15/01/2007 - Quatre
jeunes militants antinucléaires ont été condamnés
lundi par le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc (Meuse) à
payer un total de 2.529 euros à l'Agence nationale pour
la gestion des déchets radioactifs (Andra) en dédommagement
de dégradations commises lors d'une manifestation. Ils
devront également verser 500 euros à l'Andra au
titre des frais de justice et 600 euros pour dommage moral à
un gardien du site expérimental d'enfouissement de déchets
radioactifs de Bure, où avait lieu la manifestation. L'homme
avait été touché par une pierre. Le tribunal
les avait déjà condamnés sur le plan pénal
le 1er août à des peines de six à dix mois
de prison avec sursis pour "violences aggravées",
"dégradations" et "outrages". Les militants,
trois hommes et une femme âgés d'une vingtaine d'années,
avaient été arrêtés dans la nuit du
27 au 28 juillet alors qu'un groupe de manifestants tentait de
pénétrer sur le site du laboratoire de l'Andra,
en marge d'une manifestation qui avait réuni un millier
de personnes sur le site.
L'Est Républicain, 14/11/06:
Déjà condamnés pour
des dégradations commises sur le site de l'Andra à
Bure, quatre jeunes comparaissaient hier à Bar-le-Duc pour
« payer » les pots cassés.
BAR-LE-DUC. - Le 1er août, Thyl
20 ans, lycéen sur l'Ile d'Oléron, Blanche 19 ans,
étudiante en histoire à La Rochelle, Rémi
21 ans, en formation pour adultes à Angoulème et
Michael, 27 ans, ouvrier forestier en Meurthe-et-Moselle étaient
jugés par le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, pour
dégradations, violences et outrages commis en réunion
dans la nuit du 27 au 28 juillet devant le site de l'Andra à
Bure. Une veille de festival organisé par les opposants
à l'enfouissement des déchets radioactifs qui restera
à jamais gravée dans les mémoires de ces
quatre jeunes mais aussi de tous les participants.
En août, les prévenus avaient écopé de dix mois de prison avec sursis pour trois d'entre eux et six mois pour le quatrième. Des peines assorties d'une mise à l'épreuve de deux ans et d'une interdiction de séjour tant en Meuse qu'en Haute-Marne.
« Sur la base de devis »
Pourtant tous les quatre étaient hier à Bar-le-Duc, l'Andra leur demandant cette fois des comptes pour les dégâts occasionnés. Un préjudice chiffré au lendemain des dégradations à plus de 100.000 euros du fait de l'arrêt du chantier pendant une trentaine d'heures. Une somme exorbitante, finalement ramenée à 9.648,11 euros.
Au nom de son client et partie civile l'Andra, Me Rey a simplement demandé le paiement des dégradations commises sur le portail, le vitrage de l'accueil, le mât de lumière endommagé et l'enlèvement de pierres.
Une demande irrecevable selon Me Mougenot-Mathis, défenseur de Rémy et Michael. « Les dégâts ont été chiffrés sur la base de devis et non pas sur la foi de factures. Des devis qui n'ont même pas été approuvés ou signés, on ne sait même pas si les travaux ont été engagés sur la base de ces devis », s'est étonnée l'avocate de la défense. Il ne lui en fallait pas plus pour demander au tribunal de purement et simplement débouter l'Andra de sa demande.
Des arguments repris par sa consoeur, Me Levi-Cyffermann au nom de Thyl et de Blanche, ajoutant que l'Andra n'avait même pas fait jouer la concurrence. Allant jusqu'à mettre en doute le lien de causalité entre le geste commis par ses clients « surtout avec leur gabarit et les dégâts signalés par l'Andra. Le préjudice ne peut correspondre qu'à la réalité du dommage subi. Il n'y a pas d'éléments de comparaison entre avant et après cette nuit-là ». Il ne lui en fallait pas plus pour demander, à son tour, de débouter l'Andra.
Moins d'une heure après le début de l'audience, tout le monde était dehors, Claude Kaiser, maire de Ménil-la-Horgne, membre de l'association des élus opposés à l'enfouissement des déchets radioactifs se faisant le rapporteur de l'audience pour ceux qui étaient restés sur le parvis de l'église Saint-Etienne. « Il faut continuer à faire circuler la pétition », a affirmé l'élu. Une pétition de soutien à ces quatre jeunes qui a déjà recueilli près de 3.000 signatures. Encore une fois entre l'Andra et les anti-labo c'est le pot de fer contre le pot de terre. Il faudra attendre le 15 janvier pour savoir si la justice a décidé de faire payer les pots cassés à ces quatre jeunes.
