19/03/03 - Le président d'EDF, François Roussely, a indiqué qu'il "n'avait pas pris aujourd'hui de décision" sur les fermetures de cinq centrales thermiques", a annoncé mercredi l'intersyndicale du secteur, à l'issue d'une entrevue avec la direction d'EDF.
L'intersyndicale CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC redoute en 2003-2004, les fermetures des centrales thermiques "classiques" (charbon et fioul) de Champagne-sur-Oise (Val-d'Oise), Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne), Montereau (Seine-et-Marne), Ambes (Gironde) et Loire-sur-Rhône (Rhône), un projet mis à l'ordre du jour du conseil d'administration d'EDF le 6 février et objet ce même jour d'une journée d'action des 2.600 agents.
Si M. Roussely n'a pas pris de décision sur les fermetures, il a indiqué qu'il s'agissait d'un "scénario possible", a précisé Jean-Luc Sylvain (CGT) au nom de l'intersyndicale, au cours d'une conférence de presse.
Selon lui, la direction a confirmé une enveloppe de 250 millions d'euros destinée à rénover les installations existantes, soit 150 millions pour les tranches du palier de 250 mégawatts (centrales du Havre, Blénod, La Maxe) et 100 millions pour les tranches de 600 mégawatts (Le Havre et Cordemais).
M. Roussely a annoncé en outre le lancement de deux études de faisabilité "sur une tranche de +cycle combiné+ (électricité et gaz) et sur une tranche de charbon propre", a encore indiqué M. Sylvain.
Sur le volet social, il a proposé "l'ouverture de négociations nationales" en avril-mai afin d'aboutir à un "dispositif d'accompagnement social négocié", dans la perspective d'une réduction de 600 postes d'ici 2005 (à la faveur de départs en retraite ou de redéploiement).
M. Roussely "n'a pas mis un terme à
son double langage et n'a pas fait avancer le dossier sur le fond",
a déploré M. Sylvain en conclusion.
En France au 31 décembre 2000 la puissance
thermique classique installée totale était de 26,7
GW avec une part EDF de 17,6 GW (essentiellement charbon et fioul).
Les turbines à gaz sont en augmentation dans le secteur
privé mais leur contribution à la production électrique
est encore faible. Et qu'a décidé EDF au sujet du
thermique classique ? On
le savait mais un compte-rendu intersyndical d'une réunion
de la Commission nationale Equipement d'EDF du 6 juin 2001 le
confirme, "pas de projet porteur pour l'avenir : préparer
l'évolution du parc à l'horizon 2005/2010, c'est
à dire sa disparition et sa casse". Voilà qui est clair. Par contre "Se
développer à l'international (Asie, Moyen-Orient,
Amérique latine)".
Ainsi les techniques "charbon propre" mises au point
en France seront exportées mais la nouvelle centrale à
lit fluidisé circulant (LFC) qui devait être mise
en service à Gardanne à côté de la
première, est dans les oubliettes et il n'est pas question
d'améliorer notre parc thermique mais de le "casser"
dans l'indifférence générale. C'est simple, notre parc nucléaire
est surdimensionné, nous sommes en surproduction et EDF
n'aura quasiment plus besoin du thermique classique pour assurer
les pointes de consommation, l'hydraulique suffira. (Nous avons
une puissance hydraulique installée de 25 MW contre 8,9
MW en Allemagne). Ceci est très grave car cette "casse"
est le signe qu'EDF fera tout pour rendre le nucléaire
irréversible. EDF, d'après
le même rapport, désire commencer la construction
du nouveau réacteur européen EPR (European pressurized
reactor) en 2006. [suite]
06/02 - EDF a indiqué jeudi à l'intersyndicale du secteur thermique que 250 millions d'euros seraient débloqués pour la rénovation de tranches de production obsolètes et que la construction d'une nouvelle centrale thermique allait être étudiée, selon des sources syndicales.
Contactée par l'AFP, la direction d'EDF n'était pas immédiatement disponible pour commenter ces informations.
Ces annonces interviennent alors que les agents du secteur thermique "classique" (charbon et fioul) observent une journée d'action à l'appel de leur intersyndicale CGT, FO, CFDT, CFTC et CFE-CGC, pour dénoncer les menaces de fermeture pesant sur cinq centrales, dont trois en Ile-de-France.
Des membres du cabinet du Pdg d'EDF, François Roussely, ont reçu une délégation syndicale alors que 300 salariés manifestaient devant le siège parisien, déversant des sacs de charbon et déposant des fumigènes et des pétards.
Selon les syndicats CGT, FO et CFE-CGC, la
direction leur a annoncé que "250 millions d'euros
seraient débloqués pour rénover des tranches
de production d'électricité obsolètes et
qu'un site potentiel serait étudié pour la construction
d'une centrale thermique moderne".
27/01/03 - Les cinq syndicats d'Electricité de Franceappellent lundi l'ensemble des salariés des centrales thermiques à des actions et à des arrêts de travail locaux le 6 février, jour d'un conseil d'administration d'EDF qui pourrait entériner la fermeture de cinq centrales thermiques.
"Un document de la direction de la branche énergie" en date du 23 janvier "proclame la fermeture de sites jugés non rentables. Il s'agit d'une stratégie de rupture, de passage en force afin de rendre la situation irréversible pour les personnels et pour le service pulic" dénoncent les fédérations CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC dans un texte commun.
Selon la CGT, cinq centrales sont menacées de fermeture, dont trois en Ile-de-France: Champagne-sur-Oise (Val d'Oise), Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) et Montereau (Seine-et-Marne).
L'intersyndicale appelle les 2.600 salariés du secteur "thermique à flamme" (charbon, fuel, gaz) à des actions et à des arrêts de travail locaux ainsi qu'à des baisses de charge et à des blocages de sites le 6 février, jour du CA d'EDF.
"L'Ile-de-France est la région qui a eu le plus de difficultés à assurer l'équilibre production/transport d'électricité les 8 et 9 janvier" (où les records de consommation ont été battus, ndlr), "et c'est elle qui sera la plus touchée par les fermetures", a dénoncé lors d'une conférence de presse lundi Eric Roulot, de la fédération CGT Energie.
Selon cette fédération, "la
situation du réseau électrique est très critique
en IDF, on a été à deux doigts les 8 et 9
janvier de connaître la même situation qu'en Californie"
(qui connaît des coupures de courant après un plan
de dérégulation du marché, ndlr) "et
on a frisé les coupures d'électricité".
27/01/03 - Electricité de France n'a pris aucune décision particulière à ce jour en ce qui concerne une fermeture de certaines centrales thermiques, contrairement à ce qu'a rapporté plus tôt l'intersyndicale, a-t-on appris lundi auprès d'EDF.
EDF, "comme toute entreprise industrielle, évalue en permanence l'efficacité de son outil de production, selon des critères économiques et environnementaux. Et c'est dans le cadre normal de cette réflexion, que l'évolution du parc thermique est étudiée sans qu'aucune décision n'ait été prise à ce jour", a-t-on souligné.
Les cinq syndicats d'EDF ont auparavant affirmé qu'une réunion de la direction de la branche énergie tenue le 23 janvier avait "proclamé la fermeture de sites jugés non rentables". Ces syndicats ont appelé le personnel des centrales thermiques à des actions et à des arrêts de travail locaux le 6 février, jour d'un conseil d'administration d'EDF qui pourrait, selon eux, entériner la fermeture de centrales thermiques.
Selon la CGT, cinq centrales sont menacées de fermeture, dont trois en Ile-de-France : Champagne-sur-Oise, Vaires-sur-Marne et Montereau.