un
discours à Rovigo lors de l'inauguration d'une unité
off-shore de regazification. Ce plan portera sur "la diversification
des sources énergétiques, le lancement du nucléaire
et les énergies renouvelables", a-t-il précisé.
Le gouvernement italien a annoncé en mai, peu après
le retour de Silvio Berlusconi au pouvoir, qu'il voulait renouer
avec le nucléaire, abandonné depuis 20 ans à
la suite d'un referendum populaire, afin de sortir de sa dépendance
énergétique. Ce plan devra permettre à l'Italie
d'abaisser "le coût de son énergie au niveau"
de celui des autres pays européens et de rattraper "le
temps perdu par ceux qui nous ont précédés",
a-t-il expliqué. Le précédent gouvernement
de gauche de Romano Prodi était allié avec les écologistes.
M. Berlusconi a fait état d'une "collaboration étroite
avec Gordon Brown et Nicolas Sarkozy" qui permettra à
l'Italie de "disposer d'un +know-how+ (savoir-faire) pour
construire en quelques années (des centrales)". En
mai, le gouvernement a annoncé qu'il voulait "poser
la première pierre" d'un retour au nucléaire
d'ici à cinq ans, avant la fin de l'actuelle législature.
L'Italie dépend à 87% de l'étranger pour
sa consommation d'énergie. Le pétrole est le principal
combustible utilisé (43%) devant le gaz (36%). Elle a renoncé
au nucléaire lors d'un référendum organisé
en 1987, peu après la catastrophe du 26 avril 1986 à
Tchernobyl en Ukraine, et a fermé ses quatre centrales
nucléaires.
17/9/2008 - La France et la Slovaquie ont signé mercredi un accord dans le domaine du nucléaire civil, lors d'une visite du Premier ministre slovaque Robert Fico au président Nicolas Sarkozy, selon l'Elysée. Outre cet accord-cadre sur le nucléaire civil, deux autres accords ont été signés: une déclaration qui institue un "partenariat stratégique" entre Paris et Bratislava, ainsi que le plan d'action qui déroule de manière concrète les orientations de ce partenariat. Les deux derniers accords ont été signés par MM. Sarkozy et Fico, l'accord sur le nucléaire civil par M. Fico et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, a-t-on précisé à l'Elysée. "La France et la Slovaquie ont clairement fait le choix du nucléaire", argue-t-on à l'Elysée. "Le nucléaire représente 50% de l'électricité en Slovaquie. La Slovaquie a une expérience en la matière mais souhaite la développer considérablement. Pour l'instant, c'est une expérience essentiellement tournée vers la technologie russe", a-t-on ajouté. La Slovaquie souhaite développer sa centrale nucléaire de Bohunice et en construire une nouvelle. Il devrait y avoir un appel "d'ici la fin de l'année", a précisé M. Fico devant les journalistes. Les Slovaques "insistent sur la sécurité et la nécessité d'avoir la technologie nucléaire la plus moderne possible. Le président Sarkozy a dit que la France était à la pointe de la technologie nucléaire et offrait les meilleures garanties en terme de sécurité et de modernité des systèmes", selon la même source. Sur le plan des relations bilatérales, MM. Sarkozy et Fico "se sont félicités de ce que la France est le premier investisseur étranger de la Slovaquie" et "ont souhaité que les relations commerciales se développent encore davantage". Ont notamment été évoquées la coopération dans les domaines des infrastructures, des transports (l'axe ferroviaire Paris-Bratislava), militaire. Autre sujet abordé: le paquet climatique qui sera discuté lors du Conseil européen d'octobre.
13/9/2008 - Le Brésil projette de construire près de 60 centrales nucléaires au cours des 50 prochaines années, a annoncé vendredi le ministre des Mines et de l'Energie, Edson Lobao. Elles seront en mesure de produire au total 60.000 megawatts (MW). "En ce qui concerne ces usines, il n'y a pas encore de délibérations mais il existe un programme que nous allons soumettre au Conseil National de Politique Energétique (CNPE) sur une série de 60.000 MW au cours des 50 prochaines années", a dit M. Lobao. Le ministre s'est exprimé à l'issue de la visite des centrales Angra I et Angra II et du chantier où sera édifiée Angra III, toutes situées à Angra dos Reis (Etat de Rio). Ces usines, une par an en moyenne, ne tiennent pas compte d'Angra III en construction ni des quatre centrales déjà prévues dans le cadre du plan énergétique du gouvernement. Selon le ministre, les travaux d'Angra III commenceront d'ici à avril 2009 et demanderont cinq ans. La construction de cette centrale, évaluée à 3,7 milliards de dollars, a été approuvée fin juin par le CNPE. Ce projet controversé était suspendu depuis 21 ans mais le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva a décidé de relancer le programe nucléaire brésilien. L'énergie nucléaire représente actuellement 4,5% des sources energétiques du pays et passera à 5,7% du total en 2010. Au Brésil, 85% de l'électricité produite est d'origine hydroélectrique mais ces ressources se feront plus rares à partir de 2020, selon les spécialistes.
11/9/2008 - La production d'énergie nucléaire pourrait avoir doublé en 2030, des mesures étant prises pour lutter contre le réchauffement climatique tandis qu'augmente le coût des énergies fossiles, a indiqué l'AIEA jeudi. "La production d'énergie nucléaire va continuer à croître au cours des deux prochaines décennies en raison de l'augmentation de la demande mondiale", peut-on lire dans un résumé du rapport annuel de l'AIEA sur l'énergie. La production nucléaire mondiale annuelle est actuellement de 372 gigawatts (milliards de watts). Elle pourrait évoluer vers une fourchette comprise entre 473 et 748 gigawatts, dit le rapport. Hans-Holger Rogner, responsable des prévisions auprès de l'agence internationale, a expliqué que la hausse des prix du gaz naturel et du charbon, combinée avec des mesures en faveur du développement durable, favorisait le développement du nucléaire. La projection haute présentée dans le rapport pourrait être atteinte si "les gouvernements et les entreprises décident de s'engager dans des investissements à long terme en faveur du nucléaire." "Cette projection prend aussi en compte d'éventuelles mesures politiques pour lutter contre les changements climatiques", ajoute le texte.
Le Monde, 10/9/2008:
Après d'autres Etats d'Europe du Nord, les Pays-Bas vont débattre d'une possible relance du nucléaire. Le principal parti du pays - le CDA, l'Appel chrétien-démocrate du premier ministre, Jan Peter Balkenende - a récemment incité les entreprises à solliciter des permis pour la construction d'une nouvelle centrale.
Le ministre des affaires étrangères, Maxime Verhagen, lui aussi membre du CDA, s'est dit partisan d'une discussion sur ce thème, qui divise la coalition au pouvoir et rompt les équilibres traditionnels entre les partis. M. Verhagen estime qu'il convient d'étudier les moyens de diminuer la dépendance des Pays-Bas à l'égard de la Russie. "Nous aurons tout simplement un besoin pressant du nucléaire dans les décennies à venir", ajoute Pieter Van Geel, chef du groupe CDA à la Deuxième Chambre (la chambre des députés).
Les Pays-Bas avaient décidé de renoncer à l'énergie nucléaire après la catastrophe survenue à la centrale russe de Tchernobyl, en 1986. La part de cette source d'énergie dans la consommation totale du pays ne dépasse pas 9 % aujourd'hui et Borssele, la seule centrale néerlandaise, devait en principe s'éteindre en 2033 sans qu'aucun autre site ne soit construit entretemps. Le consensus général qui avait conduit à ces décisions est rompu.
La question mondiale des émissions de CO2 et les discussions sur la dépendance énergétique du pays ont d'abord incité les patrons et les syndicats, réunis au sein du Conseil économique et social (SER), à informer le gouvernement qu'à leurs yeux, le problème du nucléaire pouvait être réenvisagé. [Lire: "Nucléaire: L'escroquerie du discours sur l'effet de serre"]
Le CDA estimait, quant à lui, que la relance de l'énergie atomique était "une option à discuter". Désormais, il plaide pour l'ouverture de nouveaux sites, même s'il affirme que le gouvernement actuel - en place jusqu'en 2010 en principe - ne prendra pas de décision à court terme.
Une majorité pronucléaire se dessine à la Deuxième Chambre. Elle regroupe les députés chrétiens-démocrates, libéraux, populistes mais aussi ceux du Socialistische Partij (SP, gauche radicale).
Cette formation, qui fut l'un des vainqueurs des législatives de 2006, estimait à l'époque que le nucléaire n'était pas "une solution responsable". Le SP affirme aujourd'hui que les nuisances de cette forme d'énergie sont peut-être moins importantes que celles engendrées par d'autres sources.
PAYS DENSÉMENT PEUPLÉ
Les deux partis qui gouvernent actuellement avec les chrétiens-démocrates de M. Balkenende, à savoir le PVDA (travailliste) et ChristenUnie (protestant rigoriste), restent quant à eux résolument hostiles au nucléaire. Tout comme les écologistes du parti GroenLinks.
Pour Jacqueline Cramer, ministre travailliste de l'environnement et ancienne militante du mouvement antinucléaire, la construction de nouvelles infrastructures est "un non-débat". Son parti souligne, en outre, qu'aucun groupe industriel européen ne paraît enclin à solliciter un permis aux Pays-Bas, un pays densément peuplé et susceptible d'être en partie inondé.
Les entreprises néerlandaises du secteur énergétique disposent, elles, d'une expérience limitée et s'orientent en grande partie vers la production d'énergies renouvelables. Seule l'une d'entre elles, Delta, se dit clairement favorable à l'ouverture d'une nouvelle centrale, qu'elle affirme pouvoir fournir en 2016 si elle obtient le feu vert du gouvernement.
Un débat parlementaire difficile devrait se tenir prochainement à La Haye. Il sera compliqué par le fait que les partis en présence ne défendent pas des positions unanimes. Ruud Lubbers, ancien premier ministre et membre du CDA, a critiqué, dimanche 7 septembre, les positions pronucléaires défendues par son parti.
Au sein du Parti travailliste, un ancien ministre de l'environnement a, en revanche, invité sa formation à nuancer son opposition à toute discussion.
10/8/2008 - Nicolas
Sarkozy s'est félicité dimanche de la finalisation
de l'accord de coopération entre EDF et l'électricien
chinois China Guangdong Nuclear Power Holding Company (CGNPC)
pour construire et exploiter deux centrales nucléaires
EPR en Chine. Dans un communiqué, le président français
a salué "le travail et l'engagement d'EDF, qui a permis
de parvenir à ce succès attendu". "La
signature de ce contrat illustre la qualité du partenariat
franco-chinois dans le domaine du nucléaire civil et conforte
la place de la France de premier partenaire de la Chine en la
matière", a-t-il ajouté. Les deux groupes avaient
signé un accord-cadre en novembre. Les accords finaux prévoient
la création d'une société commune pour construire
et exploiter deux centrales nucléaires de technologie EPR
dans le sud de la Chine. Ces deux réacteurs EPR ont été
vendus en novembre à la Chine par Areva pour 8 milliards
d'euros, combustible compris.
Le Monde, 7/9/2008:
Courrier des lecteurs
Le sondage que Le Monde a commandé à l'IFOP - notre édition datée 20-21 juillet - montre que 67 % des personnes interrogées ont estimé qu'il fallait maintenir la part du nucléaire dans la production énergétique parce que, selon la formulation proposée par l'IFOP, il " assure l'indépendance énergétique de la France ".
