Le Monde, 7/11/05:
Le coût incertain du démantèlement des réacteurs nucléaires



Les Echos, 28/10/2005 : 

Le démantèlement des centrales nucléaires absorbera en trois ans les 7 milliards d'euros levés

A la demande de l'Etat, EDF va accélérer la constitution du fonds d'actifs dédiés au financement des charges de démantèlement. D'ici à 2010, plus de 12 milliards d'euros devront lui être consacrés.

Le sujet a été évacué en une phrase. En officialisant le lancement de l'ouverture du capital d'EDF, lundi dernier, Dominique de Villepin a simplement indiqué que le programme d'investissements élaboré par l'entreprise prévoyait « de sécuriser les ressources financières qui [lui] permettront de démanteler les centrales nucléaires, le moment venu ». Les dépenses en question s'inscrivant dans un calendrier pour le moins éloigné, le Premier ministre a préféré s'attarder sur les projets « de développement » plus immédiats.

Pour EDF, les enjeux financiers du démantèlement des installations nucléaires sont pourtant déjà une réalité. Si les 40 milliards d'euros d'investissements identifiés à l'horizon 2010 permettent à l'électricien français et au gouvernement de justifier l'augmentation de capital à venir, la logique voudrait que les charges liées à la déconstruction des centrales et à la gestion des déchets à vie longue soient également prises en compte. A court terme, elles obligeront en tout cas le groupe à mobiliser des sommes supérieures à ce qu'il prévoit, par exemple, d'investir dans le réseau de distribution...

Deux préconisations
Comme le précise le document de base remis à l'Autorité des marchés financiers (AMF), une accélération du « rythme de constitution des actifs dédiés » au démantèlement des centrales nucléaires a été décidée, et approuvée le 5 septembre dernier par le conseil d'administration d'EDF. Lourde de conséquences pour l'opérateur historique, cette initiative ne tombe pas du ciel : elle est le fruit d'une négociation serrée entre l'entreprise et l'Etat-actionnaire. En vue de l'ouverture du capital, ce dernier avait demandé, voilà quelques, mois à l'Inspection générale des finances (IGF) et au Conseil général des mines (CGM) de se pencher sur la question. Leur « rapport de recommandation », remis cet été au ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, aboutissait à deux conclusions : au lieu de se limiter au démantèlement des réacteurs dits « à eau pressurisée » (REP) entrés en service depuis le milieu des années 1970, l'assiette servant de base à la constitution des actifs dédiés doit désormais intégrer le démantèlement des centrales de première génération, ainsi que la provision « pour dernier coeur » correspondant au retraitement du combustible. Deuxième préconisation de l'IGF et du CGM : pour faire face à ses besoins, l'électricien français se doit d'accroître sensiblement le montant de l'allocation annuelle destinée au fonds dédié. Ce qui revient à dire que les sommes nécessaires n'avaient pas, jusque-là, été mises de côté. Ou qu'elles avaient été utilisées à d'autres fins.
(Remarque: pour l'instant personne ne sait démanteler une grosse centrale du type PWR d'EDF...)

L'Etat en a apparemment tiré les leçons. Le compromis trouvé avec EDF va conduire l'entreprise à abonder le fonds à hauteur de 2,7 milliards en 2006, puis de 2,35 milliards par an les quatre années suivantes. A lui seul, le financement du démantèlement des centrales nucléaires absorbera donc en trois ans l'équivalent de l'augmentation de capital. D'ici à 2010, 12,1 milliards lui seront consacrés. Le groupe aurait préféré lisser cette dépense jusqu'en 2017. Mais cela aurait pu être pire : à l'origine, le rapport de l'Inspection générale des finances recommandait de verser la même somme en deux ans !

De quoi décourager d'emblée les investisseurs potentiels : dans un courrier daté du 26 juillet dernier, EDF faisait remarquer à sa tutelle que « dans la perspective de l'ouverture du capital, il serait paradoxal de proposer aux investisseurs que les ressources venant de l'augmentation de capital ne viennent pas financer le développement de l'entreprise, mais soient consacrées, pour l'essentiel, à abonder les actifs dédiés. Emploi qui offre un taux de rendement inférieur aux actifs du groupe. » On ne saurait mieux dire...

