Moscou pourrait sortir du traité sur l'interdiction des essais nucléaires (ministre)

MOSCOU, 20 mars - La Russie pourrait sortir du traité sur l'interdiction des essais nucléaires (CTBT) si elle se rend compte qu'il est "contraire aux intérêts" de la Russie, a affirmé le ministre russe de l'Energie atomique, Evgueni Adamov, dans une interview publiée mardi.
"Le CTBT prévoit la possibilité d'une sortie, y compris unilatérale, du traité", a souligné M. Adamov, cité par le quotidien russe Nezavissimaïa gazeta, ajoutant que Moscou pourrait le faire "si le président (Vladimir Poutine) estime que le respect de ce traité est contraire aux intérêts de la sécurité nationale de la Russie".

La Russie a signé ce traité en septembre 1996, à l'instar des quatre autres grandes puissances nucléaires (Grande-Bretagne, Chine, France, Etats-Unis). Le parlement russe l'a ratifié en mai dernier. La Chine et les Etats-Unis ne l'ont toujours pas fait.

Le ministre russe a également estimé qu'il fallait "revoir" le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), car "il cause un sérieux dommage aux intérêts économiques" de la Russie et risque de la faire "expulser des marchés asiatiques".

"Le nombre de commandes pour la construction des centrales nucléaires que nous avons reçues est supérieur à celui reçu par les plus grandes sociétés mondiales" du secteur, a assuré M. Adamov.

"En accusant la Russie, constamment et sans preuves, de contribuer à la création de l'arme nucléaire en Iran, des pays bien connus ont poursuivi des objectifs qui sont éloignés des inquiétudes sur la non-prolifération", a affirmé le ministre, faisant probablement allusion aux Etats-Unis.

"Personne dans le monde n'a réussi à créer une bombe atomique à partir d'une centrale nucléaire", a-t-il souligné. (non, non et non: tous les pays qui ont la bombe atomique, ont d'abord construit des centrales pour obtenir les matériaux fissiles nécessaires pour la bombe)

Washington a reproché à plusieurs reprises la Russie sa coopération avec l'Iran, craignant que Moscou puisse aider Téhéran à se procurer des armes de destruction massive.

Le président russe Vladimir Poutine a défendu récemment la reprise des ventes d'armes russes à l'Iran et la coopération nucléaire bilatérale, défiant ouvertement les Etats-Unis.


A propos de non-prolifération :

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Visite Khatami : l'Iran pourrait acheter un 2e réacteur nucléaire à la Russie

SAINT-PETERSBOURG (Russie), 15 mars - Le président iranien Mohammad Khatami a confirmé jeudi à Saint-Péterbourg que l'Iran pourrait signer avec les Russes un contrat pour équiper la centrale de Bouchehr (sud) d'un second réacteur, a affirmé jeudi le directeur de l'usine Ijorski.
"Le président iranien a confirmé que dès que l'équipement pour la première tranche de la centrale de Bouchehr serait entièrement fourni, un nouveau contrat pour la fourniture d'une deuxième tranche pourrait être signé", a déclaré Evgueni Sergueïev qui a fait visiter l'usine à M. Khatami.

"Khatami connaît très bien ce sujet. Ses questions étaient très concrètes", a-t-il ajouté.

Le président iranien terminait jeudi une visite officielle de quatre jours en Russie.

La première tranche de la centrale nucléaire iranienne construite en coopération avec les Russes doit être opérationnelle au cours de la prochaine année iranienne qui commence le 21 mars, a récemment affirmé Téhéran.

La coopération nucléaire entre la Russie et l'Iran est dénoncée par Washington qui soupçonne l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.


Poutine défend les ventes d'armes et la coopération nucléaire avec l'Iran

MOSCOU, 12 mars - Le président russe Vladimir Poutine s'est prononcé lundi en faveur d'une reprise des ventes d'armes à l'Iran et d'un accroissement de la coopération bilatérale dans le domaine de l'énergie nucléaire, malgré l'opposition des Etats-Unis.