Nous contestons formellement cette affirmation qui induit indubitablement une réponse favorable au nucléaire sur la basse d'une donnée fausse : en effet, malgré 58 réacteurs qui produisent 80 % de son électricité, la France est frappée comme ses voisins par l'explosion du prix de l'énergie (...).Les documents annuels du ministère de l'économie sont d'ailleurs limpides : - pour 2007 - " Hors énergie, la balance commerciale serait excédentaire de 5,6 milliards d'euros ; avec l'énergie, elle est déficitaire de 39,2 milliards. "
Il apparaît donc clairement que le nucléaire n'assure absolument pas l'indépendance énergétique de la France. Il aurait été intéressant de voir les résultats si l'IFOP avait posé la question par exemple ainsi : " Sachant que, malgré 58 réacteurs, le nucléaire est incapable d'assurer l'indépendance énergétique de la France, êtes-vous d'accord pour courir quand même le risque nucléaire ? "
Stéphane Lhomme, Sortir du nucléaire
Les Echos, 9/7/2008:
[Un article de total blabla
pronucléaire!]
Porté par la vague du nucléaire, le laboratoire Atalante du CEA étudie des retraitements plus sûrs pour les déchets.
Un laboratoire français qui respire la sérénité. C'est suffisamment rare ces temps-ci pour mériter une visite à Atalante, le centre de recherche sur ce cycle du combustible du CEA. Derrière les clôtures barbelées du centre de Marcoule, les protestations actuelles de la communauté scientifique parviennent difficilement aux oreilles des chercheurs. Car les moyens financiers coulent à flot. « Nous n'avons aucun souci pour financer des projets, le nucléaire est une activité très profitable », savoure le sourire aux lèvres Philippe Pradel, directeur de l'énergie nucléaire du CEA. A Marcoule, on ne court pas en permanence les guichets et les tutelles pour boucler les fins de mois. Jusqu'à se passer des coups de pouce de l'Agence nationale de la recherche, le nouvel argentier de la recherche. « Nous ne sommes pas obligés de bricoler », s'émerveille Gilles Bridier, directeur adjoint du centre, qui justifie : « On a besoin de moyens particulièrement lourds pour faire de la recherche dans ce domaine. »
Quelque 19.000 m2 de laboratoires, « uniques au monde », des boîtes à gants par dizaines, une ligne de manipulation blindée et hautement robotisée, réplique de l'usine de la Hague. Atalante est un fleuron de cette recherche nucléaire, enfant gâtée d'une filière en plein boom. Des projets de centrales par dizaines dans le monde, des pays qui vous mangent dans la main pour accéder au Graal énergétique. Et puis, cette mission proclamée haut de sauver la planète de la rareté pétrolière et du réchauffement climatique. Car les 270 chercheurs et techniciens d'Atalante ne clament plus qu'un objectif : le développement durable (du nucléaire) via le traitement des déchets des centrales. En majorité, ces scientifiques travaillent en radiochimie : c'est grâce à quelques molécules que le nucléaire pourrait gagner en respectabilité.
Le cycle de retraitement pratiqué à la Hague et à Marcoule comporte actuellement deux failles politiquement incorrectes. Une fois consommé en réacteur, le combustible d'une centrale est un cocktail compliqué, qui contient une trentaine d'éléments de la table de Mendeleïev, dont 95 % d'uranium et 1 % de plutonium. Les crayons sont démontés à l'usine de la Hague, puis les pastilles passent dans un bain d'acide citrique pour les rendre liquides. Cette solution est émulsionnée avec de l'huile, puis un solvant y extrait séparément 99,9 % du plutonium et de l'uranium. Ces deux substances passent ensuite par une étape de précipitation (solidification) dans un oxalate avant d'être réduites en poudre par calcination. Une partie du plutonium (8 tonnes par an) sera transformée à Marcoule en carburant MoX pour être recyclé en réacteur. [Lire: La voie du plutonium dans l'impasse et se rappeler qu' 1/1 000 000 ème de gr de plutonium inhalé suffit à provoquer un cancer et que 8 kilos sont suffisant pour faire une bombe atomique de type Nagasaki]
Déchets radiotoxiques
C'est la première faille de ce procédé vieux
de plus de quarante ans : le plutonium pur peut être détourné
pour faire des bombes nucléaires [lire: On peut faire des bombes avec le plutonium de La Hague].
Une tentation pour bien des Etats postulant à l'achat de
centrales. Les chercheurs ont qualifié en 2005 un nouveau
procédé de traitement avec Areva. Le plutonium n'est
plus isolé séparément mais conserve une proportion
d'uranium allant jusqu'à 50 %. Une fois réduit en
poudre, il est impossible de retrouver le plutonium, « à
moins de refaire un cycle de traitement, un privilège de
quelques laboratoires », estime Brigitte Lorrain. Au-delà
de ce procédé, proposé à l'exportation,
Atalante teste actuellement d'autres traitements de plutonium
comportant un ou plusieurs actinides, voire des produits de fission.
Le recyclage du MoX
devient [beaucoup] alors plus lourd, mais offre encore plus de garanties de non-prolifération. « Toutes les options restent ouvertes »,
estime Brigitte Lorrain. Reste aussi à démontrer
la bonne irradiation de ces nouveaux combustibles dans les futurs
réacteurs. La filière devra par ailleurs considérer
l'intérêt économique de ces recyclages.
L'autre faille concerne les déchets les plus radiotoxiques qui demeurent dans la solution après l'élimination du plutonium et de l'uranium. Ces actinides mineurs et ces produits de fission sont coulés dans un colis en verre pour les confiner au maximum. Cette protection reste bien sommaire au regard des dizaines de milliers d'années que prendra la décroissance des déchets. Les chimistes ont donc étudié des solvants capables de séparer les actinides des produits de fission. Car si les premiers restent très longtemps actifs, les seconds retournent au niveau de l'uranium naturel en 300 ans, selon le CEA. Deux grandes pistes permettent aujourd'hui d'envisager l'incinération des actinides : les réacteurs à neutrons rapides de 4e génération ou des accélérateurs de particules, dont la démonstration est prévue au-delà de 2020 [lire: Transmutation, la science-fiction appliquée au déchets]. Pour les chercheurs, la possibilité de séparer les actinides ouvre donc des perspectives intéressantes. « Nous avons étudié des centaines de molécules. Aujourd'hui, nous avons un ou deux candidats satisfaisants », explique Clément Hill, chimiste à Atalante. Ces molécules comportent deux parties fonctionnelles. Leur tête possède une affinité pour les électrons des ions métalliques, c'est elle qui capte les différents déchets nucléaires. La queue de la molécule, lipophile, est, elle, attirée par l'huile de l'émulsion dans laquelle baignent les déchets.
Centrifugation et décantage
Toute cette cuisine doit ensuite passer par plusieurs étapes
de centrifugation et de décantage pour séparer les bons et les mauvais ingrédients.
Ces recherches à l'échelle du bécher sont
généralement réalisées sur des isotopes
peu actifs équivalents aux déchets ciblés.
Les manipulations se font plus facilement dans des boîtes
à gants peu protégées. Les meilleures molécules
affrontent ensuite des conditions quasi industrielles. Les chercheurs
« perdent alors la main » puisqu'ils doivent manipuler
pipes, tubes à essais et autres béchers à
travers d'épaisses vitres plombées, via des bras
robotisés.
A quelques dizaines de mètres de là, d'autres chercheurs travaillent sur les mêmes substances, mais dans des conditions plus clémentes. Leurs laboratoires sont ouverts à la lumière du jour, nul besoin de blouses, de ceintures de mesure d'irradiation, aucun portique anti-becquerels, l'ordinateur est ici le seul instrument. Les chimistes ont modélisé la quasi-totalité des étapes du recyclage de l'usine de la Hague. Cet outil sert notamment à définir des procédures de secours lorsque la chaîne de production déraille. Les Chinois ont, paraît-il, fort apprécié ce simulateur. Ils négocient actuellement avec les Français d'Areva l'implantation chez eux d'un grand centre de retraitement de leurs déchets. Le recyclage des actinides n'est pas à l'ordre du jour, contrairement à celui du plutonium. Les chercheurs espèrent qu'ils seront les premiers à adopter leur procédé plus sûr. Car l'usine de la Hague, elle, n'a pas prévu de l'intégrer avant un bon bout de temps. Les chimistes le savent bien, le cycle d'innovation en nucléaire prend vingt ans. Et le développement durable se conjugue souvent au futur.
Les Echos, 4/7/2008:
Le chef de l'Etat a confirmé hier la construction d'un deuxième réacteur de type EPR dans l'Hexagone. Son implantation pourrait être décidée dès début 2009. A ses yeux, le nouveau contexte énergétique mondial offre à la filière nucléaire française une « opportunité exceptionnelle ».
La France comptera sans doute 60 réacteurs nucléaires en 2020. A l'occasion de sa visite au Creusot (Saône-et-Loire), Nicolas Sarkozy a confirmé hier la construction d'une deuxième tranche de type EPR sur le sol français. Elle viendra s'ajouter dans une dizaine d'années à celle qui se construit actuellement à Flamanville (Manche), et dont la mise en service est programmée pour 2012.
Cette décision de principe doit maintenant être inscrite dans la Programmation pluriannuelle des investissements (PPI) de production électrique, qui sera soumise au Parlement avant la fin de l'année. Ce document précisera à quelle échéance devra être construit le futur réacteur.
Pour sa part, le président de la République a évoqué hier un début des travaux dans le courant de l'année 2011, ce qui rendrait possible une mise en service aux environs de 2016 ou 2017. L'implantation de la future centrale, elle, pourrait être décidée dès le début 2009.
EDF a immédiatement fait savoir qu'il était disposé à accueillir le nouvel EPR. Alors qu'il ne voyait pas, jusqu'à présent, l'utilité de construire un réacteur supplémentaire d'ici à 2020, l'électricien tricolore se dit désormais « prêt à s'engager » dans ce projet. Le groupe Suez, lui aussi, entend bien participer à cette aventure.
A plusieurs reprises, le futur partenaire de Gaz de France a indiqué qu'il était prêt à investir dans le nucléaire... en particulier sur le territoire français. L'annonce d'hier lui ouvre de nouvelles perspectives. Mais il ne devrait pas prendre de décision à ce sujet avant l'an prochain.
Au-delà du deuxième EPR, c'est un véritable discours de politique énergétique qu'a prononcé hier le chef de l'Etat, à l'aube de ce qu'il appelle « une nouvelle révolution industrielle ». Face au pétrole cher et pour lutter contre le réchauffement climatique, Nicolas Sarkozy ne voit pas « pour quelle raison il n'y aurait pas une formidable expansion du nucléaire dans le monde dans les années qui viennent ». [Lire: Nucléaire: L'escroquerie du discours sur l'effet de serre]
Dans le nouveau contexte énergétique, la France occupe évidemment une place à part : « C'est le seul pays à avoir conçu un parc nucléaire aussi important et homogène, le seul grand pays à en tirer 77% de son électricité », observe le chef de l'Etat. A ses yeux, la filière nucléaire tricolore a donc « une responsabilité particulière » et se voit offrir « une opportunité exceptionnelle ».
