Developpementdurablelejournal, 28/11/2008: 

Électricité : le fioul au secours du nucléaire dans l'hexagone

Pour faire face à une demande électrique croissante, Edf a dû réactiver quatre centrales au fioul mises en sommeil au début des années 1990. Deux nouvelles turbines ultramodernes ont été également installées dans l'ancienne centrale à charbon de Vaires-sur-Marne, arrêtée en 2005. Un paradoxe à l'heure de la lutte contre les émissions de CO2. En cause, selon certains experts : le manque d'investissement dans les centrales de l'hexagone et l'exportation importante de l'électricité française pour cause de rentabilité.

Les 58 réacteurs nucléaires qui fournissent près de 88% de la production d'électricité d'EDF dans l'hexagone semblent avoir du mal à suivre la hausse de consommation des Français. Conséquence : à l'heure de la lutte contre les émissions de CO2, l'opérateur doit réactiver pas moins de quatre centrales au fioul mises en sommeil au début des années 1990, à Porcheville (Yvelines), Cordemais (Loire-Atlantique) et Aramon (Gard). Une première. Il vient également d'ouvrir deux nouvelles turbines à fioul d'une capacité totale de 370 mégawatts, installées dans son ancienne centrale à charbon de Vaires-sur-Marne, qui avait cessé son activité en 2005. Selon Edf, ces installations permettent uniquement de faire face à des hausses de consommation exceptionnelles, en particulier en cas de grand froid l'hiver. Les pics de consommation d'électricité sont en effet passés en cinq ans de 79,7 GW à 89 GW en France, essentiellement en raison d'un recours accru au chauffage électrique.

Importation électrique

Alors que les spécialistes les plus pessimistes annoncent d'éventuelles coupures de courant cet hiver, un rapport de Réseau transport d'électricité (RTE) annonce l'obligation d'importer de l'électricité dès janvier 2009 pour faire aux pics attendus cet hiver. Mais pour certains experts la hausse de la demande n'explique pas tout. Certains s'insurgent contre la politique de « profit à tout prix » qu'a entraînée la déréglementation du secteur électrique dans l'Union européenne, avec le passage d'Edf en société anonyme en 2004, suivi d'une introduction en bourse en 2005. Énergie de France n'hésiterait pas ainsi à exporter son électricité au prix fort plutôt que de la vendre en France où les prix restent contrôlés pat l'État. « Nos tarifs sont bien en dessous de ce qu'ils devraient être. Le gouvernement empêche les prix d'augmenter pour des raisons politiques », commente un responsable d'Edf sous le couvert de l'anonymat. « Du coup, les investissements dans l'entretien des centrales ne sont pas à la hauteur et la productivité est en baisse », précise ce spécialiste qui confirme le risque de coupure de courant. [Rappel: Le nucléaire en France, c'est déjà 12 à 15 réacteurs de trop !]

Inauguration d'une microcentrale hydroélectrique

Dans ce contexte de crise, le développement des énergies renouvelables s'affirme comme un véritable joker. Edf l'a bien compris et n'hésite pas à investir dans ce secteur. Les projets se multiplient à travers l'hexagone. Pierre Gadonneix, président d'Edf, a ainsi inauguré le 21 novembre une microcentrale hydroélectrique sur l'Ile du Rhin, annonçant un programme d'investissements de 225 millions d'euros sur 5 ans pour renforcer de 10% les capacités de production hydraulique du groupe en Alsace. Autre exemple révélateur : EDF Énergies nouvelles vient de s'allier au leader français de la tuile photovoltaïque, Imerys. Les deux nouveaux partenaires ont créé une société commune et table sur une multiplication des ventes par quinze d'ici à 2012.

 


Les Echos, 26/11/2008:

EDF réveille des centrales pour faire face aux pics de consommation

L'électricien vient de réactiver quatre centrales au fioul qu'il avait mises en sommeil au début des années 1990. Il a aussi construit deux nouvelles turbines sur le site arrêté de Vaires-sur-Marne.

De loin, on dirait un paquebot désaffecté, une ruine d'acier posée à même le sol. La rouille pointe à travers son bardage bleu ciel. A Vaires-sur-Marne, en Seine-et-Marne, la centrale à charbon d'EDF a été arrêtée en 2005. « Jusqu'à 250 personnes ont travaillé ici », se souvient Didier Hutin, l'ancien directeur du site. Aujourd'hui, son travail consiste à superviser la déconstruction, qui durera trente mois au total.

Le site, pourtant, est en train de connaître une nouvelle vie. En dix-huit mois, le groupe y a construit, à une centaine de mètres de l'ancienne centrale, deux nouvelles turbines à combustion au fioul d'une capacité totale de 370 mégawatts. Ici, zéro personnel. Le site est entièrement piloté par informatique depuis Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), à 35 kilomètres, où EDF a centralisé sa production thermique d'Ile-de-France.

Outils de puissance
Venu inaugurer la centrale il y a peu, Pierre Gadonneix, le patron du groupe, ne cache pas sa joie face à ce projet réalisé « dans les temps et dans les budgets ». Pour la première fois, il peut savourer la puissance de cet outil, utilisé seulement pour l'extrême pointe comme on dit dans le jargon, c'est-à-dire pour les pics de consommation, alors que le nucléaire sert à couvrir les besoins de base.

