
19/6/2008 - Un
agent de sécurité de la centrale nucléaire
de Fessenheim (Haut-Rhin) a récemment trouvé, lors
d'une ronde de surveillance, que la porte du local de stockage
des sources radioactives n'était pas fermée à
clé, indique jeudi la direction de la centrale. La porte
a été immédiatement fermée à
double-tour, tandis qu'un contrôle de l'intégrité
des cadenas et un inventaire des sources en présence "n'ont
mis en évidence aucun écart", ajoute la direction
dans sa brochure Sit'infos. Cet "événement
de radioprotection" a été déclaré
au niveau 0, en dessous de l'échelle graduée de
1 à 7 des incidents recensés, ajoute-t-elle. Entrée
en service en 1977, la centrale de Fessenheim est la plus ancienne
du parc nucléaire français. En mai dernier, l'Autorité
de sûreté nucléaire (ASN) avait relevé
des progrès dans la gestion de la centrale, tout en soulignant
que le site devait encore s'améliorer en "rigueur
d'exploitation".
5/2/2008 - Le
directeur du site nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) Jean-Philippe
Bainier a assuré mardi que la centrale résisterait
à un séisme majeur alors qu'une étude suisse
estime que "l'aléa sismique" a été
sous-estimé par l'exploitant EDF. Les cantons de Bâle-Ville
et du Jura ont demandé en décembre que la résistance
de la centrale française soit réévaluée
en s'appuyant sur une étude selon laquelle EDF, la société
d'exploitation, aurait "sous-estimé le potentiel de
force sismique" dans la région. "Cette étude
fait partie d'un débat nécessaire", a estimé
mardi le directeur du site. Mais il a rappelé que la centrale
a été construite pour résister à un
séisme qui aurait deux fois l'intensité du plus
fort séisme survenu alentour, à savoir celui de
Bâle en 1356. Selon M. Bainier, il n'y aurait "pas
de rejet radioactif au-dessus de seuil autorisé" en
cas de séisme. "Il n'y aura rien, sauf un possible
arrêt des réacteurs", a-t-il indiqué,
ajoutant que les calculs de EDF sont conformes à la réglementation
française. Répondant à la presse, il a estimé
qu'il n'y avait pas de nécessité de procéder
à un renforcement du sol ou des bâtiments abritant
les réacteurs pour parer aux effets d'un séisme
majeur. Il a toutefois annoncé que "les cloisons du
bâtiment électrique du site seront renforcés",
soulignant que cette opération avait été
prescrite dès 2003 par l'Autorité de sûreté
nucléaire (ASN). Elle doit intervenir cette année
dans le cadre de la révision décennale qui prend
aussi en compte le risque sismique. Ce risque est - avec l'âge
de l'installation - un des thèmes de campagne des opposants
français suisses et allemands à la centrale mise
en service il y a 30 ans et qui est la plus ancienne centrale
nucléaire du parc français. Alors que les anti-nucléaires
continuent de réclamer sa fermeture, elle fera l'objet
de visites décennales "approfondies" de plusieurs
mois, à partir d'octobre 2009 pour le premier réacteur
à eau pressurisé et au printemps 2010 pour le second.
A l'issue de ces visites, l'ASN donnera son avis sur la poursuite
de l'exploitation pour au moins dix ans [lire à propos de la prolongation à 40 ans de la durée
de vie de des centrales EDF] des deux tranches de 900 Mégawatts.
9/1/2008 - L'association
Stop Fessenheim compte appeler les candidats aux élections
municipales en Alsace à s'engager à prendre des
mesures dans leurs communes pour la promotion d'énergies
alternatives, afin de "se passer de l'électricité
nucléaire", a-t-elle annoncé mercredi. L'association,
qui rassemble quelque 300 adhérents, milite pour la fermeture
rapide de la centrale de Fessenheim, la plus vieille de France,
mise en service en 1977. Elle remettra aux candidats vingt-quatre
questions sur ce qu'ils "comptent faire pour réduire
localement les gaspillages d'énergie, pour l'autonomie
énergétique de leur commune et pour obtenir l'arrêt
de la centrale", ont précisé ses responsables
lors d'un point de presse. La liste comprend des mesures pour
l'isolation thermique des logements sociaux, l'interdiction des
climatisations dans les nouveaux bâtiments, une moindre
consommation de l'éclairage publique, l'installation de
chauffe-eaux solaires, la construction de centrales photovoltaïques,
la remise en route de micro-centrales hydrauliques ou la promotion
de la géothermie. Stop Fessenheim proposera aussi aux candidats
de signer son appel à la fermeture rapide de la centrale,
auquel ont déjà souscrit 152 élus, a indiqué
sa présidente Nicole Roelens.
