Extrait de Plutopia,
une histoire des premières villes atomiques, Kate Brown,
Acte Sud 2013:
La neurologue Angelina Gus'kova
(1924-2015) était encore une jeune docteure quand elle
a débuté en médecine des radiations. Tout
a commencé en 1949, après qu'elle eut reçu
l'humble mission de se rendre dans une unité médicale
du Goulag, à l'usine de plutonium de Mayak, pour y soigner des soldats et des prisonniers.
À l'époque, à défaut d'hôpital,
le site disposait d'une clinique de caserne. Un jour, en 1951,
une douzaine de prisonniers s'y sont présentés avec
des nausées et des vomissements. Angelina Gus'kova les
a traités pour une intoxication alimentaire et les a renvoyés
au travail. Mais les détenus sont revenus quelques jours
plus tard avec des symptômes plus sévères
: perte de poids, fièvres, hémorragies internes.
Cette fois, la neurologue a diagnostiqué un empoisonnement
par irradiation. Apparemment, les hommes avaient creusé
des tranchées dans un sol hautement radioactif à
proximité de l'usine radiochimique n° 25. Des dosimétristes
se sont rendus sur place pour y mesurer la radioactivité
et ont estimé que trois des prisonniers avaient subi une
exposition d'environ 600 rems, une dose mortelle pour la plupart
des gens(1).
Angelina Gus'kova témoignerait de la qualité des
soins reçus par ces premières victimes : des aliments
spécialement prescrits pour eux, des vitamines, une literie
propre, des transfusions sanguines et des médicaments anti-infectieux.
Un tel traitement n'était pas habituel pour des détenus
du Goulag, mais ceux-là offraient à l'équipe
médicale de Mayak la possibilité de se familiariser
avec l'empoisonnement par irradiation. L'un des trois patients
les plus exposés est mort, mais les deux autres sont sortis
de l'hôpital après plusieurs mois de soins. Angelina
Gus'kova en parlerait toujours avec fierté. Cet exploit
signifiait qu'en parvenant à guérir le mal des rayons
ils allaient pouvoir contribuer à maintenir la centrale
en activité - au bénéfice de l'humanité
et de la sécurité nationale.
Il n'est pas surprenant
que les premiers patients de ces médecins aient été
des soldats et des prisonniers. Les chefs d'équipe de l'usine
confiaient les tâches les plus dangereuses aux travailleurs
les moins compétents et par conséquent sacrifiables(2). Lorsqu'ils
avaient un travail vraiment risqué, ils proposaient aux
détenus de se porter volontaires en échange d'une
remise de peine. À l'usine n° 25, des prisonniers ont
accepté de former les "équipes dédiées
aux équipements spéciaux". Primes à
l'appui, ils étaient chargés d'enlever les filtres
obstrués par des précipités de plutonium.
Mais ces hommes n'ont pas survécu longtemps : "Les
gens qui faisaient ce travail toussaient du sang, se souvient
Inna Razmahova, une ancienne employée. Ils étaient
remplacés tous les deux ou trois mois, et on ne les revoyait
plus(3)." Ceux qui s'occupaient de brûler et d'enterrer
les déchets radioactifs pâlissaient et s'émaciaient
à vue d'oeil avant de disparaître(4).
Les crises sanitaires n'ont commencé à affecter
la production qu'à l'instant où les employés
qualifiés se sont mis à tomber malades. À
l'époque, Taisa Gromova était en poste à
l'usine n° 25, et souvent la première à travailler,
la plus enthousiaste et la plus laborieuse. Avant d'être
embauchée, en 1948, elle avait reçu, comme tous
les employés du secteur, un certificat médical attestant
son bon état de santé(5). Mais en 1950, elle a commencé
à se plaindre de maux de tête, de vives douleurs
dans les os et d'une fatigue constante. Elle a perdu du poids
et sa démarche s'est ralentie. Quand ses amis dansaient
et nageaient, elle les regardait depuis un banc. En 1953, elle
s'est mise à respirer très bruyamment et à
montrer des signes de maladie cardiaque. Les médecins de
l'usine ont suspecté une tuberculose et l'ont envoyée
dans un centre spécialisé, où les médecins
ont infirmé le diagnostic et l'ont libérée.
