[Photos rajoutées par Infonucléaire.]

Extrait de: Dans les coulisses de Tchernobyl, Yves Lenoir, Edition La Dissidence, 2025 :

La déontologie selon la direction de l'Institut Kurchatov

Sous divers aspects, le mode de désignation du directeur de Kurchatov, mais aussi la manière de conduire les programmes, ont conservé les traces des circonstances de la genèse de l'Institut(34). Une certaine culture d'entreprise soumise aux injonctions du pouvoir central a pris racine, à faire sienne pour espérer monter dans la hiérarchie.

La physique nucléaire était un secteur de recherche prioritaire en URSS avant la deuxième guerre mondiale. En septembre 1941, les services secrets soviétiques basés à Londres informèrent Moscou que le gouvernement britannique venait de créer un "Comité Uranium" en vue de réaliser dans un délai de l'ordre de deux ans une bombe atomique à uranium. Les services secrets étaient convaincus que des programmes équivalents étaient en cours en Allemagne et aux Etats-Unis. Les renseignements convergeaient vers Stalin, seul à en disposer dans leur complétude. Il exerçait ainsi un monopole sur toutes les informations importantes, le moyen des moyens pour paraître intelligent et avisé dans à peu près tous les domaines. Cette « expertise en toute chose » nourrissait le culte de sa personnalité.

L'année 1942 fut décisive. A partir de février 1942, les espions Klaus Fuchs et John Cairncross, côté anglais, et Bruno Pontecorvo, un proche d'Enrico Fermi, côté US, inondèrent leurs correspondants du NKVD (auquel succéda le KGB) de rapports sur les programmes nucléaires en cours à l'Ouest. Il s'agissait de documents top-secrets rendant compte sous des formulations physiques, techniques et mathématiques détaillées des percées majeures à l'actif des équipes anglaises et américaines.
En mai-juin 1942, ayant pris conscience de la valeur de tout ce matériel scientifique (plus de 2 000 pages), le chef du NKVD, Lavrenty Beria, et le président du Comité de l'enseignement supérieur, Sergey Kaftanov, convainquirent Stalin de toute la dimension de l'affaire. Une question se posait alors : à quels scientifiques, parmi les meilleurs physiciens, chimistes et mathématiciens, confier la direction d'un programme de bombe atomique ? Convoqués par Beria et Kaftanov, les plus brillants, expérimentés et sûrs, tels Pyotr Kapitsa, Abram Joffe ou Vitali Khlopin, dont les travaux étaient largement connus et appréciés en Occident, ne firent pas preuve d'un grand enthousiasme car ils répugnaient à travailler sous la férule du NKVD. On élargit donc la sélection à une population de scientifiques plus jeunes et moins chevronnés, ceux déclarés fiables après enquêtes poussées. Parmi eux le chimiste Igor Kurchatov, loin d'être le premier choix, fit bonne impression à Molotov(35), chargé du recrutement par Stalin, et emporta la mise.

On l'installa dans un bureau au Kremlin avec mission d'étudier à fond les documents atomiques transmis au NKVD. Entre temps, le 28 septembre 1942, en pleine bataille de Stalingrad, Stalin avait signé la directive instituant "l'Organisation chargée des travaux sur l'uranium". Quelques mois plus tard, le 10 mars 1943, étant maintenant familiarisé avec toute la matière qu'on lui avait confiée, Kurchatov fut nommé chef de "l'Institut de l'énergie atomique", créé au sein de l'Académie des sciences.

Il disposait de l'ensemble des pouvoirs : recrutement de ses collaborateurs, organisation des travaux etc. Les papiers dont Kurchatov disposait à sa discrétinn répondaient à toutes les questions que des physiciens et des chimistes pouvaient chemin faisant se poser. La plupart ouvraient des voies inconnues pour eux, du fait de l'interruption dès le début de la guerre des publications sur l'énergie atomique. Par exemple, aucun ne savait qu'on pouvait remplacer l'eau lourde par le graphite comme modérateur dans les piles atomiques... Kurchatov avait évidemment bien noté ce point crucial.

