Enviro2b, 3/10/2008:
Hors service depuis juillet, la tranche 2 de
la centrale nucléaire de Nogent-sur-Marne devait reprendre
du service en septembre. Or, il semblerait bien que cet arrêt
ait décidé de jouer les prolongations.
Le fonctionnement de l'unité avait été interrompu
en juillet afin de réaliser des travaux de maintenance
et renouveler un tiers du combustible. Selon le quotidien "Le
Journal de la Haute-Marne" qui évoque ce retard dans
son édition de mardi, le problème serait lié
à l'alternateur. Elian Bossard, le directeur du site explique
que "c'est la machine qui transforme l'énergie de
rotation en énergie électrique" qui pose problème.
"Elle ne fait pas partie de l'îlot nucléaire".
L'alternateur défaillant date de la construction du site
il y a près de 20 ans. Elian Bossard explique que "depuis
un certain nombre d'années, on les surveille car ils ont
un problème d'isolement. Ce phénomène est
très progressif et il existe chez tous les exploitants
électriques. Le groupe EDF a donc mis en place un programme
de maintenance renforcé. En arrêt de tranche, on
les teste."
Une barre peut en cacher une autre
"Trois barres étaient en dessous du critère
d'isolement. Elles ont été remplacées. Il
s'agit d'une opération de maintenance lourde car des barres
sont parfois placées en dessous d'autres (..) on a fait
tous les tests. or, ils ont révélé qu'une
autre barre était défaillante", et c'est son
changement qui engendre cette prolongation de l'arrêt de
cette tranche 2 de la centrale. Mais pour le directeur du site,
la sécurité n'a pas de prix, même si concrètement
cela se chiffrera en "plusieurs centaines de kiloeuros".
Une visite décennale prévue l'an prochain sera l'occasion
de passer à la loupe le reste des installations qui subissent
l'usure du temps.
10/9/2008:
Deux assemblages
de combustible nucléaire coincés au Tricastin
5/9/2008 - Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) a annoncé vendredi que des rejets gazeux avaient dépassé le niveau réglementaire en juin et juillet dans un laboratoire de son centre de Cadarache (Bouches-du-Rhône), sans conséquences pour la population ou l'environnement. L'incident, que le CEA propose de classer au niveau 1 sur une échelle [médiatique] spécifique qui compte sept niveaux (Ines), a été déclaré le 26 août à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), précise un communiqué. Pour les travailleurs concernés, les conséquences maximales potentielles sont inférieures à 1,3 microsievert alors que la dose maximale annuelle doit rester inférieure à 20.000 microsieverts. Les rejets de tritium gazeux, décelés lors de bilans mensuels, se sont produits du 20 au 30 juin et du 15 au 22 juillet dans un laboratoire de l'installation Rapsodie, réacteur expérimental à neutrons rapides arrêté depuis avril 1983. Ils sont intervenus lors d'une expérience visant à étudier la diminution de la teneur en tritium d'un échantillon en fonction de la température. L'analyse de l'incident a fait apparaître une erreur reproduite dans la conduite de l'expérimentation et la prise en compte de rejets potentiels.
29/8/2008 - Le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) a redémarré vendredi après un arrêt de plus de six mois, lié notamment à une série d'incidents techniques, a-t-on appris auprès d'EDF. Arrêtée en février dernier pour une opération de maintenance décennale programmée, la tranche 1 de la centrale aurait dû être réactivée en mai. Mais "une succession de petits aléas techniques", selon EDF, a empêché le redémarrage du réacteur pendant plus de trois mois. La centrale de Flamanville ne produisait plus d'électricité depuis le 26 juillet, le réacteur 2 ayant été mis à l'arrêt pour maintenance à cette date. Cette centrale produit en temps normal avec ses deux réacteurs l'équivalent d'une consommation légèrement supérieure à celle de la Basse-Normandie. Un troisième réacteur, de type EPR, y est en cours de construction. EDF a confirmé cette semaine son objectif de le mettre en service en 2012, après la publication d'informations du Canard enchaîné selon lesquelles les travaux accusaient "au moins neuf mois de retard" à la suite de diverses malfaçons dans le gros oeuvre.
Maregion.tv, 27/8/2008:
Rien de grave, mais l'affaire aurait pu être
plus grave. En mars dernier, la centrale nucléaire de Chooz
a été le théâtre d'un incident de niveau
1 sur une échelle [médiatique] qui en compte 7. Rien de
dramatique puisque l'autorité de sûreté nucléaire
(ASN) a classé cet incident comme une « anomalie
sortant du régime de fonctionnement autorisé ».
Dans la nuit du 20 au 21 mars, alors que le personnel redémarrait
le réacteur n°2, le niveau de pression dans les tuyauteries
est descendu bien en dessous du niveau minimum (100 millibars
alors que la pression ne doit pas être inférieure
à 200 millibars).
19/2/2008 - Le
réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fessenheim
(Haut-Rhin) est à de nouveau à l'arrêt depuis
lundi soir suite à la détection d'une fuite d'eau,
a annoncé mardi la direction du site. Une fuite d'eau dans le circuit primaire, estimée
à cinq litres par heure, a entraîné
l'arrêt de la deuxième tranche lundi vers 21H30,
a-t-on expliqué. L'incident, déclaré aux
autorités de sûreté, est en cours de classement,
selon un porte-parole de la direction qui précise qu'il
n'a eu d'impact ni sur la sûreté des installations
ni sur l'environnement. Celle-ci ne sera raccordée au réseau
électrique qu'une fois qu'auront été effectuées
les opérations de vidage du circuit principal, les investigations
sur le générateur et les contrôles nécessaires,
ce qui devrait prendre environ deux semaines, selon un porte-parole
du site. Le réacteur n°2 de la centrale de Fessenheim,
la plus ancienne du parc français, entrée en service
en 1977, est régulièrement arrêté,
pour cause d'incident ou de travaux. Celui-ci avait été
arrêté une semaine en janvier suite à la défaillance
d'une des fixations d'une tuyauterie de purge d'un circuit. L'Autorité
de sûreté nucléaire (ASN) avait réclamé
en juillet à EDF plus de rigueur pour l'exploitation de
la centrale, soulignant dans un rapport annuel un manque de rigueur
dans l'application des procédures. En 2007, 42 pannes ou anomalies sont survenues, dont
huit ont été classées au niveau 1. La plupart avaient pour origine une intervention humaine.
Les deux réacteurs de la centrale doivent faire l'objet
d'une visite décennale "approfondie"
en 2009 et 2010. [Rappel: "Stop Fessenheim" veut une date de fermeture
de la centrale]
Ouest-France, 19/1/2008:
Depuis des années, le tuyau d'alimentation en eau potable de la centrale nucléaire du Nord-Cotentin fuyait. Perte sèche : 60 000 m3 par an. La consommation annuelle de 1 500 personnes !
CHERBOURG. - Une centrale nucléaire consomme en moyenne 20 000 m3 d'eau potable par réacteur et par an. La centrale de Flamanville, dans la Manche, compte deux réacteurs. Elle devrait donc dépenser, chaque année, 40 000 m3. Eh bien non ! Dans le Cotentin, les histoires de robinets qui fuient peuvent prendre des proportions titanesques.
« Notre consommation s'élève à... 100 000 m3 » par an, confie, un peu penaud, Éric Villatel, le directeur de la centrale normande. Deux fois et demie ses besoins ! 60 000 m3 perdus dans la nature à cause de fuites, soit la consommation annuelle de 1 500 personnes et une surfacturation avoisinant les 40 000 Euros annuels.
Jusqu'à présent, cet excès n'avait choqué personne. Il a fallu que la communauté de communes des Pieux, qui gère la distribution d'eau potable en régie directe, se préoccupe des besoins du futur réacteur EPR, pour qu'EDF se penche sur le sujet. « La centrale représente 10 % de la consommation de notre communauté de communes », explique Daniel Lemenuel, directeur des services.
« Avec la mise en service de l'EPR nous avons voulu savoir si nous devions envisager d'effectuer de nouveaux forages. Et, si tel était le cas, quelle serait la participation financière d'EDF. » Cet appel au portefeuille a réveillé l'esprit d'économie du groupe électrique. « Nous avons regardé de près notre consommation. Après inspection, nous avons découvert plusieurs fuites, dont une très importante », poursuit Éric Villatel.
« Une petite fuite qui a grossi ». Depuis combien de temps le tuyau est-il percé ? Comme le fût du canon, depuis un certain temps. « Sans doute une petite fuite qui a grossi avec les années. Difficile de contrôler les canalisations. Elles sont enterrées et ont été construites en même temps que la centrale », au début des années 1980. On a donc contourné la fuite principale, sans pouvoir agir sur les fuites secondaires.
Gourmande en eau potable, la centrale prélève également de l'eau de mer pour les circuits de refroidissement des réacteurs. Elle se sert aussi, en direct, dans les trois rivières locales, pour alimenter ses circuits secondaires. « 270 000 m3 par an. » L'arrivée de l'EPR risque fort d'accentuer cette pression. « Nous allons construire une usine de dessalement de l'eau de mer pour réduire ces prélèvements d'un tiers », indique la direction.
À la communauté de communes des Pieux, on demeure toutefois perplexe sur les quantités qu'il faudra réellement fournir. Une inquiétude à double détente. La crainte de ne pas disposer de ressources naturelles suffisantes passe toutefois après l'angoisse de perdre un gros client. Dans le Cotentin, où l'on est habitué à voir l'argent nucléaire couler à flot, on redoute plus les robinets fermés que ceux qui fuient.
Dernières Nouvelles d'Alsace, 8/1/2008:
La direction de la centrale nucléaire de Fessenheim a déclaré à l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement de niveau 1 sur l'échelle [médiatique] INES qui est graduée de 1 à 7. Un incident survenu d! imanche mais sans aucune conséquence sur la sûreté des installations, selon EDF, qui n'a annoncé cet écart que hier. Lors de la phase de redémarrage du réacteur n°2, la concentration en bore du circuit primaire avait en effet été réglée à une valeur conforme aux règles d'exploitation. [La concentration en bore du circuit primaire est un paramètre important. Le bore est en effet un corps ayant la propriété d'absorber les neutrons produits par la réaction nucléaire. Il est mélangé à l'eau du circuit primaire et permet de contrôler et, le cas échéant, d'arrêter la réaction nucléaire.] Mais l'alarme permettant de détecter une baisse éventuelle de concentration était réglée à un seuil inférieur à la valeur requise. En 2007, 42 pannes ou anomalies sont survenues, dont huit ont été classées au niveau 1. La plupart avaient pour origine une intervention humaine. Les deux réacteurs de la centrale doivent faire l'objet d'une visite décennale « approfondie » en 2009 et 2010.
Commentaire
l'alarme permettant de détecter une baisse éventuelle
de concentration en bore du circuit primaire était réglée
à un seuil inférieur à la valeur requise.
