(Future poubelle nucléaire de Bure)

 


Le Figaro, 9/10/2008:
[une publicité pro-stockage...] 

Nucléaire: un laboratoire à 500 mètres sous terre

Dans un petit village lorrain, l'Andra étudie la faisabilité d'un centre de stockage souterrain de déchets radioactifs.

Aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, au milieu de rien ou presque, les éoliennes poussent un peu partout. «Franchement, tu aimerais toi, en avoir une au fond de ton jardin ? Ça fait tellement de bruit et en plus, ça clignote la nuit», lance le premier.

«Sans compter tout le bazar des fils souterrains pour les relier entre elles», rétorque le second. Dialogue très sérieux entre deux salariés de l'Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) chargée de la gestion des déchets radioactifs produits en France. Pour eux, c'est simple : les éoliennes non, les déchets nucléaires oui !

Pour descendre au fond du «trou», comme on dit ici, l'équipement est de rigueur : bottes en caoutchouc, blouse blanche, gilet fluorescent, casque de chantier. Sans oublier la boîte et le masque à oxygène en cas d'incendie dans le tunnel ainsi que le détecteur de mouvement qui se met à sonner en cas d'immobilité de plus de 20 secondes.

L'ascenseur, véritable cage pour claustrophobes, met huit longues minutes à descendre. En bas, les techniciens s'affairent huit heures par jour, par 24 °C, sans remonter à la surface. Les parois des galeries sont grises, de la couleur de la roche (l'argilite) qu'ils creusent sans faiblir pour respecter le calendrier législatif.

La loi Bataille de 1991 sur la gestion des déchets radioactifs posait à l'Andra la question suivante : «un stockage sûr et réversible est-il faisable en Meuse et Haute-Marne dans la couche argileuse ?» Fin 2005, l'agence répond par l'affirmative. Avec la loi de 2006, c'est à une autre question qu'elle doit s'atteler : «où et comment construire et exploiter un tel stockage ?»

[Lire, à propos de Bure:
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L'enfouissement des déchets radioactifs est-il aussi rassurant que le prétend L'ANDRA ?
- Analyse du géologue Antoine Godinot:
Des déchets nucléaires type "B" et "C" pour Bure (Word)
- Négation du potentiel géothermique de Bure, A. Mourot, A. Godinot, P. Huvelin
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Synthèse de 10 pages (Word)
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Texte complet de 37 pages (Word)]

Si le lieu exact du futur site n'est pas encore défini, une «zone de transposition» de 250 km? autour du laboratoire a déjà été définie. Les dossiers de reconnaissance doivent être remis au gouvernement avant 2013, date à laquelle ce dernier choisira, après un débat public, l'emplacement définitif, parmi un choix de plusieurs sites dans la région.

En attendant, au fond du trou, les ouvriers, avec leurs casques antibruit vissés sur le crâne s'activent. Depuis la fin des années 1990, l'Andra est implantée à Bure, petit village meusien de 80 habitants. Dans son laboratoire expérimental situé à 500 mètres sous terre, elle étudie la faisabilité d'un stockage géologique profond, en formation argileuse, des déchets de haute activité et à vie longue (HAVL), les plus virulents (voir encadré).

À l'heure actuelle, ils sont vitrifiés et enfermés dans des conteneurs en acier et entreposés temporairement dans des puits bétonnés, sur le site de l'usine de retraitement de la Hague (Cotentin).

Imperméabilité de l'argile. Dans une vingtaine d'années, ces blocs de verre - appelés «colis» -, seront placés dans des conteneurs en acier eux-mêmes disposés à 500 m sous terre, dans des alvéoles constituées de matériaux choisis pour leur résistance et leur étanchéité.

Le pire scénario serait que des conteneurs se corrodent, ce qui est certes envisageable, mais au bout de milliers d'années, et que de l'eau arrive au contact des blocs de verre contenant les radioéléments.

Mais pour l'instant et jusqu'en 2015 - date à laquelle la demande d'autorisation du site de stockage sera instruite, la mise en exploitation d'un futur centre de stockage n'intervenant au mieux qu'en 2025 -, les déchets nucléaires en France ne sont pas enfouis, y compris à Bure.

Au fond de ce qui ressemble à une mine argileuse, l'Andra a entamé neuf nouveaux programmes d'étude dont une expérimentation souterraine qui étudie les phénomènes géologiques. Elle passera de l'échelle du forage (à savoir une dizaine de centimètres de diamètre) à celle d'une alvéole de stockage (un mètre de diamètre) dans le but de procéder à des essais en grandeur réelle.

Les scientifiques veulent recueillir des données précises sur le comportement de la roche au contact des radio-éléments. Depuis un an, à Tréveray, (Meuse), l'Andra a réalisé 14 nouveaux forages afin de compléter la connaissance de la zone de transposition de 250 km2 dont les caractéristiques géologiques sont semblables à celles observées dans le laboratoire souterrain. L'Agence compte ainsi proposer une zone restreinte, d'environ 30 km2 où pourrait être implanté le futur site de stockage.

À Bure, les scientifiques de l'Andra en sont persuadés : seules des décisions politiques peuvent retarder le calendrier. Car leurs arguments en faveur d'un stockage souterrain sont rodés : parfaite imperméabilité de l'argile (l'eau met plus de 300 000 ans pour parcourir un mètre !), très faible teneur en eau du sol, failles géologiques plus que millénaires et absence de séisme depuis les périodes de sismicité historique [faux, archi faux, lire A. Godinot ci-dessus].

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Le site expérimental de Bure, attraction touristique locale

En un an, l'Andra a reçu 5 000 visiteurs à Bure et accueille une exposition sur les volcans destinée aux collégiens et lycéens. «Monsieur, elle est où sur votre questionnaire la question sur la lave ?», interroge une élève de 4e en s'adressant à son professeur de physique. Si ce matin-là ils étaient 70 collégiens à visiter l'exposition «Séismes et volcans», installée sur son site de Bure (Meuse), l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) en attend 2 500 jusqu'au 11 novembre prochain.

Sponsor de cette manifestation inaugurée l'an dernier à Paris au Palais de la découverte, c'est l'Andra qui lui prête désormais ses murs. Magnifique opération marketing dénoncée d'ailleurs par les antinucléaires présents à l'entrée du site qui crient ironiquement à l'adresse des bus scolaires : «Allez donc vous amuser, les enfants !»
Pédagogie et débat Faire venir les habitants de la région afin de leur expliquer ce qui se passe sous terre est l'une des missions que s'est donnée l'Andra. Il faut dire qu'elle vient de loin en matière de pédagogie et de débat avec les populations. Il y a une vingtaine d'années, la reconnaissance géologique des zones géologiquement acceptables pour un futur stockage avait commencé sans concertation aucune avec la population.

De vives oppositions locales étaient apparues et avaient contraint l'Andra à abandonner les recherches sur les quatre sites choisis, malgré l'envoi de gardes mobiles pour assurer la protection des scientifiques. Afin de résoudre la situation, Michel Rocard, alors premier ministre, avait décidé d'un moratoire le 9 février 1990 pour une période d'au moins douze mois. Il avait également saisi le Parlement et confié au député PS du Nord, Christian Bataille, la mission de revoir l'intégralité du dispositif. L'année suivante, la fameuse loi de 1991 qui porte son nom organisait les recherches sur la gestion future des déchets radioactifs.

À Bure, huit salariés de l'Andra sont affectés en permanence à l'accueil des visiteurs. Certains riverains viennent même en famille. L'an dernier, l'Andra a comptabilisé pas moins de 5 000 entrées. 1 000 personnes sont descendues gratuitement dans les galeries. Tous les élus locaux ont fait de même. «Il faut ouvrir le trou sinon on est cuit», résume en toute franchise un salarié de l'Andra.

 


Est Républicain, 20/6/2008: 

Bure : « Une référence mondiale »

Le Comité local d'information et de suivi (CLIS) du laboratoire de Bure a été installé hier soir à Montiers-sur-Saulx. Présentation avec Christian Bataille, son président [Lire: Clis de Bure: une nomination qui fait des vagues].

« Le laboratoire de Bure est unique en son genre. Il sera dans quelques années une référence mondiale en matière de recherche souterraine. » Le présage n'émane pas d'un citoyen lambda mais de Christian Bataille, le nouveau président du Comité local d'information et de suivi (CLIS) du laboratoire de recherche souterrain de Bure.

Père d'une loi votée en 1991 qui porte son nom sur la gestion des déchets radioactifs produits par l'énergie nucléaire en France, le député PS du Nord, avant de prendre la direction de Montiers-sur- Saulx pour procéder à l'installation officielle du CLIS en présence de ses 91 membres, a fait un bref passage à la préfecture de Bar-le-Duc pour un point presse très convenu. Aucune déclaration fracassante (mais fallait-il en attendre ?) de la part de cet ex-professeur de lettres, qui a quitté son poste de membre du conseil d'administration de l'Andra au moment où il a accepté de présider le CLIS de Bure.

Intérêt national. « J'ai estimé qu'il n'était pas possible d'être juge et partie », a-t-il indiqué. « Mais j'ai quand même été surpris que les présidents des conseils généraux de la Meuse et de la Haute-Marne pensent à moi pour cette mission. Je vais faire en sorte que l'esprit de la loi soit respecté et que le CLIS remplisse sa vocation, à savoir s'informer lui-même et contribuer à l'information citoyenne. » Interrogé sur la lenteur du CLIS à se mettre en place, Christian Bataille a souhaité attendre l'issue des élections municipales pour convier les représentants de la nouvelle association, composée en grande majorité d'élus.

« Le domaine de l'énergie est fondamental pour notre pays, un domaine d'intérêt national, un peu comme la Défense. Nous sommes dans le rythme mondial des pays qui sont dans la recherche du traitement des déchets nucléaires », explique le parlementaire. Les opposants au laboratoire de Bure ? « Je suis là pour les entendre, je ne suis pas fermé à un dialogue avec eux » . Le projet de stockage des déchets nucléaires ? « La loi de 2006, un aménagement de la loi de 1991, prévoit un rendez-vous en 2013 devant le Parlement. » Le référendum souhaité par les Meusiens et les Haut-Marnais sur le même sujet ? « La Constitution n'en prévoit pas sur des questions d'intérêt général. »

Quant à savoir comment le nouveau CLIS va fonctionner, il semble encore trop tôt pour en parler... « Laissons lui le temps de s'installer. Il y aura des actions d'informations publiques et écrites. Pour le moment, on a un stock d'informations à communiquer », avance Christian Bataille. Comprenne qui pourra. L'élu ch'ti, en tout cas, entend mener sa mission à bien. En toute légitimité. « Je ne suis pas un antinucléaire mais est-ce que le mieux placé pour présider le CLIS serait un opposant à l'énergie nucléaire ? », interroge ce partisan de la mise en place de deux laboratoires de recherche en France.

« Il y avait trois sites possibles : un à Bure, un dans le Vaucluse près de Marcoule, un dans la Vienne, au sud de Poitiers. Un seul lieu a finalement été retenu ». Le président du CLIS a par ailleurs informé que la commission nationale d'évaluation sur le suivi des recherches des déchets nucléaires serait entendue par le Parlement « d'ici quinze jours, en tout cas avant l'été ».

Avant de conclure sur l'intérêt de l'énergie nucléaire : « Il n'est pas possible de se priver d'une telle source moins nocive que le pétrole et le charbon et pas contraire à la notion de préservation de l'environnement. Ce qui n'empêche pas de creuser (sic) dans d'autres directions comme l'énergie solaire, photovoltaïque, le moteur hybride, les économies d'énergie dans le bâtiment, etc. » L'opération séduction pouvait se poursuivre du côté de Montiers-sur-Saulx...

