Les atomes du Limousin
par Thierry Lamireau.


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Uranium en Limousin"
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Thierry Lamireau
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Interview de Thierry Lamiraux (au format MP3, 18 Mo)


Lire sur le Radon: Une supercherie institutionnalisée pour se refaire une virginité
(document Word)

Lire: Communiqué de Presse, 30 0ctobre 2008
Les vaches pondent des oeufs
Les poules ont des dents
Les déchets RADIOACTIFS
En LIMOUSIN et ailleurs
Sont SANS DANGER
Ou comment redire quelques vérités oubliées...
(document Word)



Un demi-siècle d'exploitation de l'uranium en Limousin
ou l'histoire d'une odieuse supercherie

LE LOBBY NUCLÉAIRE RÈGNE EN MAÎTRE

Depuis l'après-guerre, le CEA (Commissariat à l'Énergie Atomique) puis ensuite la COGEMA (Compagnie Générale des Matières Nucléaires) ont toujours eu un comportement de colonialiste dans les régions comme le LIMOUSIN.

On promettait que toutes les Communes allaient s'enrichir grâce à l'exploitation minière de l'uranium ; c'est désormais le contraire qui se produit d'autant plus que l'industriel se désengage de plusieurs régions françaises.

Le CEA, la COGEMA ont toujours utilisé le vieux principe de la filière du nucléaire français : "Faites-nous confiance, on s'occupe de tout. De toute façon vous n'y connaissez rien !"

Une politique dite "d'indépendance Nationale" incluant la construction d'une force nucléaire, un choix énergétique en faveur du nucléaire a conduit la France à être pendant de nombreuses années le principal producteur d'uranium de l'Europe Occidentale.

Désormais l'on veut toujours nous "faire avaler la pilule" en prônant l'indépendance de l'approvisionnement de l'uranium alors que la COGEMA est obligée d'acheter les consciences en prenant des parts importantes de marché dans toutes les grandes exploitations minières mondiales.

Cela a généré et générera encore de longs siècles des déchets radioactifs redoutables en amont et en aval de la chaîne du nucléaire.

Il est évident que depuis 1948 le CEA et la COGEMA ont travaillé comme ils l'ont voulu, sans aucune considération de l'environnement, des travailleurs et de la population. La France est le berceau de la Démocratie, pourtant depuis les découvertes des BECQUEREL et autres CURIE le lobby nucléaire règne en Maître.

Le point sur les mines en 1957.

 

DES SIMILITUDES ENTRE LE DIKTAT DU LOBBY NUCLÉAIRE ET CELUI DU FASCISME

Rappelons par exemple que M Édouard Parker (pro-nucléaire à souhait) fut membre du "Comité National pour l'Énergie Nucléaire", lié au "Parti Ouvrier Européen", parti d'extrême droite. Au Conseil Supérieur d'hygiène Publique de France, à l'Académie des Sciences règne toujours l'éminent cancérologue mais piètre pro-nucléaire Monsieur Maurice TUBIANA.

Il est très frappant de voir les similitudes entre le Diktat du lobby nucléaire et celui du Fascisme :

1/ "Parler à la masse et lui asséner une pâture préparée", dit Goebbels, pour des milliers de cerveaux simultanément.

2/ Le succès est le seul critère. Il n'y a pas de propagande bonne ou mauvaise. Il y a des propagandes qui réussissent et des propagandes qui échouent.

3/ La propagande ne distingue ni le bien du mal, ni le juste de l'injustice. N'est vrai que ce qu'on fait croire.

4/ On ne s'adressera ni à l'intelligence, ni au bon sens, moins encore à la conscience, mais à l'instinct et aux passions des foules.

5/ Les slogans les plus simples et les plus gros seront les meilleurs. "Plus le mensonge sera patent, plus le mythe sera absurde, mieux il prendra à condition d'être répété sans cesse, inlassablement." ("Le Chercheur d'Absolu"/ Théodore Monod page 101/ Éditions "LE CHERCHE MIDI Éditeur"). M Maurice Tubiana ne se gène pas, lors de ses conférences, pour donner en exemple... M Goebbels. On pourrait continuer longtemps ainsi avec d'autres personnalités du même milieu.

 

L'EXPLOITATION MINIÈRE DE L'URANIUM ET SES NOMBREUSES CONSÉQUENCES

L'exploitation minière et les nouveaux projets de stockage de matières radioactives entraînent de nombreuses conséquences

· Pollution des eaux, de l'air et des sols.

· Accroissement des cancers ; problèmes immunitaires et dermatologiques.

· Baisse du tourisme.

· Forte dévalorisation des produits agricoles (dont les produits dits "biologiques").

· Chute des valeurs immobilières.

· Accentuation du désert économique.

· Bref, c'est la mort annoncée d'une belle région, celle de l'arbre et de l'eau.

Depuis toujours il y a eu volontairement, de la part de l'Etat, du CEA, de la COGEMA, des différents services de l'administration, des gouvernements et politiques, une sous-évaluation des risques.

Comprenons que 50 millions de tonnes de "résidus de traitement " 200 km de galeries, des millions de tonnes de "stériles" (économiques mais pas sanitaires) ne peuvent laisser l'environnement indemne. Les "résidus de traitement" sont des déchets radioactifs, contenant plus de 80 % de la radioactivité initiale du minerai mais surtout ayant rendu cette radioactivité susceptible de dispersion dans l'environnement contrairement à la gangue minérale d'origine. L'infiltration par les eaux entraîne les radioéléments dont plusieurs sont classés parmi les plus radiotoxiques (le radium 226 par exemple), les vents dispersent le Radon (gaz radioactif), les populations environnantes sont ainsi soumises a ce que l'on appelle des "faibles doses radioactives".