Des erreurs technologiques basiques sont commises quotidiennement
dans cette centrale, s'il l'on ne contrôle plus les variations
d'une teneur aussi importante pour le fonctionnement du circuit
primaire on peut se demander ce qu'on contrôle encore! Il
faudrait savoir quel est l'ambiance à Fessenheim et quel
est le style du management aujourd'hui pour qu'autant d'erreurs
soient commises [voir un exemple de management à la centrale de Nogent-sur-Seine]. A mon avis un management "idéologique"
fondée sur l'affirmation mensongère : tout va très
bien madame la marquise ! est très dangereux du point de
vue de l'anesthésie des réflexes de sécurité
dans une industrie comportant des risques aussi considérables.
Renforçons notre action pour mettre un terme à cette
menace !
Nicole Roelens
STRASBOURG (10 janvier 2008) - L'unité de production n°2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) a été arrêtée en raison d'un incident survenu une semaine après son raccordement au réseau électrique, à l'issue d'une période de trois mois de travaux, a indiqué jeudi la direction de la centrale.Le réacteur a été arrêté mercredi "suite à la défaillance d'une des fixations d'une tuyauterie de purge d'un circuit situé dans la partie non nucléaire des installations (salle des machines)", précise la direction dans son bulletin d'information Sit'infos. L'arrêt, qui pourrait durer plusieurs jours, permettra aux techniciens de remplacer la fixation défectueuse et d'effectuer des contrôles sur les autres fixations et sur le circuitconcerné, selon la même source. L'incident n'a eu aucune conséquence sur la sécurité du personnel, ni sur la sûreté des installations, ni sur l'environnement, assure la direction. Cette dernière évoque dans le même communiqué un autre incident de faible importance, survenu le 2 janvier sur la même unité de production: la vitesse de montée en puissance du réacteur a dépassé de 1%, durant une dizaine de minutes, la vitesse requise par les règles d'exploitation de la centrale, un incident qui a été déclaré au niveau 0 de l'échelle INES des incidents, graduée de 1 à 7. Le réacteur n° 2 de la centrale, la plus ancienne du parc français, entrée en service en 1977, avait été arrêté le 6 octobre pour des travaux de maintenance programmés tous les 14 mois. Lors de cet arrêt, 8.900 interventions ont été réalisées dans le bâtiment du réacteur et la salle des machines et 1.600 professionnels de 70 entreprises ont renforcé les équipes d'EDF.
L'Est Républicain, 19/7/2007:
Une anomalie sérieuse a été détectée dans le fonctionnement de certains réacteurs du parc de centrales nucléaires.
« C'est un peu comme une artère chez quelqu'un qui fait du cholestérol. Tant que le sang passe, c'est bon, mais le jour où ça se bouche, ça pète... ». La comparaison de Stephan Lhomme, porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire », vaut ce qu'elle vaut, mais elle a le mérite de rendre accessible au commun des mortels la quintessence du communiqué de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui est tombé hier soir. Selon le gendarme de l'atome civil, « il existe une anomalie au niveau du taux de colmatage des générateurs de vapeur de certains réacteurs de 900 et 1300 MW. Ce défaut pourrait avoir des conséquences sur la sûreté ».
Laconique, mais inquiétant, car le « défaut » concerne tout de même 54 des 58 réacteurs qui composent le parc nucléaire civil de la France. L'ASN qui se targue d'être un organisme transparent et indépendant, ajoute prudemment que cette défectuosité « est classée au niveau 1, soit le seuil le plus bas de l'échelle [médiatique] internationale de gravité des accidents nucléaires INES », dont la graduation va de zéro à sept. Pas de quoi donc réveiller le syndrome de Tchernobyl, mais l'information interpelle, « car ce nouvel événement générique s'ajoute à d'autres défauts comme celui des circuits de recirculation qui peuvent eux-aussi se colmater en cas de situation grave, alors qu'ils sont supposés prendre le relais », poursuit le militant anti-nucléaire. [lire: Les circuits de secours ne fonctionneront pas en cas de rupture du circuit primaire ]
Par hasard. Le générateur de vapeur est un échangeur thermique entre l'eau du circuit primaire portée à très haute température dans le coeur du réacteur et le circuit secondaire où l'eau est transformée en vapeur pour alimenter la turbine qui produit l'électricité. Si le réseau se bouche par des dépôts d'oxydes, « on peut imaginer un accident très grave, le générateur de vapeur pourrait exploser et entraîner la rupture du circuit primaire », souligne Stephan Lhomme qui s'interroge surtout de la découverte subite du problème. « Voilà qui montre que les contrôles sont défaillants. Ils ne se sont pas aperçus de ce défaut avant, ce qui leur aurait permis d'intervenir et de nettoyer ces phénomènes d'obturation des circuits lors des périodes d'entretien du réacteur, d'autant que l'ASN a estimé la progression du colmatage de l'ordre de 5 % par an ».
Le hasard d'une maintenance ou d'un contrôle a donc été particulièrement salutaire. Néanmoins, l'accumulation de ce genre de symptômes sérieux relance la question du vieillissement des centrales françaises et donne paradoxalement autant de grain à moudre à ceux qui plaident pour le déploiement de réacteurs de nouvelle génération du type EPR et ceux qui se battent contre la filière.
Autisme. « Contrairement à ce qui nous est toujours dit, le risque zéro existe : il suffit de fermer les centrales nucléaires », martèle le Réseau qui publie aujourd'hui sur son site web des documents confidentiels sur l'inadaptation du parc français face aux séismes, en accusant notamment EDF « de falsification de données sismiques ». Une manière collatérale de dénoncer « l'autisme des autorités françaises au moment où des incidents graves apparaissent ailleurs, comme le 28 juin dernier après un incendie dans la centrale de Krümmel, près de Hambourg en Allemagne, ou ce dernier lundi avec la fuite radioactive qui s'est produite à l'extérieur de l'unité de Kashiwasaki au Japon suite au tremblement de terre qui a secoué l'archipel. Cette fuite n'était pas d'un litre et demi, comme annoncé par la direction du site, mais de 1200 litres... ». Deux exemples qui montrent que les normes de sécurité définies par les spécialistes peuvent être sérieusement mises en défaut, ou plus étonnant encore, sous-évaluées lors de la conception d'une centrale.
Lire:
- Les
circuits de secours
ne
fonctionneront pas en cas
de rupture du circuit primaire
- Fissures fatales ?
- Embrouilles dans les centrales
- Un cauchemar de plomberie (Pdf 432 Ko)
- Difficultés
techniques (Pdf 1,2 Mo)
- Les
centrales nucléaires françaises en crise
(août 1982, Science & Vie n°779, en Pdf 128
Ko)
Sûreté des réacteurs:
- Des principes à
la réalité
- Le rapport Tanguy
(synthèse sur la sûreté
nucléaire à EDF en 1989)
- Extrait
1, extrait
2 et extrait
3 (en Realaudio 33 Kb) de "L'erreur humaine"
sur Radio Lucrèce (Roger Belbéoch 3/3/90)
- La saga des fissures
sur le palier N4
Le Figaro, 5/2/2007:
A la suite d'un incident sur une vanne, l'un des réacteurs s'est arrêté automatiquement ce week-end. Le réacteur numéro deux de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) s'est arrêté automatiquement samedi à la suite d'un incident sur une vanne d'isolement de la vapeur. Cet arrêt n'a eu aucune conséquence sur la sûreté ou l'environnement, et surtout « concernait la partie non nucléaire de l'installation de l'unité de production », insistait-on hier à EDF [l'arrêt automatique, n'est pas une procédure qui réussit forcément, et si elle ne réussit pas...]. Le réacteur doit néanmoins être arrêté - vraisemblablement une petite semaine -, le temps d'exercer tous les contrôles. Cette panne devrait toutefois renforcer la conviction des antinucléaire qui réclament la fermeture de cette centrale, la plus ancienne de France. Elle est entrée en service en 1977. Fin janvier, la candidate à la présidence de la République Ségolène Royal s'était elle aussi prononcée pour « l'arrêt définitif » des deux réacteurs de Fessenheim, se disant « préoccupée de la sécurité de ces installations ». Le directeur de l'installation avait alors rappelé que la durée de cette centrale avait été prévue pour 40 ans [Faux, lire: Quand EDF prend ses désirs pour des réalités] et que les prochaines révisions décennales étaient programmées en 2009 et 2010.
Le Monde, 10/1/07:
Une balance de pesage défaillante et
des consignes "hors procédure" sont à
l'origine d'un incident - sans conséquence pour l'environnement
ou la santé - survenu le 6 novembre 2006 à l'Atelier
de technologie du plutonium (ATPu). Cet établissement d'Areva
NC est situé sur le site du Commissariat à l'énergie
atomique (CEA), à Cadarache (Bouches-du-Rhône). "L'accumulation
d'erreurs humaines et les défaillances constatées
dans les processus d'assurance de la qualité mettent en
évidence des lacunes importantes dans la culture de sûreté
de l'exploitant", juge l'Autorité de sûreté
nucléaire (ASN). C'est pourquoi l'ASN a annoncé, mardi 9 janvier, avoir
classé l'incident au niveau 2 de l'échelle internationale
des événements nucléaires, qui va de 1 à
7. Le CEA, qui avait rendu public l'incident le 10 novembre, proposait
de le classer au niveau 1 de cette échelle.
Une erreur de manipulation a conduit des employés d'Areva
NC, responsable opérationnel de l'ATPu, à charger
deux fois un broyeur avec des rebuts de pastilles de combustible
MOX (mélange d'oxydes de plutonium et d'uranium). Une inspection
de l'ASN, conduite le 16 novembre, a montré que la balance
permettant de contrôler le chargement du broyeur était
cassée depuis mars 2006.
PAS DE "MASSE CRITIQUE"
Fort heureusement, la "masse
critique" - d'environ 16 kg de matière fissile -,
à partir de laquelle une réaction nucléaire
peut s'enclencher de façon spontanée, n'a pas été
atteinte. Au lieu des 8 kg autorisés, le broyeur contenait
13 kg de pastilles, correspondant à
3,9 kg de matière fissile.
L'ATPu avait connu un incident de contamination en 2004 : une
erreur humaine avait causé une légère contamination
des locaux et d'un opérateur. Ouvert en 1964, cet atelier,
où ont été produits les premiers assemblages
de MOX, est désormais en phase d'assainissement. L'ASN
espère voir l'opération achevée fin 2007,
et prépare un décret relatif à l'arrêt
définitif de l'installation.
Placé sous la responsabilité du CEA, l'ATPu a longtemps
été la bête noire des associations écologistes.
Dès 1995, l'Autorité de sûreté nucléaire
avait réclamé sa fermeture en raison d'une réévaluation
du risque
sismique. Il a fallu attendre juillet 2003 pour qu'Areva,
véritable opérateur de l'installation, obtempère.