 


Est Républicain, 13/6/2008: 

Déchets nucléaires: Bure enjeu européen

La Commission européenne doit venir, cet automne, sur le site. Elle visitera le centre technologique en construction qui abritera les prototypes.

Profitant de l'inauguration de la fresque monumentale de Gérard Larguier, qui trône au beau milieu du hall d'accueil du labo de Bure, Marie-Claude Dupuis, directrice générale de l'Andra, a convié, hier après-midi à un point presse, en présence du directeur du site, Pierre-Lionel Forbes.

Il ne fallait pas s'attendre à des révélations fracassantes sur l'état d'avancement des études menées depuis le creusement des deux puits et des galeries souterraines dans la couche argileuse. Les conclusions sont connues depuis 2006.

Le site est considéré comme « favorable » à un stockage en profondeur des déchets radioactifs, et les nouvelles recherches géophysiques menées sur une zone de transposition de 250 km2 au nord du labo doivent servir à identifier le futur centre de stockage.

Depuis que le Groupement Fonds Est lui a remis les clés pour l'exploitation et la maintenance du site, l'Andra a entamé la deuxième phase des travaux en novembre dernier.

Objectif : qualifier l'endroit où sera creusé le centre de stockage. Les alvéoles seront destinées à enfouir les déchets à vie (très) longue de haute activité (6.000 m3 sur 500 ha) et moyenne activité (80.000 m3 sur 100 ha).

L'agence nationale devra remettre son rapport fin 2009 au gouvernement, qui comportera également ses propositions concernant les différentes options de réversibilité, de sûreté et d'entreposage.

C'est en 2013 qu'un débat public sera ouvert précédant un nouveau projet de loi en 2016 sur les conditions de ce stockage réversible.

« Sur la zone de transposition, on constate que l'argile a les mêmes qualités que celles du labo », explique Pierre Forbes. « Toute la zone est compatible avec le même concept. Le choix du site sera lié aussi aux installations de surface (200 ha). Avec les déblais, on va remodeler le paysage ».

Car l'Andra planche sur plusieurs options. L'accès au fond pourrait se faire par deux puits (comme dans le labo), ou par une « piste de descenderie », sorte de plan incliné qui permettrait d'atteindre les galeries à partir d'une entrée située à cinq kilomètres du centre de stockage.

« On va dialoguer avec les acteurs locaux pour choisir l'endroit qui gênera le moins. Et on travaille aussi sur les conditions de transport des colis (de déchets), quelles voies d'accès utiliser », précise Marie-Claude Dupuis.

La directrice a aussi indiqué que la Commission européenne devrait venir visiter, le 23 octobre prochain, lors d'une session décentralisée, le nouveau centre technologique de Saudron, en cours de construction. Celui-ci accueillera le matériel d'ingénierie utilisé dans le laboratoire pour mener les recherches. Et notamment, les prototypes utilisés : démonstrateurs, conteneurs de stockage, robots...

La venue des membres de la Commission prouve ainsi l'enjeu majeur que constitue Bure pour tout le vieux continent.


Meuse: échange régiment contre stockage de déchets nucléaires

23/5/2008 - Le Conseil général de la Meuse a voté une motion conditionnant l'acceptation des travaux au laboratoire de Bure, où est étudiée la faisabilité du stockage sous-terrain des déchets nucléaires, au maintien des militaires du 8e RA à Commercy, a-t-on appris vendredi auprès de la collectivité. Un départ éventuel du régiment provoquerait une "vive réaction" des élus, "qui pourrait amener l'assemblée départementale à réviser son accord pour la poursuite de l'activité du laboratoire de Bure et des perspectives ultérieures éventuelles de stockage réversible des déchets nucléaires", lit-on dans le texte. La motion, votée jeudi soir à l'unanimité moins une abstention, a été suivie d'une pétition, envoyée vendredi aux maires des communes du département, selon le conseil général de la Meuse. "La Meuse s'est toujours sacrifiée pour la France au travers des deux guerres, où elle a perdu 30% de sa population, et du fait que le CG ait accepté que soit installé un laboratoire sur le stockage sous-terrain des déchets nucléaires" sur son territoire, a avancé un porte-parole la collectivité. Dix millions d'euros ont en outre été investis pour la caserne de Commercy, de même source. "On ne comprend pas trop cette décision. Ca ferait presque 900 personnes qui partiraient de la Meuse. Si ça devait être le cas, on demande des compensations, notamment militaires, sur les deux sites restant d'Etain et Verdun", a poursuivi ce porte-parole. "Après avoir fait de Bure un atout de développement ou un geste de sacrifice pour la nation, (le CG) l'utilise aujourd'hui comme moyen de chantage", a observé le collectif "Non à Bure" dans un communiqué, qui a qualifié cette posture d'"éloquente". "Le Conseil général a accepté tout seul l'enfouissement nucléaire sans prendre l'avis des Meusiens, concernés en premier lieu", selon "Non à Bure", qui a demandé l'organisation d'un référendum sur le stockage, "exigé par 20.000" Meusiens et Haut-Marnais (Bure se trouve à la limite de la Haute-Marne, NDLR), signataires d'une pétition en ce sens entre 2005 et 2007. Bure, "enjeu majeur pour l'avenir de l'industrie électronucléaire" est "un piège majeur pour la Meuse", a affirmé le collectif. Depuis plusieurs années, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) étudie à Bure la faisabilité d'un projet de stockage sous-terrain des déchets de haute activité et à vie longue (HAVL).


Journal de la Haute-Marne, 19/2/2008: 

Clis de Bure: une nomination qui fait des vagues

Depuis le 6 février, le Comité local d''information et de suivi (Clis) de Bure a un nouveau président, en la personne de Christian Bataille, deputé socialiste du Nord. Une nomination qui fait bondir les opposants à l'enfouissemenet des déchets nucléaires.

"C'est une connerie monstre. Cela démontre que le Clis est une fumisterie." Michel Marie, porte-parole du Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs (Cedra) ne mâche pas ses mots pour parler de la nomination de Christian Bataille, député socialiste du Nord, à la présidence du Comité local d'information et de suivi (Clis) de Bure. Car si la loi de 2006 impose un président élu du peuple (et plus le préfet, comme c'était le cas auparavant), beaucoup s'attendaient à voir nommer quelqu'un du cru.

Mais ce qui indigne le plus les opposants, ce sont les positions de Christian Bataille. Il est en effet I'auteur de nombreux rapports parlementaires dans lesquels il se prononce pour I'enfouissement. Mais il est surtout le rapporteur de la loi de 1991, relative aux recherches sur la gestion des déchets radioactifs, dont résulte le site de Bure. "C'est un pro-enfouissement bien connu. C'est effarant que deux présidents de Conseils généraux (celui de la Meuse et celui de la Haute-Marne, Ndlr) l'aient choisi. C'est comme si on nommait Jean-Marie Le Pen aux droits de I'Homme, s'emporte Michel Marie. C'est d'ailleurs la première fois que des élus montent au créneau contre une nomination."

Le double jeu de Christian Bataille ?

Et ce que ces élus dénoncent, c'est le double jeu de Christian Bataille. "ll vient, par ailIeurs, d'être à nouveau désigné par ses pairs pour siéger au conseil d'administration de l'Andra", souligne Jean-Marc Fleury, président de I'Association des élus meusiens et haut-marnais (AEMHM) opposés au projet de Bure, dans une lettre adressée aux membres du nouveau Clis. Mais il semblerait que le préfet de la Meuse fasse pression pour qu'il refuse ce siège.

Le président de l'AEMHM rappelle également les critiques que Christian Bataille avait émises, en 2005, sur le fonctionnement de ce comité. Dans son rapport sur l'état d'avancement et les perspectives des recherches sur la gestion des déchets radioactifs, il dénonce une "organisation défaillante", le "mauvais climat des réunions" et regrette que "pendant une période trop longue, le Clis a été transformé en instance d'expression unique des opposants au laboratoire, au lieu de jouer son rôle d'information et de débat".

Le Clis, qui est pour le moment en suspens, ne va donc pas redémarrer sous les meilleurs auspices."Soit les associations le quittent et il ne sert plus à rien. Soit les associatifs restent et plombent les réunions. Tout est possible", conclut Michel Marie. La prochaine réunion risque donc bien d'être animée.

 


Journal de la Haute-Marne, 31/1/2008: 

Le Cedra fustige la venue de la "Reine de l'atome"

La "Reine de l'atome", c'est ainsi que le Cedra, qui coordonne les collectifs contre l'enfouissement des déchets nucléaires, surnomme Anne Lauvergeon, qui est attendue aujourd'hui à Saint-Dizier, notamment pour présenter le futur Parc énergie de la ville. Le comité fustige, dans un communiqué, la venue de la présidente du directoire d'Areva "qui n'est pas sans poser question, surtout dans la région très particulière de Bure". Le Cedra dénonce "les élus de Haute-Marne et de Meuse [qui] sortent le tapis rouge et ferment les yeux sur l'inacceptable. Areva et consorts se sont engouffrés pour véritablement coloniser la région par l'implantation d'entreprises (parfois juste des déplacements, parfois avec des subventions à la clé) et l'octroi de commandes à des sous-traitants. (...) Que des entrepreneurs acceptent de tels marchés donne à réfléchir mais que des élus puissent succomber à de telles sirènes pose sérieusement question." "Les élus de Haute-Marne et de Meuse, poursuit le communiqué, ne sont pas sans ignorer avec qui ils ont pactisé et les collectifs le rappeleront à l'occasion des prochaines élections."

 


L'affranchi de Chaumont, 26/10/07:

Des Japonais bien accueillis à Bure...

Les collectifs Bure-Stop contre l'enfouissement des déchets radioactifs nous ont fait parvenir ce communiqué, suite à la venue à Bure d'une délégation de japonais :

"Début septembre, Antoine Allemeersch, vice-président du Conseil général de Haute-Marne, se déplaçait au Japon. Accompagné d'un ancien directeur du site de Bure et d'un sociologue spécialisé dans les déchets nucléaires, le séjour se voulait des plus officiels, d'ailleurs sous l'égide de l'ambassade de France au Japon. Antoine Allemeersch s'en venait donner des leçons au pays du Soleil Levant : si l'enfouissement des déchets nucléaires a bien du mal à être accepté au Japon, il faut selon lui appliquer, comme en France, "transparence et démocratie", citant en exemple le Comité local d'information et de suivi (Clis) mis en place à Bure.

"Les collectifs, ayant accumulé une masse d'informations en contradiction avec la vision idyllique des autorités publiques, et ayant organisé de multiples manifestations d'opposition aux tentatives d'enfouissement (25 à ce jour en France), ils sont bien placés pour apporter un autre "son de cloche." En particulier sur la réalité du Clis, un organisme officiel ne présentant aucune garantie d'indépendance, bien au contraire. La récente annonce du nom de son futur Président, Christian Bataille, un député fortement pro-nucléaire, en est le dernier avatar.

"Décidés à éclairer la délégation du Japon sur la réalité du processus, les collectifs Bure-Stop attendaient une invitation du Clis pour rencontrer les émissaires ; le comité ayant rappelé en son dernier bureau (17 septembre) qu'il était acté que les rencontres avec les délégations étrangères soient pluralistes.

"N'ayant reçu ni information, ni invitation -tout comme lors de la visite de la première délégation (12 octobre)- les collectifs Bure-Stop se sont invités le jeudi 18 octobre devant le site de l'Andra à Bure (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Le portail, qui fut fermé à leur arrivée, ne les pas arrêté. Le texte affiché en grand sur la grille, en langue japonaise, se veut explicite sur la "démocratie" à la française : "Ici la démocratie est bafouée ! 55 000 citoyens exigent un référendum, non à l'enfouissement !", en référence à la pétition massive qui, en Meuse et Haute-Marne, a recueilli ces dizaines de milliers de signatures pour l'application d'une vraie démocratie.

