Le 26 avril 1986: Apocalypse nucléaire à Tchernobyl

A 01h23 du matin le 26 avril 1986, le coeur atomique du 4ème réacteur de la centrale ukrainienne de Tchernobyl s'emballe au cours d'un test. Deux explosions font voler en éclats l'édifice et une colonne de fumée radioactive s'élève dans les airs. C'est le plus grave accident du nucléaire civil de tous les temps.

"Une lueur cramoisie dominait les environs et, au-dessus de la centrale, un épais nuage assombrissait la moitié du ciel", raconte un témoin. "Les responsables étaient perdus, paralysés".

Le combustible nucléaire brûla pendant plus de dix jours, rejetant des millions de radioéléments, équivalent à l'intensité d'au moins 200 bombes d'Hiroshima.

Les éléments chimiques les plus lourds retombèrent dans les environs immédiats -- notamment et le plutonium. En revanche, les particules plus légères -- comme l'iode, le strontium et le césium -- formèrent un nuage qui contamina les trois quarts de l'Europe et toucha des dizaines de millions de personnes.

Porté tout d'abord par un vent soufflant vers le Nord-Ouest, le panache radioactif pollua très fortement l'Ukraine, le Belarus et la Russie. Parvenu au-dessus des pays scandinaves, il se rabattit vers le Sud puis vers l'Ouest, contaminant, au gré des pluies, l'Europe centrale et balkanique, l'Italie, la France, la Grande-Bretagne et l'Irlande.

Selon un bilan soviétique de l'époque, il n'y eut que 237 blessés et 31 morts, dont 29 par irradiation aiguë. Cependant, des données non officielles font aujourd'hui état de 15.000 à 30.000 morts et de plusieurs millions d'invalides.

Jusqu'au bout, Moscou tenta de cacher puis de minimiser la catastrophe. C'est paradoxalement la Suède qui alerta la communauté internationale, le 28 avril, en enregistrant une forte hausse de la radioactivité sur son territoire.

Une information très brève passa à la télévision le même jour, mais les Soviétiques attendront la première semaine de mai pour recevoir officiellement quelques consignes de protection. Le chef de l'Etat, Mikhaïl Gorbatchev, n'interviendra, lui, sur les ondes que le 14 mai, soit dix-neuf jours après le drame.

L'Ukraine a condamné le 15 décembre 2000 le troisième réacteur de Tchernobyl -- le dernier encore opérationnel sur les quatre d'origine -- contre une aide internationale de 2,3 milliards de dollars.

Le réacteur numéro 2 avait été mis hors service en 1991 à la suite d'un incendie dans son compartiment des turbines, tandis que le bloc numéro 1 avait été arrêté en 1996 dans le cadre d'un mémorandum avec le G7 (groupe des sept pays les plus industrialisés).



Plus de 3.000 personnes ont défilé contre l'énergie nucléaire

HELSINKI, 26 avr - Plus de 3.000 personnes ont défilé jeudi contre l'énergie nucléaire dans le centre d'Helsinki à l'occasion de l'anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, a annoncé la police finlandaise.

Les manifestants ont aussi protesté contre le projet gouvernemental de construire une cinquième centrale nucléaire en Finlande, a précisé l'agence de presse finlandaise FNB.

Les manifestants, qui ont défilé de la place du Sénat à la Chambre des députés, ont déposé un questionnaire au gouvernement comprenant dix questions, toutes liées à la création d'une cinquième centrale nucléaire en Finlande.

 

 

 

Moscou exclut un Tchernobyl-bis sur les réacteurs russes du même type

MOSCOU, 26 avr - Les onze réacteurs russes RBMK, du même type que ceux de Tchernobyl, sont équipés d'un système d'arrêt automatique, ce qui exclut la possibilité d'une nouvelle catastrophe nucléaire, a affirmé jeudi un responsable russe du secteur nucléaire.

"La question de la sécurité est primordiale pour nous", a déclaré Andreï Poloous de Rosenergoatom, la structure chargée de l'exploitation des centrales nucléaires russes à l'agence Itar-Tass.

Le débranchement du réacteur est automatique si l'un des milliers de paramètres sous contrôle n'est pas conforme aux normes, a souligné le responsable.