Depuis des années, à Bure, dans
la Meuse, des collectifs luttent contre les projets d'enfouissement
de déchets radioactifs. Cet été 2006, pour
la deuxième année consécutive, un festival
a eu lieu à Bure, rassemblant un grand nombre de personnes
soucieuses du danger que représente la solution de l'enfouissement
et dénonçant la « réversibilité
supposée » d'une telle option.
Parmi les personnes concernées, beaucoup de jeunes, directement
interpellés par les choix irresponsables de leur aînés,
ont manifesté le 27 juillet 2006 devant le laboratoire
d'enfouissement de l'Agence Nationale de gestion des Déchets
Radio-Actifs (ANDRA). Après cinq jours de prison, quatre
militants anti-nucléaires (Thyl Daem, Blanche Vernay, Rémi
Frouard et Mickaël Abraham) furent jugés en comparution
immédiate et condamnés pour avoir mis le feu à
de la paille, jeté des cailloux en direction des forces
de l'ordre et proféré des propos outrageants.
Le tribunal de Bar-le-Duc leur a infligé les peines suivantes
: 6 et 10 mois de prison (avec sursis), 2 ans d'interdiction de
sortie du territoire, 2 ans de mise à l'épreuve
avec contrôle judiciaire et restrictions de circulation
et 500 euros de dommages et intérêts à
chacun des quatre gendarmes constitués partie civile.
Les jeunes interpellés bénéficient du soutien
des associations locales : collectif Bure-stop et du réseau
sortir du nucléaire même s'ils n'étaient pas
organisateurs de cette « manifestation spontanée
». En effet, aux alentours de Bure, une pétition
regroupe plus de 60 000 signatures pour exiger un référendum
sur l'enfouissement des déchets radioactifs mais les autorités
refusent ce référendum : où est la démocratie,
de quel coté est la dérive et la véritable
violence ?
Mais ce n'est pas tout : l'ANDRA leur réclame une provision
de 10.000 euros sur la somme exorbitante de 127.400 euros qu'elle
estime en dommages et intérêts. Cette demande sera
examinée le lundi 13 novembre 2006 par le tribunal de Bar-le-Duc.
Appel des comités de soutien à une présence
forte, avec élus, en silence, pas de manif, à partir
de 14 h. Plus d'infos sur : http://www.burestop.org
Pour soutenir ces 4 jeunes (déjà très lourdement
condamnés) face à ces demandes de dédommagement
exhorbitantes : signez la pétition sur :
http://www.local.attac.org/attac16
]
Si vous souhaitez apporter un soutien financier (des aides
de quelques euros peuvent être précieuses) pour aider
les associations qui les défendent, envoyer un chèque
à :
CACENDR 54 / 5 rue du 15 septembre 1944 / 54320 Maxeville avec
mention «solidarité procès Bar-Le Duc »
inscrite sur un post-it joint à votre chèque (spécifier
si vous voulez un reçu fiscal).
Vendredi 28 juillet, en marge du festival « Décibels contre la poubelle » organisé à Bure (Meuse) contre le projet d'enfouissement de déchets radioactifs, un groupe d'une quarantaine de militants a manifesté sa colère devant le laboratoire de L'ANDRA ( Agence Nationale pour la gestion des déchets radioactifs ) : feu de paille devant la grille de l'ANDRA, puis jets de cailloux en direction des gendarmes.
4 jeunes interpellés ont été jugés en comparution immédiate à Bar Le Duc : Rémi (le fils d'Annie et Jean Yves Frouard militants à ATTAC 16) accusé de participation au feu de paille a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, les 3 autres Thyl, Blanche et Michael accusés de plus de jets de pierres : 10 mois de prison avec sursis et 2 000 Euros de dommages et intérêts à verser à 4 gendarmes. Cette peine est assortie, pour les 4, de 2 ans de mise à l'épreuve et une interdiction de territoire en Meuse - Haute Marne...
