PARIS, 12 déc - Un
premier retour en Allemagne de déchets nucléaires
allemands, stockés depuis plusieurs années à
l'usine de retraitement de La Hague (Manche), devrait avoir lieu
en mars 2001, a indiqué mardi le pdg de COGEMA, Anne Lauvergeon,
lors d'une table ronde à l'Assemblée nationale.
"J'ai des raisons de penser que nous pourrons effectuer un
premier retour de résidus vitrifiés en Allemagne
au début de l'année prochaine, sans doute en mars",
a indiqué Mme Lauvergeon en réponse à une
question de la députée Michèle Rivasi (app.
PS), lors d'une table ronde sur les enjeux énergétiques
du XXIème siècle.
"J'espère que ce premier retour, en mars, sera le prélude à une pratique régulière, conforme aux contrats qui nous lient avec les électriciens allemands", a ajouté le pdg de la Compagnie générale des matières nucléaires.
Le dossier des déchets nucléaires allemands en attente de retour à l'usine de COGEMA à La Hague était l'un des sujets difficiles du sommet franco-allemand de Vittel en novembre.
Alors que les convois de déchets entre les deux pays sont interrompus depuis mai 1998 à la suite d'un problème de contamination à la surface des convois, (non)résolu depuis le 22 septembre dernier, Paris attend de Berlin le rapatriement des déchets stockés à La Hague, certains depuis plus de sept ans, c'est-à-dire au-delà du délai maximum prévu dans plusieurs des contrats franco-allemands, avant d'accepter tout nouvel arrivage de combustible usé des centrales nucléaires allemandes.
Les déchets allemands retraités à La Hague et en attente de rapatriement à Gorleben représentent 15 convois-retours avec un total de 168 conteneurs de résidus vitrifiés.
"Depuis le début des années 80, tous les résidus vitrifiés étrangers doivent, par contrat, être rapatriés dans leurs pays d'origine", a rappelé Mme Lauvergeon. "Les négociations avec l'Allemagne se poursuivent avec COGEMA, et entre gouvernements, pour que les engagements contractuels soient tenus", a-t-elle ajouté.
A Vittel, le chancelier Gerhard Schroeder avait annoncé qu'un groupe de travail franco-allemand de haut niveau allait être chargé de trouver "avant Noël" une solution à ce contentieux bilatéral.
Ce groupe sera dirigé par le directeur de la Chancellerie, Frank-Walter Steinmeier, et par le secrétaire d'Etat français à l'industrie, Christian Pierret, avait précisé le chancelier.
Chaque transport de déchets en provenance de La Hague a, dans le passé, mobilisé en Allemagne des dizaines de milliers d'opposants anti-nucléaires et presque autant de policiers pour protéger les convois.
SALZGITTER (Allemagne), 15 déc - L'Office fédéral allemand de protection contre la radioactivité a prolongé de plusieurs mois vendredi son autorisation sur le transport de déchets nucléaires vers le centre français de retraitement de La Hague, interrompu depuis mai 1998 pour des raisons de sécurité.
Initialement, cette autorisation, annoncée en septembre, s'achevait fin décembre. Aucun transport n'a jusqu'ici eu lieu.
L'Office a donné aux centrales nucléaires allemandes un délai supplémentaire, autorisant celles de Biblis (ouest), Philippsburg (sud-ouest) et Grafenrheinfeld (sud) à envoyer leurs déchets jusqu'à la fin août 2001 à La Hague (nord-ouest de la France), et celle de Stade (centre) jusqu'à décembre 2001.
Sans ce ballon d'air supplémentaire, les exploitants de centrales allemandes n'auraient pas pu transporter leurs déchets jusqu'à La Hague. En effet, Paris refuse tout nouveau combustible usé en provenance d'Allemagne tant que les déchets retraités par l'usine de la Cogema n'ont pas été rapatriés.
Un transport de déchets vitrifiés en provenance de La Hague vers le centre de stockage allemand de Gorleben (nord) a été autorisé pour la dernière semaine de mars et la première semaine d'avril 2001.
Les transports de déchets nucléaires allemands vers les centres de retraitement de La Hague et Sellafield (Grande-Bretagne) avaient été interrompus en mai 1998, sur décision du ministère de l'Environnement du gouvernement Kohl, à la suite d'un scandale de radioactivité à la surface des conteneurs.
Les convois transportant des déchets radioactifs sont traditionnellement ralentis à travers toute l'Allemagne par des milliers de militants anti-nucléaires et nécessitent la mobilisation de dizaines de milliers de policiers.