Le Dauphiné libéré,
17/12/2009:
L'opération était annoncée (discrètement) depuis une semaine, afin de prévenir la population locale de mouvements inhabituels de militaires.
Mardi en effet, en début de soirée et durant une partie de la nuit qui a suivi, la centrale nucléaire de Saint-Alban, à Saint-Maurice-L'Exil, a été le théâtre d'un exercice de sécurité en temps réel programmé dans le cadre d'une convention entre EDF et la gendarmerie nationale. Ces exercices ne sont pas exceptionnels. Toutefois, l'ampleur de l'opération de mardi ne revêtait pas un caractère habituel du fait de la mise en place de moyens de niveau national.
Un scénario resté confidentiel. Coordonné sur place par le sous-préfet de Vienne Philippe Navarre, en lien avec la préfecture de Grenoble et le patron du groupement de gendarmerie de l'Isère, le colonel Jean-Philippe Lecouffe, cet exercice s'est déroulé avec la participation d'une centaine de gendarmes. Un poste de commandement avait été installé sur le site à cet effet.
La compagnie de Vienne et les brigades de Saint-Clair-du-Rhône et de Roussillon étaient bien évidemment présentes. Leur mission était notamment de sécuriser les accès etde contrôler les véhicules. Des militaires du groupement de gendarmerie départementale étaient également déployés en appui pour cet exercice dont la teneur n'a pas été dévoilée pour des raisons de sécurité.
Des unités d'élite venues d'Orange et de Satory. Il n'en demeure pas moins que le scénario, qui n'était pas connu des participants, se basait sur une intrusion dans la centrale et qu'il était suffisamment musclé pour faire appel à des unités d'élite. En premier lieu, les riverains ont pu voir passer vers la centrale peu avant 20 heures et à toute allure, le cortège des monospaces gris du groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) basé à Orange.
Trois Puma dans la nuit. Une seconde vague de militaires du GIGN, basés au quartier général de Satory, près de Versailles, est intervenue entre 23 heures et minuit. Transportés à bord de trois Puma du groupement interarmées d'hélicoptères de Villacoublay, les "super-gendarmes" ont atterri à l'extérieur de la centrale pour ensuite l'infiltrer. Le bruit des lourds appareils n'est certainement pas passé inaperçu auprès des riverains.
« L'objectif de cet exercice est de tester l'organisation et les dispositifs de sécurité, afin de les améliorer encore », ont indiqué Philippe Navarre et le colonel Lecouffe. Quant à la réalité de risques terroristes sur le site, le directeur de la centrale, Patrice Mas, l'a écartée, malgré le scénario de mardi soir : « Nous sommes dans une zone sensible sécurisée et nous possédons des moyens techniques et technologiques pour détecter en amont sur le champ toute intention malveillante et y répondre. »
30/4/2009 - La centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire) a été évacuée jeudi matin en raison d'une alerte à la bombe, a-t-on appris auprès de la préfecture d'Indre-et-Loire. "Le poste de sécurité du CNPE (centrale nucléaire de Chinon) a reçu un appel anonyme vers 06H00. L'interlocuteur a simplement dit +bombe déposée+. La procédure standard a été appliquée", a indiqué à l'AFP, Nicolas Chantrenne, directeur de cabinet. "Le personnel non essentiel a été évacué, soit 198 personnes. Seul le personnel assurant les fonctions vitales de la centrale est resté sur place", a-t-il ajouté. Selon le directeur de cabinet: "Les lieux névralgiques ont déjà été inspectés, sans résultat. Une équipe cynophile ainsi que des démineurs doivent faire le tour de tout le site, il faut compter la matinée pour tout vérifier". "Ce genre d'alerte à la bombe directement au sein d'une centrale nucléaire est assez rare", a conclu Nicolas Chantrenne.
21/5/2008 - Un Suédois a été arrêté mercredi devant une centrale nucléaire du sud de la Suède, avec des sacs contenant des traces d'un explosif très puissant, selon un communiqué de la société gérant la centrale. "Les sacs de l'homme ne contenaient pas de substances visibles illégales mais des tests de routine ont permis de détecter des traces d'explosifs", a indiqué le communiqué de la direction de la centrale d'Oskarshamn. Peu auparavant, la police avec déclaré que l'homme avait été arrêté en possession de puissants explosifs, probablement du TATP. "A huit heures ce matin (mercredi), nous avons reçu un appel de la centrale nucléaire de Oskarshamn nous indiquant qu'un homme avait été arrêté aux contrôles avec des matériaux explosifs dans ses bagages", a déclaré Sven-Erik Karlsson, porte-parole de la police de Kalmar. Pour sa part, OKG qui opère la centrale a précisé qu'à aucun moment les installations n'ont été menacées. "Nous pouvons constater que les contrôles de sécurité de routine ont bien fonctionné", a déclaré Lars Thuring, président d'OKG, cité dans le communiqué. "L'homme est actuellement dans nos locaux interrogé par nos services", a déclaré le porte-parole de la police. Selon lui, le suspect ne serait pas employé par la centrale. Il serait entré sous le prétexte d'effectuer un travail de soudure dans la centrale. Toujours selon M. Karlsson, la substance saisie serait du TATP, utilisée dans les attentats de Londres en juillet 2005. "Mais nous devons attendre les expertises (définitives) de la police de Malmö", a-t-il ajouté. La centrale d'Oskarshamn a démarré en 1972 avec un réacteur à eau bouillante. Deux réacteurs ont été ajoutés par la suite, en 1974 et 1985. La centrale fournit actuellement environ 10% de la consommation d'électricité en Suède. Le TATP est un explosif prisé par les islamistes et facilement accessible dans le commerce. Il apparaît depuis des années dans de nombreuses enquêtes antiterroristes.
3/1/2008 - Le monde médical est mal préparé à répondre à un attentat ou à un accident lié à une source radioactive, qui risquerait d'entraîner une panique dans la population, a estimé jeudi un haut responsable de la radioprotection en France. Le Figaro a révélé jeudi matin qu'un rapport adressé notamment à l'Autorité de sûreté nucléaire il y a deux ans, pointait l'absence de préparation. Selon Patrick Gourmelon, directeur à l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN), ce rapport émettait 21 recommandations pour une meilleure réponse à un incident de type terroriste. "On demandait la création, par anticipation, d'une cellule de communication avec des représentants des principaux médias, des professionnels de la communication de crise et des spécialistes de radioprotection, pour préparer une information adaptée aux risques des rayonnements ionisants", a déclaré à l'AFP M. Gourmelon, ajoutant qu'il ne lui revenait pas de préciser si les recommandations du groupe de travail avaient été suivies d'effet. "Qu'ils le fassent à l'avance, pas quand ça arrive", a-t-il demandé aux autorités. Il a précisé que le rapport du groupe de travail dirigé par le Pr Jean-Marc Cosset de l'Institut Curie, s'adressait au "monde médical au sens élargi" et n'était "pas un rapport sur les moyens de diminuer les risques ou d'évaluer la menace". Le rapport recommandait notamment de se méfier des sources (radioactives) médicales, "parce qu'elles sont quand même plus accessibles que les autres sources radioactives", a-t-il ajouté. Il demandait aussi d'améliorer l'information du monde médical sur les pathologies liées aux contaminations par des sources radioactives, qui ne sont souvent pas diagnostiquées correctement parce qu'elles sont rarissimes. Selon Patrick Gourmelon, "il y a des marges de progrès considérables pour standardiser les doctrines de prise en charge", car si aujourd'hui "des patients irradiés arrivaient dans des hôpitaux différents, ils ne seraient pas traités de la même façon". Enfin, "le rapport a fait un certain nombre de recommandations sur la constitution de stocks stratégiques" si le risque de menace terroriste "est jugé réel ou important", a encore dit M. Gourmelon.