Ces 4 jeunes sont de nouveau convoqués le 13/11/2006 au tribunal de Bar le Duc pour examiner les dédommagements de l'ANDRA qui évalue : les dégâts matériels à 9200 Euros (alors qu'en fait seule la peinture de la grille a été abîmée), une suspension des activités du laboratoire de 30 heures évaluée à 100 000 Euros, et la protection du site par les forces de l'ordre : 15 000 Euros Donc l'ANDRA demande une provision de 10 000 Euros. Un vigile qui souffre d'une entorse demande 15 000 Euros.
Les jeunes interpellés bénéficient du soutien des associations locales : collectif Bure-stop et du réseau sortir du nucléaire même s'ils n'étaient pas organisateurs de cette « manifestation spontanée ». En effet, aux alentours de Bure, une pétition regroupe plus de 60 000 signatures pour exiger un référendum sur l'enfouissement des déchets radioactifs mais les autorités refusent ce référendum : où est la démocratie, de quel coté est la dérive et la véritable violence ?...
Pour des compléments d'information
voir les sites:
www.burestop.org
(avec page spéciale d'info-soutien) : site des collectifs
citoyens BURE-STOP/Coordination nationale des collectifs
www.stopbure.com
association des élus Meuse/Haute-Marne
www.sortirdunucleaire.org
(communiqué de presse du 31/07/2006)
Pour soutenir ces 4 jeunes (déjà très lourdement condamnés) face à ces demandes de dédommagement exorbitantes: signez la pétition !
Si vous souhaitez apporter un soutien financier (des aides
de quelques euros peuvent être précieuses) pour aider
les associations qui les défendent, envoyer un chèque
à :
CACENDR 54 / 5 rue du 15 septembre 1944 / 54320 MAXEVILLE avec
mention « solidarité procès Bar-Le Duc »
inscrite sur un post-it joint à votre chèque (spécifier
si vous voulez un reçu fiscal)
Contact local
:
Annie et Jean Yves FROUARD (les parents de Rémi)
rue Albert Moreau 16450 SAINT CLAUD
tel: 05 45 71 31 71
e-mail: famille.frouard@wanadoo.fr
TF1 / LCI, 1 août 2006:
Interpellés et incarcérés jeudi dernier pour avoir lancé des pierres lors d'une manifestation hostile à l'enfouissement des déchets nucléaires organisée dans la Meuse, trois hommes ont été condamné à 10 mois de prison avec suris. Le quatrième prévenu, une jeune fille, a écopé d'une peine de 6 mois avec sursis.
Jugés en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, trois jeunes militants antinucléaires âgés de 19 à 27 ans ont été condamnés à 10 mois de prison avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve pour des faits de violences et de dégradations volontaires. Une peine de 6 mois de prison avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve a été prononcée à l'encontre du quatrième prévenu, une jeune fille jugée pour les mêmes faits.
Tous les quatre avaient été interpellés jeudi soir après avoir lancé des pierres contre des gendarmes alors qu'ils manifestaient devant le laboratoire de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) situé à Bure, dans le Meuse.
"Ce sont de jeunes idéalistes"
L'Andra étudie depuis plusieurs années à Bure, à la frontière entre la Meuse et la Haute-Marne, la faisabilité d'un projet de stockage sous-terrain des déchets de haute activité et à vie longue (HAVL). Une centaine de militants ou de sympathisants antinucléaires étaient venus mardi à Bar-le-Duc apporter leur soutien aux quatre prévenus. Ces derniers ont été accueillis par des applaudissements à leur sortie du palais de justice.
"Ce sont de jeunes idéalistes, préoccupés par l'avenir de la Terre. Ils sont non violents" a déclaré à leur avocate à l'issue de l'audience où elle avait plaidé la relaxe. Les quatre militants avaient fait le déplacement à Bure pour participer, de vendredi à dimanche, au deuxième festival "Décibels contre la poubelle" qui vise à dénoncer le projet de stockage des déchets nucléaires en sous-sol.
Libération, 31 juillet 2006 :
Avec deux lieux symboliques pour accueillir
deux manifestations quasi simultanées, le mouvement antinucléaire
avait prévu un week-end actif pour défendre une
seule et même cause : la sortie du nucléaire.
A Saint-Lô, entre 300 et 500 manifestants ont remis une
pétition à la préfecture de la Manche, samedi,
pour dénoncer le projet de construction du futur réacteur
nucléaire EPR, prévu à Flamanville. Un texte
signé par près de 46 000 personnes, des collectifs,
la Confédération paysanne, les Verts et la LCR.