Le Matin (Suisse), 24/12/2007:
La prolongation de l'exploitation des réacteurs nucléaires alsaciens, de la plus vieille centrale atomique de France, sera combattue par les autorités jurassiennes
La centrale nucléaire de Fessenheim - la plus ancienne en activité dans l'Hexagone - donne des signes de vieillesse qui effraient les Jurassiens dont le territoire est situé à 60 km à vol d'oiseau. Ses réacteurs ont été mis en service en 1977. Ils ont reçu une autorisation de fonctionnement de 20 ans et une prolongation de 10 ans. A Bâle, l'on se manifeste aussi alors qu'en France le débat est ouvert sur un nouveau prolongement du bail d'exploitation.
En 2004 déjà, le Gouvernement jurassien avait demandé au conseiller fédéral Moritz Leuenberger d'intervenir auprès de ses collègues français au sujet de la sécurité de cette centrale atomique. Des incidents, heureusement toujours mineurs, continuent de se multiplier. Quarante «petits problèmes» ont été constatés en 2005 et 49 l'an dernier. En novembre 2007, quatre ouvriers ont subi une contamination interne légère. Trois mois plus tôt, un incendie s'était déclaré lors d'essais pratiqués sur un réacteur.
Risques sismique sous-évalués
Le 13 décembre passé, un autre danger a été rendu public. Les risques sismiques avaient été sous-évalués au moment de la construction de la centrale atomique. «Les Etats de Bâle-Ville et du Jura ont pris connaissance d'une expertise qu'ils avaient commandée. Les analystes démontrent que cette centrale atomique ne correspond plus aux normes sismiques actuelles» indique le président du gouvernement jurassien Laurent Schaffter qui se dépêche d'ajouter: «Les résultats ne sont pas rassurants, mais il n'y a pas de quoi s'alarmer». Bâlois et Jurassiens s'associeront pour, en janvier prochain, obtenir des autorités françaises que la résistance de la centrale atomique aux séismes soit réévaluée au vu des risques de tremblement de terre qui touche la région bâloise. Pour mémoire un séisme avait entièrement détruit Bâle en 1356 et les spécialistes estiment qu'un tremblement de terre pourrait survenir dans le fossé rhénan tous les 1000 à 1500 ans, un séisme s'étant déjà produit en l'an 250.
De l'autre côté de la frontière, l'on sent une volonté pour des raisons économiques de prolonger l'exploitation de Fessenheim. «S'il n'obtient pas des assurances précises, l'exécutif du Jura pourrait choisir de se mettre dans le camp de ceux qui luttent pour la fermeture de Fessenheim compte tenu des dangers que cette centrale représente pour notre canton».
Jean-Pierre Molliet
30/8/2007 - Une vingtaine de grands-mères membres de l'association Stop Fessenheim accompagnées de huit petits enfants se sont rassemblées jeudi à Strasbourg pour interpeller l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur les dangers de la centrale, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Le plus bel héritage qu'on puisse donner aux enfants, c'est d'être en bonne santé et de vivre dans un environnement sain", a déclaré la présidente de l'association, Nicole Roelens, à la presse. Les grands-mères et les enfants arboraient des pancartes sur lesquelles était écrit "Stop Fessenheim". Une délégation a été reçue en milieu d'après-midi par le délégué territorial de l'ASN, Alain Liger, à qui l'association entendait poser cinq questions portant entre autres sur la conformité de la centrale à la loi sur l'eau et la question sismique.
