COMMUNIQUE COORDINATION STOP CIGEO/BURE, Jeudi 26 mars 2026:
(Asodedra, Cacendr, Bure stop 55, Bure Zone Libre, Cedra 52, Eodra,
Les Habitants Vigilants de Gondrecourt)
Nous avons appris dans le Journal de la Haute-Marne du 13/03/2026 (dans un mini encart sur un tout autre sujet...) que l'enquête publique sur la demande d'autorisation de création de Cigeo (DAC) pourrait avoir lieu dès le mois de mai. Si ce délai inattendu est confirmé pour ce printemps, nul doute qu'elle pourrait se dérouler dans la lignée du "fameux" débat public de 2013 : boycottée, mouvementée, et dans un climat profondément délétère car on passerait encore un cap dans l'inacceptable. L'État crée minutieusement toutes les conditions de la désinformation du public et ne s'y prendrait pas autrement pour faire monter la colère.
Une enquête publique avancée au nom d'un calendrier "resserré "pour Cigeo
Sur le site de l'Andra ; lors de la consultation
des collectivités fin 2025 ; dans les courriers officiels
ou encore sur les sites des préfectures : la date annoncée
pour l'enquête publique est toujours "l'automne 2026".
Même à cette période, elle était largement
jugée prématurée et intolérable :
dossier incomplet, absence de démonstration de sûreté
sur des éléments majeurs et déterminants
pour la sûreté et la faisabilité de Cigéo.
Or, d'après la préfète de la Haute-Marne,
"l'enquête publique se tiendrait de mi-mai à
fin juin". Le préfet coordinateur de Cigeo aurait
déposé cette demande au tribunal administratif de
Nancy.
Population, élu-es locaux, et instances sont en permanence les dindons de la farce : il faut réagir à ce mépris généralisé
C'est plus que de la fourberie, c'est du mépris
en bonne et due forme de la part de l'Etat et de l'industrie nucléaire.
Cette accélération répond uniquement à
un calendrier électoral et politique ainsi qu'aux pressions
du lobby nucléaire : il faut que tout soit calé
et le décret signé avant les prochaines présidentielles
pour servir le discours de la relance de l'atome. Ce gouvernement
et ses nucléocrates dévoient les institutions démocratiques
pour parvenir à leurs fins et montrent au grand jour leur
véritable intérêt : pouvoir dire que la question
des déchets nucléaires qui s'amoncellent ont trouvé
une solution définitive de stockage et pouvoir continuer
la fuite en avant triomphante du nucléaire.
Car dans le dossier de DAC, rien ne va :
- le dossier est indigent : aujourd'hui, ce
qui est présenté est un concept, une idée,
pas un projet abouti, mature et sûr, comme l'Etat s'y était
engagé ;
- le dossier est sans cesse actualisé
: ce n'est déjà pas le même qui avait été
présenté en toute hâte aux collectivités
locales fin 2025, sans l'avis définitif de l'ASNR (Autorité
de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection)
: un comble ! Et les nouveaux, nouvelles élu-es suite aux
municipales ne seront toujours pas installé-es dans les
mairies qu'il leur faudra prendre connaissance d'un dossier 16
000 pages ! Impensable...
- certaines instances, à ce jour,
n'ont pas même rendu leur avis : l'Office Parlementaire
des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) devait rendre
son avis avant l'été et le Haut comité pour
la transparence et l'information sur la sûreté nucléaire
(HCTISN) n'a toujours pas non plus rendu le sien (certes non obligatoire)
alors qu'il devait justement définir les critères
d'une enquête publique sur Cigeo qui garantirait l'information
et la participation du public. L'Etat se moque donc pleinement
de nous, des élu-es, mais aussi de l'avis des parlementaires
et des membres du Haut Comité. Ces institutions doivent
absolument réagir, et vite, à ce manque de considération
sidérant.
Enquête publique : instrument de la démocratie ... ou du pouvoir ?
Cette enquête publique sera le dernier moment où la population pourra s'exprimer sur Cigeo : "le dernier rendez-vous démocratique" comme se plait à le rappeler l'Andra. Pourtant, rien n'est fait pour qu'elle se déroule de manière sincère : à partir d'informations fiables, exhaustives et en toute transparence. Pire, elle serait même précipitée, à une période estivale où personne n'y aura la tête et dans un délai extrêmement raccourci : une honte au regard des enjeux majeurs de ce projet colossal. Mais on l'a bien compris. Pour les pouvoirs publics, il s'agit d'une étape inévitable d'un point de vue réglementaire et dont ils se seraient bien passés : plus vite elle sera terminée, mieux ce sera et peu importe ce que le public en pense : tout est déjà décidé !