Hervé Morin
[Rappel sur les accidents de criticité: 7 aux Etats-Unis et 1 en Grande-Bretagne, 13 en URSS entre 1953 et 1978 et 1 au Japon.]
REIMS (4 décembre 2006) - Les autorités belges ont estimé lundi
avoir été prévenues tardivement du léger
incident de radioactivité survenu le 21 novembre à
la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes), près
de la frontière avec la France.
"Nous demandons d'avoir la même information (que les
autorités françaises). C'est en bonne voie",
a indiqué le gouverneur de la province belge de Namur Amand
Dalem pour situer le contexte d'une réunion qui a eu lieu
à la préfecture du département des Ardennes
à Charleville-Mézières. "Nous avons
été prévenus (de l'incident) mais avec un
certain retard", a ajouté le commissaire d'arrondissement
(sous-préfet), Jean-Paul Bair, qui représentait
le gouverneur à Charleville. "Il s'agissait de faire
le procès de personne. Mais il y a eu un petit déficit
de communication", a déclaré M. Bair. "Lors
de cette réunion, il a été décidé
conjointement que lors d'un événement survenant
à la centrale de Chooz", celle-ci "informe de
façon simultanée la préfecture des Ardennes
et le cabinet du gouverneur de Namur", a indiqué la
préfecture ardennaise dans un communiqué. L'objectif
de la réunion était aussi de revoir la "convention
d'assistance mutuelle entre la France et la Belgique" qui
porte notamment sur l'échange d'information en cas de catastrophe
et d'incidents, a expliqué en substance M. Bair. Le 21
novembre, pendant une minute, la centrale a "rejeté
des produits gazeux radioactifs au-delà du seuil autorisé
(...) Nous l'avons dépassé de 10%", avait indiqué
le directeur du site exploité par EDF, Jean-Paul Joly,
ajoutant que l'incident avait été sans conséquence
sur la population et l'environnement.
Communiqué de presse de la Commission
Locale d'Information (CLI) de la centrale nucléaire de Gravelines,
30 novembre 2006:
La
CLI réagit sur la série d'incidents survenus fin
2006 à la centrale nucléaire de Gravelines.
(en Word .doc)
Blog finance, 22 novembre 2006:
Un incident qualifié de "léger"
par son directeur a été enregistré mardi
sur le site de la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes).
Pour rappel, d'autres incidents - de plus amples
importances se sont produits récemment en Suède et Norvège sur des centrales
nucléaires. Selon les indications du directeur du site
exploité par EDF, Jean-Paul Joly, pendant une minute, la
centrale a rejeté des produits gazeux radioactifs selon
une concentration supérieure de 10 % au niveau du
seuil autorisé, fixé à 4 millions de becquerels
par m3. "Nous n'avons pas dépassé de plus d'1/10.000
ème l'autorisation annuelle" de rejet, a cependant
précise le directeur, dans le but de restreindre l'ampleur
du "phénomène". L'incident est survenu
sur une tranche actuellement à l'arrêt pour le rechargement
des combustibles. Selon lui, cet incident est sans conséquence
sur la population et l'environnement: "Nous avons des balises
à un kilomètre, elles n'ont rien détecté.
Nous faisons des contrôles de l'eau de pluie et de l'herbe
pour s'assurer qu'il n'y a aucun impact sur l'environnement. Nous
devrions recevoir les résultats d'ici à la fin de
semaine". "C'est la première fois que cela se
produit sur le site de Chooz ouvert en 1996" et qui représente
"5% de la consommation nationale", selon son directeur.
Le personnel n'est pas
particulièrement inquiet, mais remarque qu'il a appris
l'incident par les médias, a indiqué un représentant
CFDT Dominique Trelcat. En juin dernier,
l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN)
avait demandé plus de "rigueur" dans l'exploitation
de Chooz car "la centrale
de Chooz B a connu un accroissement de son nombre d'événements
significatifs. En 2004, trois incidents
classés au niveau 1 sur l'échelle INES, correspondant
à des anomalies, sont en effet survenus sur le site de
Chooz. Située à la frontière avec la Belgique
dans une petite enclave française des Ardennes belges,
le site de Chooz B possède deux réacteurs nucléaires de 1450
MW chacun. [...]
Elisabeth Studer
22/8/2006 - Un
des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux
(Vienne) a été mis à l'arrêt pour plusieurs
semaines à la suite d'un faux contact électrique
survenu dimanche sur le transformateur principal de l'installation,
a annoncé mardi la centrale. "Conformément
aux procédures prévues dans ce cas, les opérateurs
de la centrale ont procédé, en toute sûreté,
à la mise à l'arrêt du réacteur",
indique l'entreprise dans un communiqué. "Le changement
d'un des trois pôles du transformateur va nécessiter
plusieurs semaines de maintien à l'arrêt de l'installation",
selon le texte. "Cet incident survenu dans la partie non
nucléaire de l'installation, dans une salle à côté
de la salle des machines, n'a eu aucune conséquence sur
la sûreté ni sur l'environnement. L'unité
numéro deux continue de produire de l'électricité",
conclut le communiqué.
STRASBOURG (22 juin 2006) - Deux incidents de niveau 0 et 1 sur l'échelle
[médiatique] Ines des événements
nucléaires, graduée de 1 à 7, se sont produits
récemment à la centrale nucléaire de Fessenheim
(Haut-Rhin), a-t-on appris jeudi auprès de la centrale.
Alors que l'unité de production numéro 2 est à
l'arrêt depuis le 22 avril pour permettre le renouvellement
d'un tiers du combustible nucléaire, un technicien a constaté
mardi qu'un commutateur permettant d'isoler la ventilation du
bâtiment réacteur était en position manuelle
et non automatique.
L'anomalie, qui n'a duré que quelques heures, n'a eu, selon
la direction de la centrale, aucune conséquence ni sur
la sûreté, ni sur l'environnement. Elle a néanmoins
été déclarée à l'Autorité
de sûreté au niveau 1 de l'échelle INES.
Un défaut de surface a par ailleurs été détecté,
à une date non précisée, sur un tuyau d'alimentation
en vapeur d'une turbopompe à l'occasion d'un programme
de maintenance préventive. Cet incident, également
sans conséquence sur la sûreté selon la direction
de la centrale, a été déclaré au niveau
0.
Entrée en service en 1977, la centrale de Fessenheim, qui
compte deux réacteurs, est la plus ancienne centrale à
eau pressurisée en activité en France.
14/6/2006 - L'Autorité
de sûreté nucléaire (ASN) a demandé
plus de "rigueur" dans l'exploitation des centrales de Nogent-sur-Seine
(Aube) et Chooz (Ardennes) mercredi lors du bilan 2005 de la sûreté
de ces installations.
"La centrale de Chooz B a connu un accroissement de son nombre
d'événements significatifs (ndlr: petits incidents)",
écrit la Direction de l'industrie, la recherche et de l'environnement
(Drire, dont dépend l'ASN) dans un communiqué.
"Le site doit progresser dans la rigueur de son exploitation",
ajoute la Drire, qui juge tout de même "la sûreté
de l'exploitation des réacteurs de Chooz B globalement
satisfaisante".
Située dans la pointe nord des Ardennes, à la frontière
avec la Belgique, la centrale de Chooz va faire l'objet d'un "exercice
national de sécurité civile" le 22 juin.
Quant à la centrale de Nogent-sur-Seine, elle a connu "deux événements significatifs sur la partie
[dite]
non nucléaire des installations dont un a conduit à
déclencher le plan d'urgence interne" et la mise en
oeuvre "des cellules de crise locale et nationale".
"La Drire a demandé à l'exploitant de développer
la culture de sûreté du site notamment dans les secteurs
non nucléaires pour éviter le renouvellement de
telles situations", ajoute le communiqué.
La Drire a par ailleurs constaté que les "règles
de radioprotection sont inégalement respectées"
en Champagne-Ardenne et Picardie, et a "engagé les
utilisateurs à maintenir leur vigilance à ce sujet,
notamment dans le domaine de la radioprotection des travailleurs".
BORDEAUX (7 juin 2006) - Un début d'incendie a été rapidement
maîtrisé mardi soir à la centrale nucléaire
du Blayais à Braud-et-Saint-Louis en Gironde, a-t-on appris
mercredi auprès du service communication.[Lire: Le risque incendie un dossier accablant pour
EDF]
Selon son responsable Bruno Allex, "le moteur d'un aspirateur
de séchage a grillé, dégageant de la fumée
et quelques flammes, et déclenchant l'alarme incendie dans
un bâtiment auxiliaire de conditionnement de déchets
faiblement radioactifs. Le personnel sur place, un agent EDF et
deux pompiers ont éteint le départ de feu avec un
extincteur à poudre de CO2". Il n'y a eu aucune conséquence
sur les personnes et les installations, a-t-il déclaré.
MARSEILLE (7 juin 2006) - Un incident nucléaire de niveau 1 s'est produit
le 1er juin au centre du Commissariat à l'énergie
atomique (CEA) de Cadarache (Bouches-du-Rhône), a-t-on appris
mercredi auprès du CEA.
L'incident, qui a eu lieu à l'occasion d'une manoeuvre
de déchargement sous eau d'assemblages de combustibles,
a été classé au premier niveau de l'échelle
[médiatique] des risques, qui en compte sept.
"Lors des opérations de déchargement, les éléments
de protection neutronique associés aux assemblages de combustibles
à l'intérieur d'un conteneur ont été
retirés prématurément. Cette anomalie a pour
origine l'application d'une procédure inadaptée",
précise le CEA dans un communiqué.
Le CEA se veut toutefois rassurant, affirmant de même source
que "l'état de sûreté a été
constamment maintenu du fait des marges de sécurité
existantes". L'anomalie "n'a pas eu de conséquence
sur le personnel ni sur l'environnement", précise
le CEA.
Le Monde 4/4/06:
Quiconque a visité la salle de commande d'une centrale nucléaire aura été impressionné par le nombre d'écrans, clés et touches nécessaires à sa bonne marche. Viennent aussitôt à l'esprit ces films de série B où un gaffeur appuie sur le bouton qui fait "boum !"
Le 3 mars, la centrale EDF de Civaux (Vienne) a été le théâtre d'un tel épisode : un opérateur a posé un livret sur le clavier de commande du système mécanique (grappes) qui permet de réguler la puissance du réacteur. "Le document (...) a été posé sur la touche de montée des grappes et a conduit à une montée en puissance du réacteur", résume l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), dans un courrier adressé au directeur de la centrale. Ce courrier évoque un "manque de rigueur" et relève que le clavier de commande n'avait pas été verrouillé. En conséquence, il est demandé à EDF "de sensibiliser les agents aux risques liés à l'utilisation de documents à proximité des claviers de commande".