Mais bientôt, d'autres personnes sont tombées malades
- notamment, toutes les ingénieures chimistes de l'usine
n° 25, âgées d'une vingtaine d'années(6). Les
gens ont commencé à remarquer la pâleur mortelle
de ces jeunes femmes qui s'asseyaient en silence à la cafétéria,
mâchaient mollement leur pain noir et donnaient l'impression
d'une vieillesse précoce.
Après les avoir examinées, les médecins de
l'usine ne savaient pas quoi penser. Les doses de rayons gamma
auxquelles elles avaient été exposées n'étaient
pourtant pas alarmantes. Pourquoi étaient-elles tombées
malades ? Personne n'imaginait que la contamination pouvait venir
d'ailleurs et agir de l'intérieur. Les Soviétiques
ne disposaient d'aucune étude sur les effets des isotopes
radioactifs qui pénétraient dans l'organisme par
ingestion ou inhalation, et les services secrets n'avaient pas
encore mis la main sur les études américaines qui
en soulignaient les dangers. Or il se trouve que le réacteur
A présentait des fuites importantes et déversait
quantité de déchets radioactifs dans le lac Kyzyltash,
où une grande entreprise de pêche capturait et transformait
des tonnes de corégones. Si bien que les soldats et les
prisonniers trimaient sur des sols saturés de produits
de fission, et que les jeunes femmes de l'usine radiochimique
travaillaient quotidiennement dans un environnement chargé
de poussières et de vapeurs radioactives. Les protocoles
de surveillance n'ayant en ligne de mire que les doses d'exposition
d'origine externe, Angelina Gus'kova et ses collègues ont
négligé la dangerosité des infimes quantités
d'isotopes radioactifs qui se fixaient aux particules de poussière
et tombaient en cascade le long de la trachée jusqu'aux
tissus mous des poumons, ou qui, via les lésions cutanées,
pénétraient dans le sang et finissaient dans les
organes vitaux.
Taisa Gromova a été la première des ouvrières
de l'usine n° 25 à mourir. Elle avait trente ans. Il
est ressorti de l'autopsie que son sang contenait deux cent trente
fois plus de plutonium que la "norme acceptable". Huit
de ses collègues l'ont rapidement rejointe dans le cimetière
de la ville(7).
Moscou s'en est vivement
alarmé, car les chimistes nucléaires étaient
rares en Union soviétique. Les jeunes ingénieurs
encore vivants, mais malades, n'étaient pas remplaçables.
Les autorités ont donc décidé d'affecter
des fonds à la construction de deux hôpitaux, à
l'achat d'équipements de dosimétrie, à l'augmentation
des effectifs médicaux et à l'ouverture d'un département
de recherche annexé à l'Institut de biophysique
de Moscou(8). Ozersk est vite devenue la ville la plus médicalisée
de l'Oural(9).
Forts de leurs nouvelles ressources, Angelina Gus'kova et ses
collègues n'ont pas tardé à découvrir
les effets néfastes de l'inhalation et de l'ingestion d'isotopes
radioactifs, et ce, non pas en menant des expériences sur
des souris ou des lapins, mais en traitant directement leurs patients.
En 1950, ils ont mis au jour une maladie jamais encore diagnostiquée
: le syndrome chronique d'irradiation (SCI), causé par
une exposition prolongée à de faibles doses d'isotopes
radioactifs. Une victime du SCI a écrit que la douleur
qu'elle éprouvait lui donnait "envie de grimper aux
murs(10). Les médecins d'Ozersk
ont appris à prédire rapparition de cette maladie
mystérieuse en observant des changements dans la composition
sanguine des patients, souvent accompagnés d'une anémie
sévère(11). Ils se sont donc
mis à prélever régulièrement (à
quelques mois d'intervalle) le sang des employés de production.
Ceux qui avaient été exposés pouvaient se
sentir (et avoir l'air) en forme, quand bien même leurs
cellules sanguines montraient déjà des changements
significatifs. Une clinicienne se souvient avoir examiné
le frottis sanguin d'une employée victime d'un accident
de criticité (une réaction nucléaire de fissions
en chaîne non maîtrisée, qui s'accompagne d'une
émission intense de rayonnements gamma et de neutrons)
et avoir constaté avec stupeur la présence d'un
seul lymphocyte sur la lame de verre, quand elle aurait dû
en observer une multitude(12). Lorsque
les médecins constataient des changements cellulaires alarmants
chez un travailleur, ils demandaient son éloignement des
sites contaminés. Sauf que les patrons ne voulaient pas
qu'on leur parle d'un quelconque retrait de ce personnel rare
et qualifié : "Nous avons eu des discussions très
éprouvantes avec les chefs d'équipe", se souviendrait
Angelina Gus'kova(13).