Frankfurter Rundschau, 30/11/2007:
Traduction par le Réseau Sortir du nucléaire (FG)
Un attentat terroriste, provoqué par un avion de tourisme qui viendrait s'écraser sur la centrale nucléaire de Biblis A dans la Hesse, entraînerait, selon la direction du vent, l'évacuation de Berlin, Prague, Vienne ou une partie des Pays-Bas. C'est ce qui ressort d'une étude de l'Institut d'Ecologie, en possession du Frankfurter Rundschau. Hermann Scheer, membre du SPD, présentera l'étude ce lundi à Wiesbaden.
Les auteurs Christopher Pistner et Christian Küppers, en viennent à conclure « que des mesures radicales pourraient être nécessaires dans de larges régions après la libération de matières radioactives de la centrale nucléaire Biblis A, comme cela est prévu dans les plans particuliers d'intervention (PPI). L'exploitant de Biblis RWE parle d'une évacuation qui serait limitée « à un rayon de 10 kilomètres environ autour du lieu de la centrale. »
Mais en fait, c'est d'une superficie de l'ordre de 10 000 km2 » qu'il s'agit, argumente l'Institut d'Ecologie. Frankfurt, Mannheim et Ludwigshafen sont si proches du réacteur, qu'elles seraient selon la direction du vent concernées « dans tous les cas ».
Les experts s'attendent à « des morts inévitables, jusqu'à quelques kilomètres de Biblis A ». Mais il faudrait aussi compter avec les dommages à venir, surtout les maladies cancéreuses.
Biblis A est la plus ancienne centrale allemande. Selon l'étude, elle ne pourrait absolument pas résister à la chute d'un avion, tout comme Brunsbüttel, Isar 1 et Philippsburg 1. Des centrales plus récentes, comme Biblis B, devraient au moins tenir le coup face au choc d'un avion militaire.
La centrale doit à nouveau être couplée au réseau
C'est l'association Eurosolar qui a commandé cette étude, qui sera présentée lors d'une conférence de presse du SPD. Le Président d'Eurosolar est le SPD Hermann Scheer, qui compte bien devenir Ministre de l'Économie et de l'Écologie [NdT : de Hesse] après les élections régionales de la Hesse en janvier.
Après les attentats du 11 septembre 2001, la Commission de Sûreté Nucléaire allemande (RSK), étudiant le risque de chute volontaire d'un avion sur une centrale, a conclu que seules les centrales les plus récentes pouvaient parer à cette éventualité.
L'exploitant RWE prétend protéger Biblis des attaques terroristes avec un « écran de brouillard artificiel », pour soustraire le site à la vue des pilotes. Le groupe en a obtenu en février l'autorisation du Ministère de l'Environnement ; mais le dispositif n'a visiblement pas encore été mis en place.
En tous cas, il n'y a eu aucune communication sur la question, et le Ministère et l'exploitant RWE se renvoient la balle.
Le moment auquel l'étude est publiée n'est pas innocent puisque Biblis A et B doivent être recouplées au réseau d'ici la fin de l'année. Elles sont à l'arrêt depuis plus d'un an pour cause de mauvais montage d'un millier de chevilles.
Pitt Von Bebenburg
Le Soir, 12 juin 2007:
Des responsables internationaux de la sécurité,
réunis en Floride ont mis en garde lundi contre la menace
d'un attentat terroriste nucléaire et appelé à
intensifier les efforts pour combattre le marché noir des
ventes de matériel radioactif et nucléaire.
Le terrorisme nucléaire est une menace mondiale qui exige
une réponse mondiale », a indiqué le
directeur du FBI Robert Mueller, en inaugurant une conférence
internationale sur le terrorisme nucléaire à Miami.
Il a qualifié le terrorisme nucléaire comme « une
des plus dangereuses et mortelles menaces ».
Vladimir Bulavin, directeur adjoint du département russe
de sécurité a renchéri indiquant que le terrorisme
nucléaire représente « la principale
menace ». La Russie a pris des mesures pour contrôler
cette menace en « répertoriant et en contrôlant
le matériel nucléaire », a indiqué
M. Bulavin.
Le ministre américain de la Justice Alberto Gonzales, présent
à la conférence a appelé les participants
à « communiquer, partager et se coordonner »
sur les données soulignant que cela « permettra
en fin de compte à notre réseau d'être plus
fort que celui des terroristes ».
Construire une bombe nucléaire
est relativement simple mais ce qui est plus difficile est d'accéder
aux composants comme l'uranium enrichi ou le plutonium. « Les lois de l'offre et de la demande
font que quelqu'un, quelque part, va fournir les composants au
plus offrant », a dit M. Mueller.
Mettre fin au marché noir
M. Mueller a appelé à prendre de strictes mesures
pour mettre fin au marché
noir sur la technologie nucléaire internationale.
Des responsables de plus de 30 pays sont réunis pour cette
conférence organisée par le FBI (police fédérale)
et qui entre dans le cadre de l'Initiative mondiale pour combattre
le terrorisme nucléaire annoncée l'an dernier par
les présidents américain George W. Bush et russe
Vladimir Poutine, lors d'un sommet du G8.
Lire:
- La contrebande de matières nucléaires
- Trafic de substances radioactives
- Un "Copernic" nucléaire n'est pas impossible (Science & Vie, 1981, en PDF)
- Les centrales nucléaires
vulnérables à des attaques aériennes suicide
- Dangers du nucléaire et terrorisme (Société
nucléaire, société policière)
- A propos de prolifération
- Les contrebandiers de Bombes-A (Science
& Vie n°803, août 1984, en Pdf)
LONDRES (21 juillet 2006) - Un journaliste britannique a réussi à
déposer un paquet qui aurait pu contenir une bombe à
bord d'un train transportant des déchets nucléaires
sans être inquiété, affirme le journal "Daily
Mirror" dans son édition de vendredi.
Le journal affirme que Tom Parry a pu s'approcher du convoi de
quatre wagon contenant douze tonnes de déchets radioactifs
destinés à être retraités à
Sellafield,
dans le nord-ouest de l'Angleterre. Il a laissé un "engin"
dont la nature n'a pas été précisée
et a pu quitter les lieux sans être arrêté
par le personnel de la sécurité.
Vêtu d'une combinaison fluorescente et d'un casque de chantier,
il n'a pas eu à utiliser de fausse autorisation pour s'approcher
du convoi, en plein jour. Il affirme avoir répété
l'opération une dizaine de fois.
Direct Rail services, l'entreprise privée chargée
d'acheminer les déchets, n'a pas pu être jointe pour
commenter ces informations.
Le "Daily Mirror" affirme pour sa part avoir soumis
des photographies prouvant cette intrusion à la compagnie.
"L'ensemble du trajet est protégé par des mesures
de sécurité très strictes. Mais, après
avoir vu ces photos, nous en parlerons avec nos responsables de
la sécurité. Une enquête complète sera
menée", aurait répondu un responsable de la
société.
[Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : on peut constater ici que le même genre de "test" est possible en France. Pour le moment, ce sont des gens pacifiques (journalistes, militants) qui font ces démonstrations. Les autorités semblent attendre tranquillement que des gens mal intentionnés passent aux actes...]
13 avril 2005:
NEW YORK - L'Assemblée
générale des Nations unies a adopté à
l'unanimité une Convention internationale pour la répression
des actes de terrorisme nucléaire. Le texte a été
adoptée par consensus, sans vote.
Cette convention vient s'ajouter à douze autres conventions
déjà existantes contre le terrorisme. Son adoption
permet de couvrir avec des instruments juridiques pratiquement
toutes les formes possibles de terrorisme, selon Nicolas Michel,
secrétaire général adjoint de l'Onu pour
les affaires juridiques.
Cette adoption survient au bout de plus de sept ans de négociations.
L'initiative de rédiger une telle convention avait été
prise en décembre 1997 par la Russie.
Un film (42
mn en RealVidéo 33 Kb) de Hesi
Carmel, Jean-Marc Gonin et Richard Puech (coproduction France3-Capa)
qui enquête sur les menaces, réelles ou supposées,
d'attentat terroriste nucléaire. Hesi Carmel est un journaliste
d'investigation israélien, ancien adjoint au chef du Mossad,
Jean-Marc Gonin est rédacteur en chef au Figaro, en charge
du service société-enquêtes, Richard Puech,
journaliste à l'agence Capa, est réalisateur de
plusieurs documentaires. Cette enquête est notamment étayée
par des témoignages de Graham Allison, vice-ministre de
la Défense de Bill Clinton, Sam Nunn, sénateur américain,
promoteur du programme d'aide américain pour la non dissémination
des armes nucléaires de l'ex URSS, Yosef Bodansky, conseiller
antiterroriste auprès du Congrès, le général
Alain Baer, spécialiste français de l'hyperterrorisme,
ou le journaliste pakistanais Hamit Mir qui a interviewé
Ben Laden à trois reprises dans son repaire afghan. Tous
formulent des inquiétudes précises basées
sur les trafics de matériaux radioactifs de l'ex URSS,
les liaisons dangereuses des réseaux terroristes avec les
mafias locales notamment russe et tchétchène, les
états nucléaires comme le Pakistan dont les installations
sont jugées insuffisamment sécurisées, les
déclarations de Ben Laden. Le 11 septembre 2001, après
l'attentat contre les "twin-towers" et le Pentagone,
l'administration américaine a déclenché la
procédure d'alerte nucléaire, témoigne Graham
Allison. Selon le document, Ben Laden a affirmé au journaliste
Hamit Mir qu'il se serait procuré une arme nucléaire,
la "bombe valise", une arme nucléaire portative
inventée à l'époque de la Guerre froide par
les savants soviétiques. Selon d'autres, il pourrait préparer
l'explosion d'une "bombe sale" radioactive. Les intervenants
sont en tout cas unanimes à estimer que la mobilisation
des Etats et des peuples et les moyens mis en oeuvre ne semblent
pas en rapport avec la menace décrite.
SYDNEY (8 novembre 2004) - Le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a averti lundi à Sydney que le risque de terrorisme nucléaire était réel et appelé le monde à réagir très vite pour éviter un 11 septembre à l'échelle atomique. Parlant de "course contre la montre", le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, a estimé que les hypothèses du passé pour lutter contre la prolifération des matériaux fissiles devaient être radicalement remises à plat.
S'exprimant à l'ouverture d'une conférence sur la prolifération nucléaire dans la région Asie-Pacifique, M.ElBaradei a expliqué que son agence n'avait jamais supposé, jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, que des terroristes utiliseraient des armes nucléaires ou radioactives ou qu'ils seraient prêts à sacrifier leur vie. "Nous avons besoin de prendre des mesures préventives. Nous ne devons pas attendre d'être confrontés à une situation du style de celle du 11 septembre ou de Tchernobyl", a-t-il déclaré. "Le danger existe partout. Il est réel, il est actuel et il nous faut croiser les doigts pour que rien ne survienne", a ajouté M.ElBaradei.
Le ministre australien des Affaires étrangères, Alexander Downer, a soutenu l'analyse du chef de l'AIEA, affirmant que compte tenu des répercussions qu'engendrerait une attaque nucléaire, il fallait accorder une plus grande priorité aux mesures préventives. "On aurait une panique mondiale. Pourtant, quelle attention y prête-t-on actuellement?", a-t-il demandé.
Il a estimé que le type d'attaque le plus probable serait celui d'un attentat avec "une bombe sale", qui contaminerait de manière radioactive de vastes zones, plutôt que la construction ou le vol d'une bombe nucléaire par des terroristes. (voir: "La roulette russe" dans l'arsenal nucléaire de l'ex-URSS, sur 132 bombes atomiques valises, seules 48 sur 132 ont été localisées, un film de 50 mn en RealVidéo 41 kb)
Faisant allusion au programme présumé d'armement nucléaire de l'Iran, Mohamed ElBaradei a indiqué qu'un pays détenant de l'uranium enrichi ou du plutonium était "un Etat nucléaire dormant" et que le contrôle international du cycle des combustibles nucléaires pour les réacteurs civils était nécessaire.
Un pays qui possède de l'uranium enrichi ou du plutonium pourrait fabriquer une arme en quelques mois, a-t-il déclaré. "Nous ne voulons pas nous trouver dans dix à vingt ans avec 40, 50 pays détenant du plutonium ou de l'uranium fortement enrichi. Je pense que la marge de sécurité est insuffisante", a-t-il dit.
"Dans le contexte de l'après 11 septembre, le fait de voir augmenter sans arrêt le nombre de pays qui enrichissent de l'uranium est un sujet d'énorme inquiétude", a encore déclaré M.ElBaradei.
Les travaux de l'AIEA sur de possibles programmes d'armement nucléaire en Libye et en Iran ont révélé l'existence d'un vaste marché noir de produits radioactifs, avec 630 cas confirmés de trafics de produits nucléaires et radioactifs depuis 1993, a-t-il indiqué, soulignant que ce marché "prospérait clairement grâce à la demande". "La relative facilité avec laquelle un réseau international illicite peut être mis en place et fonctionner démontre de manière claire l'inadéquation du système actuel du contrôle des exportations", a estimé le chef de l'AIEA.
Plus d'une vingtaine de sociétés
et d'individus étaient impliqués dans les trafics
relevés par l'Agence et dans la plupart des cas ces opérations
se sont poursuivies sans que les gouvernements nationaux en aient
connaissance. "Il est vraiment temps de remettre en question
nos hypothèses sur l'accessibilité de la technologie
nucléaire", a-t-il ajouté.
Terrorisme aérien et installations nucléaires:
Le Figaro du 12/03/02
Alors que le ministère de la Défense
a retiré la semaine dernière les missiles sol-air
Crotale autour de la Hague, la polémique portant sur les
conséquences d'une attaque terroriste sur l'usine de retraitement
de la Cogema vient de se déplacer sur le terrain judiciaire.
L'association Wise-Paris, un cabinet d'expertise privé,
antinucléaire, a déposé plainte contre X,
le 19 février dernier, auprès du tribunal de grande
instance de Paris, pour « faux » et « usage de
faux ». L'association dénonce la diffusion d'un
faux rapport, à l'automne dernier, dans le seul but de
discréditer une étude qu'elle a réalisée
sur l'usine de la Hague.
