Le GSIEN proteste solennellement contre la décision du Conseil dEtat du 23 avril 2001 qui autorise " lentreposage " par la Cogéma de 199 900 tonnes doxyde duranium appauvri sur le site de Bessines.
Cette décision nous atterre pour de nombreuses raisons. En voici quelques-unes :
1) Le Conseil dEtat bafoue les lois de la physique en estimant que dans le calcul de lactivité de luranium à " entreposer " on ne doit tenir compte que des " têtes de série " alors que ce stockage est en réalité un stockage dun mélange doxydes dUranium 238, de Thorium 234, de Protactinium 234, dUranium 235, de Thorium 231 et dUranium 234. Lapplication des lois de la physique transformerait le site d " entreposage ", considéré par Cogéma et le Conseil dEtat comme une Installation Classée pour la Protection de lEnvironnement (ICPE), en une Installation Nucléaire de base (INB) aux règles de sûreté plus strictes.
Dautre part Cogéma admet la présence dUranium 236 comme impureté. Celle-ci ne peut provenir que duranium issu du retraitement avec pour conséquence la présence possible de produits hautement radiotoxiques (produits de fission et actinides (américium, plutonium, etc)).
2) En considérant luranium appauvri comme une " matière première " le Conseil dEtat ouvre la voie à la prolifération autorisée, dans le domaine public, de déchets industriels toxiques.
En effet, cest au moment même où lAdministrateur Général du CEA annonce larrêt des études en recherche et développement de lenrichissement par laser de luranium, car cette méthode " est difficile à mettre en uvre et a un avenir commercial incertain " que le Conseil dEtat change les définitions antérieures du déchet ultime alors que la loi du 15 juillet 1995 indiquait clairement pour celui-ci " il nest plus susceptible dêtre traité dans les conditions du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux ". Voilà qui sapplique parfaitement à loxyde duranium appauvri de Bessines car Cogéma envisageait de réenrichir luranium appauvri par laser.
3) Toutes les estimations de dose de la Cogéma ont été faites sur la base de la limite annuelle de 5millisievert. Il est pour le moins surprenant, alors que le décret du 8 mars 2001 instaure la limite de 1millisevert, que le Conseil dEtat statue après la parution du décret en indiquant que le délai de transposition [de la directive EURATOM du 13 mai 1996] nétait pas encore expiré à la date de larrêt attaqué.
4) Létude de sûreté est quasi-inexistante
Ainsi, dans cette décision basée sur des critères scientifiques complètement erronés on ne voit nulle part apparaître le souci de protéger la population mais celui de protéger lindustriel Cogéma ! Ceci est inadmissible. De surcroît, lassociation ADEPAL, actant contre Cogéma, doit payer une amende de 20000 francs à la dite entreeprise. De qui se moque-t-on ?
GSIEN, Groupement de Scientifiques pour lInformation
sur lEnergie Nucléaire
2 rue François Villon 91400 ORSAY (tél 01 60 10
03 49) (fax 01 60 14 34 96)
ADEPAL, Association pour la Défense de lEnvironnement
du Pays Arédien et du Limousin.