La France cherche désespérément une poubelles nucléaires pour ses déchets...

Lire:

- Ces déchets nucléaires dont on ne sait que faire

- Peut-on se passer du retraitement ? (Sciences & Avenir n°419, janvier 1982, en Pdf 1,5 Mo)

- Déchets nucléaires: quels scénarios de production?

- Vivrez-vous près d'une poubelle nucléaire ?

- Déchets très radioactifs sous la France tranquille

 

Le Parisien, 1/11/2008: 

La France cherche où stocker ses déchets nucléaires

Une vingtaine de communes se sont portées candidates à l'accueil du site de stockage de déchets faiblement radioactifs dont a besoin la France. Une décision qui ne passe pas toujours bien auprès de leurs habitants.

QUI VEUT d'une patate chaude radioactive ? 3 115 petites communes rurales de France, sollicitées par l'Etat, avaient jusqu'à cette fin de semaine pour se porter candidates à l'accueil d'un nouveau site d'enfouissement de déchets nucléaires. Ce dernier, qui doit ouvrir en 2019, est destiné à accueillir des résidus dits « de faible activité et à vie longue », qui resteront radioactifs pendant plusieurs milliers d'années.
Au moins 21 municipalités ont répondu favorablement, principalement en Champagne et en Lorraine, d'après un pointage non exhaustif réalisé par plusieurs associations écologistes. L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), à l'origine de l'appel à candidatures, ne fournit pas dans l'immédiat un nombre plus précis.

« Pas de ça chez nous »

L'affaire est sensible. Dans les départements de la Meuse, de la Haute-Marne et de la Meurthe-et-Moselle, dix conseils municipaux qui s'étaient exprimés en faveur du projet ont reculé dans les tout derniers jours avant la date butoir, face à la bronca des habitants. A Houdelmont, en Meurthe-et-Moselle, les élus ont voté oui, puis non, après qu'une consultation a montré que l'écrasante majorité de leurs administrés était hostile au projet. A Tréveray (Meuse), où la population a voté contre à plus de 80 %, une habitante, Noëlle Martin, commente : « On ne veut pas de ça chez nous. Ça suffit, on a déjà assez de déchets nucléaires dans le coin ! » Jean-Pierre Masseret, président du conseil régional de Lorraine, estime que sa région « n'a pas vocation à accueillir tous les déchets nucléaires de la France ».

La Meuse a déjà le privilège d'être pressentie pour accueillir les déchets les plus dangereux, ceux dits « à haute activité et à vie longue », pour lesquels un centre d'enfouissement à 500 m sous terre est à l'étude au laboratoire de Bure (Meuse). Le département proche de l'Aube, en Champagne, héberge, lui, deux centres immenses de 1,6 million de mètres cubes au total, où sont stockés les déchets les moins radioactifs, notamment le béton des centrales en cours de démantèlement.

Les couches d'argiles des sous-sols de l'est de la France, presque imperméables et peu sujettes aux tremblements de terre, sont celles, déclarent les experts, qui se prêtent le mieux à l'enfouissement de déchets radioactifs. Mais d'autres régions françaises, notamment dans le Sud-Ouest, présentent des caractéristiques similaires et ont été sollicitées par l'Andra.

Pourtant, très peu de communes du Lot, de l'Aveyron ou du Tarn-et-Garonne ont manifesté un intérêt pour le projet. Xavier Rabilloud, de l'association Réseau sortir du nucléaire, suggère : « C'est peut-être parce que les campagnes de l'est de la France sont souvent les plus pauvres. » Le nouveau centre d'enfouissement des déchets « de faible activité et à vie longue » représente 200 à 350 millions d'euros d'investissements et nécessitera la création d'une centaine d'emplois, précise l'Andra.

 


Le Républicain Lorrain, 1/11/2008: 

La décharge radioactive qui fait « pschitt »

Après une semaine de tension à Avricourt liée au projet éventuel d'implantation d'une décharge radioactive, l'heure semble être à l'apaisement. La candidature évoquée un moment devrait ne pas être déposée. En somme, beaucoup de bruit pour un petit « pschitt ».

La décharge radioactive d'Avricourt va sans doute faire « pschitt ». C'est en tout cas la tendance annoncée par la première adjointe Monique Lukas au moment d'entrer dans la salle du conseil municipal pour une réunion des édiles à l'ordre du jour unique : l'entérinement ou l'abandon de la candidature du village pour l'implantation d'un lieu de stockage de déchets radioactifs de faible activité à longue vie.

Cette idée de la municipalité pour faire entrer dans les caisses de la commune une importante manne a fait couler beaucoup de salive depuis quelques jours et la tenue d'une réunion d'information par l'ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) à l'attention de la population. Cet organisme a été missionnée par Jean-Pierre Borloo pour trouver un site dont l'environnement géologique était adéquat pour recevoir des déchets radifères et de graphite à radioactivité faible issus de l'industrie traditionnelle et nucléaire.

« L'affaire du siècle » Un rassemblement où la population a été invitée, aux dires de quelques habitants, « plutôt en dernière minute », et où les opposants du collectif 57 contre l'enfouissement des déchets nucléaires (une association basée à Uckange) ont fait voir leur présence : « Quand on fait ce genre de réunion, on essaye de faire en sorte que l'argumentaire soit équilibré. Là, ça ressemblait plus à de la propagande qu'à de l'information », estime André Burger, membre du collectif. Tout a débuté à Avricourt lorsque la commune a reçu un dossier d'information voilà quelques mois.

Les membres du conseil se sont rendus dans l'Aube pour visiter un site semblable : « L'endroit était plus que grandiose », admet la quatrième adjointe Mireille Mischler. L'élue avoue pourtant être vite retombée de son nuage : « On nous annonçait l'affaire du siècle. J'ai ensuite vu un reportage à la télé où une autre commune était candidate, et ce n'étaient pas les mêmes chiffres de retombées qui étaient annoncées. Et un autre sur un deuxième village où c'était encore des chiffres différents. Je me suis dit "on nous raconte peut-être des mensonges" »

Pétitions, palabres, tracts, annonces de manifestations et même menaces à l'encontre de certains membres du conseil municipal ont été proférés depuis lors, alors que la candidature d'Avricourt n'avait pas encore été décidée. Il fut même question, un temps, d'un conseil municipal à huis clos ou avec vote à bulletins secrets. « Etant donné l'opposition de la population et la pression qu'on a, la décision ne devrait pas trop faire de doute », déclarait hier la première adjointe, appelée à présider le conseil en l'absence du maire, malade depuis quelques jours. Du côté des édiles, on joue surtout la carte de l'apaisement. D'autant plus que, selon toute vraisemblance, et sauf surprise majeure, l'opposition au projet au sein même de l'équipe municipale devrait déboucher sur son abandon.

Un long chemin vers la désignation

S'agissant d'Avricourt, on est là seulement à la phase de réflexion pour le dépôt de la candidature de la commune, dont la date limite était fixée à hier soir. Les dossiers des villages volontaires sont ensuite présentés au gouvernement qui les entérine et décide si elles doivent être investiguées. Des campagnes d'investigation et de concertation avec la population locale sont alors engagées entre 2009 et 2010 avant que les conseils municipaux concernés ne délibèrent une nouvelle fois pour confirmer leur décision. Au final, après les diverses démarches, la mise en service du site n'est pas prévue avant 2019.

Autant dire que, même si Avricourt devait accepter de se présenter, le chemin vers la décision finale serait encore très long et sans doute semé d'embûches ! Quant aux retombés pour les heureux élus, elles sont multiples. L'ANDRA annonce ainsi, pour le site de Soulaines-Dhuys dans l'Aube une taxe foncière de 2 millions d'euros par an et une taxe professionnelle de 1,6 million d'euro à l'année

 


Le Républicain Lorrain, 31/10/2008: 

Non aux déchets nucléaires !

Vous avez peut-être reçu un courrier de l'Andra en mairie ? » demandait le président François Lavergne aux élus locaux réunis lors du dernier conseil districal, et poursuivant, « L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs vous sollicite pour l'accueil d'un centre d'enfouissement des déchets nucléaires sur votre commune, avec un fort joli livret vous expliquant avec force photographies et témoignages à la clé que cela ne risque rien et représente une chance unique de développer votre commune ». Il poursuit, ironique : « Grâce aux qualités de notre sous-sol, la Moselle retrouve d'un seul coup les faveurs de l'Etat. Alors que 8 000 militaires vont quitter le Département, l'Andra offre à qui le souhaite 140 emplois et bien entendu, les nuisances qui vont avec ! Accepter une telle implantation reviendrait à ruiner tous les efforts consentis depuis des années en faveur de l'environnement. La demande de l'Andra, sous couvert d'ouverture et de transparence, n'a qu'un objectif : reporter le poids final sur les élus locaux ». Approbation à l'unanimité et vote d'une motion précisant qu'à l'heure des restructurations des services de l'Etat dont la Moselle subit de plein fouet les conséquences, les élus locaux du Duf refusent catégoriquement d'accueillir sur leur territoire, le moindre déchet nucléaire.

 


La Liberté de l'Est, 28/10/2008: 

Déchets nucléaires: Rouvres-en-Xaintois candidate

Le conseil municipal a choisi de faire du village un candidat à l'éventuel site de stockage des déchets nucléaires.

Explications

A l'unanimité, le conseil municipal de Rouvres-en-Xantois a voté lundi dernier sa candidature à l'accueil d'un éventuel site de stockage de déchets nucléaires de faible activité à vie longue. "Ce n'est pas dit que notre commune soit retenue", nuance le maire, Bernard Charles. L'Andra doit au préalable réaliser des études de sol plus approfondies pour savoir si l'épaisseur d'argile est suffisant. Si c'est le cas, le premier magistrat organisera avec l'appui de l'Andra, une séance d'information pour la population et un référendum. "Ce seront les habitants qui auront le mot de la fin, la délibération finale ne sera qu'en 2010."

Les arguments qui encouragent la commune à se porter candidate sont d'abord d'ordre financier : "On toucherait au minimum 600 000 Euros de taxe professionnelle par an, ça permettrait de dynamiser le village, d'investir dans le secteur économique", imagine le maire soulignant que "les charges afférentes à la commune augmentent. Indirectement, l'Etat se décharge sur les communes." Il ajoutera également que les aides des conseils général et régional diminuent. Un maire qui considère que le risque sanitaire est limité : "Il n'y a aucun danger car ce sont des résidus à très faible valeur."

Mais il est conscient qu'il faudra longtemps pour les neutraliser, sensibilisé à cela par deux militaires retraités habitant la commune dont l'un d'eux est membre du conseil. "Il savent bien comment les déchets peuvent être conditionnés et les conditions drastiques employées pour limiter les émissions. Mais comme ils ont une durée de vie de milliers d'années, on ne sait pas si le conditionnement tiendra le coup. Probablement pas."

Mais Bernard Charles se rassure : la couche d'argile protège d'après les informations dont il dispose ; il faut 2 000 ans pour que la radioactivité avance d'un mètre. "Si une commune voisine avait un tel centre, en cas de problème radioactif, on en subirait autant les effets qu'elle. Et on serait passé à côté de ressources financières", argumente-t-il, ajoutant "j'ai plus peur des lignes à haute tension que des déchets radioactifs. Je suis électricien de métier et je connais bien le problème."

Les candidats pour accueillir le site de déchets nucléaires ne se bousculent pas malgré les arguments de l'Andra. D'après Bernard Charles, seize communes sont candidates sur les 3 115 concernées. Un faible chiffre qui aura incité l'Andra à repousser la date de candidature jusqu'au 15 novembre. Dans les Vosges, seules Grand et Rouvres campent sur leur position. Fréville s'est désengagée lors de son dernier conseil. La candidature de la commune n'était en effet pas à l'ordre du jour d'une précédente assemblée municipale mais avait été votée lors des questions diverses. Un vice de forme à la suite duquel les élus ont changé d'avis, ayant eu plus d'informations en leur possession.