Saluée par la Bourse (le certificat
d'investissement d'Areva a pris plus de 4% hier à Paris)
et les traditionnels partisans du nucléaire, CGT en tête,
la décision de construire un deuxième EPR est en
revanche vivement critiquée par les associations écologistes
: l'association Sortir du nucléaire appelle à manifester
le 12 juillet contre ce projet.
Le Monde, 25/5/2008:
Vingt ans après, l'Italie relance le
débat sur l'énergie nucléaire. Rome avait
tourné la page de l'atome par un référendum
d'initiative populaire, en 1987, dans l'émotion de la catastrophe
de Tchernobyl du 26 avril 1986.
Après avoir été, au milieu des années
1960, le troisième producteur mondial d'énergie
nucléaire, le pays fermait ses quatre centrales et, faute
d'investissements de substitution, entrait en disette énergétique.
Sa dépendance à près de 90 % au gaz, au pétrole
et à l'électricité achetés à
l'étranger (notamment à la Russie, à l'Algérie
et à la France) pèse de plus en plus lourd sur le
budget national. "On ne peut plus éviter un plan d'action
pour un retour au nucléaire", a expliqué, jeudi
22 mai à Rome, le nouveau ministre du développement
économique, Claudio Scajola. Selon lui, "il n'y a
que les centrales nucléaires qui puissent fournir de l'énergie
à grande échelle et de manière sûre,
à des coûts compétitifs et dans le respect
de l'environnement". Devant l'assemblée générale
de l'organisation patronale Confindustria, en présence
du chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, le ministre a pris
l'engagement "de poser la première pierre pour la
construction d'un groupe de centrales de nouvelle génération"
avant la fin de la législature, soit 2013. L'annonce a
été bien accueillie par les deux principaux groupes
italiens producteurs d'énergie, Enel et Edison. Le premier
- ancien monopole public dont l'Etat détient encore 30
% - a repris contact avec les technologies nucléaires en
rachetant, en 2007, le champion slovaque de l'électricité,
Slovenske Elektrarne. Edison, numéro deux du secteur en
Italie, est contrôlé depuis 2006 par le leader mondial
EDF. Les responsables des deux entreprises, qui se disent prêts
à collaborer à un plan gouvernemental, soulignent
qu'il faudra attendre au moins dix ans pour mettre en fonction
la première installation. Aux délais techniques
s'ajouteront les embûches politiques. Les associations écologistes
et le parti des Verts ont aussitôt promis "une opposition
très dure". Pour le responsable de l'environnement
du Parti démocrate (PD, centre gauche), la volonté
du gouvernement d'aboutir en cinq ans est "un parti pris
idéologique et antiéconomique". Des experts
du nucléaire doutent : "Si je devais donner un avis,
il serait négatif, à cause de l'absence de site
national de stockage des déchets", a commenté
dans Il Corriere della Sera l'ancien responsable du programme
italien, aujourd'hui consultant d'Enel pour ses implantations
à l'étranger.
16/5/2008 : Le constructeur de centrales nucléaires Westinghouse a revendiqué vendredi le soutien de six des plus grandes compagnies d'électricité européennes à la candidature de son réacteur AP1000 pour la prochaine génération de centrales britanniques. "Les groupes allemands E.ON et RWE, le franco-belge Electrabel-Suez, les espagnols Endesa et Iberdrola et le suédois Vattenfall ont tous accepté de partager les coûts d'adaptation du réacteur au cahier des charges britanniques", déclare Westinghouse dans un communiqué. Les autorités britanniques devront choisir l'un des trois réacteurs en lice, parmi lesquels l'AP1000 et l'EPR défendu par les français EDF et Areva. Les soutiens financiers tels que ceux annoncés vendredi par Westinghouse sont un signe de l'intérêt des compagnies d'électricité pour la construction de nouvelles centrales en Grande-Bretagne.
16/5/2008 - L'attrait
des géants européens de l'énergie pour le
marché nucléaire britannique, en pleine phase de
relance, se confirme : le groupe British Energy (BE), qui possède
et exploite la plupart des sites nucléaires du Royaume-Uni,
a reçu plusieurs offres de rachat. "La compagnie a
reçu une série de propositions de plusieurs parties
qui veulent faire une offre complète sur le groupe",
et "cela inclut des propositions plus élevées
que le cours de clôture du 15 mai", qui est de 680
pence par action, a indiqué British Energy, sans dévoiler
le nom des candidats à son rachat. Selon l'agence Thomson
Financial News, l'espagnol Iberdrola ferait partie des intéressés,
en plus d'EDF, qui aurait déjà selon la presse britannique
déposé en fin de semaine dernière une offre
pour le groupe nucléaire, détenu à 35,2%
par le gouvernement. Parmi les autres candidats supposés
figurent l'allemand RWE et le britannique Centrica. Aucun n'a
fait de commentaires. En revanche, le français Suez, qui
possède deux centrales en Belgique depuis le rachat d'Electrabel,
et des participations dans deux autres en France, a démenti
avoir fait une offre, après avoir déjà laissé
entendre le mois dernier qu'il n'était pas candidat pour
le moment, étant déjà pleinement occupé
à boucler son rapprochement avec Gaz de France. L'annonce
a fait bondir l'action du groupe, coté à la Bourse
de Londres. Vers 12H00 GMT, elle s'envolait de 6,69% à
725,50 pence, signant l'une des plus fortes hausses de la place.
Il faut dire qu'elle a de quoi rassurer les investisseurs, alors
que la presse britannique avait indiqué récemment
qu'EDF pourrait s'avérer le seul candidat. Le Français
fait figure de grand favori depuis le début, et aurait
fait une offre à un prix bas. Mais British Energy, qui
vaut plus de 10 milliards de livres (12,5 milliards d'euros) a
semble-t-il réussi à mettre en valeur ses atouts,
pour attirer d'autres prétendants. Jusque-là peu
connu en dehors des frontières du Royaume-Uni, le groupe
fait en effet figure de sésame du marché nucléaire
Britannique. En effet, il possède et exploite huit des
dix centrales nucléaires civiles encore en activité
dans le pays (les deux restantes, détenues par le groupe
public BNFL, sont promises à la fermeture d'ici 2010),
qui assurent un cinquième de l'électricité
produite au Royaume-Uni. Les centrales de BE sont elles aussi
vieillissantes, leur fermeture étant programmée
entre 2014 et 2035, mais le gouvernement avait annoncé
début janvier sa volonté de lancer la construction
d'une nouvelle génération de réacteurs. Tout
le gratin européen et mondial de l'énergie (dont
EDF et Areva) s'est mis sur les rangs pour participer à
cette renaissance du nucléaire "Made in UK".
Or les sites déjà exploités par British Energy
pourraient tout naturellement accueillir les futures centrales
atomiques, et celui qui mettra la main sur le groupe obtiendra
donc en quelque sorte les clés du royaume. Le gouvernement
de Gordon Brown aura son mot à dire, puisqu'il détient
35,2% de BE. En mars, le ministre chargé de l'Energie,
John Hutton, avait laissé entendre qu'il était prêt
à céder cette part, pour favoriser la relance de
cette forme d'énergie controversée. BE a indiqué
qu'il allait discuter des propositions reçues avec leurs
auteurs et qu'il faudrait attendre "plusieurs semaines"
avant que ce processus ne débouche sur un éventuel
accord.
Le Canard enchaîné, 14/5/2008:
Sarko veut offrir le nucléaire français
à son ami Bouygues
Capital, 6/5/2008:
Entre Kron et Lauvergeon, c'est la guerre nucléaire
6/5/2008 - Le groupe français Areva a annoncé mardi avoir retenu le site de Bonneville, dans l'Idaho (nord-ouest des Etats-Unis), pour implanter sa future usine d'enrichissement nucléaire américaine. L'Idaho, un état à la riche histoire nucléaire, était en compétition avec le Nouveau Mexique, le Texas et l'état de Washington, pour accueillir cette installation, précise-t-on au siège d'Areva aux Etats-Unis. Areva doit désormais demander la certification du site auprès du régulateur, la Nuclear Regulatory Commission (NRC). Ce n'est qu'après avoir obtenu son feu vert que sera prise la décision de lancer ou non la construction de cette usine à plusieurs milliards de dollars, ajoute-t-on de même source. Le site retenu se trouve à une trentaine de kilomètres à l'ouest de la ville d'Idaho Falls. A proximité immédiate se trouvent les laboratoires de l'Idaho National Engineering Laboratory (INEL), un haut lieu de la recherche nucléaire puisque c'est là qu'ont été produites pour la première fois au monde des quantités significatives d'électricité à partir d'une source atomique. "En dépit des nombreuses qualités des autres sites proposés, nous avons choisi Idaho Falls, qui dispose déjà d'une forte culture nucléaire et qui souhaitait vivement accueillir Areva et cette nouvelle usine d'enrichissement de l'uranium", a expliqué le président de la filiale américaine d'Areva, Michael McMurphy, cité dans le communiqué du groupe. La future usine américaine enrichira l'uranium par centrifugation, comme la nouvelle unité Georges Besse 2 que le groupe français compte inaugurer l'an prochain sur son site du Tricastin. L'actuelle unité Georges Besse d'Areva a recours à l'enrichissement par voie gazeuse, beaucoup plus gourmand en énergie. La construction d'une usine d'enrichissement aux Etats-Unis est une étape obligée pour Areva si le groupe français veut profiter de la relance du nucléaire annoncée dans ce pays. Une trentaine de projets de construction de centrale nucléaires y sont désormais recensés, après une interruption de plus de trente ans, liée à l'accident de la centrale de Three Mile Island, en 1979 [TMI a peut-être été le coup de grâce pour l'énergie nucléaire américaine mais il a frappé une industrie déjà mal en point dont le déclin était amorcé en 1974.]. A l'heure actuelle, les Etats-Unis importent près de 90% de leur uranium enrichi, indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires. Plus de la moitié des quantités nécessaires sont fournies par la Russie. Areva fait face aux Etats-Unis à une guérilla judiciaire de la part du groupe USEC, le seul opérateur local d'une usine d'enrichissement. USEC accuse le groupe français de vendre sa production à des prix de dumping. Areva réplique que l'enrichissement est un service et non un produit, et que les dispositions antidumping ne s'appliquent donc pas. La Cour suprême a accepté de se saisir du dossier.
8/3/2008 - La
Chine a donné un coup d'accélérateur à
son programme de nucléaire civil et pourrait disposer d'ici
2020 d'une capacité de production d'électricité
supérieure de 50% à l'objectif initial, rapporte
samedi un haut responsable cité par l'agence Chine nouvelle. Le programme de développement
de l'énergie nucléaire prévoit une capacité
installée de 40 gigawatts (GW) d'ici 2020, ce qui ne couvre
que 4% des besoins en électricité de l'économie
nationale. Zhang Guobao, vice-ministre
de la Commission nationale pour le développement et la
réforme, s'attend désormais à une capacité
de 60 GW à l'horizon 2020. "La construction de centrales
nucléaires a progressé plus vite que prévu",
a-t-il expliqué à Chine nouvelle. "Il est nécessaire
d'accroître la part de l'énergie nucléaire"
et des énergies renouvelables, a-t-il dit. Selon Zhang,
le gouvernement central a autorisé trois provinces - Hunan,
Hubei et Jiangxi - à lancer des études sur la construction
de centrales nucléaires de "troisième génération".
