La CRIIRAD demande que cesse la "censure" sur le passage en France du nuage de Tchernobyl

PARIS (10 avril 2006) - La CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) a écrit lundi au gouvernement pour que cesse la "censure" sur les conséquences en France de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Dans une lettre ouverte adressée à cinq ministres de tutelle [voir ci-dessous], elle demande "que soit levé l'interdit" sur les bilans établis en mai 1986 par le SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants). Cet organe gouvernemental a publié le 7 mai 1986 une carte d'évaluation de la contamination des sols, confirmée une semaine plus tard par une autre carte.

"Ces évaluations présentent des chiffres aberrants qui sous-évaluent d'un facteur 100 à 1 000 le niveau réel des retombées " du nuage de Tchernobyl, écrit la CRIIRAD dans son courrier à Michèle Alliot-Marie (Défense), Thierry Breton (Economie), Nelly Olin (Ecologie), Xavier Bertrand (Santé) et Gilles de Robien (Education). "Ce bilan officiel traduit soit une grave incompétence, soit une sous-évaluation délibérée", accuse la CRIIRAD. "Depuis 1986, aucun rapport officiel français n'a mentionné l'existence de ces cartes".

La CRIIRAD demande donc aux cinq ministres de tutelle d'exiger de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) "l'établissement d'une chronologie complète et honnête de l'évaluation des retombées radioactives par les services officiels français". "Vous mettriez fin à la politique de désinformation et de censure qui perdure en France depuis près de 20 ans", exhorte-t-elle. S'estimant victimes du passage du nuage radioactif, des centaines de personnes, atteintes d'un cancer et/ou malades de la thyroïde, ont déposé plainte contre X. Le dossier est instruit par la juge Marie-Odile Bertella-Geoffroy, saisie d'une information judiciaire pour "violences volontaires" et "atteintes involontaires à l'intégrité physique". Aucune mise en examen n'a pour l'instant eu lieu.

La CRIIRAD, qui s'est constituée partie civile dans cette affaire, estime que les cartes de mai 1986 "constituent un élément de preuve clef dans les argumentaires" qu'elle a présentés à la justice.



10 avril 20006:

CRIIRAD
Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité
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Tél. : 04 75 41 82 50
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Mme Nelly OLIN
Ministère de l'Ecologie
et du Développement Durable
20 avenue de Ségur
75302 PARIS 07 SP

 

Lettre ouverte aux 5 ministres de tutelle de l'IRSN

à propos de l'évaluation des retombées de Tchernobyl sur la France
et du récent avis du Conseil scientifique de l'IRSN

 

Madame la Ministre,

Mercredi dernier 5 avril, la CRIIRAD a pris connaissance de l'avis du Conseil scientifique de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) sur l'évaluation des retombées radio-actives consécutives à l'accident de Tchernobyl.

Il est indiqué, dans l'introduction de ce rapport (annexe 1), que ce travail a été effectué à la demande des ministères de tutelle de l'IRSN, demande transmise par la direction de l'IRSN au Conseil scientifique de ce dernier lors de la séance du 15 novembre 2005. Le directeur de l'Institut nous a précisé vendredi dernier par téléphone qu'il n'y avait pas eu, en réalité, de demande ministérielle.

Quelle que soit l'implication réelle de votre ministère dans l'établissement de ce rapport, nous sollicitons votre intervention en tant que ministère de tutelle de l'Institut afin que soit prise en compte l'évalua-tion de la contamination des sols publiée le 7 mai 1986 par le SCPRI (annexe 2) et confirmée le 15 (annexe 3).

