PARIS, 31 mai - Les
associations écologistes limousines ont perdu leur bataille
judiciaire contre le site de stockage d'uranium appauvri décidé
par la Cogema à Bessines (Haut-Vienne): le Conseil d'Etat
a rejeté leur requête.
Dans sa décision en date du 23 mai, le Conseil d'Etat rejette
la requête de l'Association de défense des pays limousins
(ADEPAL), soutenue par Limousin Nature Environnement, qui demandait
l'annulation d'un précédent arrêt de la Cour
d'appel de Bordeaux autorisant le site.
-------> Le Limousin radioactif
Le Conseil d'Etat, qui statue en dernier ressort, juge à l'inverse des écologistes que l'uranium appauvri ne peut être considéré comme un déchet, car il "reste susceptible d'être enrichi par un procédé" pour une utilisation future. Les autorisations demandées par la Cogema portent sur un site de stockage et non de déchet, d'où l'importance de la définition de l'uranium appauvri.
Le Conseil d'Etat considère l'oxyde d'uranium appauvri comme "un produit obtenu à un stade intermédiaire d'un processus de transformation", et estime que le fait que "cette utilisation puisse être différée en considération de données notamment économiques n'est pas de nature à faire regarder l'oxyde d'uranium appauvri dont il s'agit comme un déchet ni à plus forte raison comme un déchet ultime".
Le Conseil d'Etat condamne l'ADEPAL à verser 20.000 francs de dommages à la Cogema.
L'ADEPAL et Limousin Nature Environnement ont, dans un communiqué publié jeudi, "pris acte avec beaucoup d'amertume du dernier épisode de cette longue procédure judiciaire", qui avait débuté en 1998 par un jugement du Tribunal administratif de Limoges annulant l'arrêté préfectoral autorisant l'entreposage contesté.
Les associations renoncent à poursuivre la bataille judiciaire, y compris devant les instances européennes mais soulignent que "toutes les interrogations relatives aux risques chimiques et radioactifs, à la santé publique (...), à la définition exacte des produits stockés restent à ce jour sans réponse".
La Cogema (Compagnie générale des matières nucléaires) a démarré l'entreposage sur le site en 1998. Cinq hangars (sur onze) ont été construits, et 32.600 tonnes d'uranium appauvri sont déjà stockées. La Cogema a l'intention d'entreposer, sur 20 ans, 200.000 tonnes d'uranium appauvri, en provenance de l'usine EURODIF de Tricastin (Drôme).
-------> Résultats de l'étude radioécologique (mines d'uranium du Limousin) de la CRII-RAD
-------> Les atomes du Limousin
A Propos d'uranium appauvri:
L'uranium
est mortifère qu'il soit civil ou militaire
Syndrome des Balkans : mort de soldats, leucémies
et armes à uranium appauvri [suite]
11 interviews audio
[esp/fr/nl/engl] réalisées à Bruxelles en
mars 2001. (notament Hervé
Desplat, vétéran français atteint
du syndrôme du Golfe, fondateur de AVIGOLFE, une des personnes qui a fait exploser
le scandale en France, il explique ce qu'il a vu en Irak, sa maladie
et son combat pour qu'elle soit reconnue...).
Un déchet radioactif dangereux utilisé
comme une matière première banale ! (site
de la Criirad).
Les mineurs d'uranium, les travailleurs sur uranium, le stockage
de 199 900 tonnes d'oxyde d'uranium appauvri en Limousin,
vous connaissez ? [suite].
L'isotope 236 de l'uranium est de plus en plus mis en cause,
à la fois par les autorités officielles et par certains
opposants, pour expliquer les maladies des soldats, dédouanant
du même coup l'industrie nucléaire civile [suite].
La CRIIRAD a adressé
un courrier aux parlementaires français demandant la création d'une commission d'enquête afin de faire toute la lumière
sur l'adoption par l'armée française des obus à
l'UA. On trouve même de l'uranium appauvri dans les avions de ligne.