Greenpeace dénonce un projet d'enfouissement de déchets nucléaires

HELSINKI, 14 déc - Le gouvernement finlandais va prendre dans les prochaines semaines une décision de principe, contestée par l'organisation écologiste Greenpeace, pour un stockage souterrain permanent des déchets nucléaires, a-t-on appris jeudi de source ministérielle.
Les déchets nucléaires des deux centrales finlandaises seraient enfermés dans des containers hermétiques puis stockés à quelque 500 mètres de profondeur dans le roc dans un lieu encore indéterminé, le tout devant commencer à fonctionner vers 2020, a indiqué Anna Vaeaetaeinen, spécialiste du dossier au ministère du Commerce et de l'Industrie.

"Le gouvernement aura le dernier mot pour donner ou non son accord à une demande de permis de construire vers 2010 sur la base d'une évaluation complète des données techniques et environnementales du dossier", a-t-elle ajouté.

Des militants de l'organisation écologiste Greenpeace ont manifesté mercredi devant le parlement, sur les marches duquel ils avaient apporté des barils vides censés contenir des déchets nucléaires.

Greenpeace craint notamment les risques de fuite en cas de solidité insuffisante des barils de stockage ou de contamination de la nappe phréatique, et souhaite une étude approfondie des alternatives, notamment celle dite de la "transmutation" qui vise à transformer les éléments longtemps radioactifs en substances dont la radioactivité cesse à brève échéance.

"La société Posiva (appartenant aux deux sociétés exploitantes des centrales nucléaires finlandaises, ndlr) demande au gouvernement et au parlement de lui signer un chèque en blanc avant même de disposer de tous les éléments d'appréciation sur les risques éventuels de ce mode de stockage", a déclaré Harri Lammi, le coordinateur de la campagne anti-nucléaire de Greenpeace.

"Une telle hâte ne se justifie pas car l'enfouissement ne commencerait de toute façon pas avant 2020 et une décision de principe donnée dès maintenant par le parlement empêcherait les députés de se prononcer ultérieurement en meilleure connaissance de cause lorsque les études scientifiques auront été menées à terme", a-t-il ajouté.

Le gouvernement finlandais étudie la possibilité de stocker son plutonium, dont l'exportation vers la Russie est interdite depuis 1996. Dans l'intervalle, les déchets sont entreposés dans des réservoirs d'eau à proximité des deux centrales (4 réacteurs) en activité.

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