Combustible nucléaire: BNFL confirme mener des pourparlers avec EDF

PARIS, 30 jan - British Nuclear Fuels (BNFL) a confirmé mardi que des pourparlers étaient en cours avec Electricité de France "sur l'ensemble des compétences et savoir-faire du groupe" dans le domaine nucléaire.

Ces discussions donnent à BNFL "des raisons d'espérer qu'il sera consulté par EDF sur l'ensemble de ses compétences et savoir-faire: combustibles uranium, services aux réacteurs (maintenance et composants), retraitement et fourniture de MOX, démantèlement", souligne le groupe britannique dans un communiqué reçu à Paris.

Le 25 janvier dernier, EDF avait déjà confirmé que des pourparlers étaient engagés avec BNFL, notamment pour les approvisionnements de l'électricien français en combustibles nucléaires, jusqu'à présent réservés à Framatome.

BNFL, qui a acquis les activités nucléaires de Westinghouse en 1999, et celles d'ABB en 2000, "pourra apporter à EDF son expérience mondiale acquise notamment sur les marchés dérégulés d'Asie, d'Europe et des Etats-Unis", assure le communiqué.

La France a accepté officiellement en décembre dernier de diversifier les approvisionnements en combustible d'EDF auprès des concurrents de Framatome afin de satisfaire les autorités européennes de la concurrence et de permettre la naissance de l'entreprise commune entre Framatome et Siemens, Framatome ANP (Advanced Nuclear Power).

Dans le cadre de ce rapprochement, Bruxelles s'inquiétait particulièrement des liens de Framatome avec EDF. Ce dernier est à la fois son actionnaire (9,1%) et l'un de ses principaux clients.

C'est pourquoi le gouvernement s'est notamment engagé à ce qu'EDF s'approvisionne en combustibles auprès par exemple du britannique BNFL.

 

 

Usine controversée de Sellafield: BNFL condamnée à une amende modique

WHITEHAVEN (Grande-Bretagne), 5 oct - L'entreprise publique British Nuclear Fuels (BNFL), qui gère l'usine de retraitement nucléaire controversée de Sellafield, a été condamnée jeudi à une amende modique de 24.000 livres sterling (40.000 euros) pour non respect des règles de sécurité.

BNFL répondait devant le tribunal de Whitehaven (nord-ouest de l'Angleterre) de quatre chefs d'accusation, notamment le non respect, entre le 16 février et le 24 mai derniers, de nouvelles consignes de sécurité édictées un an plus tôt.

La société publique était également poursuivie pour n'avoir pas mis en oeuvre des mesures suffisantes pour éviter d'éventuelles fuites de certains conteneurs de matières radioactives ou pour répertorier ces conteneurs scellés.

Les magistrats ont condamné BNFL, qui avait plaidé coupable, à verser une amende de 24.000 livres et payer les frais de justice, qui se montent à 4.817,50 livres.

BNFL a annoncé le 18 avril une profonde réforme de Sellafield, dont la crédibilité et la survie commerciale sont menacées par une série de scandales.

En février, un rapport incendiaire du NII -- un organisme officiel indépendant -- avait dénoncé l'insuffisance des procédures de sécurité de BNFL et révélé la falsification de documents d'accompagnement sur des cargaisons de carburant nucléaire MOX livrées au Japon.

Après ces révélations, la Suisse et l'Allemagne avaient cessé d'envoyer des cargaisons à retraiter à Sellafield et le Japon avait demandé le renvoi en Grande-Bretagne de la cargaison accompagnée de documents falsifiés.

La controverse sur la sécurité à Sellafield a conduit le gouvernement à reporter après 2002, soit après les prochaines élections, ses projets de privatisation de BNFL.

L'usine se retrouve de façon chronique au centre de controverses internationales. L'Irlande et le Danemark ont demandé fin mars dernier la suspension ou l'arrêt immédiat de ses activités en accusant Sellafield de répandre en mer des matières radioactives.

 

 

------> Contamination à Windscale en 1973
(Cette usine a eu tellement d'accidents qu'elle a été rebaptisée Sellafield)

------> "Windscale 1957, l'hiver nucléaire" , Un documentaire de 50 mn en RealVidéo 21 kb qui explique le rôle de l'usine et les circonstances de l'accident.

Pour en savoir plus sur le nombre de victimes lire l'article joint :
L'incendie de Windscale
"l'accident de Windscale a fait au moins quelques dizaines de victimes, beaucoup plus si l'effet du polonium a été sous-estimé par le NRPB, il a fallu attendre un quart de siècle pour savoir qu'il y avait probablement eu des victimes. C'est vraisemblablement le polonium qui est la clé de l'énigme : les Britanniques ne voulaient pas que l'on sache qu'ils s'en servaient pour amorcer leurs bombes."