 

 

Reprise de la responsabilité du site de Marcoule par le CEA

21/03/2005  - Le Commissariat à l'énergie atomique reprendra, début avril, la responsabilité du site de Marcoule, assurée jusqu'à présent par la Compagnie générale des matières nucléaires (COGEMA, groupe Areva), a annoncé lundi le CEA. Cette évolution fait suite à la décision prise fin 2004 de "confier au CEA la responsabilité de la maîtrise d'ouvrage des opérations d'assainissement et de démantèlement de l'ancienne usine UP1 et de mettre en place un fonds dédié pour en assurer le financement" . Première usine française de retraitement des combustibles usés de réacteurs nucléaires, UP1 a été mise en service en 1958 et arrêtée en 1997. Le programme, dont la maîtrise d'ouvrage est confiée au CEA, comprend l'assainissement et le démantèlement de l'usine et de ses installations périphériques, ainsi que la reprise et le conditionnement des déchets anciens du site. Ce transfert de responsabilité sera complété, dans les mois à venir, par un transfert au CEA du statut d'exploitant nucléaire et de la propriété des terrains et des installations de Marcoule. Dans ce dispositif, la COGEMA deviendra le partenaire industriel de référence du CEA afin d'exercer, à ce titre, la maîtrise d'oeuvre des opérations d'assainissement-démantèlement.

 

 

Les Echo, 26/11/2004 :

Démantèlement du site de Marcoule :
Areva et EDF paient une soulte de 1,5 milliard au CEA.

Où trouver de l'argent quand on s'appelle l'Etat, il suffit souvent de "demander" aux entreprises publiques. C'est ce qui vient de se passer, en toute discrétion, pour le démantèlement des sites nucléaires de Marcoule (Gard) surtout, et de Pierrelatte (drôme) dans une moindre mesure. Selon la terminologie officielle, il s'agit d'"installations nucléaires de bases secrètes". Après des mois de cafouillages, en grand en partie liés au fait que trois ministères sont parties prenantes (la Défense, l'Economie et la Recherche), l'Etat et les entreprises concernées (Areva, EDF et CEA) sont parvenus à un accord. Selon nos informations, Cogema versera 427 millions d'euros d'ici à la fin de l'année au CEA. Quand à EDF, la facture s'élève à 1,125 milliard d'euros à payer également avant la fin de l'année.
Ces deux versements considérables apparaîtront dans les comptes 2004 des deux entreprises. Un proche du dossier estime qu'ils enrichiront également le budget de l'Etat d'environ 0,1 point de PIB. Cette manne inespérée, qui permettra à l'Etat de ne rien verser avant 2008 et de préserver le budget de la défense au moins jusqu'à cette date, passe par la création d'un fonds dédié pour assurer le financement du démantèlement des installations nucléaires de défense de Marcoule et de Pierrelatte. Alimenter par les deux soultes, le fonds entraîne le transfert de la maîtrise d'ouvrage de Cogema au CEA. Le fonds doit couvrir l'intégralité des dépenses relatives aux opérations d'assainissement et de démantèlement restant à réaliser, en dehors du transport et du stockage des déchets.
Jusqu'à présent, Cogema, à hauteur de 10%, EDF (45%) et le CEA (45%) étaient parties prenantes dans un GIE appelé Codem, fondé en 1996 et chargé des opérations de démantèlement du site de Marcoule. Le GIE sera dissous dans les jours à venir, lorsque le fonds sera mis en place. Parallèlement à cette opération, le CEA va également verser une soulte à Cogema correspondant à ses engagements sur le site de La Hague.

Attrait boursier

"Tout le monde est content : EDF et la Cogema ne paient pas cher et l'Etat ne paie rien, résume un expert du dossier. Mais qui peut savoir aujourd'hui quel sera le coût du démantèlement de telles installations dans vingt, trente ou quarante ans ? Les soultes libératoires sans clauses de revoyures entraînent le désengagement total des entreprises concernées et un report sur le CEA, autrement dit l'Etat, donc le contribuable, des charges qui n'auront pas été prévues et sous estimées".