PUISSANCE MAXIMALE DÉPASSÉE
A-t-on frôlé le drame ? Pendant une minute et vingt secondes, la puissance thermique maximale autorisée a été dépassée, le réacteur atteignant 101,5 % de celle-ci. L'opérateur, s'étant aperçu de son erreur, a aussitôt fait descendre les grappes, indique-t-on à l'ASN. EDF propose de classer cet incident au niveau zéro de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES), qui va de 1 à 7. Déjà, le 26 février, dans la même centrale, il avait fallu deux alarmes pour que les opérateurs mettent fin à un dépassement de la puissance. Pour le réseau Sortir du nucléaire, qui a déniché, sur le site de l'ASN, la lettre décrivant les deux incidents, ceux-ci montrent qu'"un Tchernobyl français menace plus que jamais".
Les inspecteurs de l'ASN sont plus placides [voir ci-dessous]. Ils notent que la formation des équipes d'EDF sur simulateur est centrée sur les situations accidentelles. Ils interrogent l'électricien sur l'opportunité de prendre davantage en compte les gestes de conduite "en situation normale". Afin d'éviter de confondre normalité et routine.
Hervé Morin
4/4/2006 - L'année
2005 a été "plutôt satisfaisante"
pour la sûreté nucléaire et la radioprotection
en France, a déclaré mardi le directeur général
de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN),
M. André-Claude Lacoste, en appelant toutefois à
des progrès.
Abordant les différents acteurs utilisant le nucléaire,
M. Lacoste a estimé en premier lieu qu'en ce qui concerne
le médical, "la radioprotection est prise en compte
de manière hétérogène". "Globalement
satisfaisante" pour ce qui est de la radiothérapie,
elle "s'améliore" pour la radiologie mais il
y a encore "beaucoup d'efforts à faire" dans
ce secteur.
Dans le domaine de la production d'énergie, "le bilan
de l'exploitation des réacteurs nucléaires en 2005
est globalement satisfaisant et fait apparaître des améliorations
en matière de radioprotection, de protection de l'environnement
et de surveillance des
prestataires".
Enfin, a souligné son directeur, l'ASN va renouveler ses
efforts pour mieux gérer les risques liés au radon,
notamment pour les contrôles sur "les bâtiments
dans l'habitat existant".
[Remarque du Réseau "Sortir
du nucléaire":
En affirmant que la sûreté nucléaire
avait été satisfaisante en 2005, l'Autorité
de sûreté nucléaire preuve d'une inquiétante
cécité. Le fait que les graves incidents survenus
en 2005 se soient (heureusement) bien terminés ne doit
pas faire illusion. En effet, la sûreté des centrales
se dégrade très rapidement et les incidents inquiétants
se multiplient, comme cela a été illustré
au cours de l'année 2005. Le Réseau "Sortir
du nucléaire" dénonce régulièrement
le plan de restrictions budgétaires drastiques mis en oeuvre
dans les centrales françaises depuis début 2002.
Après quatre ans de ce régime, le parc nucléaire
est plus dangereux que jamais comme l'ont montré divers
incidents et évènements :
- des PUI (Plan d'urgence interne) ont été activés
notamment à la centrale du Blayais (Gironde) le 27 octobre
et de Nogent-sur-Seine (Aube) le 30 septembre.
- divers incidents ont montré une véritable dégradation
des conditions d'exploitation des centrales, comme lorsque deux
barres radioactives ont été égarées
en mai 2005 à la centrale nucléaire de Gravelines
(Nord)
- le 24 novembre 2005, le ministère de l'écologie
a publié une nouvelle carte du risque sismique qui montre
que les centrales nucléaires de Chinon (Indre et Loire)
et Civaux (Vienne) se trouve dans une zone à risque totalement
oubliée jusque là.
- le 9 décembre 2005, EDF a reconnu la défaillance
potentielle des pompes des circuits d'injection d'eau de sécurité
à basse pression (RIS BP) et d'aspersion d'eau dans l'enceinte
(EAS) des 34 réacteurs de 900 MWe
En fin de compte, même si le pire ne s'est pas produit en
2005, il semble hélas que toutes les conditions soient
réunies pour occasionner un accident grave en 2006, année
des 20 ans de Tchernobyl. Il est d'ailleurs édifiant
de constater les alarmes de plus en plus inquiétantes des
syndicats de salariés d'EDF, pourtant favorables au nucléaire.
D'ailleurs, 2006 a commencé "en fanfare"
avec deux incidents graves :
- le 11 février : rupture partielle d'un générateur
de vapeur à Cruas (Ardèche)
- le 18 février : importante inondation des deux réacteurs
de Nogent (Aube)]
Dans Le Monde du 16 décembre 2004, un
très long article est consacré au Concorde et au
crash du 25 juillet 2000 sous le titre "Concorde : un défaut
connu dès 1979 explique en partie la catastrophe".
Ce texte est intéressant car il est reconnu, 21 ans après,
qu'il y avait en 1979 des indications qui pouvaient expliquer
le crash où plus d'une centaine de personnes ont péri.
Ce genre d'indications, de défauts, peuvent être
qualifiés d'"événements précurseurs".
Cela signifie que lorsqu'il y a dans une entreprise un événement
anormal qui n'a pas de conséquences immédiates ce
n'est pas une raison pour le classer. Ce ne sont pas les conséquences
immédiates d'un incident qui sont importantes dans une
installation industrielle mais ce qu'elles révèlent
de ce qui se passe dans l'installation. Quelles conséquences
plus lointaines peut avoir un incident révélateur
d'un défaut, qu'il s'agisse d'une erreur de conception,
d'un dysfonctionnement de management, d'un défaut dans
un matériau etc. Il ne faut surtout pas l'ignorer. Ainsi
deux ans avant l'accident sur le réacteur de Three Mile Island un incident mettant en cause
des vannes de décharge du pressuriseur avait eu lieu sur
un réacteur de la centrale de Davis Besse et aurait dû
alerter les opérateurs de TMI s'ils avaient été
mis au courant par l'autorité de sûreté américaine
(NRC) ce qui ne fut pas le cas.
Comment les nucléocrates ont-ils perçu ce genre
d'approche, tenir compte des événements précurseurs
qui peuvent jouer un rôle déterminant sur la sûreté
future ?
Officiellement ils n'en tiennent pas compte. Ils ont mis en place
une échelle des dangers (échelle INES) en cas "d'événements"
nucléaires qui ne tient compte que des conséquences
immédiates. En cas d'incident les autorités de sûreté
donnent le niveau de danger noté de 0 à 7 (7 c'est
Tchernobyl).
Les journalistes sont ravis, inutile d'enquêter pour comprendre
l'origine de l'incident et des conséquences possibles si
d'autres incidents venaient à se greffer sur celui-là.
Par exemple, si des inspecteurs de la sûreté nucléaire
découvrent que des opérateurs dorment, aucune conséquence,
niveau 0 dans l'échelle des accidents. Mais c'est un signe
non négligeable de dysfonctionnement de la gestion d'un
réacteur qui peut s'emballer et conduire à un désastre
alors que les opérateurs dorment ! Si les journalistes
enquêtaient sérieusement sur les circonstances de
tous les incidents cela pourrait mettre en évidence des
violations des règles de sûreté et des dangers
en perspective.
L'échelle de sûreté nucléaire est une
véritable escroquerie que les médias ont acceptée
sans problème. Elle ne correspond pas du tout à
une évaluation réelle de la sûreté.
(A notre connaissance seule la journaliste américaine de
Nucleonics Week l'a bien fait remarquer : cette échelle
INES est une échelle de communication,
ce n'est pas une échelle de sûreté).
Les médias, complices des autorités de sûreté
nucléaire pour éviter les "turbulences sociales"
que nos "responsables" redoutent. Et la communauté
scientifique, le corps médical, les associations, les syndicats,
qui ont accepté cette façon d'interpréter
les incidents "précurseurs" ? Responsables mais
non coupables en cas de désastre nucléaire ?
22 fév 2006 -
Nogent sur Seine (Aube) - La CGT s'est inquiétée
mercredi d'une multiplication des incidents dans les centrales
nucléaires de Nogent-sur-Seine (Aube), Belleville (Cher)
et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), dénonçant
une "dérive financière" d'EDF,
nuisible à la sûreté des installations.
"Il y a une dérive financière qui remet
en cause la sûreté. Si on poursuit dans cette logique
on risque d'arriver à un incident nucléaire",
a affirmé Pascal Painault, secrétaire CGT du Comité
d'hygiène, de sécurité et des conditions
de travail (CHSCT) de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine,
au cours d'une conférence de presse.
Rappelant que trois incidents s'étaient produits en moins
de six mois à Nogent-sur-Seine, M. Painault a mis en cause
la politique d'EDF, où "toutes les organisations
du travail et les moyens affectés ne visent qu'à
la réduction des coûts de maintenance et d'exploitation".
"Avant, un arrêt
de tranche pour maintenance durait de 35 à 40 jours, aujourd'hui
il faut tout relancer en moins de 25 jours", a-t-il fait valoir, affirmant que ces délais
restreints provoquaient "une fois sur deux" un
nouvel arrêt de la centrale "dans les quinze jours
suivants". La CGT a recueilli de 55 à 65% des
voix aux dernières élections professionnelles organisées
dans les trois centrales.
[Remarques: Un peu
court et le journaliste est incompétent. S'il avait lu
le dossier, il aurait pu dire par exemple qu'en 2005 il y a eu
135 incidents à la centrale de Nogent dont 27 significatifs
alors le site de l'ASN n'en rapporte que 4. On nous cache beaucoup
de choses. j'ai un dossier de 2cm d'épaisseur à
éplucher avec de nombreux témoignages et des photos.
En cause, les nouvelles méthodes de management mises en
place en 92 (par la gauche Stauss-kahn ministre de l'industrie)
après que Laverie ait été viré et
remplacé par Lacoste et que Pierre Tanguy (inspecteur
général de sûreté à EDF) ait été mis à
la retraite. La situation n'a cessé de se dégrader
depuis et ce avec la complicité de l'autorité de
sûreté nucléaire.
Sur l'accident du 20 février, le problème est
très grave. C'est la tuyauterie de retour d'eau de
l'aéroréfrigérant vers les condenseurs qui
s'est rompue (3m de diamètre). Selon la direction, 5 000
m3 d'eau se serait échappé ; 150 000 d'après
les syndicats. La fuite datait de plusieurs mois et formait de
petit geyser avant de se rompre. La direction avait refusé
l'arrêt et décidé de le reporter en mars.
