Le Parisien, 07/08/2004
DEPUIS HIER, ils sont près d'une vingtaine
à avoir entamé un jeûne, dans la salle des
fêtes de Taverny, à l'occasion de l'anniversaire
des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki. « Nous venons
ici, car c'est à Taverny qu'est installé le poste
de commandement de l'armement nucléaire français.
Si le président de la République décide un
jour d'envoyer une bombe atomique quelque part dans le monde,
c'est à partir d'ici que seront télécommandés
les missiles.
» Denis Caillié, délégué permanent
à la Maison de la vigilance, fait partie des organisateurs
de la manifestation. Comme chaque année, il a été
reçu par le commandant de la base aérienne, avant
de rejoindre les jeûneurs pour leur faire un compte rendu.
« L'entretien s'est bien passé, mais ce n'est pas
l'armée qui décide de sa stratégie. Ce sont
le président de la République et les députés
», explique-t-il. Pendant quatre jours d'échanges
et de réflexion, la vingtaine de militants venus de toute
la France vont jeûner ensemble. Prenant appui sur le traité
de non-prolifération nucléaire (TPN), signé
et ratifié par la France, les militants ne demandent qu'une
chose : qu'il soit effectivement appliqué. Théodore
Monod faisait partie de ces militants de la paix de Taverny. Sa
notoriété a servi le combat mais, aujourd'hui, il
n'est plus là. Alors ceux qui restent s'activent, distribuent
des cartes postales à envoyer à Jacques Chirac.
« Monod m'a donné envie... »
«C'EST la première fois que je
participe au jeûne, mais il y avait déjà quelques
années que j'y pensais. » Et cette année,
Christophe a enfin réussi à se libérer pour
participer à la manifestation. « C'est en lisant
les Carnets de Théodore Monod que j'ai pris connaissance
de cette action et ça m'a tout de suite donné envie
», explique-t-il.
Lui qui travaille dans la radio-protection connaît tout
spécialement les risques du nucléaire. « Mon
métier consiste à informer les gens qui manipulent
la radioactivité sur les précautions à prendre
pour ne pas être exposé dangereusement. » A
Taverny, il défend un engagement personnel et apporte un
fond de connaissance qui alimente les réflexions de tous.
Caroline David
06/08/04 - Des militants anti-nucléaires ont symboliquement manifesté vendredi en Midi-Pyrénées, à Gramat et à Foix, pour le 59e anniversaire du largage de la première bombe atomique à Hiroshima, a-t-on appris de sources concordantes.
A Gramat, une commune lotoise où est situé un centre d'études de la Délégation générale pour l'armement (DGA), une cinquantaine de manifestants, vêtus de combinaisons blanches, se sont rassemblés vendredi après-midi dans le centre et ont distribué des tracts. Ils dénonçaient notamment l'utilisation d'uranium appauvri pour des missiles, a-t-on appris auprès de Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau "Sortir du nucléaire".
Les manifestants, a-t-il ajouté, devaient ensuite aller "bloquer symboliquement" l'entrée du Centre d'études de Gramat (CEG), un site qui dépend de la DGA.
En Ariège, une autre manifestation a rassemblé une trentaine de militants anti-nucléaires qui ont symboliquement dispersé de faux déchets nucléaires au marché de Foix, a constaté un correspondant de l'AFP. Déguisés en agents de décontamination, les militants ont ensuite déposé les faux déchets à la préfecture de l'Ariège, estimant que "l'Etat sait quoi faire des déchets nucléaires".