Du côté des syndicats, on estime que le transfert de responsabilité vers le CEA est essentiellement motivé par la perspective d'ouverture du capital d'Areva et d'EDF. "L'attrait boursier de ces entreprises serait fortement réduit si devaient se présenter aux futurs actionnaires des comptes où seraient provisionnées des charges pour assainissement et démantèlement sur une période de trente ans", estime la CFDT. Un artisan du montage estime, à l'inverse, que "l'on a une bonne visibilité du coût jusqu'en 2012 et que, pour tenir compte des aspects moins prévisibles, le devis a été majoré de 20%, correspondant à une marge d'incertitude et à une prime de risque".

Par ailleurs, les syndicats expriment de nombreuses craintes quant à la reconversion de ces sites dont les opérations de démantèlement ont été estimées, en 1996, par le GIE Codem à 6 milliards d'euros pour la totalité, y compris le transport et le stockage des déchets.
A Pierrelatte, la mise à l'arrêt de l'usine d'enrichissement d'uranium a été achevée fin 2000. Les grands travaux devraient être terminés en 2007, pour un coût total évalué à 500 millions d'euros. A Marcoule, l'enjeu est beaucoup plus lourd : 5,6 milliard d'euros pour démanteler l'usine UP1, qui assurait la production de plutonium militaire, mais aussi le retraitement des combustibles de réacteurs civils. Mise en service en 1958, elle a été arrêtée en 1997.

Renaud Czarnes

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Les deux chantiers en cours :

- Pierrelatte : démantèlement des usines de diffusion gazeuses produisant de l'uranium très enrichi arrêtées en 1996. Les travaux industriels ont commencé en juillet 2002 et devraient s'achever en 2007. Coût estimé : 500 millions d'euros.
- Marcoule : démantèlement de l'usine UP1 dédiée à l'extraction de plutonium par séparation chimique. Mise en service en 1958, l'unité a été arrêtée en 1997. Les travaux devraient durer environ quarante ans. Coût estimé : 5,6 milliards d'euros.
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EDF et Areva : fonds propres et prélèvements
En milliards d'euros
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EDF
Total des fonds propres : 20,3
Retraites : - 15
Assurance-Maladie : - 4,5
Soulte du démantèlement : - 1,1
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AREVA
Total des fonds propres : 4,1
Soulte du démantèlement : - 0,427

 

----> Le recyclage, mythes et réalités, PDF

----> Manifestation contre le retraitement de ferrailles radioactives (voir: Magouilles radioactives à Feurs ! et le site: A.D.S.E.)

 

 