La tranche 2 avait redémarré le 23/11 après
6 semaines de maintenance. Une tuyauterie de refroidissement de
l'alternateur avait éclaté à ce moment, une
vrai bombe (j'ai les photos) La fuite du 20/2/06 a rapidement
noyé les sous sols de la partie non nucléaire puis
gagné l'usine électrique, noyant bon nombre d'organes
dont des pompes. L'eau à ensuite gagné le bâtiment
des auxiliaires nucléaires et s'est arrêté
à la limite des organes d'ultime secours des circuits de
refroidissement à l'arrêt (RRA, RRI) et d'aspersion
d'enceintes. Il s'agit donc d'une perte du refroidissement
principal et à la limite de la perte des circuits d'ultime
secours. L'eau a ensuite gagné la tranche 1 via les
galeries techniques nécessitant la mise à l'arrêt
de cette tranche aussi. Si la tranche 1 pourra redémarrer
d'ici quelques jours d'après la direction (quelques semaines
d'après les syndicats), ce sera beaucoup plus compliqué
pour la tranche 2 car il faudra changer de nombreux matériels
et les pièces détachées sont gérées
à zéro stock ; il faudra d'abord les commander.
Claude Boyer, comité Stop Nogent]
Ce que la CGT prévoyait et dénonçait
de longue date est en train de se produire sur les différents
sites de production nucléaire. Les accidents et incidents connus se multiplient, leur
gravité et la fréquence augmentent de manière
préoccupante.
Ces évènements attestent individuellement comme
dans leur enchaînement d'une dégradation effective
du niveau de la maintenance et des conditions d'exploitation d'installations
sensibles avec bien évidement des répercussions
sur la sûreté et la sécurité nucléaire.
Sur les sites nucléaires de notre syndicat (Nogent
Belleville et Saint Laurent des eaux) le constat est complètement
identique, confirmé d'ailleurs par les vécus des
agents de l'Agence Régionale de Maintenance qui travaillent
sur les différents CNPE (Centres Nucléaires de Production
d'Electricité).
Quelques exemples sur le territoire de notre syndicat :
A la centrale de Nogent , à la suite de chacun des
deux derniers arrêts pour révision des accidents
graves de matériel se sont produits. Le premier a eu pour
conséquence l'inondation d'un local électronique
de pilotage du réacteur entraînant un arrêt
d'urgence de celui-ci, le second a provoqué une forte explosion
de tuyauterie en salle des machines.
A la centrale de Belleville, lors de l'arrêt pour
maintenance actuellement en cours sur la tranche 1, un agent prestataire
a été grièvement blessé en démontant
un appareil sous pression à la suite d'un enchaînement
de défaillances des procédures de sécurité.
Toujours lors de ces travaux, de graves problèmes techniques
ont été détectés à l'occasion
du démontage de certaines machines et qui ont généré
des dégâts matériels importants, notamment
sur la turbine.
Encore à Belleville, lors d'une précédente
révision, une pompe du circuit volumétrique, située
sur la partie nucléaire de l'installation, avait grillée
par manque de refroidissement.
A la centrale de St Laurent des Eaux , une mauvaise application
des procédures de sécurité a failli provoquer
un accident grave lors d'un arrêt "à chaud"
(retour de vapeur sur le corps basse pression de la turbine).
Sur la partie "déclassée" de la centrale
de St Laurent, dont EDF prépare le démantèlement,
des d'infiltrations radioactives dans le sol sont suspectées
et des problèmes de corrosion de structures métalliques
compliquent considérablement le démontage du coeur
du réacteur.
A la centrale de Dampierre , la direction elle-même
s'alarme de l'augmentation importante du nombre "d'incidents"
significatifs que nous ne pouvons détailler ici.
Au-delà des sites nucléaires du territoire de notre
syndicat, d'autres incidents et accidents sont à déplorer
dans de nombreuses centrales comme l'incendie au CNPE du Blayais qui démontre
crûment l'inadaptation des consignes de lutte contre le
feu.
Notre inquiétude est renforcée par l'acharnement
que met la direction d'EDF à minimiser ces événements,
ce qui n'est pas selon nous, de nature à apporter les correctifs
nécessaires.
A la CGT nous estimons qu'il est de notre responsabilité
d'interpeller largement les élus, la population et les
pouvoirs publics sur cette situation et de contraindre EDF à
prendre rapidement des mesures susceptibles corriger des dérives
qui pourraient mettre en péril non seulement les matériels
mais aussi les populations et les personnels.
Notre syndicat, avec les membres des CHSCT, a donc décidé
de tenir une conférence de presse / débat
autour de ces questions le :
Comptant vivement sur votre présence, nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.
Le Secrétaire Général
Luc MONTBLANC
Participeront à cette initiative les
syndicats et membres de CHSCT des centrales de Nogent, Belleville,
Saint Laurent, Dampierre et Chooz.
Pour tout renseignement complémentaire :
CGT du CNPE de Nogent - Tel : 03 25 25 62 12 - 06 85 19
46 15 Fax: 03 25 25 62 47 - E-mail : cgt-nogent@edf.fr
SPPTE Centre - Tel
: 01 64 14 24 80 - Fax : 01 64 52 64 72 - E-mail : spptecentre.adm@wanadoo.fr
19/2/2006 - Les
deux réacteurs de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine
(nord-est de la France) sont à l'arrêt depuis samedi
soir à la suite d'une fuite d'eau, sans conséquence
pour la "sûreté des installations", a-t-on
appris dimanche auprès de la direction de la centrale.
Electricité de France (EDF) a précisé que
l'incident s'était produit samedi soir sur "la partie
non nucléaire des installations". L'eau, qui "provenait
du circuit de refroidissement de la turbine de l'unité
de production n°2", "s'est infiltrée dans
les parties inférieures des salles des machines des deux
unités de production", a expliqué la direction
de la centrale (2.600 megawatts).
"A titre de précaution, des analyses de l'eau provenant
de l'écoulement ont été faites avant rejet
dans le fleuve pour confirmer l'absence de pollution et garantir
ainsi le respect de l'environnement", a-t-elle précisé.
EDF n'était pas en mesure de préciser la date de
redémarrage des deux réacteurs, tandis que le syndicat
CGT de cette centrale parlait de "plusieurs semaines voire
quelques mois" vu, selon elle, "l'étendue des
dégâts" sur les matériels mécaniques
et électriques. D'après
le syndicat, "de nombreuses fuites avaient été
observées et signalées depuis plusieurs mois dans
ces locaux".
La direction a expliqué que sur "des centaines de
kilomètres de tuyaux" il était courant d'avoir
des fuites et qu'elle ne les prenait "pas à la légère".
Le syndicat, selon lequel il s'agissait du troisième incident
en six mois, a dénoncé "les effets de la réduction
des coûts, l'insuffisance des effectifs ainsi que le niveau
de précarité parmi les salariés de la sous-traitance".
La centrale de Nogent-sur-Seine, qui emploie environ 660 personnes,
compte deux réacteurs de 1.300 mégawatts chacun.
21/1/2006 - Un
incident "sans gravité" s'est produit vendredi
soir à la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime),
ont annoncé samedi le service de presse de la centrale
et la préfecture.
"Il s'agissait d'une fuite de vapeur d'eau, potentiellement
radioactive, mais qui ne l'était pas. Les analyses ont
montré une radioactivité nulle dans le local"
où a eu lieu la fuite, a indiqué une responsable
du service communication de la centrale.
"Les analyses ont aussi montré que les 7 agents EDF
qui sont intervenus dans le local ne sont pas contaminés
non plus et qu'il n'y a aucun dommage sur l'environnement",
a-t-elle poursuivi.
Onze véhicules transportant 46 pompiers se sont déplacés,
selon les pompiers, car EDF a dans un premier temps supposé
qu'il s'agissait d'un début d'incendie. Mais ils ne sont
pas intervenus, puisqu'il s'est avéré qu'il s'agissait
d'une fuite de vapeur d'eau, selon EDF.
L'alarme à incendie s'est déclenchée à
21H11 et l'incident était clos à 23H30, sans qu'aucun
réacteur n'ait eu besoin d'être stoppé, selon
EDF et la préfecture.
La fuite a eu lieu sur un circuit utilisé une fois par
mois pour faire des analyses chimiques liées au réacteur
1, selon EDF. L'origine de l'incident sera analysée lundi.
La centrale de Penly se trouve en bord de Manche, à 70
kilomètres de Rouen.
BUGEY (Ain)
EDF - Réacteur n° 2 et 3
Paris, le 11 janvier 2006 - Le 9 décembre 2005, alors que les réacteurs
2 et 3 étaient en cours de redémarrage avec leur
refroidissement assuré par le circuit de refroidissement
à l'arrêt, l'exploitant n'a pas appliqué la
conduite à tenir définie par les spécifications
techniques d'exploitation.
Le circuit de refroidissement à l'arrêt (RRA) assure,
lors des phases d'arrêt des réacteurs, la circulation
et un niveau d'eau minimal dans le circuit primaire, afin d'évacuer
la chaleur résiduelle provenant du combustible présent
dans le coeur du réacteur. Il est constitué de deux
voies redondantes.
Les spécifications techniques d'exploitation demandent
que dans l'état où étaient les deux réacteurs,
au moins une pompe du circuit de refroidissement à l'arrêt
soit en service pour chaque réacteur.
L'exploitant n'a pas pris en compte cette disposition et lorsque
ce manquement a été détecté, il a
poursuivi le redémarrage des réacteurs dans les
mêmes conditions.
Le non-respect des spécifications techniques d'exploitation
a duré respectivement 4 h 30 pour le réacteur 2
et 9 h 25 pour le réacteur 3.
En raison du non-respect des spécifications techniques
d'exploitation, l'Autorité de sûreté nucléaire
(ASN) a décidé de classer cet événement
au niveau 1 de l'échelle INES.
[Redémarrer en même
temps deux réacteurs avec les deux circuits de refroidissement
à l'arrêt (par réacteur) en panne, c'est du
même niveau que le directeur de la centrale de Tricastin
qui avait ordonné l'échange d'une tuyauterie du
circuit d'injection de sécurité avec un réacteur
à pleine puissance, histoire de ne pas perdre sa palme
mondiale de la centrale la plus productive. On voit mieux ce que
l'orientation en gestion libérale d'EDF peu provoquer,
histoire de faire regrimper le titre en bourse, ça mérite
un carton rouge, mais il serait étonnant que Lacoste le
fasse. Il va fermer les yeux là dessus comme pour le reste.
Claude Boyer]
ASN,
Paris, le 11 janvier 2006:
PALUEL (Seine-Maritime)
EDF
Entre le 30 et le 31 décembre 2005,
en raison de la formation de glace sur les transformateurs électriques,
les quatre réacteurs de la centrale nucléaire de
Paluel ont été coupés du réseau de
transport d'électricité pendant une durée
inférieure à 24 heures.
Le 30 décembre, en fin de matinée, des conditions
météorologiques de type « pluie verglaçante
» ont entraîné la formation d'une importante
quantité de glace sur les transformateurs principaux de
la centrale nucléaire de Paluel, occasionnant ainsi des
courts-circuits. Les disjoncteurs de protection des lignes reliant
les réacteurs au réseau de transport d'électricité
se sont ouverts et les transformateurs ont subit de légères
dégradations.
