LONDRES, 5 oct - Greenpeace et les Amis de la terre ont lancé vendredi un recours en justice pour s'opposer à l'ouverture d'une usine de retraitement de MOX, un mélange de plutonium et d'uranium, par le gouvernement britannique.
L'initiative annoncée par les organisations écologistes fait suite à l'autorisation donnée mercredi par le gouvernement britannique à l'entreprise publique British Nuclear Fuels Ltd (BNFL) de retraiter du MOX (mixed oxides) dans l'usine existante de Sellafield, sur la côte nord-ouest de l'Angleterre.
Les organisations écologistes estiment que la décision du gouvernement est illégale parce qu'elle se fonde sur des prévisions erronées quant aux bénéfices économiques du projet et qu'il n'y a aucune preuve que les clients potentiels, comme le Japon, recourront effectivement aux services de BNFL.
"BNFL espère que le Japon sera son client principal dans le retraitement du MOX mais un référendum a montré cette année que les Japonais ne veulent pas du MOX", explique Stephen Tindale, directeur exécutif de Greenpeace, dans un communiqué.
L'unité de traitement du MOX au sein de l'usine de Sellafield a été construite il y a cinq ans mais attendait le feu vert du gouvernement pour commencer à fonctionner. Le ministre britannique de l'Environment, Margaret Beckett, et celui de la Santé, Alan Milburn, ont indiqué mercredi que les opérations de retraitement de MOX pouvaient débuter à Sellafield parce qu'elles étaient conformes aux normes européennes de sécurité et de respect de l'environnement.
Le MOX est un mélange d'uranium appauvri, issu du processus d'enrichissement de l'uranium destiné aux centrales nucléaires, et de 3% environ de plutonium issu du retraitement des combustibles usés en provenance de ces mêmes centrales.
DUBLIN, 4 oct - Le
feu vert du gouvernement britannique au retraitement de MOX dans
l'usine nucléaire de Sellafield, sur la côte nord-ouest
de l'Angleterre, "défie la logique dans le contexte
actuel d'attentats terroristes internationaux", a indiqué
jeudi le ministre irlandais de la Sécurité nucléaire
Joe Jacob.
C'est une décision "totalement inappropriée",
a déclaré le Premier ministre Bertie Ahern interrogé
sur ce point au Parlement. Il a ajouté qu'il entendait
évoquer ce problème avec son homologue britannique
Tony Blair.
L'Irlande réévalue actuellement son dispositif de sécurité en cas d'attentat terroriste, et M. Ahern a révélé la semaine dernière que l'un des scénarios catastrophe prévus était un attentat contre l'usine de Sellafield.
L'Irlande n'a pas de centrale nucléaire, et l'usine de retraitement britannique, située sur la côte nord-ouest de l'Angleterre, à quelque 190 km de Dublin à vol d'oiseau, est une cause de frictions entre les deux pays depuis plusieurs années.
"A la lumière des événements du 11 septembre aux Etats-Unis, je m'attendais à ce qu'on accorde plus d'attention à la sécurité et à l'exposition au risque", a ajouté M. Jacob dans un communiqué.
"Le moins qu'on puisse attendre des pays nucléaires est qu'ils envisagent toutes les implications des récentes tragédies et le danger réel et présent en terme de sécurité", a souligné le ministre irlandais. "Au lieu de tout ceci, nous avons une décision sur laquelle, plus que jamais, il faut s'interroger".
L'Irlande avait déjà saisi en juin le tribunal d'arbitrage de la Convention européenne pour la protection de l'environnement de l'Atlantique Nord-Est (OSPAR) pour contraindre la Grande-Bretagne à lui fournir plus d'informations sur cette unité de retraitement de MOX.
Greenpeace dénonce la hausse prévue
des rejets de Sellafield
LONDRES, 26 juin - L'organisation
écologiste Greenpeace a dénoncé mardi l'augmentation
prévue des rejets de l'usine de retraitement nucléaire
de Sellafield, sur la côte nord-ouest de l'Angleterre, dévoilée
dans des documents officiels parvenus en sa possession.
