Début d'incendie dans un réacteur nucléaire de recherche belge

BRUXELLES, 22 nov - Un début d'incendie, rapidement maîtrisé, a été constaté mardi soir dans les circuits électriques d'un réacteur de recherche du Centre d'études nucléaires (CEN) de Mol (nord de la Belgique), a annoncé mercredi Paul Govaerts, son directeur général.
Vers 22h00 (21h00 GMT), l'incendie a engendré "un développement significatif de fumée dans la salle de contrôle du réacteur", au-dessus de la salle des relais électriques, mais "les systèmes de sûreté ont fonctionné comme prévu", a expliqué M. Govaerts dans un communiqué.

A leur arrivée, les pompiers du CEN et de la ville de Mol ont constaté que les flammes étaient déjà maîtrisées. Le réacteur de recherche "était à l'arrêt" au moment de l'incendie, a précisé à l'AFP Edgar Koonen, responsable adjoint du réacteur en cause.

"L'événement n'a pas eu d'impact sur la santé des employés ou de la population. Un examen préliminaire ne montre que des dommages restreints", a ajouté M. Govaerts dans son communiqué.

"Une analyse plus approfondie des causes et conséquences de l'incident sera continuée en concertation avec les services de sûreté compétents", a-t-il conclu.

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Le risque incendie insuffisamment pris en compte dans les centrales nucléaires

PARIS, 5 sept - Le risque d'incendie, qui reste minime mais dont les conséquences pourraient être catastrophiques, est insuffisamment pris en compte dans les centrales et autres installations nucléaires françaises, selon les experts de l'Autorité de sûreté.

"On constate en moyenne un départ de feu tous les deux ans sur chaque installation, c'est donc un phénomène fréquent même si chaque départ de feu ne se traduit pas nécessairement par un incendie", a résumé Olivier Gupta, au cours d'une conférence de presse mardi de l'Autorité de sûreté.

Le "gendarme du nucléaire" consacre un dossier complet à ce sujet dans le numéro de septembre de sa revue "Contrôle".

Le risque incendie est plutôt moins important que dans d'autres secteurs de l'industrie, mais les conséquences peuvent être redoutables: dissémination de matières radioactives dans l'environnement, ou atteinte à la sûreté même de l'installation et fusion du réacteur, l'accident le plus grave qui puisse se produire dans une centrale nucléaire.

A l'origine de ces départs de feu constatés dans les installations nucléaires (centrales, usines de retraitement, installations de stockage ou de recherche), le plus souvent la présence de produits inflammables, des travaux effectués dans l'installation (soudure notamment) ou des courts-circuits électriques. Plus d'un départ de feu sur deux provient de matériels électriques (tableau électrique, transformateur...), selon les experts.


Plusieurs accidents

Considéré comme "fréquent" par rapport à d'autres risques comme les inondations ou les séismes, le risque d'incendie est à l'origine de plusieurs accidents dans le monde. Le plus grave s'est produit à Windscale (Grande-Bretagne) en octobre 1957 lorsqu'une pile de graphite a pris feu, entraînant des rejets radioactifs dans l'air. La consommation de lait a dû être interdite dans la région pendant une courte période, et les deux réacteurs ont été mis à l'arrêt définitif. Le site a depuis changé de nom et a été rebaptisé Sellafield...

"En France, aucune installation nucléaire n'a eu jusqu'à présent à faire face à un incendie ayant entraîné un grave problème de sûreté", rappelle le directeur de l'Autorité André-Claude Lacoste.

Pour faire face à ce risque, le principe de base consiste à découper l'installation en volumes parfaitement étanches, avec portes coupe-feu et systèmes de clapets dans les gaines de ventilation pour éviter toute propagation du sinistre.

Les systèmes de protection, calqués à l'origine sur ceux des premières centrales américaines, ont dû être revus. Un programme de réévaluation de la sûreté contre l'incendie a été engagé par EDF sur huit ans (1998 à 2006), pour un coût de 2,8 milliards de francs.

Mais le problème se pose moins sur le plan technique que sur le manque de "culture incendie" des personnels travaillant sur place, selon l'Autorité de sûreté. Outre la remise à niveau des dispositifs de sécurité, le "gendarme du nucléaire" souhaite que les exploitants donnent un coup de pouce à la formation de leurs agents, en première ligne en cas de sinistre avant l'arrivée des pompiers.

"Windscale 1957, l'hiver nucléaire"
Un documentaire de 50 mn en RealVidéo 21 kb qui explique le rôle de l'usine et les circonstances de l'accident.

Pour en savoir plus sur le nombre de victimes lire l'article joint :
L'incendie de Windscale
"l'accident de Windscale a fait au moins quelques dizaines de victimes, beaucoup plus si l'effet du polonium a été sous-estimé par le NRPB, il a fallu attendre un quart de siècle pour savoir qu'il y avait probablement eu des victimes. C'est vraisemblablement le polonium qui est la clé de l'énigme : les Britanniques ne voulaient pas que l'on sache qu'ils s'en servaient pour amorcer leurs bombes."

 
Cette usine a eu tellement d'accidents qu'elle a été rebaptisée Sellafield