Report sine die du vote sur l'importation de déchets nucléaires en Russie

MOSCOU, 22 mars - La Douma (chambre basse) a reporté sine die jeudi le vote en deuxième lecture d'un projet de loi devant permettre l'importation en Russie de déchets nucléaires, et qui a provoqué une vague de protestations des organisations écologistes.
Le report a été voté par 339 voix pour, et dix contre, malgré les injonctions du représentant du président russe à la Douma Alexandre Kotenkov et la protestation d'un député du parti ultra-nationaliste LDPR Alexeï Mitrofanov qui a traité les opposants au projet "d'ennemis du peuple".

Le report avait été demandé en début de séance par des députés des fractions communiste, Régions russes (centre droit), Union des forces de droite, Iabloko (opposition libérale) et même de la fraction pro-Kremlin Unité.

"Il faut prendre en compte les résultats des sondages, selon lesquels 93 pour cent de la population est contre l'importation de déchets", a insisté avant le vote le député Oleg Cheïn, de la fraction "Régions russes".

Un député de la même fraction, Anatoli Krechnevikov, a souligné de son côté que la Cour suprême russe devait examiner jeudi une requête en appel d'organisations écologistes, dont Greenpeace, en faveur d'un référendum sur la question.

Ces organisations avaient présenté en novembre dernier quelque 2,5 millions de signatures en faveur d'un référendum, soit 500.000 de plus que le minimum requis, mais avaient vu leur démarche repoussée par la Commission électorale qui arguait de vices de forme.

Des militants de Greenpeace avaient installé une banderole contre le vote sur la façade de la Douma jeudi matin, résistant pendant 20 minutes aux efforts de la police pour les déloger.

Les écologistes sont farouchement opposés au projet d'importations de déchets susceptible de transformer selon eux la Russie en "poubelle" nucléaire.

Le ministère russe de l'Energie atomique, à l'origine du projet de loi, compte pouvoir gagner dans les dix prochaines années près de 20 milliards de dollars grâce à des contrats de retraitement et de stockage de 20.000 tonnes de déchets en provenance de Chine, Allemagne, Japon, Espagne, Suisse et Taiwan.

Un représentant de Greenpeace Russie, Ivan Blokov, a dit jeudi sur la radio Echo de Moscou les chiffres présentés par le ministère étaient erronés. Par ailleurs, si le programme est lancé, "l'argent arrivera tout de suite, mais les problèmes seront reportés de 20 ou 40 ans", a-t-il affirmé.

M. Blokov a en outre accusé les responsables du ministère d'avoir "un intéressement personnel et matériel" au projet.

La commission de la Douma contre la corruption a fait circuler mercredi un rapport de vingt pages soulignant les activités commerciales du ministre Evgueni Adamov dans le domaine de l'énergie nucléaire, notamment via des sociétés établies à l'étranger.

M. Adamov a démenti toutes les accusations, et a assuré que les projets de loi "seraient votés tôt ou tard, car ils doivent servir le développement de l'économie russe".



Des députés russes contre l'importation de déchets nucléaires en Russie

MOSCOU, 21 mars - Des députés russes et des organisations écologistes ont dénoncé mercredi un projet de loi sur l'importation et le retraitement de déchets nucléaires en Russie, à la veille d'un vote à la Douma (chambre basse du parlement) à ce sujet.
"On essaie de nous faire croire que la Russie est en mesure d'importer et de retraiter des déchets nucléaires étrangers alors qu'elle n'est même pas capable de retraiter ses propres déchets atomiques", a déclaré le député libéral et défenseur des droits de l'Homme Sergueï Kovalev.

Le ministère de l'Energie atomique compte gagner dans les dix prochaines années près de 20 milliards de dollars grâce à des contrats de retraitement et de stockage de 20.000 tonnes de déchets en provenance de Chine, Allemagne, Japon, Espagne, Suisse et Taiwan.

"Rien ne prouve que les milliards de dollars que pourrait rapporter ce projet ne se perdront pas dans les poches de quelques fonctionnaires ou ne seront pas investis dans des secteurs comme l'armement", a pour sa part averti un député du parti d'opposition libérale Iabloko, Iouri Chtchekotchikhine.

"La Russie doit abandonner ses velléités de grande puissance et reconnaître qu'elle n'a pas la technologie nécessaire pour un tel projet", a déclaré Irina Prokhorova, responsable de l'antenne russe de la Fondation internationale pour l'environnement.

