L'IPSN hostile à la réforme du contrôle du nucléaire

PARIS, 5 fév - Les experts et chercheurs de l'IPSN s'opposent à l'idée de séparation des activités de contrôle nucléaire civil et militaire au sein du futur Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui, selon eux, serait "coûteuse et préjudiciable à la sûreté, à la radioprotection et au contrôle des matières radioactives", a-t-on appris lundi.
Cette question doit être examinée mardi par les députés et sénateurs, en commission mixte paritaire, dans le cadre du débat sur la future Agence française pour la sécurité sanitaire environnementale (AFSSE) interrompu le 17 janvier.

Selon un amendement au projet de loi portant création de l'AFSSE, l'Institut de protection et de sûreté nucléaire devrait être regroupé, avec l'Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI), au sein de ce nouvel établissement, dont le champ de compétence reste à définir, mais qui ne comprendrait plus le secteur militaire.

Mobilisés depuis plusieurs semaines, les personnels ne désarment pas pour attirer l'attention des autorités, en commençant par le Premier ministre, sur les "interactions profondes entre les expertises intéressant la Défense nationale et les expertises relatives au domaine civil".

"Prenons, par exemple, le cas du site nucléaire de Marcoule (Gard), où les installations civiles et celles de la Défense se trouvent côte à côte, explique un expert de l'IPSN. Jusqu'à présent, il y avait une seule cellule de crise, la nôtre, pour assurer l'expertise technique. Dans la nouvelle organisation, il y en aurait deux. On imagine la difficulté de gestion de la crise..."

"De même, ajoute-t-il, la fissuration d'origine thermique identifiée sur certaines tuyauteries des réacteurs des centrales nucléaires d'EDF doit faire l'objet d'une analyse pour les réacteurs de propulsion navale. Pour mémoire, les réacteurs à eau sous pression ont été développés par les Américains à partir des réacteurs de sous-marins nucléaires."

Le syndicat CFDT de l'Union fédérale des syndicats du nucléaire a "demandé solennellement" lundi à Lionel Jospin de "refuser de porter atteinte à la réforme du contrôle nucléaire en en excluant la moitié des installations du CEA".

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