Pour se prémunir contre les défaillances du réseau
de transport d'électricité, une opération
dite « d'ilôtage » est prévue dans les
procédures de conduite. Elle consiste à isoler le
réacteur du réseau de transport, tout en le maintenant
à une puissance suffisante pour que son alternateur produise
l'électricité nécessaire à son fonctionnement
dans un état sûr.
Les opérations d'ilôtage ont donc été
lancées et ont réussi pour les réacteurs
n° 1, 3 et 4. En revanche, pour le réacteur n°
2, une défaillance matérielle au niveau de l'automatisme
de contrôle de la vitesse de la turbine a conduit à
un arrêt automatique du réacteur. Le réacteur
n° 2, n'étant alimenté en électricité
ni par le réseau de transport ni par son alternateur, les
générateurs électrogènes de secours
ont démarré afin de maintenir une alimentation électrique
de sauvegarde jusqu'au rétablissement de l'alimentation
par le réseau de transport.
Les réparations sur les transformateurs se sont déroulées
au cours de la nuit du 30 au 31 décembre. Le 31 décembre
en début de matinée, les quatre réacteurs
étaient de nouveau reliés au réseau de transport
d'électricité.
Les premiers éléments d'analyse fournis par l'exploitant
sur cet événement montrent que les procédures
prévues pour gérer ce type de situations ont été
correctement appliquées.
Cet événement, qui n'a pas eu de conséquence
pour l'environnement, a été classé au niveau
0 de l'échelle INES. Il a cependant montré
une sensibilité de la centrale nucléaire de Paluel
aux conditions météorologiques de type « pluie
verglaçante ».
[Après les climatiseurs
pour refroidir les enceintes nucléaires et les circuits
électronique, il va falloir installer des radiateurs électriques
sur les transformateurs THT des centrales pour les protéger
du verglas l'hiver.
Claude Boyer]
PALUEL (Seine-Maritime)
EDF
11 janvier 2006 - Le
31 décembre 2005, un groupe de grappes de commande est
resté dans une position non conforme pendant une durée
supérieure à la durée maximale autorisée
par les règles générales d'exploitation (RGE).
Les RGE sont un recueil de règles approuvées par
l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN),
qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement
de l'installation. Elles prévoient des actions à
entreprendre dans un délai imposé en cas de sortie
de ce domaine, en particulier lorsque certains matériels,
importants pour la sûreté, ne sont pas opérationnels.
Pour contrôler la réaction nucléaire dans
le coeur du réacteur, l'exploitant dispose de deux moyens
principaux :
- ajuster la concentration de bore dans l'eau du circuit primaire,
le bore ayant la propriété d'absorber les neutrons
produits par la réaction nucléaire ;
- introduire les grappes de commande dans le coeur ou les en retirer
; ces grappes de commande contiennent des matériaux absorbant
les neutrons.
Il convient, en marche normale du réacteur, de maintenir
certaines grappes à un niveau suffisamment haut, fixé
par les règles générales d'exploitation,
d'une part pour que leur chute puisse étouffer efficacement
la réaction nucléaire en cas d'arrêt automatique,
d'autre part pour assurer une bonne répartition du flux
de neutrons.
Le 31 décembre 2005 à 5h30, alors que le réacteur
n° 4 fonctionne en situation d'ilôtage, une alarme signale
qu'au moins une grappe de commande n'est pas au bon niveau. La
fiche d'alarme demande à ce que des essais soit faits pour
préciser le défaut. Pensant qu'il s'agit d'un défaut
de mesure de postion des grappes, l'équipe de conduite
ne réalise pas l'ensemble des essais et décide de
reporter le test de position après le recouplage du réacteur
au réseau de transport d'électricité.
Une fois que le réacteur est à nouveau relié
au réseau de transport d'électricité, le
test de position est effectué à 8h20, soit environ
trois heures après l'apparition de l'alarme. L'équipe
de conduite se rend compte qu'il s'agit d'un mauvais positionnement
d'un groupe de grappes de commandes. Dans ce cas, les RGE demandent,
si le repositionnement des grappes n'intervient pas sous 1 heure,
de démarrer les procédures d'arrêt du réacteur.
Les premiers éléments d'analyse fournis par l'exploitant
sur cet événement montrent que les conditions liées
à la situation d'ilôtage du réacteur ont conduit
à ce que l'équipe de conduite n'identifie pas correctement
le défaut matériel.
Pendant toute la durée de l'événement, le
positionnement d'ensemble des grappes de commandes était
à un niveau suffisant pour étouffer la réaction
nucléaire en cas d'arrêt automatique. Cependant,
en raison du non-respect des règles générales
d'exploitation, cet incident a été classé
au niveau 1 de l'échelle INES.
[Non seulement les 4 réacteurs
étaient déconnectés du réseau, mais
les barres de contrôle du réacteur 4 étaient
mal positionnées. Pire, l'équipe de conduite passe
outre les alarmes.
Claude Boyer]
L'Humanité, 6/1/2006:
Énergie . La CGT accuse la course à la rentabilité financière menée par EDF de provoquer une dégradation de la sûreté des centrales.
La FNME-CGT a tiré hier, au cours d'une conférence de presse avec les fédérations de la métallurgie et du bâtiment, le signal d'alarme sur la « dégradation du niveau de sûreté des centrales nucléaires ».
Selon la CGT, depuis septembre 2005, « quatre plans d'urgence internes ont été déclenchés suite à des incidents importants » dans des centrales nucléaires françaises. D'après le syndicat, ces incidents auraient pu connaître une issue dramatique. Ainsi, le 23 novembre dernier « des blessés, voire des victimes auraient pu être déplorés » après l'explosion d'une tuyauterie de refroidissement de la turbine de la centrale de Nogent-sur-Seine.
« Seule l'heure tardive de l'incident (23 h 30) a permis d'éviter le pire », affirme Pascal Painault, membre du CHSCT de la centrale. Au-delà de la mise en danger des travailleurs du nucléaire, les fédérations CGT craignent « l'imminence d'un incident ou accident ayant de graves conséquences pour les installations et l'environnement ». Le 22 novembre dernier, l'explosion et l'incendie d'un transformateur à la centrale du Blayais près de Bordeaux auraient entraîné une fuite de pyralène « qui aurait pu avoir de graves conséquences ».
Le secrétaire fédéral de la CGT-Énergie, Michel Estevez, estime que les incidents survenus récemment dans les centrales nucléaires « attestent individuellement, comme dans leur enchaînement, d'une dégradation effective du niveau de sûreté ». Une dégradation qui tiendrait son origine « d'une gestion et d'un management tourné essentiellement vers la recherche de gains financiers ». Dans le collimateur des syndicats, « la réduction des coûts de maintenances, et d'exploitation ».
La CGT accuse, par exemple, la direction d'EDF de tenter de raccourcir au maximum les durées d'arrêt des centrales afin d'accélérer leur remise en service. Pour se faire, certains travaux pourtant nécessaires au bon fonctionnement des installations ne seraient pas effectués.
Deuxième sujet d'inquiétude des syndicats : la place grandissante de la sous-traitance et la dégradation des conditions de travail et sociales des salariés de ce secteur. Le transfert de compétence du public vers le privé en matière de maintenance des centrales qui s'opère via le développement de la sous-traitance aboutit petit à petit, selon Bernard Devers de la fédération de la métallurgie, à une « prise de contrôle par le secteur privé du nucléaire civile ».
Le rôle croissant de la sous-traitance s'accompagne également selon les syndicats d'une pression accrue sur les salariés de ces entreprises. Dégradation des salaires, du niveau de protection sociale mais aussi dégradation des conditions de travail. Outre une augmentation de la pénibilité du travail, ce phénomène se traduit par « une perte de compétence et de savoir-faire » en raison du recours à une main-d'oeuvre de moins en moins qualifiée.
Plus généralement la fédération de la CGT de l'énergie dénonce « la pression financière, attendue dans le cadre de la privatisation ». Une pression qui aboutit à des « mesures de restrictions budgétaires imposées dans les centrales ». Hors ces restrictions « font désormais franchir un seuil de risque inacceptable car réellement dangereux ».
Le Monde, 5/01/2006:
La sûreté nucléaire est-elle soluble dans le marché ? Après l'introduction en Bourse d'EDF, les syndicats, les autorités indépendantes et les experts mettent désormais en garde ses dirigeants contre un relâchement des règles de sécurité dans ses 19 centrales. Tous, ils demandent que le pôle nucléaire de l'électricien ne pâtisse pas du programme de 7,5 milliards d'euros d'économies prévu sur la période 2005-2007.
Les recommandations de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au premier exploitant mondial de centrales ont pris cette année un relief particulier. "EDF a engagé un ensemble de programmes de réduction des coûts et d'amélioration de sa compétitivité", écrit son directeur général, André-Claude Lacoste, au PDG du groupe, Pierre Gadonneix. L'ASN "veut en contrôler attentivement les conséquences en termes de sûreté".
La mise en garde est aussi venue de l'inspecteur général pour la sûreté nucléaire d'EDF dans son rapport 2004. S'il constate "une tendance globale à l'amélioration" et la solidité des "lignes de défense" contre un accident [voir: Double (voir triple) défaillances des circuits de secours sur 34 réacteurs - Risque sismique et centrales: 42 réacteurs sur 58 menacés ! - Risque incendie un dossier accablant pour EDF], Pierre Wiroth regrette que le groupe français ne se situe "que dans la moyenne des exploitants mondiaux". Le risque est bien, selon lui, que "la volonté d'accélérer certaines opérations" en vienne à "occulter peu à peu dans les esprits la préoccupation de sûreté".
La CGT devait poser la question de la "course aux profits", mercredi 4 janvier, lors d'une conférence de presse notamment consacrée à la sécurité et au "maintien des compétences" dans ce secteur. "Jusqu'à présent, le risque a été maîtrisé, mais il faut que l'autorité de sûreté tape plusieurs fois du poing sur la table pour être entendue de la direction", déplore Joseph Boyer, secrétaire CGT du comité national d'hygiène et de sécurité d'EDF.
Le directeur de la division de la production nucléaire (20 000 salariés) d'EDF retourne l'argument. "Se poser des questions, comme celle de l'incidence du changement de statut sur la sûreté, est légitime. C'est même, dans le nucléaire, un acquis de notre culture de sûreté", souligne Serge Massart, assurant que le pôle nucléaire sera largement épargné par les 6 000 suppressions d'emplois prévues d'ici à 2007. La CGT affirme qu'il n'y aura, dans le nucléaire, que 3 embauches pour 8 départs dans les prochaines années. M. Massart répond que l'effort portera sur les emplois administratifs et que sa division a embauché 1 025 personnes de plus que le nombre de départs à la retraite entre 1999 et 2004. "Au total, il y aura un maintien global des effectifs", calcule-t-il.