 


Orange.fr, 21/10/2008: 

Les maires hésitent à accueillir des déchets radioactifs

La France se prépare à enterrer ses déchets nucléaires

Les déchets, c'est déjà mal vu, alors des déchets nucléaires, vous imaginez..." A Gondrecourt-le-Château, près de Nancy, le maire Stéphane Martin et le conseil municipal l'ont décidé: la commune va se porter candidate pour accueillir le futur centre de stockage de déchets nucléaire de "faible activité-vie longue". Sur les 14 conseillers municipaux présents le 11 septembre lors du vote sur cette candidature, 8 ont dit oui. Mais les élus savent que la population est en majorité contre. "Il s'agit d'une gestion responsable, les habitants sont inquiets car ils ne connaissent pas bien le dossier", estime le maire de cette commune de 1500 habitants.

A 40 kilomètres au sud-est de Gondrecourt, le village d'Aouze, 200 habitants, est lui aussi volontaire. "Cela nous amènera des emplois et des recettes fiscales", explique le maire Gilles Chognot. Le projet doit en effet permettre la création d'une centaine d'emploi pendant la construction, une cinquantaine durant la phase d'exploitation.

"La pire des mauvaises solutions"
Mais les militants anti-nucléaires appellent les habitants des communes concernées à ne pas se laisser tenter et à se mobiliser. "C'est de la corruption légale", dénonce Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire. "En matière de déchets nucléaires, il n'y a que des mauvaises solutions. Mais l'enfouissement, à petite ou grande profondeur, est la pire de ces mauvaise solutions, c'est un crime pour les génération futures."

Il craint une "contamination des nappes phréatiques" et un effet néfaste sur le développement économique et touristique de la commune, dont l'image sera "dégradée".

L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs rétorque que c'est justement pour la sécurité que ces déchets seront stockés en sous-sol. Elle assure un "impact sur l'homme et l'environnement le plus faible possible, inférieur à l'impact de la radioactivité naturelle", grâce à trois niveaux de protection: les colis qui contiennent les déchets, les ouvrages de stockage et la couche géologique.

"De belles déclarations rassurantes. A Asse aussi, on avait promis que la mine était d'une stabilité parfaite", s'indigne Stéphane Lhomme, évoquant le scandale qui a éclaté récemment en Allemagne, suite à des incidents dans une mine de potasse et de sel où sont stockés depuis les années 1970 des déchets faiblement et moyennement radioactifs.

Pour en savoir plus: www.sortirdunucleaire.org , le site du réseau Sortir du nucléaire

 


La Dépêche du Midi, 20/10/2008: 

Puylaroque. Les antinucléaires informent

La salle des fêtes de Puylaroque a reçu les antinucléaires. À la tribune : Marc Saint-Aromans des Amis de la Terre Midi-Pyrénées ; Jean-Luc Vialard, de Sortir du nucléaire Lot ; Guy Pezet, de Serenes-Sereines (12), et Michel Gueritte, du collectif champenois contre les déchets radioactifs.

Dans la salle : Colette Soubrier, de l'association Sortir du nucléaire 82, accueillait près d'une soixantaine de personnes venues, malgré le beau soleil, assister à la projection d'un diaporama explicatif et poser des questions. « Déchets radioactifs : bientôt près de chez vous ? », interrogeaient ces militants de la première heure contre cette technologie à risque tant pour l'avenir (les déchets et leur traitement) que pour le présent (avec ses « incidents »).

Les questions ont fusé. Portant sur les caractéristiques du camp militaire en matière de possibilité d'accueil d'un centre d'enfouissement, sur les normes acceptables, sur les mesures effectuées, sur la valorisation future et éventuelle des déchets. C'est la colère qui sourd quand sont évoquées les luttes qu'il a fallues pour faire prendre des précautions au fil de la banalisation du nucléaire (les premiers déchets en forme de boues ont même pu servir de remblais).

« C'est un non-sens d'enfouir la radioactivité. C'est se condamner à ne jamais pouvoir la retraiter, sans parler des risques sismiques C'est un non-sens », s'écrie une participante, applaudie. La date du 31 octobre, clôture des candidatures des mairies pour faire étudier la faisabilité géologique de leur commune, s'approche. Il semble que les populations du Quercy soient convaincues majoritairement que leurs édiles (qui ont déjà annoncé leur refus) ne reviendront pas sur leur décision.

Une partie de la salle est plus sceptique : « Les centres de décisions de tels investissements dépassent l'expression de la citoyenneté locale, disent-ils. Cet appel à candidature n'est qu'un rideau de fumée. Les jeux seraient faits. »

 


La Nouvelle République, 14/10/2008: 

"D'accord pour envisager l'accueil des déchets"

Vicq-Exemplet. La commune se porte candidate pour envisager sur son territoire un site d'enfouissement de déchets radioactifs. Première en Berry.

Le conseil municipal de Vicq-Exemplet a osé. Il est, à ce jour, le seul dans le Berry à être candidat à l'accueil d'un site d'enfouissement de déchets radioactifs de « faible activité à vie longue » proposé par l'Andra. L'Agence nationale des déchets radioactifs a contacté 3.500 communes à la géologie compatible, dont une soixantaine dans le Berry, afin de leur proposer de faire acte de candidature. Retombées économiques à la clé.

Mardi dernier, en séance publique, les conseillers municipaux de Vicq-Exemplet ont fait part de leurs interrogations sur l'installation d'un tel site. Mais, d'autre part, ils estiment « que le nucléaire existe et qu'il faut en accepter les conséquences. Je préfère la gestion des déchets dans les lieux spécifiques que l'oubli de ces déchets dans des conditions de stockages inadaptées », résume le maire.

A bulletins secrets, les élus devaient répondre à la question « Êtes-vous favorables pour envisager l'installation d'un site d'enfouissement de déchets radioactifs de faible activité à vie longue dans la commune ? » Cinq d'entre eux se sont prononcés pour, quatre contre et deux se sont abstenus. Paradoxe : neuf conseillers ne sont ensuite prononcés contre les idées proposées par le collectif anti-déchets nucléaire (un pour et un bulletin blanc).

Les conseils municipaux (1) sont invités à postuler avant le 31 octobre auprès de l'Andra. Les maires pourront dans un second temps, fin 2010, confirmer leur candidature après concertation locale. Puis, l'agence mènera des investigations sur le territoire des communes candidates, entre autres pour vérifier la faisabilité du stockage, pour une ouverture du centre de stockage en 2019.

(1) les communautés de communes n'ont pas compétence en la matière.

 


Politis, 9/10/2008: 

Le refus de Soulaine

Soulaine (10), qui recèle déjà un centre de stockage de déchets nucléaires ; Soulaine, enfant chéri de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) exhibé en modèle de réussite Eh bien, Soulaine a dit « non », à l'unanimité de son conseil municipal, à l'Andra, qui recherche fiévreusement des communes d'accueil pour son futur centre d'enfouissement de déchets radioactifs dits de « faible activité à vie longue ». Et malgré les alléchantes promesses de retombées financières. C'est une claque pour l'Andra, estime le Réseau sortir du nucléaire, et un signe fort pour toutes les municipalités qu'elle a approchées.

 


Gestion des déchets nucléaires: l'enfouissement est au point, selon l'Andra

7/10/2008 - Les techniques d'enfouissement des déchets radioactifs à "faible activité et à vie longue" (FAVL) sont au point mais elles suscitent toujours la méfiance dans l'opinion, ont estimé des experts lors d'un briefing de presse organisé par l'Andra mardi à Bure (Meuse). "Les faibles progrès effectués dans la mise en oeuvre de l'enfouissement des FAVL constituent le talon d'Achille de l'industrie nucléaire: nous prétendons savoir le faire mais sans en apporter la preuve", a déclaré Neil Chapman, de l'école ITC de stockage souterrain des déchets de Meirigen (Suisse).

"L'enfouissement des FAVL en couches profondes constitue pourtant une solution sûre, durable et réversible pendant des décennies", a-t-il ajouté lors de ce briefing organisé par l'Agence française pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) deux semaines avant la 7e conférence européenne sur la gestion et le stockage des déchets radioactifs, qui aura lieu du 20 au 23 octobre à Luxembourg. "Les pays de l'Union européenne exploitant l'énergie nucléaire ont besoin de sites de stockage pour les FAVL qu'ils pourront, le cas échéant, se partager", a encore déclaré M. Chapman.

En France, les FAVL sont constitués par quelque 170.000 m3 de déchets issus du radium dont la nocivité court sur plusieurs milliers d'années, voire 300.000 ans pour le chlore 36, l'un de leurs éléments. L'Andra a transmis cet été un dossier à 3.115 communes dans vingt départements disposant, selon elle, d'un terrain géologique a priori compatible avec l'installation d'ici à 2019 d'un centre de stockage de FAVL. Les maires intéressés par ce projet doivent donner d'ici au 31 octobre leur accord à des forages d'essai.

L'Andra étudie également la possibilité de prendre en charge dans ce futur centre d'autres déchets FAVL tels que les déchets bitumés ou des objets radiologiques à usage médical, représentant un volume supplémentaire de 50.000 m3.

Devant le laboratoire de recherche souterrain de l'Andra où avait lieu le briefing de presse, des militants du Réseau "Sortir du nucléaire" ont distribué aux journalistes une "contre-propagande" stipulant que l'enfouissement des FAVL constituait "un terrible pari (...) sur des durées qui défient l'entendement humain".



Le Petit Journal, 2/10/2008: 

Une réunion publique « explosive »

Le mercredi 24 septembre dès 20h, une centaine d'habitants du village, des alentours et même de la Corrèze, sont venus à la réunion publique organisée par le Maire de Saint-Denis, Monsieur Lacarrière qui avait invité 2 représentants de l'ANDRA pour informer les habitants au sujet de l'enfouissement futur des déchets radioactifs. Cette réunion a démarré dans une ambiance houleuse sous les huées et les cris des opposants dont des membres du Réseau Sortir du Nucléaire (RSN). En quelques minutes des dizaines de pétards ont été lancés en guise de désapprobation au projet. A l'extérieur de la salle, les gendarmes ont été appelés afin de maintenir une certaine surveillance, alors que la réunion se poursuivait dans une ambiance « un peu plus calme » mais, très électrique.

Pendant 2 heures les participants opposés (99 % de la salle) à l'enfouissement des déchets se relayaient tour à tour pour poser des questions plus pertinentes les unes que les autres aux 2 représentants de l'ANDRA. Il faut reconnaître que le bilan de cette soirée reste à démontrer car les intervenants n'ont absolument pas été convaincants par leurs explications démonstratives quant aux « bienfaits » de ces futurs stockages radioactifs.

LES CHOIX DE L'ANDRA

L'un des représentants de l'ANDRA a proposé 2 choix : laisser les déchets sans surveillance (entreposage) comme à la Hague (avec colis à l'intérieur). Or, il faut savoir qu'aujourd'hui, selon un membre du RSN, à Asse (Allemagne), des milliers de fûts contenant le même genre de déchets, ont été « entreposés » dans une mine de sel (soit-disant imperméable). Cette mine contenant des déchets depuis 30 ans est inondée et à l'heure actuelle, les nappes phréatiques sont polluées irrémédiablement. Toujours selon lui, un film intitulé ULTIMATOME démontre précisément l'action de la radioactivité « entreposée » en soulignant le taux élevé de cancers dans cette région. Pour les membres du RSN, vouloir enfouir des déchets sans se préoccuper des vies humaines relève de l'irresponsabilité et c'est jouer aux apprentis sorciers.

