Le Monde, 22/5/2008: 

La France importe du plutonium anglais en toute discrétion

Au téléphone, le porte-parole d'Areva est mal à l'aise : "En ce qui concerne la mise en oeuvre du transport maritime, je ne peux vous l'indiquer, par ordre de nos autorités, qui nous imposent la confidentialité.

­ Mais à qui le Mox produit, à partir de ce plutonium, est-il destiné ?
­ Je ne peux pas nommer les clients, ce sont des éléments commerciaux non publics.
­ Et quelle quantité de plutonium est-elle transportée ?
­ Je ne peux pas vous le dire, pour la même raison commerciale."

Areva ne veut rien dire à propos de l'Atlantic Osprey, navire parti du port anglais de Workington, samedi 17 mai, et arrivé, mercredi 21 mai à 2 heures du matin, à Cherbourg. Au ministère de l'écologie, le conseiller de Jean-Louis Borloo chargé des questions de l'énergie avoue qu'il "n'est pas plus au courant que ça" [du transport]. L'Autorité de sûreté nucléaire explique quant à elle que son rôle se limite à s'assurer que le plutonium sera manipulé de manière sûre, mais qu'elle n'en sait pas plus. Le Haut-Comité pour la transparence et l'information nucléaire abordera la question en juin.

Si l'industrie et le gouvernement voulaient montrer que le nucléaire est secret et dangereux, ils ne s'y prendraient pas autrement. Il a fallu que Greenpeace et l'association anglaise Core enquêtent pour que l'on apprenne que la Grande-Bretagne et la France organisaient, entre Sellafield et La Hague, des transports secrets de plutonium ­ une des matières les plus toxiques au monde [1/1 000 000 ème de gr de plutonium inhalé suffit à provoquer un cancer].

Ainsi sait-on que les compagnies Sellafield Limited et Areva ont convenu d'acheminer à La Hague du plutonium anglais, afin qu'il soit expédié à Cadarache pour être transformé en Mox, un combustible nucléaire mélangeant plutonium et uranium.

Dans un premier temps, 1,3 tonne de plutonium est concernée, soit 4 à 5 transports [8 kilos de plutonium sont suffisant pour faire une bombe atomique de type Nagasaki]. L'Atlantic Osprey, arrivé à Cherbourg mercredi, acheminait environ 360 kg de plutonium. "Celui-ci est contenu dans des récipients de type Safkeg, d'une capacité de 18 kg, explique Yannick Rousselet, de Greenpeace. Ils sont placés par dix dans un conteneur d'une longueur de vingt pieds, lui-même posé sur le plateau d'un camion. Deux camions ont débarqué [dans la nuit du 20 au 21 mai]." L'Atlantic Osprey est un simple ferry, construit en 1986 ; alors que des vaisseaux spécialement conçus pour le transport de matières nucléaires, le Pacific Pintail et le Pacific Teal, sont disponibles. A la différence de ceux-ci, il n'est pas armé, ne comprend qu'une simple coque et un seul moteur. Cela pourrait faciliter une attaque terroriste, comme l'ont souligné des parlementaires britanniques quand l'affaire a émergé, en mars.

De surcroît, "ces navettes de plutonium à travers le rail maritime le plus fréquenté du monde sont dangereuses, dit Jacky Bonnemains, de Robin des bois. En 1984, un ferry chargé d'uranium, le Montlouis, avait coulé dans la Manche".

Il semble que le plutonium acheminé vienne compenser du plutonium français utilisé par Areva pour fabriquer du Mox pour le compte de Sellafield Limited. En effet, celle-ci est incapable de remplir ses obligations contractuelles : son usine de Mox, basée à Sellafield, n'a jamais fonctionné correctement.

Le 22 février, le ministre britannique de l'énergie, Malcolm Wicks, a reconnu devant la Chambre des communes qu'en cinq ans elle n'avait produit que 5,2 tonnes de Mox, alors que sa capacité nominale est de 120 tonnes par an. Comme la compagnie avait signé des contrats avec des clients étrangers, elle s'est trouvée dans l'incapacité de les satisfaire et Areva a sous-traité une partie de ses contrats, notamment pour la compagnie allemande E.ON.

Mais combien de Mox Areva compte-t-elle produire pour le compte de Sellafield Ltd ? Celle-ci a accumulé vingt tonnes de plutonium en attente de moxage. "Les compagnies pourraient avoir prévu un transfert total vers la France", dit M. Rousselet. Areva a explicitement proposé au gouvernement britannique de traiter les déchets de ce pays en France. "Si Thorp [l'usine de retraitement située à Sellafield] devait fermer, des solutions existeraient en France pour retraiter les matériaux britanniques", indiquait la compagnie, le 1er octobre 2007, dans sa réponse à la consultation publique menée par Londres.

[Rappel:
Fuite confirmée dans l'usine de retraitement nucléaire britannique THORP
8/12/2005 -
Une "fuite importante de liquide radioactif" a été décelée en 2005 à l'usine THORP dédiée au traitement de combustibles irradiés et implantée à Sellafield (Grande-Bretagne), confirme jeudi sur son site internet l'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Une telle fuite avait été rapportée le 29 mai par le journal britannique Independent of Sunday, qui estimait qu'il s'agissait de l'incident nucléaire le plus grave enregistré en Grande-Bretagne depuis des années. "Le 20 avril 2005, un volume d'environ 83 m3 de solution de dissolution clarifiée a été découvert, lors d'une inspection télévisuelle par caméra", dans un élément de l'usine qui "n'est pas accessible au personnel" et dont les "murs assurent la protection radiologique des locaux environnants", précise l'IRSN. L'usine, selon l'Institut, a été arrêtée dès la découverte de la fuite provoquée notamment par "la rupture par cisaillement d'une tuyauterie de transfert" alimentant une cuve. Le début de cette fuite remontait en fait "à plus de 9 mois" et "la rupture complète de la tuyauterie est intervenue au mois de janvier 2005", précise l'IRSN sur son site Web. "L'exploitant indique qu'il n'y a eu de conséquence radiologique, ni pour les travailleurs ni pour l'environnement", note encore l'Institut et "aucun rejet anormal n'a été détecté à la cheminée de l'usine" : il existe trois barrières de confinement et seule la première - la tuyauterie - a été mise en cause. La rupture de la tuyauterie de transfert, ajoute encore l'IRSN, est liée à des modifications du système qui ont entraîné "des contraintes mécaniques excessives" comme des vibrations. Par ailleurs, "la détection tardive de l'incident est liée à une série de défaillances humaines et organisationnelles". Le 2 octobre dernier, l'Independant on Sunday avait révélé le contenu d'un document interne du groupe britannique British Nuclear Fuels (BNFL) déclarant que l'usine de Sellafield présentait de graves problèmes de sécurité et était "potentiellement dangereuse".

Fuite de liquide radioactif non décelée dans une centrale nucléaire
(Selon le ministère allemand de l'Environnement, la fuite de liquide hautement radioactif pendant plusieurs mois à Sellafield a libéré quelque 220 kg de plutonium.)
LONDRES (29 mai 2005) - Quelque 83 000 litres de liquide hautement radioactif ont fui depuis plus de neuf mois de la centrale nucléaire britannique de Sellafield, rapporte l'Independent on Sunday. Ils se seraient écoulés à la suite d'une rupture de conduite non décelée.Selon le journal, il s'agit de l'incident nucléaire le plus grave enregistré en Grande-Bretagne depuis des années. A la Une, le journal indique que la fuite, égale à la moitié du contenu d'une piscine olympique, a été détectée le 19 avril et est le résultat d'une série d'erreurs humaines et techniques.The Independent on Sunday affirme que le groupe nucléaire britannique, qui gère Sellafield, a tardé à avertir qu'une erreur s'était produite.]

Sans débat ni information, Areva, qui voudrait construire des réacteurs nucléaires outre-Manche et est candidate à la gestion de Sellafield, engage la France de plus en plus nettement dans la gestion des déchets nucléaires anglais. La société a aussi accepté de traiter 235 tonnes de combustibles usés italiens. "Est-ce l'intérêt de la France de gérer les déchets nucléaires européens?, interroge Mycle Schneider, consultant indépendant. L'intérêt public n'est pas forcément le même que celui des compagnies."



Ouest-France, 22/5/2008: 

Le plutonium anglais débarqué à Cherbourg

Le convoi de camions, entouré d'une dizaine de véhicules de police, a pris la route de la Hague hier matin.

Attendu en mars, il arrive en mai. Quelques centaines de kilos de plutonium anglais ont franchi les grilles de l'usine de la Hague, hier matin. 5 h du matin mercredi à Cherbourg. Deux camions, placés sous forte escorte, sortent des cales de l'Atlantic Osprey, un ferry propriété du gouvernement britannique, pour gagner l'usine Areva NC de la Hague, à une vingtaine de kilomètres. Un débarquement et un transfert sans incidents.

Et sans la moindre manifestation antinucléaire. Pas même une banderole. La publicité autour de ce transport avait déjà été savamment organisée par Greenpeace, qui avait eu connaissance d'un départ imminent du plutonium, en mars dernier. Interdits d'approcher à moins de 100 m, sous astreinte de 75 000 ¤ par infraction constatée, les militants se sont gardés d'intervenir. Peu importe : le but, « dénoncer ce type de transports dangereux » était atteint.