A l'issue d'un entretien d'une heure, Mme Roelens s'est dite "satisfaite que les visions aient été confrontées". "M. Liger a surtout souligné le rôle de contrôle de l'ASN sur la centrale", a-t-elle ajouté, regrettant que les questions de l'association soient restées sans réponse. Entrée en service en 1977, la centrale de Fessenheim, qui compte deux réacteurs à eau pressurisée, est la plus ancienne centrale nucléaire du parc français.
Dans son bilan 2006, l'ASN a réclamé
à EDF plus de rigueur dans l'exploitation de Fessenheim.
Alors que les anti-nucléaires continuent de réclamer
sa fermeture, la centrale fera l'objet de deux visites décennales "approfondies"
en 2009 et 2010, à l'issue desquelles l'ASN donnera son
avis sur la poursuite de l'exploitation.
3/3/2007 - La centrale nucléaire de Fessenheim, la doyenne du parc français, va fêter ses 30 ans le 7 mars, tandis que les anti-nucléaires fourbissent leurs armes, notamment devant les tribunaux, pour obtenir rapidement sa fermeture. Si l'anniversaire est discrètement célébré "en interne" dans la centrale, l'association écologiste allemande BUND diffuse ironiquement une carte de voeux illustrée d'une bombe, mèche enflammée, avec la devise "Fessenheim, 30 ans de bombe à retardement" et les actions spectaculaires se multiplient.
Mise en service en 1977 sous le nom de "centrale atomique", cette installation à eau pressurisée de deux tranches de 900 Mégawatts (Mgw) "fonctionne en toute sécurité" et son état est actuellement "globalement satisfaisant", certifient l'exploitant EDF et ses tutelles, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et la DRIRE, représentant régional du ministère de l'Industrie. La tranche 1 doit subir en 2009 sa 3e visite décennale et la tranche 2 un an plus tard, avec des contrôles extrêmement approfondis. "Après ça, on verra" si on poursuit l'exploitation, déclare Alain Liger, directeur de la DRIRE.
Mais les anti-nucléaires français, allemands et suisses ne veulent pas attendre jusque là. "Cette centrale a toujours été et reste dangereuse", affirme Stéphane Lhomme du réseau français "Sortir du Nucléaire". "Fessenheim n'est pas à l'abri d'une attaque terroriste", accusent les associations BUND et CSFR (Comité de sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin) qui ont organisé le 24 février un "petit-déjeuner" à proximité de la centrale pour démontrer qu'"il est possible de s'approcher avec un véhicule, ni vu ni connu, des deux réacteurs et de la piscine de désactivation des combustibles usés" de la centrale.
Des militants anti-nucléaires ont à cette occasion remplacé les panneaux d'entrées et de sorties de 300 communes françaises et allemandes, situées dans un rayon de 30 km de la centrale, par l'inscription "Fessenheim, vous n'êtes pas à l'abri". Stop Fessenheim dénonce également les risques d'inondabilité contre lesquels la centrale serait mal protégée ainsi que l'aggravation présumée de micro-fissures dues au vieillissement des cuves, deux points contestés par EDF. L'association est à l'origine d'une pétition pour la fermeture immédiate de la centrale adressée l'an dernier au président Jacques Chirac par 141 maires et élus alsaciens de toute sensibilité politique, et restée sans réponse à ce jour.
Les antinucléaires ont également obtenu ces dernières semaines que des candidats à la présidentielle, comme Ségolène Royal, Dominique Voynet ou Corine Lepage, se prononcent pour la fermeture de la centrale. Mais la lutte des "anti" Fessenheim, démarrée il y a 30 ans avec des jeûnes et des rassemblements, a pris un nouveau tournant avec la bataille juridique engagée à l'initiative de l'Association trinationale de protection nucléaire (ATPN). Selon Jean-Paul Lacôte, membre du BUND et de l'ATPN, un recours devrait être bientôt déposé devant le tribunal administratif de Strasbourg.
L'ATPN, qui regroupe des villes comme Fribourg
(Allemagne), Bâle (Suisse), des communes allemandes, suisses
et françaises, des associations et des particuliers, est
défendue par Corinne Lepage, avocate, ancienne ministre
de l'Environnement et candidate à la présidentielle.