Cinq jours après les attentats du World Trade Center, Le
Monde publiait un article intitulé : « Un avion sur
la Hague créerait un Tchernobyl » (1). Le quotidien
citait une étude de Wise-Paris réalisée
pour le compte de la direction générale de la recherche
du Parlement européen, dans le cadre d'un programme d'évaluation
des questions scientifique appelé Stoa, selon l'acronyme
anglais. Selon Wise, 17 600 tonnes de combustible nucléaire
usé sont stockées à la Hague. Les piscines
de l'usine contiennent 287 fois plus de césium 137 qu'il
n'en a été relâché dans le fameux nuage
de Tchernobyl. En cas d'accident à la Hague, calculait
Wise en annexe de son rapport, la dose radioactive collective
serait cinquante fois celle reçue à la suite de
la catastrophe ukrainienne de 1986. Des estimations aussi inquiétantes
n'ont pas manqué de rapidement déclencher une polémique,
en France, et particulièrement dans le département
de la Manche.
C'est à Cherbourg justement que, le 10 novembre, paraît un article dans La Presse de la Manche : « Crash sur la Cogema : le rapport Wise démonté ». Le quotidien départemental cite un rapport intitulé « Groupe de conseils scientifiques, rapport d'évaluation du rapport d'étude définitif sur les éventuels effets toxiques des usines de retraitement nucléaire de Sellafield et de la Hague ». Ledit rapport estime que le calcul de Wise sur la quantité de césium qui pourrait être relâchée à la Hague est « hautement controversé et dépourvu de crédibilité ». Le document de Wise, marqué par des « insuffisances méthodologiques, (...) n'offre aucun fondement solide pour quelque position politique que ce soit ». En somme, un contre-rapport officiel règle sévèrement son compte à l'étude d'une association sur une question controversée. Sauf que ce « groupe de conseils scientifiques » est inconnu au Parlement européen. Le 5 décembre 2001, Paul Engstfeld, fonctionnaire au Parlement européen, chargé du Stoa Panel, écrit à Wise qu'il « lui semble que le rapport cité dans La Presse de la Manche est un faux ». D'où vient-il ? Il a été diffusé par la mairie de Cherbourg. A-t-il été forgé de toutes pièces ? Non.
C'est en novembre 2000 que le « panel Stoa » du Parlement européen a confié à Wise une étude qui ne portait d'ailleurs pas sur l'usine de la Hague face au risque accidentel ou terroriste, mais plus largement sur les effets toxiques possibles de l'usine de la Cogema et son équivalente britannique de Sellafield. L'identité même de Wise, sans parler du contenu du rapport, étant suspecte aux yeux de certains élus du Parlement, le « panel Stoa » décide, en juin 2001, de demander à trois experts indépendants d'évaluer le document de 150 pages produit par l'association.
L'un de ces trois « relecteurs », Ian Coudrace, du Southampton Oceanography Centre, juge le rapport de Wise « alarmiste ». Un autre, Peter Mitchell, de l'université nationale de Dublin, s'interroge sur les calculs de Wise. En plus des trois experts, une « évaluation administrative », habituelle selon les usages complexes de ce groupe du Parlement européen appelé Stoa, a été rédigée. Son auteur est un Français, fonctionnaire à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, le docteur Philippe Gaillochet. Il a rédigé son évaluation en anglais.
Or, il s'avère que le contre-rapport publié par La Presse de la Manche ressemble à s'y méprendre au travail du docteur Gaillochet. « On m'a dit qu'il existait un papier en français qui ne correspondait pas tout à fait à ce que j'avais écrit », raconte Philippe Gaillochet au Figaro. Son évaluation n'était, selon le règlement du Stoa ou selon l'usage des révisions des publications scientifiques, pas destinée à être publiée. Le 23 octobre, en pleine polémique, le Stoa a souhaité publier le rapport Wise ainsi que les trois révisions scientifiques et celle du docteur Gaillochet. Devant cette décision, celui-ci a démissionné de ses fonctions d'assesseur au Stoa.
Qui a traduit, maquillé et diffusé
le travail du docteur Gaillochet ? Bernard Cazeneuve, le député-maire
de Cherbourg, qui s'en est déjà expliqué
dans La Manche libre (2), interrogé par Le Figaro, affirme
n'avoir « jamais vu ce document ». Il ne nie pas en
revanche que la
mairie, qui reçoit « des tonnes de documents sur
le nucléaire », ait pu le diffuser. Le maire préside
la Commission spéciale permanente d'information de la Hague
et, à ce titre, diffuse de nombreux documents sur le nucléaire.
« C'est de l'agitation antinucléaire », résume-t-il,
habitué aux joutes avec Wise, Greenpeace et les associations
locales. La preuve ? Le rapport Wise n'était pas destiné
à être publié, en septembre, avant son adoption
par le panel du Parlement européen. L'association estime
néanmoins qu'il y a eu « faux » et «
usage de faux », un pas de plus franchi dans la guerre de
communication qui sévit depuis des décennies autour
de la Hague, un pas grave selon elle. Pour l'heure, une enquête
préliminaire a été ouverte par le parquet
de Paris.
(1) Le Monde du 16 septembre 2001.
(2) La Manche libre du 2 décembre 2001.
Fabrice Nodé-Langlois
Les dangers du terrorisme aérien sur
les installations nucléaires étudiés (On saura
bientôt, que les installations ne sont pour l'instant pas
sécurisées)
PARIS, 15 nov 2001 - Des études sont en cours pour évaluer la menace qui pèse sur les installations nucléaires françaises en cas d'attaques terroristes du type de celles du 11 septembre aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le directeur de l'Autorité de sûreté nucléaire André-Claude Lacoste.
"Nous avons lancé des études sur les conséquences éventuelles d'un acte de terrorisme aérien (sur les installations nucléaires)", a précisé devant la presse M. Lacoste.
Des études ont également été demandées aux exploitants de ces installations (EDF, COGEMA...) et un premier point doit être fait d'ici la fin de l'année, a-t-il ajouté.
Le risque d'un attentat suicide avec un avion de ligne contre une centrale nucléaire n'a jamais été envisagé. Seule la chute accidentelle d'un petit avion d'affaires a été pris en compte dans la conception des centrales, le risque de crash accidentel d'un avion de ligne étant considéré comme trop faible.
La situation est identique dans tous les pays, sauf en Allemagne où ont également été pris en compte les risques de chute d'un avion militaire, a précisé le directeur de l'Autorité de sûreté.
Selon un rapport au parlement européen de WISE, un organisme d'études réputé pour ses positions anti-nucléaires, un attentat contre les installations de retraitement de la COGEMA à La Hague (Manche) pourrait avoir des conséquences catastrophiques, "l'équivalent de 67 Tchernobyl". "L'étude de WISE semble exagérée", a estimé M. Lacoste. (Très fort puisqu'il reconnaît qu'il n'a pas fait les études...)
L'AIEA étudie les scénarios d'apocalypse
du terrorisme nucléaire
VIENNE, 2 nov 2001 - L'Agence Internationale de l'Energie Atomique a consacré vendredi une session d'experts aux menaces terroristes qui pèsent sur le nucléaire, y compris le "scénario d'apocalypse" de l'explosion d'une bombe atomique.