C'est presque un convoi anodin, contenant certes des matières nucléaires dangereuses, qui est arrivé au port de Cherbourg. Le dispositif de sécurité paraissait plus allégé et moins visible qu'à l'habitude. L'utilisation d'un ferry presque classique marque aussi une volonté de discrétion - « de secret ? » - des opérateurs. Bien entendu, Jean-Luc Andrieux, directeur de PN international, la filiale de transport d'Areva, confirme que le navire, comme les emballages, répondent aux normes les plus draconiennes de sécurité.

Le plutonium - « quelques centaines de kilos » - sera donc reconditionné dans l'usine, dans un atelier spécialement adapté. L'opération consiste à le vider de son étui anglais contenant 7 kg de cette poudre grise hautement radioactive, pour le transférer dans les étuis français de 3 kg. « Cette opération, explique Christophe Neugnot, directeur de la communication d'Areva NC, va commencer à l'été. Elle durera deux mois. Ensuite, le plutonium sera acheminé à l'usine Mélox, dans le Gard, qui l'utilisera pour produire du Mox début 2009. Aucun retraitement de ce plutonium n'est prévu dans la Hague. »

C'est la concrétisation d'un contrat signé début 2000. L'usine de Sellafield, au nord-ouest de l'Angleterre, est l'équivalent d'Areva NC à la Hague. Depuis plusieurs années, elle connaît de nombreux problèmes de production.

Parmi ceux-ci, des difficultés à produire du Mox, un mélange d'oxyde d'uranium et de plutonium, utilisé pour charger 35 réacteurs nucléaires, dont 20 Français. Le Mox issu du plutonium anglais doit fournir exclusivement des centrales européennes. Une opération juteuse quand on sait que le potentiel énergétique d'un gramme de plutonium équivaut à celui d'une tonne de pétrole.

 


France3 Normandie, 19/12/06:

Eugène Riguidel dispensé de peine

Bien que reconnu coupable d'intrusion, le marin n'a pas été condamné.
Le célèbre navigateur était poursuivi pour être entré illégalement dans la zone de l'arsenal de Cherbourg avec son voilier la rieuse alors qu''il participait à une action anti-nucléaire avec Greenpeace.

La fin d'un feuilleton judiciaire
Le tribunal de grande instance de Caen a mis fin à l'affaire en décidant ce mardi que le navigateur serait dispensé de peine. Eugène Riguidel et deux coéquipiers étaient poursuivis pour avoir navigué dans une zone militaire du port de Cherbourg. En octobre 2004, l'association Greenpeace avait organisé une action contre l'arrivée dans le Cotentin d'un chargement de plutonium américain. Action à laquelle Riguidel s'était joint. Les trois hommes ont été arraisonnés puis gardés à vue et "la rieuse", le voilier de 5m50 du navigateur, saisie. 
Dans un premier temps, l'affaire devait être jugée par le tribunal correctionnel de Cherbourg qui s'est déclaré incompétent. C'est donc le tribunal de grande instance de Caen qui a repris le dossier. La décision du tribunal est de considérer que le navigateur est coupable, mais qu'il ne subira aucune condamnation pour les faits qui lui sont reprochés. Il devrait se voir restituer son bateau bloqué à Cherbourg depuis 2 ans.


Riguidel: confirmation en appel de l'incompétence du tribunal de Cherbourg

28/11/2005 - La cour d'appel de Caen a confirmé lundi l'incompétence du tribunal correctionnel de Cherbourg (Manche) pour juger trois militants écologistes, dont le navigateur Eugène Riguidel, qui avaient pénétré le 3 octobre 2004 dans une zone militaire du port de Cherbourg. La décision prise le 30 novembre 2004 par le tribunal correctionnel, bien que celui-ci se soit déclaré incompétent, de restituer à Eugène Riguidel son bateau a donc été annulée. Le tribunal de Cherbourg s'était déclaré incompétent car il n'est pas de son ressort de juger des affaires à caractère militaire.
Eugène Riguidel, vainqueur de la transat Lorient-St-Barth en 1979, devra maintenant s'adresser au procureur de la République de Cherbourg afin de demander la restitution de son bateau.
Eugène Riguidel, Jonathan Castle, commandant du premier Rainbow Warrior de l'association Greenpeace, et Pernilla Svenberg, bénévole de Greenpeace International, se trouvaient le 3 octobre 2004 à bord d'un petit voilier de 5,50 mètres lorsqu'ils avaient franchi la ligne délimitant la zone militaire du port de Cherbourg. Le voilier avait été arraisonné et ses trois occupants placés en garde à vue.
L'embarcation faisait partie d'une flottille composée d'une dizaine de bateaux sortie dans la rade de Cherbourg pour protester contre l'arrivée dans le port d'un chargement de 140 kg de plutonium militaire américain.


Eugène Riguidel devant la cour d'appel de Caen pour récupérer son bateau

24/10/2005 - Le navigateur Eugène Riguidel et deux militants de Greenpeace ont comparu lundi en appel à Caen pour avoir pénétré "frauduleusement" dans la zone militaire du port de Cherbourg (Manche) en 2004 pour protester contre l'arrivée d'un chargement de plutonium militaire américain. La cour d'appel rendra son arrêt le 28 novembre. En première instance, le tribunal correctionnel de Cherbourg s'était déclaré incompétent pour juger les trois militants écologistes, mais avait toutefois décidé de rendre à Eugène Riguidel son bateau "La petite Rieuse", qui avait été mis sous séquestre. Le parquet avait fait appel de cette décision et lundi, M. Riguidel, présent à l'audience, a notamment demandé à la cour de confirmer la décision de restitution du voilier. Eugène Riguidel, vainqueur de la transat "Lorient-St-Barth" en 1979, Jonathan Castle, commandant du premier Rainbow Warrior de l'association Greenpeace, et Pernilla Svenberg, bénévole de Greenpeace International, se trouvaient le 3 octobre 2004 à bord d'un petit voilier de 5,50 mètres lorsqu'ils avaient franchi la ligne délimitant la zone militaire du port de Cherbourg. Le voilier avait été arraisonné et ses trois occupants placés en garde à vue. "La petite Rieuse", propriété de M. Riguidel, faisait partie d'une flottille d'une dizaine d'embarcations sorties dans la rade de Cherbourg pour protester contre l'arrivée dans le port d'un chargement de 140 kg de plutonium militaire américain. L'avocat général a réclamé une sanction symbolique contre le navigateur. Une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés devant le palais de justice pour soutenir les trois prévenus.

 

Areva : livraison des 4 assemblages MOX à la centrale nucléaire de Catawba

25/5/2005 - En septembre dernier, dans le cadre des accords internationaux sur le désarmement nucléaire, Areva avait annoncé que le groupe était sur le point de fabriquer quatre assemblages-tests de combustibles Mox à partir d'échantillons de plutonium d'origine militaire, pour le compte du gouvernement américain, afin d'éliminer les stocks de plutonium excédentaires. Aujourd'hui une nouvelle étape de ce programme vient d'être franchie. En effet Duke Power vient d'annoncer que les quatre assemblages combustibles MOX de démonstration fabriqués en France par Areva ont été livrés à la centrale nucléaire de Catawba. L'autorité de sûreté américaine, la Nuclear Regulatory Commission (NRC), a par ailleurs annoncé qu'elle avait autorisé la construction de l'usine de fabrication de combustible MOX de Savannah River. Les enjeux de ce projet sont primordiaux. Le Département américain de l'Energie le considère d'ailleurs comme "le programme de non-prolifération le plus vaste de l'histoire". Duke Cogema, filiale à 100% d'Areva et Stone & Webster pour construire l'usine de fabrication de MOX sur le site de Savannah River en Caroline du Sud. Propriété du Département américain de l'Energie, l'usine sera exploitée par DCS.

Le combustible MOX doit quitter Cherbourg vers 4H00 (Cogema)

23/3/2005 - Le bateau transportant quatre assemblages de combustible civil Mox fabriqué à partir de plutonium militaire américain doit quitter le port de Cherbourg vers 4H00 du matin, à destination des Etats-unis, a-t-on appris mercredi soir auprès de la Cogéma. Le chargement des assemblages sur le "Pacific Pintail", à quai dans le port de Cherbourg, était en voie d'achèvement peu après minuit. Une série de procédures de contrôle était encore prévue avant le départ du bateau, annoncé vers 4H00, a expliqué Henri-Jacques Neau, directeur des relations extérieures de Cogema Logistique.
Le bateau, qui va voyager en compagnie du Pacific Teal, sous protection mutuelle, est attendu dans deux semaines à Charleston (Caroline du Nord). Une vingtaine de commandos britanniques, spécialisé dans l'escorte de combustible nucléaire, se trouvent à bord. Deux camions transportant les assemblages de combustible avaient quitté vers 21h30 l'usine de retraitement de la Hague sous escorte, pour se rendre vers le port de Cherbourg.