Car le second choix proposé: le stockage (différent de l'entreposage) est nouveau semble-t-il, déclare le représentant de l'ANDRA, c'est une première, puisque le stockage est mis sous surveillance ! « On les surveille, mais pour combien de temps ? » demandent les citoyens. Le représentant répond : « la solution de stockage est faite pour pouvoir être « oublié ». ( !) Ah ! Une femme se lève et interroge vivement : « Comment un stockage peut-il être oublié, donc passif, quand une matière, à l'intérieur, est vivante ?». Applaudissements de la salle. L'ANDRA n'a pas de réponse, si ce n'est que le stockage est prévu pour environ 500 à 1000 ans... Alors que ceux de la Hague n'ont que 30 ans ainsi que ceux de Tricastin... et ceux que l'on « oublie » ! La salle est furieuse !

L'ANDRA MALMENÉE

L'ANDRA poursuit : 3115 communes ont été démarchées sur l'hexagone et ce sous l'instigation de JL Borloo depuis juin 2008 et, c'est avant le 31 octobre 2008 que les communes devront porter leur candidature. Selon elle, 2 ou 3 zones « seraient candidates » d'ici la fin de l'année et, jusqu'en 2010, des reconnaissances géologiques, sismiques seront effectuées par forages.

Les citoyens de la salle s'insurgent en rappelant que des géologues réputés de la région (dont Monsieur Astruc) ont déjà étudié la question. Les arguments les plus forts pour refuser ce projet étant « la présence/proximité du parc naturel et les fracturations dans la couche de marne supposée étanche ». « Il y a risque sismique, c'est prouvé » crient certains habitants. Malgré ces remarques, les représentants poursuivent « difficilement » leur raisonnement.

Ainsi, fin 2010, une fois les rapports d'études (lesquelles ? le coût ?) terminées, les communes candidates, dont le sol serait en conformité avec cette opération de stockage, pourront librement donner leur accord ou bien refuser de s'aventurer plus ! Question d'un opposant : « Comment un Conseil Municipal peut-il prendre une décision qui mettra en péril les populations actuelles et les générations futures ? ». La salle est survoltée en entendant la réponse : « Les communes qui se dévoueront auront une contrepartie, vous voyez de quoi il s'agit ? ». Tollé dans la salle qui a fort bien compris l'enjeu, les millions d'euro à la clé. La réunion est presque terminée, et personne ne veut plus entendre l'ANDRA et ses propositions. Un dernier habitant fustige les deux représentants : «Qui est pour dans cette salle ? Personne, sauf vous, parce que c'est votre métier ! Vous êtes là pour nous vendre des stockages et condamner nos vies et celles des futures générations ». A Saint-Denis, les opposants au nucléaire se sont fait entendre. Pour mémoire, un petit titre de ce questionnaire : conscient de la qualité rare de l'environnement naturel lotois, le Conseil général s'engage pour la préservation de ce patrimoine exceptionnel. A voir.

 


Le Petit Journal, 2/10/2008: 

"Non à l'enfouissement des déchets radioactifs !"

Une trentaine de militants antinucléaires se rassemblaient samedi 27 septembre, sous la bannière Jean-Luc Vialard, coordonnateur SDNLot devant la Préfecture du Lot pour protester contre l'enfouissement des déchets nucléaires.
"On sait, d'après les spécialistes que des terminologies trompeuses ou atténuées sont utilisées par les promoteurs de l'industrie nucléaire. En exemple "déchets dit à faible radioactivité" ou encore "l'uranium dit appauvri". A Asse en Allemagne 126 000 fûts contenant des déchets faiblement radioactifs enfouis dans une mine de sel déclarée "géologiquement stable depuis 70 millions d'années" et quasi imperméable, sont susceptibles de resurgir aujourd'hui à la suite d'une inondation de la mine. D'après les militants anti-nucléaires "une catastrophe est en cours". De nombreux citoyens au-delà des militants considèrent comme un crime l'enfouissement des déchets radioactifs.
En effet "tôt ou tard la radioactivité sera relâchée, contaminera les nappes phréatiques, remontera à la surface et mettra en grand danger les êtres vivants". C'est une affaire de tous, même des maires qui se laisseraient convaincre par des fortes sommes financières. "Nous rejetons tout projet d'enfouissement nucléaire" conclut Jean-Luc Vialard.

Gisèle V.


Oise Hebdo, 1/10/2008: 

Le réseau «Sortir du nucléaire» informe la population

Mobilisés pour repousser l'implantation d'un centre de stockage de déchets radioactifs sur le territoire de la Picardie Verte (cantons de Breteuil, Crévecur, Formerie, Marseille-en-Beauvaisis, Grandvilliers), les membres du réseau «Sortir du Nucléaire» étaient réunis samedi 27 septembre au cours de la matinée sur le marché de Beauvais. Une opération menée avec le soutien de Christian Février, représentant les Verts du Beauvaisis et de Régis Lecuru représentant la gauche altermondialiste, et destinée à informer la population sur les risques représentés par l'énergie nucléaire et la gestion des déchets : «Les matières que l'on veut enfouir près de chez nous ont une durée de vie de plusieurs milliers d'années et sont extrêmement nocives», explique Nicolas Guillou, responsable du réseau sur le plan local. «L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) veut nous imposer ce centre d'enfouissement sans véritable communication au préalable. Or il faut savoir que les matières en question, qui seront enterrées dans notre sous-sol, regagneront tôt ou tard l'eau et l'air, avec des risques cancérigène et génétique énormes pour les habitants.»

Selon les opposants au projet, la population n'est, pour l'instant, pas assez informée sur ce sujet. «Il y a un lobby énorme pour le nucléaire. On parle malheureusement davantage d'économie que de sécurité ou d'environnement. Personne ne pense aux générations futures. Car ce type d'installation pose de vrais problèmes éthiques. Qui peut dire que dans 100 000 ans, le site sera toujours étanche», affirme le militant, avant d'ajouter «Surtout que les incidents sont de plus en plus fréquents, à l'instar des accidents au Tricastin. On prolonge bien souvent la vie de centrales devenues obsolètes. Et il y a un grand manque de transparence.»
Les membres du réseau ont déjà obtenu l'opposition de plusieurs élus au projet, mais ils craignent cependant de voir les petites communes de la Picardie Verte se laisser séduire par les équipements qu'ils pourraient obtenir en contrepartie d'une autorisation d'enfouissement sur leur territoire

«L'ANDRA cherche des communes volontaires. Il faut donc interpeller nos élus pour qu'ils ne se portent pas volontaires. La décision est attendue avant le vendredi 31 octobre. »
Le groupe local « Sortir du nucléaire » multiplie par conséquent les opérations de sensibilisation et les campagnes d'information dès que cela est possible, comme samedi dernier à Beauvais, à l'occasion de la journée nationale mis en place par le réseau (fédération de 820 associations à travers la France). Le mot d'ordre était donc clair pour tous les opposants à l'installation d'un site d'enfouissement : «
Déchets nucléaires : ni ici, ni ailleurs / Arrêtons d'en produire.» Un cri d'alarme que les militants espèrent faire retentir dans tous les cantons visés par le projet de I'ANDRA.

 


La Dépêche, 1/10/2008: 

Plus de 6200 signatures pour dire non aux déchets radioactifs

Samedi matin devant la préfecture, une vingtaine de personnes du collectif «Stop déchets radioctifs Quercy-Rouergue » constitué le 8 août à Labastide- Murat, regroupant des citoyens, des élus, des associations et des collectivités locales, ont déposé symboliquement une motion qui reprenait le texte de la pétition qui été signée par plus de 6200 personnes. Le collectif est contre le projet de l'enfouissement des déchets radioactifs dans le Lot, le Tarn-et-Garonne et l'Aveyron. Compte tenu du projet de mise en place du fichier Exploitation documentaire et valorisation relative à la sécurité publique (EDVIRSP), qui remplace EDVIGE, le collectif a pris la décision de ne pas divulguer les coordonnées des signataires, ses documents restent à la disposition des médias pour un comptage contradictoire.

 


L'Union, 1/10/2008: 

Des déchets radioactifs sous haute surveillance

Dans les anciennes centrales nucléaires où sont entreposés des déchets radioactifs, comme à Chooz, les contaminations du sous-sol sont fréquentes. Mais le site ardennais fait plutôt figure de bon élève.

Les experts de l'IRSN estiment que l'entreposage de déchets radioactifs datant des années 50 et 60 est à l'origine de contaminations du sous-sol et parfois des nappes phréatiques. Le site de Chooz est cité dans le rapport. Voilà de quoi mettre à mal le message de ceux qui veulent faire passer l'énergie nucléaire pour une énergie propre. L'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a été chargé de plancher sur la surveillance des sites nucléaires à la suite du rejet d'uranium d'une filiale d'Areva, proche de la centrale du Tricastin, en juillet dernier.

La gestion des déchets, entreposés dans les centrales datant du début de l'industrie nucléaire, est montrée du doigt : et Chooz fait partie de ces centrales anciennes. « Dans pratiquement tous les cas, ces entreposages ne présentent pas un confinement des matières suffisant et sont à l'origine de contaminations du sous-sol proche, voire des nappes phréatiques », concluent les experts dans un rapport transmis, jeudi, au Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire.

Sur le site ardennais, il existe différents endroits où des déchets radioactifs sont entreposés. Le rapport stipule que des zones souterraines d'entreposage ont été identifiées à proximité du réacteur Chooz A (en cours de démantèlement). La contamination de l'environnement n'est pas prouvée. Mais des investigations complémentaires sont prévues.

Les experts évoquent également 200 m3 de gravats extraits d'une galerie. « Ces gravats, qui peuvent être très faiblement contaminés, ont été repris puis conditionnés dans des emballages spécifiques avant d'être placés dans les alvéoles des fondations de l'ancien bâtiment médical, vestiaire et laboratoire. » Des investigations seront, cette fois, menées dans un délai de 5 ans.

L'IRSN signale enfin la présence de déchets provenant de la construction des réacteurs de Chooz B. Des piézomètres (NDLR : puits de surveillance) ont été construits pour suivre une éventuelle pollution issue de cette dernière zone de stockage. D'après le directeur de la centrale de Chooz, tous ces déchets seraient de simples gravats. Il s'agirait de terre prélevée sur le site, donc qualifiée de déchets radioactifs par principe de précaution.

Olivier Lamarre signale que les experts rapportent eux-mêmes que les résultats des investigations ne sont pas concluants. Des résultats confirmés par le chef de la division des installations nucléaires(*) de la Drire, Michel Babel. Le rapport est plus précis : « Selon l'exploitant, les puits de surveillance n'ont pas révélé de pollution de la nappe phréatique depuis 2003. Par ailleurs, l'IRSN ne connaît pas d'événement de rejets radioactifs ayant pu marquer la nappe avant l'année 2003. »

Si des investigations supplémentaires doivent encore être réalisées, le site de Chooz fait donc plutôt office de bon élève.

Notons qu'en matière de gestion de déchets radioactifs, les phases de démantèlement les plus risquées restent à venir. La cuve ou le générateur de vapeur de Chooz A peuvent rester sur place, plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant d'être dirigés vers des sites spécialisés.

« Personne ne sait piéger les éléments radioactifs »

Pour Michel Marie, porte-parole du Cedra (collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs), les conclusions de ce rapport concernant les contaminations du sous-sol démontrent, une fois de plus, les limites de la gestion du nucléaire. « Cela confirme malheureusement ce que les citoyens et des associations dénoncent depuis plusieurs années. » Selon lui, « en France, il y a eu une telle multiplication des sites de stockage qu'on ne sait même plus qu'ils existent pour certains. » Et le pays manquerait cruellement d'organismes de contrôle indépendants.

Cette gestion jugée calamiteuse pendant les premières années d'exploitation nucléaire a aujourd'hui un coût environnemental, mais aussi financier, car la facture des études et de l'éventuelle réhabilitation des zones sera lourde. Pour des raisons de délai, le rapport de l'IRSN se concentrait sur certains sites nucléaires. L'idéal, pour le porte-parole du Cedra, serait que tous les sites, et en particulier ceux de stockage, soient analysés de la sorte.

