Manifestation d'anti-nucléaires pour l'anniversaire de Tchernobyl à Nancy

NANCY, 26 avr - Une vingtaine de manifestants anti-nucléaires se sont rassemblés vendredi en fin d'après-midi devant la préfecture de Meurthe-et-Moselle à Nancy pour commémorer la catastrophe de Tchernobyl, qui a eu lieu il y a 16 ans, le 26 avril 1986.

A l'appel des associations anti-nucléaires Cacendr et Eden, des Verts et de Sud PTT, les manifestants, vêtus de combinaisons blanches anti-radiations, ont distribué des tracts dénonçant le danger de la radioactivité.

Les militants, qui envisageaient de se coucher sur la route pour évoquer les 30.000 morts causées par l'explosion de la centrale nucléaire et la contamination par radiations qui en a découlé, ont rappelé la "collusion scientifico-politicienne française qui arrêtait le nuage radioactif à la frontière franco-allemande".

Un "liquidateur" de Tchernobyl fait condamner la Russie à Strasbourg (Le Monde 07/05/02)

Le doute plane toujours (CYBER SCIENCES 27/04/02)

Tchernobyl. Regards sur 15 ans d'horreur (LE TELEGRAMME DE BREST 02/05/02)

Jeûne de La Hague : 12 jeûneurs devant l'usine de La Hague (com de presse)

L'héritage de Tchernobyl (La Dépêche du Midi)

Son cancer serait lié aux radiations de Tchnernobyl (La dépêche du Midi)

Tchernobyl reste d'actualité (Swiss Info)

Tchernobyl : aujourd'hui en France c'est possible (communiqué d'A.V.E.N.I.R. et du Collectif Stop Melox)

Seize ans après, l'Ukraine se bat toujours contre Tchernobyl

KIEV (Elizabeth Piper) - Les enfants ukrainiens nés avec des malformations génétiques ou élevés avec une nourriture radioactive forment une nouvelle génération de victimes de Tchernobyl appelée à pérenniser le lourd héritage de la plus grande catastrophe du nucléaire civil, survenue il y a 16 ans jour pour jour.

Les experts à l'oeuvre dans la zone depuis l'explosion du réacteur 4 de la centrale soulignent en effet que le combat contre les effets sanitaires de la radioactivité est encore loin d'être gagné.

"Aujourd'hui, 16 ans après l'accident, il reste d'énormes problèmes dans plusieurs régions (...), particulièrement en ce qui concerne la santé des enfants et la nourriture", a déclaré jeudi Olga Bobilova, secrétaire adjointe des services sanitaires ukrainiens, lors d'une conférence de presse.

Dans les zones aux alentours de Tchernobyl, "la viande et le lait dans le secteur privé présentent un haut niveau de radioactivité (...); il y a également des problèmes avec les champignons et les baies des forêts (...). De tels aliments peuvent avoir un impact profond sur la santé", a-t-elle dit.

La pauvreté aidant, des milliers d'Ukrainiens vivent encore dans les zones les plus touchées par les conséquences de l'explosion et nombreux sont ceux qui ignorent les risques auxquels les expose la consommation de produits issus des champs et des forêts contaminés.

"L'Etat s'efforce de fournir des biens aux enfants, de la nourriture saine, mais il est en proie à un manque de fonds. Nous en aurons besoin à l'avenir", a ajouté Bobilova.

DES SEQUELLES HEREDITAIRES

"La catastrophe de Tchernobyl ne doit pas disparaître de l'histoire de l'humanité", déclare quant à lui le gouvernement dans une tribune publiée vendredi par la presse officielle.

"Nous appelons les organisations, les fonds, ainsi que l'ensemble des citoyens responsables à faire preuve de compréhension et à contribuer à la résolution des douloureux problèmes des liquidateurs (chargés de la décontamination, NDLR), de ceux qui ont été évacués de leurs lieux de naissance, des invalides et des familles endeuillées par l'accident de Tchernobyl", ajoute-t-il.

Le président Léonid Koutchma et le Premier ministre Anatoly Kinakh ont déposé des gerbes de fleurs sur le mémorial dressé à Kiev tandis qu'un office religieux était célébré dans une église, construite pour commémorer l'accident, dont les cloches ont retenti peu après une heure du matin, heure de l'explosion.

Si elle n'a fait que peu de victimes sur le moment, la catastrophe expose aujourd'hui de nombreux enfants à des conséquences dramatiques, souligne Evguenia Stepanova, spécialiste des pathologies liées aux radiations.

Le bilan exact reste sujet à controverse, mais le tribut versé par l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie, qui ont notamment enregistré une forte progression des cas de cancer de la thyroïde, s'élève vraisemblablement à plusieurs milliers de morts.

"Des recherches ont révélé des mutations génétiques chez les victimes de Tchernobyl, qu'il s'agisse d'adultes ou d'enfants (...). Ces enfants et ces adultes sont davantage exposés au cancer et risquent de transmettre leurs mutations à leurs enfants", explique Stepanova.

"Nous n'avons pas accordé suffisamment d'attention à ceux qui souffrent", s'indigne-t-elle, appelant à une vaste mobilisation internationale.

"Parmi tous les problèmes soulevés par Tchernobyl, le problème génétique doit figurer en tête (...). C'est un problème immense", conclut-elle.

Des fuites radioactives continuent de contaminer l'Ukraine

MOSCOU (AFP) - Des fuites radioactives provenant du sarcophage de la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl accidenté en 1986, mais également des 800 sites d'entreposage de matériaux radioactifs dans le périmètre de la centrale, continuent de contaminer l'Ukraine, selon un scientifique ukrainien.

"Dans le réacteur détruit, le combustible recommence à chauffer. A nouveau irradié, il s'évapore et une poussière radioactive s'échappe du sarcophage" de béton, a déclaré le chef de la Commission nationale ukrainienne pour la sécurité radioactive, l'académicien Dmitri Grodzinski, dans un entretien publié jeudi par le quotidien russe Izvestia.

Selon lui, "des fissures et des trous" traversent le sarcophage sur une longueur "de plus d'un kilomètre" au total.

Un représentant du ministère ukrainien des Situations d'urgence a immédiatement démenti à la radio Echo de Moscou l'éventualité de fuites provenant du sarcophage.

Selon M. Grodzinski, "le sarcophage a été fait à la va-vite, le béton coulé sans armature, et il n'est pas sûr", en particulier "compte tenu de l'instabilité sismologique de la région de Tchernobyl".

De même, les quelque 800 sites d'entreposage "contenant des centaines de milliers de mètres cubes de matériaux radioactifs" et construits juste après la catastrophe de 1986, "n'étaient efficaces que cinq à six ans", affirme l'académicien.

Maintenant, des matériaux particulièrement dangereux s'en écoulent et contaminent la rivière Pripiat et la "mer de Kiev", une réserve d'eau proche de la capitale, selon M. Grodzinski.

"Même le Dniepr est contaminé. Or, les eaux du Dniepr sont utilisées pour arroser les champs", a-t-il ajouté, soulignant que le principal fleuve ukrainien "transportait de la radioactivité sur un immense territoire".

Le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire ukrainienne de tchernobyl avait explosé le 26 avril 1986, libérant un nuage radioactif qui a contaminé une grande partie de l'Europe et fait des milliers de morts.

Près de six millions de personnes continuent de vivre dans des zones contaminées, dont 2,3 millions d'Ukrainiens, 1,8 million de Russes et 1,6 million de Bélarusses, selon les chiffres de l'ONU.