 

Le convoi de plutonium militaire américain a quitté La Hague

Cherbourg (22/3/2005) - Le convoi de plutonium militaire retraité en Mox (Mixed Oxyde) a quitté mardi soir l'usine de retraitement de La Hague (Manche) pour Cherbourg, apprend-on auprès de la Cogema. Les quatre assemblages de 500 kg chacun, à destination finale des Etats-Unis, sont attendus dans la soirée à Cherbourg, où il doit être transbordé sur l'un d'un deux navires, Pacific Pintail ou Pacific Teal, a-t-on précisé de même source. Les nombreuses forces de police et les CRS présents mardi soir à Cherbourg, ainsi que le déploiement de plusieurs hélicoptères, semblaient témoigner d'un embarquement prochain.
Les 140 kg de plutonium militaire américain débarqués sous forme d'oxyde à Cherbourg en octobre 2004 ont été "broyés, homogénéisés, cuits et conditionnés sous forme de crayons" à Cadarache (Bouches-du-Rhône), a expliqué la Cogema. Dans l'usine Melox de Marcoule (Gard), les crayons ont été ensuite reliés entre eux pour former des assemblages de Mox (mélange d'oxyde d'uranium et de plutonium). Les quatre assemblages faisant l'objet du contrat avec les Américains partiront avec des excédents de matières pour la centrale nucléaire de Catawba (Caroline du nord) pour l'électricien Duke Power.
Ce contrat ne sera pas forcément renouvelé, a-t-on expliqué à la Cogema car les Américains, en association avec Areva, devraient construire une usine de transformation de plutonium en Mox à Savanah River (Caroline du sud). Cette usine devrait permettre le recyclage d'environ 32 tonnes de plutonium, ce qui pourrait prendre une dizaine d'années. Lundi, le tribunal de grande instance de Cherbourg a enjoint les écologistes de Greenpeace et un regroupement d'associations, le réseau "Sortir du nucléaire", de ne pas s'approcher du convoi à moins de 100 mètres sur terre et de 500 mètres sur mer, sous astreinte de 75.000 euros par infraction. Yannick Rousselet, responsable de la campagne antinucléaire de l'organisation écologiste, s'est refusé à préciser les intentions des militants de Greenpeace. "75.000 euros d'amende par infraction, c'est très cher. On ne peut pas y aller pour peu de choses", a-t-il simplement dit.

 

Le MOX issu du plutonium militaire américain arrivé à La Hague

CHERBOURG (16 mars 2005) - Les quatre assemblages de combustibles Mox issus du plutonium militaire américain retraités à l'usine Melox de Marcoule (Gard) ont rejoint mardi soir l'usine de La Hague (Manche) d'où ils ne repartiront qu'au printemps prochain, a-t-on appris auprès de la Cogéma.

Les 140kg de poudre d'oxyde de plutonium militaire américain partis le 20 septembre 2004 de Charleston (Caroline du Sud) étaient arrivés début octobre dernier à Cherbourg (Manche) avant de rejoindre l'usine de La Hague pour y être conditionnés pour prendre la route à destination de l'usine de Cadarache (Bouches-du-Rhône) où ils ont été retraités.

Après traitement, le MOX avait rejoint l'usine Mélox d'où il est parti dans la nuit de lundi à mardi. Les assemblages vont dans les prochains jours être transférés de leur emballage de transport routier dans un conteneur de transport maritime pour être acheminés vers les Etats-Unis.

Les quatre assemblages fabriqués en France seront chargés dans la centrale nucléaire de Catawba (Caroline du Nord), exploitée par l'électricien Duke Power.

 

 

Greenpeace France, 08/03/2005 : 

Plutonium américain - Des difficultés de production à Melox ?

En octobre dernier, 140 kilogrammes de plutonium, issus d'armes nucléaires américaine, transitaient à travers la France sous une énorme protection militaire et policière. A cette époque, les déclarations d'Areva/Cogema et des autorités tant françaises qu'américaines annonçaient une fin de fabrication et un retour de cette matière, sous forme de Mox, vers le port de Cherbourg : "fin janvier, début février". Nous sommes maintenant en mars et aucun nouveau transfert n'a eu lieu. Areva rencontrerait-elle des difficultés de fabrication dans son usine Melox de Marcoule (Gard) ? Sur le terrain, les faits et les témoignages vont dans ce sens.

Quid du planning initial ?
Dans l'ensemble des document publics de la NRC (autorité de sûreté américaine) ou de Areva, il est stipulé que la production des "pastilles" et "crayons" de combustible à Cadarache, demanderait trois mois de travail. La fabrication des "assemblages" dans l'usine de Melox demandant un mois. On peut lire également que le départ vers les Etats Unis doit avoir lieu "début 2005". Lors de l'arrivée à Cherbourg les portes paroles d'Areva et des autorités ont annoncé (citations reprises par de nombreux organes de presse) un délai de quatre mois de fabrication et un retour de ce Mox prévu fin janvier/début février. De fait, la fabrication des pastilles et crayons à Cadarache a duré environ trois mois et la fabrication des assemblages à Melox, confirmée par Areva elle-même, a commencé le 18 janvier et aurait donc dû, au regard de la production moyenne habituelle de Melox, être terminée autour du 18 février. Au vu de la nécessité d'introduire ces assemblages lors de l'arrêt du réacteur de Catawaba (Caroline du Sud) initialement prévu en avril (apparemment décalé de trois semaine maximum), en calculant les délais de transports nécessaire, qu'ils soit routiers ou maritimes, une période d'environ trois à quatre semaine est nécessaire au transfert. Le départ de France doit donc avoir lieu en mars.

Où en-est-on aujourd'hui ?
Lors de la conférence de presse organisée par Areva à l'occasion de l'escale d'un navire nucléaire à Cherbourg, le 17 février dernier, la presse a interrogé Areva sur ces questions. La responsable des relations publiques de l'industriel français a répondu alors que le transfert vers La Hague n'aurait pas lieu avant... "la deuxième moitié d'avril". Lors de la même journée un responsable de Cogema Logistics allait jusqu'à dire que ce transport n'aurait pas lieu "avant la fin du premier semestre" ajoutant, auprès d'une autre source, que "fin juin" serait probable. Deux analyses intéressantes peuvent donc être faites de ces déclarations : ces deux sources manquent de cohérence sur leur communication (alors que sur un sujet aussi sensible, les citoyens sont en droit d'attendre de la part des responsables un discours clair et cohérent) et les délais annoncés ne correspondent absolument plus au planning annoncé il y a quelques mois. Plus grave, cette annonce est incohérente avec le fait que ce Mox doit être chargé pendant l'arrêt programmé du réacteur de Catawaba. S'interrogeant sur ces problèmes de délais, Greenpeace a mené sa propre enquête en s'informant auprès de différentes sources proches du dossier : des éléments concordants montrent que, visiblement, Areva connaît des difficultés techniques pour assurer la fabrication du Mox.

Des difficultés chroniques dans la fabrication du Mox :
depuis toujours et malgré les propos lénifiants de l'industrie, la fabrication du Mox a posé des problèmes avoués ou inavoués.
1 - Lors de la fabrication de nombreux ratés ont lieu, des "rebuts" et déchets sont créés (plus de 8% en 1999), une partie est réintroduite dans le processus de fabrication, mais des centaines de kilos de matière fissiles sont retournées vers l'usine de La Hague. Rappelons que pour le plutonium américain il est prévu de renvoyer deux assemblage "ratés" pour quatre "réussis", Areva oublie souvent de communiquer sur cet élément important (voir Mox quality Report).
2 - La presse spécialisée rapportait ainsi le 12 janvier 2005 des propos de Mr Juergen Krellman, directeur "Recycling usines unit" d'Areva où il avouait que lors de la fabrication des crayons à Cadarache "quelques problèmes" ont été rencontrés. Raison évoquée : l'aspect prototype de ce projet.
3 - Ces problèmes sont connus. Ils concernent l'homogénéité des pastilles de combustibles, sont récurrents et, plus grave, sont à la base... des falsifications des relevé de contrôles des combustibles Mox qui avaient été expédiés vers le Japon et qui de ce fait n'ont jamais été chargés dans les réacteurs nippons. Conséquences : le démarrage de l'utilisation du Mox au Japon a été totalement remis en cause.

Une situation ubuesque :
Alors que depuis plusieurs années, les responsable de Melox ont annoncé que la quantité de "rebuts" diminuerait en permanence pour finalement être nulle avant la fin 2000, les équipes de Greenpeace en surveillance près de l'usine et sur le parcours des camions de plutonium (contenant à la fois du Mox et des rebuts) ont pu constater, au contraire, une hausse du trafic de camions remplis de rebuts retournant vers l'usine de La Hague. Greenpeace n'est pas la seule à s'inquiéter de cette situation puisque la DGSNR (Direction Générales de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection, organisme de l'état français) a mis Areva en demeure dans une lettre du 10 février 2005, de s'expliquer sur l'augmentation des déchets à destination de La Hague. Greenpeace demande donc à Areva de sortir de son insupportable silence pour répondre à des questions simples qui concernent la sécurité et la santé de l'ensemble des citoyens français :

- Quelle est réellement la situation dans l'usine de Melox et quelles sont les difficultés rencontrées pour assurer la fabrication du Mox ?
- Quand le transfert de Mox, annoncé pour fin janvier/début février, aura t-il enfin lieu ?
- Pourquoi, dans son soucis de "transparence" légendaire, Areva ne publiera-t'elle pas très prochainement un calendrier prévisionnel de ce transfert afin d'informer élus et populations sur le trajet de ce convoi à haut risque ?

"Areva ne peut plus berner l'opinion avec son programme pour la paix. Elle doit d'abord répondre à des questions simples et légitimes sur ses propres capacités avant de vouloir donner des leçons. En outre, aux USA et en Russie les difficultés s'accumulent. D'un point de vue financier bien entendu mais également, d'un point de vue social : un récent sondage a montré que 83% de la population s'oppose à la création d'une usine de Mox à Tomsk en Sibérie", rappelle Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France. "Il faut immobiliser ce plutonium et le noyer dans des déchets de très haute activité et prohiber son transport où sa réutilisation qui contribuent à la prolifération nucléaire mondiale. Chaque année, Areva produit l'équivalent de deux bombes de la puissance de Nagasaki par jour."