Les rares études indépendantes qu'a obtenues le Cedra sur le site de stockage de Soulaines (Aube) sont d'ailleurs bien plus alarmistes en matière de rejet et de durée de vie des déchets que le discours officiel diffusé aux habitants. Une information clé quand on sait que de nombreuses communes ardennaises figurent sur la liste des candidates potentielles à l'accueil d'un site d'enfouissement.

Un incident édifiant

À Chooz, en plus des prélèvements montrant des concentrations de fer, de manganèse, de cyanure ou la présence d'ions sulfate dans la nappe, le rapport met en avant une découverte inexpliquée. « Une surface de 4 m2 au sol a fait l'objet d'une contamination découverte en septembre 2000, localisée en bordure externe des clôtures de la centrale de Chooz A sur un chemin de halage. L'origine de la contamination n'est pas connue. Les mesures effectuées ont permis de mettre en évidence une contamination surfacique [...]. La terre contaminée a été retirée et la surface nettoyée. » Une pollution toujours inexpliquée à ce jour !

* La division des installations nucléaires est la division régionale de l'Autorité de sûreté nucléaire. Elle vérifie le respect de l'arrêté de 1996 réglementant la surveillance des rejets liquides et gazeux du site EDF de Chooz.

 


La Nouvelle République du Centre-Ouest, 29/9/2008:

Déchets nucléaires: 13 maires ont dit non

Châteauroux. Samedi matin, le Collectif antidéchets nucléaires de l'Indre organisait un rassemblement place de la République

Ils étaient environ 150 samedi matin sur la place de la République de Châteauroux, à manifester contre le projet d'implantation d'un centre de stockage de déchets nucléaire. L'appel, lancé par le Réseau "Sortir du nucléaire" au niveau national, a été relayé dans le département par le Collectif anti-déchets nucléaires de l'Indre (Cadni). Ses membres ont distribué des tracts « d'abord pour informer les gens du projet », confiait samedi Chantal Courant, trésorière du Collectif. 56 communes de l'Indre ont été approchées par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), pour accueillir, dans leur sol, un centre de stockage de déchets nucléaires, à faible radioactivité mais à longue durée de vie (environ 300.000 ans). Le Cadni, constitué en juillet pour s'opposer au projet, a demandé aux maires de bien vouloir lui envoyer leur décision. « En ce moment, ça tombe tous les jours, annonce André Jamet, l'un des coordinateurs du mouvement. Pour le moment, treize communes ont dit non. » « Moi j'ai fait voter une motion lors du dernier conseil municipal », renchérit Pierre Morizet, maire de Chazelet, présent sur la manifestation. Il se dit choqué par la proposition de l'Andra. « Le budget de ma commune c'est 0,2 million d'euros, pour accueillir le centre de stockage, l'Andra promet une dotation de 5,5 millions d'euros et 3,6 millions d'euros par an de taxes ! Je trouve ça indécent. Et puis qu'est-ce qu'on fera avec nos réverbères plaqués or quand on aura des déchets nucléaires dans le sol ? La terre ne vaudra plus rien ! »

 


Le Figaro, 29/9/2008: 

Déchets radioactifs: le site de Tournemire contesté

Pour le député Christian Bataille, ce centre d'études n'est plus justifié mais ses responsables arguent de leur indépendance vis-à-vis des industriels.

«L'existence du site expérimental de Tournemire ne me semble plus justifiée, ce labo a fait son temps.» Celui qui s'exprime de la sorte à propos du laboratoire de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), situé au pied du Larzac (Aveyron), n'est pas un opposant au stockage des déchets radioactifs, loin s'en faut. Il s'agit du député socialiste du Nord, Christian Bataille, grand partisan de l'atome - au point d'être régulièrement accusé [non c'est un fait !] de rouler pour le «lobby nucléaire» - et auteur de la loi qui porte son nom.

Votée en 1991, cette dernière prévoyait une période de quinze ans pour rendre compte de l'évaluation des recherches sur les déchets radioactifs, issus pour la plupart des centrales nucléaires d'EDF. Les expérimentations sur le stockage à grande profondeur dans certaines couches géologiques (granit, argile, sel) avaient alors été confiées à l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

«Le site de Tournemire était utile il y a dix ou vingt ans quand on entamait une réflexion sur l'éventualité d'un futur site de stockage, confie Christian Bataille au Figaro. Aujourd'hui, on prolonge artificiellement sa fonction. Il est surtout là pour justifier qu'on donne de l'activité à une équipe de scientifiques.»

Selon le député du Nord, on est passé, depuis le vote de la nouvelle loi de 2006, dans la seconde phase. À savoir : la préfiguration d'un futur site de stockage, qui serait creusé dans la région de Bure (Meuse), où l'Andra mène déjà des études dans un grand laboratoire souterrain. Alors que la fin des travaux est prévue en 2015 et que la décision de l'État est attendue l'année suivante, Christian Bataille estime que tous les efforts devraient aujourd'hui être portés sur le site argileux de la Meuse.

Une faille de part en part

Et pourtant, avec un budget annuel de 2 millions d'euros alloué par l'IRSN, les vingt chercheurs du site aveyronnais font tout pour montrer que leur travail sert à quelque chose. Le tunnel ferroviaire percé à la fin du XIXe siècle et long de 1 885 mètres a été acquis par l'IRSN en 1992. Site géologique exceptionnel, il donne accès à une roche argileuse compacte (ou argilite) de 250 mètres d'épaisseur surmontée d'une hauteur équivalente de calcaire. Les recherches qui y sont menées visent principalement à étudier la roche et son comportement. Les scientifiques (spécialisés dans les sciences de la terre, la chimie, la mécanique des structures) étudient, en particulier, les propriétés de transport de l'eau et des substances naturelles dans la formation argileuse, ainsi que l'endommagement provoqué par le creusement de galeries. Ils ont constaté que l'argilite de Tournemire est un million de fois plus imperméable que le sable. Ils ont également relevé que dans une argilite saine, l'eau progresse de 3 cm par million d'années.

Mais le site aveyronnais ne pourra jamais se transformer en centre de stockage, à cause d'une grosse faille qui le traverse de part en part. Contrairement à celui de Bure qui, techniquement, recueille, à ce jour, tous les suffrages. Les scientifiques de l'IRSN ne désarment pas pour autant. L'objectif de leur institut, arguent-ils, est d'être un expert public (85 % de son budget vient de l'État) capable d'éclairer le gouvernement alors que le but de l'Andra est, selon eux, essentiellement industriel.

Mais ce constat ne suffit pas à rassurer le maire sans étiquette de Tournemire (460 habitants), Monique Barbaro, qui s'inquiète de l'avenir du tunnel une fois que l'IRSN aura fini ses recherches. Avec ses collègues élus, elle envisage de racheter le tunnel pour le fermer ou le «faire sauter», de peur qu'il ne serve un jour à entreposer des déchets.

 


20 minutes Strasbourg, 29/9/2008:

Rejet d'un site de déchets nucléaires

Elles refusent que le sol alsacien devienne une « poubelle nucléaire ». Une vingtaine de personnes ont simulé un dépôt de produits toxiques samedi matin place Broglie, à quelques pas du cabinet du préfet. Elles dénonçaient le projet de création d'un site de stockage par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Pour trouver où l'implanter, l'organisme aurait contacté cet été 3 115 communes de 20 départements, dont les 108 des cantons de Bouxwiller, Sarre-Union, Niederbronn, Hochfelden et Saverne. Elles ont jusqu'au 31 octobre pour se porter candidates à l'accueil de déchets radioactifs de « faible activité à vie longue ». Soit, précise l'Andra, « des déchets peu radioactifs mais qui le restent longtemps », comme des résidus de graphite provenant du « démantèlement des premières centrales nucléaires et de réacteurs expérimentaux ». « Les enfouir est trop dangereux, a estimé samedi Rémi Verdet, responsable du réseau Sortir du nucléaire. Qui se souviendra encore dans cent ans qu'ils ont été enterrés là ? Les maires doivent comprendre que cette décision ne concerne pas que le temps de leur mandat, mais des milliers d'années. » Et ce, d'autant plus selon lui, que ces éléments « à forte toxicité chimique » peuvent avoir un impact direct sur la faune et la flore, mais également sur la santé humaine. Des raisons suffisantes, estiment les manifestants, pour que les élus ne succombent pas aux promesses de l'Andra. Dans un document, l'agence évoque en effet « la dynamisation de l'activité locale » et les « ressources fiscales » qu'apporterait le centre aux collectivités. Des tentations auxquelles « une dizaine de maires du département » auraient déjà renoncé, selon Rémi Verdet. Ils sont en réalité bien plus. Ainsi, Claude Durr, édile sans étiquette de Mutzenhouse, a confié à 20 Minutes que les 26 communes du canton d'Hochfelden ont décidé jeudi soir « d'adresser un non collectif » à l'Andra. Cette semaine, les membres de Sortir du nucléaire vont contacter l'ensemble des municipalités bas-rhinoises concernées pour connaître leur décision. Ils comptent les publier sur Internet ainsi que dans la presse.

 


Est Républicain, 29/9/2008: 

Ville-en-Woëvre vote et dit non

En dépit des menaces d'annulation de la délibération, le maire Jean-Marie Cousin et le conseil municipal de Ville-en-Woëvre ont adopté le choix sorti du vote des habitants.

Dans la matinée, une fourgonnette de la gendarmerie est passée devant la mairie de Ville-en-Woëvre. Un instant, le maire Jean-Marie Cousin a cru que la préfecture lui avait envoyé la force publique pour lui signifier que sa consultation référendaire était illégale. Les gendarmes ont ralenti puis ils ont poursuivi leur route. Jean-Marie Cousin, qui a décidé de demander l'avis de sa population pour donner ou pas l'autorisation à l'Andra de procéder à des études géologiques de son sous-sol en vue d'un éventuel enfouissement de déchets nucléaire, est retourné derrière l'urne pour accueillir les électeurs. Finalement, 92 des 126 inscrits sur la liste électorale se sont déplacés pour participer à cette consultation référendaire. Comme il l'avait annoncé dans nos colonnes hier matin, le maire n'a pas reculé. Quand bien même le préfet de la Meuse, Evence Richard, et le sous-préfet de Verdun, François Proisy, lui ont signifié que son action était illégale. « Après les déclarations de la préfecture et de la sous-préfecture, plusieurs personnes se demandaient si cela aurait lieu. Pourtant, rien ne m'empêche de demander l'avis de la population. Nous les accueillons comme prévu en respectant les modalités d'un scrutin normal», explique le maire, conseiller général Modem de Fresnes-en-Woëvre. Nombreux votants le soutiennent- « C'est une bonne initiative du maire », explique Isabelle Tridant qui est en train de faire construire une maison sur la commune. « C'est un sujet important et c'est rare que l'on demande l'avis de la population. Je suis opposée à donner l'autorisation. Il faut stocker ces déchets mais je suis contre l'enfouissement car c'est l'oubli ». - Guy Humbert tempère: «Autant savoir si notre sol peut ou pas accueillir ce type de déchets. Ensuite, on se prononcera sur l'enfouissement et on ne sera pas pris au dépourvu. C'est en tout cas une bonne idée de faire un référendum car la question est importante ». Gilbert et Huguette Bertrand sont du même avis: « C'est bien que les gens puissent donner leur avis. Nous sommes plutôt contre. Nous arrivons de la brocante de Montvillers et tout le monde en parle ».