Capables de passer de zéro à pleine puissance en vingt et une minutes, ces nouvelles turbines à combustion devraient tourner seulement quelques centaines d'heures par an. Elles illustrent les efforts déployés par EDF pour répondre à l'augmentation des besoins en pointe, essentiellement en hiver. Entre 2001 et 2007, la consommation française d'électricité au pic a augmenté de 12 %, pour monter à 89 gigawatts, essentiellement en raison d'un recours accru au chauffage électrique (« Les Echos » du 24 novembre).

Centrales plus polluantes
Pour faire face, le groupe a décidé de mettre en service, entre 2006 et 2012, quelque 4.000 mégawatts de capacité de production thermique à flamme, même s'il s'agit de centrales plus polluantes que les autres. Dans le cadre de ce plan d'investissement de 1,3 milliard d'euros, quatre turbines à combustion sont prévues en plus de celle de Vaires-sur-Marne, également en Ile-de-France, ainsi que trois cycles combinés à gaz.

Plus étonnant, le groupe a aussi réactivé quatre centrales au fioul (à Porcheville, Cordemais et Aramon), qu'il avait mises « sous cocon », autrement dit en sommeil, au début des années 1990 dans un contexte de surproduction. « La décision de construire ces centrales au fioul avait été prise à la fin des années 1960, lorsque le baril était à 3 dollars », explique Bernard Dupraz, directeur général adjoint du groupe chargé de l'ingénierie et la production. Pendant une vingtaine d'années, elles ont joué un rôle capital. Mais, après le choc pétrolier et le développement tambour battant du parc nucléaire, elles n'avaient plus de raison d'être.

Leur réactivation quinze ans plus tard est « une première mondiale », selon Michel Tournier, directeur délégué chargé de la division thermique. D'autres pays, dont les Etats-Unis, avaient mis « sous cocon » des centrales comparables, mais pas aussi longtemps, explique-t-il. Il y a deux ou trois ans, EDF avait même failli les démolir. Cela aurait été dommage : la rénovation coûte 10 % du prix neuf...

 

Lire: On ne sortira pas du nucléaire sans les centrales à charbon, fioul, gaz



Centrales thermiques: pas de décision prise sur les fermetures (syndicats)

19/03/03 - Le président d'EDF, François Roussely, a indiqué qu'il "n'avait pas pris aujourd'hui de décision" sur les fermetures de cinq centrales thermiques", a annoncé mercredi l'intersyndicale du secteur, à l'issue d'une entrevue avec la direction d'EDF.

L'intersyndicale CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC redoute en 2003-2004, les fermetures des centrales thermiques "classiques" (charbon et fioul) de Champagne-sur-Oise (Val-d'Oise), Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne), Montereau (Seine-et-Marne), Ambes (Gironde) et Loire-sur-Rhône (Rhône), un projet mis à l'ordre du jour du conseil d'administration d'EDF le 6 février et objet ce même jour d'une journée d'action des 2.600 agents.

Si M. Roussely n'a pas pris de décision sur les fermetures, il a indiqué qu'il s'agissait d'un "scénario possible", a précisé Jean-Luc Sylvain (CGT) au nom de l'intersyndicale, au cours d'une conférence de presse.

Selon lui, la direction a confirmé une enveloppe de 250 millions d'euros destinée à rénover les installations existantes, soit 150 millions pour les tranches du palier de 250 mégawatts (centrales du Havre, Blénod, La Maxe) et 100 millions pour les tranches de 600 mégawatts (Le Havre et Cordemais).

M. Roussely a annoncé en outre le lancement de deux études de faisabilité "sur une tranche de +cycle combiné+ (électricité et gaz) et sur une tranche de charbon propre", a encore indiqué M. Sylvain.

Sur le volet social, il a proposé "l'ouverture de négociations nationales" en avril-mai afin d'aboutir à un "dispositif d'accompagnement social négocié", dans la perspective d'une réduction de 600 postes d'ici 2005 (à la faveur de départs en retraite ou de redéploiement).

M. Roussely "n'a pas mis un terme à son double langage et n'a pas fait avancer le dossier sur le fond", a déploré M. Sylvain en conclusion.