"L'Iran a le droit d'assurer ses capacités défensives et sa sécurité", a déclaré M. Poutine à la presse à l'issue d'entretiens avec son homologue iranien Mohammad Khatami, qui a entamé une visite de quatre jours en Russie. "L'Iran doit être un Etat indépendant capable de défendre ses intérêts nationaux", a ajouté le président russe.

Il a affirmé que l'Iran "ne prétendait pas posséder des armements" qui ne respecteraient pas les accords internationaux et que les demandes d'achat de ce pays ne concernaient que des "armes défensives". "La Russie n'a pas l'intention de violer ses engagements internationaux", a-t-il assuré.

Il a également indiqué que la Russie "était intéressée par une telle coopération pour des raisons économiques". L'ambassadeur d'Iran en Russie avait évoqué des ventes d'un montant de 7 milliards de dollars au cours des prochaines années, un chiffre jugée excessif par les experts.

La Russie a annoncé en novembre dernier qu'elle allait reprendre ses ventes d'armes à Téhéran, dénonçant un accord russo-américain de 1995 qui lui interdisait les livraisons d'armes conventionnelles à Téhéran après décembre 1999.

Un traité cadre signé lundi pour une durée de dix ans par les deux présidents mentionne également la coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques et la construction de centrales comme l'un des axes de leur coopération.

Vladimir Poutine a rappelé que les Russes construisaient la centrale iranienne de Bouchehr (sud), dont la première tranche doit bientôt entrer en service.

"L'Iran a l'intention de développer le secteur de l'énergie nucléaire sur la base des accords internationaux. La Russie est intéressée" par ce développement et prendra part aux appels d'offre iraniens, a déclaré le président, cité par Interfax.

Les activités de la Russie dans ce domaine "se basent strictement sur les règles de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et se déroulent sous sa supervision", a-t-il assuré.

La reprise des ventes d'armes à l'Iran comme la coopération nucléaire sont deux importants sujets de friction entre Moscou et Washington, qui considère l'Iran comme un Etat "paria" et a récemment accusé la Russie d'être un "proliférateur actif".

Le président iranien s'est pour sa part félicité que les autorités russes "démontrent une ferme volonté de renforcer leur présence dans le monde après une période d'effacement relatif". "Le développement de nos relations n'est dirigé contre aucun pays ou région", a-t-il souligné.

"Notre région a besoin plus que jamais de calme et de stabilité. Toute présence étrangère pourrait fragiliser cette stabilité", a-t-il ajouté dans une allusion à la présence américaine dans le Golfe.

L'accord-cadre signé lundi prévoit également une coopération en matière de lutte contre le terrorisme international, le trafic de drogue, le trafic d'armes et d'objets du patrimoine, selon l'agence Itar-Tass. Moscou et Téhéran sont deux des plus fervents opposants au régime des taliban.

Les deux pays qui refusent de voir les Etats-Unis jouer le rôle de "gendarme mondial" s'engagent également dans cet accord à "accroître et à renforcer le rôle de l'ONU".

Le président Mohammad Khatami a enfin invité Vladimir Poutine à se rendre en Iran, ce que ce dernier a accepté.


Moscou se rapproche de l'Iran et défie Washington

MOSCOU, 12 mars - Vladimir Poutine a défendu lundi la reprise des ventes d'armes russes à l'Iran et la coopération nucléaire bilatérale, défiant ouvertement les Etats-Unis, lors de la première visite en Russie de son homologue iranien Mohammad Khatami.

"L'Iran a le droit d'assurer ses capacités défensives et sa sécurité", a fait valoir le président russe à l'issue d'entretiens au Kremlin avec son homologue iranien qui entamait une visite de quatre jours en Russie. "L'Iran doit être un Etat indépendant capable de défendre ses intérêts nationaux", a-t-il ajouté.