Les manifestants ont aussi protesté contre la construction
d'une ligne à très haute tension censée acheminer
l'électricité produite par le futur réacteur
vers le sud du pays. «Si la commission de l'enquête
publique donne un avis favorable pour le permis de construire
du réacteur, nous saisirons la justice, a assuré
Didier Anger, membre du conseil d'administration du réseau
Sortir du nucléaire. Nous utiliserons beaucoup de moyens
juridiques pour ralentir le chantier.» L'enquête
d'utilité publique doit s'achever ce soir, après
avoir mobilisé peu de gens. Mais Sortir du nucléaire
prévoit déjà cinq rassemblements en mars
2007, à Toulouse, Lyon, Strasbourg, Lille et Rennes.
Pendant ce temps, à Bure (Meuse), le festival Décibels
contre la poubelle a réuni entre 1 000 et 2 000 personnes
près du laboratoire de l'Agence nationale de gestion des
déchets radioactifs, pressenti pour servir de site d'enfouissement.
Objectif : «Montrer que, face à l'enfouissement
qui nous est imposé de manière antidémocratique,
les opposants sont présents, nombreux et unis»,
explique l'une des organisatrices. Population et élus
locaux demandent l'abrogation de la loi sur la gestion des déchets
radioactifs, votée mi-juin par une minorité de députés.
Le festival a démarré dans l'effervescence vendredi,
après des échauffourées avec la police dans
la nuit de jeudi à vendredi. Quatre militants qui auraient
jeté des pierres sur les policiers passeront en comparution
immédiate, demain à 13 heures.
Laure NOUALHAT
Est Républicain, 31/7/06:
Les opposants refusent la prospection d'une vaste zone pour choisir le site du futur centre de stockage.
BAR-LE-DUC. Un millier d'opposants à la poubelle nucléaire de Bure se sont rassemblés, hier en fin de matinée, pour dénoncer, une fois de plus, « les mensonges du discours officiel et les non-dits de la loi (votée au printemps, NDLR) qui autorisent la prospection d'une zone de transposition de 200 km2 autour du laboratoire de recherche, afin de faire le choix du futur centre d'enfouissement des déchets radioactifs ».
Corinne François, porte-parole de la Coordination nationale citoyenne, ne décolère pas. « Dix ans de plus de recherche, c'est une supercherie. Le laboratoire cache en fait un processus industriel qui est déjà lancé. La loi prévoit un stockage réversible pendant au moins cent ans, mais l'enfouissement définitif à terme est déjà programmé ».
Roland Desbordes, expert scientifique à la Criirad, est tout aussi sceptique. « Un stockage géologique est irréversible par définition. Qu'on puisse récupérer les « colis » pendant 100 ou 300 ans, c'est bidon ».
La filière nucléaire engendre des déchets. Si 95 % des éléments - uranium et plutonium - peuvent être recyclés et réutilisés en combustible sous forme de mox, les actinides et produits de fission constituent encore aujourd'hui des déchets « ultimes » malgré les progrès de la recherche sur la voie dite de « séparation-transmutation » pour réduire leur nocivité.
Roland Desbordes ne croit pas dans le développement de cet axe de recherche « qui ne résoud rien. Il concentre la radioactivité dans de plus petits volumes, c'est tout ».
Moment fort du festival qui a duré trois jours sur le site de Bure, les manifestants ont symboliquement érigé avec des pierres une vingtaine de petits mausolées face au laboratoire souterrain de l'Andra, chacun représentant un village concerné par la zone de transposition.
Gérard BONNEAU
Journal de la Haute-Marne, 31/7/06:
Hier, en fin de matinée, plusieurs centaines de militants anti-nucléaires ont investi l'entrée du site de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, à Bure. Une manifestation pacifique et symbolique.
"Quand on ne respecte pas l'opinion publique, il faut s'attendre à ce genre de réaction" , clame Isabelle, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire. Hier matin, avec quelques centaines de militants anti-nucléaires, elle a manifesté devant le site de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), lors de la troisième journée du festival de Bure ( Le Journal de la Haute-Marne d'hier). "Je suis là pour manifester mon mécontentement face à la loi du 15 juin dernier qui prône l'enfouissement comme solution à la gestion des déchets radioactifs", a-t-elle ajoutée.