Ce sont, en effet, les seules évaluations des retombées radioactives publiées pendant la période critique, lorsqu'il était encore possible d'agir pour protéger les populations, en particulier contre l'exposition aux isotopes radioactifs de l'iode. Ces évaluations présentent des chiffres aberrants qui  sous-évaluent d'un facteur 100 à 1 000 le niveau réel des retombées (1) près le SCPRI, le service alors en charge de la surveillance radiologique du territoire, la contaminationmoyenne serait en effet de 407 Bq/m2 pour la somme des 6 radionucléides les plus importants et de 8,5 Bq/m2 pour le seul césium 137. Ce bilan officiel traduit soit une grave incompétence, soit une sous-évaluation délibérée. En situation d'urgence, on ne peut exiger des pouvoirs publics des évaluations précises mais savoir définir les ordres de grandeur est indispensable : à 400 Bq/m2, la contamination était insignifiante mais à 1 000 fois plus il était impératif de rechercher les zones et les groupes à risque car la contamination n'avait plus rien d'anodin : il fallait réfléchir aux mesures de protection à prendre. De fait, ces documents constituent un élément de preuve clef dans les argumentaires que notre association a présentés à la Justice.

En demandant que soit levé l'interdit sur les bilans établis en mai 1986 par le SCPRI vous mettriez fin à la politique de désinformation et de censure qui perdure en France depuis près de 20 ans.

Il est possible que les responsables de l'IRSN ­ comme avant eux  ceux de la DGSNR-ASN ­ agissent de leur propre chef. Cependant, vous ne pouvez ignorer que lorsqu'un rapport est publié par un organisme qualifié d'organisme public d'expertise et placé, qui plus est, sous la tutelle de 5 ministères, son contenu engage l'État... et l'engage, en l'occurrence, dans une version erronée, et pour tout dire mensongère, des évaluations de la contamination des sols.

Dans le contexte de l'achèvement de l'instruction conduite par Mme Bertella-Geffroy (2) maintien d'une chronologie officielle biaisée constitue une entrave manifeste à la manifestation de la vérité.

Il est à nos yeux aussi grave de mentir aujourd'hui par omission que d'avoir diffusé en mai 1986 des chiffres erronés : 20 ans après la catastrophe, les responsables ne peuvent en effet invoquer les circons-tances atténuantes de l'urgence et du caractère sans précédent des évènements.

Certes, ce nouveau rapport de l'IRSN n'est pas le seul à passer sous silence les documents publiés en mai 1986 par le SCPRI. Depuis 1986, aucun rapport officiel français n'a mentionné l'existence de ces cartes. Plusieurs sont même allés jusqu'à antidater une carte postérieure du SCPRI (la carte contamination des sols de juin-juillet) et à la présenter comme l'évaluation officielle de mai 1986 (3) c'est notamment le cas du rapport « Tchernobyl, 17 ans après » publié en 2003 par l'IRSN (annexe 4).   

A notre connaissance, un seul rapport officiel rompait avec l'interdit... mais sa publication n'a toujours pas été autorisée. Il s'agit du rapport référencé IRSN/DSDRE/GT n°3 et intitulé « Réflexions sur les études menées à l'IRSN pour l'estimation des conséquences de l'accident de Tchernobyl en France ». Ce travail a été effectué à l'initiative de Michel Livolant, alors directeur de l'IPSN qui a confié à Daniel Robeau la charge de répondre aux critiques adressées à l'IPSN sur la gestion de la crise de Tchernobyl. Cette mission a été confirmée en septembre 2002 par Daniel Quéniart, alors administrateur provisoire de l'IRSN, qui venait d'être créé par fusion de l'OPRI et de l'IPSN (annexe 5).

Bien qu'officieuse, l'existence de ce rapport est incontestable. Notre association en a obtenu trois exemplaires, dont un grâce aux perquisitions conduites dans les locaux de l'IRSN à la demande de Mme Bertella-Geffroy. Son contenu est à nos yeux très décevant mais ce qui nous intéresse ici figure au chapitre 3 intitulés « informations complémentaires sur l'historique des cartes publiées par les différents intervenants ». Y figurent en effet, page 38, la carte du 7 mai 1986 et, page 39, la carte SCPRI du 15 mai 1986 (référence des scellés : D 3105/44 et  D3105/45). Il est intéressant de noter que les commentaires présentent les chiffres mais en prenant bien garde de ne pas les commenter : cet artifice permet aux auteurs du rapport de ne pas les valider (car ils se discréditeraient) tout en s'abstenant de les critiquer (car ce serait aller beaucoup trop loin). Malgré cet effort notoire, le rapport n'a pas été publié.