A l'ouverture de la session, le directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei a qualifié "d'improbable" l'hypothèse que des terroristes mettent la main sur une bombe atomique. Mais "rien ne peut être exclu", a-t-il dit.
Il a cependant exposé d'autres dangers, comme celui d'une "bombe radiologique". Faite d'explosifs conventionnels et de matériaux radioactifs utilisés dans les hôpitaux et l'industrie, cette "bombe sale" pourrait irradier dans un rayon limité, mais assez pour semer la panique dans une ville et exiger son évacuation.
Le scenario d'un avion de ligne lancé sur une centrale nucléaire, plausible depuis les attaques du 11 septembre contre New York et Washington, est un autre des risques étudiés par les experts réunis au siège de l'AIEA à Vienne.
"Les risques du terrorisme nucléaire ont été propulsés au premier plan", a déclaré le directeur général.
L'AIEA, qui surveille les centrales nucléaires dans le monde entier, a prévenu les gouvernements qu'ils devraient payer pour renforcer la sécurité, demandant une augmentation de son budget de 15%, soit 50 millions de dollars.
"Nous devons prendre des mesures préventives. Nous n'essayons pas de provoquer la panique... mais nous devons être prêts", a poursuivi M. ElBaradei.
"Ce sont des menaces non conventionnelles qui demandent des réponses non conventionnelles. Nous ne pouvons évidemment pas éliminer les risques mais nous nous devons de les réduire". (Après avoir menti pendant des années en garantissant qu'il n'y avait aucun risque, c'est à nous de nous habituer à l'idée que tout est possible, mais heureusement, les experts veillent!).
La menace nucléaire a pris "une autre dimension" après les attentats
LONDRES, 1er nov 2001 - La menace nucléaire "a pris une autre dimension" depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et réclame "une réponse non conventionnelle", a estimé jeudi sur la BBC (radio) Mohamed El Baradei, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Après les attentats du 11 septembre, "nous avons réalisé que la menace nucléaire avait pris une nouvelle dimension", a déclaré Mohamed El Baradei. D'abord "parce des gens ont démontré qu'ils étaient prêts à perdre la vie en perpétrant un acte de terrorisme".
Ensuite, "parce que nous avons assisté à une nouvelle forme de terrorisme, avec ces attaques aériennes contre des bâtiments", a-t-il ajouté.
"Une attaque similaire sur une installation nucléaire doit désormais être considérée comme une menace sérieuse", a estimé le président de l'AIEA.
"Il s'agit de répondre à ces menaces non conventionnelles par des moyens non conventionnels", a-t-il dit.
"Nous vivons une époque exceptionnelle. Les Etats-Unis ont par exemple décrété une interdiction de survol (des installations nucléaires), alors qu'en France des batteries anti-aériennes sont installées à proximité des installations nucléaires", a dit M. El Baradei.
"Chaque pays devra évaluer les risques associés à ses installations et prendre les mesures appropriées", a-t-il dit.
"Nous ne pouvons éliminer tous les risques, mais nous pouvons les minimiser", a-t-il ajouté, en précisant qu'en matière nucléaire, le maillon faible concernait "la possession de produits radioactifs plutôt que les installations". (ben voyons)
"Nous voyons encore beaucoup de trafic illicite de produits radioactifs à travers les frontières et la sécurité doit également être renforcée (...) dans notre vie quotidienne, l'industrie et les applications médicales", a-t-il estimé.
"Il y a des mesures nationales à prendre, associées à des mesures internationales", a-t-il dit, en rappelant que l'AIEA organisait vendredi à Vienne une réunion d'experts sur la menace terroriste pesant sur les installations nucléaires dans le monde après les attentats du 11 septembre.
L'AIEA cherche des parades au terrorisme nucléaire
VIENNE, 1er nov 2001 - L'AIEA cherchera, vendredi à Vienne, des parades au terrorisme nucléaire après les attentats du 11 septembre, estimant que des islamistes pourraient construire de toutes pièces une bombe atomique.
Dans une réunion d'experts, l'Agence internationale de l'énergie atomique considérera également l'attaque par les airs de centrales nucléaires et la fabrication d'une bombe "sale" à partir de matériaux nucléaires volés.
"Le fait que des terroristes soient prêts à sacrifier leur vie pour faire aboutir leurs funestes desseins rend la menace du terrorisme nucléaire plus crédible qu'avant les attentats de New York et de Washington", a déclaré le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, lors d'un briefing de presse mercredi à Vienne.
"Le monde a déjà subi deux catastrophes nucléaires" en temps de paix, a-t-il poursuivi. "Tchernobyl et la découverte, par l'AIEA, que l'Irak se dotait secrètement de l'arme nucléaire. Il est vital de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour en éviter une troisième", a-t-il ajouté.
Washington a pris conscience de cette menace et, mardi, la direction de l'Aviation civile américaine (FAA) a interdit le survol de 86 sites nucléaires sensibles aux Etats-Unis.
Pour prévenir une nouvelle catastrophe, le directeur de l'AIEA a demandé aux 132 pays membres d'augmenter de 55 millions d'euros (50 millions de dollars), soit de 15%, le prochain budget de cette agence des Nations unies chargée de surveiller les installations nucléaires dans le monde.
Le 21 septembre, dix jours après les attentats, l'AIEA avait mis en garde contre l'utilisation de matériaux nucléaires par des terroristes qui pourraient chercher à contaminer des villes entières.
Dans une résolution sur la protection des matériaux et installations nucléaires, la conférence générale annuelle de l'agence mis en garde contre les risques d'utilisation de matériaux nucléaires par des terroristes et sur la nécessité de protéger les installations nucléaires.
Le principal danger réside dans la fabrication d'une "bombe sale" combinant des matériaux radioactifs avec des explosifs conventionnels, avait alors expliqué l'AIEA. Les radiations émises pourraient contaminer toute la zone de l'explosion et dans le cas d'une ville la rendre inhabitable jusqu'à sa décontamination, avait-elle ajouté. (une décontamination comme à Tchernobyl ?)
Après une accalmie entre 1995 et 1998, l'AIEA a enregistré depuis le début 1999 six saisies d'uranium ou de plutonium enrichi dans les anciennes républiques d'URSS et dans les Balkans. Les quantités saisies vont de 0,4 gramme à 6 grammes.
Il faut au minimum 8 kg de plutonium ou 25 kg d'uranium hautement enrichi pour produire une bombe nucléaire, d'après les experts.
"Nous ne pouvons pas exclure que des terroristes mettent la main sur des matériaux nucléaires, même s'il est très improbable qu'ils réussissent à construire et à faire exploser la bombe qu'ils fabriqueraient", a estimé M. ElBaradei. "Il ne faut toutefois écarter aucun scénario", a-t-il ajouté.
"Après les attentats du 11 septembre, nous avons réalisé que les installations nucléaires et les grands équipements, comme les barrages hydroliques, les raffineries de pétrole ou chimiques, sont vulnérables", a souligné le directeur de l'AIEA. "Il n'existe plus de sanctuaire", a-t-il ajouté.
L'AIEA se félicite des restrictions
au survol des installations nucléaires
VIENNE, 31 oct 2001 - L'AIEA s'est félicitée mercredi à Vienne des restrictions imposées par les Etats-Unis au survol de certaines installations nucléaires, estimant qu'elles pouvaient être visées par des terroristes.