Non à 70 %

A 18h, le dépouillement suivi par une trentaine d'habitants et une représentante des Renseignements Généraux est rapide: 66 non à l'autorisation d'explorer le sous-sol, 26 oui. Jean-Marie Cousin proclame les résultats et convoque aussitôt le conseil municipal. Il vote à l'unanimité moins une voix, celle d'un absent, dans le sens des habitants une délibération faisant référence dans sa formulation à la consultation référendaire. Ville-en-Woëvre refuse de laisser l'Andra tester son sol et renonce par la même occasion à une manne financière potentielle de plusieurs millions d'euros. « Nous sommes heureux d'avoir fait ce choir de la consultation. Le sujet est important. Les pressions de ces derniers jours n'ont pas fait peur aux habitants désireux de s'exprimer», analyse le maire tout en sachant que la majorité du conseil municipal aurait voté dans l'autre sens sans cette consultation. Toutefois, l'avenir de la délibération est en pointillé. Le sous-préfet l'a annoncé. Toute référence dans la délibération à la consultation qualifiée d'illégale provoquera son annulation. « Ce sera de leur responsabilité et cela signifiera que la commune ne s'est pas prononcée sur le sujet. Cela ne remettra pas en cause le choix de la population puisque selon la loi de 2006, une commune qui n'aura pas donné d'avis avant le 30 octobre est présumée avoir dit non », affirme Jean-Marc Cousin. Désormais, après un été agité par les déchets nucléaires, « le calme va rentrer au village », soulignait ravi un conseiller municipal, pourtant favorable au oui...

Sébastien GEORGES


La Voix du Nord, 28/9/2008: 

Hier à Lille, mobilisation contre les déchets nucléaires

Répondant à l'appel du réseau Sortir du nucléaire, une centaine de personnes se sont rassemblées, hier en milieu d'après-midi, place de la République à Lille, devant la préfecture, comme dans dix-sept autres villes de France. Dans le Nord, ainsi que dans le Pas-de-Calais, une soixantaine de communes ont été contactées par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), qui cherche, depuis le 5 juin, un nouveau site pour y enfouir des déchets nucléaires. Les secteurs d'Hazebrouck et de Saint-Omer seraient particulièrement concernés. Déjà Gravelines. Au total, sur la liste de l'ANDRA, qui n'a pas été rendue publique, figurent 3 115 communes. Les maires ont jusqu'au 31 octobre pour faire part de leur décision. « Nous avons déjà, à Gravelines, la plus grande centrale nucléaire européenne, qui pourrait en plus accueillir le deuxième EPR, dont la construction a été envisagée par le gouvernement », dénonçait Dominique Plancke, conseiller régional, pour les Verts.

 



Le Parisien, 28/9/2008: 

Beauvais: ils ne veulent pas d'une poubelle nucléaire dans le département

DES PÉTITIONS et des légumes avec le sigle « radioactif » distribués sur le marché de Beauvais. Hier matin, le groupe local Sortir du nucléaire a choisi ce moyen pour sensibiliser la population à l'éventuelle arrivée de déchets radioactifs dans le département. L'Andra, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, est à la recherche d'un terrain d'une centaine d'hectares, à dominante argileuse ou marneuse sur une épaisseur d'au moins 50 mètres, pour y stocker environ 220 000 m3 de déchets radioactifs de faible activité à vie longue. La mise en service du site est programmée pour 2019. Cinq cantons de l'Oise seraient susceptibles de l'accueillir : Breteuil, Crèvecoeur-le-Grand, Marseille-en-Beauvaisis, Formerie et Grandvilliers. Pour Sortir du nucléaire, l'Oise ne doit en aucun cas devenir une poubelle nucléaire. « Parmi les déchets que l'on veut nous mettre sous les pieds, il y a de l'uranium 238 ou encore du radium 226 dont la durée de demi-vie est de mille six cents ans, rappelle Nicolas Guillou du groupe local Sortir du nucléaire. Nous n'avons aucune garantie sur la perméabilité des terrains, et les éléments radioactifs contenus dans ces déchets regagneront tôt ou tard l'eau ou l'air. Il faut savoir que l'inhalation d'une dose de plutonium inférieure à un microgramme peut suffire à provoquer un cancer ! » « Nous n'avons aucune garantie sur la perméabilité des terrains » Face à cette mobilisation, l'Andra promet des retombées en termes de recettes fiscales et de développement économique très tentantes. On parle de 2,3 millions d'euros par an, une somme non négligeable pour ces communes de secteur rural. « L'Andra parle et promet la transparence, mais à part le nom des cantons concernés, on ne sait toujours pas si des communes de l'Oise sont candidates pour accueillir cette décharge », regrette Nicolas Guillou.



La Nouvelle République, 28/9/2008: 

Cher: " Non à la poubelle nucléaire "

Bourges. Quel est le point commun entre les cantons de Baugy, La Guerche, Nérondes, Dun, Charenton, Châteauneuf, Lignières, Le Châtelet et Saint-Amand ? Ils sont tous susceptibles, en vertu de leur sous-sol argilo-calcaire, de pouvoir enfouir des « déchets radioactifs à faible activité à vie longue ».
Le Cher fait partie des vingt départements, dont les communes - 3.115, en France - ont été contactées par l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, explique Patrice Charrier, du réseau Sortir du nucléaire. Mais les maires et les conseils municipaux ne répercutent pas l'information. Ils doivent prendre leur décision avant le 31 octobre. Il faut que les citoyens demandent leur position à leurs élus. Un maire et son conseil ne peuvent imposer des poubelles nucléaires sous les pieds de leurs habitants ! ».Hier matin, les clients du marché de la halle au blé n'ont pas été très réceptifs à la démarche. « On va essayer d'aller dans les petites communes, visent les militants, mais on n'est pas nombreux pour interpeller et informer. Après, ce sera trop tard ! En Allemagne, une ancienne mine de sel et potasse était garantie pour un million d'années. On y stocke depuis 1988, et après infiltrations d'eau, la garantie serait limitée à 2014. » L'officialisation des sites français pourrait intervenir en 2010, et l'exploitation, débuter en 2019.« Arrêtons de produire des déchets radioactifs ! », renvoie le Réseau, en choix environnemental. Vendredi 24 octobre, à 21 h, à La Soupe aux Choux, place Gordaine, à Bourges, café « décroissant » sur le nucléaire dans le Cher.

 


L'Union, 28/9/2008: 

Nucléaire: va cacher tes déchets ailleurs !

La pétition « Ni ici ni ailleurs » a recueilli hier matin plus d'une centaine de signatures. Sensibilisation contre le projet de déchetterie nucléaire, hier sur le marché. Face à la faible information de la population, les militants locaux relayaient une opération nationale. «ÇA fuit quand on enfouit », pouvait-on lire hier au détour des étals du marché. À l'appel du Cedra - Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs - Vouziers participait à l'opération antinucléaire Boomerang menée à travers l'Hexagone. Pour rappel, l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) recherche un site pour accueillir un centre de stockage de déchets nucléaires de « faible activité à vie longue ». Dans les Ardennes, les communes des cantons de Machault, Monthois et Vouziers peuvent se porter candidate jusqu'au 31 octobre. « Les communes n'ont pas l'air intéressées, mais le souci c'est que les habitants sont très peu informés », indique Muriel Martin, militante locale du réseau Sortir du nucléaire. « Parmi les 47 communes des cantons visés, seules Vouziers et Hauviné ont fait une information publique. Nous, on demande à ce que les déchets restent sur site et ne soient pas transportés ailleurs. » Distributions de tracts et discussions passionnées, ponctuaient ainsi les emplettes des habitués du marché. « Certains affichent leur accord avec le projet, mais dans l'ensemble les gens y sont massivement opposés », note Michel Coistia, militant antinucléaire. Au cours de la matinée, la pétition contre « ce projet de poubelle nucléaire », « ni ici ni ailleurs », a reçu plus d'une centaine de signatures, et sera transmise au sous-préfet. « Il faut penser à nos jeunes », glisse Janine, 70 ans. « Mais je ne suis pas très optimiste, je ne vois pas de volonté de développer l'énergie propre. » Résignés et révoltés se côtoient parmi les signataires. « Tu fumes, tu bois, t'attrapes le cancer et tu respires des cochonneries radioactives t'as rien ? Faut arrêter de prendre les gens pour des nanards ! », s'exclame Christine de Grivy-Loisy. « On paie 32 euros par an pour faire pipi, à cause de la pollution parce qu'on n'a pas de champ d'épandage et pour des déchets nucléaires on va nous faire croire que ça ne craint rien ! » Les militants dénonçaient aussi le procédé utilisé. Pour éclairer leur décision, les communes concernées n'ont reçu qu'un dossier d'information de l'Andra. « Or, ce rapport dit faiblement radioactifs des déchets qui ne le sont pas, comme le radium 226 », note Gilles Roger du Cedra. « On ne peut pas dire que ce n'est pas dangereux. » Le collectif vient d'éditer une analyse critique du projet à destination notamment des collectivités locales concernées.

 


La Dépêche du Midi, 28/9/2008: 

Rocamadour: les anti-nucléaire continuent de mobiliser

Une vingtaine, le matin, à Cahors. Et près de 100 manifestants à l'appel du Collectif «Stop Déchets Radioactifs Quercy-Rouergue» qui,se sont réunis, hier après-midi, à l'Hospitalet et ont rejoint l'Hôtel de Ville en présence des maires des communes de Thégra, de Mayrinhac-Lentour et de son adjoint. Patrick Quemper et Pierre Rouillon ont pris la parole. Pierre Rouillon à répondu à de nombreuses questions posées par les manifestants, telles que : «Pourquoi les hommes politiques et élus ne sont pas plus présents pour les soutenir? » - «Quelle va être la position des communes de St Denis les Martel et Gramat?» Pierre Rouillon a rappelé que 50 communes ont répondu non sur 181 sollicitées dans le Lot au sujet de la possible installation d'un centre de déchets radioactifs dans le Lot. Il a donné rendez-vous aux manifestants le mardi 30 septembre à Gramat, pour le conseil municipaj, et le 5 octobre à Figeac pour le congrès des élus du Lot.

 


Tf1-Lci, 28/9/2008: 

Ils se sont rassemblés contre les déchets radioactifs enfouis

Le réseau Sortir du Nucléaire organisait samedi dans 15 villes de France des rassemblements contre l'enfouissement des déchets radioactifs, et ce avant l'expiration le 31 octobre de l'appel à candidatures lancé auprès des communes. Entre 350 et 400 personnes (selon la police et les organisateurs) à Gondrecourt-le-Château, dans la Meuse, à quelques kilomètres de Bure où est installé un centre de recherche sur les déchets nucléaires. Entre 80 et 100 personnes à Rocamadour, dans le Lot, Une vingtaine à Cahors... Le réseau Sortir du Nucléaire a organisé ce samedi 17 rassemblements dans 15 villes de France contre l'enfouissement des déchets radioactifs, avant l'expiration le 31 octobre de l'appel à candidatures lancé auprès des communes, Selon le réseau, "3.115 communes (sont) menacées dans 20 départements". Leurs maires respectifs ont été contactés par l'Andra, Agence nationale pour le gestion des déchets radioactifs, en quête de sites d'enfouissement. Les communes intéressées ont jusqu'au 31 octobre pour faire connaître leur réponse. Ces communes sont situées dans les départements suivants: "Ardennes, Aube, Aveyron, Cher, Eure, Indre, Lot, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Bas-Rhin, Seine-Maritime, Somme, Tarn-et-Garonne, Vosges", selon Sortir du Nucléaire. Pour le réseau antinucléaire, les "citoyens ne doivent pas se laisser abuser par la terminologie trompeuse utilisée par les promoteurs de l'industrie nucléaire". "Les "déchets dits +à faible activité et à vie longue+", tout comme l'uranium dit +appauvri+ sont extrêmement dangereux et posent de graves problèmes de santé publique", assure le réseau dans un communiqué.

 


Est-Républicain, 26/9/2008: 

Les méfaits des déchets

Un rapport dénonce les conditions d'entreposage dans les parages des centrales.