L'abandon du nucléaire se concrétise avec l'arrêt de la 1ère centrale

14/11/03 - La première des 19 centrales nucléaires allemandes a été débranchée vendredi, deux ans après le vote en 2001 de la loi sur l'abandon de l'atome civil, mais le mouvement antinucléaire sait que le nucléaire civil a encore de belles années devant lui en Allemagne.
En service depuis 1972, Stade, près de Hambourg (nord), est la deuxième plus vieille centrale nucléaire allemande. La plus ancienne, celle d'Obrigheim (sud-ouest), devrait cesser son activité d'ici 2005, en vertu de l'accord négocié à l'arraché en 2000-2001 entre le ministre de l'Environnement, l'écologiste Juergen Trittin, et les industriels du secteur, sous les auspices du chancelier social-démocrate Gerhard Schroeder.
"A Stade, l'abandon du nucléaire est pris au sérieux", s'est félicité M. Trittin, qui célébrait vendredi l'événement dans un restaurant à la mode de Berlin. L'ambiance est moins à la fête dans cette ville de 45.000 habitants qui vit depuis 30 ans de sa centrale nucléaire. Elle ne fournit pas uniquement une taxe professionnelle conséquente, mais aussi des emplois pour de nombreux sous-traitants de la région. Aucun des 300 employés de la centrale ne perdra toutefois son travail, assure l'exploitant, le numéro un mondial de l'énergie E.ON: 150 d'entre eux seront appelés à participer au démantèlement des installations, le reste étant redéployé en interne.
A Stade commence à présent un chantier titanesque, évalué à quelque 500 millions d'euros --alors que la construction n'avait coûté que 153 millions d'euros--. Dans un premier temps, d'ici 2005, les combustibles usés doivent être envoyés pour retraitement à l'usine de La Hague (nord-ouest de la France).
Commencera ensuite le démantèlement effectif, qui ne devrait pas s'achever avant 2015. Ne restera alors de la centrale qu'une halle de stockage provisoire de déchets faiblement ou moyennement radioactifs, qui ne disparaîtra que lorsque l'Allemagne aura décidé de créer un centre de stockage définitif pour ses déchets nucléaires. Ce qui pourrait encore durer des années...
C'est, aux yeux des antinucléaires allemands, le fruit le plus amer du compromis sur l'abandon de l'atome: le nucléaire civil a encore de belles années devant lui en Allemagne.
Les convois de déchets radioactifs rapatriés des usines françaises et britannique de La Hague et Sellafield vers le centre de stockage de Gorleben, qui suscitent des manifestations d'antinucléaires, continueront encore pendant au moins dix ans, en dépit de l'arrêt des livraisons à destination des usines de retraitement à partir de 2005.
En outre, l'accord conclu avec les industriels impose certes pour chaque centrale des quotas de production à ne pas dépasser qui équivalent à une durée de vie de 32 ans, ce qui reviendrait à fermer la dernière centrale allemande d'ici à 2021. Mais il donne aussi la possibilité aux industriels de reporter les quotas d'une centrale à l'autre, prolongeant ainsi la durée de vie des centrales les plus rentables.
Un procédé qu'E.ON met d'ores et déjà en application en fermant Stade un an avant sa date de fermeture théorique (2004). La raison avancée est d'ailleurs économique : la vieille centrale n'était plus très rentable.
"La vraie fête, nous la célébrerons lorsque la dernière centrale allemande sera fermée", souligne Suzanne Ochse, de l'organisation écologiste Greenpeace. "D'ici là, nous aurons deux fois plus de déchets nucléaires qu'aujourd'hui. Et personne ne sait qu'en faire".
Pour déconnecter du réseau la centrale de Stade, aucun câble spécifique n'a dû être coupé, aucun bouton rouge spécial enclenché, précise une porte-parole de E.ON. "Comme pour un contrôle de routine", le réacteur a été éteint.


Démantèlement des installations nucléaires: des procédures plus rapides

15/05/03 - Le démantèlement des installations nucléaires, un problème qui deviendra crucial lorsque les centrales EDF arriveront en fin de vie, devra se faire dans des délais beaucoup plus courts que ce qui était prévu jusqu'à présent, selon l'Autorité de sûreté, le "gendarme du nucléaire".

Un nouveau cadre réglementaire vient d'être mis en place pour le démantèlement de ces installations, obligeant les exploitants à engager immédiatement les opérations sans attendre des décennies, a annoncé jeudi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

"Cette nouvelle réglementation ne constitue pas une rupture, mais prend en compte les expériences passées", a précisé devant la presse Jérémie Averous, responsable de ce dossier à l'ASN.

Les installations nucléaires en cours de démantèlement sont diverses; réacteurs EDF de centrales de première génération arrêtées définitivement, centres du Commissariat à l'énergie atomique en voie de dénucléarisation, ateliers de fabrication de combustible...

Dans les années 90, les exploitants du nucléaire, encadrés par des procédures administratives complexes, privilégiaient une stratégie d'attente: on met l'installation en sommeil pendant une cinquantaine d'années, en attendant que la radioactivité décroisse, avant d'entamer la démolition. C'est aussi la stratégie adoptée en Grande-Bretagne, où les installations arrêtées sont mises sous cocon pendant une centaine d'années.