Selon Greenpeace, les rejets radioactifs de Sellafield augmenteront
au cours des prochaines années. Ils atteindront un pic
en 2003 et resteront au moins jusqu'en 2008 supérieurs
aux normes autorisées, ajoute l'organisation, citant un
rapport de l'entreprise publique British Nuclear Fuels (BNFL),
qui gère le site de Sellafield, au ministère britannique
de l'Environnement.
Les prévisions ont été confirmées par l'Agence britannique de l'Environnement, selon le quotidien Daily Telegraph.
Greenpeace, qui veut distribuer le document lors de la réunion annuelle cette semaine à Valence de la Commission OSPAR (Convention européenne pour la protection de l'environnement de l'Atlantique Nord-Est), affirme que Sellafield "rejette quelque 8 millions de litres de déchets nucléaires dans la mer chaque jour".
Le rapport montre que BNFL s'attend à violer la convention OSPAR, qui prévoit de réduire progressivement les rejets radioactifs dans l'Atlantique-Nord jusqu'à un niveau "proche de zéro" en 2020, affirme Greenpeace.
"La pollution nucléaire de Sellafield contamine les côtes d'Irlande et de nos voisins nordiques, jusqu'en Artique", a déclaré Helen Wallace, une responsable de Greenpeace citée par le communiqué.
"Le gouvernement britannique a promis de ne pas être un mauvais voisin, mais Sellafield prévoit en secret de déverser encore plus de rejets mortellement radioactifs dans la mer", a-t-elle ajouté.
LONDRES, 14 juin - L'Irlande
veut poursuivre la Grande-Bretagne devant une cour européenne
pour obtenir plus d'informations sur une unité de l'usine
de retraitement nucléaire de Sellafield, sur la côte
nord-ouest de l'Angleterre, a annoncé jeudi le ministre
irlandais chargé des questions nucléaires Joe Jacob.
Le gouvernement irlandais veut saisir le tribunal d'arbitrage
de la Convention européenne pour la protection de l'environnement
de l'Atlantique Nord-Est (OSPAR) pour contraindre la Grande-Bretagne
à lui fournir toutes les informations qu'il demande sur
une nouvelle unité de retraitement de MOX (mixed oxydes)
prévue à Sellafield, à quelque 190 km de
Dublin, a précisé le ministre à la radio
RTE.
"Le MOX est un mélange de plutonium et d'uranium et le but de cette unité est de retraiter du combustible nucléaire usé qui est importé d'Europe, du Japon et des Etats-Unis", a souligné M. Jacob.
"Cette matière est tellement dangereuse qu'elle doit être transportée par voie de mer e le produit fini doit être renvoyé de la même façon. Lesrisques son ceux d'un accident en pleine mer, d'actes de piraterie, et de terrorisme", a-t-il ajouté. "L'Irlande est totalement opposée à cette usine".
Le gouvernement anglais doit encore décider s'il autorise la construction de cette unité de traitement du MOX à Sellafield, le centre britannique de retraitement nucléaire qui fonctionne depuis 1972, au centre d'un scandale en mai 1998 au sujet de la contamination radioactive de conteneurs.
L'entreprise publique British Nuclear Fuels (BNFL), qui gère le site de Sellafield, avait en outre été condamnée à une amende en octobre pour ne pas avoir respecté de nouvelles consignes de sécurité.
La société publique était également poursuivie pour n'avoir pas mis en oeuvre des mesures suffisantes pour éviter d'éventuelles fuites de certains conteneurs de matières radioactives ou pour répertorier ces conteneurs scellés.
OSLO, 8 mai - Le
ministère norvégien des Affaires étrangères
a annoncé avoir convoqué lundi "à un
haut niveau" un représentant de l'ambassade de Grande-Bretagne
à Oslo pour lui exprimer "son inquiétude concernant
tout particulièrement les quantités croissantes
de Technetium-99 radioactif" détectées depuis
1994 sur les côtes norvégiennes.
Ce produit se retrouve de plus en plus fréquemment sur
le littoral du royaume scandinave, notamment dans le varech, le
goémon et les homards, indique un communiqué du
ministère des Affaires étrangères.
