Déchets nucléaires: décision de principe pour construire un dépôt souterrain

HELSINKI, 22 déc - Le gouvernement finlandais a pris une décision de principe en faveur de l'enfouissement de déchets nucléaires dans un entrepôt souterrain dont la construction pourrait commencer vers 2010 et qui serait disponible vers 2020, a-t-on appris vendredi de source officielle.
Le lobby nucléaire a salué cette décision prise jeudi soir, dans un communiqué diffusé par l'agence spécialisée World's Nuclear News Agency, en citant la Finlande qui est, selon cette source, le premier Etat au monde à avoir opté pour cette solution, comme un exemple à suivre.
Le parlement finlandais devra encore se prononcer sur la décision au courant du printemps. Mais le permis de construire proprement dit dépendra du seul gouvernement sur la base d'études scientifiques et d'impact environnemental à réaliser au cours des dix années à venir.
Ne pouvant plus exporter ses déchets vers la Russie depuis 1996, la Finlande stocke actuellement les résidus à forte radioactivité de l'exploitation de ses deux centrales nucléaires dans des entrepôts de première décontamination à proximité des centrales.
La Finlande pourrait également devenir dans les années à venir le seul pays occidental à décider de la construction d'un nouveau réacteur nucléaire. Une demande d'avalisation de ce principe par le gouvernement finlandais a été présentée par la compagnie énergétique Teollisuuden Voima (TVO) qui opère l'une des deux centrales du pays à Olkiluoto (sud-ouest).
C'est près d'Olkiluoto que devrait être construit le futur entrepôt souterrain de déchets nucléaires. Le projet a été confié à la société Posiva qui appartient aux opérateurs des deux centrales, celle de Olkiluoto et celle de Loviisa (sud). Cette dernière est exploitée par le groupe énergétique Fortum.
L'organisation écologiste Greenpeace avait récemment manifesté devant le parlement pour protester contre le projet d'entrepôt de déchets nucléaires.
Greenpeace qui est également hostile à la construction d'un nouveau réacteur, estime qu'il fallait d'abord évaluer les risques et étudier d'autres options envisageables, et permettre au parlement de se prononcer en connaissance de cause, d'autant qu'il n'y a pas urgence puisque les premiers déchets ne devront pas être ensevelis avant 2020.