TOKYO, 27 oct - La seule usine pilote de retraitement nucléaire du Japon pourrait reprendre ses opérations en début d'année 2001, près de quatre ans après avoir été arrêtée à la suite d'un incendie et une explosion qui avait contaminé 37 employés, a-t-on appris vendredi auprès des autorités locales.
La décision de réouverture devrait être prise dans les prochains jours par le gouverneur de la province d'Ibaragi, au nord de Tokyo, après accord du conseil nucléaire préfectoral, a indiqué le président de ce dernier, Morihiro Sato.
Cette réouverture aurait une valeur symbolique puisque l'usine pilote est située dans la ville de Tokaimura, à proximité du site où s'est produit, le 30 septembre 1999, le plus grave accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl en 1986. Cet accident de criticité a fait deux morts et exposé plus de 400 personnes à des doses de radiation supérieures à la normale.
L'usine de retraitement de combustible usé est fermée depuis le 11 mars 1997. Ce jour-là, un feu dans l'atelier de bitumage des déchets de l'usine avait provoqué une explosion ayant entraîné la contamination de 37 employés et une fuite de cesium radioactif.
Depuis lors, l'Institut de développement du cycle nucléaire, un organisme public, a supervisé une restructuration du site et a proposé, en mars dernier, de reprendre l'activité. "Etant donné qu'il s'agit de la seule usine de ce genre au Japon et que nous devons régler le problème des stocks de déchets, la question de la reprise de l'usine est très sensible", a expliqué M. Sato.
Cette réouverture est combattue par plusieurs associations locales, arguant notamment que le site est trop âgé.
Le Japon fait actuellement retraiter la totalité de ses combustibles usés à l'étranger, notamment en France et Grande-Bretagne, en attendant l'entrée en service prévue en 2005 de sa propre usine, à Rokkasho (nord), conçue en coopération avec le groupe français COGEMA.
Avec un programme électro-nucléaire ambitieux, qui porterait le nombre des réacteurs en service à quelque 65 en 2010, le Japon est confronté à un problème aigu de traitement des déchets. Les 51 réacteurs actuellement en service rejettent environ 800 tonnes de combustible usé par an.
------> Enseignement à tirer de l'accident du 11 mars 1997 survenu à Tokaï-Mura
------> Feu vert de Tokyo au redémarrage du retraitement à Tokaï-Mura (juin 1999)
------> Tokaï-Mura 1999
------> Le Japon pourrait signer un nouveau contrat de retraitement avec COGEMA