Plutonium américain: le convoi est arrivé à Cadarache

SAINT-PAUL-LES-DURANCE (8 octobre 2004) - Le convoi susceptible de transporter le plutonium militaire américain, parti jeudi matin de La Hague, est arrivé vendredi vers 02H00 (00H00 GMT) sur le site de Cadarache (sud-est), où cet échantillon nucléaire de 140 kilos doit être recyclé en combustible civil, a-t-on appris de source proche du dispositif de sécurité.Le poids-lourds, directement précédé et suivi de deux véhicules de la gendarmerie, a traversé la France sur un parcours de 1.200 km, en traversant les villes de Rennes, Nantes, Toulouse et Montpellier en direction de Bordeaux, selon des journalistes de l'AFP et des militants de l'organisation écologiste Greenpeace. Précédant le convoi, d'autres véhicules de gendarmerie et de police ouvraient la voie. Des voitures banalisées des forces de l'ordre accompagnent également le poids lourd. Le plutonium sera retraité au site de la Cogema à Cadarache, avant une ultime opération à l'usine de cette société à Marcoule (Gard).

 

Greenpeace, 08 Octobre 2004:
Prochain transport de plutonium entre La Hague et le Sud : mardi prochain 12 Octobre ?


Le convoi supposé transporter le plutonium américain passe à Bègles malgré l'arrêté de Noël Mamère

BORDEAUX (7 octobre 2004) - Un convoi soupçonné de transporter le plutonium militaire américain arrivé mercredi à Cherbourg est passé jeudi à 15h45 par la commune de Bègles (Gironde) en empruntant la rocade bordelaise A630, malgré l'arrêté municipal d'interdiction qui avait été pris symboliquement par le député-maire Vert de la commune Noël Mamère.
Ce dernier, accompagné d'une cinquantaine de militants des Verts, de Greenpeace et du réseau Sortir du nucléaire, a manifesté sur un pont enjambant la rocade au moment où passait le convoi escorté par une demi-douzaine de motards et de très nombreux cars de la gendarmerie. Le convoi a ensuite pris la direction de Toulouse par l'A62. "Mon arrêté était symbolique", le convoi passant sur une voie nationale, a reconnu Noël Mamère. "C'est une démarche politique pour alerter la population des dangers qu'on lui fait courir", a-t-il expliqué, dénonçant "la militarisation de la société".
Le convoi a quitté jeudi matin l'usine de Cogema de retraitement de La Hague (Manche). S'il transporte effectivement le plutonium, il devrait rallier d'ici deux jours Cadarache (Bouches-du-Rhône) où la matériau radioactif doit être retraité. Selon Patrick Maupin, porte-parole de Greenpeace en Gironde, il n'est pas possible d'être certain à 100% que ce convoi n'est pas un leurre, mais les autres équipes de Greenpeace postées sur les différents itinéraires possibles depuis la sortie de l'usine de La Hague n'ont pas remarqué d'autre convoi. Greenpeace appelle à un rassemblement de protestation samedi après-midi sur la rocade bordelaise.


Un convoi a pris la route

07/10/04 - Un convoi, susceptible de transporter le plutonium militaire américain arrivé mercredi en France pour être retraité à Cadarache (Bouches-du Rhône) a pris la route tôt jeudi matin depuis l'usine de La Hague (Manche), entouré d'un imposant dispositif de sécurité. Un poids lourd, de couleur blanche et surmonté de gyrophares, précédé de deux véhicules de gendarmerie et suivi par deux autres, a traversé le département de la Manche dans la nuit, jusque Caen. Il a ensuite pris l'autoroute en direction de Rennes et marqué une pause peu avant 07h00 sur une aire d'autoroute, à une trentaine de kilomètres de Caen, selon une journaliste de l'AFP. De très nombreux policiers et gendarmes étaient présents sur cette aire de repos. Précédant le convoi, d'autres véhicules de gendarmerie et de police ouvrent la voie. Des voitures banalisées des forces de l'ordre accompagnent également le poids lourd. D'importantes forces de police et de gendarmerie ont en outre été déployées le long du parcours emprunté par le convoi. Policiers et gendarmes sont positionnés à toutes les intersections, sur les ponts et dans les tunnels. Interrogée la Cogema, société propriétaire de l'usine de La Hague, s'est refusée à tout commentaire sur la nature de la cargaison du convoi qui a quitté l'usine à 04h15. L'itinéraire du convoi jusque Cadarache est tenu secret par les autorités.


Liberation, jeudi 07 octobre 2004:
Comment l'Amérique s'est convertie au retraitement «à la française»
(ce qui est faux)


Mardi 05 octobre 2004:
Greenpeace bloque la route du convoi de plutonium entre Cherbourg et La Hague

 

Action des anti-nucléaires dans la rade de Cherbourg

03/10/04 - Une dizaine des bateaux d'opposants au transport de plutonium militaire américain attendu prochainement au port de Cherbourg (Manche), sont sortis dimanche matin dans la rade, et un a été arraisonné par la gendarmerie maritime. Le navigateur Eugène Riguidel se trouvait à bord du voilier arraisonné, pour être entré dans la zone militaire de l'arsenal. La flottille était composée de particuliers sensibles à la cause des anti-nucléaires, de membres de l'association écologiste Greenpeace, de membres du Réseau Sortir du Nucléaire, mais aussi de membres d'une flottille anti-nucléaire constituée en Irlande. Trois canots pneumatiques de la gendarmerie nationale étaient sur place. L'ensemble des informations dont nous disposons nous laissent penser que le plutonium arrivera dans la nuit de lundi à mardi", a estimé dimanche matin Yannick Rousselet, porte-parole de Greenpeace à Cherbourg, alors qu'aucune information n'était donnée du côté des autorités locales.

 

Noël Mamère à Cherbourg contre l'arrivée de plutonium américain

02/10/04 - Le député-maire (Verts) de Bègles Noël Mamère s'est rendu samedi à Cherbourg (Manche) pour soutenir les associations écologistes et anti-nucléaires qui luttent contre l'arrivée prochaine par ce port de plutonium militaire américain. Au cours d'une conférence de presse, Noël Mamère a dénoncé le "déficit démocratique du pays" concernant la question du nucléaire et a qualifié le système français de "très opaque" sur cette question. Il s'est prononcé "pour que la transparence prime sur l'opacité" et "pour que notre avenir ne se joue pas dans notre dos". Il a par ailleurs dénoncé "le lobbying nucléaire" responsable de la faible mobilisation des Français sur ce thème. La conférence de presse avait lieu face à la rade de Cherbourg, sur la route qui mène à la centrale nucléaire de La Hague, là où Greenpeace s'est installé depuis jeudi pour attendre le convoi transportant quelque 140 kg de plutonium militaire américain à destination de Cadarache (Bouches-du-Rhône). Une vingtaine d'activistes anti-nucléaires étaient présents, parmi lesquels des représentants du Réseau sortir du nucléaire, de Greenpeace, de la Confédération paysanne, ainsi que d'une association américaine anti-nucléaire de Charleston (Caroline du sud), d'où est parti le plutonium. Les anti-nucléaires ont reçu dans la matinée le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) Alain Krivine, qui leur a apporté son soutien. La poudre d'oxyde de plutonium transportée par deux navires britanniques, partis le 20 septembre de Charleston, est attendue d'ici le milieu de semaine prochaine à l'arsenal de Cherbourg, a précisé Yannick Rousselet, porte-parole de Greenpeace à Cherbourg, qui a qualifié les deux bateaux de "bateaux fantômes, impossibles à localiser pour le moment", malgré la présence de nombreux hélicoptères et de l'Esperanza, le bateau de Greenpeace, parti à la rencontre du convoi américain.

 

Cherbourg dans l'attente du plutonium américain

CHERBOURG, Manche 02/10/2004 - Les écologistes de Greenpeace et des militants antinucléaires ont pris position samedi à Cherbourg dans l'attente de deux bateaux chargé de 140 kilogrammes de plutonium militaire américain, attendus probablement au cours du week-end. Les deux bateaux, le Pacific-Teal et le Pacific-Pintail, de la compagnie britannique PNTL (Pacific Nucléair Transport Ltd), ont quitté le 20 septembre Charleston, en Caroline du Nord, à destination du port français. Les écologistes se sont regroupés et ont installé une tente d'exposition et du matériel de protestation (bidons, banderoles) à Equeurdreville, non loin de Cherbourg, sur la route que devrait emprunter le convoi nucléaire. La cargaison fera étape à La Hague pour être reconditionnée avant de gagner sa destination finale à Cadarache (Bouches-du-Rhône) où il doit être converti en Mox, un mélange d'oxyde d'uranium et de plutonium. Les militants de Greenpeace pariaient sur une arrivée pendant le week-end des bateaux qui, selon eux, devraient être déchargés de leur poudre de plutonium dans l'enceinte de l'arsenal militaire. Samedi, ils n'avaient cependant pas pu encore les détecter visuellement au moyen de l'hélicoptère qu'ils ont affrété ou de leur bateau, l'Esperanza. Greenpeace, qui n'entend pas s'opposer au cheminement du convoi, veut cependant multiplier les actions de protestation et de communication contre un transport dont l'association juge qu'il fait courir "des risques inacceptables à l'environnement et aux populations".
"SECRET DEFENSE"
Des soutiens et encouragements divers se sont multipliés à Equeurdreville samedi, avec notamment la venue d'Alain Krivine, porte-parole de la LCR, de responsables de la Confédération paysanne, du réseau "Sortir du nucléaire", et même d'une Américaine, Merrill Chapman, membre de l'association "les citoyens de Charleston". Le député-maire de Bègles Noël Mamère (Vert) qui, la veille, a signé un arrêté interdisant le passage de plutonium dans sa commune a dénoncé à Equeurdreville, "la dictature des experts et des castes d'Etat" qui aboutit au développement du tout-nucléaire alors que, déplore-t-il, "la politique énergétique du pays n'a pas été débattue par les représentants du peuple". Il a également critiqué la parution d'un arrêté imposant le "secret défense" sur les informations relatives aux transports de déchets nucléaires et a affirmé vouloir continuer à se battre pour que "la transparence prime l'opacité". Il a justifié son opposition au traitement de déchets américains par l'existence d'un "principe de proximité" qui veut que "quand on produit des déchets, on les traite sur place". A Alain Krivine qui, en matinée, s'enquérait des moyens de protection terrestre du convoi, Yannick Rousselet, chargé de la campagne nucléaire à Greeenpeace France, a détaillé des forces impressionnantes. Selon lui, autour du ou des camions chargé(s) des 140 kg de matières fissiles, il devrait y avoir "trois escadrons de gendarmerie mobile, deux compagnies de CRS et des hommes du GIPN". L'opération de transport de ces produits entre "dans le cadre du programme de désarmement nucléaire "Mox fo Peace", indique pour sa part un communiqué d'Areva. Il a pour but "d'éliminer les stocks de plutonium américains excédentaires issus de la guerre froide, en les recyclant comme combustibles civils dans des centrales nucléaires." Dans un communiqué, la CGT de la Cogema souligne de son côté "l'effarante contradiction des antinucléaires" et demande : "Comment peut-on s'opposer aux armes nucléaires et à leur destruction"? Selon la législation internationale, les seuls modes de transport pouvant être utilisés pour convoyer des matières fissiles sont les bateaux et les camions.