"Et, pour que les citoyens du Japon apprennent ce qu'il en est de la réalité nucléaire en France, ce communiqué et ses pièces jointes vont être adressés aux ONG anti-nucléaires et environnementalistes du Japon, ainsi qu'aux médias de ce pays."

 


Le Figaro, 18/10/2007: 

Stockage des déchets nucléaires: explorations autour de Bure

Des forages sont effectués dans la zone de la Meuse et de la Haute-Marne, où pourrait être installé le futur centre de stockage des déchets radioactifs.

À BURE (Meuse), les premières galeries du laboratoire de recherche sur le stockage souterrain de déchets radioactifs sont terminées. En juillet, les entreprises Bouygues et Charbonnage de France Ingénierie ont donné les clés à l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). À 490 mètres sous terre, tout est propre et bien rangé. Des fils partout, des capteurs plantés dans les parois.

Le silence ne va cependant pas durer longtemps. De nouvelles galeries vont bientôt être creusées dans l'épaisse couche du callovo-oxfordien, une argile grise de 155 millions d'années dont les scientifiques doivent à tout prix s'assurer qu'elle est capable de confiner les radionucléides pendant des milliers d'années et qu'il ne peut pas y avoir de remontées d'eau à travers d'éventuelles failles.

Les nouveaux souterrains permettront de conduire des expériences très concrètes liées au stockage (tests de bouchons d'alvéoles, dégradation des matériaux, diffusion des radionucléides, transferts de gaz, prise en compte de la réversibilité du stockage, etc.). On n'est donc plus dans la recherche fondamentale. Les chercheurs font désormais place aux ingénieurs. L'éventualité du stockage se précise.

« On ne va pas prendre les gens par surprise. On va dire tout ce qu'on va faire », assure Marie-Claude Dupuis, directrice de l'Andra. L'agenda qui pourrait aboutir en 2025 à la mise en exploitation d'un centre de stockage des déchets radioactifs de haute activité à vie longue est connu, et a été défini par la loi de juin 2006.

Le site potentiel de stockage d'une superficie de 250 km2 est connu depuis 2001. Il se trouve à l'intérieur de ce que l'Andra appelle la « zone de transposition » qui a été définie à partir des connaissances que l'on a de la géologie du Bassin parisien, à cheval sur les départements de la Meuse et de la Haute-Marne. Depuis un mois, l'Andra explore cette zone en y effectuant toute une série de forages. « C'est une étape importante. On sort du laboratoire », souligne Marie-Claude Dupuis. Les 14 forages prévus visent notamment à vérifier la profondeur et l'épaisseur de la couche du callovo-oxfordien, deux éléments essentiels pour la sûreté. Des camions vibreurs vont parcourir la campagne pour étudier la sismicité.

«Opposition au projet»

Un forage profond à 2 000 mètres dans le Trias (entre - 251 et - 199,6 millions d'années) devrait aussi permettre de vérifier si la zone a un potentiel géothermique, comme l'ont demandé les opposants au projet dans le cadre du Clis (Comité local d'information et de suivi). En effet, le site de stockage ne doit pas être installé dans une zone possédant des ressources exceptionnelles exploitables dans le sous-sol.

Au terme de ces travaux, l'agence devrait être en mesure de définir une nouvelle zone dite d'intérêt restreinte, d'une superficie de 30 km2. C'est à l'intérieur de cette nouvelle zone qu'en 2013 l'Andra proposera le site où pourrait être construit le centre de stockage. Cette proposition fera alors l'objet d'un débat public avant d'être examinée par l'Assemblée nationale.

« Il y a une opposition au projet. Je la respecte », assure la directrice de l'Andra, qui considère le Clis comme son interlocuteur privilégié mais se déclare aussi ouverte à des discussions avec le public. L'Andra a d'ailleurs embauché un sociologue pour l'aider dans ses rapports avec les populations.

L'incertitude tient pour l'instant au Clis lui-même. En effet, son prochain président pourrait être Christian Bataille, député PS du Nord et auteur de la loi sur les déchets nucléaires. Sa candidature a été proposée par le président du conseil général de la Meuse. Mais fera-t-elle l'unanimité ? M. Bataille est une personnalité extérieure à la région, connue pour ses positions en faveur du nucléaire. Il a critiqué dans un récent rapport le fonctionnement du Clis, qu'il accuse de faire trop de place aux antinucléaires.

Une deuxième vie pour le laboratoire

Le laboratoire souterrain de Bure n'est pas et ne sera jamais un centre de stockage, contrairement à ce que certains ont cru au début. Il n'en a jamais été question. « Ses galeries sont trois fois trop petites pour accueillir des déchets nucléaires à haute activité et à vie longue », assure Jacques Delay, son directeur scientifique. Les recherches et le laboratoire ont coûté néanmoins très cher, environ 1 milliard d'euros. C'est pourquoi l'agence aimerait bien valoriser le site en en faisant une très grande infrastructure de recherche au lieu de le reboucher après 2013. Une première réunion est organisée le 30 novembre prochain, à Paris, pour exposer ce projet à la communauté scientifique.



Mort d'un ouvrier: 50 000 euros d'amende pour Bouygues, 25 000 pour CdF

6/10/2007 - Le tribunal correctionnel de Bar-le-duc a condamné mardi Bouygues et Charbonnages de France (CdF) à des amendes de 50.000 et 25.000 euros pour la mort accidentelle d'un ouvrier lors du creusement d'un laboratoire d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse). Le tribunal a suivi globalement les réquisitions du ministère public, qui avait demandé respectivement 50.000 euros et 30.000 euros d'amende contre Bouygues Travaux Publics et CdF, tous deux poursuivis pour homicide involontaire. En mai 2002, Eric Joly, un père de famille de 33 ans qui travaillait à 226 m de profondeur dans le puits principal d'accès du laboratoire (mis en service en 2005), avait été écrasé par un tube de 400 kg qui s'était détaché à une quinzaine de mètres au-dessus de lui. L'instruction a permis d'établir qu'une semaine auparavant, le tube était déjà tombé et qu'il avait été remis en place avec une élingue (un cordage) montée à l'envers. En juin suivant, le juge des référés avait ordonné l'arrêt du chantier - observé pendant onze mois - après que l'Inspection du travail eut constaté de "graves manquements en matière de sécurité". A la barre, le directeur général adjoint de Bouygues Travaux Publics, Armand Legallic, avait pourtant argué de mesures d'organisation et de sécurité "nettement supérieures à celles prises dans la profession", et expliqué l'accident par une "succession d'erreurs" des employés du site. Pour le collectif anti-nucléaire "Bure Stop", Eric Joly "est mort victime du rendement" car à l'époque, l'industrie nucléaire avait "un besoin absolu de ce trou pour démontrer qu'elle avait une solution pour ses déchets radioactifs".

 

 

L'Est Républicain, 10/10/2007: 

Bure Stop conteste Anne Lauvergeon

A la suite de la conférence de la présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, dans le cadre du festival international de Géographie (L'ER du 7 octobre), les collectifs Bure Stop estiment que « l'ode au nucléaire de Mme Lauvergeon est un véritable amalgame d'inexactitudes mensongères sur un sujet controversé dans l'opinion publique ».
Sur les déchets, la patronne de l'entreprise française avait déclaré que 96 % sont recyclés et les 4 % vitrifiés et entreposés « à Bure notamment où rien ne bougerait, même en cas de tremblement de terre ». Faux répondent les collectifs. Pour eux, les déchets « représentent une véritable impasse technologique : ils ne sont ni recyclables ni recyclés. Nulle part au monde on ne sait éliminer leur toxicité ».
Les collectifs Bure stop rappellent également que le site meuso-haut marnais « en est juste au stade de carottage et d'études et n'accueille à ce jour aucun déchet atomique. Le projet de poubelle reste très contesté par la population qui refuse l'enfouissement et par des experts indépendants ».
C'est pourquoi, ils considèrent que dire que le sous-sol et le stockage souterrain ne bougeront pas pendant des milliers d'années « est une imposture ». La preuve : « un récent rapport officiel note déjà des phénomènes inattendus dans les galeries d'études actuelles ».

 

 

La Croix de la Haute-Marne, 31/8/2007: 

Déchets nucléaires: La CNE et ses réserves

BURE - Rapport sur l'enfouissement des déchets nucléaires

La Commission nationale d'évaluation vient de rendre son rapport sur l'anné 2006 sur les recherches menées par l'Andra à Bure. Plusieurs points suscitent des interrogations.

La CNE( Commission nationale d'évaluation) est l'organisme chargé "d'évaluer" les travaux menés par l'Andra sur le site de Bure. Composée de douze membres, elle est présidée par Bemard Tissot, faisant partie, entre autres, de l'Académie des sciences. Elle publie son premier rapport annuel, remis au gouvemement le 2 juillet demier, dans le cadre institué par la nouvelle loi du 28 iuin 2006. Dans ce rapport, on trouve notamment des commentaires de la CNE qui peuvent une nouvelle fois semer le doute sur la pertinence du choix de l'enfouissement en profondeur des déchets nucléaires.
Ainsi,
la CNE rappelle "qu'on ne dispose pas d'une longue expérience provenant de travaux souterrains dans des argiles indurées profondes." Les conséquences d'événements pouvant se produire à Bure seraient donc difficilement prévisibles. "Cette incertitude, au moins pour ce qui concerne l'échelle locale, doit être gardée à I'esprit", poursuit le rapport. Un peu plus inquiétantes sont les remarques sur les solutions techniques envisagées pour la sûreté, la réversibilité et l'ingénierie minière. C'est en 2009 que ces options doivent être présentées.

Or, la CNE indique que "l'état des connaissances scientifiques n'a pas encore atteint le degré de maturité nécessaire à un choix assuré de solutions techniques." Ces solutions portent sur Ie comportement thérmo-hydro-mécanique de la roche ou encore sur la quantité de gaz formé par corrosion. Ce problème des gaz n'aurait été pris "à bras Ie corps par I'Andra que depuis quelques années." Ainsi la CNE conclue qu' "il ne sera pas facile, dans un court laps de temps, de conduire simultanément et en cohérence ces efforts considérables de recherche et de développement." Des études pourtant nécessaires pour savoir comment Ie futur ouvrage se comportera dans le temps.

Situation sanitaire. Le rapport relève également que certains "phénomènes inattendus" ou "plus amples que prévus", ont déjà été observés comme la formation de fractures lors de l'avancement des galeries et des déformations. L'organisme estime ainsi que 2009 est une date un peu prématurée pour "que ces questions soient complètement maîtrisées."

Autre point qui risque d'apporter de l'eau au moulin des opposants au projet, le problème du temps. En effet, le document indique clairement que l'impact sur l'environnement sur de grandes échelles de temps reste problématique. "L'extrapolation des propriétés des matériaux à des durées bien plus longues pose un problème de méthode scientifique", avance la CNE. Et de citer les ouvrages souterrains qui sont conçus pour une durée inférieure au siècle alors que la radioactivité des déchets nucléaires peut durer des centaines d 'années. "On observe que la prédiction de nombreux phénomènes naturels reste encore incertaine", rappelle ainsi la commission.