"Dans ce contexte, nous avons signifié la nécessité
d'une réduction de ces rejets aussi rapide que possible",
précise le communiqué, qui ajoute que plusieurs
lettres de protestation émanant de collectivités
locales et d'organisations de défense de l'environnement
avaient par la même occasion été remises au
diplomate britannique.

WHITEHAVEN (Grande-Bretagne), 5 oct - L'entreprise publique British Nuclear Fuels (BNFL), qui gère l'usine de retraitement nucléaire controversée de Sellafield, a été condamnée jeudi à une amende modique de 24.000 livres sterling (40.000 euros) pour non respect des règles de sécurité.
BNFL répondait devant le tribunal de Whitehaven (nord-ouest de l'Angleterre) de quatre chefs d'accusation, notamment le non respect, entre le 16 février et le 24 mai derniers, de nouvelles consignes de sécurité édictées un an plus tôt.
La société publique était également poursuivie pour n'avoir pas mis en oeuvre des mesures suffisantes pour éviter d'éventuelles fuites de certains conteneurs de matières radioactives ou pour répertorier ces conteneurs scellés.
Les magistrats ont condamné BNFL, qui avait plaidé coupable, à verser une amende de 24.000 livres et payer les frais de justice, qui se montent à 4.817,50 livres.
BNFL a annoncé le 18 avril une profonde réforme de Sellafield, dont la crédibilité et la survie commerciale sont menacées par une série de scandales.
En février, un rapport incendiaire du NII -- un organisme officiel indépendant -- avait dénoncé l'insuffisance des procédures de sécurité de BNFL et révélé la falsification de documents d'accompagnement sur des cargaisons de carburant nucléaire MOX livrées au Japon.
Après ces révélations, la Suisse et l'Allemagne avaient cessé d'envoyer des cargaisons à retraiter à Sellafield et le Japon avait demandé le renvoi en Grande-Bretagne de la cargaison accompagnée de documents falsifiés.
La controverse sur la sécurité à Sellafield a conduit le gouvernement à reporter après 2002, soit après les prochaines élections, ses projets de privatisation de BNFL.
L'usine se retrouve de façon chronique
au centre de controverses internationales. L'Irlande et le Danemark
ont demandé fin mars dernier la suspension ou l'arrêt
immédiat de ses activités en accusant Sellafield
de répandre en mer des matières radioactives.
------> Contamination à Windscale en 1973
(Cette usine a eu tellement
d'accidents qu'elle a été rebaptisée Sellafield)
------> "Windscale
1957, l'hiver nucléaire"
, Un documentaire de
50 mn en RealVidéo 21 kb qui explique le rôle de
l'usine et les circonstances de l'accident.
Pour en savoir plus sur le nombre de victimes lire l'article joint
: L'incendie
de Windscale
"l'accident de Windscale a fait au moins quelques dizaines
de victimes, beaucoup plus si l'effet du polonium a été
sous-estimé par le NRPB, il a fallu attendre un quart de
siècle pour savoir qu'il y avait probablement eu des victimes.
C'est vraisemblablement le polonium qui est la clé de l'énigme
: les Britanniques ne voulaient pas que l'on sache qu'ils s'en
servaient pour amorcer leurs bombes."
Décidément à Sellafield
les incidents tous azimuts se suivent et ne se ressemblent pas.
Après le scandale des combustibles MOX défectueux
envoyés en Allemagne et au Japon c'est le centre de stockage
qui cette fois est en cause.
Un article de Nick Paton Walsh dans l'Observer du dimanche
11 février épingle le laxisme des règles
de sûreté au centre de stockage de déchets
nucléaires de Sellafield en Cumbria où un désastre
nucléaire a été évité de peu
le 26 janvier alors que plus de 2000 tonnes de déchets
de haute activité auraient pu exploser. "
Les employés ont négligé pendant près
de 3 heures les alarmes signalant la formation de gaz explosifs
dans les cuves de haute activité. Les gaz se sont accumulés
dans les 21 cuves contenant chacune 100 tonnes de ces déchets
mortels ". D'après les experts, 10 heures de plus
et ces cuves auraient pu devenir explosives. L'autorité
de sûreté a dépêché 4 inspecteurs
des installations nucléaires à Sellafield et l'exploitant
BNFL (British Nuclear Fuel Limited) doit fournir un rapport sur
les procédures de sûreté d'ici 4 semaines.
