La " Pasionaria du Gospel " était
invitée à ouvrir, le vendredi 18 mai 2001, le 5°
Printemps Musical de Pérouges. Son récital initialement
prévu dans une église de cette charmante cité
médiévale devait être en raison de son succès
transféré dans une salle plus grande, fournie par
la centrale voisine. Grande a été sa stupéfaction
d'apprendre à quelques jours du concert qu'il était
plus précisément transféré dans la
salle où trônait naguère le réacteur
de Bugey 1 Unité 197.
Pire encore, alors que son contrat n'était même pas
signé, le nom et l'image de Liz Mc COMB ont été
exploités sans vergogne par les organisateurs et leur commanditaire
EDF pour la promotion d'un " événement dans
le cur même de la centrale " dont les objectifs militants
n'ont désormais plus rien à voir avec l'objectif
artistique d'un " Printemps Musical ".
Le programme, diffusé à plusieurs centaines de milliers
d'exemplaires, est illustré d'une photo pleine-page de
la centrale crachant ses fumées, accompagnée d'un
texte au lyrisme de potache célébrant " l'obsidienne
du gospel dans un écrin surréaliste (qu'aurait pensé
André Breton ? !), volume grandiose, lieu surdimensionné,
etc. "
Pire, sous un portrait de Liz Mc COMB sont glorifiées ensemble
" la volonté de porter l'art à la connaissance
de tous " et " la politique d'EDF à démystifier
(sic) la production d'énergie nucléaire ".
Dans leur enthousiasme que l'on espère désintéressé,
les responsables de cette exploitation de l'art au profit d'un
groupe politico-industriel n'ont oublié qu'un détail
: Liz Mc COMB, qui ignorait tout de ce détournement, n'a
pas d'atomes crochus avec les apprentis-sorciers du nucléaire
!
Elle l'a plus précisement montré dans son clip "
What Happened to the Love " (envoyé il y a plusieurs
mois aux organisateurs) qui dénonce cette menace par des
images de la catastrophe de Tchernobyl.
Un(e) artiste digne de son nom ne peut en aucun cas servir d'alibi,
a fortiori de faire-valoir involontaire à une cause aussi
contestable.
Refusant de voir son message humaniste et la beauté du
Gospel utilisés à son insu pour une propagande délirante,
Liz Mc COMB est donc au regret d'annuler son concert tant qu'un
emplacement moins contestable, symboliquement et techniquement,
ne sera pas proposé.
Elle tenait par ce communiqué à s'en excuser et
à s'en expliquer auprès du public de Rhônes-Alpes.
Sa tristesse est d'autant plus grande que dans tous les hauts-lieux
musicaux de cette région elle a rencontré ces dernières
années un accueil inoubliable : à l'Opéra,
à la Halle Tony Garnier et à l'Auditorium Maurice
Ravel de Lyon, au Festival de Fourvière et celui de Vienne
(8000 spectateurs).
C'est bien pourquoi on a tenté sans scrupules d'utiliser
son image. Mais vous saurez désormais, Messieurs les atomistes,
que Ol'obsidienne du Gospel " est plus dure et plus pure
que l'uranium !
Love and Peace