La Chine, deuxième marché mondial pour l'électricité,
a actuellement onze réacteurs nucléaires en service
pour une capacité installée totale de 9,07 GW. En 2007, ces centrales ont produit
62 milliards de kilowatts heures d'électricité,
un chiffre en hausse de 16% mais qui ne représente que
2% de la consommation du pays, alors que cette proportion est
d'un quart au Japon et de trois quarts en France. Les trois principaux acteurs chinois du secteur sont
China National Nuclear Corporation (CNNC), China Guangdong Nuclear
Power Holding Co Ltd et China Power Investment Corporation, maison
mère de China Power International Development Ltd qui est
coté à Hong Kong. En juillet 2007, l'américain
Westinghouse - propriété du japonais Toshiba - a
signé un contrat géant pour la construction, avec
des partenaires chinois, de quatre réacteurs nucléaires.
En november, le français Areva a obtenu pour huit milliards
de dollars - le plus important contrat jamais signé dans
le nucléaire civil - la construction de deux réacteurs
EPR et la fourniture du combustible nécessaire à
leur fonctionnement pendant 15 ans.
[Rappel: Calculs
avec les chiffres donnés dans le mémento du CEA
- réserves d'uranium dans le monde fin 1996 (ressources
connues + ressources estimées: 4.299.000 t
- consommation mondiale actuelle annuelle: 56.250 t,
- durée de la vie de la production d'énergie nucléaire:
76 ans.
Si on triple la production mondiale de l'électricité
nucléaire actuelle - pour lutter contre l'effet de serre
- alors, la durée de la vie des réserves se réduit
à 25 ans. C'est moins de temps que promit le soi-disant
"sortir du nucléaire" allemand...
Sources: (L'énergie en France, édition 2000,
ministre de l'économie des finances et de l'industrie)
et dans "Mémento sur l'énergie",
1999]
6/3/2008 - Le
Royaume-Uni va accroître "de manière significative"
la part de l'énergie nucléaire au cours des 20 prochaines
années, a déclaré le ministre britannique
des entreprises, John Hutton, dans une interview publiée
jeudi par le Financial Times. "Nous avons l'ambition"
de développer la part de l'énergie provenant du
nucléaire, a-t-il indiqué. Actuellement, quelque
19% de l'électricité consommée en Grande-Bretagne
provient de ses centrales nucléaires, précise le
FT. Le gouvernement a approuvé en janvier la construction
d'une nouvelle génération de centrales nucléaires.
Celles-ci devraient être construites par des entreprises
privées, sans subsides publics.
Le Monde, 28/02/2008:
Les bons résultats d'Areva justifient une
introduction en Bourse, juge sa présidente Anne Lauvergeon
Le Quotidien du Peuple en ligne, 27/2/2008:
La Chine a démarré l'excavation des fondations du réacteur nucléaire de troisième génération, la technologie nucléaire mondiale la plus avancée du monde, dans la ville de Sanmen, province du Zhejiang, ce 26 février 2008. Le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Sanmen utilisera la technologie AP1000 de 3ème génération, qui a été transférée par le consortium américain Westinghouse. Cette technologie n'a jamais été pour l'instant utilisée dans aucune autre centrale, a affirmé Zhao Hong, ingénieur à la State Nuclear Power Technology Corp. (la SNPTC). Les constructeurs prévoit d'excaver un trou de 12 mètres de profondeur et de plus de 20 mètres de diamètre afin d'y héberger le réacteur. Il devrait entrer en fonctionnement en 2013. "L'excavation a démarré un mois plus tôt que prévu originalement grâce au soutien des deux parties", a dit Zhao, ajoutant que la coulée du béton devrait démarrer en mars 2009. La compagnie Sanmen Nuclear Power Corp. installera six générateurs nucléaires, chacun d'une capacité de 1,25 million de kilowatts, avant de devenir éventuellement autosuffisante avec la technologie AP1000. En juillet 2007, la Chine est parvenue à un accord avec Westinghouse Electric Co. pour la construction de quatre centrales nucléaires dans le pays deux à Sanmen et deux à Haiyang dans l'est de la province du Shandong. La construction de la centrale de Haiyang démarrera un peu plus tard cette année. La Chine dénombre actuellement 11 centrales nucléaires en fonctionnement. Trois sont de conception chinoise, deux russe, quatre française et deux canadienne. Tous emploient des technologies de seconde génération. D'après le programme du gouvernement, la Chine auront une capacité nucléaire installée de 40 millions de kilowatts d'ici 2020, représentant 4% de la consommation totale du pays.
23/02/2008 - Les
présidents argentin, Cristina Kirchner, et brésilien,
Luiz Inacio Lula da Silva, ont annoncé vendredi à
Buenos Aires leur intention de construire ensemble une usine d'enrichissement
d'uranium et de renforcer leur coopération en matière
énergétique. "Il s'agira d'une holding bi-nationale
et chaque pays travaillera au début avec sa propre technologie
nucléaire", a déclaré le ministre brésilien
des Affaires étrangères Celso Amorim, lors d'une
conférence de presse. Les présidents des deux plus
grands pays sud-américains, qui se sont rencontrés
vendredi à Buenos Aires, ont également décidé
de créer une commission pour développer un réacteur
nucléaire en commun. L'Argentine, qui exporte sa technologie
nucléaire dans le monde, est le premier pays sud-américain
à avoir développé une industrie nucléaire.
Elle a décidé l'an dernier de réactiver cette
industrie en terminant les travaux d'une troisième centrale.
Le président brésilien a également décidé
l'an dernier de son côté de relancer le programme
nucléaire dans son pays, qui possède la sixième
plus grande réserve d'uranium du monde. Le Brésil
maîtrise aujourd'hui tout le cycle d'enrichissement d'uranium,
et a inauguré en 2006 une usine à Resende (Etat
de Rio) déjà inspectée par l'Agence Internationale
d'énergie nucléaire. Elle ne fonctionne encore qu'à
l'échelle de laboratoire. Le thème énergétique
est le sujet central de cette visite à Buenos Aires du
président Lula, qui culminera samedi avec une rencontre
avec le président bolivien Evo Morales et argentin Kirchner.
La Bolivie fournit du gaz à ces deux pays, mais éprouve
les plus grandes difficultés à répondre à
la demande de ces deux grands voisins. Les présidents brésilien
et argentin ont décidé sur ce point de renforcer
leur coopération, le Brésil promettant de subvenir
aux besoins d'électricité de l'Argentine dans les
périodes critiques de l'hiver austral quand la demande
atteint des sommets. M. Lula a également plaidé
pour une plus grande intégration régionale des politiques
énergétiques en soulignant, dans un discours devant
le Congrès argentin, que tous les pays sud-américains
rencontraient des problèmes d'approvisionnement énergétique.
19/2/2008 - L'Allemagne a annoncé mardi avoir présenté à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) un projet de banque internationale de combustible nucléaire destiné à répondre à l'intérêt d'un nombre croissant de pays pour l'énergie nucléaire sans risque de prolifération. Ce plan, intitulé Projet de sanctuaire multilatéral d'enrichissement (MESP) prévoit de garantir, sous supervision de l'AIEA, une agence de l'Organisation des Nations Unies (Onu), l'accès au combustible nucléaire aux pays aux objectifs strictement civils, selon une présentation de l'ambassadeur allemand auprès de l'AIEA, Peter Gottwald, publiée sur le site internet de l'agence. L'Allemagne "respecte le droit inaliénable de chaque pays à une utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, mais nous avons tous intérêt à minimiser les risques de prolifération lié au développement annoncé de cette énergie à des fins civiles", a-t-il souligné. Dans ce document, l'Allemmagne ne cite aucun pays et notamment pas l'Iran, mis sur la sellette par les pays occidentaux qui soupçonnent Téhéran, malgré ses démentis, de vouloir enrichir de l'uranium non seulement à des fins civiles, mais aussi militaires. Cette proposition, formulée pour la première fois en septembre 2006 par le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, rejoint un projet défensu à plusieurs reprises par le directeur général de l'AIEA, l'Egyptien Mohamed ElBaradei, comme parade à la prolifération. Cette idée n'a cependant pas pris corps jusqu'à présent faute de soutien suffisant. La création de centre internationaux d'enrichissement d'uranium sous supervision de l'AIEA permettrait de garantir l'approvisionnement des pays intéressés en limitant les risques de détournement, selon Berlin. Ces centres, qui seraient gérés comme des entreprises commerciales, bénéficieraient de l'extra-territorialité et seraient administrés par l'AIEA. L'Allemagne préconise que ces centres soient créés dans des pays ne pratiquant pas déjà l'enrichissement d'uranium à des fins commerciales (Allemagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Russie). Les pays hôtes devront en outre disposer d'"infrastructures fiables, d'une bonne accessibilité, d'une stabilité politique et d'un respect plein et entier des accords de sauvegarde du Traité de non-prolifération", selon l'ambassadeur allemand auprès de l'AIEA.
18/2/2008 - Le groupe nucléaire français Areva est "intéressé" par le lancement prochain en Turquie d'un appel d'offres pour la construction de centrales nucléaires, a affirmé lundi un de ses responsables. "Nous allons rencontrer le ministre (turc) de l'Energie. Nous allons clairement lui indiquer que la société Areva est intéressée", à déclaré à des journalistes Gabriel Saltarelli, responsable commercial d'Areva pour l'Europe centrale et orientale, lors de la visite d'une usine du groupe à Istanbul. "Nous allons mettre le paquet, nous accrocher pour montrer qu'il est possible de travailler en Turquie et cela en dépit des conditions politiques difficiles", a poursuivi M. Saltarelli, qui accompagne en Turquie le secrétaire d'Etat français chargé du Commerce extérieur Hervé Novelli. Les relations franco-turques se sont refroidies depuis le vote par le Parlement français en 2001 d'une loi reconnaissant comme un génocide les massacres [d'] Arméniens survenus entre 1915 et 1917 en Anatolie. L'hostilité de la France à une pleine adhésion de la Turquie à l'Union européenne, une solution à laquelle Paris préfère celle d'un partenariat privilégié, a plus récemment renforcé la brouille entre les deux pays. M. Novelli, qui doit rencontrer mardi le ministre turc de l'Energie Hilmi Güler, a indiqué lundi à la presse que l'un des axes de discussions serait le nucléaire. "Ce qui m'intéresse maintenant c'est que l'ambitieux programme nucléaire turc soit opportun pour permettre aux entreprises françaises, et je pense ici à Areva, de retenir l'attention de nos amis turcs", a-t-il dit. M. Saltarelli et M. Novelli ont par ailleurs déclaré avoir été informés du report à une date et pour des raisons non précisées du lancement par Ankara d'un appel d'offres pour la construction d'une centrale, initialement prévu pour le 21 février. Le ministère de l'Energie n'était pas immédiatement disponible pour commenter l'information. La Turquie affirme vouloir construire trois centrales nucléaires d'une capacité totale d'environ 5.000 megawatts et devant être opérationnelles en 2012 pour pallier d'éventuelles pénuries d'énergie et réduire sa dépendance énergétique.