Nous espérons que ces premiers éléments d'information vous permettront de mieux percevoir les enjeux réels de ce dossier. Toutes les réformes et changements de nom pour restaurer la confiance dans les organismes officiels resteront, et heureusement, totalement inopérants tant que leurs interventions resteront basées sur la réécriture de l'histoire. Nous espérons pouvoir vous rencontrer dans les meilleurs délais afin de vous exposer de façon plus détaillée l'ensemble des éléments de preuve dont nous disposons.

En réitérant notre demande solennelle d'exiger de l'IRSN, Institut sur lequel vous exercez votre tutelle, l'établissement d'une chronologie complète et honnête de l'évaluation des retombées radioactives par les services officiels français, nous vous prions d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de notre très sincère considération.

Pour la CRIIRAD

La directrice, Corinne Castanier

 

P.S. Quelle que soit votre décision, nous vous serions reconnaissants de nous la faire parvenir dans les meilleurs délais. Nous nous permettrons de prendre contact avec vos services en fin de semaine car nous souhaitons pouvoir en rendre compte dans notre conférence de presse qui devrait se  tenir le jeudi 20 avril prochain à Paris.


[1] Au problème des chiffres, se rajoute la tromperie sur le mécanisme des dépôts radioactifs : le SCPRI a assimilé les dépôts secs au dépôt total alors qu'il connaissait parfaitement le rôle déterminant de la pluviosité pour l'avoir mis en évidence dans le suivi des retombées radioactives des essais nucléaires militaires.

[2] Plainte contre X avec constitution de partie civile déposée le 1er mars 2001 par la CRIIRAD, l'AFMT et 51 plaignants individuels atteints d'une pathologie de la thyroïde susceptible d'avoir été induite par leur exposition aux retombées de Tchernobyl.

[3] La carte SCPRI de juin-juillet 1986 est basée sur des prélèvements de sol effectués au cours de ces deux mois. Elle a été publiée en août/septembre 1986 dans le rapport mensuel du SCPRI qui porte comme titre trompeur « mai 86 ». La publication des tableaux de résultats d'analyse et de la carte est postérieure de plusieurs mois à la période critique. Ces données ne pouvaient être utilisées pour assurer la protection des personnes par rapport à l'iode radioactif qui avait alors presque totalement disparu. Les résultats de cette seconde évaluation sont entachés de graves insuffisances méthodologiques, d'incohérences, d'erreurs de calcul, d'interprétations abusives (moyennes régionales basées sur une seule mesure par exemple) mais, malgré toutes ces faiblesses, les évaluations ne sont plus « aberrantes » comme l'étaient celles de mai 1986.


 

CRIIRAD,
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Réaction de la CRIIRAD suite à la publication de l'avis du Conseil scientifique de l'IRSN
 

 
TCHERNOBYL
20 ans après, les services officiels français persistent dans la censure et la désinformation.
 

La CRIIRAD ­ Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité ­ est une association à but non lucratif qui s'est créée en mai 1986, au lendemain de Tchernobyl et s'est dotée d'un laboratoire spécialisé dans les analyses de radioactivité afin d'apporter aux populations une information alternative à celle des exploitants du nucléaire et de l'État.

Depuis 1986, la CRIIRAD a travaillé sur de très nombreux dossiers relatifs au nucléaire mais aussi à la radioactivité médicale et naturelle. Le dossier de Tchernobyl, et en particulier l'obtention de la reconnaissance, par les autorités françaises, des dysfonctionnements de mai 1986 est cependant resté tout au long des années au coeur de ses préoccupations que ce soit sur le plan des évaluations scientifiques, des analyses critiques ou des actions en justice.   