Ignorer le risque présenté par ces doses constitue non seulement une atteinte à un environnement sain des personnes vivant près des sites, mais c'est aussi remettre aux générations futures la responsabilité de la gestion de ces sites dont la radioactivité restera augmentée pour des millions d'années.

Faut-il rappeler que le CEA et la COGEMA ont toujours indiqué : "qu'ils enlevaient la radioactivité dans le LIMOUSIN grâce à l'exploitation des mines et aux usines de traitement des minerais d'uranium !" C'est évidemment de la propagande et surtout une contrevérité scientifique.

En LIMOUSIN, les Associations découvrent les projets et mensonges, la presse révèle (parfois) et la COGEMA en profite pour avouer ou "régulariser" avec la complicité de l'administration.

Ainsi va la transparence à la mode.

Sous prétexte de ne pas affoler la population, on préfère ne pas informer et on laisse à une caste la responsabilité de décider à la place des gens et au moment où l'information vient sur la place publique, on rassure, on calme le jeu, on met en doute la bonne foi de ceux qui révèlent ces informations... et surtout on recherche en toute hâte, dans l'arsenal des textes réglementaires, l'alinéa ou la phrase dont la rédaction sera suffisamment ambiguë pour tenter de justifier l'injustifiable.

Avant 1992, la COGEMA, la DRIRE LIMOUSIN (Direction Régionale de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement, dépendant du Préfet), les Préfets, la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales), les élus disaient dans leurs communications officielles: "Il n'y a aucun déchet radioactif enfoui en LIMOUSIN".

Dans sa lettre du 10 Juin 1998 le Directeur de l'ANDRA (Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs) m'indiquait : "Nous nous sommes rapprochés de la DRIRE LIMOUSIN, de l'OPRI (Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants) et des éventuels propriétaires sur la foi de vos informations. Un premier constat s'impose: les sites que vous définissez comme contenant des déchets clandestins sont d'anciennes mines d'uranium et ne constituent pas des sites de déchets radioactifs aujourd'hui ! " (souligné par moi).

Dans ma lettre en réponse je précisais : "Pour le coup, ce que vous indiquez ici est véritablement un scoop ! "

Et de rappeler d'une manière technique mais non exhaustive ce qui le contredisait totalement : le rapport CASTAING d'octobre 1984, le rapport CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité) du 15 juin 1994 commandé par le Conseil Régional du LIMOUSIN et le Conseil Général de la HAUTE-VIENNE, le décret 66- 450 du 6 juin 1996 et ses annexes qui fixent les règles de classification des matériaux radioactifs, le rapport BARTHELEMY, le rapport DESGRAUPES, les rapports de l'OFFICE PARLEMENTAIRE D'ÉVALUATION DES CHOIX SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES concernant les déchets miniers, etc.

D'ailleurs en avril 1997 la DRIRE et le Préfet indiquaient (en se contredisant par rapport à la période antérieure à 1992) dans la "Synthèse des études et expertises relatives aux anciens sites miniers de la COGEMA" à LA CROUZILLE "Pendant la phase d'exploitation, des produits mai identifiés ont été déposés et mélangés aux résidus de traitement"... triste aveu ! quand on sait qu'un Préfet est "garant de la sécurité et de la salubrité publiques".

 

LA SITUATION RADIOLOGIQUE DU LIMOUSIN EST AGGRAVÉE

Il faut le dire franchement : la gestion morcelée et hypocrite du lourd dossier nucléaire en LIMOUSIN aggrave la situation radiologique de la Région.

Dans ce dossier, la vérité ne résulte pas d'une analyse de documents envoyés par l'administration, les producteurs ou détenteurs de déchets (à l'ANDRA) ni d'un modèle mathématique. La vérité est au bout d'une complète et minutieuse investigation sur tous les sites miniers.

Certains disent que cela aurait un coût important : ce n'est pas le problème des Citoyens à qui l'on n'a rien demandé depuis l'existence du Nucléaire en France sauf désormais de bien vouloir "s'occuper" des déchets dont l'État, l'ANDRA, les industriels, les politiques et les scientifiques ne savent que faire.

Comme je l'indiquais dans ma lettre au Directeur de l'ANDRA "Passez-moi l'expression, je crois que voir la Merde de ses yeux est très formateur surtout avec un compteur GEIGER-MULLER et des analyses des eaux, des sols et de l'air".

Tous les "responsables" mais pas coupables doivent savoir que par leur ignorance, leur complaisance ou leur mensonge ils engagent injustement la Vie des générations Limousines futures.

Il faut rappeler ce que disait un ancien mineur de la COGEMA lors d'une manifestation de la CLADE (Coordination Limousine Anti-Déchets) devant le site nucléaire de BESSINES (87) le samedi 10 février 1996 "Vous feriez mieux de vous occuper de toutes les saloperies que la COGEMA a enfouies partout sans rien dire, notamment dans la mine des VIEILLES SAGNES".

Photo ancienne de la tour d'extraction du puits des Sagnes à Ambazac (Haute Vienne). Mine d'uranium exploitée entre 1952 et 1959, dépendant du siège de Fanay.