Les conditions d'entreposage en France de déchets radioactifs datant des années 1950 et 1960, sont à l'origine de contaminations du sous-sol, selon un rapport publié par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire [voir la carte des poubelles nucléaires]. Les sites concernés sont d'une part les lieux d'implantation des premiers réacteurs nucléaires français, à savoir les tranches les plus anciennes des centrales nucléaires de Chinon, Saint-Laurent, Le Bugey, Chooz. D'autre part, il s'agit des installations nucléaires de bases secrètes à Bruyères-le-Châtel, Marcoule, Valduc et sur le site du Tricastin. Dans pratiquement tous les cas, ces entreposages ne présentent pas un confinement des matières jugé suffisant.

[Quelques exemples de sites pollués suite à une activité industrielle :
-
Gif-sur-Yvette (Essonne).
-
Lotissement contaminé à Gif-sur-Yvette
-
La halte-garderie du 12 rue Chomel à Paris
- Un ancien
laboratoire Curie au centre ville d'Arcueil
- Les peintures luminescentes au radium:
L'affaire Bayard

Le Bouchet:
-
L'histoire du Bouchet
-
20 000 tonnes de déchets nucléaires dorment près de Paris
(une "poubelle" radioactive voisine avec les onze mille habitants de trois communes de l'Essonne, Ballancourt, Itteville, Vert-le-Petit)

La décharge de Saint-Aubin (Essonne) et les fûts fissurés de Saclay

Gueugnon:
-
Le nouvel arrêté régissant la décharge radifère
- Près de 30 000 tonnes de déchets radioactifs sous le parking du stade de foot !
Criirad, Trait d'Union n°40, avril 2008 (en PDF)]

 


Est-Républicain, 25/9/2008: 

Coup de semonce

Tous à Neufchâteau ! Le nouveau maire UMP de la sous-préfecture de l'Ouest vosgien va se découvrir de nouveaux amis, ce samedi. Aux côtés des représentants du monde associatif - Vosges Ecologie, Vosges Antinucléaire, Nature et Progrès, Sortir du nucléaire, etc. -, les militants des Verts et de la Ligue communiste révolutionnaire appellent à manifester devant l'hôtel de ville, à 15 h.
Cette première mobilisation contre l'enfouissement des déchets radioactifs dits « de faible activité et à vie longue » devrait permettre aux opposants de se compter. En cas de succès, elle sonnera comme un coup de semonce adressé aux élus favorables à l'implantation d'un site de stockage sur leur territoire municipal.
Dans les Vosges, les maires de 159 communes au sous-sol jugé compatible avec l'enfouissement ont été sollicités par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, cet été. A ce jour, trois d'entre eux ont déjà répondu favorablement au courrier de l'Andra - à Grand et à Fréville, dans le canton de Neufchâteau, ainsi qu'à Aouze, dans le secteur voisin de Châtenois. Les autres ont jusqu'au 31 octobre pour faire acte de candidature.
Cinq semaines, c'est donc aussi le temps qu'il reste au nouveau collectif antinucléaire des Vosges pour dissuader les maires de céder à la tentation en succombant aux promesses de créations d'emplois et d'accompagnement financier. A ceux qui pensent qu'accueillir un site de stockage de déchets nucléaires revient à toucher le jackpot, les opposants rappellent que les millions de Bure ne sont pas parvenus à relancer l'économie meusienne. Ils le répéteront ce samedi. En haussant le ton.

 


L'Est Républicain, 22/9/2008: 

L'Est, « poubelle radioactive »

En plus du centre d'enfouissement nucléaire à Bure, l'Est de la France pourrait écoper d'un stockage souterrain de déchets de « faible activité et vie longue ».

Nancy. Comme 3.114 autres maires de communes françaises implantées sur des terrains argileux, Jean-Claude Zingerlé a reçu cet été une lettre de la Préfecture, puis un dossier de l'ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Le premier magistrat de Vigneulles-lès-Hattonchâtel, charmant village des côtes de Meuse, était appelé à se prononcer sur un projet d'enfouissement de déchets radioactifs d'un type particulier : les FA-VL, pour « faible activité, vie longue ». Ces détritus radioactifs sont issus du radium mais aussi du graphite produits par les centrales nucléaires de première génération. La France en possède 200.000 mètres cubes dont elle ne sait que faire. Faiblement radioactifs, les FA-VL ont en revanche une durée de vie extrêmement prolongée : jusqu'à 300.000 ans ! Jean-Claude Zingerlé n'est pas un militant anti-nucléaire. Il aurait même pu se laisser tenter par la manne financière que représenteraient ces déchets s'ils étaient stockés dans le sous-sol de sa commune. « J'ai refusé d'aller plus loin », indique-t-il. « Notre commune est située dans le parc naturel régional de Lorraine. C'est une zone très touristique, incompatible avec un tel projet ». D'autres Meusiens n'ont pas été aussi prudents. C'est le cas du maire de Gondrecourt-le-Château, qui serait plutôt favorable à l'arrivée des FA-VL, et de biens d'autres élus...

Cimetière idéal
La Meuse, qui
accueille déjà à Bure le laboratoire de l'ANDRA, lequel préfigure le futur site d'enfouissement de déchets hautement radioactifs, semble parée de toutes les vertus pour devenir, dans l'avenir, ce que les anti-nucléaires appellent la « poubelle radioactive » de la France, voire de l'Europe. Ses couches d'argile, stables et profondes, constituent le cimetière idéal pour les produits radioactifs qu'il faut faire disparaître coûte que coûte. Sa faible densité de population et son isolement relatif constituent également un atout pour ce genre de stockage. En tout, vingt départements ont été présélectionnés, susceptibles d'accueillir les FA-VL. La plupart se trouvent dans l'Est de la France. « Nous enregistrons beaucoup de retour positifs », dit-on à l'ANDRA. En 2009 ou 2010, deux ou trois zones seront retenues. Après débat et enquête publics, un site sera retenu pour 2014. Le creusement d'une cavité souterraine commencera en 2017. En 2020, les FA-VL seront enterrés pour toujours. Ceux qui, aujourd'hui, s'inquiètent sont les mêmes qui se battent contre le site d'enfouissement de Bure. Pour eux, il est parfaitement irresponsable de laisser un tel cadeau empoisonné aux générations futures. Ils ne peuvent pas croire que les déchets radioactifs resteront sagement dans leurs alvéoles souterraines sans jamais fuir ni remonter à la surface pendant des siècles, voire des millénaires. Mais, d'ailleurs, qui y croit vraiment ?

[A lire propos de Bure:
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L'enfouissement des déchets radioactifs est-il aussi rassurant que le prétend L'ANDRA ?

- Analyse du géologue Antoine Godinot:
Des déchets nucléaires type "B" et "C" pour Bure (Word)
- Négation du potentiel géothermique de Bure, A. Mourot, A. Godinot, P. Huvelin
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Synthèse de 10 pages (Word)
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Texte complet de 37 pages (Word)]


Gruyère nucléaire à Bure

Le laboratoire de recherche souterrain de Bure creuse ses galeries et alvéoles à 500 m sous terre. En attendant le vrai stockage de déchets nucléaire. Pour l'éternité ?
BURE. C'est en plein désert meusien que l'ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) a choisi d'implanter son laboratoire de recherche. Même le GPS a bien du mal à trouver ce véritable camp retranché, planté au beau milieu d'une zone de 250 kilomètres carrés, à cheval sur les départements de la Meuse et de la Haute-Marne. Les choses intéressantes sont invisibles : elles se déroulent en sous-sol, à 500 mètres de profondeur, au coeur de la nappe d'argile qui, un jour, servira de dernière demeure aux déchets ultimes hautement radioactifs. N'entre pas qui veut. C'est casqué, botté et équipé d'un appareil de respiration autonome qu'on pénètre dans l'ascenseur. A la ceinture, les responsables du labo ont pris soin de passer un téléphone règlé pour donner l'alerte en cas d'immobilité prolongée. Pas très rassurant tout ça...

Débat national
Quelques minutes plus tard et 491 mètres plus bas, nous voilà à pied d'oeuvre. Marc-Antoine Martin, le chargé de la communication de l'ANDRA ne tarit pas d'éloges sur le projet et sur les précautions prises pour apprendre à stocker, pour des milliers d'années, les déchets de nos centrales nucléaires. Car il s'agit bien de cela : préparer l'étape suivante, c'est-à-dire l'enfouissement de ces détritus hautement radioactifs, potentiellement mortels pour l'éternité ou presque.
On ne sait pas traiter les résidus de la combustion nucléaire, ni les recycler, ni s'en servir. Il faudra donc s'en débarraser. Et ce sera sans doute ici. Enfin, pas loin. Car, comme le répète Marc-Antoine Martin, le laboratoire de Bure n'est qu'une unité de recherches chargée d'étudier la meilleure méthode. Le vrai site d'enfouissement sera creusé dans le secteur, après enquête publique, vote des députés et grand débat national. « Le premier coup de pioche pour le stockage proprement dit n'interviendra qu'en 2020 et le premier colis de déchets n'arrivera qu'en 2025 ». En attendant, on peut se faire une idée de ce futur cimetière nucléaire, d'aucuns disent « poubelle nucléaire » : deux puits d'accès, des galeries et des alvéoles. Un vrai gruyère radioactif dans le sous-sol lorrain !

Robots en expo
Les fameux « colis » seront manipulés par des robots inventés tout exprès. Le public pourra bientôt venir les admirer ces petits bijoux de technologie. L'ANDRA, qui joue la carte de la transparence, les mettra en exposition, après la visite sur le site de la commision européenne, prévue le 23 octobre. En attendant, les amateurs de tourisme nucléaire ou les citoyens désireux de voir par eux-mêmes pourront toujours aller admirer le forage de 2.000 mètres de profondeur effectué à Montiers-sur-Saulx. Une prouesse technique destinée à démontrer que le sous-sol meusien n'offre aucune énergie géothermique et donc que le projet de stockage souterrain ne gênera aucune exploitation géothermique future. Bien pensé, non ?

Un poison
Evidemment, tous ces arguments, les opposants au projet les rejettent. Le collectif contre l'enfouissement ainsi que la poignée d'élus hostiles ne veulent pas voir leur région devenir la poubelle nucléaire de la France, voire de l'Europe. Ils plaident pour le stockage en surface, sous surveillance, estimant que la radioactivité finira par ressortir de terre au cours des siècles. Mais il y a bien une donnée contre laquelle ils ne peuvent rien. Il existe actuellement en France 50.000 mètres cubes de déchets dits de moyenne et haute activité. En 2025, lorsque le centre de Bure sera opérationnel, il y en aura 65.000 mètres cubes. Chaque Français en produit (indirectement) 19 grammes par an. Cette bombe à retardement se trouve pour l'instant sous bonne garde, principalement à la Hague. L'enjeu est gigantesque. L'échelle de temps fait frémir. Ce poison restera virulent pour au moins 100.000 ans. A part l'enfouir dans l'argile meusien, qu'en faire ?


« On a tout faux »

Francis Legrand, l'un des chefs de file des élus hostiles, veut encore résister.
- Vous êtes le maire de Couvertpuis, l'une des communes les plus proches de Bure. Espérez-vous encore échapper aux déchets nucléaires ?
- Je ne me fais guère d'illusions. Il faut rester éveillé, continuer à se battre. Mais, en face, la machine est lancée. Ce sera dur d'y échapper... Je regrette que notre canton devienne la poubelle de la France et au-delà. On ne développera pas de l'agro-tourisme ou de l'agro-alimentaire au-dessus d'une poubelle radioactive. La Meuse deviendra un désert. On a tout faux !
- Vous semblez très pessimiste. Quelles sont vos craintes quant au futur stockage de Bure et aussi à propos du projet de centred 'enfouissement de déchets de faible activité et vie longue (FA-VL) ?
- Je suis un paysan et je dis simplement qu'on ne confie pas à la terre le pire de ce que l'homme a produit. Je ne suis pas scientifique mais j'ai des doutes. Comment imaginer que l'argile retiendra la radioactivité pendant des siècles, des millénaires ! Confier à la nature ce qu'on est incapable de gérer, ce n'est pas la bonne solution.