"Aujourd'hui, les exploitants sont à même d'avoir une vision industrielle du démantèlement", a estimé M. Averous. "Le démantèlement immédiat est préférable", a-t-il ajouté. Selon le "gendarme du nucléaire", les inconvénients de la "solution attentiste" sont nombreux: risques de pertes de compétences des personnels, dangers liés au vieillissement des installations, difficultés pour garantir le financement des opérations.

Délicat et couteux

La nouvelle réglementation, qui fait l'objet d'une note du 17 février (www.asn.gouv.fr), permet de déclencher sans attendre les opérations de démantèlement, avec un démontage qui s'étale sur une période de 15 à 25 ans, selon l'ASN.

Quels que soient les choix énérgétiques qui seront faits par la France (maintien du nucléaire, réduction ou abandon), le démantèlement des installations reste un processus délicat et couteux. A partir de 2020, les premiers des 58 réacteurs en service dans le parc EDF, prévus pour un fonctionnement d'une quarantaine d'années, arriveront en fin de vie et devront être démantelés.

"Les démantèlements d'installations nucléaires effectués dans le passé ont montré que l'opération ne présentait pas de difficultés techniques insurmontables", a estimé l'expert de l'ASN. A condition toutefois que le démantèlement soit prévu dès la conception et que les filières d'élimination des déchets -radioactifs et conventionnels- soient mises en place.

Selon le "gendarme du nucléaire", le coût du démantèlement d'un réacteur est de l'ordre de 15% du coût de construction, soit environ 15 milliards d'euros pour l'ensemble du parc EDF.

Les experts de l'ASN estiment qu'un démantèlement immédiat permet notamment de vérifier si ces sommes ont été correctement provisionnées par l'exploitant. Un problème qui peut s'avérer crucial si tout ou partie de la production d'électricité est un jour privatisée en France.



Des montres radioactives: recyclage de cobalt 60 produit par les réacteurs nucléaires

Les déchets de faible activité


Greenpeace: baisse alarmante des réserves d'EDF pour démanteler les centrales


Centrale de Brennilis : le bâtiment du réacteur démantelé à partir de 2005

BRENNILIS (Finistère), 27 mars 03 - La déconstruction du bâtiment abritant le réacteur de la centrale nucléaire de Brennilis débutera en 2005 pour une libération totale du site en 2018, a annoncé jeudi Alain Ensuque, chef du site EDF des Monts d'Arrée.

Il s'exprimait lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion de l'observatoire du démantèlement de la centrale.

Le démantèlement de cette centrale de 70 mégawatts qui doit servir de modèle aux futures déconstructions des centrales nucléaires françaises coûtera 480 millions d'euros au total.

Prototype industriel conçu en 1962 et destiné à prouver la fiabilité de la filière à "eau lourde", Brennilis a alimenté la Bretagne en électricité de 1967 à 1985.

D'ici 2004, quatre bâtiments auront été démolis notamment celui ayant abrité les déchets solides, un autre réservé au combustible irradié ainsi que la station de traitement des effluents liquides.

150 personnes appartenant pour la plupart à des entreprises sous-traitantes spécialisées travaillent actuellement sur le site.

Une étude menée par un laboratoire privé montre un "très léger marquage sur l'environnement" du fait de la centrale, un marquage qualifié de "très léger, bien inférieur aux seuils réglementaires", a-t-on précisé de même source.

Déconstruction de 48 cheminées de Superphénix

GRENOBLE, 6 sept 02 - La déconstruction de 48 cheminées, situées sur les générateurs de vapeur du surgénérateur nucléaire Superphénix de Creys-Malville (Isère), a commencé et devrait s'achever dans trois mois, a annoncé vendredi la direction de la centrale.

Ces cheminées représentent un total de 950 tonnes d'acier. Certaines avaient une hauteur de 75 et 80 m et leur démontage va changer la physionomie de la centrale.

Le démontage du surgénérateur se poursuit et, à ce jour, 500 assemblages de combustible situés dans le coeur du réacteur, sur un total de 650, ont été évacués. Le réacteur devrait être vidé de l'ensemble de son combustible à la fin 2002 ou en janvier 2003, a indiqué le chef de cabinet de la centrale, Jean-Louis Regairaz.