Ainsi, j'accuse personnellement tout mineur (syndicaliste ou non) de vouloir encore dissimuler les sites clandestins de stockage par omission : assainir les sites créerait de nombreux emplois pendant de longues années. Se taire c'est accepter les décès par cancers voire les leucémies comme on peut en trouver dans ces villages dits "à cancer" par les mineurs eux-mêmes !

On peut lire dans des documents de l'ANDRA (Inventaire National des Déchets Radioactifs):

"Ce qui compte avant tout, c'est la façon dont les déchets sont gérés sur place et leur environnement surveillé. Ainsi, une source radioactive "oubliée" ou "perdue", même de faible activité, est potentiellement plus dangereuse pour la Santé Publique qu'une usine où sont entreposés ou produits des déchets radioactifs sous surveillance."

Le laboratoire de la CRIIRAD a indiqué dans son rapport sur les sites miniers "Vu les taux de radioactivité et les pollutions chimiques, radiotoxiques des eaux et des sols, les sites de la COGEMA et d'autres sont très au-dessus des lieux considérés comme INB (Installation Nucléaire de Base)"

Pour le présent, la COGEMA, laissée libre par l'administration de contrôler seule ses installations, n'a rien prévu du tout si ce n'est de "faire beau en surface"

On peut rappeler le Principe de Précaution inscrit dans le Traité de MAASTRICHT et dans la Loi française:

"Face à une incertitude scientifique ou face à des risques de dommages graves ou irréversibles, il ne faut pas remettre à plus tard l'adoption de mesures visant à prévenir la dégradation de l'environnement".

A ce jour, toutes les plaintes déposées en relation avec ces problèmes ont été "classées sans suite" !

Les Directeurs successifs de la COGEMA en LIMOUSIN ont toujours indiqué lors de leurs visites "Portes Ouvertes" que la GARTEMPE (rivière située en aval des digues de déchets radioactifs) à Bessines (87) est le seul "Juge de Paix" ! On sait désormais que ce "Juge de Paix" indique que la COGEMA ment sur toute la ligne.

L'étude CRIIRAD présente une pollution majeure des sédiments de la GARTEMPE 70 km en aval du site nucléaire de BESSINES. Sur un sujet aussi grave qui condamne l'avenir d'une région, à l'échelle de la Vie Planétaire (thorium : période de 14 milliards d'années !), la Démocratie exige que l'on prenne et que l'on respecte l'avis des populations concernées.

Il est indigne d'avoir négocié, aux dépens des habitants du LIMOUSIN, un projet au bénéfice d'une économie avide de subventions, de taxes, d'artifices, destructrice de l'équilibre du tissu social. Reboucher des mines à ciel ouvert avec de l'eau, combler les anciennes galeries de béton, boues et autres ferrailles radioactives en provenance de sites nucléaires civils et militaires, cacher avec des "stériles" des lieux suspects ne coûte pratiquement rien à la COGEMA.

Photo de 1994.

Voir cette autre photo du Puy-de-l'Age de la Cogéma.

Malheur à ceux qui reprennent gratuitement (ou pour un franc symbolique !) certains de ces terrains : toute Municipalité ou toute Association qui va posséder ces lieux va, selon la Loi, acheter un passif. Si des problèmes de gestion des sites (voire sanitaires) apparaissent par la suite ce sont ces Municipalités et ces Associations qui devront payer le prix fort. La COGEMA, de ce fait, aura fait de sacrées affaires puisque, aux yeux de la Loi, elle ne sera plus responsable.

La COGEMA annonce dans ses plaquettes de propagande en quadrichromie: " Malgré cela, il n'a été constaté aucun impact sanitaire". Cette entreprise prend les LIMOUSINS pour des imbéciles : la préexpertise CRIIRAD présente une pollution due à l'exploitation de l'uranium. Ce n'est pas une étude épidémiologique !

Que disent les ingénieurs de la DRIRE LIMOUSIN (cf. enregistrement d'une communication téléphonique du mercredi 19 mars 1997) ? :

"Le type de réaménagement est conforme à la réglementation. La COGEMA doit faire un autocontrôle ; elle doit prendre toutes les mesures et prendre les moyens de vérifier qu'il ne se passe rien. A la DRIRE on n'a pas beaucoup de matériels et de moyens humains pour mesurer. Réaménager un site c'est remettre ce qui était dessus. On a cassé l'équilibre d'avant, donc il faut recouvrir. En France il n'est pas interdit de rejeter des produits polluants. Il faut juste être en dessous des normes réglementaires. Si la réglementation change, on reverra les dossiers". Belle approche des problèmes et des dossiers que celle de la DRIRE LIMOUSIN!...

 

ÉTUDES ÉPIDÉMIOLOGIQUES, RAYONNEMENTS IONISANTS ET PROTECTION DES POPULATIONS

Cela m'amène à aborder rapidement le problème plus général mais essentiel des effets des rayonnements ionisants et de la protection des populations.

Il faudrait en France une étude épidémiologique autour de chaque site nucléaire civil et militaire pour bien cerner les effets liés à ce grave problème de Santé Publique.

Rendons hommage au courage et à l'honnêteté intellectuelle du professeur Jean-François VIEL pour ses travaux autour du site de LA HAGUE.