Si elle est maintenue, il y a fort à parier que l'enquête publique prendra l'allure du débat public de 2013 où pour rappel, la moitié des membres de la commission particulière du débat public s'étaient désolidarisés du bilan, tant la démocratie était bafouée et les conditions de l'organisation ne répondait pas aux exigences d'une réelle information, sincère et de qualité. Il serait impossible qu'il en soit autrement pour celle à venir, tant elle cumule déjà d'insuffisances notoires.
Nos vies valent mieux que leurs magouilles...
Le gouvernement vient de prendre un nouveau décret d'évaluation du coût de Cigéo, le projet d'enfouissement des déchets radioactifs à 500m sous-terre à Bure, qui est maintenant annoncé à 37 milliards d'euros au total sur une période de 151 ans à partir de 2016.
Une arnaque de plus
Nous vous annonçons que ce décret sera bientôt abrogé comme le précédent de 2016 et, comme l'industrie nucléaire en a l'habitude, un autre sera passé avec un petit "Oups ! On n'avait pas prévu la crise, en fait, ça va coûter plus cher, désolé !".
Cette nouvelle évaluation qui est une
arnaque de plus est surtout une étape indispensable à
la demande d'autorisation de création de Cigéo que
le gouvernement veut passer en force avant la fin de l'année,
alors que :
- ne sont prises en compte aucune des contre-expertises indépendantes
menées par le CLIS de Bure sur le projet vont sortir prochainement
;
- les résultats des prochaines études de l'Andra,
capitales au niveau géologique, ne sortiront qu'en 2028
;
- l'enquête publique sur la DAC est annoncée en mai
2026 au lieu de décembre 2026 pour des raisons politiques et non rationnelles,
tout à fait assumées par Gérard Longuet ce
19 mars dans la presse locale, car il faut que le
décret soit signé AVANT les présidentielles
! Ah bon et pourquoi ? Parce que le projet Cigéo ne résisterait
pas à un nouveau gouvernement qui l'examinerait sérieusement,
notamment sur la question de la faisabilité et du coût...
?
Cigéo, une fable de coût en coût et une destruction écologique majeure
Il faut comprendre trois choses essentielles :
- Le coût de 12 milliards d'euros en tout pour la phase industrielle pilote correspondrait à la construction de toutes les installations de surface et de la descenderie, autrement dit c'est un marché juteux de plusieurs décennies pour les fabricants de béton, les mastodontes du BTP et autres machineries à détruire la planète. Et cela fait parti de la stratégie jusqu'au-boutiste du fait accompli de l'Andra car une fois toutes ces installations construites, qui pourrait encore croire qu'un gouvernement dirait "On annule tout malgré tous ces milliards dépensés, car finalement Cigéo n'est pas faisable sans risque majeur pour l'environnement naturel et humain" ?
- Cigéo ne sera pas un projet « clé en main » : l'Andra ne construit pas l'ensemble des installations et les 300 km de tunnels sous-terrains pour les remplir parce qu'elle aurait la certitude que l'ensemble fonctionne et qu'aucun risque majeur ne subsisterait : NON, elle construit, elle creuse les trous et les remplit en même temps de ces rebuts nucléaires mortels. Combien cela coûterait-il d'aller récupérer les déchets radioactifs si on décidait d'arrêter Cigéo après 10 km de galeries remplies ? L'Andra répond qu'elle ne calcule pas cet éventuel budget et que cela sera aux générations futures d'en décider ! Merci du cadeau empoisonné !
- En plus de ne pas budgéter le coût
de la réversibilité et le faire peser par avance
sur les générations futures, la nouvelle estimation
du coût de Cigéo n'inclut pas « les incertitudes,
risques et opportunités et aléas » ainsi
que « la surveillance après fermeture ».
Cigéo comme tout projet nucléaire et du fait de
sa durée a minima séculaire, va inévitablement
subir des dérives financières.
Finalement, chiffrer un projet aussi
hors norme que Cigéo relève de l'impossible. C'est
aussi en ce sens que ce nouvel arrêté est un non-évènement.
Alors vous avez dit "réversibilité"
?!
De la poudre aux yeux pour aveugler sur le passage en force démocratique
et pour arroser l'égo électoral de nos élus
locaux...
La stratégie de l'Andra pour faire avaler l'énorme absurdité du concept même Cigéo et ses failles tout aussi énormes est de découper le projet dans tous les sens pour mieux nous le faire avaler : mais non ça ne passe toujours pas ! Nous refusons le principe même d'enfouissement basé sur des mensonges dont l'Andra développe depuis des années le principe "Plus c'est gros, plus ça passe".
Nous rappelons avec force au gouvernement et à tous les décideurs locaux que, quelque soit les milliards d'euros promis sur les 150 ans à venir, nous refusons le saccage de nos lieux de vie, de nos villages, de leur sous-sol et de leur nappe phréatique : notre lutte ne fait que commencer !