[A propos du "Secret défense" : Reporters Sans Frontières, Greenpeace et la CRIIRAD saisissent le conseil d'Etat afin d'obtenir l'abrogation de l'arrêté "Secret défense" du 24 juillet 2003 (voir: Des peines d'amendes requises et "L'arroseur arrosé"). Pétition nationale pour l'abrogation de l'arrêté "Secret défense" pour défendre le droit à l'information sur le nucléaire et ses dangers (voir le gouvernement "précise" ses intentions).]


Greenpeace surveille l'arrivée en France de bateaux US chargés de plutonium

02/10/04 - L'organisation de défense de l'environnement Greenpeace a annoncé samedi qu'elle avait posté un bateau au large des côtes britanniques pour surveiller l'arrivée en France en provenance des Etats-Unis de deux bateaux chargés de plutonium à usage militaire. Un porte-parole de Greenpeace, Shaun Burnie, a déclaré que son organisation pourrait identifier les deux bateaux et alerter les organisations françaises de défense de l'environnement pour qu'elles organisent des manifestations, bloquent des routes et empêchent le chargement des bateaux de parvenir aux usines de retraitement. Il a ajouté que les deux bateaux chargés de déchets nucléaires devaient à l'origine arriver samedi soir à Cherbourg mais qu'il n'était pas sûr du moment exact auquel ils seront à quai. Le bateau de Greenpeace MV Esperanza a jeté l'ancre au sud de Weymouth (Dorset). Greenpeace a également des membres à Cherbourg qui attendent l'arrivée du bateau. Les bateaux pourraient passer à environ 25 kilomètres au large de la Cornouaille. Le bateau de Greenpeace est posté entre Guernesey et Start Point.

 


02/10/2004 - Le député-maire Vert de Bègles (Gironde) a pris vendredi un arrêté municipal interdisant à partir du 1er octobre «le passage et le transit des convois routiers de matières nucléaires» sur sa commune.


Le Figaro, 01/10/2004 :
Le plan de bataille des écologistes contre le plutonium américain

 

Maires sollicités pour interdire le transport

BORDEAUX, 1er octobre - Le réseau "Sortir du nucléaire" a demandé vendredi aux maires des communes situées sur l'un des itinéraires que pourraient emprunter les camions transportant du plutonium militaire américain de Cherbourg (Manche) à Cadarache (Bouches-du-Rhône) à prendre des arrêtés municipaux interdisant leur passage. Le député-maire Vert de Bègles (Gironde), Noël Mamère, dont la commune se trouve selon "Sortir du nucléaire" sur l'un des quatre itinéraires possibles, a d'ores et déjà décidé de prendre un tel arrêté. Il devait tenir une conférence de presse vendredi après-midi. "Il s'agit de demander à ces maires de prendre en urgence des arrêtés municipaux interdisant le passage sur leur commune de tels transports routiers", a indiqué le porte-parole du réseau, Stéphane Lhomme. "Tout est possible, un accident, un attentat, qui auraient des conséquences dramatiques", a-t-il précisé. Dans la lettre adressée aux maires concernés, "Sortir du nucléaire" souligne qu'en prenant un tel arrêté, "vous protégerez vos administrés et peut-être beaucoup d'autres citoyens si le transport de plutonium est rendu impossible: nous comptons sur la mobilisation de nombreux maires de communes situées sur les parcours potentiels des camions de plutonium". Le plutonium acheminé par bateau vers la France, et dont l'arrivée est prévue peut-être ce week-end à Cherbourg, doit être conditionné par la société Areva dans l'Atelier de plutonium de Cadarache, appelé "INB n°32". Noël Mamère avait déjà pris un arrêté le 18 décembre dernier visant à interdire la circulation des trains transportant des déchets nucléaires vers le centre de retraitement de La Hague (Manche) en provenance de la centrale du Blayais, dans le nord du département de la Gironde. Cet arrêté avait été annulé le 7 janvier par le tribunal administratif de Bordeaux saisi par le préfet de la Gironde, la circulation des trains étant une prérogative de l'Etat, ce qui n'est pas le cas des transports routiers. Jeudi, "Sortir du nucléaire", par l'intermédiaire de "Tchernoblaye", l'une des 695 associations qui composent le réseau, a saisi le Conseil d'Etat pour faire interdire le traitement du plutonium dans une installation de Cadarache fermée en août 2003 par l'Autorité de sûreté nucléaire en raison de son "inadaptation au risque sismique".

 


Libération, 01/10/2004

Le secret défense opposable aux militants

En dévoilant des informations relatives au transport de matières nucléaires, Greenpeace ne court-il pas le risque d'être poursuivi pour violation du label confidentiel défense ? L'arrêté du 24 juillet 2003 a en effet classé secret défense les informations concernant toutes les matières nucléaires, leur transport et leurs installations. Cette mesure, prise par le haut fonctionnaire de défense du ministère de l'Industrie, Didier Lallemand, visait alors Greenpeace, la publication par l'association écologiste des trajets et horaires des convois de plutonium traversant régulièrement la France étant jugée irresponsable dans le contexte terroriste de l'après-11 Septembre.
En continuant à mener bataille sur ce terrain à propos du plutonium américain, l'ONG encourt des peines sévères : toute violation de cette réglementation est en effet passible de 75000 euros d'amende et cinq ans de prison. «Toutes les informations sur lesquelles nous communiquons sont publiques : elles sont accessibles sur les sites Web d'Areva, de l'IRSN (NDLR : Institut de radioprotection et de sûreté nucléaires) ou de l'Autorité de sûreté nucléaire, rétorque Yannick Jadot, directeur de campagne nucléaire chez Greenpeace France. Quant aux photos des convois au bord de l'autoroute ou s'arrêtant à une station-service à côté d'un camion-citerne, n'importe qui peut les prendre comme nous.»
Dont acte. Il n'en demeure pas moins que le haut fonctionnaire de défense Didier Lallemand, interrogé par Le Figaro, ne cache pas son agacement : «Même si Greenpeace donne des informations très partielles, celles-ci risquent de gêner la sécurité et je trouve cela dommageable. Ils n'ont pas besoin, pour défendre leur cause, de communiquer les horaires et trajets des convois. Cela ne renforce en rien le combat qu'ils mènent. D'autant que nous poursuivons un but commun : nous battre contre la prolifération.» Didier Lallemand a fait part de ses inquiétudes au procureur de la République, seul juge de l'opportunité des poursuites. Et de préciser : «Une procédure ne sera pas pour autant engagée. Je ne crois pas qu'elle soit à l'ordre du jour.» Pour l'heure.

