Les principaux points de l'accord définitif sur l'abandon du nucléaire

BERLIN, 11 juin - Voici les principaux points de l'accord définitif signé lundi soir par le chancelier allemand Gerhard Schroeder et les grands groupes énergétiques allemands sur l'abandon progressif du nucléaire:

- Durée de vie: la durée de vie moyenne de chacune des 19 centrales nucléaires allemandes est limitée à 32 ans en moyenne, à compter de leur mise en service. Si le ministre de l'Environnement Juergen Trittin a récemment estimé que la dernière centrale nucléaire allemande mettrait la clé sous la porte en 2018, aucune date n'a été fixée dans l'accord.

- Production: les centrales nucléaires allemandes produiront encore globalement 2.613 terawatts/heure (twh, milliards de kilowatts/heure) d'électricité nucléaire d'ici à la fermeture de la dernière d'entre elles. Toutefois, une clause de flexibilité a été prévue: si un groupe énergétique décide l'arrêt d'un réacteur avant d'avoir atteint son quota de production, il pourra reporter les twh non-produits sur une autre centrale et ainsi prolonger sa durée de vie.

- Retraitement des déchets: à compter du 1er juillet 2005, le retraitement des déchets nucléaires sera interdit. Il était effectué jusqu'à présent dans l'usine française de la Cogema à La Hague et dans l'établissement britannique de British Nuclear Fuels à Sellafield, sur la base d'accords gouvernementaux et de contrats industriels. Interrompu au printemps 1998 en raison d'un défaut d'étanchéité de conteneurs de transport, ils ont repris cette année depuis le convoi La Hague-Gorleben des 26-29 mars. (La merde radioactive pour les autres.)

- Des solutions seront recherchées pour le stockage à très long terme des déchets. En attendant, les industriels devront mettre en place auprès de chaque réacteur un centre provisoire de stockage.

- Exploitation: garantie gouvernementale d'une "exploitation sans entrave" des centrales nucléaires jusqu'à leur fermeture par les groupes énergétiques. Le gouvernement avait déjà renoncé, en cas d'accord, à imposer des réglements de sécurité plus rigoureux ou à lever un impôt sur l'énergie nucléaire, comme l'avaient un temps réclamé les Verts. (En contrepartie de la sortie dans 20 ans du nucléaire, le gouvernement Allemand garantit une "exploitation sans entrave" des centrales nucléaires jusqu'à leur fermeture, c'est-à-dire qu'il laisse les industriels s'assoir sur la sécurité des centrales vieillissantes qui sont par définition plus dangereuses, la rentabilité économique va primer sur la sécurité).

- Loi: sur la base de cet accord, le gouvernement va faire adopter par le Parlement une loi, qui stipulera également l'interdiction de construction de centrales atomiques, et c'est seulement à l'issue du processus législatif que le chancelier et les dirigeants des groupes énergétiques apposeront leur signature finale au bas de l'accord. Celui-ci devra également être ratifié par les conseils de surveillance des groupes énergétiques.

- Recherche: la recherche nucléaire reste libre, notamment dans les centres universitaires équipés d'un réacteur de recherche comme celui de Munich-Garching (sud).

Lundi, plusieurs organisations écologistes ont manifesté leur mécontentement. Greenpeace a ainsi enchaîné, devant les sièges du Parti social-démocrate et des Verts à Berlin, des bacs contenant de la "terre contaminée" des environs de La Hague et Sellafield.

Les antinucléaires dénoncent aussi une clause permettant à la dernière centrale de prolonger son activité bien au-delà des estimations théoriques de 2018 ou 2021...

Un fossé grandissant a commencé à séparer une partie du mouvement antinucléaire des Verts allemands, qui ont apporté bon gré mal gré leur soutien au compromis. Fin mars, le premier convoi en provenance de La Hague depuis 1997 a mobilisé quelque 6.000 militants anti-nucléaire (20.0000 selon les organisateurs) face à 18.000 policiers près de Gorleben (nord).

 



Accord sur la fin du nucléaire: encore des divergences, selon le patronat

BADEN BADEN (Allemagne), 3 juin - Le président de la Fédération des exploitants de l'énergie nucléaire en Allemagne, Gerd Maichel, a estimé dimanche qu'il y avait encore des points à régler entre le gouvernement et les industriels sur l'accord définitif d'abandon du nucléaire.

Le chancelier allemand Gerhard Schroeder et les patrons des grands groupes énergétiques doivent signer le 11 juin un accord définitif sur l'abandon de l'énergie nucléaire, un an après en avoir négocié les grandes lignes.

La question de la responsabilité juridique en cas d'accident dans les centrales est encore controversée, a déclaré M. Maichel sur les ondes de la radio allemande Suedwestrundfunk.

M. Maichel a également fait savoir qu'en cas de changement de gouvernement en Allemagne, actuellement dirigé par une coalition de sociaux-démocrates (SPD) et de Verts, les industriels pourraient remettre en question l'abandon du nucléaire en Allemagne.