Parmi les adhérents à l'ATPN figure une seule municipalité
alsacienne, Mollau (Haut-Rhin), 430 habitants, dont le maire,
Francis Schirk, milite pour que cesse la "fuite en avant"
de l'énergie nucléaire en France.
27/2/2007 - L'association
Stop Fessenheim a demandé mardi aux candidats à
l'élection présidentielle de fixer une date de fermeture
définitive de la centrale nucléaire haut-rhinoise,
la plus ancienne du parc nucléaire français. Dans
un courrier adressé aux candidats et à divers responsables
locaux, l'association a émis sept recommandations "pour
réussir la sortie du nucléaire et la mutation énergétique
en Alsace".
La première d'entre elles consiste à "décider
de la date d'arrêt définitif (de la centrale) et
établir un calendrier avec tous les partenaires concernés",
l'association jugeant "inefficace" de se borner à
promettre un arrêt "quand les solutions alternatives
seront réunies". Stop Fessenheim préconise
également de lever les "freins structurels" à
la sortie du nucléaire, comme la "dépendance
financière des collectivités locales vis-à-vis
du nucléaire" ou "l'emprise" du secteur
sur le service public, d'associer "les personnels et les
collectivités" à la transition, et de "créer
un centre de recherche et de formation sur les techniques de démantèlement".
L'association propose enfin de favoriser le développement
des énergies alternatives, notamment en réformant
le secteur public de l'énergie, via un "programme
public de mutation énergétique" et en développant
les innovations dans le domaine des énergies renouvelables
et de l'efficacité énergétique. La centrale
de Fessenheim, qui compte deux réacteurs à eau pressurisée,
est entrée en service en 1977. Fin janvier, la candidate
socialiste à l'Elysée Ségolène Royal
avait écrit à Stop Fessenheim pour se prononcer
en faveur de "l'arrêt définitif des deux réacteurs
de la centrale de Fessenheim".
Dernières nouvelles d'Alsace, 25/2/2007:
Énergie nucléaire / Dans un rayon de 30 km autour de Fessenheim
Les militants de Greenpeace ont profité de la nuit de vendredi à samedi pour poser 1200 panneaux sur les entrées et sorties de communes, dans un rayon de 30 km autour de Fessenheim. Cette action s'inscrivait dans le cadre de la Journée nationale d'information sur l'EPR et le risque nucléaire.
Greenpeace s'oppose au projet de l'European
Pressurized Reactor (EPR) qui devrait être implanté
à Flamanville, dans la Manche. Pour faire connaître
les risques inhérents à ce « réacteur
de 3e génération », les militants alsaciens
se sont mobilisés autour de la centrale nucléaire
de Fessenheim. Ils ont tracé sur la carte un trait au compas
sur un rayon de 30 km et sont allés rebaptiser en catimini
les villes et villages contenus dans ce cercle. Entre 3 h et 6
h du matin, dans la nuit de vendredi à samedi, une cinquantaine
de personnes ont posé 1 200 panneaux à l'entrée
et la sortie de 315 communes. Colmar, Mulhouse, Fribourg, Lörrach...
se sont toutes appelées pour un temps donné : «
Fessenheim, vous n'êtes pas à l'abri » ou dans
la version allemande, « Fessenheim, Sie sind nicht in Sicherheit
».
L'EPR, le plus puissant des réacteurs avec 1600 MW. Durant
la pose des panneaux, les militants ont eu droit à un ciel
étoilé et un temps doux. Arrivés au matin
au centre-ville de Mulhouse pour une matinée d'information
place des Victoires, la pluie s'est mise à tomber. «
On n'a pas de chance, il a fait beau jusqu'à 8 h du matin
», souligne Isabelle Steffan, coordinatrice du groupe local
de Strasbourg. « En se mobilisant autour de Fessenheim,
on veut alerter du risque que fait courir la centrale. Elle a
été construite pour vingt ans, elle en est à
sa trentième année d'activité et elle en
a encore pour dix ans. On dit stop ! ». Les militants ont
distribué des bonbons rappelant les pastilles d'iode qu'il
faut absorber en cas d'accident nucléaire. Il y est inscrit
: « EPR : je refuse d'avaler la nouvelle pilule nucléaire
! ».