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed El Baradei, a ajouté que les centrales nucléaires ne constituaient pourtant qu'une cible possible parmi d'autres.
"Toutes les mesures conservatoires sont les bienvenues", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse dans la capitale autrichienne, où l'AIEA a son siège.
"Toutes les installations de haute technologie sont en cours d'inspection et (...) les installations nucléaires sont d'évidence une cible de nature à semer la panique dans la population en raison d'une possible émission de radioactivité" après une éventuelle attaque, a-t-il souligné.
"Si l'on se met à la place des terroristes, le nucléaire n'est pas une cible à exclure, loin s'en faut", a ajouté M. El Baradei.
La direction de l'Aviation civile américaine (FAA) a interdit mardi le survol dans un rayon de 18 km et au-dessous de 5.480 m de 86 sites nucléaires sensibles .
"Les Etats-Unis sont actuellement vulnérables aux attaques terroristes et ils mettent au point ce qu'ils pensent être les meilleures parades", a affirmé le directeur de l'AIEA.
L'AIEA organise vendredi à Vienne une réunion d'experts sur la menace terroriste pesant sur les installations nucléaires dans le monde après les attentats du 11 septembre.
Dans Libération le vendredi 19 octobre
2001
Par JACQUES AMALRIC
Après la maladie du charbon, les risques du nucléaire, y compris en France. Selon certains de nos lecteurs, mieux vaudrait ne pas évoquer le sujet pour ne pas donner de mauvaises idées aux terroristes. L'argument relève peut-être du fameux principe de précaution, mais il n'est guère recevable. Imaginer un seul instant que les cerveaux pervers qui ont planifié pendant des années et réalisé en moins d'une heure l'évaporation du World Trade Center puisent leurs idées de massacre dans la presse relève de l'angélisme. Quitte à se référer au principe de précaution, mieux vaut craindre qu'ils n'aient déjà dans leurs cartons quelque projet criminel d'escalade nucléaire, visant une ou plusieurs installations de cette catégorie. Mieux vaut donc prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir ce qui serait une nouvelle catastrophe majeure.
C'est dire, de ce point de vue, que la décision du gouvernement visant à renforcer la protection des sites industriels à risque est plus que bienvenue. On serait même en droit de s'étonner qu'elle n'ait pas été prise plus tôt, tous les experts s'accordant à reconnaître qu'aucune de la vingtaine de centrales nucléaires françaises n'a été conçue pour résister au choc d'un avion de ligne détourné par des terroristes kamikazes. Le cas de l'usine de retraitement de La Hague est encore plus critique puisque ce sont 7 500 tonnes de combustibles nucléaires qui y sont stockées - des dizaines de Tchernobyl en puissance! - et que cette installation est trop éloignée d'une base de l'armée de l'air pour que la chasse ait le temps d'intervenir en cas de violation de son espace aérien préservé.
Souvent invoqué à tort et à travers avant le 11 septembre, le principe de précaution doit être redéfini avec discernement depuis. On doit dorénavant y intégrer une bonne dose d'imagination, faute de quoi il ne servira pas à grand-chose dans la lutte contre des terroristes qui ont toutes les audaces imaginatives et qui sont parvenus à matérialiser le plus fou des cauchemars. Et, n'en doutons pas, le cauchemar nucléaire, sous une forme ou sous une autre, fait partie de leurs rêves.
Par JEAN-DOMINIQUE MERCHET
L'armée de l'air devrait rapidement déployer une batterie de missiles sol-air pour protéger l'usine de retraitement nucléaire de La Hague (Manche). Les militaires n'ont pas encore reçu l'ordre d'installer leurs missiles Crotale dans le Cotentin, mais des reconnaissances ont déjà eu lieu sur place, comme l'annonçait hier le quotidien Ouest-France. Une décision devrait être prise «dans les jours à venir», a indiqué hier le porte-parole du ministère de la Défense, Jean-François Bureau. Cette mesure spectaculaire ne sera qu'un des éléments d'un plan renforcement de la sécurité de «certains sites d'intérêt national» demandé mercredi soir par le Premier ministre. La menace aérienne - celle d'avions kamikazes - est prise très au sérieux par le gouvernement. Hier, l'entreprise publique Cogema a indiqué hier avoir été «informée par le ministère de la Défense que l'usine de traitement de La Hague était incluse dans la liste» des sites sensibles.
Kourou. L'usine de La Hague ne sera pas la seule concernée. En fait, le contrôle de l'ensemble de l'espace aérien français va être renforcé. Dès le 11 septembre, des mesures ont été prises, puis durcies après le début des frappes américaines le 7 octobre. «Des moyens de protection complémentaires sont à l'étude, assure le colonel Patrick Dutartre, responsable de communication de l'armée de l'air. Ce seront des dispositifs évolutifs. Nous n'allons pas nous focaliser sur un seul endroit.» D'autres «points sensibles» pourraient bénéficier d'une telle défense antiaérienne. Sur LCI, le ministre de la Défense Alain Richard a évoqué hier l'exemple «de grandes installations industrielles, de grands sites urbains, d'un grand barrage».
Jusqu'à présent, un seul site bénéficie en permanence d'une défense sol-air: le centre spatial de Kourou (Guyane), avec des missiles Mistral à très courte portée. Mais les armées installent ponctuellement de telles défenses, par exemple lors de sommets internationaux, du Salon du Bourget ou de visite du pape en France. Les militaires appellent cela des «bulles» au sein desquelles la circulation aérienne est totalement interdite. Ces dispositifs temporaires sont très coûteux en hommes, en matériel de détection et en avions ou hélicoptères d'interception. Pour l'instant, le ministère de la Défense ne prévoit pas de multiplier ces dispositifs. «Nous sommes dans une posture de dissuasion, destinée à durer et qui sera ajustée en fonction de l'évolution de la situation», a expliqué le porte-parole du ministère.
Etude d'impact. Le cas de La Hague est particulièrement sensible. Avant les attentats, l'organisation Wise - animée par des militants antinucléaires - a réalisé pour le compte de l'Union européenne une étude sur l'impact qu'aurait la chute d'un avion sur l'usine de retraitement. «Un accident majeur aurait jusqu'à 67 fois l'impact dû au relâchement de césium à Tchernobyl», écrivent les experts de Wise. Près de 7 500 tonnes de combustibles nucléaires divers y sont en effet immergées dans cinq piscines et 55 tonnes de plutonium stockées sous forme de poudre. La Cogema a estimé ce scénario «dénué de tout fondement scientifique».
Dans ce site «hautement protégé, explique l'industriel, les combustibles sont contenus dans des gaines elles-mêmes assemblées dans des alvéoles métalliques, le tout placé sous quatre mètres d'eau.» Des parois de béton armé épaisses «de 0,80 à 1,60 mètre» résisteraient-elles toutefois à la chute d'un avion de ligne? Personne ne le croit, pas même le porte-parole de la Cogema, qui affirmait hier qu'«aucun site industriel n'est conçu en fonction d'un tel impact». Toutes les études l'ont été sur la base de la chute d'un Cessna 210 (1,5 tonne) ou d'un Learjet 23 (5,7 tonnes), pas d'un Airbus de 250 tonnes!