Pour le représentant d'un groupe antinucléaire de
Cumbria (le groupe CORE, Cumbrians Opposed to a Radioactive Environment)
" le gouvernement et BNFL disent toujours qu'on n'a pas à
s'inquiéter. Cet incident montre combien on peut être
près d'une catastrophe ".
Du côté des politiques un responsable démocrate-libéral
des questions énergétiques déclare "
C'est une situation extrêmement alarmante qui démontre
l'attitude cavalière qui a marqué l'industrie nucléaire
depuis 50 ans ".
Pour BNFL il aurait fallu bien plus de 10 heures pour que la situation
puisse mener à une explosion. Le personnel aurait ignoré
les signaux d'alarme pendant 2h1/2. D'après l'Observer
" l'incident s'est produit à 20h30 alors
que des ingénieurs faisaient des essais d'amélioration
des systèmes de ventilation chargés d'éviter
la formation des gaz explosifs à l'intérieur des
cuves. Les ingénieurs auraient connecté les circuits
électriques des ventilateurs d'une façon incorrecte
" [ !].
L'Observer cite l'opinion d'un ingénieur nucléaire
parmi les plus qualifiés au monde (John Large) " Ces
21 cuves renferment des quantités énormes de produits
les plus dangereux de ce site nucléaire si ce n'est de
toute la planète ". Il rappelle qu'une cuve similaire
de déchets nucléaires a explosé en Russie
en
1957 dans la région de Tchéliabinsk et a dévasté
une zone étendue, aussi étendue que Londres-Centre.
" La seule fois où quelque chose d'analogue s'est
produit en Europe c'est en France, dans les années 70 quand
il a fallu foncer pour trouver d'urgence des générateurs
électriques militaires pour assurer le refroidissement
des cuves et prévenir leur explosion ".
www.guardian.co.uk/Archive/Article/0,4273,4134599,00.html
P. S.
A propos de cet article, une courte lettre d'un responsable de
BNFL dans l'Observer du 18 février dit, comme on
pouvait s'y attendre, que c'est irresponsable et faux, qu'il n'y
avait pas de risque d'explosion compte tenu du temps écoulé
entre l'alarme et la réaction qui a suivi.
Note Infonucléaire
: un tel scénario catastrophe a
failli arriver à l'usine de retraitement de La Hague dans
le Cotentin, le refroidissement des cuves ayant été
interrompu par perte simultanée du réseau et de
l'alimentation de secours. Cet incident était dû
à une grossière erreur de conception de l'alimentation
électrique de l'installation. Il a fallu recourir d'urgence
aux diesels de l'arsenal de Cherbourg.
Rappelons que le biologiste dissident soviétique Jaurès
Medvedev exilé en Angleterre a révélé
en 1976 dans une revue scientifique anglaise le désastre
nucléaire survenu l'hiver 1957 à Kychtym dans l'Oural.
En 1979 il publia en Angleterre Nuclear
disaster in the Urals analysant d'une façon très
détaillée les circonstances et les conséquences
dramatiques des contaminations qui en ont résulté.
Il décrivait les effets sur la faune et la flore de cette
région contaminée sur plus d'un millier de kilomètres
carrés, de nombreux villages ayant été évacués.
La contamination de ces régions est encore aujourd'hui
un grave problème sanitaire pour la population. Cet événement
a été nié par les officiels occidentaux en
accord avec les responsables soviétiques. L'ouvrage de
Jaurès Medvedev fut traduit dans de nombreuses langues.
Après avoir été boycotté par les éditeurs
français il a finalement été édité
en France 9 ans plus tard par les éditions Isoète,
16 rue Orange, Cherbourg, Manche. L'impact médiatique a
été complètement inexistant.