Le Monde, 17/1/2008:
Lors de ses voeux à la presse, mardi
15 janvier, André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté
nucléaire (ASN), a indiqué que celle-ci serait
en 2008 "attentive aux projets d'installations nucléaires
dans les pays émergents". M. Lacoste a estimé que le développement
de filières nucléaires dans ces pays suppose des
"délais d'au minimum une dizaine d'années"
afin d'y constituer les compétences en matière de
sûreté et de contrôle, et de définir
un cadre législatif. Interrogé sur les accords de
coopération nucléaire annoncés à l'occasion
de déplacements de Nicolas Sarkozy, notamment au Maghreb
et plus récemment aux Emirats arabes unis, M. Lacoste a
précisé que l'ASN n'y a pas été associée. Mais elle n'exclut pas, comme cela a été
le cas en Chine, d'exporter ses compétences. La sûreté,
c'est-à-dire le bon fonctionnement des réacteurs,
n'est pas la seule préoccupation de l'ASN. La sécurité,
et notamment le risque terroriste concernant ces installations
sensibles, "est l'un des multiples sujets à traiter",
a estimé M. Lacoste. A
cet égard, le pilotage à distance des centrales,
sur lequel travaille le Commissariat à l'énergie
atomique (CEA) et qu'avait évoqué M. Sarkozy en
Libye, assurant que l'on pouvait "désactiver depuis
l'extérieur" un réacteur en cas de crise, ne
lui semble pas la meilleure option, à supposer que les
pays clients acceptent une telle dépendance : "Je
crois beaucoup plus à la vertu des compétences et
de la culture de sûreté développées
dans les pays eux-mêmes." M.
Lacoste a par ailleurs indiqué avoir adressé, le
24 décembre 2007, un courrier aux opérateurs nucléaires
français pour leur rappeler leurs obligations découlant
de la loi du 13 juin 2006 sur la transparence, notamment en matière
d'information du public et d'accès aux données.
Les industriels ont jusqu'au 31 janvier pour présenter
les dispositions leur permettant de s'y conformer.
Le Monde, 15/1/2008:
APRÈS le Maroc, l'Algérie et la Libye, Nicolas Sarkozy poursuit sa croisade nucléaire dans les pays arabes. Le président de la République devait signer avec les Emirats arabes unis, mardi 15 janvier, un accord de coopération pour l'utilisation pacifique de l'atome. "Le monde musulman n'est pas moins raisonnable que le reste du monde pour recourir au nucléaire civil pour ses besoins en énergie", a-t-il déclaré, dimanche, dans un entretien à Al-Hayat, le quotidien saoudien basé à Londres. Sans attendre cette signature, Total, Suez et Areva ont annoncé la conclusion d'un partenariat exclusif en vue de construire et d'exploiter deux réacteurs EPR (troisième génération) à Abu Dhabi. Cet émirat a décidé d'être "le premier pays de la région à exploiter une centrale nucléaire", explique le PDG de Suez, Gérard Mestrallet. Ils se sont tournés vers Total et Suez, qui exploitent déjà une centrale fournissant un quart de l'électricité d'Abu Dhabi. Cet émirat, qui a peu de gaz, veut sécuriser ses hydrocarbures. Il préfère réserver son pétrole à l'exportation et répondre à ses gros besoins en électricité, pour le dessalement de l'eau de mer notamment, avec du nucléaire. Dans les prochains mois, l'Autorité de l'eau et de l'électricité d'Abu Dhabi (Adwea) pourrait donc créer avec Suez et Total une société commune dont les Emirats arabes unis détiendraient 50 %. Cette entreprise construirait et exploiterait les deux EPR fournis par Areva. Une "première", selon le patron de Suez, qui rappelle que jamais un groupe français n'a exploité de réacteur nucléaire à l'étranger. Le prix d'une centrale dotée de deux EPR avoisine 6 milliards d'euros. Si le consortium français est retenu, il vendra l'électricité à l'Adwea à un prix déterminé à l'avance. Cette visibilité financière lui permettra de financer son projet à 85 % par endettement, le reste étant assuré par les fonds propres. "Il sera difficile à des concurrents de réunir autant de compétences administratives et industrielles", affirme M. Mestrallet. Mais tout reste à faire du côté d'Abu Dhabi, qui n'a aucune compétence dans le domaine nucléaire. Les experts du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) devraient l'aider à se doter d'une réglementation et d'une autorité de sûreté, un travail qui prendra quelques années. Si l'on ajoute cinq ans de délais de construction, la première centrale nucléaire du Golfe ne sera pas mise en service avant 2016. [On ne construit pas une centrale nucléaire en 5 ans !]
12/1/2008 - Le partenariat que Total, Suez et Areva s'apprêtent à annoncer pour proposer deux réacteurs EPR aux Emirats arabes unis marque l'entrée concrète du groupe pétrolier dans le nucléaire, une ambition qu'il affiche depuis neuf mois. Cet accord souligne aussi l'engagement, sans attendre sa fusion avec Gaz de France, de Suez dans la technologie de troisième génération, à l'instar de son concurrent EDF, qui vient de lancer le chantier d'un EPR à Flamanville (Manche). Les trois groupes énergétiques ont conclu vendredi "un partenariat exclusif en vue de construire, puis d'exploiter deux réacteurs nucléaires [dit] de troisième génération dans l'émirat", a révélé le quotidien Les Echos sur son site internet. L'accord "devrait être officialisé dans les prochains jours", a-t-on appris samedi de sources concordantes. Il coïncide avec la visite de Nicolas Sarkozy dans trois monarchies du Golfe: l'Arabie saoudite dimanche, le Qatar lundi et les Emirats arabes unis mardi, et constitue "le fruit d'un longue négociation entamée à la demande des Emiratis eux-mêmes", précisent Les Echos. Un accord de coopération en matière de nucléaire civil doit même être signé mardi entre la France et les Emirats, a-t-on indiqué vendredi à l'Elysée. Si le partenariat entre Areva et Suez peut s'entendre comme l'association d'un fabricant de réacteurs et d'un exploitant de centrales, le rôle de Total, inédit dans ce secteur, est moins clair sauf à marquer son engagement concret dans l'énergie atomique. Le groupe pétrolier avait indiqué en mai 2007 mener une "réflexion" sur un développement dans le nucléaire, une source d'énergie qui ne dégage pas de gaz à effets de serre contrairement au pétrole, même si les hydrocarbures "demeurent une priorité" pour le groupe. Le quatrième groupe pétrolier mondial dit vouloir "participer activement" à la lutte contre le réchauffement climatique. Son patron Christophe de Margerie n'avait pas non plus exclu, en novembre, d'augmenter sa participation dans le capital d'Areva, dont il détient actuellement 1,02%. Mais il avait souligné que son intention était de "faire des investissements comme opérateur" et non pas comme simple "financier". Total apportera au moins à Areva sa connaissance du Moyen-Orient, où il est historiquement très présent. Aux Emirats, Total produit 15.000 barils équivalent pétrole par jour. Le fait que des grands pays pétroliers s'intéressent au nucléaire pour leurs besoins électriques constitue "un changement déterminant dans le paysage énergétique mondial", soulignait vendredi un porte-parole d'Areva, leader mondial du secteur. Plusieurs pays méditerranéens comme le Maroc, la Libye ou l'Algérie, ont souhaité ces derniers mois construire des réacteurs nucléaires, ouvrant l'appétit de beaucoup d'entreprises. Areva souhaite fabriquer un tiers des 100 à 300 réacteurs nucléaires qui seront construits dans le monde d'ici 2030. Suez compte, d'ici 2020, être co-propriétaire et exploitant de centrales nucléaires de troisième génération. Mais la décision sur le lieu de l'investissement ne devait être prise qu'après la fusion avec GDF, prévue d'ici juin. Premier producteur d'électricité dans le Golfe, Suez y exploite cinq centrales - non nucléaires - d'une puissance totale de 8.200 mégawatts. En Belgique, il exploite sept réacteurs nucléaires de deuxième génération. Suez est déjà associé à Total aux Emirats dans une usine de cogénération (gaz et vapeur) et de dessalement d'eau de mer à Taweelah, "qui doit croître en capacité prochainement", selon Total.
Enerpresse, 12/1/2008:
Malgré les nombreuses difficultés
rencontrées pour construire son prototype de réacteur
à boulets, Eskom persiste. Selon la presse sud-africaine,
la compagnie publique entend mettre en service, d'ici à
2025, 20 000 MW de capacités nucléaires nouvelles,
toutes basées sur la technologie développée
par Siemens. Cinq sites côtiers ont déjà été
pré-sélectionnés pour la construction d'une
tranche pilote. Un programme de construction, prévoyant
le couplage de 3 300 MWà 4 000 MW d'ici à 2017,
devrait être soumis au conseil d'administration au mois
de juin prochain. En cas de feu vert, les premiers coups de pioche
pourraient être donnés en 2009.
10/01/2008 :- Le gouvernement britannique a donné jeudi son feu vert à la construction de nouvelles centrales nucléaires, une énergie controversée que relancent ou développent de plus en plus de pays, pour répondre à des besoins énergétiques grandissants sans réchauffer le climat.
Suite à une vaste consultation publique, le secrétaire d'Etat britannique aux entreprises John Hutton a annoncé au Parlement l'accord du cabinet pour la construction de nouveaux réacteurs, dont les derniers datent des années 1970.
Le monde compte actuellement 442 réacteurs en fonctionnement dans 201 centrales, réparties dans 31 pays. La moitié de ces réacteurs se trouvent aux Etats-Unis (104), en France (58), et au Japon (55). Entre 100 et 300 nouveaux réacteurs seront construits dans le monde d'ici 2030, estime Anne Lauvergeon, patronne du leader mondial du secteur Areva, qui veut en construire un tiers.
Outre le Royaume-Uni, les Etats-Unis prévoient de construire à nouveau des centrales nucléaires, pour la première fois depuis près de trente ans, quand un accident était survenu à la centrale de Three Mile Island, en mars 1979.
Plusieurs pays du pourtour méditerranéen, comme l'Egypte, le Maroc, l'Algérie et la Libye, ont exprimé ces derniers mois leur intention de construire pour la première fois des réacteurs nucléaires. La Chine, dont la demande en électricité explose, a commandé récemment à la France deux réacteurs [dit] de troisième génération EPR.
L'Inde souhaiterait aussi développer cette énergie mais doit d'abord signer un accord avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour ne pas l'utiliser à des fins militaires. La France a proposé sa coopération à beaucoup de ces pays, alors que les pays occidentaux s'interrogent toujours sur les finalités civiles ou militaires du programme nucléaire de l'Iran.
L'Europe reste divisée sur la relance du nucléaire, avec l'Allemagne qui prévoit d'en sortir d'ici 2020 et l'Italie qui a abandonné cette énergie depuis 1987. Mais la flambée des prix du pétrole, qui a franchi la semaine dernière les 100 dollars le baril à New York, et les engagements de ces pays à lutter contre le réchauffement climatique ont relancé le débat.
L'AIE prévient que si les politiques visant à sortir du nucléaire en Allemagne, en Suède, et en Belgique sont poursuivies, l'offre d'énergie nucléaire pourrait se réduire à 11% en 2030, contre 15% aujourd'hui. Le charbon domine actuellement dans la production mondiale d'électricité, à hauteur de 40%, devant le gaz (20%), l'hydraulique (16%), le nucléaire (15%), le pétrole (7%) et les autres énergies renouvelables (2%).