«La Défense nationale aurait le temps d'intervenir si une infraction à la règle d'interdiction permanente de survol était suspectée», assure-t-on à la Cogema. Mais cette interdiction ne concerne que les avions volant en dessous de 1 000 mètres d'altitude. De nombreuses lignes transatlantiques passent par le sud du Cotentin, à moins de cinq minutes de vol! C'est le temps donné à l'armée de l'air pour réagir entre le moment où le contrôle aérien diagnostique un problème et l'éventuelle ouverture du feu.
«Deux minutes». Une dizaine de Mirage 2000 sont en état d'alerte «à deux minutes», mais les bases aériennes sont situées surtout dans l'est et le sud de la France. Mission impossible pour la chasse, sauf à installer des intercepteurs dans l'ouest. Il faut donc se résoudre à déployer des missiles sol-air. Fabriqué par Thomson, le Crotale a été conçu pour défendre les bases aériennes. L'armée de l'air possède dix batteries, toutes mobiles et dotées d'un radar de 18 kilomètres de portée. Le Crotale tire un missile à courte portée - entre trois et cinq kilomètres d'altitude. Les habitants des villages du cap de La Hague risquent de devoir s'habituer à cette présence.
Par PIERRE DAUM
Vienne de notre correspondant
Même si aucune preuve formelle n'a été apportée que Ben Laden et son organisation, Al-Qaeda, se soient déjà procurés des substances radioactives, base d'une potentielle «bombe nucléaire artisanale», plusieurs indices pourraient le laisser penser.
Le premier repose sur le témoignage de Djamal Ahmed al-Fadl. Devant le tribunal de Manhattan, qui a condamné hier quatre personnes pour les attentats antiaméricains de 1998 en Afrique (lire page 6), ce membre du réseau Ben Laden a affirmé avoir servi d'intermédiaire, en 1993, dans l'achat d'un cylindre d'uranium enrichi. «On ne sait même pas si la transaction a, ou non, abouti», tempère David Kyd, porte-parole de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique), dont le siège est à Vienne. «Il se peut très bien que ces aveux soient faux et n'aient servi qu'à obtenir la clémence des juges.» Dans son édition du 14 octobre, le Times de Londres rapportait de son côté le témoignage d'un négociant bulgare qui aurait été approché, au début de l'année, «par un comparse de Ben Laden cherchant à obtenir des matériaux hautement radioactifs».
Géorgie. A l'heure du terrorisme planétaire, d'autres incidents font froid dans le dos. Ainsi celui de Batumi. Dans cette petite ville frontalière du sud de la Géorgie, le 19 avril 2000, les douaniers inspectent une pile de colis à destination de la Turquie. Dans l'un d'eux, des sacs de pastilles d'une étrange couleur attirent leur attention. Après analyse en laboratoire, il s'avère qu'ils ont mis la main sur 920 g d'uranium enrichi destinés à on ne sait quel marché noir. Dans les trois dernières années, six cas de ce genre ont été recensés: 10 g d'uranium saisis en Bulgarie, 1,5 g de plutonium au Kirghizistan et 6 autres en Lettonie. Des quantités nettement insuffisantes pour fabriquer de véritables bombes atomiques (pour lesquelles 25 kg d'uranium enrichi ou 8 kg de plutonium sont nécessaires). Mais on songe immédiatement à ces bombes dites «sales», c'est-à-dire composées d'un explosif classique auquel on accolerait des matériaux radioactifs afin de contaminer les populations alentour.
«Ce genre de bombes, dites aussi radiologiques, ne sont pas forcément d'une très grande efficacité» (?????), s'empresse de souligner Abel Gonzales, directeur de la division de sûreté radiologique à l'AIEA. Avant d'ajouter: «L'effet de terreur psychologique, lié aux fantasmes développés par les images de Hiroshima ou de Tchernobyl, serait certainement très fort. Même si ces choses n'ont en vérité rien à voir entre elles.» Et de prendre l'exemple d'une valise bourrée d'explosifs et d'un peu d'uranium déposée à une heure de pointe dans une grande gare d'une capitale occidentale. «Il est très compliqué de calculer les effets exacts d'une telle bombe», explique Gonzales avec une prudence extrême, comme s'il avait peur que ses propos n'inspirent des lecteurs malveillants. «Cela dépend de la quantité d'uranium placée dans la valise, de son degré d'enrichissement (qui peut aller de 20 à 80 %, ndlr), mais aussi de la façon dont l'explosif arrive à diffuser l'uranium.» (l'effet serait redoutable avec du plutonium, car 1 millionième de gramme ingéré suffit à provoquer un cancer)
Contact. Car pour être contaminé, il ne suffit pas d'être à proximité de l'explosion, il faut que le corps entre en contact avec des particules irradiantes. Sur les milliers de voyageurs en attente de leur train, très peu seraient touchés (non). «Avec, par exemple, 100 g de substance radiologique, le nombre de personnes éventuellement contaminées - sans même parler de tuées - ne dépassera pas la centaine», assure-t-il.
Les fonctionnaires de l'AIEA ont certainement pour consigne de ne pas ajouter à l'affolement général. Cependant, plusieurs éléments les inquiètent. On dit souvent que le faible attrait pour les armes radiologiques, comparées aux chimiques ou aux biologiques, réside dans la difficulté pour les terroristes de se procurer les matériaux radioactifs. Mais «il en existe sous des formes très diverses, autres que l'uranium et le plutonium», avoue un attaché nucléaire français. Par exemple le cobalt, le césium ou le strontium. Utilisés dans les hôpitaux et dans de nombreuses industries, ces produits ont l'«avantage» de se trouver dans des lieux beaucoup moins surveillés que les laboratoires de recherche nucléaire.
A Goiania (Brésil), un pauvre bougre s'était ainsi introduit dans un hôpital afin de chaparder quelques bouts de ferraille pour les revendre à la casse. En guise de «ferraille», des barres de césium. Une fois chez lui, il entreprit de les scier et découvrit en leur centre une pâte étrange aux reflets bleuâtres fluorescents. Dont il s'amusa à se couvrir le corps, ainsi qu'à ses amis. Quatre personnes trouvèrent la mort, quatorze furent contaminées, comme des centaines d'hectares aux alentours de sa maison.
Ex-URSS. L'étendue du trafic illicite de matériaux radiologiques est une autre source d'inquiétude. Depuis 1993, l'AIEA dispose d'une base de données qui rassemble tous les cas de commerce de ce genre - environ 600 en huit ans - découverts par Interpol, des services de douanes, des médias... Avec deux réserves importantes: d'une part, ne sont inscrits que les cas confirmés par les autorités du pays concerné (or, on peut imaginer que certains refusent de rendre publiques des malversations opérées sur leur territoire). D'autre part, on n'a aucune idée de la quantité des ventes échappant à la surveillance policière.
«L'immense territoire de l'ex-URSS, avec ses centaines d'installations nucléaires et ses milliers de techniciens sous-payés, constitue un terrain très propice au marché noir de matériaux nucléaires, explique un haut responsable de l'AIEA sous couvert d'anonymat. Mais avec seulement 200 inspecteurs de par le monde, nous sommes incapables de contrôler toutes les anciennes républiques soviétiques comme il le faudrait.» L'AIEA prend donc l'alerte au sérieux. Le 2 novembre, une réunion extraordinaire rassemblera à Vienne les spécialistes mondiaux de la sécurité nucléaire. Thème: «Combattre le terrorisme nucléaire.»