N'oublions pas le Radon (gaz radioactif) qui reste une "difficulté majeure de Santé Publique" (cf. rapport "Radon" de l'Organisation Mondiale de la Santé/1996) puisque les 3/4 des régions françaises sont concernées (cf. cartographie de l'institut de Protection et de Sûreté Nucléaire/1997).

Pour le compte de l'OMS et de l'IPSN, Madame Margot TIRMARCHE (épidémiologiste) indique une fourchette de 2000 à 7000 morts par an à cause du radon. D'autres épidémiologistes, considérant que l'on minimise volontairement les calculs, affirment que l'on pourrait aller jusqu'à 15000 décès.

Depuis 1997 le radon est inscrit sur la liste des substances cancérigènes chez les humains par l'agence INTERNATIONALE DE RECHERCHE SUR LE CANCER (IARC volume 43).

Reconnaître le risque radon (cf. les rares interventions de l'État français) c'est avouer l'avoir caché.

Les travaux du Docteur CHAMEAUD pour le compte de la COGEMA en HAUTE-VIENNE sont clairs:

"On sait que même pour des doses faibles qui peuvent exister, dans certaines conditions, à l'intérieur des habitations, le radon et ses descendants, surtout s'ils sont associés à la fumée de tabac, présentent encore un risque. D'ailleurs, dans quelques pays, cette question déborde actuellement le cadre de la pathologie professionnelle pour entrer dans celui de la Santé Publique". (Documents internes de la COGEMA liés aux travaux du Laboratoire de Pathologie Pulmonaire Expérimental de RAZES en Haute-Vienne/Mai 1986).

Toute dose engendre des effets : la notion de seuil n'existe pas même si les pro-nucléaires disent le contraire de manière à nous refiler désormais incognito les produits faiblement radioactifs dus aux premiers démantèlements de centrales nucléaires. L'Europe accepte désormais des seuils dits "d'exemption" permettant toute dissémination de produits radioactifs "faiblement" contaminés.

L'OPRI a, par exemple, autorisé un fabricant de laine de verre à intégrer des déchets faiblement radioactifs dans ses matériaux, d'où inévitablement une augmentation de la radioactivité ambiante dans les habitations.

Ainsi dans l'hémisphère Nord en particulier et dans la biosphère en général, toutes les activités liées au nucléaire civil et militaire ont augmenté ce fameux "bruit de fond" sur lequel se base sans cesse le Monde du lobby nucléaire pour obliger les populations à subir un niveau de rayonnements ionisants plus élevé.

Le rapport de conversion (issu de la Commission Internationale de Protection Radiologique/CIPR) de la concentration moyenne d'activité du radon à l'équilibre dans le temps, en équivalent de dose efficace annuelle indique que : 1 mSV par an correspond à 20 Bq par mètre cube (20 désintégrations radioactives par seconde dans un mètre cube).

Même si la CIPR ne parle que "de dose efficace résultant de l'activité industrielle" l'effet reste identique sur le noyau cellulaire, l'ADN, l'ARN de tout individu même si cela est dû à la radioactivité dite "naturelle".

Les normes de radioprotection pour le public à ne pas dépasser sont atteintes par un homme de 25 ans, de 70 kg, bien portant rien qu'en inhalation sans comptabiliser l'ingestion des descendants radioactifs de la chaîne de l'uranium.

On ne parle pas de la femme enceinte, de l'enfant ou du même homme deux ans plus tard. En France on ne fait que de vagues recommandations pour le radon. Rien n'existe dans la Loi ; de cette manière les responsabilités ne seront jamais posées.

La CIPR, l'AGENCE INTERNATIONALE DE L'ÉNERGIE ATOMIQUE, L'OMS, les DIRECTIVES EUROPÉENNES, les INSTANCES SANITAIRES Françaises et l'administration sont cependant responsables et coupables puisqu'elles ne tiennent pas compte uniquement des problèmes de Santé Publique.

Dans la mise en place de ces normes recommandées et non incluses dans la Loi est intégré un rapport coût économique/Santé Publique.

Ces "responsables" refusent de protéger les populations : ils protègent avant tout le Nucléaire.

D'ailleurs l'ancien Directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants représentant la France au sein de l'AIEA (le professeur Pierre Pellerin qui avait arrêté le nuage de TCHERNOBYL aux frontières françaises !) et le Ministère de la Santé indiquent: "Pour raison d'ordre psychologique et médiatique la limite de 1 mSV serait immédiatement dépassée en cas d'incident même mineur. Or la population n'acceptera pas, en situation accidentelle, que l'on applique des normes moins sévères que celles applicables en circonstances normales".

Puisque nous sommes en Démocratie, il y a donc culpabilité des "responsables" pour une mise en danger d'autrui mais aussi pour une abstention délictueuse (on connaît les dangers et l'on ne dit rien).

En bref : les radiations ionisantes, même à faibles doses, dérèglent le métabolisme cellulaire, affaiblissent les défenses immunitaires et provoquent un stress organique menant au vieillissement prématuré de l'organisme.

D'ailleurs la courbe doses/effets n'est pas tout à fait linéaire les risques les plus dommageables pour le noyau cellulaire sont réalisés à faibles et très fortes doses. Il existe une progression plus lente à moyennes doses.

L'alibi des morts à cause du tabac ne tient pas longtemps mais les "responsables" omettent de le signaler : lorsque l'on fume une cigarette, des descendants du radon sont libérés et irradient le fumeur (polonium et bismuth), mais le dire signifierait que les faibles doses ont une action destructrice et participent aux nombreux décès annoncés (comme le goudron et la nicotine).