Alors que les Etats-Unis s'inquiètent de la reprise de la coopération militaire russo-iranienne, M. Poutine a affirmé que l'Iran "ne prétendait pas posséder des armements" qui ne respecteraient pas les accords internationaux.

La Russie n'a pas non plus "l'intention de violer ses engagements internationaux", a-t-il assuré.

Il a reconnu l'intérêt économique d'une telle coopération qui pourrait faire de l'Iran le troisième client de la Russie après l'Inde et la Chine en matière d'armements, selon certains experts.

Le rééquipement de l'armée iranienne pourrait représenter quelque 300 millions de dollars par an, selon des experts, et jusqu'à sept milliards au cours des prochaines années, selon l'ambassadeur d'Iran en Russie.

La Russie a annoncé en novembre dernier qu'elle allait reprendre ses ventes d'armes à Téhéran, dénonçant un accord russo-américain de 1995 qui lui interdisait les livraisons d'armes conventionnelles à Téhéran après décembre 1999.

Un traité cadre signé lundi pour une durée de dix ans par les deux présidents mentionne également la coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques et la construction de centrales comme l'un des axes de leur coopération.

Vladimir Poutine a rappelé que les Russes construisaient la centrale iranienne de Bouchehr (sud), dont la première tranche doit bientôt entrer en service.

Il a indiqué que la Russie participerait aux appels d'offres iraniens et assuré que la coopération russe en la matière "se base strictement sur les règles de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et se déroule sous sa supervision".

La reprise des ventes d'armes à l'Iran comme la coopération nucléaire sont deux importants sujets de friction entre Moscou et Washington, qui considère l'Iran comme un Etat "paria" et a récemment accusé la Russie d'être un "proliférateur actif".

"Le développement de nos relations n'est dirigé contre aucun pays ou région", a pour sa part souligné le président iranien.

Les deux présidents ont également signé une déclaration conjointe sur la Caspienne qui ne règle pas pour autant le différend sur la division des ressources de cette mer riche en hydrocarbures entre ses Etats riverains (Iran, Russie, Turkménistan, Kazakhstan, Azerbaïdjan).

La déclaration souligne que le futur statut de la mer Caspienne qui déterminera la répartition de ses ressources devra être décidé à l'unanimité des Etats riverains.

L'accord-cadre signé lundi, le premier du genre entre les deux pays, prévoit également une coopération en matière de lutte contre le terrorisme international, le trafic de drogue et d'armes.

Moscou et Téhéran sont deux des plus fervents opposants au régime des taliban en Afghanistan, accusé de donner asile au terroriste présumé Oussama ben Laden.

Les deux pays qui refusent de voir les Etats-Unis jouer le rôle de "gendarme mondial" s'engagent également dans cet accord à "accroître et à renforcer le rôle de l'ONU".

Pour cette première visite en Russie d'un président iranien depuis 1989, M. Khatami est notamment accompagné des ministres des Affaires étrangères Kamal Kharazi, de la Défense Ali Chamkhani et du Pétrole Bijan Namdar-Zangheneh.

 

 


La Russie et les Etats-Unis se doteront de groupes d'experts sur les missiles nucléaires

MOSCOU, 24 fév - La Russie et les Etats-Unis vont se doter de groupes d'experts chargés d'étudier la question d'un bouclier antimissile et les traités sur les missiles stratégiques, selon une source de la délégation russe aux entretiens Ivanov-Powell au Caire, citée par Interfax.

Le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov a rencontré samedi son homologue américain Colin Powell pour des entretiens consacrés notamment au plan américain de déploiement d'un bouclier antimissile (NMD), ainsi qu'à la proposition russe d'un système antimissile à l'échelle européenne.

Deux groupes d'experts seront constitués pour étudier "la proposition russe et le plan américain", selon la source citée par Interfax dans un envoi daté de la capitale égyptienne.