Comme le NKVD avait instauré un secret absolu sur toute information atomique, Kurchatov et sa petite garde rapprochée de collaborateurs dévoués ne se privèrent pas de faire passer pour leurs les solutions qu'ils apportaient aux problèmes scientifiques et techniques qui ne cessaient de surgir. Une question posée un soir recevait la bonne réponse détaillée, formules physiques et/ou chimiques, calculs mathématiques et, si nécessaire, description de dispositifs techniques à l'appui, le lendemain matin ! Kurchatov, à l'instar de Stalin, avait réponse à tout et acquit ainsi en un rien de temps le statut de génie des génies, de "Tsar atomique". La mainmise sur une pléiade d'ingénieurs et physiciens atomistes allemands en mai 1945 renforça singulièrement les "capacités" du génie.
L'URSS ne disposait cependant pas des ressources scientifiques, techniques et financières pour développer la bombe en deux ans comme y étaient parvenus les américains. Kurchatov dut donc ronger son frein-jusqu'à ce que la réplique exacte de "Fat Man", la bombe larguée sur Nagasaki, fût enfin prête. Elle explosa avec succès le 29 août 1949 sur le pas de tir de Semipalatinsk sous le nom de code "Premier Eclair" et délivra exactement la même énergie que son modèle : 22 000 tonnes équivalent TNT.

Dans son genre, le culte de la personnalité dont bénéficia Kurchatov n'avait pas grand chose à envier à celui de Stalin: l'institut fut baptisé de son nom, en 1955, alors qu'il en était le directeur ; deux villes reçurent le nom de Kurchatov, celle associée au site des essais atomiques au Kazakhstan et une autre, une ville nouvelle, édifiée dans les années 1960 au voisinage de la centrale nucléaire de Kursk ; cerises sur le gâteau, un cratère lunaire et un astéroïde portent son nom.

Igor Kourtchatov, directeur de l'Institut de l'énergie atomique, après une inspection préalable au lancement du réacteur nucléaire de recherche.

Officiellement, tout ce qui s'est fait en matière atomique en URSS avant 1960, année de son décès, - filières de réacteurs nucléaires, armes atomiques et thermonucléaires etc - a bénéficié des lumières et travaux d'Igor Vasilyevich Kurchatov. Il régnait au centre du système atomique, comme un soleil entouré d'un cortège de planètes dévouées, incapables de lui faire ombre. Bien entendu, il appuya publiquement les options géopolitiques de la direction du Parti, notamment celles sur l'arrêt des essais nucléaires. Ses incontestables mérites furent justement sanctionnés par la remise de seize parmi les plus hautes distinctions soviétiques: Ordre de Lenin (4 fois), Prix Stalin (3 fois), Médaille du Héros du Travail Socialiste (3 fois) etc. Et, honneur insigne, sa dépouille mortelle repose dans la nécropole sous les murs du Kremlin

Les médailles de « Héros du travail socialiste » prennent en l'espèce tout leur sens pour deux raisons au moins. En premier lieu elles attirent ici l'attention sur des contributions éminentes dont les objets sont couverts par le secret et qui, de ce fait, n'apportent pas à leurs auteurs la reconnaissance de leurs pairs, hormis ceux d'un cercle rapproché soumis, lui aussi, au secret. En second lieu, elles témoignent de l'extrême importance de l'utilité pratique des travaux réalisés, le summum de ce que l'idéologie communiste productiviste exige.


Anatoly Pavlovich Aleksandrov était né la même année que Igor Kurchatov, en 1903. Avant guerre, ses activités scientifiques s'exercèrent dans des domaines variés de la physique et de la chimie, sans toucher cependant à la physique nucléaire. Puis il dirigea avec succès une équipe chargée de la mise au point d'un dispositif qui annulait la signature magnétique des navires. Cette innovation protégea les flottes maritimes et fluviales des mines magnétiques dispersées par les armées allemandes au voisinage des côtes et dans les fleuves durant leurs avancées initiales sur le territoire soviétique. Faut-il trouver là l'origine de sa passion pour la propulsion nucléaire des sous-marins et des brise-glace ?

Sa renommée de scientifique et d'organisateur ainsi établie et reconnue par l'accession au statut de membre correspondant de l'Académie des sciences, Aleksandrov entra dans le monde de la recherche atomique par la grande porte avec une équipe chargée de la résolution d'une série de problèmes complexes. Laissons ici à ses hagiographes
(36) le soin d'éclairer implicitement le processus de cooptation étonnant dont il fut le premier, et à l'évidence dernier, bénéficiaire :

«A partir de 1948, lorsque A.P. Aleksandrov a été nommé pour succéder à I.V. Kurchatov, il a mis tout son talent de scientifique, son immense expérience et son énergie au service du développement des réacteurs nucléaires. Il a alors démontré son incroyable polyvalence et l'étendue de ses connaissances. Il a dirigé et organisé le travail conjoint des physiciens, des constructeurs et des technologues, et il ne s'est pas contenté de diriger, mais il a brillamment examinés tous les détails*, proposé des solutions et évalué les résultats. Il a également enseigné cette approche à d'autres. AvecI.V.Kurchatov, il a jeté les bases scientifiques de toutes les filières de réacteurs nucléaires développées dans notre pays. (...)

Mais Anatoly Petrovich était-il probablement surtout intéressé par les réacteurs nucléaires destinés à la marine. À son initiative et sous sa direction scientifique, au début des années 1950, les travaux ont commencé sur le développement de réacteurs nucléaires destinés à la propulsion navale, en parallèle pour les navires de guerre (sous-marins à propulsion nucléaire) et pour les brise-glace à propulsion nucléaire. (...)

Des dizaines de sous-marins à propulsion nucléaire de trois générations, équipés de puissants missiles nucléaires, sont devenus l'un des éléments les plus importants de la parité stratégique qui existait alors entre les deux superpuissances pendant les années de la guerre froide.

Il est difficile de surestimer la contribution unique d'A. P. Aleksandrov au développement de la flotte nucléaire soviétique.
»

Anatoly Alexandrov, 80 ans, directeur et président de l'Institut Kurchatov, donne une conférence à l'Académie des Sciences d'URSS sur les brise-glaces nucléaires, leur développement et leur construction qu'il a dirigé. Alexandrov a personnellement soutenu l'expansion rapide de l'énergie nucléaire en URSS et assume la responsabilité de l'invention du réacteur RBMK (il perdit son poste de président de l'Académie des sciences peu de temps après la catastrophe de Tchernobyl). Pendant plusieurs années, Alexandrov et Legassov se sont employés à marteler dans la tête des Soviétiques l'idée que l'homme ne pouvait rien créer de plus sûr, de plus fiable et économique que des centrales nucléaires.

Concernant la qualité des réacteurs de sous-marin, le lecteur pourra se référer à la note (36). Les fuites radioactives étaient monnaie courante à bord de ces navires, obligeant à faire régulièrement surface pour purger l'air intérieur de la contamination. Plusieurs accidents nucléaires dramatiques eurent lieu, certains provoquant la perte du navire avec ou sans son équipage, selon les circonstances ; d'autres contraignirent des réparations improvisées, quasi « à main nue » pour sauver le réacteur et donc le bâtiment, avec des irradiations mortelles comme prix à payer. Des situations analogues furent à déplorer sur les brise-glace de la flotte de l'Arctique. On suspecte notamment que, suite à une fusion partielle de son combustible, un des deux réacteurs nucléaires du Lenin a été jeté par dessus bord au milieu de l'Océan Arctique.

Aussi, contrairement à ce que, propagande oblige, affirment les auteurs, l'URSS n'a jamais réussi à rattraper son retard en temps et en qualité sur les américains, ni donc établi la « parité stratégique » avec son grand rival durant la Guerre froide.

Dans leur course éperdue pour dépasser les USA, les atitorités soviétiques exerçaient une pression sans limite sur les responsables des secteurs stratégiques. Saisissant l'occasion offerte par la capture d'une brochette de spécialistes allemands des moteurs-fusée des V2 et la saisie de quelques exemplaires, Stalin donna la priorité au développement des missiles et, faisant d'une pierre deux coups, les progrès des ICBM furent mis à profit pour lancer la conquête spatiale. Ne rendant jamais compte des déboires et catastrophes qui ont jalonnés cette période, l'URSS a donné le spectacle en trompe l'oeil d'une super-puissance en avance sur le rival américain, une application moderne de la méthode Potyomkin. Les missions Apollo rappelèrent l'heure réellement affichée par les pendules...

Développer le nucléaire à marches forcées alors que le système industriel a des capacité limitées conduit à des choix en partie par défaut.

La filière RBMK répondait aux exigences du moment et aux capacités de l'industrie soviétique au début des années 1950. En effet : la construction d'un réacteur constitué de plusieurs dizaines, voire centaines, de chaudières indépendantes - sous forme de tubes de force -, ne nécessitait pas l'investissement dans des forges géantes ; les multiples circuits étant séparés, chacun doté de ses vannes et bouchons, le réacteur pouvait être déchargé et rechargé en marche et l'optimisation des cycles des assemblages de combustible permettait d'ajuster la pureté du plutonium quand on en visait un usage militaire ; l'adoption de l'eau bouillante pour évacuer la chaleur des fissions répondait au besoin de produire directement de l'électricité sans avoir à transférer la chaleur à un circuit secondaire via de coûteux échangeurs ; le coût du léger enrichissement de l'uranium, nécessaire compte tenu d'un coefficient de modération inférieur à celui d'une pile graphite-gaz-uranium naturel métallique, comme sur les filières plutonigènes américaine, anglaise et française, était largement compensé par un combustible sous forme d'oxyde pouvant être sollicité à une température très supérieure à celle de l'uranium métallique, d'où une production d'électricité de meilleur rendement thermodynamique ; enfin, comme la structure modulaire du réacteur rend impossible la perte totale de refroidissement, qui, jusqu'à Tchernobyl, a toujours défini l'accident de référence pour dimensionner la sûreté, on faisait l'économie d'une enceinte de confinement (pour la même raison les réacteurs graphite-gaz n'ont pas d'enceinte de confinement ; par ailleurs, en aurait-on disposé une qu'elle n'aurait résisté aux effets des deux explosions et, peut-être, rendue quasi impossible par la présence de sa ruine les largages de sable et autres matières destinés à éteindre le feu de graphite. La critique de cette absence d'enceinte par certains est révélatrice de leur incompétence...).

Voilà pour les côtés positifs, assez vendeurs il faut en convenir, à mettre à l'actif de la contribution d'Aleksandrov à la conception de cette filière, la première filière nucléaire à avoir produit de l'électricité (5 MW, à Obninsk en 1954, clairement une opération de propagande).

"Il a brillamment examinés tous les détails... ". On peut en douter. Premièrement, la disposition choisie induit un réacteur de très grand volume où maintenir la stabilité des flux de neutrons ne va pas de soi.
Ces réacteurs sont par ailleurs affectés de notables fuites radioactives en continu, qu'une grande cheminée disperse autant que faire se peut au delà des limites du site. Ensuite la filière, telle que réalisée, présente ce qu'on appelle un coefficient de vide positif, ce qui signifie que la réactivité augmente avec la concentration des bulles de vapeur dans les tubes de force. Pire, le réacteur est instable dans une plage de régime à faible puissance. Et pour couronner le tout, non seulement la vitesse d'insertion des barres de contrôle absorbant les neutrons est insuffisante en cas d'extrême urgence, mais, et c'est vraiment la cerise empoisonnée sur le gâteau, chaque barre est prolongée par un cylindre de graphite de plusieurs mètres de longueur, appelé « displacer », avec l'idée, géniale s'il en est, d'améliorer l'homogénéité des flux de neutrons sous la zone affectée par la présence de la-dite barre.