Greenpeace s'appuie sur une étude réalisée
par John Large, expert indépendant, sur les questions
du risque nucléaire et qui sort cette semaine. Sa conclusion
: l'EPR, le plus puissant des réacteurs avec 1 600 MW,
serait le réacteur le plus dangereux au monde. Toute la
France serait touchée en cas d'accident nucléaire.
« L'EPR, on n'en a pas besoin actuellement, rappelle Isabelle
Steffan. Souvent on oublie que l'énergie nucléaire
n'est destinée qu'à l'électricité
». Le décret de l'EPR n'est pas encore signé.
Greenpeace appelle les candidats à l'élection présidentielle
à s'engager à renoncer au projet.
24/2/2007 - Greenpeace a collé une affiche dénonçant le danger de la centrale nucléaire de "Fessenheim à l'entrée de la ville de Heiteren, près de Fessenheim, le 24 février 2007 Les opposants français et allemands au nucléaire ont multiplié samedi les manifestations autour des deux réacteurs de Fessenheim (Haut- Rhin), pour dénoncer les risques encourus par la plus vieille centrale de France qui fête cette année ses 30 ans. Alors que les alentours de la centrale étaient quadrillés par les forces de l'ordre, 60 à 70 militants français et allemands, selon les gendarmes, une "petite centaine" selon les organisateurs, se sont retrouvés à la mi-journée sur une digue voisine pour un "petit déjeuner hivernal à l'ombre de la centrale". Leurs pancartes dénonçaient notamment la "bombe à retardement" que représente selon eux Fessenheim, exposée notamment au risque d'une inondation et au risque sismique en raison de la faille sur laquelle est contruite l'installation, mais aussi mal protégée du risque terroriste, selon les opposants à la centrale. Dans la matinée, des militants de l'organisation écologiste Greenpeace ont débaptisé symboliquement plus de 300 communes françaises et allemandes dans un rayon de 30 km autour de la centrale. En lieu et place des 1.200 panneaux d'entrées et de sorties de Colmar, Mulhouse, Fribourg en Brisgau et 315 autres communes situées dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale, on pouvait lire au petit matin de part et d'autre du Rhin "Fessenheim vous n'êtes pas à l'abri". Il s'agissait de pointer du doigt l'exposition de ces communes au risque nucléaire en raison de la proximité de la centrale, mais aussi de dénoncer le projet de réacteur européen à eau sous pression (EPR) à Flamanville dans la Manche, a expliqué Isabelle Steffan, coordinatrice de Greenpeace à Strasbourg. Ces dernières années, "les incidents se multiplient, quelle que soit leur gravité, et on nous promet certains travaux qui lorsqu'ils sont réalisés, s'avèrent insuffisants", a déploré Claude Ledergerber, du Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin (CSFR), l'une des six organisations à l'origine du petit-déjeuner. Celles-ci avaient écrit il y a quelques semaines à la préfecture pour lui demander de restreindre les facilités d'accès à une digue située sur le flanc est de la centrale, estimant qu'il y avait là "une faille évidente en ce qui concerne la défense contre les risques d'attentats". Dans une première réponse aux associations, le préfet du Haut-Rhin Michel Guillot a assuré cette semaine que la question serait abordée dans le cadre d'un plan de circulation actuellement en cours d'élaboration, soulignant que l'accès du public à la digue ne pouvait "perdurer pour des raisons de sécurité et de protection de l'environnement".
Libération, 31 mars 2006:
Une centaine d'élus alsaciens ont réclamé sa fermeture dès 2007.
Il n'y a pas tout l'éventail politique, mais presque. Des Verts à l'UDF, 110 élus alsaciens ont rendu public, hier à Strasbourg, un «appel solennel au gouvernement et au président de la République pour l'arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2007». Parmi les signataires, pas d'élus UMP «mais, certains en sont proches», note Nicole Roelens, initiatrice de l'appel et porte-parole du collectif Stop Fessenheim, qui milite pour la fermeture de la plus vieille centrale de France, mise en service en 1977.