Les interrogations portent également sur la santé des populations. Jugées "prioritaires", ces préoccupations font l'objet de propositions de la CNE. A savoir la création d'un "état initial de Ia situation sanitaire et sociale dans la region Meuse-Haute-Marne", car visiblement, et contrairement à ce que l'on pourrait penser, on ne dipose pas encore de ce type de document. Le rapport de la commision est disponible sur le site intemet de la Documentation française (collection des rapports publics) http://www.ladocumentationfrancaise.fr

Les opposants passent à l'action

Les opposants au labo de Bure ont réalisé toute une série d'actions la semaine dernière. Après un stage sur la "désobéissance civile", il ont monté un canular à Houdelaincourt (Meuse) en annonçant la venue de délégations étrangères "suspectes". Cette commune a donc reçu la visite d' "Américains" et de "Lybiens", dont le "colonel Khadafi", venus déposer leurs (faux) déchets sur l'un des sites de forage de l'Andra... Le lendemain les opposants ont investi l'hypermarché Leclerc de Saint-Dizier pour une dégustation de champagne "Champ'anium". Enfin, ils se sont rassemblés pour une marche la "Trans'mutance".

 

 

L'Est Républicain, 29/8/2007: 

Bure-Stop répond à l'Andra

Dans un communiqué, le collectif Bure-Stop s'interroge sur la "crédibilité" de l'Andra.

"On savait l'agence habile dans les tours de passe-passe (escamotage des failles, des aquifères, du potentiel géothermique, etc) mais la pirouette qu'elle vient de réaliser serait à applaudir, si le sujet n'était aussi sérieux et grave de conséquences", déclare le collectif.

En réaction aux révélations de la CNE (commission nationale d'évaluation), relayées par les collectifs Bure-Stop, l'agence balaie d'un revers de main les problèmes qui frappent les galeries actuellement creusées dans son "laboratoire". Pas de panique, avance-t-elle ce jour dans les colonnes de l'Est Républicain (Notre édition d'hier), "C'est un phénomène qu'on observe quand on creuse un tunnel (...) de semblables phénomènes se sont produits lors du percement du tunnel du Mont-Blanc"

Bizarre, bizarre : si ces phénomènes sont connus de tous, et donc prévisibles, comment comprendre la contradiction majeure avec la commission d'évaluation qui, elle, reconnait et avoue bien au contraire que : "des phénomènes inattendus (formations de fractures) ou plus amples que prévus (déformations différées) ont été observés au laboratoire souterrain de Bure".

Curieux procédés qui en disent long sur le crédit de confiance à accorder aux promoteurs de l'enfouissement.

Et que dire de la loi enfouissement de juin 2006, basée et votée sur le dossier Andra qui concluait à la "faisabilité de l'enfouissement à Bure...alors que des phénomènes inattendus s'y propagaient depuis des mois ?", conclut le communiqué.

 

 

L'Est Republicain, 28/8/2007: 

Déchets nucléaires : Fractures ?

En révélant la teneur d'un rapport de la CNE (Commission nationale d'évaluation) redigé fin juin et seulement en cours de diffusion, les antinucléaires ont réalisé un bon coup. On peut notamment y lire que "des phénomènes inattendus (formations de fractures en chevron lors de I'avancement des galeries) ou plus amples que prévus (déformations différées) ont été observés" au laboratoire souterrain de Bure.

Les opposants au nucléaire ont logiquement exploité cette "faille" lors de leurs opérations coup-de-poing ce week-end à Houdelaincourt, Saint-Dizier et Reims et lors de la marche de la Trans'mutance . S'il y a des fractures, c'est forcément dangereux pour l'environnement et risqué pour les nappes phréatiques, ont proclamé les antinucléaires.

Faut-il s'inquiéter, alors que la toi de 2006 prévoit un enfouissement des déchets hautement radioactifs dans cette zone ?

Du côté de I'Andra, pas d'affolement. "Beaucoup de bruit pour rien" résume Marc-Antoine Martin, chargé de communication au laboratoire meusien. "Ce n'est pas un scoop", poursuit-il. "Déjà dans notre journal "La vie du Labo" paru à I'automne 2005, nous faisions état de zones dites endommagées autour des galeries. C'est un phénomène qu'on observe quand on creuse un tunnel. La roche bouge puis se stabilise. C'est précisément pour cela que les galeries en fer à cheval sont étayées avec un revêtement souple pour étudier Ies déformations de la roche, pour ensuite les modéliser. C'est aussi la raison d'être du laboratoire de Bure. Pour I'instant 500 mètres de galeries linéaires sont creusés. On va passer à 800m et réaliser une trentaine d'essais différents avec des revêtements rigides et des revêtements souples". Aux yeux du porte-parole de I'Andra, la CNE ne se contredit pas et ses constatations n'ont rien d'inquiétantes. Marc-Antoine Martin ajoute encore que de semblables phénomènes se sont produits lors du percement du tunnel du Mont-Blanc. Alors...

 

Note des collectifs :

Crédible, l'Andra ?

On savait l'agence habile dans les tours de passe-passe (escamotage des failles, des aquifères, du potentiel géothermique, etc) mais la pirouette qu'elle vient de réaliser serait à applaudir, si le sujet n'était aussi sérieux et grave de conséquences.

En réaction aux révélations de la CNE (commission nationale d'évaluation), relayées par les collectifs Bure-Stop, l'agence balaie d'un revers de main les problèmes qui frappent les galeries actuellement creusées dans son "laboratoire". Pas de panique, avance-t-elle ce jour dans les colonnes de l'Est Républicain, "C'est un phénomène qu'on observe quand on creuse un tunnel (...) de semblables phénomènes se sont produits lors du percement du tunnel du Mont-Blanc"

Bizarre, bizarre : si ces phénomènes sont connus de tous, et donc prévisibles, comment comprendre la contradiction majeure avec la commission d'évaluation qui, elle, reconnait et avoue bien au contraire que : "des phénomènes inattendus (formations de fractures) ou plus amples que prévus (déformations différées) ont été observés au laboratoire souterrain de Bure." ( NB )

Curieux procédés qui en disent long sur le crédit de confiance à accorder aux promoteurs de l'enfouissement.
Et que dire de "la loi enfouissement" de juin 2006, basée et votée sur le dossier Andra qui concluait à la "faisabilité de l'enfouissement à Bure"... alors que des "phénomènes inattendus" s'y propagaient depuis des mois ?

NB : cette "perle" n'est pas isolée dans le rapport n° 1 de la CNE


L'Est Républicain, 27/8/2007: 

Déchets nucléaires: marcher, mais pas sur la tête

La première Trans'mutance a ressemblé quelque deux cents opposants au nucléaire qui ont déambulé pacifiquement en direction de Bure.

IIs étaient tous Ià ou presque, venus marjoritairement et logiquement de la Meuse et de Haute-Marne, mais aussi d'autres départements. "Ils", ces opposants au nucléaire.

Parmi les quelque deux cents personnes qui avaient décidé de participer hier à la première Trans'mutance, iI en manquait quatre : Blanche, ThyI, Rémi et Michaël, interdits de séjour dans la Meuse suite à des dégradations commises au cours de I'été 2006, un soir de festival antinucléaire.

Une absence passsée inaperçue en regard du nombre de jeunes participants, soucieux de ne pas baisser les bras, comme leurs aînés engagés de longue date dans la préservation de I'environnement.

L'effet d'une bombe

"La trans'mutance, c'est un méIange de mutation et de transhumance", explique Corinne François, l'une des chevilles ouvrières meusiennes de la lutte. "La mutation fait référence à la radioactivité, mais aussi à Ia mutation de la région, de cette terre dont Ia vocation est de produire, transformée en immense cimetière. On ne nous a pas posé Ia question, on nous I'impose. Et Ia transhumance, c'est Ia foule, Ie mouvement. Est-ce qu'il faut qu'on parte ? Non !"

Bien au contraire. Surtout que depuis peu iI est officiellement reconnu que Bure n'est pas Ie site adapté. "Va-t-on longtemps continuer à marcher sur la tête, alors que la Commission nationale d'évaluation (CNE), qui est allée jusqu'à donner l'an dernier son feu vert à la faisabilité de l'enfouissement à Bure, déclare aujourd'hui, que le laboratoire souterrain n'est disponible que depuis deux ans. Des phénomènes inattendus (formations de fractures en chevrons lors de l'avancement des galeries) ou plus amples que prévus (déformations différées) y ont été observés", rapporte Michel Marie de Bure Stop Haute-Marne.

De I'eau bien claire qui vient alimenter le moulin des anti-labo et leur mettre du baume au coeur en s'apprêtant hier matin à partir depuis Couvertpuis pour une marche de 15 km. Avec toutefois une halte à midi à Biencourt-sur-Orge.

Pique-nique avalé, casquette vissée sur la tête, chaussures de randonnée lacées et crème solaire badigeonnée, instruments de musique rangés... C'est d'un bon pas qu'ils ont repris leur marche, celle un peu plus porteuse d'espoir que les autres à Ia lumière du rapport de la CNE.

Quinze kilomètres plus tard et quelque deux heures de bitume brûlant sous les chaussures, les défenseurs de l'environnement arrivaient tout sourire et presque frais comme des gardons devant les grilles du laboratoire de l'Andra, faisant mine de ne pas remarquer les gendarmes venus surveiller la bonne marche de la manifestation.

 


Libération, 25/8/2007: 

Les antinucléaire au triangle des «Bure-mudes»

Environnement. Les écolos s'opposent à l'enfouissement de déchets radioactifs à Bure.

Vendredi, la commune d'Houdelaincourt (Meuse) a reçu pour rire les délégations de pays nucléarisés (des Etats-Unis à la Libye) venues réserver leur place dans le futur centre de stockage de déchets radioactifs de Bure (Meuse). C'est ainsi que les manifestants antinucléaire ont entamé leur rendez-vous annuel contre le laboratoire de recherches de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Dimanche, une marche de 15 km autour du site de l'Andra clôturera le week-end.
Comme chaque année, les militants se réunissent au coeur de ce qu'ils appellent le triangle des «Bure-mudes», un paysage de champs labourés, à cheval entre la Meuse et la Haute-Marne.

La résistance s'est organisée ici en 1993, année de la décision de l'Andra d'y implanter son labo de recherches dont l'objectif est de vérifier s'il est possible d'enfouir des déchets hautement radioactifs à 500 mètres de profondeur, dans une couche argileuse. Les militants sont convaincus que l'Andra veut enfouir une partie des déchets des centrales françaises à Bure. L'Agence, elle, affirme que les recherches se poursuivent. La loi sur les déchets radioactifs, adoptée en 2006, inscrit le stockage en couche géologique profonde comme l'un des axes de recherche à privilégier. Aucun fût radioactif n'est aujourd'hui entreposé dans le sous-sol lorrain. Néanmoins, les opposants locaux craignent d'en voir arriver dès 2025.

Au-delà du rendez-vous annuel contre le projet d'enfouissement, Bure est devenu le symbole le plus vigoureux de la lutte antinucléaire. Selon un sondage commandé par les Verts en 2005, 88 % des Français ne souhaitaient pas voir de poubelle nucléaire près de chez eux. Or, ces derniers mois, les militants contre l'atome peinent à faire valoir leurs arguments. Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement, les tenants du nucléaire rappellent que cette technologie émet très peu de gaz à effet de serre. La Commission européenne n'hésite pas à classer le nucléaire parmi les énergies propres tandis que les pays en développement disent vouloir acheter des centrales à tour de bras. Ainsi, les déchets radioactifs restent l'un des pans les plus vivants de la lutte antinucléaire.

 

Lire:

- Vivrez-vous près d'une poubelle nucléaire ?

- Déchets très radioactifs sous la France tranquille

 

Ouest-France, 13/7/2007: 

À moins 491 m, où sera stocké l'uranium usagé

Reportage dans les galeries souterraines de Bure (Meuse), où l'on teste actuellement l'accueil futur des déchets nucléaires de La Hague.