 

LE PROBLÈME MAJEUR: LE RISQUE D'UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE EN FRANCE

Les "atomes DU LIMOUSIN" sont malheureusement très présents dans la vie des gens : effets liés à l'exploitation minière de l'uranium, problème du radon, problème grave de l'irradiation médicale dont j'aurais pu parler et problème primordial qu'il faut aborder: les centrales nucléaires et notamment celle de CIVAUX à 100 km de LIMOGES.

Comme le disent Bella et Roger BELBEOCH, physiciens (cf. "SORTIR DU NUCLÉAIRE C'EST POSSIBLE AVANT LA CATASTROPHE" /Éditions "L'esprit FRAPPEUR" n°20/10F): "le problème majeur est le risque d'une catastrophe nucléaire en France".

En LIMOUSIN il faut donc rajouter ce danger à tous les autres. Il suffit d'une seule centrale et d'une seule fois.

Je ne parle pas non plus d'une éventuelle mise en place d'un stockage "profond" à 100 km de LIMOGES (toujours dans la Vienne) des déchets hautement radioactifs dont nul ne sait que faire.

 

UNE URGENCE: SORTIR TRÈS RAPIDEMENT DU NUCLÉAIRE

Je rejoins donc l'analyse des BELBEOCH : sortons du nucléaire très vite avant la catastrophe car après il sera trop tard ; plus nous attendons plus nous allons droit à l'impasse, plus nous retournerons dans un nouveau cycle nucléaire.

Des décisions importantes doivent être prises en LIMOUSIN comme ailleurs mais la population n'est pas au Pouvoir et le Pouvoir n'est pas aux États mais à la "Mafia" internationale pronucléaire.

Le nucléaire est un piège. Le MOX ("mixed oxides"), l'enfouissement profond, le stockage en subsurface, la transmutation des déchets (car elle est inimaginable hors des réacteurs), affirmer que les énergies renouvelables peuvent progressivement remplacer le nucléaire sont un leurre.

Comme le disait une militante inspirée du LIMOUSIN: " Méfions-nous de ceux qui aujourd'hui se présentent en gestionnaires rigoureux pour demain alors que nous devons faire face à leur catastrophique imprévoyance d'hier".

Les "responsables" et coupables de ce Monde hyper nucléarisé paieront-ils un jour leurs crimes contre l'Humanité ?...

Thierry Lamireau
Antinucléaire, membre de la CLADE,
auteur du film " URANIUM EN LIMOUSIN".

 

 


Lire:
"Le Limousin radioactif", Science & Vie n° 899, août 1992.

 

 

LE RADON

ORIGINE DU RADON

Le radon est un gaz radioactif inodore, incolore et insipide, qui provient de la désintégration de l'uranium et du radium présents dans la croûte terrestre.

Il existe partout à la surface de la planète et provient surtout des sous-sols granitiques et volcaniques ainsi que de nombreux matériaux de construction.

Les descendants radioactifs du radon présentent un risque très important pour la santé des populations.

C'est la deuxième source d'exposition radioactive après les expositions médicales (radiographies, radiothérapies, scanners, etc.).

Le radon s'accumule souvent dans les espaces clos et notamment dans les maisons, immeubles et caves.

Les moyens pour réduire, voire éliminer, les concentrations de radon dans les habitations sont en général moyennement coûteux. Dans certains cas (lieux avec taux de radon importants), les actions correctrices impliquent un prix d'installation très élevé.


ACTIONS A ENTREPRENDRE DANS DES LOCAUX POLLUES PAR LE RADON

Les principales interventions sont :

1) Aérer et ventiler les pièces habitées, en ouvrant régulièrement les fenêtres ou en installant une ventilation mécanique à double flux (entrée-sortie).

2) Rendre étanches les sous-sols et les vides sanitaires (lorsqu'il y en a), sans oublier les murs, les passages de canalisations et les planchers.

3) Ajouter, si nécessaire, aux actions précédentes, un drainage de la source radon par mise en dépression du sol sous-jacent au bâtiment.

Les niveaux de radon dans les habitations dépendent de nombreux paramètres dont l'heure, la pression atmosphérique (une période anticyclonique induit un taux de Becquerels par mètre cube plus important qu'en période dépressionnaire), la température, l'hygrométrie (y compris du sol), la pluviométrie et la saison.

L'estimation des niveaux de radon ne peut donc être fondée sur une seule mesure et sur une seule période.

Il est nécessaire de réaliser :

- des analyses de radon dans l'air,

- une analyse radiologique de l'eau du robinet et le calcul de la dose reçue au cours d'éventuelles douches (le facteur de concentration du radon est multiplié par 100),

- une cartographie radiamétrique du site à analyser avec des mesures simultanées à tous les niveaux de l'habitation (étages, couloirs, caves).


DIRECTIVES EUROPEENNES, RECOMMANDATIONS FRANCAISES, NORMES ET SEUILS

Les secrétariats d'Etat à la Santé et au Logement ont signé, au début janvier 1999, des recommandations relatives à la pollution due au gaz radioactif radon. Elles sont directement inspirées de la directive européenne 96/29 Euratom du 13 mai 1996, applicable en France au plus tard le 13 mai 2000.