Le texte reprend l'argumentaire des anti-Fessenheim, qu'EDF réfute point par point (Libération du 30 janvier). La centrale serait «en bout de course», «déficitaire» et nécessiterait des «réinvestissements constants» pour ne produire au final que 3 % de l'électricité nucléaire française. Elle menacerait «la sécurité des populations» à cause de «dangereuses faiblesses» dans le circuit de refroidissement, de «fissures évolutives» sur les cuves des réacteurs et du risque sismique en Alsace.
Les élus signataires, «conscients qu'un accident aux conséquences irréversibles et gravissimes peut intervenir à tout moment», affirment donc que «la prolongation de cette centrale au-delà de 2007 est inacceptable». Fessenheim approchera alors de sa troisième visite décennale, prévue pour 2009-2010. EDF espère obtenir la prolongation de l'activité jusqu'en 2019. «Ce n'est pas un appel antinucléaire», souligne le conseiller régional Vert Jacques Fernique, mais le rassemblement «de ceux qui refusent la politique de l'autruche.»
Thomas Calinon
France3 Alsace, 31/3/06:
Mobilisation
pour la fermeture de Fessenheim
STRASBOURG Jeudi 30 mars 2006 - Cent dix élus alsaciens ont lancé un
appel au président Jacques Chirac et au gouvernement pour
obtenir l'arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim
(Haut-Rhin) dès 2007, soit 30 ans après son entrée
en service.
Le maintien en activité de la centrale la plus vieille
de France serait "une
aberration économique", en raison de coûts
de maintenance de plus en plus élevés, et une menace
pour "la sécurité des populations, a expliqué
Nicole Roelens, présidente du collectif "Stop Fessenheim",
lors d'une conférence de presse à Strasbourg.
"Ce n'est pas un appel antinucléaire, ce n'est pas
une profession de foi écologiste, c'est le dénominateur
commun qui permet à des élus d'agir ensemble pour
faire bouger les inerties", a souligné Jacques Fernique,
conseiller régional des Verts.
A côté d'une majorité de conseillers municipaux,
on recense parmi les signataires dix maires, onze conseillers
régionaux, huit conseillers généraux, ainsi
que le député socialiste du Bas-Rhin Armand Jung
et la députée européenne (Verts) de Lorraine
Marie-Anne Isler-Béguin.
Des élus Verts, socialistes et UDF se retrouvent côte
à côte sur l'appel. En revanche, aucun membre déclaré
de l'UMP ne s'y est associé, alors que le parti de la majorité
présidentielle détient en Alsace les exécutifs
du conseil régional et des deux conseils généraux.
Les 110 signataires, qui ambitionnent de rallier d'autres soutiens,
restent très minoritaires au regard des seuls quelque 4.300
grands électeurs alsaciens.
Mise en service en 1977, la centrale nucléaire de Fessenheim,
qui est dotée de deux réacteurs de 900 MW, a été
déclarée apte à fonctionner dix années
supplémentaires à l'issue de sa seconde révision
décennale en 2000.
Sa durée de vie pourrait être portée à
40 ans, selon EDF, en fonction des conclusions de la prochaine
révision décennale.
Libération, 30/1/2006 :
Le directeur de la centrale, attaquée sur sa vétusté, riposte lors d'une visite guidée.
Plan Vigipirate oblige, l'accès au parc nucléaire français est interdit à toute personne étrangère au service depuis l'automne 2001. Un centre nucléaire de production d'électricité (CNPE), ça ne se visite plus. Sauf quand EDF invite. Souvent mise en cause pour son manque de transparence par les militants antinucléaires, normalement peu loquace quand il s'agit de répondre à leurs offensives, l'entreprise a décidé d'ouvrir à Libération les portes de la centrale de Fessenheim pour une visite axée sur la sécurité. Fessenheim, c'est deux réacteurs de 900 mégawatts en service depuis 1977. Doyenne du parc nucléaire français, elle est l'épouvantail des «anti», qui la jugent «trop vieille, trop dangereuse». La fermeture immédiate est réclamée, une action en justice envisagée (Libération du 13 octobre 2005). Mais EDF entend prolonger l'activité de Fessenheim jusqu'en 2019 au moins. Et le directeur du CNPE, Joseph Sanchez, défend la cause pied à pied.