BURE (envoyé spécial). - Système respiratoire de secours et détecteur de mouvement accrochés à la ceinture, la descente jusqu'aux entrailles de la terre ne dure que quelques minutes. À moins 491 m, la porte de l'ascenseur s'ouvre sur une longue galerie creusée dans l'argilite grise du Callova-Oxfordien. Pour stocker les déchets nucléaires, on est allé réveiller une roche vieille de 155 millions d'années. « Depuis le 2 juillet, la phase de travaux lourds est terminée, explique le géologue breton Hervé Rebours. Une première galerie de 40 m, dite scientifique, a été creusée à moins 445 m. Ici, nous sommes à 491 m. L'ensemble des galeries à cette profondeur mesure 500 m. »

Pression énorme sur les galeries. La première étape confiée à l'Andra (Agence nationale de gestion des déchets radioactifs) est finie. « La roche et le site (250 km2) sont validés comme aptes à accueillir un centre de stockage, confirme le géologue. En septembre, nous entamons une nouvelle phase : celle qui va permettre de définir une zone plus restreinte de 30 km2, où sera implanté le centre à partir de 2015. » Les premiers déchets en provenance de La Hague (Manche) doivent arriver en 2025.

Pour l'heure, une campagne de relevés sismiques va être engagée en surface. Sous terre, les expériences vont se poursuivre sur la roche. Des alvéoles identiques à celles qui recevront les « verres » (déchets vitrifiés) vont être perforées et soumises à l'échauffement. Des tests à 90 °C sont en cours, à petite échelle. « Nous venons aussi de commencer les expériences de diffusion de la radioactivité. » En utilisant des traceurs radioactifs, les équipes de l'Andra tentent de comprendre comment la contamination peut se propager. « Pour le plutonium et l'uranium, pas de problème, elle reste sur place », assure l'Andra. Ce n'est pas le cas de tous les radionucléïdes. Le Tritium et surtout le Césium sont plus prompts à migrer.

Si l'argilite de Bure a été validée par les scientifiques, ces derniers doivent cependant confirmer que les mini-failles qu'elle comporte ne posent pas de problème. « Le creusement des galeries a endommagé la roche sur un mètre. Au-delà, nous ne constatons pas de fractures », indique Hervé Rebours. À cette profondeur, les pressions sont énormes. Le sous-sol est soumis à des contraintes incroyables. Les galeries ont déjà rétréci de 8 cm en largeur et de 17 cm en hauteur. « C'est aujourd'hui quasiment stabilisé », assure le géologue. Quasiment ? Le béton du sol des galeries continue à se fissurer.

Pour amener les lourds « colis » nucléaires jusqu'aux alvéoles de stockage, l'Andra voit grand. Elle planche sur l'hypothèse d'une « descenderie » longue de 5 km. Elle permettrait aux convois routiers de descendre jusqu'au fond en empruntant une pente de 10°. Plus d'un milliard d'euros ont été engagés depuis 1999 dans le laboratoire.

 

 

Ouest-France, 13 juillet 2007:

« L'enfouissement moralement inacceptable »

Promis, juré, le futur centre de stockage des déchets nucléaires hautement radioactifs sera réversible. Entendez que si quelqu'un décide d'aller les rechercher à 491 m sous terre, il pourra le faire. C'est inscrit dans la loi. « Il faut arrêter d'amuser les gogos », ironise Michel Marie. Salarié du collectif national des associations contre l'enfouissement des déchets nucléaires, à Saint-Dizier (Haute-Marne), il milite depuis treize ans contre l'implantation du laboratoire de Bure. Membre du Clis (Comité local d'information et de suivi), il ne croit pas à la fiabilité d'un tel stockage souterrain. Et dénonce « l'aspect immoral de cette décision. Comment peut-on vouloir faire peser une telle épée de Damoclès sur la tête des générations futures. On peut nous raconter ce que l'on voudra, le Titanic non plus ne devait pas sombrer. »

Flot d'argent autour du site. Ces réticences sont partagées par Francis Legrand, le maire de Couvertpuis, commune de 90 âmes dans le périmètre du laboratoire. « La Meuse et la Haute-Marne touchaient déjà 10 millions d'euros par an. Cette somme va être doublée. Pourquoi nous distribue-t-on autant alors que le laboratoire ne nous crée aucune nuisance · » De 1994 à 1999, alors que l'implantation du laboratoire n'était pas encore officiellement décidée, Couvertpuis a refusé les sommes que l'on voulait déjà lui verser. « Aujourd'hui, nous touchons 40 000 ¤ alors que notre budget s'élève à 12 000 ¤. » Mille emplois ont aussi été promis autour du site.

Agriculteur de 59 ans, Francis Legrand soupçonne que cet argent qui coule à flot endort les oppositions. « Lors de notre réunion du Clis, fin juin, pour la première fois, les maires concernés par l'implantation du centre de stockage ont été invités. L'Andra a expliqué comment elle envisageait le futur. Pas un n'a pipé mot, se désole le maire rural. Comment peut-on admettre de confier à la nature ce que nous ne savons pas gérer · »

Le 26 août, une marche de protestation partira de Couvertpuis. « Comme chaque année, nous allons réclamer la fermeture de Bure », indique Michel Marie. L'an dernier, en juillet, des milliers de personnes s'étaient rassemblées à Bure. Des incidents avaient eu lieu et plusieurs militants avaient été condamnés à des peines de prison avec sursis. « Notre détermination n'en a pas souffert », assure Michel Marie.

JP Buisson

 

 

La Croix de la Haute-Marne, 9/3/2007: 

Dans le ventre nucléaire de Bure

Descendre à 490 sous terre est une expérience peu commune. Techniciens de l'Andra et opposants se sont livrés à un échange contradictoire au coeur de l'installation de Bure.

"Je ne suis pas rassuré", lâche Martin Leers en sortant du puits auxiliaire de Bure qu'il vient de visiter. Chargé de campagne du réseau "Sortir du nucléaire", c'est la première fois qu'un membre de cette association descend à 490 m sous terre pour inspecter les installations destinées à recevoir les déchets nucléaires les plus nocifs au monde. Le militant est accompagné d'un autre opposant, Claude Kaiser, membre également du "Réseau", et maire de la commune meusienne de Ménil-la-Horgne.

De son côté, l'Andra pour répondre aux vives interrogations des opposants avait mobilisé le directeur du site, Pierre Forbes et son chef de service scientifique, Jacques Delay. On ne descend pas sous terre sans prendre quelques précautions. Aussi, tout le monde s'équipe d'une ceinture de quelques kilos qui contient une sorte de masque chimique, d'un casque et d'une combinaison. L'environnement est hostile, "ce n'est pas une promenade de santé", confirme Pierre Forbes. Les quatre hommes sont prêts à emprunter l'ascenseur qui va les amener dans le ventre du "labo" de Bure.

Les galeries bougent

A 490 m, on se retrouve au coeur de la couche argileuse la plus imperméable. "Il y aura plus de radioactivité ici qu'à Tchernobyl", avance de son côté Martin Leers. L'échange entre opposants et l'Andra reste courtois mais ferme. L'eau devient le sujet de la discussion. "Cest un vrai casse-tête", concède le directeur. Les premières galeries se dévoilent, les tunnels se succèdent dans une lumière artificielle. "Les galeries bougent , elles se referment de 4 à 20 cm", explique Jacques Delay. Les opposants en profitent pour stigmatiser "l'effritement de la roche et la couche d'argile poreuse."

Le débat revient sur l'eau. "Il y a de l'eau dans cette roche, mais elle ne coule pas, elle ne peut pas sortir", affirme l'Andra. Les opposants répètent que la radioactivité dégage de la chaleur qui peut déformer la roche. Le dialogue est fortement tranché par des positions argumentées et bien rodées. Pourtant, la conviction, cet artifice de la raison, semble ce sur quoi repose tout le débat. "Il faut répartir les colis pour que la chaleur s'évacue", précise le directeur du labo. "On n'a jamais amené de déchets comme ça. On ne sait pas ce que cela peut donner", rétorque Martin Leers du tac au tac. L'échange se poursuit sur la réalité des études menées par l'Andra.

Une sirène retentit

Claude Kaiser rappelle que cela ne fait que 5 ou 6 ans que l'on étudie sur site le comportement de la roche. L'Andra estime que les études ont commencé en 1994. "Je ne dis pas qu'il y a quarante ans d'études mais plus de six", indique Pierre Forbes. Le ton monte parfois entre Martin Leers et Jacques Delay. D'un coup, l'opposant met la main à sa ceinture et fait sonner l'appareil qui doit donner l'alerte en cas d'incident. Le technicien de l'Andra lui jette un oeil noir et stoppe l'appareil. "C'était pour voir si cela fonctionnait...", répond Martin Leers. On s'approche de la zone où les expériences radioactives se déroulent. Des sondes chauffantes radioactives testent la résistance de la roche. Une liste de radionucléides -incomplète selon les opposants- est affichée. "La roche argileuse confine la chaleur et la radioactivité", assure Jacques Delay. "Cela peut attaquer les alliages les plus résistants, répond aussitôt Martin Leers, c'est l'aventure totale !" Claude Kaiser estime que le calendrier est "précipité", ce à quoi l'Andra répond qu'il y a encore dix ans de recherches avant le choix définitif de Bure.

L'andra plus transparente

Les deux heures de visites n'auront guère convaincu les opposants. Dans l'ascenseur qui rejoint la lumière du jour, la discussion se poursuit un peu plus détendue. "C'est normal de poser des questions, c'est normal de donner des réponses", déclare Pierre Forbes. "Sortir du nucléaire" prône la solution d'un stockage des déchets en surface à sec.

Puis, on apprend que la zone de proximité de 250 km?, susceptible d'accueillir les déchets, autour de Bure sera réduite à 30 km? en 2009. En 2012, il n'y aura plus qu'une ou deux localisations précises. Un dernier débat sur le transport des déchets se déroule. L'Andra affirmant que les "colis" représenteront l'équivalent de "3 camions par jour."

Cette descente sous terre aura permis à l'Andra de se montrer "transparente". Cependant, elle n'a pu se faire que parce que les opposants étaient accompagnés d'un journaliste.

 


Est Républicain, 13/11/2006: 

Bure: la lutte continue

Assemblée générale d'envergure nationale, dépôt de gerbe, soutien à des jeunes : les collectifs opposés au nucléaire vont aussi demander l'abrogation de deux lois de juin dernier.

Sébastien Briat avait 23 ans quand le 7 novembre 2004 il est mort happé par un train transportant des déchets nucléaires dans le Lunevillois, alors qu'il tentait d'alerter les populations lorraines sur les dangers de ces convois. L'été dernier quatre jeunes ont été interpellés pour avoir commis des dégradations sur le site de l'Andra à Bure, alors qu'eux aussi tentaient d'alerter les populations.

En la mémoire du premier, les opposants au nucléaire sont allés hier en fin de matinée déposer une gerbe devant la gare SNCF de Bar-le-Duc. Un geste symbolique, pour signifier à tous que la lutte continue.

D'ailleurs samedi, à l'annonce du passage en gare de Nancy d'un nouveau convoi transportant 12 containers chargés de déchets nucléaires en provenance de la Hague et à destination de Gorleben en Allemagne, plusieurs manifestants se sont rassemblés pour protester. En vain. Hasard ou non le train est passé en Lorraine mais pas à Nancy.

Malgré cette mort tragique "les trains de déchets nucléaires roulent toujours, empruntent les mêmes voies, aux mêmes dates, avec les mêmes risques insensés d'accident et de contamination dans le silence étatique. Nous poursuivons ton combat Sébastien", ont voulu faire savoir par le biais d'affiches écrites noir sur jaune et placardées sur la hall d'accueil de la gare barisienne.