Or, autant l'absorption de neutrons réduit la réactivité du réacteur, autant le passage du displacer au début de l'insertion d'une barre l'augmente transitoirement, et d'autant plus que cette opération est plus lente... « détail » qui a déclenché l'excursion de puissance du réacteur le 26 avril 1986 à 1h23'44".


On peut dire sans malignité que ces « détails », intrinsèques à la filière et tous impliqués dans le désastre de Tchernobyl, n'avaient pas été tout-à-fait « brillamment examinés » par l'académicien Anatoly Aleksandrov ; lui qui coupait le caquet à toute personne évoquant les risques encourus par les populations vivant à proximité d'une centrale en affirmant que s'il ne tenait qu'à lui, on en installerait une sur la Place Rouge à Moscou.

Les qualités des signataires de ce « cadeau-hommage de 90ème anniversaire» à leur ex-directeur, éclairent le degré de flagornerie auquel ils se sont abaissés en choeur pour couvrir les erreurs aux conséquences tragiques à mettre au passif historique du grand-homme. Oubliés, visiblement, les préceptes de la glasnost, à laquelle ils faisaient tous mine de sacrifier entre la catastrophe de Tchernobyl et la chute de Gorbachov
(37).

« II a également enseigné cette approche à d'autres. », ce qui nous amène au jeu de Valery Legasov pour obtenir la succession d'Anatoly Aleksandrov à la tête de l'Institut Kurchatov. Un jeu dont les règles ont sensiblement changé après l'accident de Tchernobyl.

* surligné en gras par l'auteur.

 

34) L'essentiel des informations présentées dans cet encadré provient du chapitre 5, Stalin and the Atomic Bomb, de Zhores A. Medvedev & Roy A. Medvedev, The Unknown Stalin, I.B Tauris 2003 et du chapitre 7, The Soviet Nuclear Energy Program, de Zhores Medvedev, The Legacy of Chernobyl, W.W. Norton & Co., 1990.
35) Le négociateur du Pacte de non-agression avec l'Allemagne nazi. C'est dire le niveau de décision retenu, celui où l'idéologie prime sur la science.. L'affaire Lysenko en est une occurrence caricaturale tout comme la négation du changement climatique par Donald Trump.
36) S. T. Belyaev, E. P. Velikhov, Yu. M. Kagan, B. B. Kadomtsev, N. N. Ponomarev-Stepnoï, V. D. Rusanov, N. S. Khlopkin, and N. A. Chemoplekov, Anatoly Petrovich Aleksandrov (on his ninetieth birthday), Usp. Fiz. Nauk 163, 99-102 (March 1993).
37) S.T. Belyaev, physicien théoricien qui a commencé sa carrière à Kurchatov (1947-1962) ;
E.P. Velikhov, ex-directeur de Kurchatov (1989-1991) et premier Président de l'Institut (1993-2010) ;
Yu.M. Kagan, physicien théoricien ayant travaillé à Kurchatov de 1947 à 1962;
B.B. Kadomtsev, spécialiste des instabilités du plasma, associé de Velikhov à Kurchatov;
N.N. Ponomarev-Stepnoi, directeur adjoint de Kurchatov (1987-1992) ;
V.D. Rusanov, spécialiste de la mesure des turbulences dans les plasmas, associé de Velikhov à Kurchatov;
N.S. Khlopkin, spécialiste de l'immersion des réacteurs usagés de sous-marins nucléaires... ;
N.A. Chernoplekov, spécialiste des champs magnétiques pour tokamaks, associé de Velikhov à Kurchatov;