La source russe, qui n'a pas précisé le mode de constitution de ces groupes, a ajouté que les experts seront aussi chargés d'étudier les traités ABM, pour la lutte antimissile, et START, de réduction des armes stratégiques.

La date de constitution de ces groupes sera décidée ultérieurement, a indiqué la source russe à Interfax.

Les Etats-Unis envisagent le déploiement d'un système antimissile (NMD) destiné à protéger le territoire américain d'attaques potentielles de pays comme la Corée du nord.

La Russie estime qu'un tel projet violerait le traité ABM de 1972, qui interdit le déploiement d'un système antimissile global.

Moscou a proposé cette semaine aux Européens d'étudier un projet de défense antimissile non-stratégique à l'échelle européenne.

Colin Powell a réitéré, avant d'arriver au Caire, l'intérêt des Etats-Unis pour le plan russe. Le président américain George W. Bush a estimé vendredi que ce plan signifie que Moscou reconnait "la nature de la menace" posée par des "Etats parias" comme l'Iran et la Corée du Nord.

C'est pourquoi Moscou et Washington "envisagent les mesures susceptibles de neutraliser des menaces potentielles à la stabilité stratégique", a indiqué la source de la délégation russe à Interfax.


La Russie consciente de la menace de la prolifération nucléaire (OTAN)

MOSCOU, 20 fév - La Russie est consciente de la menace que fait peser la prolifération nucléaire, qui motive notamment le projet américain de bouclier antimissile, a estimé mardi le Secrétaire général de l'OTAN George Robertson, en visite à Moscou.

Selon lui, la Russie admet qu'il y a une menace, "mais aussi qu'il doit y avoir une réponse", à celle ci, a déclaré M. Robertson à l'issue de ses entretiens avec le président Vladimir Poutine et le ministre de la Défense Igor Sergueïev.

La Russie est fermement opposée au projet américain de bouclier antimissile NMD, destiné à se protéger d'attaques potentielles comme l'Iran ou la Corée du nord, qui ne font pas mystère de leurs ambitions dans le domaine nucléaire.

"Il semble qu'il y ait une prise de conscience (russe) qu'une réflexion radicale est requise pour affronter cette menace" de la prolifération nucléaire, a ajouté M. Robertson.

Moscou a proposé mardi aux Européens l'établissement d'une force antimissile mobile, protégeant les cibles potentielles du continent contre une attaque de missiles balistiques.

 

Prolifération nucléaire : les Etats-Unis accusent la Russie d'aider l'Inde

WASHINGTON, 16 fév - Les Etats-Unis ont accusé vendredi la Russie d'enfreindre l'accord international imposant une limite à la prolifération atomique en livrant du combustible nucléaire à l'Inde.

"Nous regrettons amèrement que la Fédération russe ait envoyé du combustible nucléaire pour les réacteurs de Tarapur en Inde en violation des engagements russe de non-prolifération", a indiqué le porte-parole du département d'Etat Philip Reeker dans un communiqué.

La Russie a envoyé de l'uranium enrichi à l'Inde en violation d'un accord signé au sein du groupe des 39 nations fournissant des éléments nucléaires, a affirmé le porte-parole.

Selon lui, "L'Inde (...) conduit en réalité un programme d'armes nucléaires", poursuit le communiqué.

"Nous nous joignons à d'autres fournisseurs nucléaires pour appeler la Russie à annuler cet accord de livraison et à respecter ses engagements de non-prolifération", ajoute le texte.

M. Reeker a indiqué que l'aide de la Russie à l'Inde ainsi que son assistance à l'Iran suscitaient "de sérieuses questions" sur le soutien de la Russie aux efforts de non-prolifération.

La Russie aide l'Inde à construire des centrales nucléaires à Kandankulam dans l'Etat de Tamil Nadu (sud) et à Tarapur (Maharastra).