« Solution irresponsable »

Corinne François, du collectif contre l'enfouissement, est consternée.
- Après Bure, on nous annonce l'arrivée des déchets de « faible activité et longue vie ». Votre réaction ?
- C'est la même chose. Dans les deux cas, il s'agit de déchets radioactifs dangereux et contaminants. Nous sommes tout aussi opposés au projet concernant ces « FA-VL » qu'à l'enfouissement à Bure. Ces enfouissements constituent une solution irresponsable !
- Quel est le risque, selon vous ?
-Un jour ou l'autre, la radioactivité remontera à la surface et polluera l'environnement. C'est un danger pour nos descendants, nos petits-enfants.
- Comment réagir ?
- Tout d'abord, qu'on cesse de nous faire croire que l'énergie nucléaire est une énergie propre ! Nous n'avons pas de solution sensée pour les déchets. Ce n'est pas raisonnable de continuer à produire des déchets dont on ne sait pas quoi faire.
- Mais ils sont là... Où les mettre ?
- Il faut laisser ce qui existe sur les sites, en surface et sous surveillance. Pour ne pas les oublier. En 2040, les « FA-VL » seront sous terre et on aura refermé. Qui s'en souviendra ? Que se passera-t-il en cas de problème ? Ces questions restent sans réponse.
- Votre message aux élus qui doivent se décider aujourd'hui ?
- Qu'ils fassent attention, qu'ils consultent les populations. Ce qu'on leur propose n'est pas anodin.


« Pas dangereux »

Selon Jacqueline Egmard, directrice à l'ANDRA, la dangérosité des FA-VL est faible.
- Quels sont les déchets englobés sous le terme « FA-VL » ? Quelle est leur dangérosité ?
- Il s'agit de déchets contenant du radium et aussi de graphites irradiés, provenant des centrales nucléaires de première génération. Les FA-VL, déchets de faible activité et longue vie, ne sont pas dangereux. On peut rester à côté sans problème, mais ils sont toutefois radio-toxiques en cas de contact prolongé.
- Où sont-ils aujourd'hui ? Quel est le projet pour demain ?
- Actuellement, ils sont entreposés de façon provisoire sur des sites industriels et sur les sites des centrales nucléaires de première génération. Nous en avons 200.000 mètres cubes. Il est raisonnable de s'en préoccuper et de trouver une solution pérenne. L'objectif est de les stocker à un endroit précis, entre 500 mètres de profondeur et la surface, dans une couche argileuse.
- Y a-t-il une autre solution ? Un plan B ?
- Ce sont des déchets historiques. Il faut faire au mieux. Nous n'avons pas d'autres solutions actuellement

 


Dernières nouvelles d'Alsace, 21/9/2008: 

Tous les déchets (nucléaires) du monde

L'ASADR 67 (association de sauvegarde des déchets du Rohrbach) traite habituellement des risques des déchets ultimes et des décharges dans la région, en particulier celle du Rohrbach. Pourtant, ce vendredi, c'est sur un sujet nouveau que son président, Jean-Pierre Bittante, a animé une réunion publique d'information à Mutzenhouse : l'alerte aux déchets nucléaires et aux sites d'enfouissement. Le besoin d'organiser cette réunion est apparu suite à l'envoi de dossiers d'information par l'ANDRA (agence nationale de gestion des déchets radioactifs) à de nombreux maires de la région. En effet, l'ANDRA est à la recherche de sites pour enfouir des déchets nucléaires dits FAVL (faible activité et longue vie). De nombreuses communes du département dont les sols pourraient convenir à ce type de stockage (situation géographique, géologie) ont donc été contactées. Cela concerne en Alsace la zone de Niederbronn à Hochfelden et l'Alsace Bossue. Le stockage de déchets pose de grands problèmes. Jean-Pierre Bittante a commencé la réunion par une présentation des risques du nucléaire, avec de nombreux exemples à l'appui. S'en est suivi un rappel de la durée de vie extrêmement longue de ces déchets. On en est ensuite venu au sujet de la soirée avec le stockage de ces déchets. Leur quantité est importante, soit actuellement 1 million de tonnes en France, selon les chiffres présentés par le président de l'ASADR 67, et probablement le double en 2020. Il a rappelé que le stockage de déchets pose de grands problèmes d'après les différentes associations de lutte contre le nucléaire, les associations écologiques et de nombreux experts. Dans des exemples récents en France et en Allemagne, des fuites sont apparues. Le transport de ces déchets présente lui aussi des risques en cas d'accident. De plus, Jean-Pierre Bittante souligne que la région présente des risques sismiques. Un autre problème est celui de la mémoire. Comment garder l'information sur des milliers d'années de ce qui a été stocké, quand et où ? Une session de questions-réponses a permis au public de poser diverses questions, mais également de s'interroger sur les divers moyens de se passer du nucléaire, que plusieurs acteurs jugent aujourd'hui indispensables au regard de l'importante consommation énergétique en Europe. De nombreux points sortant un peu du contexte de la réunion, tels la décharge de Rohrbach ont également été évoqués. Par cette réunion, l'association a voulu réagir au dossier envoyé par l'ANDRA à certains maires leur présentant les avantages d'un tel site, qui sont surtout financiers pour les communes. Le président a rappelé l'exemple de Tricastin, où la proximité d'une activité nucléaire n'a pas un effet très positif sur la valeur de l'immobilier et l'agriculture locale. Le président de l'association a également fait part de sa déception suite au peu de réaction des mairies, dont six seulement sur 108 ont réagi officiellement (dont Bouxwiller et Kirrwiller, lire DNA du 6 et du 14 septembre), suite au courrier de l'ANDRA. Mais, comme l'a souligné Liliane Sutter, maire de Schwindratzheim, ce dossier était envoyé sous une forme de simple plaquette d'information et n'appelait pas à réponse. Malgré tout, Jean-Pierre Bittante insiste sur le fait qu'il importe de rester vigilant, surtout que d'après l'association le site de la colline de Waltenheim-sur-Zorn, avec ses carrières souterraines, présenterait toutes les caractéristiques d'un site très intéressant pour le stockage et l'enfouissement de déchets nucléaires.

 


Le Républicain Lorrain, 14/9/2008: 

Stockage de déchets nucléaires: le débat lancé à Faulquemont

Pascale Degaffet, Nadine Veber, Jean Sudres ainsi que leur colistier de l'opposition Rémy Fontaine ont décidé de porter la question des déchets nucléaires sur la place publique à Faulquemont à travers une lettre ouverte aux habitants.

Lancée au coeur de l'été (voir RL du 5 août), l'information tarde à faire du bruit. Pourtant, elle engage à une réflexion sur l'avenir et l'héritage environnemental que l'on souhaite laisser aux générations futures. L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) cherche un site pour implanter un centre d'enfouissement pour des résidus dits de faible activité à vie longue (FAVL).

Elle a donc décidé de lancer un appel à candidature auprès de 3 115 communes françaises, dont le sous-sol présente des caractéristiques géologiques favorables. Et la Lorraine fait figure de terre d'élection parfaite. Si la liste des communes reste confidentielle, on connaît les cantons concernés. En Moselle-Est et Sud, il s'agit de Bouzonville, Boulay, Freyming-Merlebach, Faulquemont, Grostenquin, Dieuze Sarreguemines, Sarralbe, Albestroff, Fénétrange, Vic-sur-Seille.

Et l'Andra est pressée. Elle souhaite une réponse des maires pour le 31 octobre prochain. Son principal argument pour convaincre les élus : une manne financière en terme de taxes non négligeables.En Meuse, certains maires ont organisé des référendums et des réunions publiques sur le sujet. C'est le cas par exemple dans le secteur de Fresnes-en-Wöevre. Par contre, ici, la question, certes ultra sensible, tarde à être publiquement évoquée.

Néanmoins, à Faulquemont, les choses bougent. Patrick Bonnet, élu d'opposition, a proposé au maire d'organiser un référendum populaire « afin que les habitants de la commune, voire au-delà, se prononcent sur cette délicate question. Moi, je suis contre l'implantation de ce site mais j'estime que c'est à la population de se déterminer ».

L'autre groupe d'opposition au conseil municipal de Faulquemont a saisi la balle au bond pour prendre clairement position. Dans une lettre ouverte aux Faulquinois (et -noises), Nadine Veber, Pascale Degaffet, Jean Sudres et Rémy Fontaine déclarent : « L'Etat met en avant le fait que le projet apportera de l'emploi. mais n'entrons pas dans le jeu des pressions et des persuasions financières. La santé de nos enfants est plus importante. La Terre et les nappes phréatiques sont en danger de contamination surtout avec les FAVL. La Lorraine et la Moselle n'ont jamais démérité de la nation. Notre industrie minière a fait la richesse de la France au cours du 20e siècle. Nos gueules noires ont payé un tribut suffisamment lourd pour mériter une autre reconversion qu'être les éboueurs de la France. Nous ne serons pas de ceux qui condamneront notre Terre et nos générations futures à la perpétuité radioactives. Accepter l'enfouissement des déchets radioactifs, c'est accepter l'empoisonnement durable de notre Terre et de l'eau ».

Nadine Veber, porte-parole du groupe, estime que la question ne doit même pas faire l'objet d'un référendum : « Pour nous, il est juste hors de question que Faulquemont devienne la poubelle radioactive de la France. Nous avons rédigé cette lettre pour le dire et aussi informer la population. Nous pensons que la question doit être débattue en conseil municipal et nous demandons au maire de faire comme nous et de dire fermement "non" à l'Andra ».

Bruno Bianchin, maire de Faulquemont, a bien reçu le récent courrier de l'Andra. Pour lui, le débat doit surtout être porté à un autre niveau que celui de la commune. « J'ai saisi mes collègues du district urbain de Faulquemont (Duf) sur la question. Nous avons eu une conférence des vice-présidents, nous en avons parlé. Tout le monde est contre ». Envisage-t-il d'évoquer le sujet en conseil municipal ? « Cela devrait plutôt être évoqué au Duf avec tous les maires du canton. Ma position personnelle ? Pour moi, c'est hors de question qu'un tel équipement s'implante chez nous. A Faulquemont, on pense davantage à lancer une étude sur l'eau de notre mine d'anhydrite qui serait d'une qualité remarquable ». L'idée du référendum local ? « Cela n'a pas d'utilité. L'information au public se fera ».

Gilbert Philipp, maire de Bouzonville : « Personne n'a envie de recevoir les déchets du voisin chez soi. Je peux difficilement être pour ce type d'implantation, cela dénaturerait le pays de Nied. Quoi qu'il en soit, le ban de Bouzonville ne s'y prête pas [...]. Je n'ai pas été contacté par l'Andra, il y a certainement des secteurs plus propices que Bouzonville. Dans un no man's land peut-être, mais pas chez nous ! »

André Boucher, conseiller général et maire de Boulay : « On ferme tout à Boulay et on voudrait nous donner les déchets nucléaires ? C'est hors de question ! Nous n'avons pas été contactés par l'Andra mais même si c'était le cas, je ne serais pas disposé à en discuter. »

Pierre Lang, député-maire de Freyming-Merlebach : Et pourquoi pas enfouir les déchets nucléaires dans les galeries de mine aujourd'hui inexploitées ? L'idée aurait pu être tentante. « Mais ce n'est pas possible dans notre secteur », explique Pierre Lang, député-maire de Freyming-Merlebach.