Cette directive européenne n'est malheureusement pas, selon son préambule, applicable au radon dans les habitations, mais au radon dans les mines ou sur les lieux de travail.

Les recommandations n'ont aucune valeur sur le plan juridique puisqu'elles n'ont pas valeur de Loi.

Ceci n'enlève pas à " l'autorité compétente " française, les responsabilités de ce vide juridique.

Cependant, reconnaître officiellement aujourd'hui le risque radon, c'est avouer l'avoir caché hier : au moins depuis 1987, lorsque le radon a été classé " substance cancérigène pour les humains " par l'Agence Internationale de Recherche sur le Cancer (IARC volume 43).

" La reconnaissance du danger des faibles doses radioactives ne tient pas compte des recherches dont les résultats sont les plus pessimistes. Pourtant, la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) reconnaît officiellement, depuis 1990 :

- " qu'il n'existe pas de seuil en deçà duquel une dose de radiation reçue n'aurait pas d'effet,

- que les normes sont des limites d'inacceptabilité ".

La première affirmation signifie donc que toute dose de rayonnement ionisant est délétère. Recevoir une dose de rayonnement, quelle qu'en soit la valeur, quelle qu'en soit la source, signifie " un risque accru " pour celui ou celle qui l'a reçue.

Les notions de " faible dose " et de " sous les normes " signifient un " risque accru " pour celui ou celle qui en a été la cible.

Une dose égale à une norme signifie que l'on a atteint l'intolérable.

L'existence d'une norme ne signifie en aucun cas que l'on est autorisé à l'atteindre, et moins encore que l'on peut irradier l'esprit tranquille tant qu'elle n'est pas atteinte.

En France, le Ministère de la Santé considère la norme, non seulement comme une limite acceptable, mais encore dépassable jusqu'au niveau d'effets graves, dits " déterministes ".

Autrement dit, tant que rien n'est visible immédiatement, l'irradiation est acceptée, non bien sûr par l'irradié, mais par les autorités " compétentes "...

(Perline, Diplômée de l'Ecole Nationale des Mines de Paris, Docteur ès Sciences-Technologie-Société : France, poubelle nucléaire / Editions Raymond Castells 1999).

Les instances européennes et françaises parlent de " normes acceptables ", correspondant à un équivalent de dose efficace annuelle de 20 Bq/m3 pour 1mSv/an (20 désintégrations radioactives en une seconde dans un mètre cube).

Les " normes " de radioprotection à ne pas dépasser pour le public sont calculées en fonction d'un homme de 25 ans, de 70 Kg, bien portant, rien qu'en inhalant, sans comptabiliser l'ingestion des descendants radioactifs de la chaîne de l'uranium. On ne parle pas de la femme enceinte, de l'enfant, ou du même homme deux ans plus tard.

Poser un seuil est sans fondement scientifique surtout à 1000 Bq/m3. Fixer comme objectif de précaution un seuil à 400 Bq/m3 est un scandale dans le domaine de la Santé Publique.

Ces recommandations voudraient faire croire que l'on s'occupe réellement de la protection sanitaire de la population : ce n'est pas le cas, puisqu'elles écartent volontairement les æ des situations sanitaires liées au problème radon (rien en dessous de 400 Bq/m3).

Les recommandations européennes indiquent : " 20Bq/m3 pour 1 mSv/an,

200 Bq/m3 pour 10 mSv/an et 400 Bq/m3 pour 20 mSv/an " . Il y a donc déjà des incohérences dans les textes européens, puisque l'on recommande de ne pas respecter les 20 Bq/m3 !

Le Principe de Précaution inscrit dans la Loi française doit obligatoirement pousser les Hautes Instances Sanitaires à aller vers la plus grande exigence possible quant à la protection des populations.

On fixe une différence artificielle et non scientifique entre les habitations nouvelles (200Bq/m3) et les anciennes (400Bq/m3) pour " inciter " les gens à se pencher sur le problème.

C'est en contradiction totale avec : " en dessous de 400 Bq/m3, la situation ne justifie pas d'action correctrice particulière ".

Les propriétaires des maisons neuves seraient donc plus dignes d'être protégés que ceux des maisons anciennes ! ... En outre, toute habitation neuve devient au fil des ans ...une maison ancienne!

" La réduction de la concentration en radon dans les habitations et les bâtiments publics ne peut en aucun cas être considérée comme conduisant à des dépenses somptuaires.

En ce qui concerne les bâtiments publics, la responsabilité des gestionnaires (administrateurs ou élus) locaux, régionaux et nationaux est entière.

Le respect de " normes ", quelles qu'elles soient, n'est pas une garantie de protection des individus.

La fixation d'une limite de dose acceptable implique que l'on considère comme acceptable un certain nombre de morts. "

(ROGER BELBEOCH, physicien au Groupement de Scientifiques pour l'Information sur l'Energie Nucléaire/GSIEN).

" LE RADON : UN PROBLEME MAJEUR DE SANTE PUBLIQUE " (cf. rapport " Le radon ", de l'Organisation Mondiale de la Santé)

Même si la CIPR, l'Europe et la France ne parlent que " de dose efficace résultant de l'activité industrielle ", l'effet reste identique sur le noyau cellulaire, l'ADN, l'ARN de tout individu quand cela est dû à la radioactivité dite " naturelle ".

Depuis toutes les activités militaires et civiles dans le monde, le milieu ambiant ne peut plus être considéré comme naturel.

