Edito : En France, la robustesse des cuves des réacteurs est-elle assurée en cas d'accident grave ?
L'acier des cuves des 6 réacteurs du palier CP0 (2 à Fessenheim, 4 au Bugey) contient des zones ségrégées avec des hétérogénéités riches en phosphore appelées "veines sombres". Pour Fessenheim la question a été posée à l'Autorité de Sûreté Nucléaire: ces "veines sombres" peuvent-elles conduire à la rupture de cuve en cas d'accident grave nécessitant un refroidissement rapide du coeur ? (problème de l'évolution de la température de transition fragile-ductile suite à l'irradiation neutronique de l'acier de la cuve du réacteur) Pas de réponse de l'ASN pour l'instant... c'était avant Fukushima, lire l'article page 13 à 17 du bulletin n°120 du comité Stop Nogent, qui conclut que les vieux réacteurs sont à arrêter d'urgence !
Mais le danger nucléaire ne concerne pas seulement les vieux réacteurs. Le réacteur n°1 de Civaux (d'une puissance nette de 1495 MWe) a inauguré la saga des fissures du palier N4, ces réacteurs (2 réacteurs à Civaux et 2 à Chooz, couplés au réseau entre 1996 et 1997) censés être le fleuron du nucléaire français...
L'incident de Civaux (inondation par rupture de tuyauterie) a eu lieu 4 mois 1/2 après la mise en service. Un record ! Après diverses interprétations on s'est aperçu que les tuyauteries se corrodaient partout où il y avait un mélange d'eau chaude et d'eau froide. La corrosion existait aussi à Chooz. En fait, c'est le réacteur en fonctionnement qui permet de valider, ou ici d'invalider, un changement de tracé de tuyauterie, une augmentation du taux de combustion, le choix d'un alliage des gaines combustibles, etc...
Un réacteur nucléaire est d'une complexité recouvrant tellement de champs, tant théoriques que technologiques, que sa réalité échappe complètement aux citoyens (ce qui devrait sceller définitivement le sort du nucléaire), et les accidents majeurs montrent que la réalité échappe aussi, malheureusement, aux concepteurs, aux exploitants et aux autorités chargées de la sûreté nucléaire. La seule réalité tangible c'est la catastrophe et ses conséquences (Tchernobyl près d'un million de morts entre 1986 et 2004, Fukushima, probablement 417 000 cancers supplémentaires d'ici 50 ans dans la seule zone contaminée des 200 km) qui nécessitent l'arrêt d'urgence de la production d'électricité par les réacteurs nucléaires en utilisant tous les moyens disponibles actuellement, dont les combustibles fossiles gaz, charbon et fioul !

- Décès de Roger Belbéoch -


Agenda/action:
Mobilisation contre l'ajout de substances radioactives dans les biens de consommation et les materiaux de construction
Action permanente
à durée indéterminée devant l'OMS à Genève