Et de s'appuyer sur des études du BRGM, bureau qui gère les dossiers de l'après-mine. « Pour utiliser les puits de mine, il aurait fallu que le sous-sol présente une veine épaisse d'argile. Or sur le secteur de Freyming, la couche est mince. De plus, le sol est fracturé du fait de l'exploitation minière, et n'est donc pas étanche ». Et voilà l'option du bassin minier balayée.

Pour autant, Pierre Lang ne s'opposerait pas systématiquement si une commune des alentours postulait à accueillir ces déchets. « Cette opération présente de très gros avantages financiers. Et des inconvénients plutôt faibles, puisque les déchets ont une capacité de rayonnement limité. Si un conseil municipal voisin décidait d'accepter, et sous réserve que toutes les conditions de sécurité soient établies, je ne m'opposerai pas à sa décision de stocker ces déchets ».

Farébersviller (canton de Freyming-Merlebach) : La commune de Farébersviller a été sollicitée début juillet par les services de l'Andra. Et a décliné l'offre d'accepter les déchets nucléaires. La motivation est simple : « cette demande ne s'inscrit pas dans le plan de prévention des risques », explique Pascal Christophe, fonctionnaire à la mairie. Dans le sous-sol profond, une couche de gypse provoquerait en effet des mouvements de terrains. « Sur le ban de la commune, il y a donc beaucoup de terrains en zone rouge, sur lesquels on ne peut pas construire ».

Jean Karmann, maire de Rouhling (canton de Sarreguemines campagne) : « J'ai été destinataire du courrier et en l'absence de réponse, ils nous ont relancé. J'ai prévu d'évoquer le sujet en séance du conseil municipal le 22 septembre. Je vais être clair, ce projet, nous ne pouvons pas y répondre positivement. Nous ne disposons pas de la superficie nécessaire (au moins 100 ha). Ensuite, cette implantation nous pénaliserait sur le plan écologique et environnemental. Sans parler de l'image de marque qu'aurait la commune, dans tous les sens du terme. La manne proposée nous échapperait de toute façon car nous sommes communauté d'agglomération. Mais les finances ne donnent pas le droit de tout accepter ».

Pierre-Jean Didiot, maire de Sarralbe : « Une réponse étant attendue pour fin octobre, on en parlera lors de prochaine séance du conseil car c'est un sujet de débat public. Un adjoint chargé de l'environnement fera un exposé complet sur ce point et nous prendrons une délibération dont je ne peux présager l'issue. Nous en profiterons pour aborder le thème des éoliennes. Si on dit non au nucléaire, il faut être capable de s'ouvrir à d'autres sources d'énergie électrique. Nous réfléchissons donc à la création d'un parc éolien sur Sarralbe. »

Jean-Marie Meyer, maire de Zetting (Sarreguemines campagne) : « Les communes du grand Est sont plus particulièrement contactées en raison des couches géologiques qui répondent au projet visé. A titre personnel, je trouve la proposition alléchante mais je suis contre. Ce n'est pas avec un tel centre qu'on va redynamiser notre secteur. Personne ne veut avoir chez soi une poubelle nucléaire. »

Claude Bitte, conseiller général, maire de Vallerange, (canton de Grostenquin) : « J'ai bien reçu un courrier de l'Andra il y a un peu plus d'un mois. Je n'ai même pas étudié la question, la réponse est bien évidemment négative. A vrai dire, même si les aides financières versées en retour sont importantes, je ne pense pas que quelqu'un ait répondu favorablement à cette offre. Pour développer notre secteur économique sur le territoire de la communauté de communes, notre priorité est l'aménagement d'une zone d'activités. »

Le culot de l'Andra

La proposition de l'Andra est peut-être un peu plus insupportable en Moselle et en Moselle-Est qu'ailleurs parce qu'elle intervient dans un contexte de sinistrose. En effet, l'information a été rendue publique quelques jours après l'annonce de la nouvelle carte militaire, vécue comme un cataclysme ici. Et on ne parle pas des coupes sombres prévues dans la chimie, des sous-préfectures sur la sellette, des tribunaux qu'on vide de leur substance Bref, la "compensation" radioactive de l'Andra, même avec espèces sonnantes et trébuchantes, apparaît davantage comme une provocation à l'égard des Lorrains et des Mosellans.

Mais le culot de l'Andra ne s'arrête pas là. Sur son site internet, l'agence présente, sans rire, son futur centre d'enfouissement de déchets nucléaires comme un élément attractif pour une commune ou une région. Voici l'édifiant paragraphe : « Un centre de stockage reste une installation "rare", en ce sens qu'il n'existe que peu d'installations industrielles de ce type en France ou même dans le monde. Il est donc possible de proposer une offre de parcours de visite adaptée à différents publics et en lien avec les acteurs du territoire. Le site peut ainsi contribuer à la notoriété du territoire ». Est-ce qu'on ne nous prendrait pas un peu pour des gogos, là, quand même ?

 


Journal de la Haute-Marne, 13/9/2008: 

Soulaines: l'interactivité au menu des portes ouvertes

Les responsables du centre de stockage de Soulaines, dans l'Aube, proposeront un rallye scientifique « interactif et ludique » aux visiteurs, demain, à l'occasion de la journée portes ouvertes.

La "Contre'propagande" s'organise

Soulaines : l'interactivité au menu des portes ouvertes. « Une nouvelle formule qui vise à attirer les familles. » C'est ce que proposeront les organisateurs de la journée portes ouvertes (JPO) du centre de stockage de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) de Soulaines, dans l'Aube, ce week-end. Demain, la 14e JPO organisée au centre se devra d'être « interactive et ludique », ajoute Dominique Mer. « La JPO de dimanche se fera sous la forme d'un rallye scientifique : à l'arrivée, un carnet de visite sera remis aux familles ou au groupes de visiteurs, avec un certain nombre de points ou de choses à faire », ajoute la responsable de communication pour les centres de stockage de l'Aube. Les visiteurs devront ainsi passer devant cinq points d'information. Un petit challenge qui fera gagner des lots et des prix, pour rendre la visite attractive, même chez les tout petits. « Nous allons faire découvrir le site jusqu'aux ouvrages de stockage, comment il se fait et de quelle manière l'Andra travaille pour l'environnement », ajoute Dominique Mer. L'Andra entend profiter de cette nouvelle JPO pour promouvoir son action au quotidien, « des mesures prises tous les jours » et de « notre mission de service public ». « On stocke mais autour de ça, il y a toute une série d'actions qui existent pour minimiser l'impact sur l'environnement et garantir la sécurité du site », assure Dominique Mer.

La "Contre'propagande" s'organise

Les membres de la QV (Qualité de la vie à Ville-sur-Terre et ses environs) et du Cedra (Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs) seront bien présents, demain, pour un opération baptisée "Contre'propagande". « Nous allons nous mettre au carrefour situé à 3 km en amont du site, détaille Michel Marie, un des porte-parole du Cedra. Nous porterons des banderoles - notamment "Non à la banalisation des déchets nucléaires" et "Non à la troisième poubelle nucléaire, à côté de Soulaines ou de Bure" - et surtout, distribuerons des tracts pour les personnes qui iront faire la visite. » Michel Marie n'exclut pas que le groupe des militants, membres du collectif Bure-stop, se rendent devant les grilles du centre de Soulaines l'après-midi. « Tout dépendra du nombre de personnes disponibles. »



Est-Républicain, 13/09/2008: 

Déchets nucléaires - La démocratie bancale

En dépit de la pression populaire, la commune de Gondrecourt-le-Château sera candidate à l'enfouissement de déchets nucléaires.

Parce que leur sous-sol correspond à certains critères favorables à l'enfouissement de déchets nucléaires, 3.115 communes de France ont été destinataires de demandes de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs pour leur proposer d'accueillir des déchets radioactifs de faible et moyenne activité, à très longue durée de vie. En Meuse, 335 dont les communes sont localisées sur seize cantons, de Gondrecourt à Montmédy via l'Argonne et le parc naturel de Lorraine ont été contactés. A charge pour eux d'accepter, moyennant finances ce type de déchets.

Demande « suspecte »

A titre d'exemple, dans le canton de Gondrecourt, les maires confirment avoir reçu deux courriers, l'un du Préfet, l'autre du président du conseil général enjoignant les élus « de porter leurs communes comme candidates à l'enfouissement d'une quantité très importante de déchets radioactifs de faible et moyenne radioactivité mais à très, très longue durée de vie ». « Un enfouissement dit de subsurface mais qui pourrait avoir lieu à près de 200 m », poursuit un élu qui ajoute. « Une demande qui nous paraît suspecte après la décision de fermeture et de démantèlement dans les années à venir de neuf réacteurs nucléaires à graphite, dont Bugey et Marcoule entre autres. » Comme une date butoir semble avoir été imposée, celle du 31 octobre. Les réunions de conseils communaux se succèdent. Une commune se prononce pour et peu de temps après, se demande si elle n'a pas agi trop rapidement sans aucune réflexion.

Gondrecourt OK

D'autres, une majorité, préfèrent s'imprégner des réflexions de leur population avant de prendre décision. Une autre encore se dépêche de se porter volontaire en espérant la manne providentielle. A Gondrecourt, le maire Stéphane Martin a agi différemment. Il a proposé le 16 août, un rendez-vous en mairie entre ses conseillers et des responsables de l'Andra. Une réunion d'information, tout simplement. Aucun avis n'étant alors demandé. Toutefois, alors que jeudi soir se tenait une réunion des maires du canton, sous la houlette de Daniel Lhuillier à la codecom de Gondrecourt afin de réfléchir sur la question de ce volontariat communal, la municipalité de Gondrecourt décidait de tenir au même moment une réunion de conseil afin, entre autre, de prendre une décision sur l'engagement du Bourg. Un véritable pied-de-nez à l'effort de cohésion cantonal. Il est vrai que la dotation annuelle de 600.000 ¤ pour la présence dans le périmètre des 10 km autour de Bure est alléchante.

Manifestation

« Le beurre et l'argent du beurre en quelque sorte », lanceront les opposants reprochant à Stéphane Martin d'avoir publié un article dans Le Monde daté du 26 août dernier, faisant l'éloge d'un enfouissement et proposant la commune comme choix évident. Tout comme son intervention aux infos de FR3 et se portait garant de la décision de son conseil. Du coup, à 18 h 30, jeudi, plus de 200 personnes se sont rassemblées devant l'entrée de la mairie de Gondrecourt. Revendiquant toutes, des habitants du bourg pour beaucoup, une décision enfin démocratique. Le maire, a décidé enfin de laisser 25 personnes mais uniquement de Gondrecourt, assister à la réunion. Des pancartes implorant une réflexion populaire sont portées haut.

Vote

Après s'être justifié de ses interventions médiatiques, le maire a évoqué les retombées financières avant de passer au vote. Sur 13 conseillers, dont un absent ayant donné procuration, 8 se prononcent pour la candidature du bourg, 4 s'abstiennent et deux conseillers votent non. Dehors, l'ambiance est chaude. La foule applaudit certains conseillers à leur sortie. En hue d'autres, conspuant une décision qu'elle qualifie « d'autoritaire ».

 


La Dépêche du Midi 13/9/2008: 

Rocamadour: la commune refuse d'enfouir des déchets radioactifs

Suite à l'appel à candidature de l'Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en vue de réaliser un stockage de déchets radioactifs de faible activité à longue vie, le conseil municipal, en séance du 8 septembre, a unanimement émis une décision défavorable. Les communes contactées doivent se porter volontaires à l'implantation d'un centre de stockage de déchets dont la durée de vie est tout de même de 100 000 ans. Conscients que la région ne dispose pas du terrain adéquat pour l'enfouissement de tels déchets, que la qualité karstique du sol et les rivières souterraines propageraient ces déchets, et qu'aucune assurance ne peut être formulée, les élus ont donc décidé que la commune ne serait pas candidate à ce projet, malgré les attraits financiers et économiques qu'il présente.

 


L'affranchi de C