Tous les équipements essentiels, y compris le combustible nucléaire de deux réacteurs de 1.000 megawatts seront fournis par la Russie à Tamil Nadu, avait promis la Russie.

Le président russe Vladimir Poutine s'était aussi engagé à faire avancer la coopération en matière d'énergie nucléaire avec l'Inde, tout en appelant New Delhi à signer le traité de non-prolifération nucléaire.

 


La Russie hausse le ton et rappelle qu'elle reste une force nucléaire

MOSCOU, 16 fév - La Russie a rappelé qu'elle reste une force nucléaire en procédant vendredi à des essais de missiles stratégiques, tout en haussant le ton contre le projet américain de bouclier anti-missiles, à quelques jours de la visite du secrétaire général de l'OTAN en Russie.
Les deux premiers missiles, de type balistique, ont touché leurs cibles sur un polygone situé à l'autre extrémité du pays, sur la presqu'île du Kamtchatka (Extrême-Orient). Le troisième, un missile de croisière, tiré par un bombardier stratégique TU-95, a atteint une cible située dans un polygone non précisé du sud du pays.

Ces tirs d'essai ont été effectués dans le cadre d'exercices des forces stratégiques russes, annoncés sans autre précision par l'Etat-major au début de la semaine.

Le moment choisi pour ces exercices est hautement symbolique, comme le fait d'avoir forcé mercredi la chasse norvégienne à intervenir pour identifier deux bombardiers stratégiques qui approchaient son espace aérien.

Les relations entre la Russie et les Etats-Unis se sont tendues ces derniers jours, alors que les sujets de discorde ne manquent pas.

Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a accusé mercredi la Russie d'être un "proliférateur actif", en transférant des technologies sensibles à des pays comme l'Iran ou l'Inde, justifiant par là même la nécessité pour les Etats-Unis de se protéger avec un nouveau bouclier anti-missiles appelé National Missile Defense (NMD).

Cette accusation a été vigoureusement contestée Moscou, le général Léonid Ivachov, chef du département de coopération internationale, dénonçant vendredi "le retour d'un système de propagande destiné à rabaisser le rôle de la Russie sur la scène internationale".

Les deux puissances s'opposent aussi bien sur l'élargissement de l'OTAN à l'Europe orientale, que sur le projet américain de déploiement d'un bouclier antimissile.

Autant de sujets que devrait aborder le secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, lors de sa visite à Moscou du 19 au 21 février.

Il doit y rouvrir le bureau d'information de l'Alliance, fermé par les Russes en mars 1999 après les premiers bombardements alliés contre la Yougoslavie.

M. Robertson va surtout s'efforcer de rassurer ses interlocuteurs sur les conséquences de l'élargissement de l'Alliance.

Après l'inclusion de la Hongrie, la République tchèque et la Pologne, une nouvelle extension de l'OTAN représenterait une "menace pour la sécurité" de la Russie, selon le général Ivachov.

L'incorporation notamment des candidats baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) mettrait de facto les forces de l'Alliance à ses frontières.

Quant au projet de NMD, pour l'Etat-major russe, il n'est pas vraiment destiné à contrer la menace d'Etats comme l'Iran ou la Corée du Nord, mais est "orienté principalement contre le potentiel stratégique de la Russie et de la Chine", selon le général Ivachov.

La Russie pourrait donc être tentée d'exploiter les hésitations des Européens à ce sujet.

L'Allemagne a choisi la neutralité et la Grande-Bretagne réserve son jugement, alors que Paris s'est exprimé contre le plan américain par la voix de son président Jacques Chirac.

A ceux qui craignent que le déploiement du NMD laisse l'Europe sans défense, Moscou a proposé vendredi le déploiement d'une "force de déploiement rapide et mobile anti-missiles", a expliqué le général Ivachov.

Dans tous les cas, le vice-chef d'Etat-major russe, le général Valéry Manilov, a ajouté vendredi que les forces stratégiques russe pouvaient contrecarrer "tout système de défense antimissiles, existant ou potentiel".