Les démonstrations établies par la CRIIRAD concernent notamment :
1/ la sous-évaluation grossière de la contamination du territoire pendant toute la période de crise ;
2/ le refus d'application des recomman-dations et règlements européens visant à limiter la consommation d'aliments contaminés ;
3/ le défaut de protection
des groupes critiques, et plus particulièrement des enfants (responsabilité aggravée par le fait qu'en 1988, les responsables français iront jusqu'à altérer la transposition d'une directive européenne afin de supprimer l'exigence de calculer des limites d'incorporation spécifiques pour les enfants ! (cf. décret n°88-521 du 18/04/88).

En réaction à son travail d'investigation et d'information, la CRIIRAD a essuyé des attaques virulentes mais caractérisées par 2 constantes :
1/ jamais de réponses aux arguments scientifiques et autres éléments de preuve avancés ;
2/ jamais de poursuite devant les tribunaux
malgré l'importance des mises en cause publiques et nominatives (rappelons que c'est la CRIIRAD qui a poursuivi le Pr Pellerin pour diffamation, et non l'inverse !).

 

Où en est-on du côté de l'État français et de ses experts à 3 semaines de la commémoration du XXème anniversaire de la catastrophe ?

Les cartes qui prouvent le mensonge
sont toujours tabou !

Dans les éléments de preuve que la CRIIRAD a communiqués à la Justice, figurent notamment les bilans établis les 7 et 14 mai 1986 par le SCPRI. Les évaluations de la contamination des sols qui figurent dans ces documents sont accablantes pour les responsables de l'époque. Elles sous-évaluent en effet d'un facteur 1 000 environ (!) la quantité de radioactivité déposée sur le sol français. Ce travail est indéfendable et, pour cette raison, toute mention de son existence a été frappée d'interdiction. Les organismes et experts officiels sont allés jusqu'à falsifier des dates pour ne pas avoir à insérer les cartes des 7 et 14 mai dans leurs reconstitutions historiques.

L'avis du Conseil Scientifique de l'IRSN respecte l'interdit à la lettre.

Le rapport occulte ainsi les chiffres clefs de la contamination des sols et soutient que la « polémique » provient de données insuffisantes, comme s'il s'était agi d'un simple déficit d'information et non de la diffusion de résultats de mesure totalement erronés, sous-évaluant considérablement le risque et utilisés pour justifier l'absence de toute mesure de protection. Il y a tromperie et tromperie aggravée au sens du code de la consommation. Si les experts de l'IRSN considèrent que les chiffres SCPRI de mai 1986 ­ qui sont les chiffres de la période de crise pendant laquelle il faut savoir pour agir à bon escient ­  sont corrects mais seulement insuffisants, qu'ils osent les publier ! Pourquoi censurer des cartes qui ne sont qu'insuffisantes ?

La publication de cet avis intervient dans un phase critique de l'instruction que conduit Mme Bertella-Geffroy suite à la plainte déposée par la CRIIRAD le 1er mars 2001, conjointement avec l'AFMT et à ce jour plusieurs centaines de malades de la thyroïde. Il est difficile d'imaginer qu'il s'agit d'une coïncidence (surtout quand on connaît l'historique du dossier). De façon générale, depuis que la plainte a été déposée, les interventions des défenseurs de la gestion de l'État, et plus particulièrement du directeur du SCPRI, le Professeur Pellerin, n'ont cessé de se développer. La plus récente est certainement « l'appel solennel à la presse française », mais la plus éminente est sans conteste la « mise au point historique » rédigée par les professeurs Galle, Coursaget et Paulin, qui a été validée par les professeurs Tubiana et Aurengo et qui a reçu le soutien de l'Académie des Sciences (qui en a notamment assuré la diffusion). Le rapport de la CRIIRAD, qui inclut une critique sans concession de ce document, sera remis au plus tard le 18 avril prochain à Mme le Juge d'instruction et rendu public le 26 avril prochain. La CRIIRAD souhaite en effet que tous ceux qui ont tenté, et tentent encore, de faire obstacle à l'établissement de la vérité soient clairement identifiés et que leurs démarches soient portées à la connaissance de la Justice et du public.