"Les exigences de sécurité sont si importantes que parfois la situation frôle le ridicule", a-t-il ajouté, donnant l'exemple d'une ampoule grillée sur un tableau de bord qui a entraîné l'arrêt du réacteur. (Ce qui est très inquétant car la procédure d'arrêt est une procédure d'urgence qui comporte bien des risques)

M. Poloous a également indiqué que les réacteurs RBMK vont bientôt être équipés de système de protection encore plus performants avec des barres de graphite destinées à arrêter la réaction en chaîne à l'intérieur du réacteur.

Un responsable de l'organisation écologiste Croix verte, Vladimir Kouznetsov, avait affirmé mardi que le niveau de sécurité des réacteurs RBMK était nettement insuffisant.

Trois centrales nucléaires russes sont équipées de réacteurs de ce type mis en exploitation entre 1974 et 1989; celles de Smolensk (ouest, 3 réacteurs), de Koursk (ouest, 4 réacteurs) et de Leningrad (nord-ouest, 4 réacteurs).

 



Tchernobyl: la communauté internationale doit faire beaucoup plus (Annan)

NEW YORK (Nations Unies), 25 avr - La communauté internationale doit faire beaucoup plus pour aider les millions de victimes du désastre nucléaire de Tchernobyl, a affirmé mercredi le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.
"J'appelle les Etats membres, les organisations non-gouvernementales et les personnes privées à se joindre à moi pour promettre de ne jamais oublier Tchernobyl", a souligné M. Annan dans une déclaration publiée à l'occasion du 15ème anniversaire du plus grave accident nucléaire de tous les temps, survenu le 26 avril 1986 dans la centrale de Tchernobyl, en Ukraine.

L'explosion du quatrième réacteur de la centrale a laissé échapper dans l'atmosphère un nuage radioactif qui a contaminé les trois quarts de l'Europe et irradié sept millions de Russes, d'Ukrainiens et de Bélarusses, selon l'ONU.

"Alors que nous commémorons ce triste anniversaire, la communauté internationale doit faire beaucoup plus pour aider ceux qui vivent avec les conséquences invisibles, mais très réelles, du désastre", a dit M. Annan.

Selon lui, au moins trois millions d'enfants nécessitent des soins. Le nombre total de personnes souffrant de graves problèmes médicaux ne sera pas connu avant 2016, a-t-il estimé.

L'ONU estime que le manque de fonds constitue le principal obstacle aux efforts de la communauté internationale.

Le coordinateur des Nations Unies pour la coopération internationale sur Tchernobyl, Kenzo Oshima, a appelé tous les membres à "atténuer les conséquences à long-terme" de la catastrophe. Il a suggéré que les donateurs apportent 10 à 15 millions de dollars pour les victimes de l'accident.

 

 

 

Tchernobyl : manifestation d'anti-nucléaires à Mulhouse et Nancy

STRASBOURG, 25 avr - Une cinquantaine d'opposants au nucléaire, selon la police, ont manifesté mercredi à Mulhouse et Nancy en mémoire de la catastrophe de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, qui s'est produite il a 15 ans, le 26 avril 1986.

Une trentaine de personnes se sont rassemblées mercredi en fin d'après-midi à Mulhouse (Haut-Rhin), à l'appel de l'association "Les enfants de Tchernobyl".

A Nancy, une quinzaine de manifestants anti-nucléaires se sont rassemblés moins d'une heure devant la préfecture, où ils ont déposé une gerbe.


 

M. Mamère dénonce "l'opacité" entourant le nucléaire

PARIS, 25 avr - Le député Vert Noël Mamère a dénoncé mercredi "l'opacité" continuant à entourer le nucléaire, quinze ans après l'accident de la centrale de Tchernobyl.

"Le nucléaire échappe à tout contrôle démocratique, il est temps de sortir de cette omerta", a-t-il déclaré.

M. Mamère a relevé qu'une loi promise par Lionel Jospin pour "organiser la transparence sur le nucléaire", était toujours dans les cartons. Il s'est élevé contre le refus, mardi, de la commission de la Production de l'Assemblée de créer une commission d'enquête sur le retraitement des déchets par la Cogema à la Hague, comme le réclamaient les Verts.

Quant à l'annonce mardi par le ministre de la Santé Bernard Kouchner du lancement d'une étude épidémiologique sur l'impact du nuage radioactif de Tchernobyl sur la santé en France, il s'est interrogé: "Pourquoi a-t-on attendu quinze ans ? Parce que des associations et des écologistes nous disent qu'on nous a menti?"