Le gouvernement avait décidé en juin 1997 de fermer la centrale nucléaire Superphénix "à cause de son coût excessif".

EDF s'est donné un délai de 25 ans avant "le retour à la pelouse", c'est-à-dire la déconstruction totale de n'importe quelle centrale nucléaire de son parc.


Le démontage du surgénérateur Superphénix avance

CREYS-MALVILLE (Isère), 18 mai - Le démontage du surgénérateur Superphénix de Creys-Malville (Isère) vient de franchir une étape importante, avec le déchargement d'un tiers du combustible situé dans le coeur du réacteur, ce qui rend impossible dorénavant "la réaction en chaîne propre à un réacteur nucléaire", a annoncé la direction de la centrale.
203 assemblages fissiles, sur un total de 640, ont été retirés du coeur, et entreposés dans une piscine remplie d'eau prévue à cet effet, a précisé le directeur de la centrale, Bruno Coraça, avant l'ouverture au public vendredi et samedi, pour la première fois de son histoire, de cette usine.

Ces assemblages se présentent sous la forme de barres longues de 5,40 m et d'un poids de 580 ou 740 kilos. Ils contiennent de la matière fissible et une quinzaine de kilos de plutonium et sont immergés au sein du coeur du réacteur dans un bain de sodium. Ce métal liquide a la particularité de s'enflammer au contact de l'air ou de l'eau. Il faut donc "laver" ces éléments et enlever toute particule de sodium avant de les entreposer dans la piscine remplie d'eau.

L'opération est délicate, et on retire en moyenne 4 assemblages par jour ouvrable du coeur du réacteur à neutrons rapide d'une puissance de 1200 MW.

"Ces assemblages dégagent 700 watts, c'est à dire la moitié de la chaleur dégagée par un fer à repasser. Comme la centrale est à l'arrêt depuis 1996, ils ont le temps de refroidir" explique M. Coraça.

Le déchargement du coeur sera achevé mi 2002.

350 agents EDF et 200 salariés de prestataires de service (gardiennage, nettoyage ...) travaillent actuellement sur le site.

 

Matériel contaminés à vendre

Le passage sous le seuil de criticité de la centrale permet d'arrêter certains matériels de surveillance du coeur et de cesser leur maintenance. L'intérieur de la centrale ressemble maintenant, dans certains endroits, à un immense hangar abritant des machines d'occasion. De multiples pompes, moteurs et autres armoires électriques sont en cours "de mise hors service définitive", c'est à dire vidangés et nettoyés, avant d'être vendus ou mis à disposition d'autres centrales EDF.

"Nos diesels sont à vendre. On a trouvé preneur pour trois chaudières électriques. Les deux alternateurs de 600 MW pourraient aller l'un à la centrale du Havre (Seine-Maritime), l'autre à celle de Cordemais (Loire Atlantique). Pour EDF, ça permet d'éviter d'acheter du neuf", explique M Coraça.

Pour lui, ce travail de démontage a aussi sa noblesse, car "EDF doit savoir non seulement construire et exploiter, mais aussi déconstruire une centrale".

EDF se donne un délai de 25 ans avant "le retour de la pelouse", c'est à dire la deconstruction totale d'une centrale nucléaire, quel que soit son type.

Concernant Superphénix, dont Lionel Jospin avait annoncé en juin 1997 la fermeture "à cause de son coût excessif" et "la réussite très aléatoire" de la technologie des surgénérateurs, le retour à la pelouse pourrait prendre d'autres formes. Malgré la demande d'une commune pour du terrain, EDF cherche à garder son emprise foncière.

"Ce site, au bord du Rhône, prés des réseaux haute tension et d'un poste d'interconnexion, est stratégique. Si on veut implanter un centre de production d'électricité, pas forcement nucléaire, prés de la grande zone de consommation de Lyon, ici ça sera trés facile", explique M. Coraça.