Les médecins de
l'usine ont donc fait valoir à la direction qu'elle allait
avoir du mal à conserver sa main-d'oeuvre si les jeunes
employés de l'usine tombaient malades en quelques années.
Sans compter la difficulté qu'ils avaient déjà
à attirer des scientifiques et des ouvriers qualifiés(14).
Et c'est ainsi que les dirigeants de l'usine ont fini par se laisser
convaincre de la nécessité de retirer le personnel
qualifié des environnements radioactifs avant qu'il ne
tombe gravement malade. Perdre son poste
à la production avait pour conséquence une réduction
de salaire (jusqu'à 50 %). Dans le pire des cas, cela signifiait
le renvoi. De nombreux employés ont vécu leur licenciement
comme une forme de déportation ou de déplacement
forcé, en totale contradiction avec la promesse de mobilité
sociale(15).
Selon Angelina Gus'kova,
la mise à l'écart des employés avant qu'ils
ne souffrent du syndrome d'irradiation chronique (SC) a permis
de sauver des milliers de vies. Rien qu'en 1954, le personnel
médical a obtenu la réaffectation de 805 employés
du pôle de production. Toujours selon la neurologue, sur
les 2 300 employés victimes du SCI, seuls 19 en sont morts
au cours des dix années qui ont suivi leur exposition(16).
Nombre d'entre eux, cependant, sont morts dans la trentaine, la
quarantaine ou la cinquantaine. Quant aux jeunes femmes de l'usine
n° 25, plus de la moitié d'entre elles ont succombé
à des cancers avant d'atteindre l'âge de cinquante
ans(17).
Pour Angelina Gus'kova, ces décès bouleversants
ont marqué l'histoire de la médecine, car ils ont
permis aux équipes médicales d'apprendre à
diagnostiquer le SCI et à le traiter. Ce n'était
pas une petite victoire. Sur les 2 300 employés qui avaient
subi une exposition de 300 rems (une dose incroyablement élevée),
la moitié serait encore en vie quarante ou cinquante ans
plus tard. Selon Angelina Gus'kova, ses patients atteints de SCI
ont vécu en moyenne plus longtemps que la population soviétique(18).
Ces statistiques lui ont fait dire qu'il était possible
de survivre aux radiations, même au-delà des doses
d'exposition jugées "acceptables" sur de longues
périodes, et que les isotopes fortement radioactifs n'étaient
pas dangereux s'ils étaient associés à un
suivi médical consciencieux, à des soins de qualité
et à de saines conditions de vie. Ce message a été
chaleureusement accueilli par Moscou qui n'imaginait pas d'avenir
sans énergie nucléaire. La carrière d'Angelina
Gus'kova a progressé au rythme de ses découvertes
scientifiques et de leur intérêt stratégique.
Nommée directrice de recherche à l'Institut de biophysique
de Moscou à la fin des années 1950, elle deviendrait,
en 1986, à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, la
porte-parole des autorités dans les débats sur les
radiations et leurs effets sanitaires. Elle s'efforcerait alors,
devant les caméras de télévision, d'apaiser
les inquiétudes de la population et de la convaincre qu'il
était possible d'endiguer une contamination radioactive(19).
Les statistiques d'Angelina Gus'kova soulèvent toutefois
quelques questions. La population d'Ozersk était très
jeune, relativement aisée, et bénéficiait
d'un excellent système de santé pour tous, quand,
à l'extérieur de la ville close, tout l'arrière-pays
vivait dans la pauvreté, manquait de services de santé,
souffrait de malnutrition et contractait nombre de maladies infectieuses.
Ces conditions de vie ont eu d'importantes conséquences
sur le plan sanitaire. En fait, le tableau épidémiologique
des habitants d'Ozersk, sélectionnés pour leur état
de santé et leur jeunesse, aurait même dû être
bien meilleur que celui qu'affichait en moyenne la population
soviétique.