 


Greenpeace France, lundi 27 septembre 2004:
Un navire de Greenpeace, l'Esperanza, devance le transport de plutonium américain au port de Cherbourg
 


Journal Du Dimanche, 26/09/2004 :
L'atome US débarque en France

 

La Presse de la Manche, 26/09/2004 : 
Sortir du nucléaire manifeste contre le plutonium américain


Manifestation à Cadarache contre l'arrivée prochaine de plutonium américain

25/09/2004 - Entre 200 et 300 manifestants anti-nucléaire ont protesté samedi après-midi à Cadarache (Bouches-du-Rhône), devant le centre de recherches du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), contre l'arrivée prochaine de 140 kg de plutonium militaire américain qui y seront recyclés, a constaté une journaliste de l'AFP. "La France, avec sa technologie, était déjà la poubelle atomique européenne, et maintenant, avec l'arrivée du plutonium américain, elle devient la poubelle mondiale", a déclaré Hervé Grimal, un des porte-parole du réseau national "Sortir du nucléaire" qui regroupe près de 700 associations et organisations et appelait à des manifestations dans huit villes de France. Les manifestants, souvent vêtus de combinaisons blanches de protection, avaient déployé une banderole "Nucléaire Non" sur les grilles du CEA.
Deux navires britanniques, transportant ces 140 kg de poudre d'oxyde de plutonium, ont quitté Charleston (Etats-Unis) le 20 septembre pour arriver une quinzaine de jours plus tard à Cherbourg (Manche). Leur cargaison sera ensuite acheminée par la route à Cadarache, pour y être transformée en combustible Mox, destiné à alimenter des centrales nucléaires civiles. "Une fois de plus, le nucléaire civil se retrouve au service du nucléaire militaire. Pour cela, on n'hésite pas à rouvrir à Cadarache un atelier fermé depuis juillet 2003, car non adapté au risque sismique. En aucun cas, la sécurité des populations n'est prise en compte", a déploré Jean-Louis Marchetti, porte-parole de la LCR. Dénonçant les risques pour la santé des populations, notamment lors du transfert, Marianne Moukoumel, déléguée nationale des Verts, a stigmatisé "un déni de démocratie et de l'information des populations très grave".
Selon Stephane Lhomme, porte-parole national de "Sortir du nucléaire", les anti-nucléaire étaient une centaine à Cherbourg, et une cinquantaine dans les autres villes: Nantes, Amiens, Bordeaux, Toulouse, Lyon et Paris. "Une réussite pour une première opération d'interpellation de l'opinion publique", a affirmé le porte-parole du réseau qui appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 9 octobre dans les principales villes où les camions transportant le plutonium sont susceptibles de passer. A Toulouse, un des trois itinéraires de transport possibles, une trentaine de membres du Collectif anti-nucléaire toulousain (CANT) ont accroché une banderole "Toulouse route du plutonium ?" sur un pont au-dessus du boulevard périphérique, avant de diffuser des tracts aux automobilistes. "Quelques jours après le troisième anniversaire de l'explosion d'AZF, les Toulousains refusent de prendre de tels risques pour traiter les déchets nucléaires de Bush", a déclaré une militante du CANT, qui regroupe les Amis de la Terre, Greenpeace, Chiche et les Verts. A Amiens, des manifestants ont distribué des tracts aux automobilistes sur un pont à l'entrée de la ville

 

Huit manifestations contre le plutonium américain

25/09/2004 - Huit manifestations se sont déroulées simultanément samedi après-midi à Cherbourg, Amiens, Paris, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon et Cadarache, à l'appel du Réseau "Sortir du nucléaire", pour dénoncer le transport imminent de 140 kilos de plutonium venu des Etats-Unis de Cherbourg (Manche) à Cadarache (Bouches-du-Rhône).
Selon le porte-parole du Réseau Stéphane Lhomme, qui participait à la manifestation à Bordeaux, plus de 700 militants se sont mobilisés partout en France, dont 300 à Cadarache. "Cette opération d'interpellation de l'opinion publique est une grande réussite puisque nous avons pu distribuer des milliers de tracts. Devant ce succès, nous appelons d'ailleurs à une seconde journée d'action le samedi 9 octobre dans un plus grand nombre de villes", a-t-il précisé à Reuters.
D'ici là, les deux bateaux transportant du plutonium militaire, qui ont quitté les Etats-Unis pour la France, seront arrivés, vraisemblablement vers le 2 octobre. "Il s'agit de dénoncer la mise en danger de millions de citoyens par la multinationale radioactive Areva, qui compte transporter par camion 140 kilos de plutonium (l'équivalent de 30 bombes atomiques !) par camion en passant dans de grandes agglomérations, de Cherbourg à Cadarache", a expliqué Stéphane Lomme.
Les manifestations se déroulaient dans des villes situées sur "les quatre itinéraires fortement vraisemblables", selon le Réseau Sortir du nucléaire. Pour Stéphane Lhomme, le mode de transport choisi est particulièrement dangereux puisqu'"on voit régulièrement des gangsters utilisant des lance-roquettes s'attaquer à des fourgons blindés". "Des terroristes pourraient utiliser le même procédé". Il a aussi dénoncé le fait que ce plutonium soit retraité "avec la complicité des autorités" dans l'Atelier du plutonium de Cadarache "reconnu comme inadapté au risque sismique" et "dont la fermeture en juillet 2003 a été acté par l'Autorité de sûreté nucléaire". Enfin, selon lui, c'est la première fois qu'on retraite du plutonium militaire. "Les Etats-Unis mènent une expérience mais ils préfèrent la faire en France plutôt que chez eux", a-t-il déploré.

 

Ouest-France, 24/09/2004

Le plutonium s'offrira un tour de France
La cargaison américaine attendue à Cherbourg, puis transportée à Cadarache

Le plutonium s'offrira un tour de France

Stoppé par l'Autorité de sûreté nucléaire, en juillet 2003, pour « absence de démonstration satisfaisante de tenue au séisme », le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône) vient d'obtenir une nouvelle autorisation de fonctionnement sans qu'aucune mesure parasismique nouvelle n'ait été prise.
On y fabriquera un combustible test avec 140 kg de plutonium militaire américain qui vont transiter par Cherbourg.

- Pourquoi 140 kg de plutonium militaire américain arrivent-ils en France ?

En septembre 2000, Russes et Américains ont signé un accord qui prévoit d'éliminer, chacun, 34 tonnes de plutonium militaire en excès. Ils auraient pu le stocker ou le neutraliser en le mélangeant à des déchets nucléaires.
Le groupe français Areva (ex-Cogema) les a convaincus d'en faire du combustible Mox. L'opération ne permet pas d'éliminer le plutonium puisqu'en « brûlant », le Mox en fabrique autant qu'il en consomme. Celui qu'il produit n'a plus les qualités militaires. Mais sa capacité de nuisance reste importante.

- Qu'est-ce que le Mox ?

Il s'agit d'un combustible qui assemble environ 4 % de plutonium - issu du retraitement des combustibles usés réalisé à la Hague - avec de l'uranium.
Une trentaine de centrales en utilisent en Europe depuis une quinzaine d'années. L'anglais BNFL et surtout Areva sont les deux seuls fabricants au monde. Cependant, à ce jour, personne n'a produit de Mox à partir de plutonium militaire nettement plus virulent. Areva et les autorités de sûreté assurent que le procédé est rodé et nécessite juste quelques adaptations. Les écologistes s'inquiètent des risques potentiels de ce produit hautement radioactif. Ils plaident pour sa neutralisation rendant toute utilisation ultérieure quasi impossible.

- Comment ce plutonium est-il transporté actuellement ?

Il a été chargé sous forme de poudre à Charleston (États-Unis) à bord de deux cargos appartenant à la compagnie anglaise PNTL dont Cogema détient 15 %. Ces navires, âgés d'une vingtaine d'années, ont été spécialement construits pour les transports nucléaires. Par mesure de sécurité, ils sont équipés de canons rapides servis par des forces spéciales britanniques embarquées avec l'équipage anglais. Partis lundi, les bâtiments sont attendus en fin de semaine prochaine à Cherbourg. Sur mer comme sur terre, l'opération relève du secret-défense. Les écologistes crient à l'inconscience.

- Pourquoi passer par Cherbourg ?

Malgré l'opposition écologiste qu'elle rencontre en Normandie (1), Cogema s'y sent chez elle. Le port dispose d'installations de manutention spécifiques utilisées pour ses relations nucléaires avec le Japon. Il semble cependant fort probable que les opérations se déroulent dans l'enceinte du port militaire, comme ce fut le cas en 1993 pour le retour du plutonium vers le Japon. Un dispositif impressionnant de sécurité maritime et terrestre se met actuellement en place. L'autre raison à cette escale normande, c'est la présence de l'usine de la Hague. Les conteneurs radioactifs vont y changer d'emballage de transport avant de traverser la France, par camions, pour rallier Cadarache dans les Bouches-du-Rhône.

- Pourquoi Cadarache ?

La quantité de plutonium à traiter (140 kg) est faible sur le plan industriel même si elle permet de fabriquer quelques dizaines de bombes.
Avant sa fermeture, en juillet 2003, l'atelier ATPu traitait trois tonnes par an. L'Autorité de sûreté estime que cette reprise d'activité provisoire ne présente aucun risque et ne remet pas en cause le processus d'arrêt définitif et de démantèlement du site, qui reprendra aussitôt le Mox américain fabriqué. Areva n'a sans doute pas voulu, non plus, prendre le risque d'un incident dans son usine de Marcoule (Gard) où elle fabrique du Mox pour EDF et ses clients étrangers. L'assemblage du combustible américain se fera toutefois dans le Gard avant de reprendre le chemin de la Hague pour être expédié, par mer, aux États-Unis début 2005. Les assemblages seront ensuite utilisés dans une centrale américaine appartenant à Duke Power.

- Combien ça rapporte ?

Mis en place par le Department of Energy américain, le programme « Mox for Peace » prévoit la construction, si le test Areva fonctionne, d'une usine de fabrication de Mox à Savannah River (Caroline du Sud) avec la technologie française. Budget global : 2 milliards de dollars, dont 300 millions pour Areva. La première étape, qui va démarrer à Cadarache, va rapporter 27 millions de dollars au groupe français. En termes d'emplois, le résultat est des plus maigres. Quant au projet russe, il est en suspens, faute de financement. Aucun projet de ce type n'est envisagé avec le plutonium militaire français.

Jean-Pierre BUISSON.