D'ici là, la CRIIRAD essayera de déterminer le niveau de responsabilité des experts extérieurs à l'IRSN. En effet, autant l'on peut considérer que les membres de l'IRSN et de son Conseil scientifique sont informés des tenants et aboutissants du dossier et parfaitement conscients des enjeux, autant  l'on peut s'interroger sur le niveau de connaissance des 5 experts extérieurs qui ont assisté le Conseil : Mmes CHAUMERLIAC et SIMMONDS et Mrs FEINBERG, MURITH et THIRY : sont-ils véritablement au fait de ce qui se joue ou ont-ils été manipulés ? Dans cette perspective, la CRIIRAD a demandé ce jour à M. Lacronique et à M. Repussard, respectivement président et directeur de l'IRSN, communication des coordonnées de ces 5 personnes.

La CRIIRAD aura d'ailleurs de nombreuses autres questions à leur poser. Ainsi, on peut lire dans l'avis du Conseil scientifique de l'IRSN que « pour les mesures réalisées après 1986, on ne peut qualifier d'optimal le choix des méthodes instrumentales et des protocoles ». Étant donné que cette conclusion s'applique aux évaluations de l'ensemble des laboratoires, et par conséquent au sien, la CRIIRAD demande que les arguments qui la sous-tendent lui soient présentés. En effet, les remarques qui figurent dans le rapport de l'IRSN s'appliquent sans réserve aux travaux du SCPRI qui sont entachés de graves irrégularités mais pas à ceux du laboratoire de la CRIIRAD qui a établi, et appliqué, des protocoles de prélèvement, préparation et analyses des échantillons spécialement adaptés à l'évaluation des retombées radioactives et tout à fait comparables aux travaux de référence conduits dans ce domaine à l'étranger. Puisque le Conseil scientifique de l'IRSN se permet d'émettre un jugement défavorable sur ce travail, il va falloir qu'il étaye ses accusations, documents et chiffres à l'appui ! C'est le moins que l'on puisse exiger d'un Institut public d'expertise qui déclare s'être doté d'une charte éthique !

Sur toutes ces questions, les responsables de la CRIIRAD sont disposés à être confrontés, de façon publique, à l'ensemble de leurs contradicteurs. 

Par ailleurs, compte tenu de la gravité des faits et du contexte, la CRIIRAD a également demandé ce matin aux responsables de l'IRSN la liste des ministères de tutelle qui ont demandé l'établissement de ce rapport. Dès qu'elle disposera de cette information, la CRIIRAD demandera d'urgence un rendez-vous aux ministres concernés.

La CRIIRAD souhaite terminer sur une remarque importante pour l'avenir de notre protection.

Entre 1997 et 2003, une petite minorité de scientifiques appartenant à l'IPSN, puis intégrés à l'IRSN, avaient essayé de faire évoluer les choses dans le bon sens. Sous l'impulsion, notamment, de Didier Louvat, alors responsable du laboratoire de radioécologie de Cadarache, une carte de contamination validant les ordres de grandeur des évaluations de la CRIIRAD avait été publiée. C'est d'ailleurs cette publication qui a déchaîné les foudres de l'establishment nucléaire. Aujourd'hui, cette phase d'ouverture est définitivement achevée. Ceux qui avaient essayé de tourner la page de la désinformation ont quitté l'IRSN, partis à l'étranger ou dans d'autres organismes comme l'INERIS, et ceux qui sont restés sont aujourd'hui rentrés dans le rang ou remisés dans des placards et autres voies de garage.

En cas de nouvel accident, une chose est sure, il n'y aura pas une seule voix discordante au sein de l'Institut officiel d'expertise, tout le monde parlera d'une seule voix... et elle aura les mêmes intonations qu'en 1986 !
 

 
Pour plus d'information (et notamment consultation des bilans SCPRI des 7 et 14 mai 1986) :
http://www.criirad.com/criirad/actualites/TchernobylFrancBelarus/TchernobylmisajourJuil05/sommaireactionFrance.html