Le projet de loi a été voté en première lecture le 21 décembre dernier par une majorité de députés. Trois lectures sont nécessaires pour que le texte soit adopté par la Douma et ensuite examiné par les sénateurs.

"Seul le président Vladimir Poutine pourrait contrer ce projet", a relevé M. Kovalev. "Or, l'affaire de l'écologiste Alexandre Nikitine s'est déroulée alors que le directeur du FSB (services de sécurité, ex-KGB) n'était autre que Poutine, ce qui n'augure rien de bon", a ajouté l'ancien dissident.

"Il faut que les députés respectent l'opinion de la population qui s'oppose en grande majorité à ce projet", a encore dit M. Kovalev.

Près de 90% des Russes sont contre l'importation de déchets nucléaires dans leur pays, selon un récent sondage du groupe monitoring.ru réalisé auprès de 1.600 personnes.

La Russie ne possède actuellement qu'une seule usine de retraitement de combustible nucléaire usagé. La construction d'une autre usine, à Krasnoïarsk (Sibérie) a été suspendue en raison de problèmes financiers.

 



Greenpeace appelle au limogeage du ministre de l'Energie atomique

MOSCOU, 5 mars - L'organisation de défense de l'environnement Greenpeace a appelé lundi au limogeage du ministre de l'Energie atomique Evgueni Adamov, l'accusant d'avoir des activités commerciales illégales dans le nucléaire.

Greenpeace appelle également au rejet par le Parlement du projet soutenu par le ministre d'importation en Russie de déchets nucléaire pour stockage et retraitement en raison d'intérêts financiers présumés de M. Adamov dans ce secteur.

L'organisation écologiste mène bataille depuis des mois contre ce projet qui a été adopté en première lecture en décembre dernier par la Douma (chambre basse) et devrait rapporter quelque 20 milliards de dollars sur 10 ans, selon ses promoteurs.

"Adamov doit être limogé sans délai et toutes les activités commerciales du ministère de l'Energie atomique faire l'objet d'une enquête avant qu'il ne soit trop tard pour empêcher la mise en oeuvre de ce projet dangereux qui transformera la Russie en poubelle nucléaire", a déclaré un porte-parole de Greenpeace en Allemagne.

En tant que représentant du ministère de l'Energie atomique, Adamov ne peut avoir d'activités commerciales et il y a deux ans, il a assuré à la Douma qu'il n'avait "jamais touché de revenus commerciaux" depuis sa nomination comme en 1998, rappelle l'organisation.

Or, selon Greenpeace, qui affirme baser ses informations sur un rapport de la commission anti-corruption de la Douma, Adamov a des intérêts dans "au moins 10 sociétés commerciales en Russie et à l'étranger".

Le projet d'importation des déchets étrangers "est soutenu par le gouvernement russe uniquement pour des raisons commerciales malgré les risques pour la sécurité" qu'il présente, a souligné le porte-parole.

Le président de la commission anti-corruption à la Douma, Nikolaï Kovalev, a confirmé qu'une enquête sur Adamov avait été effectuée et un rapport adressé au Parquet le 28 février dernier.

Le Parquet a jusqu'au 8 mars pour décider d'éventuelles poursuites.

Il a cependant lié les accusations de Greenpeace "au projet de loi sur les déchets nucléaires", accusant l'organisation d'exploiter cette affaire à des fins politiques.

Le ministère de l'Energie atomique a pour sa part rejeté les accusations de Greenpeace.

"Il y a trois ans, dès qu'Adamov est devenu ministre de l'Energie atomique, il a mis toutes les actions qu'il possédait en gestion et n'est plus impliqué aujourd'hui dans aucune activité commerciale privée", a déclaré un porte-parole du ministère.

Il a également mis en cause l'objectivité de Greenpeace dans cette affaire, en déclarant que "tout le monde savait d'ou venait le financement de Greenpeace et comment cet argent lui permet de répandre des mensonges sur le ministère" de l'Energie atomique.



