Extrait de Les déchets radioactifs
immergés, Dossier thématique
de l'Inventaire national des matières et déchets
radioactifs, Andra 2017:
[La France est très discrète sur ce sujet]
Comme indiqué précédemment,
la France a pris part aux deux opérations coordonnées
par l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) en 1967
et 1969 dans l'Atlantique Nord-Est. Elle n'a pas participé
aux campagnes suivantes coordonnées par l'AEN, l'ouverture
du Centre de stockage de la Manche ayant été autorisée
en 1969.
Par ailleurs, la France a procédé à des immersions
dans le Pacifique afin d'évacuer certains déchets
induits par les activités liées aux essais nucléaires
réalisés en Polynésie. Trois sites ont été
utilisés, tous situés dans les eaux territoriales
françaises : deux au large de l'atoll de Mururoa, un au
large de l'atoll d'Hao.
Aucune immersion française n'a été
pratiquée en Manche : seuls le Royaume-Uni et la Belgique
ont utilisé la
fosse des Casquets au nord-ouest du cap de La Hague.
En ce qui concerne la Méditerranée, le CEA a annoncé
en 1962 son intention d'immerger 6 500 fûts de déchets
radioactifs, à une profondeur de 2 500 m à 80 km
au large des côtes entre Toulon et la Corse, mais ce projet
a été abandonné à la suite de différentes
protestations. Toutefois, afin de vérifier la faisabilité
de telles opérations, des fûts inactifs ont été
immergés dans cette zone.
Le détail des immersions françaises en Atlantique
Nord-Est
Lors de la campagne d'immersion coordonnée
par l'AEN en 1967, la France a immergé 896 conteneurs métalliques
(347 tonnes) contenant des déchets enrobés dans
du béton, correspondant à une activité d'environ
0,4 térabecquerel et 30 700 fûts en acier galvanisé
(8 837 tonnes) contenant des boues de traitement d'effluents liquides
épaissies pour une activité de 220 térabecquerels.
Lors de la campagne d'immersion coordonnée par l'AEN en
1969, 14 800 conteneurs de fûts métalliques contenant
soit des boues de traitement d'effluents liquides enrobées
ou non dans du bitume (2 201 tonnes), soit des déchets
bétonnés (2 814 tonnes), ont été immergés
entre 4 000 et 4 600 m de profondeur sur le site dit « Porcupine
». L'activité totale de ces déchets était
de 134 térabecquerels.
Le détail des immersions françaises
dans le Pacifique
Deux sites ont été utilisés à proximité
de Mururoa :
- le site Novembre, situé entre 4
et 8 km de l'atoll. 76
tonnes de déchets radioactifs non conditionnés ont été immergés entre 1972 et
1975 sur le site Novembre, pour une radioactivité
totale de huit gigabecquerels (0,008 TBq).
- le site Oscar à une distance de
5 à 10 km de l'atoll. Sur Oscar, ce sont 2 580 tonnes
de déchets conditionnés en conteneurs béton
ou en vrac qui ont été immergés entre 1974
et 1982, pour une radioactivité totale d'environ 60 gigabecquerels
(0,06 TBq).
Ces deux sites permettaient des immersions
à partir d'hélicoptères pour Novembre
et de bateaux pour Oscar à une profondeur supérieure
à 2 000 m. L'activité
de ces déchets provient essentiellement des émetteurs
alpha, notamment du plutonium.
Un seul site, Hôtel, a été utilisé
à Hao, à environ 8 km de l'atoll, pour réaliser
des immersions par bateau à une profondeur de 2 500 m.
310 tonnes de déchets radioactifs conditionnés en
fûts de béton et 222 tonnes de déchets radioactifs
en vrac ont été immergées sur le site Hôtel
entre 1967 et 1975 : l'activité de ces déchets
est due aux émetteurs bêta-gamma et est d'environ
15 gigabecquerels (0,015 TBq).
Cartes extraites de : L'héritage nucléaire de la guerre froide sur les fonds marins de l'Arctique (en russe), Institut de sûreté nucléaire de l'Académie des sciences de Russie, 2015:




