Conséquences de Tchernobyl en Corse: la CRIIRAD dénonce l'analyse de l'IPSN

VALENCE, 6 sept - La CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendants sur le radioactivité) dénonce, dans un communiqué rendu public jeudi, l'analyse de ses chiffres concernant la contamination en Corse à la suite de l'accident de Tchernobyl, faite lundi par l'Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN).

La Corse, en particulier dans sa partie orientale (Aléria à Porto Vecchio), est en France parmi les zones les plus affectées par l'accident de Tchernobyl le 26 avril 1986, expliquait l'IPSN.

Dans l'île, "sur les sites les plus arrosés, des dépôts allant de 20.000 Becquerels/m2 à plus de 35.000 Bq/m2" ont été atteints selon l'IPSN.

"Nous arrivons, dans notre reconstitution de la situation de l'époque, à des chiffres très supérieurs à ce qu'avait annoncé la CRIIRAD après des mesures effectuées en 1999 et 2000, même en tenant compte de la décroissance radioactive en 15 ans", notait Philippe Renaud, directeur du laboratoire d'études radioécologiques continentales et de la Méditerranée à l'IPSN.

Pour lui, ces chiffres s'expliquaient par les fortes précipitations dans la première semaine de mai 1986, la pluie engendrant "des dépôts radioactifs très forts de césium 137".

La CRIIRAD, basée à Valence, rappelle jeudi qu'elle avait évalué à 32.000 Bq/m les dépôts de Césium imputables à Tchernobyl en Corse, ce qui imposait de prendre des mesures d'interdiction de consommation des produits sensibles" et que "cette évaluation date de 1988 et non de 1999/2000".

"Quinze ans après la catastrophe de Tchernobyl, les chiffres officiels s'approchent des minima de la CRIIRAD et la Corse est officiellement classée parmi les régions les plus contaminées de France", poursuit-elle.

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