PARIS, 28 mars - L'année
2000 a été marquée par des progrès
sensibles en matière de sûreté nucléaire
en France, mais le "gendarme du nucléaire" constate
toujours un manque de rigueur dans l'exploitation de certaines
centrales par EDF, selon le rapport de l'Autorité de sûreté
publié mercredi.
"L'année 2000, exempte d'incidents majeurs, a été
une année de progrès en matière de contrôle
de la sûreté nucléaire", notamment dans
les domaines de la protection contre les rayonnements et de l'environnement,
a souligné le directeur de l'Autorité de sûreté
nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste, au cours
d'une conférence de presse.
Toutefois, l'ASN, chargée en France de contrôler la sûreté des installations nucléaires (centrales, réacteurs expérimentaux, sites d'entreposage de déchets, usines de retraitement...), déplore un "manque de rigueur" dans l'exploitation de certaines centrales.
EDF avait déjà été épinglée à plusieurs reprises par le "gendarme du nucléaire" pour des négligences en matière de sûreté. "Ce constat est encore valable et même renforcé sur certains sites", note le rapport, qui cite notamment le cas de la centrale de Dampierre-en-Burly (Loiret), où plusieurs incidents mineurs ont eu lieu depuis septembre et qui va rester "sous surveillance renforcée" au moins jusqu'à la fin de l'année.
D'autres sites d'EDF sont visés par l'ASN, notamment Tricastin (Drome), Gravelines (Nord) et Bugey (Ain), même si à aucun moment, selon l'Autorité de sûreté nucléaire, la sécurité du personnel ou des populations alentour n'a été menacée.
Parmi les "bons points" sur la sûreté l'an dernier, l'ASN cite une meilleure prise en compte des préoccupations de protection du personnel contre les radiations et d'environnement.
PARIS, 27 mars - La
centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly (Loiret), où
plusieurs incidents mineurs ont eu lieu depuis septembre dernier,
va rester "sous surveillance renforcée" au moins
jusqu'à la fin de l'année, a annoncé mardi
l'Autorité de sûreté nucléaire.
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN)
"estime nécessaire de maintenir une surveillance renforcée
sur le site de Dampierre en la ciblant sur des thèmes identifiés
comme les points fragiles du site, tels que les moyens humains,
la qualité des opérations de maintenance et la rigueur
du comportement en salle de commande", explique l'ASN dans
un communiqué.
La centrale avait été épinglée pour une série d'incidents, qui, sans jamais avoir été graves au point de mettre en danger les populations environnantes, ont été une cause d'inquiétudes pour EDF et l'Autorité de sûreté nucléaire. Le directeur de la sûreté nucléaire André-Claude Lacoste avait mis particulièrement en cause "un manque de rigueur dans l'exploitation et une dégradation des relations humaines et sociales", et menacé de fermer le site si aucune mesure n'était prise.
"Aujourd'hui, la dégradation du site a été stoppée : les relations sociales se sont améliorées, le site, sa direction et ses agents ont montré qu'ils ont la capacité et la volonté de redresser la situation", écrit l'ASN, qui estime qu'il n'y a plus lieu d'envisager la fermeture des installations. L'organisme de contrôle du nucléaire estime toutefois que le niveau de rigueur dans l'exploitation et la maintenance reste "insuffisant".
"Un nouveau bilan d'ensemble sera dressé à la fin de l'année", conclut le communiqué.
Santé du travail dans l'industrie nucléaire:
------> Rationalité instrumentale et santé
au travail dans l'industrie nucléaire
------> Rapport d'enquète de psychopathologie du travail au Centre de Production Nucléaire de Chinon
------> Les résultats du nouveau management dans le nucléaire (information de la section syndicale FO)
------> NUCLÉAIRE: SANS FOI, NI LOI! (information de la section syndicale FO)
ORLEANS, 16 nov - L'unité
de production numéro 1 du centre nucléaire de production
d'électricité de Dampierre-en-Burly (Loiret) a été
arrêtée jeudi matin en raison d'un incident de niveau
1 apparu sur un tableau électrique, a-t-on appris auprès
d'EDF.
Ce tableau électrique, qui alimente une partie de l'instrumentation
et l'un des systèmes de sécurité de l'installation,
a été réparé mais l'unité n'a
pas été remise en service, EDF ayant profité
de l'incident pour engager un jour plus tôt la visite décennale
(visite approfondie des installations qui a lieu tous les dix
ans, NDLR) et les opérations de renouvellement du combustible,
selon le communiqué de la société.
L'incident, de niveau 1 sur l'échelle INES qui en compte sept, n'a pas fait de blessé.
ORLEANS, 28 sept - La centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly (Loiret) a été placée "sous surveillance renforcée", a annoncé jeudi à Orléans le directeur de la sûreté des installations nucléaires, André-Claude Lacoste.
"Le site n'est pas un site dangereux", mais toute une série de dysfonctionnements font que "la situation ne peut pas durer", a déclaré M. Lacoste au cours d'une conférence de presse après s'être entretenu auparavant avec la direction, les syndicats et le personnel de la centrale.
Durant sa visite, M. Lacoste a particulièrement mis en cause "un manque de rigueur dans l'exploitation et une dégradation des relations humaines et sociales".
Ces facteurs, essentiellement humains, peuvent toutefois avoir des conséquences graves pour la sécurité de l'installation, a-t-il expliqué. "Si la situation ne s'améliore pas et que la sûreté est mise en cause, j'en tirerai les conséquences, y compris en fermant les installations", a poursuivi M. Lacoste.
Le directeur de la sûreté nucléaire a donné six mois à la centrale pour qu'un "plan de remise en ordre du site", concerté entre direction, syndicats et personnel, soit mis en oeuvre.
Depuis plus d'un an, la centrale de Dampierre a connu une série d'incidents, qui, sans jamais avoir été graves au point de mettre en danger les populations environnantes, ont été une cause d'inquiétudes pour EDF et l'Autorité de sûreté nucléaire.
Cette dernière, souvent surnommée "le gendarme du nucléaire" assure au nom de l'Etat français le contrôle de la sûreté nucléaire et a le pouvoir de fermer une centrale à tout moment.
Les incidents les plus sérieux survenus à Dampierre ont atteint le niveau 2 sur l'échelle INES qui en compte 7.
Au cours du mois d'août, trois incidents de niveau 1 ont eu lieu : essais de redémarrage d'un réacteur à une puissance trop élevée et retard dans la maintenance des redresseurs d'un tableau électrique.
En juin déjà, une série d'incidents s'étaient produits, dont un de niveau 2 qui avait abouti à fermer trop tôt les vannes du système d'injection de sécurité pendant la mise à l'arrêt d'un réacteur.
En mai, une autre série d'incidents a été notée, dont le déversement dans la Loire de 2.500 litres d'huile de lubrification très faiblement radioactive (220 becquerels par litre) après une faute de manutention d'un conteneur.
La centrale de Dampierre compte quatre réacteurs à eau sous pression, d'une puissance de 900 MW chacun, dont les deux premiers ont été mis en service en 1980 et les deux autres en 1981. Située sur la rive droite de la Loire, dans le Loiret, à 45 km en amont d'Orléans, elle emploie plus de 1.100 personnes.