L'Ukraine confirme la fermeture définitive de Tchernobyl

KIEV, 9 nov - Le président ukrainien Leonid Koutchma a confirmé la fermeture définitive de la centrale nucléaire de Tchernobyl le 15 décembre 2000, au cours d'une conférence de presse jeudi à Kiev.

"Nous avons une nouvelle fois confirmé que nous respecterons nos engagements vis-à-vis de la communauté internationale et que nous fermerons Tchernobyl le 15 décembre", a déclaré M. Koutchma en soulignant que la fermeture aura lieu, même si Kiev ne reçoit pas à temps l'aide financière internationale prévue.

Un responsable ukrainien, Olexandre Bilitchenko, directeur d'Energoatom, la structure chargée d'exploiter les centrales atomiques du pays, avait laissé entendre le 1er novembre que la fermeture de Tchernobyl serait reportée au moins jusqu'à la fin de l'hiver si les Occidentaux ne remplissaient pas leurs engagements financiers.

"J'exprime mon entière satisfaction face à la fermeture de Tchernobyl qui représente un grand sacrifice pour l'Ukraine", a déclaré le président de la Commission européenne Romano Prodi, en Ukraine pour une visite de 24 heures, au cours d'une conférence de presse commune avec M. Koutchma.

M. Prodi a promis une aide financière supplémentaire de 40 millions d'euros à Kiev pour faire face au "déficit énergétique", entraîné par la fermeture de Tchernobyl, théâtre en 1986 du pire accident du nucléaire civil.

L'UE avait annoncé plus tôt dans la journée l'octroi à l'Ukraine de quelque 25 millions d'euros.

L'Ukraine exige aussi de l'Occident des crédits, promis dans le cadre d'un accord international de 1995, pour achever deux nouveaux réacteurs nucléaires, destinés à remplacer Tchernobyl.

Le seul des quatre réacteurs de la centrale de Tchernobyl encore opérationnel, le numéro 3, fournit aujourd'hui près de 5% de l'électricité ukrainienne même s'il est régulièrement arrêté à cause de nombreux dysfonctionnements.

Selon l'accord conclu en 1995, la Commission européenne doit octroyer pour les deux réacteurs quelque 600 millions de dollars, alors que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) doit débourser 200 millions de dollars.

M. Prodi a conditionné une aide dans ce domaine à la reprise de l'aide du FMI à l'Ukraine.

La reprise des financements de la part du Fonds Monétaire International "constituerait un signal positif" pour la BERD, susceptible d'apporter une aide financière à l'achèvement des deux réacteurs, a ajouté M. Koutchma.

M. Prodi s'est en outre prononcé contre la construction d'un gazoduc qui doit acheminer le gaz russe en Europe de l'ouest via le Bélarus, la Pologne et la Slovaquie, en contournant l'Ukraine.

"Une ligne droite est toujours plus courte qu'une ligne courbe, de même qu'investir dans ce que nous avons déjà est toujours moins coûteux qu'investir dans du nouveau", a déclaré M. Prodi.

Le tracé de la construction de ce gazoduc controversé, long de 600 kilomètres et alimenté en gaz sibérien, partira de la ville de Kobrine en Bélarus, via la Pologne et Velke Kapusany en Slovaquie, et évitera l'Ukraine, accusée de siphonner les livraisons de gaz russe.