Les dépenses de maintenance (1,4 milliard d'euros par an) et la politique de gestion anticipée des compétences, qui permet de préparer la relève dans de véritables "pépinières", ne seront pas non plus sacrifiées, ajoute-t-il. La recherche de productivité ne date pas d'hier, comme le montre la progression du taux de disponibilité du parc pour la production d'électricité (hors période d'arrêt), passé de 70 % à 83 % entre 1984 et 2004, sans qu'elle se traduise, selon lui, par une recrudescence des incidents.
Les données de l'ASN indiquent que, depuis l'accident de la centrale de Saint-Laurent (Loir-et-Cher) en 1980, les complications survenues - qui doivent lui être notifiées puis rendues publiques - n'ont jamais dépassé le niveau 2 sur une échelle internationale qui en compte huit, la catastrophe de Tchernobyl, en 1986, ayant été classée de niveau 7.
Mais le parc nucléaire vieillit - il a 20 ans d'âge moyen - et devra être renouvelé à partir de 2020 au rythme de 1 à 1,5 réacteur par an, selon EDF. Ce vieillissement impose une vigilance accrue mais a, paradoxalement, des effets bénéfiques. Les ingénieurs d'EDF rappellent qu'ils ont derrière eux "1 000 années réacteurs d'expérience" et qu'elles leur permettent d'accroître la sûreté des installations.
Le statut public ou privé ne change rien : Tchernobyl (1986) était sous le contrôle de l'Etat soviétique, Three Mile Island (1979) gérée par le privé. S'ils soupçonnent un relâchement de la culture de sûreté aux Etats-Unis après la dérégulation du marché de l'énergie dans les années 1990, les experts soulignent aussi la rigueur des exploitants privés en Finlande ou en Suisse. Anne Lauvergeon, présidente d'Areva, évoque volontiers l'extrême exigence du groupe d'électricité finlandais TVO avant de choisir l'EPR, le réacteur de troisième génération franco-allemand. " Les enjeux sont si importants qu'aucun dirigeant, public ou privé, n'a intérêt à être laxiste", tranche Jean Syrota, ancien patron de la Cogema.
Le Réseau Sortir du nucléaire ne partage pas cet optimisme et dénonce, depuis des semaines, la "triple menace" qui pèserait sur 34 des 58 réacteurs français : deux défauts reconnus par EDF (pompes et risque de colmatage des filtres) dans le circuit de recirculation d'eau destiné à refroidir le coeur des réacteurs en cas d'accident et l'inadaptation des centrales aux séismes, un risque revu à la hausse par le ministère de l'environnement.
Partisan du nucléaire, Georges Charpak n'est pas moins vigilant. Le Prix Nobel de physique 1992, coauteur de l'essai De Tchernobyl en Tchernobyls (Odile Jacob, 2005), réclame un contrôle "indépendant" d'EDF et des autres exploitants par une autorité internationale. Une mesure d'autant plus urgente, dit-il, que les centrales vont se multiplier.
Enerpresse, 5/1/2006:
La sûreté nucléaire est-elle soluble dans la libéralisation ? Question récurrente à laquelle il est pas facile de répondre simplement. Hier, la fédération nationale Mines Energie (FNME) de la CGT [très pronucléaires] a relancé le débat, tant « la dégradation des conditions de travail dans les centrales nucléaires s'est accélérée », selon Maurice Marion, son porte-parole.
Pour le syndicat, plusieurs indicateurs sont à prendre en considération. Tout d'abord, les 4 plans d'urgence internes déclenchés depuis le mois de septembre 2005 [voir: P.U.I. à Nogent], qui « attestent individuellement, comme dans leur enchaînement, d'une dégradation effective du niveau de sûreté », estime Michel Estevez, administrateur de la FNME. Et les syndicalistes CGT de dénoncer une pression croissante des dirigeants d'EDF pour réduire la durée des arrêts de tranche. « En nous obligeant à ne pas colmater des micro-fuites de vapeur d'un GV lors d'un arrêt de tranche, nous avons dû ré-arrêter le réacteur 20 jours de plus que prévu », tempête un syndiqué de Cruas.
Certains militants dénoncent aussi le recours croissant à des prestataires étrangers sous-payés. « Comment voulez-vous obtenir du travail de qualité en payant les techniciens 9 euros de l'heure », s'inquiète un syndicaliste de Nogent-sur-Seine. Mais le sujet qui fâche le plus les cégétistes reste la Prestation globale d'assistance chantier (PGAC). Décidée en octobre dernier en conseil d'administration, cette PGAC oblige les entreprises à répondre globalement aux appels d'offres. « Cela permet notamment aux employeurs de se placer sous les conventions collectives des bureaux d'études ou du nettoyage qui n'ont rien à voir avec les métiers du nucléaire et sont donc moins protectrices pour les salariés », affirme Michel Estevez. Raison pour laquelle, le syndicat attaquait, hier mardi, devant le tribunal de grande instance de Nanterre (92) la mise en place par EDF de la PGAC.
Qu'elle que soit la décision des magistrats,
il semble bien que la
pression sur les « nomades du nucléaire »
s'accentue d'année en année. Dans son dernier
rapport, l'inspecteur général de la sûreté
et de la radioprotection d'EDF notait d'ailleurs qu' « un
certain nombre d'entreprises prestataires [...] me paraissent
aujourd'hui près de « décrocher »
alors qu'EDF compte s'appuyer de plus en plus sur elles et dans
la durée. » Un avis qu'il convient de méditer
à nouveau.
Sud-Ouest, 22/12/2005:
Un mois après l'explosion de deux transformateurs à pyralène à la centrale, témoignage de certains des agents qui sont intervenus sur le sinistre
Ils dorment mal, certains font même des
cauchemars. Un mois après l'explosion et l'incendie de
deux transformateurs dans la salle des machines commune aux tranches
3 et 4 à la centrale nucléaire de Braud-et-Saint-Louis,
plusieurs des agents, qui sont intervenus sur ce feu avant l'arrivée
des pompiers, ont souhaité en témoigner (1). «
Ce que nous avons vécu n'est pas anodin. Or la direction
a minimisé l'information en interne comme à l'externe.
Il n'est pas question d'un départ de feu mais de deux explosions
suivies d'un incendie. De quelque chose de grande ampleur. Nous
avons utilisé seize ou dix-sept extincteurs de 20 et 50
kgs que des collègues allaient nous chercher au fur et
à mesure. Et on en a manqué. A un moment nous n'avions plus rien pour combattre
le feu : on était seuls, on se sentait désemparés. On a aussi
manqué de bouteilles d'oxygène. »
Les agents poursuivent : « Nous ne sommes pas préparés
à ça même si nous participons à des
stages de recyclage tous les trois ans et faisons des exercices.
Nous sommes censés être un chaînon dans l'organisation
des secours. Nous ne sommes
pas des pompiers, ni professionnels ni volontaires. Or nous
sommes restés seuls durant 47 minutes avec une concomitance
de différents risques. C'est considérable. »
De la dioxine dans les suies. Quand
ils soulignent rétrospectivement ces risques, ils évoquent,
à quatre mètres au dessus de leurs têtes,
« un alternateur rempli d'hydrogène et la proximité
d'une caisse à huile de 40 mètres cubes, à 50 ou 60 [...]. » Par ailleurs, on
le sait aujourd'hui, les résultats d'analyse, désormais
connus, confirment la présence
de dioxine dans les suies.
A l'heure actuelle une pétition est en cours : «
elle nous permettrait de refuser d'intervenir alors que nous y
sommes obligés. C'est notre entreprise, on y tient. On
est conditionnés pour intervenir sur des départs
de feu mais pas sur un incident pareil. Nous sommes allés
au-delà de notre mission et on nous en a fait le reproche.
Qu'aurions-nous fait si nous avions eu un de nos potes en difficulté
? C'est une question fondamentale. Ce que nous voulons, c'est
qu'il y ait des gardes de sapeurs-pompiers sur site, trois au
minimum. »
Ils estiment « qu'il y a un fossé
entre les informations données par la direction à
tous les agents et la réalité des faits. Du coup, certains collègues non impactés
par cet incident ne comprennent pas nos réactions. Ils
s'interrogent au point que, parfois, nous avons le sentiment de
ne pas être crus ».
« On a peur ». Tous le disent : « on a peur.
Du feu, mais aussi des conséquences que pourraient avoir
la présence de dioxine dans les suies suite à l'explosion
des transformateurs à pyralène. Des conséquences
pour nous, mais également pour tous ceux qui passent encore
dans cette salle des machines dont certaines parties seulement
ont été nettoyées. Même si nous étions
équipés d'appareils respiratoires, tous ceux qui
sont passés par là ont respiré les fumées,
emporté avec eux, sous leurs chaussures de sécurité,
des suies.»
Il reste encore de la suie, un peu partout dans cet immense bâtiment
qui fait peut être quarante mètres de haut, sur 200
mètres de long. « Il faudrait absolument tout nettoyer.
Vous savez, la fumée de l'incendie a été
vue depuis le Médoc. Les médecins en conférence
de presse lors du point fait par la direction affirmaient qu'il
n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Or, trois semaines
après les faits, on nous fait des analyses de sang plus
poussées. Et encore, à la demande des agents. Malgré
l'obligation qu'a l'employeur de délivrer une fiche d'exposition
aux produits chimiques, ce n'est pas encore fait à ce jour.
Et ceux qui ont consulté des médecins à l'extérieur
n'ont pas pu le faire dans le cadre d'un accident du travail.
»
(1) 56 pompiers, une vingtaine de véhicules, venus de huit centres de secours, sont intervenus sur le sinistre. Lire Sud Ouest des 22 et 30 novembre et du 2 décembre.
Début d'incendie maîtrisé
dans une partie non nucléaire de la centrale du Blayais
BORDEAUX (22 novembre 2005) - Un
incendie qui s'était déclaré en fin de
matinée dans une partie non nucléaire de la centrale
du Blayais (Gironde) a été maîtrisé
en début d'après-midi, et le plan d'urgence levé,
a-t-on appris auprès du service communication de la centrale
(où s'arrête
la partie non nucléaire de l'installation ? Où s'arrête
l'incompétence des journalistes qui se gardent bien de
demander à quel endroit précis a eu lieu l'incendie
? ...ça risquerait de faire baisser le prix de l'action
EDF en bourse ?).
Le départ de feu s'est produit dans une salle de machines
de l'unité n°3 de la centrale, actuellement en cours
de redémarrage après un arrêt pour renouvellement
du combustible. Ce début d'incendie n'a eu "aucune
conséquence sur le personnel ni l'environnement",
a-t-on précisé de même source.
Le 27 octobre, un incident de niveau 1 avait déjà
provoqué le déclenchement du plan d'urgence interne
de la centrale nucléaire du Blayais, après le signalement
d'une alarme du circuit de refroidissement du réacteur
n°3, qui était alors à l'arrêt pour maintenance
et rechargement de combustible depuis le 21 octobre.
Cet incident avait été classé au niveau 1
sur l'échelle [médiatique] Ines qui en compte 7.