Certains militants sont venus en famille. Si
on ne veut pas envoyer nos enfants à la mort, il faut
être là aujourd'hui" , lance Chantal, qui
anime la manifestation avec son accordéon. "On
sait bien que l'enfouissement n'est pas une méthode sûre,
ajoute Bernard. Il peut y avoir des fuites. Ce n'est pas
une solution durable." L'Andra, elle, n'a pas souhaité
s'exprimer sur le sujet.
En fin de matinée, les manifestants sont arrivés
sur le site derrière un canon napoléonien plus symbolique
que dangereux. Car les militants sont pacifistes et aiment les
symboles. Pour preuve, ces tombes construites sur le rond-point
en hommage aux 25 villages concernés par l'enfouissemnt
et que l' "on assassine".
Un enterrement à grand renfort de sonnerie aux morts et de minutes de silence. Vers 12 h 30, le cortège s'est scindé en trois groupes, pour une marche vers trois des villages concernés. Des logos nucléaires peints à la chaux sur le bitume devant laisser une trace de leur mécontement.
Pierre-Julien Prieur
31/7/2006:
Déchets radioactifs : le Réseau
"Sortir du nucléaire" apporte son soutien aux
jeunes emprisonnés
Copie du fax adressé ce matin
Appel du Comité de soutien, sur place à compter de 13 H
A
Monsieur le Substitut du le Procureur de la République
Le 31 juillet 2006
Objet : comparution de 4 personnes suite aux incidents survenus le 27 juillet au laboratoire de Bure (Meuse)
L'ensemble des collectifs et mouvements organisateurs ou participants au festival qui s'est tenu à Bure les jours derniers tient à vous apporter sa contribution écrite et souhaite que celle-ci soit versée au dossier avant l'audience.
Les organisations soussignées estiment que :
1°) Il convient de resituer les actes commis dans le contexte politique actuel. La décision de poursuivre les travaux de Bure en vue de l'enfouissement des déchets radioactifs vient d'être prise par le Parlement, contre l'opinion majoritaire de la population française. Constatant la césure flagrante entre leur opinion et celle de leur représentation parlementaire, des dizaines de milliers de citoyens demandent à être consultés directement sur l'opportunité des travaux menés à Bure. Cette requête légitime est systématiquement rejetée par les autorités, avec une désinvolture très proche du mépris.
Certes, il n'appartient pas à la justice d'émettre une opinion sur le dossier de l'enfouissement des déchets. Cependant, nous pensons que celle-ci, notre justice, est à même de comprendre quelle exaspération peut être celle de militants engagés lorsqu'ils se trouvent devant le symbole vivant et érigé de ce qu'ils considèrent, eux, à l'instar de la grande majorité de la population, comme un formidable déni de démocratie et un exemple caricatural des dérives antidémocratiques auxquelles il arrive malheureusement à nos institutions de se livrer.
Rappelons par exemple que nous sommes en face du premier cas de l'histoire de nos institutions où, très officiellement, de l'argent a été et est toujours distribué aux collectivités locales et aux particuliers avant même que :
- le moindre déchet ne soit présent
- l'enfouissement ne soit décidé
- le laboratoire ne soit construit
- la décision officielle de construire le laboratoire n'ait été prise (avant les débats et l'enquête publique)
2°) Nos organisations n'appellent pas, et n'appelleront jamais à la violence, de quelque ordre qu'elle soit, pour lutter contre l'agression caractérisée que représente le laboratoire de Bure.
Sans les excuser, nous comprenons cependant que certaines personnes, notamment au sein de la jeunesse, puissent, gagnées par l'exaspération, se livrer à des actes réputés répréhensibles lorsqu'en face d'elles est affichée toute la puissance policière d'une volonté politique unilatéralement acquise aux intérêts de la cause nucléaire.
3°) Les personnes interpellées dans le cadre de l'action menée, même si elles n'appartiennent pas à nos organisations, nous sont connues et ne sont pas des délinquants mais des militants dont la générosité et le dévouement nous ont été maintes fois prouvés.
Sanctionner durement cette dérive, si dérive avérée et prouvée il y a, serait sévère et décourageant pour une jeunesse qui ne souhaite qu'apporter, aujourd'hui et demain, à la démocratie la force de ses convictions, dans des cadres qui ne seront pas toujours forcément celui de l'action militante.