Avec ces recommandations des Ministères, c'est l'énormité de l'amalgame opéré entre les enfants (très radiosensibles et de petite taille) et les travailleurs du nucléaire (cf. seuil arbitraire imposé par le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France et l'Académie des Sciences de 1000 Bq/m3) qui constitue un non respect des bases élémentaires de radioprotection.

Or, dans de nombreux lieux (publics et privés), les populations reçoivent des doses radioactives beaucoup plus importantes que certains travailleurs de centrales nucléaires (cf. de nombreuses écoles à LIMOGES/la maison du maire et l'école de GIOUX en Creuse/l'école maternelle de BESSINES/l'école de NOGENT-SUR-MARNE, etc.)

Les radiations ionisantes, même à faibles doses, dérèglent le métabolisme cellulaire, affaiblissent les défenses immunitaires et provoquent un stress organique menant au vieillissement prématuré de l'organisme.

La courbe doses/effets n'est pas tout à fait linéaire : les risques les plus dommageables pour le noyau cellulaire sont induits par les faibles et les très fortes doses radioactives. Il existe une progression plus lente à moyennes doses.

L'on arrive ainsi, avec des délais de latence de 2 à 40 ans (selon les réactions propres à chaque individu), à des leucémies des cancers du poumon, du foie, des os, du cerveau, des ovaires et des testicules, du côlon, de la rétine, et bien évidemment de la thyroïde.

Monsieur ALAIN RANNOU, chef du service dosimétrie à l'IPSN, indique que " entre 150 et 400 Bq/m3, un excès de risques de cancers ne peut pas être exclu. "

Monsieur Roger Belbéoch, physicien au GSIEN, précise :

" Accepter la limite de 100 Bq/m3 revient, en adoptant les risques établis par la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR), à accepter un doublement du risque de cancer du poumon. Une concentration moyenne dans les habitations de 10 Bq/m3 rendrait le radon responsable d'environ 10% des cancers " naturels " du poumon. "

Mais au fait, que trouve-t-on dans les conclusions des documents des Secrétariats d'Etat à la Santé et au Logement ?

" Au-dessous d'une concentration moyenne en radon gaz de 1000 Bq/m3 d'air, il ne paraît ni justifié, ni raisonnable, d'engager des actions correctrices importantes. Dans l'état actuel des connaissances, le problème radon dans les habitations et les établissements recevant du public ne peut pas être considéré comme un problème prioritaire de santé publique. "

On retrouve donc les conclusions scandaleuses de l'Académie des Sciences et du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France.


UN PROBLEME DE SANTE PUBLIQUE TRAITE TROP TARDIVEMENT ET D'UNE MANIERE VOLONTAIREMENT INCOMPLETE

En faisant un calcul rapide d'après les différentes statistiques actuellement disponibles en France, on peut dire clairement qu'en 12 ans (depuis 1987) l'Etat français et ses différents représentants ont planifié et accepté sciemment 100000 morts à cause du problème radon.

L'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire (IPSN) indique: " Il est remarquable que ce soient les deux contributions les plus importantes, radon et irradiation médicale, qui peuvent être le plus facilement diminuées. " (note du 5 février 1996)...et je rajoute personnellement: qui ne le sont pas !

En Suède, au Royaume Uni et en Allemagne, les mesures de niveau de radon sont gratuites chez les particuliers dans les zones à risque comme le LIMOUSIN. En Belgique, des primes de réhabilitation sont versées quand les valeurs dépassent 400 Bq/m3.

En Suède, le logement peut être déclaré insalubre au-dessus de 400 Bq/m3.

Dans plusieurs de ces pays, les enfants ne sauraient être scolarisés dans une école où les concentrations dépassent 400 Bq/m3.

Pour l'amiante, dans les meilleures situations, à l'intérieur des établissements publics, on enlève l'amiante et on revient à un risque zéro.

Pour le radon, on refuse de ramener ce risque à zéro, car cela aurait un coût économique trop important.

L'Etat français, l'Europe et les Instances Internationales veulent " protéger " les populations en ne se basant uniquement que sur des critères de coûts économiques.

Comme dans d'autres domaines de Santé Publique, la France a accumulé un retard considérable en matière de prévention et de protection des populations.

On s'inquiète progressivement des 2000 morts par an annoncés à cause de l'amiante...On ne s'occupe pas des 7000 morts (voire 15000 pour certains) dus au radon!


DES RESPONSABILITES ET DES CULPABILITES A POSER

Les Instances Sanitaires françaises, du départemental au national, les Politiques, l'Etat se rendent coupables de:

- mise en danger d'autrui,

- non assistance à personne en danger,

- voire empoisonnement et homicide involontaire,

- abstention délictueuse (on connaît le risque mais on ne dit rien).

En outre, la Loi française sur l'Environnement indique:

" Les responsables et coupables qui blessent, tuent ou acceptent sciemment une pollution (exemple ici: le radon et ses descendants radioactifs) ne sont plus de simples malchanceux mais d'authentiques délinquants par le trouble considérable qu'ils occasionnent à l'ordre public. "


UNE INEGALITE DE TRAITEMENT SELON LES REGIONS FRANCAISES ET LES INDIVIDUS

Il faut noter dans les recommandations françaises et dans les prises de position officielles françaises d'autres nombreuses incohérences et contradictions voire un comportement choisi et sélectionné selon les régions.

