vendredi 14 décembre 2001, 8h44
KIEV - L'Ukraine marque samedi le premier anniversaire de la fermeture définitive le 15 décembre 2000 de la centrale de Tchernobyl, qui reste toujours une menace nucléaire pour l'environnement et les populations.
"Le travail ne fait que commencer" pour régler les problèmes liés à Tchernobyl, a déclaré mercredi le président ukrainien Léonid Koutchma à l'issue d'une rapide visite des lieux. Le démantèlement du monstre nucléaire est un processus long, dangereux et coûteux qui s'étalera sur des années, voir plusieurs décennies, et dont l'ardoise de trois milliards de dollars sera réglée presque entièrement par l'Occident.
Problème numéro un pour les experts: renforcer la chape de béton, baptisée sarcophage, qui recouvre les restes du quatrième bloc. L'explosion de ce réacteur le 26 avril 1986 avait contaminé une grande partie de l'Europe et aurait, selon Kiev, fait plusieurs milliers de morts.
Le sarcophage, montée à la va-vite après la tragédie, menace aujourd'hui de s'effondrer et d'exposer à l'air libre un magma radioactif de 160 tonnes, composé de combustible atomique fondu et de débris de toutes sortes. Les experts n'excluent pas non plus totalement, même s'ils le considèrent comme improbable, le risque de criticité, c'est-à-dire le redémarrage spontané d'une réaction nucléaire en chaîne sous la chape de béton. Ce serait alors l'explosion.
La communauté internationale a rassemblé 760 millions de dollars -- avec une participation ukrainienne de 50 millions -- pour renforcer le sarcophage. Les travaux, lancés en 1998, devraient s'étaler sur au moins huit ans. L'Occident s'est en outre engagé à débourser 2,3 milliards de dollars, dont l'essentiel servira à démanteler la centrale et à construire deux réacteurs nucléaires pour remplacer la production électrique de Tchernobyl.
Le démantèlement proprement dit de l'installation doit être précédé du déchargement, du stockage et du traitement de son combustible usé.
Un consortium international, mené par le français Framatome, a entamé en 2000 la construction d'une installation de stockage de déchets nucléaires à proximité de la centrale. Constituée de 256 "casemates" en béton, cette structure pourra abriter à partir de 2003 l'ensemble du combustible irradié qui refroidit aujourd'hui en piscine ou se trouve dans le coeur des trois réacteurs encore intacts de Tchernobyl.
Une usine de traitement des déchets nucléaires liquides, essentiellement les eaux contaminées utilisées pour le refroidissement des blocs, est également en cours de montage. Enfin, un troisième complexe destiné à traiter les déchets solides sera opérationnel d'ici 2004.
Malgré ces efforts, l'assainissement du site et, plus loin, des territoires pollués par les retombées nucléaires prendra des décennies, voir des siècles. En Ukraine, au Bélarus et en Russie -- les trois pays les plus touchés par la catastrophe -- des dizaines de milliers de kilomètres carrés sont contaminés au césium 137.
Cet élément nucléaire a une durée de vie très longue: sa radioactivité diminue de moitié tous les 30 ans, et il faudra trois siècles pour que le césium craché par Tchernobyl disparaisse de l'environnement. Le plutonium, rejeté en faible quantité, restera, lui, dangereux pendant 250.000 ans.
Comme un volcan mal éteint, le monstre nucléaire sème encore la mort. Les rayons ont déjà provoqué une épidémie de cancers de la thyroïde notamment en Ukraine et au Bélarus. Selon certains spécialistes, un excès d'autres tumeurs pourrait survenir dans les quinze, vingt ou trente années à venir.
Le bilan de la catastrophe
de Tchernobyl oscille entre 40 000 et 560 000 morts, voir davantage,
selon les experts
La catastrophe de Tchernobyl et la santé
par Michel Fernex
Interview de Vassili Nesterenko
Interview du Professeur
Yuri Bandazhevsky
Interview de Bella Belbéoch (en RealVideo
19Kb)
Un premier bilan sanitaire présenté par les experts
soviétiques (juillet 1989)
Tchernobyl
: quelques faits dérangeants
(dossier très long, il est préférable de
l'imprimer pour le lire)
QUELQUES INDICATIONS SUR LA SITUATION SANITAIRE EN BÉLARUS, UKRAINE ET RUSSIE (mai 1999)
LE POINT DE VUE D'UNE GÉNÉTICIENNE SUR LES CONSÉQUENCES SANITAIRES EN BÉLARUS (mai 1999)
Responsabilités occidentales dans les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl (November 1997)
ERREUR
OU MANIPULATION ? À PROPOS DU DOSSIER IPSN DE 1998, TCHERNOBYL,
DOUZE ANS APRÈS
(mai 1999)
TCHERNOBYL :
LE DOSSIER NORVEGIEN (mars 1990)
Un procès contre les officiels soviétiques responsables de la gestion post-accidentelle de Tchernobyl (juin 1991)
Tchernobyl : effets sur la santé en France (janvier 1998)
Tchernobyl-sur-Seine (1998)
Un accident majeur en France n'aurait pas forcément l'ampleur
de celui de Tchernobyl...
News
Tchernobyl:
magouilles et trafics en tout genre
Un
expert russe met en doute la sécurité des centrales
nucléaires du pays
Tchernobyl:
fermeture à grand suspense
"stupéfaits
et effrayés" par les réactions des élus
et des dirigeants de la centrale de Tchernobyl
Les victimes de
la catastrophe de Tchernobyl
Démantèlement
de Tchernobyl: une opération délicate étalée
sur des décennies
Presse
Le bilan est minimisé
non
seulement en Biélorussie et Ukraine, mais aussi par les organisations
internationales
Tchernobyl : Le rapport qui
gêne
La
campagne ukrainienne subit encore les conséquences de l'accident
de Tchernobyl (Nouvelles de Moscou
du 19 février 1989)
Les liquidateurs de Tchernobyl laissés pour
compte (Libération,
novembre 1999)
Vidéos
| Reportage
de 98 mn en 2 parties : "Tchernobyl cette herbe amère" de la télévision publique japonaise NHK de Hiroshima Prix de la Nymphe d'argent au festival de Monte-Carlo 1991 Toshiaki Shimada - Tatsushi Horiki - Tomoki Kitamori Commentaires : Patrick Hester - Christine Bonnet 1er partie 52mn en RealVidéo 21 kb .......... 2e partie 46mn en RV 21 kb |
![]() |
Le désastre de Tchernobyl 1996, 54mn, documentaire en RealVideo de K. Langbein,
J. Kamienski, M.F. Han, L. Antonienko, S. Toshida.
| Le
tocsin de Tchernobyl
1987, 85mn, documentaire très
soviétique en RealVideo
de Rollan Serguienko Ce film à la gloire des héros de Tchernobyl, est constitué de témoignages de personnes consernées par la catastrophe : membres du personnel de la centrale, pompiers, liquidateurs, médecins... (Malheureusement le film est très alourdi par la volonté de faire une contribution au désarmement atomique et grâce à ce subterfuge, de passer sur une chaîne de télévision soviétique.) |
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| "Tchernobyl
: Questions d'avenir" Reportage sur les conséquences médicales de Tchernobyl en RealVidéo 21 kb |
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