 

 

Prolifération nucléaire: Moscou rejette les accusations américaines

MOSCOU, 15 fév - Moscou a catégoriquement rejeté jeudi les accusations de la nouvelle administration Bush qui a justifié le déploiement d'un bouclier antimissile américain par des ventes russes de technologies nucléaires à des Etats comme la Corée du nord ou l'Iran.
Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a affirmé que le projet américain (NMD) devait être mis au point pour se protéger des pays auxquels la Russie a fourni de tels équipements, durcissant nettement le ton du débat sur ce projet controversé.

"La Russie est un proliférateur actif. Elle vend à des pays comme l'Iran, la Corée du Nord et l'Inde des technologies qui menacent d'autres peuples comme les Etats-Unis, l'Europe occidentale et des pays du Proche-Orient", a déclaré mercredi soir M. Rumsfeld en soulignant que "les Etats-Unis veulent se défendre contre le résultat de ces activités de prolifération".

"La Russie, contrairement aux Etats-Unis, remplit scrupuleusement tous ses engagements internationaux y compris dans le domaine de la non-prolifération", a répondu jeudi le général Leonid Ivachov, chef du département de coopération internationale du ministère de la Défense.

Les accusations américaines sont "gratuites, car elles ne sont accompagnées d'aucune preuve", a-t-il ajouté.

Les accusations de Donald Rumsfeld interviennent quelques jours après des propos similaires du conseiller pour la Sécurité du président George W. Bush, Mme Condoleeza Rice, et du directeur de la CIA George Tenet.

"Le but de toutes ces déclarations est de discréditer la Russie et ses arguments contre le NMD. En réalité, il n'existe aucune menace susceptible de justifier le NMD", a estimé l'expert Ivan Safrontchouk du centre d'études PIR.

Washington "fait ces déclarations à l'intention des Européens qui sont sensibles aux objections de Moscou face au NMD", a souligné M. Safrontchouk.

Le secrétaire du Conseil de sécurité Sergueï Ivanov a fait valoir jeudi que "les pays européens n'ont pas de position commune sur le NMD" et espéré que Moscou et Washington parviendraient malgré tout à entamer un "dialogue serein" sur le projet américain.

Les alliés européens de Washington sont contre le NMD, craignant une relance de la course aux armements.

Moscou, soutenue par Pékin, s'oppose fermement à ce projet qui briserait, selon elle, l'équilibre stratégique international en violant le traité ABM de 1972, interdisant le déploiement d'un système antimissile global.

Mercredi, le ministre russe de la Défense Igor Sergueïev avait affirmé que la mise en place du NMD représenterait "un danger pas seulement pour la Russie, mais pour le monde entier".

"Il n'y a pas de preuve concrète de fuites de technologies nucléaires en provenance de Russie. Ces accusations sont tirées par les cheveux", a assuré l'expert militaire indépendant Pavel Felguenhauer.

Evgueni Volk, de la Fondation Heritage, estime cependant que "la Russie est pauvre et vend tout ce qu'elle peut, ses secrets militaires et ses armes de destruction massive".

"Le sentiment anti-américain est très fort au sein du régime Poutine et Moscou cherche le soutien de tous les pays qui s'opposent aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.

A quelques jours de la première rencontre entre le chef de la diplomatie américaine Colin Powell et son homologue russe Igor Ivanov, le 24 février au Caire, l'atmosphère n'est pas loin d'évoquer les accusations de l'époque de la guerre froide alors que M. Ivanov espère entamer un "dialogue constructif" avec Washington.

"La période des relations romantiques entre la Russie et les Etats-Unis est finie depuis longtemps. Les démocrates essayaient d'être plus diplomates, l'administration de Bush est plus directe", conclut Iouri Korgoniouk de l'institut d'analyse politique INDEM.