EDF/centrales thermiques

En France au 31 décembre 2000 la puissance thermique classique installée totale était de 26,7 GW avec une part EDF de 17,6 GW (essentiellement charbon et fioul). Les turbines à gaz sont en augmentation dans le secteur privé mais leur contribution à la production électrique est encore faible. Et qu'a décidé EDF au sujet du thermique classique ? On le savait mais un compte-rendu intersyndical d'une réunion de la Commission nationale Equipement d'EDF du 6 juin 2001 le confirme, "pas de projet porteur pour l'avenir : préparer l'évolution du parc à l'horizon 2005/2010, c'est à dire sa disparition et sa casse". Voilà qui est clair. Par contre "Se développer à l'international (Asie, Moyen-Orient, Amérique latine)".
Ainsi les techniques "charbon propre" mises au point en France seront exportées mais la nouvelle centrale à lit fluidisé circulant (LFC) qui devait être mise en service à Gardanne à côté de la première, est dans les oubliettes et il n'est pas question d'améliorer notre parc thermique mais de le "casser" dans l'indifférence générale.
C'est simple, notre parc nucléaire est surdimensionné, nous sommes en surproduction et EDF n'aura quasiment plus besoin du thermique classique pour assurer les pointes de consommation, l'hydraulique suffira. (Nous avons une puissance hydraulique installée de 25 MW contre 8,9 MW en Allemagne). Ceci est très grave car cette "casse" est le signe qu'EDF fera tout pour rendre le nucléaire irréversible. EDF, d'après le même rapport, désire commencer la construction du nouveau réacteur européen EPR (European pressurized reactor) en 2006. [suite]

 

EDF débloquerait 250 millions d'euros (d'après les syndicats) pour les centrales thermiques

6/2/03 - EDF a indiqué jeudi à l'intersyndicale du secteur thermique que 250 millions d'euros seraient débloqués pour la rénovation de tranches de production obsolètes et que la construction d'une nouvelle centrale thermique allait être étudiée, selon des sources syndicales.

Contactée par l'AFP, la direction d'EDF n'était pas immédiatement disponible pour commenter ces informations.

Ces annonces interviennent alors que les agents du secteur thermique "classique" (charbon et fioul) observent une journée d'action à l'appel de leur intersyndicale CGT, FO, CFDT, CFTC et CFE-CGC, pour dénoncer les menaces de fermeture pesant sur cinq centrales, dont trois en Ile-de-France.

Des membres du cabinet du Pdg d'EDF, François Roussely, ont reçu une délégation syndicale alors que 300 salariés manifestaient devant le siège parisien, déversant des sacs de charbon et déposant des fumigènes et des pétards.

Selon les syndicats CGT, FO et CFE-CGC, la direction leur a annoncé que "250 millions d'euros seraient débloqués pour rénover des tranches de production d'électricité obsolètes et qu'un site potentiel serait étudié pour la construction d'une centrale thermique moderne".

EDF/centrales thermiques: l'intersyndicale appelle à l'action le 6 février

27/1/03 - Les cinq syndicats d'Electricité de Franceappellent lundi l'ensemble des salariés des centrales thermiques à des actions et à des arrêts de travail locaux le 6 février, jour d'un conseil d'administration d'EDF qui pourrait entériner la fermeture de cinq centrales thermiques.

"Un document de la direction de la branche énergie" en date du 23 janvier "proclame la fermeture de sites jugés non rentables. Il s'agit d'une stratégie de rupture, de passage en force afin de rendre la situation irréversible pour les personnels et pour le service pulic" dénoncent les fédérations CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC dans un texte commun.

Selon la CGT, cinq centrales sont menacées de fermeture, dont trois en Ile-de-France: Champagne-sur-Oise (Val d'Oise), Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) et Montereau (Seine-et-Marne).

L'intersyndicale appelle les 2.600 salariés du secteur "thermique à flamme" (charbon, fuel, gaz) à des actions et à des arrêts de travail locaux ainsi qu'à des baisses de charge et à des blocages de sites le 6 février, jour du CA d'EDF.

"L'Ile-de-France est la région qui a eu le plus de difficultés à assurer l'équilibre production/transport d'électricité les 8 et 9 janvier" (où les records de consommation ont été battus, ndlr), "et c'est elle qui sera la plus touchée par les fermetures", a dénoncé lors d'une conférence de presse lundi Eric Roulot, de la fédération CGT Energie.

Selon cette fédération, "la situation du réseau électrique est très critique en IDF, on a été à deux doigts les 8 et 9 janvier de connaître la même situation qu'en Californie" (qui connaît des coupures de courant après un plan de dérégulation du marché, ndlr) "et on a frisé les coupures d'électricité".

 

Réponse (foutage de gueule) d'EDF : aucune décision de fermeture de centrales thermiques prise

27/1/03 - Electricité de France n'a pris aucune décision particulière à ce jour en ce qui concerne une fermeture de certaines centrales thermiques, contrairement à ce qu'a rapporté plus tôt l'intersyndicale, a-t-on appris lundi auprès d'EDF.

EDF, "comme toute entreprise industrielle, évalue en permanence l'efficacité de son outil de production, selon des critères économiques et environnementaux. Et c'est dans le cadre normal de cette réflexion, que l'évolution du parc thermique est étudiée sans qu'aucune décision n'ait été prise à ce jour", a-t-on souligné.

Les cinq syndicats d'EDF ont auparavant affirmé qu'une réunion de la direction de la branche énergie tenue le 23 janvier avait "proclamé la fermeture de sites jugés non rentables". Ces syndicats ont appelé le personnel des centrales thermiques à des actions et à des arrêts de travail locaux le 6 février, jour d'un conseil d'administration d'EDF qui pourrait, selon eux, entériner la fermeture de centrales thermiques.

Selon la CGT, cinq centrales sont menacées de fermeture, dont trois en Ile-de-France : Champagne-sur-Oise, Vaires-sur-Marne et Montereau.