Communiqués de presse du Réseau Sortir du nucléaire 23/09/2004 :  
Plutonium américain : Areva n'agit pas pour la Paix

 

Le Figaro, 23/09/2004

Transport de plutonium à haut risque
Deux navires battant pavillon britannique avec 140 kg de plutonium militaire à leur bord ont appareillé lundi soir aux Etats-Unis à destination de la France. Leur cargaison devra y être transformée en combustible Mox. Une opération sous haute surveillance, dénoncée tant par les organisations de défense de l'environnement que par l'opposition démocrate américaine.

Cadarache (Bouches-du-Rhône) de notre envoyée spéciale [23 septembre 2004] :
A l'entrée de l'atelier ATPu de Cadarache flotte depuis quelques jours, à côté du drapeau français, le drapeau étoilé américain. Car cet atelier s'apprête à accueillir bientôt la cargaison de 140 kg de poudre d'oxyde de plutonium militaire américain qui doit être traitée pour la transformer en combustible nucléaire Mox.

Le Pacific Pintail et le Pacific Teal, acheminant cette cargaison peu banale, ont appareillé lundi soir du port américain de Charleston sur la côte Est. Leur arrivée, entourée du plus grand secret, est prévue au port de Cherbourg dans environ deux semaines, avant leur acheminement par camion jusqu'au site nucléaire de Cadarache.

Du plutonium américain sur le sol français ? L'initiative a de quoi surprendre. De fait, elle s'inscrit dans le cadre des accords de désarmement nucléaire signés entre les Américains et les Russes en septembre 2000. Dans le prolongement des traités Start I et Start II, les deux pays sont convenus d'éliminer chacun 34 tonnes de plutonium d'origine militaire issues de la guerre froide et considérées comme excédant les besoins de la défense

Pour remplir leurs engagements, les Américains ont lancé le programme «Mox for peace», qui consiste à construire à Savannah River une usine de transformation de plutonium militaire en plutonium civil puis en combustible Mox, utilisable ensuite dans leurs centrales thermiques nucléaires. Une initiative qui représente 2 milliards de dollars pour le gouvernement fédéral américain. C'est le consortium DCS (les Américains Duke et Stone & Webster, ainsi que le Français Areva) qui a décroché ce juteux contrat.

La construction de l'usine, sur le modèle de celle de Melox en France, doit démarrer en 2005 et son exploitation en 2009. Mais avant d'empocher le pactole de 300 millions de dollars qui lui revient, Areva doit montrer patte blanche. «Transformer du plutonium militaire en Mox n'a jamais été fait par personne. Nous devons démontrer à l'opinion internationale la faisabilité de ce projet», explique Jacques-Emmanuel Saulnier, porte-parole du groupe industriel.

D'où le projet Eurofab : l'envoi d'un «échantillon» à la France en vue de réaliser quatre assemblages tests, qui seront retournés à l'envoyeur début
2005 sous forme de pastilles de Mox, avant d'être validés par l'autorité de régulation du nucléaire américaine, la NRC.

En attendant, les écologistes crient au loup. «Le plutonium d'origine militaire est encore plus dangereux et plus irradiant que celui d'origine civile», lance Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace. «Il est beaucoup moins irradiant que le plutonium civil car il ne contient pas d'américium, qui émet les rayons gamma», rectifie-t-on chez Areva.

Et le groupe de détailler les conditions de transport sous haute surveillance réunies pour ce convoi très exceptionnel. Les deux navires, construits il y a vingt ans en Grande-Bretagne, ont été spécialement aménagés pour cette opération à haut risque. «Grâce à leur double coque, leur coque intérieure ne serait pas touchée par un navire de 25 000 tonnes lancé à 15 noeuds», assène, rassurant, Henri-Jacques Neau, directeur délégué de Cogema Logistics, filiale d'Areva en charge du transport. Divisés en cinq compartiments indépendants, ils continueraient à flotter et avancer même remplis d'eau. Equipés de trois canons à cadence rapide et escortés par des commandos de l'armée britannique, ils se protègent mutuellement, sans que nul ne sache lequel des deux transporte effectivement le précieux colis. Quant au transport par camion spécialisé de Cherbourg à Cadarache, dix conteneurs de 1,5 tonne protégeront chacun une dizaine de kilos de matière dangereuse.

Et si une opération malveillante liée à des réseaux terroristes parvenait néanmoins à faire main basse sur ce colis explosif ? «Sans une usine comparable à La Hague ­ et il n'en existe qu'une au monde : Sellafields en Grande-Bretagne ­, il est impossible de transformer ces matières en bombe nucléaire», rétorque-t-on chez Areva (c'est faux). Cela n'exclut cependant pas la possibilité de réaliser une bombe sale. Il n'en faut pas plus pour alarmer les ONG, échaudées par l'incident intervenu voici deux semaines dans l'atelier ATPu, dû à une fuite sur un conteneur de plutonium et d'uranium.

D'autant que «cet atelier est officiellement reconnu comme inadapté au risque sismique», dénonce le réseau associatif Sortir du nucléaire. Il est vrai qu'il a officiellement cessé son activité en juillet 2003 pour cette raison, mais il n'est pas encore fermé puisqu'il faudra encore des années avant d'en éliminer tous les déchets radioactifs. Et Areva de minimiser l'opération, les volumes (140 kg) étant minimes au regard des 40 tonnes de plutonium civil traitées annuellement dans l'atelier depuis 1962.

Surtout, la France s'étonne d'une telle levée de boucliers, alors que, comme le souligne le porte-parole du Quai d'Orsay, «la non-prolifération constitue un facteur essentiel de la sécurité internationale». Mais les critiques viennent également d'outre-Atlantique, où quelques voix, à l'instar de Tom Clemens, porte-parole de Greenpeace international, se sont élevées contre la politique américaine : «D'un côté George Bush pousse la sécurité internationale et exprime des craintes concernant le terrorisme international et la sécurité, de l'autre il soutient ce transport risqué.»

Le membre démocrate du Comité de sécurité américain Jim Turner a même fait part de ses inquiétudes au secrétaire d'Etat américain à l'Energie Abraham Spencer. Période électorale oblige.

Caroline de Malet

 

Libération, 23/09/2004 

Atome. Du plutonium militaire est en route vers Cadarache pour recyclage.
L'Amérique lance ses missiles nucléaires sur la France

Cadarache envoyé spécial
Depuis la croisière inaugurale du Titanic, on n'avait pas vu de transatlantique aussi spectaculaire. Lundi, à 20 h 15, heure française, deux navires chargés de 140 kg de plutonium de qualité militaire (de quoi fabriquer plus de vingt bombes atomiques) sont partis de Charleston, en Caroline-du-Sud. Destination : Cherbourg, France. Durée de la croisière : «Environ deux semaines», indique-t-on chez Areva, la société à laquelle est destiné le colis.

Le géant français de l'industrie nucléaire a toutes les raisons de se frotter les mains. Avec cette navigation à haut risque débute concrètement un énorme programme de recyclage qui va lui rapporter quelque 243 millions d'euros et surtout une éventuelle absolution américaine sur ses activités passées (tripatouillages nucléaires en tous genres, prolifération comprise).
Ce programme américain, baptisé «Mox for Peace», consiste à convertir en combustible pour centrales nucléaires pas moins de 34 tonnes de plutonium extrait de missiles américains de la guerre froide. Histoire d'être sûr qu'il ne resservira plus. Coût total : 1,6 milliard d'euros. La transformation se fera aux Etats-Unis, dans une usine qui sera construite par Areva et ses associés américains.

Mais, avant, l'autorité de sûreté nucléaire américaine aimerait bien voir comment va se comporter ce supercombustible dans un réacteur nucléaire. Et pour essayer il faut une première «recharge», que les Etats-Unis ne sont pas encore en mesure de produire, mais qu'Areva est capable de réaliser dans ses installations de Cadarache. D'où cette expédition transatlantique de plutonium, qui se poursuivra par un convoi routier de Cherbourg jusqu'à Cadarache (plus de 800 km).

«Forteresses flottantes». Les conditions de ce transport sont évidemment top secret. On sait que les deux navires partis de Charleston sont armés de canons, protégés par des commandos britanniques (les bateaux sont anglais) et suivis par satellite. Une seule de ces deux «forteresses flottantes» - dixit Areva - transporte tout le plutonium, mais on ne sait pas laquelle. On en sait encore moins sur le transport terrestre. Mais on peut compter sur Greenpeace et ses équipes de guetteurs pour être informés de chaque étape : l'organisation écologiste trouve stupide qu'on balade ainsi du plutonium militaire dans un monde si incertain, alors qu'il suffirait, pour le neutraliser, de le noyer dans des déchets nucléaires très actifs (on n'en manque pas).

A Cadarache, la fabrication du supercombustible, mélange de plutonium et d'uranium appauvri appelé Mox, prendra quatre mois. Après quoi il sera retourné par bateau sous forme de quatre assemblages destinés au réacteur de Catawba (Caroline-du-Sud), exploité par l'électricien Duke Power. Les tests pourraient commencer au printemps 2005. Si Areva, via sa filiale Cogema, a déjà produit beaucoup de Mox à partir de plutonium «civil» (provenant du retraitement des combustibles usés), elle n'en a jamais réalisé à partir de plutonium militaire, plus réactif car contenant plus d'isotopes fissiles.

A noter que cette opération sera effectuée dans un atelier fermé à toute production industrielle depuis juillet 2003 sur décision de l'autorité de sûreté nucléaire française (pour raison sismique). Areva plaide que la fabrication de ces deux tonnes de Mox supplémentaires n'est en rien une «production industrielle»...

