WASHINGTON, 18 oct - Une
alerte de plusieurs heures, qui a duré jusqu'à jeudi
matin, autour d'une des centrales nucléaires les plus connues
des Etats-Unis a mis en lumière la vulnérabilité
de ces installations face à des menaces terroristes.
La centrale de Three Mile Island, dans l'est des Etats-Unis, théâtre
en 1979 d'un grave accident, a fait l'objet d'une menace suffisamment
sérieuse pour que les autorités concernées
déploient des mesures de sécurité exceptionnelles
autour de son unique réacteur de 786 mégawatts.
Des avions du commandement de la défense de l'espace aérien de l'Amérique du Nord (NORAD) ont même été mobilisés, selon Neil Sheehan, un porte-parole de la Commission de régulation nucléaire (Nuclear Regulatory Commission, NRC) à King of Prussia, en Pennsylvanie.
Par la suite, la NRC à Washington a annoncé dans un communiqué que la menace, dont la nature n'a pas été révélée, n'avait finalement pas été jugée "crédible".
Mais dans la nuit de mercredi à jeudi, de nouvelles mesures de sécurité sont venues s'ajouter à celles déjà en place autour de toutes les centrales nucléaires américaines depuis les attentats du 11 septembre, selon la porte-parole de la NRC, Rosetta Virgilio.
"Des mesures de sécurité additionnelles ont été prises autour de Three Mile Island", a-t-elle déclaré, en refusant de préciser la nature de ces mesures.
Mme Virgilio a souligné que les services de sécurité mobilisés depuis les attentats de septembre, notamment le FBI, ont reçu régulièrement des menaces visant les centrales nucléaires américaines, mais c'est la première fois que la menace a semblé, dans un premier temps, "crédible".
"Il y a eu de nouvelles menaces reçues pour Three Mile Island", a-t-elle déclaré. Cette centrale, mise en service en 1974, se trouve à quelque 15 km de la ville de Harrisburg et à 160 km au nord de Washington.
Depuis le 11 septembre, des unités de la Garde nationale assurent la protection des sites des centrales nucléaires. Les Etats-Unis produisent 20% de leur électricité dans 103 réacteurs. L'Etat de Pennsylvanie, où se trouve Three Mile Island, est le deuxième par le nombre de réacteurs (9).
Dans la nuit de mercredi à jeudi, alors que des avions militaires patrouillaient au-dessus de Three Mile Island, l'Agence fédérale de l'aviation civile (FAA) a neutralisé l'espace aérien dans ce secteur, fermant pendant quatre heures deux aéroports de la région -- Lancaster et Harrisbug.
Three Mile Island avait été le théâtre d'un grave accident le 28 mars 1979, lorsque le système de refroidissement d'un de ses deux réacteurs avait mal fonctionné, provoquant un début de fusion accidentelle et la destruction du réacteur. Des vapeurs radioactives avaient été dispersées dans l'atmosphère. Le réacteur endommagé n'a jamais été remis en service.
Selon les spécialistes, la destruction de l'enceinte du réacteur, la fuite de combustible radioactif et sa dispersion dans l'air constituent les étapes du scénario le plus probable en cas d'attaque terroriste contre une centrale nucléaire, les conditions favorables à une explosion n'étant pas réunies.
Une association défendant une meilleure protection des centrales nucléaires -- l'Union des scientifiques responsables -- a assuré dans un document que les mesures de sécurité actuelles sont insuffisantes face à la détermination des terroristes et aux nouveaux moyens qu'ils sont prêts à mettre en oeuvre.
"Les règles de sécurité actuelles ont été établies pour contrer une menace venant d'un petit groupe de professionnels bien armés aidé par quelqu'un à l'intérieur, d'une seule personne agissant de l'intérieur ou encore d'un véhicule tout terrain bourré d'explosifs", écrit ce groupe.
Mais, poursuit-il, "ces mesures de sécurité ne suffisent pas pour contrer les nouvelles menaces terroristes". "Ainsi, note-t-il, les réglementations ne prévoient pas de protection contre des attaques par air, par bateau ou par camion".
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