Les diagnostics médicaux
révèlent autant la réalité des situations
sanitaires qu'ils ne la masquent. Avec celui du SCI, les médecins
de l'usine étaient libres de décider qui en était
victime, qui ne l'était pas. Dans les décennies
d'après-guerre, la limitation du nombre des diagnostics
attestant une maladie professionnelle permettait à l'État
d'économiser des millions de roubles d'indemnisation. En
d'autres termes, la pression économique et politique pour
produire des statistiques médicales qui minoraient les
effets sanitaires et le nombre de leurs victimes était
réelle(20). Les données d'Angelina Gus'kova ont beau sembler
scientifiquement établies, elles ne signifient pas grand-chose.
Ses chiffres sont un pâle reflet de la réalité.
Le nombre des employés qui sont tombés malades ou
sont morts prématurément après avoir été
exposés à des doses de radioactivité ne sera
jamais connu et nous n'aurons toujours qu'une vue partielle du
tableau d'ensemble.
Les dossiers d'Angelina Gus'kova ne recensent que les salariés
affectés à la production qui avaient fait l'objet
d'un suivi médical et étaient restés à
Ozersk après leur renvoi du site - soit moins de 10 % de
l'ensemble des employés. Les victimes du SC1 qui avaient
été licenciées et expulsées d'Ozersk
ont disparu des radars de l'usine. Leurs antécédents
médicaux se sont agrégés aux données
statistiques de la population soviétique tout entière,
qui indiquent quant à elles, pour cette période,
une augmentation des taux de cancer et une diminution de l'espérance
de vie(21). Angelina Gus'kova n'a pas non plus pris en compte
dans ses calculs les travailleurs qui ne bénéficiaient
d'aucune surveillance médicale, les ouvriers itinérants,
les prisonniers et les soldats(22).
Environ 100 000 de ces "travailleurs temporaires" sont
passés par l'usine de Mayak au cours des dix premières
années de son fonctionnement(23). Les chiffres d'Angelina Gus'kova
ne tiennent pas compte non plus des hommes qui montaient la garde
à proximité des laboratoires ou sous le vent des
cheminées. Ils font tout autant l'impasse sur les cuisiniers,
les plombiers, les électriciens, le personnel de nettoyage
et les employés de bureau qui travaillaient dans des locaux
contaminés, ainsi que sur les ouvriers du bâtiment
qui ont construit, sur des terres irradiées, de nouveaux
réacteurs et de nouvelles usines(24).
Ce qui est arrivé à ces hommes et à ces femmes
est à jamais perdu pour l'histoire. On ne peut qu'émettre
des hypothèses. Les soldats étaient démobilisés
après quelques années de service. Les premiers symptômes
du SC1apparaissaient après un an ou deux. Quant aux troubles
circulatoires ou aux tumeurs, il leur fallait une douzaine d'années
pour se développer. Il est donc impossible de savoir combien
de soldats ont succombé à leur exposition aux radiations
de l'usine. Les symptômes du SCI ressemblaient à
ceux d'une longue liste de maladies infectieuses ou de pathologies
qui pouvaient aussi bien être causées par la malnutrition,
le stress et l'épuisement. Les prisonniers victimes d'une
infirmité chronique étaient décrétés
"invalides" et envoyés dans des camps en dehors
de la zone(24). S'ils survivaient à un empoisonnement par
irradiation ou en mouraient, personne ne l'enregistrait.
La découverte du nouveau syndrome, la jeunesse des malades,
les causes du décès des employés de l'usine,
tout était classé top-secret. Après leur
examen, les employés n'étaient pas même informés
des doses auxquelles ils avaient été exposés,
ni n'avaient connaissance du diagnostic des médecins. Mais
les prisonniers qui saignaient du nez en sortant du travail, les
jeunes femmes livides qui hantaient les épiceries et l'augmentation
croissante du personnel médical qui ralliait la ville étaient
autant d'informations confidentielles portées à
la connaissance de tous. Les habitants d'Ozersk ont alors commencé
à comprendre à quels dangers leur usine les exposait.
Mais les maladies des employés et les rumeurs sur la dangerosité
du site n'étaient pas bonnes pour le moral. Tkachenko se
rendait bien compte que les travailleurs répugnaient à
se rendre dans les ateliers qui avaient la réputation d'être
"sales". Les gens cessaient même de cotiser au
Parti quand ils arrivaient dans la ville close, car, en tant que
membres, ils auraient été obligés d'obéir
si on leur avait demandé d'occuper un poste dans un secteur
dangereux(25). Les soldats et les prisonniers
ont donc servi de variable d'ajustement, et l'usine a continué
à polluer les sols.