Les représentants des collectifs seront encore à Bar-le-Duc aujourd'hui. Précisément à 14 h, devant le tribunal de Bar-le-Duc, place Saint-Pierre, pour soutenir ces quatre jeunes à qui l'Andra demande des dommages pour des dégâts subis cet été.

Abrogation

Hier et avant-hier, les représentants de la coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs et des collectifs étaient réunis en assemblée générale à Bar-le-Duc. "Avec une réflexion élargie sur l'avenir de la lutte anti-Bure et anti-nucléaire", précise Corinne François, présidente de la coordination nationale. "Nous avons pris la décision de demander l'abrogation de la loi de juin 2006 dans laquelle on ne se reconnnait pas et citant Bure sans le nommer comme le site d'enfouissement", poursuit Chantal Fiol, de l'Orne et membre du conseil d'administration de la coordination nationale.

Pétition

Une démarche aussi soutenue par les élus opposés à l'enfouissement des déchets radioactifs, dont leur président, Jean-Marc Fleury de Varney. "Ce n'est pas l'abrogation d'une loi que nous demandons mais de deux, celle sur la transparence et celle sur les déchets. Ce sont aujourd'hui les deux problèmes majeurs. On est en complète discordance avec ces lois, et nous n'avons pas été associés à l'élaboration. Le gouvernement fait croire qu'il a trouvé des solutions, mais il n'en est rien et s'il en a vraiment trouvées, ce ne sont pas les bonnes."

"Des lois dénuées de bon sens", pour Roland Desbordes, président de la CRIIRAD ( commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité). "Le nucléaire ne répond pas aux attentes des citoyens. Il y a un réel besoin de fonctionnement démocratique".

D'où l'élaboration en cours de l'assemblée générale d'une pétition demandant purement et simplement l'abrogation de la loi relative à la transparence et à le sécurité nucléaire et celle relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs.

"Aussi parce qu'on va entrer en période électorale et qu'il y a un vrai problème de démocratie liée au nucléaire", lance à son tour Frédéric Marillier, responsable de la campagne antinucléaire de Greenpeace france.

Une période que les anti-labos comptent bien mettre à profit pour se faire entendre des candidats à la présidentielle en organisant, comme l'a annoncé hier à Bar-le-Duc Isabelle Guillaume, administratrice du réseau Sortir du nucléaire, des manifestations le 17 mars à Lille, Strasbourg, Rennes, Lyon, et Toulouse.

 


Communiqué, mardi 30 mai 2006:
Coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs
1 sentier de Guédonval / 55000 Bar-le-Duc / Tel : 03 25 04 91 41 - 03 29 45 45 55 / www.burestop.org 

Loi "déchets radioactifs" et loi sur l'eau :
deux débats d'actualité en contradiction majeure

La loi "déchets nucléaires" en débat ce lundi et mardi au Sénat plombe manifestement la loi sur l'eau qui devrait être votée ce mardi par l'Assemblée nationale après des mois de patientes avancées
 
L'eau a sérieusement perdu de sa qualité et elle se raréfie, même en France. Le constat est accablant ; aussi, suivant les directives européennes qui imposent de remédier à ces carences d'ici 2015, le Parlement français est appelé à débattre des dispositions à prendre en ce sens.
 
Or, curieusement, nul ne semble se soucier de la loi "déchets nucléaires", sous les feux de l'actualité au Sénat. Pourtant, une lecture attentive du texte qui est proposé au vote des sénateurs devrait susciter quelques craintes (1) car si certains annoncent qu'il ne s'agit que de la prolongation de la loi dite Bataille (3 voies de recherche pour la gestion de ces épineux déchets), l'article 4-III-3 se veut au contraire très clair : c'est bien par un site d'enfouissement que les institutionnels veulent se débarrasser de ce fardeau que nul au monde ne sait gérer. Et la date de 2015, abusivement présentée comme un nouveau rendez-vous pour un choix, ne serait en fait que l'étape définitive pour le lancement des procédures d'autorisation d'exploitation.

Contamination du Bassin Parisien

Si l'enfouissement, présenté comme "solution", est une folie dans le sens où il se résume à un réel pari sur l'avenir -personne ne pouvant prédire ce qu'il pourra advenir de ces poisons-, le site choisi, à Bure, en limite de Champagne et de Lorraine, pose question sur un tel choix. C'est non seulement une aberration géologique car cette région est gorgée d'eau (2), cette eau qui véhiculera immanquablement les éléments radioactifs, mais c'est aussi et surtout une aberration géographique. Bure étant situé sur le bassin versant du Bassin Parisien, les eaux radioactives du site s'écouleront vers l'ouest, le Bassin Parisien, contaminant une bonne partie du territoire national.
 
Les populations qui, localement, réclament en vain d'être entendues par un référendum (une pétition recueille à l'heure actuelle 55 000 signatures dans les 2 départements de Meuse et Haute-Marne) ne comprennent pas que les études d'experts indépendants soient ignorées (seraient-elles trop alarmistes ?), que l'Agence de l'eau Seine-Normandie, bien que qu'informée, fasse la sourde oreille, et que les parlementaires de la région de Bure n'aient pour vision qu'un sordide marchandage : fermer les yeux en échange de retombées économiques.
 
Suivant le principe de précaution, c'est en amont de décisions irréversibles qu'il faut intervenir. Or la campagne nationale d'interpellation des parlementaires, sous forme de cartes postales, démontre par un certain nombre de retours (3) la quantité d'informations erronées qui servent d'argumentaire aux décideurs. La loi "déchets nucléaires" étant en navette entre Sénat et Assemblée nationale, c'est à présent qu'il faut éviter des mauvais choix.
 
(1)  http://www.assemblee-nationale.fr/12/ta/ta0574.asp
(2)  la Haute-Marne limitrophe a toujours été qualifiée de "château d'eau de la France" 
(3)  http://burestop.free.fr/burestop7/reponses-campagne.htm
 
Contact médias :  03 25 04 91 41 - 06 66 95 97 77 - 06 81 31 17 36
 
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EAU :  PREVENIR  POUR  N'AVOIR  PAS  A  GUERIR
 
le projet BURE / enfouissement des pires déchets nucléaires.... source de pollutions radioactives

Cette contribution synthétique, qui sera largement rendue publique, pourrait se lire comme un écho à l'exhortation du sénateur B.SIDO, rapporteur de la loi sur l'eau au Sénat : « Eau : protéger maintenant pour demain » (1). On retrouve là non seulement le "principe de précaution" inscrit dans la récente "Charte de l'environnement" mais aussi le simple bon sens. Malheureusement il y a un terrible bémol à ces belles paroles du sénateur, par ailleurs président du Conseil général de Haute-Marne, département concerné -avec la Meuse- par le projet d'enfouissement de déchets nucléaires dans la proche région de Bure.

Le vecteur "eaux souterraines"

"Le sous-sol est le pire endroit pour y stocker les déchets radioactifs. Pourquoi ? Parce qu'il contient toujours de l'eau en circulation" : Claude ALLEGRE, géologue, l'a dit et écrit bien des fois dans ses ouvrages. Dans un stockage souterrain, l'eau étant donc le vecteur des contaminants radioactifs, qu'en est-il du site de Bure ? Si les différentes déclarations officielles se veulent rassurantes, la réalité pourrait bien être toute autre. Ainsi, des experts indépendants travaillant sur les études du promoteur ANDRA (2) arrivent à des conclusions inquiétantes.
 
* Un site gorgé d'eau
 
La première "surprise" concerne la structure géologique du site : le niveau retenu, à 500 mètres de profondeur (callovo-oxfordien), se trouve encaissé... entre deux aquifères. Et l'Andra, après bien des réticences, a fini par reconnaître que l'aquifère supérieur (oxfordien) regorgeait de "millions de m3 d'eau". Jusqu'à la partie sommitale du niveau retenu par l'Andra pour un stockage (là où elle a réalisé une "niche" d'instrumentalisation) qui se trouve être un superbe aquifère à 7 petits km, là où la commune de Lezéville (Haute-Marne) puise ses 100 m3 d'eau potable par jour.
 
On s'étonnera et s'inquiètera d'autant plus de la volonté d'implanter un dépôt souterrain en un tel endroit quand on saura que cette région est fréquemment qualifiée de "château d'eau" ; elle fut d'ailleurs l'une des rares régions de France a ne pas subir de restrictions hydriques en cet été 2005.
 
* Des exutoires considérables
 
La question se pose à présent de savoir où se dirigeraient les eaux souterraines chargées de radioéléments. La localisation géographique de Bure, en bordure Est du Bassin Parisien, fait aisément comprendre, de par les pendages des couches géologiques (inclinaisons), que les écoulements se dirigeraient vers l'Ouest (bassin versant), et donc contamineraient de là tout l'amont et l'aval du Bassin Parisien ; c'est à dire des territoires considérables. A noter que le dépôt nucléaire (en surface) de Soulaines (Aube), situé en aval de Bure, pose lui aussi question en terme de contamination des eaux souterraines ; le rapport géologique reconnaissant un "débit de fuite" qui, si contamination radioactive il y avait, s'étalerait lui aussi vers le Bassin Parisien.
 
Mais, ces choses étant rarement simples, les experts ont pu déterminer que non seulement les exutoires se retrouveraient dans les régons Ouest de Bure mais également là où on ne les attend pas forcément. On peut lire dans un document ANDRA de 1994 : «Il est visible que la Meuse est un drain important pour cette nappe puisque les courbes isopièzes convergent vers sa vallée. En rive gauche de la Meuse même si le pendage des couches est dirigé vers l'Ouest, les courbes isopièzes montrent que l'écoulement se fait vers l'Est." Dit autrement, les exutoires se retrouveraient également vers tout le Bassin de la Meuse !
 
On voit que le dépôt programmé à Bure, bien que situé dans un quasi désert démographique (6 à 7 habitants au km?), constituerait une véritable épée de Damoclès pour des territoires considérables, et donc des millions d'être humains.
 
 * Des échéances controversées
 
Là encore, les rapports officiels se veulent lénifiants en affirmant que les eaux souterraines attaqueraient les colis lentement, si lentement que les contaminations n'atteindraient la surface que dans dix mille ou cent mille ans. A voir, car si le déplacement des molécules aqueuses peut être considéré comme dérisoire dans une couche géologique homogène, il n'en est plus du tout de même lorsque cette couche a été creusée de multiples galeries ; celles-ci, les puits de descente, les zones d'endommagement dues au creusement (EDZ) constituent alors de véritables drains, des voies royales pour l'appel et la circulation des eaux. Surtout si des fractures, ou des failles même minimes, traversent le site. Et si ces cassures travaillent ou retravaillent du fait de la sismicité avérée de la région.

Le vecteur "eaux de surface"

Alors que l'on pensait que seules les eaux souterraines posaient question en terme de contaminations, l'analyse du dernier rapport de l'Andra (3) confirme la complexité extraordinaire du concept "enfouissement". Ainsi, la très grande diversité des déchets nucléaires oblige à utiliser des dizaines de types de containers (colis) très différents les uns des autres. Or, parmi eux, de nombreux (bitumeux, coques et embout du combustible nucléaire, résines...) vont contenir des matières génératrices de gaz qu'il va falloir évacuer dès leur stockage afin d'éviter des concentrations dangereuses (hydrogène, explosif). Et ces gaz, en partie radioactifs, vont être relâchés directement dans la nature, en situation dite "normale" et pire encore en cas d'accident, sur ce plateau de l'Ornois qui donne source à de nombreux cours d'eau. Le château d'eau d'une grande partie de la France....
 
un groupe de citoyens, d'élus et d'associatifs de Meuse/Haute-Marne : collectifs Bure-Stop, AEMHM, MNE (Meuse Nature Environnement)
et toutes les infos sur
www.burestop.org

 

 

 

22/05/2006 : CEDRA - Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs / Haute-Marne
CEDRA - Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs / Haute-Marne
BP 17 - 52101 SAINT DIZIER Cedex - www.burestop.org - Tel-rel-fax : 03 25 04 91 41

Déchets nucléaires : le peuple dit (en démocratie) souverain, balayé d'un revers de main!

