Ouest France du 6/03/02
Les conditions de travail et de vie des salariés
des entreprises sous-traitantes du nucléaire sont désastreuses
selon l'association « Sortir du nucléaire ».
Avec la centrale de Brennilis et la base de l'Ile Longue, la Bretagne
n'est pas épargnée. Le 15 mars, une conférence
sur ce thème « sensible » se déroulera
à Quimper.
« Aujourd'hui le travail à la centrale de Brennilis
fait plus penser à Germinal qu'à de la haute technologie
». Dans sa lettre mensuelle, le réseau « Bretagne
sortir du nucléaire » ne mâche pas ses mots
quant il s'agit de décrire les conditions de travail qui
entourent le démantèlement de la centrale nucléaire
située en Centre-Bretagne. Le 15 mars prochain, l'antenne
cornouaillaise de « Sortir du nucléaire » réaffirmera
sa position sur le sujet lors d'une conférence à
l'espace des associations de Quimper en présence de Annie Thébaud Mony, sociologue et directrice
de recherche à l'Inserm, qui vient de publier un ouvrage
: « Les travailleurs du nucléaire, sous-traitance
et servitude ».
« On estime qu'il existe 1 500 à
2 000 entreprises sous traitantes du nucléaire en France
employant 25 000
à 30 000 travailleurs extérieurs directement affectés
aux travaux sous rayonnements. Plus de 80 % des travaux de
maintenance, soit des millions d'heures de travail, sont sous-traités
dans des conditions plus que douteuses », déplore
Olivier Marc de « Sortir du nucléaire Cornouaille
». Pour l'association, « la sous-traitance des installations
conduit les travailleurs à exercer dans des conditions
précaires sur le plan sanitaire, psychologique et social.
Le risque de contamination externe et interne, ainsi que les exigences
de mobilité d'un chantier à l'autre sur l'ensemble
du territoire, sont autant de caractéristiques de cette
catégorie de salariés. »
Dans son ouvrage, Annie Thébaud Mony dresse un état des lieux de la situation en France. Son enquête sur le travail, la santé, et la sûreté auprès des travailleurs extérieurs de l'industrie nucléaire, est le résultat de dix années de travaux. Ses recherches se sont déroulées selon deux axes : une étude auprès des médecins du travail sur les conditions de suivi médico-réglementaire et la surveillance des doses de rayonnement reçues par les travailleurs extérieurs, suivie d'une enquête sur le vécu du travail et de l'exposition aux rayonnements ionisants auprès des travailleurs eux-mêmes.
Elle ne manquera pas de faire part de ses observations
lors de la conférence du 15 mars, à 20 h 30, à
la maison des associations.
Santé du travail dans l'industrie
nucléaire:
* Rationalité
instrumentale et santé au travail dans l'industrie nucléaire
* Rapport d'enquète de psychopathologie du travail au Centre de Production Nucléaire de Chinon
* Les résultats du nouveau management dans le nucléaire (information de la section syndicale FO)
* NUCLÉAIRE: SANS FOI, NI LOI! (information de la section syndicale FO)