Enfin, même si les textes le justifient, les sanctionner durement pourrait représenter, pour une grande partie de la jeunesse antinucléaire et militante, un nouvel affront après l'ensemble des déceptions éprouvées tout au long de l'évolution de ce dossier. Rien de bon ne peut résulter de l'accumulation de camouflets infligés à notre jeunesse engagée.
C'est pourquoi l'ensemble des organisations signataires vous demande, Monsieur le Substitut, de bien vouloir introduire la plus grande clémence au sein de votre réquisitoire.
Nous souhaitons bien entendu la mise en liberté immédiate des jeunes gens interpellés et leur retour en leur foyer. Rien ne serait pire que de les traiter comme de simples bandits.
Les signataires
- les collectifs BURE-STOP : CDR 55 - CEDRA 52 - CACENDR 54 - BZL (Bure Zone Libre)
- le groupe "Stop Bure Gruppe Trier" (Treve / Allemagne)
- Meuse nature Environnement
- l'AEMHM : Association des Elus Meusiens et Haut-Marnais opposés à l'enfouissement
- la Coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement
Copie à Monsieur le Préfet
Ouest - France, 29 juillet 2006 :
A quelques heures d'un grand rassemblement
anti-EPR (réacteur de nouvelle génération)
devant la préfecture de Saint-Lô, les collectifs
organisateurs ont présenté les 40 000 signatures
de pétition qu'ils vont remettre à Marc Meunier,
représentant du préfet, cette après-midi
à 15 h. Elles ont été recueillies par le
collectif « EPR, non merci », Sortir du nucléaire
ou encore celui anti THT (lignes très haute tension).
« Ce ne sera pas la manifestation de Cherbourg, rappelle
Didier Anger, coordinateur du collectif régional «
EPR, non merci », nous savons bien que la date ne s'y prête
pas (en plein été). » Cette date, justement,
a été choisie car elle clôt la grande enquête
publique sur l'EPR.
Et Pascal Poisson, élu vert de la ville de Saint-Lô
de conclure : « le but c'est d'exprimer la volonté
d'un grand nombre de citoyens de changer de changer un projet
politique dont ils ne veulent pas ». Pour eux, « rien
n'est encore joué, d'autant que les travaux n'ont pas commencé
sur le site de Flamanville ».
SAINT-LO (29 juillet 2006) - Quelque 300 à 500 personnes, selon les chiffres
de la préfecture et des organisateurs, ont manifesté
samedi à Saint-Lô (Manche) pour protester contre
la construction d'un nouveau réacteur nucléaire
de type EPR (eau sous pression) sur le site de Flamanville.
Les manifestants ont réclamé l'annulation des projets
prévus dans le nucléaire et des investissements
massifs dans les économies d'énergie et les énergies
renouvelables.
BAR-LE-DUC (28 juillet 2006) - La deuxième édition du festival "Décibels contre la poubelle", organisé par les collectifs antinucléaires "Bure Stop", s'est ouvert vendredi à Bure (Meuse), non loin du laboratoire de recherche de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).
Cette manifestation, qui s'achèvera dimanche, mêle concerts et débats et entend dénoncer le projet de stockage des déchets hautement radioactifs, actuellement à l'étude dans un laboratoire situé à 500 mètres de profondeur.
"Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, ce n'est pas de la recherche que l'on veut faire à Bure mais un futur centre d'enfouissement de déchets nucléaires", dénonce Corrine François, porte-parole du collectif Bure-Stop.
Dans un pré-rapport remis au gouvernement, l'Andra a conclu à la "faisabilité de principe" du stockage en sous-sol "avec une confiance raisonnable".
L'agence considère notamment qu'une zone de 200 km2 à proximité du laboratoire de Bure "présente des conditions géologiques favorables" à l'enfouissement des déchets.
"Nous nous opposons fermement à ce projet et ce festival a pour vocation d'ouvrir les yeux de tout le monde sur les dangers de ce projet", poursuit Mme François.
Le Républicain Lorrain, jeudi 27 juillet 2006:
Festival à Bure
Les opposants au projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure ne désarment pas. Vendredi, samedi et dimanche, ils organisent un grand festival d'été, fait de musique et de militantisme antinucléaire.
Depuis l'été 2 000, les opposants déterminés et infatigables à l'enfouissement des déchets nucléaires créent l'événement à Bure, petit village aux confins de la Lorraine et de la Champagne-Ardennes, où les recherches sur l'enfouissement se poursuivent. "Sous couvert de recherche, on prépare le terrain pour un centre d'enfouissement", assure Corinne François, engagée dans le combat depuis 1994.
