ROUEN (22 mai 2004) - Les
militants du réseau "Sortir du nucléaire" ont bouclé
samedi leur tour de France contre le futur réacteur EPR
par une manifestation à Rouen qui a réuni 2.000
personnes, selon leur décompte, 500 selon celui de la police.
Aux cris de "tous ensemble, tous ensemble contre l'EPR",
"inactifs aujourd'hui, radio-actifs demain" ou encore
"arrêt, arrêt du nucléaire civil ou militaire",
les manifestants ont sillonné les principales rues de la
ville. Le défilé très coloré était
ouvert par une banderole se prononçant "pour un monde
sans nucléaire" et par des militants habillés
de combinaisons blanches ou de costumes symbolisant la mort.
Au fil du cortège, apparaissaient des banderoles de Greenpeace, des Amis de la Terre, de la Confédération paysanne, des diverses tendances anarchistes, des syndicats Sud, de la LCR et des Verts qui fermaient la marche. Les députés européens Verts Alain Lipietz et Hélène Flautre et le porte-parole de la LCR Olivier Besancenot participaient à la manifestation.
Dans la matinée, la caravane de ce tour avait fait halte devant la centrale nucléaire de Penly, au nord de Rouen, où doit être implanté, selon les militants, le premier réacteur EPR. "Nous considérons que Penly est à 99% le site choisi par EDF, et depuis longtemps, pour construire ce réacteur", a affirmé Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau.
Cette manifestation clôturait le tour de France contre l'EPR (réacteur nucléaire de troisième génération à eau sous pression) et pour la promotion des énergies renouvelables organisé par ce réseau qui rassemble près de 700 associations. Ce tour avait commencé le 24 avril aux abords de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus ancienne de France, par une manifestation qui avait réuni selon le réseau 2.500 personnes.
Manifestation "européenne"
La caravane était composée d'un bus équipé de panneaux solaires et d'un camion contenant le matériel d'une troupe de théâtre chargée d'animer les soirées des 28 étapes. Elle s'est arrêtée devant les principaux sites nucléaires français civils ou militaires comme L'Ile Longue (Finistère) ou La Hague (Manche), les sites "alternatifs" comme le parc éolien d'Avignonet (Haute-Garonne) et les sites "historiques" de la mobilisation anti-nucléaire comme Le Carnet (Loire-Atlantique).
Au cours de ce périple qui mobilisé un total de près de 20.000 personnes dans les localités traversées, selon Stéphane Lhomme, les militants ont réussi, selon lui, à nouer "de très bons contacts" avec les salariés du nucléaire. "Nous leur tendons la main en leur disant de se méfier de leurs directions syndicales et de refuser ce marché qui consisterait à échanger la construction de l'EPR contre la casse de leur statut", a-t-il affirmé.
Au nom du réseau, Stéphane Lhomme a appelé les militants à "rester mobilisés" pour préparer une manifestation "européenne" lorsque le gouvernement aura annoncé le site retenu pour la construction du premier EPR. EDF doit proposer une localisation avant l'été prochain, après le vote de la loi sur l'énergie en discussion au Parlement.
PARIS (15 avril 2004) - Le Réseau "Sortir du nucléaire", qui rassemble 688 associations, annonce un mois de mobilisation à partir du 24 avril à travers la France contre la construction du réacteur de troisième génération EPR.
La mobilisation prendra la forme d'un "tour de France" de 28 étapes dont le coup d'envoi sera donné devant la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace.
Les militants, qui sillonneront la France jusqu'au 22 mai, organiseront des manifestations devant la plupart des installations nucléaires importantes et devant des sites produisant de l'énergie renouvelable, a-t-il expliqué.
Ce tour de France se terminera par un rassemblement à Rouen, près de Panly (Basse-Normandie), l'un des sites susceptibles de recevoir le réacteur EPR (réacteur européen à eau sous pression).
D'ici à 2020, la France doit remplacer 30 de ses 58 centrales nucléaires.
Les écologistes préconisent, pour remplacer le nucléaire, des énergies renouvelables comme l'énergie éolienne, le solaire, la géothermie ou la biomasse.
Ils affirment que l'EPR, dont le prix du prototype est évalué à trois milliards d'euros, produit autant de déchets nucléaires que ses prédécesseurs.
Trois régions se sont pour l'instant portées candidates pour accueillir l'EPR : Rhône-Alpes, la Basse-Normandie et la Haute-Normandie.
"Le nouveau ministre de l'Industrie Nicolas Sarkozy fait allégeance au lobby nucléaire", a estimé le porte-parole du réseau, Sortir du nucléaire, Stéphane Lhomme, qui a présenté jeudi son programme de mobilisation.
Le ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy a annoncé cette semaine la tenue d'un débat d'orientation sur l'énergie le 15 avril au Parlement.
Le 5 avril, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dans son discours de politique générale, avait déclaré que la France devait s'engager dans la voie de l'EPR.
Pour le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier qui s'exprimait lors d'une conférence de presse avant le débat sur la politique de l'Energie prévu dans l'après-midi: le lancement de la construction des nouveaux réacteurs nucléaires EPR "n'aggrave pas la situation actuelle même si, c'est vrai, cela ne l'améliore pas".
De son côté, François Roussely, le P-DG d'EDF, a estimé cette semaine que la procédure du choix d'un site pour l'EPR serait lancée juste après le débat d'orientation.
"Il s'agit là d'un inacceptable passage en force", a estimé Stéphane Lhomme. "La population française, majoritairement, refuse la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et préconise les économies d'énergie et les énergies renouvelables", a-t-il dit.
Il a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir "très vite cédé aux pressions des multinationales Areva et EDF qui exigent la construction du réacteur EPR".