Le nucléaire émet peu de dioxyde de carbone et son coût devient même compétitif avec celui du charbon si on prend en compte ce facteur, selon les experts [lire: L'escroquerie du discours sur l'effet de serre]. Mais l'atome génère des déchets radioactifs difficiles à stocker et il faut au moins dix ans pour construire une centrale nucléaire, au lieu de quatre pour une centrale à charbon voire deux et demi pour une centrale à gaz.
Le marché attise l'appétit de beaucoup d'entreprises, au premier rang desquels les fabricants de réacteurs comme le français Areva, l'américain Westinghouse, ou le russe Atomstroïexport, mais aussi les électriciens, les fabricants de turbines et les groupes de BTP.
L'atome est toujours contesté par les écologistes et les riverains, si bien que "le plus grand défi", pour les pro-nucléaires, aime à rappeler le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix, est de rendre cette source d'énergie "acceptable par les opinions publiques".
RIA Novosti, 9/1/2008:
Les autorités algériennes prévoient
l'adoption en 2008 d'une nouvelle loi sur l'énergie atomique
réglementant la construction de centrales nucléaires
et la création d'une Agence nationale pour la sécurité
atomique, annonce le quotidien El-Khaleedj se référant
à des sources au sein du gouvernement algérien.
La nouvelle loi est destinée à préparer le
pays à l'utilisation de l'énergie atomique. En outre,
elle prévoit d'instaurer les bases nécessaires à
la construction de centrales, les fondements économiques
et la sécurité d'utilisation des ressources nucléaires
naturelles, écrit le journal.
La nouvelle législation devrait offrir des possibilités
d'investissement privé dans la sphère nucléaire.
Alger avait annoncé à plusieurs reprises son désir
coopérer avec la communauté internationale dans
le domaine du nucléaire civil. La première centrale
devrait être construite au cours des dix prochaines années.
Le pouvoir algérien compte construire à l'horizon
2028 dix réacteurs nucléaires, ce qui devrait intégralement
couvrir les besoins du pays, en forte croissance dernièrement.
Une Agence centrale pour la sécurité atomique, qui
contrôlera l'utilisation des ressources énergétiques
et la production des centrales, devrait voir le jour prochainement
afin de garantir la sécurité du pays.
Les dirigeants algériens soulignent que l'agence sera complètement
indépendante et dotée de compétences et de
sources de financement importantes afin de permettre une mise
en oeuvre efficace du programme nucléaire.
Plusieurs pays arabes dont l'Egypte, la Tunisie,
le Maroc, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite ont fait
connaître dernièrement leur intention de lancer prochainement
des programmes nucléaires. Selon les experts, ceci est
lié à la préoccupation du monde arabe à
l'égard des ambitions nucléaires de l'Iran.
L'Egypte est le pays qui est allé le plus loin dans la
mise en oeuvre de son programme nucléaire.
Enerzine, 7/1/2008:
Le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) a fait savoir aujourd'hui qu'il avait remis aux autorités en charge du nucléaire aux Etats-Unis, un dossier technique de son réacteur nucléaire US-APWR, afin d'en obtenir la certification. Pas moins de 20 000 pages ont été transmises à la Commission de la réglementation nucléaire des Etats-Unis (NCR) après un processus de préparation d'environ un an et demi. Le modèle proposé, un réacteur nucléaire à eau pressurisée (REP ou PWR) possède une puissance de 1700 mégawatts (MW) et a été spécialement adapté pour le marché américain. Une série de modifications a été incluse en amont. Les américains demandaient ainsi de plus grandes économies ; des améliorations concernant un plus haut rendement thermique (39%), une réduction de 20% du volume des usines et d'un cycle du combustible atteignant les 24 mois. C'est le texan, "Luminant Power" qui a été choisi pour exploiter les deux futurs sites, dont la mise en service est prévue vers 2015. Récemment, MHI et son partenaire français Areva ont créé ATMEA, une société commune en charge du développement, de la commercialisation, de la certification et de la vente d'ATMEA 1, d'un nouveau réacteur de 1 100 MWe de moyenne puissance.
19/12/2007 - La
patronne du groupe nucléaire français Areva Anne Lauvergeon a affirmé mercredi
qu'elle souhaitait construire "un tiers" des nouveaux
réacteurs nucléaires qui seront érigés
dans le monde d'ici 2030. "D'ici 2030, nous estimons qu'il
pourrait y avoir entre 100 et 300 (nouveaux réacteurs construits
dans le monde). Nous souhaitons un tiers de ce marché",
a déclaré Mme Lauvergeon, présidente du directoire
du groupe nucléaire, devant la commission des Affaires
économiques de l'Assemblée nationale. Mme Lauvergeon
a précisé que son groupe entendait construire des
réacteurs [dit] de troisième génération EPR (1.600 mégawatts, développés
avec l'allemand Siemens) et Atmea (1.100 MW, développés
avec le japonais Mitsubishi). Selon elle, Areva a "cinq ans
d'avance" sur ses concurrents avec ces réacteurs.
Elle a dit "craindre" que l'Europe soit "à
la traîne" en matière de nucléaire car
"beaucoup des capacités (seront) mobilisées
par les grands pays en développement et les Etats-Unis".
La patronne du leader mondial du nucléaire a redit que
pour financer tous ces projets --Areva entend investir 10 milliards
d'euros d'ici 2012, elle souhaitait une "augmentation de
capital" pour Areva, et rejeté à nouveau l'idée
d'une fusion avec le groupe industriel Alstom. Le scénarion
de "cavalier seul" permettrait "de lever des capitaux
nécessaires au développement d'Areva tout en permettant
le développement de partenariats internationaux",
et de "financer les charges de démantèlement"
des anciennes installations civiles et militaires du Commissariat
à l'énergie atomique (CEA), premier actionnaire
d'Areva, a-t-elle fait valoir. En revanche, elle a jugé
qu'un rapprochement avec Alstom aurait "une "logique
conglomérale" et pas industrielle, en donnant à
Areva "la possibilité d'être plus gros",
mais qu'il mettrait "en péril le marché allemand"
d'Areva, où le groupe dégage un chiffre d'affaire
d'1,5 milliard d'euros, et le "marché domestique"
français, car il supposerait d'écarter Siemens,
concurrent d'Alstom et partenaire d'Areva dans les réacteurs.
Face à la forte demande en électricité d'origine
nucléaire, elle a indiqué que son groupe allait
procéder à des embauches pour compter 100.000 salariés
d'ici 2010-2011, contre 65.000 fin 2007. Mme Lauvergeon a aussi
souligné l'énorme besoin d'investissements dans
les réseaux électriques dans le monde, qui s'élèveraient
à "6.000 milliards d'euros d'ici 2030" selon
elle. Selon elle, les ventes d'Areva sur l'année 2007 vont
croître de manière "plus significative"
qu'au premier semestre. Le chiffre d'affaires d'Areva a augmenté
sur les six premiers mois de 6,7% à 5,4 milliards d'euros,
et sur neuf mois de 6,7% à 8,066 milliards d'euros.
26/11/2007 - Le
contrat historique remporté par Areva en Chine représente
"beaucoup d'emplois", pour le groupe nucléaire
français et les PME sous-traitantes, a affirmé lundi
la patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, sur la radio Europe 1. "Quand
nous faisons des grands contrats de ce genre, que ce soit en Chine
ou dans un autre pays, nous entraînons avec nous beaucoup
d'autres entreprises, beaucoup de PME, par exemple 200 ou 250
d'entre elles. Et un salarié nouveau embauché chez
Areva c'est en moyenne 2 à 3 salariés embauchés
chez nos sous-traitants", a précisé Mme Lauvergeon,
présidente du directoire d'Areva. Avec le renouveau du
nucléaire dans le monde, "Areva est un groupe qui
embauche énormément de personnes. Nous avons embauché
8.600 personnes l'an dernier. Nous embauchons 10.000 personnes
cette année", a-t-elle indiqué. Mme Lauvergeon
a aussi déclaré que son groupe allait investir environ
1,2 milliard d'euros en 2008 dans la recherche et développement.
"L'an prochain nous allons dépasser le milliard d'euros
en recherche et développement. Nous en serons peut-être
même à 1,2 milliard d'euros. Avoir la technologie
d'avance, la solution d'avance c'est cela l'important", a-t-elle
affirmé. Areva vient de signer en Chine un contrat historique
de 8 milliards d'euros pour la vente de 2 réacteurs nucléaires
de troisième génération EPR et le combustible
nécessaire à leur fonctionnement.
Le Figaro, 26/11/2007:
L'entreprise veut convaincre les jeunes d'intégrer
ses rangs
Se repérer dans la galaxie EDF. C'est l'ambition affichée
par « Énergie Day », une manifestation qui
se déroule cette semaine à Paris, à la Cité
des sciences et de l'industrie.
Au menu : exposition, rencontres et conférences, pour permettre aux étudiants de connaître aussi bien l'éventail des métiers que la palette d'expertises du groupe français, acteur de tout premier plan sur la scène énergétique internationale. Acteur incontournable, en Europe notamment, puisque présent sur les quatre principaux marchés (outre la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie).
Cet « Énergie Day » intervient à une période charnière pour EDF : avec 11 000 départs en retraite prévus au cours des trois prochaines années, l'entreprise s'apprête à recruter massivement, avec la volonté en particulier de reconstituer son vivier de jeunes ingénieurs. Le chiffre est précis : à l'horizon de 2015, EDF évalue à 40 % les besoins de renouvellement de ses équipes de production et d'ingénierie.
« Si en 2006 le taux moyen de remplacement a été d'une embauche environ pour trois départs en retraite, nous prévoyons de remplacer un poste sur deux dans les années à venir », souligne l'opérateur historique. Concrètement, EDF recrutera près de 10 000 collaborateurs au cours des cinq prochaines années, essentiellement dans les métiers de la production d'énergie.
En l'occurrence, EDF est présent sur tous les segments de la production d'électricité : nucléaire (58 réacteurs sur 19 sites), hydraulique (la première des énergies renouvelables du groupe, via 447 installations), le thermique à flamme (mise en service de 4 100 MW entre 2005 et 2010), l'éolien (plus de 3 000 éoliennes actuellement en exploitation, le solaire...
Bref, EDF est un groupe multi-énergies (actif dans le gaz également), présent sur l'ensemble de la chaîne (outre la production, il y a le transport, la distribution, le négoce...) qui propose des carrières aussi variées que stimulantes.
Un parc de centrales unique au monde
Dans le cadre du « mix » énergétique d'EDF, l'énergie nucléaire, qui assure près de 80 % de la production d'électricité en France, jouit évidemment d'une place toute particulière. Le parc de centrales de l'entreprise, qui fait sa fierté, est salué unilatéralement dans le monde pour son efficacité. Cela ne signifie pas cependant qu'il soit figé.
Car au cours des prochaines années, compte tenu de la très forte progression des besoins en énergie, EDF se retrouve confrontée à un défi crucial : construire des infrastructures de production de très grande ampleur tout en assurant le bon fonctionnement du parc existant, qui se traduit par de très importants travaux de maintenance.
