Fuites radioactives sur un convoi d'iridium de Suède aux USA via la France

STOCKHOLM, 8 jan - Une personne au moins a été exposée à des niveaux de radiation inhabituellement élevés venant d'un fût d'iridium transporté de Suède aux Etats-Unis via la France, qui fuyait à son arrivée à la Nouvelle-Orléans (sud des Etats-Unis), a indiqué mardi la compagnie qui assurait le chargement.

Des dizaines de personnes ont pu être exposées en Suède, aux Etats-Unis et à Paris en France, où le fût a changé d'avion. Tous les envois de la compagnie suédoise Studsvik AB, basée dans la localité du même nom au sud de Stockholm, ont été suspendus en attendant le résultats des enquêtes en cours tant en Suède qu'en France et aux Etats-Unis, selon la société.

L'agence de presse spécialisée dans le nucléaire NucNet, basée à Berne (Suisse) a indiqué que l'affaire avait été provisoirement classée "incident de niveau 3" sur l'échelle internationale INES. Il s'agit du plus grave jamais signalé en Suède.

Le chargement comprenait 1.000 billes d'iridium 192 produits par Studsvik, et destinés à un usage industriel.

Les billes étaient conditionnées dans trois tubes, tous trois recouverts d'une enveloppe d'acier. Ces tubes étaient placés dans une capsule elle-même protégée par une couche d'uranium appauvri en guise de protection contre les fuites radio-actives.

L'ensemble était placé dans un fût d'acier, envoyé aux Etats-Unis via Paris le 27 décembre.

La fuite radio-active a été découverte le 3 janvier à la Nouvelle-Orléans par un chauffeur qui conduisait le fût à sa destination finale.

Il a été après coup calculé que le chauffeur avait été exposé à des niveaux de radiation de 3,4 milli-sieverts, soit la quantité qu'un être humain reçoit normalement pendant sa vie entière.

Selon Sturvik, les niveaux de radiation se dégageant du fût étaient "normaux" lorsqu'il a quitté la Suède, de même que lors de son transit à Paris.

"Nous avons reçu un appel des autorités américaines des transports la nuit dernière, et ils ont dit qu'ils avaient été informés par Federal Express que le fût ne fuyait pas lorsqu'il a été rechargé à Paris", a indiqué le directeur général de Studsvik Hans-Bertil Haakansson à la télévision suédoise.