Aléa sismique
La terre a tremblé en Alsace en février 2003 (5,4 sur l'échelle de Richter). Selon les cartes d'aléa sismique, le sud du Haut-Rhin se colore en rouge, signe d'un risque «moyen», le niveau le plus élevé en France métropolitaine. En 1356, un séisme (magnitude estimée entre 6,2 et 6,5) a détruit la ville suisse de Bâle, située à 50 km. Cette activité tectonique inquiète. «Il faut savoir raison garder, balaie Joseph Sanchez. Au Japon, ça tremble plus fort et plus souvent, et on y trouve pourtant des centrales parfaitement sûres. On a reconstitué le séisme de Bâle. La centrale peut résister à un séisme deux fois plus intense, soit à une magnitude de 6,7.» En 2003, le réseau Sortir du nucléaire a révélé qu'EDF entendait mener «des actions de lobbying» pour éviter de se plier à une coûteuse mise aux normes antisismiques. Agacé, Joseph Sanchez rétorque que «tout cela est parti d'un document non conclusif d'EDF». La centrale sera toutefois renforcée pour la visite décennale de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
Impact sur la digue
Fessenheim a été érigée en contrebas et à quelques dizaines de mètres à peine de la digue du grand canal d'Alsace. Que se passerait-il en cas de rupture de l'ouvrage ? Joseph Sanchez campe sur sa position : «Ce qui peut endommager le plus la digue, c'est un séisme. A 6,7 sur l'échelle de Richter, les études validées par l'ASN prouvent que la digue tient. Dans la mesure où elle ne s'effondre pas, il n'y a pas lieu d'aller plus loin.» En clair, inutile d'étudier un scénario d'impact sur les installations, la digue ne cédera pas. En revanche, l'hypothèse d'une «perte d'étanchéité» a été envisagée. Des talus de déviation ont été élevés, des canaux de détournement creusés. Joseph Sanchez l'assure : «Avec 40 cm d'eau sur le site, on n'a pas de problèmes de sûreté.»
Attaque terroriste
«Donnez-moi un quart d'heure et je vous transforme Fessenheim en Tchernobyl», affirme un militant antinucléaire. Depuis le 11 septembre, l'hypothèse d'une attaque avec un avion de ligne a été envisagée. EDF en conclut qu'«il se passerait quelque chose, très clairement». «Nous serions en situation de crise, il faudrait gérer un incendie. Mais toutes les études ont montré que les fonctions vitales ne seraient pas atteintes. On serait capables de garantir l'essentiel, à savoir le refroidissement du réacteur pour le ramener à un état sûr.» Soit.
Bouches d'incendie
Il y a des disparitions inquiétantes à Fessenheim. Ainsi, un document de l'ASN datant de l'été 2005 montre que «sur les 14 bouches d'incendie référencées, seules 4 ont pu être retrouvées sur le terrain et contrôlées». La faute à «un plan pas correctement mis à jour», selon EDF, qui précise que, depuis, «elles ont toutes été repérées». Pas de quoi s'inquiéter, à écouter Joseph Sanchez, puisque «ces bouches sont un outil complémentaire, l'ultime barrière des pompiers. Le réseau principal, lui, fonctionnait correctement».
Six agents ont été légèrement contaminés en 2005 parce qu'ils ne portaient pas les protections prévues, 14 en 2004. Cette année-là, des billes radioactives s'étaient retrouvées là où elles ne devaient pas être, à cause d'une erreur de manipulation d'une vanne. Dans plusieurs de ses comptes rendus d'incidents, l'ASN pointe des «lacunes dans la culture de sûreté». Lors de notre visite, une cabine de contrôle de la radioactivité corporelle s'est soudain mise en position HS. «Ça arrive», a commenté un agent. La routine s'installant, le niveau de sécurité serait-il en train de baisser ? «La routine est un des facteurs qui peuvent amener à se tromper, admet Joseph Sanchez. Le facteur humain ne permet pas d'exclure entièrement une contamination accidentelle. Mais la culture de sûreté, c'est bien faire et se poser la question de savoir si l'on fait bien. C'est parce que nous avons ces exigences que nous déclarons des événements sans conséquence sur la santé ou l'environnement. Ailleurs dans l'industrie, tout cela serait banal.»