Réciprocité russe. Si tout se passe bien, Areva espère pouvoir commencer la construction de l'usine américaine vers mi-2005. Les premiers assemblages de combustible en sortiraient en 2009. Mais il y a un hic : les Etats-Unis n'enverront pas leur plutonium à la casse tant que la Russie ne fera pas de même (elle s'est engagée à neutraliser 34 tonnes de son propre stock). Or Moscou ne bougera pas le petit doigt avant d'obtenir l'assurance que son programme de recyclage sera financé par la communauté internationale.

Mais pour Areva l'essentiel est déjà atteint : les Etats-Unis ont donné leur accord de principe à une valorisation énergétique du plutonium, après l'avoir violemment critiquée pendant des années. Ce qui revient à adouber la politique française du retraitement-recyclage des matières nucléaires, malgré les risques terroristes et environnementaux induits.

Hier à Cadarache, Areva, entreprise née du nucléaire militaire français, disait sa «fierté d'apporter sa contribution à un projet d'essence pacifiste».

Edouard LAUNET

 

Transport de plutonium américain: manifestations de Cherbourg à Cadarache

22/09/04 - Le réseau Sortir du Nucléaire organise samedi 25 septembre des manifestations dans huit villes de France, de Cherbourg (Manche) à Cadarache (Bouches-du-Rhône), pour dénoncer le transport de plutonium militaire américain qui doit y être retraité, a annoncé mercredi le réseau basé à Lyon. "Il s'agit d'avertir la population du danger créé par ce transport équivalent à 30 bombes atomiques", souligne Sortir du Nucléraire dans un communiqué.

Plusieurs dizaine d'associations, partis et synicats, dont Greenpeace, la LCR, les Verts et la CGT participent à ce mouvement.

Partis de Charleston (Etats-Unis) le 20 septembre avec en tout 140 kilos de plutonium militaire américain, les deux navires britanniques devraient arriver à Cherbourg "entre le 28 septembre et le 2 octobre", et le plutonium "traversera la France en camion de part en part de Cherbourg à Cadarache", annonce Sortir du Nucléaire.

Ces manifestations, organisées à partir de 15h00, se dérouleront également à Amiens, Paris, Bordeaux, Nantes, Toulouse et Lyon, considérés comme des "itinéraires fortement vraisemblables" pour le transport par autoroute, selon Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau lyonnais.

Sortir du Nucléaire dénonce en outre la "réouverture par (le groupe nucléaire français, ndlr) Areva de l'atelier de plutonium de Cadarache" qu'il juge "inadapté au risque sismique important dans la région" et qui, selon lui, était "légalement fermé depuis juillet 2003".

 


MATINTERNET (Canada)

Des élus américains s'inquiètent du transfert en France de plutonium destiné à être traité

25/08/2004 - Certains membres démocrates du Congrès des Etats-Unis se sont inquiétés mercredi du projet de transfert vers l'usine de La Hague, près de Cherbourg, de 135 kilos de plutonium de qualité militaire destinés à être traités et transformés en combustible nucléaire.

Le Département de l'Energie prévoit de transférer ce plutonium par camion du laboratoire national de Los Alamos jusqu'en Caroline du Sud, à Charleston, d'où il sera transporté par bateau jusqu'à Cherbourg. Là, le plutonium sera déchargé et transporté par terre jusqu'à l'usine de retraitement.

Jim Turner, un repésentant Démocrate du Texas membre de la Commission de la sécurité intérieure, a déclaré dans une lettre au Secrétaire à l'Energie Spencer Adams qu'il voulait des assurances supplémentaires concernant le transport du plutonium sur le territoire français, afin que la sécurité y soit aussi forte que sur le territoire américain. Un autre représentant, Ed Markey, a lui aussi fait part de ses inquiétudes. Le Département de l'Energie a répondu que le transfert avait été minutieusement préparé en collaboration avec les services de sécurité.

Les détail de l'opération, y compris les dates du transfert, sont secrètes, mais on pense qu'il devrait se faire avant la fin de l'année. Selon le Département de l'Energie, la partie maritime du transfert sera assurée par deux bâtiments britanniques protégés par des troupes spécialement entraînées.

Une fois transformé en combustible, ce plutonium doit être retourné aux Etats-Unis pour être utilisé dans une centrale nucléaire en Caroline du Sud. Ce plutonium fait partie d'un programme russo-américain de lutte contre la prolifération nucléaire, qui prévoit la destruction de 64 tonnes de plutonium. Les Etats-Unis ne disposent pas encore d'usine de retraitement.

 

Ouest-France Cherbourg, 23/08/2004 

La flottille antinucléaire à Cherbourg
Sensibilisation contre un transport de plutonium par mer

Quatre bateaux de la flottille antinucléaire ont fait escale samedi à Cherbourg. Un mouvement créé pour protester contre un transport de plutonium par mer.
Samedi, la « Flottille Atlantique pour des mers sans le nucléaire », a fait escale à Cherbourg (dimanche Ouest-France). Entourés de quatre voiliers, une trentaine de kayaks ont formé le sigle « peace and love » dans la rade. Avec difficulté, à cause du vent. Ils ont également tenté de déployer une banderole « stop plutonium ». Le soir, des concerts étaient organisés. Ce mouvement, soutenu par Greenpeace, a été créé pour protester contre un transport de plutonium, par mer, entre la France et les États-Unis, prévu dans les prochaines semaines. « On est aujourd'hui une trentaine de voiliers, comptabilisent les militants. Mais tous n'ont pas pu venir, certains ont été retardés par la tempête. »

Le convoi transportera environ 140 kg de plutonium, issu de la neutralisation d'ogives militaires. Les Etats-Unis ont choisi de l'utiliser pour fabriquer du combustible Mox (mélange d'uranium et de plutonium), qui sera brûlé en centrale nucléaire. Dans un premier temps, le groupe Areva fabriquera des assemblages de démonstration, en France.

Pour Areva, c'est un projet « au service de la Paix » : il contribue au désarmement. La société rappelle également les nombreuses mesures de sécurité qui seront prises. Double coque ; flottabilité renforcée ; équipage deux fois plus nombreux ; présence de forces de défense britannique...

Greenpeace, au contraire, appuie sur les dangers d'un tel convoi. Le plutonium est une matière extrêmement radioactive et énergétique : quelques kilos suffisent pour fabriquer une bombe.

M. M.


Ouest-France Cherbourg

Greenpeace garde le plutonium à l'oeil
Une flottille contre les transports nucléaires bientôt à Cherbourg

16/08/2004 - Les militants de Greenpeace multiplient les actions pacifiques dans le Nord-Cotentin. Leur cible : les transports de plutonium, notamment américain. Une Flottille devrait même manifester dans la rade de Cherbourg le 21 août.
Des petits bonshommes avec un gros oeil en guise de tête, déambulant dans les rues de Cherbourg et ses environs. Si cette vision vous a interpellés ces derniers jours, pas de panique ! Il ne s'agit pas d'une invasion extraterrestre, mais seulement de plusieurs membres de Greenpeace désireux d'attirer l'attention des passants. « La symbolique de l'oeil est là pour rappeler que l'on est vigilant, explique Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France. C'est aussi une façon de dire aux gens : Vous ne le savez pas, mais les transports de plutonium passent sous vos yeux».

Vendredi dernier, des membres de Greenpeace se sont réunis devant le hangar Cogéma de la zone d'Armanville, à Valognes. But de l'opération ? « Protester contre le transport de plutonium militaire américain sur les routes de France ». Dans les semaines qui viennent, les États-Unis et la France s'apprêtent en effet à transférer 150 kg de plutonium à travers l'Atlantique, puis sur les routes de France, jusqu'à l'usine de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône. Une aberration, selon Frédéric Marillier : « Sur un trajet de 1 200 km, c'est l'équivalent de plusieurs dizaines de bombes atomiques qui circuleront à proximité des agglomérations ». Ce dernier stigmatise également le manque de sûreté de tels convois : « Les containers sont faits pour résister à une chute de 9 mètres. Pourtant, les convois empruntent par exemple le pont de Calix, à Caen, qui s'élève à une trentaine de mètres ».

Une tournée de sensibilisation

C'est pour ces raisons que Greenpeace organise cette semaine une tournée d'information. « Nous avons passé trois semaines à Valognes et dans la Manche, pour observer les départs de camion de plutonium. Mais à notre plus grande surprise, on n'en a vu aucun, alors qu'en général il y deux à trois camions par semaine. C'est un petit succès, car notre présence pose un problème », se réjouit Frédéric Marillier. Partie de Valognes vendredi, la délégation de Greenpeace emprunte le parcours des transports de plutonium, distribuant des tracts tout au long du trajet pour sensibiliser les gens. L'arrivée à Cadarache est prévue pour le 19 août.

« Mais l'opération la plus lourde reste à venir », selon Frédéric Marillier. Le 21 août prochain, une « flottille Atlantique pour des mers sans nucléaire » manifestera dans la rade de Cherbourg, port d'arrivée du plutonium. « Cette flottille internationale a été mise en place le 21 juin dernier, et elle est constituée de marins conscients des risques du nucléaire ». Elle a reçu l'appui de soutiens connus, comme Isabelle Autissier, Eugène Riguidel ou bien encore Jo Le Guen. « Une trentaine de voiliers seront présents dans la rade de Cherbourg, conclut Frédéric Marillier, pour répéter qu'il faut en finir avec le plutonium, qui n'a aucun intérêt, mais pose des risques considérables ».

Thomas LEPRESLE.

Lire: Greenpeace enchaîne les actions contre le transport de plutonium

 

Greenpeace, 10 septembre 2004 :
Accident de contamination au plutonium dans l'atelier nucléaire de Cadarache