 

Trittin: plus de centrale nucléaire en activité à partir de 2018
(
En contrepartie de la sortie dans 20 ans du nucléaire, le gouvernement Allemand garantit une "exploitation sans entrave" des centrales nucléaires jusqu'à leur fermeture, c'est-à-dire qu'il laisse les industriels s'assoir sur la sécurité des centrales vieillissantes qui sont par définition plus dangereuses, la rentabilité économique va primer sur la sécurité).

BERLIN, 13 mai - La dernière centrale nucléaire en activité en Allemagne devrait mettre la clé sous la porte en 2018, a affirmé le ministre de l'Environnement Juergen Trittin dans un entretien avec le quotidien Tagesspiegel paru dimanche.
M. Trittin a indiqué que le gouvernement et les dirigeants des groupes énergétiques s'étaient mis d'accord sur la formulation de la loi de sortie du nucléaire civil, près d'un an après l'accord intervenu le 15 juin 2000 qui prévoit une durée de vie de 32 ans pour chacune des 19 centrales allemandes à compter de la date de son entrée en activité.

Le ministre a ajouté que chancelier Gerhard Schroeder avait invité vendredi les industriels à apposer leur signature finale au bas de l'accord, comme convenu en juin dernier, leur proposant un rendez-vous soit le 22 mai soit le 11 juin.

La loi sur l'abandon du nucléaire est fondée sur le fait "que le risque que fait courir l'énergie nucléaire n'est plus défendable", a déclaré M. Trittin dans le Tagesspiegel.

Il a ajouté que la loi n'aura pas besoin de l'approbation du Bundesrat, la chambre haute du parlement allemand où les Etats régionaux sont représentés.

La loi sur la sortie du nucléaire prévoit aussi qu'à compter du 1er juillet 2005, le retraitement des déchets nucléaires sera interdit. Il était effectué jusqu'à présent dans l'usine française de la Cogema à La Hague et dans l'établissement britannique de Britsh Nuclear Fuels à Sellafield. En contrepartie, le gouvernement garantit une "exploitation sans entrave" des centrales nucléaires jusqu'à leur fermeture par les groupes énergétiques.

-------------> Sortie du nucléaire : la loi est prête

 


Le chef de la commission sur la radioactivité s'en va: conflit avec Trittin

BERLIN, 16 mai - La présidente de la commission sur la protection contre la radioactivité (SSK) mise en place par le gouvernement allemand, Maria Blettner, a jeté l'éponge mardi en raison de divergences de vues avec le ministre de l'Environnement, l'écologiste Juergen Trittin.

Dans sa lettre de démission, elle accuse le ministre de mener une politique du personnel motivée par des considérations partisanes, disant se sentir entravée dans son travail, a-t-on appris mercredi auprès de l'université de Bielefeld (ouest), où enseigne Mme Blettner, épidémiologiste.

Les nominations au sein de la commission ont une connotation politique et non scientifique, a-t-elle jugé. Elle a ajouté qu'elle se sentait "utilisée politiquement".

Maria Blettner avait pris en mai 1999 la présidence de la commission créée en 1974 et qui comprend 17 membres. Cette commission évalue la situation des émissions radioactives et émet des recommandations sur les limites acceptables d'irradiation.

Juergen Trittin avait remanié la commission en décembre 1998, deux mois après avoit été nommé ministre. Il y avait nommé en partie des opposants à l'énergie nucléaire. Maria Blettner avait été nommée à la commission sous le précédent gouvernement du chancelier chrétien-démocrate Helmut Kohl.

Le ministère de l'Environnement a rejeté les accusations de Mme Blettner et déploré sa démission.

 


Abandon du nucléaire: accord définitif industriels/gouvernement le 11 juin

BERLIN, 18 mai - Le chancelier allemand Gerhard Schroeder et les patrons des grands groupes énergétiques veulent signer le 11 juin un accord définitif sur l'abandon de l'énergie nucléaire, un an après en avoir négocié les grandes lignes, a annoncé vendredi une porte-parole du gouvernement.

Le ministre allemand de l'Environnement Juergen Trittin avait indiqué récemment vouloir présenter le projet de loi à ce sujet juste après que gouvernement et industriels aient signé l'accord.

La chambre basse du parlement, le Bundestag, pourrait voter la loi au plus tard au printemps 2002.

Selon M. Trittin, la dernière centrale nucléaire en activité en Allemagne devrait mettre la clé sous la porte en 2018. L'accord de juin 2000 prévoyait une durée de vie moyenne de 32 ans pour chacune des 19 centrales allemandes.

L'accord prévoit aussi l'interdiction des transports de déchets nucléaires pour retraitement à compter du 1er juillet 2005. Le retraitement est effectué dans l'usine française de la Cogema à La Hague et dans l'établissement britannique de British Nuclear Fuels à Sellafield.