Une quarantaine de militaires installés
à Flottemanville-Hague
LA HAGUE 19 octobre 2001 - Une quarantaine de militaires de l'armée de
l'air, arrivés vendredi matin à Flottemanville-Hague
(Manche) avec cinq camions de transmission, un camion radar et
deux autres camions, se sont installés dans un camping
de cette commune à la position stratégique.
Le site est le point culminant du nord Cotentin à 183 mètres au-dessus du niveau de la mer avec vue sur le site Cogema, distant d'environ cinq kilomètres.
Virulentes chez les militants antinucléaires, les réactions face à cette protection renforcée du site en cas d'attaque, se teintaient vendredi de fatalisme parmi la population locale.
''Cela fait vingt ans que nous disons que si un jour un avion s'écrase sur la Cogema, ce sera une catastrophe sans précédent'', s'est écrié Yannick Rousselet, représentant de l'organisation écologiste Greenpeace à Cherbourg.
De son côté, Didier Anger, conseiller régional des Verts a estimé que ''protéger le supermarché du plutonium et la poubelle nucléaire du monde ne suffit pas à rassurer. Les terroristes peuvent très bien entrer à l'intérieur du site''
Dans le village, fort de 800 habitants, la vie se poursuivait sans modification. ''On se sent protégé maintenant. Mais cela fait des années que nous vivions à côté de cette usine qui, on le sait représente un danger. Alors cela ne change pas grand chose'', a commenté une habitante à la sortie de l'école.
L'armée de l'air en place pour protéger
le complexe nucléaire de La Hague
FLOTTEMANVILLE-HAGUE (Manche), 19 oct 2001 - Une
vingtaine de camions, un radar déployé, des militaires
qui devisent : l'armée de l'air a pris position dans la
nuit de jeudi à vendredi à Flottemanville-Hague
(Manche) dans un champ dominant la presqu'île de La Hague
où se trouve le centre de retraitement des combustibles
nucléaires que le gouvernement a décidé de
protéger.
Un lieutenant du Centre de détection et de contrôle
mobile (CDCM) de la base aérienne (BA) 128 de Metz explique
que le radar en cours d'installation, dans ce champ entouré
d'un talus planté de fougères, va surveiller la
région dans un rayon de 150 km et qu'il est "optimisé"
pour détecter des engins volant à basse et moyenne
altitude.
"Dans chaque véhicule du CDCM, des techniciens sont prêts à traiter les données reçues avant de les transmettre au Centre de conduite des opérations aériennes de Taverny (Val d'Oise)", dit-il.
Le lieutenant cite la présence sur place d'hommes de l'escadron de transport 02.064 Anjou de la BA 105 d'Evreux qui sert de "support logistique". Il se veut pédagogue : "Ici, en cas d'incident, on sert d'alerte. On dit qu'il y a quelque chose d'anormal et on donne à notre hiérarchie la capacité de prendre une décision".
L'officier ne confirme pas pourtant l'arrivée de missiles sol-air qui doivent compléter le modeste dispositif aujourd'hui en place. "La guerre se déplace chez nous"
Durant ses explications, un hélicoptère civil, à bord duquel se trouvent probablement des photographes, survole le champ. Cela a le don d'agacer un adjudant-chef : "depuis les événements, la zone ou se trouve La Hague est interdite de survol. Le jour où il aura un Mirage au c.., cela lui fera drôle", lâche-t-il.
Les militaires se sont installés au point le plus haut de la presqu'île, à 180 m d'altitude, à proximité d'un observatoire astronomique. De là, ils ont une vue dégagée sur la rade de Cherbourg et sur le centre de retraitement de La Hague dont les installations gigantesques contrastent avec l'aspect paisible du Bocage normand.
Dans le bourg de Flottemanville-Hague qui compte 800 habitants et où beaucoup de familles ont un parent qui travaille dans le nucléaire, l'arrivée des militaires est ressentie sans état d'âme. "C'est tout à fait normal d'utiliser de tels moyens de défense dans la situation internationale incertaine que nous vivons", dit Eric, 40 ans, technicien de maintenance.
Le maire de la commune Christiane Desquesnes abonde dans ce sens. "Depuis que la nouvelle s'est répandue, je n'ai reçu aucun coup de téléphone affolé ou paniqué d'un habitant de Flottemanville", assure-t-elle.
Seule, Dominique, une femme au foyer de 41 ans, se montre plus nuancée : "Il ne faut certes pas céder à la panique mais cela veut quand même dire que la guerre se déplace chez nous et qu'elle n'est pas que dans l'écran de télévision à la grand-messe du 20h00".
Protection renforcée des sites nucléaires
en Rhône-Alpes
LYON, 19 oct 2001 - La préfecture
de région et EDF ont confirmé vendredi à
l'AFP que des mesures particulières étaient prises
pour la protection des sites nucléaires en Rhône-Alpes
(5 centrales de 4 tranches de réacteurs), mais en se refusant
à donner tout détail, notamment sur une éventuelle
protection aérienne.
"L'efficacité même de la mesure est dans son secret", a souligné la préfecture.
"A partir du moment ou le risque dépasse celui qui ressort de l'exploitation, si c'est un risque terroriste ou un risque de guerre, cela relève de la défense nationale", observe de son côté Jean Fluchère, délégué régional EDF en région Rhône-Alpes
"Chacun assume ses responsabilités", a-t-il ajouté, affirmant : "Je ne connais pas les mesures qui sont prises et c'est normal. Il ne faut surtout pas les commenter parce que cela donnerait des idées aux gens, qui, précisément, n'attendent que cela pour faire des choses inavouables".
Il a en outre vivement critiqué "ceux qui veulent absolument terroriser les populations avec le nucléaire" et qui saisissent toutes les occasions de le faire".
L'armée de l'air a mis un dispositif en place pour protéger le complexe nucléaire de La Hague. En revanche, l'information selon laquelle des missiles sol-air seraient déployés pour protéger plusieurs sites d'intérêt national n'a pas été confirmée.
Les centrales nucléaires canadiennes protégées par des gardes armés (presse)
MONTREAL, 20 oct 2001 - Des gardes armés vont être chargés de renforcer la protection des installations nucléaires canadiennes, a révélé le quotidien Globe and Mail dans son édition de samedi.
La Commission canadienne de sûreté nucléaire a ordonné jeudi aux opérateurs de huit installations nucléaires de renforcer leurs mesures de sécurité, après une révision de celles en place actuellement, effectuée à la suite des attentats du 11 septembre.
Il n'y a pas de menace particulière contre ces centrales, mais le haut risque associé au nucléaire impose un renforcement des mesures de sécurité, notamment avec des gardes armés, a estimé la présidente de la commission, Linda Keen, sans donner plus de détails sur ce dernier point.
L'introduction d'armes dans les sept installations civiles d'énergie nucléaire canadienne est une première. Elle s'ajoute à d'autres mesures, comme un contrôle renforcé des personnes et des véhicules à l'entrée ou des restrictions d'accès à certaines zones sensibles.
"Je veux voir ces mesures mises en place rapidement", a indiqué Mme Keen, ajoutant que certaines prenaient effet "immédiatement".
Cinq centrales nucléaires sont basées en Ontario, une au Québec et une au Nouveau-Brunswick (est). Les nouvelles mesures s'appliquent aussi au centre de recherche nucléaire de Chalk River, près d'Ottawa, dépendant de l'Agence canadienne de l'énergie atomique.