Cette année, les vendredi 29, samedi
30 et dimanche 31 juillet, Bure accueille la deuxième édition
d'un festival d'été, au nom de baptême sans
ambiguïté sur le message délivré: Des
décibels contre les poubelles. Pendant trois jours, musique
et "interventions militantes" se succéderont
sur scène.
Stop Bure Brothers'n, Sista, Miguel M, Batooza, Christian Decamps,
Steva Waring, La Casa Bancale, Desirless et Mic Eco, David Vincent
et ses mutants... toutes les formations musicales, célèbres
ou inconnues, se produisent gracieusement. Sur le terrain purement
militant, les opposants à l'enfouissement à tout
prix ont le soutien actif d'une myriade d'associations dont Greenpeace,
Enercoop, Artisans du Monde...
Roland Desbordes, président de la Criirad (laboratoire
associatif créé en 1986 suite à Tchernobyl)
sera l'une des conférenciers à intervenir les après-midi
de samedi et dimanche. "Nous ne sommes pas isolés
dans notre combat", assure Corinne François. Localement,
les collectifs Bure-Stop
ont fait circuler une pétition en Meuse et en Haute-Marne,
envoyée aux deux conseils généraux pour l'organisation
d'un référendum local sur l'enfouissement des déchets.
"Légalement il fallait 13 000 signatures pour la
Meuse et 14 000 pour la Haute-Marne, nous en avons récolté
au total 50 000. En dépit de cela les politiques ignorent
notre démarche", regrette
Corinne François.
Une action prévue. Le festival, accueilli sur un terrain prêté par un agriculteur à 800 mètres du site du laboratoire de l'Andra, repose sur un souci écologique qui n'a négligé aucun détail. Tri sélectif pour les déchets, cuisine bio, toilettes sèches, vaisselle véritable et gobelets consignés sont prévus.
Dimanche à 11 h, un rassemblement suivi d'une action, non dévoilée, est prévu aux abords du chantier. Les opposants redoutent par-dessus tout l'indifférence, d'où une mise en lumière régulière afin d'éviter "le passage en force d'un projet extrêmement négatif".
Décibels contre la poubelle, vendredi, samedi et dimanche à Bure. Contact: 03 25 04 91 41. Entrée libre.
BAR-LE-DUC (26 juillet 2006) - Les collectifs antinucléaires "Bure Stop" organisent, de vendredi à
dimanche, à Bure (Meuse), la deuxième édition
du festival contre les déchets nucléaires, près
du laboratoire de recherche de l'Agence nationale pour la gestion
des déchets radioactifs (Andra).
Ce festival, baptisé "Décibels contre la poubelle",
vise à dénoncer, lors de débats entrecoupés
de concerts, le projet de stockage des déchets hautement
radioactifs étudié dans un laboratoire situé
à 500 mètres de profondeur.
"La loi qui vient d'être votée en juin dernier
fait fi des fortes oppositions citoyennes à l'enfouissement
nucléaire, récurrentes en France depuis 20 ans,
et donne un feu vert, illégitime, à celui-ci",
estiment les organisateurs.
Le Parlement a adopté en juin un texte sur la gestion des
déchets radioactifs qui franchit un cap décisif
pour stocker les déchets les plus dangereux en couche géologique
profonde à partir de 2025.
"Ce que les pouvoirs publics imposent comme +mode de gestion+
est une bombe à retardement programmée sciemment.
Enfouir à Bure, ou ailleurs, ne fait que repousser dans
le temps le vrai problème: la radioactivité remontera
à la surface, lorsque les emballages fuiront", prédisent
les promoteurs du festival.
Dans un pré-rapport
remis au gouvernement, l'Andra a conclu à la "faisabilité
de principe" du stockage en sous-sol "avec une confiance
raisonnable".
L'agence considère qu'une zone de 200 km2 à proximité
du laboratoire de Bure "présente des conditions géologiques
favorables" à l'enfouissement des déchets.
Les collectifs Bure-Stop veulent "faire entendre d'autres
voix" à l'occasion de ce rendez-vous meusien, assurent-ils,
comme celles "d'opposants à l'enfouissement locaux
et européens (...), d'experts indépendants de la
CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes
sur la radioactivité) ou encore celles de la population
locale.