La CRIIRAD refuse de céder face au chantage de l'Autorité de Sûreté Nucléaire

Le gendarme du nucléaire veut "domestiquer" la CRIIRAD.

Plusieurs hauts responsables de l'Administration ont informé la CRIIRAD des consignes nationales données par la DGSNR (dite Autorité de Sûreté Nucléaire) aux inspecteurs des DRIRE : Il faut (pour reprendre les termes de l'un d'entre eux) " domestiquer " la CRIIRAD : empêcher son laboratoire d'effectuer des études tant qu'elle ne se sera pas pliée aux conditions instaurées par l'arrêté du 17 octobre 2003. Ce texte abroge le système de validation des mesures de radioactivité mis en place en 1988 - un système basé sur des critères exclusivement scientifiques - et le remplace par un agrément subordonné à l'acceptation des conditions posées par la DGSNR. L'une des plus inacceptables pour la CRIIRAD est l'obligation d'extraire les résultats chiffrés de leur contexte (c'est-à-dire des études qui leur donnent sens), de les intégrer dans un tableur pré-paramétré qui est transmis aux services officiels (IRSN-DGSNR) avec totale liberté d'exploitation et sans possibilité de recours.


La CRIIRAD est prête à payer le prix de son indépendance.

Le nouveau dispositif de délivrance de l'agrément a été spécialement conçu contre la CRIIRAD et il met en jeu sa survie. En effet, les études du laboratoire représentent aujourd'hui le tiers des ressources de la CRIIRAD C'est dire les risques auxquels s'expose la CRIIRAD en refusant de céder au chantage. Il est important de souligner que l'attaque de la DGSNR a été lancée avant même que viennent à échéance les agréments dont dispose actuellement la CRIIRAD. Le dossier de FEURSMETAL en est la parfaite illustration (voir: débat public à Feurs [format word]). Cette fonderie de la Loire doit accueillir des ferrailles faiblement contaminées en provenance de SOCATRI. Afin d'écarter le laboratoire de la CRIIRAD du dossier - alors que son intervention est réclamée par la municipalité, les syndicats et les associations - l'Administration n'a pas craint de mettre des références inexactes dans l'arrêté préfectoral ! Quelles que soient la vigueur des attaques et l'importance des risques, la CRIIRAD préfère les affronter - quitte à disparaître - plutôt que sentir peser le joug de l'Etat.


Appel à solidarité.

En instrumentalisant la réglementation pour détruire le premier, et dernier, laboratoire indépendant de mesure de la radioactivité, la DGSNR rétablit le monopole qui a conduit, en 1986, au mensonge de TCHERNOBYL. La CRIIRAD va tout faire pour maintenir la pluralité des sources d'information :
- Mobilisation de l'opinion publique : lancement de la pétition auprès du grand public, des personnalités et personnes morales (associations, collectivités territoriales.). Vu la perversité de l'attaque, seul un soutien massif pourra empêcher la CRIIRAD de disparaître.
- Actions en justice : le C.A. de la CRIIRAD va mandater son avocat, Maître Billet pour étudier les possibilités de recours devant les juridictions françaises et européennes (illégalité du recours au chantage, respect de la propriété intellectuelle, préservation de l'anonymat des partenaires.)
- Interpellation des autorités et des élus : diverses démarches sont en cours auprès des ministères de la Santé et de l'Environnement (Voir la lettre à Philippe Douste-Blazy [format word]), demande de rendez-vous, campagne de lettres pour la suppression du chantage et la restauration d'un agrément purement scientifique. Si elles n'aboutissent pas, les demandes seront élargies aux parlementaires et aux partis politiques.

Communiqué de presse, CRIIRAD, 11 octobre 2004.

 

A Lire:
- Exposé des principaux arguments [format pdf] retenues par le C.A. de la CRIIRAD pour refuser de céder au chantage de l'Etat.
- Et en complément: Comment les industriels du nucléaire infiltrent les structures en charge de la radioprotection et s'emparent des financements publics; Et le Texte de l'accord secret OMS-AIEA de... 1959 !