Thomas Calinon
Libération, 13 octobre 2005:
Le principe de précaution s'applique-t-il à EDF et à l'énergie nucléaire ? Et, si oui, faut-il arrêter les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) dont les antinucléaires dénoncent «la dangerosité et la vétusté» ? Ces questions, deux associations entendent les poser à la justice, devant laquelle elles ont décidé de réclamer la fermeture et le démantèlement de la centrale, doyenne du parc nucléaire français. «C'est un combat stratégique et symbolique pour toute la lutte antinucléaire», affirment-elles. La démarche est inédite, elle pourrait en susciter d'autres.
Mise en service en 1977, cette centrale de 1800 mégawatts (3 % de la puissance totale du parc nucléaire français) avait une durée de vie initiale estimée à vingt ans. Le délai a été repoussé une première fois à 2007 et EDF souhaite prolonger l'activité des deux réacteurs à «quarante ans ou plus». C'est pour éviter cette nouvelle prolongation que se sont constitués l'Association trinationale de protection nucléaire de la population autour de Fessenheim (ATPN), née d'une initiative suisse, et le collectif Stop Fessenheim (1).
«L'idée, c'est de repositionner le combat antinucléaire en tant que véritable mouvement citoyen, explique Nicole Roelens, de Stop Fessenheim. Des manifestations, il y en a eu beaucoup depuis trente ans et la centrale est toujours là. Désormais, il s'agit de résister efficacement.» «Nous voulons nous lancer dans une lutte de longue haleine sur le terrain juridique», confirme Jürg Stöcklin, président de l'ATPN et élu vert du canton suisse de Bâle-Ville.
Pour financer ce combat, les associations comptent sur le soutien des populations et des villes et collectivités locales françaises, suisses et allemandes de la région. Pour le mener, les deux associations se sont tournées vers l'avocate et ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage (Cap 21), qui s'était opposée en 1997 au redémarrage de Superphénix. Sur le terrain juridique, l'avocate annonce une première étape sans doute d'ici à la fin de l'année. «Il faut poser la question des conditions de fonctionnement de la centrale au regard des normes de sécurité actuelles plutôt que celle de sa fermeture», généralise la juriste, soucieuse de ne pas dévoiler son plan de bataille.
Pourtant, l'argumentaire antinucléaire est déjà bien connu : Fessenheim serait trop vieille, non rentable et vulnérable, car située dans une zone d'activité sismique et édifiée en contrebas de la digue du grand canal d'Alsace. Plusieurs incidents s'y sont produits ces dernières années, dont l'un, en janvier 2004, a entraîné la contamination de douze agents. «EDF s'est engagé dans une fuite en avant parce que le démantèlement de la centrale lui coûterait extrêmement cher, estime Nicole Roelens. Mais continuer à nier sa dangerosité est le meilleur moyen de produire la catastrophe.» Interrogé, EDF n'a pas souhaité commenter la procédure juridique annoncée.
Thomas CALINON
Lire: Conclusions du GSIEN sur la visite décennale du réacteur 1 de Fessenheim
17/6/2005 - Une
association à vocation trinationale lancée par des
militants antinucléaire suisses, allemands et français
a vu le jour vendredi à Bâle pour exiger la fermeture
de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin).
"L'association de protection nucléaire de la population
des alentours de la centrale nucléaire de Fessenheim"
vise à rassembler tous les acteurs -citoyens, partis, associations,
collectivités- qui, dans les trois pays, oeuvrent pour
la fermeture de la centrale de Fessenheim située à
34 km de la ville suisse de Bâle et à une vingtaine
de kilomètres de Freiburg en Allemagne.
L'arrêt de l'installation, mise en service en 1977, fait
depuis plusieurs années l'objet de mobilisations des militants
antinucléaires allemands, français et suisses qui
dénoncent sa dangerosité.
"La création de cette association trinationale est
un signe fort de la volonté de la population de ne plus
supporter sans rien faire les risques du nucléaire, particulièrement
ceux de Fessenheim, dans la région du Rhin supérieur",
a déclaré Juerg Stoecklin, élu vert du parlement
de Bâle-ville, désigné vendredi président
de l'association.