Plus de 600 manifestants, d'après la police, ce samedi dans les rues de Chaumont, préfecture de Haute-Marne, pour exiger un référendum

Comment comprendre que, sur deux départements, plus de 55 000 signataires qui exigent par pétition d'être entendus sur le projet national d'enfouissement des pires déchets nucléaires -à Bure, en limite de Champagne-Ardenne et Lorraine- ne soient pas entendus?

Malgré un climat épouvantable, Haut-Marnais, Meusiens voisins, quelques délégations de départements limitrophes et un certain nombre d'élus dont deux conseillers régionaux de Champagne-Ardenne et deux de Lorraine avaient tenus à être présents aux côtés de l'association des élus opposés à l'enfouissement et des collectifs citoyens Bure-Stop. Représentant les pétitionnaires qui ne comprennent pas que les institutionnels refusent la tenue d'un référendum sur un projet aussi conséquent, les manifestants se sont rendus au Conseil Général, traînant derrière eux quantité de boîtes nucléarisées symbolisant le fardeau éternel, et brandissant leur carte d'électeur (*). En bonne place, une urne géante rappelait également que, rien qu'en Haute-Marne, "38 779 citoyens exigent un référendum", soit à ce jour plus de 26 % du corps électoral inscrit.

Reçue au Conseil général, celui-là même qui fin 1993 avait mis le doigt dans l'engrenage du projet de poubelle atomique souterraine, la délégation (1) se trouvait face à un président faisant mine de l'écouter mais restant bloqué sur une position de refus, se retranchant derrière la loi et la "représentation nationale", soit les parlementaires, dont le Sénat dans lequel il est d'ailleurs élu.

Face à cette "curiosité" qui veut que l'on entende de plus en plus promettre de la "démocratie de proximité" ou de la "démocratie participative" tout en la refusant (**), le Cedra et ses homologues des autres départements vont continuer plus que jamais à informer public et élus sur la fausse solution qui consisterait à enfouir ces déchets, et sur le questionnement que pose la production de tels déchets ingérables.

Actions programmées :
- la campagne de pétition se poursuit tant sur la Haute-Marne que sur la Meuse
- jusqu'au vote de loi "déchets nucléaires": campagne nationale d'interpellation des parlementaires, sous forme de cartes postales *
- Festival de BURE 28-29-30 juillet: "Décibels contre poubelle"

(*) voir www.burestop.org (photos de la manif + dossier loi déchets...) et reportage France 3 Champagne-Ardenne http://lorraine-champagne-ardenne.france3.fr/videojt/ (cliquer sur: 19>20 Champagne-Ardenne/puis sur samedi 20 mai 2006)
(**) un document info sera prochainement publié sur ces incohérences qui passent de plus en plus mal

(1) texte de la déclaration lue et déposée au Conseil général de la Haute-Marne:

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux,

Aujourd'hui 20 mai 2006 à 14 H, plus de 38 000 signatures émanant de tout le département sont apportées au Conseil général pour vous demander que soit réalisé un référendum au sujet de Bure.

Ce sont plus de 38 000 électeurs haut-marnais, soit 26 % du corps électoral, qui exigent d'être informés et pouvoir donner leur avis.

Il est absolument inadmissible qu'une poignée de parlementaires * et d'élus décident envers et contre tous de l'implantation d'une future et gigantesque poubelle nucléaire dans le triangle de Bure, Saint-Dizier, Joinville. Ceci sans une large information et une consultation démocratique.

Vous êtes responsables d'avoir accepté sur notre territoire ces dépôts nucléaires après que ceux-ci furent dûment refusés dans d'autres régions, à savoir : en Maine-et-Loire chez Roseline Bachelot, en Limousin chez François Hollande, dans le Gard avec en tête les parlementaires, élus, Chambre d'agriculture, viticulteurs, fruiticulteurs, maraîchers...

Vous nous avez imposé BURE, et ce qui doit suivre, avec de l'argent en achetant les consciences des responsables dans de nombreuses communes; cela s'appelle de la corruption!

Aujourd'hui, ce n'est plus un appel, ni un signal d'alarme, mais un cri d'indignation au nom de plus de 38 000 citoyens électeurs qui réclament un référendum en bonne et due forme; ceci serait tout à l'honneur d'une démocratie participative.

Pour l'association des élus et des collectifs Bure-Stop

* le 12 avril dernier, le texte "déchets nucléaires" était voté par... 19 députés présents sur les 577 que compte l'Assemblée nationale!

 


La Croix Hebdo de la Haute-Marne, 05.06.06:
 
BURE

Pétition et manifestation pour un référendum

Pour remettre au conseil général de Haute-Marne, les 40 000 signatures recherchées, dans le département , pour réclamer un référendum locla, une grande manifestation est annoncée pour le samedi 20 mai à Chaumont.
 
Lors d'une conférence de presse, menée par Jean-Luc Bouzon vice président de l'association des élus haut-marnais et meusiens opposés à l'enfouissement, Michel Marie porte-parole du CEDRA et François Massel conseiller municipal de Chaumont, le lundi 24 avril 2006, les instigateurs de la pétition à propos de Bure avaient récolté, en Haute-Marne, 32 766 signatures. Le détail en a même été donné canton par canton. Il restait alors 80 à 85 communes où les bénévoles du porte-à-porte devaient encore passer. Ils espèrent ainsi atteindre 40 000 signatures pour le samedi 20 mai, jour fixé pour une manifestation à Chaumont. "Il fallait 10 % de la population pour réclamer un référendum, nous sommes bien au-delà !".
 
La loi de gestion des déchets radioactifs a beau avoir été votée, dans la nuit du 12 au 13 avril, en première lecture à l'Assemblée nationale, les collectifs Bure-Stop, opposés à l'enfouissement, appellent à un vaste rassemblement interrégional, avec pour objectif principal la remise au conseil général des 40 000 signatures espérées. En tout, il y aurait plus de 50 000 signataires, en Haute-Marne et en Meuse, pour exiger un référendum local sur le devenir de Bure.
 
Des demeurés
 
Précis dans ses références, Michel Marie explique : "On nous prend pour des demeurés. Malgré de belles prommesses d'élus locaux et de parlementaires, le projet de loi du gouvernement se moque éperdument de la démocratie et des populations. Dans le numéro de juillet 1997 de Ligne Directe [note : revue du conseil général], on peut lire cette déclaration : "je n'imagine pas qu'une telle décision soit prise sans que la population locale soit consultée" ou même : "la population doit être consultée". Et Jean-Luc Bouzon, conseiller général communiste, de faire allusion aux députés et sénateurs, "les quatre fossoyeurs de la Haute-Marne". Et il ajoute : "Avec le vote de la loi on a encore plus la rage". Depuis elle a sans doute décuplé avec le vote unanime, le jeudi 27 avril, des conseillers généraux de la Meuse d'une motion de 9 conditions pour soutenir les recherches de l'ANDRA "sur l'avenir du laboratoire de Bure dans le cadre de la future loi sur la gestion des déchets nucléaires".
 
Question de démocratie
 
Des partis politiques et les associations soutiennent la pétition et la manifestation. Le déroulement et le sens de cette démarche sont ainsi présentés : "Nous ne rencontrons aucune agressivité de la part des gens. Ils  nous remecient même de venir demander leur avis. Les déchets nucléaires ne sont ni de droite, ni de gauche. Les gens qui signent la pétition sont de tout bord. Ils ne sont d'ailleurs pas nécessairement contre l'enfouissement à Bure. C'est une question d'attachement à leur département et de démocratie. Aucun élu n'a le droit de décider à la place de 400 000 habitants. Ils n'ont jamais été élus sur ce sujet. Qu'on soit pour ou contre, on veut que les Haut-Marnais se décident par référendum."
 
La loi bataille de 1991 prévoyait plusieurs laboratoires ; il n'y en a pas de second. Dans son texte amendé, l'Assemblée nationale a validé le fait que ce serait le Parlement, après les dix années supplémentaires de recherche, qui autoriserait ou non le lancement d'un stockage en profondeur des déchets radioactifs. Elle a retenu l'élargissement des deux zones de proximité pouvant bénéficier des principales aides au développement, celle de Haute-Marne et celle de Meuse. Retenue aussi l'idée de faire voter les conseils municipaux de ces zones. Mais il n'est pas question de référendum, même local.
 
Avant le passage au Sénat
 
Quelques jours après la manifestation, le 30 mai, le projet passerera devant le Sénat avant son retour à l'Assemblée, car la procédure d'urgence a été annulée [note : non, cette procédure inique a bien été maintenue]. Le samedi 20 mai, Bruno Sido, sénateur et président du conseil général, sera bien présent à l'Hôtel du département pour recevoir les signatures recueillies. Au référendum, Jean-Luc Bouzon y croit encore : "Ils finiront par céder", et il ajoute : "Nous demanderons à tous les conseillers généraux d'être présents et de se prononcer publiquement pour ou contre un référendum départemental".
 
"Pour le samedi 20 mai, on souhaite une grande mobilisation comparable à celle de 1994", souligne François Massel. C'est une manifestation "pacifique, déterminée, festive et citoyenne", mais elle n'est pas nationale et les personnalités n'ont pas été contactées. "C'est pour demander un référendum local. Donc pour les Haut-Marnais et les Meusiens, ceux qui sont concernés." Ensuite, ce sera une soirée de fête au square du Boulingrin, une façon de montrer que "la Haute-Marne est une belle terre de vie et non une poubelle nucléaire".

 

 

PARTICIPEZ A LA CAMPAGNE NATIONALE

"Loi 2006 sur les déchets nucléaires : n'empoisonnez pas la Terre !"

Vos parlementaires seront-ils de ceux qui savaient mais ont laissé faire ?
Le projet de loi sur la gestion des déchets radioactifs n'est pas encore adopté.


Participez et relayez la campagne de cartes postales :
vous avez 4 semaines pour agir !

Après être passé en première lecture devant les députés le 12 avril 2006, le projet de loi doit être discuté par les sénateurs la seconde quinzaine de mai et passera ensuite en commission mixte (députés-sénateurs) pour adoption d'un texte commun.

Il est donc urgent d'agir.

Le 12 avril dernier, seuls une vingtaine de députés étaient présents pour débattre et décider d'un projet de loi décisif pour le sort des déchets radioactifs et celui de la filière nucléaire toute entière pour les siècles à venir. Un comble, alors que depuis plus de 30 ans des milliers de citoyens et élus se mobilisent contre les pseudo-solutions officielles au casse-tête des déchets radioactifs et clament qu'ils ne faut surtout pas les enfouir, mais les garder en surface et accessibles afin de pouvoir les surveiller.

Le projet de loi fait fi de tous les arguments de bon sens, se construit sur des rapports d'études tronqués.
Il ne prend pas en compte les conclusions du débat public officiel lançé fin 2005 qui a remis en lumière la voie de l'entreposage.

Une interpellation massive et rapide de tous les députés et sénateurs est à présent essentielle pour les mettre en garde contre le passage en force d'un tel projet. La TERRE n'est pas une poubelle, et surtout pas une poubelle atomique. BURE (chantier d'enfouissement en Meuse/Haute-Marne) ne doit pas passer au stade industriel.
Or, c'est exactement ce que prévoit ce projet de loi sous couvert de prolonger les "recherches" de 10 ans !