Russie: le Sénat rejette des amendements sur les déchets radioactifs

MOSCOU, 31 jan - Le Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe) a rejeté mercredi par 96 voix contre 28, et une abstention, des amendements adoptés par la Douma (chambre basse) libéralisant le commerce des déchets radioactifs.
Les amendements à la loi sur l'utilisation de l'énergie nucléaire devaient permettre à des sociétés privées d'acquérir librement des déchets radioactifs sous réserve d'avoir une licence de l'Etat.
Les commissions de la Défense et de l'Economie du Conseil de la Fédération ont estimé que ces amendements devaient être revus, car ils prévoyaient un contrôle insuffisant de ces transactions.
La Douma devra donc proposer au Conseil de la Fédération une version modifiée de ces amendements.
Le ministère russe à l'Energie atomique s'est efforcé dernièrement d'obtenir l'adoption par le Parlement russe d'amendements permettant de faciliter les opérations menées avec les déchets nucléaires.
La Douma a adopté en décembre en première lecture un amendement à la loi sur la protection de l'environnement qui permettra d'importer des déchets radioactifs pour les stocker une quinzaine d'années avant de les retraiter, une activité très lucrative mais fortement critiquée par les organisations écologistes.



Pétition à Poutine pour que la Russie ne devienne pas "une poubelle nucléaire"

MOSCOU, 29 jan - Plus de 500 organisations écologistes russes ont appelé le président Vladimir Poutine à ne pas transformer la Russie en "poubelle nucléaire" en refusant de promulguer une loi permettant le stockage des déchets nucléaires importés, a rapporté lundi Interfax.

Les députés russes ont voté le 21 décembre en première lecture un projet de loi qui permettra à la Russie d'importer des déchets radioactifs, ce qui est interdit par la législation en vigueur. La deuxième lecture est prévue pour fin février.

Les députés ont été "aveuglés par la possibilité de recevoir 20 milliards de dollars de la part de pays désireux de se débarrasser de leurs déchets radioactifs", affirme la lettre adressée au président.

"La Douma (chambre basse du Parlement) a ignoré les opinions de 2,5 millions de Russes qui ont signé une pétition réclamant un referendum sur l'environnement dont la première question concernait l'interdiction d'importer des matériaux nucléaires en Russie", poursuit la lettre.

Le ministère russe de l'Energie atomique compte gagner dans les dix prochaines années près de 20 milliards de dollars grâce à des contrats de stockage et de retraitement de 20.000 tonnes de déchets en provenance de Chine, Allemagne, Japon, Espagne, Suisse et Taiwan.




La Russie incapable de retraiter les déchets nucléaires étrangers

MOSCOU, 23 jan - La Russie ne possède pas la technologie nécessaire pour retraiter du combustible nucléaire usagé qui serait importé de l'étranger, si le parlement russe modifie la législation en ce sens, ont affirmé mardi les écologistes russes.
Les députés russes ont voté le 21 décembre en première lecture un projet de loi qui permettra à la Russie d'importer des déchets radioactifs, ce qui est interdit par la législation en vigueur. La deuxième lecture est prévu pour fin février.

"La Russie n'est pas prête. Elle n'a pas la technologie nécessaire", a affirmé un expert du conseil écologique de la Douma (chambre basse du parlement), Vladimir Kouznetsov, lors d'une conférence de presse.

"Le combustible nucléaire usagé qui pourrait être livré par les pays étrangers a une composition isotopique et chimique tout à fait différente" de celui que l'unique usine russe de retraitement de Maïak (région de Tcheliabinsk, Oural) est capable de retraiter, a expliqué M. Kouznetsov.

Les technologies qui équipent l'usine de Maïak "datent des années 50", a-t-il ajouté.

La majorité des stocks où devraient être conservés les déchets avant leur retraitement sont déjà "pleins à 100%", a encore affirmé l'expert.

"Le ministère de l'Energie atomique assure que de nouveaux stocks seront construits, mais... avec l'argent des pays étrangers qui livreront leur combustible nucléaire usagé à la Russie", a indiqué de son côté Vladimir Sliviak de l'organisation écologiste russe Ecodéfense, en jugeant le projet "absurde".

L'usine Maïak est capable de retraiter 400 tonnes de combustible usagé par an.

La construction d'une autre usine, RT-2, à Krasnoïarsk (Sibérie), d'une capacité de 1.500 tonnes de combustible par an, a été suspendue en raison de problèmes financiers.

Le ministère russe de l'Energie atomique compte gagner dans les dix prochaines années près de 20 milliards de dollars grâce à des contrats de retraitement et de stockage de 20.000 tonnes de déchets en provenance de Chine, Allemagne, Japon, Espagne, Suisse et Taiwan.