 



Tchernobyl, fierté de l'industrie soviétique, devait compter six réacteurs

KIEV, 24 avr - La centrale de Tchernobyl, mise définitivement à l'arrêt le 15 décembre dernier, comptait parmi les plus beaux fleurons de l'industrie nucléaire soviétique et devait à l'origine compter six réacteurs.

Les autorités soviétiques lancèrent la construction de la centrale au début des années 70 dans le cadre d'un ambitieux plan de développement de l'industrie nucléaire. (comme en France)

Avant l'arrêt en décembre dernier du troisième réacteur de Tchernobyl -- le dernier encore opérationnel sur les quatre d'origine -- la centrale assurait environ 5% de la consommation électrique de l'Ukraine, qui compte aujourd'hui encore quatre autres installations atomiques (Rivne, Khmelnitsky, Pivdenno Ukrainska et Zaporijia).

Kiev compte d'autant plus sur ce parc nucléaire qu'il est relativement jeune (15 ans d'âge moyen pour des installations prévues pour durer quarante ans), alors que ses centrales thermiques sont extrêmement vétustes.

Six réacteurs de type RBMK de 1.000 mégawatts chacun devaient être mis en service à Tchernobyl:

- le réacteur numéro 1, lancé en 1977, a été arrêté en novembre 1996 dans le cadre d'un accord international.

- le réacteur numéro 2, démarré en décembre 1978, a été paralysé par un incendie en 1991.

- le réacteur numéro 3, inauguré en 1981, a été stoppé le 15 décembre 2000.

- le réacteur numéro 4, mis en service en 1984, a explosé le 26 avril 1986 lors du plus grave accident nucléaire de tous les temps.

- la construction des réacteurs 5 et 6, démarrée en 1981, a été abandonnée à la suite du drame.

Aujourd'hui, 13 réacteurs RBMK sont toujours en service en Russie et en Lituanie. Les Occidentaux considèrent ces réacteurs comme peu fiables à cause de vices de conception. (ils louaient pourtant le savoir-faire et la sûreté des réacteurs soviétiques avant Tchernobyl)

 

 

Russie: les 11 réacteurs RBMK de type Tchernobyl "pas sûrs"

MOSCOU, 24 avr - Les onze réacteurs RBMK de type Tchernobyl que possède la Russie ne sont pas conformes aux normes de sécurité, a affirmé mardi un responsable de l'organisation écologiste Croix verte Vladimir Kouznetsov.

"Ces réacteurs ne peuvent pas avoir un niveau de sécurité acceptable. Il est impossible de les entourer d'une enveloppe de sécurité", a souligné M. Kouznetsov lors d'une conférence de presse.

Trois centrales nucléaires russes sont équipées de réacteurs de ce type mis en exploitation entre 1974 et 1989; celles de Smolensk (ouest, 3 réacteurs), de Koursk (ouest, 4 réacteurs) et de Leningrad (nord-ouest, 4 réacteurs).

Le cinquième réacteur de la centrale de Koursk du type RBMK est en cours de construction, a-t-il ajouté.

 

 

Nuage de Tchernobyl: une campagne de mesure de radioactivité lancée en Corse

PARIS, 24 avr - Une campagne de mesure de la radioactivité des terrains et des produits alimentaires va être lancée en Corse pour mieux cerner l'impact du "nuage" de Tchernobyl, quinze ans après l'accident de la centrale nucléaire ukrainienne, a annoncé mardi l'Institut de protection et de sûreté nucléaire. (une blague ?)
La Corse fait partie des départements les plus touchés par le passage du nuage en avril 1986, avec une zone située à l'est d'une ligne Gard-Moselle. Des études menées dans la basse vallée du Rhône ont mis en évidence un lien entre les pluies tombées pendant le passage du nuage et les niveaux cde contamination : la pluie a fixé la radioactivité au sol et sur la végétation, jouant un rôle décisif.

Les mesures vont être réalisées sur les zones les plus arrosées lors du passage du nuage : sur deux axes, Aléria-Porto Vecchio et Solenzara-Sartène.

Des mesures seront également réalisées sur les sols et les produits agricoles locaux dans les zones où il a été fait état de problèmes thyroïdiens dans la population, comme dans la région de Balagne. La radioactivité est un facteur de développement du cancer de la thyroïde, et on a noté un grand nombre de cas chez les enfants et les jeunes adultes après l'accident de Tchernobyl.