Genève le samedi 25 mai: rassemblement entre 13h00 et 14h00, place des Nations pour exiger l'intervention de l'ONU et la libération du professeur Youri Bandazhevsky condamné à 8 années de goulag, sans preuve, au terme d'un procès inique qui a violé toutes les règles de droit.
Genève, 25 mai - Quelque 300 personnes (voir photos) ont manifesté samedi à Genève devant le siège des Nations unies pour exiger la libération au Belarus du professeur Iouri Bandajevski, un spécialiste de médecine nucléaire condamné en juin 2001 à huit ans de réclusion.
Une dizaine d'organisations françaises et suisses de défense des droits de l'homme et de l'environnement, notamment Amnesty International, la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), Greenpeace, les Amis de la Terre, la Fondation France-libertés, l'Association française des malades de la tyroïde, avaient appelé à ce rassemblement.
Le Pr Bandajevski, qui dirigeait un institut médical à Gomel (sud du Belarus), étudiait les effets de la radioactivité sur la santé des habitants des zones contaminées par la catastrophe de Tchernobyl , la centrale nucléaire ukrainienne se trouvant à quelques kilomètres seulement au sud de Gomel. Il a notamment accusé le pouvoir de son pays d'irresponsabilité dans la gestion des retombées sur la santé des populations.
Arrêté fin 1999, le scientifique a été condamné en juin 2001 à huit ans de réclusion pour "corruption" par la Cour militaire de Gomel.
"Il se trouve dans une prison à régime sévère, ce qu'on appelait autrefois le Goulag, mélangé à des prisonniers de droit commun, dans un milieu très violent. Selon sa femme qui l'a vu il y a 15 jours, outre ses problèmes de santé, il craque psychologiquement", a indiqué Roland Desbordes, président de la CRIIRAD.
Les manifestants ont déposé des pétitions à l'ONU demandant à la Commission des droits de l'homme d'examiner de toute urgence le cas du Pr Bandajevski. Ils se sont ensuite rendus devant le siège de l'Organisation mondiale de la santé, puis devant la mission du Belarus.
"Dictateur Loukachenko, arrêtez le nucléaire, pas les physiciens", pouvait-on lire sur leurs banderoles. Alexandre Loukachenko est le président du Belarus.
Près de six millions de personnes continuent de vivre dans des zones contaminées, dont 2,3 millions d'Ukrainiens, 1,8 million de Russes et 1,6 million de Bélarusses, selon les chiffres de l'ONU.