 

 

Le gouvernement défend l'importation de déchets nucléaires en Russie

MOSCOU, 21 nov - Le gouvernement russe a défendu mardi des amendements à la législation qui permettraient à la Russie d'importer des déchets nucléaires étrangers, malgré l'opposition d'une partie de l'opinion publique.
"L'Etat n'a pas et n'aura pas les moyens" de résoudre seul le problème des régions polluées par l'industrie nucléaire, a déclaré un vice-ministre de l'Energie Atomique, Valéri Lebedev, lors d'une conférence de presse organisée à la veille des débats à la Douma (chambre basse) sur l'importation de déchets nucléaires.

Le gouvernement défend des amendements qui permettraient à la Russie de signer des contrats de retraitement et de stockage de déchets en provenance de Chine, Allemagne, Japon, Espagne, Suisse et Taiwan, soit un marché de 21 milliards de dollars au cours des dix prochaines années.

L'Académie russe des Sciences soutient l'initiative du gouvernement, a déclaré de son côté son secrétaire Boris Miassoedov.

"La situation dans les régions polluées se dégrade, alors que le financement des programmes écologiques ne couvre ces dix dernières années que 3 à 5% des besoins", a dit le scientifique en ajoutant qu'"attirer des moyens de l'étranger est le seul moyen" pour résoudre ce problème.

La Douma doit se prononcer mercredi sur une série d'amendements qui permettraient le stockage en Russie de combustible usagé venant de l'étranger avant retraitement, pendant une période pouvant aller jusqu'à 50 ans. Un tel stockage est actuellement interdit par une loi de 1991 sur "la protection de l'environnement".

Un autre projet de loi prévoit le versement d'une partie des moyens obtenus par l'importation des déchets pour la mise en oeuvre des programmes écologiques dans les régions polluées du Nord et de la Sibérie.
------> Nouvelle Zemble
------> Contamination nucléaire en Sibérie

Ces textes, auxquels sont opposés notamment "les verts", se heurtent à la Douma à l'opposition des communistes et d'une partie de réformateurs d'opposition.

L'organisation de défense de l'environnement Greenpeace a affirmé fin octobre avoir recueilli assez de signatures pour obliger le gouvernement russe à organiser un referendum sur ce problème.


Importation de déchets nucléaires en Russie: examen du projet reporté

MOSCOU, 22 nov - La Douma (chambre basse du parlement russe) a reporté sine die mercredi l'examen d'amendements controversés qui permettraient à la Russie d'importer des déchets nucléaires de l'étranger pour les traiter ou les stocker.

Une loi de 1991 sur "la protection de l'environnement" que le gouvernement veut modifier interdit l'importation de déchets étrangers.

Les débats ont été supprimés de l'ordre du jour de la chambre basse à l'initiative de l'un des auteurs des amendements, Robert Nigmatouline, qui a estimé que les députés, notamment communistes, majoritaires à la Douma, ne sont pas encore prêts à soutenir ce projet.

"Nous avons l'impression qu'il faut encore du temps pour persuader les députés de soutenir ces amendements et pouvoir obtenir une majorité de voix favorables au projet", a affirmé à l'AFP M. Nigmatouline.

"Il ne faut pas se dépêcher, car c'est un grand projet économique et deux ou trois mois de retard ne changeront rien", a-t-il ajouté.

La branche russe de l'organisation écologiste Greenpeace qui dénonce ces amendements s'est félicitée du report de leur examen.

"Nous sommes très contents qu'il y ait des gens raisonnables à la Douma", a affirmé mercredi à l'AFP un responsable de Greenpeace, Igor Forofontov.

Selon lui, Greenpeace avait récemment distribué aux députés un communiqué expliquant le danger de ces amendements qui risquent de transformer la Russie en "décharge de déchets nucléaires".

Greenpeace affirme également avoir recueilli assez de signatures pour obliger le gouvernement russe à organiser un referendum sur cette question.

Le ministère russe de l'Energie Atomique a quant à lui défendu mardi ces amendements qui permettraient à la Russie de signer des contrats de retraitement et de stockage de déchets en provenance de Chine, Allemagne, Japon, Espagne, Suisse et Taiwan et obtenir ainsi 21 milliards de dollars au cours des dix prochaines années.