PARIS, 14 fév - Greenpeace
a dénoncé, mercredi soir, "la vocation de poubelle
atomique de La Hague" après la révélation
par le journal Le Monde que l'usine de retraitement de combustibles
nucléaires de La Hague (Manche) avait réceptionné
l'été dernier des transports venant d'Allemagne.
Le gouvernement avait exclu
officiellement à l'époque d'accueillir de nouveaux
combustibles irradiés allemands
à l'usine de la COGEMA (Compagnie générale
des matières nucléaires) de La Hague aussi longtemps
que les déchets allemands entreposés depuis deux
ans et demi à La Hague n'auraient pas été
rapatriés.
Les transports de l'été dernier "représentent une violation directe de la loi et de la réglementation française en matière de déchets nucléaires", estime Greenpeace-France dans un communiqué.
Le réseau écologiste "demande aux ministères de l'Environnement et de l'Industrie qui ont la tutelle de la sûreté nucléaire, de rendre publiques les modalités d'autorisation" de ces transports qui contiennent "d'importantes quantités de plutonium".
La livraison de "rebuts de MOX" (mélange d'uranium appauvri et de plutonium) à La Hague "s'est effectuée en dehors de tout cadre réglementaire normal" car "l'usine de La Hague ne dispose actuellement d'aucune autorisation pour retraiter un tel type de déchets", indique le communiqué.
Elle entre dans le cadre d'un contrat entre la COGEMA et les électriciens allemands "signé en octobre 1997 juste après l'arrivée au pouvoir du gouvernement Verts-PS qui s'était engagé à ne plus conclure de contrats de retraitement avec des pays étrangers".
Selon Greenpeace, le premier des quatre transports controversés a quitté l'usine nucléaire allemande de Hanau (Allemagne) le 10 août dernier sous "escorte militaire".
PARIS, 14 fév - Quatre transports de matières nucléaires ont eu lieu l'été dernier d'Allemagne en France sans violation de la politique française en vigueur à l'époque, a déclaré mercredi soir la COGEMA.
Selon le porte-parole de la COGEMA, Jacques-Emmanuel Saulnier, ces transports, qui ont eu lieu par la route entre juillet et septembre 2000, concernent "des matières non irradiées et destinées à être recyclées" alors que seuls les combustibles irradiés et les déchets vitrifiés rentraient dans le cadre de l'interdiction posée par le gouvernement français.
Ils ont été "évidemment dotés de tous les agréments et avals diplomatiques nécessaires". 11 transports similaires doivent encore avoir lieu, a précisé M. Saulnier.
Selon M. Saulnier, ces transports entrent dans le cadre d'un accord de décembre 1997 entre la COGEMA et les électriciens allemands en vue de traiter dans son usine de La Hague (Manche) puis de recycler dans son usine de Cadarache (Bouches-du-Rhône) du combustible allemand MOX (mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium).
L'accord porte sur 14 tonnes de combustible dont 545 kg de plutonium, a précisé le porte-parole.
Le MOX avait été produit lors d'essais dans une installation spécialisée à Hanau (centre, près de Francfort) mais il n'avait pu être utilisé sur place, l'usine allemande ayant dû fermer en 1991, peu après son ouverture, sous la pression des Verts.
Interrogé, le ministère de l'Environnement s'est déclaré mercredi soir "un peu surpris" de cette affaire, tout en soulignant que les transports de matières nucléaires ne dépendaient pas de sa compétence. Le ministère a précisé avoir pris contact avec la COGEMA et l'Autorité de sûreté nucléaire.
Depuis deux ans et jusqu'au mois dernier le gouvernement français a toujours officiellement maintenu qu'aucun combustible nucléaire usé allemand ne serait accepté pour retraitement en France aussi longtemps que les déchets allemands entreposés depuis deux ans et demi à La Hague n'auraient pas été rapatriés.
Le 31 janvier, un communiqué de Matignon annoncait un accord entre le Premier ministre Lionel Jospin et le chancelier allemand Gerhard Schroeder selon lequel Berlin promettait "un premier retour de déchets vitrifiés" fin mars ou début avril. "Alors pourra reprendre le cours normal des transports vers la France des combustibles usés provenant de centrales nucléaires allemandes, qui seront traités à La Hague puis réexpédiés vers l'Allemagne", poursuivait le texte.