Parmi les services publics qu'une population
peut attendre d'un État moderne, il y a non seulement la
redistribution des richesses, mais aussi la répartition
des risques(26). À Ozersk, les risques
étaient en grande partie réservés aux travailleurs
temporaires, ce qui a contribué à rendre l'usine
satisfaisante pour ses cadres, si dangereuse et mal conçue
fût-elle. Les travailleurs temporaires, isolés dans
leurs garnisons ou dans leurs camps, mettaient en effet les travailleurs
du plutonium à l'abri des risques et des conséquences
sanitaires de leur production, singulièrement désastreuse.
1) V. B. Larin, Kombinat "Maiak", op. cit.,
p. 119-120.
2) Alexei Mitiunin, "Natsional'nye osobennosti likvidatsii
radiastionnoi avarii", art. cité.
3) V. B. Larin, "Mayak's Walking Wounded", art. cité.
4) Id., Kombinat "Maiak", op. cit., p. 113.
5) L. D. Riabev, Atomnyi proekt SSSR, vol. II, livre 4, op.
cit., p. 206-208.
6) V. Chernikov, Osoboe pokolenoe, op. cit., p. 67.
7) L. P Sokhina, Plutonii v devich'ikh rukakh, op. cit.,
p. 106-107 et 133-135.
8) L. D. Riabev, Atomnyi proekt SSSR, vol. II, livre 4,
op. cit., p. 392-398.
9). N.V.Melnikova, Fenomen zakrytogo atomnogo goroda, op. cit.,
p. 98 ; L. D. Riabev, Atomnyi proekt SSSR, vol. II, livre
7, op. cit., p. 589-600.
10) V. Bokin & M. Kamys, "Posledstviia avarii na kombinate
« Maiak »", art. cité ; Victor Doshchenko
et al., "Occupational diseases from radiation exposure
at the first nuclear plant in the USSR", Science of the
Total Environment, 142, 1994, p. 9-17.
11) G. I. Reeves & E. J. Ainsworth, "Description of the
chronic radiation syndrome in humans irradiated in the former
Soviet Union", Radiation Research, 142, 1995, p. 242-244.
12) N. Rabotnov, "Publitsitsika-Sorokovka", art, cité,
p. 168.
13) V. Gubarev, "Professor Angelina Gus'kova", art.
cité, p. 18-26.
14) E. P. Slavsky, "Kogda strana stoila na plechakh iadernykh
titanov", art. cité, p. 20
15) V. Gubarev, "Professor Angelina Gus'kova", art.
cité.
16) Ibid., p. 20.
17) V. B. Larin, Kombinat "Maiak", op. cit.,
p. 84-89.
18) A. K. Gus'kova, Atomnaia otrasl' strany glazami vracha,
op. cit., p. 87.
19) A. Petryna, Life Exposed, op. cit., p. 39-41.
20) Entretien de l'autrice avec Vladimir Novoselov, 26 juin 2007,
Tcheliabinsk, Russie.
21) V. B. Larin, Kombinat "Maiak", op. cit.,
p. 195 et 214, et tableau 6.25, p. 412.
22) A.N.Nikiforov,"Severnoi siianie nad Kyshtymom",
Dmitrovgrad-panorama, 146, 27 septembre 2001, p. 7-8.
23) "Protokol 1-oi gorodkoi partiinoi konferentsii",
16-17 août 1956, OGAChO, 2469/1/1 ; "Komykalov Efremovu",
5 janvier 1962, OGAChO, 288/42/79, p.1-2.
24) Evgenii Titov, "Likvidatory, kotorykh kak by i ne bylo",
Novaia gazeta, 15 février 2010.
25) "0 rabote nabliudatel' noikomissii",9 janvier
1960,OGAChO,2469/3/3, p. 59-64
26) "Sobranie partiinogo aktiva", 30 janvier 1952, OGAChO,
1137/1/38, p. 31-39 et 59 ; "Reshenie politicheskogo upravleniia
MSM SSSR'', 15 février 1954, OGAChO,1138/1/22, p. 47; "0
rabote politotdela bazy n° 10", 25 octobre 1949, OGAChO,
288/43/30, p. 38-42; "Postanovlenie Cheliabinskogo obkoma",
21 avril 1950, OGAChO, 288/42/38.
27) U. Beck, Ecological Enlightenment: Essays on the Politics
ofthe Risk Society, Humanities Press, Atlantic Highlands,
1995, p. 20-21.