La construction de l'EPR (le réacteur nucléaire de troisième génération) à Flamanville, dans la Manche, s'inscrit pleinement dans ce cadre d'augmentation des moyens de production. Ce chantier, l'un des plus importants du nucléaire civil, est aussi le plus gros projet qu'EDF lance depuis plus de quinze ans. Autant dire qu'il permet pleinement à l'entreprise de valider ses compétences, en même temps qu'il souligne la nécessité de les développer. L'EPR de Flamanville est en effet destiné à être une tête de série, sachant qu'à l'horizon de 2020, il faudra peu à peu remplacer les centrales existantes.
Là encore, dans le domaine de l'atome civil, EDF avance des chiffres précis : à l'horizon de 2015, 35 % des effectifs de l'ingénierie nucléaire de l'entreprise (environ 4 000 personnes actuellement) partiront en retraite.
Un grand appétit international
D'ores et déjà, EDF recrute plusieurs dizaines de personnes par an dans cette branche de l'ingénierie nucléaire (170 en 2007, autant en 2008). Pour un périmètre qui n'a plus rien de franco-français. Car c'est bien l'une des spécificités du nucléaire actuellement, il correspond à un très fort appétit international (lire encadré).
Ainsi, toujours à l'horizon de 2015,
l'ingénierie nucléaire d'EDF prévoit que
plus de 500 personnes travailleront à l'international.
En attendant, on mesure cet essor dans un certain nombre de régions
du monde. Aux États-Unis par exemple, alors qu'EDF n'employait
qu'une personne voici encore quelques mois, ils seront six en
décembre et vingt en 2008. Une information supplémentaire
pour comprendre que le nucléaire réserve aujourd'hui
de belles opportunités aux jeunes diplômés.
Le Monde, 13/11/2007:
Elle parle de "renaissance" du nucléaire, d'évolution "colossale" aux Etats-Unis, besoins en électricité et réchauffement climatique obligent. Venue le 7 novembre à New York recevoir le prix Benjamin-Franklin de la French-American Foundation, Anne Lauvergeon, patronne d'Areva, était aussi en tournée de promotion.
Dans la fourniture du combustible, l'ingénierie, les études de sûreté et la maintenance, Areva a déjà conquis la première place aux Etats-Unis. Mme Lauvergeon assure qu'avec l'EPR, son réacteur de troisième génération, son entreprise inaugurera, dès 2010, cette "nouvelle ère" nucléaire américaine. D'ici à quinze ans, 30 à 35 réacteurs devraient y être implantés.
La présidente d'Areva a tendance à sous-estimer les difficultés : l'état réel de l'opinion et l'attitude de l'administration. Aucun réacteur n'a jamais été fourni par un étranger aux Etats-Unis, et les investisseurs privés attendent des incitations fiscales qui n'existent pas encore.
Mais les faits alimentent son optimisme. La consommation annuelle d'électricité de l'Américain est, de très loin, la plus importante au monde (plus d'une fois et demie celle d'un Français), et le ministère de l'énergie (DoE) s'attend à une augmentation de 50 % des besoins d'ici à 2025. Or les centrales au charbon (50 % de l'électricité américaine) sont de plus en plus contestées. En octobre, le Kansas a refusé l'ouverture d'une centrale pour des motifs environnementaux.
Par ailleurs, le prix du charbon a doublé depuis 2001. Celui de l'exploitation des centrales au gaz liquéfié (18 % de la production nationale) a presque été multiplié par deux en vingt mois. Enfin, l'hydroélectricité (7 %) a quasiment atteint son potentiel maximum. [Lire: Le boom du nucléaire fait flamber les cours de l'uranium]
Selon le sénateur Richard Burr (républicain, Caroline du Nord), membre de la commission de l'énergie du Sénat, l'évolution progressive de l'opinion en faveur du nucléaire tient plus à des motifs économiques qu'environnementaux. Le consommateur américain "déteste l'imprévisible", dit-il. Aujourd'hui, les tarifs variables des électriciens en fonction des aléas des coûts du charbon et du gaz alimentent la grogne. Le nucléaire, estime M. Burr, offre une meilleure stabilité des prix.
La dérégulation de l'électricité a alimenté une inflation galopante. En deux ans, le prix moyen du kilowattheure a grimpé de 10 % aux Etats-Unis et explosé dans certains Etats : plus de 70 % dans le Maryland, plus 35 % dans l'Illinois. L'argument économique et social plaide donc en faveur d'un vaste redémarrage du nucléaire, interrompu depuis près de trente ans, soutiennent ses partisans. Il fournit à ce jour 20 % de la consommation nationale. "Si le nucléaire ne constitue pas 60 % de son nouveau portefeuille énergétique, l'Amérique ne s'en sortira pas", clame M. Burr.
Actuellement, 60 demandes d'extension des licences d'exploitation des 103 réacteurs en activité aux Etats-Unis ont été déposées. Le Congrès a voté, en 2006, des incitations fiscales pour six premières nouvelles centrales. La NRC (la commission nucléaire publique de régulation) a reçu 29 dossiers de construction de réacteurs nucléaires, dont sept soumis par Areva qui vise un tiers des futurs permis. L'entreprise française sera la première convoquée, en décembre, pour un projet, en association avec l'électricien local Constellation, d'implantation d'un réacteur EPR à Carvert Cliffs (Maryland). Démarrage en 2015. Constellation, qui vient de s'associer à EDF (Le Monde du 27 septembre), est si sûr du verdict qu'il a entrepris les travaux d'assainissement et commandé les pièces centrales du réacteur, les forjets, fabriquées en France.
"L'énergie sera, avec la couverture médicale, le principal débat de politique intérieure" de l'élection présidentielle américaine de 2008, assure David Sandalow, de l'Institut Brookings, à Washington. Le nucléaire, admet-il, a le vent en poupe. Mais il modère l'enthousiasme des industriels - "surtout si un démocrate l'emporte". En même temps, "quel que soit le président, il devra réduire les émissions d'oxyde de carbone". Une taxe sur le CO2 est, selon lui, improbable, une généralisation nationale des ventes de droits à polluer plausible. Or, "rien ne serait plus favorable à l'extension du nucléaire".
Les ambitions de Mme Lauvergeon aux Etats-Unis touchent autant au recyclage qu'à la vente de réacteurs. Quelque 54 000 tonnes de combustibles usés y sont actuellement déposées autour des centrales, auxquelles s'ajoutent chaque année 2 000 tonnes supplémentaires. "Recyclés, ils assureraient sept ans de consommation américaine", note Bernard Estève, président exécutif d'Areva en Amérique du Nord. Il étudie un projet de site de fabrication du combustible recyclé Mox en Caroline du Sud, à l'horizon 2016. Mais le retraitement est interdit sur le territoire américain depuis 1978. Une nouvelle loi, pour l'autoriser, sera "problématique", pronostique M. Sandalow, tant l'opinion reste "rétive" au recyclage des déchets comme à leur multiplication.
Mme Lauvergeon a nommé Spencer Abraham, ministre de l'énergie de George Bush de 2001 à 2005, président non exécutif d'Areva Inc. aux Etats-Unis. Sa tâche relève du lobbying. "Relance du nucléaire et retraitement sont inéluctables", clame-t-il. Lui milite pour la commercialisation des droits à polluer. L'administration Bush "l'adoptera avant le terme de son mandat", en novembre 2008, assure-t-il.
Face à ses concurrents, Westinghouse-Toshiba
et General-Electric-Hitachi, la présidente d'Areva admet
l'existence de difficultés politiques. Elle pensait disposer
d'un avantage déterminant. Son EPR est certes plus cher
(d'un demi-milliard d'euros) que leurs réacteurs, mais
il est le seul de troisième génération. Surtout,
il est le seul à être protégé contre
une attaque ou une chute d'avion
[archi faux, voir: EPR : Document "Confidentiel-défense"]. Au pays de
l'obsession antiterroriste, la NRC a cependant refusé d'inscrire
cette exigence dans le cahier des charges auxquelles les entreprises
doivent souscrire...
12/11/2007 - Les
pays du sud de la Méditerranée, producteurs d'hydrocarbures
ou non, marquent un intérêt croissant pour le nucléaire
afin d'assurer leur indépendance énergétique
au cours du 21e siècle. "Les pays maghrébins
et l'Egypte montrent un intérêt croissant pour le
nucléaire car ils savent qu'au cours du siècle,
les énergies fossiles se tariront", a fait valoir
Jacques Percebois, directeur du Centre de recherche en économie
et droit de l'énergie (CREDEN) de Montpellier (sud de la
France). "L'énergie de demain c'est le charbon ou
le nucléaire, et comme le premier pose des problèmes
environnementaux, c'est donc naturellement vers le second qu'ils
se tournent pour le long terme", a-t-il dit.
A l'heure actuelle, la grande majorité des centrales électriques
d'Egypte, de Libye et d'Algérie fonctionnent au gaz qui
se trouve dans leur sous-sol. La Tunisie comme la Turquie utilisent
aussi le fuel. Le Liban et la Syrie ont opté également
pour ce carburant et le Maroc pour une combinaison d'énergie
thermique (charbon, gaz, fuel), hydraulique et éolienne.
Mais tous "sentent la nécessité de diversifier
leur bouquet énergétique et d'avoir le nucléaire
civil dans leur palette. On ne peut exclure que certains n'aient
pas dans la tête l'idée de passer un jour au nucléaire
militaire avec le retraitement des déchets", avertit
Jacques Percebois. Un "échange préliminaire"
sur la construction de centrales nucléaires au Maroc a
été amorcé avec le groupe français
Areva, lors de la récente visite du président français
Nicolas Sarkozy dans le royaume. Des "échanges généraux"
sont en cours avec la Libye, selon Areva. Par ailleurs, le ministre
algérien de l'Energie et des mines, Chakib Khelil, avait
affirmé avant de se rendre fin octobre à Paris qu'il
allait parler du nucléaire civil. Nicolas Sarkozy a déclaré
que la France était "prête à aider tout
pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire civile.
Il n'y a pas une énergie de l'avenir pour les pays occidentaux,
et des pays d'Orient qui n'auraient pas le droit d'y accéder".
La Tunisie a conclu de son côté avec la France, en
décembre 2006, un accord pour l'utilisation pacifique de
l'énergie nucléaire. Elle prévoit de se doter
d'une centrale nucléaire d'une capacité de 900 mégawatts
en 2020. Le groupe Areva a été approché.
Plus à l'est, l'Egypte avait annoncé fin octobre
son intention de construire plusieurs centrales nucléaires,
relançant un programme civil gelé depuis 20 ans.
Il s'agirait d'ériger d'ici à 2022 quatre centrales
ayant une énergie totale "équivalente à
7 millions de tonnes de pétrole". La première
devrait entrer en fonction en 2017. Quant à Israël,
il compte construire une centrale nucléaire de production
d'électricité d'une capacité de 1.000 mégawatts
d'un coût estimé à 1,5 milliard de dollars,
avait indiqué en février 2007 le PDG de la compagnie
israélienne d'électricité.
Au nord de la Méditerranée, le nucléaire
ne fait pas l'unanimité. La Turquie a voté le 9
novembre une loi autorisant la construction des premières
centrales nucléaires, après une séance houleuse.
Elle en veut trois d'une capacité totale d'environ 5.000
mégawatts qui devraient être opérationnelles
en 2012 pour réduire sa dépendance énergétique.