Un jeune couple et leur bébé sont actuellement en procès contre la " SA COGEMA " qui leur a vendu une maison (située sur une commune des Monts d'Ambazac en Haute Vienne) où a été détectée une présence importante de radon.

M. le Secrétaire d'Etat à la Santé et à l'Action Sociale avait proposé à cette famille un relogement immédiat, avec un certain affolement (dans des conditions malhonnêtes donc non acceptées par eux).

Pourquoi les autres personnes qui découvriraient un fort taux de radon chez elles (je parle des cas connus par la DDASS), ne seraient-elles pas, elles aussi, relogées immédiatement par ce même Ministre ?...

Le cas de l'école de Nogent-sur-Marne :

En 1996, les documents de la Direction Générale de la Santé attestaient d'une " contamination comparable à celle des travailleurs du nucléaire les plus exposés ".

Plus récemment, en juillet 1998, l'expert Paul Genty rendait son rapport : " Les mesures des niveaux de radiation y attestent que le site est réellement contaminé...les bâtiments de l'école sont exactement situés sur les lieux des plus forts débits ".

C'est la raison pour laquelle les Ministères de la Santé et de l'Enseignement Scolaire ont finalement décidé de fermer l'école.

Cependant, à l'école maternelle Marie Curie de Nogent-sur-Marne, en 1997, la moyenne (qui ne fait certes pas apparaître les plus faibles et les plus forts taux de radioactivité)annuelle était de 35 Bq/m3. Les taux, allaient, dans les mêmes lieux, de 18 Bq/m3 à 40 Bq/m3, dans les dernières mesures effectuées en continu par l'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire (IPSN) entre le 23 décembre 1997 et le 1er avril 1998.

D'ailleurs, le Ministre de la Santé déclarait à l'Assemblée Nationale en février 1998 : " Il n'y a pas de péril sanitaire dans l'école ", confirmant la déclaration du Ministre de l'Education Nationale, en novembre 1997 au Sénat : " Il n'y a pas de danger dans l'école. "

Donc, l'école de Nogent-sur-Marne a tout de même été fermée, alors qu'au final l'IPSN donnait des niveaux compris entre 18Bq/m3 et 40Bq/m3.

C'est sanitairement parlant une très bonne décision.

A LIMOGES, toutes les écoles devraient donc être fermées !

On voit la différence de traitement des dossiers effectuée dans notre pays: on ferme une école en région parisienne, on ne fait rien en Limousin!

Certains diront " qu'il faudrait alors évacuer tout le Limousin ! "

C'est bien parce que dans cette région, les risques sanitaires liés au phénomène radon sont bien plus graves, qu'il faudrait être d'autant plus vigilant, surtout dans les lieux publics.


COMMENT LE PROBLEME RADON EST-IL GERE ACTUELLEMENT PAR L'ETAT FRANCAIS ?

Les organismes officiels sont en train de diffuser une information volontairement mensongère aux professionnels du bâtiment, de la santé, de l'éducation, aux élus, à la population...

Ainsi, le Secrétariat d'Etat à la Santé demande aux préfets et aux maires de faire effectuer des mesures de niveau de radon entre mi-avril et début juillet, afin d'établir un bilan radiologique des lieux publics tels que les écoles.

Cette initiative , qui pourrait paraître intéressante, n'est en fait qu'un leurre: ne sont respectés ni les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (cf. le rapport " Le Radon "), ni le protocole de mesures de l'IPSN, ni de fait, le Principe de Précaution.

On fait des mesures à la hâte, sans protocole scientifique rigoureux: dosimètres posés à des hauteurs différentes et souvent trop haut, en nombre insuffisant (il en faudrait un par pièce),dosifilms enlevés pendant les vacances, sous prétexte que l'école est inoccupée...De plus, il ne faut pas oublier que l'été est la période la moins pénalisante, car les locaux ne sont pas chauffés et plus aérés; tous les documents scientifiques sur ce sujet préconisent de faire une investigation sur les quatre saisons, les mesures les plus pénalisantes se trouvant en hiver. Comment ne pas y voir l'intention " d'enterrer " le dossier radon à l'occasion des grandes vacances...

Il faut également signaler que les Ministères concernés ne conseillent que des dosifilms " Kodalpha " ou des dosimètres électroniques " Radhome " de l'entreprise " Algade/COGEMA " : c'est un peu sommaire pour soutenir que ce sont des mesures scientifiques.


ROLE DES ASSOCIATIONS DANS LE TRAITEMENT DU DOSSIER RADON

Le milieu associatif concerné par ce problème de Santé Publique doit évidemment participer activement à l'information et à la mise en place de la prise de conscience de la gravité de la situation.

Les différentes associations (celles informées réellement du problème radon) comme la CLADE (Coordination Limousine Anti Déchets) doivent pouvoir intervenir dans les réunions officielles organisées par les différents Ministères, les Préfets, les DDASS auprès des mêmes publics avec des fonds destinés à l'action de ces interventions associatives.

Ne pas donner toutes les informations contenues dans ce texte, ne pas permettre un réel débat " pluriel et démocratique ", c'est nier l'existence même des Droits de l'Homme, c'est accepter la gangrène mafieuse du milieu pro-nucléaire, c'est institutionnaliser un système de type fasciste sous les lambris dorés de la République.

Par Thierry LAMIREAU,
Membre de la CLADE (Coordination Limousine AntiDéchets),
LIMOGES, le 12 Mai 1999.