HONG KONG, 6 juin - Des milliers de cadavres de bébés morts-nés ont été utilisés à l'insu des parents à des expérimentations nucléaires aux Etats Unis à partir des années 50, selon des documents britanniques jusqu'ici secrets tombés dans le domaine public.
A Hong Kong et en Australie, les autorités sanitaires ont ouvert une enquête sur cette affaire révélée par l'hebdomadaire dominical londonien The Observer.
"Avant de nous prononcer, nous devons enquêter sur ces affirmations car tout cela remonte à très longtemps", a déclaré mercredi la porte-parole de l'administration hongkongaise de la santé.
Selon The Observer, quelque 6.000 cadavres de bébés provenant des hôpitaux de Hong Kong, d'Australie, de Grande Bretagne, du Canada et d'Amérique du Sud ont été expédiés aux Etats Unis.
Les petits cadavres étaient destinés à être utilisés dans des expériences menées par le département américain de l'énergie pour mesurer le niveau de radioactivité de l'isotope Strontium 90, affirme l'hebdomadaire britannique.
L'enquête de l'Observer s'appuie sur la publication de documents du département américain de l'énergie tombés dans le domaine public.
Les expériences semblent avoir débuté en 1955 à l'initiative du Dr Willard Libby de l'université de Chicago qui avait demandé un grand nombre de cadavres de préférence ceux de bébés nouveaux nés afin de mesurer les effets des retombées des essais nucléaires.
Les britanniques ont collaboré avec les laboratoires de physique nucléaire américains à ce projet dont le nom de code était "Project Sunshine", souligne le journal.
Le député hongkongais Lo Wing-lok qui représente le secteur médical au sein du conseil legislatif, le parlement du territoire, a déclaré qu'il "avait besoin de lire les documents et de parler aux gens qui pourraient être au courant" avant de faire tout commentaire.
Il a affirmé cependant que le gouvernement devrait "mener une enquête sur ce qui s'est produit". "Les restes humains doivent être traités avec respect et ces informations sont dommageables à la réputation de Hong Kong", a-t-il ajouté.
En Australie, le ministre de la santé de la Nouvelle Galles du Sud Craig Knowles a affirmé qu'il était à la recherche de précisions supplémentaires.
Un porte-parole du ministère australien de la Santé Michael Wooldridge a également souligné que les autorités de Canberra vont mener une enquête sur cette affaire.
Selon l'hebdomadaire britannique l'ancien président américain Bill Clinton avait ordonné une enquête sur cette pratique visant a "récupérer des cadavre" qui avait montré que les "chercheurs utilisaient des méthodes frauduleuses afin d'obtenir des cadavres de bébés auprès d'intermédiaires ayant accès aux restes humains".
Alors qu'il fournissaient des cadavres aux chercheurs américains, les scientifiques d'Harwell, le principal centre britannique de recherche gouvernementale dans le domaine nucléaire ont mené leurs propres expérimentations sur des cadavres d'enfants, précise le journal.
Les autorités de Londres ont toujours démenti tout engagement dans ces recherches, a ajouté l'enquête de l'hebdomadaire.
-------> des employés du privé exposés à des radiations nucléaires
-------> Le scandale des cobayes humains
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| "Hafelife" de Denis O'Rourk 1985; 80 mn en RealVidéo 21 kb. Lors de l'essai "Bravo" les habitants de deux atolls sont délibérément soumis aux radiations. |
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WELLINGTON, 14 mai - Un appel a été lancé en direction des familles de cinq soldats néo-zélandais, utilisés comme cobayes lors d'essais nucléaires britanniques en Australie dans les années 50, afin qu'elles se joignent aux poursuites engagées contre le gouvernement britannique.
L'Association des vétérans des tests nucléaires de Nouvelle-Zélande veut prendre contact avec ces soldats ou leur famille pour qu'ils puissent porter plainte, a indiqué le président de l'association, Roy Sefton.
Plusieurs journaux de Grande-Bretagne ont indiqué vendredi dernier que des officiers australiens, anglais et néo-zélandais avaient pénétré des zones radioactives, trois jours après un tir nucléaire à des fins expérimentales.
Les journaux faisaient notamment référence à quatre tirs atmosphériques, réalisés en 1956 par le gouvernement britannique, les essais Buffalo, qui s'étaient déroulés à Maralinga, dans une zone reculée de l'Australie.
Cinq officiers néo-zélandais, 70 soldats australiens et un civil ont été répertoriés et ont été exposés à des radiations nucléaires afin de tester des vêtements, destinés à protéger de la radioactivité.
John Crawford, historien de l'armée néo-zélandaise, a indiqué à Radio Nouvelle-Zélande que des jeunes officiers avaient été envoyés à Maralinga en 1956 pour avoir une première expérience des tirs nucléaires.
Il a précisé qu'il allait tenter de contacter ces officiers pour savoir ce qu'ils avaient réellement fait sur cette base et s'ils avaient testé des vêtements.
L'Australie envisage également de demander des explications au gouvernement britannique dans les prochains jours pour déterminer avec précision dans quelle mesure les soldats ont été exposés à des taux de radioactivité dangereux, durant les essais nucléaires des années 50.
SYDNEY, 11 mai - Des documents attestant que le gouvernement britannique a eu recours à des soldats australiens, pour les utiliser comme cobayes lors d'essais nucléaires, ont été retrouvés en Australie par une historienne écossaise.
Le professeur Sue Rabbitt Roff a indiqué vendredi que ces preuves avaient été retrouvées dans un document des Archives Nationales Australiennes.
Ce document montre que 24 militaires australiens ont été utilisés comme cobayes dans les années 50 et 60, à l'issue d'essais nucléaires atmosphériques sur l'île de Monte Bello, au large de la côte ouest australienne, et à Maralinga dans le sud de l'Australie.
En 1997, le gouvernement britannique avait affirmé devant la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg qu'aucun humain n'avait été utilisé dans le cadre d'expérimentations lors d'essais d'armes nucléaires.
"Le gouvernement britannique a menti sur la question de savoir si des militaires ont été délibérément utilisés pour des expériences humaines pendant des essais nucléaires en Australie", a indiqué Mme Rabbitt Roff, à la radio australienne ABC.
Elle a précisé que le document faisait état d'une liste de 24 militaires australiens, qui avaient participé à des expériences sur des vêtements.
"On leur avait demandé de mettre des vêtements spécifiques puis de ramper et de marcher quelques jours ou quelques heures après un tir nucléaire à Maralinga, afin de voir si leurs vêtements procuraient une quelconque protection à la radioactivité", a-t-elle déclaré.
Selon elle, ce document doit aussi permettre de retrouver les soldats cités dans ce document afin de savoir si ces expériences ont eu des conséquences sur leur santé.
L'avocat Morris May, qui représente
30 Australiens victimes de ces tests et qui réclame des
dommages et interêts, a indiqué que ses clients assuraient
depuis longtemps avoir été utilisés comme
cobayes, mais que le gouvernement de Canberra avait toujours rejeté
leur demande.
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