L'Albanie envisage aussi de recourir au nucléaire pour
devenir une "superpuissance énergétique"
dans la région des Balkans, a déclaré le
9 novembre le Premier ministre albanais Sali Berisha. Ce pays
a besoin de 18 millions de kilowatts par jour et n'en produit
que 5,5 millions. La Bulgarie et la Roumanie possèdent
des centrales, dont certaines ont dû fermer et en Espagne
le nucléaire assure 26% de l'énergie du pays.
En revanche, la Grèce n'a pas recours au nucléaire
et l'Italie a voté en 1987 par référendum
la sortie du nucléaire civil: ses quatre centrales ont
été arrêtées en 1990.
3/11/2007 - La France veut aller plus loin dans sa coopération avec l'Inde sur le nucléaire civil, sous réserve que New Delhi respecte ses obligations internationales, a indiqué samedi la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse. La ministre française, en visite en Inde, a indiqué avoir soulevé ce sujet lors d'une réunion avec des responsables indiens parmi lesquels le ministre des Sciences et de la Technologie Kapil Sibal. Elle a exprimé à ces responsables la volonté de la France d'"aller plus loin dans le domaine de la coopération nucléaire civile," sous réserve que l'Inde satisfasse aux exigences de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du Groupe des fournisseurs nucléaires, a déclaré Mme Pécresse à des journalistes. La France et l'Inde ont signé une déclaration commune en février 2006, à l'occasion d'une visite du président français Jacques Chirac. La déclaration indiquait que la France et l'Inde avaient entamé des pourparlers en vue de conclure un "accord bilatéral de coopération pour le développement de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, sous réserve de leurs obligations et engagements internationaux respectifs". Les deux pays vont poursuivre leurs discussions pour définir quel type de coopération est possible, a indiqué Mme Pécresse. Les grandes puissances mondiales, parmi lesquelles la France et la Russie, cherchent à pénétrer le marché lucratif du nucléaire civil indien. Lors de sa visite d'une journée à Bangalore, dans le sud de l'Inde, Mme Pécresse a également rencontré le président de l'organisation indienne de recherche spatiale Madhavan Nair et a visité l'institut indien des sciences. Elle a proposé la création d'un institut conjoint sur les sciences de l'eau qui traiterait de problèmes comme la pollution des eaux en utilisant les technologies françaises. La France et l'Inde prévoient également de lancer conjointement un satellite baptisé Megha-Tropiques afin d'étudier les changements climatiques et un autre baptisé Saral pour travailler sur l'océanographie, a indiqué Mme Pécresse.
Challenges, 31/10/2007:
Quatre centrales pourraient être construites sur place d'ici 2020, afin de contrer l'affaiblissement des réserves de gaz et pétrole.
"L'Egypte sera un pays nucléaire pacifique", a promis le président Hosni Moubarak mardi 30 octobre devant la presse au Caire. Un choix stratégique, dicté selon lui par des "impératifs de sécurité énergétique". En effet, en vue d'un affaiblissement des réserves de gaz et de pétrole d'ici une trentaine d'années, le pays souhaite se doter de cette énergie. Actuellement en déficit en la matière, l'Egypte va voir le phénomène s'aggraver du fait de sa croissance démographique. Ses quelque 76 millions d'habitants consomment 21.000 mégawatts pour l'instant, et devraient en consommer prochainement plus de 60.000.
En toute transparence
Il est donc temps de se mettre au nucléaire. Selon des sources gouvernementales, quatre centrales nucléaires pourraient être construites d'ici 2020. Ce qui fournirait 4.000 mégawatts. En pleine crise iranienne du nucléaire, Le Caire a dû rassurer l'Occident. Le président égyptien a promis de mener son programme "dans la plus grande transparence", et compte construire les centrales en coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Et le pays s'est engagé à respecter le traité de non prolifération nucléaire (TNP) en le signant, même s'il n'a pas ratifié le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT).
1,2 milliard d'euros par centrale
Et surtout, l'Egypte a tenu à rassurer
les grandes puissances, qui ont déjà donné
leur feu vert au projet. Les Etats-Unis ont soutenu la décision
de Hosni Moubarak, en n'émettant "aucun objection",
et la France, la Chine ou encore la Russie proposent déjà
leurs services pour la concrétisation du passage au nucléaire.
Reste au pays à réorganiser son Autorité
de l'énergie atomique, en sommeil depuis une vingtaine
d'années, et choisir l'endroit où ériger
ses centrales. Le coût par unité est estimé
à 1,2 milliard d'euros.
Lire, le délire pro-nucléaire
le 9/11/2007 du Figaro Magazine "la vitrine nucléaire
du monde, c'est l'Hexagone...":
Flambée du pétrole : une chance
pour la France, leader du nucléaire
9/11/2007 - Le
discrédit grandissant qui entoure le charbon ouvre un boulevard
au nucléaire aux Etats-Unis, où de nouvelles centrales
doivent être impérativement construites dans les
prochaines années pour soulager un réseau électrique
au bord de la rupture.
"Le nucléaire n'est plus l'ennemi. L'ennemi à
abattre, c'est le charbon", lance Anne Lauvergeon, présidente du constructeur
français de réacteurs Areva, qui fonde de grands
espoirs sur la renaissance de l'atome civil dans ce pays.
Le charbon fournit la moitié de l'énergie utilisée
aux Etats-Unis pour produire de l'électricité, contre
20% pour le nucléaire. Mais les centrales au charbon, polluantes
et rejetant beaucoup de gaz carbonique, n'ont plus la cote dans
un pays qui se découvre depuis peu une fibre environnementaliste.
Sur les 151 projets de centrales au charbon recensés par
Areva, 16 ont été annulés et 76 sont jugés
incertains. La volonté de l'électricien texan TXU
d'édifier onze centrales au charbon avait suscité
une tel tollé dans l'opinion que sa reprise récente
par des fonds d'investissement lui a donné l'excuse parfaite
pour renoncer à la construction de huit de ces unités.
David Sandalow, un expert des questions énergétiques
au centre de réflexion Brookings Institution, assure que
le patron d'un électricien américain lui a raconté
qu'il était aujourd'hui plus facile de proposer la construction
aux Etats-Unis d'une centrale nucléaire que d'une centrale
au charbon.
La houille, bien que présente en abondance dans le sous-sol
américain, n'est déjà plus compétitive
face au nucléaire, du fait de l'envolée des cours,
à l'instar de nombre d'autres matières premières.
Et ce, avant même de prendre en compte les éventuels
coûts de dépollution et de capture du carbone qui
pourraient rendre cette technologie plus acceptable pour les populations.
Aucune centrale nucléaire n'a été construite
depuis 30 ans aux Etats-Unis, qui ont connu en 1979 l'un des plus
graves accidents du nucléaire civil, à la centrale
de Three Mile Island. L'accroissement de la demande,
de l'ordre de 2% l'an, a été compensé par
l'entrée en service de centrales au gaz. [Three Mile Island a peut-être été
le coup de grâce pour l'énergie nucléaire
américaine mais il a frappé une industrie déjà mal en point
dont le déclin était amorcé en 1974]
Cela n'a pas empêché plusieurs régions du
pays - la Nouvelle Angleterre, New York, la Pennsylvanie ou la
Floride - d'être aujourd'hui à la merci du moindre
incident: l'écart entre la capacité maximale de
production et la consommation n'y dépasse pas 15%. Une
situation instable aggravée par l'état pitoyable
du réseau électrique, morcellé et digne d'un
pays en développement.
Le recours massif au gaz - dont les cours sont alignés
sur ceux du pétrole - a entraîné récemment
un bond des factures des particuliers: jusqu'à +72% l'an
dernier pour certains consommateurs de l'Etat du Maryland (est
du pays).
"Les consommateurs américains ne s'attendent pas à
ce que leur facture d'électricité soit bon marché.
Ils veulent qu'elle soit prévisible. La seule source d'énergie
qui le permet, c'est le nucléaire - et aussi le charbon,
mais je n'y crois pas car la pression en faveur de la limitation
des émissions va l'empêcher de retrouver la position
qui était la sienne", relève le sénateur
Richard Burr, l'un des experts républicains pour l'énergie.
"Si le nucléaire ne représente pas au moins
65% des nouvelles capacités construites, je ne vois pas
comment on pourra dire que l'on veut baisser nos émissions
de carbone", estime le sénateur de Caroline du Nord.
Une trentaine de projets de centrales nucléaires ont été
évoqués aux Etats-Unis, mais aucun n'a fait l'objet
d'une décision irrévocable de lancement. En dépit
d'une accélération et d'une simplification des procédures
administratives, les premières ne devraient pas entrer
en service avant 2015.
7/11/2007 - La
première centrale nucléaire édifiée
aux Etats-Unis depuis plus de trente ans pourrait être de
technologie française: le groupe Areva est persuadé
que son réacteur EPR mènera la renaissance annoncée
de l'atome civil dans la première économie mondiale.
Thomas Christopher, le directeur général de la filiale
américaine d'Areva, dit être convaincu que la centrale
de nouvelle génération envisagée par l'électricien
Constellation à Calvert Cliffs, dans le Maryland (Nord-Est),
avec l'aide française, pourra entrer en fonctionnement
dès 2015. Constellation est "déterminé
et disposé à prendre des risques. Ils entendent
commencer les travaux sur une base limitée, dès
2008, comme EDF l'avait fait à Flamanville", avant même de recevoir
l'autorisation officielle de construire le premier EPR français,
souligne M. Christopher lors d'une présentation à
la presse de la principale usine américaine du groupe,
à Lynchburg (Virginie).
Les Etats-Unis comptent
aujourd'hui 104 centrales nucléaires en fonctionnement,
mais la plus récente, celle de Seebrook, dans le New Hampshire
(Nord-Est), a été commandée en 1977 et est
entrée en service en 1990. Depuis
peu, avec la folle envolée des prix de l'énergie,
les projets fleurissent de nouveau: une trentaine à ce
jour dans tout le pays, même si aucun n'a encore fait l'objet
d'une décision irrévocable de lancement. Quatre
sont jugés plus avancés, car leurs promoteurs ont
déjà passé commande de certaines grosses
pièces forgées composant le coeur du réacteur.
Et parmi ceux-ci, Constellation "a deux ans d'avance sur
tout le monde". "Ils sont prêts à nous
passer une commande de plusieurs centaines de millions de dollars",
ajoute M. Christopher. Pour mener à bien un projet aussi
lourd financièrement, Constellation, qui reste un petit
opérateur, bénéficie du soutien financier
et technique de l'électricien français EDF.
L'EPR est un gros réacteur de troisième génération,
d'une capacité de 1.650 mégawatts, présenté
par Areva comme plus économique et plus sûr que les
réacteurs actuels. Sa version présentée aux
Etats-Unis est identique aux exemplaires en construction en Finlande
et en France pour la partie nucléaire, la partie conventionnelle
étant simplement adaptée aux spécificités
du réseau électrique américain (qui fonctionne
en 110 volts). La technologie EPR a été retenue
pour 7 projets, contre 12 projets pour les petits réacteurs
AP1000 de Toshiba/Westinghouse et 7 pour divers modèles
de GE/Hitachi. La technologie de trois autres projets n'a pas
été arrêtée. Areva ne désespère pas de gagner des
clients supplémentaires car les centrales rivales ne sont
pas conçues pour résister à la chute d'un
avion commercial... un argument qui porte aux Etats-Unis depuis
le 11-Septembre. [L'EPR
non plus, voir: Le document confidentiel d&eacut