LUNEBOURG (Allemagne), 20 août - Cinq manifestants anti-nucléaire allemands qui avaient retardé un convoi de déchets nucléaires vitrifiés se rendant à Gorleben (nord) fin mars vont être jugés pour troubles à l'ordre public, a annoncé lundi le parquet de Lunebourg.
Le parquet a annoncé le renvoi devant le tribunal de ces cinq manifestants, qui s'étaient coulé les bras dans du béton autour des rails à une vingtaine de kilomètres du centre de stockage de Gorleben.
Parmi les manifestants figurent quatre militants de l'organisation écologiste Robin Wood et une jeune fille âgée de 16 ans. Les quatre premiers comparaîtront devant le tribunal de Lunebourg (nord), tandis que l'adolescente est renvoyée devant un juge pour enfants à Dannenberg.
L'action des militants avait retardé d'une journée le convoi de déchets en provenance du centre de retraitement français de La Hague, le premier depuis l'interruption des transports de déchets en mai 1998 à la suite d'un scandale de contamination sur les conteneurs.
Les pompiers avaient mis plus de douze heures pour dégager les cinq contestaires, travaillant au millimètre avec chalumeaux et marteaux-piqueurs.
L'action avait obligé le train à rebrousser chemin de quelques kilomètres, afin de réparer les rails. Une grande victoire pour les manifestants.
Il faut que ce premier transport soit aussi le dernier ! Le conflit existant en Allemagne à propos de l'utilisation de l'énergie nucléaire est entré dans une phase décisive. Le gouvernement allemand "socio-démocrate-vert", élu en 1998, a certes fait part de sa décision "d'abandonner le nucléaire" ; mais pourtant, il se trouve que d'ores et déjà, et c'est le cas de beaucoup d'autres pays européens, le mot "abandon" n'est qu'une autre façon d'exprimer la poursuite de l'exploitation des centrales nucléaires : le gouvernement accepte des échéances qui sont essentiellement le reflet des intérêts économiques des exploitants des centrales (ces dernières resteront en service jusqu'en 2019 au minimum). Dans le cas de l'usine française de retraitement de La Hague, de même que pour l'usine anglaise de Sellafield, on a repoussé l'arrêt du retraitement des combustibles à une date indéterminée. Par chance, nous avons entre-temps appris a prendre nous-mêmes les choses en main et à ne plus nous en remettre au gouvernement. Au cours des dernières années, il y a eu en Allemagne des protestations massives contre les transports de matières nucléaires, à destination des centres de stockage de Gorleben et Ahaus. A l'avenir, nous devons également veiller à ce que de tels transports n'aient plus lieu. [suite]. La Saga des transports contaminés, un récit personnel par Mycle Schneider.