Incident de niveau 1 et déclenchement
du plan d'urgence interne à la centrale nucléaire
du Blayais
BORDEAUX (28 octobre 2005) - Un incident de niveau 1 a
provoqué le déclenchement du plan d'urgence interne
de la centrale nucléaire du Blayais, jeudi entre 20h10
et 22h30, selon la préfecture de la Gironde.
Dans un communiqué diffusé vendredi, la préfecture
précise que "le signalement d'une alarme du circuit
de refroidissement du réacteur n°3, qui était
à l'arrêt pour maintenance et rechargement de combustible
depuis le 21 octobre, a entraîné la mise en oeuvre
de cette procédure". "La mobilisation des équipes
de la centrale a permis la maîtrise de cet événement
et la levée du plan d'urgence interne", ajoute-t-elle.
La direction du CNPE (centre nucléaire de production d'électricité),
jointe par l'Associated Press, a expliqué que "l'incident
provient de la montée en pression d'un circuit de refroidissement
du réacteur à l'arrêt". Une soupape de
protection qui s'est déclenchée normalement a évité
une surpression. "Le déclenchement de l'alarme a entraîné
la mobilisation de l'équipe d'astreinte qui a permis de
faire revenir la pression du circuit de refroidissement à
un niveau normal", a-t-elle dit.
Il n'y a eu aucune victime, ni blessé, ni aucun rejet dans
l'environnement, affirme l'Autorité de sûreté
nucléaire, dont le dispositif d'urgence national a également
été déclenché. Selon son représentant
en Gironde, Julien Collet, "l'incident est dû à
la fermeture intempestive d'une vanne du circuit de refroidissement,
probablement à la suite d'une défaillance matérielle".
Une équipe de la DRIRE (direction régionale de l'industrie,
de la recherche et de l'environnement) doit réaliser vendredi
une inspection sur le site pour déterminer les causes précises
de l'incident et examiner la façon dont l'exploitant a
géré la crise. L'incident a été classé
au niveau 1 sur l'échelle [médiatique] INES qui en compte sept.
Lire: "La centrale du Blayais très près de l'accident majeur"
et "Roulette russe au Blayais"
Communiqué de presse de la section syndicale
CGT de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.
Objet : incident du 30 septembre 2005 sur le réacteur
n°1
Le vendredi 30 septembre 2005 s'est produit
un incident sur le réacteur n°1 de la centrale. Cet
incident a déclenché le Plan d'Urgence Interne et
le plan national d'urgence.
Le contexte de l'incident :
Cet incident s'est produit au redémarage de la tranche
1 après un arrêt marqué par une pression temporelle
toujours plus grande.
Les causes de cet incident :
Des locaux contenant des matériels électriques et
électroniques asservis au pilotage du réacteur et
aux systèmes de secours ont été partiellement
inondés. L'arrosage
d'armoires électriques a déclenché intempestivement
le démarrage d'un circuit de secours. Ce dernier élément
démontre que cet incident aurait pu avoir des conséquences
beaucoup plus graves pour la sûreté et la maîtrise
du pilotage du réacteur si d'autres matériels avaient
été endommagés, en raison de fuites d'eau
plus importantes.
Informés par la Direction seulement 4 heures après
l'incident, les représentants CGT ont demandé rapidement
la réalisation d'une visite du CHSCT (Comité d'Hygiène
de Sécurité et des Conditions de Travail) Au cours
de cette visite, les représentants, en présence
de la Direction, ont découvert
dans ces locaux, la présence de dispositifs "improvisés",
souvent scotchés au plafond , apparemment destinés
à récupérer et à contenir d'éventuelles
fuites d'eau. On en connaît aujourd'hui
l'efficacité. Des protections en plexi glass collées
sur le dessus de certaines armoires électriques ont été
également photographiées. Des dispositifs similaires ont été identifiés
dans les mêmes locaux de la tranche n°2. Leur existence
démontre que le problème était connu depuis
une dizaine d'années. Cet incident
indique que durant tout ce temps, tous les investissements nécessaires
n'ont pas été réalisés pour se dédouaner
d'un risque majeur pour la sûreté des installations.
On peut également se demander comment les autorités
ont pu ignorer ou comment ont elles pu ne pas être informées
de ces écarts lors des nombreuses inspections réalisées
sur le site ? Suite à cette visite les représentants
du CHSCT ont déposé un droit d'alerte et de retrait
pour danger grave et imminent et exiger ainsi de la direction
qu'elle mette les deux réacteurs dans un état de
sûreté maximale.
Pour la CGT, ce genre d'incident risque de se répéter.
En effet, comme en témoigne cet évènement,
la réduction des coûts, les reculs en matière
de maintenance et d'entretien ne se font pas forcément
sentir immédiatement mais ils fragilisent petit à
petit et en profondeur la sûreté des installations
et la sécurité des citoyens. La privatisation d'EDF,
si elle se faisait, adossée à la rentabilité
financière due aux actionnaires, accélérerait
sans aucun doute ce processus. C'est d'ailleurs pour anticiper
cette démarche que les Directions d'EDF ont annoncé
au travers du "plan Altitude 7500", un nouveau plan
d'austérité financière et de réduction
d'emploi. La CGT a interpellé à de nombreuses reprises
les directions et le gouvernement sur les conséquences
de cette politique et une dégradation des conditions d'exploitation
du nucléaire en France.
Localement, la CGT et le
personnel dénoncent depuis plusieurs années les
dérives de cette situation marquée par une augmentation
constante des accidents du travail et
de leur taux de fréquence. De plus, les nombreux droits
d'alerte déposés dans la période attestent
de la dégradation du matériel.
Fort heureusement jusqu'à présent, c'est le professionnalisme
et la réactivité des agents qui ont permis d'éviter
le pire et ce, dans des conditions de travail de plus en plus
précaires. Pourront-ils continuer longtemps à se
substituer aux carences ? A noter que ce sont souvent ces mêmes
agents qui combattent sans relâche la politique du gouvernement
et des directions.
Eut égard à l'importance de cet événement
il est fort probable que les autorités nationales engagent
un retour d'expérience sur l'ensemble du parc nucléaire.
Enfin, 3 jours après la "journée Sûreté"organisée
sur le site, cet incident démontre qu'il ne suffit pas
de faire de la "com" pour se donner bonne conscience.
Incident lors du redémarrage d'un
réacteur à la centrale nucléaire de Gravelines
LILLE (15 aout 2005) - Un incident sans conséquence
pour l'exploitation s'est produit à la centrale nucléaire
de Gravelines (Nord) dans la nuit de dimanche à lundi au
cours du redémarrage du réacteur numéro 2
de 910 mégawatts, a-t-on appris auprès de la direction
de la centrale.
De l'huile vaporisée et de la fumée provenant du
système de graissage de la turbine se sont répandues
dans l'unité, sans toutefois faire de blessés, provoquant
une alerte incendie, a-t-on précisé de même
source.
Cet incident, "une défaillance purement technique"
due à une rupture de raccord sur une pompe, selon la même
source, n'a pas été classé sur l'échelle
internationale des événements nucléaires
(Ines) qui va de 0 à 7. Le réacteur numéro
2 avait été arrêté pour des opérations
de maintenance.
La centrale nucléaire de Gravelines, où travaillent
1.700 personnes, est la plus puissante de France avec six réacteurs
d'une puissance de 910 mégawatts chacun.
Les Verts du Nord-Pas-de-Calais l'ont récemment qualifiée
de "site à risques", dénonçant
"une course folle aux gains de productivité au détriment
de la sûreté" et un "grand laxisme de la
part de l'autorité de sûreté". Selon
eux, sept incidents se sont produits en trois mois au cours de
l'année 2005, dont deux "coup sur coup" le 14
juin. La direction de la centrale n'a pas souhaité réagir,
indiquant seulement que ces incidents ont tous été
"sans gravité".
La Voix du Nord, 17/6/2005:
« Cela fait sept incidents en trois
mois ! »
Après les incendies survenus à la centrale nucléaire
de Gravelines mardi, les Verts réagissent
Comme souvent, les deux incidents qui se sont produits mardi à
la centrale nucléaire de Gravelines (notre édition
de mercredi) ont été déclarés «sans
conséquence pour l'exploitation».
Mais ces événements viennent noircir un tableau
déjà chargé d'incidents que dénoncent
les Verts Nord-Pas-de-Calais. «Pour les deux derniers, un
spécialiste nous a indiqué qu'un incendie dans la
station de pompage, c'est une indisponibilité de la prise
d'eau brute secourue indispensable au refroidissement de l'installation.
Heureusement que ce circuit est doublé pour chaque réacteur.
Mais en aspergeant à la mousse, selon lui, les sapeurs-pompiers
risquaient de mettre en panne d'autres circuits.
De même, dans le second incident, l'échauffement
d'un moteur de pompe dans le bâtiment des annexes nucléaires
est aussi une perte d'un élément essentiel à
la sûreté de l'installation. Dans les deux cas, il
s'agit donc bien d'incidents directement en rapport avec la sûreté
nucléaire. La centrale de Gravelines est devenue un site
à risque.»
Et de reprendre la chronologie des incidents
ces derniers mois:
le 16mars, réacteur 2: indisponibilité d'une
chaîne de mesure neutronique,
15avril, réacteur 3: manoeuvre inappropriée
provoquant un déclenchement intempestif de l'aspersion
de sécurité de l'enceinte (EAS- eau borée),
le 7mai, réacteur 5: perte de deux capsules de neptunium
237.
20mai, réacteur 3: montée en puissance trop
rapide en phase de redémarrage.
31mai, réacteur 5: arrêt intempestif en phase
de redémarrage suite à un apport d'eau non borée
dans le primaire.
(Lire: Roulette russe au Blayais
Dans la nuit du 25 au 26 avril dernier, nuit du 18è anniversaire
de la catastrophe de Tchernobyl, une procédure a été effectuée
volontairement qui aurait pu conduire à la catastrophe
sur l'un des réacteurs de la centrale nucléaire
EDF du Blayais. Alors que le réacteur était en phase
de redémarrage, après recharge de combustible, l'exploitant
a pratiqué une injection d'eau non borée dans le
circuit primaire, en grave contradiction avec les spécifications
techniques d'exploitation. La presse a relaté cet "
incident significatif " de manière anodine, comme
à son habitude, pour les quelques dizaines d'événements
de ce type qui se produisent chaque année sur les sites
nucléaires français. Sauf à disposer de bonnes
connaissances dans le domaine de la sûreté nucléaire,
le lecteur néophyte ne peut supposer que l'on est passé
de peu, près du désastre nucléaire. Suite...)
«On peut mettre en cause une course folle aux gains de productivité
au détriment de la sûreté, ainsi qu'un grand
laxisme de la part de l'autorité de sûreté.
Mais il est aussi à craindre une évolution à
grand risque signalée par des responsables de différents
syndicats sur plusieurs sites.
Une dégradation importante des conditions de travail imposée
par une course effrénée à la concurrence
dans le cadre d