N'hésitez pas à aller à la permanence de vos députés et sénateurs afin de leur exposer vos inquiétudes et exigences.
N'hésitez pas à prendre toute initiative pour médiatiser cette campagne.
Merci de nous prévenir de vos actions et de la position de votre député/sénateur : permanent@burestop.org

Pour en savoir plus sur cette campagne : www.sortirdunucleaire.org

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BON DE COMMANDE
DES DOCUMENTS DE CAMPAGNE "DECHETS NUCLÉAIRES"

Prix, port compris, des dépliants de campagne (il s'agit d'un prix coutant) :
Unité : joindre deux timbres à 0,53 euro - Par 10 ex. : 3 euros - Par 50 ex. : 10 euros - Par 100 ex. : 15 euros

...............exemplaires x ............euros  =  .........euros

Je fais un don de : ...................... (votre don est déductible à 66% de vos impôts).

En tout, je fais un chèque de ............euros à l'ordre de "Sortir du nucléaire"

 

Votre nom/prénom : ........................................................................................................................................................................

Adresse postale : ........................................................................................................................................................................

Envoyez votre BON DE COMMANDE accompagné de votre chèque (à l'ordre de "Sortir du nucléaire") à :
Réseau "Sortir du nucléaire"  -  9, rue Dumenge - 69317 Lyon Cedex 04

 

l'Est Républicain, 09/02/06:

Labo de Bure : lettre ouverte à Namy

Dans une lettre ouverte adressée au président du conseil général, Christian Namy, l'Association des élus meusiens et haut-marnais (AEMHM), par la plume de son président, Jean- Marc Fleury, exige toujours la tenue d un referendum « pour ou contre l'enfouissement des déchets nucléaires ». Dans le courrier, il est rappelé que, lors de la manifestation du 24 septembre 2005, 45000 pétitions ont été remises au conseil général, Christian Namy en ayant alors « pris acte », tout en affirmant « assumer sa démarche »

« La collecte se poursuivra aussi longtemps qu'il le faudra. L'immense majorité des citoyens voulant cette consultation, les pétitions continuent de nous parvenir à un rythme régulier (50.000 signatures aujourd'hui), écrit Jean-Marc Fleury. « Avant de négocier avec le gouvernement le prix de l'acceptation de la Meuse ou de la Haute-Marne, vous feriez bien de vous assurer d'être toujours en phase avec ceux que vous êtes censé représenter.

En témoignent les signatures collectées dans votre propre canton (Pierrefitte-sur-Aire) 905 signatures (dont sept maires).Vous avez dit envisager un débat avec les opposants, mais nous l'attendons toujours, Et celui-ci n'aura de sens réel que si le référendum vient conclure nos échanges, à l'issue d'un véritable débat contradictoire et démocratique. Mais en premier lieu, faites ce que les nombreux pétitionnaires meusiens exigent : posez à l'assemblée départementale là question du référendum afin qu'elle délibère sur son opportunité ».

 


Communiqué de presse, 8 février 2006:

CEDRA 52 - Collectif citoyen contre l'enfouissement des déchets radioactifs / Haute-Marne  www.burestop.org
AEMHM - Association des élus meusiens et haut-marnais opposés à l'enfouissement  www.stopbure.com

Thierry Breton, un ministre désopilant
Retour sur le déplacement du ministre vendredi dernier en Haute-Marne

Fébrilité sur place. Attendu de pied ferme par les uns, des centaines d'ouvriers licenciés récemment et excédés, et les autres, le personnel politique local, mis dans le secret : Thierry Breton ne viendrait pas les mains vides. Ce sont les témoins de la grand messe habituelle, triés sur le volet et invités par la princesse (départementale), qui narrèrent le spectacle. Sitôt à l'estrade, le ministre sortit son carnet de chèques et le déposa sur la table où étaient alignés et renversés trois petits fûts décorés du sigle nucléaire. Les plus proches avaient pu remarquer que "son" carnet de chèques était frappé des lettres G.I.P., cet organisme qui généreusement octroie près de dix millions d'euros par an à chacun des départements de Haute-Marne et de Meuse afin de faciliter l'implantation d'une poubelle nucléaire à Bure. Prestement, le carnet se retrouva sous l'un des fûts, qui furent déplacés, mélangés, agités à souhait. "Qui donc à gagné le chéquier ?", clama le roi de ce bonneteau. La zone proche de Bure ? Désillusion en soulevant le fût. Le département en son entier ? Tout faux là aussi. C'est Saint-Dizier et ses alentours qui raflaient la mise !
 
Esbaudis par le tour de passe-passe, mais n'est-ce pas là son but, pas un des badauds ne s'aperçut de la supercherie : le grand argentier de France (enfouie sous les dettes il est vrai) n'avait rien apporté du tout. Rien de plus aux malheureux dix millions traditionnels ! Il désabillait simplement Pierre pour donner à Jacques, plus exactement Bruno-département pour François-Saint-Dizier ; ce qui d'ailleurs ne peut faire de tort à celui-ci à qui on prête des visées ministérielles. Ainsi donc, grâce à l'habilité et aux compétences de Thierry Breton, la zone de Saint-Dizier allait bénéficier des "fonds" du GIP. Pas une petite voix ne s'éleva pour rappeler qu'il n'y avait là rien de nouveau sous le soleil bragard car voilà bien des années que s'accumulent les chèques pour le "Grand Projet de Ville", le CEL, l'espace Dynamic, la zone commerciale du Chêne Saint-Amand, l'entreprise FBMA... jusqu'au rutilant "Centre nautique", financé ainsi à 50 %. Mais comment une petite voix aurait-elle pu souligner tout ceci alors que le président du GIP, également patron du département et sénateur, maintient sous le boisseau la liste des bénéficiaires du GIP et les sommes correspondantes ? Petit détail : le dit président-sénateur a été nommé récemment à la tête du projet de loi sur... la transparence nucléaire. On ne pouvait effectivement choisir meilleur expert !
 
La première fois dans l'histoire
 
Avant de s'en repartir pour la capitale, le chef de Bercy tînt à s'expliquer sur la dette abyssale de la France, et à se défausser sur ses prédécesseurs. Une dette si monstrueuse que le ministre asséna cette conclusion sidérante : "On a transféré sur les générations futures le coût de notre bien-être actuel. C'est la première fois que cela se produit dans l'histoire". Le prestidigitateur des instants précédents tombait là le masque.
 
Curieusement, dans cette région de Bure où les fossoyeurs ont jeté leur dévolu, Thierry Breton n'eut pas le courage de faire la même analyse avec les déchets radioactifs : par l'électricité nucléaire, on transfère sur les générations futures le coût de notre bien-être actuel ; et c'est aussi la première fois que cela se produit dans l'histoire.
 
Le bateleur désopilant a fait illusion. Maintenant on ne rit plus.
 
Mais les populations des deux départements -elles pas dupes- entendent bien ne pas laisser empoisonner la région et persistent à exiger un référendum local sur la question ; 50 000 signatures d'électeurs sont actuellement recueillies et la campagne continue tant en Haute-Marne qu'en Meuse. 
 
MANIFESTATION régionale SAMEDI 20 MAI à CHAUMONT (Haute-Marne) pour remise officielle des pétitions au Conseil général
 
Contacts : 06 66 95 97 77  -  06 76 47 62 58


Collectifs Bure-Stop & Coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs
Site : www.burestop.org

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Bar le Duc - 11 janvier 2006

Débat public sur déchets nucléaires : l'enfouissement est contesté par l'opinion, selon la CPDP

Une conclusion à l'encontre du programme "pour enfouir" à tout prix :
Visiblement les pré-conclusions tirées par les 2 ministères de l'écologie et de l'industrie et par la CPDP déchets nucléaires diffèrent quelque peu. Alors que la CPDP fait part aujourd'hui de réticences vis-à-vis de l'enfouissement, les 2 ministères les ont ignorées délibérément dans leur communiqué du 9 janvier.
Les pré-conclusions de M. Mercadal (communiqué de l'AFP du 10 janvier) confirment bien l'opposition récurrente depuis 25 ans, et sur une trentaine de sites ou départements en France, contre la voie de l'enfouissement, portée sans relâche par les élus locaux, habitants et collectifs.
Elles contre-balancent l'assurance affichée depuis 2 ans par les pouvoirs publics, la CNE, l'ANDRA, l'OPECST quant à l'acquisition du principe de faisabilité de l'enfouissement, à BURE notamment.
Pour autant, si la voie de "l'entreposage perennisé en sub-surface" inquiète moins l'opinion publique, elle n'en poserait pas moins de sérieux problèmes de maintenance à long terme, de coût et de contamination. L'entreposage sur les sites de production -pour limiter les transports- ne saurait donc s'appeler "alternative" ou solution !
Les 15 années de la loi Bataille n'ont pas apporté de réelles avancées quant au casse-tête des déchets nucléaires, elles ont même confirmé celui-ci.
Les collectifs s'interrogent sur la portée des conclusions de la Commission particulière du débat déchets nucléaires : les parlementaires auront-ils la sagesse d'entendre celles-ci, lors du prochain débat parlementaire de 2006 ?
Une chose est certaine, fermer le chantier d'enfouissement de BURE serait un réel signal de changement de cap, mais il ne peut en aucun cas se transformer en centre d'entreposage en sub-surface !

QUEL débat en 2006 : déchets nucléaires ou filière nucléaire ?

Plus globalement, il est impératif aujourd'hui de resituer la problématique déchets dans sa filière de production. Il est insensé de relancer avec l'EPR (tête de série d'un second programme électronucléaire) un autre cycle de 50 années de production de nouveaux déchets, alors qu'autant d'inconnues majeures sur le plan technique, sanitaire, financier subsistent.

L'urgence aujourd'hui  :
- stopper la politique française de retraitement, génératrice de volumes importants de déchets
- arrêter la production de ces déchets et lancer la sortie du nucléaire par une politique volontariste en termes d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables et propres, ainsi qu'une réflexion sur la "boulimie" énergétique de notre société.
Un débat honnête sur le sort des déchets existants ne pourra se faire qu'à ce prix.

Contact presse : 06 86 74 85 11 -  06 66 95 97 77

Coordination Nationale des Collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs & Collectifs Bure-Stop - www.burestop.org - Tel : 03 29 45 45 55 - 03 25 04 91 41
Communiqué de presse - Lundi 14 novembre 2005

Bure et Déchets nucléaires :

Pendant que 50 000 signataires réclament un référendum :
surenchère en Meuse et Haute-Marne pour faire passer le projet d'enfouissement à BURE

Scandaleux !

Reçu anonymement par courrier postal, un document daté du 8  juillet dernier et rédigé par la préfecture de Haute-Marne démontre en 60 pages comment l'Etat se sert des élus locaux de la région de Bure pour faire accepter le projet de poubelle nucléaire souterraine à Bure (Meuse/Haute-Marne). En pleine phase de "débat" public, avec réunion le 9 novembre dernier à Joinville (Haute-Marne) sur "l'accompagnement économique du projet Bure", la réception de ce document ne pouvait pas mieux illustrer la réalité du dossier : Un débat public de façade et un sordide marché dans le dos des habitants de la Meuse et Haute-Marne. 
 

Réuni en préfecture sous l'égide du Préfet, le "Comité de pilotage haut-marnais pour l'accompagnement économique du laboratoire de Bure" avait à dresser le bilan des années écoulées et à faire des propositions, ceci en présence  de conseillers généraux, quelques maires des environs de Bure, des chambres de commerce-industrie et d'agr